Le machia’h

+ Le machia'h (par le Sfat Emet) :

-> Même dans cet exil amer qui est le nôtre, nous ne devons pas désespérer.
De même que nos ancêtres ont soudainement été transformés et élevés des profondeurs de l'esclavage [en Egypte] jusqu'aux hauts niveaux des Nuées Divines à Souccot, de même Hachem va nous transformer.
Bien que nous pouvons percevoir que nous ne sommes pas méritants, l'étincelle intérieure dans l'âme de chaque juif va soudainement être réveillée à l'arrivée du machia'h.
Le juif en exil va de nouveau s'envoler au niveau de nos ancêtres, méritant alors de percevoir et de détecter la Présence Divine.
[Sfat Emet - Chémot 5642]

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-> La longueur infinie de cet dernier exil nous assure que lorsque l'ultime délivrance arrivera nous serons comblés de l'infinie bonté d'Hachem.
[Sfat Emet - Vaéra 5643]

-> De même que les souffrances en Egypte étaient un prélude au don de la Torah, et que l'errance dans le désert était un prérequis pour la terre d'Israël, de même l'exil actuel et sa misère sont le prélude pour le machia'h.
[Sfat Emet - Chémot 5641, 5658]

-> L'objectif principal de l'exil est de libérer le potentiel inné de chaque âme juive.
Le mot "galout" (גלות) provient de "hitgalout" (révélation - התגלות), et peut même être lié à "galgal" (une roue - גלגל).
En conséquence de l'exil et de ses multiples expériences, les juifs ont subi tellement de changements (similaire aux tours d'une roue) qu'au final son plein potentiel est mis en premier plan.
[...]
L'exil (galout), qui cause aux juifs d'être dispersés, a comme effet bénéfique d'entraîner que le Nom d'Hachem et Sa souveraineté soient connus à travers le monde entier.
[selon cette approche le terme גלות (exil) est relié aussi à "galouï" (גלוי - la révélation de la Gloire d'Hachem)]
[Sfat Emet - Chemot 5657]

Pessa’h & la guéoula

+ La délivrance finale ne peut pas se produire tant que la signification de la sortie d'Egypte n'est pas pleinement comprise par les juifs.
En trouvant chaque année de nouvelles significations dans le récit de la sortie d'Egypte, nous donnons un ordre à notre compréhension de cette première nuit de notre liberté d'exister en tant que nation, et nous amenons beaucoup plus proche l'arrivée du machia'h et la délivrance finale.

La Torah elle-même nous enseigne l'importance de comprendre la sortie d'Egypte : "Je suis Hachem, votre D., qui vous ai fait sortir de la terre d'Egypte, pour devenir votre D., moi, Hachem votre D." (Chéla'h Lé'ha 15,41) = ce n'est que par cette re-création et cette re-évaluation de notre liberté nationale, que nous appelons un Séder, que nous pouvons atteindre l'objectif de la sortie d'Egypte : faire d'Hachem notre D. et amener la délivrance finale.

Un passage de la Haggada souligne également ce point : "kol yémé 'hayékha léavi limot amachia'h" = [nous devons rapporter le récit de la sortie d'Egypte] tous les jours de notre vie afin d'amener l'époque du machia'h.
[...]

Chaque année, le Séder (ordre) amène réellement un nouvel "ordre" à l'univers ...
Au Séder, nous cherchons à annuler les dégâts résiduels de Amalek en retraçant nos pas qui nous ont menés en dehors de l'Egypte.
En agissant ainsi, nous amenons plus proche de sa réalisation le rêve original d'un monde idéal sous l'autorité claire d'Hachem. En d'autres termes, nous réarrangeons l'univers pour qu'il se conforme davantage aux caractéristiques d'Hachem, lui donnant un nouvel ordre (séder).
Tandis que les dommages d'Amalek ne peuvent pas être annuler tous en une seule fois, l'effet cumulatif année après année de réalisations progressives va au final porter ses fruits comme le prédit la michna : "léavi limot amachia'h" (pour amener l'époque du machia'h).
[Sfat Emet - 5635, 5642]

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-> b'h, voir également : http://todahm.com/2022/03/18/pessah-un-accelerateur-du-machiah

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-> Le fait de mentionner la sortie d'Egypte a le pouvoir de nous inspirer à espérer avec davantage de ferveur à l'ultime délivrance.
[Sfat Emet - 5660]

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-> Le mot : "galout" (exil - גלות) suggère l'objectif de l'exil : "itgualout" (la révélation - התגלות) = la révélation de la vérité intérieure qui est couverte par un aspect en surface trompeur.
En déshabillant la façade extérieure des difficultés, des souffrances et des désespoirs, nous pouvons alors voir la Présence Divine, même pendant les moments d'exil.
[Sfat Emet - 5631]

[plus nous prenons conscience d'un côté de la façade des souffrances de l'esclavage terrible de nos ancêtres, et d'un autre côté de la réalité intérieure d'à quel point Hachem gère tout pour notre bien ultime avec une extrême précision, alors plus nous accomplissons le but de l'exil, et nous provoquons alors la rédemption finale, avec la venue du machia'h]

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-> Les 4 mitsvot du Séder de Pessa'h correspondent aux 4 fautes principales qui ont entraînées la destruction des 2 Temples, et ainsi que des 4 royaumes sous lesquels nous avons été assujettis.
En égorgeant et en offrant l'agneau, qui était un dieu vénéré par les égyptiens, nos ancêtres ont réparé la faute de l'idolâtrie.
En mangeant la matsa, à qui on n'a pas laissé le temps de lever/fermenter, nous expions le fait d'avoir dégradés la mitsva de la procréation en s'engageant dans des relations interdites.
En mangeant du maror, qui a la même valeur numérique que le mot "mavét" (la mort), on se rappelle de l'amertume que nous pouvons causer par le meurtre.
Et enfin, en racontant le récit de la sortie d'Egypte, nous expions pour les fautes dites avec la bouche : le lachon ara et la haine gratuite, qui ont causé la destruction du 2e Temple.
[Sfat Emet - 5662]

[ainsi en réparant les fautes ayant causées la destruction du Temple (1er et 2e), nous rapprochons la venue du 3e Temple avec la venue du machia'h.]

Aussi longtemps que nous sommes en exil, c'est comme si nous sommes morts, et ce sera uniquement la délivrance qui nous ramènera à la vie.
[Sfat Emet - 5653]

En mangeant de la matsa et en buvant du vin la "nuit de protection" (leil chimourim - le soir du Séder), nous continuons le processus de rectification des dégâts qu'a entraîné la première faute [celle d'Adam], et par cela nous rapprochons la destruction finale de toutes les forces du mal dans le monde.
[Sfat Emet - 5663]

[ on peut noter que la guémara (Béra'hot 40a) suggère que le Fruit Interdit qu'a consommé Adam était soit du blé (la source de la matsa), soit du raisin (la source du vin).]

+ L'événement de la libération d'Egypte pendant le mois de Nissan n'est pas une coïncidence.
Selon Rabbi Yéhochoua (guémara Roch Hachana 11a), de même qu'en Nissan s'est déroulée la guéoula d'Egypte, de même dans le futur c'est en Nissan qu'aura lieu la guéoula finale.
Ainsi, le mois de Nissan est le mois de la guéoula.

