Shabbat Shékalim – un jour d’abondance

+ Shabbath Shékalim - un jour d'abondance :

-> Le midrach (Tan'houma Ki Tissa 3) rapporte que Moché dit à Hachem : "Maître du monde, lorsque je mourrai, je ne serai plus rappelé en souvenir", et Hachem lui répondit alors : "Par ta vie, tel que tu te tiens à présent pour leur transmettre (aux Bné Israël) la paracha Shékalim, et que tu fais le relevé de leur compte (litt. de leur tête), il en sera ainsi chaque année lorsqu'ils la liront devant Moi : ce sera comme si tu te tenais là-bas au même moment et que tu faisais le relevé de leur compte".

-> Le 'Hidouché haRim (Séfer haZékhout) écrit : "Ce midrach constitue la promesse que dans chaque génération, au moment de la lecture de paracha Shékalim, Moché ''relève la tête'' des Bné Israël".

Néanmoins, afin de mériter ce "relèvement", l'homme doit entamer le processus et vouloir sortir de la fange et de la boue dans laquelle il est plongé, comme le dit le 'Hidouché haRim lui-même : "Ce Shabbat, l'homme doit soumettre tout son corps (ses tendances animales) à sa tête (à son esprit), car si ses membres ne suivent pas sa tête, il demeurera "sans tête"."

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
Ce "relèvement'' a été défini par nos Sages (guémara 'Haguiga 16a) : "Six choses ont été dites au sujet de l'homme, enseigne la guémara, trois dans lesquelles il ressemble aux anges, et trois dans lesquelles il ressemble à l'animal".
Une des choses par lesquelles il ressemble aux anges est qu'il se tient debout comme eux, alors que les animaux vont la tête dirigée vers le sol. Car ce membre est constamment occupé à rechercher les choses terrestres.
Et c'est précisément cet aspect que l’homme doit travailler : soumettre son mauvais penchant, s'habituer à "se tenir debout", à diriger son regard vers le haut.

Et durant le Shabbat Shékalim, il jouit d'une aide du Ciel particulière pour y parvenir, car Moché s'occupe de "relever les têtes d'Israël".
Dès lors, la possibilité nous est offerte de nous élever au-dessus des contingences matérielles et des actes purement bestiaux, de nous tenir debout devant Hachem, comme les anges célestes.

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-> Paracha Shékalim : Lue le Chabbat qui précède le début du mois d’Adar (ou à Roch ‘Hodech Adar, s’il tombe un Shabbat).
Passage = les versets de Ki Tissa 30,11-16.

"Quand tu élèveras la tête des enfants d'Israël" (ki tissa ét roch Bné Israël - Ki Tissa 30,12)

-> Les 3 mitsvot essentielles du judaïsme sont contenues en allusion dans le mot תשא (Tissa) dont les lettres sont les initiales de :
- le א = la émouna ;
- le ת = la Torah ;
- le ש = le Shabbath.
En effet, nos Sages (Chémot rabba 25,12) nous enseignent : "le Shabbath est équivalent à toutes les mitsvot".
Un juif qui souhaite conserver une bonne santé spirituelle doit constamment avoir ces 3 fondements ancrés en lui.

Il est rapporté dans la guémara (Baba Batra 10b) : "Rabbi Abahou enseigne : Moché demanda au Maître du monde : comment la corne d'Israël va-t-elle se relever? (c'est-à-dire comment le peuple va-t-il se remettre de la faute du Veau d'or)?
Hachem de répondre : "Quand tu élèveras la tête des Bné Israël" (Ki Tissa 30,12).

