Le Michkan : Hachem nous aime!

+ Le Michkan : Hachem nous aime!

-> Nous allons voir, b’h, au travers des exemples de la Ménora et des clochettes de la robe du Cohen Gadol, à quel point Hachem nous témoigne de Son amour.

1°/ La Ménora :

+ « Dans le Ohel Moed, à l’extérieur de la cloison de tissu qui dissimule [l’Arche du] Témoignagne (édout), Aharon et ses fils allumeront la [Ménora] du soir au matin devant Hachem. C’est une loi éternelle pour leurs générations de la part des enfants d’Israël » (Tétsavé 27,21)

-> Hachem a ordonné que la Ménora soit placé hors du Saint des saints pour montrer que Hachem, source de la lumière pour le monde entier, n’a pas besoin de notre lumière …

Lors de la fabrication du Michkan, Hachem dit aux juifs : « Je désire que vous Me dédommagiez pour que vous ne vous sentiez pas redevables de la faveur que Je vous ai accordée ».
[à l’image d’un voyant qui accompagne un aveugle pour le guider le long de son trajet, et qui à la fin lui demande d’allumer une lumière pour lui permettre de diminuer son sentiment de redevabilité.]

En observant ce commandement, nous ne remboursons D. en aucune façon car Il n’a pas besoin de la lumière d’aucune de Ses créatures.
C’est plutôt un moyen d’élever Israël, [de rendre importants les juifs] aux yeux des nations qui diront : « Voyez à quel point D. aime Israël! Après avoir tant fait pour eux, Il ne veut pas leur laisser de dette envers Lui ».

=> Cela faisait paraître les juifs égaux à D., pour ainsi dire, en Le faisant profiter de leur lumière. Mais la réelle raison du commandement de la Ménora était de montrer le grand amour qu’Il leur portait.

De plus, Hachem ordonna aux juifs de faire a Ménora car la lumière que nous allumons dans le Temple nous permet de mériter celle du monde futur.
Les nations seront dans l’obscurité alors qu’Israël profitera d’une lumière intense.
Ainsi, D. dit au prophète : « Les ténèbres couvriront la terre et le brouillard, les nations mais D. brillera sur toi et Sa gloire se dévoilera sur toi » (Yéchayahou 60,2).

[Méam Loez]

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2°/ Les clochettes de la robe du Cohen Gadol :

+ « Aharon la portera pour accomplir le service Divin et son tintement sera entendu lorsqu’il entre dans le Sanctuaire devant Hachem et lorsqu’il en sort afin qu’il ne meure pas » (Tétsavé 28,35)

Selon le Ramban, Hachem ordonna de placer des clochettes sur la robe bien qu’il soit inhabituel de suspendre des clochettes à des vêtements.
Grâce à elles, les anges allaient percevoir leur tintement lorsque le Cohen Gadol se préparerait à entrer dans le Saint des saints et quitteraient le sanctuaire intérieur.

Lorsque le Cohen Gadol entrait dans le Saint des saints [à Yom Kippour] pour implorer le pardon en faveur des juifs, ni hommes ni ange n’était autorisé à s’y trouver.
Il est écrit : « Aucun homme (adam) ne se trouvera dans le Ohel Moéd (Tente d’assignation) lorsque’il viendra expier dans le sanctuaire » (A’haré Mot 16,17).
Le mot « homme » (adam) désigne également les anges qui ont un visage humain (Yé’hezkel 1,10).
Ces anges ne sont pas même autorisés à rester dans le sanctuaire extérieur lorsque le Cohen Gadol pénètre dans le Saint des saints.

Il est vrai que même sans le son des clochettes, les anges auraient perçu l’entrée du Cohen Gadol. Cependant, leur tintement servait de signal afin que les anges quittent les lieux.
Cela ressemble au cas d’un proche ami du roi venu parler au souverain en privé. Dès ce moment-là, tous les serviteurs qui entourent le roi le quittent pour laisser son ami converser à sa guise avec lui.

Les clochettes tintaient également lorsque le Cohen Gadol quittait le Saint des saints. C’était le signal que la conversation était terminée et que les anges pouvaient revenir.
[le Cohen Gadol venait en tant que représentant de chaque juif!
Les clochettes témoignent du fait que nous sommes les enfants chéris de papa Hachem, au point qu’Il demande à tous les anges de sortir pour se retrouver en tête à tête avec nous! Rien ne lui ai plus cher/aimé que nous!!]

Les clochettes nous enseignent qu’un homme désirant entrer chez un ami ne doit pas pénétrer dans sa maison subitement sans prévenir, à plus forte raison dans un palais royal.

Lorsque le Cohen Gadol pénétrait dans le Saint des saints, les clochettes avaient la même fonction que des coups frappés à une porte, fût-elle ouverte.
[selon Rabbénou Bé’hayé, les clochettes signalaient que le Cohen Gadol demandait la permission d’entrer, et ainsi les anges ne chercheraient pas à lui faire de mal, comme le mettre à mort.]

[cela nous arrive également à chacun d’entre nous, le vendredi soir.
En effet, le rav Pinkous enseigne que nous terminons le chant de : « Shalom Alé’hem », par : « bétsété’hem léShalom (allez en paix!) » = nous demandons aux 2 anges qui nous ont raccompagné de la synagogue, de nous laisser seul en tête à tête avec notre papa Hachem!
En effet, le Zohar écrit : « La Présence Divine ne quitte jamais un juif pendant Shabbath, [et] un Yom Tov » = quoiqu’on ai pu faire (en bien ou mal), notre papa Hachem nous aimera toujours infiniment, et ainsi Il désire nous voir personnellement autant que possible.
En ce sens, chaque semaine nous avons Shabbath, ce moment incroyable de proximité avec Lui, où même les anges sont mis à la porte!]

