« Il conserve sa faveur à la millième génération » (Ki Tissa 34,7)

-> Le Sforno explique que Hachem prend les bonnes actions qu’une personne fait et les utilise pour aider les enfants et les petits-enfants, et ce même de nombreuses années plus tard.
Il est évident que chacun est récompensé pour ses propres actions, mais Hachem est tellement rempli de bonté qu’Il utilise également nos actions au bénéfice de nos descendants.

[à chaque action (même la plus simple), et à plus forte raison dans une épreuve difficile dans laquelle nous restons fidèle à Hachem, nous devons avoir à l’esprit que nous laissons un super héritage à notre descendance.
Certes nous bénéficierons personnellement de l’énorme récompense, mais nous mettons en place un moyen par lequel D. comblera de bénédictions nos descendants.]

« [Moché] demeura là avec D. pendant 40 jours et 40 nuits. Il ne mangea pas de pain ni ne but d’eau.
[Il] écrivit sur les Lou’hot les paroles de l’alliance : les 10 Commandements » (Ki Tissa 34,28)

-> Moché ne mangea pas de pain et ne but pas d’eau. Il n’est pas étonnant qu’il fût capable de rester si longtemps sur la montagne sans se nourrir. Le plaisir qu’éprouva son âme de l’éclat de la Présence Divine le rassasia. [Divré Chlomo – Michpatim]

La Torah emploie donc l’expression : « Il ne mangea pas de pain ni ne but d’eau », et non : « Il ne mangea ni ne but ».
Lorsque la Torah dit : « Il ne mangea pas de pain ni ne but d’eau », cela implique qu’il ne consomma pas de nourriture. Il avait pourtant une autre alimentation : la nourriture spirituelle provenant de l’éclat de la Présence Divine.

C’est cet éclat qui nourrit également les anges appelés : ‘Hayot, qui soutiennent le Trône de Gloire.

Le prophète Eliyahou demeura, lui aussi, 40 jours et 40 nuits.
Cependant, ce miracle était différent. La nourriture qu’Eliyahou avait absorbée ne fut pas rapidement digérée. Ses derniers repas suffirent à le nourrir pendant 40 jours et 40 nuits, comme il est écrit : « Il alla avec la force de cette nourriture pendant 40 jours et 40 nuits » (Méla’him I 19,8).

Cependant, Moché n’avait nulle nourriture dans l’estomac.
« Il ne mangea pas de pain ni ne but d’eau » = il ne se nourrit d’aucune denrée physique. Son alimentation fut exclusivement spirituelle. [le Radak]
[Méam Loez]

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Moché descendit du mont Sinaï. Lorsqu’il descendit de la montagne, les 2 Tables de témoignage (Lou’hot aédout) étaient dans la main de Moché.
Moché ne savait pas que la peau de son visage était devenue lumineuse lorsque [Hachem] lui avait parlé. (Ki Tissa 34,29)

-> Moché descendit du mont Sinaï le jour de Yom Kippour ave les 2e Tables. [Rachi]
Moché ignorait que son visage était devenu lumineux.

Lorsqu’il se trouvait dans la grotte et que Hachem passa devant lui (v.34,6), sa face se mit à rayonner.

Certains disent que Moché reçut cet éclat lorsqu’il prit les 2e Tables de la main de Hachem.
Les Tables mesuraient 6 palmes sur 6. Hachem tenait 2 palmes dans Sa « main » tandis que Moché en tenait 2 à l’autre extrémité.
La distance entre les « mains » de D. et celles de Moché n’était que de 2 palmes. C’est de cette proximité que Moché reçut la brillance de son visage.

Selon d’autres, Moché reçut cette lumière des étincelles qui émanaient de Hachem lorsqu’Il [lui] enseigna la Torah.

Le visage de Moché produisait une clarté équivalente à celle de nombreuses lampes. Si Moché se trouvait dans une pièce, il illuminait la maison tout entière.

Certains disent que le visage de Moché avait répandu cet éclat depuis sa naissance. Il provenait de la lumière extrêmement puissante que D. créa lors des 6 jours de la création.
Grâce à cette brillance pure et subtile, il était possible de voir d’une extrémité du monde à l’autre.
Cependant, Hachem sut que les hommes allaient se pervertir lors de la génération du Déluge et celle de la Tour de Bavél. Il mit donc cette lumière de côté à l’intention des tsadikim au monde futur.

Hachem révéla cette lumière à Adam, en lui permettant de voir d’une extrémité du monde à l’autre.
Il la révéla également au roi David, qui la décrivit ainsi : « Comme est grand le bien que Tu as caché pour ceux qui Te craignent! » (Téhilim 31,20).
Voyant que cette lumière était 60 075 fois plus brillante que le soleil, le roi David remercia Hachem de la grande récompense mise de côté pour les tsadikim au monde futur.

A sa naissance, Moché possédait cette intense lumière mais il la perdit lors de son séjour chez Pharaon.
Hachem la lui restitua au don de la Torah sur le mont Sinaï lorsqu’il contempla les Lou’hot.
C’est ce qui donnait au visage de Moché cet éclat lumineux qu’aucun être humain ne pouvait contempler. [Yalkout Réouvéni]

Hachem en fit don à Moché pour enseigner qu’Il peut changer la direction du monde et bouleverser les lois de la nature.
Généralement, lorsqu’un homme mange et boit beaucoup, son visage reluit, tandis que lorsqu’il jeûne, sa physionomie devient terne.
Pourtant, le visage de Moché ne s’assombrit pas après son long jeûne.
Bien qu’il jeûnât par 3 fois pendant 40 jours consécutifs, son visage resplendit davantage. Il devint si lumineux que les gens ne purent le regarder et craignirent de s’approcher de lui.

