Aux délices de la Torah

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L’importance de la prière

+ L'importance de la prière :

-> "Lorsqu'on fait notre prière, on se tient devant le Roi et converse avec lui face à face, pour ainsi dire.
...les midrachim décrivent comment les couronnes divines de gloire sont créées à partir de nos prières.
La mitsva de la prière englobe toutes les mitsvot, de la même manière que la colonne vertébrale soutient l'ensemble du corps d'une personne.
Bien que la colonne vertébrale soit au centre de tous les membres et organes du corps, elle n'est pas incluse dans les 248 membres et les 365 tendons, car elle n'est pas une partie distincte du corps. Il s'agit plutôt de la base du corps tout entier. De même, le concept de prière n'est pas [défini] comme une mitsva distincte parmi les mitzvos (à la différence du Rambam, selon l'avis du Ramban, prier n'est pas une mitsva de la Torah), car la prière est un concept global".
[ Arou'h haChoul'han - Ora'h 'Haïm 59:6]

-> En de nombreux endroits du Zohar, nous constatons que la prière est l'une des formes les plus importantes de avodat Hachem.
En fait, le Zohar (Vayakel 201a) écrit : "La téfila, que l'on est obligé de prier devant Hachem, est l'une des façons les plus grandes et les plus importantes de servir son Maître".

-> "La prière [de tout juif] est très appréciée par Hachem". [midrach rabba Dévarim 8,1]

-> Un vendeur pressé qui court d'un magasin à l'autre pourrait presque oublier qu'il y a un Créateur dans le monde, et ne se souvient qu'il est temps de faire la prière que lorsque min’ha arrive. Il soupire en pensant qu'il a gaspillé toute sa journée en bêtises et se précipite dans un coin du beit midrach/synagogue pour faire la prière.
Bien qu'il ne comprenne pas ce qu'il dit, sa prière est importante et précieuse devant Hachem, et son soupir traverse les cieux!
[Magen Avraham - paracha Balak]

-> "Il s'est tourné vers la prière des malheureux et n'a pas méprisé leur prière" (Téhilim 102,18). Le midrach (Vayikra rabba 30,3) dit : "Rav Its’hak explique que ce verset fait référence aux générations actuelles, où il n'existe ni roi, ni prophète, ni Cohen, ni Ourim véToumim.

Tout ce qui reste, c'est la prière ; le roi David se tourna vers Hachem et dit : "Maître de l'univers, ne méprise pas leur prière".”

-> Lorsque les juifs finissent de prier, les anges rassemblent tous leurs prières, et avec ils couronnent Hachem
... "Israël, par toi Je serai glorifié" (Yéchayahou 49,3), car Hachem est couronné par les prières de [chaque] juif.
[midrach Chémot rabba 21,4]

-> "Rabbi 'Hama dit : "Venez voir la louange et la sainteté d'Hachem, combien Il chérit le peuple juif.
Bien qu'il y ait des milliers et des dizaines de milliers de groupes d'anges pour Le servir, Il ne désire pas leurs louanges. Tout ce qu'Il désire, c'est la louange du peuple juif.
[midrach Cho'her Tov - Michlé 14]

-> "Même si quelqu'un n'est pas digne de recevoir une réponse pour ses prières, ni digne de recevoir des bontés [d'Hachem] , à partir du moment où il prie et intensifie ses supplications, alors Je [Hachem] lui montrerai de la compassion."
[midrach Tan'houma Vayéra 1]

-> Hachem a dit à Moché : "Il y a des gens qui n'ont ni Torah ni bonnes actions, et qui n'ont même pas le mérite des bonnes actions de leurs ancêtres. Pourtant, lorsque ces mêmes personnes se lèvent, me remercient, me bénissent, m'exaltent et m'implorent, Je me tourne vers elles [et Je les exauce], comme le dit le verset : "Il s'est tourné vers la prière des malheureux et n'a pas dédaigné leur prière" (Téhilim102,18).
[Tana déBé Eliyahou Zouta 6]

-> "Une prière du pauvre" (Téhilim 102,1) ; "Une prière de Moché, un homme de D." (Téhilim 90,1).
Dans le monde, lorsque 2 personnes se présentent devant un tribunal et que l'une est pauvre et l'autre riche, le tribunal fait taire la personne pauvre et écoute la personne riche/renommée.
Pourtant, avec Hachem, il n'en est pas ainsi. Les petits et les grands sont traités de la même manière par Hachem ; le verset décrit la prière de Moché, le plus grand des dirigeants du peuple juif, et la prière du pauvre avec les mêmes termes : "Une prière de ...", ce qui montre qu'Hachem accepte les 2 prières (de Moché et du pauvre [spirituel]) de la même manière.
[Yalkout Chimoni Téhilim - remez 855]

-> Le Rabbi Pin'has de Koritz se tourna vers son disciple et lui dit : "Ne crois-tu pas que le plus grand racha, s'il veut seulement prier avec persistance son Créateur, peut accomplir tout ce qu'il veut?"

-> Le Kouzari (3:5) enseigne :
"Le moment où l'on est censé faire la prière ne doit pas être ressenti comme un fardeau, comme si l'on n'en avait pas le désir. Au contraire, ce moment de la journée devrait être le plus important de son emploi du temps quotidien.
Tous les autres moments devraient pâlir en comparaison du temps qu'on mérite pour prier son Créateur.
Tous les autres moments ont été créés pour qu'on puisse satisfaire ses besoins physiques essentiels, afin de fortifier son corps et de préparer son âme à déverser ses supplications devant son Créateur, avec une profonde kavana dans la prière.
Tout au long de la journée, on doit aspirer au moment où l'on pourra prier et se tenir [en face à face] devant son Créateur ; le moment des 3 prières doit être le fruit de sa journée et de sa nuit".

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-> "Les gens ignorent que la prière d'une personne traverse l'atmosphère et les cieux, ouvrant des portes qui étaient fermées. La prière s'élève alors".
[Zohar - Vayakel 201a]

-> Rabbénou Bé'hayé (Ekev 11,13) écrit : "Vous devez savoir que le pouvoir de la prière est si grand qu'elle change même la nature, sauve d'un danger et annule ce qui a déjà été décrété.
[...]
Nous voyons que la prière annule ce qui a déjà été décrété par 'Hizkiyahou, le roi de Yéhouda. Hachem a prolongé sa vie de 15 ans grâce au pouvoir de la prière, comme le dit le verset : "J'ai entendu ta prière, j'ai vu tes larmes. Voici que je vais ajouter 15 ans à tes jours" (Yéchayahou 38,5).
Le mot "ajouter" implique que le moment de sa mort avait déjà été décrété, et que ses prières ont contribué à annuler le décret.

Grâce au pouvoir de la prière, on peut annuler même ce qui a été décrété directement par Hachem. Comme 'Hizkiyahou l'a dit à Yéchayahou, fils d'Amotz : "Cesse de prophétiser et pars. De la maison du père de mon père, j'ai appris que même si une épée tranchante est placée sur le cou d'une personne, celle-ci ne doit pas désespérer de la miséricorde d'Hachem, comme le dit le verset : "S'Il [était sur le point de] me tuer, je continuerais à espérer en Lui" (Iyov 13,15).
Ce verset nous informe que la prière peut atteindre un endroit qui est plus proche d'Hachem que la source d'où les prophète reçoivent leur prophétie".

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-> Le Rokéa'h (Siddour haRokéa'h II 387) écrit : "Depuis le jour de la destruction du Temple, toute bénédiction qu'Hachem accorde à Israël est uniquement due au mérite de la prière".

-> La guémara (Yébamot 63a) dit : "Tout bien qui entre dans le monde est "bichvil" - en raison des juifs".
Le rav Na'houm de Tchernobyl fait remarquer que le mot "bichvil" a un double sens ; il peut signifier "en raison de", mais aussi "sur le chemin". Ainsi, la guémara peut être expliquée de manière homilétique : les juifs (Israël) tracent un chemin dans le monde pour faire descendre le flot abondant des bénédictions divines, par le biais de leurs prières.

-> "La prière d'une personne apporte la perfection aux mondes d'en haut et d'en bas.
Grâce à la bénédiction que l'on prononce pour Hachem, les mondes d'en haut et d'en bas sont bénis. Ainsi, grâce à la prière du peuple juif, tous les mondes sont bénis."
[Zohar Vayé'hi 250a]

-> Le Ram'hal (Déré'h Hachem IV,5) écrit :
"Hachem a organisé le monde de telle sorte que pour recevoir un "chéfa", un flux de bonté d'Hachem à une personne, elle doit d'abord se motiver et faire un pas pour se rapprocher d'Hachem et Lui demander [pour ses besoins].
Le flux de bonté Divine qui lui sera accordé sera proportionnel à sa motivation et à son rapprochement d'Hachem. S'ils ne font pas le premier pas vers Hachem, ils ne recevront aucun flux divin.
Hachem veut constamment faire bénéficier ses créatures de ses bienfaits. Il a donc organisé ce service Divin sur une base quotidienne, afin que le flux (chéfa) de succès et de bénédiction soit attiré vers eux pour répondre à leurs besoins, en fonction de leur situation dans le monde."

-> "Chaque mot de la prière ou d'une bénédiction monte vers le haut, porté par des anges, où il accomplit l'objectif de ce mot particulier ; il s'élève jusqu'à son lieu d'origine et s'enracine dans le monde supérieur.
C'est ainsi que l'on participe avec le Créateur de l'univers à la construction et à la plantation de nombreux mondes."
[rav 'Haïm de Volozhin - Néfech ha'Haïm 2:10]

-> Le rav de Volozhin cite le Tikouné Zohar (18:35b) :
"Lorsqu'une personne émet des vocalisations et des mots pendant la prière, de nombreux oiseaux (c'est-à-dire différents types d'anges) ouvrent leurs ailes et leurs bouches pour les recevoir.
Comme le dit le verset : "les oiseaux des cieux transmettent des sons, et ce qui a des ailes transmet des paroles" (Kohélet 10,20).
Hachem prend ces mots et construit des mondes à partir d'eux."