Si ces fondements que sont la Torah, le Shabbath et la émouna sont préservés, alors Hachem leur accordera le plein pardon et la pleine expiation.
[rabbi Yéhouda Moualam]

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-> "La vérité est éternelle mais le mensonge ne dure qu'un moment" (sfat émet tikon la'ad - שְׂפַת אֱמֶת תִּכּוֹן לָעַד - Michlé 12,19).
La première lettre des 3 premiers mots forment : תשא (Tissa).
L'allusion est qu'en s'éloignant du mensonge et en poursuivant la vérité, nous prolongeons les jours de notre vie, car le mot תשא signifie "élévation".
[Tsror ha'Haïm]

"Ils se sont vite écartés de la voie que je leur avais ordonnée" (Ki Tissa 32,8)

-> A priori le mot "vite" employé ici est superflu et il aurait suffi d’écrire "ils se sont écartés", sans rien ajouter.
Mais en fait, cela fait allusion à ce qu’enseignent nos Sages (guémara Shabbat 105b) : "Telle est la manière d’agir du yétser ara : aujourd'hui, il te dit 'fais ceci', le lendemain, il te dit : 'fais cela', et ainsi de suite jusqu'à ce qu'il te dise : 'livre toi à l'idolâtrie' et qu'il aille s'y livrer".
Hachem dit à Moché : "Dans le cas présent (à l'occasion du Veau d'or), il s'est produit quelque chose d'inhabituel puisqu'ils se sont écartés vite, d’un seul coup, du droit chemin en tombant de très haut jusqu'au tréfonds de l'abîme".
Cela ne faisait en effet que peu de temps qu’ils s’étaient tous tenus autour du mont Sinaï et qu’ils s’étaient écriés : "Tout ce que D. a dit, nous le ferons et nous le comprendrons". Ils étaient alors parvenus au summum de leur niveau spirituel, à tel point qu’il est écrit à propos de ce moment : "J’ai dit (Hachem) : vous êtes tous des créatures célestes, des êtres supérieurs" (Téhilim 82,6 - cf. guémara Avoda Zara 5a).
Comment, dans ces conditions, purent-ils trébucher ainsi, tomber d’aussi haut et arriver aussi bas au point de proclamer à propos du Veau d’or : "Voici ton D., Israël"?
Cela ne fut rendu possible que par la venue du Satan qui bouleversa le monde et le plongea dans les ténèbres et la confusion générale en proclamant : "Moché est mort, c’est pour cela que la confusion règne dans le monde!" (Rachi).

Grâce à ce désordre, le yétser ara parvint à perturber l’esprit des Bné Israël et à troubler leur raison, ce qui les conduisit ainsi à une telle faute.
S’ils s’étaient efforcés de garder leur sang-froid, en se renforçant dans leur émouna, le Satan (yétser ara) n’aurait jamais pu les faire tomber des cieux au plus profond de l’abîme.
Cela nous enseigne l’importance de se ressaisir lorsque la situation paraît voilée et obscure, et de ne pas céder à la confusion au point de perdre sa sérénité d’esprit. Mais, au contraire, il convient de se renforcer vaillamment dans sa émouna malgré toutes les difficultés et les épreuves.

[ainsi d'une manière générale le yétser ara ne va pas nous tenter à descendre brusquement de niveau spirituel, mais petit par petit, il va déminuer notre productivité spirituelle.
Par contre, lorsque nous traversons des moments particulièrement obscurs, durs, dans notre vie, alors dans la tempête émotionnelle cela peut être un moment où le yétser ara va nous faire trébucher fortement d'un coup.
Ainsi, dans nos périodes "tranquilles" nous devons constamment muscler notre émouna, et dans nos moments difficiles nous devons faire les efforts de le mettre en pratique pour nous assurer un calme d'esprit, ce qui nous permettra de mieux traverser la situation sans risquer une chute brutale (en plus des bénédictions pour avoir témoigner d'une émouna en Hachem à l'inverse de la nature humaine).]

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-> On retrouve également le même thème dans un enseignement du Sfat Emet (5646) qui demande pourquoi nos Sages fixèrent la fête de Pourim le jour où les Bné Israël se reposèrent de la bataille contre leurs ennemis (le 14 Adar pour les villes ouvertes et le 15 Adar pour les villes fortifiées) et non le jour où le miracle de la victoire eut lieu (le 13 Adar).
Il y répond de la manière suivante : "En fait, le but d’Amalek lorsqu’il livre bataille est d’enlever au juif sa sérénité d’esprit, comme il est écrit à son sujet : "Il te rencontra en chemin ... Ce sera lorsqu’Hachem ton D. t’aura donné le repos de tous tes ennemis alentour (...) que tu effaceras le souvenir d’Amalek" (Ki Tétsé 25,18-19).
Ce qui suggère que lorsque les Bné Israël accédèrent au repos, leur sérénité leur permit d’effacer davantage le souvenir d’Amalek que la bataille elle-même. C’est pourquoi il est écrit (dans la Méguilat Esther) qu’ils fixèrent la fête de Pourim le jour où "ils se reposèrent de leurs ennemis", car c’est par ce repos de l’esprit qu’ils le tuèrent".

