« Moché envoya des émissaires depuis Kadéch auprès du roi d’Edom : « Ainsi a dit ton frère Israël Tu connais toutes les tribulations qui nous ont accablés. » (‘Houkat 20,14)

=> Comment le roi d’Edom pouvait-il savoir (« tu connais ») que le peuple d’Israël a rencontré de grandes difficultés ?

En fait, nos Sages rapportent que les frères Yaakov et Essav, ont une relation semblable à des vases communicants. Quand l’un s’élève, l’autre tombe.
Ainsi, quand Israël a éprouvé des souffrances sur leur chemin, il est sûr qu’à ce moment Edom (descendant de Essav) connaissait une période de grandes réussites.

De la sorte, Moché dit au roi d’Edom que du fait qu’il a pu constater une grande élévation pour son peuple, il peut en déduire et savoir par cela qu’Israël a alors rencontré des moments difficiles.

[le ‘Hatam Sofer]

« Une vache rousse intègre qui n’a pas de défaut qui n’a pas porté le joug » (‘Houkat 19,2)

Le ‘Hozé de Lublin explique ce verset de la façon suivante :
Celui qui se considère parfait, sans défaut, cela est la preuve que cette personne ne porte pas le joug de la Royauté Divine.
Car celui qui porte véritablement ce joug, ne peut que trouver en lui de multiples défauts.

Ainsi, si quelqu’un pense qu’il « n’a pas pas de défaut », cela prouve « qu’il n’a pas porté le joug ».

« Vous parlerez au rocher » (‘Houkat 20,8)

Hachem a demandé à Moché de parler au rocher (du puits) afin qu’il produise de l’eau.
Qu’est-ce que Moché aurait dû dire au rocher?

Il aurait dû étudier un chapitre de Torah et alors le rocher aurait donné de l’eau.

[midrach Yalkout Chimoni]

« Ceci est le décret (‘houkat) de la Torah, que Hachem a prescrit » (‘Houkat 19,2)

-> Le terme « décret » (‘houka) fait référence à la mitsva de la vache rousse dont la raison n’a pas été révélée au peuple juif.

Le roi Chlomo (le plus sage de tous les hommes) a déclaré à son sujet : « J’ai dit que je deviendrai sage, mais elle [la mitsva de la vache rousse] était loin de moi » (Kohélet 7,23, d’après le midrach Bamidbar rabba 19,3).

=> Même en y mettant toute son incroyable sagesse, il n’a pu la comprendre.

-> Les eaux de la vache rousse avaient 2 propriétés contradictoires : elles purifiaient l’impur et rendaient impur le pur.
Cette mitsva semble contenir un paradoxe mystérieux : purifie-t-elle ou rend-elle impure ?
Le Midrach fait remarquer que seul Hachem, Qui est absolument Un, peut faire cela, car Son Unité permet de réunir les opposés et les divisions.

-> Le Béra’h Moché dit que cette mitsva a été donnée au peuple juif afin qu’il ne devienne pas arrogant, car on ne pourra jamais dire que l’on a une compréhension totale de la Torah, puisque l’explication de cette mitsva ne nous est pas accessible.
Plein d’humilité, nous devons suivre la volonté de D. même quand son sens nous est totalement caché.

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-> La Torah a voulu par l’expression : « Ceci est le décret », faire allusion que quiconque réaliserait ce commandement (de la vache rousse), bien qu’il ne connaisse pas la raison de cette loi irrationnelle, la Torah le considérera comme s’il a accompli toute la Torah qu’Hachem a ordonnée.

En effet, l’accomplissement d’un commandement irrationnel atteste de la foi et de l’acceptation de cette personne d’accomplir toutes les volontés de Son Créateur. »

[Ohr ha’Haïm haKadoch – Bamidbar 19,2]

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-> La mitsva de la vache rousse est une procédure qui fonctionne à l’opposé de toute logique.

Les eaux, confectionnées avec les cendres de la vache rousse purifient ceux qui sont impurs et rendent impurs ceux qui les préparent et qui étaient purs initialement.

L’expression : « Ceci est le décret » vient enseigner : ne crois pas que ce sont les cendres de la vache rousse qui ont un pouvoir purificateur ou impurificateur, mais c’est la volonté d’Hachem qui agit dans le sens indiqué par la Torah.

