« Hachem dit à Moché : Voici (én – הֵן) tes jours approchent pour mourir » (Vayélé’h 31,14)

-> Au moment où Hachem annonce à Moché sa mort, et lui dit : « Voici (הן) tes jours approchent pour mourir », Moché lui répond : « Moi je T’ai glorifié avec le mot הן (voici), quand j’ai dit : « הן (voici) à Hachem appartient les Cieux », et Toi Tu annonces ma mort avec ce même terme ».

Alors Hachem remarqua : « Tu te rappelles des entrées mais pas des sorties! Quand Je t’ai demandé d’aller sortir les Hébreux d’Egypte, ne m’as-tu pas rétorqué : “Voici (הן) les enfants d’Israël ne me croirons pas »? »

=> Quel est le lien logique derrière ce dialogue entre Hachem et Moché?
En quoi le mauvais “voici” annule le bon?
Bizarrement, on a l’impression d’être devant un règlement de compte!

Moché était à un très haut niveau où il a réussi à dévoiler la grandeur d’Hachem, puisque ceux qui étaient auprès de Moché, voyaient la Main d’Hachem de façon claire et dévoilée.
Ainsi Moché a réussi à dévoiler que le monde appartient à Hachem, et il espérait que par ce mérite, il puisse entrer en terre sainte.

Seulement, le problème est que justement du fait de cette grandeur, Moché ne pouvait pas entrer en terre sainte. En effet, si Moché faisait entrer le peuple en Israël, la conquête se déroulerait miraculeusement.
L’intervention Divine serait dévoilée, comme cela était son niveau. Or, après la faute des explorateurs, le peuple a chuté spirituellement et leur dimension ne leur permettait plus d’entrer en terre sainte de façon miraculeuse.
C’est pourquoi, Moché ne pouvait plus entrer en Israël. Ce devait être Yéhochoua, dont le niveau était plus bas, qui le remplace.

=> Puisque Moché savait cela, pourquoi a-t-il tant insisté pour y entrer? Pourquoi a-t-il récité 515 prières pour pouvoir entrer en terre sainte, sachant que cela ne lui était pas possible ?

C’est que Moché pensait que par ses prières, il pourra élever et raffiner le peuple pour les hisser à son grand niveau.
En effet, cela fait partie de la force de la prière de pouvoir élever ceux pour qui l’on prie. C’est pourquoi, Moché a tant prié pour élever le peuple et lui permettre de revenir à ce niveau leur rendant possible une conquête miraculeuse, digne d’un dirigeant comme lui.
Cependant, Hachem n’a pas accepté cette demande de Moché, car Il lui fit remarquer qu’en réalité, il était défectueux justement dans ce point là.

Moché, qui espérait élever le peuple par ses prières, a montré dans le passé qu’il ne croyait pas tant en cette force de la prière.
En effet, quand Hachem envoya Moché libérer le peuple, il rétorqua : « Voici (הן) les enfants d’Israël ne me croirons pas » = il exprima l’idée selon laquelle les juifs étaient à un très bas niveau qui impliquerait que certainement ils ne croiront pas en lui.
Mais alors à ce moment-là, pourquoi Moché ne s’est-il pas immédiatement muni de courage pour déverser son cœur et prier Hachem pour qu’Il élève le peuple et le raffine au point de les mener au niveau d’avoir cette foi en lui qui leur manquait.

=> A présent, on comprend bien la logique du dialogue entre Moché et Hachem.
Hachem montra à Moché une certaine contradiction dans sa démarche.
– D’une part, il souhaite de tout cœur entrer en terre sainte par le mérite d’avoir dévoiler Sa Présence dans le monde quand il dit : « Voici à Hachem appartient les cieux ».
– D’un autre côté, Hachem lui montra que 40 ans plus tôt, Moché a fait remarquer à Hachem que le peuple n’allait pas avoir confiance en lui : « Voici les enfants d’Israël ne me croirons pas ».

Ainsi, pourquoi n’a-t-il pas alors saisi la force de la prière pour hisser le peuple à ce niveau de foi nécessaire?
Le fait que Moché n’a pas saisi cette occasion de prier pour raffiner le peuple montra que très en finesse, il ne croyait pas si fermement que la prière peut raffiner et élever l’homme.
=> De ce fait, quand il souhaitait recourir à la prière pour élever le peuple et lui permettre d’entrer en terre sainte sous sa direction, alors Hachem n’a pas répondu favorablement à cette prière.

[Source : issu d’un dvar Torah du rav Mikaël Mouyal]

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+ « Hachem dit à Moché : Voici (én – הֵן) tes jours approchent pour mourir, appelle Yéhochoua »

-> Cela ressemble à une noble dame qui avait apporté au roi un très bel habit. Le roi a gardé l’habit, et au moment où cette noble dame allait mourir, le roi a ordonné de la recouvrir avec cet habit.

