Le but recherché d'avoir des synagogues et faire la prière en communauté, est afin qu'il y ait un lieu pour se rassembler et remercier Hachem de nous avoir créés et nous permettre d'exister, et afin de pouvoir proclamer publiquement devant Lui : "Nous sommes Tes créations".
[Ramban - Bo 13,16]

La nécessité d’être reconnaissant

+ La nécessité d'être reconnaissant :

-> "Tu prendras des prémices de chaque fruit récolté par toi dans le pays qu'Hachem ton D. t'aura donné, et tu les mettras dans une corbeille ; et tu te rendras à l'endroit qu'Hachem ton D. aura choisi pour y faire régner Son Nom. Tu te présenteras au Cohen qui sera alors en fonctions, et tu lui diras : "Je viens reconnaître en ce jour, devant Hachem, ton D. que je suis venu dans le pays qu'Hachem avait juré à nos pères de nous donner"." (Ki Tavo 26,2-3)

-> Le Kav haYachar (18) au nom du Baal ha'Harédim, que le sens de cette mitsva (des bikourim - les prémices) est de remercier et de louer le D. de bonté pour tous les bienfaits dont Il nous a gratifiés. Nos Sages ont commenté les mots de notre verset : "Et tu Lui diras" ainsi : "C’est pour dire que tu n'es pas ingrat". Ce qui découle donc de cette mitsva, en ce qui nous concerne, est l'obligation de reconnaissance pour tous les bienfaits qu'Hachem a accomplis et continue à accomplir pour nous.

Voici ce qu'il écrit :
"Il n'existe aucun homme qui n'ait bénéficié d'un miracle. En particulier dans nos générations où les épreuves ne cessent d'augmenter chaque jour : de terribles décrets et de redoutables guerres, le glaive, la famine, des villes assiégées, attaquées, les épidémies.
Celui que Hachem a éclairé d'un rayon de lumière et qui a été préservé de tous ces maux est tenu de se rappeler en permanence la bonté d'Hachem et de ne pas faire preuve d'ingratitude. Plus encore, celui qui jouit de la bénédiction Divine, qui a le mérite de résider chez lui dans la sérénité, la tranquillité et la sûreté, et qui a une subsistance régulière, devra louer et remercier Hachem pour cela."

Le Séfer ha'Harédim insiste énormément sur cette obligation qui, selon lui, est incluse dans le commandement positif : "Tu diras en ce jour à Hachem ton D. : 'je suis venu dans le pays'.".
"De là, dit-il, on apprend que tous ceux qui reçoivent les bienfaits du Ciel et bénéficient de l'abondance que Hachem déverse sur eux ont l'obligation de Le remercier, de Le louer, et de ne pas émettre de griefs contre Lui comme le font ceux qui ont un regard malveillant et se plaignent de Lui d'autant plus qu'Il leur prodigue ses bienfaits."

-> Certains commentateurs expliquent, d'après cela, la juxtaposition de la Paracha des prémices avec celle qui nous ordonne d'effacer le nom d'Amalek (à la fin de la Paracha précédente [Ki Tétsé]).
Nos Sages (Tan'houma Béchala'h 25) expliquent, en effet, que Hachem provoqua l’attaque d’Amalek à cause de l’ingratitude dont firent preuve les Bné Israël lorsqu'ils s'écrièrent : "Est-ce qu'Hachem est parmi nous?"
Hachem dit alors : "Que vienne Amalek l'ingrat (cf. Rachi 'Houkat 20,17) et fasse payer au peuple son ingratitude" (cf. Rachi Béchala'h 17,8 : "Je suis constamment avec vous et disposé à vous prodiguer tous vos besoins et vous dites : ‘Est-ce qu'Hachem est parmi nous ?’").
Ces 2 thèmes (les prémices et Amalek) sont donc juxtaposés pour nous suggérer : "Souviens-toi de ce que t'a fait Amalek", lorsque vous étiez ingrats, c'est pourquoi : "Apportez vos prémices et remerciez ainsi Hachem en toute occasion, car c'est Lui qui vous prodigue tous les bienfaits!"