-> Dès qu'un juif commence à étudier ou à prier, dans le monde d'en haut, on fait taire les anges et on leur dit de s'abstenir de leur avoda, afin qu'ils puissent entendre le chant et la prière du peuple juif.
[cité par le rabbi Binyamin Chicha]

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-> La prière change l'ordre naturel de la création. En ce sens, le Méïri (Beit haBé'hora Baba Kama 80b) écrit :

"Les tendances et les inclinations innées d'une personne ont un grand effet sur ses affaires, ses succès et ses entreprises, dans la mesure où les portes qui sont scellées ne s'ouvriront pas rapidement.

Néanmoins, il ne s'agit pas d'une limitation totale. Au contraire, cela dépend de la prière et des bonnes actions ; les portes de la prière et/ou des bonnes actions ne sont jamais fermées.

Au contraire, elles nous protègent des maux naturels qui auraient pu nous être destinés et nous font sortir de notre nature et de nos limites.

Il s'agit là d'une composante propre et nécessaire de la croyance en Hachem et des principes fondamentaux du judaïsme".

-> La guémara (Moed Katan 28a) dit : "La vie, les enfants et la subsistance ne dépendent pas des mérites que l'on a acquis ; ils dépendent plutôt du mazal".

Cependant, en priant pour la miséricorde [d'Hachem], on peut changer son mazal.

[Maharcha - 'Hidouché Aggadot Shabbath 151b]

-> On peut se demander comment un décret peut être changé de mauvais en bon par la prière, peut-on changer la volonté d'Hachem?

Cependant, chaque décret dépend du niveau spirituel de l'individu et de sa capacité à recevoir la bonté d'Hachem. Celui qui se change pour être digne de recevoir la bonté d'Hachem peut changer les décrets qui sont dirigés vers lui.

Les Bné Yissa'har (Kétonet Passim 47b) ajoutent qu'en priant, on se transforme en une personne différente (la prière étant une dose de émouna) ; ainsi, le mauvais décret ne s'applique plus à nous, puisqu'on est une personne différente.

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-> Le Zohar (Vaét'hanan 260b) écrit que la Chekhina se tient en présence de celui qui fait une prière.

-> De même, nos Sages (guémara Sanhédrin 22a) disent : "Celui qui fait la prière doit se percevoir comme si la Chékhina était devant lui."

-> Le Ram'hal (Déré'h Hachem) enseigne :
"Plus on s'empêtre dans les affaires de ce monde, plus on s'éloigne d'Hachem et de Sa lumière de sainteté, et plus on descend dans les ténèbres spirituelles [dépourvues de la présence d'Hachem].
Hachem a préparé un moyen de remédier à cette situation, qui consiste à faire précéder toutes ses activités quotidiennes d'une [prière] consistant à se rapprocher de la présence d'Hachem, à Lui adresser une requête pour tous ses besoins et à se rendre totalement dépendant d'Hachem.
Hachem, dans Sa bonté, a permis à l'homme de s'approcher de Lui, même si l'état naturel de l'homme est loin de la lumière (la Présence de D.) et est plongé dans l'obscurité (c'est-à-dire là où la Présence de D. n'est pas ressentie).
[au cours de chacune des prières,] Hachem a permis à l'homme de se tenir devant Lui et de l'appeler. De cette manière, il peut temporairement s'élever de sa bassesse naturelle et se rapprocher de D., et placer sa dépendance totale sur Hachem".

-> "Tu t'es fait une barrière avec des nuages, pour que la prière ne puisse pas passer" (Eika 10,20).
Selon le rav Mordé'haï de Tchernobyl, cela doit être compris ainsi : lorsqu'une personne est dissimulée par les nuages de ses fautes, qui créent une barrière entre elle et Hachem, alors, grâce à sa prière, tous les jugements sévères et toutes les barrières sont dépassés et supprimés.
[notre yétser ara essaye de nous persuader qu'au regard de notre comportement nos prières n'auront pas d'impact (Hachem veut pas nous entendre, nous voir ...). Cela est faux : tout juif (même le plus fauteur) garde intact le pouvoir énorme de sa prière! ]

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+ La prière = plus grand que d'offrir des korbanot au Temple :

-> "Rabbi Elazar dit : "La prière est plus grande que les sacrifices, comme le dit le verset : "Pourquoi ai-je besoin d'une multitude de vos sacrifices, dit Hachem" (Yéchayahou 1,11)."
[guémara - Béra'hot 32b]

-> "Hachem dit à Israël : "Soyez très méticuleux avec la prière, car il n'y a pas de mérite plus grand que celui-ci ; elle est même plus grande que tous les sacrifices (korbanot)".
[midrach Tan'houma - Vayéra 1]

-> Moché a vu par le esprit saint (roua'h hakodech) que le Temple serait détruit et que le peuple juif n'apporterait plus de sacrifices au Temple. Il a donc établi que le peuple juif devait prier 3 fois par jour, car la prière est plus chère à Hachem que toutes les mitsvot et tous les korbanot.
[midrach Tan'houma - Ki Tavo 1]

[imaginons si on nous donnait la possibilité d'apporter un sacrifice au Temple, on trouverait cela incroyable. Et bien à chacune de nos prières on fait un acte plus important que cela aux yeux d'Hachem! ]

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-> Le principal moyen de maîtriser le yétser ara est par notre prière. [Yicher Divré Emet 35]

-> En quoi la prière est-elle semblable aux sacrifices (korbanot)?
Lorsque quelqu'un apporte un sacrifice, il se sacrifie pour Hachem. Lorsqu'un sacrifice est brûlé sur le Mizbéa'h, le sang rouge et les graisses du sacrifice se transforment en fumée blanche qui monte vers le ciel. Les passions des transgressions, représentées par le sang rouge, atteignent l'expiation, symbolisée par la fumée blanche.
Le sacrifice expie et blanchit les fautes, comme le dit le verset : "Si vos péchés sont comme l'écarlate, ils deviendront blancs comme la neige ; s'ils sont devenus rouges comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la laine" (Yéchayahou 1,18).
Cela n'est vrai que si l'on fait téchouva au moment où l'on apporte le sacrifice. On se perçoit alors à la place du sacrifice et les feux de la téchouva, qui brûlent en nous, nous purifient de la faute et transforment la passion du péché en un désir de se rapprocher d'Hachem.

De même, lorsqu'une personne fait la prière avec une kavana intense, sa ferveur consume le désir de fauter et les mots qui sortent de sa bouche s'élèvent comme la fumée blanche des korbanot.
[Maor vaChémech]

-> Grâce à la prière, nous pouvons expier nos fautes ; comme le disent nos Sages (guémara Béra'hot 26b), la prière remplace les sacrifices [qu'on apportait pour expier nos fautes].

"Le monde repose sur 3 piliers : l'étude de la Torah, le service divin et les actes de bonté" (Pirké Avot 1,2).

Rabbénou Yona commente :

"A cause de nos fautes, le Temple a été détruit et la avoda a cessé. La prière prend sa place, comme le disent nos Sages à propos du verset : "Et de Le servir de tout votre coeur" (Ekev 11,13). Quel est le service du cœur? C'est la prière (guémara Taanit 2a)".

Cependant, les sacrifices (korbanot) ne sont pas apportés pour expier des transgressions intentionnelles, comme le dit le verset : "Car Tu ne veux pas de sacrifice, sinon je le donnerais ; un holocauste Tu ne veux pas" (Téhilim 51,18).

Lorsque le roi David a fauté avec Batchéva, il s'agissait d'une faute intentionnelle, pour lequel un sacrifice n'est pas apporté. Le roi David dit : "Si je pouvais apporter un sacrifice pour expier, je le ferais. Puisque je ne le peux pas, [parce que ma faute est un faute intentionnelle,] 'Hachem, ouvre mes lèvres, et ma bouche proclamera Ta louange' (Téhilim 51,17) = accepte ma prière au lieu d'un sacrifice, et pardonne-moi pour mon péché."

Nous aussi, qui manquons de sacrifices pour expier nos fautes intentionnelles et non intentionnelles, demandons à "Hachem d'ouvrir mes lèvres" et d'accepter nos prières à la place des sacrifices."

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-> "Hachem dit : 'Quiconque s'engage dans l'étude de la Torah et les actes de bonté et prie avec le tsibour (communauté), Je le considérerai comme s'il nous avait délivrés, Moi et Mes enfants, d'entre les nations du monde". [guémara Béra'hot 8a]

-> Le Maharcha ('Hidouché Aggadot) commente que les 3 principes mentionnés dans cette guémara sont à mettre en parallèle aux 3 piliers sur lesquels tiens le monde : "l'étude de la Torah, le service divin [dans le Temple] et les actes de bonté" (Pirké Avot 1,2).
Cette michna d'Avot fait référence à l'époque où le Temple existait. Cependant, aujourd'hui, alors qu'il n'y a pas de Temple, la prière bétsibbour prend la place de l'avoda (service dans le Temple), c'est l'équivalent du Korban Tamid qui était apporté 2 fois par jour dans le Temple.
[prier n'est pas que bouger les lèvres, c'est réaliser une action sur laquelle repose le monde entier, et a donc le pouvoir d'amener des délivrances personnelles et collectives. ]

-> Le Bné Yissa'har (Maggid Taalouma Béra'hot 8a) expliquent que le but de la création de l'humanité est pour le peuple juif ; lorsque le peuple juif a été envoyé en exil, c'est comme si le monde entier avait été détruit, puisque le peuple juif est la base de toute l'existence.
L'affaiblissement des "trois piliers" dont dépend le monde menace la continuité de son existence. C'est pourquoi, en étudiant la Torah, en priant et en faisant de la bonté ('hessed), on renforce les trois piliers qui soutiennent le monde, c'est comme si le peuple juif avait été délivré et c'est comme si on reconstruisait le monde (même en exil).

