Questions/Réponses – paracha Ki Tissa

+ Questions/Réponses – paracha Ki Tissa :

1°/ Dans chaque paracha, il y a 7 montées à la Torah, qui sont généralement de taille plus ou moins similaire.
La paracha Ki Tissa contient 139 versets, et on peut noter que les 2 premières montées sont totalement disproportionnées en longueur, puisque contenant 92 versets, soit environ 66%, bien au-delà des 28% (2 montées sur 7).
Pourquoi cela?

-> Le ‘Hidouché haRim explique que la majorité de la paracha Ki Tissa aborde la faute du Veau d’or, une honte nationale sans précédent.
Si une personne serait appelée à monter à la Torah au moment de rappeler cette faute, où son ancêtre a participé, cela serait une humiliation pour elle.
Cependant, la tribu de Lévi a prouvé sa fidélité en refusant d’être impliquée dans la faute.

=> C’est pourquoi, les 2 premières montées, qui sont données aux descendants des Lévi’im (Cohen, Lévi), sont atypiquement longues, jusqu’à ce que le récit du Veau d’or soit terminé.

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2°/ Comment Moché a-t-il eu la permission de casser les Tables de la Loi (« Il jeta les Tables de ses mains et les brisa » v.32,19) qui contenaient le Nom de Hachem, alors que la guémara (Sanhédrin 56a) fixe qu’il est interdit d’entraîner l’effacement du nom Divin?

-> Le Kessef Michné enseigne que l’interdiction de détruire des objets écrits qui possèdent de la sainteté ne provient « que » d’une nature rabbinique, et à l’époque de Moché de telles décisions rabbiniques n’avaient pas encore été promulguées.

-> Selon nos Sages (guémara Yérouchalmi Taanit 4,4) en réalité c’était les lettres de feu qui miraculeusement supportaient le poids très lourd (environ 300kg!) des lou’hot, et dès que le peuple juif a fauté, elles se sont envolées restituant à la pierre leur poids impossible à supporter.

Selon le Rokéa’h, la sainteté des lou’hot est partie avec les lettres, et il était alors permis à Moché de les jeter.

Le rabbi Shalom Schwadron dit que les Lou’hot étaient d’origine Divine, et l’impureté et la faute du Veau d’or présent dans le campement juif vont entraîner la fuite des lettres saintes et pures.
Les Lou’hot n’ayant alors plus de réalité spirituelle, Moché a matérialisé cela en les jetant.

-> Le Mochav Zékénim explique qu’après que les lettres soient parties, les lou’hot sont devenues très lourdes. Moché a alors réalisé que chaque instant où il retarderait son retour dans le campement, aurait pour conséquence que les juifs continuent à fauter avec le Veau d’or. Il a raisonné qu’il lui était permis de jeter les Tables de la Loi, qui le ralentissaient (car très lourdes!) pour retrouver son peuple au plus vite.

-> Le Ohr ‘Haïm haKadoch rapporte l’opinion de nos Sages (Avot de Rabbi Nathan 2,3), selon laquelle c’est Hachem Lui-même qui a explicitement ordonné à Moché de les briser.

-> Le Mochav Zékénim écrit qu’en agissant ainsi, Moché espérait choquer le peuple, qui à la vision de la destruction de ce don du Ciel (lou’hot), sortira de sa torpeur, éprouvant des remords et fera téchouva.
De plus, en les détruisant Moché voulait éviter qu’elles puissent devenir un accusateur perpétuel contre le peuple juif, car sans elles tout ce qui reste de l’accord entre D. et Son peuple, est uniquement verbal.

Selon le Ibn Ezra (Ki Tissa 32,19), les lou’hot représentent la kétouba, le contrat de mariage entre D. et le peuple. En les brisant, Moché empêche le mariage de prendre effet, ce qui minimise la gravité de la faute.

Rabbi Yéhouda Guerchouni enseigne également que s’il n’y a plus de mariage, il n’y a plus d’adultère, et la faute du Veau d’or, comparée à l’adultère (le peuple a été voir un autre dieu), en a donc été atténuée.

-> Le Kli Yakar explique, au nom du Midrach, que Moché a voulu descendre volontairement les Tables pour les casser et être lui-aussi en position de faute, pour avoir brisé ces Saintes Tables, gravées par Hachem Lui-Même.

C’est ainsi que Moché a eu la possibilité d’argumenter devant Hachem en Lui disant : « Si Tu leur pardonnes (alors c’est bon), sinon, efface-moi du livre que Tu as écrit (la Torah) ». Car si tu ne leur pardonnes pas, alors moi aussi Tu devras ne pas me pardonner d’avoir briser les Tables et Tu devras me punir avec eux. Ainsi, Tu dois m’effacer de Ta Torah.

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-> Le midrach Tan’houma rapporte que les 1eres Tables de la Loi ont été données au mont Sinaï à toute la nation avec les tonnerres, les éclairs et de la fumée.
En conséquence du fait qu’elles ont été transmises avec une publicité énorme (la Création entière s’est arrêtée face à ce moment historique), cela a entraîné qu’elles ont été impactées par le « mauvais oeil » (ayin ara), et elles ne pouvaient pas perdurer éternellement (la bénédiction réside dans ce qui est caché!).

