Il n’y a qu’un seul Maître de maison (baal habayit) dans ce monde.
Tout ce que nous avons lui appartient.
S’Il nous laisse en vie, c’est forcément qu’Il ne nous abandonne pas, qu’Il ne cesse d’espérer en nous.
C’est pourquoi tu n’as pas le droit de l’abandonner, de désespérer en Lui.

[‘Hazon Ich]

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[Chaque jour, dans la 1ere phrase prononcée par tout juif : le « modé/moda ani », nous remercions Hachem pour la grande confiance qu’Il a en nous (rabba émounaté’ha), par le fait de nous rendre de nouveau notre âme (qui est allée se régénérer à sa source au Ciel pendant la nuit).
Cela témoigne de l’importance de toujours avoir en tête que tant que l’on vit, c’est que Hachem espère en nous, que nous avons toujours un apport indispensable, unique, à amener à l’Histoire du peuple juif.]

Lorsque Hachem a de la miséricorde pour quelqu’un, Il lui envoie un cadeau.
Quel est ce cadeau?

Il lui envoie sur son chemin un pauvre ou une personne dans le besoin, au sujet duquel il pourra éprouver de la compassion afin de l’aider.
A ce même moment, il devient lui-même méritant de la compassion d’Hachem, et Hachem l’aide.
De cette façon, il mérite d’être sauvé même s’il ne le mérite pas.
[Zohar – Béréchit 104a]

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-> « Heureux celui qui s’intéresse au pauvre. Au jour de la calamité, Hachem le sauvera. » (Téhilim 41,2)

[même si tout ne va pas dans notre vie, et que malgré tout nous éprouvons de la compassion pour autrui, alors grâce à cela Hachem va très certainement nous aider!
Il est important d’avoir conscience que de nos jours, il y a une très importante pauvreté psychique : besoin d’être valorisé, d’être écouté, … Nous devons être à l’écoute, se mettre à la place d’autrui pour répondre au mieux à ses besoins.]

-> Le ‘Hafets ‘Haïm enseigne que la bonté que nous faisons pour autrui (par de l’écoute, des encouragements, de l’argent, …) va prendre la place de soucis qui auraient dû nous arriver dans notre vie, et cela permet également que nos prières soient plus facilement acceptées.

-> « Le nom de l’homme que j’ai aidé est Boaz » (Ruth 2,19)
Pourquoi Ruth affirme avoir aidée Boaz, alors qu’en réalité c’est c’est l’inverse?

Rabbi Yéhochoua (midrach Rabba Ruth 5,9) enseigne : « La bonté que les nécessiteux font pour leur bienfaiteur est plus importante que ce que le bienfaiteur fait pour le nécessiteux. »

[non seulement un pauvre va nous permettre d’obtenir un bien éternel grâce à un petit bien matériel, mais également il va nous dispenser de souffrances, de difficultés qui auraient du nous arriver!]

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-> « Hachem ne nous doit absolument rien, mais si nous donnons à autrui ce que nous ne leur devons pas, alors Hachem va nous donner ce qu’Il ne nous doit pas.

Tout celui qui témoigne de la miséricorde aux créations de Hachem, va bénéficier de la miséricorde d’en-Haut.
Hachem agit envers chacun, mesure pour mesure. »
[rav Shlomo Zalman Auerbach]

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-> « Tout celui qui fait régulièrement du ‘hessed (de la bonté) méritera des enfants qui sont sages, riches, et versés dans la Aggada »
[guémara Baba Batra 9b]

Le ‘Hafets ‘Haïm (Ahavat ‘Hessed – vol.2,chap.5) commente : « J’ai été personnellement témoin de nombreuses personnes qui ont essayé cette ségoula, et ça a marché pour eux ».

Les gens questionnent Hachem, mais ils sont certains, sûrs d’eux-mêmes.
Ils devraient plutôt être certains d’Hachem, et se remettre en question eux-mêmes.

[rabbi Israël Salanter]

Rabbi Yo’hanan : Assurer la subsistance de l’homme est 2 fois plus difficile que d’enfanter …

Assurer la subsistance de l’homme est plus difficile que d’opérer sa délivrance (guéoula) …

Rav Chizvi a dit au nom de rabbi El’azar ben Azaria : Assurer la nourriture de l’homme est aussi difficile que de séparer les eaux de la Mer Rouge.

[guémara Pessa’him 118a]

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=> Pourquoi : Assurer la subsistance de l’homme est-il 2 fois plus difficile que d’enfanter?

