Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"La Torah est la lumière qui guide l'homme sur le chemin du retour pour expier ses fautes. Néanmoins, elle doit être précédée par des pensées de regret et de repentir.
Lorsqu'une personne étudie la Torah, elle attire la Chékhina sur elle.
Lorsqu'il est purifié de ses fautes, la Chékhina trouve en lui un trône digne sur lequel elle peut se reposer. De même qu'une personne a besoin d'une bonne chaise pour être à l'aise, de même la Torah a besoin d'un siège exempt de fautes pour que la Chékhina puisse s'y reposer.
Lorsqu'une personne est souillée par la faute, ni la Torah ni la Chékhina ne peuvent reposer sur elle, car chaque faute est comme une épine douloureuse.
C'est pourquoi une personne doit d'abord réparer ses fautes par la téchouva, afin de pouvoir s'appliquer à l'étude de la Torah".
[Chla haKadoch - Roch Hachana - hatsaot l'téchouva 7]

"Et le feu de l'autel brûlera dessus (l'autel). Et le Cohen se vêtira d'habit de lin ..." (Tsav 6,2-3)

-> "Et le feu de l'autel brûlera" (vé'éch amizbéa'h tokad bo) :
La Torah nous apprend [que lorsque la guéoula arrivera], la colère de D. s'enflammera et consumera tous ceux qui ont fait souffrir et éprouvé le peuple d'Israël.
... Le feu de l'autel rappelle les souffrances que les nations nous ont fait subir. De ce même feu, le Maître suprême (Hachem) qui est caché de tous, s'habillera de vengeance et vengera Son peuple.

-> "Et le Cohen se vêtira d'habits de lin" :
Le Cohen symbolise la bonté et la miséricorde. On nous apprend ainsi que même ces qualités qui représente habituellement le bien elles seront d'accord qu'il faut venger les souffrances que les nations ont fait subir au peuple juif.

[Ohr ha'Haïm haKadoch ]

Etre réveillé à la téchouva par nos petits problèmes

+++ Etre réveillé à la téchouva par nos petits problèmes :

+ "Jusqu'où se situe la limite minimale de la souffrance (ta'hlit yissourim - litt. la quintessence d'une souffrance)? Quelle est la douleur minimale incluse dans la définition de la souffrance?
Même si quelqu'un met la main dans sa poche pour en sortir 3 pièces et qu'il n'en sort que 2 .. (cela est considéré comme de la souffrance)".  [guémara Arakhin 16b]

=> C'est difficile à comprendre. Comment un si petit désagrément comme le fait de devoir remettre la main dans sa poche pour en sortir une pièce de plus, peut-il être considéré comme une souffrance? Pourquoi nos Sages considère cela comme : "ta'hlit yissourim"?

Le Baal Chem Tov explique que le but d'une souffrance est d'inciter une personne à faire téchouva. Elle est censée réveiller une personne et l'amener à examiner ses voies afin qu'elle puisse les rectifier.
Cependant, Hachem ne veut pas causer beaucoup de douleur à une personne. C'est pourquoi Il envoie d'abord une petite gêne, comme le fait de ne pas trouver immédiatement la bonne somme d'argent dans sa poche. Si la personne prend cela à cœur et reconnaît qu'il ne s'agit pas d'une coïncidence, elle reconnaîtra qu'il s'agit d'un signe d'Hachem lui indiquant qu'elle doit rectifier sa conduite.
Elle examinera ses actions passées, verra ce qui doit être corrigé et fera téchouva pour ses fautes passées.
Par conséquent, elle n'aura plus besoin de souffrir davantage, car la petite gêne a déjà rempli sa fonction.
Malheureusement, la plupart des gens ne prennent pas à cœur les petits désagréments comme celui-ci et ne les considèrent pas comme des signes pour faire téchouva. Ils pensent simplement qu'ils n'ont pas assez fouillé dans leur poche pour en sortir la bonne quantité de pièces (c'est la faute à pas de chance, mais pas à eux-même!).