<--->

+ Remercier Hachem constamment :

Le Chla'h haKadoch (12) rapporte le commentaire de Rachi sur le verset de notre paracha : "Tu te présenteras au Cohen qui sera alors en fonctions, et tu lui diras : "Je viens reconnaître"" : "tu lui diras", cela signifie que tu dois rappeler les bienfaits d'Hachem.
Et il le commente ainsi : "L'homme est ainsi tenu de se conduire vis-à-vis du Hachem, à chaque fois qu'Il lui amène un bienfait ou une réussite. Il devra Le louer et Le remercier pour avoir accompli cette chose, dans Sa bonté et Sa miséricorde."

-> Le Or ha'Haïm haKadoch écrit, pour sa part : "Il n'existe aucun moment ni aucun instant où Hachem n'agit pas en faveur de l'homme du point de vue de son corps ou de ses besoins."

-> L'Admour de Rofchitz ajoute, au nom de son père, Rabbi Ména'hem Mendel de Linsk :
"Il faut constamment remercier Hachem pour tous les bienfaits qu'Il accomplit à chaque instant et cela, pour toutes les sortes de bienfaits, qu'ils soient dévoilés ou dissimulés, comme le dit l’enseignement de nos Sages (guémara Yoma 22b) : "Combien l'homme ignore-t-il et ne ressent que c'est le Maître du monde qui l'a aidé!" "

<--->

+ Remercier Hachem = c'est s'attirer les bénédictions :

-> Il est rapporté dans les livres saints : celui qui adopte comme conduite de remercier Hachem, attire sur lui un déversement de miséricorde et de bonté, et empêche les malheurs de l'atteindre.
La preuve, explique le Sfat Emet, est que nos Sages nous enseignent : "On n'interrompt pas la lecture de la to'hakha (תוכחה) [la paracha des "remontrances", dans les malédictions de Bé'houkotaï et de Ki Tavo], à savoir que l'on ne fait monter personne à la Torah au milieu de cette lecture.
La raison énoncée par nos Sages est que celui qui monte à la Torah doit commencer par dire : "baré'hou ét Hachem hamévora'h" ('Bénissez Hachem qui est béni') ; de ce fait, Hachem dit : "Il n'est pas légitime que Mes enfants reçoivent des malédictions alors que Moi, je reçois une bénédiction!"

=> On voit donc bien que lorsque la louange à Hachem est présente, elle repousse la malédiction.
Le Sfat Emet conclut :
"C'est pourquoi, mon conseil est d'accepter les épreuves avec amour, de remercier et de louer Hachem pour cela. Dès lors, il Lui paraîtra illégitime que l'homme qui Le bénit soit lui-même dans la souffrance, ce qui est facile à comprendre."

-> Le Tiféret Chlomo enseigne :
"On sait bien qu'un homme qui désire demander ce dont il aura besoin dans le futur, doit auparavant exprimer sa reconnaissance sur ce qu’il a eu dans le passé. Il pourra ensuite attirer sur lui la bonté d'Hachem concernant l'avenir.
C'est ce qui est écrit : "Louez Hachem qui est bon, parce que Sa bonté est éternelle" = lorsque l'homme loue Hachem sur le passé, il s'attire grâce à cela de nouveaux bienfaits."

Ce qui précède lui sert à expliquer également pourquoi les Guéonim ont institué de dire pendant les 10 jours de pénitence (Ecris pour une bonne vie tous les membres de Ton alliance - וכתוב לחיים טובים כל בני בריתך), au beau milieu de la bénédiction de "Modim" dans la Amida.
Quel rapport existe-t-il entre cette requête et la bénédiction qui est entièrement consacrée à remercier Hachem?
Et le Tiféret Chlomo de répondre qu'en remerciant Hachem sur l'année écoulée, l'homme est alors en mesure de prier pour une bonne année à venir.

-> Un des Tsadikim de notre génération en déduit la raison pour laquelle on lit la paracha des prémices (bikourim) à la fin de l'année.
Il dit : "C'est afin de suggérer, particulièrement à cette époque de l'année, l'obligation d'exprimer notre reconnaissance envers Hachem pour toutes les bontés dont Il nous a gratifiées durant l'année précédente, comme il y est écrit : "Et tu te réjouiras de tout le bien" (verset 11)."
Le verset du prophète Yéchayahou (55,12) : "Lorsque vous sortirez dans la joie", y fait allusion car il évoque que la sortie de l'année doit se faire dans la joie et la louange pour tout le bien reçu.

