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La sainteté des actes préparatifs au Shabbath

+++ La sainteté des actes préparatifs au Shabbath :

+ "Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier" (Yitro 20,7)

-> Le Ramban explique ce commandement ainsi :
"Après nous avoir ordonné de croire en le Nom unique de D. ... Il nous a ordonné de faire un signe et un souvenir permanent montrant qu'Il a tout créé. Ce [signe] est la mitsva de Shabbat.
A un niveau simple, il est dit que c'est une mitsva de nous souvenir du Shabbat chaque jour afin que nous ne l'oublions pas ou ne le confondions pas avec les autres jours, car, en nous souvenant de lui constamment, nous nous souviendrons sans cesse de la création du monde et reconnaitrons en permanence que le monde a un Créateur."

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-> "Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier" (zakhor léyom haShabbath lékadécho)

-> Rachi commente : le mot zakhor signifie : Appliquez-vous à vous souvenir toujours du jour du Shabbath, de telle manière que s’il vous advient un bel objet, vous le mettrez de côté pour Shabbath.

-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) explique :
Selon Rachi, il semble que le mot "lékadécho" (pour sanctifier le Shabbat) évoque le but de ce précepte. Nous devons "nous souvenir" de Shabbat pendant la semaine afin de le "sanctifier" et de l'honorer. En réservant des aliments de choix pour le Shabbat, nous montrons que le Shabbat est un jour saint au statut et au sens particuliers.
[l'univers physique tout entier devait être créé avant le Shabbath ; car sans l'existence d'un monde physique, Shabbath n'aurait rien eu à élever et à sanctifier. ]
[...]
Lorsqu'un homme fait de la préparation de tous ses besoins physiques un acte de préparation au Shabbat, il démontre qu'il accomplit ses activités physiques dans le but de créer de la sainteté.
Il élève ainsi ces activités et les imprègne de sainteté.
Lorsque les pensées d'un homme sont constamment dirigées vers la sainteté du Shabbat, il introduit la force spirituelle du Shabbat dans le reste des jours de la semaine. Il peut ainsi réaliser l'essence même du Shabbat, son statut en tant que but de toute la création, même pendant la semaine.

Le Maor vaChémèch (Vayélé'h 35,1) dit que la sainteté du Shabbat repose sur la personne pendant qu'elle prépare le Shabbat.
Superficiellement, cela semble difficile à comprendre, car ces préparations ne semblent être pas plus qu'un acte constituant une condition préalable à la mitsva sans signification intrinsèque (un hekhchèr mitsva). Pourquoi la sainteté de Shabbat serait-elle présente quand un acte profane est accompli?
D'après nos propos, la réponse est très claire. Le but de Shabbat est de sanctifier le monde physique. Telle est l'essence du Shabbat, et c'est ce qui fait du Shabbat "le but de la création du ciel et de la terre".
Les préparatifs matériels du Shabbat représentent la réalisation de ce but, car ils sont empreints de sainteté du fait de leur but. Il est tout à fait logique qu'eux aussi s'imprègnent de la sainteté du Shabbat.

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-> "Za'hor ét yom haShabbath lékadécho" (Pense au jour du Shabbath pour le sanctifier - Yitro 20,7).
Selon le Baal haTourim, les 5 mots de ce verset suggère que l'observation du Shabbath est équivalente aux 5 livres de la Torah.

-> "souvenez-vous du jour de chabbat pour le sanctifier" = cela peut être compris en conjonction avec les actions de Shamaï. Si Shamaï rencontrait un animal supérieur à tout moment de la semaine, il dirait que cela devrait être mis de côté pour Shabbat. S’il rencontrait plus tard un meilleur animal, il désignait alors celui-ci plutôt pour chabbat (guémara Bétsa 16a ; voir Michna Broura 250:2).
=> Ainsi, לקדשו (lékadécho - pour le sanctifier) est une contraction de לקדש ו (lékadéch vav) = pour sanctifier Shabbat avec les 6 jours de la semaine, car ו a une guématria de 6.

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-> "Elazar, fils de 'Hanania, fils de Hizkiya, fils de 'Hanania, fils de Garon, dit : 'Souviens-toi du jour du Shabbat pour le sanctifier' [signifie que] tu dois t'en souvenir depuis le premier jour de la semaine : si tu trouves un aliment de choix, tu dois le préparer pour Shabbat.
Rabbi Its'hak dit : il ne faut pas compter [les jours de la semaine] comme les autres comptent, mais compter d'après le Shabbat."
[Mékhilta - Yitro - Massèkhta déBa'hodèch ch.7].

-> Selon la guémara (Beitsa 16a) :
"On dit que Chamaï l'Ancien a mangé toute sa vie en l'honneur du Shabbat. S'il trouvait un animal de choix, il disait : 'C'est pour Shabbat'. S'il en trouvait ensuite un meilleur, il mettait le deuxième de côté et mangeait le premier [qui avait été réservé pour Shabbat]".
Rachi (Beitsa 16a) explique : "Ainsi, il mangeait [le premier] afin de pouvoir manger le meilleur le Shabbat, et de ce fait, la consommation du premier était [considérée] en l'honneur du Shabbat".