Cependant, la notion de guéoula ne fait pas uniquement allusion au fait d'acquérir une liberté physique, mais également à une guéoula juive spirituelle et à la capacité de se libérer de l'emprise du yétser ara.
Puisque Nissan est le 1er mois de l'année, cela donne à chacun l'opportunité de se renforcer et de renouveler sa relation avec Hachem et la Torah.
[Rabbi 'Haïm Stein - roch yéchiva de Telshe]

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-> Le midrach (Chémot rabba 15) enseigne : "Lorsque Hachem a choisi Son monde, Il y fixa des raché ‘hodachim (têtes de mois) et des années ; et lorsqu’Il choisit Yaakov et ses enfants, Il y fixa le roch ‘hodech de la Délivrance dans lequel (au cours du mois) Israël a été délivré d’Egypte et dans laquelle plus tard il sera délivré, comme il est dit : ‘Comme aux jours où tu sortis d’Egypte, Je lui ferai voir des merveilles’ (Mi'ha 7,15)".

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-> b'h, voir également : le mois de Nissan - fêter l'inauguration du 3e Temple : http://todahm.com/2022/05/18/le-mois-de-nissan-feter-linauguration-du-3e-temple

Chaque membre d'Israël, selon sa pureté et sa sainteté, possède un aspect du machia'h.
Et l'homme doit veiller soigneusement à ne pas endommager son propre aspect du machia'h, l'essentiel étant de se préserver soi-même de la débauche, et l'on doit se garder beaucoup même de l'odeur de débauche, car ceci porte atteinte à l'aspect du machia'h qu'il possède.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan - 2e Tome - Torah 32]

Le Ciel et la terre sont mes témoins que Hachem est assis et attend que le peuple juif fasse téchouva, plus qu'un père attend son enfant ou une femme attend son mari, afin qu'Il puisse amener la guéoula, reconstruire le Temple qui ne doit plus jamais être de nouveau détruit.
[Tana déBé Eliyahou - fin du chap.31]

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-> Le rav 'Haïm Palaggi (moéd lékol 'haï - ט"ו ג) écrit :
Crois ce que je dis : à chaque fois que je lis cet extrait spécial, mes yeux ne s'arrêtent pas de pleurer.
Comment est-il possible que le Roi de l'honneur (mélé'h hakavod) [Hachem] est [actuellement] en train d'attendre que nous fassions téchouva afin de nous accorder tellement de bonnes choses, tout le bien possible dans ce monde, et tout le monde va après son cœur sans se préoccuper de cela, et personne ne se soucie assez pour dire : "lé'h vénachouva él Hachem" (allons et retournons vers Hachem).

Le monde à Venir dépend de nous

+ La forme qu'aura le monde après la venue du machia'h dépend de nous :

-> Au niveau le plus basique, les jours du machia'h signifient simplement une libération du joug des nations du monde.
Mais en réalité, plus nous nous préparons avant sa venue, plus nous prions, et plus ces jours seront totalement différents.

-> "Et arriveront des années où tu diras : "Je n'ai aucune envie d'eux [de ces jours]" (véigui'ou chanim acher tomar : én li baém 'hefets - Kohélet 12,1)
Rabbi Chimon ben Elazar (guémara Shabbath 151b) explique : il s'agit des jours du machia'h, durant lesquels il n'y aura ni mérite, ni obligation.

=> Ainsi, nos Sages nous apprennent que les jours d'après l'arrivée du machia'h sont appelés : "des jours qui sont indésirables" (yamim ché'én baém 'héfets).
L'idée est qu'une fois arrivé, on ne pourrait plus se changer et prendre une nouvelle identité : un tsadik ne deviendra pas un racha, ni un racha ne deviendra un tsadik.

-> Par exemple nous ne pourrons plus faire téchouva.
Le Rambam (Hilkhot Téchouva 7,4) enseigne : "Une personne qui a fait téchouva est aimée et chérie par D., comme si elle n’avait rien transgressé."
Selon les Pirké avot (4,17) : "Une heure de téchouva (repentir) et de bonne action en ce monde est plus belle que toute la vie du monde à venir".
Le 'Hidouché haRim de commenter : "Cela est également la punition du monde à venir.
Combien grande sera notre honte lorsque nous réaliserons ce que nous aurons alors perdu : une opportunité d'obtenir [pour l'éternité] une chose meilleure que tout le monde à venir."

-> Une fois que le machia'h sera là, il sera trop tard (plus de téchouva, plus de possibilité de gagner des récompenses infinies souvent très facilement, ...).
Cette réalité est valable aussi bien à un niveau individuel que collectif.
[ ex: chaque mitsva est une possibilité d'être pour l'éternité davantage proche de notre papa Hachem. Ainsi, plus nous sommes méritants, plus nous permettons à Hachem d'être proches de nous, de davantage pouvoir le percevoir, qu'Il puisse nous verser davantage d'infinies bénédictions, ... (et ce pour l'éternité du monde à Venir!)
ex: les mitsvot que nous faisons dans ce monde seront nos habits dans le monde futur, alors imaginons la honte que nous pouvons faire à Hachem d'avoir un peuple si mal habillé!
Ce monde est un bref moment de préparation, qui va définir de notre aspect spirituel pour toujours.
Tant que le machia'h n'est pas là, en une seconde de téchouva sincère tout est réparé, sinon par exemple on pourra sentir mauvais éternellement à cause de certains actes contraires à la Torah qu'on aura pu faire sans s'amender dessus.
(ou bien on aura pleins de tâches immondes)

=> Il en résulte que maintenant nous construisons la réalité que sera le peuple juif, ainsi que nous personnellement, et cela pour l'éternité.
Hachem nous a promis la venue du machia'h et le monde à Venir, mais l'apparence que cela aura, cela dépend de notre comportement dans ce monde. Après il sera trop tard!]

-> Le 'Hafets 'Haïm, citant le Gaon de Vilna, dit que l'intervention Divine que nous recevrons lorsque le machia'h viendra va dépendre d'à quel point nous nous serons préparés auparavant.
Individuellement également, nous ne ressentirons pas tous d'une façon identique le machia'h, tout va dépendre d'à quel point on aura fait des efforts pour se préparer en étant un récipient apte à affronter les niveaux de sainteté très élevés que cette période va nous offrir.

-> Le Sforno (Chir haChirim 8,9-14) explique clairement que si nous ne modifions pas notre mauvais système de valeur de l'exil (celui des non-juifs) par celui des véritables priorités selon la Torah, alors même lorsque nous mériterons le Temple, nous ne le mériterons alors qu'à un niveau limité.
[on doit certes demander à Hachem de nous amener le Temple, mais on doit surtout prendre conscience qu'à chaque bonne action, chaque étude de Torah, chaque prière, chaque téchouva, ... en réalité nous sommes en train d'embellir davantage le Temple, et le monde à Venir (individuellement et collectivement).]