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-> Le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.19) écrit :
"Une personne peut se demander : "Qui suis-je et quelle importance ai-je à prier au sujet de l'exil et de Jérusalem, mes prières amèneront-elles le rassemblement des exilés et le début de la guéoula?
La réponse est à portée de main, comme cela a été enseigné,
La réponse est toute proche, comme on l'enseigne : "C'est pourquoi Adam a été créé seul, afin que chacun puisse se dire : "C'est pour moi que le monde a été créé".
Il est agréable à Hachem que Ses enfants l'implorent et prient pour [la guéoula]. Et même si leur demande n'est pas exaucée parce que le temps n'est pas mûr (ou pour toute autre raison), ils auront néanmoins fait leur part et Hachem s'en réjouit."

-> Le Divré Yoël dit que toutes nos prières sont recueillies par Hachem, et que le moment venu, nous comprendrons comment chaque prière a contribué à l'avènement de la Géoula.

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-> La guémara (Béra'hot 32b) dit que celui dont les prières ne sont pas exaucées doit prier encore et encore, comme le dit le verset : "Place ton espoir en Hachem, fortifie-toi et Il insufflera du courage dans ton cœur ; et place ton espoir en Hachem" (Téhilim 27,14)

Le Sfat Emet explique cette guémara que parfois, les prières d'une personne ne sont pas exaucés afin qu'elle soit plus humble et qu'elle prie avec encore plus de kavana.
En conséquence, il explique le verset ci-dessus : Lorsque vous vous tournez vers Hachem et que vous constatez que vos prières n'ont pas été exaucés, cela signifie que vous devez renforcer et intensifier vos prières. Ce n'est qu'alors que vous pourrez espérer que vos prières soient exaucées.

-> Le Méïri (Beit haBé'hira 21a) commente que même si l'on peut avoir l'impression que nos prières ne sont pas pris en compte, il ne faut pas désespérer, car avec le temps, elles seront exaucées.

L’importance de la lecture du Shéma (kriat Shéma)

+ L'importance de la lecture du Shéma (kriat Shéma) :

-> Le Eliyahou rabba (Ora'h 'Haïm 61:1) rapporte au nom du Baal haRokéa'h que lorsque le peuple juif a fauté avec le Veau d'or, ils ont perdu le mérite de "naassé" (nous ferons).
Hachem a dit : "Avec ce qui reste en leur possession, le mérite du "nichma" (nous écouterons), qu'ils proclament Mon Unicité".
C'est pourquoi Hachem leur a donné le "Shéma Yisrael", qui commence par "Shéma" (écoute).

-> Par la mitsva de la lectuer du Shéma, un juif devient lié et uni à Hachem et à Sa Torah.
Le Zohar (A'haré Mot 73a) écrit : "Hachem, la Torah et Israel (les juifs) ne font qu'un".
Nos Sages expliquent que le premier verset de la lecture du Shéma fait allusion à cela.
Shéma = Le mot "Shema" (écoute) fait référence à la Torah que le peuple juif a entendue au mont Sinaï avec le tonnerre et les éclairs.
Israël = Le peuple juif a ensuite accepté la Torah en disant : "Naassé vénichma" (nous ferons et nous écouterons). Après le mot "Shema", nous disons "Israël", Israël est Son peuple élu, car D. nous a choisis au-dessus des autres nations du monde.
Hachem = lorsque vous combinez "Shéma" et "Israël" avec "Hachem qui est notre D. (Hachem Elokénou), Hachem", alors ils deviennent "Un" = tous liés et unis ensemble.

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-> Le midrach (Bamidbar rabba 20,20) dit que la lecture du Shéma du matin protège la personne tout au long de la journée, et que la lecture du Shéma du soir protège la personne tout au long de la nuit.

-> De plus, le midrach (Béréchit rabba 65,21) nous dit que "lorsque les juifs disent 'Shéma Israël', les anges se taisent, et ensuite, 'ils arrêtent leurs ailes' (Yé'hezkiel 1,24).
Que disent-ils alors? 'Béni soit la gloire d'Hachem de Sa place' (Yé'hezkiel 3,1), et 'Béni soit le nom de la gloire de son royaume pour les siècles des siècles'."

-> Le Imré Noam (Likoutim - Nasso) écrit qu'en récitant la lecture du Shéma, on peut atteindre les mêmes niveaux spirituels qu'à Shavouot, lorsque le peuple juif a reçu la Torah au mont Sinaï.

-> Le Gaon de Vilna (Shnot Eliyahou) écrit que lorsqu'une personne récite la lecture du Shéma, Hachem récite la lecture du Shéma avec elle, tout comme Il s'assiérait et étudierait avec quelqu'un qui étudie la Torah.

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+ La grandeur de la kriat Shéma :

-> Cela nous sauve de la destruction :
Le Yalkout Chimoni (Dévarim - remez 836) dit : "Eliyahou, za'hour latov, dit à Rabbi Néhoraï :
Lorsque Hachem regarde Son monde, Il voit des théâtres et des cirques où le public est assis paisiblement, alors que Son Temple est en ruines, et Il ... veut détruire [le monde]. Pourtant, lorsque les juifs entre dans les synagogues et les maisons d'étude (baté midrach) le matin et proclame son unité en disant le Shéma Israël ... tous les anges gardiens se rassemblent alors devant Hachem et disent : "Tu existais avant la création du monde, Tu existes après la création du monde, Tu es dans ce monde et Tu es dans le monde à Venir. Sanctifie Ton Nom par l'intermédiaire de ceux qui sanctifient Ton Nom.
Immédiatement, Hachem retient Sa colère et ne désire plus détruire Son monde par le mérite du peuple juif. Comme le dit le verset : "Et Tu es le Saint, trônant sur les louanges d'Israël" (Téhilim 22,4)" = car Il retient sa colère en raison des louanges des juifs".

-> Neutralise nos ennemis :
Le midrach explique que lorsque la femme de Haman, Zérech, lui dit : "... et le matin, raconte au roi [ce qui s'est passé], et ils pendront Mordé'haï [à la potence]", elle faisait référence à la récitation du Shéma le matin.
Comme le dit le verset : "La maison d'Essav sera [comme] de la paille" (Ovadia 1,18) ; quand les juifs
lisent le Shéma avec kavana (intention), Essav sera consumé comme de la paille.
C'est pourquoi la femme d'Haman leur a demandé d'empêcher les juifs de dire la kriat Shéma le matin, ce qui leur permettrait de régner sur les juifs.
[rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach I , drouch 17 ]

-> Protection de nos ennemis :
Le verset (Choftim 20,3) nous dit que lorsque les Bné Israël partaient en guerre, le Cohen leur disait : "Écoute Israël (Shéma Israël)! Vous allez, en ce moment, livrer bataille à vos ennemis"
La guémara (Sota 42a) demande : "Pourquoi le Cohen doit-il dire "Shéma" (écoutez)? Rabbi Yo'hanan dit, au nom de Rabbi Shimon bar Yo'haï, que Hachem a dit à Israël : "Même si vous aviez seulement accompli la mitsva de la lecture du Shéma matin et soir, vous ne seriez pas vaincus par eux."

-> La kriat Shéma est vraiment efficace avec kavana :
Le verset dit : ""Le Philistin s'approchait (du camp) tôt le matin et le soir" (Chmouël I 17,16).
Nos Sages (guémara Sotah 42b) commentent que Goliath le Plichti se tenait devant peuple juif afin de les empêcher de dire la lecture du Shéma le matin et le soir.
Comment pouvait-il les empêcher de dire kriat Shéma?
Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) explique que Goliath avait l'intention de les effrayer et de perturber ainsi leur kavana pendant la lecture du Shéma. Il savait que sans une kavana appropriée, leur Kriat Shéma ne les protégerait pas de la guerre.
Comme le dit le verset : "les louanges élevées d'Hachem sont dans leur gorge, et une épée à double tranchant est dans leurs mains" (Téhilim 149,6). Lorsque le peuple juif loue Hachem avec des louanges élevées, ce qui signifie que une kriat Shéma avec kavana, alors une épée à double tranchant est dans leurs mains et ils sont sauvés de leurs ennemis.

-> Aide à combattre le yétser ara :
Nos Sages écrivent que, tout comme la lecture du Shéma protégeait les juifs lorsqu'ils partaient à la guerre, la kriat Shéma nous aide également à lutter contre notre propre yétzer ara.
C'est ce que l'on appelle la guerre de toutes les guerres, comme le mentionne le 'Hovot halévavot (chaar Yi'houd hamaassé 5). Lorsque quelqu'un lutte contre son yétser ara et qu'il est sur le point de fauter, s'il possède le mérite de la lecture du Shéma, il reçoit l'aide Divine pour surmonter son yétser ara.

Comme le disent nos Sages (Béra'hot 5a) : "Rabbi Lévi bar 'Hama dit au nom de Rabbi Shimon ben Lakich : 'Une personne doit constamment agiter son yétser tov [pour lutter contre son yétzer ara ... s'il le vainc, c'est très bien. Mais si ce n'est pas le cas, il doit étudier la Torah... Si cela ne suffit pas, il faut réciter la lecture du Shéma".