Cela nous apprend aussi la grandeur et la sainteté de Moché.
Il s’était tant approché de Hachem qu’il avait atteint le niveau des anges. Aucun être humain n’est jamais devenu si entièrement spirituel.

Moché était si attaché à Hachem et si imprégné de Torah q’il ne se rendit pas compte de son propre éclat.
[Méam Loez – Ki Tissa 34,29]

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« Aharon et tous les juifs virent que la peau du visage de Moché brillait et craignirent de s’approcher de lui » (Ki Tissa 34,30)

=> Pourquoi le visage de Moché ne brilla-t-il que lors du don des 2e Lou’hot, et non dès la remise des 1eres?

Contrairement aux 1eres Lou’hot, les 2e furent remises discrètement, en privé.
Hachem ayant interdit à quiconque de se trouver sur la montagne, les juifs auraient pu prétendre que les 2 Lou’hot n’avaient pas été données par D.
Il marqua donc Moché d’un signe : l’éclat de son visage, pour convaincre le peuple que Moché avait bien reçu ces Lou’hot des mains de D.
Par contre, les 1eres Lou’hot n’avaient pas besoin d’une telle marque puisqu’elles avaient été données publiquement, au milieu du tonnerre et des éclairs.

Moché n’a pas reçu cette luminosité avec les 1eres Lou’hot, car Hachem savait qu’elles seraient brisées.
Il attendit donc le don des deuxièmes.
[…]

A la mer Rouge, les juifs virent la Gloire de la Présence Divine et s’exclamèrent : « Voici mon D. » (Chémot 15,2), sans peur ni tremblement. Cependant, après la faute du veau d’or, ils craignirent de regarder l’éclat du visage de Moché. [Zohar]

Cela est hélas compréhensible! Un homme sortant d’une pièce éclairée n’est pas gêné par la lumière du soleil. Par contre, celui qui se trouve dans le noir sera aveuglé par un brusque passage de l’obscurité à la lumière du soleil. Il sera incapable de voir quoi que ce soit et devra fermer les yeux.

Ainsi en est-il de l’âme humaine. Si un homme ne souille pas son âme, il est capable de percevoir des choses spirituelles. Cependant, s’il faute et dégrade son âme, sa perception spirituelle s’affaiblira.

Lorsque les juifs reçurent la Torah, leur corps et leur âme étaient si purs qu’ils devinrent presque entièrement spirituels. Ils pouvaient donc contempler la Gloire de la Présence Divine.
Après la faute du veau d’or, leurs âmes se ternirent et ils ne purent pas même regarder le visage de Moché. [Réchit ‘Hokhma p.28]

A la vue de son visage, les juifs furent terrifiés. Ils crurent que la Présence Divine y apparaissait ou que des anges l’accompagnaient.
Quand Moché vit leur frayeur, il les appela. [Ramban]
[Méam Loez – Ki Tissa 34,30]

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« Lorsque Moché se présentait devant Hachem pour parler avec Lui, il ôtait le voile jusqu’à sa sortie. Puis il sortait et disait aux Bné Israël ce qui lui avaient été ordonné » (Ki Tissa 34,34)

-> Il n’est pas respectueux de parler au Roi le visage couvert d’un voile. De plus, en ôtant le voile, Moché pouvait recevoir davantage d’éclat de la Présence Divine. (Tsor haMor)

De ce jour, Moché prit l’habitude suivante : lorsqu’il entrait parler à Hachem, il ne portait pas de voile en signe de respect.
Lorsqu’il transmettait aux juifs ce que Hachem leur avait ordonné, il parlait sans le voile afin que les juifs bénéficient de l’avantage spirituel de cette lumière. [Rabbénou Bé’hayé]

Après avoir achevé son enseignement, Moché remettait le voile sur son visage. Il ne voulait pas que les membres du peuple tirent profit de cette lumière sacrée en vaquant à leurs occupations profanes.

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« Les bné Israël voyaient le visage de Moché, et [constataient] que la peau du visage de Moché resplendissait. Moché remettait le voile sur son visage jusqu’à ce qu’il parle [à nouveau] avec Hachem. » (Ki Tissa 34,35)

-> Rabbénou Bé’hayé enseigne que Moché gravit à 3 reprises le mont Sinaï, et à chaque fois, l’éclat de son visage s’intensifiait. C’est pour cette raison que le nom de Moché est mentionné 3 fois dans ce verset …
Moché garda cette lumière sur son visage jusqu’à sa mort, comme il est écrit : « Son éclat n’avait pas faibli et sa vigueur ne l’avait pas quitté » (Dévarim 34,7).
Même à l’approche de la mort, l’éclat que son visage portait de son vivant n’avait pas faibli.

Selon certains, Moché couvrit son visage par humilité, pour ne pas que l’on constate la grandeur qui lui fit mériter cette luminosité.
Certes, lorsqu’il enseignait la Torah au peuple, il ôtait son voile, mais il espérait que l’on attribuerait son éclat à la Torah. Après avoir terminé d’enseigner, il remettait son voile.

La Torah écrit : « Moché ne savait pas que la peau de son visage était lumineuse » (v.34,29) explique pourquoi Moché ne couvrit pas son visage dès sa descente du mont Sinaï.
S’il l’avait su, il l’aurait couvert tout de suite. [Maassé Hachem p.155]

=> Comment était-il possible que Moché ne perçoive pas la lumière intense émanant de son visage, 60 075 fois plus ardente que celle du soleil?