D'après ce qu'on a vu précédemment, une autre explication est possible de cette guémara : comme Chamaï l'Ancien réservait chaque mets de choix pour Shabbat, et allait jusqu'à mettre de côté toute chose qu'il considérait meilleure que celle qu'il avait déjà réservée, il sanctifiait chaque consommation d'aliments même pendant la semaine. Sa conduite montrait que toutes ses activités étaient guidées par des considérations spirituelles dans le but d'atteindre la sainteté.

+ Le faux serment :

-> On prévient l'accusé (avant son serment au Tribunal) en ces termes :
Le monde entier a tremblé quand Hachem a dit au mont Sinaï : "Tu n'invoqueras point le Nom d'Hachem on D. en vain" (Yitro 20,7).
Pour toutes les transgressions mentionnées dans la Torah, il est dit : "Il pardonnera", mais ici (pour le faux serment), il est dit : "Il ne pardonnera pas" (Yitro 20,7).
De plus, toutes les transgressions mentionnées dans la Torah attirent une sanction sur le fautif seulement, mais le faux serment attire une sanction non seulement sur le pécheur, mais aussi sur les membres de sa famille, selon ce verset : "Ne permets pas à ta bouche de charger ta "chair" d'un péché" (Kohélet 5,5), où la "chair" désigne les proches parents d'après le verset : "Ne te dérobe pas à ceux qui sont comme ta propre chair" (Yéchayahou 58,7).
Pour toutes les transgressions, seul le fautif est puni, mais le faux serment fait tomber le châtiment sur le monde entier selon ce verset : "Par suite des parjures, le pays est en deuil" (Yirmiyahou 23,10) ...
La sanction de toutes les transgressions mentionnées dans la Torah peut être retardée de 2 ou 3 générations si le fautif a du mérite ; mais pour le faux serment, la sanction est immédiate (même si le fautif a des mérites).
[guémara Chvou'ot 38b-39a]

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=> Pourquoi le monde entier a-t-il tremblé lorsque le 3e Commandement sur le faux serment a été prononcé?

-> Le Iyoun Yaakov explique :
D'après cette michna : "Le monde repose sur 3 bases : sur la justice, sur la Vérité et sur la Paix (Pirké Avot 1,18), tout homme qui jure mensongèrement à son prochain ébranle ces 3 bases.
En effet, il déforme la Justice, il ment, donc il déforme la Vérité (le émet) et il se maintient un conflit avec son prochain, donc provoque l'absence de Paix (Chalom).
C'est pourquoi le monde a tremblé, car les 3 piliers du maintien du monde ont été ébranlés par ce faux serment.

-> Le Maharcha enseigne :
Ce sont les lettres du Nom d'Hachem qui maintiennent le monde, d'après ce verset : "Car en Hachem vous avez un roc immuable" (Yéchayahou 26,4).
Ainsi, celui qui prononce un serment inutile ou mensonger affaiblit la force de la "famille du Ciel" qui est le fondement (yéssod) du monde. C'est pourquoi, la Terre a tremblé dès que Hachem a dit : "Tu n'invoqueras point le Nom d'Hachem ton D. en vain" (Yitro 20,7).
De plus, du fait que la fin de ce verset précise que "Hachem ne laissera pas impuni celui qui invoque Son Nom en vain (dans un serment)", même s'il regrette et se repent (fait téchouva). Or, ce monde ne peut pas se maintenir sans téchouva, et puisque la téchouva n'a pas d'effet dans un faux serment, le monde a tressailli au moment du 3e Commandement.

-> De son côté, le Torat 'Haïm explique :
Selon le Zohar (Yitro), lorsqu'un homme prête un serment mensonger, les eaux du grand abîme (téhom) montent et menacent d'inonder le monde. Hachem invite alors un Ange à rétablir les lettres de Son Nom sur le caillou qui bouche les eaux de l'abîme (téhom).
C'est pourquoi, le monde a tremble lorsque Hachem a déclaré que le faux serment ne serait pas pardonné, et par la peur que le monde retrouve son état initial informe et désordonné (tohou vavo'ou).

L’importance de ne pas être jaloux d’autrui

+ L'importance de ne pas être jaloux d'autrui :

-> Le Agra déKala écrit :
"Il est connu que les 10 Commandements sont un synopsis de toute la Torah, et que le dernier des 10 Commandements : "Tu ne convoiteras pas" (lo ta'hmod) est un résumé de tous les 10 Commandements.
[Ainsi, "Tu ne convoiteras pas" est l'essence de toute la Torah.]
"Tu ne convoiteras pas" signifie que nous devons être satisfait de ce qu'Hachem nous a donné, même s'Il se retient de nous accorder quelque chose de bien qu'Il a donné à d'autres.
Nous devons être satisfaits du fait que seulement Hachem sait ce qui est véritablement bien pour chaque personne. Et par conséquence, il n'y a aucune raison d'être jaloux de notre prochain."
[et cela constitue le résumé de toute la Torah!]

