Les sacrifices – quelques réflexions

« De nombreuses raisons sont données pour expliquer les sacrifices (korbanot), mais cependant malgré tout ce qui a pu être expliqué, cela reste toujours très au-delà de notre compréhension …
En effet, le Rambam écrit que tous les sacrifices rentrent dans la catégorie des ‘houkim, ces commandements dont les raisons nous sont cachées.

Lorsqu’un juif offre un sacrifice, il démontre sa soumission inconditionnelle à la volonté de Hachem.
C’est comme s’il déclarait : « Je ne comprends pas pourquoi cette offrande va réaliser de grandes choses pour moi et pour le monde entier, mais je suis certain que cela va accomplir de grandes choses car c’est ce que D. nous a enseigné dans Sa Torah. »

Ainsi, le sacrifice d’un korban est une grande déclaration de foi de la part de celui qui l’amène, et c’est grâce à cette approche de la Torah et des mitsvot qu’un juif gagne sa part dans le monde à venir. »

[rav Yéhouda Zev Segal]

[naaché vénichma = la grandeur d’un acte ne réside pas dans notre capacité à en appréhender la raison, mais dans le fait que c’est la volonté de Hachem.

Accepter que c’est au-delà de notre compréhension car provenant de D., c’est se permettre de placer Hachem et nous-même à leur juste place.
C’est également accepter qu’un juif fait des actes à la portée phénoménale, puisque venant de D., et non de l’intellect humain.]

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-> Rabbi Guttman enseigne qu’offrir un sacrifice c’est comme déclarer : « Hachem, je désire être proche de toi. Il n’y a rien d’autre dans le monde que TOI.
S’il te plaît prend cet animal à ma place, et expie mes fautes (ou bien en signe de remerciement).
En effet, je souhaite uniquement être lié à Toi! »

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-> « Si la Torah nous donne la possibilité de sanctifier un animal (en tant que Korban), à combien plus forte raison doit-on réaliser que cela nous permet de nous sanctifier nous-même! …

Nous devons ressentir que Hachem ne rejette aucun d’entre nous, même s’il est tombé du haut niveau qu’il devrait être.
La conscience de cela doit nous encourager à toujours continuer à grimper spirituellement, malgré nos moments difficiles et nos chutes. »

[Rabbi Klonymous Kalmsh Shapira de Piaseczna]

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-> Lors d’un Shabbath passé chez un de ses disciples, Rabbi Yaakov Abou’hatséra lui a dit :
« La voix que tu as entendue en plein milieu de la nuit [de vendredi], était une transmigration de l’âme (guigoul néchama) de la chèvre que nous avons consommée ce vendredi soir [pour Shabbath].
Elle m’a dit : « Merci de m’avoir libérée. De même que tu as réparé mon âme et m’a permis d’atteindre ma juste place au Gan Eden, de même que Hachem puisse ajouter de la grandeur à ta grandeur et que tu sois béni d’une longue vie ». »

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-> « Hachem sauve l’homme et l’animal » (adam ouvééma tochia Hachem – Téhilim 36,7)
Nos Sages enseignent que lorsque l’on sacrifie un animal, il y a une réparation (tikoun) pour l’âme de cet animal.
Assez fréquemment, une âme d’un fauteur est envoyée en bas dans ce monde afin de rechercher un moyen de réparation, qui va lui permettre d’être élevée pour l’éternité dans le monde à Venir.
De telles âmes peuvent se retrouver dans le corps des animaux, et lorsque ceux-ci sont égorgés d’une manière cashère, alors cela va les purifier et les libérer, leur permettant ensuite de trouver un repos éternel au Gan Eden.

=> Il faut accepter que nous ne pouvons pas appréhender tout ce qui se passe dans ce monde.
Ainsi, faisons confiance à Hachem en réalisant dans la joie Ses mitsvot, car c’est véritablement ce qu’il y a de mieux à faire!

