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Humilité & grâce :

-> "Grâce et gloire sont octroyées par Hachem" ('hen vé'havod yiten Hachem - Téhilim 84,12)

-> "Je ferai grâce à qui je devrai faire grâce" (vé'hanoti ét acher a'hon - Ki Tissa 33,19)

-> Le midrach (Yalkout Chimoni 395) affirme :
"même si une personne n'est pas méritante, elle peut recevoir [la grâce - 'hèn] comme cadeau d'Hachem" (af chééno raouï véaguoun).

=> Comment pouvons-nous recevoir la grâce ('hèn) en cadeau?

-> Il est écrit : "aux humbles, Il accorde la grâce" (laanavim yitèn 'hen [חֵן] -Michlé 3,34).

-> "Moché était très humble, plus qu'aucun homme se trouvant sur la terre" (Béha'aloté'ha 12,3)
Or, Hachem a dit à Moché qu'Il lui accordera toutes ses demandes "car tu as trouvé grâce à Mes yeux [Hachem]" (ki matsati 'hen bééné'ha - Ki Tissa 33,16).

=> L'humilité signifie être certain que tout ce que nous avons (talents, apparence, argent, ...) est un cadeau d'Hachem pour lequel nous ne pouvons réclamer du crédit ou attendre de l'honneur. [au contraire on va être responsable de l'utilisation des ressources que D. nous a confiés]
[l'humilité = avoir conscience de ce que nous avons, reconnaître que cela vient gracieusement de D., et utiliser tout cela au mieux selon la volonté d'Hachem]
Le plus nous sommes persuadés de cela, le plus nous serons humbles, et le plus de : 'hen [חֵן - "grâce"] nous aurons.

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-> On a vu l'exemple de Moché, on va voir maintenant celui de Noa'h.

-> Hachem a demandé à Avraham "marche devant Moi et sois intègre (tamim)" (Lé'h Lé'ha 17,1).
La guémara (Nédarim 32) enseigne que Avraham n'a été appelé "tamim" qu'après avoir fait sa circoncision.
Cependant, il est écrit : "Noa'h était un homme juste, intègre (tamim)" (Noa'h 6,9).
Comment a-t-il pu être appelé ainsi, sachant que la brit mila a commencé avec Avraham?

Rachi (guémara Avoda Zara 6a) explique que c'est parce que Noa'h était humble, qu'il a également été qualifié de : "tamim".
Hachem dit : "Moi et lui [celui qui est arrogant] ne peuvent pas résider dans le même monde" [guémara Sotah 5a]
=> Ainsi, si une personne est humble, alors elle mérite de toujours évoluer avec Hachem à ses côtés.
[le תוספות אמרות טהורות]

-> La guémara (Sanhédrin 108a) commente qu'à l'origine il a été décrété que Noa'h devait mourir avec dans le Déluge avec ses contemporains, mais il en a été épargné car, comme le relate la Torah : "il a trouvé grâce aux yeux d'Hachem" (Noa'h matsa 'hen bééné Hachem - Noa'h 6,8).

=> On voit de là que quelqu'un peut ne pas mériter d'être sauvé [d'un malheur], mais néanmoins du Ciel on peut l'en sauver en raison du fait qu'il a de la "grâce" ('hen).
[ainsi, plus nous sommes humbles, plus nous sommes "grâcieux" aux yeux d'Hachem, et plus nous sommes préservés de difficultés.]

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-> Plus l'homme se diminue lui-même [en étant humble], plus il possède une force d'attraction importante, autrement dit il peut attirer la Présence Divine dans les mondes inférieurs, afin qu'Il réside avec nous, ce qui est la volonté de D. depuis le jour où Il créa le monde ; mais il peut aussi attirer les gens vers lui, pour les rapprocher de Son service ; également drainer des influx bénéfiques et des bénéfiques sur Israël.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan - Torah 70]

-> à l'inverse : "L’orgueilleux repousse les pieds de la Présence Divine.
Hachem dit à son sujet : Moi et lui, nous ne pouvons demeurer ensemble!" (guémara Sotah 4b).

