L’essentiel de la Torah : aime ton prochain!

+ L'essentiel de la Torah : aime ton prochain! (paracha Yitro)

-> Le Mabit (Beit Elokim - Chaar haYessodot, 12) fait remarquer que les 5 premiers commandements gravés sur la première des 2 Tables de la Loi (lou'hot) concernent les mitsvot entre l’homme et D. ("Je suis Hachem", ”Tu n’auras pas d’autre D.“, le Shabbat, ...), tandis que ceux de la 2e table sont consacrés aux devoirs entre l’homme et son prochain (Tu ne tueras pas, Tu ne voleras pas, ...).

En comparant les 2 Tables de la Loi, on s’aperçoit que les mitsvot entre l’homme et D. sont énoncées longuement, alors que celles entre l’homme et son prochain sont très succinctes : Ne tue pas (לא תרצח), Ne vole pas (לא תגנוב), ...
Du fait que les 2 Tables de la Loi étaient de la même dimension, on est forcé d’en conclure que les lettres des 5 derniers Commandements étaient écrites en beaucoup plus grosses que celles des cinq premiers.

Le Mabit explique que c’est afin de mettre en avant l’obligation des devoirs envers autrui par rapport à celle des devoirs envers Hachem. Car le fondement de tous les principes consiste à veiller à nos obligations envers notre prochain.

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-> Nos Sages (guémara Sota 14a) enseigne : "La Torah débute par un acte de bonté (lorsque Hachem donna des peaux à Adam et ‘Hava pour se couvrir) et se termine par un acte de bonté (lorsqu’Hachem Lui-même procéda à l’enterrement de Moché).

Le Gaon de Vilna explique que lorsque nous voulons savoir de quoi parle un livre, nous lisons le début et la fin, et alors on a une idée du thème de base du livre.
La Torah commence par du 'hessed et se finit par du 'hessed. Ainsi, nous savons que le 'hesséd (bonté) est le thème principal de la Torah.

En ce sens, dans une lettre à sa femme, le Gaon de Vilna écrit : "car c'est l'essentiel de la Torah : rendre autrui joyeux [de façon cashère]" (ouvazé rov aTorah léchaméa'h aadam).

-> Hachem a dit aux juifs : Qu'est-ce que Je vous demande? Si ce n'est que vous vous aimez les uns les autres et que vous vous honorez les uns les autres".
[Tana déBé Eliyahou rabba 28]

-> Comme toute créature de ce monde, l’homme a été créé pour l’honneur d’Hachem et pour servir son Créateur (barou'h Elokénou
chébéranou li'hvodo).
Dans l’introduction du Nefech Ha'Haïm, le fils du rav 'Haïm de Volozhin rapporte au nom de son père (le Néfech ha'Haïm) que : l’homme a également, comme ultime but, dans sa création de servir aux autres : "l’homme n’a été créé que pour aider les autres" (lo nivra adam éla léohil léA'hariné).

-> Nos Sages (midrach Béréchit rabba 8,8) rapporte que les anges de vérité étaient contre la création de l’homme car il ment [il est koulo chéker]. Les anges du Shalom (paix) étaient contre la création de l’homme car il se dispute, [il est koulo Ktata].
Mais les anges de bonté (mala'hé 'hessed) ont plaidé en faveur de l’homme. [ils doivent être créés car ils vont faire des actes de bonté!]
Ils ont donc su percevoir que la création de l’homme le prédispose à se tourner vers les autres.
En d’autres termes, l’homme n’a été créé que pour l’autre : que ce soit pour Hachem ou pour son prochain et la chose est ancrée dans sa nature.
[le monde n'existe que pour que nous puissions témoigner de la bonté!]

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-> Le commandement d’honorer ses parents (Yitro 20,12), se termine par les mots "afin que tes jours se prolongent".
D’après le Sforno, cette promesse ne concerne pas seulement ce commandement mais tous les 5 premiers Commandements, dont ceux qui le précèdent (qui sont écrits sur la première table de la Loi et qui concernent les obligations envers Hachem).
Ainsi, c’est à leur sujet qu’est écrite la récompense : "afin que tes jours se prolongent", à savoir dans le monde futur (qui se prolonge éternellement - guémara Kidouchine 39b).

Et le Sforno conclut : "Toutefois, pour ce qui est des 5 derniers commandements, qui nous ordonnent de veiller à ne pas nuire physiquement à une personne, à ne pas porter atteinte à son honneur ou à ses biens, ils sont destinés à nous garder du châtiment dans le monde futur et dans ce monde."

=> Il en ressort explicitement que si la récompense et le châtiment des mitsvot de l’homme envers D. concernent le monde futur, en revanche pour les mitsvot de l’homme envers son prochain, l’homme est puni (et à plus forte raison récompensé) déjà même dans ce monde.
Cela est d’ailleurs enseigné par nos Sages (Tossefta Péa 1, 2) : "Sur les fautes envers son prochain, l’homme est puni dans ce monde."

-> Le rabbi Shlomo de Zvhil avait coutume de dire à ce sujet que l’homme reçoit le châtiment des fautes graves commises envers autrui dans ce monde, et ce sont d’elles que proviennent la plupart des épreuves, des souffrances et des maladies graves, tandis que le Guéhinam ne concerne que les fautes de l’homme envers D.

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-> La Michna de Péa (1,1) que nous récitons tous les matins dit :
"Voici les choses dont un homme mange les fruits dans ce monde-ci et profite du capital dans le monde futur : le respect des parents, visiter les malades, recevoir des invités ... faire la paix entre un homme et son prochain, entre un mari et sa femme et l’étude de la Torah par-dessus tout."

La guémara (Kidouchin - fin du pérek richon) explique qu’il s’agit des mitsvot ben adam la'havéro pour lesquelles un homme est payé ici-bas tout de suite.
[Dans la mesure où l’étude de la Torah envoie au monde toutes sortes de bénédictions et permet son maintien, cette mitsva fait aussi partie des mitsvot ben adam lah’avéro).

Le Roch écrit sur cette Michna : et pourquoi n’a-t-on pas trouvé la même segoula pour les mitsvot ben adam laMakom?
De là, Je vois qu’Hachem désire plus les mitsvot ben adam lah’avéro (envers l’autre) que celles ben adam laMakom (envers Lui).

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-> Les 10 Commandements se terminent par : "de ce qui est à ton prochain" (vé'hol acher léréé'ha - אֲשֶׁר לְרֵעֶךָ - Yitro 20,14).

Ces derniers mots impliquent le fait que la totalité des 10 Commandements ont pour objectif : prendre soin de notre prochain, de réfléchir à ce dont ils peuvent avoir besoin (ex: matériellement, psychologiquement) et de les aider autant que nous le pouvons.

Les Richonim disent que les 10 Commandement sont une version abrégée de toute la Torah.
Ainsi, les derniers mots impliquent que : le but de toute la Torah est d'aider notre prochain.
[rav Elimélé'h Biderman]

-> Le Smag écrit qu'il y a 613 lettres dans les 10 Commandements (sans compter les 2 derniers mots : אֲשֶׁר לְרֵעֶךָ).
Chaque lettre des 10 Commandements représente une des 613 mitsvot.
Ainsi, les 2 derniers mots (à ton prochain - אֲשֶׁר לְרֵעֶךָ) semblent dire que toute la Torah avec ses 613 mitsvot consiste à prendre soin de son prochain.
[l'aboutissement de ces 613 mitsvot, c'est de prendre soin de son prochain!]

[ces 2 mots "אֲשֶׁר לְרֵעֶךָ" (à ton prochain) ont 7 lettres, et ils font allusion aux 7 mitsvot instituées par nos rabbanim (dérabbanan).
[il s'agit : des bénédictions, des bougies de Shabbath, du érouv, du nétilat yadayim, de 'Hanouca, de Pourim et du Hallel.]
On arrive alors à 620 mitsvot (613+7), qui est la guématria de : "kéter" (une couronne - כתר).
D'une certaine façon, le "à ton prochain" vient donner toute sa couronne, tout son éclat, à la Torah.]

-> En ce sens, la guémara (Shabbath 31a) rapporte :
Un jour, un non-juif vint trouver Chamaï et lui dit : "J’accepte de me convertir à condition que tu m’enseignes toute la Torah pendant que je me tiens sur un seul pied".
Chamaï le repoussa avec sa règle de mesure.

Cet homme alla trouver Hillel, qui accepta de le convertir.
Il lui enseigna : "Ce que tu hais, ne le fais pas à ton prochain : c’est là toute la Torah! Le reste est commentaire. Va étudier"

=> Ainsi, Hillel lui a enseigné la Torah en une seule phrase : la Torah toute entière a pour objectif d'aider notre prochain, d'être vigilant à ne pas lui causer le moindre mal.

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-> "Il est écrit : "Israël campa (vayi'han) là face à la montagne [de Sinaï]" (Yitro 19,2) au singulier, car les Bné Israël sont devenus comme une personne, et ce n'est qu'alors qu'ils ont mérité de recevoir la Torah."
[Ohr ha’Haïm haKadoch]

-> Par exemple le rabbi Its’hak de Vork dit à ce sujet :
"Le mot vayi’han (campa) vient de la racine ‘hen (trouver grâce).
La véritable unité n’est possible que lorsque chaque juif trouve grâce aux yeux de son prochain."

=> Il en découle que la Torah n'a pu être donnée que grâce à cette amour envers notre prochain.
Lorsque nous aimons autrui comme soi-même, alors il y a une unité, condition préalable pour recevoir la Torah, et toutes les bénédictions de papa Hachem.

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-> "La montagne de Sinaï était toute fumante, parce que le Seigneur y était descendu au sein de la flamme ; sa fumée montait comme la fumée d'une fournaise" (Yitro 19,18)

-> Le rav ‘Haïm Chmoulévitch (Michpatim 22,22) enseigne : "Celui qui met sa main dans le feu, fût-il contraint de le faire par un véritable cas de force majeur, ne pourra se soustraire aux conséquences de son acte en arguant qu’il y était forcé. Il subira la même brûlure, même s’il avait une intention Léchem Chamaïm (100% motivé pour Hachem).
Il en est de même à ce sujet : la souffrance d’un juif est un feu, et même si celui qui la provoque y est forcé, même s’il le fait Léchem Chamaïm, il manipule alors un feu dévorant."

