Chaque année à Shavouot, la puissance des 10 Commandements revient à nouveau [à l’identique du don initial au mont Sinaï].

[le Tiféret Shlomo]

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-> « Le peuple vit, ils tremblèrent et se tinrent à distance » (Yitro 20,15)

Le Beit Israël (rabbi Israël Alter) commente : « Même les générations qui se tiennent « à distance », c’est-à-dire celles venant de très nombreuses années après le don de la Torah, elles trembleront toujours [à Shavouot] pour cet événement exceptionnel ».

Selon rabbi Sim’ha Bounim de Pschischa, au mont Sinaï il y a eu une Révélation Divine évidente. Or, lorsqu’une personne fait clairement face à Hachem, elle réalise à quel point elle se tient « à distance », à quel point elle est loin de toute compréhension de D.
A Shavouot, nous prenons conscience d’à quel point notre compréhension est limitée, et à quel point nous devons accorder la plus haute importance à la Torah qui est Divine.

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-> L’expérience du mont Sinaï a généré un impact national et individuel, dans chacune des âmes du peuple juif qui étaient [toutes] présentes lors de la Révélation Divine.
Cela est devenu enraciné et fait partie de nos traits de caractères hérités.
[Rav ‘Haïm de Volozhin – Néfech ha’Haïm]

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-> Rabbi Elimélé’h Spira (le Bluzhover Rebbe) a vécu jusqu’à l’âge de 99 ans.
Un jour, ses ‘hassidim ont entendu que le médecin de l’empereur d’Autriche était tout proche de chez eux. Il lui ont alors demandé d’examiner leur rabbi qui était âgé d’environ 80 ans, et était en parfaite santé.

Après de nombreux examens, le médecin a dit que le rabbi allait vraiment bien pour son âge avancé, mais cependant il y avait un seul problème : son rythme cardiaque irrégulier.

Lorsque l’on a informé le Bluzhover Rebbe de cela, il a rigolé et il a dit : « Que sait-il? Puisqu’il n’est pas juif, il ne peut pas comprendre.
Aujourd’hui c’est roch ‘hodech Sivan, le jour où les juifs sont arrivés au mont Sinaï. Puisque nous nous approchons du jour du don de la Torah à Shavouot (le 6 Sivan), il est évident que mon cœur bat plus vite qu’à la normale! »

« La prière est notre moyen de communiquer avec Hachem.

Le verset nous avertit : « Vous ne ferez pas [d’images de ce qui est] avec Moi ; dieux d’argent ou dieux d’or » (Yitro 20,20).
Lorsqu’un juif se tient devant Hachem, absorbé dans la prière, il ne doit pas permettre à ses pensées de demeurer sur ses possessions d’argent et d’or, car en agissant ainsi, Hachem considérera ces pensées aussi sérieusement que la faute de faire des idoles d’argent et d’or. »

[Rabbénou Bé’hayé]

[notre prière est un moment d’union avec notre papa Hachem, sans aucune interférence (juste Lui et nous, en totale intimité!).
Lorsque nous laissons se développer nos réflexions financières, c’est comme si nous préférions leur vouer un culte, plutôt que de mettre tous nos espoirs en D.]

« Nous savons que chaque grand de la génération (gadol hador) est aidé par le mérite des gens de sa génération.

Lorsque les juifs sont arrivés au mont Sinaï et que « Israël campa là [aux pieds de] la montagne » (Yitro 19,2), c’est comme s’ils étaient venus comme une grande pierre, d’une unité absolue.
C’est pourquoi lorsque Moché monta, alors : « Hachem l’appela depuis la montagne » (Yitro 19,3) = cela n’a pu être possible que grâce au mérite du peuple juif qui est venu [uni] ensemble à la montagne. »

[Rabbi Yaakov Abou’hatséra – le Abir Yaakov]

