La tristesse n’est pas une faute, mais elle peut amener les gens plus bas que la pire des fautes.
La joie n’est pas une mitsva, mais elle peut élever une personne plus haut que la plus grande des mitsva.
[Beit Aharon]

Parler à la synagogue

+ Hachem dit : « Parce qu’ils ont abandonné Ma Torah que J’ai placée devant eux. Ils n’ont pas écouté Ma voix et ne sont pas allés dans [les sentiers de la Torah] » (Yirmiyahou 9,12).

La Torah nous révèle les péchés qui ont causé la destruction de la terre. Outre la négligence de l’étude, le peuple avait manqué d’honorer la Torah.
Lorsque l’on sortait le rouleau de l’arche avant la lecture, les fidèles annonçaient : « Voici la Torah que Moché a placé » (vézot haTorah achère sam Moché). Par ces mots, ils pensaient s’être acquittés de leur obligation d’honorer la Torah. Ils tournaient ensuite le dos au Séfer Torah et se mettaient à bavarder.
Or, il est écrit : « Ceux qui abandonnent Hachem seront anéantis » (Yéchayahou 1,28).

Cette faute est signalée par les mots : « Parce qu’ils ont abandonné Ma Torah que J’ai placée devant eux » = Cela veut dire qu’ils laissent le rouleau de la Torah ouvert devant eux et s’adonnent à leurs conversations personnelles.
Hachem a ajouté : « et n’ont pas écouté Ma voix » pour dénoncer les hommes qui à la synagogue se lancent des plaisanteries au moment de la lecture de la Torah, transgressant ainsi l’interdiction de parler à la synagogue.
Quiconque se rend coupable de ce grave péché n’a pas de part dans [la proximité avec le] D. d’Israël, car il Lui manque de respect. [Zohar – Térouma]

Deux anges désignés pour cette faute posent leurs mains sur la tête de l’homme qui bavarde et s’écrient : « Malheur à cet homme qui a parlé à la synagogue! »
Cette faute est semblable à la profanation du Shabbath car elle représente une profanation de la Torah.
Lorsque l’officiant procède à la lecture de la Torah, chaque fidèle doit écouter avec crainte.
A ce moment là … il faut garder le silence comme si on avait la langue coupée. [Zohar – Vayakél]
[…]

« Celui qui écarte l’oreille et n’écoute pas la Torah, sa prière est aussi une abomination » (Michlé 28,9)

[Méam Loez – Pékoudé 38,22-23]

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-> La sainteté d’un synagogue ou d’une maison d’étude est très grande.
Il faut y éprouver de la crainte et de la vénération comme dans le palais d’un roi …
Il est donc interdit de parler à la synagogue.
On a l’habitude de souhaiter : « Santé! » à quelqu’un qui éternue, et certains décisionnaires l’interdisent à la synagogue.
Le Arizal veillait à ne pas prononcer la moindre parole à la synagogue. Même s’il voyait quelqu’un mal agir, il ne le reprenait pas de crainte d’en arriver à proférer des paroles inutiles. [Ora’h Haïm 151]

[Méam Loez – Pékoudé 40,33]

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-> b’h, sur ce sujet : http://todahm.com/2016/12/26/la-gravite-de-parler-a-la-synagogue

Le secret du mariage, c’est que chacun se sente responsable du sourire de l’autre.

[rav Yé’hia Benchétrit]

Un être vivant c’est celui qui vit dans le présent

+ Un être vivant c’est celui qui vit dans le présent :

-> Le yétser ara principal est celui qui nous pousse au désespoir après une faute.
D’ailleurs, le mot « avéra » (faute – עבירה) a pour racine : « avar » (le passé – עבר), car après qu’on ait fauté le yétser ara nous pousse à penser à cette faute passée, ce qui génère en nous du désespoir.
[Yessod véChorech haAvoda]