-> Il est écrit dans le Séfer Kadoch véNora Chémo :
la Guemara (Béra'hot 20b) rapporte que les anges vinrent devant Hachem et Lui demandèrent : "Maître du monde, Tu as écrit dans Ta Torah" (Ekev 10,17) : "(Hachem) qui ne fait pas de préférence et ne se laisse pas corrompre", et pourtant, Tu te laisses corrompre puisqu'il est écrit : "Qu'Hachem dirige Son regard vers toi" (Nasso 6,26) (le terme employé est פנים ישא ,accorder sa préférence)?
- Comment ne leur accorderais-Je pas Ma préférence, leur répondit-Il, alors que J'ai écrit dans Ma Torah (8,10) : "Tu mangeras et tu seras rassasié et tu béniras Hachem ton D.", et eux, veillent (de leur propre initiative) à Me bénir déjà à partir du volume d'une olive ou d'un œuf!"

D'après la Torah, en effet, il n'y a d'obligation de réciter le 'Birkat Hamazon' que si on a mangé du pain à satiété, et les Bné Israël ont pris sur eux de dire déjà ces actions de grâce après avoir mangé seulement le volume d'une olive ou d'un œuf, même sans en être rassasié, et c'est pour cette raison qu'Hachem leur accorde Sa préférence.

=> De là, on peut tirer comme enseignement que même si un homme remercie Hachem sans être "rassasié de miracles ni de prodiges" ni ressentir que toute l'année s'est bien passée, malgré tout, s'il loue Hachem sur un "petit miracle du volume d'une olive'', il méritera que Hachem soit clément à son égard. Et qui n'a pas besoin de la clémence Divine le jour du jugement de Roch Hachana lorsque notre unique souhait est de mériter alors d'être jugé avec miséricorde? Voici donc un excellent conseil pour mériter une douce et bonne année!

<--->

-> b'h, voir également sur ce verset & la reconnaissance : http://todahm.com/2018/10/10/7274-2

Pour chaque louange que le peuple juif donne à Hachem, Hachem fait reposer Sa présence Divine avec eux.
[midrach Béréchit rabba 48,7]

[c'est une des raisons faisant que nos louanges et remerciements à Hachem peuvent changer les décrets et apporter des délivrances (personnelles et collectives)]

<--->

-> Le Séfer Ki Ata Imadi cite Rachi (guémara Béra'hot 4b), qui rapporte une guémara du Yérouchalmi.
La guémara dit que tous les jours nous sommes censés lier la bénédiction de "gaal Israël" avec la Amida, ce qui signifie que nous sommes censés parler d'abord d'Hachem nous faisant sortir d'Egypte, et tout de suite après commencer la Amida.
Le Yérouchalmi dit que lorsqu'une personne fait des louanges à Hachem, c'est comme si elle frappait à la porte du Roi, et que le Roi sortait pour le saluer. Ainsi [après avoir loué/remercié D. de nous avoir fait sortir d'Egypte] c'est le moment idéal pour commencer la Amida.
=> Nous voyons d'ici que lorsqu'une personne apprécie et loue Hachem pour ce qu'Il fait pour nous (les grandes et les petites choses de la vie), alors Hachem se rapproche. Et lorsque que Hachem est proche, nous vivons Sa miséricorde révélée.

-> "Guéris-moi, Hachem, et je serai guéri ; sauve-moi et je serai sauvé, car tu es l'objet de mes louanges" (Yirmiyahou 17,14)
Le Séfer Machmia Shalom explique ainsi ce verset : si quelqu'un est malade et a un grand besoin de miséricorde, il devra dire : "S'il te plaît Hachem, guéris-moi, car alors je pourrai Te louer et Te remercier".
Le fait que même une personne dise qu'elle va louer Hachem est déjà un mérite suffisant pour être sauvée.

<--->

-> Certaines personnes pensent (plus ou moins consciemment) : "Je sais qu'Hachem peut m'aider, mais je ne pense pas qu'il le fera parce que je ne mérite pas d'être aidé! (qui suis-je pour que Hachem se "dérange" pour moi? je ne suis pas un tsadik! ; combien de fautes? .. )".
La guémara (Béra'hot 4b) nous dit que quelqu'un qui prie la Amida tous les jours, après avoir récité la bénédiction de "gaal Israël", est considérée comme un "ben olam aba" (quelqu'un qui mérite le monde à Venir).
Rabbénou Yona (Béra'hot 4b) demande : pourquoi une si grande récompense pour une tâche aussi facile?