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-> « Quand les juifs vivent dans l’unité et l’harmonie, alors leur chef spirituel peut s’élever encore plus et atteindre de hauts niveaux dans son rapprochement avec Hachem.
Quand « Israël campa » dans l’unité et la paix, alors « Moché monta vers Hachem », le dirigeant d’Israël peut encore plus s’élever vers Hachem. »
[haDrach vé’Haïyoun]

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-> idem au moment de la traversée de la mer Rouge : https://todahm.com/2019/02/14/8365

« Je suis Hachem ton D. » (Yitro 20,2)

-> « La Torah tient en estime toutes les âmes du peuple juif, qu’il s’agisse d’un tsadik ou d’un racha, à partir du moment où l’homme adhère à D. et croit dans les [13] principes de la foi.
Le verset le proclame : « Je ne souhaite pas que le racha meure, mais qu’il renonce à sa voie et qu’il vive » (Yé’hezkel 33,11). »
[Rambam – Hilkhot Rotséa’h 13,14]

-> « Lorsque l’homme sera convaincu de la vérité de tous ces [13] principes, lorsqu’il aura éprouvé sa foi dans leur véracité, il deviendra un juif à part entière, et c’est alors une mitsva de l’aimer, de le prendre en piété et d’agir à son égard conformément à tous les commandements de D. relatifs à l’amour entre les hommes.

Et même s’il s »était épuisé à commettre autant de fautes que son corps le lui permet, entraîné par la tentation et l’emprise de sa nature triviale, il sera puni en conséquence, mais il conservera sa part dans le monde futur.
En revanche, lorsqu’un homme s’écarte de la foi de l’un de ces [13] principes, il s’exclut aussitôt de l’assemblée d’Israël, il renie les Principes fondamentaux et reçoit le titre de renégat »
[Rambam – à la suite de ses 13 principes de foi – introduction au chapitre ‘hélek]

=> C’est uniquement les 13 principes de foi du Rambam, qui permettent de distinguer l’homme adhérant à la foi du judaïsme, de celui qui la renie.
En acceptant ces 13 principes, une personne juive appartient à l’assemblée d’Israël, et rien que pour cela nous devons l’aimer et l’estimer autant que possible.

Questions/Réponses – paracha Yitro

+ 7 Questions/Réponses – paracha Yitro :

1°/ Rachi (18,6) : Yitro fit dire à Moché : cela signifie qu’il le lui a fait dire par un messager.

Comment Yitro (alors non-juif) a-t-il pu communiquer avec Moché, puisque les juifs étaient entourés de Nuées de Gloire, qui ne laissaient aucun non-juif entrer?

-> Le Tour écrit que lorsque Yitro a atteint le campement juif et qu’il s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas y pénétrer à cause des Nuées, il a écrit une note indiquant qu’il était le beau-père de Moché, et qu’il était venu avec la femme et les 2 fils de Moché.
Yitro a attaché ce court message à une flèche et il l’a tiré dans le campement juif.

Bien que les Nuées de gloire l’auraient normalement intercepté, lui refusant d’entrer, comme cela a pu être le cas avec les nombreux projectiles tirés par les égyptiens, cette fois-ci elles ont fait une exception.
[cf. Rachi 19,4 : « Les égyptiens lançaient des flèches et des projectiles de pierre, et c’est la nuée qui les recevait »]

Le midrach affirme que la flèche est tombée à proximité de Moché, qui l’a lue, et il s’est empressé d’aller accueillir Yitro hors du camp.
[selon le midrach Tan’houma, c’est Ouziel, l’oncle de Moché et Aharon, qui a trouvé la flèche, avec de la donner à Moché]

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2°/ Le Arizal nous enseigne que Moché était la réincarnation (guilgoul) d’Hével, et Yitro la réincarnation de Kaïn.
Comment peut-on l’observer dans la Torah?