-> Le 'Hatam Sofer enseigne que la réelle manière dont le Temple sera construit et la qualité de la guéoula sont totalement dépendantes d'à quel point nous aurons aspiré à cela au préalable.
De cela, il explique pourquoi le 2e Temple a été fait par l'homme et était transitoire, et que le peuple d'Israël n'a pas mérité une guéoula complète à cette époque.
La raison est parce qu'avant la construction du 2e Temple, le peuple juif n'a pas suffisamment aspiré pour la guéoula.

Le 'Hatam Sofer écrit que c'est pourquoi, rabbi Yo'hanan ben Zakaï, qui a vécu après la destruction du 2e Temple, a institué de faire des choses "en souvenir du Temple" (zékher léMikdach), et ce afin de nous aider à se rappeler du Temple et nous obliger à le désirer.
A travers le souvenir, puis le désir, nous serons méritants du Temple qui viendra tout construit du Ciel, qui durera éternellement.

[on a tendance à demander : quand est-ce que le Temple sera reconstruit? quelle est la date du machia'h?
Mais en réalité, c'est notre fait d'y aspirer qui va permettre sa venue, et surtout lui donner l'aspect qu'il aura.
On voit que selon le 'Hatam Sofer si les juifs avaient davantage aspiré à avoir le 2e Temple reconstruit, il aurait pu l'être de façon éternelle (donc plus majestueux), et mériter la guéoula.
Le 'Hatam Sofer enseigne qu'à notre niveau plus nous travaillons notre désir du machia'h, du Temple, de la guéoula, ... , plus vite nous mériterons de les avoir et surtout sous une forme qui sera infiniment meilleure.]

[Ainsi, il est une réalité certaine : le machia'h, le Temple vont arriver.
Actuellement, par nos actions, pensées, ... de chaque instant nous avons la capacité d'en définir la forme.
A quel point la guéoula sera éclatante? A quel point personnellement nous sera capable de percevoir la guéoula, le machia'h? A quel niveau spirituel serons-nous, individuellement et collectivement, pour l'éternité suite à la venue du machia'h? ...
Tout cela est encore entre nos mains, et nous pouvons faire en sorte que cela soit le plus sublime possible, pour nous, mais surtout pour Hachem (car plus son peuple sera à un niveau spirituel élevé, plus il aura de beaux habits spirituels, de proximité avec D., et plus ainsi Hachem en sera glorifié devant le monde entier).
Ainsi, non seulement on doit aspirer toujours plus au machia'h, mais on doit aussi faire de notre mieux pour que cette réalité imminente soit la plus belle possible grâce à notre attitude actuelle!]

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-> Le plus nous ressentons l'obscurité et les difficultés de notre exil, le plus nous pourrons apprécier la transformation complète que le machia'h apportera.
[Maharal - Nétsa'h Israël - chap.1]

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-> Le rav Eliyahou Dessler explique que l'objectif de la période qui va précéder la venue du machia'h est de nous réveiller à davantage se préparer pour le machia'h.
Il est dit que le machia'h arrive d'une façon soudaine, avant que nous ne le réalisions et que nous nous y préparions.

[Le rav Israël Moché Sorotskin ajoute : Une des raisons pour lesquelles il est si vital de se préparer au machia'h, et que ce que nous percevrons suite à sa venue dépend de notre préparation.
Plus on se sera préparé en fonction de nos capacités, plus on pourra vivre cette expérience à un niveau spirituel plus élevé.
L'idée est que lorsque le machia'h arrivera notre âme ne sera pas transformée en quelque chose de plus élevée que ce qu'elle n'est à ce moment.
Ainsi, si nous désirons vivre les jours du machia'h au niveau le plus élevé possible, alors nous devons nous y préparer dès maintenant en exil.
Sinon, que D. nous en préserve, la venue du machia'h ne nous apportera que très peu de choses.

On peut comprendre cela d'une comparaison de gens qui prient au Kotel.
De nombreuses personnes y sont physiquement présentes proches les unes des autres, mais au niveau spirituel ces personnes peuvent être extrêmement éloignées. Certains seront très attachées à la sainteté (vidant leur coeur à Hachem, conscientes de la grandeur du lieu, ...), d'autres bougeront les lèvres tout en prenant des photos, et d'autres n'ont aucune attache à la kédoucha, n'étant là que physiquement dans un lieu touristique comme un autre.

Nous voyons de là qu'une personne peut se trouver dans les endroits les plus saints, avec une grande opportunité potentielle d'en être influencée positivement, mais pourtant ce qu'elle va en tirer, combien elle va gagner va dépendre d'à quel point elle va être un réceptacle capable d'absorber la sainteté de l'endroit.
On parvient à cela en combattant l'attrait de ce monde, et en élevant continuellement son aspiration vers la spiritualité.
[si nous ne travaillons pas de notre mieux pour développer en nous des capteurs, des réceptacles, à la sainteté, nous ne pourrons pas capter l'incroyable sainteté et spiritualité que la venue du machia'h amène au monde.] ]

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+ Enseignement fondamental du Maharal :

=> Cette réalité de ce que nous serons avec la venue du machia'h peut effrayer, et même nos Sages du Talmud disent que ce sont des : "jours qui sont indésirables".
En effet, nous sommes loin d'être parfaits, et cela peut faire peur d'arriver à un niveau très en-deçà de ce qu'on aurait pu faire de notre vie? De même, quelle honte aura-t-on également sur certains de nos actes sur lesquels nous n'aurions pas fait téchouva? ...
(car après tout on parle d'éternité et de jugement devant Hachem, dont rien ne Lui échappe (aucune de nos pensées, de nos actes, ...).

-> Le Maharal (Nid'hé Israël פמ"ו) fait une précision qui change tout :
après la venue du machia'h, certaines personnes auront toujours la capacité de se développer et d'élever leur niveau. Il s'agit des personnes, qui bien qu'en exil, se sont toujours efforcées de s'améliorer.
Lorsque les jours du machia'h arrivent, de telles personnes seront capables d'atteindre les niveaux, vers lesquels elles aspiraient tout en étant en gualout (exil), même si alors elles n'ont pas réussi à y parvenir alors.

-> Le rav Israël Moché Sorotskin commente à ce sujet :
Une personne doit être capable de déclarer en toute sincérité qu'elle désirait véritablement faire la volonté d'Hachem et qu'elle a fait tout ce qu'elle pouvait pour le faire dans les limites imposées par le fait d'être en exil.
Lorsque le machia'h viendra, Hachem dira à une telle personne : "Tu seras maintenant ce que tu aurais été sans les distractions et les difficultés, sans le yétser ara et l'esclavage de la galout (exil)".
Puisque son souhait le plus cher était de faire la volonté d'Hachem et qu'elle a essayé de son mieux, cette personne récolte les "fruits de son travail", quel que soit son niveau réel lorsque le machia'h arrive.

Mais une personne qui n'a pas un désir authentique d'être proche d'Hachem alors qu'elle est en exil, et qui n'essaie même pas d'atteindre cette proximité, alors une telle personne ne peut espérer atteindre la grandeur [spirituelle] après que le machia'h n'arrive. Il sera trop tard.

