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La prestigieuse descendance d’Haman

+++ La prestigieuse descendance d'Haman :

++ Rav Yéhouda, fils de Rav Shmouël bar Chilat, dit au nom de Rav : "De même que lorsque le mois d'Av commence, nous réduisons nos réjouissances, de même lorsque le mois d'Adar commence, nous augmentons notre joie" (guémara Taanit 29a)

=> Cet enseignement est populaire, mais que savons-nous véritablement sur son auteur?
+ Qui est rav Shmouël bar Chilat?

-> La guémara (Sanhédrin 96b) rapporte que les descendants d'Haman étudiaient la Torah à Bné Brak.
La guémara ne donne pas le nom du petit-fils d'Haman qui étudiait la Torah. Cependant, le Ein Yaakov propose une autre version de la guémara, qui nous informe effectivement du nom du petit-fils d'Haman qui étudiait la Torah à Bnei Brak, et il s'agit d'un Amora reconnu : rav Shmouël bar Chilat.

Que savons-nous de lui?
La guémara (Baba Batra 8b) nous apprend que de rav Shmouel bar Chilat était un "mélamed tinokot", quelqu'un qui enseignait la Torah aux enfants, et qui méritait donc le statut élevé d'être l'un des matsdiké harabim (renforcait, élevait spirituellement, la communauté).

Rav raconte qu'il rencontra un jour par hasard le rav Shmouel bar Chilat en train de profiter de son jardin. Lorsqu'il lui demanda pourquoi il négligeait ses élèves en passant du temps dans son jardin, le rav Shmouel bar Chilat répondit que c'était la première fois en 13 ans qu'il s'aventurait dans son jardin, et que même maintenant, alors qu'il se promenait dans la verdure, il pensait à ses élèves (talmidim).
Il convient de noter que, parmi toutes les professions qu'il aurait pu choisir, le rav Shmouel bar Chilat a choisi d'enseigner la Torah aux enfants, et c'est Rav qui a témoigné de son dévouement en tant qu'enseignement envers ses talmidim.

-> Its'hak dit à Yaakov : "La voix est celle de Yaakov, mais les mains sont celles d'Essav" (Toldot 27,22).
Le midrach (Béréchit rabba 65,20) nous enseigne qu'il existe un outil qui peut efficacement empêcher les mains d'Essav de faire le mal.
Lorsque les enfants juifs sont engagés dans l'étude de la Torah, alors Essav n'a aucun pouvoir sur le peuple juif.
Lorsque la voix de Yaakov peut être entendue sous la forme d'enfants étudiant la Torah, les mains d'Essav ne peuvent exercer aucun pouvoir.
A l'inverse, si les enfants n'étudient pas la Torah, alors Essav sera capable de faire du mal aux juifs.

-> Lorsque Yaakov a prié pour être sauvé de son frère, il a dit : "Sauve-moi, s'il te plaît, de la main de mon frère, de la main d'Eissav" (atsiléni na miyad a'hi miyad Essav - הַצִּילֵנִי נָא מִיַּד אָחִי מִיַּד עֵשָׂו - Vayichla'h 32,12).
Le Baal haTourim souligne que l'acronyme des premiers mots de la prière de Yaakov (הַצִּילֵנִי נָא מִיַּד - Sauve-moi, s'il te plaît, de la main) est : Haman (המן).
Yaakov priait non seulement pour être sauvé d'Essav, mais il priait aussi pour que ses descendants soient épargnés d'Haman.
Il a prié pour être sauvé "miyad" (מיד), ce qui, selon le Arizal, est numériquement égal à 54, soit une autre allusion à Haman, dont le nom apparaît 54 fois dans la Méguila.

=> Le rav Shmouel bar Chilat, descendant d'Haman, arrière-petit-fils d'Essav, a consacré sa vie à neutraliser les efforts des mains maléfiques de son arrière-grand-père.
Il s'est efforcé de rectifier et de corriger le "yadaïm yédé Essav", les mains d'Essav et d'Haman, qui cherchaient à détruire le peuple juif.
En enseignant la Torah aux enfants, le rav Shmouel bar Chilat a directement contrecarré les efforts d'Essav. Ses efforts ont permis de s'assurer que les mains d'Eisav ne seraient pas capables d'infliger la moindre douleur au peuple juif.

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+ Qui est Chilat?

-> Chilat, le père de rav Shmouel, est également un descendant d'Haman.
Le Rama miPano (maamar tsévaot Hachem) révèle l'allusion mystique contenue dans ce nom inhabituel. [Ohel Moché - Pourim 57-58]
Les lettres de Chilat (שילת) sont l'acronyme de : "chiviti Hachem lénegdi tamid" (je place constamment Hachem devant moi - שִׁוִּיתִי יְהוָה לְנֶגְדִּי תָמִיד - Téhilim 16,8).
Comme l'écrit la Michna Broura, il s'agit d'une instruction visant à toujours visualiser le nom d'Hachem devant nos yeux. Nous devrions nous représenter le : Youd Ké Vav Ké (יְהוָה) comme s'il était juste devant nous à tout moment.
Amalek, Essav et Haman ont tous cherché à détruire le nom d'Hachem, à diminuer le Youd Ké Vav Ké (יְהוָה). Le nom de leur descendant (Chilat - שילת) est un acronyme qui signifie qu'il faut toujours garder Hachem devant soi.
Chilat a été nommé ainsi pour contrer la mission d'Amalek. En guise de réparation pour les actions et la mission de son ancêtre, il a été nommé ainsi afin de toujours se rappeler d'envisager le Nom complet et entier d'Hachem. [je place constamment Hachem (יְהוָה) devant moi. ]

Le mois d'Adar est passé d'un mois de peur et d'inquiétude à un mois de "lumière et joie" (ora vésim'ha).
C'est le moment de se réjouir et d'accroître le bonheur. Et personne n'est mieux placé pour nous conseiller à ce sujet que la personne qui a témoigné de la transformation totale de ceux qui cherchaient à nous détruire.
Non seulement le descendant d'Haman ne cherchait plus à éradiquer le Nom d'Hachem, mais il utilisait sa position d'enseignant des jeunes en Torah pour saper complètement les efforts d'Haman et d'Amalek.

Cela doit nous être racontée par Rav, qui a été personnellement témoin des efforts de rav Shmouel bar Chilat pour contrecarrer les actions de son ancêtre (Haman), et dont le père (Chilat) représentait l'antithèse du désir d'Amalek de diminuer le nom d'Hachem.

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+ Pourquoi rav Yéhouda ? :

-> Le Kissé haKavod, le Trône d'Hachem, a 4 pieds : Avraham, Its'hak et Yaakov (nos Patriarches), mais ce trône à 3 pieds n'était pas stable, vacillant sans un 4e pied de soutien, jusqu'à la naissance de Yéhouda.

Lorsque Yéhouda est né, la Torah nous dit : "vataamod milédét" (Vayétsé 29,35), ce qui peut être interprété comme "cette naissance (milédét) a apporté la stabilité (amida)".
Le Trône était enfin stable et entièrement soutenu.
Yéhouda était l'ancêtre du roi David, qui constitua le 4e pied du trône.

Le Chlah haKadoch écrit que le roi David, par l'intermédiaire de son descendant le machia'h, assurera l'accomplissement du verset : "ce jour-là, Hachem sera Un et Son Nom sera Un" (bayom aou yiyé Hachem é'had ouchmo é'had - Zé'haria 14,9).
C'est ce à quoi font allusion les dernières lettres de : "é'had ouchmo é'had" (Un et Son Nom sera Un - אֶחָד וּשְׁמוֹ אֶחָד) qui forment David (דוד).

Le Chlah haKadoch fait noter que le nom : יהודה (Yéhouda) contient le nom d'Hachem יהוה plus la lettre ד, représentant David (דוד), le 4e pied du Trône de Gloire, que David a rendu complet.

Ainsi, le nom Yéhouda est donc l'antithèse totale d'Amalek. Il contient à la fois le Nom complet d'Hachem et l'achèvement de la Kissé haKavod.

=> "Rav Yéhouda, fils de Rav Shmouël bar Chilat" = le rav Shmouel bar Chilat s'est donné pour mission de contrecarrer la mission d'Amalek et d'Haman en enseignant la Torah aux enfants. Il s'efforça de perfectionner le message inhérent au nom de son père Chilat (שילת) sont l'acronyme de : "chiviti Hachem lénegdi tamid" (je place constamment Hachem devant moi).

A la naissance de son fils, quel meilleur nom choisir que Yéhouda? Il nomma son fils Yéhouda, symbole du Nom complet d'Hachem et du Trône achevé, qu'Amalek et Haman avaient cherché à saper.

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+ "Parmi les descendants de Haman, il y en a qui ont étudié la Torah à Bné Brak"
[guémara Sanhédrin 96b]

=> Quel mérite a permis à certains de ses descendants de se convertir au judaïsme, et même à étudier la Torah?

