« C’est le jour de Kippour, ce sera une convocation sainte pour vous et vous mortifierez vos personnes … aucun travail vous n’accomplirez, c’est un décret éternel pour vous (‘houkat olam) pour vos générations » (Emor 23,27-31)

Pourquoi est-ce que le terme « décret éternel » fait référence à l’interdiction de faire tout travail pendant Yom Kippour (v.31), et non à l’interdiction d’y manger (v.27)?

Le Méchekh ‘Hokhma répond que c’est parce qu’il y a eu une exception où cette halakha n’a pas été appliquée.

La guémara (Moéd Katan 9a) rapporte que l’année où le roi Chlomo a inauguré le 1er Temple, le peuple juif n’a pas observé Kippour de la façon habituelle, et en fait, ils ont mangé et bu en ce jour.
D’ailleurs, Hachem a approuvé ce comportement, disant même que chaque personne présente aura droit au monde futur (olam aba).

=> Ceci explique pourquoi la Torah n’emploie pas : « décret éternel », concernant l’interdiction d’y manger.

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« Le 7e mois, le 1er du mois, ce sera pour vous un jour de repos, un jour de repos, un souvenir par la sonnerie du Shofar » (Vayikra – Emor 23,24)

« Au 7e mois, le 1er du mois, il y aura une convocation sainte pour vous … ce sera un jour de sonnerie [de Shofar] pour vous. » (Bamidbar – Pin’has 29,1)

Pourquoi en ce qui concerne la sonnerie du Shofar, lors de la 1ere mention de Roch Hachana (Emor), on ne parle que : « d’un souvenir »?

Selon la guémara (Roch Hachana 29b), si Roch Hachana tombe un jour de semaine nous devons sonner le Shofar, mais un Shabbath nous ne devons pas le faire et uniquement le mentionner.

Selon la guémara (Shabbath 87b), l’année où les juifs ont quitté l’Egypte, Pessa’h a commencé un jeudi.

Selon le Kéhilat Yits’hak, cela signifie qu’en cette année, Roch Hachana est tombée un Shabbath.

=> Ainsi, en parlant de comment elle s’est déroulée lors de cette 1ere année, la Torah mentionne : « un souvenir », puisque le Shofar n’a pas pu y être sonné.

« Je serai sanctifié parmi les enfants d’Israël » (Emor 22,32)

-> La guémara (Béra’hot 21b) dérive de ce passage que le nom de Hachem doit être sanctifié durant la prière par un nombre minimum de [10] juifs (un minyan).

-> Si l’on prend les 9 plus grands rabbanim du monde, cela ne suffit pas pour avoir un minyan avec lequel prier.
Par contre, 10 juifs n’ayant aucune connaissance en Torah permettent de constituer un minyan.

=> Le rav Moché Leib de Sassov dit que cela nous enseigne que la sanctification du nom de D. dépend plus de l’unité parmi un groupe de juifs, que de la grandeur des individus le composant.

Prier en minyan, c’est profiter de la force de l’unité, qui permet de transmettre nos prières directement à Hachem, et ce quelque soit la qualité des personnes qui prient.

« Si vous consacrez vos vies à Mon service, Je (Hachem) Me dévouerai personnellement à vous, en vous guidant Moi-même, sans aucun intermédiaire. »

[Sforno – « Je suis Hachem qui vous sanctifie » (Emor 22,32) ]

« Grosse ou menue bête, vous n’égorgerez point l’animal avec son petit le même jour » (Emor 22,28)

-> Le Rambam (Guide des égarés – livre III, 48) écrit à ce propos:
« Il a été défendu d’égorger le même jour la mère et son petit, afin d’éviter d’égorger le petit sous les yeux de sa mère.
Car l’animal éprouverait alors une trop grande douleur.

En effet, il n’y a pas sous ce rapport, de différence entre la douleur qu’éprouverait l’homme et celle des animaux ; car, l’amour et la tendresse d’une mère pour son enfant ne dépendent pas de la raison, mais de l’action de la faculté imaginative, que la plupart des animaux possèdent aussi bien que l’homme. »

-> La guémara (Baba Métsia 80) nous enseigne :
Des épreuves survinrent à Rabbi (rabbi Yéhouda haNassi) à la suite d’un certain fait : un jour, on amena un veau pour être égorgé, le veau prit la fuite et se mit à pleurer, comme quelqu’un qui dirait : « Sauve-moi! »
Rabbi lui dit : « Va, c’est pour cela que tu as été créé (dans les cieux)! »
On décréta : « Puisqu’il ne prend pas en pitié, il endurera des malheurs ».

Ses épreuves disparurent à la suite d’un certain fait : un jour, la servante de Rabbi nettoyait la maison.
Il y avait des souriceaux, elle les balaya et les jeta hors de la maison.
Rabbi lui dit : « il est écrit … Et sa miséricorde est sur toutes ses actions » (Téhilim 145,9).
Dans les cieux, on décréta : « Puisqu’il est miséricordieux, nous le prendrons en pitié », et il guérit ».