-> Le rabbi Méïr de Prémichlan disait que l'essence de toute la Torah est de faire du 'hessed, d'aimer les autres juifs (ahavat Israël), et d'avoir de bonnes midot. Etre jaloux d'autrui est l'exact opposé de ce qu'est la Torah.

Tout juif a une part dans la Torah

+ Tout juif a une part dans la Torah :

-> Les 10 Commandements commencent par "Je suis Hachem, ton D., qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, d'une maison d'esclavage" (Yitro 20,2).
=> Pourquoi n'est-il pas plutôt écrit : "Je suis Hachem qui a créé le monde"?

-> Le 'Hatam Sofer (Drachot Shavouot 5562) écrit :
"La Torah n'a pas été donnée à des individus en particulier, elle a été donnée à tout le peuple juif, à la fois la 'helbéna (les personnes les plus bas) ensemble avec les béssamim (les tsadikim).
Cela a été fait de façon intentionnelle pour permettre à chaque juif d'obtenir une part dans la Torah ...
C'est la raison pour laquelle nous avons reçu la Torah peu après la sortie d'Egypte, bien que nous n'étions pas encore méritant du don de la Torah.
Cela nous enseigne qu'on ne doit jamais perdre espoir d'acquérir une part dans la Torah.
Et même si nous sommes à un niveau très bas, nous sommes équivalent au plus grand".

-> A la sortie d'Egypte, les juifs étaient arrivés au 49e niveau d'impureté (sur 50), les anges ont même dit à la mer Rouge : "Pourquoi les juifs doivent-ils être sauvés alors que les égyptiens se noient? Les juifs ont également vénéré des idoles!"
Si la Torah a pu leur être donnée, il est évident que la Torah peut également nous être donnée. Chaque juif a un droit à l'étude et à l'observation de la Torah.
[rav Elimélé'h Biderman]
[c'est notre yétser ara qui nous pousse à penser que Hachem ne nous désire pas tant que ça, qu'Il n'accorde pas d'importance à notre étude de la Torah, comme cela on ne s'y investit pas pleinement. Or, la réalité est totalement opposé à cela!
On peut l'illustrer avec les paroles du Steïpler : http://todahm.com/2018/10/10/agir-au-maximum-de-ses-capacites ]

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-> "Ils se tinrent debout au bas de la montagne" (Yitro 19,17)
Le Beit Aharon (roch 'hodech Sivan) dit que ce verset fait allusion au faible niveau de la nation juive lorsqu'ils ont reçu la Torah.
Il écrit : "Tout le monde peut recevoir la Torah, peut importe ce qu'il est. Même ceux au niveau le plus bas peuvent recevoir la Torah.
C'est le sens du fait que la Torah a été donné aux juifs alors que "ils se tinrent debout au bas de la montagne".

-> Le Zohar (vol.2, 68) écrit : "Yitro était un prêtre respecté de premier rang. [A l'époque, ] il était comme "le pape" pour tous les types de cultes d'idoles.
Lorsqu'il loua Hachem en disant : "maintenant je sais que Hachem est plus grand que tous les autres dieux" (ata yadati ki gadol Hachem mikol élokim), alors l'honneur d'Hachem a été augmenté dans tous les mondes, en-haut et en-bas".

Nos Sages rapportent que de nombreux prêtres d'idolâtries attendaient de voir la réaction de Yitro face aux miracles de la mer Rouge. En effet, Yitro était le responsable spirituel des non-juifs de cette époque, et ils agiraient en fonction de ce qu'il ferait.
C'est pourquoi lorsque Yitro loua Hachem pour les miracles de l'ouverture de la mer Rouge, ils ont suivi son exemple, et ils ont également loué Hachem.
Cela a créé un énorme kidouch Hachem.

=> Dans la Torah, le don de la Torah suit le récit de Yitro qui rejoint le peuple juif.
Quelle est la signification de cet enchaînement des choses?

Rabbi Leibele Eiger (Torat Emet - Yitro) explique que la Torah veut encourager chaque juif à accepter la Torah. Personne ne doit ressentir qu'il n'est pas assez méritant, car peu importe à quel point il a pu chuté [spirituellement], il n'est pas tombé plus bas que Yitro. [qui avait essayé toutes les adorations d'idoles possibles, et était la référence, le chef mondial des idolâtres]
Si Yitro a pu recevoir la Torah, alors nous aussi.
[quoiqu'il puisse faire, un juif sera toujours appelé : "fils adoré d'Hachem", et par ce lien (à l'inverse des non-juifs) nous avons toujours énormément de valeur aux yeux d'Hachem!]

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-> Le midrach (Tan'houma - Dévarim) écrit :
"Hachem a proposé la Torah à toutes les nations du monde, mais elles l'ont refusée.
Alors, Hachem a proposé la Torah aux Bné Israël, qui l'ont acceptée."