-> Lorsque la femme souffre lors de son accouchement, ses douleurs sont temporaires et compensées par la joie d’avoir un nouvel enfant.
Par contre, la peine que se donne un homme pour la recherche de ses besoins matériels (parnassa) est permanente et les soucis de parnassa l’empêchent d’être dans la joie.
C’est pourquoi la recherche de la subsistance est plus difficile que l’enfantement.
[Ets Yossef]

-> Le terme : « 2 fois (double) » ne se rapporte pas à l’intensité de la peine, car les souffrances de l’enfantement et de la recherche de la subsistance ne sont pas comparables, mais se rapporte au nombre de personnes concernées par cette souffrance.
En effet, lors de l’enfantement, seule la femme (une seule personne) souffre ; mais dans la difficulté de l’obtention de la nourriture, tous 2 ressentiront la souffrance de la faim ou les manques de parnassa.
[Ben Ich ‘Haï]

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« C’est avec grande peine que tu tireras ta nourriture » (Béréchit 3,17)
=> Pourquoi le châtiment d’Adam est-il supérieur à celui de ‘Hava (enfanter dans la douleur), alors que tous deux ont commis la même transgression?

-> Hachem a fait preuve de plus de sévérité avec Adam parce que la source de la transgression d’Adam a été l’insatisfaction, ce qui constitue un grave défaut.
En effet, Adam n’a pas su se contenter de la profusion et du grand choix de nourriture mis à sa disposition au Gan Eden par Hachem : « Tous les arbres du Jardin, tu peux t’en mourir » (Béréchit 2,16), et il a ressenti le besoin de manger le seul fruit qui lui était interdit!
Sa sanction a été évaluée mesure pour mesure : même lorsqu’il se nourrira du fruit de ses efforts, il sera préoccupé par ses besoins du lendemain, et ainsi il risquera d’être insatisfait durant toute sa vie.
[Ein Israël]

-> Selon le Ets Yossef, c’est parce Adam a reçu d’Hachem Lui-même l’ordre de ne pas manger de l’Arbre de la Connaissance, et également parce qu’Hachem a doté Adam d’une connaissance (daat) et d’une sagesse supérieures à celles de ‘Hava.
Hachem a donc, pour ces 2 raisons, été plus sévère envers l’homme.

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=> Pourquoi : Assurer la subsistance de l’homme est plus difficile que d’opérer sa délivrance (guéoula) ?

-> La guémara (Taanit 2b) affirme que seul Hachem tient les clés de la subsistance (parnassa), et ne les transmet pas dans les mains d’un émissaire.
Par contre, pour la guéoula (délivrance de tout mal ou de tout danger), c’est un ange qui assurera cette délivrance, selon la bénédiction adressée par Yaakov à ses petits-enfants Ménaché et Efraïm, fils de Yossef : « Que l’ange qui m’a délivré de tout mal, bénisse ces enfants » (Béréchit 48,16).

Non seulement la guéoula d’un particulier, mais également la délivrance collective du peuple d’Israël, est assurée par un ange, comme il est dit : « Dans toutes les souffrances, Il a souffert avec eux et un ange les a sauvés » (Yéchayahou 63,9).
=> Ainsi, la subsistance, qui ne dépend que d’Hachem, est plus difficile à obtenir que la guéoula qui dépend d’un ange (un envoyé : chalia’h).
[Maharcha]

-> Le fait que la subsistance est plus difficile que la délivrance (guéoula), il ne s’agit pas ici de la difficulté dans les efforts de l’homme pour obtenir sa subsistance (parnassa), mais de la « difficulté » du Ciel à la lui fournir.
En effet, depuis qu’Adam a reçu une malédiction au sujet de sa subsistance pour avoir consommé un aliment interdit, l’obtention de sa parnassa est sortie du cadre naturel et est devenue un miracle quotidien.
C’est en cela que sa subsistance, régie par le Ciel, est plus difficile que la guéoula.
[Rachbam]

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-> 4 clés sont entre les Mains d’Hachem, qu’Il ne confie à aucun émissaire, pas même à un ange : la clef qui commande les naissances (‘haya – accouchement), la clef qui commande les pluies (guéchamim), la clef qui commande la résurrection des mots (té’hiat hamétim) et enfin la clef de la subsistance (parnassa).
C’est pourquoi la parnassa n’est pas transmise par l’intermédiaire d’un Ange, contrairement à la guéoula.
[d’après la guémara Taanit 2a et 2b]

On peut noter que la clef se dit en hébreu : maftéa’h (מפתח), et ce mot est composé des 4 lettres initiales des mots : matar (pluies – מתר), parnassa (moyen de subsistance – פרנסה), té’hiat (résurrection – תחית) et ‘haya (‘haya – donner la vie – חיה).

