La force d’Amalek réside dans le découragement des juifs

+ La force d’Amalek réside dans le découragement des juifs :

-> "Il [Amalek] te rencontra en chemin, démembra tous les gens affaiblis sur tes arrières" (Ki Tétsé 25,18)
Rachi commente : "Ils manquaient de force à cause de leur péché, ceux que la nuée avait rejetés."
[le rav Soloveitchik dit que Amalek ne craignait pas D., mais uniquement les hommes, et c'est pour cela qu'il s'en ait pris à ceux qui étaient affaiblis et qui trainaient à l'arrière, las et épuisés, presque incapables de se défendre.]

-> Le Yichma’h Israël (Parachat Zakhor 3) explique qu’Amalek rappelait à ces juifs qui s’étaient souillés par leur impureté, qu’ils ne pouvaient plus réparer leurs actes.
C’est à ce propos, dit-il, qu’il est écrit : "Il démembra tous les gens affaiblis sur tes arrières" ... comme il est enseigné dans le Pirké dé Rabbi Eliézer (chap.48) : "Celui qui avait besoin de se tremper pour se purifier [suite à une faute], la nuée le rejetait."
Or, il fut facile de faire ressentir à ces personnes déjà fragiles de la tristesse et de les réduire à néant en les poussant au désespoir ... Car elles s'imaginèrent que tout espoir était perdu, qu'elles avaient même égaré leur âme et l’étincelle Divine qui était en eux ...
Les Bné Israël durent alors se renforcer, en répondant à Amalek qu'une étincelle Divine unique et particulière résidait en eux qui ne s'éteindrait jamais.

Le Yichma’h Israël explique ensuite que là se trouve précisément le travail de tout juif concernant cette mitsva d’effacer le nom d’Amalek = ancrer en lui-même le fait qu’il ne sombrera jamais définitivement et que Hachem tend Sa main à chaque juif quel qu’il soit, l’accepte à bras ouverts et le ramène à Lui comme si rien ne s’était passé.

Nos Sages (guémara Méguila 12a) commentent le verset de la Méguilat Esther (1,8) : "laassot kirtson ich vé ich" (pour satisfaire la volonté de chaque homme - לעשות כרצון איש ואיש) en disant que l’expression : "ich vé ich" (littérallement : chaque homme et homme) évoque Morde'haï qualifié de "un homme juif" (ich Yéhoudi - Esther 2,5) et Haman au sujet duquel il est écrit "un homme oppresseur et ennemi" (ich tsar véoyév - Esther 7,6).
A priori on peut se demander pourquoi le premier mot : ich (איש) est associé à Morde'haï et le second "vé ich" (et homme - ואיש) est associé à Haman? Et pourquoi pas le contraire?

Une réponse qui peut être donnée est que les lettres du mot ואיש sont les mêmes que celles du mot יאוש (yéouch - le désespoir), car celui-ci caractérise les nations réchaïm. Il est donc associé
à Haman, puisque Amalek n’aspire qu’à faire tomber le juif dans le désespoir.
En revanche, le mot איש est l’acrostiche de la phrase : "én choum yéouch" (le désespoir n’existe pas - אין שום יאוש).
C’est pourquoi il est associé à Morde'haï qui ne désespéra jamais de la miséricorde Divine même lorsque le décret fut signé et fermé par le sceau royal.

=> Ce point marque la différence entre Israël et les nations.
Combattre Amalek, c'est combattre toute forme d'abattement, de désespoir, qui s'installe en nous.

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-> Le Rama (Méhir Yain) explique quelle était l’intention de Zérech lorsqu’elle incita son mari Haman à ériger une potence de 50 coudées.
Il écrit que : 50 portes de sagesse ont été créées dans le monde, et même Moché n’atteignit pas la 50e (guémara Roch Hachana 21b).
La potence de 50 coudées évoque le fait qu’Haman désirait inciter Morde'haï à vouloir toutes les atteindre. Et voyant qu’il n’y parviendrait pas, ce dernier en perdrait ses moyens et il serait dès lors facile de le faire fauter et de le vaincre.

Pour ce qui nous concerne, cela signifie que telle est la voie du yétser ara et d'Amalek : faire croire à l’homme qu’il peut prendre de bonnes résolutions au-delà de ses possibilités, afin qu’il ne puisse s’y tenir et qu’il finisse ainsi par tomber entièrement.
Quelle est, en revanche, la voie juste à adopter?
Il faut prendre sur soi petit à petit de bonnes résolutions et avancer pas à pas suivant les possibilités.
C’est de cette manière que les progrès pourront se maintenir.

-> "D. considéra tout ce qu’Il avait fait et voici que c’était très bien" (Béréchit 1,31)
Le midrach (Béréchit Rabba 9, 7) commente : "Bien = cela évoque le yétser atov ; très bien = le yétser ara."

Rabbi Yissa'har Dov de Belz interroge : en quoi l’expression "très bien" (tov méod) suggère-t-elle le yétser ara?

Il répond que c'est parce que celui qui ne vise que le "très bien" et qui pense "commencer à travailler uniquement s'il arrive au sommet de la montagne", alors il sert son yétser ara, car de telles pensées ont de quoi décourager le monde entier.
Le mauvais penchant lui suggère dans le même temps jour après jour : "De toutes façons, tu n'atteindras pas le sommet. Dès lors, à quoi bon commencer, ne fût-ce qu'un peu, à avancer ?"

Et de fait, on s’aperçoit que lorsque ces personnes qui désirent grimper très haut jusqu’au niveau le plus élevé n’atteignent pas leur but et n’obtiennent pas de satisfaction du peu qu’elles ont accompli, elles sont entièrement brisées.
Elles ne retirent aucune joie de leur spiritualité et lorsqu’elles ne remplissent pas toutes leurs aspirations, plus rien n’a de valeur à leurs yeux.
Mais il faut savoir que de telles pensées sont le fruit du yétser ara qui cherche à les faire tomber au plus profond de l’abîme.
D’où le commentaire de nos Sages : ''Très bien'', c’est le yétser ara.

Certes, il est nécessaire d’aspirer à progresser sans arrêt, mais il est nécessaire dans le même temps de se réjouir du plus petit progrès comme du plus grand en sachant que le moindre petit acte accompli en l’honneur d’Hachem a une importance immense à ses yeux.