Hachem a dit à Moché : « Tu m’as loué par én (הֵן), et je décrète ta mort mort par én (הֵן) ».
Quel est le rapport?

Le Maguid de Doubno dit au nom de la guémara (Moéd Katan 28), que « én » (הֵן) en grec signifie : « un », et désigne ainsi quelque chose d’unique.

La lettre « hé » (ה) est la seule lettre qui ne peut pas s’unir avec une autre lettre pour former 10 (ex: dalet et vav font 10 ; idem pour guimél et zaïn). Seul le hé reste seul.

De même dans les dizaines, le noun (נ) reste seul.
Ainsi, ces 2 lettres forment le mot : én (הֵן), qui montre quelque chose d’unique.

=> C’est pourquoi Moché a dit : »én » (הֵן) à Hachem = à savoir Hachem est un, l’Unique.
Et Hachem lui a répondu : Toi aussi tu es « én », la génération a baissé de niveau et toi tu es le chef unique de cette génération.

C’est pourquoi suite à sa mort, les Anciens de la génération ont dit : « Malheur à cause de cette honte » = quand Moché a appelé Yéhochoua, ils ont compris qu’ils n’étaient alors plus dignes d’avoir un chef comme Moché.

« Rassemble le peuple : les hommes, les femmes et les enfants et l’étranger qui est dans tes villes, afin qu’ils entendent et afin qu’ils apprennent, et ils craindront Hachem votre D., et ils veilleront à accomplir toutes les paroles de cette Torah. » (Vayélé’h 31,12)

-> Rabbi El’azar ben Azaria commente ainsi ce verset :
« Rassemble le peuple : si les hommes venaient pour apprendre et les femmes pour entendre, que venaient y faire les enfants?
Offrir du mérite à ceux qui les amenaient. »
[guémara ‘Haguiga 3a]

-> En effet, nos Sages (guémara Kidouchin 31a-b) disent que celui qui fait une bonne action parce qu’il en a reçu un ordre, recevra une récompense plus grande que s’il la faisait sans ordre.

Puisque les parents devaient tous se rendre au rassemblement, alors ils auraient forcément pris leurs enfants avec eux pour ne pas les laisser seuls.
Ainsi, Hachem qui veut encore plus nous récompenser a tenu à l’enjoindre explicitement dans la Torah, pour que les parents reçoivent un salaire encore plus grand d’accomplir un acte avec un ordre.

[le ‘Hidouché haRim]

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-> Rabbi Yo’hanan ben Zakaï déclara : « Rabbi Yéhochoua ben ‘Hanania heureuse soit celle qui l’a enfanté » (Pirké Avot 2,8)

Rav Ovadia de Barténoura de commenter : « [Enceinte, ] elle se rendait dans toutes les maisons d’étude de sa ville et disait aux étudiants : « Je vous prie! Implorez la miséricorde divine pour que cet enfant que je porte dans mon sein devienne un érudit. »
Et depuis le jour de sa naissance, son berceau ne quitta jamais les maisons d’étude, pour que ses oreilles ne perçoivent aucune autre parole que celle de la Torah ».

=> Ceci nous montre combien l’âme du nourrisson est sensible à son environnement, et quels impacts celui-ci aura sur tout son avenir.

La présence des enfants permettaient d’apprendre aux parents la formidable influence qu’ont les paroles de Torah sur leur âme dès leur plus jeune âge.
[l’inverse est malheureusement vrai : toutes paroles et influences contraires à la Torah les impactent négativement]

L’avenir du peuple juif dépend de l’éducation de ses enfants, au point que la loi juive stipule que la construction d’une synagogue elle-même passe après l’éducation juive des enfants.

=> Tâchons de construire un cocon familial les protégeant de l’environnement non-juif, afin qu’ils puissent grandir au biberon des valeurs de la Torah, avec la chaleur de l’amour de leurs parents et de leur papa Hachem.

« [Hachem dit à Moché à propos du peuple juif] … Des maux nombreux et des détresses l’atteindront » (Vayélé’h 31,17)

Le Na’hal Eliyahou fait observer que :
-> le mot : « raot » (des maux – רָעוֹת) a une guématria de : 676, renvoyant à l’année juive : 5676 (תרע »ו), soit l’année 1916, c’est-à-dire l’époque de la 1ere Guerre mondiale.
[en effet, c’est le 1er juillet 1916 qu’a eu lieu la bataille de la Somme, la plus meurtrière où environ 1,2 million de soldats sont morts! ]

-> le mot : « vétsarot » (et des détresses – וְצָרוֹת) a une guématria de : 702, renvoyant à l’année juive de : 5702 (תש »ב), soit l’année 1942 où a été décidée la « Solution finale » de la question des juifs à la conférence de Wannsee (à Berlin).