-> Du fait que les anges ne sont pas soumis à la domination d’autrui, ils ont le pouvoir de libérer l’homme de la tutelle d’autrui ou d’une situation où il est bloqué, donc d’opérer la guéoula.
Cependant, du fait que les anges ont besoin aussi d’une « parnassa » pour eux-même, la parnassa de l’homme ne peut pas passer par eux.
[Maharal – Nétivot Olam – Avoda chap.18]

-> Si la parnassa de l’homme passait par l’intermédiaire d’un ange, ce dernier n’aurait jamais été indulgent envers les réchaïm et aurait pu retenir leur subsistance.
Par contre, Hachem, dans Sa bonté, nourrit toute créature vivante, les bons comme les mauvais.
[Rif – dans Ein Yaakov]

-> On peut noter que « Donner la vie » : c’est Hachem qui accorde Lui-même à la femme la conception de l’enfant, puis Il confie à un Ange l’évolution de la grossesse de cette femme jusqu’à l’accouchement.
[Tossefot haRoch – guémara Nida 16b]

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-> Rabbi ‘Haïm Chmoulévitch (Si’hot Moussar – si’ha 69) enseigne :
Certains de nos Sages pensent que tout homme, même animé d’une grande confiance [en Hachem] (bita’hon), doit fournir des efforts (hichtadlout) pour obtenir sa subsistance (parnassa), suite à la malédiction prononcée contre Adam et ses descendants après la faute originelle : « C’est à la sueur de ton front que tu mangeras du pain » (Béréchit 3,19).

Les efforts à fournir sont inversement proportionnels à notre niveau de confiance [en Hachem] et ne signifient pas pour autant que c’est cet effort qui est à l’origine de notre subsistance ; celle-ci est donc indépendante de nos efforts, puisque Hachem détient seul la clef de la subsistance (parnassa).

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=> Pourquoi : Assurer la nourriture de l’homme est aussi difficile que de séparer les eaux de la Mer Rouge?

-> De même que le changement miraculeux de nature, qui s’est opéré lors de la division de la Mer Rouge, dépendait de la confiance (émouna) du peuple d’Israël, l’obtention des moyens de subsistance d’un homme dépend de sa émouna.
Plus l’homme est convaincu que c’est Hachem qui assure sa nourriture, plus il conférera à Hachem le pouvoir d’augmenter sa parnassa.
[rabbi ‘Haïm Chmoulévitch – Si’hot Moussar (si’ha 64)]

-> Lors de la création de la Mer Rouge, Hachem avait fait avec elle une condition, celle de s’ouvrir devant les Bné Israël à la sortie d’Egypte. Pourquoi ne s’est-elle pas ouverte immédiatement?

C’est parce que Hachem désirait entendre la prière de Ses enfants.
De même pour la parnassa, bien qu’elle soit fixée pour chacun à Roch Hachana pour l’année à venir, Hachem désire entendre la prière de Ses enfants qui Lui demandent leur parnassa.
[Assara léMéa]

-> A la sortie d’Egypte, la Mer Rouge s’est ouverte pour sauver les Bné Israël et a englouti les égyptiens ; ainsi la même action était un bienfait pour Israël et un mal pour les égyptiens.
De même pour la parnassa, Hachem élève l’un et rabaisse l’autre financièrement, corrélativement, d’après le verset de Téhilim (75,8) : « C’est D. qui est l’arbitre: il abaisse l’un, il élève l’autre ».
[Ein Eliyahou]

-> C’est Hachem qui a ressenti la même « difficulté » (si l’on peut dire) pour la parnassa et l’ouverture de la mer Rouge.
En effet, le Prince (sar) de la Mer Rouge a mis Hachem « dans la difficulté » (si l’on peut dire) en portant cette accusation : pourquoi la Mer Rouge s’ouvrirait-elle devant les Bné Israël et se refermerait-elle sur les égyptiens, alors que ces 2 peuple sont au même bas niveau à cet instant?

De même Hachem, qui a prévu dans Son plan de nourrir toute créature, tsadik ou racha, doit faire face à la même « difficulté » sur le plan de la Justice pour ouvrir « Sa Main » afin de nourrir ensemble les tsadikim et les réchaïm.
[Rif – dans le Ein Yaakov)

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-> b’h, également sur ce sujet :
https://todahm.com/2019/07/08/9701
https://todahm.com/2019/02/14/8369

Ne jamais désespérer

+ Ne jamais désespérer :

-> Même si une personne ne mérite pas d’être aidée, Hachem l’aidera en récompense pour sa confiance.
Ainsi, on ne doit jamais craindre de ne pas être [assez] méritant.
[Ramban – Emouna ouBita’hon 3]

[selon nos Sages, notre bita’hon nous amène dans les appartements privés du Roi, indépendamment de qui nous sommes. Aucun ange Accusateur, aucun ayin ara, … ne peut venir s’interposer, et nous nous plaçons sous la protection directe de notre papa Hachem.