[selon le rav Akiva Tatz, la joie est le sentiment de faire ce qu’on doit faire (la volonté de l’âme et nos actions sont similaires). Ainsi, toute faute provoque un sentiment de mal-être (plus ou moins fort), qui peut inciter à la téchouva, mais le yétser ara l’utilise pour nous dévaloriser à nos yeux, pour nous décourager de faire de belles choses car nous sommes qu’un bon un rien, …
Selon nos Sages lorsque nous faisons une téchouva par amour, nos fautes se transforment en mérites, ainsi le « passé » (עבר), ne doit plus être une source de désespoir au contraire!
Le yétser ara veut nous faire oublier que la téchouva prend quelques secondes, quelques paroles sincères, et alors : « Une personne qui a fait téchouva est aimée et chérie par D., comme si elle n’avait rien transgressé » (Rambam – Hilkhot Téchouva 7,4). ]

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-> « Ne sois pas un racha à tes yeux » (al té’i racha bifné atsmé’ha – Pirké Avot 2,13)

Le ‘Hafets ‘Haïm disait que l’interdit de lachon ara s’applique également envers nous même!

-> Rachi (‘Houkat 19,2) écrit à propos de la vache rousse : Étant donné que le Satan et les peuples du monde se sont moqués d’Israël en disant : « Qu’est-ce que cette mitsva et quel en est le motif? », le texte emploie ici le terme ‘houka (« statut »), destiné à marquer que « c’est un décret émanant de Moi que tu n’as pas le droit de critiquer ».

Le rabbi Yéhochoua Alt dit qu’en réalité le Satan et les nations du monde voulaient nous faire penser au Veau d’or, puisque la vache rousse vient en réparation de cela, et ainsi bien nous rappeler à quel point nous sommes tombés d’un niveau si sublime au mont Sinaï (don de la Torah) à une faute si grave le Veau d’or.
Le but étaient d’entraîner du désespoir aux juifs.

La réponse de Hachem est : « tu n’as pas le droit de critiquer » = une fois que tu as fait téchouva, alors nous ne devons plus y penser, mais plutôt aller de l’avant et s’améliorer.

Dans la prière d’Arvit, nous disons : « Retire le Satan de devant nous et de derrière nous » (véasser aSatan milfanénou ouméa’harénou).
En effet, « de devant nous » = c’est le yétser ara qui nous pousse à fauter, « et de derrière nous » = c’est celui qui après la faute nous pousse à penser à quel point nous sommes nuls de chez nul d’avoir pu fautés.

-> Nos Sages nous disent que le 2e est le pire car il va refroidir notre feu d’agir spirituellement, et il va nous pousser à fauter (si je suis un mauvais alors c’est normal si je fais des actions mauvaises!)

En ce sens, le le Sabba de Novardok dit : « Il y a pire que le mal véhiculé par le péché, il y a la perte de confiance liée à notre échec! ».

De même, le désespoir amène une tristesse, et le rabbi Aharon de Karlin affirme : « La tristesse n’est pas une avéra en soi, mais elle peut mener l’homme à des extrémités auxquelles aucune faute ne pourrait mener! »

-> Après que les juifs aient fauté avec le Veau d’or, Moché a prié pendant 40 jours afin qu’ils soient pardonnés.
Selon la Torah (Ekev 9,19), Moché a prié car : « ki yaguorti mipéné aaf » (car j’étais terrifié par la colère).
Le rabbi Moché de Korbin explique que Moché était terrifié (ki yaguorti) de « mipéné aaf » = de voir que le nez (aaf) des juifs allait se rabaisser suite à leur honte qui a suivi la faute.
Pour Moché c’était le problème principal (plus que la faute du Veau d’or en elle-même), car s’ils se sentaient déprimés alors cet état pouvait mener à de très nombreuses fautes.

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-> « Un feu permanent sera entretenu … il ne devra point s’éteindre » (Tsav 6,6)

Le Divré ‘Haïm explique : il doit toujours y avoir un feu (de joie, d’enthousiaste, de fierté d’être juif) dans notre cœur pour servir Hachem, et même lorsque nous fautons ce feu ne doit jamais être éteint.

-> Se sentir indigne de servir Hachem est pire que l’arrogance
[Beit Israël]

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-> Toutes les pensées concernant le passé, au sujet de la spiritualité ou de la matérialité, qui ne portent pas d’importance pour le futur proviennent du Chariot d’impureté (merkava hatméa).
[Gaon de Vilna]

Selon le rav Elimélé’h Biderman, si une chose passée peut aider notre futur alors nous pouvons prendre occasionnellement un temps pour penser à elle. Mais si notre passé n’amènera rien de positif, alors il faut autant que possible l’oublier, et avancer plus loin dans notre service d’Hachem.