"Chaque fois qu'une personne commet une faute, une force d'impureté est créée, qui s'accroît en fonction de la gravité de la faute.
Cette force crée une obstruction qui empêche le flux de la bénédiction d'Hachem de nous atteindre.
C'est comme si la source de la bénédiction avait été fermée derrière une porte verrouillée".
[Alchikh haKadoch - 'Houkar 20,10]

<--->

-> Lorsque les juifs reçurent la Torah sur le mont Sinaï, toutes les futures âmes qui naîtraient un jour étaient présentes. Ils ont tous accepté la responsabilité mutuelle les uns envers les autres, afin que nous observions tous les mitsvot et que nous nous abstenions de fauter.
C'est pourquoi, chaque fois qu'une personne commet une faute, elle se rend coupable et cause du tort non seulement à son âme, mais aussi à la nation juive tout entière.
[...]

Lorsqu'un juif "achète" les marchandises que lui propose son yétser ara et tombe dans la faute, il se fait du tort à lui-même et à toute la nation juive.
[et inversement, à chaque mitsva nous amenons du bien sur nous-même et tous les juifs! ]

... Après que le yétser ara nous a poussé à fauter, il monte au Ciel pour porter des accusations contre l'ensemble de la nation juive sur la base des fautes de chaque individu.
Nous sommes tous responsables les uns des autres. Les fautes d'une seule personne peuvent entraîner des dégâts sur notre nation tout entière.
[d'où la nécessité de faire téchouva dès que possible, et de prier Hachem de nous aider à ne pas tomber dans la faute. ]

[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Ma'hsof haLavan - Kédochim ]

<------------>

-> Lorsqu'une personne commet une faute, elle attire les forces du mal sur elle, leur donnant le contrôle de sa vie.
La sitra a'hra (forces du mal/impureté) s'empare de ses mitsvot et se nourrit de leur pouvoir. [voir Séfer haLikoutim ]
Les kabbalistes (voir rav 'Haïm Vital - Chaaré Kédoucha 1,1) écrivent que la vie de chaque juif dépend des mitsvot qu'il accomplit. Un juif qui n'a pas de mitsvot à son actif, ou qui a abandonné ses mitsvot à la sitra a'hra, n'a pas de force vitale dans laquelle puiser. Il peut encore marcher sur ses pieds, mais dans un sens spirituel, il est considéré comme mort, puisqu'il n'a pas de sainteté pour donner un sens à sa vie.

Rabbi Yaakov Abou'hatséra (Pitou'hé 'Hotam - Lé'h Lé'ha) explique :
le yétser ara vole à une personne sa force vitale sacrée lorsqu'elle faute.
Cependant, lorsqu'on revient par la téchouva, on récupère cette force vitale (de sainteté) pour nous-même, grâce à laquelle on vivifie notre âme.

<------------>

-> Selon le Ohr ha'Haïm haKadoch (Vayikra 5,21), il y a 3 mauvaises choses qu'une âme doit subir à cause de nos mauvaises actions :

1°/ l'âme s'obscurcit et perd sa valeur originelle, elle se diminue, se dévalue.

2°/ nos Sages de la Kabbale nous ont dévoilés que chaque âme juive reçoit son abondance spirituelle et matérielle des mondes supérieurs et sans cela elle n'a pas de vitalité.
Mais si elle a fauté, tel le vol ou autre escroquerie, et qu'elle s'est salie et souillée, cette abondance divine lui est coupée comme il est écrit : "cette âme sera retranchée" (Lé'h Lé'ha 17,14) = des forces de l'impureté s'emparent d'elle et de son abondance, et ces mauvaises créatures prennent profit de cette bonté (abondance divine).

3°/ il affaiblit toute l'assemblée, du fait que tout le peuple d'Israël est lié l'un envers l'autre, le mal que fait l'un, entraîne le mal sur son prochain.
Par contre, grâce aux hommes vaillants qui craignent D., et à leurs bonnes actions la paix, le bien et la vie prendront de l'ampleur sur le peuple de D.