[Source : b'h, divré Torah du rav Elimélé'h Biderman]

"Car l'homme ne peut Me voir et vivre" (Ki Tissa 33,20)

=> Pourquoi le fait de voir Hachem entraînerait-il la mort?

-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou) propose une explication basée sur la morale :
Hachem a créé l'homme pour lui donner le libre arbitre. Placé devant le choix de faire le bien ou le mal, quand il se renforce et fait le bien, cela lui accorde un vrai mérite. C'est pour cela que l'homme a été créé.
Mais celui qui verrait Hachem, serait alors confronté à la Vérité et, devant une telle révélation, en perdrait le libre arbitre. Sa vie n'aurait alors plus de raison d'être. L'homme qui voit Hachem ne peut donc plus vivre.

[en ce sens tant que nous sommes vivants dans ce monde nous avons un espace pour le "doute", on ne peut pas totalement voir clairement Hachem, libre arbitre oblige. Et notre yétser ara va user de cette corde pour faire que nous n'utilisions pas pleinement nos potentialités, pour que nous fautions, ... ]

"Quand tu feras le dénombrement [ki tissa ét roch – littéralement: "Quand tu lèveras la tête"] des Bné Israël" (Ki Tissa 30, 12-15).

=> Pourquoi "compter" se dit ici "lever la tête"?

Le Avné Ezel nous explique que lorsqu’on compte des individus et qu’on les organise en un groupe uni, ils s’élèvent et deviennent plus importants. Le particulier qui n’est pas dénombré manque de valeur et n’a pas d’influence sur la vie communautaire.
En revanche, le particulier que l’on compte devient un membre à part entière de la communauté et a un impact sur le groupe. C’est la raison pour laquelle la Torah désigne le dénombrement par l’expression : "lever la tête".
Cependant, pour que l’impact de l’individu se traduise par une élévation de tout le groupe, il faut au préalable que ce premier "lève sa propre tête", en se rappelant constamment de ses défauts afin de les réparer (plutôt que de faire l'autruche).
C’est aussi le sens de notre verset : "Quand tu lèveras la tête des Bné Israël pour les dénombrer (lifkoudéhem - לִפְקֻדֵיהֶם )" = si tu veux leur "lever la tête" dans la voie du judaïsme, apprends-leur à "dénombrer" leurs défauts et ce qui leur manque (nifkad - נִפקָד).

Ainsi, lorsqu’Hachem ordonne à Moché de "lever la tête" des Bné Israël, Il demande de hausser leur niveau spirituel et de réorienter leurs priorités : les préoccupations matérielles ne doivent plus être le centre de leurs attentions. De ce fait, en "levant sa tête", le juif dévoile le "Moché" qui est en lui, celui à qui incombe l’élévation de la tête de l’ensemble du peuple juif.
En effet, le midrach Tan’houma sur notre paracha relate que Moché enseigna la Torah à tous les membres d’Israël et les éduqua aux mitsvot.

["lever la tête" = lève la tête des juifs pour qu'ils ne fassent plus l'autruche sur leurs défauts, axes d'amélioration.
Mais également "lever la tête" = qu'ils aient conscience de leurs qualités, des niveaux énormes qu'ils peuvent atteindre. En effet, les autres nations regardent ce monde avec une vision très matérialiste (vers le terrestre, vers le bas), tandis qu'un juif doit regarder Hachem au Ciel, doit voir plus haut que l'éphémère (la façade trompeuse de ce monde) et viser l'éternel, la Vérité (volonté d'Hachem).]