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-> Le rav Shlomo Wolbe (Igrot Ouksavim 1,24) écrit :
Souvent nous en sommes vainqueurs, mais parfois le yétser nous vainc.
Lorsque cela arrive malheureusement, il ne faut pas y penser et y prêter attention!
Nous devons bannir toutes les pensées à propos de ce qui s’est passé, et tout particulièrement les sentiments de détresse.
En effet, c’est l’objectif principal du yétser ara : faire tomber une personne et développer en elle le désespoir.

Ne le laissons pas nous vaincre! Continuons à … [agir] dans la joie, comme si rien ne s’était passé …
De plus, il faut oublier ce que nous avons vu dans les livres à propos des punitions et des difficultés à faire téchouva suite à une faute …
Cependant, il est difficile d’être habitué à ne pas prêter attention, car les pensées de remords, d’angoisse, de désespoir se réveillent constamment en nous.

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-> Le Chla haKadoch écrit :
« Ceux qui sont stricts et affirment qu’ils n’y a pas réparation à une faute … ce sont ceux qui poussent à augmenter les fautes parmi nous et ils entraînent les gens à s’éloigner de Hachem. En effet, lorsque le fauteur entend qu’il n’y a pas de téchouva possible pour sa faute, alors il va abandonner toute tentative de s’améliorer.
Ces personnes strictes font que la Présence Divine part en exil, et au lieu d’être appelé des : ‘hassidim (les pieux) ils doivent être appelés les : ‘hassérim (les manquants), et leur punition sera très sévère. »

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-> Si vous êtes tristes concernant des sujets de spiritualité … dites vous : « Ce n’est pas le bon moment » … Car on doit avoir un temps bien déterminé, où l’on peut avoir l’esprit posé (yichouv hadaat), où l’on pense à la grandeur d’Hachem devant qui nous avons fauté, faisant que notre cœur en devienne brisé et amer.

Et alors immédiatement après ces moments [fixés] où on a son cœur brisé, nous devons entièrement retirer la tristesse de notre cœur, et croire d’une émouna totale que Hachem nous a pardonné car Hachem est plein de pardaon (rav lisloa’h).
C’est la réelle joie en Hachem qui suit la tristesse. »

-> Il n’y a pas de « maintenant » si ce n’est pour un langage de téchouva
[midrach Béréchit rabba 21,6 – en véata ella lachon téchouva]

Selon le Tiféret Shlomo (Vayé’hi), la téchouva ce n’est pas se morfondre sur notre passé, mais plutôt faire de notre présent quelque chose de meilleur.

b’h, également à ce sujet : http://todahm.com/2019/04/16/8855-2

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-> La première chose sur laquelle nous devons prier, est d’oublier toutes les bêtises que nous avons faites dans le passé.
[Beit Aharon de Karlin]

[nos erreurs passées de la vie ne doivent pas venir entraver notre capacité actuelle à grandir positivement]

-> Penser à une faute après l’avoir commise est encore plus grave que la faute elle-même.
Comme l’affirme la guémara (Yoma 29a) : « penser à une faute est plus grave que la faute » (הרהורי עבירה קשו מעבירה).
[‘Hazon Ich]

[une fois qu’on a fait une téchouva sincère dessus, elle est effacée, elle est extérieure à nous, et il faut aller de l’avant!]

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-> Le passé c’est des rêves, le futur de l’imaginaire, et le présent des épreuves.
[…]
Le passé est un rabbi (car on peut y apprendre, et s’améliorer pour la suite), le futur est un étudiant (car il permet de créer de la grandeur), et le présent est notre ami. »
[…]

La guémara (‘Houlin 89a) enseigne : « Le monde ne se maintient que grâce à celui qui garde la bouche fermée lors d’une dispute »
On peut également l’expliquer en référence à une personne qui va rester silencieuse lorsqu’elle a une dispute avec elle-même.
En effet, les gens se font souvent de la peine à eux-mêmes, leur conscience les raillant souvent : « Comment as-tu pu réaliser une erreur si stupide? Pourquoi n’as-tu pas fait plus attention? »

On doit s’habituer à « fermer sa bouche » à ces pensées déprimantes et non productives.
Par ce mérite, notre monde, et le monde entier, se maintient.
[rav Gadel Eisner]

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-> Le Téhilim (30,6) est : « ki réga béapo ‘haïm birtsono ».