Le verset : « Les 2 Tables du témoignage étaient dans la main de Moché lorsqu’il descendit de la montagne », nous apprend que Moché attribuait cette lumière aux Tables (Lou’hot).
Cependant, lorsqu’il vit que le peuple craignait de s’approcher de lui, il se rendit compte qu’elle provenait de son visage. [Ramban]
[Méam Loez]

« Des dieux de métal tu ne te feras pas. La fête de Pessa’h tu respecteras » (Ki Tissa 34,17-18)

=> Quel est le lien entre l’interdit de l’idolâtrie et le respect de Pessa’h?

-> La Guemara rapporte que le décret d’extermination des juifs par Haman à l’époque de Pourim a été prononcée dans le Ciel, parce que les juifs se sont prosternés devant la statut de Nabuchodonosor quelques années plus tôt.

Suite à cela, pour tenter d’annuler ce décret, Esther demanda au peuple de jeûner 3 jours avant de se présenter devant le roi A’hachvéroch.
Or, ces 3 jours de jeûnes inclurent aussi le jour de Pessa’h. Ainsi, cette année-là tous les juifs jeûnèrent à Pessa’h et de fait, ils ne mangèrent pas la matsa, le maror, …

La Thora fait allusion à cela dans ce verset : « Des dieux de métal tu ne te feras pas » = c’est-à-dire tu ne feras pas d’idolâtrie.
Et grâce à cela, « la fête de Pessa’h tu respecteras » = il n’y aura pas de décret contre les juifs et tu n’auras pas besoin de jeûner pendant Pessa’h pour annuler un décret qui serait prononcé à cause de l’idolâtrie.
[Yalkout haOurim]

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-> La fête des matsot (Pessa’h) est juxtaposée à l’interdiction de fabriquer des idoles pour nous enseigner qu’une personne consommant des produits levés à Pessa’h est considérée comme idolâtre.
[Zohar – Michpatim, Tétsavé – rapporté par le Méam Loez – Ki Tissa 34,18]

Moché retourna vers Hachem et dit : « De grâce! Le peuple a commis un grand péché et s’est fait un dieu d’or » (Ki Tissa 32,31)

=> Pour défendre le peuple, Moché aurait dû plutôt minimiser la faute. Comment comprendre le fait qu’il aggrave le péché en déclarant : « Le peuple a commis une grande faute »?

-> Le Rav de Kozmir explique que l’une des conditions essentielles du repentir est la reconnaissance de la faute. Quand quelqu’un a commis une faute, l’un des principes du repentir est d’accepter son péché, le reconnaître, et ne pas rechercher des excuses et des circonstances atténuantes.
L’homme doit accepter avoir commis la faute et la regretter sincèrement.

=> Ainsi, quand Moché voulait défendre le peuple par rapport à la faute du veau d’or, il dit à Hachem qu’Israël a commis « une grande faute ». A comprendre dans le sens qu’Israël reconnaît avoir commis une grande faute. Ils avouent et reconnaissent que leur péché est grand et ne cherchent aucune excuse pour le diminuer.
Dès lors, leur repentir est complet et ils méritent donc bien d’être pardonnés.

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-> Le Ohr ha’Haïm précise que l’expression  »grande faute » est dit dans la Torah : « ‘hataa guédola » (חֲטָאָה גְדֹלָה).
Littéralement, le terme ‘hataa (traduit par  »faute ») signifie manquement. Cela fait allusion au fait que quand quelqu’un commet une faute, il perd quelque part sa lucidité. Il n’a plus toute sa conscience. Il connaît un manque et un manquement de sa conscience et de son esprit.

Dire qu’au moment de la faute, l’homme n’avait pas toute sa tête est en soi un argument défenseur. Car, finalement, on n’est pas tant responsable d’une action qu’on n’a pas commis avec toute sa conscience, autant que si on l’a faite en toute conscience.
Certes, l’essentiel de la faute fut de s’être mis dans cette situation de perdre sa lucidité. Mais à présent, on ne peut pas tant tenir rigueur à celui qui a agi sans tout son esprit.

=> Tel a été le plaidoyer de Moché. Les juifs ont commis une  »grande ‘hataa ». Ils ont agi avec une
grande perte de lucidité. Ils n’étaient absolument pas conscients de ce qu’ils faisaient. Et cela est effectivement un bon argument de défense, car celui qui commet une faute sans sa lucidité est bien moins punissable que s’il agit avec toute sa clairvoyance.

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-> Le Beit Its’hak rapporte l’enseignement de nos Sages qui disent que normalement, d’après le niveau dès juifs au moment de la faute, ils n’auraient jamais dû commettre un tel acte.
En effet, cela faisait à peine quelques jours qu’ils avaient reçu la Torah et s’étaient élevés à des niveaux spirituels et de sainteté qui n’ont jamais été atteints dans l’Histoire.
S’ils ont quand même fauté, c’est parce qu’on les a poussés du Ciel, car dans le Ciel on souhaitait qu’ils fautent et s’en repentent et qu’ainsi, toutes les générations apprennent la force du repentir qui répare même les fautes les plus graves.

=> Ainsi, quand Moché souhaitait défendre le peuple par rapport à cette faute, il dit : « Ce peuple a commis une grande faute » = c’est-à-dire que cette faute était trop grande par rapport à leur niveau. Elle n’était absolument pas adaptée à leur dimension.
Dès lors, il est impossible d’imaginer qu’ils l’ont commises de par eux-mêmes.
Force est de reconnaître qu’ils ont été contraints par le Ciel de la commettre, pour enseigner la force du repentir. Ainsi, c’est parce que c’était une  »grande » faute, démesurée par rapport à leur niveau, que Tu dois la leur pardonner, parce qu’ils n’en sont pas réellement responsables, puisqu’ils ont été poussés par le Ciel à la commettre.