-> Le Imré Emet (5667) souligne que Hachem aurait véritablement donné la Torah aux non-juifs s'ils l'avaient acceptée.
Ainsi, si même un non-juif peut potentiellement étudier et observer la Torah, alors à combien plus forte raison un juif, qui a en lui une partie d'Hachem [beaucoup plus élevée que les non-juifs] et qui est un descendant des Patriarches [et Matriarches], peut lui étudier la Torah et observer les mitsvot.

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-> Il est écrit : "Je vous ai portés sur l'aile des aigles, Je vous ai rapprochés de Moi" (Yitro 19,4)

L'aigle est un animal non cashère, impur.
Le Sfat Emet (rapporté par son fils le Imré Emet - Yitro 5691) explique que Hachem nous a porté sur un oiseau non casher afin de nous enseigner que même celui qui a beaucoup fauté (et qui est à l'image d'un animal impur, non casher), s'il étudie la Torah alors il sera rapproché d'Hachem.
En effet, peu importe le niveau où l'on est, l'étude de la Torah a la faculté de nous élever à de très hauts niveaux.
C'est ce qui s'est passé en Egypte : les Bné Israël étaient au 49e niveau d'impureté, et Hachem les a amené très proche de Lui jusqu'à ce qu'ils soient aptes à recevoir la Torah, qu'Il leur parle directement.

De plus, la nature d'un aigle est de muer/renouveler ses plumes chaque année, et il devient alors comme un tout nouvel oiseau (voir Rachi - Téhilim 103,5).
Ainsi, Hachem nous a pris sur les ailes d'un aigle pour nous apprendre à être comme l'aigle, qui recommence toujours à nouveau.
[à l'image de l'aigle qui perd ses plumes pour de nouvelles, de même nous devons savoir se renouveler (avoir un regard neuf, frais), toujours s'améliorer, faire téchouva (en quittant nos mauvaises habitudes, comportements - à l'image de l'aigle qui perd ses plumes et devient comme un nouvel oiseau), ... ]

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-> Les 10 Commandements commencent par "Je suis Hachem, ton D., qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, d'une maison d'esclavage" (Yitro 20,2).
=> Pourquoi n'est-il pas plutôt écrit : "Je suis Hachem qui a créé le monde"?

Les Richonim expliquent que la sortie d'Egypte est en réalité une meilleure source pour renforcer notre émouna que la Création du monde, car en plus de la émouna, la sortie d'Egypte nous renforce dans la Providence divine (hachga'ha pratit) constante et également à quel point Hachem aime le peuple juif.

La lecture des 10 Commandements

+ La lecture des 10 Commandements :

1°/ Prendre conscience de l'importance de toute lecture de la Torah :

-> Le Shévet Moussar (34,19) décrit ce à quoi nous devons penser lorsque nous entendons une lecture de la Torah :
"Imagine que la bima est le mont Sinaï et que tu reçois la Torah du mont Sinaï.
Pense que Hachem et Ses anges sont présents, comme cela l'a été au don de la Torah.
Visualise que c'est Moché Rabbénou qui lit la Torah et que toute la nation [juive] se tient autour du mont Sinaï pour écouter la Torah de sa bouche".

-> La Michna Broura (141,19) écrit :
"Selon la halakha, il est permis de s'asseoir lorsque l'on écoute la lecture de la Torah, mais le Maharam de Rothenbourg dit qu'il est bien d'être debout. La raison est que lorsque nous écoutons la lecture du Séfer Torah, on doit s'imaginer comme si l'on écoutait la lecture de la Torah au mont Sinaï, et au mont Sinaï tous les juifs étaient debout."

=> Il en découle de cela qu'à chaque fois que la Torah est lue, c'est réellement et concrètement un petit don de la Torah.

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2°/ La lecture des passages relatifs au don de la Torah :

-> Le midrach (Psikta 12 ; Yalkout Chimoni Yitro 271) enseigne :
"Hachem dit à la nation juive : 'Mes enfants lisent cette paracha [du don de la Torah] chaque année, et Je considérerai cela comme s'ils se tenaient devant Moi au mont Sinaï et qu'ils recevaient la Torah".

-> Nous lisons 3 fois par an les 10 Commandements : à Shavouot, le Shabbath de la paracha Yitro, et celui de Vaét'hanan.
[ainsi, le don de la Torah au Sinaï n'est pas un événement lointain, il se reproduit réellement 3 fois par an!]

-> Le Beit Avraham en explique la raison :
Les patients très malades ont besoin de médicaments puissants, mais leur corps est trop faible pour les supporter.
C'est pourquoi, le médecin va administrer les médicaments en 2 ou 3 doses. [plutôt qu'en une seule]
De la même façon, nous acquérons de fortes doses de émouna lorsque nous lisons les 10 Commandements. Mais l'expérience spirituelle qui vient de la lecture de ce passage de la Torah est très intense et peut être trop puissante pour nous qui sommes faibles [spirituellement parlant].
C'est pour cela que l'impact est divisé en 3 portions (à Shavout, à Yitro, à Vaét'hanan), pour qu'ainsi nous puissions absorber son message.

