De nombreuses personnes attendent la venue du machia’h et les « jours meilleurs » que cela amènera.
Cependant, en réalité [déjà actuellement] ce sont les meilleurs jours qui soient.
Ce que fera le machia’h c’est dévoiler les bontés cachées dans notre existence actuelle.

[Rachab – rav Shalom Dov Ber de Loubavitch]

De même que la nourriture rassasie le corps, le fait de remercier Hachem rassasie l’âme.
La tristesse vient d’un vide de l’âme, et nous pouvons remplir ce vide en remerciant Hachem.

[Malbim – sur le Téhilim 63,6 :
« Mon âme sera rassasiée comme de graisse et de l’abondance, [lorsque] ma bouche te glorifiera en un langage enthousiaste/joyeux »]

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[le Ram’hal (Messilat Yessarim – chap.8) affirme qu’il n’existe pas un être humain dans ce monde qui n’a pas une raison importante d’être reconnaissant envers Hachem (dans tous les cas nous sommes encore en vie, alors pourquoi se plaindre!)]

Une des fondations de notre service Divin est de reconnaître le bien que Hachem nous fait.
[Alchikh haKadoch – paracha Ki Tavo]

[Plus une personne est élevée spirituellement, plus elle pense constamment à combien de bien D. fait pour elle, et a des mots de remerciement et de louange sur ses lèvres durant toute la journée.]

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-> « Il convient à chaque personne de s’éveiller à penser à tout ce qu’elle a déjà et à reconnaître que tout cela nous a été donné comme cadeau par Hachem.
On doit parler de la bonté que D. fait pour tout le peuple d’Israël, et par cette attitude on amènera sur nous encore davantage de bénédictions. »
[Séfer ha’Hinoukh – mitsva 606]

« Celui qui M’honore en M’offrant des remerciements et en fait son mode de vie, Je le ferai jouir de l’aide Divine » (Téhilim 50,23)

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-> « Les gens réalisent qu’avec la prière nos requêtes seront accomplies, mais ils ne réalisent pas qu’en apprenant à remercier Hachem pour les nombreuses bontés, que nous considérons comme acquises, Il va nous amener bien davantage de bénédictions.
Le plus une personne remerciera Hachem, le plus d’abondance de bénédictions elle recevra. »
[rabbi Yaakov Meïr Shechter]

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-> La Torah liste de terribles malédictions qui arriveront, pas uniquement pour notre non respect des mitsvot, mais également : « parce que tu n’auras pas servi Hachem, ton D., avec joie et contentement de cœur, au sein de l’abondance » (Ki Tavo 28,47)

Ainsi, nous devons servir Hachem avec joie et « contentement de cœur » (bétouv lévav).

La guémara (Arakhin 11a) explique : « contentement de cœur » = avec des chants de remerciement et de louange.

Le Ramban enseigne que tout l’objectif d’une vie juive est de reconnaître son Créateur et de Le remercier.

[ainsi, si un juif accomplit les mitsvot, mais qu’il n’est pas rempli de joie et de reconnaissance envers Hachem, alors il passe à côté d’un service idéal, et se prive de bénédictions Divines.]

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-> En effet, le Ramban (paracha Bo) enseigne :
« La raison sous-jacente de toutes les mitsvot est de reconnaître et de remercier Hachem.
L’unique objectif de l’existence de l’humanité est afin qu’une personne en vienne à remercier Son Créateur.
Un juif n’a pas de part dans la Torah de Moché s’il ne remercie pas Hachem pour les miracles dévoilés et ainsi que pour les bontés routinières. »

[le mot : « yéhoudi » (juif) signifie littéralement : remercier. Cependant ce même mot, signifie également : « admettre ». En effet, le fait de remercier consiste à admettre que nous avons une dette de gratitude d’autrui.

Hachem ne nous doit rien, tout n’étant que succession de cadeaux, et notre objectif est de reconnaître cela.
Ainsi, la gratitude étant l’essence d’un juif : plus un juif est grand spirituellement, plus il a conscience du peu qu’il mérite et d’à quel point Hachem fait pour lui.

Par exemple, chaque jour, le ‘Hafets ‘Haïm s’enfermait seul dans sa chambre, et il verbalisait à haute voix des mots de remerciements pour les bontés dont Hachem l’avait comblé.]

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-> Lorsque Yaakov prie avant d’aller rencontrer Essav, il déclare : « étev étiv ima’h » (Vayicha’h 32,13), qui se traduit littéralement par : « faire du bien, je te ferai du bien ».