[Rabbi ‘Haïm Chmoulevitch]

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-> « Avraham dit : … Je ne suis que poussière (afar) et cendre (éfer)«  (Vaéra 18,27)

La guémara (‘Houlin 88b) enseigne que pour avoir dit : « afar » nous avons reçu la mitsva de la Sotah, et pour avoir dit : « éfer » nous avons reçu la mitsva de la vache rousse..

=> Comment comprendre que pour un seul acte d’humilité, Avraham nous a fait mérité 2 mitsvot?

Le Ben Ich ‘Haï (Ben Yéhoyda) apporte la réponse suivante.

Il existe 2 types différents d’humilité : l’humilité du corps et l’humilité de l’âme.

Certains en parlant de sujets spirituels attribuent tout à Hachem, mais dès que cela touche à la matérialité, il sont certains que tout n’arrive que grâce à eux.

D’autres, sont conscients que leur apparence physique, leur force, leur réussite, … provient totalement de Hachem, mais en ce qui concerne leur étude et leur accomplissement des mitsvot, ils s’attribuent tous les mérites.

Avraham a fait preuve d’une humilité à la fois matérielle (son corps est comme poussière, à l’image de tout corps après la mort) et à la fois spirituelle (son âme est comme cendre, élément sans usage).

Le peuple juif a reçu la mitsva de la Sotah qui représente la matérialité (poussière de terre dissoute dans l’eau) ; et la mitsva de la vache rousse pour la spiritualité (les cendres de la vache, ‘hok par excellence).

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-> Pourquoi est-ce que ces 2 mitsvot ont-elle nécessité un mérite pour les obtenir, contrairement au restant des 248 mitsvot positives?

Hachem a fait un miracle afin que l’on puisse facilement constater qu’une vache rousse n’a jamais porté de joug.
Il a placé 2 poils dans sa nuque qui y restent tant qu’elle n’a pas porté de joug, ce qui permet de la déclarer cashère.

De même, Hachem a fait un miracle avec la femme Sotah, afin que son mari puisse avoir un signe clair si elle est de confiance ou pas.
[Amenée au temple, elle suivre une procédure au terme de laquelle, si elle avait effectivement trompé son mari, elle décédait, et sinon elle était bénie de nombreuses bénédictions.]

Le Ben Ich ‘Haï conclut que ces 2 mitsvot sont spécifiques, dans le sens où D. a changé les lois de la nature afin de pouvoir les accomplir.
Nos Sages en ont déduit qu’elles n’ont pu nous être accordées que grâce à un mérite spécial.

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+ Quelques autres explications sur la mitsva de la vache rousse :

1°/ Selon le ‘Hatam Sofer :
Il rapporte un enseignement de la guémara qui dit que les juifs, compte tenu de leur haut niveau spirituel, n’auraient jamais dû commettre la faute du Veau d’or, et c’est seulement Hachem Lui-même qui les a poussés à cette faute pour enseigner à la communauté la force du repentir.

En effet, si une assemblée en venait à fauter, ils se diront que de même que lorsque le peuple a fait le Veau d’or, ils se sont repentis et Hachem les a pardonnés, ainsi eux-aussi en viendront à se repentir et ils seront pardonnés.

Il en ressort que les juifs étaient purs à la base.
Seulement, ils se sont souillés par la faute du Veau d’or malgré leur pureté, pour que d’autres personnes qui seraient impurs suite à leurs pêchés, apprennent d’eux la leçon du repentir et se purifient.
Or, comme le rapporte Rachi, la vache rousse venait expier la faute du Veau d’or.
[la vache, qui est la mère du veau, doit venir nettoyer la saleté de son fils – « Vienne une vache pour faire expier la faute du veau d’or » – cf. Rachi v.19,22].

=> Ainsi, à l’instar de la faute du Veau d’or, les cendres de la vache rousse aussi ont cette même particularité : elles rendent impur celui qui est au départ pur dans le but de purifier l’impur.

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2°/ Selon le Rabbi Mena’hem Mendel de Vorka :
Il disait que le secret de la vache rousse fait écho à la mitsva d’aimer son prochain.
En effet, les cendres de la vache rousse purifiait celui qui était impur et rendait impur celui qui était pur.
Ainsi, le Cohen était prêt à devenir impur et à contracter l’impureté, le tout pour purifier son prochain.