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-> Le Maguid de Doubno explique que quand le peuple fauta, Moché savait que le Satan, l’ange accusateur, allait se dépêcher d’accuser Israël auprès d’Hachem.
Ainsi, Moché se précipita avant lui, et commença lui aussi à  »accuser » le peuple en disant qu’il a commis une grande faute.
Son intention était que quand le Satan verra Moché accuser le peuple, il se dira qu’à présent, il n’a plus besoin lui aussi d’accuser, puisque Moché a déjà très bien fait ce travail, et ainsi il s’en ira. Mais alors, quand Moché se retrouvera [ensuite] seul avec Hachem, alors il changera son discours et formulera tous les arguments de défense qu’il faudra.

=> Quand Moché dit que le peuple a commis une grande faute, son but était donc uniquement de tromper le Satan et le faire partir.

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-> Le ‘Hemdat Israël rapporte l’enseignement de nos Sages que quand un homme était jugé pour un crime, si tous les juges le condamnaient et que personne ne l’innocentait, alors il était innocenté de fait. En effet, il fallait nécessairement qu’il y ait au moins un défenseur.

=> De même, Moché cherchait à innocenter le peuple. Pour cela, il argumenta que le peuple a fait  »une grande faute », sous-entendu qu’il est impossible de les innocenter. Ainsi tous les arguments les condamnent.
Dès lors, faute d’argument défenseur, ils sont automatiquement innocentés, car telle est la loi, si personne n’innocente et que tous condamnent, il est d’emblée innocentée.

[Source (b’h) : d’après un dvar Torah du rav Mikaël Mouyal]

« [Moché] prit le veau qu’ils avaient fait, le brûla au feu et le pulvérisa très fin. Il répandit [la poudre] sur la surface de l’eau et la fit boire aux juifs » (Ki Tissa 32,20)

-> Lorsque Moché brisa les Lou’hot, les océans quittèrent leur lit et menacèrent d’envahir le monde.
Moché se dressa et dit à la mer : « Viens-tu détruire l’univers entier? »

La mer répondit : « Le monde n’existe que par le mérite de la Torah contenue dans les Lou’hot. Israël s’est révolté contre elles et ont fabriqué le veau d’or. Les Lou’hot sont détruites et je désire à présent détruire le monde. »

Moché prit le veau et le pulvérisa. Il jeta cette poudre dans l’océan, qui ne s’apaisa que lorsque Moché en eût fait boire le peuple. [Zohar – Michpatim]

Certes, Moché dit plus tard : « Je jetai sa poudre dans le ruisseau qui descendait de la montagne » (Dévarim 9,21).
Le Sifté Cohen commente qu’il ne s’agissait pas d’un réel ruisseau, mais cela fait allusion à l’eau de l’océan venue dénoncer les juifs.
[en hébreu, ruisseau se dit « na’hal », un mot proche de « na’hala », signifiant : un héritage].
Le « ruisseau » désigne l’héritage. Moché jeta la poudre [du veau d’or] pour faire taire l’accusation au sujet de l’héritage : les Lou’hot, descendu du mont Sinaï.

Le Sifté Cohen ajoute que Moché fit boire cette eau aux juifs pour une autre raison : il désirait dénigrer le veau d’or et montrer au peuple l’insignifiance des idoles.
Lorsqu’ils boiraient la poussière de leur divinité, celle-ci allait passer dans leur urine.

=> L’or ne brûle pas, il fond. Pourquoi le verset dit : « le brûla »?

Le Sifté Cohen enseigne que lorsque Moché vit le veau d’or, il dit à l’or : « Est-ce pour cela que Hachem t’a créé? Est-ce pour cela que Hachem t’a fait le plus précieux de tous les autres métaux? Tu es à présent utilisé pour l’idolâtrie et tu fais commettre à tant de gens un péché extrême! »

L’or se transforma instantanément en bois sec. L’éclat du visage de Moché l’enflamma et il se consuma.
En effet, le mot : « vayisrof » (brûla) est écrit sans « vav », ce qui peut se lire « vayissaref » (il se consuma).
Ceci indique que le veau brûla de lui-même.

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+ « [Moché] leur dit : « Voici la parole de Hachem, D. d’Israël : Que chaque homme prenne son glaive et passe d’une porte à l’autre dans le camp. Que chacun exécute [toute personne impliquée dans la faute], serait-ce son propre frère, son ami ou son parent. »
Les Lévi’im se conformèrent à l’ordre de Moché et environ 3 000 hommes furent tués ce jour-là. » (Ki Tissa 32,27-28)

-> La Torah dit : « environ 3 000 homme » (ki chélochét alfé ich), au singulier (ich – homme).
Selon le Sifté Cohen, cela nous enseigne qu’ils furent tués comme un seul homme. Pour les Lévi’im, tuer ces 3 000 hommes ne donna pas plus de difficulté que d’en tuer un seul.

Le Yéfé Toar rapporte que les Lévi’im laissèrent tous les cadavres joncher le sol sans les enterrer afin qu’ils soient visibles aux gens du peuple. Ceci implanterait la crainte en leur cœur et les empêcherait d’imiter les mauvaises actions des coupables.

Parmi les 11 tribus (autre que Lévi), de nombreux hommes n’avaient pas fauté. Les princes (nassi) et les dirigeants des tribus n’avaient pas péché non plus. [Yalkout Réouvéni]

Pourtant selon le Tsor haMor, les Lévi’im furent choisis parce que les membres des autres tribus n’avaient pas le cœur de tuer leurs frères et leurs proches parents. Seuls les Lévi’im en étaient capables car ils savaient être très rigoureux (si telle est la volonté de D.!)

[Moché dit : « Quiconque est en faveur de D., qu’il se joigne à moi! ». Bien qu’un grand nombre d’hommes n’eussent pas fauté, ils ne voulurent pas s’associer à Moché parce qu’ils se sentaient responsables des coupables faisant partie de leur tribu (responsabilité les uns des autres).
Seule la tribu de Lévi se présenta car tous ses membres étaient innocents.]

