-> « N’oubliez jamais la grandeur de la prière.
Elle a le pouvoir de changer le cours de la nature, de sauver de tout dommage, et d’annuler les décrets difficiles. »
[Rabbénou Bé’hayé – Ekev 11,13]

-> La prière annule non seulement les décrets difficiles, mais c’est aussi la source de toutes les bénédictions spirituelles et matérielles.
[Noam Elimélé’h – Tzetel Katan]

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-> Aujourd’hui avant la venue du machia’h, la principale forme de service [Divin] est la prière.
[rabbi ‘Haïm Vittal – rapporté dans le Tzetel Katan du Noam Elimélé’h]

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-> « Les gens doivent savoir que la bataille principale contre le yétser ara se tient pendant la prière.
Car même si une personne étudie une grande quantité de Torah, réalise les mitsvot, et donne son temps et son argent aux pauvres, le yétser ara ne s’y opposera pas totalement, puisque de telles actions ne sont pas une véritable menace pour lui.

Cependant, lorsqu’un juif déverse son cœur en prières à Hachem, alors le yétser ara va l’attaquer sans cesse, perturbant ses pensées. En effet, de telles prières coupent l’essence même du yétser ara, et peuvent le vaincre, davantage que toutes les mitsvot. »
[Maor vaChémech – Ki Tétsé]

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-> Une personne peut prier sans retenue pour devenir sage dans le service Divin, car aucune force Accusatrice ne peut se tenir face à de telles prières.
[‘Hozé de Lublin – Avné Zikaron 563]

-> Le rabbi ‘Haïm Kanievsky, se basant sur le ‘Hazon Ich (Ora’h ‘Haïm 156) enseigne :
« Hachem nous donne la pleine liberté de choix de faire le bien ou le mal.
Cependant, tous les juifs étant responsables les uns des autres, ils sont considérés unis comme une seule personne.
Ainsi, lorsqu’un juif utilise son libre arbitre pour prier pour l’amélioration spirituelle d’un autre juif, sa prière peut avoir un effet sur la transformation spirituelle d’autrui, et cela n’est pas considérée comme venant du Ciel, puisqu’étant le résultat d’un choix libre d’un juif. »

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-> Face au pouvoir extraordinaire de la prière, dans le cadre du libre arbitre, le yétser ara s’y oppose de toutes ses forces afin qu’on la néglige.

On peut citer par exemple :
1°/ Rav Bibi bar Abaye (guémara Béra’hot 6b) dit : « Que signifie l’expression : « kéroum zoulout aux gens ? »
Il répondit : « Ce sont les choses qui se tiennent au sommet du monde, mais que les gens traitent avec légèreté. »
Rachi affirme à ce sujet : « Par exemple, la prière qui s’élève jusqu’au ciel. »
[Le rav Moché Sternbuch dit que le fait que tant de personnes ont de si grandes difficultés à prier avec ferveur/concentration est la preuve de son importance.]

2°/ D’après la guémara (Béra’hot 32b) : « Nos Sages enseignent qu’il existe 4 domaines qui nécessitent d’être constamment renforcés, et il s’agit de : la Torah, les bonnes actions, la prière et le déré’h érets. »
[si on ne se rappelle pas fréquemment la véritable importance de notre prière, alors on en vient inévitablement à la dévaloriser! ]

Vayikra – le petit Aleph

+ Vayikra – le petit Aleph :

Le mot Vayikra signifie : « Il appela », car Hachem a appelé Moché pour qu’il entre dans le Michkan, car Il voulait lui transmettre les lois des sacrifices.
Ce terme Vayikra (ויקרא), est écrit dans la Torah avec la lettre « alef » (א), en plus petite que les autres lettres.
=> Pourquoi cela?

-> Ce petit « alef » vient attester de l’humilité de Moché. Comme celui-ci a su se faire petit, alors cela s’est manifesté à travers cette lettre « alef » qui a été inscrite en plus petit.

Mais pourquoi cela est exprimé dans ce contexte en particulier?

Le midrach explique qu’une fois le Michkan achevé, Moché n’a pas osé y pénétrer. Malgré sa grandeur, malgré tous les miracles qu’il réalisa et malgré la Torah qu’il transmit, il s’est néanmoins fait petit et a attendu qu’Hachem l’appelle pour entrer dans le Michkan.
C’est donc ici qu’il a su faire preuve de modestie.