Le Beit Aharon de Stolin explique que lorsqu’on se focalise uniquement sur « ki réga » (car un seul instant) = sur ce moment [actuel], il n’a pas à s’inquiéter sur le futur, et il ne se morfond pas à propos du passé, et c’est ainsi que « ‘haïm birtsono » (une vie dans Sa bonté) = il vit une bonne vie spirituelle et matérielle.

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-> Le rabbi Yé’hezkel de Kouzmir enseigne que le yétser ara ressemble à quelqu’un qui va payer un enfant pour prendre un petit article d’une boutique et ensuite partir en courant.
Le propriétaire va alors partir à la poursuite de l’enfant, et pendant ce temps la personne va rentrer dans le magasin prendre tranquillement tout l’argent.
Le rabbi de Kouzmir dit que le yétser fait de même nous poussant à faire une petite faute, qui va beaucoup nous préoccuper.
Ensuite on va se réprimander : « Pourquoi n’ai-je pas été plus prudent? Pourquoi ai-je fauté? »
C’est précisément ce que veut le yétser ara : que nous ayons des sentiments de déprime, de découragement, car alors il peut nous voler tellement plus.

Nos Sages enseignent : « Le yétser ara ne veut pas tant que nous fautions, mais il désire plutôt la tristesse qui suit la faute ».

-> « Le tsadik tombe 7 fois, et se relève ; mais les réchaïm sont effondrés par le malheur » (Michlé 24,16)
Tout être humain par définition tombe. Par contre, nous devons être vigilants après la faute a ne pas être « effondrés par le malheur », mais plutôt à se relever émotionnellement, à aller de l’avant dans la joie.
Certes nous devons faire téchouva, tout faire pour apprendre de nos erreurs passées, mais il faut repousser les pensées négatives, déprimantes, liées à des actions que nous avons pu faire.
Le yétser ara souhaite plus que tout nous faire perdre notre ambition, nos désirs de grandeur dans la spiritualité, en se basant sur nos fautes, nos échecs pour baisser notre valeur à nos yeux.
Il faut se gonfler le moral, viser des hauteurs spirituelles, plutôt que de rester quasi statique dans la boue du yétser ara.
[le tsadik et le racha tombent tous les deux, la différence entre eux réside dans la capacité à se relever pour aller de nouveau de l’avant!]

Le rav Elimélé’h Biderman dit que lorsque nous avons des remords et que nous sommes déçus de nos échecs et de nos fautes, c’est souvent le yétser ara qui cause cela.

Selon le Arizal, avant de dormir nous devons revoir nos actions du jour et nous repentir de nos fautes.
Le Arizal enseigne qu’il en est de même la veille de Shabbath (revoir toute sa semaine), la veille de Roch’ Hodech (revoir ses actes du mois).
Ce sont des moments définis pour effectuer une introspection, faire téchouva et regretter nos erreurs.
Mais nous ne devons pas nous répéter constamment nos fautes, car cela amène sur nous du désespoir.
Et même pendant ces moments précis d’introspection, nous devons être vigilants à penser d’une façon qui ne va pas générer de désespoir, mais plutôt d’une manière qui va nous stimuler à s’améliorer.

[il ne faut pas que nos chutes deviennent une justification pour ne plus agir avec ambition.
De plus, le yétser ara peut vouloir que nous cultivons des sentiments de déprime, sous couvert de faire une plus belle téchouva. Plutôt que de se dire je fais téchouva de tout mon cœur, et ensuite je vais de l’avant avec une belle page blanche. Il va nous faire constamment revenir dessus.]

-> Le ‘Hafets ‘Haïm rapporte qu’une personne vendait des pommes dans un marché.
Un jour, quelqu’un lui a renversé toute ses pommes par terre, et alors plein de gens du marché en ont profité pour lui prendre ses pommes.
Alors que la vendeuse se lamentait, on lui a dit : « De même qu’on te prend tes pommes, attrape toi aussi ce que tu peux ».
Le ‘Hafets ‘Haïm enseigne qu’après que nous soyons tombés dans la faute, ce n’est pas le moment de se lamenter, de pleurer. Mais à la place, nous devons attraper tout le bien que nous pouvons obtenir, et l’utiliser pour aller de l’avant.