-> Par l'humilité, l'individu trouvera grâce aux yeux de tous ...
Par la charité (tsédaka), l'individu trouvera grâce aux yeux de tous.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - 'hen]

-> Hachem dit : "Des yeux hautains et un cœur enflé d’orgueil, Je ne puis les supporter" (Téhilim 101,5).
Le Rambam (Hilkhot Déot 2,3) enseigne que l'orgueilleux refuse d'admettre l'existence de Hachem.

-> "L’homme orgueilleux est livré à son cœur, car du fait que Hachem le tient en horreur, il ne bénéficie d’aucune aide divine."
[Rabbénou Yona - michlé 16,5]

-> Selon le Ma'ané Rakh (chap.14), une personne en colère : sa sainteté l'a abandonné, et il n'est plus soumis qu'à l'esprit d'impureté qui le domine.
[la guémara (Nédarim 22b) enseigne qu'au moment d'une colère, toutes les pensées d'une personne sont : "Il n'y a pas d'Hachem".]

-> Celui qui médit de son prochain écarte la Présence Divine d'Israël et lui fait dire : "Moi et lui ne pouvons vivre dans le même monde".
[Méam Loez - Tétsavé 28,39]

Le Tossefet Shabbath

+++ Le Tossefet Shabbath :

"Et les Bné Israël veilleront au Shabbat pour faire le Shabbat" (véchamérou Bné Israël ét haShabbath, laassot ét haShabbath - Ki Tissa 31,16)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch explique :
"Hachem Lui-même donne son assentiment au temps profane que l'homme ajoute au temps du Shabbat, et accepte de l'appeler Shabbat.
Il se trouve donc que cet homme a réellement fait le Shabbat (laassot ét haShabbath), car il transforme les heures du "yom chichi" et celles du "yom richon" qui sont profanes en heures de Shabbat".

-> Le Yétev Panim, s'inspirant de ces paroles, explique l’enseignement de nos Sages (guémara Shabbat 118b) : "Si seulement les Bné Israël observaient 2 Shabbatot, ils seraient immédiatement délivrés" : ces 2 Shabbatot, explique-t-il, sont :
1°/ le Shabbat qu'Hachem Lui-même fait ;
2°/ le Shabbat que les Bné Israël font, en ajoutant du temps profane au temps du Shabbat. Et s'ils observaient 2 deux Shabbatot (en accueillant le Shabbat plus tôt), ils seraient immédiatement délivrés, car ''mesure pour mesure'', de la même manière que nous faisons rentrer le Shabbat plus tôt, Hachem aussi se hâtera de nous délivrer avant le moment, en faisant Lui-aussi entrer le ''le temps qui est entièrement Shabbat'' (yom chékoulo Shabbath - שבת שכולו יום), avant l'heure.

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-> Ce "Tossefet Shabbat" (le fait de rajouter du temps profane à celui du Shabbat en l'accueillant plus tôt) possède une force considérable pour être délivré de tout malheur comme l’illustre le récit suivant :
Un homme alla épancher son cœur contrit devant le Pné Ména'hem, à propos de son fils qui s'était écarté du chemin de la Torah et de la tradition, en quittant la maison et son lieu natal.
"J'ai entendu de mon père, le Imré Emet, que la Tossefet Shabbat était connue pour délivrer de toutes sortes de malheurs. Je te conseille donc, toi et ton épouse, d'accueillir le Shabbat chaque semaine, plus tôt (en récitant alors des psaumes) et vous verrez ainsi des merveilles".
L'homme témoigna qu'en effet, son fils revint peu de temps après, dans le giron familial et retourna dès lors à la tradition juive.