Le rav ‘Haïm Vital dit qu’une allusion à cela se trouve dans les 1ers mots de Yitro à Moché, qui sont : « Moi, Yitro ton beau-père » (ani ‘hotné’ha Yitro – אֲנִי חֹתֶנְךָ יִתְרוֹ – Yitro 18,6).
La 1ere lettre de ces 3 mots forment : « a’hi » (mon frère – אחי) : Yitro (Kaïn) rappelle en allusion à Moché (Hével) qu’ils étaient les 1ers frères de l’humanité.

Une partie de la mission de Yitro dans ce monde était d’expier la faute de Kaïn d’avoir tué Hével, et il a fait cela de plusieurs manières :
-> 1°/ il a donné sa fille en mariage à la réincarnation de Hével, c’est-à-dire Moché, lui permettant d’avoir les descendants qu’il lui avait empêché d’avoir en le tuant (cf.Béréchit 4,10 : où le sang de Hével fait référence à celui des descendants qu’il aurait pu avoir).

-> 2°/ L’offrande apportée par Kaïn ne trouva pas faveur aux yeux de D. (Béréchit 4,5), ainsi Yitro a corrigé cela en amenant des offrandes valables à Hachem (Yitro 18,12 : « Yitro prit une offrande d’élévation et des offrandes de festin pour D. « )

-> 3°/ Le ‘Hida écrit qu’alors que la Torah ne rapporte pas la dernière discussion entre Kaïn et Hével lorsqu’ils étaient dans le champ avant le meurte, le Targoum Yonathan ben Ouziel (Béréchit 4,8), nous rapporte que Kaïn a entre autre tenu des propos blasphématoire : il n’y a pas de jugement Divin concernant nos actions dans ce monde.

Yitro a corrigé cela en suggérant à Moché (Yitro 18,19-23) le concept d’établir un système de jugement pyramidal (et lorsque Moché n’en avait pas la réponse, il s’en remettait à Hachem!).

-> Le Arizal (Kavanot haArizal) ajoute également que lorsque Hével a été tué, Kaïn a pris possession de son troupeau. Pour réparer cela, dans le désert, Yitro a donné à Moché l’ensemble de son troupeau.

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-> b’h, Réincarnations & paracha Chémot : https://todahm.com/2019/01/12/reincarnations-paracha-chemot

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3°/ « Hachem appela [Moché] depuis la montagne, en disant : Ainsi tu diras à la maison de Yaakov et parleras aux enfants d’Israël » (Yitro 19,3)

Rachi écrit que Hachem a instruit Moché de parler d’abord aux femmes (« maison de Yaakov ») et « avec douceur », afin qu’elles puissent accepter d’abord la Torah, avant les hommes.
Pourquoi cela?

-> Le midrach (chémot rabba 28,2) donne 3 explications :
– car les femmes réalisent les mitsvot avec plus d’empressement ;
– afin qu’elles puissent envoyer leurs enfants étudier la Torah et les éduquer comme il faut ;
– et en raison des dégâts qu’a occasionné le fait que Hachem avait ordonné à Adam avant ‘Hava, de ne pas manger du fruit Interdit. Pour cela, cette fois-ci l’ordre a été inversé.

-> Le Beit haLévi répond en se basant sur la guémara (Guitin 55b), qui rapporte que si l’on souhaite acquérir un terrain appartenant à la femme, et qu’on demande d’abord l’autorisation à son mari, l’achat n’est pas valable car la femme a pu donner son accord uniquement pour faire plaisir à son mari (ou par volonté de ne pas se disputer), et non d’un véritable choix personnel.

Il en est de même si les hommes avaient accepté la Torah d’abord, on aurait pu penser que les femmes l’ont acceptée, non pas par choix sincère personnel, mais plutôt pour rendre heureux leur mari, pour ne pas se disputer.
[Leur acceptation n’étant alors pas valable].

-> Le rav Chmaryahou Ariéli suggère que Moché a parlé aux femmes en accord avec le midrach (Béréchit rabba 17,7), qui affirme que le niveau spirituel d’une maison est déterminé par la femme.