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+ Moché dit : « Ce jour vous pouvez être investis [en tant que tribu consacrée] à D. pour vous donner une bénédiction aujourd’hui. Car des hommes ont [été prêts à tuer même] leur propre fils et frère. » (v.32,29)

-> Selon le Ibn Ezra, la « bénédiction » mentionnée ici nous apprend que les Lévi’im méritèrent la prêtrise à la place des 1ers nés.
Il est écrit : « A ce moment, Hachem choisit la tribu de Lévi » (Dévarim 10,8) = cela signifie qu’au moment où les Lévi’im punirent les fauteurs, D. les choisit comme Cohanim.

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+ « Hachem frappa le peuple d’une épidémie parce qu’ils avaient fabriqué le veau qu’avait fait Aharon » (Ki Tissa 32,25)

-> Puisque tout le peuple n’adora pas le veau d’or de la même façon, les coupables furent tués de 3 façons différentes :

1°/ De nombreuses personnes moururent par l’eau que leur fit boire Moché.
Il s’agit de ceux qui se réjouirent intérieurement du Veau d’or.
Elles burent cette eau comme une femme soupçonnée d’adultère (sota) absorbe les eaux amères pour établir sa culpabilité ou son innocence. Nombreux furent ceux qui périrent en avalant cette eau.
Selon le Zohar, toute la nuit, cette eau resta en eux, et on les trouva morts au matin.

2°/ D’autres furent passés au fil de l’épée par les Lévi’im.
Il s’agit de ceux qui offrirent des sacrifices et de l’encens devant le veau.
Ces 3 000 hommes furent tués par les Lévi’im.

3°/ Une épidémie se déclara : « Hachem frappa le peuple d’une épidémie à cause du veau d’or qu’Aharon avait fait ».
Il s’agit de ceux qui n’offrirent pas d’encens, ni de sacrifice, mais embrassèrent la statue.
Le tribunal ne pouvait les mettre à mort parce que ce n’était pas un cas d’idolâtrie manifeste.

[Selon le Ramban, ceux qui moururent par l’épidémie étaient ceux qui se sont attroupés autour de Aharon pour exiger qu’il le fabrique. (cf. verset : « une épidémie A CAUSE du veau d’or qu’Aharon avait fait »)]

« Les juifs observeront le Shabbath pour faire du Shabbath, pour toutes les générations, une alliance éternelle.
Entre Moi et les juifs, c’est un signe éternel que pendant 6 jours D. fit le ciel et la terre et que le 7e jour, Il cessa [Son oeuvre] et se reposa. » (Ki Tissa 31,16-17)

-> Ici la Torah nous décrit la grandeur de la personne qui observe strictement le Shabbath selon la loi : elle recevra une récompense comme si elle avait observé tous les Shabbath depuis la Création jusqu’à la résurrection [des morts].

La Torah dit : « Les juifs observeront le Shabbath pour faire du Shabbath, pour toutes les générations, une alliance éternelle ».
= Si les juifs observent le jour saint, c’est compté comme s’ils avaient observé les Shabbath de toutes les générations.

Le commandement d’observer le Shabbath est considéré comme supérieur à tous les autres parce qu’il fut le 1er donné à Israël.
Il représente le fondement du judaïsme. En observant le Shabbath, nous affirmons notre foi dans le fait que Hachem, Maître de l’univers, a créé l’univers à partir du néant pendant 6 jours et a cessé le 7e jour.

« C’est un signe éternel (léolam) ».
[le mot « léolam » peut aussi signifier : « pour le monde ». Ce verset peut donc être traduit : « c’est un signe pour le monde ».]
Observer le Shabbath est un grand signe « pour le monde », car il indique que D. a créé le monde à partir du néant.

Le Shabbath a autant de valeur que tous les commandements de la Torah réunis.

Si les juifs avaient observé convenablement le Shabbath, Jérusalem n’aurait pas été détruite.
Elle n’a été dévastée qu’à cause de la profanation du Shabbath.
Hachem dit par l’intermédiaire du prophète Yirmiyahou : « Si vous ne M’écoutez pas pour sanctifier le jour du Shabbath en ne portant pas de paquets et de charges et en n’entrant pas dans les portes de Jérusalem le jour du Shabbath, J’allumerai un feu dans ses portes et Je consumerai le palais de Jérusalem, il ne sera pas éteint » (Yirmiyahou 17,27).

[comment peut-on souhaiter la venue du machia’h, sans être dans une dynamique d’améliorer notre respect du Shabbath. D’une certaine façon, c’est vouloir le Temple, tout en brûlant soi-même chaque tentative de reconstruction!]
[…]

Ce verset nous apprend également que si les juifs observent le Shabbath convenablement, ils mériteront de goûter l’éclat du monde futur qui est comparé à un long Shabbath.

On peut donc interpréter ainsi ce verset : si les juifs observent le Shabbath, ils feront Shabbath pour leurs générations, c’est-à-dire pour le monde futur qui dure éternellement.
Le Shabbath lui-même sera l’alliance éternelle au monde futur. Il n’y aura pas de fin à ce Shabbath.

Dans ce monde aussi, ils [les juifs] bénéficieront grandement en recevant l’âme supplémentaire qui leur est octroyée le Shabbath.
Il est écrit : « entre Moi et les juifs » (v.31,17). En hébreu, « entre Moi » se dit : « béni » (בֵּינִי), un acrostiche des mots : « béShabbath yéch néchama yétéra » (le Shabbath, il existe une âme supplémentaire) …

L’âme ne tire aucun plaisir de la nourriture, de la boisson ou d’autres agréments mais seulement de la Torah.
L’âme supplémentaire vient à l’homme pour ouvrir son cœur aux paroles de la Torah et pour lui permettre de comprendre des notions qu’il ne comprend pas durant la semaine.
Par conséquent, ces personnes qui gaspillent le Shabbath en repas et en promenades ne donnent à leur âme aucun plaisir, mais au contraire la font souffrir.