-> Selon le Likouté Shlomo, Haman bien que racha, provoqua (malgré lui) un kidouch Hachem (sanctification du Nom d’Hachem), qui réalisa des merveilles pour sauver le peuple d’Israël de son décret.
[ à ce sujet, on peut rapporter la guémara (Méguila 14a) : "Plus grande fut la cession de l’anneau royale [de A'hachvéroch à Haman] que les 48 prophètes et 7 prophétesses qui livrèrent leurs messages aux enfants d’Israël sans parvenir à les remettre sur le droit chemin, alors que le fait d’avoir ôté l’anneau royal les ramena sur la bonne voie [à faire une téchouva totale]." ]

-> Le rav Nevenzahl suggère que c'est grâce à l'importante somme d'argent (10 000 kikar d'argent) qu'il a versée à la tsédaka.

-> Le ‘Hazon Ich explique qu’il s’agit des petits-fils de la fille de Haman. Or, la règle chez les non-juifs est que la transmission se fasse d’après le père, qui dans notre cas n’était pas un descendant d’Amalek.
Par contre, s’ils ont combattu contre les juifs, il est impossible de les accepter.

=> Quel illustre personnage a été un descendant de Haman?

-> Le Métivta (sur guémara Sanhédrin 96b) affirme que Rabbi Akiva fait partie des descendants de Haman qui ont étudié à Bné Brak.
Une version du Séfer ha'Hinoukh (mitsva 425) également explicitement cela.

-> Rabbénou Nissim (guémara Béra'hot 27b) et le Rambam (vers le début de l'introduction au Michné Torah) écrivent que Rabbi Akiva venait d'une famille de convertis.

-> Selon la guémara (Sanhédrin 32b), son lieu principal où il a vécu est : Bné Brak.

-> Rachi (guémara Baba Métsia 11b) rapporte que Rabbi Akiva s'occupait tout particulièrement de la tsédaka (gabbaï tsédaka).

=> Le rav Nevenzahl suggère que cela n'est pas une coïncidence, et que cela provenait du fait que son arrière-arrière-arrière grand-père (Haman) avait donné à la tsédaka une importante somme.

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-> Il est évident que Haman a donné à la tsédaka avec les pires intentions possibles : pour aider à anéantir le peuple juif! Néanmoins, il a quand même mérité une certaine récompense pour cela.
Il est évident qu'il est punie au Guéhinam pour ses terribles fautes, et pour son désir d'avoir cherché à détruire les juifs, mais malgré cela il reçoit une récompense pour sa bonne action.

Nos Sages nous enseignent également que Balak a mérité une récompense pour les 42 sacrifices qu'il a pu offrir à D. dans le but de maudire le peuple juif.
En effet, malgré ses mauvaises intentions, il a mérité d'avoir comme descendante : Ruth, le roi David, ...

=> S'il en est ainsi chez les réchaïm, à combien plus forte raison devons-nous considérer avec importance les conséquences positives de nos bonnes actions!!

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-> La mitsva du demi-Shékel (ma'hatsit aShékel – מחצית השקל) a fait pencher la balance face aux 10 000 kikar d’argent qu’Haman voulait donner à A’hachvéroch pour anéantir les juifs.

En effet, la guémara (Méguila 13b) explique : "Rech Lakich disait : Il était connu et dévoilé devant Celui Qui a créé le monde par Sa parole, qu’Haman pèserait ces pièces contre les juifs, et c’est pourquoi Il fit précéder leurs Shékels aux siens.
C’est aussi pourquoi on a la coutume, le 1er Adar, d’écouter la paracha Chékalim."

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+ Complément : Amalek fait que le Nom d'Hachem n'est pas complet :

-> "C'est Moi, c'est Moi (ano'hi ano'hi) celui qui suis votre consolateur" (début Haftara Choftim - Yéchayou 51,12)

=> Apparemment le mot : "celui" (ou - הוּא) est superflu, et il aurait suffi de dire : "Je suis votre consolateur".

-> [Moché] dit : "Car la main est sur le Trône de D. (עַל כֵּס יָהּ – al késs ya) : Hachem entretient une guerre contre Amalek, de génération en génération" (Béchala’h 17,16)

Rachi commente : Moché désigne le Trône sous une forme abrégée : késs (כֵּס), et il emploie le Nom Divin de 2 lettres (ya - יָהּ) au lieu du Nom complet (יהוָה).
Cela nous enseigne que le Nom et le Trône de D. ne sont pas complets tant que subsiste Amalek.

Ainsi, nous avons le "Trône de D." qui est incomplet : כֵּס יָהּ, et
- pour avoir le mot "kess" en entier, il manque un "aleph" pour parvenir à : kissé" (כסא) ;
- pour avoir le Nom d'Hachem complet, il manque le "vav" et le "hé" [יָהּ + וה soit : יהוָה].

=> C'est à cela que fait allusion le verset : "c'est Moi celui (ou - הוּא) qui suis votre consolateur" = Hachem nous consolera dans l'avenir au moyen du הוּא (celui), pour compléter Son Nom divin et Son Trône comme ils étaient au commencement.

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-> Le Ben Ich 'Haï pose l'énigme suivante : Qu'est-ce qui a poussé Haman à se battre contre le peuple juif?
Il répond mystérieusement : "Haman a déclaré que ses ancêtres en avaient enlevé 3 et qu'il en restait 4. Il s'est mesuré et s'est trouvé à égalité. Il a donc décidé de se battre contre le peuple juif".
=> Que signifie cette déclaration énigmatique?

Dans sa réponse, le Ben Ich 'Haï rapporte ce qu'on a vu précédemment.
Ainsi, 3 lettres ont été supprimées (ה ו א), et il en restait 4 (kess ya - כֵּס יָהּ).

-> "Car Hachem a choisi Tsion ; Il l'a désiré pour sa demeure" (ki ba'har Hachem béTsion, iva lémochav lo - כִּי בָחַר יְהוָה בְּצִיּוֹן אִוָּהּ לְמוֹשָׁב לוֹ - Téhilil 132,13)
Le Rokéa'h (Béchala'h 17,16) et le Maharcha (guémra Ména'hot 87a) expliquent ce verset.
Lorsque Hachem choisira Tsion au moment de la guéoula, Amalek sera vaincu et אִוָּהּ (iva), les trois lettres [supprimées par Amalek], seront "mochav lo" (retourné à Lui - מוֹשָׁב לוֹ).
Le א, le ו et le ה seront toutes remises à leur place légitime.
Nous avons alors le "Trône de D." qui sera complet :
- le א retournera à כֵּס (kess) pour former : kissé" (כסא) ;
- le ו et le ה retourneront au יָהּ (Y-a) pour avoir le Nom d'Hachem complet (יהוָה).

Entre-temps, sans ces 3 lettres (ה ו א), il nous reste quatre lettres : כֵּס יָהּ qui a une guématria de 95.
La gématria du nom Haman (המן) est également de 95.
Haman déclara que comme son nom était numériquement équivalent aux 4 lettres restantes, alors il était idéalement placé pour détruire totalement le peuple juif. [il viendrait terminer le travail de son ancêtre Amalek]

-> [Moché] dit : "Car la main est sur le Trône de D. (עַל כֵּס יָהּ – al késs ya) : Hachem entretient une guerre contre Amalek (מִלְחָמָה לַיהוָה - mil'hama l'Hachem), de génération en génération" (Béchala’h 17,16).
Le rav Its'hak haCohen de Koritz ajoute que les mots מִלְחָמָה לַיהוָה (une guerre d'Hachem) ont une valeur de 179, lorsqu'ils sont ajoutés à כֵּס יָהּ (Trône de D. - guématria de 95), cela donne une valeur totale de 274, ce qui équivaut numériquement à מרדכי (Mordé'haï - guémaria de 274).
Cela indiquant que Mordé'haï est apte à mener la guerre d'Hachem et à s'opposer à Haman.

-> Les Tossafot (Béra'hot 3a) cite l'explication du Ma'hzor Vitri suivante :
Dans le Kadich nous disons : "Yéhé Chémé (שמיה) Rabba".
Le terme שמיה (chémé) doit se lire comme שמ י-ה , c'est à dire "le Nom" (chém) י-ה (Ya).
Ainsi, nous demandons : "Que le Nom י-ה soit grandi (rabba)!" Nous prions pour que Hachem permette à Son Nom de redevenir grand et complet avec les 4 lettres réunies.
Nous prions pour l'éradication d'Amalek, pour que le machia'h se dévoile, et que le Nom Divin soit de nouveau entier et Son Honneur soit ainsi rétabli.

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-> Dans la méguilat Esther, le nom de Haman est mentionné 54 fois, comme la valeur numérique de : em'hé (j'effacerai - אמחה).
Dans la paracha Béchala'h (17,14), Hachem dit à Moché : "Effacer, J'effacerai" (le souvenir d'Amalek), soit : מָחֹה אֶמְחֶה, et qui a une valeur numérique de : 107, ce qui équivaut à : "C'est Haman!" (זה המן).
[Séfer haMatamim]

-> Le Baal Hatourim fait remarquer que la valeur numérique de l’expression "ma'ho em'hé" (J’effacerai - מחה אמחה) du verset : "car J’effacerai la trace d’Amalek de dessous les Cieux" (Béchala'h 17,14) est égale à celle des mots "zé Haman" (c'est Haman - זה המן - soit 107).