-> En ayant de la kavana, nous diminuons l'influence d'Essav :
Nous sommes en exil parmi les enfants d'Essav, qui ont le mérite de "ציד בפיו", qu'Essav "a placé sa chasse dans la bouche de Its'hak", qu'il a servi de la nourriture à Its'hak. Leur seul mérite est celui de la bouche. Nous, en revanche, avons le mérite de servir Hachem avec notre cœur, ce qui est supérieur au mérite de la bouche seule, et surpasse donc le mérite d'Essav.
Ainsi, lorsque nous avons la kavana et que nous servons Hachem avec notre cœur, le mérite d'Essav est insignifiant.
Cependant, lorsque nous n'avons pas de kavana et que nous servons Hachem uniquement avec notre bouche, mais pas avec notre cœur, notre mérite ne peut pas surpasser celui d'Essav.
Comme le dit le verse : "La voix est la voix de Yaakov" (Toldot 27,22), lorsqu'il s'agit uniquement de la voix de Yaakov, sans kavana intérieure et sans émotion, alors leurs mérites les soutiennent et ils triomphent de nous.
[ rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach I - drouch 3]

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-> Hachem se délecte notre lecture :
Hachem dit à Israël : "O [mon amie], qui te tiens dans les jardins, les amis sont tout oreilles pour écouter ta voix : Laisse-moi l'entendre" (Chir haChirim 8,13 & 14).
Le midrach (Chir haChirim rabba 8,8) dit : "Lorsque Israël entre dans les synagogue et récite la kriat Shéma avec kavana (ferveur), d'une seule voix, d'un seul esprit et d'une seule compréhension, Hachem leur dit : 'Vous qui vous tenez dans les jardins' ; lorsque vous récitez en tant que 'amis', Moi et tout Mon entourage, 'sont tout oreilles pour écouter ta voix : Laisse-moi l'entendre'.
Cependant, lorsque Israël récite la kriat Shéma de manière désordonnée, [chacun commençant à un moment différent], et qu'ils ne concentrent pas leurs pensées ensemble sur la lecture du Shéma, alors l'esprit Saint (roua'h hakodech) crie et dit : "Fuis, Mon bien-aimé, et compare-toi à un tsvi". Fuis vers les tsava haShamayim (armées célestes) qui te ressemblent, qui récitent les louanges à l'unisson."

-> Etre entendu dans le caveau des Patriarches & Matriarches :
Lorsque quelqu'un dit la lecture du Shéma et proclame l'Unicité d'Hachem avec la kavana appropriée, cela se répercute chaque jour à travers Méarat Hamachpéla ('Hébron), et est entendu par nos Patriarches et par Adam harishon.
[Tiféret Shlomo - Bamidbar]

-> Faire fuir les démons :
Le Baal Hatourim (Vaét'hanan 6,4) commente que le verset de Shéma Israël commence par la lettre ש et se termine par un ד, qui ensemble forment le mot שד (chéd - un démon).
Cela nous enseigne que les Chédim (démons) fuient lorsqu'ils entendent la lecture du Shéma récité avec kavana.

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-> Un remède pour tout le corps :
Rabbi Néhoraï dit au nom de Rabbi Né'hémia : "La lecture du Shéma se compose de 248 mots, ce qui correspond au nombre de membres et d'organes dans le corps. Lorsque l'on récite le Shéma de manière appropriée, chaque membre et chaque organe est guéri par un autre mot ...
Cependant, la kriat Shéma comporte 245 mots, y compris Barou'h Shem. Par conséquent, l'officiant répète 3 mots : "Hachem Eloké'hem émet", afin de compléter les 248 mots.
[michna Broura - au nom du Beit Yossef, Zohar 'hadach Vayéra]

-> Celui qui lit la kriar Shéma en prononçant chaque mot correctement affecte chaque membre et organe de son corps.
Cependant, s'il dit la lecture du Shéma sans prêter attention à ce qu'il dit, il peut, que D. préserve, se causer des maladies et des douleurs.
[Ka haYachar - 51 ; Zohar 'hadach A'haré Mot]

-> En prononçant les 248 mots de la Kriat Shéma, nous renforçons et rectifions les 248 membres et organes de votre corps ; en ayant de la kavana, nous renforçons et rectifions les 248 dimensions spirituelles qui se reflètent dans les membres et organes de votre corps.
[Séfer 'Harédim 66:72]

-> Sauve de pensées pécheresses :
Le verser dit "Et il (Pin'has) prit une lance dans sa main" (vayika'h roma'h béyada - וַיִּקַּח רֹמַח בְּיָדוֹ - Balak 25,7).
Cela signifie peut-être que Pin'has avait peur de tomber en proie à des pensées pécheresses en entrant dans la tente de Zimri, qui était avec la femme midianite.
C'est pourquoi il prononça la lecture du Shéma, composé de 248 mots (correspondant aux 248 membres et organes du corps), qui le protègent des pensées pécheresses.
C'est ce qu'indique le verset susmentionné, puisque le mot רמח (roma'h - lance) a une guématria de 248 (רמ"ח). Cela implique que les 248 mots du Kriat Shéma l'ont protégé.
[Zikhron Zot - Pin'has]

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-> Protection contre le Guéhinam :
Selon le Déré'h Erets Zouta (9) : "Soyez méticuleux lorsque vous dites la lecture du Shéma et la Amida afin de vous protéger du jugement de Guéhinam".

-> Refroidir le Guéhinam :
La récompense pour celui qui est méticuleux lorsqu'il récite la kriat Shéma est mentionnée dans la guémara (Béra'hot 15b).
Rabbi 'Hama, fils de Rabbi 'Hanina, a dit : "Quiconque récite la kriat Shéma et en énonce méticuleusement les lettres, le Guéhinam est refroidi pour lui."

Le Beit Yossef (Tour 62) cite le Mahari Abouhav selon lequel la raison de cette récompense est que, puisqu'il se remue et éveille la chaleur naturelle de ses sentiments pour énoncer les lettres de la lecture du Shéma, il est récompensé par le refroidissement d'une "chaleur" différente, la chaleur de Guéhinam.

Le Iyoun Yaakov (dans Ein Yaakov Béra'hot 15b) explique que l'on est récompensé mesure pour mesure, de la façon suivante : quelqu'un qui prend son temps pour énoncer la différence entre un mot et le suivant, et qui ne se précipite pas dans la lecture du Shéma, alors il est récompensé par le fait que le Tribunal céleste attendra jusqu'à ce que Guéhinam se refroidisse pour lui.

-> Avoir la kavana est grandement récompensé :
Le Matté Moché (I,95) écrit que quiconque a de la kavana pendant la lecture du Shéma et proclame l'unicité d'Hachem avec une concentration totale de son cœur, sera certainement grandement récompensé.
Comme le dit Rabbénou Bé'hayé (Vaét'hanan 6,4) : "Sachez que le Gan Eden et tous ses attributs n'ont été créés que pour ceux qui proclament l'Unicité d'Hachem avec kavana."

-> Mériter le Gan Eden & être protégé du Guéhinam
Rabbénou Bé'hayé (Vaét'hanan 6,4) poursuit : C'est pourquoi, dans la parcha Béréchit, le mot "gan" est mentionné 13 fois, et tout au long de la parcha Vaét'hanan, le mot "éch" (le feu) est mentionné 13 fois.
Cela nous enseigne que quiconque a de la kavana dans אחד (é'had) [du Shéma Israël], qui a la valeur numérique de 13, faisant allusion aux 13 Attributs Divins, sera protégé des feux de Guéhinam. Il méritera également le Gan Eden et ses 13 qualités spéciales.

C'est ce à quoi font allusion les mots du Shéma : La lettre ש de שמע et la lettre א de אחד forment ensemble le mot אש.
Il reste donc le מ et le ע de שמע et le ח et le ד de אחד. Il s'agit de l'acronyme de :מישאל חנניה דניאל עזריה.
Celui qui dit la lecture du Shéma avec kavana est sauvé des feux de Guéhinam, tout comme 'Hananya, Michael, Azarya et Daniel ont été sauvés du feu.

[le Matté Moché (I,95) rapporte un midrach qui inclus également Daniel comme étant sauvé du feu. ]

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-> Le mot é'had :
"Celui qui étend le mot é'had (Hachem é'had) verra ses jours et ses années s'allonger.
Le but de "l'extension" du mot é'had dans le premier veret de la kriat Shéma est d'avoir le temps de contempler et d'accepter la domination d'Hachem sur les cieux et la terre et Son règne sur les 4 coins du monde.
[voir Choul'han Aroukh 61:6]

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-> La guéoula devient possible :
Nos Sages (Shabbath 119b) nous disent que "Jérusalem a été détruite uniquement parce que les juifs ont cessé de réciter le Shéma le matin et le soir".
Cela implique que la récitation correcte du Shéma a le pouvoir de provoquer la guéoula.
[Avkat Ra'hél 1:6]

-> "Le Zohar (Tétsavé 121a) dit : "Le Temple a été détruit uniquement parce qu'il n'y a personne qui sache proclamer correctement l'Unicité d'Hachem.
Nos Sages (Shabbath 119b) disent que le peuple d'Israël n'a été exilé que lorsqu'il a cessé d'accomplir la mitsva de la lecture du Shéma le matin et le soir.
Ainsi, en conséquence de la non réalisation de la mitsva de kriat Shéma, c'est-à-dire la non proclamation l'unicité d'Hachem, que le peuple juif a été envoyé en exil et que le Temple a été détruit.
b'h, lorsque nous accomplissons la mitsva de la lecture du Shéma avec kavana, Hashem apportera rapidement la guéoula'."

-> Hachem a compassion du peuple juif :
Lorsque le machia'h arrivera, il détruira les non-juifs. Ils prétendront qu'ils ne méritent pas plus d'être détruits que le peuple d'Israël, puisque le peuple d'Israël est également fauteur.
Le machia'h ne saura pas comment réagir, et l'ange Michaël ne saura pas non plus comment réagir.
Immédiatement, Hachem aura pitié du machia'h et répondra : "Imbéciles que vous êtes (les non(juifs), vous interrogez mes enfants! Est-ce que l'un d'entre vous récite la kriat Shéma le matin comme le font Mes enfants?"
[rapporté par rabbi Binyamin Zev Chicha]

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-> Impact sur la kavana de la Amida :
La kavana qu'une personne aura pendant la Amida est affectée par sa kavana lors de la lecture du Shéma. [Pélé Yoets - Erekh Kriat Shéma]
Comme le disent nos Sages (guémara Béra'hot 5a) : "Quiconque récite la kriat Shéma, les mazikim (créatures spirituelles malfaisantes) se tiendront à distance de lui".
Le principal dommage causé par les mazikim est de nuire à une personne et de perturber ses pensées pendant la prière. Lorsqu'une personne récite la kriat Shéma correctement, ces mazikim la laissent tranquille.
Le Maggid Mécharim (paracha Emor) a dit au Beit Yosef : "Concentrez vos pensées pendant la Kriat Shéma. De cette façon, vous vous purifierez de toutes les mauvaises pensées qui vous perturbent pendant la prière".