Le mot : « vayinafach » (וַיִּנָּפַשׁ) peut être lu : « vay néfech » (וַיִּ נָּפַשׁ -> vaï = cri de malheur!). La Torah nous dit : « Malheur aux gens qui détruisent leur âme! »
Par leur consommation abusive de nourriture et de boisson, ils écartent leur esprit de l’étude de la Torah.
C’est comme s’ils détruisaient leur âme de leurs propres mains!
L’âme supplémentaire reste abandonnée et desséchée et ne ressent aucun plaisir.

La punition de ces personnes est très sévère car l’âme supplémentaire se plaint d’avoir été affligée.
Par conséquent, le Shabbath, il faut faire très attention à ne pas écarter son esprit de la Torah au cours des repas. A la fin du repas, on doit étudier la Torah, chacun suivant ses possibilités.
Si un homme ne sait pas étudier, qu’il aille chez un ami ou à la synagogue écouter le Rav.
Alors son âme supplémentaire le bénira pour la satisfaction qu’il lui a procurée en faisant ce à quoi elle aspire.
[Méam Loez – Ki Tissa 31,16-17]

« Hachem inscrivit les 10 Commandements sur 2 Tables et non sur une seule pour faire allusion au ciel et à la terre.
Si nous accomplissons les préceptes inscrits sur les Tables, le ciel et la terre peuvent subsister.
Le verset : « Si ce n’était Mon alliance jour et nuit, Je n’aurais pas établi les lois du ciel et de la terre » (Yirmiyahou 33,25) signifie que le ciel et terre ne se maintiennent que grâce à l’étude incessante de la Torah.

Les 2 Tables (lou’hot) font également allusion aux 2 mondes : ce monde-ci et le monde futur.
Si nous accomplissons les 10 Commandements inscrits sur les Tables, nous mériterons à la fois ce monde et le monde venir.

Les Tables, appelées « Tables du témoignage » (lou’hot aédout) étaient au nombre de 2 pour une autre raison : un témoignage suppose nécessairement 2 témoins. Puisque les Tables témoignaient du don de la Torah, il en fallait 2. [Rabbénou Bé’hayé]
[Méam Loez – Ki Tissa 31,18]

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-> « Lorsque [Hachem] eut fini de parler à Moché au mont Sinaï, Il lui donna les 2 Lou’hot » (Ki Tissa 31,18)

Le mot « donna » indique que D. fit littéralement don de la Torah à Moché.
Au cours de ces 40 jours, Moché apprit bien davantage qu’un homme en 40 ans.

Il ne faut pourtant pas croire que Moché fut à même d’apprendre absolument toute la Torah, car elle est plus vaste que la mer comme il est écrit : « Sa mesure dépasse la terre, elle est plus large que la mer » (Iyov 11,9).
A ce moment-là, Moché n’en apprit que les principes généraux mais c’est comme s’il avait assimilé toute la Torah.
Le verset (31,18) précise donc : « Hachem donna à Moché, lorsqu’Il eut achevé (ké’haloto – כְּכַלֹּתוֹ) ».
Le mot « ké’haloto » est à rapprocher du mot « klal » qui veut dire une règle générale : Hachem lui avait enseigné les principes généraux de la Torah.

Au début, Hachem enseigna la Torah à Moché, puis ce dernier la révisa avec Lui.
En effet, la Torah dit : « Lorsque [D.] eut fini de parler avec lui ».
N’aurait-il pas pu dire : « Lorsque [D.] eut fini de lui parler »?
Ceci enseigne que Hachem et Moché étudièrent ensemble les lois de la Torah.

De plus, ici le mot : « kékhaloto » (כְּכַלֹּתוֹ) est écrit sans « vav » entre le laméd et le tav.
Il peut donc se lire « kékhalato » qui signifie : « comme sa mariée (kalla) ».
Ceci nous enseigne que lorsqu’un homme connaît les 24 livres de la Torah, il ressemble à une mariée parée de 24 ornements (cf. Yéchayahou chap.3).
Un homme instruit dans les 24 livres du Tana’h peut être appelé un érudit (talmid cha’ham).
[Méam Loez – Ki Tissa 31,18]

« Tu oindras également Aharon et ses fils et tu les sanctifieras comme prêtres pour Moi » (Ki Tissa 30,30)

-> Aharon n’a pas été oint de la tête aux pieds avec l’huile d’onction.
Moché a placé un peu d’huile sur sa tête et au-dessus de ses sourcils, qu’il avait ensuite rejoint du doigt pour former la lettre « kaf » en tant que signe de prêtrise.
En effet, la 1ere lettre du mot hébreu signifiant prêtre (כהן) est kaf (כ).

Tous les ustensiles utilisés dans le Michkan et l’Arche furent oints de la même manière. On déposait de l’huile sur chaque ustensile et l’on formait la lettre kaf …

Il en était de même pour l’onction des Cohanim : les seuls à être oints de cette manière furent les fils d’Aharon, les 1ers prêtres.
Plus tard, les Cohanim ordinaires ne l’ont plus été. La sainteté des pères fut héritée par leurs fils.