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-> Le rabbi de Satmar explique "Naassé véNichma" comme signifiant : si une personne se prépare elle-même en faisant de bonnes actions (naassé), alors elle va mériter d'entendre (nichma) Hachem qui dit "ani Hachem Eloké'ha" (c'est le début des 10 Commandements - Yitro 20,2).
[plus nous agissons de notre mieux pour Hachem, plus nous nous permettons de pouvoir entendre et internaliser l'énorme message d'émouna des 10 Commandements]

-> En ce sens également, un vendredi soir de Shabbath Yitro, rabbi Lévi Its'hak de Berditchev a dit : "Demain lorsque les 10 Commandements seront lus, les gens avec des oreilles saintes entendront Hachem dire les 10 Commandements".

-> A ce sujet que la perception du don de la Torah est propre à chacun, on peut citer le Méam Loez (Yitro 20,1) :
"Chaque personne entendit la voix de D. selon sa capacité personnelle.
Par exemple, les femmes enceintes perçurent une voix très douce afin que la frayeur ne provoque pas de fausse couche ...
Au Sinaï, la voix de D. était si puissante qu'elle fit trembler toute la terre. Cependant, les personnes faibles l'entendirent comme une voix douce et délicate pour pouvoir la supporter et la comprendre.

Chaque personne présente au Sinaï saisit la Torah selon sa connaissance préalable.
Certains la comprirent au niveau de la guémara (analyse logique), d'autres au niveau de la michna (les lois), tandis que d'autres ne la comprirent qu'au niveau de la Torah (selon son sens littéral).
Certains saisirent la signification externe des mots tandis que d'autres en perçurent les mystères kabbalistiques plus profonds.

Le jour où la Torah fut donnée, tout dépendait de la préparation spirituelle individuelle de chacun".

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-> Le 'Hidouché haRim (Shavouot) enseigne :
"Hachem nous a donné a Torah comme un cadeau, et nos Sages (guémara Baba Batra 65a) nous disent que lorsque quelqu'un donne un cadeau, il doit le donner avec un bon œil (généreusement)".
De même, lorsque Hachem nous a donné la Torah, Il nous l'a donnée avec un bon œil. Cela signifie qu'Il nous a donné les forces et la sagesse nécessaires pour comprendre la Torah."

"Et Hachem descendit sur le mont Sinaï" (Yitro 19,20)

-> Le midrach (Bamidbar rabba Nasso 13) enseigne :
Rabbi Chmouël bar Na'hmani enseigne que lors de la création du monde, Hachem désira avoir une demeure pour résider parmi les créatures du monde d'en-bas.
Lorsqu'Adam et 'Hava fautèrent, la Présence divine se retira du monde d'en-bas pour remonter dans le premier firmament. Puis, lorsque Caïn tua Hével, la Présence divine quitta le premier firmament pour remonter au second.
A l'époque d'Enoch, Hachem s'éloigna jusqu'au 3e firmament.
La génération du Déluge quant à elle, éloigna la Présence divine au 4e firmament.
La génération de la tour de Bavél l'éloigna jusqu'au 5e.
Les habitants de Sodome l'éloignèrent jusqu'au 6e.
Enfin, arrivèrent Amrafel et ses proches qui éloignèrent le Maître du monde jusqu'au 7e firmament.

Que fit Hachem?
Il "replia" les générations jusqu'à Avraham qui accomplit la volonté du Créateur et rapprocha Sa Présence divine jusqu'au 6e firmament.
Its'hak, par son service divin irréprochable, rapprocha Hachem jusqu'au 5e firmament.
Yaakov jusqu'au 4e et la tribu de Lévi jusqu'au 3e firmament.
Amram la rapprocha jusqu'au 2e firmament, tandis que Moché replaça la Présence divine au 1er firmament.
Enfin, lorsque tout le peuple reçut la Torah d'un cœur entier, la Présence divine descendit dans notre monde et Se rapprocha jusqu'à une hauteur de 10 téfa'him de notre monde.

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-> "Hachem descendit sur le mont Sinaï, sur la cime de la montagne ; Hachem appela Moché sur la cime de la montagne ; Moché monta" (Yitro 19,20)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
Le mot montagne en hébreu se dit Har (הַר), il s’écrit Hé et Rech, si on prend les lettres qui précèdent Hé et Rech dans l’alphabet, on obtient Kouf et Dalet, si on les rajoute à Hé et Rech on obtient le mot Kdérah, une marmite.
Pour nous enseigner en allusion que le Har Sinai était comme une marmite, dans laquelle on met de la viande crue, pas très ragoutante ni consommable en l’état, puis on en sort un met délicat et appréciable. Les Bné Israel au Har Sinai ont perdu l’impureté enracinée au fond d’eux depuis la faute d’Adam Harichon avec le serpent. C’est pour ça qu’ils devaient rester au pied de la montagne, comme s’ils étaient à l’intérieur de la marmite en train de se transformer en met de choix.
Par contre Moché, né pur et déjà prophète, sans aucune imperfection, lui n’a pas besoin de cette transformation. C’est pour ça qu’Hachem l’appelle près de lui et au dessus de la marmite, au point que le Arizal dira à propos du verset : "Moïse parlait et Hachem répondait dans la voix (littéralement)" (Yitro 19,19).
Les mots "répondait dans la voix" se lisent "répondait deux voix" (ב קול – deux voix à la place de בקול – dans la voix) pour nous dire que la prophétie de Moché était si grande que les deux voix s’habillaient et se mélangeaient.