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-> Le 'Hafets 'Haïm (sur la Torah - Béréchit 2,3) écrit:
"Combien sont dans l'erreur les gens de faible croyance, qui tardent à accueillir le Shabbat et se dépêchent d'en sortir. Pourtant, les 6 jours profanes se nourrissent de la malédiction de Adam Harichone : "C'est à la sueur de ton front que tu mangeras ton pain", et seul le Shabbat en a été préservé, et a été béni par Hachem Lui-même, comme il est dit : "Il le bénit et le sanctifia" .
Ils font exactement l'inverse des gens intelligents qui se hâtent d'accueillir le Shabbat afin de faire entrer le plus vite possible sa bénédiction, et qui tardent à en sortir afin de retarder autant que possible la malédiction des jours profanes.
Heureux ceux qui mériteront de le comprendre et se hâteront d’accueillir le Shabbat afin de recevoir la bénédiction promise d'office à ceux qui savent de comporter ainsi."

Le Shabbath = un signe interne éternel avec Hachem

+++ Le Shabbath = un signe interne éternel avec Hachem :

+ "Les Bné Israël observeront le Shabbat pour faire du Shabbat une alliance éternelle à travers leurs générations. Entre Moi et les Bné Israël, ce sera un signe éternel" (Ki Tissa 31,16-17)

-> Il y a 2 autres mitsvot dans la Torah qui sont également appelées : "ot" (signe).
L'une est la mila (la circoncision) : "Vous circoncirez la chair de votre excroissance et ce sera un signe d'alliance entre Moi et vous" (Lé'h Lé'ha 17,11) et l'autre sont les téfilin : "Tu les attacheras en signe sur ton bras et ce seront des totafot ('un ornement) entre tes yeux" (Vaét'hanan 6,8).
[ b'h, sur ces 3 signes : http://todahm.com/2014/12/21/la-force-par-3-du-shabbath ]

-> Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) enseigne :
[la différence entre ces 3 signes : téfilin, mila et Shabbath]
Les téfilin et la mila sont des "signes" extérieurs, touchant au corps.
Les tefilin, attachés au corps du juif, lui permettent de soumettre son âme, abritée dans le crâne, et son cœur, le siège du désir et de la pensée.
La mila est un signe qui doit faire partie du corps. Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 2) enseigne que le peuple juif a le commandement de circoncire les mâles "afin de les différencier des autres nations par la forme de leur corps". Le signe de la mila consacre le corps du juif et crée en son cœur une demeure pour la Présence Divine (Chékhina).
En effet, le rav Tsadok haCohen (Pri Tsaddik - Vayéra) écrit qu'après la circoncision d'Avraham : "Son corps devint sanctifié afin que son cœur soit toujours un lieu de résidence pour la Chékhina, comme il l'est pour les Bné Israël ... car D. est le cœur des Bné Israël".

Le Shabbat est différent des 2 autres "signes".
Une part du Shabbat est la sainteté du jour lui-même, mais le "signe" de Shabbat est gravé dans l'essence intérieure du juif.
La guémara (Beitsa 16a) révèle que, le Shabbat, le "signe" entre D. et les Bné Israël est la nechama yétéra (l'âme supplémentaire) donnée à chaque juif.
Le Zohar (Tikouné Zohar - tikoun 48,p.85a) montre également que l'essence du signe du Shabbat est à l'intérieur de l'âme. Sur le verset : "pour observer le Shabbat dans toutes leurs générations, une alliance éternelle", le Zohar commente : "Heureux l'homme qui, le Shabbat, Lui fait une résidence dans les 2 compartiments de son cœur et en retire le yétser hara".
Le Zohar déduit cette explication du mot "lédorotam" (dans toutes leurs générations), au mot : "dira" (lieu de résidence) ; il peut se lire "lédiratam" (comme leur lieu de résidence).
L'emploi de ce terme montre qu'une composante fondamentale du respect du Shabbat consiste à éliminer le mauvais penchant, ce qui crée dans le cœur un lieu de résidence pour la Présence Divine.

Lorsque le Shabbat fut donné au peuple juif [dans le désert] à Mara, avant le Don de la Torah, il le reçut uniquement dans sa forme extérieure, en tant que jour d'un niveau spirituel supérieur aux autres jours de la semaine.
Le "signe" à l'intérieur d'eux-mêmes, la nechama yetéra qui se trouve en chaque juif le Shabbat, ne leur fut accordé qu'après le don de la Torah.
[...]