Il explique qu'une réponse est que lorsqu'une personne mentionne les miracles qu'Hachem a fait pour nos ancêtres en Egypte, et qu'elle croit qu'Hachem continue de faire des miracles pour Son peuple, puis demande immédiatement de l'aide à Hachem pour ses propres problèmes et sa propre vie, cela démontre d'un vrai bita'hon. Cette personne croit que Hachem l'aidera et le bita'hon est fortement récompensé.

[c'est d'ailleurs tout le schéma de nos prières : remercier Hachem sur le passé, puis faire nos demandes sur le futur. Par cela on renforce d'abord notre bita'hon, ce qui devient alors un énorme mérite pour l'accomplissement de nos demandes. ]

Lorsqu'une personne remercie Hachem, elle devient si élevée que, si l'on peut dire, elle s'accroche à Hachem.
[Maharal - Guévourat Hachem - chap.64]

-> Le Noam Elimélé'h (paracha Vayigach) ajoute que lorsqu'une personne s'accroche à Hachem, elle entre dans une sphère différente, un endroit où aucun ange n'est autorisé à entrer.
Il écrit que par conséquent en remerciant et en louant Hachem, une personne peut obtenir le salut encore plus rapidement qu'avec la prière.

=> Ainsi remercier Hachem nous permet d'être tellement connectés à Hachem, que par cela nous pouvons recevoir les plus grandes délivrances.

<--->

-> Rabbénou Yona (Chaaré Téchouva 3,17) et le Séfer 'Harédim (chap. 9,23) comptent le fait de remercier Hachem comme une mitsva positive de la Torah.

-> Selon le midrach (Yalkout Michlé 551), bien que Hachem a des millions d'anges qui Le servent et Le Louent en permanence, tout ce qu'Il veut, ce sont les louanges de notre part, celles des juifs.

-> Le Séfer Ki Ata Imadi écrit qu'au Ciel, la bonté d'Hachem est clairement reconnaissable de tous. Les mala'him, les sérafin, les vé'ofané hakodech ne cessent de chanter les louanges d'Hachem, car ils y ont naturellement attirés.
Cependant, l'endroit où louer Hachem a le plus de valeur est ici dans l'obscurité de ce monde.
Si pendant des moments difficiles, un juif parvient encore à louer Hachem et à croire qu'il est bon envers lui, alors c'est inimaginable à quel point il est aimé par Hachem.
En effet, un juif, enfant précieux d'Hachem, arrive alors à trouver Son amour, même dans les moments où il semble n'y avoir aucun amour à trouver. Combien cela est apprécié par notre papa Hachem!

-> Le Birkat Avraham écrit que si une personne se rendait au palais d'un roi et demandait une aide financière, elle pourrait être envoyée vers le trésorier. Si quelqu'un demandait de l'aide pour un problème médical, il serait envoyé à l'officier en charge de la santé.
Mais si quelqu'un venait et demandait à pouvoir remercier le roi pour la façon dont il dirige le royaume, les gardes ne l'enverrait vers aucun fonctionnaire mais plutôt ils lui ouvriraient alors les portes et le laisseraient remercier personnellement le roi.
Le Birkat Avraham écrit qu'il en est de même lorsque nous voulons remercier Hachem pour ce qu'Il nous octroie : les portes sont ouvertes et il nous est permis de L'approcher (le Maître du monde qui peut tout nous accorder!).

<--->

-> Nous ne réalisons pas tout ce que Hachem fait pour nous à chaque instant.
Le Pélé Yoets (Siddour Yaavets) demande : pourquoi dans la Amida disons-nous : "guéris-nous, Hachem et nous serons guéris" (réfaénou vénérafé), et ce même pour les personnes en bonne santé?
En effet, en bonne santé nous devrions plutôt prier : "S'il Te plaît, Hachem, protèges-moi de tomber malade".
Le Yaavets explique qu'il n'y a cette question uniquement parce que nous n'avons aucune idée de ce qui se passe dans notre corps. Il y a des éléments internes nocifs dans le corps dont Hachem nous guérit constamment.