"Vois, j’ai désigné expressément Bétsalel, fils d’Ouri, fils de 'Hour, de la Tribu de Yéhouda. Et je l’ai rempli d’une inspiration divine, d’habileté, de jugement, de science, et d’aptitude pour tous les arts" (Ki Tissa 31,2-3)

=> Bétsalel fut désigné par D. pour réaliser la tâche de construction du Michkan et de ses ustensiles. Pourquoi Bétsalel fut-il choisi?

On peut citer :
1°/ Lorsque Moché monta au Ciel pour recevoir la Torah, D. lui montra le Michkan et les ustensiles qu’Il désirait qu’on Lui construise. Lorsqu’Hachem apprit à Moché que la tâche de construction du Tabernacle et de la fabrication des ustensiles ne lui était pas attribuée, en raison de son rang de Roi, ce dernier demanda à D. qui allait donc construire le Michkan. Hachem prit alors le Livre d’Adam Harichone. Les noms de tous les rois, guides et prophètes jusqu’à la Résurrection des morts y étaient consignés.
Le nom "Bétsalel" était inscrit comme architecte du Michkan. Il était désigné pour cette tâche depuis la Création.
[midrach Chémot Rabba 40]

Ainsi, aucun dirigeant ne peut être responsable d’une communauté s’il n’a pas été préalablement désigné par le Ciel. [Midrach Leka’h Tov]

2°/ Bien que désigné par le Ciel, Hachem demanda à Moché si Bétsalel était digne à ses yeux. Moché lui répondit que s’il était digne aux yeux de D., il l’était certainement aux siens.
Lorsque Moché présenta plus tard Bétsalel au peuple, comme architecte du Michkan, il leur demanda à son tour s’ils acceptaient que Bétsalel soit celui qui construira le Michkan. Ils lui répondirent que s’il était digne aux yeux de D. et à ses yeux, il l’était aussi aux leurs. [guémara Bérakhot 55a]

3°/ Bien qu’âgé de 13 ans, lors de sa nomination (guémara Sanhédrin 69a), Betsalel possédait déjà une intelligence remarquable, car comme le disent nos Sages : "D. ne donne la Sagesse qu’à celui qui a de la sagesse" (guémara Béra'hot 55a).

4°/ Bétsalel savait comment combiner les lettres avec lesquelles les Cieux et la Terre ont été créés (guémara Béra'hot 55a).
Bétsalel connaissait le Chem Haméfourach (le Nom Ineffable) de 42 lettres, à l’aide duquel D. créa le Monde (42 - מ”ב : est formé des initiales de : מעשה בראשית [maassé béréchit – Création du Monde]).
Ainsi, en décomposant le nom Bétsalel (בְּצַלְאֵל) en: בצל (BéTsel - à l’ombre) אל (E-l [de] D.), on obtient l’allusion au Nom מ”ב , qui est formé des lettres situées après les lettres אל (soit ב après א et מ après ל) ["l’ombre" de אל]
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada].

Bétsalel doit son nom à sa sagesse. Quand Hachem dit à Moché: «Va demander à Bétsalel qu’il me fabrique un Michkan, une Arche (Aron - ארון) des ustensiles", Moché bouleversant l’ordre des mots, alla dire à Betsalel : "Fabrique pour Lui un Arche, des ustensiles et un Michkan".
Bétsalel remarqua : "Moché, notre Maître, l’usage veut qu’on construise d’abord une maison, puis qu’on y fasse entrer les ustensiles. Toi, tu me dis : Fais des ustensiles, et une Arche, et enfin un Michkan. Si je fais des ustensiles, où les mettrai-je? Hachem a demandé sans doute que je lui fasse un Tabernacle, puis une Arche et des ustensiles".
Moché lui répondit : "C’est peut-être parce que tu es à l’ombre (Bétsel בצל ) de D. (El אל ) que tu sais les choses"
[guémara Bérakhot 55a]

5°/ "Betsalel (בְּצַלְאֵל), fils d’Ouri (אורי), fils de ‘Hour (חור)" = de même que ‘Hour (חור), le fils de Myriam, la sœur de Moché, fit don de soi pour empêcher la faute du "Veau d’Or" (antithèse du Michkan), Bétsalel mit tout son cœur et toute son âme pour la construction du Tabernacle. [Likouté Si’hot]