Le "signe" de Shabbat, à la différence des 2 autres signes, est une marque qu'il laisse sur l'âme.
Shabbat représente notre alliance avec Hachem parce que nous détournons notre attention du mauvais penchant et préparons une résidence pour la Présence Divine (Chékhina), en faisant de nous-mêmes des réceptacles appropriés pour accueillir l'âme supplémentaire (néchama yétéra).

Même après avoir reçu la néchama yétéra, nous pouvons nous élever davantage et la recevoir à des niveaux supérieurs. Rabbi Tsadok haCohen de Lublin (Pri Tsaddik - Choftim par.7) enseigne que la néchama yétéra est composée de nombreux niveaux ; chaque personne reçoit cette néchama à un certain niveau, selon le degré de spiritualité qu'elle est capable de recevoir.
Etant donné que l'essence même du signe de Shabbat est quelque chose de privé et d'intérieur, il convenait à ce signe d'être transmis en privé.

[en effet selon la guémara (Bétsa 16a) : "Rabbi Yo'hanan dit au nom de Rabbi Chimon ben Yo'haï : chaque mitsva que D. a donnée aux Bné Israël, Il l'a donnée en public, à l'exception du Shabbat qu'Il leur a donné en privé, comme il est écrit : 'Entre Moi et les Bné Israël, ce sera un signe éternel' (Ki Tissa 31,17)" ]

"Et toi, parle aux enfants d’Israël en ces termes : Toutefois, observez mes Shabbatot car c’est un symbole de moi à vous dans toutes vos générations, pour qu’on sache que c’est Moi, Hachem qui vous sanctifie" (Ki Tissa 31,13)

-> Le Ben Ich 'Haï explique :
Dans ce verset quand Hachem nous dit : "observez mes Shabbatot" (ét Shabbétotaï timorou - אֶת שַׁבְּתֹתַי תִּשְׁמֹרוּ), en hébreu il y a un mot qui n’était pas nécessaire. En effet, il aurait été suffisant d'écrire : "Shabbétotaï timorou", le mot אֶת (ét) étant superflu, il vient ajouter quelque chose, mais qui doit être du même niveau que le Shabbath.
=> Quel est cet autre Shabbat dont Hashem veut parler?

La réponse est dans la suite du verset : "car c’est un symbole de moi à vous", le verset parle ici d’une sorte de Shabbath qui est autant à Hachem qu’à nous. Or le Shabbat est inaccessible à l’homme, dans le sens que d’aucune manière l’homme ne peut avoir une influence sur l’essence même de ce jour, il ne peut que profiter de sa lumière s’il le respecte.
A l’opposé, le Yom Tov est lui dépendant de l’homme, c’est le Beth Din qui décide quant doit tomber la fête, en fixant le premier jour de chaque mois du calendrier.
En fait, il existe une facette du Shabbat où l’homme a effectivement une influence, c’est sur la Tosséfet (le rajout), le temps que l’on rajoute au Shabbat à son entrée ou à sa sortie, en le faisant rentrer plus tôt et sortir plus tard. Ces instant rajoutés, prennent toute la sainteté du Shabbat, on peut y faire kiddouch, continuer à manger séouda chlichi, comme si on était exactement dans le temps imposé.
=> Sauf que là, c’est l’homme qui a décrété que ce serait Shabbath et par là, il est devenu l’associé d’Hachem dans ce Shabbath Divin, où normalement l’homme n’aurait pas du avoir d’influence.

Shabbat Shékalim – un jour d’abondance

+ Shabbath Shékalim - un jour d'abondance :

-> Le midrach (Tan'houma Ki Tissa 3) rapporte que Moché dit à Hachem : "Maître du monde, lorsque je mourrai, je ne serai plus rappelé en souvenir", et Hachem lui répondit alors : "Par ta vie, tel que tu te tiens à présent pour leur transmettre (aux Bné Israël) la paracha Shékalim, et que tu fais le relevé de leur compte (litt. de leur tête), il en sera ainsi chaque année lorsqu'ils la liront devant Moi : ce sera comme si tu te tenais là-bas au même moment et que tu faisais le relevé de leur compte".