Le moment : c'est maintenant.
Aujourd'hui est l'opportunité de faire de notre mieux, de faire ressortir nos sentiments les plus forts et les plus profonds en servant Hachem du meilleur de nos capacités.
Cela nous permet d'un côté de se connecter avec les jours du machia'h, déjà maintenant tout en étant en exil, et également de récolter les fruits de notre travail lorsque le machia'h viendra.
A ce moment, Hachem va nous élever à ces hauteurs élevées vers lesquelles nous nous sommes efforcées d'atteindre alors que nous étions en exil, et Il va même nous récompenser pour L'avoir servi à ces hauteurs.

[on comprend pourtant le yétser essaie tant de nous pousser à désespérer (ex: regarde ton âge, c'est trop tard pour te mettre à fond dans la Torah, alors laisse tomber), à réduire nos attentes spirituelles (ex: pour qui tu te prends, tu n'es pas baba salé?!).
Mais tout ceci est complétement faux!

Au contraire, Eliyahou haNavi dit : "Chacun de nous est obligé de se demander : Quand est-ce que mes actions atteindront celles de mes Patriarches : Avraham, Its'hak et Yaakov" (Tana déBé Eliyahou 21).
Au regard de ce qu'on vient d'aborder, cela prend une lumière incroyable : au niveau simple, en visant infiniment haut au final je vais arriver plus haut que sans ambition (car j'aurai investi davantage, et également du fait que Hachem aide dans le chemin où une personne s'engage [en bien ou en mal]).

Mais le sens plus profond est : si de même que j'attends tous les jours le machia'h, de même tous les jours mes actions aspirent à atteindre celles des Patriarches (Avraham, Its'hak et Yaakov), alors même si j'ai des capacités très faibles, le jour où viendra réellement le machia'h alors Hachem me donnera les possibilités d'atteindre réellement le niveau des Patriarches.
Si sincèrement et concrètement, je vis un accord avec cette haute aspiration en faisant de mon mieux pour Hachem, dans le cadre de la vie que D. m'a octroyé dans cet exil, alors grâce à cela j'aurai un monde à Venir où je serai en compagnie des Patriarches (puisqu'ayant alors un niveau tendant vers le leur).
A l'inverse, plus j'écoute mon yétser ara, qui fait que mes désirs/ambitions spirituels sont quasi inexistants, alors l'arrivée du machia'h fera que j'aurai un niveau qui restera le même qu'auparavant, je perds alors cette faculté d'ascension (puisque dépendante de nos ambitions spirituelles d'avant machia'h).]

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-> Sur le fait qu'avoir une grande ambition spirituelle peut nous faire gagner beaucoup, on trouve un exemple quelque peu similaire :
Il est écrit : "Vous vous tenez aujourd'hui, vous tous, devant Hachem votre D." (Nitsavim 30,9).

Le Toldot Yaakov Yossef explique que notre inscription dans le livre des tsadikim ou des réchaïm n'est pas basée sur le passé, mais plutôt sur nos plans actuels pour l'année à venir.
Quoiqu'on a pu faire de notre année passée, si à Roch Hachana nous exprimons à Hachem une sincère ambition de tendre autant que possible vers le tsadik qui est en nous, alors nous serons inscrit dans le livre des tsadikim.
=> Nous ne devons pas avoir de complexes, car le Jugement n'est pas sur ce que l'on a été, mais plutôt sur ce que nous voulons être.
Ainsi, plus nous développons notre envie sincère de grandir Hachem par nos belles actions pendant l'année à venir, plus Hachem les comptant pour déjà parfaitement réalisées, nous considérera à Roch Hachana comme un incroyable tsadik.

==> D'une façon similaire, nous devons attendre chaque jour la venue du machia'h avec d'énormes ambitions sincères dans la Torah, dans le service d'Hachem, dans le fait de s'améliorer, ... , car ainsi Hachem nous permettra d'être en mouvement vers ces ambitions, alors que sinon nous serons figés au niveau réellement atteint lors de la venue du machia'h.

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Nos Sages comparent la délivrance d'Egypte avec la délivrance finale (guéoula) :
-> Si en Egypte les 4/5e des juifs sont morts pendant la plaie de l'obscurité, pourquoi le 1/5e restant a-t-il été sauvé?
En effet, même ce 1/5e était ancré dans le 49e niveau d'impureté (sur un total de 50!). Quel a été leur mérite?
Le Chem miChmouël répond : c'est parce qu'ils désiraient être bons, et cela a suffit pour leur faire mériter des miracles.

[en ce sens même le pire racha qui a de la émouna, une envie sincère de s'améliorer, il pourra bénéficier de la guéoula. ]

-> Dans la paracha Bo : pourquoi Datan et Aviram ne moururent-ils pas durant la plaie des ténèbres comme tous les "mauvais" juifs qui moururent pendant ces 3 jours?

Le Roch explique que c'est parce que bien que réchaïm, ils ne désespérèrent jamais de la délivrance.
Cela pour nous enseigner que même un racha comme Datan ou Aviram, parviendra à se corriger entièrement s'il ne désespère pas de sa propre délivrance (la ''sortie d'Egypte'' personnelle de son
âme en exil).
Car : "Israël, bien qu'il ait fauté, s'appelle toujours Israël" (guémara Sanhédrin 44a).

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-> b'h, à ce sujet : nécessité de le demander : http://todahm.com/2018/08/08/construction-du-temple-venue-du-machiah

Nécessité de demander le machia’h

+ Nécessité de demander le machia'h :

-> Nos Sages rapportent qu'à l'époque du roi David, il y a eu une épidémie qui a duré une heure, et qui a tué 70 000 personnes.
Une raison à cette punition est parce que le roi David a compté le peuple juif.
Mais nos Sages donnent également d'autres raisons à cela.

Le midrach Shocher Tov (Téhilim 17) et le Ramban (Kora'h 16,21) apportent la raison suivante :
à cette époque, le peuple juif n'avait pas encore eu de Temple, et ils ont fauté de ne pas avoir demandés qu'il soit construit immédiatement à leurs jours.

[le commandement de construire le Temple a été donné dans la Torah, et à la génération du roi David tout ce qui était nécessaire pour cette tâche était en place. Le peuple a alors été puni car ils auraient dû supplier Hachem pour que ce 1er Temple soit construit, mais ils ne l'ont pas fait.]

Le midrach Shocher Tov poursuit :
"de ce sujet on en déduit à plus forte raison (kal va'homer) que : si le peuple juif à cette période, qui n'avait jamais eu de Temple et qui n'a pas vécu sa destruction, ont malgré tout été puni parce qu'ils n'ont pas demandé de voir sa construction, alors à combien plus forte raison pour le peuple juif de nos jours, qui est déjà passé par sa destruction, s'il ne pleure pas pour le Temple et qu'il ne prie pas pour sa reconstruction."