Il était le fils de "Ma Lumière" (Ori - אורי) car il fit une "Demeure" pour Celui qui détient la Lumière (אור).
Il était le petit-fils de ‘Hour (חור) car il rendit libres (Béné ‘Hourin - בני חורין) les Bné Israël de la faute du "Veau d’Or" [grâce à la construction du Michkan]
[Ohr ha’Haïm haKadoch]

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-> b'h, également sur Bétsalel : http://todahm.com/2018/08/08/6885-2

+ Rabbi dit dans la guémara (Sota 21a) que l'étude de la Torah protège et sauve une personne de la mort pendant qu'on l'étudie.
En effet, depuis le jour où la Torah a été donnée au peuple juif, il a été retiré à l'Ange de la mort le pouvoir de faire mourir une personne pendant son étude de la Torah, d'après le verset : "Ces Tables étaient l'ouvrage de D. et l'écriture gravée sur les Tables" (Ki Tissa 32,16).
En effet, rabbi Yéhochoua ben Lévi disait : Ne lis pas 'harout (gravé - חרות), mais lis 'hérout (libéré - חרות), ce qui suggère que seul est libre celui qui se consacre aux paroles gravées sur les Tables de la Loi.
Rabbi Yéhouda en déduit : pendant qu'un homme étude la Torah, qui représente la vie, il est libéré de l'Ange de la mort.
[Torat 'Haïm - dans la guémara Baba Métsia 86a]

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-> Nos Sages (guémara Arakhin 54a) rapportent que si les premières Tables n'avaient pas été brisées, la Torah n'aurait jamais été oubliée en Israël.
Rav A'ha bar Yaakov enseigne que si les premières Tables n'avaient pas été brisées, aucun peuple et aucune civilisation n'aurait jamais pu dominer Israël, comme il est écrit : ne lis pas 'harout (gravé - חרות), mais lis 'hérout (libéré - חרות).

-> Le midrach (Chémot rabba 41,7) enseigne :
Rabbi Yéhouda a enseigné : ne lis pas 'harout (gravé - חרות), mais lis : 'hérout (libéré - חרות), car les juifs auraient été affranchis de tous les exils
Rabbi Né'hamia a enseigné qu'ils auraient été libres et affranchis de l'ange de la mort.
Les Sages ont quant à eux enseigné qu'ils auraient été libres et affranchis de toute souffrance.

"Hachem regretta le mal qu’Il avait envisagé de faire à Son peuple" (Ki Tissa 32,14)

-> Rabbi Mena’hem Mendel de Kotzk enseigne :
Pourquoi Hachem a-t-Il pardonné à Israël la faute du Veau d’Or bien qu’il ne s’en soit pas repenti, alors que la faute des explorateurs ne leur a pas été pardonnée, bien qu’ils s’en soient repentis?

La réponse est que la faute du Veau d’Or comportait une étincelle de spiritualité et de soif d’une force supérieure, "fais-nous un Dieu", alors que dans la faute des explorateurs il y avait un désir de matérialité ... "Vous verrez quelle est la nature du pays" (Chéla'h Lé'ha 13,18).

"Il conserve sa faveur à la millième génération" (Ki Tissa 34,7)

-> Le Sforno explique que Hachem prend les bonnes actions qu'une personne fait et les utilise pour aider les enfants et les petits-enfants, et ce même de nombreuses années plus tard.
Il est évident que chacun est récompensé pour ses propres actions, mais Hachem est tellement rempli de bonté qu'Il utilise également nos actions au bénéfice de nos descendants.

[à chaque action (même la plus simple), et à plus forte raison dans une épreuve difficile dans laquelle nous restons fidèle à Hachem, nous devons avoir à l'esprit que nous laissons un super héritage à notre descendance.
Certes nous bénéficierons personnellement de l'énorme récompense, mais nous mettons en place un moyen par lequel D. comblera de bénédictions nos descendants.]