De plus, Rabbi Bounam de Pchis’ha ajoute que Moché a reçu un grand privilège et un grand honneur de la part d’Hachem.
En effet, c’est lui et seulement lui, qu’Il a appelé pour avoir le mérite de pénétrer dans le Michkan.
Et malgré tout cette honneur, il n’en a ressenti aucun orgueil. Il est resté aussi humble et ne s’est nullement vanté intérieurement d’avoir été le seul à avoir été choisi par Hachem.
C’est toute cette humilité que vient signaler ce petit « alef ».

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-> Cette paracha de Vayikra vient amorcer le sujet des sacrifices (korbanot), qui met en avant l’importance de l’humilité et de l’effacement de soi pour laisser un maximum de place à Hachem parmi nous.

Le Maharal de Prague explique que le sacrifice vient proclamer que le monde entier avec toute son existence, s’annule et s’efface complètement devant Son Créateur.

Les 4 règnes remontent vers Lui pour reconnaître leur dépendance totale à Son Existence :
– le minéral représenté par le sel et le bois ;
– le végétal représenté par les libations de vin ;
– l’animal qui est sacrifié ;
– ainsi que l’humain qui est celui qui apporte le sacrifice.
= tous en viennent à se donner et à s’effacer devant Hachem, à travers cette élévation et se rapprochement intime avec Lui.

Cette annulation de l’existence grossière, qui se prétend indépendante d’Hachem, est la base même de tout le principe du sacrifice.
La Torah tient à le distinguer par ce petit « alef ».

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-> « Le sacrifice sert au fauteur d’expiation, en cela que le sang du premier est pris en échange de celui du second, son âme en échange de son âme et ses organes en contrepartie de ses organes.
Quant aux morceaux du sacrifice consommés par les Cohanim, ce sont des présents offerts aux maîtres de la Torah, afin qu’ils prient en faveur du fauteur. »
[Ramban – Vayikra 1,9]

=> Le principe élémentaire des sacrifices est l’effacement de soi, l’humilité et la soumission à D.

[Notre être doit totalement disparaître pour se retrouver à la place du sacrifice, ce qui au final brise notre cœur qui a pu se rebeller par la faute devant le Créateur. Ce n’est qu’alors que : « Un cœur brisé et abattu, ô Hachem, Tu ne le dédaignes pas » (Téhilim 51,19)]

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-> Un autre midrach (Vayikra rabba 7,3) enseigne que le 1er livre que l’on doit enseigner aux enfants, c’est le livre de Vayikra, qui traite des sacrifices.
Les enfants qui sont purs doivent venir s’occuper de l’étude des sacrifices qui sont eux-aussi purs.

Le Kli Yakar fait remarquer que ce point est en allusion dans le petit « alef » de Vayikra.
En effet, le « alef » qui est la 1ere lettre de l’alphabet hébreu, symbolise le commencement. C’est le sujet des sacrifices, développé dans le livre de Vayikra, que les enfants devront apprendre en 1er.
Le « alef » des petits, c’est à dire le début de leur étude, doit se faire par le livre de Vayikra.

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-> Il est écrit dans le midrach (Eikha 1) :
« Selon la tradition, la lettre aleph de Vayikra [Il appela] est réduite.
Rabbi Yo’hanan dit : « Vois combien les enfants sont précieux aux yeux de Hachem : lorsque le Sanhédrin s’exila [suite à la destruction du Temple], la Présence Divine ne le suivit pas en exil ; ceux qui en assuraient la garde [les Cohanim] s’exilèrent, mais la Présence Divine ne les suivit pas.
C’est seulement lorsque les enfants furent exilés que la Présence Divine les accompagna. ». »

-> Le Béer Yossef (rav Yossef Salant) fait remarquer que Hachem se révélait à Moché entre les 2 Chérubins (kérouvim).
La guémara (Soucca 5b) précise : « Que signifie le mot « kérouv » [chérubin]?
Rabbi Avahou dit : « Comme un enfant » [ké-ravia], car à Babylone, on appelle un enfant : ravia. »

-> Au moment du don de la Torah, Hachem n’accepta comme garants que les enfants, et Il leur dit : « C’est par votre bouche que Je donne la Torah à vos parents » (midrach Téhilim 8).