[rapporté par le rav Elimélé'h Biderman]

Pourim – l’importance d’être toujours dans la joie

+ Pourim - l'importance d'être toujours dans la joie :

-> Esther a invité A'hachvéroch et Haman à son festin, et son but était de plaider pour les juifs.
Mais au cours de sa 1ere réception, Esther n'a rien demandé, si ce n'est qu'ils reviennent pour un autre repas festif le lendemain.

=> Pourquoi n'est-elle pas intervenu dès la 1ere fois, qui semblait pourtant un moment idéal puisque : "Au cours du festin, le roi dit à Esther : "Formule ta demande, et elle te sera accordée ; dis ce que tu souhaites : quand ce serait la moitié du royaume, tu l'obtiendrais"." (Esther 5,6).
Y avait-il un meilleur moment que cela?

La réponse se trouve dans la suite du texte : "Ce jour-là Haman se retira, joyeux et le cœur content" (Esther 5,9).
Esther savait qu'elle ne pouvait pas entraîner la chute d'Haman si celui-ci était joyeux, et c'est pourquoi elle a tout repoussé au lendemain.

Le lendemain, il est écrit : " Haman gagna précipitamment sa maison, accablé de tristesse et la tête basse" (Esther 6,12).
C'est pourquoi Esther a rapporté à A'hachvéroch les mauvais plans d'Haman, et Haman a été pendu ce jour là.

-> Par la suite, la guémara aborde tous les honneurs que Mordé'haï a reçu d'Haman.
Haman menait Mordé'haï dans les rue de Shoushan, et criait devant lui : "Voici ce qui doit être fait à celui que le roi désire honorer".
Mordé'haï était vêtu d'habits de roi, et était sur un cheval royal.

Le Tiféret Shlomo enseigne : "[Lorsque Haman a mené Mordé'haï dans les rues] les gens chantaient et dansaient devant lui.
Tout cela avait pour but de rendre Mordé'haï joyeux.
Immédiatement après cela, le peuple juif a été sauvé et un miracle merveilleux a eu lieu".

=> Le moment de la délivrance était arrivé, mais il manquait un ingrédient indispensable pour que cela arrive : la joie.
[rav Elimélé'h Biderman]

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-> Le Noam Elimélé'h (Vaéra) écrit :
"Lorsqu'on est joyeux et qu'il n'y a pas de tristesse, les forces du mal (klipot) tombent et le côté de la sainteté s'élève.
Moché voulait soumettre la force du mal (klipa), qu'était Pharaon, en faisant que les juifs soient joyeux au sujet de la délivrance à venir. Mais ils ne voulaient pas être joyeux ...
C'est pourquoi, Moché a dit : "Les Bné Israël ne m'écoutent pas, alors comment Pharaon va-t-il m'écouter? Comment pourrais-je soumettre les forces du mal [s'il ne sont pas joyeux]?""

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-> "Mordé’haï ayant eu connaissance de tout ce qui s’était passé [il vient d’avoir conscience des plans d'Haman], déchira ses vêtements, se couvrit d’un cilice et de cendres et parcourut la ville en poussant des cris véhéments et amers" (Esther 4,1)
En réaction à cela, Esther : "la reine en fut toute bouleversée. Elle envoya des vêtements pour les mettre à Mordé'haï, en enlevant son cilice ; mais il ne les accepta point." (Esther 4,4)

=> Pourquoi a-t-elle envoyé des vêtements à Mordé'haï? Est-ce qu'elle pensait qu'il n'avait rien à se mettre?

Le Tiféret Shlomo répond que Mordé'haï et Esther étaient en train de débattre sur la façon dont ils pouvaient annuler le terrible décret d'Haman.
Mordé'haï a décidé de prendre le chemin des pleurs et du deuil, car cela éveillerait la compassion d'Hachem.
Esther était d'avis qu'ils pouvaient accomplir beaucoup plus par le fait d'être joyeux.
En ce sens, elle envoya des vêtements à Mordé'haï pour lui signifier qu'elle pensait qu'il ne prenait pas le bon chemin.

Le Tiféret Shlomo écrit que Mordé'haï savait également que la joie était essentielle pour la délivrance du peuple juif, mais il pensait qu'il ne fallait pas commencer par la joie.
Tout d'abord il faut prier, pleurer et crier à Hachem, et seulement ensuite la délivrance viendra par la joie.

-> D'une façon similaire, le 'Hatam Sofer explique que Mordé'haï et Esther étaient en train de débattre : est-ce que pour annuler les décrets d'Haman il fallait des larmes et des prières ou bien de la joie?

Mordé'haï était vêtu d'un sac, car il voulait annuler le décret par un cœur brisé et de chaudes larmes.
Esther lui a envoyé des habits car elle voulait annuler le décret par le biais de la joie.
Le 'Hatam Sofer ajoute que c'est la raison pour laquelle Esther a organisé des festins : elle voulait annuler les terribles décrets par la joie.

Le 'Hatam Sofer conclut que c'est l'approche d'Esther qui était la plus juste, et c'est pourquoi la délivrance est venue grâce à son approche.

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-> La guémara (Méguila 16a) écrit : "Haman a pris des vêtements royaux et un cheval royal et il est allé [chez Mordé'haï]. Lorsque Mordé'haï a vu Haman approcher avec le cheval, il a eu peur ...
Mordé'haï s'est levé et il a commencé à prier.
Haman est arrivé, il s'est assis, et il a attendu jusqu'à ce que Mordé'haï ait fini de prier", et alors Haman a mené Mordé'haï dans les rues de Shouchan avec un honneur extrême."

=> Le Ben Ich 'Haî (Ben Yéhoyada) demande : Pourquoi Haman a-t-il attendu que Mordé'haï termine de prier? Pourquoi ne lui a-t-il pas dit immédiatement qu'il est venu pour l'honorer?

Le Ben Ich 'Haï répond :
"Haman savait que Mordé'haï priait avec de la tristesse, et Haman savait que de telles prières ne sont pas aussi efficaces [que des prières faites dans la joie].
Haman a pensé : "Si j'interromps sa prière, il va prier de nouveau, et après avoir entendu la bonne nouvelle [que Haman devait l'honorer], il va prier avec une joie immense, et alors il est probable que ses prières seront exaucées".
Haman a donc préféré que Mordé'haï prie dans la tristesse, et c'est pourquoi il a patiemment attendu que Mordé'haï finisse de prier.