Les clochettes permettaient également aux juifs de savoir si le Cohen Gadol était, ou n’était plus, en vie.
Si le Cohen Gadol était un hérétique qui ne croyait pas en les enseignements des sages, il mourait en pénétrant dans le Saint des saints.
Par conséquent, si les juifs n’entendaient plus le son des clochettes, ils savaient que l’hérésie du Cohen avait causé sa mort …
Tant qu’on entendait le tintement, on savait que le Cohen était en vie.

Questions/Réponses – paracha Tétsavé

+ Questions/Réponses – paracha Tétsavé :

1°/ La guémara (Yoma 9b) enseigne que le 1er Temple a été détruit à cause des fautes de l’idolâtrie, du meurtre et des relations interdites.

=> Puisque la guémara (Zéva’him 88b) enseigne que l’Ephod (אפד) expie la faute de l’idolâtrie, comment le Temple a-t-il pu être détruit pour une faute dont l’Ephod permettait un pardon total?

-> Le Maharcha (Zéva’him 88b) affirme que les vêtements des Cohanim ne pardonnaient que les fautes qui étaient réalisées accidentellement.
Le Temple a été détruit par des actes intentionnels d’idolâtrie, qui ne sont pas expiés par le Ephod.

-> Le rav Arié Leib Tzintz (Mélo haOmer) répond que l’idolâtrie est différente de toutes les autres fautes, dans le sens où la guémara (Kiddouchin 40a) enseigne que Hachem ne punit pas une personne pour avoir pensée à une faute tant qu’elle ne l’a pas effectivement réalisée, à l’exception de l’idolâtrie pour laquelle Hachem punit une personne déjà pour le simple fait d’avoir pensée à adorer une idole.

L’Ephod pardonnait uniquement les mauvaises pensées d’idolâtrie, mais pas l’acte en lui même, et c’est pour cela que le Temple a été détruit.

-> Le Mérafsin Igri cite l’avis des Tossafot (Sanhedrin 37b), selon lequel l’Ephod ne pardonnait les fautes que pour ceux qui se repentaient de leurs fautes.
Cependant, avant la destruction du Temple, de nombreux juifs s’engageaient fréquemment dans l’idolâtrie sans faire téchouva sur leurs fautes.
C’est pourquoi l’Ephod ne pouvait faire expiation.

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2°/ Rachi (v.28,30) nous explique le Cohen Gadol avait la capacité de poser des questions à Hachem par le biais des Ourim véToumim qui se trouvait dans le Pectoral (‘Hochen).
Certaines lettres du nom des tribus gravées sur le Pectoral s’illuminaient formant ainsi la réponse à la question posée.

=> Est-ce que les lettres brillaient en même temps ou bien successivement?

-> Le Ramban écrit que cela se passait en même temps, nécessitant l’inspiration Divine pour assembler correctement les lettres et pour comprendre la réponse.

-> Le rav Saadia Gaon n’est pas d’accord et affirme que les lettres apparaissaient l’une après l’autre afin qu’il n’y ait aucune place au doute ou à une mauvaise interprétation.

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=> Est-ce que les Ourim véToumim pouvait servir à répondre aux questions juridiques difficiles, qui nécessitaient une solution?

-> Le Targoum Yonathan ben Ouziel (Tétsavé 28,15) écrit qu’il était [techniquement] possible de recevoir les solutions des disputes juridiques complexes par le biais des Ourim véToumim.

Rachi (guémara Erouvin 45a) écrit que le Cohen n’avait pas la capacité d’agir ainsi, puisqu’une fois que la Torah a été donnée aux hommes, ce n’est plus au Ciel de décider ses lois (cf. guémara Baba Métsia 59b), et ce même si les hommes peuvent arriver à se tromper.

-> Le rav Aharon Leib Steinman (Ayélét haCha’har 28,15) est d’avis que les Ourim véToumim ne rendaient pas des décisions judiciaires, mais ils pouvaient clarifier les faits d’un cas, comme par exemple révéler qui était en train de mentir.

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-> Le Ramban (28,30) note que les Ourim véToumim étaient si saints que les détails concernant leur conception ne sont pas mentionnés dans la Torah, ils sont restés secrets et connus uniquement de Moché.
Ils ont été produits à la fois par Hachem ou par Moché.

-> Ourim [d’après le mot « or », signifiant : lumière], parce qu’il éclaircissait et expliquait à Israël les choses cachées.
Toumim [d’après le mot « tam », signifiant : parfait] parce que son message était parfait : toute chose prédite par les Ourim et Toumim se réalisait.
[Méam Loez – Tétsavé 28,30 (rapportant la guémara Yoma 73)]

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-> Comment consulte-t-on (les Ourim véToumim)?
Le consultant tourne son visage vers le Cohen consulté et ce dernier tourne son visage vers la Présence Divine …
On ne doit pas énoncer sa demande ni à voix haute ni par la simple pensée, mais à voix basse …
Bien que les décrets transmis par les Prophètes peuvent être annulés, ceux transmis par les Ourim et Toumim sont irrévocables …
Selon rabbi Yo’hanan, les lettres de la réponse se mettaient en relief.
Selon Réch Lakich, elles se rapprochaient (pour former des mots) …
On ne consulte les Ourim et Toumim que par l’intermédiaire du Cohen animé d’un esprit de sainteté (roua’h hakodech) et sur qui la Présence Divine repose …
Le Cohen aidait (par son mérite) les Ourim et Toumim à répondre à la question.
[selon Rachi, s’il n’est pas digne les lettres ne délivrent aucune réponse à la question posée.]
[guémara Yoma 73a-b]

