"Hachem frappa l'Egypte en frappant et en guérissant" (Yéchayahou 19,22)

-> Le Zohar (Paracha Bo 36a) commente : ''en frappant" = cela concerne l'Egypte ; "en guérissant'' = cela s'adresse à Israël.
Chaque plaie qui était un malheur pour l'Egypte était dans le même temps un remède et un immense bienfait pour Israël.

Le rav Elimélé'h Biderman rapporte que, selon nos Sages, les 10 plaies purifièrent les Bné Israël qui étaient plongés dans l'impureté de l'Egypte et hâtèrent leur guérison spirituelle afin de les rendre aptes à être libérés.
La Torah est éternelle et tout ce qu'elle contient concerne toutes les générations.
Même à notre époque, les 10 plaies continuent à purifier les Bné Israël afin de les délivrer de leur yétser ara qui est ''l'esclavage d'Egypte'' actuel.
Dès lors, il nous incombe de réfléchir au contenu profond de ces plaies avec lesquelles Hachem a livré bataille pour nous délivrer de notre mauvais penchant.

-> Le Arizal explique (Pri Ets 'Haïm - Chap.7) que les 10 plaies sont parallèles aux 10 Séphirotes (les sphères kabalistiques qui correspondent aux différentes sortes de forces spirituelles d'un homme), depuis la Séphira (sphère) la plus basse jusqu'à la plus élevée.
Cela signifie par exemple que la plaie du sang (la première des 10 plaies) vient purifier la vertu de "Malkhout" (royauté, la première des 10 Séphirotes).
Ensuite, Hachem envoya la plaie des grenouilles afin de purifier la vertu de Yessod (le ''fondement'', la deuxième Séphira,), puis la plaie des poux pour la vertu de Od (la splendeur) et ainsi de suite.
[Il explique par cela pourquoi les 10 plaies ont été écrites dans 2 parachiotes : 7 dans Vaéra et 3 dans Bo, car les 10 Séphirotes sont également, dans la Kabbale, divisées en 2 groupes, 3 d'un côté qui sont : 'Hokhma, Bina, Daat, et 7 autres qui sont : 'Hessed, Guévoura, Tiférèt, Netsa'h, Od, Yessod et Malkhout.)

"Le peuple d'Israël n’existe que pour la Torah ... et c’est la raison essentielle pour laquelle ils ont été libérés d’Egypte afin qu’ils reçoivent la Torah au mont Sinaï et qu’ils l’appliquent ...
[Avoir la Torah et pouvoir la mettre en pratique : ] c’est la plus grande bonté qu’Hachem peut nous faire, encore plus grande que la libération de l’esclavage."
[Séfer ha'Hinoukh - mitsva n°306]

Les mitsvot = s’élever et pouvoir recevoir une énorme lumière

+ Les mitsvot = s'élever et pouvoir recevoir une énorme lumière (paracha Bo) :

-> La Paracha de Bo contient les 3 dernières plaies. On y trouve notamment la plaie des ténèbres.
A ce propos, Hachem dit à Moché : "Tends ta main au ciel, et qu'il y ait l'obscurité sur la terre d'Egypte".
Suite à cet ordre, "Moché tendit la main au ciel, et il y eut l'obscurité profonde dans tout le pays d'Egypte ... Et pour tous les Bné Israël, il y avait de la lumière dans leur résidence".

Selon nos Sages, cela ne signifie pas seulement que les juifs n'avaient pas la pénombre et qu'ils n'avaient que la lumière habituelle. Mais plutôt, que les juifs bénéficiaient d'une lumière particulière, plus importante qu'à l'habitude.

=> On peut s'interroger : quand Moché a tendu la main, cela a entraîné, comme le dit le verset, que l'obscurité tombe sur l'Egypte.
Ainsi, qu'est-ce qui a fait, en plus, venir cette lumière toute particulière?
Puisque Moché n'a rien fait pour cela, d'où cette lumière est-elle donc venue?

-> Un midrach dit, au nom de Rabbi Yéhouda, que l'obscurité qui a atteint les égyptiens provenait de l'obscurité ''d'en-haut''.
Qu'est-ce que cela signifie ?