[ de même, lorsque nous voyons que pratiquement tous les signes annonciateurs de la venue du machia'h sont présents, cela doit nous stimuler à aspirer et à prier davantage pour la construction du 3e Temple, et la guéoula.
Ce midrach nous montre que Hachem peut nous envoyer des malheurs dans un but de nous réveiller à vouloir et à prier pour la guéoula. (plus vite nous le ferons, moins Hachem aura besoin de mettre un volume fort au réveil, aux malheurs alors nécessaires pour nous réveiller à revenir vers notre papa Hachem)]

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-> Le Ramban écrit que le roi David est appelé : "boné" (constructeur) du Temple, bien qu'il n'en a posé aucune pierre.
Ainsi, il est crédité de la construction du Temple car il l'a désiré et qu'il a fait tout ce qu'il pouvait pour faciliter sa construction.

Rabbi Israël Moché Sorotskin ajoute à cela :
Il est important de se rappeler qu'il y avait un Michkan à l'époque du roi David, un saint lieu où les korbanot étaient apportés et où la Présence Divine résidait.
Cependant, un Michkan n'est qu'un "lieu temporaire".
Le Chaaré Ora, un élève du Ramban, explique que le roi David ressentait une douleur sur le fait que la Présence Divine n'avait pas un lieu de résidence permanent.
C'est pour cela que le peuple juif a été puni par une épidémie (à l'époque de David), bien qu'il y avait un Michkan
En effet, ils auraient dû eux aussi supplier pour un Temple, et cela afin que la Présence Divine puisse avoir un lieu de résidence permanent.

[dans le Shéma Israël, nous disons dès le début : "Tu aimeras Hachem ton D. de tout ton cœur, de toute ton âme, avec tout ton pouvoir"
On voit qu'à l'époque du roi David alors que la Présence Divine avait une résidence temporaire, les juifs ont été punis de ne pas avoir désirés qu'Hachem ait une maison permanente (le Temple), et qu'en est-il de nous actuellement, car : "Depuis le jour où le Temple a été détruit, la seule chose que Hachem a dans ce monde est les 4 amot de la Halakha" (guémara Béra'hot 8a).
Ainsi, si nous aimons véritablement Hachem (comme nous l'enjoint le Shéma Israël), comment pouvons-nous accepter une seule seconde la situation actuelle? Comment pouvons accepter de rester en exil, et donc loin de notre papa Hachem qu'on aime tant? Comment pouvons-nous accepter que la gloire Divine ne soit pas plus manifeste dans le monde, que la sanctification d'Hachem ne soit pas maximale?
Comme nous le disons dans le Shéma Israël, nous devons être prêts à renoncer à tout cela par amour pour Hachem (ex: toute ma fortune, toute ma position sociale, toute ma possibilité facile d'acquérir des récompenses par les mitsvot en ce monde, ... Hachem, je ne penses à rien que Ton honneur, je ne veux rien que Toi, que tout le monde Te connaisse et T'aime.)

=> Ainsi, plus que d'investir autant d'efforts pour savoir quand le machia'h va venir, nous devons investir toutes nos capacités pour le désirer principalement pour Hachem, car de façon latente aspirer au machia'h est une déclaration d'amour concrète de notre part à notre papa Hachem.]

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-> Le 'Hatam Sofer enseignait à sa communauté que la paix n'est pas forcément une bonne chose. Nous ne voulons pas se sentir trop confortable dans l'exil, car cela peut être un signe qu'on va y rester encore longtemps.
En effet, tant que l'on se sent mal à l'aise dans l'exil, alors nous pouvons espérer que Hachem prévoit rapidement de nous ramener à notre place.

Le Messekh 'Hokhma disait également que l'inconvénient de se sentir trop confortable, à l'aise, dans l'exil est qu'on en vient à oublier que notre véritable maison est la terre d'Israël. Et alors nous n'aspirons plus à y retourner.
[dans Sa bonté infinie Hachem fait que même l'exil nous soit le plus agréable/confortable possible. Mais le risque c'est qu'on se dise que c'est plutôt bien, et du coup on ne demande plus de tout notre cœur à Hachem d'amener la guéoula, et de revenir à notre vraie et unique maison (Jérusalem reconstruite avec le Temple). ]

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-> "Après cela, les enfants d'Israël se remettront à rechercher Hachem, leur D., et David, leur roi" (Hochéa 3,5)
Nos Sages expliquent que nous avons perdu la Malkhout Chamayim (Royauté du Ciel), Malkout Beit David et le Temple, car nous avons été dégoûtés par eux.
C'est pourquoi, rabbi Chimon ben Ménassiya (un important élève de Rabbi Méïr) dit : "nous ne les recevrons pas tant que nous ne les demanderons pas en retour".

[plus nous nous rendons compte d'à quel point le Temple nous manque, d'à quel point nous voulons que la Royauté d'Hachem soit manifeste dans le monde, ... alors plus nous la demanderons sincèrement à Hachem.
Certains affirment que c'est pour cela que Israël, Jérusalem et le mont du Temple, sont tellement souvent aux informations dans le monde : c'est un rappel d'Hachem pour nous demander que même si nous sommes au quotidien en exil, nous ne devons pas les oublier.

D'ailleurs, le roi David écrit : "Comment chanterions-nous l’hymne de Hachem en terre étrangère? Si je t’oublie jamais, Jérusalem, que ma droite me refuse son service! Que ma langue s’attache à mon palais, si je ne me souviens toujours de toi, si je ne place Jérusalem au sommet de toutes mes joies!"
Ainsi, même si grâce à D. on a de très bons moments en exil, on doit garder en tête que le sommet de la joie c'est Jérusalem reconstruite!
(à l'image du verre que l'on brise au comble de la joie du mariage) ]

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-> Rav Lipa Yisraelson, un neveu du rav 'Haïm Kanievsky, rapporte qu'il a récemment demandé au rav Kanievsky : "Mon oncle n'arrête pas de dire que : 'Machia'h est au coin de la rue' ...Pourquoi ne voyons-nous pas le machia'h?"
Le rav Kanievsky a répondu : "Est-ce que quelqu'un est déjà entré dans votre maison sans y être invité? Un invité peut se tenir juste devant notre porte, mais nous devons lui demander d'entrer! Nous devons prier pour le machia'h!"

-> Le 'Hafets 'Haïm dit que nous ne devons pas uniquement demander le machia'h comme quelqu'un qui demande une faveur à un voisin ou à un ami.
Mais plutôt, nous devons réclamer ou exiger le machia'h, comme on le ferait si on travaillait pour quelqu'un et qu'on n'était pas payé, et que notre famille en était affamée.
Nous ne devons pas le faire à la légère, mais plutôt d'une façon désespérée (c'est une question de vie ou de mort [spirituelle]!).
Le machia'h, nous devons le demander, le supplier, ... de tout notre être.

=> Notre mission est claire : nous devons inviter le machia'h à l'intérieur de notre vie.
[à l'image de l'air qui nous est indispensable pour vivre, sa venue (et ce que cela implique) doit être à nos yeux vitale! ]

Se préparer pour le machia’h

+ Se préparer pour le machia'h :

-> "Je vous ai séparés d'avec les peuples pour que vous soyez à moi" (Kédochim 20,26)

-> Rachi (citant le Yalkout Chimoni) commente : "Si vous restez séparés d'eux (des autres nations), vous êtes à moi, et sinon vous êtes à Nabuchodonosor et à ses semblables".