La guémara (Nidda 31a) affirme : "même celui pour qui le miracle a été accompli ne reconnaît pas le miracle [qui a été accompli pour] lui" (én baal aness makir bénisso).
Ainsi, malgré tout le bien révélé que Hachem nous donne, il y a infiniment plus dont nous n'avons aucune idée.
[et cela pour préserver le libre arbitre, nous éviter un sentiment de honte lié à la redevabilité, pour nous permettre d'avoir des mérites en Le remerciant (bien que tout puisse être expliqué naturellement), ...]

Etre toujours reconnaissant envers Hachem

+ Importance et grandeur d'être toujours reconnaissant envers Hachem (même dans nos souffrances) :

"Et vous murmurâtes dans vos tentes et vous dîtes : 'C'est par haine pour nous qu'Hachem nous a fait sortir d'Egypte' " (Dévarim 1,27)

-> "C'est à ce propos qu'il est dit : "La nation qui constituait Mon héritage ... elle a donné de la voix contre Moi, c'est pourquoi Je l'ai prise en haine" (Yirmiyahou 12,8)". [midrach Bamidbar Rabba 16,20]

-> Le Sfat Emet (5642) explique à propos de ce midrach que "Hachem ne pensa qu'à notre bien (en nous faisant entrer en terre d'Israël), mais à cause de l'ingratitude du peuple (qui se plaignit en disant : "C'est par haine pour nous qu'Hachem nous a fait sortir d'Egypte"), cette bienveillance d'Hachem se transforma en haine.
[on voit l'importance de toujours témoigner de la gratitude à Hachem, sous peine de transformer sa bonté en haine. ]

-> Le rav Elimélé'h Biderman commente :
Cela signifie que lorsque les Bné Israël se plaignirent qu'Hachem les avait éprouvés parce qu'Il les haïssait (à D. ne plaise), cela entraîna qu'il en fut comme ils avaient dit.
Car en vérité, Hachem n’agit qu’en pensant à leur bien, et c'est parce qu'ils dirent que c'était par haine pour eux que cela se transforma effectivement en haine (à D. ne plaise).
[...]
Heureux celui qui sait, même en période de 'voilement', affermir sa émouna dans le fait que tout ce qui lui arrive provient de son Père céleste et de Son amour infini pour lui.
Car si la plainte des Bné Israël, "c'est par haine pour nous qu'Hachem nous a fait sortir d'Egypte", transforma l’amour Divin en haine, on peut imaginer, à plus forte raison, combien cet amour se renforce lorsque l'homme se rapproche d'Hachem malgré les épreuves qu'Il lui inflige à l'instar d'un père avec son fils, comme il est dit : "Celui que D. aime, Il le réprimande" (Michlé 3,12).
Lorsque l'homme se comporte ainsi, l'amour d'Hachem se concrétise alors réellement au point de lui pardonner toutes ses fautes.

C’est ce qu’expriment les termes du verset : "L'amour couvre toutes les fautes" (Michlé 10,12) On pourrait en effet se demander : si les fautes sont si nombreuses, comment l'amour pourrait-il les recouvrir toutes?
En réalité, lorsque l'homme accepte avec amour la réprimande et le châtiment Divins et dit : "Toutes ces épreuves proviennent de l'amour qu'Hachem éprouve pour moi", cet amour se révèle en retour, à tel point qu’il fait disparaître toutes ses fautes.
[ ainsi au-delà de mieux vivre nos difficultés (puisque dans les bras d'Hachem), en acceptant la réprimande, les châtiments et les épreuves avec amour, toutes les fautes disparaissent comme si elles n'avaient jamais existé. Car le fait de dire que tous les malheurs proviennent de l'amour qu'Hachem nous porte réveille effectivement Son amour immense pour nous. ]

-> Le Sfat Emet (5642) ajoute à ce sujet :
"et c'est l'explication essentielle de la Michna qui enseigne : "Celui qui aime les réprimandes" (Pirké Avot 6,6).
"Aimer les réprimandes" = consiste à être persuadé que celles-ci sont exprimées par amour. Lorsqu'il sait que celui qui le réprimande l'aime, un homme l'accepte et, grâce à cela, cette réprimande se transforme en un véritable amour ... C'est pour cela qu'il est écrit : "Allez vous faire réprimander, dit Hachem, vos fautes fussent-elles écarlates, elles seront blanchies comme la neige." (Isaïe 1, 18), afin de signifier qu'en acceptant la réprimande, les fautes sont pardonnées."