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-> La guémara (Béra'hot 10) dit : "Rabbi Mani a dit : "Réciter la lecture du Shéma au moment opportun est plus grand que de s'impliquer dans l'étude de la Torah".

-> Le midrach rabba (Kohélet rabba 4,12) écrit : "Rabbi Houna bar Geniva a dit : "La lecture du Shéma en son temps est plus aimé que 1000 sacrifices offerts par l'insensé".
Le 'Hida (Pné David 7:9 1) en se basant sur le verset (Choftim 20,3) explique : "lorsque vous dites Shéma Israël, c'est comme si vous en train d'apporter des sacrifices [à Hachem]".

-> La guémara (Ména'hot 99b) dit : "Même si quelqu'un ne lit que la kriat Shéma que le matin et le soir, il a accompli la mitsva de '[les mots de] ce rouleau de la Torah ne doivent jamais quitter ta bouche".

-> Rabbi Eliezer dit : "Comment réalisez-vous le verset : '... et il médite la Torah (d'Hachem) jour et nuit' (Téhilim 1,2)?
Rabbi Yéhochoua répondit : "Cela se réfère à la lecture du Shéma ; celui qui récite la kriat Shéma le jour et la nuit, Hachem considère comme s'il avait peiné dans la Torah jour et nuit."

-> Le Baal haTanya (Likouté Amarim 49) commente que lorsqu'un individu contemple le grand amour d'Hachem pour nous, cela l'amène à une plus grande kavana pendant la lecture du Shéma.

Juste avant la lecture du Shéma nous disons le passage de "aavat olam", qui exprime l'amour d'Hachem pour nous ; comment Il quitte toutes les armées célestes pour être parmi nous et être reconnu par nous ; comment Il nous a choisis au-dessus de toutes les nations du monde.
Si nous contemplons le grand amour d'Hachem pour nous, nous serons incités à lui rendre la pareille, à l'aimer de tout notre cœur et de tout notre être, comme nous le disons dans le premier paragraphe du Shéma (véaavta ét Hachem Eloké'ha).

[selon le rav Akiva Eiger, réfléchir à l'amour d'Hachem pour nous éveille un amour récirpoque. (on passe de "aavat olam" à "véaavta". )]

-> Le Tour (Ora'h 'Haïm 61) cite le rav Amram Gaon selon lequel la lecture du Shéma ne doit pas être considéré comme un vieux décret du roi (en cours depuis des lustres), mais plutôt comme un nouveau décret [du Rois des rois] que nous venons de recevoir.
La kriat Shéma doit être récitée comme une nouveauté, chaque jour.

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-> Le Tour (Ora'h 'Haïm 61) cite le midrach selon lequel il faut réciter la lecture du Shéma "avec trépidation et crainte".
Le Ba'h explique que "trépidation et crainte" signifie qu'en disant le Sh2ma et en acceptant le joug du Royaume d'Hachem, on doit avoir à l'esprit qu'on est prêt à sacrifier sa vie pour sanctifier le Nom d'Hachem, comme il est dit : "Avec toute ton âme", et la guémara (Béra'hot 61b) explique : "même s'Il prend ta vie".

-> Le Zohar ('Hayé Sarah 124b) écrit que celui qui a la kavana de sacrifier sa vie pour la sanctification du Nom d'Hachem, est considéré comme s'il sacrifiait réellement sa vie [pour sanctifier le Nom d'Hachem] chaque jour, comme le roi David dit : "pour Toi nous subissons chaque jour la mort" (Téhilim 44,23).

Le rav Hillel Lichtenstein de Kalamé dit que le Maggid Mécharim a révélé au Beit Yosef (rabbi Yossef Karo) qu'il mériterait de donner sa vie pour sanctifier le Nom d'Hachem. En réalité, le Beit Yossef est mort d'une mort naturelle, dans son lit. Le Maggid a expliqué qu'étant donné qu'il avait prononcé la mitsva de kriat Shéma (bé'hol nafché'ha) de tout son cœur, Hachem, qui peut voir dans le cœur d'une personne, le considère comme s'il avait réellement sacrifié sa vie.

-> Lorsqu'une personne possède cette kavana, elle est sauvée de toute faute, comme l'écrit le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach I, drouch 5) : lorsque l'on récite la lecture du Shéma, on doit avoir la l'intention d'être prêt à sacrifier sa vie pour Hachem et d'être tué pour sanctifier Son Nom.
On ne doit pas se préoccuper de soi-même et de ses enfants ; nos pensées doivent plutôt être de sanctifier le Nom d'Hachem. Lorsqu'il fait cela constamment et qu'on intériorise cette pensée, le yétser hara n'aura plus la force de le dominer et de le tenter de violer la volonté de notre Maître pour quelque raison que ce soit. Une fois qu'on a pleinement intériorisé son désir de sacrifier sa vie, son bien-être physique et ses biens pour Hachem et Sa Torah, on ne peut plus agir contre la volonté d'Hachem.

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-> Le Séfer ha'Hinoukh (mitsva 120) écrit que l'homme étant un être physique, il est attiré par les vanités de ce monde et par ses désirs innés. C'est pourquoi il a besoin d'un rappel constant de la domination d'Hachem sur le monde pour se protéger dé la faute.
C'est ainsi qu'Hachem, dans Sa compassion, nous a accordé cette mitsva de la lecture du Shéma et nous a ordonné de nous souvenir de Lui matin et soir, quotidiennement, nous donnant ainsi le privilège d'accepter Sa domination et Son unicité, chaque jour et chaque nuit, tout au long de notre vie.
En reconnaissant verbalement l'Unicité d'Hachem et Sa domination sur nous, et en réfléchissant à ces vérités avec une concentration totale, une personne sera protégée tout au long de la journée.
Lorsque l'on dit le kriat Shéma le matin, on se souvient de la providence et de l'omnipotence d'Hachem sur tout, et l'on prend à cœur le fait qu'Hachem observe toutes les voies de l'homme, qu'Il compte chacun de ses pas, que rien n'est caché à Hachem et que l'homme est incapable de cacher ne serait-ce qu'une seule de ses pensées à Hachem.
Ce processus de pensée et son expression par les mots de la lecture du Shéma constituent en effet une formidable protection pour toute la journée.
La mitsva de répéter le kriat Shéma le soir le protégera des fautes pendant toute la nuit.

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-> Nos Sages se sont efforcés de souligner l'importance de réciter la lecture du Shéma en temps voulu (par la halakha).
La guémara (Béra'hot 15a) raconte que rabbi 'Hisda a maudit une personne qui a commencé à chercher de l'eau pour se laver les mains alors que c'était l'heure de la kriat Shéma.

-> Le Zohar (Dévarim 186a) cite l'histoire suivante :
Rabbi Its'hak et rabbi Yéhouda marchaient sur la route lorsqu'ils atteignirent un endroit appelé Kfar Sichnin, où vivait rabbi Hamnouna Saba.
La femme de rabbi Hamnouna Saba accueillit les deux saints hommes. Elle suggéra à son fils de demander une bénédiction aux 2 saints hommes avant de partir à l'école.
Il s'approcha d'eux mais fit rapidement demi-tour, disant à sa mère : "Je ne veux pas m'approcher d'eux, ils n'ont pas encore dit la lecture du Shéma, et on nous a enseigné que quiconque ne lit pas la kriat Shéma à temps est excommunié pour toute la journée".
(Ils n'avaient pas dit la kriat Shéma parce qu'ils étaient occupés à la mitsva de pidyon shévouyim (libérer les prisonniers), et celui qui est occupé à une mitsva n'est pas obligé d'en accomplir une autre).
Ils demandèrent à l'enfant : "Comment as-tu su que nous n'avions pas encore dit la kriat Shéma?" et il répondit : "Je l'ai senti à l'odeur de tes vêtements!".
Cela nous enseigne que celui qui tarde à réciter la kriat Shéma (que D. préserve) est frappé d'excommunication.

Notre yétser ara nous embête de notre vivant, et même après notre mort

+ Notre yétser ara nous embête de notre vivant, et même après notre mort :

-> L'une des ruses du yétser hara consiste à priver une personne de la tranquillité d'esprit et de la clarté dont elle a besoin pour réfléchir à sa vie.
Le Ram'hal (Messilat Yécharim - chap.2) écrit à ce sujet:
"Il s'agit d'un stratagème astucieux du yétser ara, qui consiste à accabler une personne de tâches incessantes afin qu'elle n'ait pas le temps de s'arrêter et de réfléchir au chemin qu'elle emprunte.
Le yétser ara est un soldat expérimenté, rompu aux stratégies de guerre. Pour échapper à ses griffes, il faut faire preuve d'une grande sagesse et d'une planification minutieuse."

-> Au début, le yétser ara peut sembler être notre ami, nous offrant de merveilleux plaisirs, mais en fin de compte, il se transformera en notre pire ennemi.
Nos Sages (Baba Batra 16a) disent à ce sujet : "Le Satan, le yétser ara et l'ange de la mort sont une seule et même chose". Il descend dans ce monde pour tromper l'homme, monte au Ciel pour susciter la colère d'Hachem contre lui, puis reçoit la permission et réclame l'âme de l'homme".

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-> La voie du yétser ara est de séduire chaque personne avec les arguments qui lui conviennent le mieux. Jeunes et vieux sont attirés par des intérêts différents, et le yétser ara connaît l'appât qui attirera le mieux sa proie.
"Le yétser ara se dresse chaque jour contre une personne" (guémara Kidouchin 30b) = de même que nous évoluons, grandissons, de même notre yétser ara s'adapte chaque jour en nous proposant ce qui nous parle le plus à ce moment (notre point faible, d'envie).
Le fait que nous l'ayons vaincu hier, ne garantit pas que cela sera le cas aujourd'hui. [d'ailleurs, nos Sages concluent que sans Hachem qui viendrait nous aider, nous ne pourrions le vaincre. ]

-> Si une personne suit son yétser ara, que ce soit dans sa jeunesse ou dans sa vieillesse, le yétser ara continuera à la poursuivre lorsqu'elle passera dans le monde à Venir.
À chaque niveau du Ciel qu'elle essaiera de gravir, le yétser ara se mettra en travers de son chemin. Il la poursuivra pour ses fautes et exigera sa punition.