Il nous est ordonné de ne pas "maudire" la Chékhina, c'est-à-dire de la déshonorer par nos fautes, qui sont pires que des malédictions (Tikouné Zohar 146b).
La Chékhina porte le peuple juif en subvenant à ses besoins. Lorsque nous "maudissons" la Chékhina par nos fautes, nous empêchons le flux de bénédictions célestes que la Chékhina veut nous accorder.
[ rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Michpatim]

Se préparer à faire une mitsva

+ Se préparer à faire une mitsva :

-> Chaque mitsva nécessite une préparation, afin de l'accomplir avec sainteté et pureté.
Lorsque quelqu'un se prépare à une mitsva, il montre à quel point cette mitsva est précieuse pour lui. La préparation d'une mitsva et l'impatience de la réaliser font naître dans le cœur de l'individu un amour pour cette mitsva, qui lui permet de l'accomplir de tout cœur et de la manière la plus optimale possible.

La réalisation d'une mitsva comporte de nombreux aspects. Dans la mesure où l'accomplissement d'une mitsva est cher aux yeux d'Hachem, la préparation est considérée comme une partie intégrante de la mitsva, car elle affecte la manière dont la mitsva est accomplie.

Ainsi, lorsque le yétser ara ne peut influencer la mitsva, il essaiera au moins d'influencer les préparatifs de cette mitsva, ce qui, à son tour, affectera la manière dont la mitsva est accomplie.
Le Yisma'h Moché (paracha Balak) dit que tout comme les animaux venimeux fuient les odeurs agréables, le yétser ara et tous ses messagers (les forces du mal et de l'impureté) fuient une préparation appropriée à une mitsva.
[rabbi Binyamin Zev haLévi Shisha]

L’importance de faire les mitsvot avec feu

+++ L'importance de faire les mitsvot avec feu :

"Ce sera un demi-shékel" (ma'hatsit ha'shékel - Ki Tissa 30,13).

-> Rachi (Ki Tissa 30,13) explique que Hachem montra une pièce de feu et dit à Moché que c'est ce que le peuple juif doit donner.
[selon nos Sages, le feu renvoie au fait que nous devons donner à la tsédaka avec le feu du coeur et de la dévotion. ]

-> Chacune des 4 lettres du nom d'Hachem (יהוה) correspond à l'un des 4 éléments : le feu, l'air, l'eau et la terre.
Le youd, la plus haute et la plus spirituelle des lettres, correspond au feu. D'où l'importance de donner les shékalim (qui correspondent au youd du nom d'Hachem) avec tout le feu de notre cœur.

Imaginez une statue imposante représentant des soldats victorieux à cheval au centre d'une place de la ville. Autour de cette statue se trouvent des personnes à l'allure beaucoup moins puissante, mais qui ont également des yeux, des oreilles, un nez et une bouche. Quelle est la différence entre les soldats de la statue et les personnes qui l'entourent?
La statue est une matière morte, terrestre, alors que les personnes vivantes ont le sang réchauffé par l'élément du feu qui pompe dans leur corps.

De même, il y a des pièces de monnaie dont le contenu est un simple métal solide et terrestre, et il y a des pièces de monnaie qui contiennent du feu ; elles sont vivantes, puissantes et dynamiques.

Pour le Michkan, Hachem a demandé à chaque juif un demi-shékel d'argent pour les adanim, les socles qui soutiennent les murs.
De plus, chaque année, chacun devait donner un demi-shékel pour les korbanot (sacrifices).

Mais une unité d'argent peut contenir plus ou moins que la quantité habituelle. Par exemple, nos Sages enseignent que si une personne donne de la tsédaka avec une générosité débordante, une bénédiction sera ajoutée à cet argent : "L'argent d'une personne qui a un bon œil sera béni lorsqu'elle donnera de son pain aux pauvres" (Michlé 22,9).
À l'inverse, la guémara (Sotah 38b) met en garde de ne faut pas accepter d'argent d'une personne avare, car son argent est vide de sainteté et n'apporte pas de bénédiction.