=> « Je t’enseignerai (aaléfé’ha – אֲאַלֶּפְךָ) la sagesse » (Iyov 33,33). Le aleph symbolise l’enseignement, et c’est l’instruction donnée aux « petits » (les enfants) qui permet à la Présence Divine de résider au sein d’Israël, et par leur mérite que nous avons reçu la Torah.

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-> Le Choul’han Aroukh enseigne que le jour où un enfant commence à étudier la Torah, c’est réellement un Yom Tov, et nous devons le laver, l’habiller avec les habits de Shabbath, et l’emmener à un érudit en Torah dans l’espoir qu’il grandisse jusqu’à devenir lui-même un érudit en Torah (talmid Hakham).

=> En terme d’éducation de nos enfants, il faut être prêt à se faire petit (comme le aleph), à faire des sacrifices afin de leur permettre de se développer au mieux.

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-> La guémara (Nédarim 81) dit : « Ne néglige pas les enfants des pauvres, d’eux la Torah sortira ».

Pourquoi particulièrement les enfants des pauvres?

Le rabbi Méïr Shapiro répond qu’il est évident que la Torah sort également chez les enfants des riches, mais les enfants des pauvres voient constamment les sacrifices que font leurs parents, se privant dans la joie pour leur éducation.
Ce don de soi des parents laisse une trace profonde indélébile, et par conséquence ils étudient avec plus de sérieux et de zèle, faisant que davantage de Torah en sortent.

[d’une certaine façon le petit aléph fait allusion à ces familles pauvres (petites financièrement), desquelles la Torah sortira.
D’une manière plus générale cela renvoie au fait que : les enfants suivent l’exemple du comportement de leurs parents. Si tu veux de grandes choses pour tes enfants, alors fais-toi petit, agis au mieux devant eux avec joie (depuis leur jeune âge!), et alors tu pourras espérer qu’ils en fassent de même! ]

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-> Le Shach cite au nom du Kol Bo, que la 1ere fois qu’un père amène son jeune fils chez un rabbin pour qu’il lui apprenne la Torah, il doit écrire toutes les lettres de l’alphabet hébraïque sur un morceau de papier et y placer une goutte de miel sur chacune d’elles. L’enfant léchera alors le miel en même temps qu’il les nommera.
En effet, la 1ere leçon à transmettre à un enfant est que la Torah est douce, agréable.

=> Le petit aleph fait allusion à cette goutte de miel sur le aleph, puis bét, …, mais surtout à la nécessité de graver chez nos enfants l’idée que l’étude de Torah ne peut se faire que dans la joie de profiter de sa douceur.

D’ailleurs, tous les jours dans les bénédictions sur la Torah, nous demandons : « S’il te plaît Hachem fait que les mots de la Torah soient doux dans notre bouche » (véaarev na Hachem élokénou ét divré Torahté’ha béfinou)

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-> Rabbi Shalom de Belz rapporte que d’après la mystique, ce petit « alef » (אלף) fait allusion aux mille lumières (אלף – éléf signifie mille) que Moché a perdu suite à la faute du veau d’or.

Pour comprendre le sens de ces 1000 lumières, le commentaire du Chakh sur la Torah explique que lorsque Moché brisa les Tables de la loi, toutes les lettres Samekh (ס) et Mem final (ם) tombèrent. En effet, nos Sages expliquent que ces 2 lettres tenaient par miracle sur les Tables.

Ces lettres dessinant de simples trous dans la pierre, vides à l’intérieur, Hachem réalisa un miracle pour que la partie de la pierre qui emplissait ces lettres tenaient par miracle dans l’air.
Quand Moché brisa les Tables, ces lettres tombèrent. Or, les 10 commandements qui étaient gravés dans les Tables de la loi, contenaient 22 lettres Mem et 2 lettres Samekh.

Sachant que le Mem a la valeur numérique de 40 et le Samekh de 60, ainsi les 22 Mem (22 x 40 = 880) et les 2 Samekh (2 x 60 = 120), le tout vaut : 1000.

Le Rabbi de Belz explique que c’est cela le sens des 1000 lumières que perdit Moché suite au Veau d’or, et qui sont en allusion dans ce petit « alef ».

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-> Le midrach Tan’houma enseigne que lorsque Moché écrivit la Thora, il resta un peu d’encre dans la plume. Il passa cette encre sur la tête et c’est ainsi qu’il reçut le rayon lumineux qui l’éclaira, comme cela est indiqué à la fin de Ki Tissa.