=> au mont Sinaï, Hachem nous explique qu'autrui c'est du feu.
On peut être tout feu tout flemme de faire la volonté de D., mais si par cela on porte attente même légèrement à un juif, alors on se brûlera. Nous devons donc toujours être très vigilant à l'honneur et au respect d'autrui.

[en apparence on a l'honneur d'Hachem qui est énorme de chez énorme, et celui d'une personne qui semble si simple, voir un racha.
Pourtant le respect d'autrui a le dessus.
Par exemple, en honorant l'image Divine qui est en l'autre, nous renforçons l'honneur d'Hachem dans le monde! En attestant à quel point nous sommes frères, nous poussons Hachem à nous combler de bénédictions en tant que Père heureux et fier de voir Ses enfants qui s'aiment ...]

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-> "Ne monte pas sur Mon autel par des marches afin que ta nudité n’y soit pas découverte" (Yitro 20,23)

Rachi commente : "Car des marches d’escalier t’obligeraient à allonger le pas. Il est vrai qu’il n’y aurait pas, dans ce cas, de véritable mise à nu puisqu’il est écrit : "Fais-leur des caleçons de lin pour couvrir la nudité de la chair" (Tétsavé 28,42). Cependant, l’allongement des pas correspond presque à une mise à nu, et ce serait un manque de respect envers les pierres.
On peut appliquer ici un raisonnement a fortiori : Si la Torah, à propos des pierres, objets inanimés insensibles à toute manifestation d’irrespect, recommande pourtant qu’on leur témoigne des égards à cause de leur utilité, à plus forte raison le devra-t-on envers son prochain, créé à l’image du Créateur, et sera-t-on attentif au respect qu’on lui doit."

-> Le Rambam (Hilkhot guénéva 7,12) et dans le Tour, il est écrit : "La punition des midot (poids et mesures faussées par le vendeur) est plus grave que la punition des arayot (fautes liées à la débauche) car les premières sont des fautes entre un homme et son prochain, alors que les dernières sont relatives à des fautes entre un homme et Hachem."

-> Un acte parfois anodin envers son prochain peut avoir des conséquences considérables : vexation, souffrance, perte d'argent, ...
A ce sujet, la guémara dit, pourquoi les fautes de midot (vol dans les poids et mesures) sont plus graves que les fautes de arayote?
Car la téchouva des fautes ben adam la'havéro est plus difficile.

Le rav El'hanan Wasserman explique (Kovets Chiourim 315) que dans les fautes ben adam lah’avéro : il est indispensable d’apaiser celui qui a été offensé et de s’excuser autant de fois qu’il le faut, jusqu’à ce que lui-même soit d’accord de pardonner d’un coeur entier. Tant qu’il est encore vexé ou blessé notre faute reste entière, et même si plusieurs Kipoour sont passés.
Par contre, dans le domaine ben adam laMakom (envers Hachem), il suffit de s’amender, de regretter et de décider de ne plus recommencer ; ce qui est beaucoup plus simple.

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-> N'oublions pas que Hachem Lui-même est dépendant des souffrances des hommes : "dans toutes leurs souffrances, Il souffre’’ (bé'hol tsaratam lo tsar - Yéchayahou 63,9) ou encore ‘’Je suis avec lui dans son souci’’ (imo ano’hi bétsara – Téhilim 91,15), ce qui déculpe la gravité des fautes entre un homme et son prochain dans la mesure où, à un certain niveau, elles entrainent de la souffrance même chez Hachem Lui-même, qu’Il partage avec l’Homme, dans Sa compassion infinie.

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-> "Œil pour œil, dent pour dent, main pour main, pied pour pied ; brûlure pour brûlure, plaie pour plaie, contusion pour contusion" (Michpatim 21,25)

Selon nos Sages la Torah voulait, à un certain niveau, que l’homme comprenne que l’œil de l’autre vaut bien notre propre œil, la dent de l’autre vaut bien notre dent et la blessure qui lui a été faite est équivalente à notre propre blessure éventuelle.
C’est seulement lorsque l’homme arrive à imaginer qu’il est dans la peau de celui qui est en face de lui et qu’il ressent presque avec ses propres sens la douleur de l’autre qu’il pourra comprendre la portée du michpat (loi sociale) et la respecter pleinement.
‘‘Œil pour œil’’ veut donc dire : fais attention à ce qui appartient à l’autre comme si ton propre oeil en dépendait, comme si le Beit Din pouvait te punir en t’infligeant la même peine que tu es en train de lui faire.

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-> b'h, voir également : http://todahm.com/2015/03/18/3014

"L’un fut nommé Guerchom ... l’un fut nommé Eliézer" (Yitro 18,3-4)

=> A priori, cette syntaxe est inhabituelle, il aurait été plus correct d’écrire : "le deuxième fut nommé Eliézer", comme dans le verset : "Tu offriras un mouton le matin et le deuxième vers le soir" (Pin'has 28,4)

-> Le rav Shimshon Raphael Hirsch explique que la Torah a ici intentionnellement modifié la formulation pour nous enseigner que les enfants ne sont pas comme des moutons, mais chacun d’entre eux est unique et non un numéro parmi les autres.
Il ne peut donc pas être dénommé premier, deuxième, troisième, ...
Car il est toujours le premier et le dernier dans le monde qui est le sien, possédant une mission et une valeur particulière.

-> Cette idée est également suggérée dans la Haggada de Pessa’h qui enseigne : "La Torah parle de 4 fils : un qui est sage (é'had 'hakham), un qui est racha (é'had racha), un qui est tam (é'had tam), un qui ne sait pas poser de question."
Là encore, l’auteur de la Haggada ne s’est pas contenté de dire en résumé : "un sage, un racha, un tam, et un ne sachant pas poser de question", afin de nous faire prendre conscience que chaque enfant est un monde en soi qui exige une éducation adaptée à son caractère.

-> Si une personne n'a qu'un seul enfant, combien d'efforts, de prières et de dévouement seront investis dans cet enfant.
C'est ce même montant d'énergie qui doit être investi pour chaque enfant si on en a plusieurs. En effet, chacun doit être à nos yeux comme unique.

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-> On trouve cette qualité chez Moché qui fut pris de compassion pour une brebis qui s’était enfuie de son troupeau.
Nos Sages (midrach Chémot Rabba 2,2) enseignent qu’il se mit à sa recherche et la prit en pitié, et grâce à cela il mérita d’être le guide du peuple juif.

Le rabbi Avraham de Strikov explique que c’est uniquement parce qu’il comprit que chaque brebis avait une importance particulière que Moché fut en mesure d’être le guide de son peuple.
[il ne s'est pas dit par exemple : ça va ce n'est qu'une brebis parmi tellement d'autres, pourquoi se prendre tant la tête à la retrouver!]

Car en matière d’éducation, on ne peut se contenter de considérer chaque enfant comme l’élément d’un ensemble. Mais au contraire, il est nécessaire de voir en chacun un monde en soi dans lequel un parent doit savoir pénétrer pour, à partir de là, lui montrer la voie à suivre.

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-> "Habitue ton enfant selon son chemin" (al pi darko - Michlé 22,6)

Le rav Elimélé'h Biderman compare cela à quelqu'un qui a 100 clés, mais une seule ouvre le verrou de la porte.

Il en est de même dans l'éducation des enfants.
Si nous avons essayé différentes approches, et que nous n'avons pas réussi à ouvrir le cœur de l'enfant, alors c'est que nous n'avons pas trouvé la bonne clé.
Il ne faut jamais abandonner (en nous confiant un enfant, Hachem nous confie également la bonne capacité de l'éduquer).
Il faut penser à la nature de l'enfant, et rechercher la clé qui va fonctionner pour lui.

Parfois, il faut persévérer dans une même approche éducative, encore et encore, et alors nous allons réussir.
Cela ressemble à une clé que nous devons insister, légèrement forcer, pour qu'elle ouvre la porte.

Nous devons trouver la bonne clé pour chacun de nos enfants.
Pour l'un on peut la trouver très rapidement, et pour un autre ça peut prendre longtemps. Mais chaque enfant doit être unique! Chaque enfant doit être le meilleur à nos yeux!

Et lorsqu'un parent donne beaucoup de valeur à un enfant, l'enfant le ressent, et cela va l'aider à se donner de la valeur en lui-même et à atteindre le meilleur de son potentiel.

[un parent impatient, qui abandonne trop vite (c'est pas comme je veux!), va essayer d'ouvrir la porte avec une hache plutôt que de persévérer à trouver la bonne clé.
La porte est peut-être ouverte en apparence, mais elle est surtout détruite, et alors elle est grande ouverte pour recevoir toute mauvaise influence. En effet, si les parents ne proposent pas une atmosphère agréable à ses enfants (joie, mots d'encouragement, de valorisation, ...), ils vont être tentés de voir ailleurs, que D. nous en préserve.]

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-> "Habitue ton enfant selon son chemin"

Le Gaon de Vilna dit que si nous éloignons un enfant de sa nature, alors maintenant il nous écoutera car il a peur de nous, mais plus tard lorsqu'il ne sera plus sous notre surveillance, alors il quittera ce chemin, car il est impossible de changer sa nature profonde.

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b'h, également : http://todahm.com/2015/10/24/3811-2

"Car en 6 jours, Hachem a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qu'ils renferment et Il s'est reposé le 7e jour.
C'est pourquoi Hachem a béni le jour du Shabbath et l'a sanctifié" (Yitro 20,11)

-> En réalité, la Torah écrit littéralement : "Car 6 (chéchét) jours, Hachem a fait le ciel et la terre".
Or, la Torah ne devrait-elle pas plutôt dire [comme on le traduit habituellement] : "En 6 jours (béchéchét) jours ..."?

Si la Torah avait dit : "En 6 jours", nous aurions pu penser que le temps a toujours existé et qu'il n'a pas de commencement.

[Ce passage se traduit littéralement : "6 jours Hachem a fait avec le ciel et la terre" (chéchét yamim assa Hachem ét achamayim véét aarets).
=> Ce choix de termes indique donc que les jours eux-mêmes ont été crées par Hachem, et qu'avant Son oeuvre de création, absolument rien n'existait, pas même le temps.