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On peut citer par exemple :
-> "Grâce à ta joie, ta prière entrera dans le Palais du Roi" (Rabbi Na’hman de Breslev – Séfer haMidot – Téfila 70) ;
-> "On peut accéder à davantage de choses par le biais d’une prière dans la joie que d’une prière dite en pleurant" (Rabbi Sim’ha Bounim de Peshischa) ;
-> Le Baal Chem Tov affirme que la joie est un degré plus élevé que les pleurs, car ces derniers déchirent les cieux tandis que la joie fait tomber toutes les cloisons.

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-> "Si une personne est heureuse simplement parce qu'elle est juive, alors je garantis que rien de mal lui arrivera, ni spirituellement ni matériellement"
[rabbi de Karlin]

[le Zohar dit : "La joie principale sur laquelle l’homme doit se réjouir, c’est la joie d’être un juif".
En ce sens, si nous le ressentons réellement, alors aucune contrariété de la vie ne peut nous retirer notre joie constante : je suis juif (ve)! Cela est une protection énorme contre toute mauvaise chose!]

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-> Le Gaon de Vilna (Michlé 18,14) dit que : "avec sa joie, on peut mettre un terme à une maladie" (בשמחתו יבטלנו).

-> Le Beit Israël enseigne que : celui qui est joyeux et de bonne humeur [de façon cashère], sera nettoyé de toutes ses pensées impures.

A l'inverse, le Baal haTanya écrit que les pensées de avoda zara (idolâtrie) entre dans le cœur de celui qui est triste.

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-> Le 'Hazon Ich dit que l'on peut vivre notre vie aussi bien dans le sourire ou bien dans la tristesse. A nous de choisir de la vivre dans la joie.
[il y aura toujours des raisons pour s'apitoyer, se plaindre, et il y aura toujours des raisons pour se satisfaire, se réjouir de sa situation.
A force d'attendre la perfection avant d'être heureux, notre vie passe et nous ne le sommes pas vraiment.
Etre joyeux, c'est reconnaître que tout vient avec précision de D. et que c'est le top du top de ce qu'il nous faut!]

De même, rabbi Zalman Brizel enseigne : "Si tu peux être joyeux pourquoi devrais-tu être à l'opposé".

En effet, bien souvent le fait d'être joyeux est une décision personnelle.
Par exemple, s'il y a un problème : est-ce que je peux le résoudre?
- si oui = donc pourquoi s'inquiéter puisqu'il va disparaître.
- si non = donc pourquoi s'inquiéter, ça n'aidera en rien!

De belles idées sur Pourim

+ De belles idées sur Pourim :

-> "Le 14e jour et il a fait (véasso - וְעָשֹׂה) un jour de festin et de joie ... le 15e jour, dont il a fait un jour de festin et de joie" (Méguilat Esther 9,17-18)

=> Pourquoi n'est-il pas écrit : "ils ont fait un jour de festin et de joie" (véassou), puisque c'est tous les juifs qui fêtaient leur victoire, leur non-extermination?

Le Sfat Emet (5652) répond que : "véasso" (il a fait) fait référence à Hachem.
"Il a fait un jour de festin et de joie" = cela signifie : Hachem fait la fête lorsque les juifs sont sauvés, car Il souhaite que nous annulions les mauvais décret.
Nos Sages disent : "Hachem est heureux lorsque nous Le "vainquons" et faisons changer Ses décret."
Ainsi, à Pourim les juifs se réjouissent en bas, et Hachem se réjouit au Ciel.

Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
Cela n'est pas valable qu'au 1er Pourim [de l'Histoire], mais à chaque Pourim Hachem se réjouit et célèbre la fête, et ainsi nous devons également être heureux.
Et si nous essayons d'être joyeux, alors Hachem nous aider à réussir.

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-> A Pourim ... Hachem accorde [aux juifs] tous les désirs de leur cœur.
[Ma'hzor Vitri 465]

-> La force de Pourim n'est pas fonction des actes des Bné Israël [actuels], mais de ceux des juifs de l'époque où les évènements eurent lieu.
[Rachba - Responsa 1,93]

[indépendamment de nos mérites, chaque année il se reproduit Pourim avec la même intensité de ce que les mérites de Mordé'haï, Esther, et les juifs de l'époque ont pu générer.]

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-> La méguilat Esther dit : "michloa'h manot ich léréé'ou" (d'envoyer des cadeaux l'un à son ami).
Selon le Sfat Emet (guémara Méguila 7b), il n'est pas convenable pour une personne ordinaire d'envoyer un michloa'h manot à son rav ou à son roch yéchiva, car la mitsva est de donner à un ami, et il n'est bien pour une personne ordinaire d'appeler son rav : "mon ami".
Cependant le Sfat Emet est d'avis que si le roch yéchiva lui donne un michloa'h manot, alors cela signifie que le roch yéchiva le considère comme un ami. Maintenant, on peut agir réciproquement et lui transmettre également un michloa'h manot.

A Pourim, Hachem nous envoie des michloa'h manot aux juifs, qui sont composés de nombreuses bontés.
Après que Hachem nous considère comme : Ses amis (rééou), alors nous pouvons réciproquement Lui envoyer notre michloa'h manot, qui est composé des mitsvot de Pourim.

La coutume des michloa'h manot est de donner de la nourriture avec le plat, avec la corbeille (sans demander qu'on nous le rende par la suite).
C'est une allusion au fait qu'à Pourim, Hachem nous donne Son michola'h manot de bontés avec le plat.
Cela signifie que même si quelqu'un n'a pas de récipient pour accepter les bontés d'Hachem, Hachem donne également le récipient, ce qui permet à tout juif de recevoir les bontés de D. [même si normalement il ne pourrait les recevoir. Telle est la puissance de Pourim : tout le monde peut recevoir!].

Pourim – Kippour

+ Pourim - Kippour :

-> Le Tikouné Zohar (p.57) écrit : "Yom Kippour est comme Pourim, car dans le futur on profitera de plaisirs à Yom Kippour.
Yom Kippour sera transformé d'un jour d'affliction et de jeûne en un jour de plaisirs."

Ce Zohar laisse entendre que dans le futur Yom Kippour sera similaire à Pourim, et donc qu'actuellement Pourim est plus important que Kippour.
Le rav Israël de Ruzhin explique également que Yom Kippour ("yom kéPourim") est comparé à Pourim, car Pourim est encore plus grand.
C'est pourquoi nous devons tirer profit de Pourim [en nous y investissant au moins autant qu'on le fait à Kippour]

Le Sfat Emet (5639) explique que l'expiation de Yom Kippour est accordée par le jeûne, tandis que l'expiation de Pourim vient en faisant la fête.