Il est écrit : « Qui change d’endroit, change son mazal » (guémara Roch Hachana 16b)
Une explication de nos Sages est qu’à partir du moment où nous avons du bita’hon, alors nous sommes amenés plus près de Hachem, et puisque nous avons changé d’endroit alors notre mazal change!]

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-> Si une personne ne croit pas que même lorsqu’elle s’enfonce et se vautre profondément dans la boue, Hachem est là présent à ses côtés, alors elle n’a pas de bita’hon.
[rabbi Avraham Dov d’Avritch]

-> « Si j’escalade les cieux, tu es là ; si je suis dans les plus profondeurs les plus basses (chéol), te voici encore! » (Téhilim 139,8)
[où que nous soyons spirituellement, une chose est certaine : Hachem ne nous abandonne pas!]

-> Ce n’est qu’à partir du moment où une personne est persuadée que Hachem l’aidera toujours, même si elle ne le mérite pas, qu’elle pourra toujours compter sur Hachem.
[Pischei Lev]

[en effet, le fait de douter d’être assez méritant pour que D. nous aide, a pour effet de mettre un terme à notre bita’hon. On comprend pourquoi la force du yétser ara est de nous faire douter, car ainsi il coupe notre lien avec Hachem et par là toute possibilité qu’Il nous aide par le mérite de notre bita’hon.]

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-> « Je veux proclamer ce qui est une loi immuable: « Hachem m’a dit : Tu es mon fils … demande-le moi, et je te donnerai » (Téhilim 2,7-8).

=> Nous ne devons pas aborder notre relation en terme de assez méritant ou pas, mais plutôt d’une relation d’un père multi-milliardaire avec son fils.

Hachem nous donne tellement à chaque instant, que nous aurons toujours une dette énorme, infinie de gratitude à Son égard.
Ainsi, nous espérons de Lui des cadeaux gratuits (matnot ‘hinam), indépendamment de tout mérite, uniquement comme fruit d’un amour infini d’un Père avec son enfant, qui veut l’aider, et qui a des ressources illimités pour le faire.

Le Téhilim nous garantit que c’est une loi immuable, qui ne changera pas, quoique nous fassions de notre vie : tant que tu es persuadé que Hachem est ton Père, que tu mets en lui toute ta confiance et tes demandes d’aide, alors Il t’aidera forcément.

-> b’h, voir également : https://todahm.com/2019/07/08/9693

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-> « Celui qu’Il aime, Hachem le châtie, tel un père [aimant] le fils qui lui est cher » (Michlé 3,12)

-> Rachi explique :
Il aime son fils et souhaite pour lui le meilleur … désirant l’apaiser [une fois le coup donné].
Ainsi, si nous avons été durement punis, alors c’est que [papa] Hachem va très prochainement nous témoigner une bonté et une miséricorde toute particulière.

-> Le Gaon de Vilna commente :
Lorsqu’Il (Hachem) retire Son bâton [avec lequel Il nous a frappé], Il souhaite réaliser chacun des désirs [de son fils] et Il le réconforte et l’apaise.
Ainsi, ne méprisez pas les souffrances, car s’Il vous afflige avec des souffrances, c’est assurément que vous Lui êtes très cher (très important à Ses yeux), comme un enfant préféré, et lorsque les souffrances sont terminées, Il va vous apaiser et accomplir votre volonté.

[nos moments difficiles ne sont pas un signe de rejet d’Hachem, au contraire c’est un signe d’amour : « Celui qu’Il aime, Hachem le châtie, tel un père [aimant] le fils qui lui est cher ».

En plus de tourner toute sa confiance, tous ses espoirs vers Hachem, c’est également un moment très favorable (ét ratson) pour Lui demander de réaliser quelque chose pour nous, et Il nous l’accordera. ]

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-> Le désespoir selon rabbi Na’hman : https://todahm.com/2019/07/14/le-desespoir

Selon rav Yéhouda bar Idi qui cite rabbi Yo’hanan, la Présence Divine s’est déplacée à 10 reprises (à l’époque du 1er Temple) …

Voici, selon la tradition, les 10 déplacements de la Présence Divine : du propitiatoire (kaporét) au chérubin (kérouv), du chérubin au seuil du Temple, du seuil à la cour (‘hatser) du Temple, de la cour à l’autel (mizbéa’h), de l’autel au toit du tabernacle (hékhal), du toit au mur d’enceinte du parvis (‘azara) du Temple, du mur d’enceinte à la ville (de Jérusalem), de la ville vers le mont des Oliviers, du mont des Oliviers au désert.
Du désert, la Présence Divine remonta vers Sa résidence (dans les cieux), selon le verset : « Je m’en irai et Je reviendrai dans Ma résidence » (Ochéa 5,15) …