Cela nous permet de comprendre un midrach qui enseigne que Hachem n’a révélé le secret de la vache rousse qu’à Moché et à personne d’autre. En effet, Moché n’a pas seulement accepté de se rendre impur pour son peuple, mais il a été prêt à disparaître totalement (« efface-moi du livre que Tu as écrit (la Thora) »).
C’est grâce à cet acte d’amour absolu, que lui seul a pu atteindre le niveau pour comprendre ce secret de la vache rousse.

-> Nous allons voir un enseignement du Rabbi de Loubavitch permettant de développer l’idée précédente.

D’un côté, le Cohen qui s’affairait à purifier son prochain devenait lui aussi impur, car il devait créer un lien entre lui et la personne impure qu’il allait purifier.
Il devait lui aussi descendre de niveau et se mettre dans la situation d’impureté du juif qu’il allait rendre pur.

Mais d’un autre côté, l’impureté qu’il contractait à cette occasion était plus faible, car elle ne durait qu’un seul jour, contrairement à la personne impure au contact d’un mort, qui allait être purifiée par les cendres de la vache rousse, dont l’impureté s’étendait sur 7 jours.

[La vache rousse renvoie à l’idée que parfois, il faut savoir se jeter (de façon maîtrisée) dans la boue afin de pouvoir relever un frère juif qui y est, et lui redonner alors toute sa dignité.
Certes je me suis sali, mais voir autrui de nouveau propre, pur : qu’elle joie! ]

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3°/ Selon le Baal Chem Tov :
Il explique que la vache rousse symbolise le fait d’accomplir les mitsvot dans un but intéressé, pour obtenir des honneurs par exemple. En effet, la couleur rouge représente ce qui n’est pas pur, à l’instar de celui qui respecte les mitsvot de façon intéressée, dont l’intention n’est pas pure et relève de la couleur rouge.

Nos Sages enseignent qu’au départ, il convient justement de pratiquer la Torah avec des intentions intéressées, car cela est un moyen de se motiver et de rendre plus facile la pratique, qui peut paraître difficile au début.
Mais, le but final est d’en venir à une pratique désintéressée (sans intérêt personnel), uniquement pour réaliser la volonté d’Hachem, et s’il ne le fait pas, cela lui sera considéré comme une faute.

=> La vache rousse qui symbolise le service divin intéressé, purifie l’impur, c’est-à-dire qu’elle permet de rapprocher celui qui vivait jusqu’à présent dans la faute et l’impureté. L’impur devient pur (comme attiré par la carotte).
En revanche, celui qui est arrivé à un niveau de pureté et est déjà bien engagé, alors pour lui, la pratique intéressée sera négative et sera considérée comme une faute relevant de l’impureté.
La vache rousse rend le pur impur : il devra se débarrasser de son intérêt personnel dans l’accomplissement des mitsvot.

[Un enfant a besoin d’être motivé par des sucreries, tandis qu’un adulte n’en a pas besoin puisqu’il sait que c’est ce qu’il doit faire, que c’est pour son bien ultime.
Il en est de même dans la pratique de nos mitsvot, où notre maturité spirituelle se traduit par des actes désintéressés.]

« Toute l’assemblée vit que Aharon était mort et ils pleurèrent Aharon 30 jours, toute la maison d’Israël » (‘Houkat 20,29)

-> D’après le Ramban, après avoir effectué le dernier service de l’après-midi au Michkan, et encore vêtu de ses habits de Cohen Gadol, Aharon a été appelé par Moché à gravir la montagne.
En remettant ses vêtements à Elazar, il lui a également transmis la fonction de Cohen Gadol.

-> Rachi décrit l’enchaînement des événements :
Moché a conduit Aharon dans une grotte où se trouvaient un lit dressé et une lampe allumée.
Puis il a demandé à Aharon de monter sur le lit, d’étendre les bras et de fermer la bouche et les yeux.

En voyant cela, Moché a désiré mourir de la même manière et lorsque son heure est venue, D. lui a annoncé qu’il mourrait de la même façon que son frère Aharon (Dévarim 32,50).

[Le Yalkout Chimoni rapporte qu’une fois que Aharon a donné ses vêtements de Cohen Gadol à Elazar, la présence divine est immédiatement descendue et a embrassé Aharon, et Hachem a alors demandé à Moché de partir.