"Aharon vint ainsi que tous les anciens d'Israël, pour manger du pain avec le beau-père de Moché devant D." (Yitro 18,12)

-> Rachi demande où se trouvait donc Moché pendant ce temps?
Il se tenait debout et les servait.

=> Pour quelle raison Moché ne mangea-t-il pas avec eux et se tenait-il debout en les servant?

-> Le verset suivant est : "Ce fut le lendemain, Moché s'assit pour juger le peuple ; le peuple se tint debout près de Moché depuis le matin jusqu'au soir" (Yitro 18,13).
Selon Rachi : il s'agissait du lendemain du jour de Yom Kippour.
Le rabbi Shalom de Belz explique qu'ainsi le repas qui fut organisé était le jour même de Yom Kippour.
Les Bné Israël n'avaient pas encore reçu la Torah et ne connaissaient pas les lois de Yom Kippour. Cependant, Moché les connaissaient et c'est la raison pour laquelle il ne mangea pas avec eux.

-> D'après le Ramban, ce repas était en l'honneur de la conversion de Yitro qui s'immergea dans un mikvé et fut circoncis.

-> D'après la Mékhilta, ce repas était en l'honneur du remariage de Moché et de Tsipora.
En effet, lorsque Moché partit pour libérer les Bné Israël d'Egypte, il divorça de son épouse, comme il est écrit : "Yitro, le beau-père de Moché, prit Tsipora la femme de Moché, après qu'il l'eût renvoyée" (Yitro 18,2).
Concernant le guét, qui est le contrat de divorce ordonné par la Torah, il est écrit à son sujet : "Il écrira pour elle un contrat de divorce et le lui donnera dans sa main et la renverra dans sa maison" (Ki Tétsé 24,3).
Ainsi, en juxtaposant les 2 versets de la Torah, nous comprenons que Moché divorça de Tsipora en la renvoyant chez elle avant de rentrer en Egypte pour délivrer le peuple juif.
Tsipora avait la possibilité de se remarier mais elle décida d'attendre jusqu'à ce que Moché fasse sortir le peuple juif d'Egypte.
Moché n'ayant pas reçu le statut de Cohen Gadol qui fut attribué à son frère Aharon, il resta un Lévi et put donc épouser une femme divorcée.
Ainsi, tous les anciens honorèrent le remariage de Moché et de Tsipora par une 'houpa et des kidouchin et firent un festin avec les 7 bénédictions durant une seule journée, car en cas de remariage les festivités du mariage ne durent qu'une seule journée au lieu de 7.
[Dorèch Tsion]

"Lorsqu'ils rencontrent un problème, il vient vers moi, et je juge entre un homme et son prochain" (Yitro 18,16)

=> A priori, il aurait été plus juste que la Torah s'exprime ici au pluriel : "ils viennent vers moi" puisque devant chaque litige, il est nécessaire de faire comparaître des témoins.
Pourquoi le singulier est-il employé ici : "il vient vers moi"?

-> Le Maharal explique que seules 2 personnes réussirent à juger correctement, sans l'aide de témoin, durant toute l'histoire de l'humanité. Ce furent Moché Rabbénou et le roi Chlomo.
Moché avait la capacité de connaître la vérité grâce à son niveau de prophétie, tandis que Chlomo y parvenait grâce à son niveau de sagesse.

Cependant à l'avenir, lorsqu'arrivera le machia'h, il jugera le peuple grâce à son odorat comme il est écrit : "Il sentira avec la crainte de D., il ne jugera point selon ce que ses yeux verront, il ne décidera pas selon ce que ses oreilles entendront" (Yéchayahou 11,3).
Il n'aura pas besoin d'entendre les différents partis, comme Moché et n'aura pas besoin de les voir, comme le roi Chlomo mais il n'aura qu'à le sentir pour discerner qui est honnête et qui ne l'est pas.

D'après ceci, nous pouvons comprendre la réponse de Moché dans la Torah lorsque Yitro vint le conseiller pour éviter qu'il ne se fatigue trop par la multitude de jugements à réaliser seul.
Moché lui répondit à ce sujet : "Lorsqu'ils rencontrent un problème, il vient vers moi" = lorsqu'il y a un jugement à réaliser, la prophétie vient vers moi et me fait savoir comment juger. Je n'ai donc pas à me fatiguer tant que cela pour arriver à déceler la vérité.
C'est la raison pour laquelle il est écrit au singulier : "il vient vers moi" qui désigne la prophétie.

"Israël campa là-bas en face de la montagne [de Sinaï]" (Yitro 19,2)

-> Rachi : comme un seul homme, d'un seul cœur.

-> Selon le Zohar (Chir haChirim 74a) : "La Torah comporte 600 000 lettres, et chacune de ces lettres correspond à une âme [primaire] d'Israël. En effet, le peuple comptait 600 000 âmes lorsqu'il s'est tenu devant le mont Sinaï".