Cette loi ne s’applique qu’aux Cohanim ordinaires. Quant au Cohan Gadol, il devait nécessairement être oint de cette huile spéciale à chaque génération pour pouvoir entrer en fonction.
Dans ce cas, le statut de Cohen Gadol n’était pas hérité par son fils [puisque dépendant des qualités personnelles du Cohen].
[Méam Loez]

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+ Tu parleras aux bné Israël et tu leur diras : « Ceci sera l’huile d’onction sacrée pour Moi pour toutes les générations » (Ki Tissa 30,31)

-> L’homme choisi par le peuple [juif] pour régner sur lui n’occupait pas le trône avant d’avoir été formellement oint.
Le roi n’était pas oint avec la forme de la lettre « kaf » comme un Cohen. L’huile était déposée tout autour de sa tête comme une couronne.
[…]

Cette huile d’onction ne fut préparée qu’une seule fois, par Moché …
Seul Moché était autorisé à la fabriquer, et personne ne pourra plus jamais le faire par la suite.

C’est un grand miracle que l’huile d’onction faite par Moché suffit pour un nombre considérable d’usages.

Tout d’abord, elle ne représentait que 12 loguim (4 litres environ).
Une bonne partie de cette huile s’évapora lors de la cuisson et une partie fut absorbée par les herbes.
Après cela, on l’utilisa pour oindre Aharon et ses fils chaque jour pendant les 7 jours d’installation.
Elle servit également à oindre tout le Michkan et ses objets, la Table et ses ustensiles, la Ménora et ses ustensiles, le bassin et son socle.

On l’employa aussi pour oindre chaque Cohen Gadol après Aharon jusqu’à la destruction du 1er Temple [Abarbanel], pendant 7 jours consécutifs [Alchikh haKadoch].
De plus, cette huile servit à oindre tous les rois.

« Ce sera l’huile d’onction sacrée pour Moi pour toutes les générations » (v.30,31) = cette huile, et nulle autre, devra être utilisée pour toutes les générations.

Le mot hébreu voulant dire « ce » est : « zé » (זֶה), a la valeur numérique de 12. Ceci indique que les 12 librot d’huile restèrent intactes.
=> Quelque soit la quantité que l’on utilisait, sa quantité ne diminuait jamais.

Cependant, dans le 2e Temple, l’huile d’onction n’existait plus.
A cette période, les Cohanim Gédolim étaient installés en faisant passer sur la personne choisie les 8 vêtements du Cohen Gadol.
Chaque jour, pendant 7 jours consécutifs, il revêtait ces vêtements et les enlevait. Cette procédure remplaçait l’onction.
La Torah dit : « Le Cohen Gadol parmi ses frères, sur la tête duquel on a versé l’huile d’onction et qui fut installé pour porter les vêtements » (Emor 21,10).
Cette juxtaposition nous enseigne qu’un Cohen Gadol peut installé par l’onction ou par le port des vêtements de prêtrise.

Selon le Sifté Cohen, la bouteille d’huile d’onction se trouve dans un lieu secret et y restera jusqu’à la venue du machia’h.
Elle sera retrouvée avec tous les autres objets cachés et servira à oindre les Cohanim Guédolim à l’époque du machia’h.
[…]

C’est parce que les Cohanim Guédolim du 1er Temple étaient oints de cette huile qu’ils craignaient Hachem et vivaient longtemps.

Au cours des 410 ans du 1er Temple, seuls 18 Cohanim Guédolim officièrent.
Par contre, dans le 2e Temple, l’huile d’onction n’était plus disponible. A cette époque, les Cohanim Guédolim ne craignaient pas Hachem et n’exerçaient pas longtemps la prêtrise.
Ainsi, au cours des 420 ans du 2e Temple, plus de 300 prêtres se succédèrent. La plupart d’entre eux ne vécurent pas le temps qui leur avait été alloué.

=> Quiconque était oint de l’huile préparé par Moché en profitait grandement. (longue vie, crainte de D., …)
Hachem opéra le miracle que cette huile dura longtemps afin que tous les rois et les Cohanim Guédolim en fussent oints.
[malgré sa faite quantité, et quelque pouvait en être son utilisation elle gardait toujours la même quantité que Moché avait pu préparer à l’origine!]

Par ailleurs, lorsqu’un Cohen était sur le point d’être oint, d’autres Cohanim s’asseyaient près de lui et la bouteille d’huile était déposée au milieu d’eux.
L’huile « ‘s’élançait » et s’écoulait, selon la quantité exacte nécessaire pour l’onction, sur la tête du Cohen Gadol choisi.

Un phénomène semblable se produisit lors de l’onction du roi David.
Hachem dit au prophète Chmouël d’aller oindre l’un des fils de Yichaï, sans mentionner lequel.
Lorsque Chmouël arriva chez Yichaï, il lui demanda de lui présenter tous ses fils. Yichaï fit venir son fils Eliav
Chmouël vit qu’il était grand et beau, et dit : « C’est certainement celui-ci, que D. désire nommer roi ».
Cependant, lorsqu’il voulut l’oindre, l’huile s’enfuit.
Chmouël pensa : « Hachem désire certainement un autre de ses fils pour roi ».
Yichaï présenta successivement ses autres fils, mais l’huile réagit exactement de la même façon.
Cependant, lorsqu’on amena David, le benjamin, l’huile se précipita à sa rencontre et s’écoula d’elle-même sur sa tête.
[Méam Loez – Ki Tissa 30,31]

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-> Le Chémen haMichka rapporte : lorsque l’huile était versée sur un Cohen de petite taille, elle le faisait miraculeusement grandir. [midrach Tan’houma – Emor 4]

« Hachem parla à Moché en disant : « Lorsque tu feras le recensement des juifs pour déterminer leur nombre (lifkoudéhém), chacun sera compté en donnant une offrande d’expiation à Hachem pour sa vie. Ainsi, ils ne seront pas frappés par l’épidémie lors du recensement. » (Ki Tissa 30,11-12)

-> Pourquoi la Torah ajoute-t-elle le mot : « lifkoudéhém » (littéralement : pour leurs comptes)? …

Hachem dit à Moché : « Ne pense pas que Je t’ordonne de compter les juifs pour connaître leur nombre.
Il faut les dénombrer, en réalité, « pour leurs comptes » = pour que les personnes comptées sachent combien Je les aime ».
[Alchikh haKadoch]

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-> Hachem désirait montrer que bien qu’ils eussent fauté, Hachem ne les rejetait pas.
Après leur repentir, Il les considérait comme aussi importants qu’auparavant.