Le Arizal (chaar haguilgoulim - intro 22) écrit à ce sujet :
"Lorsqu'un tsadik quitte ce monde, il est prêt à monter aux plus hauts niveaux du paradis, mais pas d'un seul coup. Immédiatement après son décès, il est puni afin de le purifier de ses fautes les plus graves. Il peut alors monter au premier niveau du Gan Eden.
Lorsque son tour est venu de monter à un niveau encore plus élevé, il est ramené (au Guéhinam) pour être puni pour ses fautes les plus légères, après quoi il peut passer au niveau suivant du Gan Eden.
Ce processus se poursuit jusqu'à ce qu'il soit finalement puni même pour les fautes si mineures qu'elles sont comparés à [l'épaisseur] des mèches de cheveux ...
Ensuite, lorsqu'il est purifié même de ces fautes, il peut entrer dans le niveau du Gan Eden qui lui est vraiment destiné."

[ si le yétser ara poursuit même les tsadikim au Gan Eden, il poursuit d'autant plus les réchaïm qui ont été pris dans ses filets. ]

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-> Nos Sages (Baba Batra 16a) nous avertissent que le yétser ara "descend dans ce monde pour tenter [l'homme], monte au Ciel pour le poursuivre, reçoit la permission, puis réclame l'âme [pour l'amener au Guéhinam, où elle va souffrir de terribles souffrances pour ses fautes]."
Nos Sages (guémara Sanhédrin 91b) rapportent que nous recevons notre yétser ara au moment de notre naissance, et notre yétser tov à notre bar/bat mitsva.
Ainsi, le yétser ara a de l'avance, et à chaque étape de notre vie (de l'enfance à la vieillesse), il va nous charmer et nous attirer pour notre "bien" dans ses filets (se faisant passer pour notre ami de confiance qui nous veut du bien). Et ensuite après notre mort, il se transforme en notre pire accusateur en faisant que payons au maximum de souffrances cette faute.

-> Le Arizal (chaar haguilgoulim - intro 22) écrit qu'il y a plusieurs niveaux de récompense pour les justes au Ciel. Après le décès d'une personne, son âme monte à un certain niveau du Paradis.
Des années plus tard, elle aspirera à s'élever à un niveau encore plus élevé, ce qui exige un plus grand degré de mérite. Elle peut avoir commis des fautes mineures qui sont pardonnables aux niveaux inférieurs du Paradis, mais qui l'empêchent d'accéder aux niveaux supérieurs qui exigent une plus grande pureté. Chaque fois que l'âme tente de s'élever, elle est à nouveau jugée pour ses actes.
À chacune de ces étapes de jugement supplémentaire, le yétser ara revient pour la poursuivre à nouveau, afin de l'empêcher de s'élever à un niveau supérieur.
Ce fut le cas de Yéhochoua, le Cohen Gadol, que le yétser ara a continué à poursuivre alors qu'il était déjà au Ciel (Zohar III,214a).

[ainsi, plus nous fautons (sans faire téchouva dessus) en écoutant dans ce monde notre yétser ara, plus nous donnons à notre yétser ara la possibilité de nous mettre des coups de couteau dans notre dos après notre mort.
Dans ce monde, il est tout mignon comme notre meilleur défenseur pour kiffer la vie, et après il sera là comme notre pire accusateur possible. ]

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b'h, nous allons voir quelques réflexions plus générales sur le yétser ara :

-> Lorsque le yétser ara tente de nous séduire et nous propose des choses qu'il prétend nous allons apprécier, nous ne devons pas imaginer un seul instant que le yétser ara a nos meilleurs intérêts à l'esprit. C'est tout le contraire.

Rabbénou Bé'hayé ('Hovot haLévavot - chaar yi'houd hamaassé - chap.5) explique :
"Réalisez que votre pire ennemi dans le monde est le yétser ara. Il est tissé dans les forces de notre âme, mélangé à notre esprit, et s'associe à nous dans tous nos sens physiques et spirituels.
Il domine les éléments de notre être et se cache dans notre poitrine. Il est votre conseiller dans chacune de nos actions, qu'elles soient cachées ou révélées.
Il se cache pour nous surprendre à chacun de nos pas. Pendant que nous dormons, il est éveillé. Nous pouvons l'ignorer, mais il ne nous ignore jamais.
[...]

Il était une fois un homme pieux qui voyait des soldats revenir d'une bataille féroce et difficile, chargés du butin de guerre. Il leur dit : "Vous revenez d'une petite guerre, au cours de laquelle vous avez gagné des trésors. Préparez-vous maintenant à une guerre beaucoup plus importante."
Ils lui demandèrent : "De quelle guerre s'agit-il?"
"La guerre contre le yetzer hara", répondit-il.

-> Le Pélé Yoetz (tachboulot) écrit :
"Menez votre guerre avec des stratégies" (Michlé 24,6)
Combien de plans et de stratégies une personne élabore-t-elle pour gagner de l'argent?
Combien plus doit-il élaborer des plans et des stratégies pour faire la guerre à son plus grand ennemi, le "roi vieux et fou" (référence au yétser ara, voir Zohar I,179a).
On doit se réveiller pour combattre le yétser ara en poussant un puissant cri de guerre.

Notre confiance en D. réveille Sa bonté à notre égard

+ Notre confiance en D. réveille Sa bonté à notre égard :

"Moché et le peuple juif chantèrent (litt. chanteront - "yachir" = verbe au futur) ce chant à Hachem, et ils parlèrent en disant" (Béchala'h 15,1)

-> Le midrach (Chémot rabba 23,1) dit à propos de ce verset :
Il est écrit : "Tu es éternel ; Ton trône est établi depuis toujours [méaz, littéralement, "depuis toujours"].
Rabbi Bérékhia dit au nom de Rabbi Abahou : "Bien que Tu sois éternel, Ton trône n'était pas fermement établi, et Tu n'étais pas connu dans Ton monde avant que Tes enfants ne récitent le chant [à la mer Rouge]." C'est la signification de "Ton trône a été établi à partir de ce moment-là" (na'hon kissé'ha méaz).
[ en d'autres termes, "Ton trône est établi depuis (mé'az)" = depuis le chant entonné lors de l'ouverture de la mer Rouge, qui commence par le mot "alors" (az yachir). ]

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-> Le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) enseigne :

Si une personne est certaine que Hachem pourvoira à tous ses besoins, alors toutes ses demandes seront satisfaites par le Ciel.
Mais si une personne se préoccupe continuellement de ses moyens de subsistance et de la subsistance (parnassa) de sa famille, alors ses moyens de subsistance seront réduits par le Ciel.
Hachem agit alors comme l' "ombre" de la personne, prenant exemple sur son comportement, et lui fournit ses moyens de subsistance. De même que la personne s'en remet à D. pour qu'Il réponde à tous ses besoins, de même D. lui fournit tous ses besoins.

Lorsque la mer Rouge s'est ouverte, il y a eu un éveil préalable par le bas. Le peuple juif a amélioré son comportement en raison de sa grande foi (émouna) et de sa confiance (bita'hon dans le fait que D. les sauverait, ce qui a suscité la miséricorde d'Hachem à leur égard.
Puisqu'ils avaient la foi que D. les sauverait, il leur vint à l'esprit de chanter ses louanges avant même leur salut effectif.
["Moché et le peuple juif chanteront (az yachir) ce chant à Hachem". Le rabbi de Berditchev explique l'emploi du futur (chanteront, plus que chantèrent ce chant) ainsi : la tribu de Yéhouda (menée par leur nassi Nahchon ben Aminadav) est entrée dans la mer avec la certitude que D. accomplirait un miracle pour le peuple juif et qu'ils allaient ensuite chanter (az yachir) en réponse à ce miracle.
de même, juste avant le chant il est écrit : "ils ont eu confiance en Hachem et en Moché Son serviteur" (vayaaminou b'Hachem ...) = selon le rabbi de Berditchev, cela signifie qu'avant d'être sauvé (à la mer Rouge), les juifs sont parvenus à une certitude que Hachem allait réaliser des miracles et des merveilles.
(on fait au mieux notre hichtalout, avec la certitude que Hachem fait et peut tout!) ]

... lorsqu'il y a un éveil de notre part en bas (ex: par une émouna/bita'hon accrue), notre effusion émotionnelle incite Hachem à traiter le peuple juif avec Ses caractéristiques de bonté, de compassion et d'amour bienveillant.

De même, le mot "alors" (az [yachir]) indique que nous étions convaincus que Dieu séparerait la mer avant qu'elle ne se sépare, et qu'ensuite nous chanterions un chant accompagné de tambourins, comme expliqué plus haut. C'est ce qu'implique le mot "alors" (az).
Cette confiance a servi de "réveil d'en bas", de "Trône" de l'Attribut d'en haut, afin que Hachem accomplisse à son tour le miracle de la séparation de la mer Rouge.
... Cette confiance a servi de "trône", c'est-à-dire de support, sur lequel Hachem a accompli le miracle.

C'est la signification sous-jacente du verset : "Ton Trône a été établi dès lors, Tu es d'éternité" (na'hon kiss'akha mé'az - Téhilim 93,2) = que le trône a été établi depuis "alors" (mé'az), c'est-à-dire depuis l'époque où nous avons eu foi dans le salut de D., comme nous l'avons expliqué.
Nous pouvons maintenant comprendre la signification profonde de la clause qui conclut ce Téhilim : "Tu es d'éternité" (méolam ata). Lorsque Hachem accorde Sa grande bonté aux mondes inférieurs sans être incité à le faire par un éveil préalable venant d'en bas, cette bonté est désignée comme existant "depuis les jours d'autrefois" (mimé kédem - Mikha 7,20).
Mais lorsque le peuple juif, par ses bonnes actions, éveille Sa bonté, Sa compassion et Sa générosité céleste, cette générosité est appelée "bonté du monde" ('hassdé olam - voir téhilim 89,2).
Il s'agit d'une bonté que D. accorde en raison de nos actes accomplis dans ce monde. Les actes des résidents de ce bas monde engendrent cette bonté. [voir Zohar 3:134b].
C'est ce que signifie la phrase "Tu es d'éternité" (méolam ata), qui se lit littéralement : "Tu es du monde". "Tu" = Ta bonté, est "du monde".
Le peuple juif, habitant du monde inférieur, suscite le flux de la bonté de D.