=> Selon ce midrach, Moché a brisé ces lou’hot d’une manière ostensible, comme pour réduire en morceau le ayin ara présent.

-> Le rabbi Ména’hem Mendel de Kotzk comprend ce midrach d’un niveau plus profond :
– Les 1eres Lou’hot qui ont été données en fanfare et avec beaucoup de publicité, ont acquis davantage de sainteté de Hachem plutôt que du peuple juif.
[en effet, D. a menacé par la force le peuple d’accepter la Torah en mettant la montagne au-dessus d’eux. C’est également Lui-même qui a réalisé les 1ere Lou’hot]

– Les 2e Lou’hot ont été transmises d’une manière modeste et elles étaient demandées par le peuple.
[en effet, le peuple juif alors était rempli de honte, d’humilité d’avoir pu faire la faute du Veau d’or, et Moché a réussi à prendre la défense de son peuple en aboutissant au don des 2e Lou’hot. C’est Moché qui les a taillées.]

=> Nous pouvons voir d’ici que ce qui vient facilement, sans effort, a peu de chance de rester sur le long terme, puisque repartant en général aussi vite qu’il a pu venir.
A l’inverse, ce qui s’acquiert par l’envie et des efforts peut perdurer.

-> Selon nos Sages, une fois les lou’hot brisées, Hachem va remercier Moché : « Merci de les avoir brisées! C’est ce qu’il fallait faire. »

-> Le Méam Loez (Ekev 10,3) rapporte que pour soulager l’anxiété de Moché, d’avoir brisé les 1eres Lou’hot (« qui me donnera l’expiation? »), les 2e Tables ont été faites d’un matériau plus précieux que les 1eres.
Hachem lui montrait ainsi qu’il n’avait pas à s’alarmer de les avoir brisées, et que son acte était justifié.

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-> « [Aucun autre ne put reproduire] les signes et les miracles que D. lui fit déployer dans le pays d’Egypte, à Pharaon et à tout son pays » (Vézot haBéra’ha 34,11)

Le Méam Loez commente :
La particularité de Moché était que tous ses actes étaient dissimulés et constituaient des miracles cachés.
Nous pouvons apporter pour preuve la brisure des Lou’hot : bien que cet acte ne semblât pas être un prodige, il était miraculeux comme l’ont dit nos Sages : « D. tenait 2 palmes [des Tables] et Moché tenait 2 palmes. Moché a saisi 2 palmes de la main de D. »

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-> Le midrach (Pirké déRabbi Eliézer 45) rapporte également qu’avant de jeter les Lou’hot pour les briser, l’écriture s’est miraculeusement envolée.
Or, il est écrit : « Ces Tables étaient l’ouvrage de D. ; et ces caractères, gravés sur les Tables » (Ki Tissa 32,16).

=> Comment une écriture gravée peut-elle s’envoler?

-> Le Maharcha répond qu’il y a eu en réalité 2 miracles : le premier était que les écritures s’envolent, et le deuxième était que cela soit possible bien que les lettres n’étaient rien d’autre que de l’air.

-> Selon le Korban haEida, bien que les lettres étaient gravées dans les Tables de la Loi, elles étaient également inscrites à l’encre noire au-dessus de la partie gravée, et c’est cette encre qui s’est envolée suite à la faute du Veau d’or.

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-> « Moïse redescendit du mont Sinaï » (Ki Tissa 34,29)

Rachi commente : il a rapporté les 2e tables, le jour de Yom Kippour.

=> Comment lui était-il permis de porter les Lou’hot d’un domaine privé (la montagne) à un domaine privé (le campement des juifs) le jour de Kippour?

-> Le Rivach affirme que les juifs n’avaient pas l’obligation d’observer les Yom Tov jusqu’à ce que le Michkan ne soit construit.

-> L’interdit de la Torah concernant le transport d’un objet le Shabbath ne comprend que 2 interdictions : le fait de prendre l’objet posé (akira) et le fait de reposer l’objet (ana’ha). L’action de déplacer un objet dans un domaine public sans le reposer est un interndit de nos Sages (dérabbanan).

En ce sens, le Panim Yafot répond que Hachem n’a donné les Lou’hot à Moché qu’une fois que celui-ci marchait déjà, ce qui est permis de la Torah puisque Moché n’a pas pris un objet posé : la akira (cf. guémara Shabbath 5a).
[les obligations rabbiniques n’étaient pas encore promulguées à cette époque]

-> Le ‘Hatam Sofer enseigne que de la même façon qu’on peut profaner le Shabbath pour sauver la vie d’une autre personne, lui donnant la possibilité d’observer Shabbath par la suite, de même Moché avait la permission de porter les Lou’hot pendant Yom Kippour car l’acceptation de toute la Torah et la pratique future de Yom Kippour en dépendait.