-> Les femmes jouent un rôle crucial dans la réussite de la transmission de la Torah à la génération suivante, puisqu’elles vont [par exemple] les encourager à se rendre à l’école juive d’une manière plaisante et attrayante.
Ces premières années sont la fondation sur laquelle va se baser toute l’implication en Torah de l’enfant durant sa vie entière.
[Rabbénou Bé’hayé]

D’une certaine façon, Rabbénou Bé’hayé rajoute ensuite l’idée que d’ici provient la coutume des femmes de prier pour la réussite spirituelle de leurs enfants après l’allumage des bougies de Shabbath.
A l’image de la lumière qui symbolise la Torah, les femmes illuminent par leurs prières, leur sourire, leurs paroles positives, … l’ensemble du foyer, lui permettant de rayonner spirituellement.

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-> Le Mayim Amoukim (rabbénou Yéhouda Birdugo) fait remarquer : « Israël campa là en face de la montagne » (Yitro 19,2), cela fait référence uniquement aux hommes.
En effet, les femmes observant alors scrupuleusement la tsniout, se tenaient un peu plus loin.

Quel message intemporel : le fait que les femmes se tiennent éloignées d’un événement religieux (ici les 10 Commandements), n’est pas un manque de respect à leur égard.
Au contraire leur fidélité dans l’accomplissement de la tsniout, leur fait bénéficier que Hachem souhaite d’abord s’adresser à elles.

[Imaginons la scène : les hommes au plus proche du mon Sinaï, et les femmes se tenant à distance, pouvant se croire les oubliées de l’événement.
Mais en réalité, c’est l’inverse : Hachem va d’abord demander leur avis.
D’une certaine façon, pour D. : lorsque vous respectez la difficile mitsva de tsniout, votre avis m’est encore plus précieux que celui des hommes! ]

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4°/ Quelle habitude ont de nombreuses personnes au moment d’étudier la Torah et qui prend racine au don de la Torah? Pourquoi?

-> « Tout le peuple vit le tonnerre, les flammes, le son du Shofar et la montagne fumante ; le peuple vit, ils tremblèrent et se tinrent à distance » (Yitro 20,15)

Le Baal haTourim commente que le tremblement au moment du don de la Torah est une source de la pratique répandue de s’agiter/balancer lorsque l’on étudie la Torah.

-> Selon le Tour (Chémot 20,15), c’est à cause des tremblements au mont Sinaï qu’on a coutume de se balancer en priant et en étudiant.

-> D’une façon similaire, le Rema (Ora’h ‘Haïm 48,1) écrit que ceux qui sont rigoureux dans la réalisation des mitsvot, sont habitués à s’agiter/balancer lorsque la Torah est lue, puisque la Torah a été donnée au Sinaï de cette manière.

-> Le Zohar haKadoch (Pin’has 218a) note que le fait de balancer son corps est une pratique unique à la religion juive.
Il explique que cela provient de notre âme élevée qui s’agite en nous lorsque nous étudions la Torah, à l’image d’une bougie allumée, et c’est pourquoi, nous oscillons d’un côté à l’autre, comme une flamme dansante.

[étudier la Torah, c’est se connecter à sa source originelle (D.), c’est raviver notre feu d’amour pour Hachem]

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-> Le Kouzari (2:79-80) apporte une autre explication pour cette pratique, disant qu’elle prend racine dans la période où les livres juifs étaient rares, et que de nombreuses personnes devaient se partager un seul volume.
Ainsi, chacun devait se pencher à tour de rôle pour étudier quelques lignes, revenant ensuite en arrière pour permettre à la personne suivante d’avoir l’opportunité d’y étudier, et c’est cela qui a transmis cette habitude de se balancer durant l’étude de la Torah.