-> "Aharon obtiendra réparation sur ses cornes une fois dans l'année, du sang de l'offrande de réparation, une fois dans l'année, il fera réparation dessus pour vos générations" (Tétsavé 30,10)
Le Imré Noam explique que le double emploi de : "une fois dans l'année" (a'hat bachana) fait référence à Pourim et à Yom Kippour, qui sont les "a'hat bachana yé'haper" (un fois dans l'année pour l'expiation - אַחַת בַּשָּׁנָה יְכַפֵּר).
La différence est qu'à Yom Kippour l'expiation vient des sacrifices (korbanot), tandis que l'expiation à Pourim est atteint même sans apporter de sacrifice.

-> Selon la guémara, Yom Kippour permet d'expier nos fautes, si l'on fait téchouva.
Le rav Israël de Ruzhin dit que Pourim est plus grand, car à Pourim on peut être pardonné même sans faire téchouva.
Pourquoi cela?

Le petit-fils du rav de Ruzhin explique :
Généralement, lorsque nous donnons à la tsédaka, nous vérifions si la personne est véritablement pauvre. Mais pour la tsédaka à Pourim, nous devons donner à tout le monde, qu'il soit méritant ou pas.
Il est écrit : "On n'enquête pas avant de donner la tsédaka à Pourim. Nous donnons à tout celui qui le demande." (Choul'han Aroukh 694,3).
=> C'est pourquoi, à Pourim, Hachem agit avec nous d'une manière identique.
De même qu'on a donné spontanément de la tsédaka à tout le monde, de même à Pourim Hachem pardonnera spontanément à tout celui [sans exception] qui demande à être pardonné (même s'il n'a pas fait téchouva).

-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne qu'à Pourim tout juif qui souhaite se rapprocher d'Hachem, alors Hachem le lui accorde.

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-> Le rabbi de Shinov enseigne qu'à Pourim chaque juif a un pouvoir de prière similaire à celui du Cohen Gadol qui prie dans le Saint des saints à Yom Kippour.

-> Il est écrit : "Je me présenterai au roi, ce qui est contraire à la loi" (ouv'hen avo él aMélé'h acher lo kédat" - Méguilat Esther 4,16).
Le Sfat Emet (5657) explique qu'il est interdit à une personne ordinaire de se rendre dans le saint des Saints (Kodech Kodachim), mais cependant à Pourim c'est comme si tout le monde est autorisé à y pénétrer, et on peut alors profiter de l'extrême proximité avec D. pour prier Hachem et demander toute chose.

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-> Le Arizal dit que ce qu'un juif peut accomplir au moment où il dit la kédoucha [Kéter] de Yom Kippour [qui est un moment extrêmement saint], cela peut être atteint pendant toute la journée de Pourim.

-> Le rabbi de Slonim dit qui cela ressemble à un roi qui change de palais, et pour transporter la couronne royale en toute sécurité, il va la mettre dans un simple chariot rempli de paille. De cette manière il arrivera à destination sans éveiller les soupçons.
Il en est de même avec Pourim qui est en apparence un jour normal (on peut y travailler, c'est pas un yom tov!), mais en réalité c'est un jour qui a une valeur si énorme qu'on a dû le dissimulé pour que le yétser ara ne vienne pas nous le voler.
La Kéter (Couronne du Roi) est manifeste pendant toute la journée, c'est un moment d'une grande miséricorde et compassion.
Cependant, il est caché pour le protéger des forces négatives [klipot], qui souhaitent nous le voler.
[à nous de se sensibiliser à la véritable valeur de ce jour]

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-> Le 'Hatam Sofer (I Drachot p.156) écrit :
- Pourim est plus grand que Shavouot, car à Shavouot nous avons été forcés d'accepter la Torah (Hachem ayant soulevé le mont Sinaï au-dessus de nos têtes menaçant de nous y enterrer en cas de refus).
Mais à Pourim, les juifs acceptent la Torah avec amour (cf. guémara Shabbath 88a).
- Pourim est également plus grand que Pessa'h.
A Pessa'h nous fêtons la libération de l'esclavage, tandis qu'à Pourim nous fêtons la libération de la mort.

=> Il en découle que Pourim est plus important que Pessa'h, Shavouot et Yom Kippour.
[A nous d'utiliser cette opportunité à sa juste valeur!]

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-> Le Arizal (Séfer Pri Eits 'Haïm - chaar Pourim) écrit : "Les flux spirituels qui descendent à Pourim sont tout à fait particuliers et il n'en existe même pas pendant le Shabbath et pendant le Yom Tov, seulement à Pourim ... il n'y a pas de flux comme ceux-là."

-> Le 'Hida dit que Pourim contient toutes les fêtes de l'année :
- elle contient Pessa'h, car elle aussi possède une délivrance véritable : Haman représentant Pharaon.
- elle contient Shavouot, car elle aussi a une kabbalat haTorah : kiyémou vékibélou.
Comme l'explique la guémara (Shabbath 88) : les Bné Israël ont reçu la Torah volontairement (sans être forcé) seulement à l'époque de Pourim.
- elle contient Roch Hachana car les Livres de la Vie et de la Mort étaient ouverts pendant cette période.
- de Yom Kippour car Hachem a pardonné les habitants de Chouchan d'avoir participé au festin d'A'hachvéroch et à tous les juifs du monde d'avoir fauté dans l'idolâtrie.
- de Souccot car les Bné Israël ont fait téchouva et sont revenus pour s'abriter sous les Ailes de la Providence Divine comme nous le faisons lorsque nous rejoignons les Souccot.

-> De plus, c'est la dernière fête de l'année, celle du 12e mois, et donc elle est le sceau final qui représente toutes les autres fêtes, et on peut dire que selon notre élévation, le jour de Pourim, et notre proximité avec Hachem ainsi Lui-même regardera et jugera toutes les fêtes qui lui ont précédé, puisqu'elle en est la conclusion.

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-> Le Baal haTanya explique qu'à Yom Kippour le korban était choisi par le biais d'un tirage au sort (goral), qui est un choix qui n'est pas basé sur la raison, afin de rappeler à Hachem qu'à la Création du monde il a choisi le peuple juif pour être la raison de l'existence du monde, alors que les juifs n'avaient pas ni mitsvot, ni bonnes actions (puisque n'existant pas encore).
Hachem nous a choisi sans raison, uniquement parce qu'Il nous désirait.