Le Arizal explique qu'avant la création du monde, la Lumière Divine remplissait tout. Cette Lumière était tellement intense qu'il était de ce fait encore impossible de créer le monde, car aucune créature ne pourrait supporter une telle lueur et ne pourrait subsister en présence d'un tel rayonnement.
C'est pourquoi, Hachem a réduit l'éclat de Sa Lumière et a accordé à chaque créature uniquement le niveau et l'intensité de lueur qu'elle pourrait supporter.
De la sorte, les anges les plus élevés (les Sérafins) ont reçu un niveau de lumière plus important que les anges plus bas, ... Chacun selon sa grandeur et sa capacité à supporter cette clarté.

Lorsque le prophète décrit les anges, il dit : "Chacun dispose de 6 ailes : 2 pour couvrir son visage, 2 pour couvrir ses pieds et 2 pour voler". En effet, un ange, par définition, ne peut rester que statique. Il ne peut pas s'élever et s'approcher encore plus d'Hachem. Il reste toujours au même niveau qu'il a été créé.
Ainsi, il ne peut pas recevoir plus de lumière que le niveau où il a été prédisposé, sinon il ne pourrait pas le supporter. C'est pourquoi, il doit couvrir son visage pour ne pas voir les dimensions qui sont plus hautes que son niveau. De même, il doit couvrir ses pieds, pour cacher sa lumière des anges qui lui sont inférieurs, car ces derniers ne peuvent accéder à une dimension plus haute.

Tout cela n'est valable que pour les anges, qui sont nécessairement statiques. Mais le peuple d'Israël, bien que chacun de ses membres a aussi reçu l'éclat correspondant au niveau qu'il peut supporter, malgré tout grâce à la Torah et aux mitsvot, il est possible de se constituer un ''vêtement'' et une protection qui permet de s'élever et de recevoir encore une plus grande lumière qu'avant, tout en pouvant le supporter.
Chaque mitsva accomplie lui accorde une sorte de ''bouclier'' qui lui permettra d'obtenir des niveaux spirituels encore plus haut, sans en être endommagé. Car la grande lumière devient alors accessible et supportable.

=> Tel est ainsi le rôle des mitsvot : permettre à chaque juif de s'élever et de recevoir une plus grande lumière, ''en toute sécurité''.
La guémara rapporte des histoires où de grands tsadikim ont regardé des réchaïm, et par cela ces réchaïm moururent.
Le sens de cela est que ces tsadikim, par leur regard, attirèrent sur ces impies une lumière venant d'En-Haut, d'une intensité qui dépasse ces impies, et ne pouvant supporter ce rayonnement, ils moururent.
D'après cela, on peut comprendre ce qui s'est passé en Egypte lors de la plaie des ténèbres. En fait, Hachem a ôté le voile de Sa Lumière, qui empêche d'ordinaire à Sa Lueur de se dévoiler plus que la capacité de chacun à la supporter. Et puisque les égyptiens ne disposent pas de la force de la Torah et des mitsvot qui filtrent cette Lumière intense et la rend supportable, ils n'avaient donc pas cette protection et ne purent supporter un tel éclat.
Automatiquement, ils en furent complètement déstabilisés et se retrouvèrent dans l'obscurité totale. A l'image de quelqu'un qui observe une lumière trop forte pour lui, il s'en retrouve ébloui et aveuglé, et ne peut plus rien voir.
Tel était le sens de cette plaie. Les égyptiens furent complètement éblouis devant la lumière intense qui se dévoilait alors en Egypte.
Ils se retrouvèrent donc littéralement dans le noir. Il s'agissait bien, comme le dit le Midrash, de l'obscurité ''d'En-Haut''. Car , ils furent dans l'obscurité du fait du dévoilement d'un éclat d'En-Haut, c'est à dire, de dimensions qui dépassaient complètement le niveau des égyptiens, et ils tombèrent dans la pénombre.