-> Le 'Hidouché haRim (Séfer haZékhout) écrit : "Ce midrach constitue la promesse que dans chaque génération, au moment de la lecture de paracha Shékalim, Moché ''relève la tête'' des Bné Israël".

Néanmoins, afin de mériter ce "relèvement", l'homme doit entamer le processus et vouloir sortir de la fange et de la boue dans laquelle il est plongé, comme le dit le 'Hidouché haRim lui-même : "Ce Shabbat, l'homme doit soumettre tout son corps (ses tendances animales) à sa tête (à son esprit), car si ses membres ne suivent pas sa tête, il demeurera "sans tête"."

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
Ce "relèvement'' a été défini par nos Sages (guémara 'Haguiga 16a) : "Six choses ont été dites au sujet de l'homme, enseigne la guémara, trois dans lesquelles il ressemble aux anges, et trois dans lesquelles il ressemble à l'animal".
Une des choses par lesquelles il ressemble aux anges est qu'il se tient debout comme eux, alors que les animaux vont la tête dirigée vers le sol. Car ce membre est constamment occupé à rechercher les choses terrestres.
Et c'est précisément cet aspect que l’homme doit travailler : soumettre son mauvais penchant, s'habituer à "se tenir debout", à diriger son regard vers le haut.

Et durant le Shabbat Shékalim, il jouit d'une aide du Ciel particulière pour y parvenir, car Moché s'occupe de "relever les têtes d'Israël".
Dès lors, la possibilité nous est offerte de nous élever au-dessus des contingences matérielles et des actes purement bestiaux, de nous tenir debout devant Hachem, comme les anges célestes.

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-> Paracha Shékalim : Lue le Chabbat qui précède le début du mois d’Adar (ou à Roch ‘Hodech Adar, s’il tombe un Shabbat).
Passage = les versets de Ki Tissa 30,11-16.

"Quand tu élèveras la tête des enfants d'Israël" (ki tissa ét roch Bné Israël - Ki Tissa 30,12)

-> Les 3 mitsvot essentielles du judaïsme sont contenues en allusion dans le mot תשא (Tissa) dont les lettres sont les initiales de :
- le א = la émouna ;
- le ת = la Torah ;
- le ש = le Shabbath.
En effet, nos Sages (Chémot rabba 25,12) nous enseignent : "le Shabbath est équivalent à toutes les mitsvot".
Un juif qui souhaite conserver une bonne santé spirituelle doit constamment avoir ces 3 fondements ancrés en lui.

Il est rapporté dans la guémara (Baba Batra 10b) : "Rabbi Abahou enseigne : Moché demanda au Maître du monde : comment la corne d'Israël va-t-elle se relever? (c'est-à-dire comment le peuple va-t-il se remettre de la faute du Veau d'or)?
Hachem de répondre : "Quand tu élèveras la tête des Bné Israël" (Ki Tissa 30,12).

Si ces fondements que sont la Torah, le Shabbath et la émouna sont préservés, alors Hachem leur accordera le plein pardon et la pleine expiation.
[rabbi Yéhouda Moualam]

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-> "La vérité est éternelle mais le mensonge ne dure qu'un moment" (sfat émet tikon la'ad - שְׂפַת אֱמֶת תִּכּוֹן לָעַד - Michlé 12,19).
La première lettre des 3 premiers mots forment : תשא (Tissa).
L'allusion est qu'en s'éloignant du mensonge et en poursuivant la vérité, nous prolongeons les jours de notre vie, car le mot תשא signifie "élévation".
[Tsror ha'Haïm]

"Ils se sont vite écartés de la voie que je leur avais ordonnée" (Ki Tissa 32,8)