Selon le Bné Yissa'har, il en a été de même lorsque Haman a tiré au sort. Même si en apparence c'était une tragédie pour les juifs, cela a été la raison sous-jacente de leur délivrance.
En effet, le fait que Haman a choisi la date avec un tirage au sort, sans utiliser la logique, va éveiller à Hachem le fait de se souvenir de ceux qu'Il a choisi sans logique ni raison.
C'est pourquoi, même si les juifs ont pu fauter en se prosternant devant l'idôle de Névou'hadnetsar ou bien en participant au festin d'A'hachvéroch, et même s'ils ne méritaient absolument aucune délivrance, Hachem les a sauvés.
Nous sommes la nation bien-aimée et choisie par Hachem, et nous le resterons même lorsque cela défie la logique et la raison (au regard de notre comportement).

=> Le tirage au sort qui en apparence est négatif (il scelle la date de notre extermination), en réalité il est positif et révèle l'amour inconditionnel d'Hachem à notre égard.
Cela témoigne de la compassion de D. pour les juifs, puisque même lorsqu'ils fautent Hachem cherchent des moyens de les sauver.

On voit cela également ailleurs : le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyada) dit que malgré la faute d'assister au festin d'A'hachvéroch, les juifs y avaient un mérite : à Shabbath alors que les non-juifs parlaient de futilités et autres bêtises, les juifs étaient en train de chanter des chants (zmirot) à Hachem et ils parlaient des divré Torah.
Par ce mérite, Hachem a préparé leur sauvetage.
[bh, à ce sujet : http://todahm.com/2018/03/05/6211-2 ]

On a tendance à croire que nous sommes dépendants du hasard de la vie (comme un tirage au sort qui fait que l'un est riche, l'autre non, que l'un est intelligent l'autre non, que l'un réussi, l'autre non, ...), mais en réalité rien ne peut se passer sans un décret d'Hachem, et puisqu'Il a un amour et une miséricorde inconditionnelle à notre égard, nous devons être particulièrement joyeux et confiants.

Pourim -> 3 belles leçons sur la prière

+ Pourim -> 3 belles leçons sur la prière :

1°/ Ne compter que sur Hachem :

-> La Guémara (Méguila 15b) rapporte que, lorsqu'Esther pénétra dans la cour intérieure du roi, la Présence Divine qui l'accompagnait jusqu'alors l'abandonna.
Elle s'écria : "Mon D., mon D., pourquoi m'as-tu abandonné" (Téhilim 22,2), peut-être juges-Tu la faute involontaire comme une faute volontaire ou un cas de force majeure comme s'il était prémédité ou bien encore parce que je l'ai appelé ''chien'', comme il est dit : "Sauve ma vie du glaive, ma personne du chien" (Téhilim 22,21)?"
Elle se reprit et l'appela ''lion'', comme il est dit : "Sauve-moi de la gueule du lion." (verset 22).

=> En quoi la manière dont Esther appelle A'hachvéroch est-il important au point que la Présence Divine l'abandonne?

Le Maharcha dévoile le sens profond de cette guémara :
Une personne qui fuit devant un chien ne ressemble pas à celle qui fuit devant un lion :
- dans le premier cas, elle vérifiera la nature du chien en question, elle évaluera sa corpulence, sa force. En fonction de cela, elle décidera de la manière d'y échapper.
- En revanche, face à un lion, elle criera au secours sans chercher à savoir quelles sont sa taille et sa puissance.

Il en est de même de celui qui prie pour échapper à un chien, il ne priera pas du fond du cœur, car il pensera qu'il peut y arriver tout seul.
Tandis que la prière de quelqu'un qui se trouve nez à nez avec un lion sera exprimée avec force de suppliques et de cris pour remuer Ciel et Terre afin d'être épargné des griffes de ce fauve.

Au début, Esther appela A'hachvéroch : ''chien'' parce qu'il lui sembla que la menace avait l'allure d'un chien et qu'elle avait plusieurs ruses à sa disposition pour s'en débarrasser, ce qui lui donna l'impression qu'elle pouvait y échapper par ses propres moyens.
Dès lors, la Présence Divine l'abandonna.

Elle se reprit alors et l'appela : ''lion'', lorsqu'elle comprit qu'elle ne pouvait compter que sur l'aide d'Hachem, et elle ne s'en remit qu'à Lui-Seul.
Elle fut alors sauvée sur le champ, et mérita au cours du festin qui s'ensuivit de faire annuler le décret.
C'est alors que toute la situation se renversa, donnant aux juifs la possibilité de se venger de leurs ennemis.
Ceci pour nous enseigner qu'il n’existe aucun secours en dehors de celui d'Hachem.

[l'idée est que plus nous faisons dépendre notre vie uniquement d'Hachem, alors plus nous mettrons tout notre cœur dans la prière.
En effet, lorsque nous prions une bonne partie de notre cœur est remplie de notre confiance en nos capacités personnelles (ex: c'est bon j'ai un salaire qui tombe chaque mois depuis des années, c'est bon je suis pas bête, c'est bon je possède une maison, de l'argent de côté, ...).
Le plus nous faisons dépendre notre vie d'Hachem (je suis tout seul face à un lion affamé!), alors le plus nous donnons de pouvoir à notre prière!

En ce sens, c'est une raison pour laquelle Esther a invité Haman aux repas. En effet, les juifs étaient confiants car ils avaient Esther dans le palais pour les sauver, donc ils priaient mais pas à 100%.
En réalisant que Esther était si proche d'Haman (l'invitant à festoyer!), ils se sont dit que peut être finalement elle s'était alliée avec lui pour sauver sa vie. Alors, ils n'avaient plus que sur Hachem sur qui compter!]

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-> Le Malbim rapporte le verset de la Méguila où Zérech s'écria : "S'il est de descendance juive ce Mordé'haï devant lequel tu as commencé à tomber, tu ne pourras pas (le vaincre) et tu tomberas davantage devant lui" (Esther 6,13).

=> Le Malbim demande : à priori, il est tout à fait incompréhensible que Zérech s'adressa à Haman, son mari, en des termes aussi décourageants au lieu de l'encourager par un bon conseil.
Comment comprendre ses paroles?