Cela explique aussi le verset qui dit que Moché tendit les mains ''au ciel'', car il devait attirer une obscurité qui provenait en fait de dimensions célestes, trop lumineux pour que les égyptiens puissent le supporter.
Mais en même temps, « pour les enfants d'Israël, il y eut de la lumière ».
=> En fait, ce qui fut pour les égyptiens source d'obscurité, était en même temps pour les Juifs source de grande lumière.
L'obscurité pour l'Egypte et la lumière pour Israël n'étaient pas 2 choses distinctes. Les ténèbres étaient en eux-mêmes une grande lumière pour Israël. En effet, les juifs avaient hérité la Torah et les mitsvot des Patriarches, qui les accomplissaient déjà, avant même le don de la Torah.
Et grâce à cela, ils avaient la force de pouvoir recevoir la Lumière Supérieure et de la supporter, et même d'en profiter pour en être positivement éclairé.
Ainsi, ce qui était obscurité pour les égyptiens, du fait de leur impossibilité à supporter une telle lumière, était en soi même une grande lumière pour les juifs, qui, dotés du ''filtre'' de la Torah et des mitsvot, purent jouir de la douceur de cette grande lueur.

Tout cela peut aussi nous permettre de comprendre l'enseignement de nos Sages qui disent que dans les temps futurs, Hachem sortira le soleil de son écrin, les tsadikim en seront guéris et les réchaïm en seront affligés.
Le soleil fait ici allusion à la clarté de la Lumière Supérieure. Et l'écrin, c'est le voile qui couvre cette lumière pour que chacun puisse recevoir selon sa capacité.
Mais, dans les Temps Futurs, après la venue du Machia'h, Hachem révélera la Lumière d'En-Haut et ôtera l'écrin.
- Les tssadikim qui se sont évertués toute leur vie à accomplir les mitsvot, se sont ainsi constitués une protection et un filtre, et pourront par cela bénéficier de cette grande Lumière, sans aucun risque.
Au contraire, cette lumière leur sera très positive et les guérira.
- Mais les réchaïm, qui n'ont pas investi dans la pratique des mitsvot, sont restés tels qu'ils ont été créés, sans progresser.
Quand la Lumière leur sera alors dévoilée, ils n'auront pas la protection des mitsvot et ne pourront donc pas supporter cet éclairage. Ils en seront donc endommagés. A l'image de la plaie des ténèbres qui fut éblouissement pour les égyptiens et lumière profitable pour les juif.

[d'après le Kédouchat Lévi]

Si en Egypte les 4/5e des juifs sont morts pendant la plaie de l'obscurité, pourquoi le 1/5e restant a-t-il été sauvé?
En effet, même ce 1/5e était ancré dans le 49e niveau d'impureté (sur un total de 50!). Quel a été leur mérite?

Le Chem miChmouël répond : c'est parce qu'ils désiraient être bons, et cela a suffit pour leur faire mériter des miracles.

[ => Il en découle que nous devons jamais désespérer de nous-même.
On parle de émouna en Hachem, mais il faut également avoir une émouna en soi-même (nous avons une partie Divine en nous)!

Le Zohar (vol.2 p.116-117) affirme : "la délivrance d'Egypte est l'origine de toutes les délivrances".
Nos ancêtres en Egypte étaient au plus bas spirituellement (49e niveau d'impureté sur 50), et c'est uniquement ceux qui ont gardés une aspiration à vouloir être meilleurs qui ont été sauvés (soit 1/5e des juifs), et Hachem les aimait tellement qu'Il les a choisit parmi tous les peuples et Il s'est marié avec eux lors du don de la Torah.

Ainsi, le fait de toujours garder espoir de s'améliorer, de devenir plus proche d'Hachem, est notre bouée de sauvetage qui nous permettra lors de la Délivrance finale de vivre d'énormes miracles, et de pouvoir de nouveau s'unir avec Hachem, mais cette fois si pour l'éternité.]

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-> "Une personne ne fait pas de bien, ni ne fait pas de mal.
Même les pensées de téchouva [proviennent d'Hachem] ... alors si c'est ainsi qu'est-ce que les gens font?
La répond est : la volonté (ratson) et le désir et l'effort.
Et lorsqu'on désire faire le bien, alors on atteindra tout".
[Sfat Emet]

-> Rabbi Na'hman de Breslev enseigne : "Même une personne qui est née avec une âme faible peut atteindre les plus hauts niveaux. Tout dépend d'à quel point elle désire et d'à quel point elle essaie d'y parvenir."