[La révélation à travers les Ourim et Toumim est d’un niveau inférieur à la prophétie (névoua), mais d’un niveau supérieur à la Voix Céleste (bat kol), qui elle a perduré durant la période du 2e Temple.
En revanche, le verdict prononcé par les Ourim et Toumim est irrévocable, alors que les paroles prophétiques prononcées par un prophète peuvent être révoquées.
(rav Lumbroso)]

-> Défaut de lecture du message : l’exemple de ‘Hanna qui consulte Eli :
[ « Hanna parlait en son cœur et remuait ses lèvres » (Chmouel I 1,13) ]
‘Hanna, dans sa détresse de femme privée d’enfant, vint consulter Eli le Cohen Gadol pour qu’il interroge les Ourim véToumim afin de savoir si elle pourra enfanter.
Lorsque les 4 lettres : ה כ ר ש de son pectoral s’illuminèrent, Eli lui a donné la réponse erronée : tu es « chikora » (saoule – שכרה), car il la croyait ivre.
‘Hanna déçue par l’interprétation du Cohen Gadol Eli, lui dit : « Non, Monsieur, je ne suis qu’une femme affligée ; je n’ai bu ni vin ni liqueur » (Chmouel I 1,15).

C’est parce qu’Eli n’a pas ressenti l’amertume et la souffrance profonde de ‘Hanna, qu’il n’a pas su lire la véritable réponse des Ourim véToumim qui était en fait : « kéchéra » (apte – כשרה) ou « kéSarah » (comme Sarah – כשרה), c’est-à-dire qu’elle était apte à enfanter et elle sera exaucée comme son ancêtre Sarah l’avait été.
Si le Cohen Gadol Eli avait mieux ressenti l’affliction de ‘Hanna et s’était associée à sa peine intense, il n’aurait pas confondu l’émotion de ‘Hanna dans sa prière et l’ivresse, et il aurait su lire le véritable message délivré par les Ourim et Toumim.
[rabbi ‘Haïm Chmoulévitch – Si’hot Moussar (si’ha 51)]

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3°/ « Voici les vêtements qu’ils feront : un pectoral (‘hochen) et un Ephod, une robe (mé’il) et une tunique (kétonét) à mailles, un turban (mitsnéfét) et une ceinture (avnét).
Il feront des vêtements de sainteté pour Aharon ton frère et pour ses fils, pour qu’ils officient pour Moi » (Tétsavé 28,4)

Pour arriver au total des 8 vêtements que portait le Cohen Gadol, on doit y ajouter : la plaque frontale (tsits – 28,36) et les caleçons de lin (v.28,42).

=> Quels impacts avaient-ils sur l’ensemble du peuple juif?

Selon la guémara (Zéva’him 88b ; ainsi que Arakhin 16a), ces 8 habits servaient chacun à apporter l’expiation pour des fautes des juifs.

C’est ainsi que :
-> la tunique = elle expie pour le meurtre.
C’est en allusion dans les actions des frères de Yossef qui ont trempé sa tunique dans le sang et prétendu qu’il avait été tué.

-> les caleçons de lin = ils expient pour l’immoralité sexuelle.
Ils couvraient la « nudité de la chair » (v.28,42) du corps du Cohen.

-> le turban = il expie l’orgueil.
Il se met sur la partie la plus haute du corps du Cohen, et représente ainsi l’arrogance/l’orgueil.

-> la ceinture = elle expie pour les pensées immorales.
Elle était attachée juste sous le cœur, lieu de dépôt des pensées.

-> le Pectoral = il expie pour les décisions inexactes rendues par les tribunaux rabbiniques.
Dans la Torah, il est appelé : « un Pectoral de jugement » (‘hochen michpat – v.28,15).
[Le Tsél haEda note que la guématria de : ‘hochen michpat (חֹשֶׁן מִשְׁפָּט), est de : 787, qui est la même que les mots : « cela expie les déformations de la justice » (zé mé’haper al killoul haDin).]

-> l’Ephod = il expie pour le culte de l’idolâtrie.
Le mot « Ephod » en araméen est : « dou af » (double colère), renvoyant au fait que ce fait est unique car non seulement l’acte est puni mais également la pensée.

-> la robe = elle expie le lachon ara.
Elle avait des clochettes à sa bordure inférieure qui faisaient du bruit, à l’image du bruit du lachon ara.

-> la plaque frontale = elle expie l’effronterie.

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-> Rachi (guémara Arakhin 16) enseigne que la section concernant les vêtement est liée à celle des sacrifices apportés durant les jours d’installation des Cohanim.
[En effet, on a « Telle est la loi de l’holocauste, de l’offrande de farine … » (Vayikra 7,37), et immédiatement après Hachem dit à Moché : « Prends Aharon et ses fils avec lui et les vêtements » (Vayikra 8,2).]

=> Ceci nous apprend que comme les sacrifices, les vêtements des Cohanim font expiation.

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-> La mort des tsadikim, tout autant que les vêtements sacrés, procure l’expiation des fautes d’Israël.
[Rabbi El’azar – guémara Moed Katan 28a]

[Le Troumat haDéchen commente : le départ d’une femme tsadéket procure également le pardon de la génération.]

-> Le Rif (dans Ein Yaakov) commente :
Il ne faut pas croire que le simple port de ces vêtements sacrés par le Cohen Gadol pourrait effacer les fautes (citées ci-dessus) commises par tout fauteur ; il n’en est rien.
Cependant, ces vêtements sacrés ont le pouvoir d’empêcher une accusation du Ciel, à cause de ces fautes, dans le cas où une de ces fautes ferait pencher la « balance » du Jugement du côté de la culpabilité.
La mort d’un tsadik a ce même effet sur les fauteurs de la génération.