-> Le Gaon de Vilna (Divré Eliyahou - Béchala'h) dit que le mot אֶמְחֶה (ém'hé - J’effacerai) est l'acronyme des différentes forces d'Amalek tout au long de l'histoire.
En Egypte, nous avons été sauvé par : Aharon, Moché, 'Hour et Hachem yitbara'h.
A l'époque de Pourim, l'exil de Paras, nous avons été sauvé par : Esther, Mordé'haï, 'Harvona, et Hachem yitbara'h.
Au moment de la guéoula, il s'agira de : Eliyahou, Machia'h, les 'hét nessi'him (8 princes - comme discuté dans la guémara Soucca 52b) et Hachem yitbara'h.

-> "Effacer, j’effacerai (ma'ho, ém'hé) la trace d'Amalek de dessous les cieux" (Béchala'h 17,14)
Le rabbi Lévi Its'hak de Berditchev (Kédouchat Lévi) commente :
La destruction d'Amalek n'entraînerait pas leur retour à Hachem. Par conséquent, ils seront également effacés et éradiqués du monde à Venir.
C'est pourquoi la Torah emploie un double verbe (ma'ho, ém'hé), indiquant qu'ils seront éradiqués à la fois de ce monde et du monde à Venir. (midrach Chémot rabba 27,6 ; Esther rabba 10,13)
Ce n'est pas le cas des autres nations. Lorsqu'elles sont détruites, D. est exalté et elles reçoivent donc une récompense en conséquence.

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-> Le Rokéa'h attire notre attention sur plusieurs allusions contenues dans la Meguila qui démontrent comment Haman, la force qui tente de contrecarrer le Nom d'Hachem, est précisément contrée par Mordé'hai et Esther, qui se battent pour renforcer la manifestation du Nom d'Hachem.

Le nom d'Haman apparaît 54 fois dans la Méguila. Il est également mentionné une fois sous le nom de Mémou'han.
Il est à noter que 54 est également le nombre précis de lettres contenues dans la liste des 10 fils d'Haman.
Le nom d'Esther est également mentionné 54 fois dans la Méguila, et une fois, elle est désignée sous le nom de Hadassa.

Zérech, la femme de Haman, est mentionnée 4 fois. Si l'on ajoute à cela le nom de son mari, Haman, on obtient un total de 58.
C'est le nombre de fois (58) où le nom Mordé'haï est mentionné dans la Meguila.
De plus, on peut noter que des 54 fois où le nom d'Haman est mentionné dans la Méguila, c'est aussi

Le mot אֶמְחֶה (ém'hé - J’effacerai) a une gematria de 54.
Hachem déclare : "ki ma'ho em'hé" =Je vais éradiquer Haman, qui est mentionné 54 fois dans la Méguila. Je vais effacer les 10 fils d'Haman, dont les noms ont un total de 54 les lettres.
Cela sera accompli grâce aux efforts d'Esther, dont le nom est également mentionné 54 fois.

-> Le Mégalé Amoukot rapporte du Arizal un autre exemple où le nombre 54 est significatif.
La première paracha de la lecture du Shéma, dans laquelle nous acceptons le joug Divin (ol mal'hout chamayim) contient 54 mots. Amalek cherche à détruire l'unité du Nom d'Hachem, qui est attestée dans la première paracha du Shéma.

-> Le Gaon de Vilna écrit que le texte authentique de la prière que nous ajoutons dans la Amida et le Birkat haMazon de Pourim (bimé Mordé'haï véEsther), contient également 54 mots, ce qui représente le nombre de fois où Haman est mentionné dans la Meguila.

-> L'un des noms d'Hachem qu'Amalek cherche à détruire est le nom אדני (Ado -nay).
Les 2 lettres du milieu (דנ) totalisent également une valeur de 54.

Le midrach Yalkout Réouveni (Chémot 246) explique que les 2 lettres extérieures représentent l'Attribut Divin de miséricorde, tandis que les 2 centrales (דנ) représentent l'Attribut Divin de justice/rigueur.
Haman s'est emparé du דנ dans le but d'amener Hachem à nous traiter avec un jugement strict, sans miséricorde.

-> La mitsva d'effacer Amalek est mentionnée 2 fois dans la Torah : une fois dans la paracha Béchala'h et une autre fois dans la paracha Ki Tétsé.
Il y a 119 mots contenus dans les versets : "Amalek est venu" (Béchala'h 17,8-16).
Et dans "Souviens-toi de ce qu'Amalek t'a fait" (Ki Tétsé 25,17), il y a 47 mots.
La somme des mots des passages dans les 2 parachiyot qui traitent de la destruction d'Amalek est de 166.
Etonnement, cela est précisément le nombre de versets contenus dans Méguilat Esther.
=> Amalek cherche à effacer le nom d'Hachem ; Mordé'haï et Esther, dans la Méguila, contrent Haman et glorifient le nom d'Hachem.

Pourim – la raison de danser de joie

+ Pourim - la raison de danser de joie :

-> Dans la Méguilat Esther (8,16), le verset indique que les juifs "ont accompli et accepté sur eux-mêmes" les mitsvot de Pourim.
Nos Sages (guémara Shabbos 88a) interprètent ces mots comme signifiant que les juifs ont accepté la Torah à nouveau au moment du miracle de Pourim.

L'acceptation initiale au pied du mont Sinaï avait été forcée, car nos Sages enseignent qu'Hachem tenait la montagne au-dessus de leurs têtes. Hachem a déclaré que s'ils n'acceptaient pas la Torah, elle serait leur lieu d'enterrement.
En revanche, les juifs ont accepté la Torah par amour, et non par crainte, après le miracle de Pourim. Rachi (ibid.) explique que cette acceptation était due à l'amour que la nation ressentait en raison des miracles qu'Hachem avait accomplis pour elle à cette époque.

De nombreux autres miracles se sont produits depuis que la Torah a été donnée. Pourquoi n'ont-ils pas incité les juifs à accepter la Torah par amour? Qu'y a-t-il de si spécial dans les miracles de Pourim?

D'ailleurs, qu'est-ce que les juifs ont accepté d'eux-mêmes à cette époque? Cette nouvelle acceptation ajoutait-elle simplement des sentiments d'amour à l'acceptation initiale, ou entraînait-elle une nouvelle obligation?

-> Le Gaon de Vilna (Méguilat Esther 1,2) explique que les miracles de Pourim étaient uniques, comparés à ceux qui les avaient précédés : ils se sont produits pour la nation en exil. Les juifs venaient tout juste d'être expulsés de leur terre d'Israël par Nabuchodonosor, et ils ressentaient encore la douleur de cette conséquence.
Lorsqu'ils ont vu qu'Hachem ferait des miracles pour eux, même au milieu de Sa colère, ils ont ressenti une fois de plus l'amour puissant qu'Il leur portait. Cela les a incités à Lui rendre la pareille en L'aimant à leur tour.

Le Gaon de Vilna propose une analogie : Il était une fois un roi qui était très en colère contre son fils, le prince, en raison de son comportement inapproprié. Il décida de l'expulser de son palais jusqu'à ce qu'il se corrige. Le prince n'eut d'autre choix que de traverser une forêt dangereuse. Là, il fut attaqué par un animal sauvage. Il essaya en vain de se défendre, mais un groupe d'hommes surgit de nulle part et vint à son secours. Le prince pensa qu'il s'agissait d'une simple coïncidence, remercia les hommes et poursuivit son chemin.
Plus tard, un groupe de hors-la-loi attaqua le prince. Une fois de plus, un groupe d'hommes surgit de nulle part et sauva le prince. Cette fois, le prince se rendit compte que ce n'était pas une coïncidence : son père avait manifestement fait en sorte que ces hommes soient là pour le protéger.
Lorsque le prince s'est rendu compte que son père prenait toujours soin de lui, même lorsqu'il était puni, il a ressenti un amour plus grand que jamais pour son père.

De même, lorsque les juifs réalisèrent qu'Hachem continuerait à faire des miracles pour eux, même pendant leur période d'exil, leur amour pour Lui s'éveilla et ils furent prêts à accepter la Torah une fois de plus.

En quoi consistait précisément cette nouvelle acceptation?
Le midrach Tan'houma (Noa'h 6,9) explique qu'au mont Sinaï, les juifs ont accepté de plein gré la Torah Ecrite et l'accomplissement de ses mitsvot. Cependant, ils n'ont pas accepté de bon gré l'étude rigoureuse de la Torah Orale. Pour que la Torah soit étudiée correctement, elle doit être étudiée jour et nuit, au prix d'efforts considérables et d'une volonté de renoncer aux plaisirs, à la richesse et même au sommeil.

Bien que la nation juive ait désiré la Torah d'Hachem au Sinaï, il lui était difficile d'accepter un tel sacrifice. Cependant, maintenant qu'ils avaient fait l'expérience d'une forte manifestation de l'amour d'Hachem, cela a instillé en eux un plus grand amour pour la Torah, et ils ont accepté ces sacrifices de tout cœur.

Pourim est l'occasion pour nous d'accepter la Torah à nouveau, chacun à son niveau (renforçant notre abnégation et dévotion dans l'étude, dans la prière, ...). [plus on intériorise l'amour énorme d'Hachem pour nous, plus on a envie de tout donner pour agir selon Sa volonté, en retour. ]

-> Le rav Avraham Its'hak Kook dit qu'avant Pourim, nous devrions prendre le temps de nous rappeler ce que nous célébrons. Nous devons nous rappeler que la joie de Pourim est fondée sur l'amour d'Hachem et de Sa Torah.
Les chants et les danses ont pour but d'exprimer notre joie d'être la nation d'Hachem et d'avoir le privilège d'étudier Sa Torah.
Même si nous nous déchaînons [pendant cette fête], ce n'est que l'expression de ce grand amour.