Le peuple juif a donné ses shekalim pour le Michkan, ils étaient animés d'un amour immense pour Hachem. Ainsi, leur argent, contrairement à une statue, était vivant.
Il portait la vitalité d'un amour ardent pour Hachem.

-> Nos Sages font remarque que "Shékel" (שקל) a la même guématria que "néfech" (נפש) soit 430, mettant en avant le composant principal que Hachem veut avec notre argent (on doit y mettre notre âme, avec un feu de joie de faire la volonté de D.).

<--->

-> Un pauvre homme frappe à la porte et nous lui donnons une pièce, un morceau de papier (billet de 5,10, ... euros).
Même si on a donné 1 pièce d'un euro, et bien donner cet euro est une mitsva. Si l'acte est accompli avec feu, avec l'amour d'Hachem, cet euro monte au ciel.

Il s'élève d'abord au plan spirituel de l'Assiya, le plus bas des mondes spirituels d'où émerge notre monde matériel.
Il s'élève alors jusqu'au Yétsira, le plan spirituel de l'émotion, où se trouvent les anges. Il monte alors encore plus haut, jusqu'à Beria, le niveau où se trouve le Trône de Gloire d'Hachem (le Kissé HaKavod).

Si cette pièce a été donnée avec un amour d'Hachem absolument pur, alors elle s'élève encore davantage, jusqu'au plus haut des mondes spirituels : l'Atsilout, où il n'y a que la lumière d'Hachem Lui-même. [c'est trop élevé pour les Créatures Célestes, et il n'y a pas de niveau plus élevé spirituel que celui là. ]

Au fur et à mesure que cette pièce s'élève, sa valeur augmente. Dans chaque monde, l'euro est décuplé.
Lorsqu'il atteint l'Atsilout, il ne vaut ni un euro, ni 10 euros, ni même un million d'euro ; sa valeur est infinie.

[ Même si dans ce monde cela semble être uniquement qu'une "petite" pièce d'un euro, notre feu d'amour lui a donné la force de traverser tous les mondes supérieurs jusqu'au sommet, jusqu'à Hachem, qui conserve précieusement le feu de ces euros/shékalim, et nous bénéficions à jamais de leur mérite.
(selon nos Sages, l'essentiel n'est pas la mitsva que nous faisons, mais plutôt la joie, les sentiments envers Hachem que nous avons en la faisant. En ce sens, ce qui rendait magnifique/important un simple demi-shékel était le sublime feu ardent autour. ) ]

<--->

+ Pourquoi les shékalim d'Haman ont échoué? :

-> Lorsque Mordé'haï informa Esther du décret dévastateur de destruction contre les juifs, il lui parle également du "parachat akessef" (l'interprétation de l'argent - Esther 4,7) qu'Haman a donné à A'hachvéroch.
A priori, personne n'a besoin que quelqu'un interprète pour eux le sens de l'argent. Qu'y a-t-il dans l'argent de Haman qui nécessite une explication?

Haman a distribué une énorme somme d'argent pour avoir le droit d'anéantir les juifs, 10 000 kikar d'argent.
Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach - drouch 15) précise que cet argent était destiné à la charité.
Haman voulait ainsi non seulement acheter le roi terrestre, mais aussi le roi céleste.

C'est pourquoi la guémara (Méguila 13b) nous dit : "[Puisque] Haman allait mesurer des shékalim contre Israël. Par conséquent, Hachem a fait précéder les shékalim (des juifs) aux shékalim [d'Haman]."