[une fois que la Torah avait été donnée au Ciel, il fallait la donner au plus vite au peuple juif, puisqu’elle est nécessaire comme l’air que l’on respire. Sans Torah, nous sommes morts spirituellement, et il était donc possible de porter à Yom Kippour]

-> Le rav Its’hak Sorotzkin rapporte le midrach (Pirké déRabbi Eliézer 45) qui enseigne que les Lou’hot portaient miraculeusement non seulement elles-mêmes, mais également Moché.
Or, la guémara (Shabbath 94a) fixe que porter une créature vivante est permis de la Torah car elle a la capacité de se porter elle-même.

[« Moché a dit : Je redescendis de la montagne, tenant les deux tables d’alliance de mes deux mains » (Ekev 9,15)
Selon le Or ha’Haïm haKadoch, les Tables n’étaient pas DANS les mains de Moché, mais SUR ses mains.
Elles étaient suspendues dans les airs, Moché ne les portant pas réellement.]

-> Le ‘Havatsélét haCharon suggère que la totalité de la sainteté de Yom Kippour n’a commencé qu’une fois que Hachem a déclaré à Moché qu’Il avait pardonné aux juifs le Veau d’or.
Puisque cette faute ne s’est produite qu’au milieu de ce jour de Kippour, Moché n’a dû suivre les lois relatives à ce jour que l’année suivante.

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-> « Celui qui observe le Shabbath correctement voit ses fautes pardonnées, même si l’idolâtrie figure au nombre de ses fautes. » (guémara Shabbath 118b)

Le Imré Emet, cite le midrach Yachan suivant : « Lorsque Moché a cassé les Lou’hot, aucun mot ni aucune lettre n’est resté intact. En effet, toutes les lettres se sont envolées dans les airs et la partie afférente de la Table s’est brisée, à l’exception d’une seule ligne : Souviens-toi du Shabbath pour le sanctifier. »

Le Imré Emet commente que nous voyons ici que la faute du Veau d’or ne pouvait pas affecter la sainte nature spirituelle du Shabbath, et ainsi si quelqu’un commet même une des pires fautes comme l’idolâtrie, le Shabbath a toujours le pouvoir d’offrir expiation.

-> Le rabbi Aharon Friedman (Kédouchat Aharon) dit que le Shabbath a été donné à Marah, avant le don de la Torah, entraînant que sa sainteté était déjà établie dans la nature du monde, ce qui a entraîné que les mots se rapportant au Shabbath n’ont pas été affecté lorsque Moché brisa les Lou’hot.

-> C’est ce que nous affirmons dans la amida de la prière du matin de Shabbath :
– « béomdo léfané’ha al har Sinaï » = lorsque Moché se tient sur le mont Sinaï, après avoir passé les 40 derniers jours et nuits en communion avec Hachem, il se tourna pour descendre la montagne et il vit la faute du peuple ;

– « chéné lou’hot avanim orid béyado » = et les 2 Lou’hot faite en pierre [précieuse – le Saphir] qu’il tenait dans ses mains, il l’a immédiatement jeté à terre (orid) et l’a cassé en de nombreux morceaux ;

– vékatouv bahém chémirat Shabbath » = cependant, le partie contenant les mots se rapportant à la mitsva de Shabbath est restée intacte et écrite dessus (vékatouv bahém), et elle ne s’est pas cassée en morceaux comme les autres commandements!

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+ Les Tables de la Loi étaient faites en saphir, une pierre extrêmement dure qu’il est impossible de briser, et pourtant celles-ci étaient si souples qu’elles se déroulaient comme une feuille de parchemin.

=> Pourquoi les Tables de la Loi avaient-elles cette souplesse?

Pour nous enseigner ceci : bien que l’homme ait un mauvais penchant dur comme la pierre qui l’empêche d’accomplir ce qui est écrit sur les Tables, il ne doit pas désespérer. Il parviendra à accomplir les mitsvot, car de même que les Tables de saphir pouvaient se rouler comme une feuille de parchemin, D. peut aider l’homme à affaiblir et dominer son penchant.
[Méam Loez – Ki Tavo 27,1]

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-> « De même que l’eau purifie l’homme de l’impureté, ainsi la Torah purifie l’homme impur.
[…]
De même que l’eau nettoie le corps, la Torah nettoie le corps, comme le dit David : ‘Ta parole purifie beaucoup’ (Téhilim 119,140).  »
[midrach Chir haChirim rabba 1,19]

-> D’après nos Sages (guémara Nédarim 38a), les Tables de la Loi avait pour dimensions : 6 téfa’him (environ 50cm ) de hauteur, 6 téfa’him de largeur, et 3 téfa’him d’épaisseur.

Il en découle un volume de 125 litres (50*50*25*2) pour les 2e lou’hot.
Or, connaissant la matière (le saphir), on peut en déduire que la masse totale des 2e lou’hot est de 500kg, soit la masse de 500 litres d’eau (=40 séa), qui est la quantité d’eau minimale d’un mikvé casher.

=> Le lien entre Torah et purification à l’image d’un mikvé est magnifique.

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3°/ Pendant les 40 jours passés sur le Mont SinaÏ, D. lui a enseigné la Torah, mais celui-ci ne pouvait pas la retenir tout entière en un laps de temps aussi court.
D. la lui a donc offerte à la manière d’un don (cf. guémara Nédarim 38a).

=> Pourquoi devait-il l’apprendre pour ensuite l’oublier?