[dans la vie, il y a des hauts et des bas.
Lorsque nous sommes en bas, il faut regarder vers le haut (se valoriser, voir grand)], et s’appuyer sur toute cette positivité pour s’élancer vers le haut.
Lorsque nous sommes en haut, il faut capitaliser de ces bons sentiments pour alimenter nos moments plus difficiles, et ne jamais oublier que tout ne provient que grâce à Hachem.]

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+ Le passé peut nous décevoir, le futur peut nous inquiéter, mais nous sommes actuellement en vie et nous devons en faire le maximum.

Les morts ont un futur, car ils bénéficieront de la résurrection des morts.
Ils ont également un passé : la vie qu’ils ont pu vivre dans ce monde. Cependant, ils n’ont pas de présent, puisque maintenant ils sont allongés passivement dans leur tombe.
En revanche, une personne vivante doit se focaliser sur le présent. Lorsque nous sommes déçus par notre passé, et inquiets de notre futur, nous sommes comme le mort, qui ne vit pas dans le présent, mais uniquement dans le passé et le futur.

Le Téhilim (115,17) est : « Les morts ne louent pas Hachem » (lo amétim yéalélou ka).
Cela signifie que ceux qui sont comme des morts, car ils se focalisent sur leur passé et leur futur, et pas sur leur présent, alors ils ne peuvent pas louer Hachem, car leur cœur est constamment rempli d’inquiétudes et de souffrances.

Le Téhilim continue : « et nous » (vaana’hnou) qui sommes concentrés sur le présent, alors « névaré’h ka » = nous sommes capables de louer Hachem pour toutes ses bontés.
[rav Elimélé’h Biderman]

[certes le passé et le présent sont utiles par moment pour sublimer notre présent, mais d’une manière générale il faut se laisser savourer et apprécier notre présent.
En effet, à trop être parasités par notre passé et notre futur, nous n’avons plus de présent, et nous ne vivons plus!]

La grandeur extrême de ceux qui protègent leurs yeux

+ La grandeur extrême de ceux qui protègent leurs yeux :

-> Un jeune étudiant en Torah (ba’hour) alla rendre visite au Steïpler, 6 mois avant que celui-ci ne quitte ce monde et il n’entendait déjà presque plus, si bien que le ba’hour écrivit tout ce qui lui était arrivé :
« Je suis un ba’hour de 19 ans. Depuis Roch ‘Hodech Elloul jusqu’à présent, je me suis beaucoup efforcé de préserver mes yeux de toute contemplation interdite.
Aujourd’hui, j’étais obligé de me faire soigner les dents et j’ai dû voyager à Tel Aviv. A cause de cela, j’ai gravement trébuché dans cette faute sur le chemin et également chez le dentiste.
Depuis mon âme ne me laisse pas en paix. Que puis-je faire? »

Le ba’hour signa de son nom et de celui de sa mère, et il tendit la lettre au Steïpler.
Après que ce dernier eut achevé de la lire, il planta son regard pénétrant dans les yeux du ba’hour (celui qui subissait cette expérience était pris de tremblement) et d’une voix tonitruante, il lui demanda : « Réponds-moi : as-tu réussi une seule fois en chemin à vaincre ton yétser ara, et à préserver tes yeux? »

Le ba’hour lui répondit par écrit : « Rav, ma situation est des plus amères! »
Le Stéïpler réitéra sa question jusqu’à ce que le ba’hour reconnaisse qu’en effet, il s’était abstenu de regarder pendant une partie du chemin.