Les Tossafot expliquent qu'Haman voulait neutraliser le mérite des shékalim donnés par la génération du désert (dor hamidbar). Chacun des 600 000 juifs avait donné un demi-shékel, soit un total pour tout le peuple juif de 100 kikar, à partir desquels les adanim (socles) du Michkan ont été formés.
Haman donna 100 fois plus, soit 10 000 kikar. Pour cela?

En effet, Haman comprit que la valeur des shékalim juifs augmentait au fur et à mesure qu'ils s'élevaient vers le Ciel. Il a supposé que dans le monde d'Assiya, chaque shékel conservait sa valeur à un chiffre, qu'à Yétsira, elle était multipliée par dix, et qu'à la Beria, elle était multipliée par cent.
Il était déterminé à les rencontrer dans la beria en donnant 100 fois la quantité de shékalim qu'ils ont fait.

Mais Haman ne pouvait pas comprendre la pureté du cœur d'un juif.
Il n'a pas réalisé qu'un juif est enraciné dans le plus élevé des niveaux spirituels, l'Atsilout, dans Elokout (la Divinité) lui-même.
[l'âme de tout juif provient de l'intériorité d'Hachem, de sous le Trône de Gloie, dans la plus haute réalité spirituelle qui existe l'Atsilout, à la différence des non-juifs qui ont une âme provenant d'un niveau plus bas, de l'extériorité d'Hachem. ]
Hachem dit à Haman : "leurs shekalim ont déjà précédé (ikdimou) les vôtres!" (voir Yérouchalmi Méguila 1:5)
Leurs shékalim sont avant les vôtres, ils s'élèvent à un monde plus élevé que les vôtres ne pourront jamais le faire. Leur valeur n'est pas multipliée par 10 ou par100, mais à l'infinie.
Vous donnez du métal froid, avec un cœur cruel, pour détruire une nation. Ils donnent des pièces de feu.

[même Moché a eu besoin qu'Hachem lui montre la pièce en feu, pour réaliser à quel point chaque juif peut par le feu qu'il met dans la mitsva accomplir quelque chose d'inimaginable, d'une valeur infinie : atteindre là où seul peut être D. et Le rendre fier de nous. ]

Tout ce qu’on peut faire pour réaliser une mitsva est énorme aux yeux d’Hachem

+ Tout ce qu'on peut faire pour réaliser une mitsva est énorme aux yeux d'Hachem :

-> Chaque acte accompli au service d'Hachem doit être considéré comme important.
Même une simple parole apparemment insignifiante, ou un simple regard sans importance, qui est lichma, dans le but de servir le Maître du monde, est considéré comme substantiel et digne d'intérêt pour Hachem.

Le 'Hovot HaLévavot ajoute : "[lorsque tu fais une mitsva] ce qui nous semble comme étant une petite chose, (en réalité) c'est important/énorme [aux yeux] d'Hachem" (ki améat mimé'ha rav étslo - chaar 'Hechbon haNéfech - chap.5).

Matérialité – spiritualité = apprendre des non juifs

+++ Matérialité - spiritualité = apprendre des non juifs :

-> Nous devons nous assurer que notre accomplissement des mitsvot est au moins au même niveau d'intensité et de sacrifice que les non juifs qui nous entourent réalisent les actes qui sont importants pour eux.
Nous devons faire preuve de la même ardeur et de la même détermination qu'eux, mais canaliser cette énergie vers les mitsvot.
[rav El'hanan Wasserman (Kovéts Héarot) - citant le 'Hafets 'Haïm]

<--->

-> à l'image de Yaakov lorsqu'il a quitté Lavan (Vayichla'h 32,5) qui s'est reproché de ne pas avoir appris de Lavan le racha, pour s'améliorer dans la pratique des mitsvot, afin de les accomplir avec la même énergie, sacrifice, que lui pouvait le faire pour toutes ses arnaques et autres mauvais occupations. ]

-> Cela nous aide à comprendre ce qui est écrit dans le guémara (Avoda Zara 2b), qui relate ce qui se passera lorsque machia'h viendra :
Les Romains se présenteront devant Hachem pour être jugés. Hachem leur demandera comment ils ont occupé leur temps. Ils répondront : "Maître du monde, nous avons établi de nombreuses places de marché, nous avons construit de nombreux bains publics, et nous avons accumulé beaucoup d'argent et d'or. Nous avons fait tout cela uniquement pour le bien du peuple juif, afin qu'il soit libre de s'engager dans l'étude de la Torah".