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Il est intéressant de noter que dans le verset suivant (v.18), Hachem en explique l’origine : « car il (le peuple) s’est tourné vers les dieux des autres. »

« Soyez forts et soyez fermes, ne les craignez pas et ne soyez pas épouvantés devant eux, car c’est Hachem, ton D., qui marche avec toi ; Il ne t’affaiblira pas et ne t’abandonnera pas. » (Vayélé’h 31,6)

-> Le ‘Hida remarque que la 1ere partie du verset s’exprime au pluriel : « Ne les craignez pas et ne soyez pas épouvantés », alors que la fin est au singulier : « qui marche avec toi ».

Il explique que si Israël est uni, au point qu’il se comporte comme un seul et même homme, la présence divine résidera en son sein et il n’aura rien à craindre de ses ennemis.
Quand tous ensemble, vous formez « un », comme un seul homme animé du même coeur, vous êtes assurés qu’Hachem « ne t’affaiblira pas et ne t’abandonnera pas. »

-> Le Rabbi de Kobrin (sur Haazinou 32,9) commente :
« Lorsqu’on tresse de nombreux fils pour en faire une corde épaisse, même s’il y a parmi eux des fils abîmés, non seulement on ne les remarque pas mais ils ajoutent de la résistance à la corde.
Il en est de même des enfants d’Israël : lorsqu’ils sont unis et liés tous ensemble, même les plus mauvais y trouvent un intérêt et sont utiles à la communauté. »

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-> Pourquoi la Torah nous demande-t-elle : « Soyez forts et soyez fermes », alors qu’elle affirme ensuite : « Il ne t’abandonnera pas »?

Rav Yé’hezkel Levenstein répond que Hachem ne nous délaissera pas à la seule condition que nous soyons forts et fermes dans notre confiance en Lui.

« Moi-même (ano’hi) suis aujourd’hui âgé de 120 ans » (Vayélé’h 31,2)

-> Rachi rapporte que Moché avait exactement 120 ans le jour de sa mort, de sorte qu’il a été considéré comme étant parvenu à la somme de ses jours.

-> Dans la guémara (‘Haguiga 4b), Rav Bibi bar Abayé demanda un jour à l’ange de la mort ce que deviennent les années « inemployées » de celui qui décède avant son terme.
L’ange répondit qu’elles s’ajoutent à celles des hommes patients et d’une grande humilité.

-> La Torah atteste que Moché a été l’homme le plus humble à avoir jamais vécu (Bamidbar 12,3).
On aurait donc pu penser qu’il dût sa longévité à l’octroi d’années non vécues par quelqu’un qui serait mort avant son échéance normale.

=> Ainsi, a-t-il été employé le terme « ano’hi », comme pour dire : « Moi-même ai 120 ans » = ces années sont les miennes, et non celles d’un autre.

[Source : Talelé Oroth du Rabbi Yissa’har Dov Rubin]

Un séfer Torah, c’est …

+ Quelques réflexions sur le séfer Torah (Vayélé’h 31,19) :

Un séfer Torah est constitué d’un très grand nombre de lettres.
Bien que chaque lettre se tient indépendamment l’une de l’autre (pour être casher, les lettres ne doivent pas se toucher, sans être trop distantes), l’absence ou la non complétude d’une seule suffit à rendre le séfer Torah non casher.
De même, chaque juif est un élément indispensable du klal Israël, sur qui dépend la totalité des juifs.

Un séfer Torah est écrit avec de l’encre, et seule la couleur noire foncée est autorisée.
Alors que les autres couleurs peuvent facilement se combiner entre elles afin de former une nouvelle couleur, le noir est extrêmement dur à changer.
De la même façon, un juif ne doit pas permettre à l’influence de la société et aux aléas de la vie, de diluer ou d’affaiblir la stricte observance de la Torah (la couleur noire foncée) afin de rester un séfer Torah vivant et casher.

L’encre doit tenir fermement au parchemin et si elle « saute » (se détache), le séfer Torah n’est plus casher.
De même, un juif doit adhérer avec ténacité à la Torah, et ne jamais s’en détacher.

Source : traduction personnelle b »h de l’anglais du commentaire « védibarta bam » de Rabbi Moshe Bogomilsky

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-> Selon le Zohar (Chir haChirim maamar 2,51), de même qu’il y a 600 000 lettres dans la Torah, il y a aussi 600 000 âmes [primaires] dans le peuple juif. Ainsi, chaque âme a sa racine dans une lettre de la Torah.

Le Chémen Roch (Vayéchev) explique que chaque juif a le devoir d’aimer son prochain comme lui-même.
Chaque juif ayant sa lettre dans le Séfer Torah, si malheureusement, un juif n’aime pas son prochain, il se trouve qu’il efface une lettre de la Torah et rend tout le Séfer Torah inapte.

[cela donne tout son sens à : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Kédochim 19,18), Rachi commente : « Rabbi Akiva a enseigné : C’est là un principe fondamental dans la Torah. »
=> En effet, d’une certaine façon notre Torah (personnelle) ne peut être cashère tant que nous n’aimons pas notre prochain!]