Le Steïpler s’adressa alors à lui dans ces termes :
« Je n’exagère en rien et je ne mens pas!
Si j’en avais la force, je me serais levé de toute ma hauteur devant toi.
D’après les estimations, le voyage depuis ici jusqu’à Tel Aviv dure environ 35 minutes. A chaque fois que tu t’es retenu, tu as accompli la mitsva de « Tu craindras ton D. », celle de « Je serai sanctifié au sein des Bné Israël », et ainsi que celle de « Tu aimeras Hachem ton D. de tout ton cœur et de toute ton âme ».
Certes tu es passible d’un châtiment sur les fois où tu as échoué. Mais à chaque fois que tu surmontes ton penchant dans cela ou dans tout ce qui relève de la sainteté, tu es au même niveau que Yossef haTsadik, exactement au même niveau.
L’essentiel est de combattre. Continue à te battre, bats-toi encore et encore! »

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-> Le Zohar (Vaéra 23a) écrit que quiconque résiste vaillamment aux tentations de la chair mérite le titre de tsadik, et il cite Yossef comme exemple d’une conduite de ce genre.

[certes notre yétser ara nous pousse à la faute, mais surtout après il nous pousse à désespérer.
Au lieu de cela nous devons nous inspirer des paroles du Steïpler afin d’avoir conscience de l’extrême grandeur d’arriver à résister aux tentations de visions interdites dans notre génération.]

Le passé peut nous décevoir, le futur peut nous inquiéter, mais nous sommes actuellement en vie et nous devons en faire le maximum.

Les morts ont un futur, car ils bénéficieront de la résurrection des morts.
Ils ont également un passé : la vie qu’ils ont pu vivre dans ce monde. Cependant, ils n’ont pas de présent, puisque maintenant ils sont allongés passivement dans leur tombe.
En revanche, une personne vivante doit se focaliser sur le présent. Lorsque nous sommes déçus par notre passé, et inquiets de notre futur, nous sommes comme le mort, qui ne vit pas dans le présent, mais uniquement dans le passé et le futur.

Le Téhilim (115,17) est : « Les morts ne louent pas Hachem » (lo amétim yéalélou ka).
Cela signifie que ceux qui sont comme des morts, car ils se focalisent sur leur passé et leur futur, et pas sur leur présent, alors ils ne peuvent pas louer Hachem, car leur cœur est constamment rempli d’inquiétudes et de souffrances.

Le Téhilim continue : « et nous » (vaana’hnou) qui sommes concentrés sur le présent, alors « névaré’h ka » = nous sommes capables de louer Hachem pour toutes ses bontés.
[rav Elimélé’h Biderman]

[certes le passé et le présent sont utiles par moment pour sublimer notre présent, mais d’une manière générale il faut se laisser savourer et apprécier notre présent.
En effet, à trop être parasités par notre passé et notre futur, nous n’avons plus de présent, et nous ne vivons plus!]

Le bita’hon en Hachem est supérieur à toutes les louanges que nous pouvons dire à Hachem.
[Séfer ha’Ikarim – 4,49]

-> « Pour Toi, le silence est louange » (Téhilim 65,2)
Nous n’avons pas besoin de dire quelque chose. Lorsqu’en silence nous avons confiance en Hachem que tout se finira pour le bien, alors c’est une louange énorme.

De même, il est écrit : « Et moi j’espérerai toujours en Toi, et j’ajouterai [ainsi] encore à toutes tes louanges » (Téhilim 71,15).
[rav Elimélé’h Biderman]

[avec le bita’hon, chacun de nos actes peut devenir une louange à D.]

<—>

-> Lorsque quelqu’un a confiance en Hachem, son bita’hon va le sortir de l’enfer (guéhinam) … les anges vont le prendre du guéhinam.
Le bita’hon purifie comme un mikvé, car le bita’hon élève une personne à un haut niveau où il n’y a pas de fautes ni d’imperfections …
[Ram’hal – דרוש בענין הקיווי]

<—>

-> Le roua’h hakodech (l’esprit saint) repose sur une personne qui a du bita’hon.
Il reçoit un esprit courageux qui l’assure qu’Hachem va sûrement l’aider.
[‘Hazon Ich – Emouna ouBita’hon 2,7]

<—>

-> Lorsque quelqu’un vit avec émouna et bita’hon, Hachem va l’aider d’une manière qu’il n’aurait jamais imaginée.
[rabbi Pin’has de Koritz]

-> Le Alshich haKadoch dit qu’il y a différents niveaux de confiance en Hachem.
Lorsque quelqu’un a un bita’hon honnête et sincère, alors [grâce à cela] des miracles vont se produire pour lui.