-> Le Alshich haKadoch donne 2 explications :
1°/ Moché devait purifier totalement son âme au niveau le plus élevé possible afin de pouvoir mériter de recevoir toute la Torah, et afin de pouvoir l’enseigner aux juifs.
Chaque jour d’étude sur le Sinaï lui permettait de se purifier encore davantage.

2°/ La connaissance de la Torah n’est donné uniquement comme un cadeau, à celui qui y aura d’abord investi toutes ses capacités, toute son énergie, pour la comprendre, pour l’obtenir.
C’est grâce à ses efforts personnels que Moché a mérité le don de D.
[selon le ‘Hidouché haRim, il en va de même pour toute personne qui étudie la Torah]

-> Le rav Avraham Pam (Atara léMélé’h) en déduit que lorsque l’on étudie la Torah et qu’on l’oublie, nous ne devons pas en être déprimés et ressentir que tous les efforts dépensés l’ont été en vain.
En effet, la Torah étudiée permet de nous purifier et d’élever notre âme, afin que nous puissions mieux la comprendre.
De plus, cela aide à mériter de recevoir en cadeau des connaissances en Torah bien au-delà de ce que nous pourrions naturellement atteindre et comprendre.

[Nous avons une obligation de moyen (faire le maximum), le résultat provenant de Hachem, et cela se trouve pleinement dans la façon dont la Torah nous a été donnée pour la 1ere fois au travers de Moché!]

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=> Pourquoi suite à la faute du Veau d’or, Moché a-t-il eu besoin de retourner de nouveau pendant 40 jours (Ki Tissa 34,28), pour réapprendre la Torah qu’on avait déjà pu lui enseigner?

-> Le rav Modé’haï Gifter explique que la Torah que Hachem donne à une personne correspond à son niveau personnel propre.

Avant la faute du Veau d’or, les juifs étaient à un niveau de sainteté phénoménal, qui se reflétait dans la Torah que Hachem a pu enseigner à Moché lors de son premier séjour de 40 jours au Ciel.
Cependant, suite à cette faute, ils n’avaient plus le mérite de pouvoir recevoir une telle Torah, et Moché a alors dû passer 40 jours supplémentaires afin de réapprendre la Torah d’une manière qui sera mieux appropriée à leur nouvelle réalité spirituelle.

-> Le rav Moché Feinstein enseigne que lorsque l’on est souillé par une faute, comme ce fut le cas avec le Veau d’or, il est nécessaire de déployer plus d’efforts, d’énergies dans l’étude de la Torah, par rapport à une personne qui est restée pure et libre de toute faute.
Par conséquent, Moché a dû réapprendre toute la Torah.

[l’impact de l’impureté du Veau d’or a entraîné qu’il nécessitait maintenant davantage d’efforts de la part de Moché pour acquérir la Torah au Ciel. Le « prix » à payer devenant plus élevé à cause de notre faute, il a dû remonter 40 jours supplémentaire pour l’obtenir!]

[Par exemple :
-> « Si les Tables de la Loi n’auraient pas été brisées, la Torah ne serait jamais oubliée »
(guémara Erouvin 54a) ;

-> « Moché regarda les Tables de la Loi et vit que leur lettres s’étaient envolées. Il les jeta donc de ses mains …
A ce moment même, il fut décrété sur le peuple juif qu’il devrait étudier la Torah dans la souffrance, la servitude, l’exil, le trouble, la pauvreté et le dénuement. Et par cette souffrance qu’ils éprouveront, Hachem leur offrira au temps du machia’h une récompense décuplée. »
(midrach Yalkout Chimoni – fin de Yéhochoua) ]

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-> « Après 40 jours sur la montage, le corps de Moché était purifié comme celui d’un ange pour qu’il puisse recevoir les 2 Tables de la Loi »
[Méam Loez – (Ekev 9,9)]

-> « D. remit les 2 Tables de pierre écrite du doigt de D. » (Ekev 9,10)
Le Méam Loez commente : « Ce jour-là, D. a révélé à Moché tous les secrets de la Torah et les idées originales que tous les sages des générations futures allaient élaborer. »

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4°/ « Tu oindras Aharon et se fils … Ceci sera pour Moi une huile d’onction sacrée, pour vos générations » (Ki Tissa 30, 31)

Rachi commente : Cette huile se conservera entièrement pour les temps à venir.

=> A quoi va-t-elle servir après la venue du machia’h?

-> Le Ramban écrit que l’onction reçue par Aharon et ses fils est devenue invalide au moment de leur mort. A leur résurrection, ils auront besoin d’une nouvelle onction pour retrouver leur statut de Cohanim.

-> Bien qu’il n’en soit pas certain, le Min’ha ‘Hihoukh dit que le machia’h lui-même aura besoin d’être oint.

-> Le rav Aharon Leib Steinman cite le Ohr ha’Haïm haKadoch, qui écrit qu’avec la venue du machia’h, les premiers-nés pourront de nouveau réaliser le Service Divin (qui leur a été retiré suite suite à la faute du Veau d’or – cf.Rachi v.32,29), et ils auront alors besoin d’être oints par cette huile demeurée intacte.