Rabbi Yo’hanan dit : La Présence Divine attendit 6 mois dans le désert qu’Israël se repente, mais Israël ne se repentit pas.
Hachem dit alors : « Que leur âme expire! »

[guémara Roch Hachana 31a]

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-> Après qu’Israël ait fauté et jusqu’à la destruction du 1er Temple, la Présence Divine s’est retirée peu à peu et non pas brusquement en une seule fois.
Hachem espérait, à chaque étape de la Présence Divine, que le peuple d’Israël fasse téchouva afin d’arrêter le processus d’exil de la Présence Divine (ché’hina).
[Rachi]

[d’après le Sifté ‘Hakhamim, de la même façon que la Présence Divine s’est éloignée du Temple où elle résidait initialement en 10 étapes, de même le Grand Sanhédrin (le Tribunal de 71 sages) s’est exilé et s’est éloigné progressivement du Temple, d’où il siégeait initialement en 10 étapes.

D’après le Ben Ich ‘Haï, c’est parce que ce monde-ci a été créé par 10 Paroles, donc en 10 étapes, qu’Hachem a retiré progressivement Sa Présence Divine de ce monde en 10 étapes.]

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=> A quoi correspond cette période d’attente de 6 mois?

-> Le Maharcha explique :
Les 6 mois d’attente de la Présence Divine dans le désert, dans l’espoir d’une téchouva d’Israël, ont eu lieu durant les 6 mois du siège de Jérusalem par le roi de Bavél Névoukhanétsar et ses troupes.
D’après le chapitre 52 du prophète Yirmiyahou, ces 6 mois ont commencé le 10 tévét (début du siège de Jérusalem) et se sont terminés le 9 tamouz (1ere brèches dans les murailles).

En conséquence du non repentir des enfants d’Israël, la Présence Divine est remontée au Ciel le 9 tamouz, et c’est pourquoi depuis ce jour, nous ne pouvions plus offrir l’offrande quotidienne (korban tamid).

-> Le Ben Ich ‘Haï commente :
« Le Sage a les yeux et le sot marche dans les ténèbres » (Kohélet 2,14)
La durée de 6 mois peut être justifiée par le fait que cette période dure environ 180 jours, qui fait allusion à la valeur numérique du mot : « énaïm » (les yeux – עינים), de guématria : 180.
Ainsi, la durée de 6 mois leur a été accordée afin que leurs yeux se dessillent et qu’ils se repentent.

[par amour infini, pour ainsi dire, Hachem avait les yeux constamment tournés vers nous, scrutant et espérant la moindre miette de téchouva pour pouvoir revenir étreindre Son peuple chéri!
Rempli de patience, Papa Hachem était comme nous suppliant : « s’il vous plaît, mes enfants adorés, ne M’obligez pas à m’éloigner de vous! J’ai tellement envie d’être au plus proche de vous, vous comblant des meilleures bénédictions!! » ]

« Celui qui M’honore en M’offrant des remerciements et en fait son mode de vie, Je le ferai jouir de l’aide Divine » (Téhilim 50,23)

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-> « Les gens réalisent qu’avec la prière nos requêtes seront accomplies, mais ils ne réalisent pas qu’en apprenant à remercier Hachem pour les nombreuses bontés, que nous considérons comme acquises, Il va nous amener bien davantage de bénédictions.
Le plus une personne remerciera Hachem, le plus d’abondance de bénédictions elle recevra. »
[rabbi Yaakov Meïr Shechter]

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-> La Torah liste de terribles malédictions qui arriveront, pas uniquement pour notre non respect des mitsvot, mais également : « parce que tu n’auras pas servi Hachem, ton D., avec joie et contentement de cœur, au sein de l’abondance » (Ki Tavo 28,47)

Ainsi, nous devons servir Hachem avec joie et « contentement de cœur » (bétouv lévav).

La guémara (Arakhin 11a) explique : « contentement de cœur » = avec des chants de remerciement et de louange.

Le Ramban enseigne que tout l’objectif d’une vie juive est de reconnaître son Créateur et de Le remercier.

[ainsi, si un juif accomplit les mitsvot, mais qu’il n’est pas rempli de joie et de reconnaissance envers Hachem, alors il passe à côté d’un service idéal, et se prive de bénédictions Divines.]

<—>

-> En effet, le Ramban (paracha Bo) enseigne :
« La raison sous-jacente de toutes les mitsvot est de reconnaître et de remercier Hachem.
L’unique objectif de l’existence de l’humanité est afin qu’une personne en vienne à remercier Son Créateur.
Un juif n’a pas de part dans la Torah de Moché s’il ne remercie pas Hachem pour les miracles dévoilés et ainsi que pour les bontés routinières. »

[le mot : « yéhoudi » (juif) signifie littéralement : remercier. Cependant ce même mot, signifie également : « admettre ». En effet, le fait de remercier consiste à admettre que nous avons une dette de gratitude d’autrui.