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« Lorsqu’un homme parmi vous apportera (adam ki yakriv mikém) une offrande à Hachem » (Vayikra 1,2)

-> Le terme : « mikém » (parmi vous – מִכֶּם) est l’acronyme de : « mida kénégéd mida » (mesure pour mesure – מידה כנגד מידה).
Lorsqu’une personne est témoin de la punition de sacrifice d’un animal, cela doit réveiller en elle l’idée que cela provient de ses fautes à elle, que normalement elle devrait être à sa place. Elle reconnait alors de tout cœur ses fautes et fait téchouva comme il le faut.

Il en est de même lorsque nous avons des souffrances dans la vie, qui sont en réalité une bonté de D. pour nous pousser à observer nos actions, et en venir à faire téchouva sur nos fautes « oubliées ».
[adapté du Ben Ich ‘Haï]

-> Le Gour Aryé dit qu’au fond de lui-même, chaque juif désire faire la volonté de D.
En observant notre mort par procuration sur l’animal, cela permet d’affaiblir notre yétser ara et de faire ressortir notre véritable nature.
[face à la mort, on se laisse moins bercer d’illusions futures!]

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-> L’objectif d’apporter un sacrifice est d’en venir à contempler : Je suis celui qui a fait une faute, cependant la Torah me demande de sacrifier un animal à la place. Cela semble injuste pour l’animal qui n’a rien fait de mal.

La raison pour laquelle il va être tué, est qu’il existe un ordre naturel dans la Création. Il y a une notion de soumission à ce qui est supérieur.
Ainsi, une personne qui égorge un animal doit penser : les animaux que je n’ai pas créé et dont chaque besoin est pris en charge par le Maître du monde, sont égorgés car ils sont à un niveau inférieur au mien.
=> Il en devient alors évident qu’un homme doit se soumettre à Hachem, et être capable de tout sacrifier pour faire la volonté du Maître du monde.

En ce qui nous concerne, à chaque fois que nous consommons de la viande, nous devons nous interroger : si je peux la manger c’est que je suis dans l’ordre naturel au-dessus d’elle. Mais est-ce que je remplis mon rôle avec Hachem, qui est supérieur à tout? ou bien je me comporte comme un animal, suivant librement ses envies (et non Sa volonté)?

[d’après le Yichma’h Moché]

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-> Lorsqu’une personne apporte son fils pour accomplir la mitsva de la circoncision le 8e jour, c’est considéré comme un sacrifice pour Hachem.
[Zohar haKadoch – Chéla’h]

-> Le « korban mila » est plus précieux à Hachem que tout autre sacrifice.
[Zohar – Lé’h Lé’ha]

« Un orgueilleux profane le Nom de Hachem et entraîne les gens à fauter.

Il est comme une carcasse qui a été jetée dans un marché, et qui oblige chaque passant à se couvrir le nez jusqu’à l’avoir dépassée.
De même, une personne orgueilleuse déshonore la Torah et ceux qui l’étudient, et ils font s’éloigner les gens de la Torah, car ces derniers se disent : « Quel avantage y a-t-il dans la Torah, si ceux qui l’étudient sont mauvais? »
En conséquence, ils quittent la Torah. »

[Or’hot Tsadikim – gaava]

Le Or’hot Tsadikim, affirme également qu’à l’inverse, une personne humble va exercer une influence importante sur autrui, qui vont souhaiter l’imiter, et cela amène alors un grand kiddouch Hachem.

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+ Dans un arbre, les branches vides ne contiennent rien pour les alourdir, tandis que celles qui portent de beaux fruits sont alourdies, entraînant qu’elles se trouvent le plus bas.
De même, une humilité sincère témoigne qu’une personne porte en elle des fruits de qualité.
[Sagesse juive]

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-> Le Kli Yakar (Vayikra 4,35), rapporte le midrach rabba affirmant qu’un orgueilleux sera : « jugé uniquement dans le feu ».
Pourquoi cela?

Il explique que par nature le trait de l’arrogance est le désir de s’élever au-dessus d’autrui.
Ainsi, une telle personne sera jugée par le feu, car par nature un feu procède de même : cherchant toujours à monter vers le haut, ses flammes sautant sur tout ce qui peut se trouver sur son chemin (de même qu’un orgueilleux va réduire en cendre tout ce qui a de valeur chez son prochain, pour mieux s’élever!).