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-> Rabbi Ezriel Tauber fait remarque que notre période précédant la venue du machia'h est appelée : 'hévlé machia'h (חבלי משיח), qui vient du mot : 'hévél (une corde - חבל).
En effet, juste avant l'arrivée du machia'h, Hachem va "secouer le monde", à l'image d'une corde (symbolisant la émouna, notre liaison à D.), et uniquement ceux qui y resteront attachés mériteront d'être sauvés.

[Comme on a pu le voir cela implique également d'avoir de la émouna pour soi-même.
Une personne qui désespère d'elle-même [ne cherchant pas à s'améliorer spirituellement] risque de ne pas être sauvée lors de la venue du machia'h! (que D. nous en préserve)]

"Moché dit (à Pharaon) : ainsi a dit Hachem : Vers minuit, Je sortirai en Egypte et tout premier né mourra dans le pays d’Egypte ... Je verrai le sang qui est sur vos portes et Je passerai au-dessus de vous afin qu’il n’y ait pas en vous de fléau lorsque Je frapperai l’Egypte" (Bo 12,12-13)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch fait le commentaire suivant :
"d'Hachem ne sort que du Bien et lorsqu’il faut accomplir un acte négatif, Il le laisse à Ses serviteurs.
En ce qui concerne la plaie des premiers-nés , voilà comment il faut l’expliquer : tout élément mauvais de ce monde contient forcément en lui une parcelle de Tov (Bien) qui lui donne sa vie et son maintien ; car le Mal en lui-même, en essence, c’est la mort et la destruction et si ce n’était qu’il contenait du Bien, il ne pourrait pas se maintenir.
[en ce sens même l'ange du mal, qui est l'ange de la mort, contient en lui un peu de bien pour pouvoir se maintenir et ne pas mourir lui-même!]

Tout élément qui existe, qui bouge, contient forcément une parcelle de vie qui est en essence une parcelle de Tov (Bien).
C’est dans ce sens qu’il faut comprendre nos Sages (guémara Soucca 52a) : à la fin des temps Hachem prendra l’ange du mal et lui fera la Ché'hita (il sera égorgé, abattage rituel) devant tous les tsadikim.
Comment est-il possible de faire une ché'hita à l’ange du mal? Voici que les anges n’ont pas de cou?

En réalité, Hachem prendra toutes les parcelles de bien qui existaient dans le Mal et c’est sous cet angle-là qu’Il le réduira à néant car sans parcelle de bien il n’est plus que du vide ou de la mort.
En enlevant le bien du Yétser ara, on procède donc à sa ché'hita.

Or, il y a un second principe : c’est que cette partie de Bien qui existe dans le Mal n’a qu’une seule envie c’est celle d’attirer vers elle d’autres particules de bien pour renforcer le mal.
Plus le Mal emprisonne le Bien plus il se renforce et inversement.
Les parcelles de Bien fonctionnent alors comme des aimants, chacune veut attirer l’autre car elles sont des parcelles similaires.
C’est de cette manière que les tsadikim, lorsqu’ils étudient la Torah et font des mitsvot ont cette possibilité de récupérer toutes les parcelles de bien qui sont éparpillées autour d’eux dans leur ville, ou même dans leur pays, car ils ressemblent alors à des aimants extrêmement puissants qui vont attirer et libérer toutes les particules de bien qui sont contenues dans la matière ou même dans le Mal , par leur étude approfondie de Torah ...

Lors de la plaie des premiers-nés nés, Hachem est descendu en Egypte : Lui qui est le Bien absolu, et de ce fait : toutes les particules de bien qui étaient contenues chez les premiers-nés égyptiens se sont échappées d’eux, attiré par ce puissant ‘’aimant’’, ce qui a laissé ces premiers-nés vides de Bien, et ce qui a entraîné leur mort."

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-> Le Nétsiv (Bo 12,12) écrit à :
"Pour les Bné Israël Hachem n’a pas laissé Sa Présence Divine se révéler devant eux ce qui aurait entraîné leur perte ou tout au moins la perte de leurs premiers-nés, car eux non plus n’étaient pas au niveau de recevoir ce dévoilement.
C’est ce que dit le texte : "Je passerai au-dessus de vous" = ce qui voulait dire : sans révéler complètement ce flux de sainteté mais en laissant seulement révéler un flux de protection émanant de la Présence Divine ; ceci constitue un véritable miracle et un paradoxe dans la mesure où le même flux a entraîné la perte des premiers-nés égyptiens et l’élévation et la protection des Bné Israël."