La coutume de boire à Pourim est également censée être basée avant tout sur la joie que nous ressentons pour Hachem et Sa Torah. [la fierté d'être juif(ve), d'avoir la Torah, les mitsvot, une proximité et un amour fou avec D., ... ]
Le Michna Broura (O.C. 695:2) cite le 'Hayé Adam, déclarant explicitement que l'on ne doit pas boire si cela nuit à l'accomplissement d'une seule mitsva, telle que Birkat haMazon.

-> Le rav Yérou'ham Lévovitz explique que la guémara en question (Méguila 7b) : "Un homme doit boire à Pourim jusqu'à ce qu'il ne fasse plus la différence entre 'béni soit Mordehaï' et 'maudit soit Haman' ", signifie que l'on doit se sentir proche d'Hachem même si son intelligence a été affaiblie par l'alcool. Même dans un tel état, notre corps doit s'accrocher à Hachem.
[l'alcool fait ressortir l'intériorité. Or, au plus profond d'un juif, (même s'il est salit par beaucoup de fautes), il y a une âme, une partie d'Hachem, qui restera toujours pure, et qui fait que nous sommes toujours très précieux/aimés aux yeux de D. ]
De nombreux juifs s'enivrent le jour de Pourim, et pourtant, ils ne parlent que de divré Torah.
Si une personne ne se sent pas proche d'Hachem après avoir bu, elle doit comprendre qu'elle n'accomplit pas correctement la mitsva de Pourim.

Pourim – Importance de prier

+ Pourim - Importance de prier :

-> Le Rambam (Hakdama au Séfer haMitsvot) écrit que le jour de Pourim, il existe une mitsva qui consiste à se souvenir du miracle qu'Hachem a accompli à l'époque de Mordé'haï et d'Esther.
Hachem a écouté les prières de la nation à cette époque et l'a sauvée de sa détresse. Il est également nécessaire d'enseigner ce miracle aux générations futures.

En effet, l'importance de se souvenir de la façon dont nos prières ont été exaucées est évoquée dans la Méguila elle-même, dans laquelle Esther ordonne aux juifs "d'établir ces jours de Pourim pour eux-mêmes et pour leurs descendants, le sujet des jeûnes et de leurs cris/supplications [à Hachem]" (Méguilat Esther 9,31).

=> En quoi le miracle de Pourim est-il unique au point que nous devions nous souvenir, en plus du miracle lui-même, de la manière dont nous avons prié Hachem et du fait qu'Il a entendu nos prières?
Après tout, les juifs prient Hachem chaque fois qu'ils sont en difficulté. Si tel est le cas, chaque fois que nous commémorons un miracle, nous devrions également nous souvenir de la façon dont Il a entendu nos prières. Pourquoi cette exigence ne s'applique-t-elle qu'à Pourim?

-> Le Maharal (Ohr 'Hadach - Megilla 11) répond que pendant la menace du décret d'Haman, la prière a été le principal effort que les juifs ont pu faire.
Dans d'autres cas où nous avons affronté des ennemis au cours de notre histoire, les miracles se sont produits grâce à nos mérites ou aux mérites de nos ancêtres (et bien sûr, il y a toujours eu la prière et une certaine forme de hichtadlout, tous les efforts humainement possibles, également).
Cependant, selon le Maharal, dans le cas présent de Pourim, nous étions confrontés à Amalek, un descendant direct d'Essav. La Torah nous dit : "La voix est la voix de Yaakov, et les mains sont les mains d'Essav" (Toldot 27,22).
"Les mains d'Essav" indiquent qu'Essav possède une puissance physique supérieure à la nôtre. Cependant, "la voix de Yaakov" indique que notre prière peut surmonter les prouesses physiques d'Essav.
Ainsi, la Torah nous enseigne à concentrer nos efforts principalement sur la prière lorsque nous sommes confrontés à Essav.

-> Le rav David Cohen, roch Yéchiva de 'Hevron, nous rappelle que l'histoire de Pourim s'est déroulée à une époque de "hester panim", où Hachem "nous cachait son visage", pour ainsi dire.
Dans une telle situation, on ne peut atteindre Hachem qu'en redoublant d'efforts dans sa prière (voir 'Houlin 139b). C'est ce qu'on fait Mordé'haï et Esther à l'époque.
En effet, le midrach (Chémot rabba 38:4) nous dit que Mordé'haï priait littéralement sans arrêt pendant tout l'épisode décrit dans la Méguilat Esther.

-> Le Gaon de Vilna note que le refus de Mordé'haï d'accepter les vêtements qu'Esther lui a envoyés, choisissant plutôt de rester en "sac", est une référence voilée à la prière.
Esther a envoyé ces vêtements à Mordé'haï dans l'intention qu'il entre dans le palais et discute directement avec elle des décrets du roi. Mais Mordé'haï refuse, car cela l'obligerait à cesser de prier, et l'effort le plus important qu'il puisse faire à ce moment-là, c'est la prière.
Au lieu de cela, les deux ont eu une conversation interrompue par l'intermédiaire d'un messager, Hassach. Mordé'haï préférait utiliser cet émissaire pour ne pas avoir à cesser de prier.

Le Gaon de Vilna note qu'Esther priait également constamment à cette époque.
Il déduit cela de la déclaration d'Esther (Esther 7,6) : "Un homme qui est un adversaire et un ennemi, ce méchant Haman!".
Nos Sages (guémara Méguila 16a) expliquent qu'Esther désignait en réalité A'hachvéroch lorsqu'elle a commencé la déclaration suivante : "un adversaire et un ennemi", mais un ange a poussé sa main en direction d'Haman. Comment Esther a-t-elle pu faire une chose aussi illogique? Si elle essayait d'obtenir la délivrance de la nation et de déjouer le complot d'Haman, pourquoi s'en prenait-elle à A'hachvéroch?

Le Gaon de Vilna explique qu'Esther a prié Hachem tout au long du festin, qui a précédé la confrontation actuelle. Sa prière se déroulait principalement dans son cœur, en silence.
Cependant, lorsqu'elle prononça les mots : "Un homme qui est un adversaire et un ennemi", sa prière intérieure était une demande d'être sauvée de tous les méchants, à la fois d'Haman et à la fois d'A'hachvéroch, celui qui a donné à Haman son pouvoir.
Comme Esther pensait à A'hachvéroch en prononçant ces mots, sa main l'a instinctivement désigné.
Ainsi, dit le Gaon de Vilna, il est clair qu'Esther priait à tout moment, même en présence du roi et d'Haman.

=> Depuis l'époque de la Méguila jusqu'à aujourd'hui, nous restons dans un état de hester panim, la main d'Hachem qui nous guide reste cachée [dans l'obscurité de l'exil].
Nous pouvons apprendre de Mordé'haï et d'Esther que, lorsque nous sommes confrontés à des difficultés, nous devons avant tout nous efforcer de prier.

+ "Lorsque le mois d'Adar entre, nous augmentons notre joie" (guémara Taanis 29a).
La joie de Pourim affecte le mois entier, comme il est écrit : "le mois qui a transformé pour eux le chagrin en joie" (Esther 9,22).

=> Qu'est-ce que cette joie incroyable?
La joie principale, évidemment, est d'avoir été sauvés d'un anéantissement total. Mais le seul jour de Pourim n'est-il pas suffisant pour célébrer la joie de ce miracle? Pourquoi devons-nous nous réjouir pendant un mois entier?
Apparemment, la joie que nous essayons d'intérioriser nécessite un mois de concentration. Quelle est cette joie que nous voulons apprendre à connaître pendant ce mois?

-> La halakha stipule que pendant la lecture de méguilat Esther, une personne ne doit pas manquer un seul mot. Le rav Nathan Wachtfogel en explique la raison.
Le miracle de la méguilat est un "miracle caché" (ness nistar). Les incidents individuels de la méguilat (qui se sont déroulés sur plusieurs années) ne semblent pas significatifs. Ce n'est qu'en considérant l'ensemble du tableau, l'ensemble de la méguilat, que nous voyons que même les incidents apparemment sans importance, même ceux qui semblaient se produire naturellement, étaient en réalité orchestrés délibérément par Hachem.
Lorsque nous lisons chaque mot, nous pouvons voir comment chaque détail qui s'est produit faisait partie de Son plan directeur. Chaque mot de la méguilat est comme une note dans une chanson. Chacun est coordonné avec exactitude pour former une mélodie parfaite. Rien n'est en trop et rien ne peut être omis.
[la vie est constituée de pleins d'éléments, en apparence anodins, mais qui au final ne laissent rien au hasard, pour produire une super mélodie, dont chaque note est décrétée par Hachem. ]

L'immense joie du miracle de Pourim, outre le salut proprement dit, est qu'il nous aide à atteindre un nouveau niveau de bita'hon.
Le principe du bita'hon, comme l'explique le 'Hovot haLévavot, est la reconnaissance du fait qu'Hachem veille toujours sur nous et fait ce qu'il y a de mieux pour nous. Il se peut que nous ne voyions pas le bien dans ce qui nous arrive (sur le moment), mais nous sommes convaincus que cela fait partie du plan d'Hachem.