On consume un sacrifice par le feu, dans un but d’expier ce mauvais trait de caractère, qui est à l’origine de nos fautes (indirectement on pense en nous : comment Hachem peut me dire quoi faire à moi!).

« Quiconque souhaite accroître ses mérites dominera son mauvais penchant, fera preuve de générosité et apportera en sacrifice la plus belle bête de l’espèce qu’il aura choisie.
Il est dit en effet dans la Torah : « Hével offrit, de son côté, des premiers-nés de son bétail, de leurs parties grasses. Hachem Se montra favorable à Hével et à son offrande » (Béréchit 4,4).

Il en va de même pour tout ce que l’on accomplit pour le D. de bonté : on offrira ce que l’on a de plus beau et de meilleur.
Si l’on édifie une synagogue, celle-ci sera plus belle que notre résidence personnelle.
Si l’on donne à manger à un affamé, on lui offrira ce qu’il y a de meilleur et de plus sain de notre table.
Si l’on habille un démuni, on le vêtira de nos plus beaux habits.
Si l’on consacre un bien au Temple, on lui vouera la plus belle de nos possessions, comme le dit le verset : « Toute graisse sera pour Hachem » (Vayikra 3,16). »

[Rambam – Michné Torah – fin des lois sur Issouré Mizbéa’h]

« Et si son offrande (korbano) est d’entre le petit bétail, d’entre les moutons ou d’entre les chèvres, comme offrande d’élévation (ola)«  (Vayikra 1,10)

« Et si son offrande à Hachem (korbano l’Hachem) est une offrande d’élévation (ola) d’entre les oiseaux, il apportera son offrande d’entre les tourterelles ou d’entre les jeunes colombes. » (Vayikra 1,14)

-> Dans le cadre du korban ola, la Torah parle :
– de « korbano » : lorsque l’on apporte des moutons ou des chèvres ;
– de « korbano l’Hachem » : lorsque l’on amène des tourterelles ou des jeunes colombes.

Pourquoi une telle différence?

-> Le Ohr ha’Haïm explique que l’offrande faite avec des oiseaux est apportée par un pauvre, et une telle personne souffre souvent d’embarras.
C’est pourquoi le Nom de Hachem se trouve avec elle, faisant allusion au fait que Hachem se trouve parmi les pauvres et les humbles de Son peuple.

-> Selon le Zohar (Vayakél), une personne a de la chance d’avoir la visite d’un pauvre, et on doit voir cela comme si l’on recevait un cadeau de Hachem.

[un pauvre n’est pas un boulet, mais une occasion que D. nous donne afin d’acquérir des mérites si puissants que même un décret de mort sur nous en serait déchiré!]

-> Le Pélé Yoéts (Kavod haBriyot) dit qu’on doit réellement se lever lorsqu’un pauvre passe à côté de nous, car la présence divine est avec le pauvre.

Cela se base sur : « Il [Hachem] se tient à la droite de l’indigent (ev’yon), pour l’assister contre ceux qui condamnent sa personne » (Téhilim 109,31).

[Combien nous devons respecter et veiller à ne pas froisser un pauvre!]

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« Cette pierre que j’ai érigée en stèle sera une maison de D., et tout ce que Tu me donneras, j’en prélèverai régulièrement de la dîme à Ton intention » (Vayétsé 28,22)

Selon rabbi Moché Feinstein (Darach Moché), c’est le fait de prélever régulièrement des actes de bonté (‘hessed) et de tsédaka, comme écrit à la fin du verset, qui va faire d’une maison : « une maison de D. », comme écrit au début du verset.