-> A priori le mot "vite" employé ici est superflu et il aurait suffi d’écrire "ils se sont écartés", sans rien ajouter.
Mais en fait, cela fait allusion à ce qu’enseignent nos Sages (guémara Shabbat 105b) : "Telle est la manière d’agir du yétser ara : aujourd'hui, il te dit 'fais ceci', le lendemain, il te dit : 'fais cela', et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il te dise : 'livre toi à l'idolâtrie' et qu'il aille s'y livrer".
Hachem dit à Moché : "Dans le cas présent (à l'occasion du Veau d'or), il s'est produit quelque chose d'inhabituel puisqu'ils se sont écartés vite, d’un seul coup, du droit chemin en tombant de très haut jusqu'au tréfonds de l'abîme".
Cela ne faisait en effet que peu de temps qu’ils s’étaient tous tenus autour du mont Sinaï et qu’ils s’étaient écriés : "Tout ce que D. a dit, nous le ferons et nous le comprendrons". Ils étaient alors parvenus au summum de leur niveau spirituel, à tel point qu’il est écrit à propos de ce moment : "J’ai dit (Hachem) : vous êtes tous des créatures célestes, des êtres supérieurs" (Téhilim 82,6 - cf. guémara Avoda Zara 5a).
Comment, dans ces conditions, purent-ils trébucher ainsi, tomber d’aussi haut et arriver aussi bas au point de proclamer à propos du Veau d’or : "Voici ton D., Israël"?
Cela ne fut rendu possible que par la venue du Satan qui bouleversa le monde et le plongea dans les ténèbres et la confusion générale en proclamant : "Moché est mort, c’est pour cela que la confusion règne dans le monde!" (Rachi).

Grâce à ce désordre, le yétser ara parvint à perturber l’esprit des Bné Israël et à troubler leur raison, ce qui les conduisit ainsi à une telle faute.
S’ils s’étaient efforcés de garder leur sang-froid, en se renforçant dans leur émouna, le Satan (yétser ara) n’aurait jamais pu les faire tomber des cieux au plus profond de l’abîme.
Cela nous enseigne l’importance de se ressaisir lorsque la situation paraît voilée et obscure, et de ne pas céder à la confusion au point de perdre sa sérénité d’esprit. Mais, au contraire, il convient de se renforcer vaillamment dans sa émouna malgré toutes les difficultés et les épreuves.

[ainsi d'une manière générale le yétser ara ne va pas nous tenter à descendre brusquement de niveau spirituel, mais petit par petit, il va déminuer notre productivité spirituelle.
Par contre, lorsque nous traversons des moments particulièrement obscurs, durs, dans notre vie, alors dans la tempête émotionnelle cela peut être un moment où le yétser ara va nous faire trébucher fortement d'un coup.
Ainsi, dans nos périodes "tranquilles" nous devons constamment muscler notre émouna, et dans nos moments difficiles nous devons faire les efforts de le mettre en pratique pour nous assurer un calme d'esprit, ce qui nous permettra de mieux traverser la situation sans risquer une chute brutale (en plus des bénédictions pour avoir témoigner d'une émouna en Hachem à l'inverse de la nature humaine).]

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-> On retrouve également le même thème dans un enseignement du Sfat Emet (5646) qui demande pourquoi nos Sages fixèrent la fête de Pourim le jour où les Bné Israël se reposèrent de la bataille contre leurs ennemis (le 14 Adar pour les villes ouvertes et le 15 Adar pour les villes fortifiées) et non le jour où le miracle de la victoire eut lieu (le 13 Adar).
Il y répond de la manière suivante : "En fait, le but d’Amalek lorsqu’il livre bataille est d’enlever au juif sa sérénité d’esprit, comme il est écrit à son sujet : "Il te rencontra en chemin ... Ce sera lorsqu’Hachem ton D. t’aura donné le repos de tous tes ennemis alentour (...) que tu effaceras le souvenir d’Amalek" (Ki Tétsé 25,18-19).
Ce qui suggère que lorsque les Bné Israël accédèrent au repos, leur sérénité leur permit d’effacer davantage le souvenir d’Amalek que la bataille elle-même. C’est pourquoi il est écrit (dans la Méguilat Esther) qu’ils fixèrent la fête de Pourim le jour où "ils se reposèrent de leurs ennemis", car c’est par ce repos de l’esprit qu’ils le tuèrent".

[Source : b'h, divré Torah du rav Elimélé'h Biderman]

"Car l'homme ne peut Me voir et vivre" (Ki Tissa 33,20)

=> Pourquoi le fait de voir Hachem entraînerait-il la mort?