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-> « Tout le peuple vit … ils tremblèrent et se tinrent à distance » (Yitro 20,15)

-> Le rabbi de Kotsk commente : Il est possible de voir le don de la Thora (« le peuple vit »), de trembler (« et ils tremblèrent ») et de s’enthousiasmer. Et malgré tout, on peut encore rester loin de tout cela (« et se tinrent éloignés ») et ne pas se sentir complètement concernés.

-> A ce sujet, le rabbi de Kotsk (Noam Sia’h) enseigne également : Si quelqu’un regarde comment les autres s’agitent pendant leur amida (« vit »), et qu’ensuite il va faire de même uniquement dans un but de leur ressembler, ou bien pour que l’on pense qu’il est un grand tsadik, alors sa amida est loin de ce qu’elle devrait être (« tinrent à distance »).

=> Nous pouvons assister à un magnifique cours de Torah, en vibrer de plaisir, mais cependant en rester loin, dans le sens où les paroles de Torah ne vont pas nous accompagner dans notre vie au quotidien. [ki èm ‘hayénou]

=> L’essentiel ne réside pas dans l’extériorisation de nos balancements, mais plutôt d’à quel point nous tremblons intérieurement de crainte/d’amour d’être face à Hachem, d’à quel point la Torah nous fait bouger/changer vers le meilleur.

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+ L’étude de la Torah & l’expérience du mont Sinaï …

-> « Celui qui s’immerge dans l’étude de la Torah est considéré comme se tenant sur le mont Sinaï chaque jour, recevant la Torah. »
[Zohar – ‘Houkat 159b]

-> « Rabbi Yéhochoua ben Lévi disait : « Celui qui enseigne la Torah à son fils est considéré comme ayant reçu la Torah au mont Sinaï ». »
[guémara Béra’hot 21b]

-> Rabbi ‘Haïm de Volozhin (Néfech ha’Haïm 4,14) de nous expliquer :
« Toute [la Torah] est [contenue dans les] paroles de D. à Moché au Mont Sinaï, [incluant] chaque question jamais posée par un jeune élève à son maître.
Lorsque quelqu’un s’adonne [à l’étude de la Torah], chaque mot [qu’il prononce] est comme si D. l’avait prononcé de Sa bouche, pour ainsi dire, et cela est considéré comme s’il venait de le recevoir maintenant de la bouche de D. au Mont Sinaï. »

=> Ainsi, l’événement grandiose survenu au mont Sinaï n’est pas un événement ancien, un lointain souvenir du passé, mais c’est un moment qui est vivant et qui se renouvelle à chaque fois que nous étudions la Torah.

De même que nous y avons tremblé, de même nous bougeons de crainte lorsque nous l’étudions de tout notre être, c’est-à-dire lorsque nous y sommes totalement, et pas avec notre tête ailleurs.

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5°/ Dans la Haggada de Pessa’h (dans le « dayénou »), nous affirmons que si Hachem nous avait amené au mont Sinaï sans nous y donner la Torah, cela nous aurait été suffisant. Quel profit d’y aller sans recevoir la Torah?

-> Le Rachbam et le Kol Bo expliquent que si Hachem ne nous avait pas donné directement les 10 Commandements, Il l’aurait fait plus tard mais uniquement par le biais de Moché.

-> Le Ktav Sofer suggère que la valeur de la formidable unité et de l’harmonie qu’a engendré le fait de camper face au mont Sinaï (« Comme un seul homme, d’un seul cœur » – Rachi 19,2), cela nous aurait suffi (dayénou).

-> Le ‘Hayé Adam répond que lorsque le Ciel s’est révélé, les juifs ont pu voir le chariot Divin, à partir duquel ils auraient pu en déduire les Commandements, même s’ils ne leur étaient pas donnés, comme Avraham avait pu le faire par le passé.

-> Le rav de Brisk, cite la guémara (Sanhédrin 59a) qui enseigne qu’il est interdit à un non-juif d’étudier la Torah, qui a été donnée exclusivement à nous (les juifs).
Il est d’avis que : si Hachem ne nous aurait pas donné la Torah qu’à nous (lanou), cela aurait été suffisant (dayénou).