Rabbi Feinstein d’ajouter : « Même si vous accomplissez de nombreuses autres mitsvot (que la tsédaka), et même si vous n’avez aucune faute en votre nom, votre maison n’a pas le statut de : « maison de D. », tant que le ‘hessed n’y est réalisé. »

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+ Il est intéressant de noter que l’offrande apportée par les pauvres est moindre en taille (oiseau vs. animal domestique), mais en plus :
-> « avec ses plumes » (v.1,17).
Rachi commente : Il n’y a pas d’odeur plus répugnante que celle des plumes brûlées, et pourtant on ne les retire pas du volatile avant de les faire brûler sur l’Autel. Pour quel raison?
Parce que les offrandes d’oiseaux ne sont apportées que par des pauvres n’ayant pas les moyens d’acheter autre chose ; or, sans ses plumes, l’oiseau paraîtrait petit et insignifiant.
Il est donc préférable de supporter cette odeur afin que l’honneur de l’Autel soit rehaussé par l’offrande du pauvre.

Rabbi Yérou’ham Lévovitz (Daat Torah) fait remarquer que par nature les hommes aiment bien se mélanger avec ceux qui sont riches et célèbres, qui sont habillés à la perfection avec classe et dignité (si de telles personnes m’aiment, alors c’est que je suis également quelqu’un de bien!).
Tel n’est pas le cas avec les pauvres, qui ont souvent des habits déformés, les cheveux mal coiffés, une odeur pas toujours agréable. Généralement, les gens tournent leur nez en leur présence, et en sont dégoûtés (je vaux mieux que cela!).
Cependant, Hachem prend l’approche opposée, puisqu’Il recherche la compagnie des pauvres. Par exemple, Il nous demande d’offrir dans Son Temple ce qui a une odeur la plus répugnante possible (les plumes brûlés) par amour et sensibilité à la dignité du pauvre.
Tout spectateur des korbanot devait s’inspirer de cette odeur pour changer sa vision sur les pauvres, et les traiter avec dignité et honneurs.

-> « son jabot avec ses entrailles » (v.1,16)
Rachi commente : Elles ne peuvent pas être offertes sur l’Autel, car contrairement aux animaux nourris par leurs propriétaires, les oiseaux vont librement et mangent tout ce qu’ils trouvent sans s’inquiéter du vol.
[puisque dans le jabot, la nourriture n’est pas tout à fait digérée, on peut encore distinguer le produit du « vol »]
Or, il serait inconvenant de brûler de la nourriture « volée » sur l’Autel.
En revanche, ce problème n’existe pas pour le bétail : leurs entrailles peuvent donc être offertes sur l’Autel.

Rabbénou Bé’hayé dit que cela doit nous inspirer sur la gravité de la faute du vol. De même que Hachem rejette les entrailles des oiseaux de peur qu’elles ne contiennent des traces de nourritures volées, de même Il rejette ce que nous pouvons apporter et qui est souillé par de l’argent volé.
Parmi toutes les fautes (comme la débauche), celle qui a entraîné le Déluge est le vol, et le prophète Yirmiyahou (17,11) écrit sur celui ayant acquis son argent par le vol : « il devra l’abandonner et sa fin sera misérable ».
Cette faute retire une personne de ce monde, lui refuse l’entrée dans le monde à venir, et elle a la particularité d’empêcher l’âme de se connecter à sa Source Divine.

=> « un arôme d’agrément » (réa’h nikhoa’h – v.1,17)
Rachi commente : Il est remarquable que les coûteuses offrandes de bétail et les modestes offrandes d’oiseaux soient pareillement qualifiées : d’arôme d’agrément.
Rachi de conclure : « cela pour t’enseigner qu’il importe peu que l’offrande soit importante ou modeste, pourvu que l’on élève son cœur vers le ciel ».

[il est intéressant de constater qu’un oiseau (tourterelle ou colombe) est déjà beaucoup plus petit qu’un animal domestique tel qu’un mouton ou une chèvre, et en plus on va lui retirer ses entrailles et son jabot, ne laissant les plumes que pour que cela paraisse grand aux yeux du pauvre.
Or pour les 2, Hachem va témoigner de la même appréciation (« arôme d’agrément »).