Hachem répondra en les traitant d'insensés pour avoir essayé de le tromper.
Hachem leur dira qu'Il est parfaitement conscient qu'ils ont fait tout ce qu'ils ont mentionné en ne pensant qu'à leurs propres intérêts. "Vous avez créé des places de marché pour qu'on y trouve des prostituées. Vous avez construit des bains pour votre propre plaisir. Quant à l'argent et à l'or que vous prétendez avoir augmentés, ils sont à Moi et non à vous".
Les Romains quitteront alors la Présence d'Hachem, abattus et sans espoir.

Les Perses seront la prochaine nation à être jugée, et Hachem leur posera la même question.
Ils répondront : "Maître du monde, nous avons construit de nombreux ponts, conquis de nombreuses villes et mené de nombreuses guerres. Nous avons fait tout cela uniquement pour le bien du peuple juif, pour qu'il s'adonne à l'étude de la Torah".

Une fois de plus, Hachem les confronte à la vérité. "Tout ce que vous avez fait, vous l'avez fait dans votre propre intérêt. Vous avez construit des ponts pour pouvoir prélever des impôts sur tous ceux qui les empruntent. Vous avez conquis des villes pour utiliser leurs habitants comme main-d'œuvre forcée. En ce qui concerne les guerres, ce n'est pas vous. Je fais la guerre, et votre succès vient de Moi."

=> Il est difficile de croire que les Romains et les Perses tenteront de mentir à Hachem. Comment peuvent-ils penser qu'Hachem les croira quand ils disent qu'ils ont tout fait pour les juifs et pour permettre l'étude de la Torah, alors qu'ils savent qu'Hachem sait qu'ils ne cherchaient que leurs propres intérêts?

-> Le Ktav Sofer explique qu'ils n'ont pas essayé de modifier les faits, la réalité.
Il est vrai que tout ce qu'ils faisaient, c'était pour eux-mêmes. Ils ne pensaient qu'à leurs propres intérêts. Cependant, disent-ils à Hachem, le temps, les efforts et l'enthousiasme avec lesquels ils ont abordé leurs activités ont servi de leçon au peuple juif sur la façon dont il devrait aborder la Torah et les mitsvot.
Les juifs ont pu apprendre d'eux comment diriger toute leur énergie et leurs ressources vers une activité qui leur tient à cœur.
Les nations du monde pouvaient dire : "Si nous sommes capables de déployer des efforts exceptionnels, avec enthousiasme, dans nos activités insignifiantes, à combien plus forte raison les juifs devraient-ils faire de même dans leur quête de la Torah et des mitsvot".
Les Romains et les Perses soutenaient que toutes leurs activités étaient une source d'inspiration pour l'amélioration de la avodat Hachem du peuple juif.

<--->

+ Pourquoi la Torah sera-t-elle enseignée dans les théâtres et les colisées?

-> Dans la guémara (Méguilah 6a), nous apprenons que lorsque machia'h viendra, la Torah sera enseignée publiquement dans les théâtres et les colisées qui étaient auparavant réservés aux événements sportifs. La Torah sera enseignée dans les lieux mêmes où les gladiateurs se sont battus.

=> La question la plus évidente est la suivante : pourquoi devrions-nous étudier la Torah dans ces lieux spécifiques?
Lorsque le machia'h viendra et que le monde entier reconnaîtra enfin la souveraineté d'Hachem, n'y aura-t-il pas des lieux mieux adaptés à l'étude de la Torah qu'un stade ou un théâtre?
Ces lieux ont été utilisés pendant de nombreuses années pour accueillir des événements qui sont l'antithèse même des valeurs de la Torah. Pourquoi voudrions-nous enseigner la Torah dans ces lieux ?