Le Divré Israël (rabbi Israël de Modzhitz) écrit que si on s’habitue à dire : « étev » (faire du bien) = remarquer et remercier Hachem pour toutes les bonnes choses qu’Il nous donne, alors Hachem dit : « étiv ima’h » (je te ferai du bien) = Je ferai en sorte que les choses soient encore meilleures pour toi!

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-> « Il vaut mieux ne pas se plaindre, et tout accepter avec joie et gratitude.
En effet, cela va entraîner une telle abondance de bénédictions que tu auras toujours de quoi être reconnaissant. »
[rabbi de Ruzhin – à sa fille]

[lorsque nous exprimons un mécontentement, nous déclarons que ce qui arrive dans notre vie n’est pas juste. Nous témoignons ainsi que nous aurions gérer différemment le monde. C’est une expression flagrante de manque de confiance en D., et cela implique un jugement sévère.

Mais lorsque que nous remercions Hachem pour chacune des petites bontés et même sur des choses qui nous sont difficiles sur le moment, alors cela donne de la satisfaction à Hachem et cela va éveiller Sa miséricorde Divine.
Il dit : « Tu crois en Moi aveuglément, et tu es plein de gratitude malgré le fait que cela soit difficile actuellement. Je vais te donner beaucoup sur lequel tu pourras être reconnaissant. »

=> Ainsi, remercier Hachem malgré l’adversité va susciter énormément de miséricorde et de bonté, et cela amène à des miracles ouverts.]

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-> « Depuis la destruction du [2e] Temple, les portes de la prière sont closes » (guémara Béra’hot 32b).

Le Sfat Emet (Vaét’hanan 5638) commente que les portes de la prière sont peut-être fermées, mais les portes des louanges et des remerciements à Hachem sont toujours largement ouvertes.

-> « Entrez dans Ses portes avec des remerciements » (bo’ou chéarav bédota – Téhilim 100,4)

Nos Sages commentent que les portes de la prière sont parfois fermées pour des raisons au-delà de notre compréhension. Cependant, lorsque quelqu’un apporte un cadeau au roi, il a toujours la permission d’enter et aucun ange ne peut obstruer son chemin.

Exprimer sa gratitude à Hachem, c’est comme Lui offrir un cadeau, et par conséquence les portes sont largement ouvertes pour nous permettre de se tenir devant Hachem.
Une fois sur place, Il regarde nos besoins et nous fournit ce dont nous manquons.

[« Entrez dans Ses portes avec des remerciements » = exprimer notre reconnaissance à D., est la meilleure assurance pour recevoir Ses bénédictions.]

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-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva – chap.4) nous garantit que si nous acceptons avec joie ces moments où rien ne semble aller dans notre vie, comprenant que cela nous est envoyé du Ciel et que c’est bénéfique pour nous, alors à ce moment nous déchirons les mauvais décrets et se sauvons des pires soucis qui devaient normalement nous arriver.

Il cite 2 versets qui soutiennent cela :
– « Lorsqu’une personne Te remercie pour ses malheurs, Tu retiens le restant de Ta colère » (ki ‘hamat adam todé’ha, chéérit ‘hémot ta’hguor – Téhilim 76,11)

– « Je Te remercie, Hachem, parce que Tu as fait éclaté sur moi ta colère, et par le mérite que je T’ai remerciai pour Ton jugement, que Tu puisses rétracter Ta colère » (Yéchayahou 12,1)

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-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou – chap.5) explique pourquoi remercier Hachem malgré le fait de souffrir a le pouvoir d’invoquer la miséricorde Divine :
« Hachem gère le monde mesure pour mesure (mida kénégéd mida).
Notre comportement va déterminer comment D. va se comporter avec nous.
Lorsque nous acceptons l’Attribut de Jugement, c’est-à-dire notre douleur et notre souffrance, avec amour et remerciement à Hachem, croyant que c’est bien pour nous, alors selon la loi du mesure pour mesure, l’Attribut Divin de Jugement (rigueur) doit se transformer en Miséricorde. »

=> C’est entre nos mains!
Percevoir négativement nos difficultés (avec un esprit de jugement, de punition), va entraîner qu’elles seront ainsi.
A l’inverse, si notre regard est positif (nos difficultés sont de la miséricorde et de l’amour d’Hachem), alors c’est ce qu’elles vont devenir.

=> En remerciant sincèrement Hachem, même dans nos moments durs, cela aura pour conséquence de modifier notre réalité au point que nous allons remercier Hachem dans des moments agréables.