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-> Le Arizal (Pri Ets 'Haïm) enseigne :
"Lorsqu’Hachem a voulu libérer les Bné Israël d’Egypte, ils étaient extrêmement attachés à l’impureté et aux écorces de la matière.
C’est pourquoi cela présentait une grande difficulté et afin de les réparer et de les délivrer de leur attache aux écorces de la matière ('hitsonim), il fallait beaucoup d’élévation, beaucoup de renforcement qu’Hachem devait leur donner.
Hachem a dû révéler Sa Grandeur et descendre Lui-même en Egypte afin de créer un lien avec les Bné Israël sans lequel Il n’aurait pas pu les extirper de l’impureté de l’Egypte.
Ni un ange, ni un Séraphin, n’aurait pu réaliser un tel prodige et en un instant par la descente d’Hachem en Egypte, bé'hipazone (avec une précipitation spirituelle) toutes les klipote (écorces) ont été fracturées de façon surnaturelle afin de pouvoir les sortir et les extirper de là."

"Et elles (les sauterelles) mangeront tous les arbres qui poussent pour vous dans les champs" (Bo 10,5)

-> La plaie des premiers-nés eut lieu le 15 du mois de Nissan.
Il y avait un intervalle d'un mois entre chaque plaie. Il se trouve donc que la plaie de l'obscurité eut lieu le 15 du mois d'Adar tandis que la plaie des sauterelles eut lieu le 15 du mois de Chevat.

=> Les sauterelles mangèrent tous les arbres et tous les fruits d'Egypte, ainsi mangeons-nous toutes sortes de fruits le 15 Chevat pour célébrer la fête de Tou biChevat.

=> Le 15 Adar, eut lieu la plaie de l'obscurité en Egypte. Ainsi à cette même date, le peuple d'Israël célèbre la fête de Pourim, comme il est écrit : "Pour les juifs ce n'était que lumière et joie" (Méguilat Esther 8,16).
Le mot "lumière" (or - אור) a la même valeur numérique que le mot : "Adar" (באדר), soit 207.
Puisque les Bné Israël bénéficièrent de la lumière le 15 Adar en Egypte tandis que les égyptiens restèrent dans l'obscurité totale, il en fut de même pour la chute d'Haman.
"Ce n'était que lumière" = la méguilat Esther s'exprime au passé, faisant référence à la plaie de l'obscurité en Egypte : partout où le peuple d'Israël se tenait, la lumière rayonnait.

[Source : להתעדן באהבתך]

"Vous ne mangerez d’aucune pâte levée" (Bo 12,20)

-> Le Zohar enseigne :
Rabbi Eliezer a dit qu’il est écrit : "vous ne mangerez d’aucune pâte levée (ma’hmétset - מַחְמֶצֶת)".
Les première et dernière lettres de ce terme forment le mot "mét" (mort - מת), ce qui nous enseigne que quiconque mange du ‘hamets à Pessa’h doit s’attendre à la mort.
Cette personne mourra dans ce monde-ci et dans le monde futur, car il est dit : "Cette âme-là sera retranchée".

Pour quelle raison la matsa est-elle appelée ainsi?

Le nom Divin "Sha-daï" signifie : "Celui qui a dit à Son monde ‘Cela suffit! (daï)’, et Il dira également à nos souffrances ‘Cela suffit!’" (en éloignant les esprits malfaisants).
Ainsi, la matsa soumet et anéantit tous les éléments négatifs nous concernant, en les opposant les uns aux autres.
Tout comme le nom "Sha-daï" écrit sur la mézouza fait fuir les démons et esprits malfaisants de l’entrée de la maison, la matsa les fait fuir de tout endroit saint et entraîne une dispute entre eux, comme dans l’expression "Matsa Oumériva" (מצה ומריבה).
C’est pourquoi elle a été appelée : matsa.

"On ne verra pas chez toi de levain et on ne verra rien de levé dans toutes tes frontières" (Bo 13,7)

-> Le ‘hamets qui gonfle après le pétrissage symbolise l’orgueil.
La Torah vient nous enseigner qu’en ce qui concerne l’orgueil, il n’y a pas à suivre la voie moyenne. Même la plus infime quantité est à exclure, il faut aller jusqu’au bout.
C’est cela la matsa, qui est basse et humble, et que nous avons l’ordre de manger.