Rabbénou Efraïm note que « וימת אהרן שם » (« Aharon mourut là » – v.20,28) a la même guématria que : מלמד כי מת בנשיקה (mélaméd ki mét bénéchika – Cela nous apprend qu’il est mort par un baiser (divin) ]

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-> Rachi nous rapporte également :
« Lorsqu’ils virent que Moché et Elazar étaient redescendus et que Aharon ne l’était pas, ils ont demandé : « Où est Aharon ? »
Il leur a répondu : « Il est mort. »
« Se peut-il, ont-ils répliqué, que l’ange de la mort … ait pu le vaincre ? »

Aussitôt Moché invoqua la miséricorde divine, et les anges de service leur montrèrent Aharon étendu sur le lit.
Ils l’ont vu et ont alors cru.  »

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+ « Toute l’assemblée vit » (‘Houkat 20,29)

-> Selon le Min’ha Béloula, la disparition de Aharon a entraîné la disparition de la protection des Nuées de gloire, faisant que le peuple était alors visible à l’extérieur du camp par tous.

-> Le Targoum Yonathan rapporte que Moché a dit : « Honte à moi à propos de mon frère, qui était le pilier de la prière du peuple d’Israël ».

Tout le peuple d’Israël, hommes et femmes, connaissait bien Aharon car il était lié à tous par le biais de ses prières. C’est pourquoi tout le monde le pleura.
[Haémek Davar]

-> On dit que 80 000 jeunes enfants portant le nom d’Aharon assistèrent à ses funérailles.
En effet, Aharon passait son temps à instaurer la paix entre maris et femmes, et en agissant ainsi, il a été responsable de la venue de nombreux enfants au monde.

En signe de gratitude, les parents nommaient leur enfant Aharon.
[Chévet Moussar 37]

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-> « Tu mettras au-dessus de toi un roi » (Choftim 17,15), que la guémara (Kiddouchin 32b) commente : « afin de placer sur toi de la crainte »

Le Rachbatz enseigne qu’en tant que « roi » du peuple juif, Moché devait mener le peuple par de la crainte d’Hachem (pour éviter la faute), tandis que Aharon menait le peuple avec de l’amour d’Hachem.

Ceci peut expliquer pourquoi Moché ne fut pas pleuré par tous, contrairement à Aharon.
Rachi (véZot haBéra’ha 34,8) enseigne : « Moché n’a été pleuré que par les hommes [à qui il avait enseigné la Torah], tandis que pour Aharon qui recherchait la paix et qui faisait régner la paix entre les hommes et entre maris et femmes, la Torah indique : « toute la maison d’Israël » (‘Houkat 20,29) : hommes et femmes.  »

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+ « Sois parmi les disciples d’Aharon, en aimant la paix et en poursuivant la paix, en aimant les créatures et en les approchant à la Torah. » (Pirké Avot 1,12)

-> Aharon était si grand, qu’il peut nous paraître trop difficile d’agir comme lui, c’est pour cela que la michna parle d’être au moins parmi les « disciples de Aharon ».
[le Yarim Moché]

« Alors Israël chanta ce cantique : Monte, ô puits! Proclamez-le! «  (‘Houkat 21,17)

A la fin de ses 40 années d’errance dans le désert, le peuple a chanté un cantique pour le puits qui lui a fourni de l’eau.
Pourquoi seulement maintenant?

-> Rachi (v.21,15) rapporte les faits suivants :
Une embuscade avait été tendue aux juifs s’apprêtant à s’engager dans une gorge profonde, non loin de la frontière moabite : cachés dans des grottes sur le flanc de la montagne, les Amorréens les attendaient pour faire basculer sur eux d’énormes rochers.

A ce moment, D. accomplit un miracle et l’une des parois de la gorge se rapprocha de celle qui lui faisait face, de sorte que les parties en relief pénétrèrent dans les grottes et écrasèrent les Amorréens qui s’y cachaient.

Pour que les juifs aient conscience du miracle, Hachem a amené le puits jusqu’à la gorge et son eau a entraîné le sang et les membres broyés des assaillants pour les disperser aux alentours du campement d’Israël.

En voyant ce spectacle, les juifs ont réalisé ce que D. avait fait pour eux.

C’est alors qu’ils ont entonné le cantique exprimant la gratitude envers Hachem Qui a accordé ce puits, permettant d’abreuver le peuple dans le désert pendant 40 ans.