« Et quand un homme infligera un défaut à son semblable, comme il a fait, ainsi lui sera-t-il fait. » (Emor 24,19)

Il est rapporté dans le Marpé laNéfech que le Maguid (« inspirateur céleste ») de Rabbi Yossef Karo lui dit un jour :

« Ne te soucie pas de la médisance émise à ton encontre.
Ces paroles ne te porteront pas préjudice.

Bien au contraire, elles te seront bénéfiques, car les mérites de celui qui médit de son prochain sont transférés au profit de ce dernier.
Les gens devraient être très heureux d’apprendre que l’on a médit d’eux, car cela vient à leur offrir de l’or et de l’argent!  »

 

Source (b »h) : issu du « Talelei Orot » du rav Yissa’har Dov Rubin

+ « Et lorsque vous moissonnerez la moisson de votre terre, tu ne termineras pas le coin de ton champ en moissonnant et tu ne ramasseras pas la glanure de ta récolte ; au pauvre et au converti tu les abandonneras ; Je suis Hachem, votre D. » (Emor 23,22)

-> Rachi d’écrire :
« Rabbi Avdimi ben Rabbi Yossé a dit : Pourquoi la Torah rapporte-t-elle ce précepte dans le chapitre concernant les fêtes?

Pour enseigner que lorsque quelqu’un laisse aux pauvres ce qui leur revient, c’est comme s’il construisait le Temple et y apportait ses offrandes. »

-> Le ‘Hatam Sofer nous dit que cet enseignement nous aide à comprendre pourquoi la fête de Shavouot ne dure qu’un seul jour tandis que Pessa’h et Souccot ont une durée de 7 jours.

Les jours qui suivent Shavouot, fête de la moisson, doivent être consacrés à partager l’abondance des récoltes avec le pauvre, une activité empreinte d’une sainteté aussi grande que les fêtes elles-mêmes.

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+ Supplément :

Notre verset parle des lois de Péa et de Léket, c’est-à-dire l’obligation de laisser certaines parties de notre champ et de notre récolte pour les pauvres afin qu’ils puissent venir les ramasser librement.

Rachi commente les termes de notre verset : « tu les abandonneras », en disant :
« Laisse-(les) devant eux, et c’est à eux de glaner ; et tu n’as à aider aucun d’eux (à glaner). »

Comment comprendre cette instruction?
Pourquoi la Torah interdit-elle d’aller plus loin que de donner la possibilité aux pauvres de se servir?

La réponse est qu’en permettant à un pauvre de rassembler par lui même la récolte, il va se sentir moins dégradé par rapport au fait de la recevoir directement de la main d’une personne par pure charité.
De plus, le pauvre va faire des efforts pour amasser sa part de la récolte, et va se sentir moins humilié, car il aura le sentiment d’avoir payé un peu de sa personne pour les acquérir.

 

Source (b »h) : compilation personnelle issue du ‘houmach Artscroll + dvar Torah du rabbi Moshé Kormornick

+ « Un souvenir de sonnerie. » (Emor 23,24)

Nos Sages (guémara Roch Hachana 16a) demandent : Pourquoi sonne-t-on du chofar avant et pendant la amida?
Et de répondre : « Pour troubler le Satan. »

Le rav Yits’hak Blazer explique qu’en entendant les sonneries du chofar, Satan est bouleversé et effrayé, pensant qu’elles annoncent la venue du Machi’a’h.
Cela est surprenant, dans la mesure où il a entendu chaque année les mêmes sonneries, sans qu’elles aient été suivies de l’arrivée du Machia’h.

Néanmoins, elles suscitent régulièrement son émotion, comme s’il se disait : « Peut-être les choses seront-elles différentes cette année? Peut-être Israël s’est-il réellement repenti et mérite-t-il la Délivrance … »

=> Qu’en est-il alors de l’homme qui, pris de découragement, en vient à se dire : « J’ai vécu de nombreuses années et ai déjà passé tant de Roch Hachana avec leurs sonneries du chofar sans faire téchouva … C’est donc sans espoir! »

==> Un tel homme est pire encore que Satan!!

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+ Supplément :
La Torah définit Rocha Hachana comme un « jour de sonnerie du Chofar » (cf. notre verset : « un souvenir par la sonnerie du chofar »).

Le son du Chofar est un appel au repentir et comme l’explique le Rambam (Hilkhot Téchouva 3,4), ce son signifie également :
« Sortez de votre torpeur, vous qui somnolez!
Repentez-vous avec contrition!
Souvenez-vous de votre Créateur! …
Sondez vos âmes et améliorez votre comportement et vos actes. »

 

Source (b »h) : issu du « Talelei Orot » du rav Yissa’har Dov Rubin