Hachem ne nous doit rien, tout n’étant que succession de cadeaux, et notre objectif est de reconnaître cela.
Ainsi, la gratitude étant l’essence d’un juif : plus un juif est grand spirituellement, plus il a conscience du peu qu’il mérite et d’à quel point Hachem fait pour lui.

Par exemple, chaque jour, le ‘Hafets ‘Haïm s’enfermait seul dans sa chambre, et il verbalisait à haute voix des mots de remerciements pour les bontés dont Hachem l’avait comblé.]

<—>

-> Lorsque Yaakov prie avant d’aller rencontrer Essav, il déclare : « étev étiv ima’h » (Vayicha’h 32,13), qui se traduit littéralement par : « faire du bien, je te ferai du bien ».

Le Divré Israël (rabbi Israël de Modzhitz) écrit que si on s’habitue à dire : « étev » (faire du bien) = remarquer et remercier Hachem pour toutes les bonnes choses qu’Il nous donne, alors Hachem dit : « étiv ima’h » (je te ferai du bien) = Je ferai en sorte que les choses soient encore meilleures pour toi!

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-> « Il vaut mieux ne pas se plaindre, et tout accepter avec joie et gratitude.
En effet, cela va entraîner une telle abondance de bénédictions que tu auras toujours de quoi être reconnaissant. »
[rabbi de Ruzhin – à sa fille]

[lorsque nous exprimons un mécontentement, nous déclarons que ce qui arrive dans notre vie n’est pas juste. Nous témoignons ainsi que nous aurions gérer différemment le monde. C’est une expression flagrante de manque de confiance en D., et cela implique un jugement sévère.

Mais lorsque que nous remercions Hachem pour chacune des petites bontés et même sur des choses qui nous sont difficiles sur le moment, alors cela donne de la satisfaction à Hachem et cela va éveiller Sa miséricorde Divine.
Il dit : « Tu crois en Moi aveuglément, et tu es plein de gratitude malgré le fait que cela soit difficile actuellement. Je vais te donner beaucoup sur lequel tu pourras être reconnaissant. »

=> Ainsi, remercier Hachem malgré l’adversité va susciter énormément de miséricorde et de bonté, et cela amène à des miracles ouverts.]

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-> « Depuis la destruction du [2e] Temple, les portes de la prière sont closes » (guémara Béra’hot 32b).

Le Sfat Emet (Vaét’hanan 5638) commente que les portes de la prière sont peut-être fermées, mais les portes des louanges et des remerciements à Hachem sont toujours largement ouvertes.

-> « Entrez dans Ses portes avec des remerciements » (bo’ou chéarav bédota – Téhilim 100,4)

Nos Sages commentent que les portes de la prière sont parfois fermées pour des raisons au-delà de notre compréhension. Cependant, lorsque quelqu’un apporte un cadeau au roi, il a toujours la permission d’enter et aucun ange ne peut obstruer son chemin.

Exprimer sa gratitude à Hachem, c’est comme Lui offrir un cadeau, et par conséquence les portes sont largement ouvertes pour nous permettre de se tenir devant Hachem.
Une fois sur place, Il regarde nos besoins et nous fournit ce dont nous manquons.

[« Entrez dans Ses portes avec des remerciements » = exprimer notre reconnaissance à D., est la meilleure assurance pour recevoir Ses bénédictions.]

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-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva – chap.4) nous garantit que si nous acceptons avec joie ces moments où rien ne semble aller dans notre vie, comprenant que cela nous est envoyé du Ciel et que c’est bénéfique pour nous, alors à ce moment nous déchirons les mauvais décrets et se sauvons des pires soucis qui devaient normalement nous arriver.

Il cite 2 versets qui soutiennent cela :
– « Lorsqu’une personne Te remercie pour ses malheurs, Tu retiens le restant de Ta colère » (ki ‘hamat adam todé’ha, chéérit ‘hémot ta’hguor – Téhilim 76,11)

– « Je Te remercie, Hachem, parce que Tu as fait éclaté sur moi ta colère, et par le mérite que je T’ai remerciai pour Ton jugement, que Tu puisses rétracter Ta colère » (Yéchayahou 12,1)

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-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou – chap.5) explique pourquoi remercier Hachem malgré le fait de souffrir a le pouvoir d’invoquer la miséricorde Divine :
« Hachem gère le monde mesure pour mesure (mida kénégéd mida).
Notre comportement va déterminer comment D. va se comporter avec nous.
Lorsque nous acceptons l’Attribut de Jugement, c’est-à-dire notre douleur et notre souffrance, avec amour et remerciement à Hachem, croyant que c’est bien pour nous, alors selon la loi du mesure pour mesure, l’Attribut Divin de Jugement (rigueur) doit se transformer en Miséricorde. »

=> C’est entre nos mains!
Percevoir négativement nos difficultés (avec un esprit de jugement, de punition), va entraîner qu’elles seront ainsi.
A l’inverse, si notre regard est positif (nos difficultés sont de la miséricorde et de l’amour d’Hachem), alors c’est ce qu’elles vont devenir.