-> Dans le désert, le puits était le même que celui dévoilé par Yits’hak, et que Yaakov a vu.
C’est une des 10 choses qui furent créées entre le jour et la nuit du 6e jour de la Création (Pirké Avot 5,8).

[Midrach haGadol]

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-> Pourquoi est-ce que le peuple a fait un chant pour le miracle du puits et pas pour le miracle de la manne?

Le puits et l’eau font allusion à la Torah, qui est comparée à l’eau (guémara Taanit 7a).
Le peuple ne chantait pas pour le miracle, mais plutôt pour la Torah qui est comparée à l’eau, et qui est aussi appelée : béér (un puits).

[Ohr ha’Haïm haKadoch]

-> Rabbi Yo’hanan dit que le mot : béér (בְאֵר) apparaît 48 fois dans la Torah, en allusion aux 48 vertus par lesquelles la Torah est acquise (Pirké Avot 6,6).

[midrach haGadol]

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+ Pourquoi Moché n’est-il pas mentionné dans ce chant?

-> A l’ouverture de la mer Rouge, Moché a chanté la Shira, et le peuple a répété après lui, mot pour mot.

Maintenant, après 40 ans dans le désert, le peuple était capable de chanter à Hachem par eux-même, comme le dit le verset : « Alors le peuple chanta ».

[Yalkout Chimoni]

-> A l’ouverture de la mer Rouge, Moché a chanté une Shira à Hachem non pas pour la libération des corps, mais pour celle des âmes des juifs.
De son côté, le peuple chantait pour la libération physique.

Lors du cantique du puits, Moché ne chantait pas de Shira car il voulait voir si le peuple allait chanter de lui-même pour la spiritualité.

Le peuple n’a pas entonné un chant pour la manne car elle était là pour leurs besoins matériels, et l’on fait pour le puits, car il représente la Torah.
Après 40 ans dans le désert, le peuple juif a finalement atteint le niveau que Moché espérait qu’il atteigne.

[ ‘Hen Tov]

Le peuple a réalisé que la Torah est notre connexion directe avec Hachem, qu’étant supérieure à tout, elle doit être louée plus que tout.

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-> Le fait de chanter une Shira apporte une expiation (kappara) des fautes.
[midrach Chir haChirim rabba 4,3]

« Israël chanta ce cantique », et alors « Monte ô puits » : c’est comme si les juifs sortaient des eaux du mikvé et qu’ils en étaient purifiés.

[Noam Mégadim]

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-> La Shira sur le puits est différente de celle à la mer Rouge.

A la mer Rouge, Hachem a accompli un miracle suite à une supplication du peuple afin d’être sauvé d’un grand danger (l’armée égyptienne très nombreuses et surarmée).
En réponse, D. a fait un miracle visible, et c’est alors que le peuple a chanté une Shira.

A d’autres moments, Hachem réalise des miracles indépendants de nos prières.
On peut ne pas avoir conscience que l’on est en danger, et cependant Hachem va réaliser un miracle pour nous sauver.

C’est ainsi que le peuple juif ne savait pas que D. les avait sauvé de l’attaque des Amorréens, et lorsqu’ils ont réalisé cela, ils ont chanté une Shira.

[Kédouchat Lévi]

[ Lorsque dans le monde de vérité, nous prendrons conscience de toutes les bontés, de tous les miracles cachés que Hachem a fait pour nous, nous chanterons d’une joie sans limite (az yimalé tsok pinou), nous deviendrons fou à la vision de tout l’amour que D. a pour nous!

En attendant, avec notre perception limitée des choses, chantons, dansons sur ce qui nous est visible (même si c’est un miracle semblant petit, normal, …), et évitons de nous plaindre (Hachem n’est pas loin de nous, il agit juste dans la plus grande discrétion).

« Hachem dit à Moché : « Fais-moi un [serpent] brûlant et place-le sur une perche, et il adviendra que quiconque aura été mordu le regardera et vivra. » (‘Houkat 21,8)

-> Nos Sages (guémara Roch Hachana 29a) disent : « Est-ce le serpent qui fait mourir ou fait vivre?
En fait, quant ils regardaient vers le haut et soumettaient leur cœur à leur Père Céleste, ils guérissaient ; sinon, ils mouraient »
[Rachi]

-> Selon les lois de la nature, si une personne est mordue par un serpent, il lui est très dangereux de regarder cet animal ou une image le représentant.
Hachem a fait un miracle à l’intérieur d’un autre miracle : la source de la destruction fut la source de la guérison.
Cela nous enseigne que c’est Hachem qui dirige le monde.
[le Ramban]

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-> Le serpent en cuivre ne causait pas la vie ou la mort, mais c’était le fait de tourner son cœur vers Hachem qui avait le pouvoir de guérir.
Si cela était ainsi, pourquoi Moché n’a-t-il pas simplement demandé au peuple de prier, plutôt que d’accrocher le serpent?