-> Concernant les premiers-nés :
Rabbénou Bé’hayé enseigne que même de nos jours c’est un grand mérite que d’être premier-né, et que cela doit toujours être considéré comme un avantage spirituel par rapport aux autres juifs.

Où pouvons-nous trouver un exemple de cela dans la loi juive?
Selon la michna Broura, c’est une habitude que ce soit un Lévi qui lave les mains des Cohanim avant la bénédiction des Cohanim, et dans le cas où il n’y a pas de Lévi alors un premier-né pourra le faire, car il possède un degré supplémentaire de sainteté [par rapport aux autres juifs].

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5°/ Nous sommes obligés de profaner le Shabbath afin de sauver la vie de notre prochain.
Cela semble indiquer que la vie humaine est plus importante que l’observance du Shabbath.
Pourtant, il est écrit : « celui qui le profanera sera mis à mort » (Ki Tissa 31,14)
Cela implique que le Shabbath a priorité sur la vie humaine.

=> En réalité, lequel des 2 a-t-il le plus de valeur?

-> Le Messé’h ‘Hochma écrit que la vie d’un juif est sans aucun doute plus précieuse que l’observance du Shabbath, puisque si un juif n’est plus en vie, il n’a plus la capacité de respecter le Shabbath et d’attester du rôle de Hachem dans la Création de l’univers (je me repose le 7e jour, à l’image de ce que D. a fait après avoir créé le monde).

Cependant, si un juif profane intentionnellement le Shabbath, il coupe son âme de sa connexion avec Hachem.
En agissant ainsi, on se dégrade, au point où notre niveau spirituel devient même inférieur à celui d’un animal.

=> A partir du moment où l’on a rompu notre relation avec Hachem, la mort devient en réalité une alternative préférable, et c’est pour cela qu’un telle personne doit être tuée, ce qui l’aide à recevoir son expiation.

« Au début, Moché étudiait la Torah, mais oubliait ce qu’il apprenait. En fin de compte, elle lui a été donnée en cadeau »
[guémara Nédarim 38a]

Le Maharal (Tiférét Israël 50) explique :
« Vu la grandeur de la Torah qui de par sa nature ne peut être attachée ou liée à un être humain, Moché oubliait la Torah dès qu’il l’étudiait.
La Torah n’avait pas de moyen de se lier à Moché si ce n’est que D. l’a donnée à l’homme et a produit un changement dans la relation entre la Torah et l’humanité.
[…]
La Torah ne convient pas à l’homme car elle émane des royaumes supérieurs qui sont aussi loin de l’homme que possible.
La Torah dit donc : « [D. l’] a donnée à Moché lorsqu’Il a fini de lui parler » (Ki Tissa 31,18).
Si D. n’avait pas donné la Torah, elle n’aurait pas pu avoir le moindre lien avec l’homme. »

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-> « Un élément saint et spirituel ne se mêlera pas de lui-même à des éléments physiques.
A cause de cela, la Torah ne pourra pas exister dans ce monde si ce n’est que D. l’a décrété. »
[‘Hatam Sofer – commentaire sur guémara Méguila 6b]

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-> De même que Hachem a donné à Moché le cadeau de la Torah (car malgré sa grandeur il lui aurait été impossible de la maîtriser en 40 jours et 40 nuits), de même Hachem va finalement accorder le cadeau de la Torah à tout celui qui s’efforce de l’apprendre avec assiduité.
[Rav Shimon Schwab]

« Les enfants d’Israël observeront le Shabbath (véchamérou bné Israël), pour faire du Shabbath (laassot ét aShabbath) une alliance éternelle pour leurs générations » (Ki Tissa 31,16)

-> Le rabbi de Klausenbourg explique que dans le passé l’épreuve du peuple juif consistait à : pouvoir observer le Shabbath (chmirat Shabbath), mais de nos jours l’épreuve principale réside dans le fait de : faire du Shabbath un jour positivement spécial (laassot ét aShabbath).
En effet, nous devons en faire un jour unique : plein de joie, d’unité, de sainteté, …

L’essentiel du Shabbath est le : « brit olam » (l’alliance éternelle) avec Hachem, ce lien unique et incassable de proximité avec notre Papa, le Créateur et Maître du monde.

« Hachem dit à Moché : Prends pour toi des aromates (ka’h lé’ha samim) : du baume (nataf), de l’ongle aromatique (ch’hélét samim) et du galbanum (‘helbéna) … Tu en feras une composition d’encens » (Ki Tissa 30,24-25)

A la fin de la prière du matin, nous récitons les kétorét, un passage décrivant la confection de l’encens du Temple, et qui commence par ces versets de la paracha Ki Tissa (20,34-36).

Ce passage est précédé par une proclamation de foi en l’Unité de Hachem, le : én ké’loénou (il n’y a rien comme notre D.), én kadonénou, …
=> Pourquoi une telle introduction est-elle nécessaire?

-> La guémara (Yoma 26a) rapporte qu’aucun Cohen n’avait le droit d’apporter les kétorét (encens) plus d’une fois dans sa vie. En effet, ce service Divin possède le pouvoir spécial d’engendrer des richesses à tous ceux qui ont le mérite de l’accomplir.
=> C’est pourquoi on ne pouvait le faire qu’une seule fois durant sa vie, afin de permettre au maximum de Cohanim de pouvoir partager cette opportunité unique.