Par exemple, lorsqu'Esther a été emmenée au palais d'A'hachvéroch, cela a semblé être une terrible tragédie. Mais Hachem a fait en sorte que cela se produise, car Il préparait déjà notre salut, avant même que les terribles décrets ne soient promulgués. Hachem a toujours un plan ; c'est en cela que nous devons avoir confiance.

Le bita'hon apporte une grande joie à une personne, car il lui permet de vivre sans soucis, sachant qu'elle peut toujours compter sur Hachem (un juif n'est jamais seul/abandonné).
Une personne qui a du bita'hon est comparée à un bébé allaité. Le bébé n'a aucun souci à se faire ; il s'en remet entièrement à sa mère.
C'est ce que le bita'hon donne à une personne, une confiance totale en Hachem, qui se traduit par une vie sans soucis et pleine de joie.

[ il est écrit :"kégamoul alaï imo" (Téhilim 131,2) = comme un enfant qui tète aux côtés de sa mère.
En ce sens, il est dit : "La émouna n'est pas de savoir ce que l'avenir réserve, mais de savoir qui réserve l'avenir" (absolument rien ne peut se passer sans qu'Hachem émette un décret le permettant). ]

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-> A l'instar d'un bébé qui se sent protégé, aimé et lié à la mère qui le nourrit, le bita'hon permet à une personne d'établir un lien spécial avec Hachem.
Ce lien est la plus grande joie que l'on puisse ressentir, et la fête de Pourim permet d'établir ce lien.
Pourim est la fenêtre qui révèle comment le monde fonctionne réellement. Il nous permet de voir comment la main cachée d'Hachem contrôle tout.
C'est comme si la main d'Hachem était toujours recouverte d'un gant, mais à Pourim, le gant est enlevé, exposant la main à la vue de tous.
Lorsque la main d'Hachem est cachée, il est difficile de se sentir connecté à Lui. Il est difficile de se connecter à quelque chose que nous ne pouvons ni voir ni sentir.
À Pourim, lorsque nous voyons que c'est Sa main qui a orchestré tous les événements, nous commençons à nous sentir liés et aimés par Hachem, et c'est la plus grande joie qui soit.

[rav Israël Neuman]

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[le terme : méguila (מגילה) peut se décomposer en : "dévoiler Hachem" (mégalé Hachem - מגלה י).
A Pourim, on se rend compte à quel point nous sommes importants aux yeux d'Hachem (même si en apparence nous semblons être équivalent à un non juif), à quel point Il est avec nous et s'occupe de tous nos pas.
Hachem dit à chaque juif par l'intermédiaire de son prophète Yirmiyahou (31,2) : "Je t'aime d'un amour impérissable" (quoiqu'on puisse faire comme bêtise, Son amour pour nous reste intact! ).
Et en ce sens, lorsque Hachem voit un juif souffrir, alors Il souffre avec nous, pour ainsi dire, comme il est écrit : "Je suis avec lui (tout juif) dans sa souffrance" (Téhilim 91,15) et "toute leur souffrance est douloureuse pour Lui (Hachem)" (Yéchayahou 63,9). ]

Chaque Pourim rapproche la guéoula

+ Chaque Pourim rapproche la guéoula :

-> Le dernier miracle qui se produira avant la guéoula finale sera la chute d'Edom, l'éradication complète d'Amalek de la surface de la terre.
Chaque année, lorsque nous lisons la Meguila et accomplissons les différentes mitsvot de Pourim, nous détruisons un peu plus d'Amalek (Haman étant un descendant).
En fin de compte, lorsqu'un nombre suffisant de Pourim se sera écoulé, Amalek sera éradiqué pour toujours.

Esther et Mordé'haï, ainsi que les juifs de Shoushan, n'ont pas complètement et éternellement détruit Amalek. Un principe fondamental de l'histoire juive est qu'Amalek existe toujours et qu'il est toujours prêt à combattre le peuple juif. La klipa, l'écorce d'impureté d'Amalek, se profile toujours au loin, prête à frapper.
Chaque célébration annuelle de Pourim nous débarrasse un peu plus d'Amalek, nous rapprochant de la guéoula.
[d'après le Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada - Yoma 29a]

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-> Il n'y a pas de jeûne avant le Yom Tov de Pessa'h ou de 'Hanoucca, parce qu'il s'agissait de victoires complètes et de motifs de célébrations débridées. Pourim, cependant, n'a pas été un triomphe complet.
Le décret d'Haman continue de planer sur le peuple juif, et c'est pourquoi un jour de jeûne a été institué la veille du Yom Tov, afin d'implorer Hachem de ne pas permettre à l'édit maléfique d'Haman de devenir réalité.
Le taanit Esther a une fonction très importante. Sa raison d'être annuelle est d'abolir le reste du décret d'Haman. [l'influence d'Amalek n'étant pleinement anéantie qu'avec la guéoula. ]
[d'après le rav Yaakov 'Hagiz]

-> Le séfer Sia'h Bessamim écrit que cela nous éclaire sur la mitsva inhabituelle de s'enivrer à Pourim : "ad délo yad" = jusqu'au point où l'on ne fait plus la différence entre "maudit soit Haman" et "béni soit Mordé'hai".
Une personne intoxiquée par le vin au point de ne plus pouvoir garder à l'esprit des faits élémentaires et fondamentaux peut être considérée comme décédée, car son esprit ne fonctionne plus.
De cette façon, nous espérons que le décret d'Haman sera considérée comme accomplie dans une certaine mesure, et que les vies actuelles du peuple juif pourront être sauvées. Le décret sera considérée comme ayant pris effet à travers notre état d'ivresse.

=> Alors que nous entamons le Yom Tov de Pourim et que nous accomplissons les mitsvot de la journée, nous prions pour que les dernières influences de Haman se dissipent.
La réalisation des mitsvot de Pourim et l'observation du jeûne d'Esther contribuent à effacer tout vestige de Haman et d'Amalek, nous permettant alors d'être méritants pour la guéoula.

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-> Le 'Hida (Midbar Kedmot 40,25) écrit que Mordé'haï était en fait une réincarnation de Yaakov, et que Haman était une réincarnation d'Essav.

-> Selon le Manot haLévi (Esther 2,5), Haman n'existait que parce que le roi Shaoul a échoué à tuer Agag, le roi d'Amalek.
Le fait d'avoir permis à Agag de vivre une nuit de plus (lui permettant de concevoir), a été l'erreur fatale qui a ensuite rendu possible la naissance d'Haman, et a conduit à son décret de tuer tout le peuple juif.

Le Rama miPano écrit que ce but de l'existence de Shaoul, est évoqué dans son nom שאול qui a une guématria de 337, qui est la même que : Agag mélé'h Amalek.

Tragiquement, Shaoul n'a pas réussi à détruire Amalek.
Bien des années plus tard, Mordé'haï fut chargé d'achever cette tâche.
Le Sfat Emet (Pourim) va jusqu'à affirmer que Mordé'haï était en fait la réincarnation de Shaoul, venu pour expier son erreur.

[une personne peut avoir une âme composée de plusieurs parties d'âme venues en réincarnation. ]

Mois d’Adar = moment propice à la construction du Temple

+++ Mois d'Adar = moment propice à la construction du Temple :

+ "De même que lorsque le mois d'Av commence, nous réduisons nos réjouissances, de même lorsque le mois d'Adar commence, nous augmentons notre joie" (guémara Taanit 29a)

-> Au tout début de la Méguila, Rachi nous apprend que A'hachvéroch est monté sur le trône après Korech. Ce dernier avait autorisé les juifs à commencer la construction du Temple.
Cependant, les fils d'Haman calomnièrent le peuple juif et mirent un terme à la construction. Maintenant que Haman et ses fils ont été éliminés, la construction du second Temple a pu reprendre.

Ainsi, la victoire du peuple d'Israël (à Pourim) sur Haman et Amalek a déclenché le processus de reconstruction du Temple.
La joie de Pourim est bien plus qu'une simple commémoration du miracle d'avoir été sauvé par Hachem ; c'est en fait la joie de la reconstruction du Temple.
Le mois d'Adar est un moment qui est propice à la construction du Temple, non seulement il l'a été pour le 2e, mais il l'est actuellement pour le 3e (qui sera éternel).

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-> "Le Temple fut achevé le 3e jour du mois d'Adar, au cours de la 6e année du règne du roi Dar'yavech. Les Bné Israël, les Cohanim et les Lévi'im et tous ceux qui étaient revenus de l'exil célébrèrent avec joie l'inauguration de ce Temple de D." (Ezra 6,15-16)

-> Le Malbim commente ces versets :
Le second Temple a été achevé le 3e jour d'Adar. L'inauguration a duré 21 jours.
La tradition du prophète Yé'hezkel veut que l'inauguration du 3e Temple aura lieu le 23e jour du mois d'Adar.
Lorsqu'ils commencèrent l'inauguration du 2e Temple le 3 du mois, ils avaient de grands espoirs. Ils pensaient que si l'inauguration se poursuivait jusqu'au 23 Adar, alors Hachem pourrait permettre à leur 2e Temple, qui venait d'être terminé, d'ouvrir directement la voie au 3e Temple.