Nous le voyons du fait que Hachem ordonna qu’ils soient comptés. Lorsqu’une personne se donne la peine de compter quelque chose, cela montre que celle-ci lui est précieuse.

Cette idée est évoquée par le mot choisi pour dire : « recenser ».
En effet, le verset peut se traduire littéralement ainsi : « Lorsque tu élèveras la tête des juifs pour déterminer leur nombre » (ki tissa ét roch bné Israël).
La Torah ne dit pas : « ki tispor » (lorsque tu compteras), mais « ki tissa » (lorsque tu élèveras), expression qui dénote la grandeur et l’importance, comme si Hachem disait : « Lorsque tu élèveras les juifs en les comptant ».
En effet, ils ont été dénombrés pour montrer combien ils sont importants pour D.
[Kli Yakar]

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-> La Torah dit que lors du recensement, chaque homme devrait donner une expiation pour son âme.

Hachem a ordonné qu’ils ne soient pas comptés individuellement.
En effet, toute chose dénombrée risque d’être affectée par le mauvais œil (ayin hara). Par conséquent, si les juifs avaient été comptés individuellement, ils auraient couru le risque d’être frappés d’épidémie.
Après que le roi David ait compté les juifs par tête, ils furent victimes d’une épidémie au cours de laquelle 70 000 personnes moururent (Chmouël II 24) …
[…]

[« La bénédiction réside dans ce qui est caché de l’œil » (guémara Ta’anit 8b)]
[En ordonnant de ne pas compter les juifs individuellement,] Hachem ne voulait pas que le mauvais œil ait la moindre prise sur eux, et Il désirait qu’ils soient bénis.
[Méam Loez – Ki Tissa 30,11-12]

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-> En employant : « Tu élèveras la tête des juifs », Hachem dit à Moché : « Si tu désires connaître le nombre des juifs, prends le début (littéralement : la tête) du nom des tribus ».

En voici le calcul :
-> le réch de Réouven (ראובן) [a une valeur numérique de 200] désigne 200 000 juifs.
-> le chin de Shimon (שמעון) [a une valeur numérique de 300] désigne 300 000 juifs.
-> le youd de Yéhouda (יהודה) [a une valeur numérique de 10] désigne 10 000 juifs.
-> le youd de Issa’har (יששכר) [a une valeur numérique de 10] désigne 10 000 juifs.
-> le zayin de Zévouloun (זבולון) [a une valeur numérique de 700] désigne 7 000 juifs.
-> le bét de Binyamin (בנימין) [a une valeur numérique de 2] désigne 2 000 juifs.
-> le dalét de Dan (דן) [a une valeur numérique de 4] désigne 4 000 juifs.
-> le noun de Naftali (נפתלי) [a une valeur numérique de 50] désigne 50 000 juifs.
-> le guimel de Gad (גד) [a une valeur numérique de 3] désigne 3 000 juifs.
-> le youd de Yossef (יוסף) [a une valeur numérique de 10] désigne 10 000 juifs.
-> le aléph d’Acher (אשר) [a une valeur numérique de 1] désigne 1 000 juifs.

=> La somme totale est de 597 000.

Tel est le nombre de juifs avant le Veau d’or. Hachem dit à Moché qu’en les comptant après la faute, il pourrait en déduire le nombre de morts.
A leur sortie d’Egypte, les juifs étaient au nombre de 600 000, la Torah disant explicitement : « 600 000 hommes à pied » (Bo 12,37).
Selon ce calcul, il manque 3 000 hommes.

A la suite du Veau d’or : « il périt dans le peuple, ce jour-là, environ 3 000 hommes » (Ki Tissa 32,28) de la main des Lévi’im.
Etant déjà considérées comme mortes, elles ne sont pas décomptées parmi les tribus.
[Méam Loez – Ki Tissa 30,11-12]

« Hachem parla à Moché face à face comme un homme parle à son ami, et il revint dans le camp » (Ki Tissa 33, 11)

La guémara rapporte que les anges ne voulaient pas que Moché reçoive la Torah, ils voulaient la garder pour eux.
Alors, Moché argumenta que la Torah parle essentiellement de sujets qui ne concernent que les humains et pas les anges, comme l’interdit du vol, du meurtre, de l’adultère …
Puisque les anges ne sont pas concernés par ces sujets, alors la Torah doit être donnée aux hommes.

Cela est en allusion dans ce verset : « Hachem parla à Moché face à face comme un homme parle à son ami » = c’est-à-dire qu’Hachem parla à Moché de sujets qui concernent les hommes, de sujets dont un homme parle à son ami, à savoir
de choses terrestres et humaines, qui ne concernent pas les anges.
Dès lors, « Il revint dans le camp » = Moché a pu revenir dans le camp avec la Torah, c’est-à-dire qu’il a pu ramener la Torah dans le camp aux enfants d’Israël.
=> Si la Thora a pu être rapportée au peuple, dans le camp, c’est parce qu’elle ne concerne que les hommes, qu’elle traite de sujets qu’un homme peut parler à son ami.

[le Ari zal]