Le dénuement présent dans la vie d’un pauvre lui accorde davantage d’occasions de se considérer petit et dépendant de Hachem, de Le remercier sur la moindre petite chose, … La quantité n’est pas là, mais la qualité du cœur l’est plus facilement!
A l’inverse, un riche se doit de brûler un sacrifice beaucoup plus important en taille (et valeur), en allusion à tous les nombreux écrans pouvant le séparer de D., par son attitude hautaine et détachée de D. (c’est ma réussite!, mes honneurs!, ma richesse!, …).
La quantité est là, mais la qualité du cœur se doit d’être davantage consumée pour apparaître en toute sincérité (à l’image des animaux domestiques qui brûlaient plus longtemps que les oiseaux, car ayant davantage de matérialité qu’eux!).]

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-> « Qu’il fasse beaucoup ou peu n’importe pas, à condition que son cœur soit tourné vers le Ciel. »
[guémara Béra’hot 5b – é’had amarbé véé’had amam’it oubilvad chéyé’havén libo lachamaïm]

=> Chacun doit servir Hachem selon ses moyens, l’essentiel étant d’y offrir tout son cœur!

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-> « Il est au sujet de l’offrande d’élévation (ola – holocauste) d’une pièce de bétail : « un arôme d’agrément pour Hachem » (iché réa’h ni’hoa’h l’Hachem), et concernant l’offrande d’élévation de volaille, il est dit également : « un arôme d’agrément pour Hachem ».
Ceci nous apprend que, quelle que soit la valeur du sacrifice, l’essentiel est de vouer son cœur à D. »
[guémara Ména’hot 110]

-> « Les sacrifices agréables à Hachem, c’est un esprit contrit : un cœur brisé et abattu, ô D. Tu ne le dédaignes pas » [Téhilim 51,19]
[il n’y a rien de plus entier, qu’un cœur brisé!]

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+ « Lorsque quelqu’un (litt. néféch = une âme) apportera une offrande de farine (korban min’ha) à Hachem » (Vayikra 2,1)

-> Rachi de commenter : Qui est celui dont la nature le pousse à présenter un sacrifice min’ha?
Le pauvre.
Hachem a dit : Je lui en tiens compte comme si c’est sa propre « âme » (néfech) qu’il avait offerte.

-> Rabbénou ‘Haïm Palaggi (Torah vé’Haïm) enseigne :
La Torah est comparable à une offrande …
Quelqu’un qui a de grandes difficultés à étudier en raison de douleur et de souffrances, et malgré cela il va étudier, alors il est loué et glorifié.
A l’inverse, celui qui échoue à étudier la Torah alors qu’il a les capacités d’y investir ses énergies, il n’a pas réalisé son devoir. Il est comme un riche qui offre un sacrifice d’un pauvre.

=> En terme de sacrifices, nous pouvoir voir que le plus important est d’y apporter nos ressources intérieures, et non extérieures!

-> Selon le rabbi Guttman, la Torah nous enseigne qu’en ce qui concerne la Torah ou les mitsvot, l’essentiel n’est pas dans le résultat, mais dans l’effort.
Ainsi, lorsqu’un garçon « pauvre » en capacités va mettre toute son âme dans l’étude de la Torah, ne produisant qu’une maigre farine (à l’image du korban min’ha – cf.Rachi), la réalité est qu’il est bien plus aimé par Hachem, qu’un autre garçon qui est très « riche » en capacités, et qui va produire de magnifiques ‘hidouché Torah mais sans y mettre tout son cœur et toute son âme.
En effet, Hachem n’a besoin de rien, et ne désire que notre âme.

De même dans les mitsvot, il est facile de se laisser aller à la superficialité.
Par exemple : regarde le prix de ma magnifique Ménora! Ceci n’est pas l’essentiel, qui est plutôt le fait de mettre dans la réalisation de la mitsva toutes ses forces, son cœur, sa joie, son intention, …
Il faut chercher à embellir Hachem à l’intérieur de son cœur, et ne pas se suffire de le faire extérieurement.

« Le tout sur l’autel comme holocauste, combustion d’une odeur agréable pour Hachem » (Vayikra 1,9)

Que vient nous apprendre la Torah en liant un sacrifice avec : « une odeur agréable » ?

Une odeur est ressentie de loin. Ainsi, toute chose qui se ressent de loin est appelée « odeur ».