L’objectif de la perche était d’obliger le peuple à regarder vers le haut, car lorsqu’une personne regarde vers le Ciel, elle a plus d’intention (de kavana) dans sa prière.
De plus, la vision du serpent entraînait de la peur, ce qui contribuait également à augmenter la kavana.

[le Gour Aryé]

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+ Pourquoi un serpent?

-> Hachem a puni le peuple juif par des serpents car ils ont suivi le chemin du 1er serpent (na’hach akadmoni).

Le serpent a parlé du lachon ara sur Hachem à ‘Hava.
De même, le peuple juif a dit du lachon ara à Moché sur ce que Hachem leur a fait.

[le Béer Mayim ‘Haïm]

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+ Pourquoi était-il placé sur une perche en hauteur?

-> On apprend de là qu’il ne suffit pas au fauteur d’uniquement faire téchouva.
En plus de regretter ses fautes, il doit faire des plans pour le futur, lui assurant qu’il ne retombera pas de nouveau dans la faute.

[Fauter est humain, mais l’essentiel est de ressortir de la boue, de se relever, plutôt que de rester à terre en déprimant d’avoir fauté.
Le serpent était placé en hauteur dans le ciel afin qu’après avoir fait téchouva nous puissions aller de l’avant en « visant la lune », plutôt que de viser la terre en restant confortablement allongé la tête vers le bas. ]

[Tséror haMor]

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+ « [Le peuple dit à Moché : ] Prie Hachem qu’Il retire de nous le serpent (ana’hach) » (‘Houkat 21,7)

-> Rabbénou Yoël fait remarquer que les dernières lettre de : יְהוָה, וְיָסֵר מֵעָלֵינוּ אֶת-הַנָּחָשׁ (Hachem qu’Il retire de nous le serpent) forment : Torah (תורה).
Le peuple juif sera sauvé par le mérite de la Torah.

-> « [Hachem dit :] J’ai créé le yétser ara et J’ai créé la Torah, comme antidote ». (guémara Kidouchin 30b)
Grâce à la Torah, on peut se purifier et se mettre à l’écart du yétser ara.

[shiviti Hachem lénegdi tamid => tant que l’on maintient son regard vers la Torah, alors on est guéri et protégé des effets du yéter ara (le serpent) ]

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-> Hachem a envoyé une multitude de serpents pour attaquer ceux qui avaient fauté.
Pourquoi est-ce que le peuple juif a demandé à Moché de prier pour retirer le serpent (au singulier) ?

Les serpents qui les ont attaqués étaient avec eux depuis leur entrée dans le désert, mais ils ne les ont jusque là pas attaqué.
Le peuple juif a alors pris conscience que ce n’était pas les serpents qui causent des dommages, mais plutôt leurs fautes

En disant : « retire de nous le serpent », ils faisaient référence au yétser ara, qui renvoie au 1er serpent (na’hach hakadmoni).

Ils ont demandé que « le serpent », le yétser ara en eux soit retiré, et Hachem a répondu qu’on ne peut pas totalement le supprimer.
En effet, le yétser ara est nécessaire, car sinon il n’y a pas de récompense.

=> En demandant à Moché de le placer en hauteur, Hachem maintient le yétser ara tout en le mettant à distance du peuple.

[le Ben Ich ‘Haï – Adéret Eliyahou]

[le yétser ara est mis en hauteur afin de toujours l’avoir à l’œil avec l’aide de D., afin de pouvoir le comparer avec le divin, le spirituel.

Cela doit nous inciter à toujours nous interroger sur ce que Hachem attend de nous, à nous rappeler que seul D. est éternel (le yétser ara viendra nous accuser et sera égorgé à la venue du machia’h!), et que la récompense du yétser ara n’est que passagère (comme un oiseau passant dans le ciel), à l’inverse de l’éternité des mitsvot. ]