<—>

-> « D’où viendra mon aide? Mon aide vient de Hachem qui a créé le ciel et la terre » (Téhilim 121,1-2)

Le ‘Hatam Sofer explique que par moment nous n’avons pas de solution, et nous crions : « D’où viendra mon aide? » (méayin yavo ézri)
Il n’y a pas de solution logique.
Cependant, Hachem peut tout faire, Il peut nous sauver.
C’est « Hachem qui a créé le ciel et la terre », et ce à partir de rien (méayin).
=> Ainsi, si cela est nécessaire Hachem peut créé à partir de rien (yech méayin) et nous sauver de toute situation.

<—>

-> « Heureux est l’homme qui met sa confiance en Hachem, et [alors] D. sera son espoir! » (Yirmiyahou 17,7 – barou’h agéver achèr yivta’h b’Hachem -> véaya Hachem mivta’ho)

Cela signifie : Qui est la personne qui est bénie d’avoir confiance en Hachem?
« véaya Hachem mivta’ho » : or, nos Sages disent que le terme : « véaya » (ce sera – והיה), est un mot qui implique de la joie.

– Le Divré Israël écrit : « La joie et la sérénité sont les signes d’une foi authentique en Hachem ».

– Le ‘Hovot haLévavot (Chaar haBita’hon chap.1) écrit : « Le bita’hon signifie la tranquillité (ménou’hat anéfech). On compte [totalement] sur le fait que Hachem va faire ce qu’il y a de mieux pour nous ».

– Le Séfer ha’Ikarim (4,49) écrit : « Il ne faut avoir aucun doute … car Hachem peut nous sauver [de toute situation] et personne ne peut l’en empêcher … Ton bita’hon doit être [sûr] comme quelqu’un qui attend que le matin arrive. »
[de même que personne ne doute que le lendemain matin le soleil va se lever, de même nous ne devons avoir aucun doute que Hachem va nous aider!]

Le Séfer ha’Ikarim enseigne également : « Le bita’hon ne rend pas anxieux. Nous sommes joyeux. Nous ressentons maintenant la joie du futur. Cette forme de bita’hon est bonne. »

<—>

-> « Cherche tes délices en Hachem, et Il t’accordera les demandes de ton cœur (Téhilim 37,4 – véit’anag al Hachem -> véyiten lé’ha mich’alot libé’ha)

Le rav Elimélé’h Biderman commente : Celui qui est certain que Hachem va l’aider, au point d’en arriver à trouver des « délices », à avoir du plaisir dans sa confiance en Hachem, alors le fait d’atteindre ce niveau de bita’hon va avoir pour conséquence que :  » Il t’accordera les demandes de ton cœur ».

La particularité du peuple juif est notre héritage en tant que descendants d’Avraham, Its’hak et Yaakov, ainsi que tous les tsadikim des générations passées. [ils ont mis tellement sur le compte commun du peuple juif!]
Cependant, lorsque nous n’honorons pas nos parents, alors on se coupe de son ascendance, et ainsi nous perdons les bénéfices de notre lignée (yi’hous) remontant jusqu’à Avraham, et c’est une perte énorme.
[rav Elimélé’h Biderman]

<—>

-> La mitsva de kiboud av va’ém est propice pour avoir une longue vie, en plus de la récompense [infinie] que Hachem nous donnera pour avoir respecter cette mitsva.
[Ohr ha’Haïm haKadoch – Chémot 20,12]

-> Rabbénou Bé’hayé commente : « Nous voyons clairement que ceux qui honorent leurs parents vivent longtemps, ou bien ils ont de la réussite et de la sérénité dans tout ce qu’ils font. »

-> Le Beit Aharon de Stolin affirmait que s’il a pu atteindre un tel niveau spirituel, c’est grâce à la mitsva de kiboud av va’ém.

<—>

-> La mitsva de respecter ses parents (kiboud av va’ém) a été donnée à Mara, avant que la Torah ne soit donnée, et à un moment où les juifs avaient tous leurs besoins pris en charge, grâce à la manne et au puits de Myriam.
Le Ktav Sofer explique qu’ainsi un enfant se doit d’honorer ses parents même s’il n’a jamais reçu de Torah d’eux, et même s’ils ne l’ont pas aidés financièrement.
Le simple fait que les parents l’ont amené à la vie, suffit à créer l’obligation de les honorer.