Il répond qu'en fait, elle lui suggéra la chose suivante : "Tu vois bien que tu as commencé à tomber devant lui. La raison en est que Mordé'haï est vêtu d'un cilice et qu’il jeûne, prie et crie vers son D. pour être délivré. Dès lors, tu n'as d'autre alternative que de faire en sorte qu'il cesse de prier en tombant davantage et en te soumettant davantage à lui jusqu'à ce qu'il s'enorgueillisse et qu'il s'arrête de prier et de se repentir. Seulement alors, tu seras en mesure de le vaincre.
Mais tant que tu le combattras, il aura le dessus grâce à sa prière."

Cela montre que si Haman s'était humilié devant Mordé'haï, la prière de ce dernier n'aurait déjà plus été aussi entière en pensant que la délivrance était proche.
Une telle prière n'aurait déjà plus eu la même force, et cela aurait permis à Haman de le vaincre.

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2°/ Ne jamais se décourager de prier :

-> Nos Sages (guémara Méguila 12b) rapportent le verset : "Il était un homme juif dans la ville de Shoushan dont le nom était Mordékhaï Ben Yaïr Ben Chimi Ben Kich" (Esther 2,5), et ils le commentent ainsi : Kich, parce qu'il 'Ekich' (il frappa) aux portes de la miséricorde et qu'elles s'ouvrirent.

A priori, puisque la valeur de Mordé'haï réside principalement dans le fait que les portes de la miséricorde s'ouvrirent, il aurait mieux convenu de le nommer : Ben Yifta'h (qui ouvre) et non : Ben Kich (qui frappe).
Pourquoi un tel choix de mot?

C'est pour nous apprendre que sa véritable grandeur consista à ne jamais se décourager face au décret.
Et bien qu'il sût tout ce qui s'était passé, il persista à frapper aux portes de la miséricorde, animé d'une confiance totale dans la force de la prière. Et c'est celle-ci qui permit d'annuler ce décret.

[plus on persiste à taper à la porte de la miséricorde Divine, pour obtenir un cadeau gratuit d'Hachem, plus cela témoigne qu'on est sûr de la Présence Divine et que nous n'avons pas d'autre porte à laquelle toquer (puisque tout ne vient que de Lui).]
[rav Elimélé'h Biderman]

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3°/ Hachem désire et écoute la prière de tous :

-> Le Tana déBé Eliayahou (chap. 20) enseigne : "Haman n'amena Haman dans le monde que grâce à la prière de Agag qui se lamentait pendant qu'il croupissait en prison (après avoir été capturé par le roi Chaoul) et qui se désolait en pensant : "Malheur à moi! Peut-être ma descendance va-t-elle être anéantie à tout jamais?""

=> Si même les pleurs et la prière d'un tel racha qui appartient au peuple d'Amalek que la Torah nous ordonne d’exterminer ont une influence, combien davantage en a la prière de n'importe quel juif (qui est toujours chéri et adoré par Son papa Hachem)!

"Dès que le mois d'Adar débute, on augmente la joie" (guémara Taanit 29a)

=> Pourquoi redoubler de joie lorsque débute Adar?
En effet, à ce moment-là, les juifs étaient encore dans la détresse. On aurait plutôt dû préconiser de redoubler de joie lorsque le mois s'achève car ils avaient alors été délivrés.

-> Le rabbi Chaoul Yédidya de Modzitz répond que c'est précisément au temps de l'épreuve qu'il est nécessaire d'être joyeux, car cela constitue l'arme du peuple juif.

Il est écrit : "Il les a vus dans la détresse en entendant leur allégresse" (Téhilim 106,44).
N'aurait-il pas plutôt été convenu de dire : "Il les a vus dans la détresse en entendant leurs plaintes".
N'y a-t-il pas un meilleur moment pour exprimer sa joie que celui de la détresse?

Le rabbi de Modzitz explique qu'au sujet de Myriam après la traversée de la Mer Rouge, il est écrit : "Toutes les femmes sortirent après elle en rondes avec des tambourins" (Béchala'h 15,20).
A ce propos, le midrach demande d'où elles avaient des tambourins.
Et de répondre : "C'est que les femmes de cette génération étaient des tsadékettes (des femmes justes), et elles étaient certaines qu'Hachem leur ferait des miracles. Elles avaient donc emporté avec elles des tambourins."

"Il les a vus dans la détresse en entendant leur allégresse" = Hachem vit que les femmes juives manifestaient déjà leur joie, qu'elles s'étaient déjà préparées à chanter et à danser alors qu'elles étaient encore dans l'épreuve de l'asservissement d'Egypte.
Et c'est par ce mérite qu'Il délivra le peuple d'Israël de ses oppresseurs.

=> Le rabbi de Modzitz dit que cela constitue un enseignement pour Israël dans toutes les générations : lorsque surviennent des épreuves et que les juifs sont capables de chanter et louer la délivrance future, alors qu'ils se trouvent dans la détresse, alors Hachem leur vient en aide et les délivre.

["Lorsque le mois d'Adar débute, on redoublera de joie" = en augmentant notre joie, déjà avant Pourim, dans une période terrible où un décret de mort plane sur nous, nous prenons conscience que nous possédons une arme surpuissance : celle d'être joyeux.
En effet, notre joie qui provient d'une confiance totale en Hachem, attire sur nous l'aide Divine, dans Sa miséricorde totale.
A l'inverse, l'arme du yétser ara est les doutes, qui peuvent conduire à la tristesse.
Il n'y a pas de plus grande joie que l'absence de doute. Or, à Pourim nous réalisons d'à quel point derrière tout élément naturel, il y a un décret précis d'Hachem, pour notre bien, et cela conduit à avoir une confiance à 100% en Hachem, à en douter à 0%. La joie est donc forte!
=> Pourim témoigne du fait que par le fait de se forcer à sourire dans l'obscurité, Hachem va nous permettre de sourire dans la lumière, dans la joie réelle et totale.]