-> Le rav Aharon Kotler disait au nom du 'Hafets 'Haïm que lors de la dernière guerre (avant machia'h), uniquement ceux qui seront connectés aux valeurs de la Torah, qui seront totalement déconnectés des [valeurs des] nations du monde seront sauvés.

Le rav Nathan Wachtfogel ajoutait qu'il a une tradition que lui a transmis le rav Yéhochoua Leib Diskin que la dernière bataille avant la venue du machia'h, il sera sauvé tout juif qui se sépare des non-juifs, qui n'a pas de lien avec sa culture, ses intérêts, ses journaux, sa musique et ses livres.
Hachem dit à propos de telles personnes : "vous soyez à moi", et les non-juifs non aucune autorité sur eux.

-> Le rav Yérou'ham Lévovitz (Daat 'Hokhma ouMoussar) écrit que souvent les gens traite avec légèrement ce que la Torah voit comme fondamental.
Il donne l'exemple que de nombreuses personnes ne pensent pas que le fait d'interagir avec des non-juifs soit si problématique que cela.
Mais en réalité : "lorsqu'on aborde ce sujet, quelle est la préoccupation essentielle de la Torah? Sur quoi Moché nous met-il constamment en garde? Ne pas se mélanger avec les non-juifs et ne pas apprendre de leur manières."

-> Le rav Israël Moché Sorotskin enseigne :
Au-delà d'agir comme eux, le fait d'avoir les mêmes valeurs et d'idéaliser la société non-juive, est une manifestation du fait "d'être comme les nations".
[...]
La limitation avec les non-juifs va plus loin que des actions de surface.
En apparence on pourrait ne rien avoir à voir avec la culture non-juive, mais cela se manifeste dans ce que nous estimons, dans les choses qui captent note attention et dans les poursuites dans lesquelles nous investissons notre énergie.

Un non-juif valorise ce monde-ci en tant que tel. C'est son objectif final et le centre de son attention.
D'un autre côté, un juif valorise le monde à Venir, et reconnaît ce monde comme une existence secondaire.

Malheureusement, aujourd'hui nos façons de penser sont confuses. L'importance excessive que nous accordons aux plaisirs matériels de ce monde provient du fait qu'on valorise ce monde-ci, d'une façon identique aux non-juifs.
L'attention que nous donnons à ces parties physiques de la vie est complètement en désaccord avec ce que nous sommes en tant que juifs.
La nourriture, les habits, la décoration de la maison, les vacances, ... tout cela peut nous assister dans notre service d'Hachem. Mais si une personne n'est pas assez vigilante, la poursuite de ces commodités/conforts va à la place l'éloigner d'Hachem.
[il existe la notion de : "juif non-juif" : un juif qui se conforme à la loi juive, mais qui dans ce cadre va se comporter et penser d'une manière non-juive.]

Nous luttons tous contre l'attrait de la matérialité.
La très forte attraction pour ce monde-ci est actuellement le piège principal de l'exil.
Hachem nous fait vivre parmi les non-juifs, parmi leurs attitude et leur vision qui nous influencent, et cela constitue une épreuve pour nous. Plutôt que d'être focalisés sur la spiritualité, nous sommes pris par l'aspect matériel de notre vie.
L'importance que l'on accorde à la matérialité et à l'aspect physique des choses [au-delà de ce qui nous est strictement nécessaire], est classifié comme "agir comme un non-juif".

[ dans les bénédictions du matin nous disons : "chélo assani goï" (qui ne m'a pas fait non-juif), et non pas : "qui m'a fait juif". Pourquoi cela?
Hachem nous fait exister en tant que "non non-juif", ensuite c'est à nous d'avoir une comportement, une façon de voir les choses qui soient "juive" (et donc à l'image d'Avraham, à l'encontre de la manière de penser et d'aborder la vie que peut avoir le monde environnant non-juif).

Il est intéressant de se questionner :
- concernant notre vie éphémère dans ce monde : face à une grave épidémie on va prendre conscience de la nécessité de prendre des mesures pour éviter de tomber gravement malades, voir de risquer d'en mourir.
- concernant notre vie éternelle dans le monde à venir : En ce qui concerne notre spiritualité, est-ce qu'on a des sentiments d'une même intensité? Est-ce que nous investissons et protégeons autant notre spiritualité que nous pouvons le faire pour notre matérialité? ]

[au contact de l'environnement non-juif, notre yétser ara nous fait mélanger l'ordre des priorités : la finalité est d'amasser un maximum de spiritualité, et la matérialité n'est qu'un outil au service de cet objectif.
Le 'Hafets 'Haïm fait remarquer qu'on a tendance à investir tellement d'efforts pour bien vivre dans ce monde (qui n'est que temporaire), mais on pense très peu à investir et préparer notre mort (là où l'on va résider pour l'éternité, surtout qu'après notre mort on ne pourra plus rien embellir!).
En ce sens, le milieu non-juif met tellement l'accent sur la notion de "carpé diem" (profite, kiffes ce que ce monde propose car demain tu n'existeras plus), alors qu'un juif doit voir les choses totalement différemment : "nous sommes éternels, et ce monde très temporaire est consacré pour accumuler un maximum de ressources pour alimenter notre vie éternelle". ]

Le Beit haLévi affirme que la pire forme de réprimande est lorsque l'on montre à une personne à quel point ses actions étaient contradictoires.
[ex: Comment pouvons-nous attendre sincèrement la venue du machia'h à tout moment, et d'un autre côté avoir une vision non-juive en investissant, en donnant de l'importance, plus que nécessaire à la matérialité, au détriment de la spiritualité?]

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-> Il y a plus de 2 500 ans, le prophète Yé'hezkel nous a rapporté que Hachem lui a dit : "si le peuple juif dira : "Devenons comme les nations, comme les familles des [autres] pays!"... Par ma vie, dit Hachem, je jure que d'une main puissante (béyad 'hazaka - בְּיָד חֲזָקָה) et d'un bras étendu (biz'roa nétouya - בִזְרוֹעַ נְטוּיָה) et d'un courroux débordant (bé'héma chéfou'ha - בְחֵמָה שְׁפוּכָה), je me comporterai en roi à votre égard!" (Yé'hezkel 20,32-33).

-> Le rav El'hanan Wasserman (maamar Ikvéta déMechi'ha) a écrit avant la 2e guerre mondiale que nos Sages nous expliquent :
- yad 'hazaka = signifie "déver" = Hachem enverra des maladies (punition du Ciel) ;
- zéroa nétouya = signifie " 'herev" = des pogroms (punition des gens) ;
- 'héma chéfou'ha = cela comprend des choses incroyablement terribles (que D. nous en préserve).

-> Le rav El'hanan Wasserman ajoute que les punitions viendront dans cet ordre.
Si nous pensons que nous pouvons agir comme les non-juifs, d'abord Hachem nous enverra une maladie "du Ciel" (min haChamayim).
Si nous n'écoutons pas ce message, Hachem nous enverra un pogrom "par les gens".
Si cela ne suffit pas à nous réveiller, alors (que D. nous en préserve) cela va continuer jusqu'à " 'héma chéfou'ha" (des choses incroyablement terribles).