« La bonté est le point intérieur essentiel de l’âme juive »
[‘Hazon Ich]

-> Le ‘Hazon Ich enseigne que la Torah n’est pas une science, mais c’est l’âme juive elle-même.
Et lorsqu’un juif prodigue du bien à autrui, son âme s’élève et grâce à cela, il comprend mieux et plus en profondeur la Torah.

-> Le ‘Hafets ‘Haïm explique la formulation de la bénédiction : « boré néfachot rabot », de la manière suivante :
On y récite : « Béni sois-Tu, Hachem, Maître du monde, qui crée de nombreux êtres et ce qui manque à tout ce que Tu as créé pour faire vivre tout être vivant ».
Hachem a créé dans son monde une multitude d’êtres et chacun d’entre eux a été créé avec un manque de ressources, un manque de famille et d’amis, des besoins médicaux, un manque d’intelligence, …
Pour quelle raison en est-il ainsi?

La réponse est : afin de « faire vivre tout être vivant », car le monde est fondé sur le fait que chacun prodigue à son prochain ce qui lui manque.

[Hachem met devant nous plein d’occasions de faire du ‘hessed (un sourire, une parole positive, …), car de même qu’on donne à autrui sans raison particulière (par amour de son prochain), alors de même Hachem a alors une bonne occasion de nous donner des belles choses, sans se baser sur des raisons/mérites particulières.
Le ‘hessed à autrui, c’est la meilleure façon de se faire du ‘hessed à soi-même!]

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-> b’h, également à ce sujet : http://todahm.com/2020/07/22/14490-2

« La chose principale est de toujours être fort dans sa confiance en Hachem, car un juif ne doit jamais perdre espoir.
Un juif doit constamment vivre avec du bita’hon. Il doit être persuadé que Hachem peut tout faire à toute personne, et rien n’est trop dur pour Lui, et pour Lui il n’est jamais trop tard.
Nous devons toujours avoir conscience que Hachem nous enverra certainement Son aide du Ciel.
[« Même si une épée tranchante est posée en travers de sa gorge, il ne doit pas se retenir de prier [d’espérer qu’Hachem le sauve] » (guémara Béra’hot 10a)]
Avec une émouna authentique, nous ressentons de la joie dans les profondeurs de notre cœur, et notre émouna a le pouvoir de faire descendre des délivrances, des bénédictions, de la réfoua chéléma, … »
[rabbi de Klausenbourg – dans une lettre]

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-> Le rav ‘Haïm de Volozhin (Néfech ha’Haïm – chaar 3, chap.12) enseigne que si l’on fixe dans notre cœur que :  »Hachem est le D. véritable et qu’il n’existe aucune autre force au monde ni dans les mondes. Tout est rempli seulement de Son Unicité la plus simple », alors Hachem lui apportera la réussite, et de fait, toutes les forces et les volontés qui pesaient sur lui s’annuleront et ne pourront pas le moins du monde agir à son encontre.

[Plus Hachem est grand à nos yeux (même dans nos épreuves), plus nous Lui donnons les moyens de faire de grandes et belles choses dans notre vie!]

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-> Comme il est bon de focaliser ses pensées sur le fait que tout ce qui peut arriver à l’homme ne vient que d’Hachem … et que rien ne peut se produire sans Lui.
Tourner nos yeux vers Lui, amène des délivrances.
[‘Hazon Ich – Iguéret vol.3,5]

-> Il existe autre chose dans la confiance en Hachem : un esprit de sainteté repose sur celui qui a confiance en D. et cet esprit puissant lui annonce qu’Hachem lui viendra en aide.
[‘Hazon Ich- Emouna Vé Bita’hone 2,7)]

-> Le ‘Hazon Ich dit également : « La délivrance survient à l’instant où l’homme ne voit plus aucun moyen naturel d’être délivré. »
[à partir du moment où tu as abandonné tout espoir d’aide naturelle, normale, et que tu ne mises plus que sur Hachem, alors la délivrance à tes problèmes peut pleinement survenir.]