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-> Le rabbi de Piotrków explique d'après la même idée ce que le Baal haTourim rapporte à propos du 1er verset de Chémot (1,1) : "Voici les noms des Bné Israël qui vinrent en Egypte" (וְאֵלֶּה שְׁמוֹת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל הַבָּאִים) ; les dernières lettres de ces mots forment : Téhilim.
De même, le midrach (Béréchit rabba 64,11) enseigne : "Pendant ses 22 ans chez Lavan, Yaakov était occupé à lire des Téhilim".
Cela s'explique ainsi : lorsque Yaakov était dans la détresse dans la maison de Lavan qui ne cherchait qu'à déraciner la souche d'Israël, il ne cessait de se renforcer dans sa confiance en D. qui finirait par le délivrer.
Plutôt que de se désespérer de sa situation, il chantait des Louanges comme s'il avait déjà échappé à son oppresseur.
Il en est de même à propos des Bné Israël qui dès le début de l'exil lorsqu'ils descendirent en Egypte étaient déjà confiants dans leur délivrance future. Ils entonnèrent dès ce moment des Téhilim, et c'est pourquoi le mot Téhilim est contenu en allusions 1er verset de Chémot.
[il en est de même dans notre exil actuel ...]

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-> Sous le régime nazi (en 1938), les réchaïm obligèrent le rabbi Yaakov de Sadigura à nettoyer quotidiennement les rues de Vienne.
En nettoyant, le rabbi de Sadigura se répétait sans cesse en s'adressant à Hachem : "Je suis à Toi, et même ce racha qui est sur mon dos est à Toi, le balai que je tiens en main est aussi à Toi et même le sol que je suis en train de nettoyer est à Toi.
Il s'ensuit que cet homme qui est à Toi m'a ordonné à moi qui suis à Toi de prendre ce balai qui est à Toi pour nettoyer le monde qui est à Toi.
C'est pourquoi je l'accomplirai avec une joie immense."

=> Cela vient nous apprendre à nous efforcer d'acquérir cette vertu : voir Hachem à chaque pas et à chaque étape de notre existence.
De la sorte, nous pourrons mériter une vie remplie de bénédictions.

Par exemple, le Baal Chem Tov disait : "Celui qui vit en ayant confiance en Hachem, qui sait que rien ne survient par hasard et que toute la Nature est le fruit de la Providence Divine, mérite de voir se réaliser sur lui-même des miracles hors du commun".

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+ "Dès que le mois d'Adar débute, on augmente la joie" (guémara Taanit 29a)

-> Rachi explique : "Des jours de miracle pour Israël : Pourim et Pessa'h."

-> Le 'Hatam Sofer (Drachot 1ere partie, 162b) écrit :
Il existe une grande différence entre le mois de Nissan et celui d’Adar.
- Car en Nissan, le miracle se produisit en dehors des limites naturelles par la sortie d'Egypte et la mer Rouge qui se fendit. Un tel miracle fait plus de bruit au moment où il se produit.
Cependant, ce ne fut pas une publication de l’action permanente de la Providence Divine.
- Tandis que lors des miracles d’Adar, rien ne fut modifié dans le cours naturel du monde et aucun homme n'intervint à leur sujet.
Malgré tout, celui qui réfléchit au cours des évènements depuis le festin d'A'hachvéroh jusqu'à la fin de la Méguila y verra se manifester la Providence Divine de manière extraordinaire et y décèlera également une conduite dirigée dans tous les évènements du monde.
Hachem modifia alors le cours des astres de la même manière qu'il agit avec nous chaque jour, sans que le bénéficiaire du miracle ne s'en aperçoive ...
C'est parce que la Providence Divine particulière qui s'exerce sur nous [sans que nous n'en ayons conscience, dissimulée dans la naturalité des choses] se remarqua davantage que l’on redouble de joie.

C'est à ce sujet qu'il est écrit dans la Méguilat Esther (9, 5) : "Ces jours de Pourim ne disparaîtront pas du sein du peuple juif et leur souvenir ne sera pas effacé du sein de leurs descendants."
Et cela concerne 2 aspects :
- d'abord, le fait que l'homme prend conscience à Pourim des merveilles de la Providence,
- et ensuite, suivant le sens littéral du verset, le fait que ces jours de Pourim ne disparaîtront jamais. Car il en est de même à chaque génération, puisque ce miracle n'est pas seulement une histoire qui se déroula jadis, mais (comme il est écrit) "ces jours de Pourim ne disparaîtront pas du sein du peuple juif".
Jusqu'à présent, tout ce qui est arrivé dans le monde et qui semblait naturel a toujours fait l'objet d'un calcul bien précis dans le Ciel pour le bien des juifs.
Cette vérité constitue l'essentiel de notre émouna comme l'affirme le Rambam (fin de Paracha Bo) : "Celui qui n’y croit pas n'a pas de part dans la Torah d'Hachem."

=> On redouble de joie pendant le mois d'Adar car lorsqu'un homme croit sincèrement qu'Hachem l’accompagne (au cours de son existence) à chaque instant, pour son bien, et qu'Il dirige chacun de ses pas, alors son cœur se remplit d'allégresse et sa bouche de louanges.

[le but de Pourim est d'enraciner dans le cœur de chaque juif la émouna dans la Providence Divine lorsque celle-ci est dissimulée, et que les ténèbres l'enveloppent.
Cela provoque de la joie, et de la joie provoque cela.]

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-> "Celui qui désire voir ses biens se maintenir, qu'il plante parmi eux un Adar [selon Rachi, il s'agit d'un arbre important]", comme il est dit : "Adir bamarom Hachem" (Hachem est puissant dans les hauteurs - Téhilim 93,4).
[guémara Beitsa 15b]

Rachi d'expliquer : "Adar traduit l'idée de force."

Le Sfat Emet (sur Roch 'Hodech Adar) commente cette guémara ainsi : celui qui désire que ses biens spirituels et matériels se maintiennent "plantera un Adar", à savoir qu'il pensera en permanence que "hachem est puissant dans les hauteurs".
De cette manière, il comprendra que tout ce qui lui arrive ici-bas provient d'Hachem.
Grâce à cela, il réussira dans toutes ses entreprises.
Il devra néanmoins veiller à ce que cette vérité ne reste pas superficielle mais pénètre également son cœur afin de vivre cette émouna.

[nous devons intérioriser notre confiance en Hachem dans notre cœur (à l'image des racines profondes d'un haut arbre) de manière à ne pas tout oublier lorsque se présentera la moindre épreuve.
Lorsqu'un homme réalise qu'il n'existe rien en dehors de D. et que rien de bon ou de mauvais ne peut lui arriver sans qu'Hachem ne l'ait décidé, il ne sera jamais triste.
Ainsi, lorsque Adar est là, qu'on voit la grandeur (adir) et la magnificence de Hachem, alors on ne peut qu'augmenter la joie.]