=> En remerciant sincèrement Hachem, même dans nos moments durs, cela aura pour conséquence de modifier notre réalité au point que nous allons remercier Hachem dans des moments agréables.

[de même que nous allons à l’encontre de la naturalité humaine (se plaindre, s’apitoyer sur sa situation), alors de même Hachem va mesure pour mesure pour nos magnifiques efforts de émouna et de gratitude, transformer une situation normalement désagréable, en une agréable.]

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-> « Un cœur joyeux redresse le corps » (Michlé 17,22)

Le Sfat Emet (lettres 57) enseigne : « Quelqu’un qui remercie Hachem pour sa souffrance, la verra disparaître car on ne mérite pas de souffrir lorsque l’on remercie Hachem. »

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-> La guémara (Béra’hot 35a) explique qu’avant de faire une bénédiction, notre nourriture et notre boisson appartient à Hachem, mais une fois que nous récitons une bénédiction et que nous louons Hachem, alors nous pouvons profiter de la nourriture et boisson.
Ainsi, le fait de réciter une prière est comme payer pour la nourriture/boisson.

Rabbi Aharon Yossef Louria (Avodat Panim – lettre 11) explique que de la même façon, lorsque nous remercions constamment Hachem pour chacune de ses bontés qu’Il nous fait, alors cela nous permet de légitimement mériter les cadeaux [de D.], sans renoncer à aucun de nos mérites [les gardant complets pour le monde à venir].

« Tout homme qui se met en colère, n’a plus de respect pour quiconque, pas même pour la Présence Divine …

Il oublie même son étude de Torah et il devient plus stupide …

Il est certain que les torts d’un coléreux sont plus nombreux que ses mérites. »

[guémara Nédarim 22a-22b]

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+ La Présence Divine :

-> Lorsque la colère d’un racha s’élève, rien ne peut le retenir d’épancher sa rage, car il se dit que même Hachem n’en tirera pas vengeance.
La vision du monde ce coléreux se résume à : Il n’est point de D., c’est-à-dire qu’il n’y a pas de Justice et il n’y a pas de Juge.

-> Dans la guémara (Sota 4b), selon rabbi Chimon bar Yo’haï : Tout homme arrogant est comparable a un idolâtre.
En effet, dans sa colère, il manifeste son orgueil : il s’écarte de la vérité donc d’Hachem et a une vision erronée de la situation.
Bien que le roi David perçut la Présence d’Hachem en permanence, selon le verset : « J’ai fixé Hachem constamment devant moi » (Téhilim 16,8), le coléreux, au contraire, s’en détourne et ne Lui porte aucune considération.
[Maharcha]

-> Dans son arrogance et son orgueil, sources de sa colère, le coléreux ne cherchera pas Hachem et il ne Lui adressa aucune prière, comme s’il délaissait la Présence Divine.
[Radak – dans Téhilim 10,4]

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+ L’étude de la Torah :

-> La guémara (Méguila 6b) enseigne qu’il faut implorer l’aide d’Hachem pour ne pas oublier son étude de la Torah.
Or, du fait que la Présence Divine est repoussée devant le coléreux, ce dernier perd ainsi l’aide précieuse du Ciel pour se remémorer son étude, même s’il continue à faire des efforts dans l’étude.
[Nidré Zérizim]

-> La qualité de véritables talmidé hakhamim (disciples des sages) est de se calmer promptement à la suite d’une colère passagère envers leur compagnon d’étude et de ne pas en tenir rigueur (maavir al midotav).
Par contre, un homme stupide persiste dans sa colère (elle repose dans son sein).
Cette rancune l’isole de ses compagnons d’étude et il finira par étudier seul … et rabbi Yossi (guémara Makot 10a) enseigne : « Que l’épée soit sur le cou des érudits de la Torah qui étudient en solitaires et qui s’abêtissent ».
L’isolement dans l’étude empêche d’atteindre la vérité, par manque de discussion, et augmente la stupidité.
[Maharcha]

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+ Le déficit de mérites :