[de même que nous allons à l’encontre de la naturalité humaine (se plaindre, s’apitoyer sur sa situation), alors de même Hachem va mesure pour mesure pour nos magnifiques efforts de émouna et de gratitude, transformer une situation normalement désagréable, en une agréable.]

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-> « Un cœur joyeux redresse le corps » (Michlé 17,22)

Le Sfat Emet (lettres 57) enseigne : « Quelqu’un qui remercie Hachem pour sa souffrance, la verra disparaître car on ne mérite pas de souffrir lorsque l’on remercie Hachem. »

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-> La guémara (Béra’hot 35a) explique qu’avant de faire une bénédiction, notre nourriture et notre boisson appartient à Hachem, mais une fois que nous récitons une bénédiction et que nous louons Hachem, alors nous pouvons profiter de la nourriture et boisson.
Ainsi, le fait de réciter une prière est comme payer pour la nourriture/boisson.

Rabbi Aharon Yossef Louria (Avodat Panim – lettre 11) explique que de la même façon, lorsque nous remercions constamment Hachem pour chacune de ses bontés qu’Il nous fait, alors cela nous permet de légitimement mériter les cadeaux [de D.], sans renoncer à aucun de nos mérites [les gardant complets pour le monde à venir].

Sur les côtés de la toupie [utilisée à ‘Hanoucca] figurent les lettres hébraïques noun, guimel, hé et chine, qui désignent l’expression : ness gadol haya cham (« Un grand miracle a eu lieu ici »).

Lorsque la toupie tourne, les lettres disparaissent et deviennent indistinctes, et ne redeviennent visibles qu’une fois la toupie à l’arrêt.
La toupie est donc une métaphore de nous autres, êtres humains, qui, plongés dans le tourbillon vertigineux de la routine quotidienne vertigineuse, sommes incapables de distinguer les miracles qui surviennent constamment autour de nous.
Mais lorsque nous marquons une pause pour méditer à nos vies, nos yeux se dessillent et nous laissent entrevoir les miracles infinis qui jalonnent notre existence.

[rav Ephraim Nisenbaum]

C’est une erreur de croire que tout bienfait qu’Hachem fait pour un homme ne concerne que ce dernier, et si une autre personne en bénéficie/profite également, ce ne serait que l’effet du hasard.

En fait, lorsque Hachem envoie une bonté à une personne, tous ceux qui en bénéficieront [directement et indirectement], tôt ou tard, sont déjà prévus dans le plan Divin, et à ce titre, ils doivent faire une louange à Hachem autant que le bénéficiaire principal.

[Maharal – Guévourot Hachem 4]

Si une personne exprime sa gratitude à Hachem, alors Hachem lui fournira davantage de délivrances et d’opportunités de témoigner sa gratitude.

[Rabbi Akiva Eiger – Drouch vé’Hidouch – Tsav 7,12]

Lorsqu’un malade retrouve la santé, c’est un miracle aussi important que celui que connurent ‘Hanania, Michaël et Azaria en échappant à la fournaise ardente.

Le feu terrestre peut être éteint, mais la maladie provient d’un feu céleste que l’homme ne peut éteindre.
C’est pourquoi on doit louer D. lors d’une guérison.

[Méam Loez – Vayéra 18,1]

[lorsque nous guérissons nous avons tendance à trouver cela naturel (j’ai pris un médicament, je me suis reposé, alors c’est normal!).
En réalité, nous devrions être fou de joie, comme si on nous avait jeté dans une énorme fournaise ardente (mort assurée!), et que nous en sortions sans aucun dommage.
Ceci est un exemple de notre manque de reconnaissance envers Hachem, préférant normaliser les choses plutôt que de Lui être redevable!]

Etre juif = être reconnaissant

+ Etre juif = être reconnaissant :

En hébreu, le terme : « judaïsme » se dit : « yaadout » (יהדות).
En le lisant depuis la fin, nous avons : תודה י.

Qu’est-ce que le judaïsme?
C’est agir à l’inverse de sa nature humaine (« c’est moi qui » ; « moi je »), en cherchant toujours à proclamer : merci Hachem! (תודה יי – toda Hachem).

[d’après un divré Torah de Rabbi Guttman]

[d’ailleurs dans la répétition du modim de la amida, nous remercions Hachem de pouvoir Le remercier (modim chéana’hnou modim la’h!). En effet, grâce à cela nous nous focalisons sur le positif, et nous pouvons apprécier pleinement la vie.

Toute la beauté de notre vie dépend du regard que nous y portons!]