-> Le Arougat haBochem explique :
"Au moment du don de la Torah, les yeux s'ouvrirent et tout le peuple d'Israël fut à même de voir la Torah écrite d'un feu noir sur fond de feu blanc.
Chacun reconnut l'origine de son âme (néchama) ainsi que l'origine de l'âme de son prochain.
Chacun sut alors quelle lettre lui correspondait par allusion. Tout Israël se tenait uni en bas de la montagne, placé selon l'ordre établi de l'assemblage des lettres de la Torah au-dessus d'eux.

Celui qui avait reconnu l'origine de son âme et qui correspondait par exemple à la lettre beit (ב) du mot béréchit (בְּרֵאשִׁית) reconnaissant également son ami qui était la lettre réch (ר) du mot בְּרֵאשִׁית.
Il allait automatiquement se placer auprès de son ami dont la racine provenait d'une lettre dans la Torah qui était à côté de la sienne.
Et c'est ainsi que tout le peuple s'organisa pour prendre sa place en fonction des lettres de la Torah qui étaient inscrites dans les hauteurs.
C'est le sens du verset : "Et tout le peuple vit les voix" (Yitro 20,15) = c'est-à-dire que tout le peuple vit les lettres de la Torah qui étaient écrites avec du feu.
"Le peuple vit, ils tremblèrent" = ils tremblèrent et allèrent se tenir chacun à côté de son prochain afin de pouvoir s'unir en bas et à l'image de la disposition des lettres de la Torah en Haut."

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-> Selon le Zohar, il y a 600 000 âmes juives primaires.
Lorsqu'il y a plus que 600 000 juifs, cela signifie que chaque juif ne possède qu'une partie de ces âmes primaires.
Une âme juive primaire peut ainsi se retrouver en "morceau" dans plusieurs personnes.

-> On peut noter que le fait d'aimer son prochain comme soi-même, revient parfois à nous aimer réellement nous-même.
En effet, l'autre pouvant être un autre "composant" de mon âme primaire, en l'aimant, j'aime également mon réel moi-même (âme) qui est aussi en lui.

Afin de recevoir la Torah, il fallait comme condition que l'ensemble de ces 600 000 âmes soient réunies ensemble.
C'est pourquoi, 600 000 hommes juifs adultes ont quitté l'Egypte, et se sont rendus au mont Sinaï.
Chacune de leur femme a apporté une moitié d'âme, leur permettant d'être complet.

-> Le Chémen Roch (Vayéchev) explique que chaque juif a le devoir d'aimer son prochain comme lui-même.
Chaque juif ayant sa lettre dans le Séfer Torah, si malheureusement, un juif n'aime pas son prochain, il se trouve qu'il efface une lettre de la Torah et rend tout le Séfer Torah inapte.

[cela donne tout son sens à : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même" (Kédochim 19,18), Rachi commente : "Rabbi Akiva a enseigné : C’est là un principe fondamental dans la Torah."
=> En effet, d'une certaine façon notre Torah (personnelle) ne peut être cashère tant que nous n'aimons pas notre prochain!]

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-> Chaque juif a sa racine dans la Torah, sa propre lettre.
[Selon le Zohar (Chir haChirim maamar 2,51), de même qu’il y a 600 000 lettres dans la Torah, il y a aussi 600 000 âmes [primaires] dans le peuple juif. Ainsi, chaque âme a sa racine dans une lettre de la Torah.]
Lorsqu'une personne faute, elle détériore sa lettre correspondante dans la Torah et obscurcit sa lumière.
Et lorsqu'elle fait téchouva, elle fait briller de nouveau la lumière de la Torah (par la lettre lui correspond).
[Déguel Ma'hané Efraïm - Ki Tissa - (c'est un petit-fils du Baal Chem Tov)]

-> Hachem a donné la Torah à Israël. Le corps de la Torah est l'âme de la nation juive, parce que les 600 000 racines d'âmes de la nation sont enracinées dans les 600 000 lettres de la Torah.
Il en résulte que lorsque Moché à compter les juifs [recensement], il était en train d'étudier la Torah.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Métsora]

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-> Du fait que le Séfer Torah contient 600 000 lettres, que Israël contient 600 000 âmes, et que chaque âme est liée, et influencée par une des lettres, alors lorsque nous présentons la Torah grande ouverte (agbaa), et que nous regardons la lettre dans le Séfer Torah, cela nous fait automatiquement bénéficier de son influence spirituelle.
[Sfat Cohen - Bamidbar p.22]

-> Il existe 600 000 sources d’âmes pour les juifs. Or la racine des âmes juives est la Torah. Par conséquent, il existe 600 000 interprétations pour chaque verset.
Dans le futur, chaque juif lira la Torah en la comprenant selon l’interprétation par laquelle son âme a été créée.
[Méam Loez - Yitro 20,1]

-> Selon le Zohar (Chir haChirim maamar 2,51), de même qu'il y a 600 000 lettres dans la Torah, il y a aussi 600 000 âmes [primaires] dans le peuple juif. Ainsi, chaque âme a sa racine dans une lettre de la Torah.