-> En se basant sur cette guémara, le Noda biYéhouda (Ora’h ‘Haïm 1,10) affirme que puisqu’une personne qui récite les passages traitants des sacrifices est considérée comme si elle les avait réellement offerts (guémara Méguila 31b), alors de la même façon lorsque nous disons le service des encens (kétorét) cela est une opportunité unique d’amener sur nous de la richesse.

D’ailleurs c’est tellement une réalité, que nos Sages avaient peur qu’une personne récitant les kétorét en vienne à s’attribuer personnellement sa bonne fortune (c’est grâce à mon travail, à mon intelligence, … – ko’hi véotsém yadi).
=> Pour éviter cela, ils ont imposé qu’avant ce passage, nous devons déclarer à nous-même et au monde entier l’Unicité de Hachem. Il devient alors évident à nos yeux que La Source de la richesse que va nous faire mériter la lecture des kétorét est uniquement : Hachem!.

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-> Si les enfants d’Israël savaient combien de valeur a le service des encens (kétorét) aux yeux d’Hachem, ils auraient pris chacun de ses mots et en auraient orné leur tête comme autant de couronnes d’or.
[Rabbi Chimon – Zohar 218b]

-> Le Mabit (dans son Beit Elokim) explique que nous récitons le passage de la Torah relatif à la confection et à la composition de l’encens, car celui-ci détient le pouvoir particulier de faire cesser les épidémies et maladies.

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-> Si on omet la lecture des sacrifices qui précède la prière du matin, en commençant par Barou’h Chéamar, on perd beaucoup.
La lecture des sacrifices est composé du passage de la Torah relatif au sacrifice quotidien (Tamid), d’un texte décrivant la manière de composer et d’offrir l’encens (Pitoum haKétorét) et d’une michna présentant les sacrifices en général (ézéou mékoman).
Quiconque les récite en tire un grand bénéfice, et est purifié des souillures des péchés accidentels commis chaque jour.
A moins d’un cas d’urgence, on ne doit pas oublier de lire ce texte. L’omettre sans raison, c’est se priver d’un profit immense.
[Méam Loez – Lé’h Lé’ha 15,8]

« Prends pour toi des aromates : du nataf, du ché’hélét et du ‘helbéna … ils seront tous égaux en poids » (Ki Tissa 30,34)

-> Nos Sages déduisent que 11 ingrédients entraient dans la fabrication de l’encens, qui était offert 2 fois par jour (le matin et l’après-midi) sur l’Autel, à l’intérieur du Michkan.
Le parfum de l’encens symbolise le devoir et le désir d’Israël de servir D. de la façon qu’Il agrée.

-> Alors que toutes les senteurs des encens dégageaient une bonne odeur, la ‘helbéna était la seule qui avait une mauvaise odeur.
Rachi (citant la guémara Kéritot 6b) commente : la Torah l’a inclus dans la composition de l’encens afin de nous apprendre à ne pas tenir pour indigne de nous, dans nos réunions de jeûnes et de prières, la présence de pécheurs d’Israël, lesquels doivent au contraire être comptés comme étant des nôtres.

Mais pourquoi cela?

-> Une des explications est que lorsque les réchaïm s’associent aux prières des autres personnes, alors la prière de ces derniers s’en trouve renforcée.
En effet, même si ces personnes ne sont pas assez méritantes, cependant comparées aux réchaïm, leurs défauts deviennent insignifiants, et en comparaison elles sont considérées comme très méritantes.
=> C’est ainsi que lorsque les réchaïm s’associent aux prières, cela renforce le mérite des autres et leurs prières ont plus d’impact.

[Beit Shmouël Aharon]

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-> « Rabbi ‘Hana dit au nom de Rabbi Chimon ‘Hassida : Tout jeûne auxquels ne participent pas des pécheurs d’Israël n’est pas un (véritable) jeûne, car le ‘helbéna a une mauvaise odeur et pourtant elle est comptée parmis les (onze) composants de l’encens. »
[guémara Kéritout 6b]

L’ensemble des personnes présent à une prière s’appelle le : tsibour, dont les initiales renvoient à : tsadikim, bénonim et réchaïm.
=> Prier n’est pas une réunion d’élites, mais c’est une union de tout le peuple ensemble vers un but unique.

[à l’image de la joie d’un père qui voit tous ses enfants qui se retrouvent ensemble malgré leurs différences, Hachem prend tellement plaisir à nous voir unis, qu’Il en déverse largement Ses meilleurs bénédictions sur nous!]

-> Lorsque Hachem voit que les réchaïm font téchouva grâce à l’influence des personnes justes, alors Il nous traite avec davantage de miséricorde.
[Sifté ‘hakhamim]

-> Le Nom Divin est grandement sanctifié lorsque les réchaïm font téchouva et désire s’élever vers le niveau des personnes justes.
[Prishah]

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Il est intéressant de constater que les réchaïm, les fauteurs sont :
-> à la fois exclus du compte du minyan, puisqu’il y a déjà 10 juifs justes (la ‘helbéna venant comme la 11e épice).
Cela représente la nécessité de maintenir une séparation, une zone de sécurité, pour qu’ils ne nous influencent pas négativement.