"[Moché] demeura là avec D. pendant 40 jours et 40 nuits. Il ne mangea pas de pain ni ne but d'eau.
[Il] écrivit sur les Lou'hot les paroles de l'alliance : les 10 Commandements" (Ki Tissa 34,28)

-> Moché ne mangea pas de pain et ne but pas d'eau. Il n'est pas étonnant qu'il fût capable de rester si longtemps sur la montagne sans se nourrir. Le plaisir qu'éprouva son âme de l'éclat de la Présence Divine le rassasia. [Divré Chlomo - Michpatim]

La Torah emploie donc l'expression : "Il ne mangea pas de pain ni ne but d'eau", et non : "Il ne mangea ni ne but".
Lorsque la Torah dit : "Il ne mangea pas de pain ni ne but d'eau", cela implique qu'il ne consomma pas de nourriture. Il avait pourtant une autre alimentation : la nourriture spirituelle provenant de l'éclat de la Présence Divine.

C'est cet éclat qui nourrit également les anges appelés : 'Hayot, qui soutiennent le Trône de Gloire.

Le prophète Eliyahou demeura, lui aussi, 40 jours et 40 nuits.
Cependant, ce miracle était différent. La nourriture qu'Eliyahou avait absorbée ne fut pas rapidement digérée. Ses derniers repas suffirent à le nourrir pendant 40 jours et 40 nuits, comme il est écrit : "Il alla avec la force de cette nourriture pendant 40 jours et 40 nuits" (Méla'him I 19,8).

Cependant, Moché n'avait nulle nourriture dans l'estomac.
"Il ne mangea pas de pain ni ne but d'eau" = il ne se nourrit d'aucune denrée physique. Son alimentation fut exclusivement spirituelle. [le Radak]
[Méam Loez]

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Moché descendit du mont Sinaï. Lorsqu'il descendit de la montagne, les 2 Tables de témoignage (Lou'hot aédout) étaient dans la main de Moché.
Moché ne savait pas que la peau de son visage était devenue lumineuse lorsque [Hachem] lui avait parlé. (Ki Tissa 34,29)

-> Moché descendit du mont Sinaï le jour de Yom Kippour ave les 2e Tables. [Rachi]
Moché ignorait que son visage était devenu lumineux.

Lorsqu'il se trouvait dans la grotte et que Hachem passa devant lui (v.34,6), sa face se mit à rayonner.

Certains disent que Moché reçut cet éclat lorsqu'il prit les 2e Tables de la main de Hachem.
Les Tables mesuraient 6 palmes sur 6. Hachem tenait 2 palmes dans Sa "main" tandis que Moché en tenait 2 à l'autre extrémité.
La distance entre les "mains" de D. et celles de Moché n'était que de 2 palmes. C'est de cette proximité que Moché reçut la brillance de son visage.

Selon d'autres, Moché reçut cette lumière des étincelles qui émanaient de Hachem lorsqu'Il [lui] enseigna la Torah.

Le visage de Moché produisait une clarté équivalente à celle de nombreuses lampes. Si Moché se trouvait dans une pièce, il illuminait la maison tout entière.

Certains disent que le visage de Moché avait répandu cet éclat depuis sa naissance. Il provenait de la lumière extrêmement puissante que D. créa lors des 6 jours de la création.
Grâce à cette brillance pure et subtile, il était possible de voir d'une extrémité du monde à l'autre.
Cependant, Hachem sut que les hommes allaient se pervertir lors de la génération du Déluge et celle de la Tour de Bavél. Il mit donc cette lumière de côté à l'intention des tsadikim au monde futur.

Hachem révéla cette lumière à Adam, en lui permettant de voir d'une extrémité du monde à l'autre.
Il la révéla également au roi David, qui la décrivit ainsi : "Comme est grand le bien que Tu as caché pour ceux qui Te craignent!" (Téhilim 31,20).
Voyant que cette lumière était 60 075 fois plus brillante que le soleil, le roi David remercia Hachem de la grande récompense mise de côté pour les tsadikim au monde futur.