[de même qu'Il a créé le ciel et la terre, de même Il a créé la notion de temps!
Ainsi, en respectant le Shabbath, nous affirmons concrètement que Hachem est infiniment au-dessus de tout : chaque chose/être n'a été créé et ne peut exister que grâce à Lui, et même la notion de temps n'existe que grâce à Lui! ]

[Méam Loez - Yitro 20,11]

Les 10 Commandements contiennent les 613 mitsvot de la Torah

+ Les 10 Commandements contiennent les 613 mitsvot de la Torah :

-> Si l'on compte les lettres des 10 Commandements, on en trouvera 620 :
- les 613 premières correspondent aux 613 mitsvot de la Torah, chaque lettre faisant allusion à une mitsva ;

- les 7 dernières lettres correspondent aux 7 jours de la Création pour nous enseigner que l'univers n'a été créé que pour la Torah.
[D'autres commentateurs affirment qu'elles renvoient aux 7 lois noa’hiques incombant à toute l’humanité.]

-> Rabbi Chimon dit : "Il y a 3 couronnes : la couronne de la Torah (כֶּתֶר תּוֹרָה), la couronne de la prêtrise et la couronne de la royauté" (Pirké Avot 4,13)

La valeur numérique de : "kéter" (כֶּתֶר) est de 620, comme le nombre de lettres contenues dans les 10 Commandements.
Cela nous enseigne que quiconque étudie dans une intention pure mérite la Couronne de la Torah.

[Néanmoins, si l'on inverse l'ordre des lettres du mot "kéter", on obtient le mot : "karét" (כרת), la punition de retranchement spirituel,] pour nous apprendre que si l'on n'a pas de bons motifs en étudiant la Torah, kéter (couronne) devient alors karét (retranchement) et l'homme est "retranché" de sa source spirituelle.

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-> Les 10 Commandements sont constitués de 172 mots.
En hébreu, ce nombre s'écrit : קעב, dont les lettres forment le mot : עקב (ékév), qui signifie récompense, comme dans le verset : "Pour l'observance [des commandements], il y a une grande récompense (ékev)" (Téhilim 19,12).

Cela est également en allusion dans le passage de la prière : "Hachem méléh, Hachem mala'h, Hachem yimlo'h léolam vaéd" (Hachem est Roi, Hachem était Roi, Hachem sera Roi pour toujours - יהוה מלך יהוה מלך יהוה ימלוך לעולם ועד).
En effet, la valeur numérique de ce passage est de 620, comme le mot "kéter" (référence à la Couronne de la Torah), et au nombre de lettres contenues dans les 10 Commandements.

[la plus belle des récompenses de l'étude de la Torah est de faire régner Hachem dans le monde, et en nous même.
Plus il y a de Torah, plus on permet à D. d'être proche de nous, et il n'y a pas de plus grands kiff! ]

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-> Le verset introduisant les 10 Commandements est : "Hachem prononça toutes ces paroles en disant" (Yitro 20,1 - וַיְדַבֵּר אֱלֹהִים, אֵת כָּל-הַדְּבָרִים הָאֵלֶּה לֵאמֹר).
Ce verset contient 7 mots et 28 lettres, comme le 1er verset de la Torah : "Au commencement, Hachem créa le ciel et la terre" (Béréchit 1,1 - בְּרֵאשִׁית, בָּרָא אֱלֹהִים, אֵת הַשָּׁמַיִם, וְאֵת הָאָרֶץ).

Le même nombre de lettres et de mots figure également dans la réponse du kadich : "yéhé chémé raba mévara'h léalam lé'almé almaya" (Que Son grand Nom soit béni pour toujours, pour toute éternité - יהא שמה רבא מברך לעלם ולעלמיה עלמיא).

=> Le Panéa'h Raza enseigne que ceci montre que lorsque l'on répond au kaddich avec ferveur, en prononçant chaque mot distinctement, on est considéré comme l'associé de Hachem dans la Création et comme ayant été présent au don des 10 Commandements Divins au mont Sinaï.

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-> Le Léka’h Tov (Vaét’hanan) dit que les 10 Commandements correspondent aux 10 paroles par lesquelles D. a créé le monde (ainsi qu’aux 10 plaies d’Egypte).

Tant qu'Israël observe la Torah, le monde subsiste, sinon le monde connaît des catastrophes tragiques.
Hachem dit : "Si ce n'était pour Mon alliance de jour et de nuit, Je n'aurais pas fixé les décrets du ciel et de la terre" (Yirmiyahou 33,25).

Par l'étude de la Torah le jour et la nuit, le ciel et la terre subsistent. [Zohar - Vayikra]

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-> "Une cuillère d'or de 10 sicles plein d'encens" (Bamidbar 7,14).

Le système de guématria At-Bach permet d'échanger au choix les lettres d'un mot : la 1ere lettre de l'alphabet (alèph) est échangée avec la dernière (tav), la 2e lettre (bét) avec l’avant dernière (shin), …
En appliquant cela uniquement sur la 1ere lettre du mot : "kétorét" (encens - קְטֹרֶת), on obtient : détorét (דטרת), qui a une valeur numérique de 613.
[en at-bach : le kouf devient dalét]

=> Ainsi en allusion, la cuillère de 10 sicles d'argent (référence aux 10 Commandements) contenait de l'encens (les 613 mitsvot). [rabbénou Bé'hayé]

Les 613 mitsvot de la Torah sont comprises dans les 10 Commandements.

[b'h, compilation personnelle issue du Méam Loez (Yitro 20,1)]

Quelques miracles lors du don de la Torah

+ Quelques miracles lors du don de la Torah :

-> 1°/ Lorsque Hachem se préparait à donner la Torah à Israël, toutes les montagnes se disputèrent le privilège d'être choisie.
Les 2 montagnes les plus hautes de cette partie du monde se déracinèrent pour venir au Sinaï où campaient les juifs.
Il ne s'agit pas d'une simple allégorie : les montagnes se déracinèrent réellement et se déplacèrent jusqu'au désert du Sinaï. C'était un miracle d'une grande ampleur ...

Hachem accomplit ce miracle ... pour que tout le monde voie ces montagnes renvoyées à leur place d'origine à cause de leur fierté.
La Torah a été donné sur le mont Sinaï pour nous enseigner que pour l'apprendre, la 1ere condition à remplir est d'acquérir le trait d'humilité.

[la Torah n'a pas été donnée dans une plaine (à 0 mètre d'altitude), mais sur une petite montagne (Sinaï), car nous devons éprouver de la fierté pour notre âme et être conscience de son importance.]

-> La Torah a été donnée sur une montagne basse, en allusion à l'importance de l'humilité (guémara Sotah 5a).

Mais quelle était la nécessité de la transmettre sur une montagne (ayant de la hauteur!), et non pas à une altitude zéro, dans une plaine (ce qui symboliserait davantage la modestie)?

Le rav Karelenstein répond que d'un côté nous devons être humble, en reconnaissant que tous nos succès sont totalement dépendants de Hachem, et que comparés à Lui nous ne sommes rien.
Mais en même temps, nous devons reconnaître que l'étude de la Torah a une capacité à élever spirituellement une personne à de très hauts niveaux.

Rabbi Nissim Yaguen enseigne à ce sujet :
Le fait est qu'une montagne symbolise les difficultés naturelles dans le service Divin, "le yétser ara apparaîtra aux tsadikim comme une haute montagne, et aux réchaïm comme un cheveu" (guémara Soucca 52a).
Hachem nous a donné la Torah sur le mont Sinaï, pour nous apprendre qu'il est impossible de mériter la Torah sur une plaine, c'est-à-dire sans problèmes. Et celui qui veut recevoir la Torah sur une vallée, c'est-à-dire avec facilité, il est évident que cela est impossible, il s'effondrera au 1er obstacle.
La Torah doit se recevoir sur une montagne, et l'ascension sur la montagne s'accompagne de difficultés.

En réalité, Hachem a dit qu'Il fera en sorte que la montagne soit la plus petite possible afin de ne pas nous rendre difficile son ascension, mais on doit tenir, s'accrocher, il n'y a pas d'autre voie.
Le chemin pour acquérir la Torah passe par l'ascension de la montagne.

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-> 2°/ Le jour où la Torah fut donnée, les juifs perçurent les voix des anges exprimant leur louange quotidienne à Hachem.

-> 3°/ Hachem accomplit des miracles faisant intervenir les 4 éléments.
L'air produisit le tonnerre et les éclaires, l'eau produisit la pluie, la terre produisit les tremblements de terre. Le feu était également présent de façon miraculeuse (cf. Yitro 19,18).

Par le mérite de la Torah, Hachem fit des miracles mettant en jeu les 4 éléments.
Ceci nous enseigne que lorsqu'un homme se consacre à la Torah, il n'est plus soumis aux éléments naturels. Hachem accomplit pour lui des miracles chaque fois qu'il en a besoin ...

Lors du don de la Torah, la pluie tombait sans éteindre le feu [que Hachem avait mis à la montagne], et sans que ce dernier ne la fasse s'évaporer.
[...]

Rabbi Its'hak dit : "Pourquoi la Torah a-t-elle été donnée dans le feu et les ténèbres?
Pour enseigner que quiconque s'efforce de se vouer à la Torah et de l'observer est sauvé du feu du Guéhinam, et des ténèbres des persécutions et de l'exil."

Ce jour-là, Hachem montra également aux juifs le Guéhinam de façon claire.

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-> 4°/ "Le son du Shofar était très puissant" (Yitro 19,16)

Le Shofar était fait de la corne du bélier sacrifié à la place d'Its'hak :
- le son devenait de plus en plus fort, signe manifeste d'un phénomène surnaturel.
- Le peuple entendait simultanément le son du Shofar et la voix de Moché s'entretenant avec Hachem.
Si Moché avait soufflé dans la corne, aurait-il pu parler au même moment avec Hachem?
Ceci indique clairement que le Shofar se faisait entendre sans nulle intervention humaine.

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-> 5°/ Il est écrit : "La montagne entière trembla violemment" (Yitro 19,18).

La montagne était secouée comme par un puissant tremblement.
Dès que le mont Sinaï commença à trembler, toutes les montagnes s'agitèrent de haut en bas.
Mers et fleuves quittèrent leur lit, et le Jourdain remonta en arrière. Tous les arbres s'abattirent.

[cf. Téhilim (114,5-6) : "Qu'as-tu Mer à t'enfuir, et toi Jourdain à reculer? Montagnes, pourquoi dansez-vous comme des béliers, et vous vallées comme des moutons?"]
[...]