-> "Tu aimeras Hachem ton D. de tout ton coeur, de toute ton âme et de tout ton pouvoir" (Vaét'hanan 6,5 - qui fait partie du Shéma Israël).
Nos Sages (guémara Béra'hot 54) le commentent ainsi : "De toute ton âme" : même s'Il te prend ta vie. "De tout ton pouvoir" : dans chaque mesure qu'Il t'inflige, remercie-Le.
=> A priori, ce commentaire demande explication : après l'ordre qui nous est donné d'aimer le Créateur de toute notre âme, même au prix de notre vie, faut-il continuer à nous ordonner à nouveau de Le remercier même dans les malheurs?
Y a-t-il une attitude plus grande que d'être prêt à donner sa vie en l'honneur d'Hachem, pour qu'il faille ajouter le devoir d'être reconnaissant à D. dans les épreuves?

Le Nétivot Shalom répond en disant qu'en effet, la Torah fait état de 3 niveaux d'amour pour Hachem. Car parfois, accepter un décret Divin rigoureux avec amour est plus difficile que de devoir donner sa vie pour Lui. C'est pour cela que la Torah nous ordonne de l'aimer même en cela.

[on a conscience de la grandeur de donner sa vie pour Hachem, alors nous devons nous travailler à tenir au moins autant en estime le fait de donner sa vie pour Hachem en Lui témoignant notre confiance et notre reconnaissance, et ce même au milieu des tempêtes de notre vie.
Lorsque nous tuons cette certitude naturelle affirmant que cela n'est pas juste ce qui nous arrive dans la vie, que Hachem nous oublie, qu'Il ne nous aime pas, nous veut du mal, ... en se convaincant qu'en réalité c'est pour notre bien ultime car venant avec précision et amour d'Hachem. Alors à chaque fois c'est équivalant voir bien supérieur à donner sa vie en l'honneur d'Hachem! Quelle grandeur!! ]

+ L'essence d'un juif est de reconnaître tout le bien dont il est comblé, et de louer et remercier Hachem pour cela.
Cette notion qu'un juif doit constamment remercier Hachem pour Ses bontés, suit le verset : "Remerciez Hachem car Il est bon, car Sa bonté est éternelle" (odou l'Hachem ki tov, ki léolam 'hasdo - הוֹדוּ לַיהוָה כִּי טוֹב כִּי לְעוֹלָם חַסְדּוֹ - Téhilim 136,1).

Il n'y a pas de coïncidence que ce verset contient 7 mots et 24 lettres, car le privilège de pouvoir remercier Hachem est une responsabilité qui tient 24h/24 et 7j/7.

[d'après le Sfat Emet - Vayigach 5671]

<--->

-> "Hachem a créé le monde pour que nous Le connaissions et que nous Le remercions de nous avoir créés".
[Ramban - fin paracha Bo]

"Et lorsque vous offrirez une offrande de reconnaissance à Hachem vous l’offrirez afin qu’elle vous soit agréée. Le même jour, elle sera consommée, n’en laissez pas jusqu’au matin, Je suis Hachem" (Emor 22,29-30)

-> Le ‘Hatam Sofer commente ainsi ces versets :
On sait que le but de la émouna est que l’homme prenne conscience que tout ce qui lui arrive est un bienfait divin. Et bien qu’il puisse parfois ne pas le percevoir avec ses sens, il doit savoir que c’est vrai.
De la sorte, il n’attendra pas que sa délivrance se dévoile au grand jour, mais il remerciera Hachem pour tous Ses bienfaits et pour toutes les merveilles qu’Il accomplit dans tous les évènements de son existence, même s’il ne comprend pas pour l’heure le bien qu’ils constituent.
Il veillera à ne pas ressembler au cas rapporté dans la guémara (Nida 31a) de cet homme qui, alors qu’il s’apprêtait à embarquer sur un bateau, s’enfonça une épine dans le pied, si bien qu’il en rata le départ. Resté sur le quai, il se mit à se plaindre. Toutefois, lorsqu’il entendit ensuite que ce bateau avait fait naufrage, il se ravisa et se mit à louer Hachem.