-> mais également ils sont indispensables, car sans eux nous n’arrivons pas aux 11 épices nécessaires pour confectionner l’encens du Service Divin.
Cela signifie qu’à nos yeux ils ne sont jamais rejetés : ce sont nos frères dans le besoin spirituel, et nous aspirons de tout notre cœur à ce que la mauvaise odeur du ‘helbéna se transforme en une épice de bonne odeur.

=> Il y a cette dualité à maintenir pour les impacter positivement, sans risquer de s’affaiblir soi-même à leur contact.

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-> Le Kli Yakar apporte l’explication suivante.
Une personne n’a pas le droit de s’affliger elle-même inutilement. C’est pourquoi, une personne juste ne devrait pas selon la loi se permettre de jeûner en réponse à une tragédie, car sa droiture l’empêche d’être tenu responsable pour tout malheur.
Ainsi, la seule justification pour les justes est d’incorporer des personnes moins justes qu’elles, afin de pouvoir jeûner pour elles (le peuple d’Israël étant lié), ce qui rend leur alors autorisé le fait de s’affliger.

[d’une certaine façon, quelque soit notre niveau spirituel, nous jeûnons en espérant que tout juif situé à un niveau inférieur au nôtre pourra évoluer vers davantage de spiritualité.
Un jour de jeûne est certes une remise en question personnelle, mais également l’expression de notre désir intense que tout autre juif, même le plus grand racha, puisse se débarrasser de sa partie mauvaise pour mettre au grand jour toute sa beauté interne latente.]

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-> En se basant sur la guémara (Shabbath 89a), le Mabit (dans son Beit Elohim) enseigne qu’après que Moché ait reçu la Torah au Ciel, tous les anges lui ont offert des cadeaux. Même l’ange de la mort lui a donné quelque chose : la ‘helbéna, indispensable à la réalisation des encens.
Celle-ci est la seule des 11 épices entrant dans la composition de l’encens à dégager une mauvaise odeur, mais en se joignant aux autres la senteur se transforme en une aussi douce et agréable que les autres.

Dans une communauté dont les membres sont bons et droits en leurs cœurs, et qu’ils accomplissent un retour sincère et complet vers Hachem (minyan d’épices de bonne odeur), alors l’ange de la mort ne peut exercer sur eux aucune emprise (aucune accusation, mauvais décret).
Bien au contraire, ce sont eux qui le dominent et le soumettent au point que lui-même répond : « Amen », exactement comme la ‘helbéna, individuellement malodorante, mais qui non seulement ne sent pas mauvais avec les 10 autres épices, mais va contribuer à la diffusion d’une bonne odeur globale.

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+ Si on a le choix entre soit prier dans un minyan composé que de personnes vertueuses, ou bien prier dans un minyan qui comprend des réchaïm, lequel doit-on choisir?

-> Le rav Aharon Leib Steinman n’est pas certain, mais il écrit qu’il est quand même préférable de prier dans un minyan de personnes uniquement vertueuses, à l’image des encens qui sentaient encore mieux sans la ‘helbéna.

-> Le Séfer ‘Hassidim enseigne que nous devons faire attention à ne pas prier à côté d’un racha, car cela va entraîner d’avoir de mauvaises pensées durant notre prière et la présence Divine s’éloignera de nous.

« Personne ne convoitera ta terre quand tu monteras pour paraître devant Hachem, ton D., 3 fois par an » (Ki Tissa 34,24)

Ceci est l’un des plus grands miracles cachés promis explicitement par la Torah.
b’h, regardons cela plus en détail.

-> La guémara (Pessa’him 8b) affirme que cela s’applique également aux animaux sauvages qui ne convoiteront pas nos possessions pendant notre absence au Temple : « Ta vache va brouter dans le pâturage et aucun animal sauvage ne l’attaquera. Tes poulets seront libres dans leur poulailler et aucune fouine/belette ne leur fera de mal. »

-> A ce sujet, le midrach rabba (Chir haChirim 7,1) rapporte les histoires suivantes :

1°/ Une fois un juif est parti à Jérusalem pour Yom Tov, et par inattention il avait oublié de fermer sa maison à clé.
A son retour, il a trouvé un serpent enroulé autour de la poignée de sa porte, décourageant toute personne à essayer d’y entrer.

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2°/ Une fois un juif est parti pour les Yom Tov, et il avait oublié par mégarde sa récolte de blé empilée dans le champ.
C’est ainsi que tout le fruit de son difficile travail, toute sa fortune à venir pouvait être prise par chacun des passants à proximité.
A son retour de Jérusalem, il a été accueilli par une patrouille de lions qui avaient surveillé sa récolte en son absence.

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3°/ Une fois, un juif qui était parti pour les Yom Tov, avait oublié de rassembler ses poulets dans le poulailler, les laissant libres et sans aucune protection.
A son retour de Jérusalem, il a retrouvé des carcasses de chats sauvages à proximité, sans aucune explication si ce n’est que Hachem surveille ceux que Le servent.