Le sage rabbi Yirmiya dit que cela peut nous servir de leçon. Si toutes les montagnes du monde tremblèrent le jour où Hachem se révéla au mont Sinaï, combien grande sera la frayeur éprouvée au jour du Jugement, lorsque D. punira ceux qui n'ont pas observé Sa Torah et n'ont pas consacré au moins un petit moment chaque jour pour l'étudier.

[dans le même ordre d'idée, il est écrit : "Le peuple vit et trembla, et se tient à distance ... Que D. ne nous parle pas de crainte que nous ne mourrions" (Yitro 20,15-16)
Le Méam Loez (20,17) explique qu'en entendant la voix de D., les juifs ont presque perdu l'âme et il a fallu les ressusciter.
Hachem est venu pour nous éprouver en nous donnant une épreuve par laquelle nous connaîtrons Sa grandeur.
En effet, si notre âme nous a quittés au son de Sa voix, imaginons alors la grande souffrance que nous causera Sa voix nous réprimandant d'avoir transgressé Ses commandements.]

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-> 6°/ Il est écrit : "[Hachem] inclina les cieux et descendit" (Téhilim 18,10).
Lorsque Hachem se révéla au Sinaï, Il rapprocha le soleil de la lune de sorte que cette dernière brilla très forte.

-> 7°/ Au mont Sinaï, les 7 firmaments s'ouvrirent, révélant le Trône de Gloire.
Alors Hachem dit aux juifs : "Voyez, il n'existe nul autre que Moi. Je suis le Tout-Puissant".

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-> 8°/ Le mont Moriah fut déraciné et transporté au désert du Sinaï afin que la Torah soit donnée près de ce lieu particulièrement saint, voué depuis le début de la Création à des fins sacrées.

En effet, le mont Moriah était le site où Adam et Noa'h offrirent des sacrifices (Béréchit 8,20).
Avraham y fit la Akédat Its'hak (pour l'offrir en sacrifice - Béréchit 22,9).
Il était également destiné à être l'emplacement du Temple.

Pour toutes ces raisons, la Torah aurait dû être donnée sur le mont Moriah. Cependant, Hachem choisit le Sinaï, la montagne la plus humble pour montrer à quel point Il méprise la fierté et apprécie l'humilité.

Ceci dit, le mont Moriah possédait tant d'atouts spirituels que Hachem tint à ce qu'il fût présent au Sinaï.

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-> 9°/ Le matin, comme pour convoquer les juifs, il y a eut : le tonnerre, les éclairs, le son du Shofar.
Cependant dès que tous les juifs se trouvèrent prêts à recevoir la Torah ... le monde entier devint silencieux : pas un oiseaux ne vola dans le ciel, pas une vache ne meugla. Nulle créature n'émit de son. Les anges demeurèrent eux aussi muets.
On aurait dit que le monde était vidé de ses habitants.

Dans ce calme absolu, la voix de D. proclama : "Je suis Hachem, ton D., qui t'a fait sortir du pays d'Egypte" (Yitro 20,2).
Il fallait que le monde entier entendît la révélation au Sinaï et fût conscient de la grandeur de D.
Puisque les paroles Divines au Sinaï devinrent perceptibles à tous, il n'y aurait alors pas le moindre doute sur la révélation, même parmi les nations ...

Nous ne croyons pas en la Torah parce que nous avons foi en la prophétie de Moché mais parce que nous avons vu de nos propres yeux la révélation au Sinaï et avons entendu les commandements de D. de nos propres oreilles.

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-> 10°/ Le mont Sinaï fut déraciné et resta suspendu en l'air au-dessus de la tête des juifs.
La montagne scintillait comme du pur cristal, et les juifs se trouvèrent réellement "sous la montagne" (béta'htit ha'ar - Yitro 19,17).

Le mont Sinaï s'élargit considérablement pour que le peuple entier puisse se tenir en dessous, comme 'houpa du mariage du peuple juif avec Hachem.

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-> 11°/ Hachem ordonna à Moché d'élever "une frontière autour de [la montagne] disant : "Veillez à ne pas monter sur la montagne et à ne pas toucher son extrémité"" (Yitro 19,12), afin d'empêcher les juifs de s'approcher du mont Sinaï.

Cette frontière était un phénomène miraculeux : elle allait prévenir verbalement les juifs de ne pas monter sur la montagne ni d'en toucher l'extrémité car quiconque le ferait serait mis à mort.
Hachem employa donc l'expression : "disant : veillez" = indiquant que la frontière elle-même allait prononcer ces mots.

Au moment de la révélation, le mont Sinaï possédait une si grande sainteté que quiconque le touchait méritait la peine de mort. Il devint donc l'objet d'une mitsva.

Hachem a le pouvoir de transformer une pierre inerte en un objet doué de la parole.

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-> 12°/ A cause des fautes des premières générations la Présence Divine fut repoussée de plus en plus loin de la terre ... au moment du don de la Torah, Moché eut le mérite de faire descendre la Présence Divine sur le mont Sinaï [parachevant le travail qu'avait pu entreprendre Avraham, Its'hak, Yaakov, Lévi, Kéhat et Amran] ...

L'univers a été créé pour Israël, et Hachem aurait donc dû laisser Sa Présence ici sur terre davantage que dans le Ciel. C'est seulement à cause des fautes des hommes que D. se retira du domaine terrestre.
[lorsque nous désirons la venue du machia'h, c'est afin de pouvoir bénéficier de cette incroyable proximité avec notre papa Hachem!]

[Suite à la faute du Veau d'or,] la Présence Divine redescendra à nouveau sur terre lors de l'inauguration du Tabernacle (Michkan), ainsi que D. l'avait proclamé : "Ils me feront un sanctuaire et Je résiderai parmi eux" (Chémot 25,8).

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-> 13°/ Du feu brûlant sur le mont Sinaï, un son puissant émana qui annonça les 10 Commandements.
Ce son était un phénomène miraculeux.

En effet, le son se partagea
- en 7 voix = Hachem envoya une voix que chacun entendit selon ses facultés. Il y avait 7 groupes : les anciens, les jeunes, les célibataires, les enfants, les nourrissons, les femmes, et Moché.
- chaque mot fut perçu en 70 langues = les 70 nations du monde entendirent les 10 Commandements dans leur propre langue et les comprirent.
[...]

Chaque personne entendit la voix de D. selon sa capacité personnelle.
Par exemple, les femmes enceintes perçurent une voix très douce afin que la frayeur ne provoque pas de fausse couche ...
Au Sinaï, la voix de D. était si puissante qu'elle fit trembler toute la terre. Cependant, les personnes faibles l'entendirent comme une voix douce et délicate pour pouvoir la supporter et la comprendre.

Chaque personne présente au Sinaï saisit la Torah selon sa connaissance préalable.
Certains la comprirent au niveau de la guémara (analyse logique), d'autres au niveau de la michna (les lois), tandis que d'autres ne la comprirent qu'au niveau de la Torah (selon son sens littéral).
Certains saisirent la signification externe des mots tandis que d'autres en perçurent les mystères kabbalistiques plus profonds.

Le jour où la Torah fut donnée, tout dépendait de la préparation spirituelle individuelle de chacun.
[...]

Au début, Hachem exprima les 10 Commandements en un seul mot. Ni la parole ne peut décrire ce phénomène, ni l'oreille le saisir.
Ce n'était pas un miracle pour D., mais pour les juifs que de comprendre les 10 Commandements en une seule parole.

Cependant, ils acquirent de ce mot unique une compréhension générale. Hachem répéta ensuite chaque commandement pour l'expliquer plus clairement.
[...]

Le verset dit : "Moché parlait et Hachem lui répondait par une voix" (Yitro 19,19)

Après que D. eût proclamé les 10 Commandements, Moché alla les expliquer aux juifs.
Par miracle, la voix de Moché fut si forte que tout Israël, malgré la présence de 5 ou 6 fois 600 000 personnes (3-3,61 millions) fut à même de l'entendre ...

Ceci est particulièrement miraculeux si l'on se souvient que le camp du peuple juif mesurait 12 milles de côté (environ 14 kilomètres).
La plus grande partie du peuple se trouvait ainsi très loin de Moché.

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-> 14°/ Chacune des Paroles de Hachem suivit chaque juif et lui dit : "Vas-tu m'accepter? Vois combien de commandements et de lois je renferme. Sois conscient de la punition de celui qui transgresse chaque mort".
A cela, chaque juif répondit positivement. Ce mot l'embrassait alors sur la bouche.
[les juifs dirent : "Qu'Il m'embrasse des baisers de Sa bouche" - Chir haChirim 1,2]

Moché dit aux juifs : "Faites très attention ... d'oublier les choses qu'ont vues vos yeux" (Dévarim 4,9). N'oubliez pas que vous avez réellement vu les paroles de D., qui plus est , elles vous ont parlé." [Zohar - Térouma]
[pour ne laisser aucun doute sur l'écriture, la prononciation, les juifs ont pu voir chaque mot, et l'accepter pleinement.]

Après que chaque Parole ait parlé aux juifs et eut été acceptée, elle fut gravée sur les Tables (lou'hot).
Chaque mot des 10 Commandements fut gravé sur les Tables et entendu d'une extrémité du monde à l'autre.

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-> 15°/ Lorsque les juifs quittèrent l'Egypte, la plupart d'entre eux étaient handicapés ou amputés.
Contraints d'exécuter des travaux pénibles sans aucune mesure de sécurité au cours de leur asservissement, ils avaient reçu sur le corps des briques et des poutres, certains avaient perdu un œil, une main ou un pied.

Lorsqu'ils arrivèrent au mont Sinaï, Hachem dit : "Il ne convint pas de donner la Torah à des handicapés", et ordonna à des anges de descendre les guérir ...

Les juifs devinrent de nouvelles personnes. Toutes leurs malformations et leurs blessures disparurent.
Parmi tous les juifs, pas un n'avait la lèpre. Personne n'était boiteux, muet ou sourd.
Aucun ne souffrait de maladie mentale ou d'une quelconque déficience.
Chaque personne présente était parfaite, physiquement comme mentalement.

A ce propos, Hachem dit allégoriquement à Israël : "Tu es entièrement belle, mon aimée, tu n'as pas de défaut" (Chir haChirim 4,7).
Toutes les personnes rassemblées au mont Sinaï étaient belles, spirituellement comme psychologiquement.

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-> 16°/ Le verset dit : "Prosternez-vous devant Hachem, vous, toutes les divinités" (Téhilim 97,7).