Mais comment est-ce possible qu’il y avait trop d’encre dans la plume? Hachem n’aurait-il pas pu y mettre juste l’encre qu’il fallait?

Le livre Mat’amim explique que lorsque Moché écrivit le « alef » de Vayikra en petit, du fait de sa grande humilité, alors qu’il aurait dû l’écrire d’une taille normale, c’est ce peu d’encre là qui restait, qui était à l’origine de ce rayon de lumière.

=> Nous pouvons apprendre de là que c’est l’humilité et la modestie d’une personne qui l’illumine et lui donne tout son éclat!

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-> Ce petit « alef » met cette lettre en relief, comme si elle constituait un mot à part. La racine : אלף (alef) signifie : enseigner, et le petit « alef » sous-entend qu’il faut apprendre à toujours rester « petit » et humble.

Personne ne pouvait mieux transmettre cette leçon que Moché : à la fois le plus grand des prophètes et l’humble le plus humble de la terre (d’après Hachem Lui-même!).
[Rabbi Boumen de Psichkha]

-> Selon le Kli Yakar, Moché pensait que son niveau de prophétie était nettement supérieur à ce que ses mérites pouvaient lui donner droit. En effet, c’est le fait d’être le responsable du peuple juif, qui a entraîné que Hachem lui a octroyé un niveau incroyable pour pouvoir jouer son rôle au mieux.

=> Cela nous apprend que les capacités, les ressources supplémentaires que nous avons sont là pour être mises au service d’autrui.

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+ « Hachem l’appela (vayikra – וַיִּקְרָא) du sein du buisson » (Chémot 3,4)

=> Pourquoi le aleph n’y est également pas écrit en petit?

-> Rabbi Yo’hanan dit : « Hachem ne fait pas résider sa présence Divine (Ché’hina) sur une personne sauf si elle est forte, intelligente, riche et humble. »
[guémara Nédarim 38a]

On peut comprendre l’intelligence et l’humilité, mais pourquoi un prophète doit-il également être fort et riche?

Le rav ‘Haïm de Volozhin explique que tant qu’une personne n’a pas cela, son humilité peut être uniquement l’expression du fait qu’elle n’a rien sur quoi véritablement s’enorgueillir (en ayant des milliards, serait-elle toujours humble?).
Dans ce cas, cela n’est pas authentique.

Le rav Chmouel David Walkin ajoute que lorsque Moché tailla les 2e Lou’hot, qui étaient en saphir, la sciure qui se détacha de la pierre quand il les taillait lui appartenait, et grâce à cela Moché est devenu extrêmement riche en récupérant tous ces morceaux de saphirs.
[Cela nous apprend que la richesse est bonne quand elle est un débris des Tables de la loi, c’est-à-dire quand elle est liée/en accord à la Torah, et non pas pour satisfaire son égo ]

Ainsi, si le mot Vayikra aurait été écrit avec un petit « aleph » avant le don de la Torah, il n’y aurait aucune preuve que son humilité/modestie était réelle.
(à ce moment il n’était pas encore riche, car lorsque les juifs ont récupéré les richesses des égyptiens, Moché était occupé à prendre le cercueil de Yossef!).
C’est uniquement à ce moment, une fois qu’il est devenu riche et qu’il ne s’est pas enorgueilli, que son désire de minimiser sa grandeur révélait sa véritable humilité.

[Le Baal haTourim explique qu’en écrivant le « aleph » plus petit (וַיִּקְרָא), Moché voulait mettre en avant le terme : « vayikar » qui dénote une rencontre par hasard.
Par humilité, Moché voulait que l’on vienne à penser que ses rencontres directes avec Hachem étaient le fruit du hasard, et non en conséquence du niveau incroyable qu’il a pu atteindre!]

-> Ben Zoma dit : « … Quel est le fort? C’est celui qui contient son [mauvais] penchant … Quel est le riche ? C’est celui qui est heureux de ce qu’il possède » (Pirké Avot 4,1)
Le Rambam explique que ce sont des prérequis indispensables à la prophétie.

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-> Le « alef » de Vayikra est petit pour nous enseigner qu’une personne qui reçoit des honneurs grâce à la Torah doit se faire petite.
En effet, selon nos Sages nous ne devons pas utiliser la Torah pour s’en couronner, pour se proclamer le roi.