Cela explique mieux le verset "Ton trône fut établi à partir de ce moment-là".
En faisant confiance à Hachem pour qu'il accomplisse un miracle, le peuple juif a engendré cette bonté, qui s'est ensuite répandue dans le monde.
C'est ainsi que le verset continue : "Tu es du monde", ce qui traduit l'idée que la bonté de D. est suscitée par les actes des habitants de ce monde.

Nous, le peuple juif, par nos prières et nos bonnes actions, suscitons l'abondante compassion, la bonté, la générosité et les bénédictions de D., faisant en sorte que tout cela se manifeste dans tous les mondes.
Telle est Sa volonté : par nos bonnes actions, nous attirons Sa bonté dans tous les mondes.

Cela nécessite une explication, car notre capacité à accomplir la volonté de D. vient également de Lui. Comme le disent nos Sages : "Sans l'aide du Tout-Puissant, une personne ne serait pas capable de résister à son mauvais penchant" (guémara Soucca 52b).
Ainsi, tout ce que nous possédons vient de Lui. C'est de lui que dépend notre capacité à réaliser Sa volonté et à tirer parti de Sa bonté.
Si c'est le cas, pourquoi Hachem demande-t-il nos bonnes actions pour attirer Sa générosité et Sa bonté à travers elles? Tout ne dépend-il pas de lui?
Il nous aide à accomplir Sa volonté et à attirer Sa bonté dans tous les mondes ; c'est Lui qui accorde les faveurs, et tout vient de Lui.

Le Maggid de Mézéritch explique que cette situation est analogue à celle d'un père qui met son fils à l'épreuve en lui posant un problème. Bien que le fils ne puisse pas répondre seul à la question et que son père doive l'aider, le père est satisfait de la réponse de son fils, même si le fils lui-même, par sa propre intelligence, n'a pas pu résoudre le problème avant que son père ne l'aide.
Néanmoins, le père est satisfait et considère que son fils a saisi la question tout seul.

Il en va de même pour D., qui est notre Père. Bien que nos actes requièrent Son aide, ... que nous-mêmes serions incapables d'accomplir Sa volonté sans Son assistance, c'est pourtant Sa volonté que nos actes nous soient attribués (comme si tout le mérite nous revenait).
C'est-à-dire que nos actes attirent Son abondance et Sa bonté, et c'est Sa volonté que l'on considère que nous avons accompli cela. Telles sont les paroles de mon maître (le Maguid de Mézéritch).
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Béchala'h 15,2]

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=> Bien que ce soit Hachem qui nous permette de Le servir (on ne peut pas vivre une seconde sans Lui), Il nous attribue néanmoins notre service, le mettant sur le compte de nos mérites.

Corps & âme – matérialité/spiritualité

+ Corps & âme - matérialité/spiritualité :

-> Hachem a placé dans le corps de l'homme une âme sublime et sainte, qui est une portion de la divinité d'en haut. L'âme est comme une princesse habituée à vivre dans un palais royal, mais qui a été envoyée vivre parmi de vulgaires paysans. Elle est habituée aux mets délicats qu'elle mangeait dans le palais, et elle est dégoûtée par les aliments grossiers que mangent les paysans. Elle n'en tire aucun plaisir et n'aspire qu'aux plaisirs plus raffinés dont elle jouissait au palais.

-> De même, l'âme est dégoûtée par les plaisirs matériels de ce monde. Elle n'aspire qu'aux délices sublimes des mitsvot et des bonnes actions.
C'est ce qu'écrit le Ram'hal (Mesillat Yécharim - chap.1) :
"Nos Sages (Pirké Avot 4,22) nous enseignent : "C'est contre ton gré que tu as été formé, et c'est contre ton gré que tu es né". L'âme n'apprécie pas son séjour dans ce monde. Au contraire, elle en est dégoûtée."

-> La source de cette affirmation se trouve dans le midrach (Kohélet rabba 6,7) qui stipule :
"L'âme n'est jamais satisfaite". On peut comparer cette situation à celle d'un homme du peuple qui épouse une princesse. Peu importe ce qu'il peut lui offrir, elle ne sera jamais satisfaite, car elle est une princesse et est habituée à des choses beaucoup plus raffinées.
Il en va de même pour l'âme. Même si on lui offre les plus beaux plaisirs de ce monde, elle n'en sera jamais satisfaite, puisqu'elle vient du Ciel.

-> Le 'Hida (Ahavat David - drouch 13) explique le verset : "Ne pas labourer avec un bœuf et un âne ensemble" (Ki Tétsé 22,10) :
"Nos Sages explique que le bœuf rumine, mais que l'âne ne rumine pas. Lorsque l'âne voit la vache ruminer, il pense que la vache a été nourrie alors qu'il ne l'a pas été, et il est contrarié et jaloux.

Le Séfer ha'Hinoukh (550) commente qu'à partir de là, nous apprenons à ne pas nommer deux personnes différentes pour travailler ensemble sur le même projet si elles ont des tempéraments ou des comportements très différents. Si la Torah exige que nous soyons sensibles aux incompatibilités entre différents animaux, nous devrions certainement être sensibles aux incompatibilités entre différentes personnes.

Combien plus grande devrait être notre sensibilité à la douleur de l'âme, qui ne jouit pas de tous les plaisirs de ce monde. Au contraire, elle en souffre.
Si nous devons être sensibles aux sentiments des animaux, alors nous devons certainement être sensibles à l'âme, qui est une portion de la divinité d'en haut."

-> De même, le Toldot Yaakov Yosef (Béhar) écrit que le corps et l'âme sont deux opposés. Lorsque l'un monte, l'autre descend. Les plaisirs du corps sont une douleur pour l'âme, et les plaisirs de l'âme sont une douleur pour le corps.

-> Le Beit Yossef, rabbi Yosef Karo, écrit dans le Maggid Mécharim (Michpatim) que les plaisirs dont une personne jouit dans ce monde n'apportent aucun bénéfice réel. Au contraire, ils nuisent à son développement spirituel.
C'est pourquoi une personne doit veiller à ne pas prendre part aux plaisirs de ce monde, sauf de la manière dont la Torah nous conseille. [chacun ayant des besoins nécessaires différents]
Si une personne suit les conseils de son âme, elle méritera de jouir des plaisirs infinis et éternels du monde à Venir, lorsque le corps et l'âme se réuniront pour la résurrection des morts. En revanche, si elle ignore les conseils de son âme et poursuit ses désirs physiques/matériels, son âme l'abandonnera avec dégoût.

-> Le Arizal (chaar maamaré Rachbi 58) explique que l'âme du racha est chassée de son corps et descend au Guéhinam même de son vivant. C'est pourquoi nos Sages (guémara Béra'hot 18b) nous disent que les réchaïm sont considérés comme morts même de leur vivant.
[le Arizal fait une distinction entre les différents aspects de l'âme, dont certains restent avec lui malgré qu'il soit racha, tandis que d'autres sont chassés de lui. ]

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-> "C'est la Torah d'un homme qui meurt dans une tente" ('Houkat 19,14).
Nos Sages expliquent ce verset : "La Torah ne peut être maintenue que par une personne qui se tue pour elle".
Lorsqu'une personne se regarde avec la vision qu'elle aura lorsqu'elle sera déjà morte, elle réalise à quel point les plaisirs de ce monde sont insignifiants et à quel point les prétentions du yétser ara sont vides.
De ce point de vue plus élevé, ces intérêts (envies de ce monde) perdent tout leur attrait.

C'est pour cette raison que nous disons à la fin de la Amida : "Que mon âme soit comme la poussière pour tous" (vénafchi kéafar lakol).
Nous prions pour mériter de voir la vie avec ce point de vue, comme si nous étions déjà morts et que nos corps s'étaient déjà décomposés dans la terre. L'âme aspire à ce que le corps voie la vie dans ce sens ultime, afin qu'il se consacre uniquement à la Torah et aux bonnes actions.

Nos Sages (Béra'hot 18b) nous disent que les réchaïm sont considérés comme des morts même s'ils sont vivants.
Cela s'explique par le fait que l'âme repose sur ceux dont les aspirations sont axées sur la vie dans le monde à Venir et qui considèrent les plaisirs de ce monde avec le même intérêt que ceux qui sont morts et enterrés.
Les réchaïm ne s'intéressent pas au monde à Venir. Au contraire, ils recherchent les plaisirs de ce monde [éphémère], assouvissant leurs désirs corporels sans but supérieur. Comme l'âme ne s'intéresse pas à un tel mode de vie, elle fuit leur corps, les laissant comme morts alors même qu'ils marchent encore sur la terre. [morts vivants]

Nous voyons donc qu'il y a 2 sortes de mort. Il y a ceux qui meurent à l'expiration de leur vie, et ceux qui sont morts au sens spirituel du terme alors même qu'ils sont encore en vie.

L'âme ne trouve la paix et la joie que lorsque le corps suit ses conseils et se considère comme mort aux plaisirs de ce monde (prêt à tuer ses envies de matérialité non nécessaires), pour se consacrer entièrement au service d'Hachem.
[la joie est donc ce sentiment de plénitude où notre corps et âme sont à leur place, où nos actions extérieurs sont en phase avec notre vraie intériorité. ]
[d'après rabbi Yaakov Abou'hatséra]

-> Telle est la stratégie du yetzer hara lorsqu'il incite l'homme à fauter. Tout d'abord, il le séduit par les attraits autorisés de ce monde. Une fois que son cœur se laisse prendre par ces plaisirs, il est déjà sous l'emprise du yétser ara.
Le yétser ara le pousse à satisfaire ses désirs, même au détriment des mitsvot et de la prière. "Pourquoi perdre son temps avec les mitsvot, alors que l'on pourrait s'amuser avec les plaisirs de ce monde?"
Ayant commencé sa descente dans le péché, il ne reculera devant rien pour satisfaire ses désirs.