Le rav Guédalia Schorr (Ohr Guédaliyahou) enseigne que suite à l'arrivée du machia'h, c'est la lettre de la Torah qui est propre à chaque personne, qui viendra la faire revivre.
En effet, chacune des lettres de la Torah a le pouvoir de ramener quelqu'un à la vie.

=> Ainsi, la Torah nous donne la vie dans ce monde et dans le monde à venir, et elle nous permettra même de revivre au moment de la résurrection des morts!

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-> De même qu’il y a 600 000 lettres dans la Torah, il y a aussi 600 000 âmes [primaires] dans le peuple juif. Ainsi, chaque âme a sa racine dans une lettre de la Thora.
[Zohar Chir haChirim maamar 2,51]

-> Le Maharcha (guémara Béra’hot 21a) enseigne :
"La Torah entière est faite des Noms de Hachem.
Lorsqu’une personne étudie la Torah, c’est comme si elle mentionnait constamment le Nom de D., et Hachem vient alors la bénir."

-> En se basant sur ces enseignements, le 'Hidouché haRim dit que chaque juif, a sa racine dans la Torah, et est ainsi relié aux Noms Divins.
=> C'est pourquoi, pour parler du nombre de juifs, la Torah écrit : "Par dénombrement des noms" ((Bamidbar 1,2) = en allusion aux Noms Divins auxquels tout juif est relié.

[d'ailleurs, le Zohar enseigne : "Hachem, la Torah et le peuple juif forment une seule entité" ]

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-> "La sainteté de chaque âme juive est littéralement la sainteté du Séfer Torah."
[Rav ‘Haïm de Volozhine – Néfech ha’Haïm 4,11]

-> Le Zohar (Chir haChirim maamar 2,51) nous transmet l'idée qu'il existe un lien reliant chaque juif avec les lettres du Séfer Torah (Yech Chichim Ribo Othiyot LaTorah : il y a 600 000 lettres dans la Torah).

-> Personne ne doit se dire : "Je ne suis qu'une toute petite lettre, je n'ai aucune importance."
En effet, s'il manque même une toute petite lettre comme le youd, tout le Séfer Torah devient non cachère.

De même que si une lettre du Séfer Torah est changée ou n'est pas à sa place, tout le Séfer n'est pas utilisable (passoul/non cachère).
Ainsi, si un juif modifie sa place, sa situation spirituelle et matérielle que D. lui a fixé dans toute Sa bonté, au motif qu'il en préférait une autre, il devient interdit à l'utilisation (passoul).

=> Qu'un juif nous paraisse petit ou simple, son service divin est crucial pour la perfection et la rédemption du peuple juif.
A l'image de chaque lettre de la Torah, tout juif est indispensable et d'une valeur infinie.

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-> Il est écrit dans la Haggada de Pessa'h : "A chaque génération, on doit se considérer comme étant soi-même sorti d’Egypte" (bé'hol dor vador 'hayav adam lir'ot ét atsmo kéilou yatsa mimitsra'im)
Et de poursuivre : "D. n’a pas seulement sauvé nos pères, mais nous aussi, Il nous a sauvés avec eux ..."

-> Le 'Hatam Sofer (Torat Moché - Chémot p.2) enseigne que les 600 000 juifs qui sont sortis d'Egypte, contenaient les âmes de tous les juifs des générations à venir.
C'est ce que nous signifions dans la Haggada : "D. n’a pas seulement sauvé nos pères, mais nous aussi, Il nous a sauvés avec eux ...", comme il est écrit : "Il nous a fait sortir de là" (Vaét'hanan 6,23).

En effet, nos âmes étaient là-bas, en compagnie des 600 000 qui ont quitté l'Egypte.

[ainsi, non seulement, c'est un événement qui se reproduit chaque année avec la même intensité, mais en plus originellement nous l'avons réellement vécu (avec les âmes de tous les juifs de l'Histoire de ce monde!)]

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+ Précision :

-> La Torah contient en tout 5 845 versets, 78 976 mots et 304 805 lettres. D'où provient la notion de 600 000 lettres?
Il faut expliquer que plusieurs lettres de l'alphabet sont constituées de plusieurs lettres imbriquées.
Par exemple, la lettre א est constituée par une lettre ו au centre et 2 lettres י aux extrémités ; la lettre ה est conçue avec un ד et un י ; ou encore le ל qui est le résultat d'un כ et d'un ו.
Ainsi le nombre de lettres est plus important et atteint les 600 000.

Le Mont Sinaï était plus petit et plus bas que toutes les autres montagnes. Il n'aurait jamais pu ''imaginer'' que la Torah soit donnée sur lui. Et pourtant, Hachem donna la Torah précisément sur lui.
Par cela, Hachem veut nous enseigner que la Présence Divine continue à résider même avec ceux qui sont à de très bas niveaux.
Que personne n'imagine qu'Hachem l'a abandonné.
[Beit Aharon]