-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou) propose une explication basée sur la morale :
Hachem a créé l'homme pour lui donner le libre arbitre. Placé devant le choix de faire le bien ou le mal, quand il se renforce et fait le bien, cela lui accorde un vrai mérite. C'est pour cela que l'homme a été créé.
Mais celui qui verrait Hachem, serait alors confronté à la Vérité et, devant une telle révélation, en perdrait le libre arbitre. Sa vie n'aurait alors plus de raison d'être. L'homme qui voit Hachem ne peut donc plus vivre.

[en ce sens tant que nous sommes vivants dans ce monde nous avons un espace pour le "doute", on ne peut pas totalement voir clairement Hachem, libre arbitre oblige. Et notre yétser ara va user de cette corde pour faire que nous n'utilisions pas pleinement nos potentialités, pour que nous fautions, ... ]

"Quand tu feras le dénombrement [ki tissa ét roch – littéralement: "Quand tu lèveras la tête"] des Bné Israël" (Ki Tissa 30, 12-15).

=> Pourquoi "compter" se dit ici "lever la tête"?

Le Avné Ezel nous explique que lorsqu’on compte des individus et qu’on les organise en un groupe uni, ils s’élèvent et deviennent plus importants. Le particulier qui n’est pas dénombré manque de valeur et n’a pas d’influence sur la vie communautaire.
En revanche, le particulier que l’on compte devient un membre à part entière de la communauté et a un impact sur le groupe. C’est la raison pour laquelle la Torah désigne le dénombrement par l’expression : "lever la tête".
Cependant, pour que l’impact de l’individu se traduise par une élévation de tout le groupe, il faut au préalable que ce premier "lève sa propre tête", en se rappelant constamment de ses défauts afin de les réparer (plutôt que de faire l'autruche).
C’est aussi le sens de notre verset : "Quand tu lèveras la tête des Bné Israël pour les dénombrer (lifkoudéhem - לִפְקֻדֵיהֶם )" = si tu veux leur "lever la tête" dans la voie du judaïsme, apprends-leur à "dénombrer" leurs défauts et ce qui leur manque (nifkad - נִפקָד).

Ainsi, lorsqu’Hachem ordonne à Moché de "lever la tête" des Bné Israël, Il demande de hausser leur niveau spirituel et de réorienter leurs priorités : les préoccupations matérielles ne doivent plus être le centre de leurs attentions. De ce fait, en "levant sa tête", le juif dévoile le "Moché" qui est en lui, celui à qui incombe l’élévation de la tête de l’ensemble du peuple juif.
En effet, le midrach Tan’houma sur notre paracha relate que Moché enseigna la Torah à tous les membres d’Israël et les éduqua aux mitsvot.

["lever la tête" = lève la tête des juifs pour qu'ils ne fassent plus l'autruche sur leurs défauts, axes d'amélioration.
Mais également "lever la tête" = qu'ils aient conscience de leurs qualités, des niveaux énormes qu'ils peuvent atteindre. En effet, les autres nations regardent ce monde avec une vision très matérialiste (vers le terrestre, vers le bas), tandis qu'un juif doit regarder Hachem au Ciel, doit voir plus haut que l'éphémère (la façade trompeuse de ce monde) et viser l'éternel, la Vérité (volonté d'Hachem).]

"Vois, j’ai désigné expressément Bétsalel, fils d’Ouri, fils de 'Hour, de la Tribu de Yéhouda. Et je l’ai rempli d’une inspiration divine, d’habileté, de jugement, de science, et d’aptitude pour tous les arts" (Ki Tissa 31,2-3)

=> Bétsalel fut désigné par D. pour réaliser la tâche de construction du Michkan et de ses ustensiles. Pourquoi Bétsalel fut-il choisi?