Ainsi, quelques soient les hauteurs spirituelles que l’on peut atteindre, on doit faire attention à rester humble.
[Rabbénou Efraïm]

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-> b’h, voir également : https://todahm.com/2014/04/01/1255

« Et si son sacrifice vient du menu bétail, des agneaux ou des boucs » (Vayikra 1,10)

=> Pourquoi la Torah trouve-t-elle bon d’expliciter les types d’animaux du menu bétail, à savoir les agneaux et les boucs?

En réalité, le menu bétail fait allusion au peuple d’Israël, comme il est dit : « Vous êtes mon menu bétail » (Yé’hezkiel 34,31).

Ce verset vient faire allusion au fait qu’aussi bien les agneaux (kéchavim – כְּשָׂבִים), symbolisant les tsadikim et les gens doux et dociles, que les boucs (izim – עִזִּים), symbolisant les réchaïm et les insolents, une fois qu’ils se sont repentis et ont apportés leur sacrifice, ils deviennent égaux.

En effet, le repentir (téchouva) expie les fautes de tout le monde à égalité, et après leur repentir, il sera interdit de rappeler la faute, même au racha.
[Rabbénou Efraïm]

« Un juif a confiance qu’à la fin tout sera pour le bien.
Si ce n’est pas encore bien [à nos yeux], c’est que ce n’est pas la fin! »

[Sagesse juive]

« Le Cohen apportera le tout et le fera monter en fumée sur l’Autel » (Vayikra 1,13)

-> « Lorsqu’un homme divorce de la femme, de son 1er mariage, même l’Autel (le mizbéa’h) verse des larmes pour lui. » [guémara Guitin 90b]

=> Pourquoi particulièrement l’Autel?

Le rabbi Eliézer Kahana (Torah véDaat) explique que l’Autel est le lieu de tous les sacrifices, et dans un mariage de nombreux sacrifices doivent se faire. D’ailleurs les 2 sont liés : sans sacrifice, il n’y a pas de mariage.
La racine du mot : « korban » (sacrifice) est : « karov » (proche), car la conséquence de sacrifier ses désirs et besoins pour autrui (dans une relation saine), produit de la proximité.
[le rav Desslev dit que l’amour provient des dons (d’écoute, de joie, de compliments, …), de tous ces sacrifices que l’on fait au quotidien]

Il y avait 2 Autels : un grand et un petit.
C’est une allusion au fait que dans un mariage, les sacrifices sont parfois important et d’autres fois petits, mais dans tous les cas il faut avoir en tête que cela participe à l’attachement entre un mari et sa femme.
[il ne faut pas y voir une perte momentanée, mais un gain éternel de renforcement des liens d’amour.
A l’image du Michkan/Temple, où pour le prix d’une bête en sacrifice, on obtenait une proximité accrue éternelle avec Hachem. Quelle affaire!]

Le sacrifice quotidien le plus fréquent était celui de remerciement : le Korban Toda.
Un mari et une femme doivent s’assurer de s’offrir au quotidien l’un l’autre des expressions de remerciement, et ce autant que possible.

Parfois, il fallait apporter un sacrifice de paix (Korban Chélamim).
La paix est le récipient qui permet de contenir toutes les bénédictions de la vie, et lorsqu’un couple est en paix alors Hachem vient résider parmi eux.
Dans un couple les désaccords sont normaux, mais il faut tout faire pour préserver la paix, car une bagarre empêche les bénédictions Divines de nous atteindre, et cela fait fuir Hachem.
Ainsi face à ce prix énorme à payer (voir D. nous quitter!), cela ne vaut clairement pas la peine de se bagarrer (surtout pour des broutilles!).
[voilà Hachem, je me sacrifie pour la paix du couple, pour que tu restes parmi nous!]

A d’autres moments, nous devons apporter un « Korban ‘Hatat » (suite à une faute) = il faut avaler sa fierté, et admettre que l’on est désolé, que l’on a mal agit.
Les 3 mots très importants dans un mariage sont : « Je me suis trompé! ».

D’autres fois, nous devons amener un « Korban Acham » (suite à un délit) = savoir prendre sur soi la responsabilité d’une faute/erreur.