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-> Le Ets Yossef affirme qu’il n’y aura plus de maladie, ni de danger de mort à l’époque du machia’h, faisant que l’on apportera un Korban Toda non par obligation, mais volontairement comme moyen d’exprimer notre appréciation totale pour tout ce que fait Hachem.
[En effet, c’est la nature même des juifs, que de pouvoir remercier, apprécier les bienfaits reçus.]

[Le sacrifice de remerciement (Toda), est un sacrifice apporté par une personne qui a été dans une situation dangereuse, et qui en a été sauvée.
La guémara (Béra’hot 54b) illustre 4 types de dangers : un voyage dans le désert [ou tout autre voyage comportant des risques], un emprisonnement présentant un danger, une maladie grave, et un voyage en mer.]

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-> On peut ajouter que le judaïsme (yaadout – יהדות), c’est aller contre sa nature et parvenir à porter sur notre prochain un regard positif, c’est savoir lui être reconnaissant (תודה י), par le simple fait qu’il soit juif avec une partie Divine en lui (l’âme).
En effet, la lettre youd (י) symbolise le juif, puisqu’elle renvoie à yid (juif en Yiddish), à yéhoudi, à Israël (ישראל), …

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+ Quelques enseignements du « youd » = lettre symbolisant les juifs :

-> Lorsque ton prochain est kamokha (comme toi-même), c’est-à-dire au même niveau que toi, alors on a 2 youd (י), qui forment le nom de D. (יי).
Par contre, si une des 2 parties regarde de haut l’autre, alors le nom de D. n’est plus possible, renvoyant à la disparition de la présence Divine au regard de la situation.

[Imaginez la tristesse des parents qui ont des enfants qui ne s’aiment pas … il en est de même avec D., notre Père, dont nous sommes tous Ses enfants … au point où dans cette situation, Il s’éloigne de nous tous!]

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-> Le rabbi Israël Taub de Modzhitz (Divré Israël) fait un magnifique enseignement :
La valeur numérique de la lettre « youd » (י) est de 10.

Si vous épelez « youd » complètement, en tant que mot (youd, vav, dalét – יוד), vous trouverez que le « vav » et le « dalét » que vous ajoutés à la lettre « youd » sont exactement identiques. [le י a la même valeur que : וד ]
C’est la raison pour laquelle un juif est appelé : Yid = il est pareil à l’intérieur et à l’extérieur.

=> Un juif est honnête et sincère. Il ne présente pas un faux visage.

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-> En hébreu, le mot : « chaud » se dit : ‘ham (חם).

Lorsque nous apportons de la chaleur/joie à notre Service de Hachem (יי), à autrui juif (les yudden! – יי), c’est alors que nous vivons réellement (vie = ‘haïm – חיים).
[on a : חם plus יי qui est égale à : חיים]

[aimer son prochain comme soi-même, c’est l’entourer de beaucoup de chaleur, d’amour, au point de lui donner davantage de forces de vie! (et en particulier dans ses moments difficiles!)]

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-> La lettre « youd » (י) est la plus petite de l’alphabet, pouvant symboliser la nécessité vitale pour tout juif d’être humble.

Le mot : « Israël » (ישראל) commence par la plus petite lettre et se termine par la plus grande (lamèd – étudie!). A l’image d’une étoile qui est minuscule depuis la terre, mais énorme en réalité, nous devons avoir conscience que tout juif (même le plus simplet) est énormément apprécié de Son papa Hachem, qu’il est en réalité ÉNORME!!

=> Plus nous avons conscience de l’infinie grandeur d’être juif (nous avons une partie de D. en nous ; les fabuleux mérites de nos illustres ancêtres comme les Patriarches et Matriarches), plus nous sommes humbles (en réalisant à quel point nous sommes tous inexistants face à la grandeur de Hachem, à qui nous devons tout. Nous avons tous la même taille : que suis-je?), et c’est alors que tous les juifs peuvent pleinement s’aligner pour former de façon éclatante le Nom Divin (יי).
L’union est totale : chaque juif avec lui-même, chaque juif avec autrui, et chaque juif avec Sa source : papa Hachem!

« L’homme n’a pas de part dans la Torah de Moché, notre maître, qu’à partir du moment où il acquiert la conviction que chacun de nos faits et chaque événement de notre vie relèvent du miracle, et n’émanent ni de la nature ni de la conduite du monde. »

[Ramban – fin paracha Bo]

[il s’agit bien des moindres petits détails de notre vie individuelle, et non uniquement d’un un point de vue général.]