On peut citer :
1°/ Lorsque Moché monta au Ciel pour recevoir la Torah, D. lui montra le Michkan et les ustensiles qu’Il désirait qu’on Lui construise. Lorsqu’Hachem apprit à Moché que la tâche de construction du Tabernacle et de la fabrication des ustensiles ne lui était pas attribuée, en raison de son rang de Roi, ce dernier demanda à D. qui allait donc construire le Michkan. Hachem prit alors le Livre d’Adam Harichone. Les noms de tous les rois, guides et prophètes jusqu’à la Résurrection des morts y étaient consignés.
Le nom "Bétsalel" était inscrit comme architecte du Michkan. Il était désigné pour cette tâche depuis la Création.
[midrach Chémot Rabba 40]

Ainsi, aucun dirigeant ne peut être responsable d’une communauté s’il n’a pas été préalablement désigné par le Ciel. [Midrach Leka’h Tov]

2°/ Bien que désigné par le Ciel, Hachem demanda à Moché si Bétsalel était digne à ses yeux. Moché lui répondit que s’il était digne aux yeux de D., il l’était certainement aux siens.
Lorsque Moché présenta plus tard Bétsalel au peuple, comme architecte du Michkan, il leur demanda à son tour s’ils acceptaient que Bétsalel soit celui qui construira le Michkan. Ils lui répondirent que s’il était digne aux yeux de D. et à ses yeux, il l’était aussi aux leurs. [guémara Bérakhot 55a]

3°/ Bien qu’âgé de 13 ans, lors de sa nomination (guémara Sanhédrin 69a), Betsalel possédait déjà une intelligence remarquable, car comme le disent nos Sages : "D. ne donne la Sagesse qu’à celui qui a de la sagesse" (guémara Béra'hot 55a).

4°/ Bétsalel savait comment combiner les lettres avec lesquelles les Cieux et la Terre ont été créés (guémara Béra'hot 55a).
Bétsalel connaissait le Chem Haméfourach (le Nom Ineffable) de 42 lettres, à l’aide duquel D. créa le Monde (42 - מ”ב : est formé des initiales de : מעשה בראשית [maassé béréchit – Création du Monde]).
Ainsi, en décomposant le nom Bétsalel (בְּצַלְאֵל) en: בצל (BéTsel - à l’ombre) אל (E-l [de] D.), on obtient l’allusion au Nom מ”ב , qui est formé des lettres situées après les lettres אל (soit ב après א et מ après ל) ["l’ombre" de אל]
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada].

Bétsalel doit son nom à sa sagesse. Quand Hachem dit à Moché: «Va demander à Bétsalel qu’il me fabrique un Michkan, une Arche (Aron - ארון) des ustensiles", Moché bouleversant l’ordre des mots, alla dire à Betsalel : "Fabrique pour Lui un Arche, des ustensiles et un Michkan".
Bétsalel remarqua : "Moché, notre Maître, l’usage veut qu’on construise d’abord une maison, puis qu’on y fasse entrer les ustensiles. Toi, tu me dis : Fais des ustensiles, et une Arche, et enfin un Michkan. Si je fais des ustensiles, où les mettrai-je? Hachem a demandé sans doute que je lui fasse un Tabernacle, puis une Arche et des ustensiles".
Moché lui répondit : "C’est peut-être parce que tu es à l’ombre (Bétsel בצל ) de D. (El אל ) que tu sais les choses"
[guémara Bérakhot 55a]

5°/ "Betsalel (בְּצַלְאֵל), fils d’Ouri (אורי), fils de ‘Hour (חור)" = de même que ‘Hour (חור), le fils de Myriam, la sœur de Moché, fit don de soi pour empêcher la faute du "Veau d’Or" (antithèse du Michkan), Bétsalel mit tout son cœur et toute son âme pour la construction du Tabernacle. [Likouté Si’hot]

Il était le fils de "Ma Lumière" (Ori - אורי) car il fit une "Demeure" pour Celui qui détient la Lumière (אור).
Il était le petit-fils de ‘Hour (חור) car il rendit libres (Béné ‘Hourin - בני חורין) les Bné Israël de la faute du "Veau d’Or" [grâce à la construction du Michkan]
[Ohr ha’Haïm haKadoch]

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-> b'h, également sur Bétsalel : http://todahm.com/2018/08/08/6885-2