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4°/ Il y avait 2 frères juifs vivants à Ashkelon, qui avaient des voisins non-juifs qui attendaient l’occasion de se remplir les poches en prenant la richesse de leurs voisins juifs.
Ils ont ainsi comploté entre eux : « Lorsque les juifs iront à Jérusalem pour prier, nous viderons leurs maisons de tous les objets de valeur ».

A leur retour du pèlerinage pour la fête, les 2 frères ont rendu visite à leurs voisins non-juifs afin de leur donner des cadeaux qu’ils avaient ramener pour eux de Jérusalem.
Leurs voisins semblaient alors confus : « D’où viennent ces cadeaux? Vous êtes partis quelque part? »
Les juifs de répondre : « Bien sûr! Nous nous rendons toujours à Jérusalem pour la fête ».

Les non-juifs leur ont demandés : « A quelle date êtes-vous partis? Quand êtes-vous revenus?  »
Suite à leur réponse, ils étaient perplexes, et ils ont dit : « Mais alors pourquoi durant toute cette période nous vous avons vu entrer et sortir de chez vous comme à l’accoutumée? »

La vérité devient claire : Hachem avait envoyé des anges qui ressemblaient et qui agissaient comme ces 2 frères juifs, faisant paraître qu’ils étaient toujours présents chez eux, protégeant leurs biens de leurs voisins jaloux.

Les non-juifs se sont alors exclamés : « Béni est le D. des juifs. Vous ne L’abandonnez pas et Il ne vous abandonne pas. Vous avez mis votre confiance en Lui, et Il a envoyé Ses anges pour vous protéger. »

=> Avec la perte du Temple, nous avons perdu de tels miracles aussi évidents aux yeux de tous : juifs et non-juifs.

« [Hachem dit à Moché : ] Je vois que ce peuple est un peuple rétif. Cesse donc de Me solliciter, laisse Ma colère s’attiser contre eux pour que Je les anéantisse » (Ki Tissa 32,9-10)

-> Selon Rachi : « Laisse Ma colère » : par ces mots, D. ouvrit une porte à Moché et l’informa que leur sort dépendait désormais de lui : s’il priait en faveur des juifs, ils ne seraient pas anéantis. »

-> Selon la guémara (Béra’hot 32a) : « Moché saisit Hachem comme un homme qui empoigne l’habit de son prochain […] Il fut prêt à sacrifier sa vie pour eux […] Moché déversa ses prières devant Hachem jusqu’à ce que se déclare en lui la fièvre des os […] jusqu’à Le rendre malade ».

=> Moché pria avec tant d’insistance, avec toutes ses forces, capacités.

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-> Hachem a dit à Moché qu’Il anéantirait le peuple juif, dans un objectif de pousser Moché à prier pour eux, car Hachem désire les prières de Moché rabbénou.
[Bé’hor Chor]

-> Hachem signifiait à Moché que s’il cessait de prier pour le peuple d’Israël, alors Sa colère allait éclater, et Il les détruirait.
Puisque Hachem ne voulait pas que cela arrive, Il indiqua à Moché de continuer à prier jusqu’à ce que le peuple soit complètement pardonné.
[Rabbénou Saadia Gaon]

-> Hachem a vu la grande humilité de Moché : il n’a pas dit un mot, il est juste resté là en silence, totalement bouleversé au sujet de « ses enfants » (les juifs).
Moché n’a pas prié pour le peuple d’Israël jusqu’à ce que Hachem ne lui donne la permission de le faire.
[Tsor haMor]

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Il y a une différence entre Noa’h et Moché.
-> Lorsqu’on a dit à Noa’h que sa génération sera détruite, mais que lui serait sauvé dans une Arche, il a alors arrêté de prier pour elle.

-> Hachem a dit à Moché que le peuple juif sera détruit, et que lui Moché deviendra une grande nation.
Qu’a-t-il alors fait?
Il est écrit : « Moché plaida devant Hachem » (v.32,11) que les juifs soient pardonnés et pas anéantis.
[Zohar 1,60]

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« Et maintenant, si tu pardonnes leur faute [c’est bien], et sinon efface-moi maintenant de Ton live que tu as écrit » (Ki Tissa 32,32)

-> De quel « livre » Moché souhaite-t-il être effacé?
Nos Sages (guémara Roch Hachana 16b) enseignent qu’à Roch Hachana 3 livres sont ouverts : celui des tsadikim, celui des réchaïm, et celui des personnes moyennes (bénonim).

– Moché a dit à Hachem (cf.verset ci-dessus 32,32) : « Si tu ne pardonnes pas au peuple juif, alors efface-moi du livre des tsadikim, car je ne veux pas y être inscrit tout seul ».

– Hachem lui a alors répondu : « Celui qui a péché envers Moi, Je l’effacerai de Mon livre » (v.32,32) = c’est-à-dire : « J’effacerai le peuple juif du livre des réchaïm où ils devraient être inscrits en raison de leur faute, et Je les placerai avec toi, Moché, dans le livre des tsadikim ».
[Kol Yaakov]