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-> "Celui qui lit la Méguila à rebours n'est pas acquitté" (michna Méguila 17a)

Selon nos Sages, cela nous apprend que celui qui étudie la Méguila depuis la fin en remontant jusqu'au début, après avoir vu l'ampleur du miracle, et qui est alors impressionné par l 'enchaînement extraordinaire des évènements passés, n'est pas quitte de son obligation.
Car le but de la émouna est de reconnaître, même au moment où la Présence Divine est voilée, que tout est pour le bien.
C'est ce qui est suggéré par l'obligation de lire la Méguila suivant l'ordre (chronologique) : avant même que le miracle se révèle au grand jour, l'homme est déjà convaincu d’une issue favorable.

-> Le rabbi de Berditchev (Kédouchat Lévi) explique l'absence du Nom d'Hachem dans toute la Méguila, car Hachem dirigea alors tous les évènements de manière dissimulée.
Il écrit : "Néanmoins, lorsque l'on associe tous les mots (qui représentent les évènements), on décèlera entre les lignes que le Maître du monde dirige tout à Lui seul avec une Providence extraordinaire."

-> Certains commentateurs (comme le Yossef Léka'h) font remarquer que le Nom d'Hachem apparaît néanmoins en filigrane à 2 reprises dans la Méguila :
- dans les premières lettres de : "yavo amélé'h véHaman ayom" (que viennent le roi et Haman aujourd'hui - יבא המלך והמן היום - Méguilat Esther 5,4) ;
- et également dans les lettres finales de : "ki kalété élav ara'a" (Haman vit que sa fin était arrivée - כי כלתה אליו הרעה - Méguilat Esther 7,7).
Cette présence évoque le fait qu'aussi bien lorsqu'Haman se trouva au somment de la gloire, que lorsqu'il arriva au moment de sa chute, rien n'était le fruit de sa force, mais tout était dirigé à chaque instant par la Providence Divine.
Ceci nous enseigne que Hachem se trouve constamment présent dans l'existence d'une personne et que tout ce qu'elle traverse ne constitue que des moyens utilisés par Hachem.

[le nom d'Hachem n'apparaît pas clairement dans la Méguila, mais en prenant plusieurs mots successifs nous nous rendons compte que rien ne peut se passer sans un décret de Sa part.
(2 fois dans la Méguila : lettres du début, lettres de la fin => tout du début à la fin n'existe, ne peut se produire indépendamment de D.).]

La révélation d’Hachem à Pourim

-> "A l'époque d'Haman, les juifs se sont prosternés devant les idoles, ont mangé au repas d'A'hachvéroch, ont épousé des non-juives et sont tombés bien bas.
La Présence Divine n'était plus parmi eux, il n'y avait qu'un voilement Divin et c'est pour cette raison, dit le Maharal, que le Nom d'Hachem n'apparaît même pas dans la Méguila pour montrer à quel point Son visage était caché à cette époque.

Voici qu'ils ne méritaient aucun miracle, même pas un petit miracle.
Mais Hachem, dans Sa bonté infinie et dans Sa grande compassion, leur a préparé un miracle immense, plus grand que tous les autres miracles justement.
Une telle révélation d'Hachem, au sein d'une telle obscurité, il n'y en avait jamais eu jusqu'à Pourim.
C'est là la particularité de cette fête et la particularité de la Méguilat Esther qui signifie littéralement : "révélation de ce qui est caché"."
[rav Yonathan Eibschutz - Yaarot Dvach 2,17]

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-> "Toutes les fêtes juives seront un jour annulées, à l’exception de Pourim qui sera toujours célébrée.
Rabbi Eliézer y ajoute : Yom Kippour. "
[midrach Yalkout Chimoni Michlé - rémez 944]

-> Le rav Chlomo Elkabets (dans son Séfer Manot Lévi) explique que lorsque l'on dit que les autres fêtes vont être annulées, il est évident que la Torah ne va pas changer, car même pas une seule lettre ou même une pointe de lettre ne changera.
En fait, cela signifie que les autres fêtes seront alors négligeables [en comparaison de Pourim] : comme un aliment qui tombe dans une marmite 60 fois plus grande, et qui du coup ne peut plus donner de goût.

=> D'ailleurs, nos Sages (Béra'hot 12) enseignent que les miracles de la fin des temps seront tellement grands qu'on ne dira plus : vive Hachem qui nous a fait sortir d'Egypte mais vive Hachem qui a réuni les exilés et nous a délivrés de cette dernière exil.
Le seul miracle qui ne sera pas négligeable à la fin des temps malgré les immenses prodiges qui se produiront est celui de Pourim, car il a permis une révélation hors du commun : au sein de l'obscurité se trouve la lumière d'Hachem car tout vient de Lui : la lumière et le Bien, mais aussi le voile et l'obscurité.

A Pourim ... Hachem accorde [aux juifs] tous les désirs de leur cœur.
[Ma'hzor Vitri - 465]

Alors b'h, n'oublions pas de désirer un maximum de bonnes choses pour nous et pour tous les juifs ... 🙂

"Tout celui qui étudie la Torah entre la lecture de la méguila du soir et la lecture de la méguila du matin, il est certain qu'il méritera le monde à Venir (olam aba)."

['Hatam Sofer - Drouchim p.245]

Lorsque quelqu'un sait que tout provient [uniquement] d'Hachem, alors il va réussir.
Mais s'il pense que c'est la nature qui règne, alors il va échouer.
[Bné Yissa'har - Adar 1,8]

[Il explique : "Pourim est composé de miracles qui sont entièrement dans les règles de la nature, et pourtant tout le monde a vu l'intervention merveilleuse d'Hachem"]

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-> La reconnaissance que nous sommes dans les Mains d'Hachem, totalement dépendant de Lui, est propice pour qu'Il accepte nos prières.
[Méor Enayim]

[il dit que c'est pourquoi la prière est si puissante au mois d'Adar, car avec la proximité de Pourim, nous prenons conscience d'à quel point il n'y a que Hachem qui gère les moindres détails du monde, y compris ce que l'on prend pour acquis car dans la naturalité des choses.
Plus nous faisons dépendre notre vie des "Mains" d'Hachem, plus nous donnons du pouvoir aux "Mains" Divines d'agir pour nous, et notre vie n'est alors plus uniquement au "mains" des lois de la nature.]