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6°/ A quel moment de la journée, et pendant combien de temps ont été dits les 10 Commandements?

-> Le Pirké déRabbi Eliézer enseigne que les 10 Commandements ont été dits entre la 6e et la 9e heure de la journée, où les juifs sont alors retournés dans leur tente.

-> Selon le rav Aharon Leib Steinman, à partir de là, on peut en déduire que chacun des 10 Commandements aurait nécessité 18 minutes, ce qui peut sembler plutôt long.
Le rav Steinman ajoute que peut être c’est la durée de l’ensemble de l’événement, en comptant ses préparations et introductions, qui a duré 3 heures.

Dans les Hochanot (prières récitées à Souccot), nous disons : « Sauve nous par le mérite des 3 heures » (הושע נא שלש שעות).
De nombreux commentateurs expliquent qu’il s’agit d’une prière où nous demandons d’être sauvés de la guerre de Gog et Magog, qui durera 3 heures.
Cependant, selon le rav Steinman, il se peut que l’intention est que nous prions pour être sauvés par le mérite des 3 heures que nous avons passées au mont Sinaï (toutes les âmes juives y étant alors présentes) .

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7°/ Rachi (Yitro 20,7) : Hachem a prononcé simultanément : « Souviens-toi (za’hor) du jour du Shabath » et « Garde (chamor) le jour du Shabath ».

=> Qu’est-ce qui était inscrit sur les Tables de la Loi (lou’hot) : za’hor ou chamor?

-> Le Ramban (Yitro 20,8) est d’avis que sur les 2 Tables de la Loi (1er et 2e), il était inscrit : « za’hor » (souviens-toi), et Moché a expliqué oralement au peuple que la mitsva de « chamor » avait été dite en même temps.

-> Le Ibn Ezra (Yitro 20,1) rapporte un avis, affirmant que sur les 1eres Lou’hot il était écrit : « za’hor », et sur les 2e : « chamor ».

-> Rabbi Yaakov Kamenetsky (Emet léYaakov – Vaét’hanan 5,12) note que selon Rachi (Sanhédrin 56b), les 2 lou’hot étaient identiques.

Rabbi Kamenetsky enseigne que de la même façon qu’il existe de nombreux mots dans la Torah qui sont prononcés différemment de la manière dont ils sont écrits, et bien il en est de même ici.
Selon lui, à priori, il était écrit dans les Tables : « chamor », mais on prononçait : « za’hor ».

En effet, dans la prière de min’ha de Shabbath, nous disons : « Il [Moché] a apporté 2 tablettes (lou’hot) en pierre dans sa main, sur lesquelles il était écrit l’observance (chémirat => chamor) du Shabbath » (ouchné lou’hot avanim orid béyado vékatouv baém chémirat Shabbath), ce qui indique qu’il y était inscrit : « chamor ».

« Israël campa là face à la montagne » (Yitro 19,2)

Rachi : Comme un seul homme, d’un seul cœur.

-> Rabbi Moché de Kobrin commente : « Ce n’est que par la force de l’unité que les juifs sont capables de se tenir debout « face à la montagne » : face à la montagne de haine qui les entoure à toute époque. »

Parcha Yitro – compilation de divré Torah

+ Parcha Yitro – compilation de divré Torah :

« Moché sortit à la rencontre de son beau-père, il se prosterna et il l’embrassa, et ils s’enquirent chacun du bien être de son prochain » (Yitro 18,7)

-> Pourquoi est-il précisé : « à la rencontre de son beau-père »?

Pour Moché, le simple fait que Yitro soit son beau-père, suffisait largement pour qu’il doive lui témoigner son respect.
Ainsi, nous sommes obligés de respecter nos beaux-parents, à l’image de ses propres parents.