[à l’image du processus de téchouva qui accompagnait un sacrifice, il peut en être de même avec notre conjoint : je reconnais, je te demande pardon, je regrette et je m’engage à mieux agir!]

=> L’objectif de tout mariage est de faire sourire l’Autel (et non pleuré comme lors du divorce), en utilisant le grand pouvoir des sacrifices pour créer un attachement marital harmonieux.

[le cumul d’une multitude de petits sacrifices quotidiens, génère des liens d’amour sublimes!]

« Recueillez parmi vous une offrande à Hachem » (Vayakél 35,5)

-> Cela signifie que chacun devait faire un don s’il le désirait, sans aucune contrainte.
Le mot « parmi vous » (mit’hém) sous-entend de donner sous l’impulsion de ses sentiments profonds, selon l’élan de son cœur.
« Ne donnez pas parce que vous y êtes forcés ou par jalousie. Votre don ne doit pas provenir de causes extérieures. Donnez « méit’hém » : de l’intérieur de vous-mêmes. »
[Sifté Cohen]

-> Ce verset peut se traduire littéralement par : « Prenez de vous-mêmes » = si un homme donne de son plein gré, c’est comme s’il avait donné une partie de lui-même.
[Kli Yakar]

-> Le Kli Yakar enseigne également :
La Torah dit : « recueillez de vous-mêmes » pour enseigner qu’aucun don ne devait provenir d’objets volés.
Chaque don qu’une personne fait à une cause sacrée doit provenir de sa propriété personnelle, gagnée de ses propres mains, sans la moindre trace de tromperie ou de vol …

Généralement, lorsqu’un homme accomplit un acte louable, un ange défenseur est créé.
Cependant, s’il vole de l’argent et l’utilise pour une bonne action, au lieu de créer un bon ange, il créé un ange mauvais qui dénonce toutes ses fautes.
L’objet de la mitsva, que ce soit une soucca, un loulav ou tout autre objet sacré acheté avec cet ange, s’écrie devant Hachem : « Je proviens d’un vol! »
Les anges s’exclament alors : « Malheur à cet homme! Au lieu de créer un bon ange qui parle en sa faveur, il a créé un ange mauvais qui l’accuse! »
[…]

Lorsqu’un homme accomplit une bonne action avec de l’argent volé, l’ange de cette bonne action se présente pour crier devant Hachem. Au lieu de se faire avocat, il devient accusateur!

Moché dit : « Recueillez parmi vous une offrande à Hachem ».
L’offrande que vous offrirez à Hachem doit provenir de vous, elle doit vous appartenir. Qu’elle soit dépourvue de toute trace de malhonnêteté!
[rapporté par le Méam Loez – Ki Tissa 35,4-9]

« N’allumez pas de feu dans toutes vos résidences le jour du Shabbath » (Vayakél 35,3)

-> Ce verset nous enseigne la leçon suivante :
Lorsqu’un homme commet une faute telle que la transgression du Shabbath, le feu de ce péché allume, au Guéhinam, un feu qui lui est destiné.
L’expression « vos résidences » désigne la demeure au Guéhinam du profanateur du Shabbath.

– « N’allumez pas de feu dans votre résidence de l’au-delà en transgressant le Shabbath! » nous recommande le verset.
– « Dans toutes vos résidences » = nous enseigne qu’il est permis d’allumer un feu dans le Temple et d’accomplir tout travail nécessaire au service. C’est seulement dans « vos résidences » personnelles qu’il est interdit d’allumer du feu.
– « N’allumez aucun feu » = signifie également qu’il est interdit d’infliger la peine de mort par brûlure le Shabbath, ainsi que les 3 autres peines de mort.

Dans ce verset, la Torah nous enseigne également l’interdiction de nous mettre en colère.
Un homme qui s’emporte souille son âme.
La Torah recommande : « N’allumez aucun feu » = le feu de la colère, dans une quelconque partie de votre corps.
Si un homme s’emporte, c’est comme s’il avait allumé le feu du Guéhinam le Shabbath.

Ce verset nous donne une leçon supplémentaire : il existe un feu qui s’étend et brûle tout sur son passage, il naît de la transgression du Shabbath.
« N’allumez aucun feu dans toutes vos résidences le jour du Shabbath » = ne provoquez pas de feu qui s’étendra partout chez vous!
Observez le Shabbath comme il convient. [Maharcha]
[Méam Loez]