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4°/ A l’image d’un tsitsit sur un tricot de corps, il y avait :
– la tunique (kétonét) portée directement sur la peau ;
– et dessus la robe (Mé’il), qui était ouverte sur les côtés (cf. guémara Zéva’him 88b et le commentaire de Rachi) et qui était sans manche (cf. Rambam Hilkhot haMikdach 9,3).

=> Ainsi, pourquoi le Cohen Gadol ne portait-il pas de tsitsit aux coins de son Mé’il?

-> Le Min’hat ‘Hinoukh (99,4), cite la guémara (‘Houlin 136a) qui établit qu’on est obligé de mettre un tsitsit sur un vêtement qui nous appartient, et qu’on est exempté d’en mettre sur un qu’on a pu emprunter.
Puisque les habits du Cohen Gadol étaient saints et ne lui appartenaient pas, le Mé’il en était donc dispensé.

-> Le Dovév Mécharim répond que la Torah qualifie les habits du Cohen Gadol de : « des vêtements de sainteté » (bigdé kodéch – Tétsavé 28,2). Puisque de tels habits n’étaient portés que dans un but de lui donner de l’honneur et de la gloire, ils n’étaient pas considérés comme des vêtements habituels, et ils étaient donc exemptés de tsitsit.

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+ « Ce sera sur Aharon pour servir » (Tétsavé 28,35)

La Torah dit que les vêtements des Cohanim venaient : « Pour l’honneur et la beauté/splendeur » « lé’havod oultiférét – v.28,2 ; v.28,40 …).
Il pourrait alors exister le risque que le Cohen qui les porte en ressente un certain plaisir personnel d’être honoré par ces habits.
C’est pour éviter cette déviation que la Torah précise que ces vêtements seront : « sur Aharon pour servir » = il ne les portera que pour réaliser le Service d’Hachem, pour la Gloire du Créateur. Mais il ne devra surtout pas en ressentir la moindre intention intéressée, pour son profit personnel.
[Noam Elimélé’h]

[Toute capacité/ressource que nous avons, ne provient que de Hachem, et ce afin d’être utilisée pour faire Sa volonté.]

« Quant à toi, ordonne (tétsavé) aux enfants d’Israël, et ils prendront pour toi de l’huile d’olive pure, pressée (katit) pour l’éclairage, afin d’allumer la lampe perpétuellement » (Tétsavé 27,20)

-> Le 1er Temple a duré 410 ans, et le 2e : 420 ans.
Ainsi, la Ménora a été allumée tous les jours pendant 830 ans.

Il y a une allusion à cela dans le verset.
Le mot : « katit » (pressée – כָּתִית) est composé des lettres kaf et taf (כת = valeur de 420) et des lettres youd et kaf (ית = qui valent 410).
Ainsi, l’huile doit être « katit » (pressée), pendant les 830 ans de l’existence des 2 Temples (420+410).

La suite du verset est : « afin d’allumer la lampe perpétuellement » (léaalot nér tamid) = cela concerne le 3e Temple, où les bougies vont y être allumées pour toujours/perpétuellement.

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=> Quel est le message que Moché veut transmettre aux générations futures via ce verset?

-> « Ils prendront pour toi de l’huile d’olive pure » = l’huile d’olive ne se mélange pas avec d’autres liquides, elle a une tendance naturelle à se séparer et à monter vers le haut.
=> Ceci doit nous rappeler que les juifs sont spécifiques/différents et qu’ils ne doivent pas se mélanger et s’assimiler aux autres.
Ils doivent aspirer à s’élever spirituellement vers D. (vers haut) et non vers la superficialité, la matérialité (vers le bas).

-> « pressée (katit) pour l’éclairage (lamaor) » = le maor représente la lumière de la Torah (comme il est écrit : « car une mitsva est une bougie, et la Torah est la lumière (or) » – Michlé 6,23).
=> Si l’on veut réussir dans l’étude de la Torah, il faut s’écraser (se « presser »), s’y investir au maximum de nos possibilités, comme l’on dit nos Sages (guémara Meguila 6b) : « Si quelque’un dit : « j’ai peiné, et j’ai réussi », crois-le! » (yagati oumatzati ta’amin – יגעתי ומצאתי תאמן).

[Le ‘Hatam Sofer fait un commentaire similaire :
« Si un homme te dit : « j’ai fait des efforts et je n’ai pas obtenu de résultats [dans mon étude] », ne le crois pas. » (guémara Méguila 6b)
= Pour la subsistance matérielle, on ne doit que prier à Hachem, et faire les efforts minimum nécessaires.
Cependant, dans notre lien avec la Torah, on doit « presser l’olive », travailler aussi durement que nous le pouvons, de toutes nos forces pour acquérir la sainte Torah.
(malheureusement on a tendance à faire l’inverse!)]

-> « afin d’allumer la bougie (nér) perpétuellement » = la bougie (nér) représente l’âme du juif (« l’âme de l’homme est une bougie (nér) de D. » – Michlé 20:27)
=> Le but du juif dans ce monde est d’élever sans cesse son âme ( = maintenir « allumer la bougie (nér) [de son âme] perpétuellement », malgré le fait que le yétser ara fait souffler un vent pour l’éteindre …).

[Source : adapté de divré Torah sur ‘Hannoucca du rabbi Moshe Bogomilsky]

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-> « Afin d’allumer la lampe perpétuellement »

Rachi commente : On allumait jusqu’à ce que la flamme monte d’elle-même.

Nos Sages expliquent que cela symbolise l’obligation des parents et des rabbanim dans l’éducation des enfants en terme de Torah.
Leur objectif doit être de suffisamment les inspirer, pour que cela entraîne la flamme dans l’âme de leurs enfants/élèves, de brûler par elle-même.
Il ne suffit pas de chauffer pour se donner bonne conscience, mais il faut plutôt s’adapter à l’unicité de la personne et s’assurer qu’un feu interne éternel y brûle.