-> Le Ktav Sofer explique que le peuple juif apprendra des fauteurs comment être zélé dans l'accomplissement des mitsvot.
Une vraie personne qui craint Hashem verra comment les non-juifs se conduisent, et il en tirera une leçon qui renforcera son avodat Hachem.
Il prendra note de la vitesse, de l'efficacité, du zèle et de la rapidité avec lesquels ils commettent des fautes flagrantes. Il verra le temps, l'énergie et les fonds qui sont facilement et volontairement dépensés pour de telles activités.

Il sera alors en mesure de faire un kal va'homer, un argument a fortiori. Si les actes pécheurs sont accomplis avec tant de zèle et d'énergie, au mépris total du coût et de la dépense, combien plus devons-nous faire de même pour l'accomplissement des mitsvot.

Les théâtres, les colisées et autres lieux de divertissement ont été construits sans tenir compte des dépenses. Des édifices gigantesques ont été érigés uniquement pour le divertissement et sont utilisés pendant des heures. Sans se soucier de l'heure, les clients s'assoient et boivent jusqu'à des heures avancées de la nuit. Ils trouvent des moyens de rester éveillés, ne voulant pas manquer un seul instant du divertissement. [combien ils chantent, tapent des mains, restent attentifs à chaque minute du show, ... ]

Ce phénomène devrait susciter au sein du peuple juif le désir d'exploiter ces mêmes qualités pour étudier la Torah et mieux servir Hachem. Nous devrions nous aussi être prêts à renoncer au confort et à la commodité et à faire des sacrifices pour l'accomplissement des mitsvot. Nous devrions au moins nous efforcer d'accomplir les mitsvot autant qu'ils le font pour se divertir.

Nos Sages nous disent : "éno domé chmiya léré'iya", que l'on ne peut pas comparer quelque chose que l'on voit de ses propres yeux à quelque chose dont on entend simplement parler. C'est pourquoi nous étudierons la Torah dans ces mêmes lieux. Nous pourrons alors constater de nos propres yeux les efforts et l'argent considérables qui ont été consacrés à leur fabrication ; nous nous souviendrons de l'énergie et de l'enthousiasme que les fêtards y ont déployés, et nous pourrons nous engager à faire de même pour notre avodat Hachem.

Nous devons tirer des leçons du monde qui nous entoure, même si la source est improbable. Voir comment les fautes sont accomplis peut être une source de motivation exceptionnellement puissante pour s'améliorer spirituellement.
[et en plus, on doit être fier d'être dans le émet, de pouvoir agir selon ce que Hachem nous conseille de faire, et non dans du vide, éphémère. ]

Hachem attend de nous que nous accomplissions les mitsvot et que nous nous engagions dans l'étude de la Torah avec [au moins] le même enthousiasme et le même zèle que nous accordons à nos besoins matériels.
Il est écrit : "la souhaiter comme de l'argent, la rechercher comme des trésors" (Michlé 2,4). Cela signifie que si quelqu'un recherche la Torah et les mitsvot de la même manière qu'il recherche l'argent et d'autres biens matériels, il méritera la suite : "tu auras le sens de la crainte d'Hachem et tu atteindras la connaissance de D." (Michlé 2,5).

Une génération qui intensifie sa quête de matérialisme, qui déploie plus d'efforts que d'habitude pour atteindre la richesse matérielle, devrait avoir une approche plus intense de la Torah et des mitsvot.

Lorsque les gens recherchent activement et énergiquement la matérialité, on attend d'eux qu'ils fassent preuve d'un niveau inhabituel de zèle dans l'accomplissement de leur mitsva.
Et si l'on ne le fait pas, cela peut engendrer une accusation contre eux.
[d'après le rav Moché Feinstein - Darach Moché - Balak]