Car le but de la émouna est de ne pas se plaindre même quand règne l’obscurité, mais au contraire de louer Hachem précisément à ce moment en sachant que tout ce qu’Il fait est pour notre bien.
C’est à ce sujet qu’il est écrit : "Et lorsque vous offrirez une offrande de reconnaissance à Hachem, vous l’offrirez afin qu’elle vous soit agréée" = il est, en effet, certain que lorsque la délivrance surviendra, vous offrirez une offrande de reconnaissance et qu’elle vous sera agréée pleinement et avec une joie entière. Cependant, cela n’est pas suffisant pour une personne qui se prétend avoir confiance en D., car celle-ci devra accomplir la suite du verset : "le même jour elle sera consommée", à savoir que, pour le meilleur ou pour le pire, "elle sera consommée", ce qui signifie qu’elle devra être convaincue que c’est un profit pour elle (dans plusieurs endroits de la guémara ‘consommer’ est synonyme de ‘profiter’), et sur le champ, il offrira une offrande de reconnaissance de plein gré.
Le verset précise bien à ce sujet "n’en laissez pas jusqu’au matin", ce qui suggère de ne pas attendre le moment où règnera la lumière et se dévoilera au grand jour le bien dissimulé dans ce qui lui est arrivé, comme cet homme qui s’était enfoncé une épine dans le pied, et qui n’en fut reconnaissant à Hachem qu’après avoir compris que cela l’avait sauvé du naufrage.
Le verset termine en disant "Je suis Hachem" = à savoir, ‘sachez que Je suis le Maître de la miséricorde et qu’il ne sortira rien de mal de tout ce que J’accomplis sur Terre. C’est pour cela qu’il convient que vous Me remerciez pour tout ce qui vous arrive avant même d’en être délivrés!’

<----->

-> b'h, voir également : Avoir confiance en Hachem, c'est Le remercier de la délivrance avant d'être délivré : http://todahm.com/2021/04/25/31400

<----->

-> On trouve une illustration de cela dans la paracha A'haré Mot à porpos des 2 boucs que l'on amenait au Temple pour le service de Yom Kippour.
Au moment où l’on sacrifiait le bouc destiné à Hachem, le 2e bouc était encore vivant (A'haré Mot 16,8), et il n’était ‘envoyé’ à Azazel qu’après l’achèvement de tout le service des Kétorète (les encens) dans le Saint des Saints, de l’aspersion du sang du taureau et du bouc.
Dès lors, il pouvait lui sembler que son sort était bien meilleur que celui de son compagnon qui avait été sacrifié, tandis que lui était demeuré en vie, la preuve est qu’on le faisait même sortir du Temple vivant!
Mais en réalité, que s’avérait-il finalement?
Son compagnon qu’il considérait comme si malchanceux avait mérité d’être sacrifié en l’honneur d’Hachem et son sang d’être introduit dans le Saint des Saints. Alors que lui, était envoyé à Azazel (il était alors jeté dans un précipice et tous ses membres se brisaient avant qu’il finisse par s’écraser au sol).

Cela constitue une parabole de ce qui se déroule dans le monde : tout ce qui semble mauvais à une personne ne l’est pas forcément et tout ce qui lui semble bien ne se révèle pas l’être réellement.
[rav Chimchon Raphaël Hirsch]

-> Le rav Elimélé'h Biderman ajoute à cela :
Celui qui parvient à remercier Hachem alors qu’il se trouve encore dans l’épreuve méritera grâce à cela d’en être délivré.
[...]
Le chemin le plus court pour parvenir à remercier Hachem au temps de l’épreuve consiste à se renforcer dans la conviction que tout est dirigé par le Ciel. Un homme ne peut rien gagner ni perdre si cela n’a pas été décrété En-Haut auparavant. Et même ce qui lui apparaît comme une perte d’argent ou un préjudice physique ou moral n’est en fait que bonté et bénédiction. Dès lors, il est inutile d’attendre
que la lumière arrive, car il peut déjà la percevoir de l’endroit obscur où il se trouve. Et, au contraire, dans l’obscurité, la lumière est perçue bien plus forte.