Ils espéraient que le 3e Temple arriverait après l'inauguration du deuxième. Malheureusement, ils n'ont pas mérité de voir leurs plans se réaliser.
Nous continuons à attendre la construction du 3e Temple. Cependant, le livre de Yé'hezkel nous apprend qu'il sera inauguré au mois d'Adar, tout comme le 2e Temple.

=> Adar est un mois propice pour la construction du Temple, à la fois le 2e et le 3e, et c'est donc un moment désigné pour augmenter notre joie. [par cela nous matérialisons notre certitude que le Temple va être reconstruit en ce Adar. On en est tellement certain, qu'on se voit déjà avec le Temple reconstruit, avec le bonheur et la joie qui en découle. ]

Avec cela nous comprenons que la même guémara nous demande de réduir notre joie lorsque le mois de Av commene. En effet, c'est le mois où a eu lieu la destruction du 1er et du 2e Temple.
Ainsi, la joie est manifestement réduite lorsque le Temple est détruit (mois d'Av), alors qu'elle est augmentée au mois d'Adar, le mois désigné pour la reconstruction du Temple.
Ainsi, Av et Adar sont des opposés. La cause même de la tristesse de Av sera la cause de notre joie en Adar.

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+ Autre interprétation :

-> Le rav Tsadok haCohen (Kountres Divré 'Halomot (ot 15), rapporte que chaque mois correspond à une tribu différent, et que Adar correspond à Yosef. [de même qu'il a 2 enfants : Ménaché et Efraïm, chacun devenu une tribu, de même il peut y avoir 2 mois d'Adar. ]

Il ajoute que c'est la raison pour laquelle Yossef est toujours chanceux au mois d'Adar.
Yéhochoua bin Noun, de la tribu d'Efraïm, s'est élevé au rang de dirigeant du peuple juif, devenant en quelque sorte un mélé'h (roi), après le décès de Moché. Il devint le chef au mois d'Adar.
Ceci contraste avec le roi David, un descendant de Yéhouda, dont le couronnement a eu lieu en Nissan, le mois correspondant à la tribu Yehouda.

Ce schéma se poursuivra à la fin des temps. Le machia'h ben Yossef sera révélé en Adar, et le machia'h ben David apparaîtra au mois de Nissan.
Amalek devra être détruit avant que le 3e Temple ne soit construit.
Amalek, un descendant d'Eisav, ne peut que succomber aux efforts d'un descendant de Yossef.
Machia'h ben Yossef viendra en Adar, le mois de Pourim et éradiquera jusqu'au dernier vestige d'Amalek. Une fois Amalek détruit, machia'h ben David pourra se révéler en Nissan pour reconstruire le Temple.

La guémara enseigne que nous lisons la Méguila à Adar Chéni, le 2e Adar, afin de juxtaposer une géoula à une autre géoula.
Nous voulons lire la délivrance d'Haman aussi près que possible de la délivrance que nous avons connue lorsque nous avons quitté l'Egypte (Séder de Pessa'h).
La géoula de Pourim doit être lue à proximité de la géoula de Pessa'h.

Nous pouvons pousser cette approche un peu plus loin et affirmer qu'en plaçant la lecture de la Méguila dans le 2e Adar, nous nous efforçons également d'imiter la juxtaposition de la géoula de machia'h ben Yossef et de la géoula de machia'h ben David.
Machia'h ben Yossef viendra dans le 2e Adar, et il sera suivi de près par machia'h ben David dans le mois suivant, Nissan.

-> voir que : Guéoula : Tichri ou Nissan : http://todahm.com/2024/02/29/gueoula-tichri-ou-nissan

Donner aux nécessiteux – la mitsva la plus importante de Pourim

+ Donner aux nécessiteux - la mitsva la plus importante de Pourim :

-> Plusieurs mitsvot sont accomplies à Pourim. Nous lisons la Méguila, envoyons des michloa'h manot, donnons des matanot la'evyonim et participons au festin de Pourim.
Parmi ces mitsvot, celle qui consiste à donner des matanot la'evyonim est la plus importante.
Le Rambam (Hilkhot Méguila 2,10) écrit qu'il faut dépenser plus pour les matanot la'évyonim que pour le festin et les michloa'h manot, car il n'y a pas de plus grande joie que de remonter le moral des pauvres.

[d'une certaine façon, on peut également appliquer aux nécessiteux émotionnels : en ce jour plus qu'à d'autres, nous devons nous investir à écouter autrui, le complimenter, lui exprimer à quel point il est important à nos yeux ... à tous ceux qui en ont besoin autour de nous (dont : enfants, femme/mari, parents), et cela avec au moins autant d'énergie qu'on peut le faire pour nos michloa'h manot et notre festin.
Et alors s'appliquera la méguilat Esther : il y aura de la lumière et de la joie parmi les juifs! ]

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-> Les halakhot associées à la mitsva de la tsédaka à Pourim sont uniques à ce jour.
Normalement, on doit vérifier où va notre charité, mais la guémara (Yérushalmi Méguila 1:4) écrit qu'à Pourim, nous ne vérifions pas les demande d'un pauvre, ni ne cherchons à savoir si la personne qui sollicite est légitimement dans le besoin. Quiconque tend la main reçoit la tsédaka.
Le Choul'han Aroukh en tient compte en statuant : "kol mi chéporéch yado litol not'nim lo" = à quiconque tend la main, [nous] donnons". Aucune question n'est posée.

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-> Après avoir détruit le 1er Temple, Névou'hadnezar demanda conseil à Daniel pour s'assurer qu'il ne serait pas puni pour avoir agi de la sorte. Daniel lui conseilla de donner de la tsédaka, pour aider à soutenir les juifs pauvres.

Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach II , drouch 15) écrit que Haman avait l'intention de suivre ce même conseil et d'utiliser pour des causes charitables, l'argent qui lui serait rendu par A'hachvéroch (qui refusa la somme énorme que Haman lui a présenté pour son plan d'éradication des citoyens juifs).
Le plan d'Haman plan consistait à exterminer les juifs, puis à utiliser l'argent pour en charité aux Perses nécessiteux.

Ce que Haman n'a pas compris, cependant, c'est que cette charité ne serait pas efficace. Il lui a été conseillé de donner la tsédaka aux juifs, les enfants d'Hachem.
Pour Haman, faire la charité après avoir anéanti les juifs aurait joué en sa défaveur. [tu sais à qui tu t'attaques : aux enfants adorés du Maître du monde! ]

Le miracle le plus important de Pourim (selon le ‘Hatam Sofer)

+ Le miracle le plus important de Pourim (selon le 'Hatam Sofer) :

-> Le 'Hatam Sofer (Torat Moché - Pourim) s'efforce d'identifier le véritable miracle du récit de Pourim, et il attire notre attention sur ce qu'il considère comme le miracle le plus important de l'histoire de Pourim.
En raison de son erreur de calcul, A'hachvéroch pensait à tort que le temps de la reconstruction du Temple (le 2e) était arrivé et même était dépassé.
Il célébra la continuité de l'exil du peuple juif par un festin somptueux.
Il est étonnant de constater que des membres de la communauté juive de Shoushan ont participé aux festivités.

Il s'agissait d'une offense flagrante d'une telle ampleur qu'elle justifiait une punition sévère infligée à l'ensemble de la nation. En conséquence directe de leur participation au festin d'A'hachvéroch, le peuple juif a reçu un décret d'anéantissement.
Lorsqu'ils ont fait téchouva, Hachem a annulé son décret et ils ont été épargnés.

Analysons comment le salut du peuple juif s'est produit. Quand Hachem a-t-il jeté les bases d'une possible délivrance, dans l'éventualité où les juifs se repentiraient?

En choisissant Esther comme reine et en implorant son mari de sauver son peuple, Hachem a orchestré notre délivrance. Les événements qui ont permis à Esther d'entrer dans le palais ont été les germes de la rédemption.
Notre salut fut le résultat de l'accession d'Esther au rang de reine, ce qui fut le résultat direct du détrônement de son prédécesseur, Vacthi, au cours de ce même festin qui avait en premier lieu provoqué le terrible décret!

Au moment précis où les juifs de Shoushan fautaient, alors qu'ils s'amusaient au festin d'A'hachvéroch, Hachem préparait déjà le terrain pour le salut du peuple juif, s'ils faisaient téchouva.

L'amour d'Hachem pour Ses enfants, pour le peuple juif, était si fort qu'alors que les juifs provoquaient Sa colère au point qu'Il décidait d'anéantir la nation entière, Hachem prévoyait déjà un plan d'urgence pour sauver les juifs.

Alors même que nous fautions au point de mériter la terrible punition de "léachmid laarog oulabéd" (de détruire, exterminer et anéantir tous les juifs jeunes et vieux, enfants et femmes en un seul jour - Esther 3,13), et bien au même moment l'amour profond d'Hachem pour nous impliquait qu'Il planifiait déjà un moyen pour nous sauver.
Il a orchestré les événements qui ont abouti à l'exécution de Vacthi, offrant ainsi à Esther la possibilité de devenir la prochaine reine. Au moment même où nous nous rebellions contre Lui, Hachem se concentrait sur la manière de nous sauver.