[le feu a la particularité d’allumer d’autres feux sans rien perdre de sa superbe, de même lorsque l’on a un feu de Torah en nous, qui nous permet d’en faire de même autour de nous …]

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+ « Quant à toi, ordonne (tétsavé) aux enfants d’Israël, et ils prendront pour toi de l’huile d’olive pure, pressée pour l’éclairage, afin d’allumer la lampe perpétuellement » (Tétsavé 27,20)

-> Selon le Ohr ha’Haïm haKadoch :
– « l’huile d’olive » (chémen zayit) = symbolise l’étude de la Torah ;
– « pure » (za’h) = cette étude doit être pure, lichma (désintéressée)
– « pressée pour l’éclairage » (katit lamaor) = représente notre empressement à se sacrifier par amour pour l’étude de la Torah (ex: j’ai envie de me laisser aller, mais en l’honneur de la Torah je vais étudier!).

-> Seule l’huile d’allumage devait être pressée plutôt que pilée, car elle devait être parfaitement pure, sans résidus ni sédiments d’olive.
Et même si de telles impuretés auraient pu être filtrées ensuite, le verset indique que cette huile devait être d’emblée parfaitement pure.
On l’obtenait en pressant légèrement chaque olive, juste assez pour en extraire une seule goutte d’huile. On pouvait alors broyer les olives dans la meule et employer le reste de l’huile pour les sacrifices (seule la 1ere goutte pouvant servir comme l’huile pour la Ménora).
[basé sur le Rachi]

-> « Ils prendront pour toi de l’huile d’olive pure, pressée pour l’éclairage »
= Lorsque quelqu’un dit des mots sévères de réprimande, cela doit être dans l’unique objectif d’illuminer et d’élever son prochain juif, et jamais pour lui causer la moindre humiliation ou le casser, que D. préserve. »
[Rabbi Ména’hem Mendel de Vorka]

[cela est en allusion dans le fait que l’huile d’olive devait être pressée que légèrement, uniquement pour en extraire une seule goutte, sans générer de résidus.
De même, notre réprimande doit se concentrer sur un point important (une goutte à la fois!) et être exprimée avec beaucoup de douceur (pressée que légèrement), sans nullement le blesser émotionnellement (pas de résidu).]

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-> Yirmiyahou (11,16) compare le peuple juif à un olivier : « Hachem t’avait dénommé : « olivier verdoyant, remarquable par la beauté de son fruit » »

Le midrach (rabba 36,1) explique l’image du processus pour extraire l’huile des olives : les juifs doivent être attaqués à de nombreuses reprises par les nations du monde, avant qu’ils en viennent à faire téchouva, et à ce moment Hachem leur répond.

Le Chem miChmouël (sur Tétsavé 27,20) développe cette idée :
Il est vrai que les juifs font téchouva lorsqu’ils sont menacés par les autres nations.
Cependant, l’huile se trouve cachée dans l’olive, et les pierres utilisées pour le broyage ne vont que mettre à jour ce qui a toujours été présent à l’intérieur.

De même, le peuple juif est réellement pur et méritant.
Le fait que les juifs se laissent aller à ressembler aux nations parmi lesquelles ils vivent, va entraîner que leur splendeur va être cacher.
L’oppression des autres nations va mettre à jour la réelle beauté du peuple juif, ce qu’ils ont toujours été [dissimulé au fond d’eux-même].

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=> Pourquoi est-ce que la Torah nous ordonne d’allumer la Ménorah spécifiquement avec de l’huile d’olive?

La Ménorah est une allusion à la Torah (guémara Ména’hot 89a).
Le Zohar dit que l’olivier est unique parmi les arbres fruitier, dans le fait d’avoir des olives pendant toute l’année.

De même qu’il a des olives durant toutes les saisons de l’année, de même la lumière de la Torah doit être allumée à toute saison (qu’il fasse très chaud ou bien très froid, qu’il y a un vent fort, de la neige, … [qu’on ai envie ou pas, que nous traversons une période difficile ou pas de notre vie, …]).

La guémara dit qu’il n’y a qu’une seul avoda qu’il est permis de faire pendant la nuit dans le Temple, et c’est l’allumage de la Ménorah.
De même, la nuit n’a été créée qu’afin qu’on y étudie la Torah.

=> La Torah se doit d’être d’être étudier de jour comme de nuit, et ce quel que soit le temps.

[Ben Ich ‘Haï – Ben Yéhoyada – guémara Ména’hot 89a]

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-> Nos Sages (guémara Horayot 13b) nous enseignent que le fait de manger régulièrement des olives entraîne l’oubli de notre étude de la Torah.

Rabbi Yo’hanan y affirme que de même que manger une olive fait oublier notre étude de la Torah, de même consommer de l’huile d’olive restaure notre étude de la Torah.

[c’est pourquoi le rav Yossef ‘Haïm Zonenfeld recommande de manger une olive avec de l’huile d’olive, pour empêcher ses effets négatifs]

– « Quant à toi, ordonne (tétsavé) aux enfants d’Israël » = puisque toi Moché, tu es en train d’enseigner au peuple, ils risquent d’oublier leur Torah ;
– du coup : « et ils prendront pour toi de l’huile d’olive pure » = qu’ils prennent de l’huile d’olive pure afin de combattre l’oubli.
[Yalkout Haourim – ילקוט האורים]

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-> On peut affirmer de ce verset que l’allumage des bougies de Shabbath vient de la Torah.
En effet, la guématria de : « tétsavé » (תְּצַוֶּה) est la même que : « nachim tsiva » (נשים צוה – les femmes ont été ordonnées).
[Rabbénou Yoël]