[Sifté Cohen]

En effet, Moché rabbénou qui avait le statut de roi d’Israël, n’aurait pas eu le droit de se rabaisser pour honorer Yitro, si ce n’est pas une obligation juive d’honorer ses beaux-parents.

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« Moché raconta à son beau-père tout ce que Hachem avait fait … en faveur d’Israël … et [comment] Hachem les avait sauvés » (Yitro 18,8)

-> Rachi : Pour attirer son cœur et le rapprocher de la Torah.

-> Moché voulait souligner à Yitro à quel point Hachem a pourvu à leurs nombreux besoins dans les moindres détails.

Yitro était au courant des miracles éclatants/majeurs, mais il ne pouvait pas avoir conscience des très nombreuses bontés avec lesquelles Hachem avait chouchouté Son peuple.
[Moché les lui a raconter] afin qu’il puisse pleinement apprécier l’implication [et l’amour permanent] de D. envers Son peuple.
[adapté du Sforno]

-> Moché a informé Yitro que c’est non seulement les égyptiens qui ont été vaincus, mais également leur Ange Céleste [chaque nation possède le sien] qui a été tué. Cela les rendait sans force pour de nouveau porter atteinte aux juifs.
Avec cette information, Yitro a alors compris que les juifs étaient véritablement libres et en sécurité des égyptiens.
[Ohr ha’Haïm haKadoch]

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-> Bien que Yitro connaissait l’histoire de la sortie d’Egypte, Moché la lui a racontée.
En effet, c’est une mitsva particulière que de se rappeler des événements liés à la libération d’Egypte, comme il est écrit dans la Haggada de Pessa’h : « Celui qui fait la narration de la sortie d’Égypte plus longuement est digne de louanges ».

Bien que Yitro avait déjà entendu auparavant tous les faits, Moché le lui a raconté avec tellement d’émotion et d’impression, que Yitro s’est ressenti comme s’il voyait les événements de ses propres yeux. Moché a véritablement rendu vivant tout ce qui s’est passé, et Yitro n’a pu alors s’empêcher de louer Hachem.
[Rabbi Yaakov Neuman (Darké Moussar]

-> A ce sujet, Rabbi Yossef Yachar (Lévouch Yossef) enseigne : « L’élément principal de la mitsva de raconter la sortie d’Egypte est de faire savoir la grande puissance de D., et le salut miraculeux qu’Il nous a accordé lorsqu’Il nous a fait sortir d’Egypte.
Et l’intention principale de ce récit est d’implanter dans le cœur des membres de notre famille la foi en D. et en la grandeur de Sa puissance et de Ses prodiges, ainsi que d’expliquer les miracles et les prodiges qu’Il a accomplis, afin de renforcer leur foi. »

-> b’h, Voir également : https://todahm.com/2017/04/26/quelques-merites-de-raconter-la-sortie-degypte

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« Yitro dit : « Béni soit Hachem (barou’h Hachem) Qui vous a sauvés de la main de l’Egypte et de la main de Pharaon … » (Yitro 18,10)

-> Il a été enseigné au nom de rav Papéyas : c’est une honte pour Moché et les 600 000 [juifs qui étaient avec lui] de ne pas avoir dit : « barou’h », et Yitro est venu et il a proclamé : « barou’h Hachem » (Béni soit Hachem).
[guémara Sanhédrin 94a]

-> Comment comprendre cela sachant que Moché et tout le peuple ont chanté « az yachir » : des louanges de remerciements et de gratitude à Hachem?

Le rav Shlomo de Radomsk répond que Yitro, alors non-juif, a été le 1er à remercier D. pour des bontés qu’il n’a pas vécues/bénéficiées personnellement, mais que d’autres ont pu expérimenter.
L’expression d’une telle gratitude est quelque chose que Moché et le peuple juif n’avaient pas encore accompli.

-> Pourquoi est-il important de remercier Hachem pour les bontés qu’Il procure à d’autres?