=> Le 'Hatam Sofer écrit qu'il s'agit du principal miracle de Pourim. Au moment où les fautes les plus épouvantables étaient commises, Hachem continuait à démontrer Son amour pour le peuple juif et planifiait leur délivrance.

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+ Pourquoi avons-nous mérité ce miracle?

-> Ce miracle incroyable (de Pourim) exige réflexion et contemplation. Pourquoi, en fait, Hachem orchestrerait-il des sauvetages potentiels alors que nous étions en train de fauter? Qu'est-ce qui a poussé Hachem à offrir ce cadeau incroyablement au peuple juif alors qu'ils étaient occupés à faire la fête et à se livrer à des plaisirs hédonistes dans un contexte particulier : les juifs de Shoushan célébraient la ruine du Temple! Comment auraient-ils pu mériter qu'Hachem leur offre un moyen d'échapper au châtiment qu'Il préparait?

Le 'Hatam Sofer écrit qu'il s'agit d'une démonstration claire du fait que même lorsque le peuple juif est totalement indigne, même lorsque nous commettons de graves fautes, même lorsque nous pouvons être classés comme "destructeurs", nous sommes toujours considérés comme les enfants d'Hachem (rien ne peut nous faire perdre ce statut!).
Le seul moyen nous faisant mériter un miracle aussi extraordinaire, avec la délivrance orchestrée en même temps que n'était réalisée la faute, c'est qu'Hachem nous considère comme Ses enfants.
Le peuple juif est "banim laMakom" (les enfants d'Hachem), et même en fautant, nous restons à jamais aimés de Lui.

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-> voir également : http://todahm.com/2023/01/24/38487

[ cela nous donne de la force au plan collectif et individuel : même si j'ai fait les pires fautes, que je suis passé à côté de ma vie, et bien en tant que juif, papa Hachem m'aimera toujours et Il a déjà préparé un plan pour que je m'en sorte, pour que ma vie soit une réussite à Ses yeux (rien n'est perdu, il n'y a pas place au désespoir!).
Même si Haman (notre yétser ara) a décrété une mort (spirituelle) sur moi, la délivrance est toujours possible, car un juif n'est jamais seul, abandonné : il est constamment avec Hachem qui l'aime à l'infini. ]

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+ Le salut est né à Shabbath :

-> "Le 7e jour, comme le cœur du roi était en liesse par le vin, il ordonna ... d'amener devant le roi la reine Vachti couronnée de la couronne royale" (Esther 1,10-11)

- Rachi commente que la mention du "7e jour" fait allusion au fait que ce jour fatidique était un Shabbath. L'orchestration par Hachem d'un plan de survie pour le peuple juif est en quelque sorte liée au fait que c'était Shabbath.

-> La halakha stipule qu'un non-juif qui observe le Shabbath est 'hayav mita, passible de mort (guémara Sanhédrin 58b).
Le 'Hida (Toch David - Mikets) explique la raison de cette décision stricte par l'approche suivante :
Le Shabbath est le sceptre spécial d'Hachem. La loi stipule que si un roturier (un non noble) souille le sceptre du roi en l'utilisant, il sera exécuté pour cet acte de trahison en tant que rébellion envers la Royauté (moréd bé'malkhout).
Un non-juif qui observe le Shabbath est comparable à un serviteur qui souillerait le sceptre du roi et serait passible de mort. Cependant, les enfants du roi sont autorisés à jouer avec le sceptre du roi et à l'utiliser comme bon leur semble. Ils ne seront pas punis pour l'avoir utilisé de cette manière.

Le peuple juif est autorisé à observer le Shabbath, et en fait, à profiter du sceptre du roi, parce que nous sommes les enfants d'Hachem. Nous sommes des banim laMakom et nous avons donc l'occasion unique de nous délecter et de nous prélasser dans l'éclat chaleureux du saint Shabbath d'Hachem.

Le salut du peuple juif à l'époque de Pourim a eu précisément le jour qui témoigne le plus du statut élevé de chaque juif, de son statut unique d'enfant chéri par le Maître du monde.

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+ Comprendre le nom "Pourim" :

-> "Car la part d'Hachem est Son peuple" (ki 'helek Hachem amo - Haazinou 32,9).
Le peuple juif est la portion/lot d'Hachem, parmi toutes les nations du monde, Hachem nous a choisis pour être les Siens.
Pourquoi Hachem nous a-t-il choisis? Qu'est-ce qui a motivé cette décision?

La réponse est que rien n'a incité Hachem à nous choisir et à nous aimer.
Lorsque quelqu'un gagne à la loterie, il n'y a pas de raison apparente pour que son numéro ait été choisi. Un tirage au sort représente un choix qui est fait sans aucune raison rationnelle ou logique pour soutenir la décision. Il s'agit d'un résultat aléatoire qui a été déterminé sans aucune motivation spécifique.

L'amour d'Hachem pour le peuple juif est comparable au fait de gagner à la loterie. Il n'y aucune raison, nous sommes simplement ceux qui ont été choisis. En l'absence de motivation ou d'impulsion spécifique, il n'y a pas de logique derrière l'amour d'Hachem pour nous. Il le fait, c'est tout.
C'est une réalité de l'existence. C'est comme une loterie, et le billet gagnant a été sélectionné au hasard et sans intention. Nous sommes Ses 'helek (Sa portion).

Ainsi, l'amour d'Hachem pour nous ne dépend pas de notre façon de nous comporter ou de nos comportements spécifiques. Son amour pour nous est au-delà de toute raison, il est donc sans limite et sans contingence.
[la halakha est selon Rabbi Méïr (guémara Kidouchin 36a), qu'un juif agisse ou non comme un enfant d'Hachem, peu importe les fautes qu'il peut faire, il sera toujours appelé : enfant d'Hachem. ]

C'est exactement de cette manière que le miracle de Pourim s'est produit.
Hachem a vu les juifs fauter, et la seule chose qui pouvait se tenir à nos côtés et nous offrir une protection était le principe de Rabbi Méïr.

Hachem a orchestré les événements de cette manière. Haman choisit une date pour mettre son plan à exécution, par le biais d'un tirage au sort (qui se dit en hébreu : pour - פור , et le pluriel est : Pourim [Haman tirant le jour et le mois séparemment])
Haman a organisé une tirage au sort et une date a été choisie au hasard, sans aucun raisonnement. Ce processus a activé la miséricorde d'Hachem à notre égard, car il a servi à "rappeler" à Hachem que nous aussi avons été sélectionnés par tirage au sort, sans aucune condition ni objectif.
Nous sommes Son lot, et non pas en raison d'un quelconque mérite de notre part.
Même si nous sommes souillés par la faute, rien ne changera le fait qu'Hachem nous aime entièrement et inconditionnellement. En bref, nous sommes ses enfants, quoi qu'il arrive.

Nous appelons la fête de Pourim parce que c'est le fait même que le décret ait été tirée au sort qui a activé la miséricorde Divine pour nous sauver. C'est ce tirage au sort (pour - פור) qui a incité Hachem à nous traiter de la même manière, comme Son billet de loterie gagnant, qui est choisi et chéri, inconditionnellement et sans logique.
C'est le type d'amour d'Hachem que préconisait rabbi Meir : peu importe les fautes qu'un juif peut faire, il sera toujours appelé : enfant d'Hachem.

=> Ainsi Pourim, est le moment de l'année où nous nous renforçons dans cette réalité cachée, pour qu'elle nous devienne la plus dévoilée possible.
C'est le message principal de la Meguila. Même si nous ne le méritons pas, Hachem continue à nous aimer inconditionnellement, puisque nous sommes Ses enfants, toujours et à jamais.
[adapté d'un dvar Torah du rav Daniel Glatstein]

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+ Pourim = en tant qu'enfant d'Hachem, le désespoir n'existe pas :

-> Le Sfat Emet dit que Hachem a planté les graines de la guéoula au moment même où le peuple juif était entrain de fauter au festin d'A'hachvéroch.
En effet, l'amour d'Hachem pour les juifs est si fort qu'Il anticipait déjà qu'ils feraient éventuellement téchouva par amour (méaava).
Une téchouva par amour sur une faute va la transformer en mérite, qui va garantir la délivrance. [guémara Yoma 86b]
C'est pourquoi Hachem prévoyait déjà le salut des juifs alors qu'ils étaient en plein dans la faute.

[ => Hachem nous aime tellement qu'Il a créé le concept de téchouva, et plus que cela, il existe la notion de téchouva par amour.
Non seulement nos fautes sont effacées, mais en plus en nous deviennent des mérites éternels, des anges prenant notre Défense.
Non seulement cela, mais Hachem considère ce nouveau mérite obtenu comme si c'était Lui qui avait réalisé cette mitsva à la perfection de la perfection!
Si cela n'est pas un exemple de l'importance que nous avons aux yeux d'Hachem, d'à quel point Il veut notre bien! ]

-> Le Maggid de Doubno explique :
Même les mitsvot accomplies par un tsadik sont susceptibles de présenter des imperfections. Les mitsvot sont inévitablement influencées par les limites humaines ...
Chacun, même le plus grand de tous les tsadikim, est limité dans la réalisation des mitsvot. Les mitsvot sont accomplies par des mortels et sont donc soumises aux limites et à la fragilité humaines.
Cependant, lorsque quelqu'un commet une faute, puis fait téchouva par amour d'Hachem, les fautes sont transformées en mitsvot.