« [Il y aura] 6 de leurs noms [de fils de Yaakov] sur une pierre et les 6 noms restants sur la 2e pierre, dans l’ordre de leur naissance … Tu placeras les 2 pierres sur les épaulettes de l’Ephod en tant que pierres de rappel pour les fils d’Israël. Aharon portera leurs noms devant Hachem sur ses 2 épaules comme rappel » (Tétsavé 28,10-12)

-> Les 2 pierres serties dans 2 montures d’or devaient être placées sur chacun des 2 épaulettes de l’Ephod. Aharon devait porter les noms des 12 tribus comme rappel.
Ainsi, lorsque Aharon accomplissait le service à Yom Kippour, Hachem « regardait » ces noms et se souvenait du mérite des fils de Yaakov, et alors Il prenait en pitié leurs descendants. [Sifté Cohen]

Peu avant sa mort, Yaakov appela ses fils pour s’assurer qu’ils étaient unis dans la voie de D. et que leur foi était parfaite.
A sa question, ils répondirent : « Ecoute Israël, Hachem est notre D., Hachem est Un » (Shéma Israël ..; – Dévarim 6,4).

Ils s’adressèrent à leur père par son nom : Israël, et lui dirent :
« Ecoute Israël, de même qu’il n’y a aucune pensée répréhensible dans ton cœur, ainsi notre cœur n’a aucun doute vis-à-vis de Hachem. Nous croyons de tout cœur que Hachem est notre D. et Maître, qu’Il est Un et que Son Nom est Un. »

Yaakov répondit alors : « Béni soit le nom de la gloire de Son royaume à jamais » (barou’h chém kévod mal’houto …).
[…]

Lorsque le Cohen Gadol accomplit le service revêtu des vêtements sacerdotaux, le mérite des fils de Yaakov joue en faveur des juifs. [Yéffé Toar]

Les initiales des mots du verset : « 6 de leurs noms sur » (chicha michémotam al – שִׁשָּׁה מִשְּׁמֹתָם עַל), forment en hébreu : « Shéma » (שמע). [Baal haTourim]
Les noms [des fils de Yaakov] se trouvaient sur les pierres, pour rappeler le verset : « Shéma Israël », mots par lesquels ils avaient accepté le joug, l’Unicité de Hachem.

Sur chacune des pierres figuraient 6 noms [des tribus] de 25 lettres en tout, allusion aux 2 versets suivants :
-> « Shéma Israël Hachem Elokénou Hachem é’had » (« Ecoute Israël, Hachem est notre D., Hachem est Un » – שְׁמַע יִשְׂרָאֵל יְהוָה אֱלֹהֵינוּ יְהוָה אֶחָד) ;
-> « Barou’h Chem kévod mal’houto léolam vaéd » (וְאָהַבְתָּ אֵת יְהוָה אֱלֹהֶיךָ בְּכָל לְבָבְךָ – « Béni soit le nom de la gloire de Son royaume à jamais »).

=> En considérant ces versets, nous voyons que chacun est composé de 6 mots et de 25 lettres [comme les 6 noms des fils de Yaakov gravés sur les pierres].
Ces 2 versets constituent le fondement de notre foi en Hachem.
[le verset « barou’h chém … » ne contient que 24 lettres, mais le verset représente l’unité ajouté à la somme totale faisant un total de 25 – selon le Alshich haKadoch & le Sifté Cohen]

-> « Tu prendras deux pierres de choham, sur lesquelles tu graveras les noms des fils d’Israël » (v.28,9)

Ces « 2 pierres » (appelées : pierres de chohan = avné chohan) font allusion aux 2 Tables sur lesquelles étaient gravés les 10 Commandements.
Les lettres du mot « choham » (שֹׁהַם) forment dans un ordre différent : « Moché ».
Il s’agissait donc des pierres de Moché, c’est-à-dire des 2 Tables de la Loi (lou’hot).

« Sur ces pierres tu graveras (littéralement : « tu ouvriras » – pita’hta – פִתַּחְתָּ) les noms des enfants d’Israël = Ceci fait allusion aux mérites des juifs qui ouvrent les livres de la Torah et les étudient.
Si les livres ne sont pas ouverts et se couvrent de poussière sur leurs étagères, leur mérite est inexistant.
=> Le privilège du Cohen Gadol d’entrer dans le Michkan et d’accomplir le service Divin est donc dû au dévouement des juifs à l’étude de la Torah. [Alshich haKadoch]

[compilation issue du Méam Loez – Tétsavé 28,12]

« Tu feras une plaque frontale (tsits – צִּיץ) en or pur et tu y graveras, gravé comme un sceau : « Saint pour Hachem (קֹדֶשׁ לַיהוָה)« . » (Tétsavé 28,36)

-> Le Ohr ha’Haïm explique sur la plaque frontale il y avait gravé ces 2 mots :
– « Saint » (kodéch – קֹדֶשׁ) = allusion au peuple d’Israël qui est appelé saint par Yirmiyahou (2,3 – « kodéch Israël l’Hachem » – קֹדֶשׁ יִשְׂרָאֵל לַיהוָה) ;
– « pour Hachem » (לַיהוָה) = sous-entend que ce peuple est entièrement dévoué à D. et à Son service.
C’est une raison suffisante pour que D. accepte des offrandes qui, normalement, ne seraient pas aptes à être apportées sur l’Autel.
[ainsi, la plaque frontale permettait d’agréer les offrandes offertes en état d’impureté]

-> Les juifs sont appelés : « saints ».
En effet, bien qu’ils puissent fauter, et qu’ils puissent être effrontés, leur véritable volonté est de suivre la volonté de Hachem.
C’est pourquoi le mot : « kodéch » (saint – קֹדֶשׁ) était inscrit sur le tsits en référence au peuple d’Israël, et cela indiquait que les juifs auraient toujours l’opportunité d’être acceptés par Hachem (לַיהוָה).
[Béer Moché]

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-> Selon la guémara (Arakhin 16a), la plaques frontale (le tsits) expie les actions de ceux qui sont effrontés.