Nos Sages rapportent (Yérouchalmi Chevi'it 9,1) qu’au terme des 13 ans que Rabbi Chimon Bar Yo’haï et son fils Rabbi Elazar demeurèrent dans leur grotte (par crainte du roi qui cherchait à les tuer), Rabbi Chimon se tint à l’entrée de la grotte et vit soudain un chasseur occupé à chasser des oiseaux. Comme il est fréquent, une partie des oiseaux se firent capturer tandis que d’autres parvinrent à s’échapper et à s’enfuir.
Rabbi Chimon entendit alors que, lorsqu’arrivait le tour d’un oiseau d’être chassé, une voix céleste proclamait ce qu’allait être son sort : si la voix disait ‘libre’, le chasseur ne parvenait pas à le capturer mais si elle disait ‘pris’, il y arrivait. Rabbi Chimon s’écria alors : "Si une Providence particulière s’exerce sur une petit oiseau avec une telle précision et qu’il n’est pris que si le Ciel le désire et l’a ordonné, à plus forte raison s’exerce-t-elle sur nous.
Dès lors, nous pouvons sortir de cette grotte de refuge, car s’il n’a pas été décrété que nous devons être tués, le roi n’y parviendra pas. A quoi cela sert-il d’y rester cachés?"
Forts de cette réflexion, Rabbi Chimon et son fils sortirent de la grotte pour aller apporter la lumière au monde entier.

De cette histoire, nous apprenons ce que sont la émouna et la confiance en Hachem et le fait que personne ne peut lever la main sur quiconque sans décret Divin préalable.
De plus, on peut également voir ici en approfondissant quelque peu notre réflexion que la réussite dans le travail ou dans quelque entreprise que ce soit ne devra jamais être imputée aux capacités de l’homme. D’un autre côté, celui qui subit une perte ne devra pas la mettre sur le compte de son incapacité. Ce chasseur, occupé à sa tâche, n’entendit pas la voix céleste que Rabbi Chimon entendait, et il est très plausible qu’à chaque fois qu’il parvenait à capturer un oiseau, il s’en arrogeait le mérite, en pensant que grâce à sa promptitude, il avait réussi à devancer l’oiseau et à le prendre dans son filet. Et lorsque celui-ci au contraire lui échappait, il devait certainement s’imaginer que cela était dû à sa maladresse et que, s’il s’était tenu ailleurs, il l’aurait probablement capturé.
En bref, dans son ignorance, il était persuadé que tout dépendait de sa force et de son ingéniosité à chasser les oiseaux, pour le meilleur ou pour le pire. Mais en réalité, il n’en n’était rien, car seule la décision du Ciel déterminait quel oiseau serait pris et lequel lui échapperait, et même s’il s’était tenu à ses côtés mille autres chasseurs aussi expérimentés que lui, ils n’auraient pas réussi à prendre le moindre petit oiseau que la voix céleste destinait à la liberté.
[…] Car même si l’effort personnel de l’homme en vue de subvenir à sa subsistance est permis et même conseillé, celui-ci doit cependant demeurer limité et mesuré.

+ Les lettres du mot "klala" (une malédiction - קללה) forment également : "kouf hallel" (100 louanges - ק הלל).
Lorsqu'on loue Hachem [au moins] 100 fois par jour [même sur de toutes petites choses], Hachem transforme les malédictions en bénédictions.
['Hida]

L'essentiel du délice du monde à venir consiste à glorifier et à louer Son grand Nom, ainsi qu'à Le [Hachem] connaître ... car tout le reste s'annulera dans le futur, et il ne demeurera que cet aspect : celui de Le glorifier, de Le louer et de Le connaître, il s'agit là de tout le délice du monde à Venir.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan - 2e tome - Torah 2,1]

"Nous cherchons notre gloire dans Tes louanges" (léichtabéa'h bit'ilatékha - לְהִשְׁתַּבֵּחַ בִּתְהִלָּתֶךָ - Téhilim 106,47).

[D'après le 'Hida: ] Cela signifie qu'une personne se purifie et devient meilleure par le fait de louer Hachem.

Il en découle que le Hallel est une louange très puissante, qui peut nous débarrasser de toute impureté [provoquée par nos fautes passées].
[d'après le rav Elimélé'h Biderman]

[ainsi plus nous louons Hachem en Lui témoignant notre gratitude pour les bontés personnelles et collectives qu'Il nous octroie, plus nous nous débarrassons de nos impuretés, et nous devenons meilleures! ]

<--->

-> Le Hallel est propice pour ne pas avoir de problème.
[Ben Ich 'Haï - guémara Pessa'him 117]

-> Grâce à la lecture du Hallel, Hachem te délivrera de tes ennemis.
[rabbi Na'hman de Breslev - Séfer haMidot - mériva]