A sa naissance, Moché possédait cette intense lumière mais il la perdit lors de son séjour chez Pharaon.
Hachem la lui restitua au don de la Torah sur le mont Sinaï lorsqu'il contempla les Lou'hot.
C'est ce qui donnait au visage de Moché cet éclat lumineux qu'aucun être humain ne pouvait contempler. [Yalkout Réouvéni]

Hachem en fit don à Moché pour enseigner qu'Il peut changer la direction du monde et bouleverser les lois de la nature.
Généralement, lorsqu'un homme mange et boit beaucoup, son visage reluit, tandis que lorsqu'il jeûne, sa physionomie devient terne.
Pourtant, le visage de Moché ne s'assombrit pas après son long jeûne.
Bien qu'il jeûnât par 3 fois pendant 40 jours consécutifs, son visage resplendit davantage. Il devint si lumineux que les gens ne purent le regarder et craignirent de s'approcher de lui.

Cela nous apprend aussi la grandeur et la sainteté de Moché.
Il s'était tant approché de Hachem qu'il avait atteint le niveau des anges. Aucun être humain n'est jamais devenu si entièrement spirituel.

Moché était si attaché à Hachem et si imprégné de Torah q'il ne se rendit pas compte de son propre éclat.
[Méam Loez - Ki Tissa 34,29]

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"Aharon et tous les juifs virent que la peau du visage de Moché brillait et craignirent de s'approcher de lui" (Ki Tissa 34,30)

=> Pourquoi le visage de Moché ne brilla-t-il que lors du don des 2e Lou'hot, et non dès la remise des 1eres?

Contrairement aux 1eres Lou'hot, les 2e furent remises discrètement, en privé.
Hachem ayant interdit à quiconque de se trouver sur la montagne, les juifs auraient pu prétendre que les 2 Lou'hot n'avaient pas été données par D.
Il marqua donc Moché d'un signe : l'éclat de son visage, pour convaincre le peuple que Moché avait bien reçu ces Lou'hot des mains de D.
Par contre, les 1eres Lou'hot n'avaient pas besoin d'une telle marque puisqu'elles avaient été données publiquement, au milieu du tonnerre et des éclairs.

Moché n'a pas reçu cette luminosité avec les 1eres Lou'hot, car Hachem savait qu'elles seraient brisées.
Il attendit donc le don des deuxièmes.
[...]

A la mer Rouge, les juifs virent la Gloire de la Présence Divine et s'exclamèrent : "Voici mon D." (Chémot 15,2), sans peur ni tremblement. Cependant, après la faute du veau d'or, ils craignirent de regarder l'éclat du visage de Moché. [Zohar]

Cela est hélas compréhensible! Un homme sortant d'une pièce éclairée n'est pas gêné par la lumière du soleil. Par contre, celui qui se trouve dans le noir sera aveuglé par un brusque passage de l'obscurité à la lumière du soleil. Il sera incapable de voir quoi que ce soit et devra fermer les yeux.

Ainsi en est-il de l'âme humaine. Si un homme ne souille pas son âme, il est capable de percevoir des choses spirituelles. Cependant, s'il faute et dégrade son âme, sa perception spirituelle s'affaiblira.

Lorsque les juifs reçurent la Torah, leur corps et leur âme étaient si purs qu'ils devinrent presque entièrement spirituels. Ils pouvaient donc contempler la Gloire de la Présence Divine.
Après la faute du veau d'or, leurs âmes se ternirent et ils ne purent pas même regarder le visage de Moché. [Réchit 'Hokhma p.28]

A la vue de son visage, les juifs furent terrifiés. Ils crurent que la Présence Divine y apparaissait ou que des anges l'accompagnaient.
Quand Moché vit leur frayeur, il les appela. [Ramban]
[Méam Loez - Ki Tissa 34,30]

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"Lorsque Moché se présentait devant Hachem pour parler avec Lui, il ôtait le voile jusqu'à sa sortie. Puis il sortait et disait aux Bné Israël ce qui lui avaient été ordonné" (Ki Tissa 34,34)

-> Il n'est pas respectueux de parler au Roi le visage couvert d'un voile. De plus, en ôtant le voile, Moché pouvait recevoir davantage d'éclat de la Présence Divine. (Tsor haMor)

De ce jour, Moché prit l'habitude suivante : lorsqu'il entrait parler à Hachem, il ne portait pas de voile en signe de respect.
Lorsqu'il transmettait aux juifs ce que Hachem leur avait ordonné, il parlait sans le voile afin que les juifs bénéficient de l'avantage spirituel de cette lumière. [Rabbénou Bé'hayé]

Après avoir achevé son enseignement, Moché remettait le voile sur son visage. Il ne voulait pas que les membres du peuple tirent profit de cette lumière sacrée en vaquant à leurs occupations profanes.