Rabbi El’azar Meisels répond qu’en se réjouissant de la réussite, du bonheur d’autrui, on détruit activement notre tendance naturelle à être égoïste.

De plus, cela permet de multiplier les occasions de développer notre émouna en Hachem.
En effet, en appréciant les bontés qu’Il peut faire chez tout le monde, on élargit largement les possibilités de gratitude, de prise de conscience de Son implication bienveillante dans les moindres détails de la vie.

[Par ailleurs, à chaque pensée de ce genre, nous réalisons la mitsva de : tu aimeras ton prochain comme toi même]

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« Ils jugeront le peuple à tout moment et toute affaire importante ils [la] porteront devant toi, et toute affaire mineure, ils [la] jugeront eux-mêmes, et cela te soulagera et ils porteront [le fardeau] avec toi » (Yitro 18,22)

-> Ils peuvent juger tous les cas dans lesquels ils sont experts, te laissant traiter ceux qui sont au-delà de leur expertise.
De même, ceux qui sont au-delà de tes compétences, tu [Moché] peux demander à Hachem de les résoudre.
[Ibn Ezra]

-> Actuellement, en raison du manque de juges disponibles, de nombreuses personnes qui ont des revendications légitimes ne parviennent pas à les faire valoir. En effet, elles ne souhaitent pas patienter dans la file d’attente pendant des jours et des jours, jusqu’à ce que tu [Moché] les reçoive.

Cela crée une incitation aux personnes malhonnêtes à s’en prendre aux autres, sachant que probablement ils ne seront pas appelés en justice.
En installant une multitude de juges, la justice sera rendue sur une base régulière, et la paix sera restaurée parmi la nation.
[Ramban]

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Il est à noter que
-> lorsque Yitro va exposer son idée (v.22), il est écrit : « toute affaire importante » (adavar agadol – הדבר הגדל) ;
-> tandis que lorsque Moché va accepter et reformuler cette proposition, il va dire (v.26) : « l’affaire difficile » (adavar akaché – הדבר הקשה).

S’il était d’accord, pourquoi ce changement de terme?

Pour Yitro, c’est seulement si une affaire a des montants importants en jeu qu’il est nécessaire d’y consacrer du temps, et des investigations poussées.
=> Il voulait faire une hiérarchie de traitement des cas basée sur les montants impliqués.

Moché a compris que selon la Torah, peu importe les montants en jeux (des milliards ou des centimes), toutes les affaires sont importantes, dans le sens où elles nécessitent chacune une investigation minutieuse pour les juger au mieux.
=> C’est pourquoi, il a mis en place une hiérarchie de traitement des cas basée uniquement sur la difficulté requise pour les solutionner.

[adapté du Rabbi ‘Haim de Berlin – le fils aîné du Nétsiv]

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« Tout le peuple vit le tonnerre, les flammes, le son du Shofar et la montagne fumante ; le peuple vit, ils tremblèrent et se tinrent à distance » (Yitro 20,15)

-> Au moment où le feu est descendu sur le mont Sinaï, l’endroit s’est totalement vidé d’air, devenant impossible à y vivre. Le peuple juif a alors survécu par miracle.

Cette absence d’air a permis au peuple de voir la voix de Hachem.
[Dans le vide, le son ne trouve plus de support matériel pour se propager!]

Avant de recevoir la Torah, toutes les impuretés de ce monde se sont dissipées, et le peuple a alors pu voir D.
[Ben Ich ‘Haï – Ben Yéhoyada – Shabbath146a]

-> « Lorsque le peuple juif s’est tenu au mont Sinaï, leur impureté les a quittés »
[guémara Shabbath 146a]

[absolument rien ne se tenait plus entre Hachem et nous : même pas une impureté, même pas l’air!]

-> Selon le Maharam Schick, nous avons reçu la Torah dans des conditions extrêmes, pour nous enseigner qu’en toute situation, nous devons rester fidèles à la Torah.