Au moment du don de la Torah, D. convoqua toutes les idoles du monde au Sinaï et les fit se prosterner devant la Présence Divine.
Ceci se produira de nouveau à l'époque du machia'h afin de faire honte à tous leurs adorateurs.

Lorsque les idoles retournèrent à leur lieu d'origine, leur bouche s'emplit d'eau et elles se mirent à rendre sur leurs fidèles.
Elles les insultèrent en ces termes : "Comment avez-vous pu abandonner le Maître de l'univers, Créateur du ciel et de la terre, pour adorer des statues muettes?"

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-> 17°/ Hachem dit à Moché : "afin que le peuple entende lorsque je parle avec toi" (Yitro 19,9).

Ce verset indique que les millions de personnes présentes au Sinaï furent élevées au niveau de la prophétie par le mérite de Moché. Toutes devinrent prophètes sans pourtant s'y être préparées au préalable. Ceci résultait de la sainteté du mont Sinaï.
A ce moment-là, les juifs furent dépouillés de leur impureté physique et transformés en être purement spirituels ... Moché dira aux juifs : "Face à face, D. vous a parlé" (Dévarim 5,4) ...

Au Sinaï, les juifs se trouvèrent débarrassés de la souillure spirituelle du serpent. Ils atteignirent le niveau où tous purent être prophètes et entendre la voix de D. à l'état de veille et même les hommes les plus simples car cette souillure spirituelle les quitta tous ...
En effet, seule cette tâche spirituelle empêchait la prophétie et se dressait comme un mur de fer entre le peuple et D.
Cette tâche effacée, la prophétie devint une faculté naturelle.
[...]

Hachem dit à Moché : "Je veux que le peuple entende lorsque Je parle avec toi. Il comprendra ainsi que tu es capable de capter la prophétie en étant tout à fait éveillé, et non en rêve comme les prophètes précédents."
[...]

Les juifs virent les 4 'Hayot ("Créatures") entourant le Char Divin (Merkava) et en comprirent tous les mystères.

Depuis la Création, il n'y eut jamais de révélation semblable à celle du Sinaï.
En effet, lors de l'ouverture de la mer Rouge, chaque juif perçut plus que Yé'hezkel dans ses plus grands prophéties, mais cependant au Sinaï, le peuple atteignit un niveau encore plus élevé : débarrassé de la souillure du serpent, il devint aussi spirituel que les anges ...

Lorsque la Torah fut donnée, Moché atteignit un niveau spirituel extraordinaire.
Les plus grands anges : Mikhaël et Gavriel, craignirent de regarder son visage.
Lorsque Moché parla à Hachem, seuls ses pieds se tenaient sur le mont Sinaï, le reste de son corps n'était plus sur terre.
A ce propos, il est écrit : "Hachem parla à Moché face à face" (Chémot 33,11).

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-> 18°/ Lors de la révélation au Sinaï, les embryons dans le ventre de leur mère virent la gloire de Hachem, chacun percevant autant qu'il en était capable.

Les matrices de toutes les femmes enceintes devinrent transparentes afin que leur fœtus voie et entende tout. Les bébés purent même répondre à chacun des commandements ...

Toutes les âmes destinées à naître jusqu'à la fin des temps étaient présentes au Sinaï, chacun reçut sa part de prophétie.
De plus, tous les érudits de toutes les générations à venir ont reçu au Sinaï leur aptitude à percevoir les secrets de la Torah.

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-> 19°/ Rabbi Yéhochou ben Lévi enseigne qu'à chaque mot que D. prononçait, les juifs tremblaient de ce son terrifiant et reculaient de 12 milles (environ 14 kilomètres).
Nul ne put demeurer à sa place. Même ceux qui se trouvaient à l'extrémité du camp, soit à 12 milles de la montagne, en étaient si bouleversés qu'ils étaient repoussés à 12 milles plus loin ...

Le verset nous dit : "Les anges des armées trottinent, trottinent" (Téhilim 68,13) = les anges vinrent aider les juifs.
Ils les prirent par la main, comme l'on fait trotter un enfant qui ne sait pas encore marcher, et les raccompagnèrent chaque fois au mont Sinaï.

Dans ce verset le mot voulant dire "anges" est "malkhé" sans aléph, qui signifie "les rois des armées" = ceci indique que les anges qui aidèrent les juifs étaient les rois des armées célestes, les anges les plus illustres : Mikhaël et Gavriel
Les juifs étaient si éminents que Mikhaël et Gavriel descendirent dans le monde physique pour leur venir en aide.

Ce phénomène se produisit à chacun des 10 Commandements.
Les juifs reculaient de 12 milles, accompagnés des anges qui les aidaient à revenir.
Ceci revint donc à dire que ce jour-là, les juifs parcoururent 240 milles (soit environ 280 km!).
A chaque commandement, ils reculaient de 12 milles puis revenaient sur leurs pas, soit 24 milles ...

Lorsque les juifs voulaient avancer, ils n'avaient qu'à faire un pas et les anges venaient à leur aide comme s'ils les portaient dans leurs bras.
Deux anges soutenaient chaque juif. L'un lui plaçait la main sur le cœur pour donner du courage. L'autre lui relevait la tête pour lui permettre de voir la Présence Divine.

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-> 20°/ Le jour où la Torah fut donnée, le soleil demeura immobile.

Nos Sages enseignent que ce phénomène se produisit à 5 reprises par le mérite de Moché pendant :
- la sortie d'Egypte ;
- le 7e jour de Pessa'h = l'ouverture de la mer Rouge ;
- la bataille contre Amalek ;
- le don de la Torah ;
- la bataille contre Si'hon au fleuve d'Arnon (Bamidbar 21,24).

Dans la guémara (Avoda Zara 25a), rabbi Eliézer dit qu'à chacun de ces événements, la journée dura 3 jours.
[se basant sur le verset où Moché dit : "Préparez-vous pour les 3 jours" (Yitro 19,15) = allusion au jour d'une longueur de 72 heures à l'issue duquel la Torah allait être donnée.]

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-> 21°/ Le jour où la Torah fut donnée, les morts revinrent à la vie.

Dans la guémara (Shabbath 88b), rabbi Yéhochoua ben Lévi enseigne qu'à chaque mot que Hachem prononçait, l'âme des juifs les quittait comme le verset y fait allusion : "Mon âme s'échappa lorsqu’Il parla" (Chir haChirim 5,6).
Chaque âme monta au Trône de Gloire.

La Torah s'adressa à D. : "... Un roi marie-t-il sa fille pour tuer, au même moment, toute sa famille?"
Alors, Hachem donna à la Torah le pouvoir de rendre leurs âmes aux juifs, comme le dit allusivement le verset : "La Torah de D. est parfaite, elle restaure l'âme" (Téhilim 19,8).

En réalité, les seuls qui moururent faisaient partie de la masse "ignorante" qui ne méritait pas de voir la gloire de D.
Par contre, les hommes spirituellement élevés tels qu'Aharon, ses fils (Nadav, Avihou, El'azar et Itamar), ainsi que les 70 anciens, restèrent en vie avec Moché.
[...]

La guémara (Shabbath 88b) pose la question suivante : puisque les juifs moururent en entendant le 1er mot, comment purent-ils entendre le reste des 10 Commandements?

La réponse est que D. répandit sur eux la rosée de la Résurrection qui les ramena à la vie.
C'est la même rosée qui fera revivre les morts lors de la Résurrection finale.
Les juifs rendirent l'âme et furent ramenés à la vie à 10 reprises.

Les hommes morts antérieurement se levèrent eux également de leur tombe.

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-> 22°/ Rabbi Pin'has dit : tous ceux qui entendirent la voix de D. au mont Sinaï devinrent semblables à des anges.
Aucun homme n'eut jamais plus d'émission séminale nocturne (kéri).
Nul moustique, nul poux ne put les piquer.
Lorsque ces hommes moururent, les vers ne purent attaquer leur corps et leur chair ne se décomposa pas.

A ce propos, il est écrit : "Heureux le peuple dont tel est le lot (chéka'ha lo), heureux le peuple dont Hachem est le D." (Téhilim 144,15).
La valeur numérique du terme : "chéka'ha lo" (tel est le lot) est de 345, comme celle du nom de Moché.
Ainsi, ce verset signifie que la nation qui a Moché pour guide est heureuse vu la grandeur et la sainteté qu'il lui fit atteindre.
Grâce à Moché, la génération de la sortie d'Egypte put être appelée : "la génération de la connaissance" (dor déa).

[Source (b'h) : compilation personnelle du Méam Loez - Yitro 20,1]

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=> b'h, que nous puissions bénéficier de la venue du machia'h très rapidement, pour vivre de nouveau de magnifiques moments d'infinie proximité avec notre papa Hachem.

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b'h, quelques autres divré Torah :
-> sur : "Le don de la Torah" : http://todahm.com/2017/07/10/le-don-de-la-torah
-> sur : Pourquoi la Torah a-t-elle été donnée sur une montagne? : http://todahm.com/2019/07/08/pourquoi-la-torah-a-t-elle-ete-donnee-sur-une-montagne
-> sur : L’étude de la Torah & l’expérience du mont Sinaï : http://todahm.com/2015/05/10/letude-de-la-torah-lexperience-du-mont-sinai

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-> Petit ajout :
Il existe une différence d'opinion quant à la façon dont les juifs entendirent les 10 Commandements :
-> "Moché nous a ordonné la Torah" (Dévarim 33,4).
La guématria de "Torah" est de 611, et pourtant la Torah comprend 613 mitsvot.
Ainsi, Moché nous a enseigné tous les commandements, à l'exception des 2 premiers, que nous avons entendus de D. Lui-même.

-> selon une autre opinion : "Hachem exprima toutes ces paroles en disant" (Yitro 20,1);
"Toutes" = les juifs entendirent les 10 Commandements par D., mais cependant ils comprirent parfaitement les 2 premiers, quant aux 8 autres, ils ne les saisirent pas parce qu'ils étaient quasiment morts de frayeur à l'écoute de la voix de Hachem.
Moché dut donc leur répéter les 8 derniers commandements pour les leur faire comprendre.

Quelques privilèges provoqués par le don de la Torah

+ Quelques privilèges provoqués par le don de la Torah :

-> La Torah et ses commandements furent donnés à Israël car ils ne conviennent qu'à un peuple à la nature spirituelle élevée ... les autres nations n'avaient tout simplement pas les qualifications spirituelles nécessaires.