Le sacrifice aussi doit être une bonne odeur car il doit annoncer à l’avance l’amélioration du comportement de celui qui l’apporte à partir de ce jour.
C’est cela l’essentiel de l’offrande : il doit présager du repentir et de la bonification des actions de son propriétaire.

Une personne qui ne fait qu’apporter une offrande superficiellement, sans l’accompagner d’une réelle décision de s’améliorer dans le futur, ce sacrifice n’aura aucune valeur, car cette bonne odeur fera défaut.

Source : le ‘Hidouché Harim

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-> Après que le sacrifice soit égorgé et placé sur l’Autel (mizbéa’h), on observait le feu.
Si Hachem était satisfait par les intentions et les pensées du propriétaire du korban, ainsi que des Cohanim ayant participés à ce sacrifice, alors l’ange Ouriel qui est en charge du feu du mizbéa’h, lui donnait une apparence d’un lion mangeant sa proie.
Tout le monde présent se réjouissait alors.
Un feu plus spirituel descendait sur le mizbéa’h pour symboliser l’acceptation du sacrifice par Hachem. Le propriétaire tremblait et s’élevait plus proche vers D. par la téchouva (renforcé dans sa crainte et amour de D.).
[Zohar – Tsav 32b-33a]

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-> Selon la guémara (Yoma 21b), à l’époque du 1er Temple le feu avait la forme d’un lion accroupi, tandis qu’à l’époque du 2e Temple il avait la forme d’un chien accroupi.

« Lorsqu’un homme (adam – אָדָם) parmi vous apportera une offrande à Hachem » (Vayikra 1,2)

Pourquoi la Torah emploie-t-elle le mot « adam », plutôt que « ich » pour désigner un homme?

-> Selon Rachi, c’est pour nous enseigner que de même qu’Adam, auquel la terre entière appartenait, n’a jamais offert d’animaux volés en sacrifice, ainsi personne ne doit apporter d’offrandes provenant d’un vol.

-> Selon le Ktav Sofer, cela renvoie à l’attitude d’Adam, qui après sa faute, apporta aussi un sacrifice, s’est repenti et il a obtenu par cela d’apaiser son Créateur.

Mais pourquoi le prendre comme référence du fauteur qui calme la Colère Divine par son repentir?

En fait, Adam n’avait qu’une seule mitsva à respecter, et en la transgressant, il passa outre la totalité des lois qu’Hachem lui ordonna.

=> Notre verset vient nous apprendre qu’à l’instar d’Adam, même si un homme a énormément fauté et même s’il a contrevenu à toutes les mitsvot de la Torah, s’il se repent, Hachem lui pardonnera.

-> Le Abir Yaakov rapporte que le terme « adam » désigne uniquement un membre du peuple juif, tandis que « ich » inclut tous les êtres humains.
Or, le sacrifice expiatoire n’existe que pour les juifs, d’où l’utilisation du terme : adam.

En effet, selon le Rabam (Hilkhot Maasé haKorbanot 3,2) : « Les hommes, les femmes ou les esclaves (faisant partie du peuple juif) peuvent apporter tous les sacrifices. D’un non-juif, seuls les holocaustes sont accéptés … mais pas les offrandes de paix, les sacrifices expiatoires et les offrandes de culpabilité. »

« Et si une personne faute par inadvertance … si sa faute qu’il a commise lui est révélée, il apportera son offrande … » (Vayikra 4,27-28)
Rabbi Yo’hanan était en train de marcher à la périphérie de Jérusalem, avec Rabbi Yéhochoua qui le suivait.
Lorsqu’ils ont vu les ruines du Temple, Rabbi Yéhochoua a dit : « Malheur à nous. Le lieu qui expiait nos fautes est détruit. »
Rabbi Yo’hanan lui a répondu  : « Nous avons toujours un autre moyen d’expiation, de réparation qui est équivalent au Temple : le ‘hesséd.
Comme il est écrit : « Je (D.) prends plaisir à la bonté et non au sacrifice » (Ochéa 6,6).  »

[ Avot déRabbi Nathan – chap.4 ]