Comme les démons qui font naître la peur dans le cœur des hommes, le yétser ara nous effraie en pensant à ce que nous pourrions perdre si nous ne tenions pas compte de ses conseils.
Les gens deviennent les fils du yétser ara lorsqu'ils concentrent tous leurs intérêts sur la poursuite des plaisirs de ce monde, et en ne pensant pas à se préparer pour le Monde à Venir.
[d'après rabbi Yaakov Abou'hatséra]

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-> La Torah nous dit que les Bné Israël ont mangé les cailles jusqu'à ce qu'elles leur "sortent du nez" (Béaaloté'ha 11,20).

Rabbénou Bé'hayé écrit à ce sujet ce qui suit :
"Tel est le sort de tous ceux qui sont attirés par les désirs de ce monde. Ils pleurent et se plaignent de ne pas avoir assez pour satisfaire leurs désirs. Ils méprisent et dégradent les recherches spirituelles.
En fin de compte, leurs désirs leur sortent par le nez, jusqu'à ce qu'ils descendent dans l'abîme.
Les plaisirs de ce monde semblent doux au premier abord. Le roi Shlomo les compare au miel et dit d'eux : " les lèvres de l'étrangère distillent du miel, et son palais est plus onctueux que l'huile" (Michlé 5,3)."

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-> Le Raavad (Baalé Néfech - chaar hakédoucha) écrit à ce sujet :
"Telle est la voie du yetzer hara. Il incite une personne à satisfaire ses besoins par des plaisirs autorisés.
Une fois qu'il s'est habitué à satisfaire tous ses désirs, elle est incapable de se contrôler lorsque les désirs autorisés ne sont pas disponibles. Il commencera par des interdictions mineures, puis continuera avec des interdictions de plus en plus sévères, jusqu'à ce que finalement rien ne s'oppose à lui.
Le yétser ara le convaincra de servir des idoles, de nier l'existence de D., de croire qu'il n'y a pas de Juge et pas de jugement, pas de Gan Eden, pas de Guéhinam et pas de vie après la mort ...
Nos Sages nous avertissent qu'une personne qui brise ses biens sous l'effet de la colère doit être considérée comme si elle avait adoré des idoles. Telle est la méthode du yétser ara : commencer par de petites choses pour finalement aboutir à l'idolâtrie."

"Si ton yétser ara vient à t'inciter à fauter, rends le heureux avec des paroles de Torah (sam'héou bédivré Torah)"
[midrach Béréchit rabba 4,7]

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-> Le yétser ara n'est qu'un messager d'Hachem. Son but ultime est également d'accroître et de répandre le nom d'Hachem dans le monde, comme tout ce qui existe dans la Création.
Sa méthode pour y parvenir consiste à nous attirer jusqu'aux limites absolues de nos capacités, jusqu'au point où nous sommes confrontés à un désastre spirituel et où il nous est presque impossible de résister.
Pourtant, à ce moment-là, si nous nous renforçons et résistons de toutes nos forces, nous recevons l'aide qu'Hachem nous garantit et, miraculeusement, nous sommes capables de vaincre le yétser ara.
Il en résulte une formidable révélation d'Hachem dans le monde (malgré la tentation/piège on reste fidèle à la volonté divine), et le yétser ara s'en va "heureux" d'avoir contribué à répandre le nom d'Hachem dans le monde.

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-> La Torah écrit (Béréchit 1,31) qu'à l'issue des 6 jours de création, Hachem a observé tout ce qu'Il avait fait et a constaté que c'était "très bon" (tov méod). Fait remarquable, le midrach (Béréchit rabba 9,7) rapporte qu'il s'agit d'une référence au yétser ara.
En effet, le yétser ara est l'outil qu'Hachem utilise pour s'assurer que l'homme remplit effectivement le but de la création. Sans lui, nous serions incapables d'apporter la reconnaissance et la révélation d'Hachem dans le monde. En effet, nous pouvons vraiment dire : "Voici, c'est très bon".

Les mitsvot d'une personne créent des anges qui défendent ses intérêts et chassent les forces du mal. [voir Pirké Avot 4,11 - et à l'inverse, nos fautes créent des anges accusateurs. ]

L'âme est considérée comme le père de ces anges, car sa sainteté surnaturelle leur donne du pouvoir. [voir Séfer haLikoutim - véZot haBéra'ha - chap.2 ]

Ces anges [défenseur] abattent les forces du mal.
Lorsqu'une personne accomplit une mitsva, la sainteté de son âme repose sur l'ange défenseur et repousse les forces du mal.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Noa'h]

Autrui & se lier pour l’éternité avec Hachem

+ Autrui & se lier pour l'éternité avec Hachem :

-> "L'homme a été créé uniquement pour se réjouir d'Hachem et pour se réjouir de l'éclat de la Chékhina, car il s'agit là du plaisir le plus vrai et le plus grand qui puisse exister.
Le lieu de ce plaisir, en vérité, est le monde à Venir car il a été créé exclusivement dans ce but.
Mais le chemin pour arriver à cette "destination choisie" se trouve dans ce monde."
[Ram'hal - Messilat Yécharim chap.1]

-> Le 'Hafets 'Haïm (Ahavat 'Hesed - partie 2, chap.2) précise la condition pour que cela puisse se réaliser :
"Le fait que l'homme mérite ou non de se prélasser de la Gloire d'Hachem dans le monde à Venir dépend de son attachement à Hachem de toutes ses forces pendant qu'il est encore en vie, ce qui signifie qu'il doit s'attacher à Ses Attributs.
Tout au long de sa vie, l'homme doit s'efforcer d'acquérir les Attributs Divins, qui sont uniquement orientés vers la bonté et la bienveillance. Il méritera alors de rester pour l'éternité devant Hachem et d'assouvir le désir de son âme.
Cela n'arrivera pas à quelqu'un qui n'a pas vécu sa vie en essayant d'aider les autres. S'il agit à l'encontre des voies d'Hachem, comment est-il possible qu'il puisse enfin s'attacher à Hachem dans le monde à Venir?"

Yitro – A partir de quand a-t-il été possible de se convertir au judaïsme?

+++ Yitro - A partir de quand a-t-il été possible de se convertir au judaïsme?

"Yitro, chef de Midiyan, beau-père de Moché, avait appris tout ce qu'Hachem avait fait pour Moché et pour Israël, son peuple, qu'Hachem avait fait sortir Israël d'Égypte" (Yitro 18,1)

-> Rachi commente : "Yitro a entendu parler de l'ouverture de la mer Rouge et de la guerre contre Amalek".

Ces miracles ont incité Yitro à se convertir et à rejoindre le peuple juif.
Yitro n'a rejoint les Bné Israël qu'après l'ouverture de la mer Rouge, car le peuple juif n'acceptait pas de conversions jusqu'à cette époque.
Israël est devenu une nation lors de la sortie d'Egypte, mais la conversion n'était pas possible tant qu'ils n'étaient pas devenus la "nation sainte" d'Hachem.

Il est impossible pour un juif de devenir un non-juif. [même si un juif adoptait les croyances et les coutumes des non-juifs, il resterait toujours un juif]
Cependant, il est possible d'élever son statut et de devenir une personne "sainte". Lorsqu'ils ont reçu la Torah, les Israéliens ont acquis le statut de "nation sainte" d'Hachem. À ce stade, ils étaient plus qu'une simple nation, ils étaient désormais élevés au-dessus de toutes les autres nations, transformés en une espèce distincte et supérieure.
Ce nouveau niveau permettait aux non-juifs de se convertir au judaïsme, en raison du concept de "on peut s'élever en sainteté, mais on n'en descend pas" (ma'alin bakodech véén moridin).
Lorsqu'un non-juif devient juif, il s'élève en sainteté, mais un juif ne peut pas devenir un non-juif, car il descendrait en sainteté.

Le commentaire de Rachi selon lequel Yitro a entendu parler de l'ouverture de la mer Rouge et de la guerre avec Amalek avant de rejoindre les Bné Israel peut être expliqué par un midrach.
Selon une opinion du midrach (guémara Zéva'him 116a), le peuple juif est devenu la nation sainte d'Hachem après l'ouverture de la mer Rouge, et après ce miracle, il était désormais possible pour un non-juif de se convertir au judaïsme.
Jusqu'alors, le peuple juif avait toujours eu peur des égyptiens. Cette crainte les rattachait, au moins à un certain niveau, à l'impureté des égyptiens. Cependant, lorsque la mer Rouge s'est séparée, le peuple juif a été définitivement libéré de tout lien avec les égyptiens. Il acquiert à partir de ce moment une sainteté particulière, permettant à Yitro de se convertir au judaïsme et de s'élever en sainteté.

Cependant, le midrach apporte une autre opinion : Même après l'ouverture de la mer Rouge, le peuple juif n'a atteint cette sainteté spéciale qu'après la guerre contre Amalek.
En effet, l'existence de leur ennemi spirituel, Amalek, les a empêchés d'atteindre la sainteté. Ce n'est qu'après avoir vaincu Amalek que le peuple juif a atteint son statut spécial de nation sainte d'Hachem, ce qui a permis à Yitro de se joindre à lui en tant que converti.

Cependant, une 3e opinion dans le midrach affirme que Yitro n'a rejoint le peuple juif qu'après avoir entendu parler de la révélation au mont Sinaï. [Rachi ne cite pas cette opinion, car il est d'avis que Yitro est venu avant le don de la Torah.]
Cette opinion estime que le peuple juif n'a atteint son statut de nation sainte d'Hachem qu'en recevant la Torah sur le mont Sinaï, et que ce n'est qu'après cela qu'il a été en mesure d'accepter des convertis.

[Maharal - Gour Aryé - voir aussi Guévourot Hachem 43]