Non seulement, les autres nations refusèrent la Torah, mais leur nature même allait contre ses enseignements.
Les bénédictions données par leurs ancêtres correspondaient à leur nature profonde, mauvaise et corrompue.
C'est pourquoi Essav avait répondu qu'Its'hak l'avait béni en ces termes : "par ton épée tu vivras (Béréchit 27,40) et Ichmaël que sa bénédiction était d'être un bandit : "Sa main sera contre tout homme" (Béréchit 16,12).

Ceci indique clairement que leur nature intrinsèque était corrompue et que l'honnêteté et l'amour pour leur prochain étaient étrangères à leur personnalité.
Par contre, l'âme des juifs était aussi sainte et pure que les anges.
L’honnêteté et la justice envers autrui faisaient partie intégrante de leur nature. Leur âme avait aspiré depuis toujours à l'honnêteté et à la justice, et ils furent dignes de recevoir la Torah.
[Tiférét Israël (chap.1) - Maharal]

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-> Hachem dit à Israël : "Vous serez pour Moi un trésor particulier parmi toutes les nations" (viéyitem li ségoula mikol aamim - Yitro 19,5) = si vous acceptez la Torah, la lumière [spirituelle] de tous les anges des nations sera vôtre. Je la leur prendrai pour vous la donner.

Cette lumière ne sera pas votre seul avantage, vous en mériterez de nombreux autres par l'observance de la Torah. Je ferai de vous un royaume de Cohanim (prêtres) et une nation sainte (Yitro 19,6)".
[Chné Lou'hot haBrit]

-> "C’est toi qu’Il a choisi, Hachem, pour Lui être un peuple spécial (am ségoula) entre tous les peuples répandus sur la terre" (Réé 14,2)

Le Yalkout Chimoni de commenter :
"L’expression "c’est toi qu’Il a choisi", nous enseigne que chacun des membres du peuple juif est aimé de D., plus que tous les autres peuples de la terre."

-> La différence entre une ségoula et une réfoua, est qu'une réfoua peut être expliquée médicalement, logiquement, tandis qu'une ségoula est une chose qui n'a pas d'explication selon les lois de la science.
Hachem a promis aux juifs qu'ils seront une ségoula. Cela signifie que Hachem nous aime et nous chérit, même quand il n'y a aucune raison pour cela.
De même qu'une ségoula n'a pas forcément besoin d'avoir un sens logique (des fois c'est alambiqué), de même l'amour d'Hachem à notre égard n'a pas pas besoin d'être expliqué. C'est un fait qui ne peut pas être changé.
[de même qu'Il est éternel et infini, Son amour pour les juifs est éternel et infini.]

-> b'h, voir également : http://todahm.com/2019/01/12/8102-2
-> http://todahm.com/2019/10/03/10910-2
-> http://todahm.com/2019/10/02/10766-2

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-> "Vous serez pour moi une dynastie de Cohanim et une nation sainte. Tel est le langage que tu tiendras aux enfants d'Israël" (Yitro 19,6)

-> Rachi commente : Rien de moins ni rien de plus.

-> Sur ces mots de Rachi, le Shar Shalom de Belz commente
- "rien de moins" = personne n'est inférieur à celui qui n'étudie pas la Torah ;
- "rien de plus" = personne n'est plus important que celui qui étudie la Torah.

-> De son côté, le 'Hatam Sofer commente :
- "rien de plus" = il n'y a rien de plus grand que l'étude de la Torah. C'est le niveau [d'accomplissement] le plus élevé possible.
- "rien de moins" = personne n'est trop petit, à un niveau trop bas, pour ne pas étudier la Torah.

-> Il est écrit : "Je vous ai portés sur l'aile des aigles, Je vous ai rapprochés de Moi" (Yitro 19,4)
L'aigle est un animal non cashère, impur.
Le Sfat Emet explicite ce passage : même celui qui est à un niveau bas et impur (aigle), s'il étudie la Torah alors il sera rapproché d'Hachem.
En effet, peu importe le niveau où l'on est, l'étude de la Torah a la faculté de nous élever à de très hauts niveaux.
C'est ce qui s'est passé en Egypte : les Bné Israël étaient au 49e niveau d'impureté, et Hachem les a amené très proche de Lui jusqu'à ce qu'ils soient aptes à recevoir la Torah, qu'Il leur parle directement.

Le 'Hatam Sofer écrit : "C'est pourquoi la Torah a été donnée ... peu après la sortie d'Egypte, bien qu'ils n'y avaient pas le niveau. Cela indique que nous ne devons jamais perdre espoir d'atteindre une part dans la Torah, même si nous sommes à un niveau bas"
[en ce sens c'est pour cela que l'on se rappelle tous les jours de la sortie d'Egypte, car on doit toujours avoir espoir d'atteindre des grandeurs spirituelles, où et qui que l'on soit! ]

=> Nous devons avoir conscience du pouvoir énorme de la Torah, de la grande lumière de sainteté qu'elle contient.
Quelque soit notre niveau, en se consacrant fréquemment à son étude, la Torah va nous changer, elle va nous élever!

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-> Jusqu'au don de la Torah, les juifs étaient soumis aux forces astrologiques (mazal).
La destinée de chacun était principalement déterminée par son signe astrologique.

A partir du jour où les juifs se tinrent au mont Sinaï, ils méritèrent d'être affranchis de ces forces.
Nos Sages enseignent : "Il n'y a pas d'astrologie pour Israël" (én mazal léIsraël).
Même dans le cas où, selon les signes astrologiques, une personne devrait subir des malheurs, en observant la Torah, elle n'aura rien à craindre. Le mérite de la Torah peut transformer une destinée funeste en son contraire.
[...]

"Tu es monté en Haut, tu as capturé un prisonnier, tu as reçu des cadeaux en tant qu'Homme (Adam)" (Téhilim 68,19)
Ce verset indique que lorsque Moché monta sur le mont Sinaï, les juifs firent 3 acquisitions : la Torah, les cadeaux des anges des nations et le titre d'Homme".
=> Par la Torah, les juifs devinrent l'élément principal de l'humanité et méritèrent vraiment d'être appelés Homme (adam).

Lorsque le serpent incita 'Hava à manger à manger de l'arbre de la connaissance, il couvrit Adam d'une tâche spirituelle (zohama) provenant des forces malfaisantes de l'Autre côté (Sitra a'hra).
Celle-ci demeura attachée à tous les descendants d'Adam jusqu'au don de la Torah.

Lorsqu'Israël se tint au mont Sinaï, cette tâche disparut.
Les juifs se trouvaient sous la montagne suspendue au-dessus de leur tête. Cette situation les fit considérer comme morts.
[La mort fut imposée à Adam et ses descendants, entre autres raisons, pour les purifier de cette tâche spirituelle car seule la mort à ce pouvoir.]

Cependant, les non-juifs ne s'étant jamais tenus au mont Sinaï, cette tâche reste attachée à eux.
C'est pour cela que nous récitons, dans la Haggada de Pessa'h : "S'Il nous avait conduits devant le mont Sinaï mais ne nous avait pas donné la Torah, cela nous aurait suffi (dayénou)".
[En effet, le seul fait de nous amener au mont Sinaï suffit pour effacer la tâche que le serpent avait introduite en l'homme.]
[...]

Suite au don de la Torah, si les juifs avaient suivi le droit chemin et n'avaient pas fauté, ils seraient restés immortels. Mais nos fautes nous ont fait perdre le privilège de l'immortalité ...
Les passages de la Torah concernant la mort (comme le lévirat - Dévarim 24,5 ; ou les héritages) ne furent exposés que conditionnellement, et ces commandements n'auraient alors pas été nécessaires.

A ce sujet, Hachem déclare : "J'ai dit que vous êtes des anges, tous des fils d'en-haut. Mais vous mourrez [à présent] comme Adam" (Téhilim 82,6-7).
Hachem dit à Israël : "Lorsque Je vous ai donné la Torah, Je vous aimais tant que Je voulais vous rendre spirituels et immortels comme les anges. Lorsque vous avez fauté, vous avez mérité la mort comme Adam lorsqu'il transgressa Mon commandement."

Cependant, malgré leur faute, les juifs acquirent un certain degré d'immortalité : une immortalité collective.
Dès que les juifs dirent : "nous ferons et nous écouterons", Hachem décréta que les nations ne pourraient jamais détruire le peuple d'Israël. Quoi qu'elles fassent, Israël en tant que nation demeure immortelle. [Zohar - Balak]
[...]

Lorsque Hachem se révéla à Israël pour lui donner la Torah, 600 000 anges descendirent et remirent à chaque juif 2 couronnes gravées du nom de D. ... la couronne témoignait de la noblesse des juifs ... qui ne seraient plus assujettis à quiconque parce que la Torah avait fait d'eux des rois.

Hachem leur dit : "Vous serez pour Moi un royaume de prêtes (Cohanim) et une nation sainte" (Yitro 19,6). Il est enseigné dans la michna : "Tous les juifs sont considérés comme des fils de roi" ...

Les anges remirent à chaque juif 2 couronnes, comme pour dire : "Tu es à présent supérieur à nous. Nous ne pouvons qu'écouter mais tu peux à la fois écouter et accomplir. Tu mérites donc 2 couronnes."
Selon certains commentateurs, les 600 000 anges donnèrent à chaque juif 2 couronnes.

Nos Sages enseignent qu'aux portes du Gan Eden se trouvent 600 000 anges. A la mort d'un tsadik, ils retirent le linceul dans lequel il était enterré, l'habillent de vêtements spirituels tirés des Nués de Gloire (Anané Kavod) et placent une couronne sur sa tête.
Un tsadik a donc tant de valeur qu'il mérite que 600 000 anges, pas moins, l'accueillent , l'habillent et le couronnent. En effet, dans l'autre monde, les tsadik sont bien supérieurs aux anges.

[b'h, compilation personnelle issue du Méam Loez - Yitro 20,1]

Le don de la Torah = le jour de notre mariage avec Hachem

+ Le don de la Torah : le jour de notre mariage avec Hachem

-> "Shavouot est considérée comme notre jour de mariage, durant lequel Hachem, le fiancé, prend le peuple juif comme Sa fiancée."
[Kédouchat Lévi]
[cf. http://todahm.com/2019/07/08/9650-2 ]

-> La révélation au mont Sinaï était comparable à un mariage faisant d'Israël une nation exclusivement liée à Hachem, comme une femme exclusivement consacrée à son mari.
[Sifté Cohen]

-> Lors du don de la Torah, les nuages représentaient la ‘houpa, et les Tables de la loi : la kétouba.
[rav Ephraïm al haTorah]

Selon le Radal (commentaire au Pirké déRabbi Eliézer 41), toutes les coutumes observées pour la cérémonie de mariage ont leur origine au don de la Torah.