-> Tous ceux qui sont effrontés et qui n’ont pas honte, n’ont pas de part à la fois dans ce monde et dans celui à venir.

Si un juif qui avait été effronté regardait la plaque frontale du Cohen Gadol (tsits), alors son cœur se cassait et il en venait à examiner ses actions passées afin de corriger ses fautes.

D’une façon miraculeuse, le nom de Hachem (יהוָה) inscrit sur le tsits était fortement illuminé.
La crainte de D. entrait chez celui qui regardait le tsits, et il s’humiliait devant Hachem.
Cela lui permettait d’expier ses fautes.
[Zohar 2,218]

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-> Une personne qui est effronté n’a pas de crainte du Ciel.

Il est écrit : « Le principe de la sagesse, c’est la crainte de Hachem » (réchit ‘hokhma yir’at Hachem – Téhilim 111,10), et également : « sans crainte [de Dieu], point de sagesse » (Pirké Avot 3,17).
Ainsi, avoir de la crainte de Hachem et le fait d’être humble correspondent au trait de caractère le plus important qu’une personne doit posséder.

Le mot : « tsits » (צִּיץ) a la même guématria (190) que : « kéts » (la fin – קץ).
Le tsits (sur lequel il était inscrit : קֹדֶשׁ לַיהוָה), qui nous rappelle la présence de Hachem, est « la fin » de tous les traits de caractère (midot), puisque sans cette mida les autres sont sans valeur.
[Sifté Cohen]

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-> Le tsits était sur : « un cordon de laine bleu azur (té’hélet) » (v.37), en allusion au fait que : le bleu azur est similaire à l’océan, qui est lui-même similaire au Ciel, et ce dernier est similaire au Trône Divin de Gloire (guémara Sotah 17b).

Il est écrit : « Sous Ses pieds [à Hachem], il y avait quelque chose de semblable à une brique de saphir » (Michpatim 24,10)
C’est une référence à l’humilité, nous enseignant qu’une personne doit se faire petite, être pour ainsi dire sous les pieds d’Hachem, pour pouvoir être proche de Lui.
[le Noda biYéhouda]

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-> L’effronterie peut être parfois un bon trait de caractère.
En effet, c’est l’effronterie des juifs qui leur donne les forces de surmonter les pressions qui les éloignent de la Torah.

Cependant, l’effronterie qui est mal dirigée peut être hautement destructrice, comme il est écrit : « L’effronté [qui n’accomplit pas la volonté de D.] est voué au Guehinam » (Pirké Avot 5,20).

En inscrivant sur le tsits : קֹדֶשׁ לַיהוָה, nous proclamons que notre effronterie sera utilisée pour sanctifier le Nom de Hachem, et pas pour notre profit.
[‘Hatam Sofer]

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-> « Tu y graveras [sur le tsits], gravé comme un sceau (pitou’hé ‘hotam) : « Consacré à Hachem (קֹדֶשׁ לַיהוָה) ». » (Tétsavé 28,36)

Le mot : « sceau » se dit : ‘hotam (חֹתָם), et ses lettres sont l’acronyme de : ‘hayé (la vie – חיה), té’hiya (la résurrection [des morts] – תחיה), matar (la pluie – מטר).

Or, nos Sages (guémara Taanit 2a) affirment : « Il y a 3 clés que D. n’a donné à personne d’autre que Lui-même, et il s’agit : de la clé de la vie (donner naissance à un enfant), de la clé de la pluie, et de la clé de la résurrection.
=> Ces 3 choses sont : קֹדֶשׁ לַיהוָה (sacré/consacré à Hachem – kodéch l’Hachem)!

[le Gaon de Vilna]

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+ « [La plaque frontale] sera sur son front en permanence » (Tétsavé 28,38)

-> Selon Rachi :
Il est impossible de comprendre que Aharon ait littéralement eu l’obligation de le porter en permanence, puisqu’il n’avait pas le droit de porter son costume quand il n’accomplissait pas le service.

-> Les opinions (guémara Yoma 7b) sont partagées sur le sens de cette expression :

– selon un avis, la plaque frontale obtenait toujours l’expiation, même quand elle ne se trouvait pas sur le front du Cohen Gadol.
– selon un autre, elle ne pouvait apporter l’expiation que lorsque le Cohen Gadol la portait et celui-ci se devait alors d’être en permanence conscient de la porter, il devait donc la palper fréquemment de sa main.

=> Selon le rav Nathan Scherman, ces 2 opinions nous enseignent qu’on ne doit jamais considérer la sainteté comme acquise, et qu’il faut continuellement en avoir conscience.
D’autre part, lorsque nous assumons nos responsabilités, ses effets subsistent même quand nous nous adonnons à nos activités profanes.

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-> b’h, voir également : https://todahm.com/2018/08/08/6913

« Fais lui un pantalon en lin pour recouvrir la chair de sa nudité » (Tétsavé 29,42)

Le Cohen devait aussi porter une tunique. Or, celle-ci descendait jusqu’au bas de ses pieds, et recouvrait donc toute sa nudité.
=> Quelle était donc la raison d’être du pantalon que la Torah considère venir couvrir la nudité, si la tunique jouait déjà pleinement ce rôle?

Cela nous apprend que la pudeur ne vient pas uniquement pour couvrir la nudité vis-à-vis de l’extérieur.
Selon la Torah, la pudeur c’est aussi pour soi, même quand on est seul et que personne nous voit.
D’ailleurs, c’est cela l’essentiel même de la pudeur, car elle est alors intrinsèque, indépendante du regard des autres. C’est la pudeur pour elle-même.