Ces mitsvot lui sont données par Hachem : Hachem lui accorde ces mérites à la suite de son repentir. Hachem n'est pas soumis aux limites humaines et n'est pas affecté par la condition humaine.
Toute mitsva donnée par Hachem est donc complète et parfaite, sans aucune lacune.
Hachem dit : "Maintenant que Je te donne la mitsva, Je ne vais pas te donner le type de mitsva que tu pourrais faire toi-même. Je vais te donner le genre de mitsva que Je voudrais : accomplie sans faille (à al perfection), avec tout le kavanot nécessaires".

Les plus grandes mérites qu'une personne puisse atteindre sont lorsque les fautes qu'elle a commis sont convertis en mérites grâce à la téchouva par amour. Ces mitsvot seront inégalées, offertes par Hachem Lui-même.

-> Le 'Hida (Pné David - Choftim) enseigne :
Aussi grand que puisse être un tsadik, il est limité dans le nombre de mitsvot qu'il peut accomplir. Il y a 248 mitsvot actives/positives. Et toutes les mitsvot ne peuvent pas être accomplies par tout le monde. Certaines ne s'appliquent qu'aux Cohanim. Certains dépendent des circonstances ou de la période de l'année. Ainsi, le tsadik est limité dans le nombre de mitsvot qu'il peut accomplir.

Le baal téchouva, quant à lui, peut accomplir beaucoup plus de mitsvot. Il y a 365 interdictions qu'il a pu transgresser.
Grâce à sa téchouva, elles deviennent des mitsvot. En faisant téchouva, le fait de manger de la nourriture non casher à Yom Kippour, de cuisiner le Shabbath, de faire de l'idolâtrie, ... peut se transformer en mitsvot.
Ces mitsvot sont uniques en ce sens qu'elles ne peuvent être accomplies que par la téchouva.
Les tsadikim ne peuvent pas accomplir autant de mitsvot que celui qui a fait téchouva, car les tsadikim n'ont pas commis de fautes. Ils n'ont pas de violations et de transgressions qui peuvent être transformées en mitsvot avec la téchouva. Cette catégorie spéciale de mitsvot est uniquement disponible pour le fauteur qui fait téchouva.
[ex: transgresser Shabbath, grâce à notre téchouva par amour devient à notre actif comme une mitsva d'avoir transgressé à Shabbath. ]

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-> "Là où se tient un baal téchouva, même un tsadik parfait ne peut se tenir" (guémara Béra'hot 34b)

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=> Si on a pu commettre une faute, on ne doit pas se décourager ou se démoraliser.
Il faut reconnaître qu'il s'agit d'une occasion de croissance extraordinaire, à un degré qui n'aurait peut-être pas été possible si la faute n'avait pas été commis. Une faute grave peut être transformée en la plus grande mitsva qu'une personne puisse jamais accomplir.

Si quelqu'un fait téchouva par amour, ses fautes peuvent le catapulter vers un niveai plus élevé que n'importe laquelle des nombreuses mitsvot qu'il a pu accomplir (puisque considéré comme réalisée à la perfection, comme si Hachem l'avait faite!).

Bien sûr, nous devons faire tous les efforts possibles pour ne pas pécher.
Mais si nous avons péché (à postériori), nous devons profiter de l'occasion remarquable qui nous est offerte de faire téchouva par amour, une occasion extraordinaire de transformer nos fautes en mitsvot les plus phénoménaux.

==> Nos fautes du passé peuvent devenir nos plus grands mérites pour nous-mêmes, nos familles et tout le peuple juif.

Taanit Esther = un jour propice pour nos prières

+ Taanit Esther = un jour propice pour nos prières :

-> Pourim est un jour saint. Et le jeûne (taanit) Esther est aussi un jour très saint.
Le Kav haYachar (chap.96) déclare que ce jour jour est un très bon moment pour pour que nos prières soient acceptées par le mérite de Mordé'haï et d'Esther.
Quiconque a besoin de la compassion d'Hachem pour quelque raison que ce soit, devrait trouver le temps de faire la prière ce jour-là et de réciter le 22e chapitre de Tehilim, dont nos Sages disent qu'il est une référence à Esther (guémara Yoma 29a).
Il faut alors déverser son cœur à Hachem et demander et demander que tout ce dont nous avons besoin nous soit accordé par le mérite de Mordé'haï et d'Esther.

Et les portes du Ciel nous seront ouvertes et notre prière sera acceptée volontiers car le jour du jeûne d'Esther et le jour de Pourim sont des jours d'acceptation et d'amour.
C'est pourquoi il est bon de prier le jour de Taanit Esther et les prières seront entendues et acceptées avec compassion.

Le Kav haYachar ajoute que :
"ce n'est pas pas seulement à Esther que le Roi, Hachem, a tendu son sceptre d'or.
Il le tend à quiconque se connecte avec eux, ce qui signifie le peuple juif vivant en l'exil et souffrant pour la gloire d'Hachem.
Il est certain qu'à travers le récitation de séli'hot et de prières en ce jour, nous éveillons le mérite de Mordé'hai et d'Esther."

Pourim & Its’hak

+ Pourim & Its'hak :

-> "Etalant la richesse de son faste royal et la rare magnificence de sa grandeur cela pendant une longue durée de 180 jours" (Méguilat Esther 1,4)

-> Le rav Aryeh Leib Tzintz (Mélo haOmer - Esther 1,4) explique la signification de ce festin organisé par A'hachvéroch qui dura 180 jours.
La durée de la fête organisée par A'hachvéroch correspond au nombre d'années de la vie d'Its'hak, et c'est le mérite d'Its'hak qui a protégé ceux qui ont choisi d'y assister de manière inexcusable.
Les 180 années de justice d'Its'hak ont protégé les participants au festin qui a duré 180 jours.

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+ Les fils d'Haman :

-> Le guérmara (Mégila 15b) fait état d'un débat sur le nombre de fils d'Haman.
Rav affirme que Haman a eu 30 fils. Dix d'entre eux sont morts, dix ont été pendus et dix ont été réduits à une pauvreté abjecte, contraints de mendier leur nourriture.

Les Rabbanan ne sont pas d'accord et affirment que le groupe d'indigents qui demandaient l'aumône se composait de 70 fils. C'est-à-dire que Haman avait quatre-vingt-dix fils, parmi lesquels il y avait soixante-dix survivants appauvris.
Rami bar Abba a une troisième opinion. Il pense qu'Haman a eu 208 fils. La Meguila y fait allusion dans le pasuk :
"Haman leur exposa la splendeur de sa fortune et la multitude de ses enfants, et comment le roi l'avait distingué et élevé au-dessus des grands et des officiers royaux" (Esther 5,11).

Le mot "vérov" (multitude - וְרֹב) a une valeur numérique de 208, une allusion aux 208 fils d'Haman.
Le 'Hatam Sofer (drachot parachat za'hor) explique pourquoi Haman a jugé nécessaire de faire allusion au nombre de ses fils. C'est parce que la guématria du nom "Its'hak" (יצחק) est également de 208.

Its'hak représente midat hadin (la rigueur stricte, le jugement). Haman a cherché à éveiller la midat hadin d'Hachem contre le peuple juif. Il le fait en se référant au nombre 208, qui est à la fois le nombre de ses fils et la valeur numérique du nom Its'hak, le Patriarche qui symbolisait la midat hadin.
Ce faisant, Haman voulait éveiller l'attribut de jugement strict d'Hachem, ce qui augmentait les chances de succès d'Haman.

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-> Le peuple juif a connu 4 exils différents : Bavel, Madaï, Yavan et Edom.
Le Ohr ha'Haïm haKadoch (Tétsavé 27,20) cite le Zohar qui enseigne que la rédemption du peuple juif de chaque exil s'est faite au mérite d'un grand individu spécifique.
L'exil de Bavel a pris fin grâce au mérite d'Avraham, c'est grâce au mérite d'Its'hak que nous avons été délivrés de l'exil de Paras ouMadaï (la Perse). C'est le mérite de Yaakov qui a aidé le peuple juif à sortir victorieux de l'exil de Yavan (la Grèce).

Le Ohr ha'Haïm haKadoch explique ensuite que les mérite de Moché vont nous aider à mériter la guéula finale de l'exil d'Edom, dans lequel nous nous trouvons actuellement.
Le mérite de Moché est le grand mérite de l'étude de la Torah. Puisque le bitoul Torah est si fréquent, notre exil est le plus long des exils.

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-> Selon le Zohar, la guéoula du 2e exil, celui de Perse et de Médie, a été par le mérite d'Its'hak.
Cela explique pourquoi le festin d'A'hachvéroch a duré 180 jours : Its'hak est l'individu désigné qui pourrait fournir le mérite nécessaire pour survivre à cet éxil, et il a vécu 180 ans.
De plus, le nom Its'hak a une guématria de 208, en parallèle aux 208 fils d'Haman.