Rabbi Baroukh Cohen dit que le 2e commandement : "Tu n’auras pas d’autres dieux" symbolise la déclaration de D. à la communauté d’Israël : "Je t’ai épousé et tu n’auras donc pas d’autres époux" (aré at mékoudéchét li).

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-> C’est seulement lorsque D. a vu l’amour du peuple juif et son profond désir de s’unir à Lui, qu’Il a commencé à leur donné la Torah.
[Pessikta Rabba 21]

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-> [Juste avant le don de la Torah,] Moché parcourut le camp en réveillant le peuple et en annonçant : "Le moment est venu d'amener la fiancée sous le dais nuptial".
Le verset y fait allusion : "Moché amena le peuple hors du camp à la rencontre de Hachem" (Yitro 19,17).
=> Israël était comparable à une fiancée et Moché aux demoiselles d'honneur qui la conduisent vers son fiancé.

Dans Son humilité infinie, Hachem alla à la rencontra d'Israël et le précéda jusqu'au pied de la montagne, ainsi que le verset y fait allusion : "Hachem, Tu sortis devant Ton peuple" (Téhilim 68,8).
=> Au moment de donner la Torah, Hachem honora Son peuple en avançant, si l'on peut dire, à sa rencontre.
[...]

Quand la Torah a été donnée, Israël devint une nation entièrement vouée à Hachem.
=> Israël était désormais comme une femme mariée qui ne peut connaître d'autres hommes.
"Tu n'auras pas d'autres dieux devant Moi" (Yitro 20,3) = les dieux étrangers sont interdits à Israël comme les hommes étrangers à une femme mariée.

Hachem nous promit également de ne jamais nous abandonner pour une autre nation.
Lorsqu'un homme signe un contrat de mariage (kétouba), il s'engage à ne pas divorcer de sa femme contre son gré.
=> De la même façon, Hachem promit de ne jamais rompre Son alliance avec Israël.

Lorsque nos Sages comparent Israël et Hachem à des époux, cela n'est certainement pas à prendre littéralement. L'idée est utilisée allégoriquement pour évoquer l'amour profond que D. éprouve envers Israël.

Dans le midrach, rabbi 'Hiya haGadol expliqua pourquoi la Torah fut donnée le 3e mois de la sortie d'Egypte. En effet, selon la loi juive, une femme qui se convertit, une prisonnière libérée ou une esclave affranchie n'est pas autorisée à se marier avant les 3 mois qui suivent sa conversion ou sa libération. [guémara Yébamot 34b]

En Egypte, les juifs étaient prisonniers et esclaves. Lors de la sortie d'Egypte, ils devinrent semblables à des convertis.
Le don de la Torah (comparable à un mariage par lequel Israël devint, si l'on peut dire, l'épouse de D.) exigeait une période d'attente de 3 mois.
Pendant cet intervalle, les juifs se purifièrent totalement de l'impureté dont ils s'étaient souillés en Egypte. Cela ressemblait au cas d'un converti, d'une prisonnière ou d'une esclave affranchie, tenue d'attendre 3 mois avant de se marier afin que ses enfants légitimes ne soient pas confondus avec les autres.
La Torah ne pouvait être donnée immédiatement après la sortie d'Egypte car les juifs étaient encore souillés par les mauvaises actions commises en imitant les égyptiens.

Si, dans le cas d'une femme, la période d'attente est de 3 mois entiers (soit 90 jours), la Torah fut donnée 49 jours seulement après la sortie d'Egypte.
En effet, bien que la situation fût comparable dans l'allégorie, elle n'était pas rigoureusement semblable.
Cependant, on peut tout de même dire qu'il y avait 3 mois d'intervalle : Nissan, Iyar et Sivan.
["Le 3e mois de la sortie des juifs du pays d'Egypte" - Yitro 19,1
Nos Sages expliquent également que puisque les juifs venaient d'un pays impur et étaient comme une femme nida, ils devaient compter 7 semaines de purification (7 semaines entre Pessa'h et Shavouot) comparable aux 7 jours de la pureté de la femme.]
[...]

Il est écrit littéralement que les juifs se tinrent : "sous la montagne" (Yitro 19,17 - béta'htit ha'ar).
Le mont Sinaï fut déraciné et resta suspendu en l'air au-dessus de la tête des juifs.
La montagne scintillait comme du pur cristal.
Les juifs se trouvèrent alors réellement "sous la montagne".

Le mont Sinaï ressemblait à un dais nuptial.
La révélation au Sinaï ressemblait à un mariage lors duquel Hachem prit Israël comme épouse et en fit Son peuple.
Le ciel et la terre constituaient les 2 témoins, la Torah faisait office de contrat de mariage (kétouba) avec pour dais nuptial ('houpa), le mont Sinaï.

[Le Yalkout Chimoni rapporte que] le mont Sinaï s'élargit considérablement. En effet, Hachem enjoignit la montagne de s'étendre afin que [tout] le peuple entier puisse se tenir dans son ombre.
Un miracle semblable se produira, lors de la rédemption finale, lorsque tout Israël se rassemblera à Jérusalem.
Hachem dira à la ville de s'étendre.
[...]

La guémara (Béra'hot 6b) enseigne que la Torah fut donné par 5 sons (kolot) mentionnés dans la Torah : "il y eut des sons (kolot)" (v.19,16) [le pluriel indique qu'il y en avait deux] ; "il y eut un très fort son (kol) d'une corne de bélier" (v.19,16) ; "il y eut le son (kol) de la corne de bélier qui augmentait beaucoup en intensité" (v.19,19) , ce qui fait 4.
Enfin, le verset : "Moché parlait et Hachem répondait par une voix (kol)" (v.19,19).

[Selon cette même guémara,] Si l'on assiste à un repas de mariage sans réjouir les mariés, on commet la faute de négliger les 5 sons par lesquels Hachem bénit Israël mentionnés dans le verset : "Le son de joie (kol sasson), le son d'allégresse (kol sim'ha), la voix du marié (kol 'hatan), la voix de la mariée (kol kala), la voix de ceux qui disent (kol omrim) : "Remerciez D."" (Yirmiyahou 33,11).

A l'inverse, celui qui réjouit les nouveaux mariés mérite la Torah qui fut donnée par 5 sons.

[Selon le Abarbanel, ] il s'agit là d'une récompense appropriée : le don de la Torah ressemblait véritablement à un mariage, et à ce moment là, Israël atteignit une relation unique avec Hachem, comme une mariée avec son époux.

[b'h, compilation personnelle issue du Méam Loez - Yitro 20,1]

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-> Lorsque la Présence Divine reposait parmi les juifs, dans le Michkan, dans le 1er et 2e Temple, la situation était semblable à une union conjugale.
Le jour où la Présence Divine pénétra dans le Michkan était comparable à un jour de noces.
[Méam Loez - Pékoudé 40,38]

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-> "La Torah que Moché vous a prescrite est un héritage (moracha) pour l'assemblée de Yaakov" (Vézot haBéra'ha 33,4)

Rabbi 'Hiya (guémara Pessa'him 49b) commente : "Ne lis pas moracha (héritage), mais méorassa (fiancée)."

Le Haflaa (sur guémara Kétoubot 7b) commente : "ainsi les fiançailles (kidouchin) et le mariage ('houppa) entre Hachem et l'assemblée d'Israël, qui ont scellé une union indéfectible, ont tous 2 eu lieu lorsqu'on s'est tenu devant Hachem au mont Sinaï."

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-> "Ils se tinrent debout au bas de la montagne" (Chémot 19,17)
Rabbi Avdimi bar 'Hama bar 'Hassa apprend que Hachem renversa sur l'assemblée d'Israël la montagne comme une coupole.
Puis Hachem leur dit : "Si vous acceptez la Torah, c'est bien, sinon là sera votre tombe!" [guémara Shabbath 88a]

-> Le Torah Ohr enseigne :
A la sortie d'Egypte, l'assemblée d'Israël n'avait pas un niveau spirituel élevé.
Cependant, l'amour qu'Hachem a dispensé à Ses enfants leur a communiqué réciproquement, un élan d'amour envers Hachem jusqu'à déclarer : "Naassé véNichma" et avoir mérité de recevoir la Torah.
Alors, Hachem a manifesté Sa satisfaction et Son amour intense en renversant sur eux la montagne (har) afin de les entourer dans toutes les directions.
En effet, la montagne symbolise l'amour et l'affection d'Hachem pour Ses enfants, puisqu'Avraham est appelé "har", lui dont tout le service Divin était l'amour porté à son prochain.

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-> "Il donna à Moché, lorsqu'il eut achevé de parler avec lui sur le Mont Sinaï, les 2 Tables de la Loi" (Ki Tissa 31,18)

Rachi commente que :
"[Dans la Torah] le mot : kékaloto (כְּכַלֹּתוֹ - lorsqu'il eut achevé) est écrit sans vav (ככלותו), et peut donc être lu : kékalato ("comme sa nouvelle épouse") : La Torah lui a été remise en cadeau, comme l’épouse à l’époux (guémara Nedarim 38a). Car il ne pouvait pas, dans un temps aussi limité, l’étudier dans tous ses détails.
Autre explication : De même que la fiancée, [le jour du mariage], est parée des 24 ornements énumérés dans le livre de Yechayahou (v.3,18 et suivants), de même l’homme érudit doit-il être instruit dans les 24 livres de la Torah."

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-> Il est écrit dans le midrach Chokher Tov (119,97) :
"Le roi Chlomo dit : "La Torah est comparable à une brebis d'amour" (Michlé 5,19), et elle est pleine de grâce.
Tous ceux qui s'approchent d'elle se mettent à l'aimer et Hachem dit au peuple d'Israël : Pourquoi vous égarez-vous avec des filles étrangères ; c'est justement pour cela que Je vous ai donné Ma Fille : la Torah."