-> Quand le visage de Moché brillait par les rayons de gloire, tout le monde le regardait. A cause de sa modestie et de son humilité, il a couvert son visage d’un masque, comme les timides qui sont gênés lorsque des gens les
regardent.
Pourtant, fait observer le Kli Yakar, tout cela n’était que lorsqu’il marchait dans le camp d’Israël. Mais quand il venait devant Hachem, quand il entrait pour étudier la Torah, il enlevait le masque parce qu’à un tel moment la honte n’a aucune place, puisque "le timide n’apprend pas".
D’après cela, là où la honte n’a pas de place, Moché devait enlever le masque devant Lui.

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"Les bné Israël voyaient le visage de Moché, et [constataient] que la peau du visage de Moché resplendissait. Moché remettait le voile sur son visage jusqu'à ce qu'il parle [à nouveau] avec Hachem." (Ki Tissa 34,35)

-> Rabbénou Bé'hayé enseigne que Moché gravit à 3 reprises le mont Sinaï, et à chaque fois, l'éclat de son visage s'intensifiait. C'est pour cette raison que le nom de Moché est mentionné 3 fois dans ce verset ...
Moché garda cette lumière sur son visage jusqu'à sa mort, comme il est écrit : "Son éclat n'avait pas faibli et sa vigueur ne l'avait pas quitté" (Dévarim 34,7).
Même à l'approche de la mort, l'éclat que son visage portait de son vivant n'avait pas faibli.

Selon certains, Moché couvrit son visage par humilité, pour ne pas que l'on constate la grandeur qui lui fit mériter cette luminosité.
Certes, lorsqu'il enseignait la Torah au peuple, il ôtait son voile, mais il espérait que l'on attribuerait son éclat à la Torah. Après avoir terminé d'enseigner, il remettait son voile.

La Torah écrit : "Moché ne savait pas que la peau de son visage était lumineuse" (v.34,29) explique pourquoi Moché ne couvrit pas son visage dès sa descente du mont Sinaï.
S'il l'avait su, il l'aurait couvert tout de suite. [Maassé Hachem p.155]

=> Comment était-il possible que Moché ne perçoive pas la lumière intense émanant de son visage, 60 075 fois plus ardente que celle du soleil?

Le verset : "Les 2 Tables du témoignage étaient dans la main de Moché lorsqu'il descendit de la montagne", nous apprend que Moché attribuait cette lumière aux Tables (Lou'hot).
Cependant, lorsqu'il vit que le peuple craignait de s'approcher de lui, il se rendit compte qu'elle provenait de son visage. [Ramban]
[Méam Loez]

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=> Pourquoi Moché ne s'était-il pas aperçu que les rayons de lumière éclairaient son visage comme le soleil, ainsi que le mentionnent nos Sages (guémara Baba Batra 75a)?

Le 'Hatam Sofer répond que Moché pensait que cette lumière provenait des Tables (faites à partir du "sanpérinon", une pierre précieuse ressemblant au saphir) et que son visage ne faisait que la refléter autour de lui.

Le rav Avraham Gani'hovsky écrit que nous pouvons apprendre de là que si l'homme voit en lui des qualités, il ne doit pas se les attribuer, mais plutôt les faire dépendre d'autres causes.
Ainsi, il est écrit dans le Choul'han Aroukh (Yoré Déa 240,6) : "L'homme ne doit pas exiger qu'on lui accorde une place pour son mérite personnel, mais uniquement pour celui de ses ancêtres".

Le rav Gani'hovsky conclut qu'il en va de même pour les défauts : l'homme ne doit pas croire qu'ils sont une partie de son être, de son essence, il doit les faire dépendre de raisons extérieures.
De cette manière, il parviendra plus facilement à les supprimer par un travail sur lui-même.