[ainsi, plus nous prenons garde à prendre nos distances avec la façon d'aborder la vie des non-juifs, plus nous nous évitons de mauvaises choses que Hachem devra nous envoyer pour nous séparer d'eux.
Soit on le fait de nous même, soit on le fera dans la douleur, par la contrainte.]

[en ce sens également, nos Sages (guémara Sanhédrin 97b) disent que pour mériter la venue du machia'h nous devons faire téchouva. Dans le cas où l'on ne le ferait pas de nous-même, alors Hachem placera sur nous un roi sévère comme Haman et nous serons alors forcés de nous repentir.
(ainsi, plus nous attendons pour revenir vers Hachem, vers une vie davantage selon la Torah, plus nous nous exposons à recevoir sur nous des coups, des difficultés, qui nous réveillerons/forcerons à le faire.
Pourquoi être effrontés et obliger notre papa Hachem à agir ainsi envers nous (encore plus qu'un père chaque coup qu'Il doit nous donner est plus douloureux pour Lui que pour nous!).
De plus, ce n'est pas très respectueux pour le Roi, qui nous attend, que l'on doit utiliser la force pour nous amener à Lui (où est notre amour, notre crainte, à Son égard). ]

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+ L'essence des jours du machia'h :

=> On peut se demander : jamais l'attrait pour ce monde-ci n'a été aussi fort que de nos jours. Comment pouvons-nous s'assurer une place parmi ceux qui accueillerons le machia'h?

-> Le rav Moché Sorotskin enseigne :
la réponse est que nous devons comprendre le mode de vie que les jours du machia'h impliquent, à l'inverse du mode très matériel actuel, et ensuite s'efforcer de s'y lier dès maintenant, avant même que le machia'h n'arrive.
Ceci est l'unique manière de véritablement se séparer des non-juifs et de tout ce qu'ils représentent, et d'alors mériter la guéoula.

[c'est en ce sens qu'on a l'obligation d'attendre constamment la venue du machia'h : nous devons tellement aspirer à sa venue que nous avons déjà la tête à ce que sera notre réalité avec sa venue.
(actuellement, la différence entre juifs et non-juifs n'est à première vue pas flagrante, mais avec la venue du machia'h ce sera le jour et la nuit! Ainsi, on doit avoir cela en tête, et contrairement à eux nous devons nous préparer à cette réalité! )

D'un côté la venue imminente du machia'h implique que l'on ne doit pas remettre à plus tard la possibilité d'accomplir des mitsvot car après sa venue il sera trop tard pour les faire.
Mais également cela doit nous pousser à s'imaginer comment nous vivrons à ce moment. Puisque nous sommes certains que le machia'h peut arriver à tout moment (que ce n'est pas une réalité lointaine, théorique), alors il est évident que nous devons déjà avoir en tête quelles seront les priorités et la façon d'y vivre.
D'une certaine façon, c'est comme si on allait s'installer pour l'éternité dans un endroit très lointain, est-ce qu'on n'essayerait pas un minimum de s'y préparer, d'en apprendre les codes, les règles principales, ...
Comment peut-on sincèrement vouloir la venue imminente du machia'h, si nous n'avons pas clairement dans notre esprit les grandes lignes de ce que cela impliquera au quotidien?
Comment ce monde-ci peut-il est l'essentiel si à nos yeux dans quelques instants le machia'h peut venir, le rendant alors totalement obsolète? Pourquoi accorder autant d'importance à la vision du monde, aux valeurs prônées par les non-juifs (et non la Torah), alors que tout cela disparaîtra dans quelques instants avec la venue du machia'h?
C'est "has been" de penser et de vivre ainsi, car le futur éternel c'est : le 100% Hachem (que le machia'h amènera).]

=> Ainsi, "attendre la venue du machia'h" nécessite un effort permanent de notre part, et signifie travailler à développer une anticipation et un espoir pour le machia'h et pour le mode de vie que les jours du machia'h vont apporter.
[et cela à l'inverse de la naturalité de voir les choses dans le milieu non-juif environnant]

[d'une certaine façon, lorsqu'après notre mort, la 4e question qu'on nous posera sera : "tsipita léyéchoua?" (est-ce que tu as attendu le machia'h?) = cela impliquera : est-ce que durant ta vie tu as fait travailler ton imaginaire pour te projeter concrètement à l'époque du machia'h, avec la manière de vivre que cela implique, ou bien tu t'es laissé porter par une vision unique de ce monde (à l'image des non-juifs)?
Ainsi, pour un juif plutôt que de se demander ce qu'il va faire dans 10 ans, il doit se demander ce qu'il va faire dans 1 minute sachant que le machia'h sera arrivé (ex: est-ce que j'ai fait téchouva, est-ce que je suis dans une voie constante de progression spirituelle, ...)]

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-> Le rav Moché Feinstein (Igrot Moché ח"ד - siman 25) explique que la guéoula ne signifie pas simplement une libération d'une servitude physique et de nos problèmes, nos soucis et malheurs.
En effet, Hachem peut facilement faire en sorte que notre vie soit le plus agréable possible sans envoyer le machia'h pour nous délivrer.
Le principe de la guéoula est une délivrance de la façon de vivre des non-juifs, qui agissent selon leurs désirs et de mauvais traits de caractère (midot raot).

-> Le Rambam (à la fin des Hilkhot Mélakhim) écrit :
"Les Sages et les prophètes n'ont pas aspiré à la venue du machia'h afin que nous puissions diriger le monde ou commander les nations du monde, ou bien pour qu'elles nous respectent, et pas non plus pour profiter d'une vie à manger et à boire [ce qu'il y a de mieux].
Mais plutôt, ils ont aspiré au machia'h afin d'être libres pour étudier la Torah et s'adonner à sa sagesse sans perturbation, ni entrave."

[il existe une véritable dualité dans la vie : d'un côté on se doit d'attendre à chaque seconde la venue du machia'h, mais d'un autre côté on doit d'une certaine façon vivre notre vie avec une hichtadlout comme s'il ne venait pas (on se construit une vie sur le long terme, tout en sachant que la guéoula peut être immédiate).
Cela génère un contexte propice à s'attacher aux valeurs de ce monde, aux influences non-juives.
(ex: d'un côté je m'investis à fond dans ma carrière, mais d'un autre côté à tout moment je l'arrête totalement pour une vie purement spirituelle avec la venue du machia'h!).
Il faut donc être vigilants à ne pas mettre le curseur trop du côté de ce monde, car alors on va s'y attacher plus que nécessaire, et inconsciemment on ne voudra plus trop le machia'h (ma vie va plutôt bien, pourquoi devrait-elle s'arrêter pour une vie pleines d'obligations d'Hachem!).