-> Les mérites d’un homme sont le fruit de son bon penchant (yétser hatov), mais la colère est le fruit de son mauvais penchant (yétser ara).
Si les mérites de cet homme l’emportaient sur ses fautes, il n’aurait pas ces nombreux accès de colère.
S’il est coléreux, c’est donc une preuve que dans son bilan, ses fautes l’emportent sur ses mérites.
[Lichmoa béLimoudim]

La femme Sota (soupçonnée d’infidélité conjugale) a jeté son regard sur un homme qui ne lui est pas approprié.
Elle n’obtient pas ce qu’elle désirait, et de plus ce qu’elle possédait lui est retiré, car quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n’obtiendra pas ce qu’il désire et se verra privé de ce qu’il possède …

De même, Caïn, Kora’h, Bil’am, … et Haman n’ont pas obtenu ce qu’ils convoitaient, et de plus ont perdu ce qu’ils possédaient.

[guémara Sota 9a-b]

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=> « Quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n’obtiendra pas ce qu’il désire et se verra privé de ce qu’il possède » :

-> Le Ben Ich ‘Haï enseigne que cela obéit au principe de mesure pour mesure (mida kénéguéd mida).
En effet, en jetant son regard et en convoitant ce qui n’est pas à lui, au lieu de concentrer son regard directement sur ce qui est à lui, cette personne a inversé et déformé sa vision.

En réciprocité, les lettres de l’œil (ayin – עין), organe de la vision, vont être inversées pour donner le mot : ani (pauvre – עני), ce qui fait allusion au fait qu’il s’appauvrira de tout ce qu’il possédait.

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou – tome.2,p.63) commente cette guémara ainsi :
Ceux qui ont vécu dans ce monde-ci en étant attachés à Hachem et à la spiritualité, éprouveront une plénitude de l’âme même dans ce monde-ci, selon le verset : « Ce qui M’aiment hériteront l’être (yéch) dans ce monde-ci et Je remplirai leur trésor » (Michlé 8,21).

En effet, leur être (yéch) dans ce monde-ci est entièrement à l’intérieur d’eux-mêmes et ils n’aspirent en rien à tout ce qui se trouve en dehors de leur être. Ils ne dépendent donc pas des sollicitations extérieures à leur être, et sont donc heureux de leur sort.

Par contre, ceux qui ont vécu dans ce monde-ci uniquement pour la satisfaction de leurs désirs matériels, qui sont extérieurs à eux-mêmes, détruisent leur véritable personnalité (leur yéch).
En courant derrière ces plaisirs matériels, hors de leur être, ils ne seront jamais satisfaits de leur sort.

C’est pourquoi Hillel dit : « Si je ne suis pas pour moi-même, qui sera pour moi? » (Pirké Avot 1,14), c’est-à-dire : « Si je ne possède pas ma véritable personnalité, je n’ai rien à espérer ».

Nous pouvons ainsi comprendre la guémara (ci-dessus) : « Celui qui convoite ce qui n’est pas en lui (qui est en dehors de son être) n’obtiendra pas ce qu’il recherche, car il ne pourra jamais combler ses désirs et restera en manque ; de plus, il perdra ce qui est à lui, c’est-à-dire qu’il perdra sa véritable personnalité et son contenu intérieur. »

« Si un homme a eu l’intention d’accomplir un commandement (mitsva), mais a eu un empêchement, Hachem le lui compte comme s’il avait accompli cette « mitsva ».
Par contre, Hachem n’assimile pas une mauvaise intention à une mauvaise action. »

[rav Assi – guémara Kidouchin 40a]

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-> Lorsqu’un homme est animé d’une bonne intention pour accomplir une mitsva ou une bonne action, son niveau spirituel augmente.
Si un cas de force majeure l’empêche de réaliser cette mitsva ou cette bonne action, le surplus d’énergie spirituelle développé par sa bonne intention l’aidera à mieux accomplir une autre mitsva qui se présentera à lui, et ainsi sa bonne intention initiale n’est pas perdue.

C’est pourquoi, il est recommandé d’avoir toujours de bonnes intentions, même si elles ne sont pas réalisables dans l’immédiat.
[rav Dessler – Mikhtav méEliyahou – tome.5,p.290-291]

-> Si un homme avait une bonne intention (kavana tova) qu’il n’a pas pu réaliser à cet instant par empêchement, et si plus tard il réalise cette mitsva, mais sans bonne intention (par exemple : mécaniquement ou de façon intéressée), Hachem associera la bonne intention première avec cette action de façon à obtenir une mitsva entière sans défaut.

En effet, toute bonne action créé un Ange défenseur : la bonne intention crée l’âme de cet Ange, et l’action (même de façon intéressée) créé le corps de l’Ange.
Ainsi, du fait qu’Hachem a associé la bonne intention initiale et l’action finale, un Ange défenseur (âme + corps) est créé en faveur de cet homme.
[Hamakné]