C’est pourquoi, même si la tunique recouvrait la nudité vis à vis de l’extérieur, la Torah demande de porter ce pantalon pour se recouvrir pour soi-même.
Cela constitue la pudeur pour elle-même, et ce même si personne ne peut voir cette nudité, qui est déjà couverte.

[Rabbi Moché Sternbuch – Taam Vadaat]

« Et voici ce que tu offriras sur l’Autel : 2 moutons dans leur première année, chaque jour, continuellement.
Le 1er mouton tu offriras le matin, et le 2e mouton, tu offriras l’après-midi » (Tétsavé 29,38-39)

-> Le verset utilise le terme : « aé’had » (le premier – הָאֶחָד) en parlant du sacrifice du matin, car la guématria de ce mot est de : 18.
Cela correspond au nombre de bénédictions dans la Amida, qui a été instituée à la place des sacrifices quotidiens.
[Baal haTourim]

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-> « Chaque jour, continuellement » (layom tamid).

Le commentaire du Choul’han Arou’h par le Rema :
– débute par : « Je fixe constamment (tamid – תָמִיד) mes regards sur Hachem » (Téhilim 16,8) ;
– et se termine par : « Les jours du pauvre sont tous mauvais; mais qui a le cœur content est constamment (tamid – תָמִיד) en fête » (Michlé 15,15).

=> Cela nous enseigne qu’un juif doit toujours avoir dans son cœur ces 2 « tamid » : la crainte de D. qui se trouve constamment face à nous, et la joie permanente provenant d’une confiance totale en Hachem.

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+  » Tu feras un Autel (mizbéa’h) où faire monter l’encens en fumée » (Tétsavé 30,1)

-> Le Rav Pinkous explique que tous les objets du Michkan symbolisent le travail spirituel pour servir Hachem.
C’est ainsi que l’Arche symbolise l’étude de la Torah, la Ménorah représente l’acquisition de la Sagesse, la Table fait allusion à la retenue dans les plaisirs (car c’est sur la table que l’on mange), l’Autel des sacrifices est une allusion au fait de sacrifier son animalité, …

Tout cela représente un travail ardu et difficile, et l’on risque alors de se dire qu’on ne voit pas le bonheur et le plaisir que cela apporte. A quoi bon de s’adonner à un tel travail!

C’est pourquoi l’Autel des encens est cité tout à la fin (de la paracha Térouma et Tétsavé décrivant le contenu du Michkan et les habits du Cohen Gadol), car les encens diffusent une très bonne et agréable odeur.
=> La Torah vient nous dire qu’à la fin du travail spirituel, l’homme en viendra à ressentir un profond plaisir et un bonheur indescriptible.
Après tous les ustensiles, après tous les efforts, vient la récompense : les encens, représentant le plaisir qui est réservé à celui qui s’adonne à ce travail.

-> Le Mé Hachiloa’h explique que le mot Ketoret (encens) vient de l’araméen signifiant : « attachement ».
En effet, par les encens, on reliait et on attachait toute la création avec le Créateur. On proclamait par cela que : « Tout vient du Ciel ».

« Le peuple juif a été délivré de chacun de leurs 3 exils par un mérite spécifique de : Avraham, Its’hak et Yaakov.
Cependant, le 4e et exil actuel se terminera par le mérite de Moché rabbénou, qui est le dévouement à l’étude de la Torah.

Aussi longtemps que nous ne nous engageons pas suffisamment dans l’étude de la Torah, Moché de son côté ne veut pas invoquer son mérite [auprès de Hachem] pour libérer le peuple juif, qui continue à négliger l’étude de la Torah [sinon cela serait une accusation!].

C’est pour cela que : « Quant à toi, ordonne (tétsavé) aux enfants d’Israël » (Tétsavé 27,20) = cela fait allusion que la guéoula dépend du fait que Moché voit que son mérite peut être invoqué afin d’orchestrer la délivrance finale. »

[Ohr ha’Haïm haKadoch]

« D. réside au milieu du peuple d’Israël pour écouter ses prières et agréer son service, Il veille à sa destinée sans aucun intermédiaire.
Israël n’a donc rien à redouter des forces de la nature et c’est ce qui confère au peuple juif son éternité. »

[Sforno –
sur : « Je ferai résider Ma présence parmi les enfants d’Israël » – Tétsavé 29,45]

« Tu confectionneras des vêtements de sainteté » (Tétsavé 28,2)

-> Dans ce verset, les « vêtements de sainteté » (bigdé kodéch) font référence aux paroles de Torah qui habillent une personne, comme il est écrit : « Elle [la Torah] l’habille d’humilité, de crainte [du Ciel] » (Rabbi Méïr – Pirké Avot 6,1).
[le ‘Hida – חומת אנך]

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-> De même qu’une personne recouvre son corps d’habits physiques, son âme désire être recouverte par des habits spirituels.
Chaque bonne action qu’une personne réalise dans ce monde va « habiller » son âme.

Une personne pourrait penser qu’elle ne doit se préoccuper de fournir des habits uniquement à son corps, et que Hachem va se charger d’habiller son âme, mais cependant nos Sages nous enseignent que cette attitude n’est pas correcte : « Tout est dans les mains du Ciel, sauf la crainte du Ciel » (guémara Béra’hot 33b).

Cela signifie que :
– en réalité une personne n’a pas de maîtrise sur comment elle habillera son corps, de telles préoccupations sont décidées au Ciel.
– par contre, une personne a le contrôle sur les « vêtements » de son âme : les mitsvot et les bonnes actions.

=> Il est essentiel de travailler à ce que notre âme soit habillée convenablement.

[Ben ch ‘Haï – Od Yossef ‘Haï – Tétsavé 28,8]