En ce sens, selon nos Sages, les 4/5e des juifs qui sont mort en Egypte (pendant la 9e plaie) étaient plutôt riches, entretenant de bonnes relations avec les égyptiens, menant une vie confortable, et n'ayant aucune envie de quitter le pays.
Ils ne voulaient pas prendre le risque d'aller dans le désert (lieu sans business, sans boisson, avec des bêtes vénéneuses, ...), et n'étaient pas intéressés par tout quitter afin de recevoir sur elles la Torah.
Or, la guéoula finale sera similaire à celle d'Egypte, et si l'on se sent trop confortable dans la matérialité de ce monde, alors on n'est pas certain de faire partie des juifs qui seront délivrés (que D. nous en préserve tous).
Ainsi, apprenons de nos erreurs en Egypte, et ne soyons pas trop attachés à la société environnante, mais plutôt à la spiritualité (voyons plus loin que les limites de la matérialité).

En ce sens, on peut comprendre l'enseignement du Rambam ci-dessus, que nos Sages n'attendaient pas une richesse pour tous les juifs afin qu'ils soient libres pour étudier la Torah, mais plutôt ils attendaient le machia'h, car c'est uniquement avec sa venue que l'on pourra être à 100% investis pour faire la volonté d'Hachem.
En attendant, notre travail est de faire très attention à ne pas trop s'attacher plus que nécessaire avec ce monde, et au contraire avoir autant que possible la tête déjà dans la réalité du monde telle qu'elle sera avec la venue du machia'h. ]

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-> Le 'Hida (Dvach Léfi) écrit :
Selon le Zohar, les juifs qui n'ont pas voulu quitter l'Egypte sont morts durant la plaie des ténèbres.
Lorsque le machia'h viendra, il y aura une obscurité de 15 jours, durant laquelle mourra tout juif qui ne désire pas véritablement la guéoula.
(ex: le machiah' pourquoi pas, mais pour le moment je préfère plutôt continuer à kiffer ma vie dans ce monde ... )

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-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch (Béhar 25,25-28) écrit que la guéoula viendra par le biais des tsadikim qui enseigneront à leur génération de mépriser les désirs illusoires et de développer une aspiration à la spiritualité.

-> Le Sforno (Chir haChirim 8,9-14) explique clairement que si nous ne modifions pas notre mauvais système de valeur de l'exil (celui des non-juifs) par celui des véritables priorités selon la Torah, alors même lorsque nous mériterons le Temple, nous ne le mériterons alors qu'à un niveau limité.
[il est sûr que nous aurons la guéoula, le Temple, le machia'h, ... mais la forme que cela aura dépend de notre attitude au préalable.
Plus nous nous y préparons (téchouva, bonnes actions, Torah, ...), plus nous témoignons notre désir de les avoir, plus alors nous aurons ces révélations à un niveau spirituel, à une proximité avec Hachem, qui sera importante.]

-> Lorsque nous avons quitté l'Egypte, nous avons égorgé l'idolâtrie de l'Egypte : le peuple juif a pris l'agneau et l'a utilisé pour le korban Pessa'h.
Le rav Chatzkel Levenstein (séfer Mofét hador - si'hot 15) dit qu'afin de mériter la guéoula de notre exil, nous devons également se débarrasser nous-même de toutes nos idolâtries.
Il donne comme exemple : l'idolâtrie de nos désirs pour ce monde (taavot olam azé).

[l'homme peut se convaincre de servir Hachem, mais en réalité il est en train de servir la version de D. qu'il s'est lui même fabriquée afin de pouvoir cautionner ses désirs pour ce monde.
Il faut être vigilant, car : sous couvert de servir D., en réalité on voue un culte à notre égo (notre "moi JE").]

Le rav Levenstein donne aussi l'exemple d'un manquement de bita'hon en Hachem à cause du sentiment de : "ma force et la puissance de ma main m’ont assuré ce succès" (ko'hi véotsem yadi assa li - Ekev 8,17), et nous devons nous débarrasser de ce sentiment avant la venue du machia'h.
[cela peut passer par le fait de constater que nous pouvons mourir par un microbe quasi invisible (épidémie), ou bien par le fait que l'arme nucléaire peut retirer la vie à des millions de personnes sans possibilité de rien y faire. Du coup, il ne reste plus qu'à se tourner vers Hachem, conscient que seul Lui peut tout faire!]

-> Ce concept est tout l'objectif de la période précédent le machia'h ('hevlé machia'h).
Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou) explique que le message d'Hachem avant l'arrivée du machia'h est de nous transmettre que ce monde est sans véritable valeur, que la poursuite de la matérialité est futile.
Notre seule préoccupation doit être notre service d'Hachem.
Si on parvient avec succès à minimiser la matérialité dans nos vies et à se focaliser uniquement sur la spiritualité et le service d'Hachem (avodat Hachem), alors cela en soi va hâter la guéoula, car par essence c'est l'unique objectif de la guéoula.

-> Le rav Israël Moché Sorotskin enseigne :
Nos Sages disent qu'au moment de la sortie d'Egypte, la majorité du peuple d'Israël était immergée dans la culture égyptienne. Uniquement une petite fraction a pris ses distances avec l'Egypte, et c'est ces juifs qui ont mérité d'être libérés.
A la fin de notre exil, nous sommes mis au défi spécifiquement dans ce domaine de ne pas apprendre des voies et des idéaux des non-juifs.
Hachem nous met à l'épreuve, et chaque individu peut choisir d'être parmi ceux qui réussiront le test, en se mettant à distance des influences extérieures.
[Par ce mérite de rester fidèles au judaïsme plutôt qu'aux valeurs environnantes,] nous avons la promesse que nous aurons la protection directe d'Hachem pendant toute la période qui va précéder la venue du machia'h, et que nous serons parmi ceux qui seront capables d'apprécier la guéoula et les jours du machia'h.

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-> Le Ran (drachot haRan drouch aassiri) affirme clairement que l'objectif des difficultés dans la période d'avant l'arrivée du machia'h est pour nous faire perdre notre attachement à la matérialité, et pour nous apprendre à apprécier la spiritualité et notre attachement avec Hachem.
[cela nous permet de redéfinir ce qui est vraiment important.]

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-> Le rav El'hanan Wasserman (Ikeveta déMéchikha) écrit :
"Avant que le machia'h n'arrive, toute "avoda zara" (idolâtrie) doit être prouvée comme sans valeur.
Nous pensons que nous n'avons aucun lien avec la "avoda zara", que ce n'était qu'une épreuve au temps de nos Prophètes (névi'im). Mais en réalité, de nombreux décisionnaires qui parlent des derniers moments de l'exil disent que les juifs suivront différents types "d'avoda zara" qui ne sont pas une "idolâtrie" classique.
En un sens, "avoda zara" peut être compris comme signifiant le fait de placer sa confiance dans une source fausse.
Toute confiance dans le "cause à effet" de la nature doit être annulé avant la venue du machia'h."

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-> Tout le processus de l'histoire du monde, du début de la création jusqu'à sa toute fin, a pour l'objectif de développer la reconnaissance de : "ein od milévado" (Hachem est la Source ultime de toute chose).
[Ram'hal - Daat Tévounot (ot 34)]

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-> Rabbénou Bé'hayé (Béréchit 1,2) enseigne que l'époque du machia'h est le but même de la création.