On apprend de là qu’en ce qui concerne l'orgueil, il faut se montrer aussi intransigeant qu’envers le ‘hamets, que la Torah a absolument banni et qu’elle a appelé une abomination comme l’idolâtrie.
Il faut en suspecter même la plus infime quantité, à l'image du ‘hamets.
['Hida - ‘Hasdei Avot chap.4,4]

-> Le Bina LéItim enseigne :
La raison pour laquelle c’est justement à Pessa’h que nous avons reçu l’ordre de l’interdiction du ‘hamets est une allusion à la bassesse de l’orgueil.
L’impureté de l’Egypte est l’orgueil et la vanité, car "l’ange tutélaire de l’Egypte s’appelle : Rahav (large, gonflé)".
L’une des raisons de l’esclavage était l’orgueil du cœur des Bné Israël à l’époque : ils ne voulaient pas se soumettre à ceux qui les réprimandaient et refusaient d’avoir des chefs comme il convient (à l'image de nos rabbanim reconnus de tous).
C’est pourquoi, mesure pour mesure, leur est arrivé le malheur de l’esclavage et des travaux forcés, qui ont abaissé leur orgueil, sous l’autorité de Pharaon qui est le plus orgueilleux des orgueilleux, au point que son orgueil l’a poussé à faire de lui-même une idole.

Si la raison de l’exil et de l’esclavage était l’orgueil, il s’ensuit que le remède était de mériter la délivrance et la liberté par le contraire, qui est l’humilité et l’éloignement total de toute vanité.

"Il appela Moché et Aharon pendant la nuit et leur dit : levez-vous, quittez mon peuple" (Bo 12,31)

-> Dans la guémara (Béra'hot 9a), les Sages disent que bien que la délivrance ait déjà commencé à minuit, les Bné Israël se sont malgré tout attardés jusqu’au matin pour sortir.
Eux qui avaient attendu cette délivrance pendant si longtemps sous d'atroces souffrances, et là ils avaient une opportunité peut-être unique de sortir!
Cependant lorsque enfin Pharaon les appelle en disant "levez-vous, quittez mon peuple", tout à coup ils ne sont plus pressés de sortir. Pourquoi cela?
Parce que Hachem leur a ordonné "que personne ne sorte de chez lui jusqu’au matin".

Le rabbi Yaakov Kamenetsky explique que nous apprenons de là que même lorsqu’on sait clairement que le moment de la Délivrance est arrivé, on ne doit pas transgresser fût-ce une seule interdiction.
On ne doit pas désobéir à Hachem, mais attendre et accomplir toutes les mitsvot de la meilleure façon.

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-> "Les Bné Israël s’étaient conformés à la parole de Moché" (Bo 12,35)

Selon le Rambam (Hilkhot Yessod HaTorah - chap.9) : si un prophète ordonne au peuple juif, au nom de D., de transgresser une mitsva temporairement, comme l’avait fait Eliyahou au mont Carmel, il faut lui obéir, sauf si son injonction concerne l’idolâtrie.

C’est ce qui est dit : "Les enfants d’Israël s’étaient conformés" = Sachant qu’il est incorrect de tromper un non-juif et de lui voler ses biens, comment les bné Israël peuvent-ils donner raison à celui qui les incite à commettre une faute?
C’est pourquoi la Torah précise : "selon la parole de Moché", expression qui confère à Moché le statut de prophète.
De ce fait, ils ont donné foi à ces paroles.
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

"Fais donc entendre au peuple que chacun ait à demander à son voisin et chacune à sa voisine, des vases d'argent et des vases d'or" (Bo 11,2)

=> A qui nos ancêtres devaient-ils demander des vases d’argent et d’or? Comment le terme : "rééhou" (lit. : son prochain, traduit ici par voisin) peut-il désigner un égyptien?

Le Gaon de Vilna explique : ce mot se réfère, comme toujours, aux juifs.
Chacun devait demander à son frère juif des ustensiles précieux, car lorsqu’un juif se montre charitable envers son prochain, par ce mérite, Hachem fait en sorte que les non-juifs se conduisent également de la sorte à son égard, mesure pour mesure.