-> Le midrach Chémot (rabba 41,6) écrit :
"Tout celui qui dit des paroles de Torah qui ne sont pas agréables et désirables pour ceux qui les entendent comme une fiancée aux yeux de son fiancé, il ferait mieux de ne pas les dire.
D'où apprend-on cela? Car lorsqu'Hachem a donné la Torah au peuple d'Israël, elle était agréable et désirable comme une fiancée (kalla) pour son fiancé ('hatan)."

-> "Si tu t'éloignes de la Torah même un seul jour, alors elle s'éloignera de toi 2 jours.
Cela ressemble à 2 personnes qui se sont croisées et ont continué leur chemin pendant une journée entière. A la fin de la journée, elles se trouvent éloignées à 2 jours de distance."
[guémara Béra'hot Yérouchalmi 9,5]
[d'une certaine façon cela représente un couple qui doit marcher ensemble dans la même direction]

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-> Rabbi 'Hanina ben Aguil demanda à Rabbi 'Hiya ben Abba : "Pourquoi (dans le Commandement relatif au respect des parents) n'est-il pas dit : "tov" dans les 1eres Tables de la Loi (rapportées dans la paracha Yitro), alors que ce mot "tov" figure dans les seconde Tables (rapportée dans la paracha Vaét'hanan)?" ...
Rabbi Tan'houm dit ... le mot "tov est absent des 1eres Tables, car elles finiront par être brisées.
Objection : même si elles seront finalement brisées, en quoi cela justifierait-il l'absence du mot "tov" dans ces Tables (lou'hot)?
Rav Achi répond : si le mot "tov" était écrit dans les 1eres Tables, le bonheur aurait disparu de ce monde, qu'Hachem nous en préserve.
[guémara Baba Kama 54b et 55a]

-> La Pisskata Zoutrata (Dévarim 5,11) écrit :
"Pour justifier l'absence du mot "tov" (טוב), donc l'absence de la lettre ט (tét) dans les 1eres Tables de la Loi, on peut citer la parabole suivante : un roi a volontairement écrit un contrat de mariage inapte (passoul) afin que dans l'hypothèse où cette femme lui serait infidèle, elle ne soit pas considérée comme une femme mariée et échappera ainsi à la sanction.
De même ici, Hachem a fait écrire les 1ere Lou'hot (contrat de mariage entre Hachem et les Bné Israël) sans la lettre ט (tét), les rendant ainsi inaptes, et c'est comme si les "fiançailles" des Bné Israël n'avaient jamais eu lieu.
Ainsi, les Bné Israël ont été épargnés d'une destruction après la faute du Veau d'or."

-> Le 'Hatam Sofer fait un commentaire avec une idée similaire :
Il est écrit : "Souviens-toi ... de Tes serviteurs à qui Tu as juré par Toi-même" (Ki Tissa 32,13).
Moché dit à Hachem qu'Il avait fait serment à Ses serviteurs : Avraham, Its'hak et Yaakov, en jurant sur la Torah qui contient toutes les 22 lettres de l'alphabet, en allusion à la guématria du mot [du verset] : "ba'h" (par Toi même - בך) : 22.
Donc l'absence d'une seule lettre, la lettre ט (tét), dans les 1eres Tables de la Loi, est en faveur des Bné Israël qui ne devraient pas être sanctionnés à la suite de la faute du Veau d'or, grâce à cette lettre manquante.

Le roi David fait aussi cette même allusion dans le verset : "Certes (akh - אך), D. est bon pour Israël"(Téhilim 73,1), où le mot אך de guématria 21, fait allusion aux 21 lettres (au lieu de 22, car la lettre ט (tét) est absente dans les premières Tables de la Loi brisées).
Ainsi, la brisure des Tables de la Loi (contrat de mariage entre Hachem et les Bné Israël) ne fera pas cesser les bienfaits d'Hachem envers Israël. [ce qui témoigne de l'infini bonté, amour, d'Hachem à notre égard, et qui nous a choisi en nous donnant la Torah!]

-> Rabbi Yhochoua ben Lévi dit : "Voir la lettre ט (tét) dans un rêve constitue un bon présage" (guémara Baba Kama 55a).
Le rav Tsadok haCohen (Pri Tsadik 4,57) explique cela :
"Au début de la 1ere paracha (Béréchit), la lettre ט (tét) n'est employée pour la 1ere fois qu'à la 121e lettre dans le mot : "tov" (טוב). Du fait qu'elle est mentionnée la 1ere fois pour le bien, cela est une preuve qu'elle est toujours associée au bien, même si parfois cette lettre ט (tét) apparaît ailleurs dans des mots qui correspondent au contraire du bien.
De façon plus générale, la première fois où une lettre, un mot ou une notion apparaît dans la Torah, c'est là sa racine, c'est là sa réalité essentielle".

[A Shavouot, Hachem nous donne le plus grand (tov) = la possibilité d'être toujours plus proche de Lui, par le biais de la Torah!]

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-> A Shavouot, nous sommes capable de détourner notre regard des distractions de la vie quotidienne pour rencontrer de nouveaux le regard plein d'amour d'Hachem [à notre égard].
[rabbi Nathan de Breslev]

[la Torah ne doit pas être vue comme une série de contraintes, mais plutôt comme le signe ultime de l'amour d'Hachem à notre égard, en nous donnant ce qu'Il a de plus cher : Lui-même!]

"Je [Hachem] vous ai porté sur des ailes d'aigles" (Yitro 19,4)

-> Rachi explique que contrairement aux autres oiseaux, l'aigle porte ses petits sur lui.
En effet, il se dit que si des chasseurs lui lancent des flèches, il est préférable que ces flèches entrent en lui plutôt que sur ses petits.
Ainsi, les égyptiens lançaient des flèches et des projectiles de pierre, et c’est la nuée qui les recevait.

=> Plus profondément, quelle comparaison y a-t-il entre cette attitude de l'aigle et Hachem?

Nos Sages disent qu'avant l'ouverture de la mer, les anges accusèrent les juifs en affirmant : "Les juifs ne sont pas mieux que les égyptiens, tous deux ont commis l'idolâtrie. Ainsi, pourquoi est-ce que Tu sauves les juifs et Tu anéantis les égyptiens?"

Cette question accusatrice est comparée à une ''flèche'', que les anges tirèrent à l'encontre des juifs.
Certes Hachem n'avait pas réellement de réponse satisfaisante à cette question. Mais cependant, Il était prêt à assumer une question sans réponse, plutôt que de causer du
tord à Son Peuple.

=> Lui aussi, à l'image de l'aigle, a dit : "Il est préférable que la flèche entre en Moi", Je suis prêt à supporter cette objection sans réponse, "plutôt que la flèche entre en Mes Enfants" : le peuple juif, et ne leur cause du tord.

['Hidouché haRim]

"Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier" (Yitro 20,8)

-> Nos Sages disent que le Shabbat n'est pas qu'un simple jour, c'est aussi une entité spirituelle d'une très grande élévation. Cette réalité spirituelle est la fiancée du peuple juif.
[ex : la guémara (Shabbath 119a) rapporte qu’à l’entrée du Shabbath, rav Yanaï chantonnait : "Viens, fiancée, viens, fiancée!" (bo’i kala, bo’i kala! – c’est d’ailleurs devenu la conclusion du lé’ha dodi).]

Si le Shabbat, c'est le 7e jour de la semaine, c'est parce que c'est en ce jour (le samedi), que se réalise le mariage entre le peuple juif et sa fiancée, le Shabbat.
Par ailleurs, nos Maîtres affirment qu'il est interdit de se marier avec une femme avant de l'avoir vu au préalable.

C'est pourquoi la guémara dit que chaque jour de la semaine, on doit penser au Shabbat.
Ainsi, si on trouve au marché un beau poisson ou un beau fruit, on doit le réserver pour le Shabbat.
Le fait de penser et de préparer le Shabbat au cours des jours de la semaine, cela constitue le fait de voir sa fiancée avant le jour du mariage. Et c'est cela qui nous permettra de procéder au mariage quand viendra le samedi, jour du mariage.
[en hébreu au lieu d'appeler les jours : lundi, mardi, ..., on les appelle en fonction du Shabbath : 1er jour (yom richon), 2e jour (yom chéni), ...]

=> Cela est en allusion dans le verset : "Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier" = en se souvenant du Shabbat tout au long de la semaine, cela est considéré comme le fait de rencontrer sa ''fiancée'' avant le mariage.
Et cela nous permettra de "le sanctifier", c'est-à-dire de pouvoir procéder au mariage (appelé ''sanctification (Kidouchin)''), quand viendra le moment : le 7e jour de la semaine.

[le Imré Shéfer]

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-> "Souviens-toi du jour de Chabat pour le sanctifier" (Yitro 20,8)

A propos de ce souvenir dont parle le verset, Abrabanel explique que la nature de l’homme veut qu’il oublie les lois du Shabbat.
Pendant toute la semaine, il s’occupe de diverses travaux qui lui sont interdits le jour du Chabat. L’habitude l’amènera certainement à l’oubli du Shabbat.
C’est pourquoi le verset a estimé nécessaire d’éveiller la force du souvenir pour qu’il se rappelle le jour du Shabbat et s’abstienne de faire des travaux.

"Le lendemain, Moché s'assit pour juger le peuple ; le peuple était debout autour de Moché du matin au soir" (Yitro 18,13)

=> Les juifs se trouvaient dans le désert et n'étaient engagés dans aucune entreprise commerciale. Tous leurs besoins étaient assurés.
Ainsi, quels cas pouvaient-ils bien avoir à soumettre à Moché?

Les juifs avaient recueilli une quantité importante de trésors sur la rive de la mer Rouge après la mort des égyptiens.
Les gens qui se trouvaient le plus près du rivage ramassèrent la plus grande partie de ce trésor et choisirent les plus beaux objets.
Ceux qui se trouvaient plus loin reçurent moins, tandis que d'autres ne ramassèrent rien du tout.

La répartition de ce trésor faisait à présent l'objet de vives controverses.
Naturellement, ceux qui possédaient le plus voulaient garder ce qu'ils avaient pris. D'autres voulaient que tout fût partagé équitablement.
D'autres encore pensaient que cet argent devait servir de dédommagement et voulaient qu'ils soit partagé en fonction de la souffrance et des pertes de chacun en Egypte
.
=> C'était un litige très important que Moché devait arbitrer pour le peuple entier.

[Panéa'h Raza - rapporté par le Méam Loez - Yitro 18,13]