Hachem est l’âme de chaque âme.
[Zohar - Béréchit 103b - koudcha béri'h ou ... i'ou nichmata lénichmata]
Catégorie : 4- L’amour et la crainte d’Hachem
Etre joyeux = plus grande chose à faire pour Hachem
Nous avons tendance à penser que le plus haut niveau de messirout néfech (abandon de tout son être pour D.) consiste à se jeter dans une fournaise ardente pour Hachem.
Cependant, en réalité, il existe un niveau encore plus élevé : essayer de nous rendre joyeux (dans le respect de la loi juive).
Parfois, il faut plus de courage pour sortir de la tristesse et nous amener à un état de joie que pour aller combattre en première ligne d’une bataille.
C’est la plus grande chose que nous puissions faire pour Hachem dans ce monde!
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Hachkamat HaBoker I ]
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-> Lorsque nous souffrons, il est très important pour nous de nous livrer à une introspection (hitbodédout) et de prier Hachem pour qu’Il nous sauve.
Cependant, le but principal de nos prières et de nos appels à l’aide devrait être qu'Hachem nous donne la sagesse (daat) de savoir qu’Il est extrêmement proche de nous, même dans l'obscurité, et que, par conséquent, nous pouvons encore être très joyeux, malgré tout ce que nous traversons.
Non seulement la sagesse et la joie nous donnent de la force au milieu de nos souffrances, mais elles nous ouvrent aussi les portes pour nous en libérer complètement, comme le dit le verset : "C’est par la joie que tu sortiras de l’exil".
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Mohoran II,17 ]
L’échelle entre nous et le Ciel
Lorsque Yaakov arriva à Har HaBayit (lieu où sera construit le Temple), il s’endormit et fit un rêve extraordinaire au sujet d’une échelle allant de la Terre au Ciel. Puis, il se réveilla et dit : "Que cet endroit est redoutable!" (Vayétsé 28,17).
C’est là la révélation des grands tsadikim qui revêt une importance capitale pour nos vies. La plupart du temps, nous rêvassons, sans avoir conscience qu'Hachem est très proche de nous et que chaque petit geste que nous faisons dans la kedoucha (sainteté) a un effet inconcevable dans tous les mondes supérieurs.
C’est pourquoi Hachem nous envoie des tsadikim pour nous enseigner que, où que nous soyons dans le monde, il existe une échelle qui relie notre lieu aux Cieux les plus élevés ; ainsi, chaque bonne pensée que nous avons, chaque mot positif que nous prononçons et chaque mitsva que nous accomplissons créent d’immenses tikounim dans toute la Création.
Grâce à cela, nous nous réveillons et réalisons : "Que cet endroit est redoutable!".
Nos cœurs se remplissent d’émerveillement, de crainte et d’amour pour Hachem, et nous sommes capables de Le servir à un tout autre niveau.
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Min'ha 7 ]
Lorsque vous voyez l'image d'Hachem en un autre être humain, Hachem révèle [davantage] Son image en vous.
[rabbi de Loubavitch ]
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[plus nous nous souvenons et focalisons sur le fait qu'il y une part d'Hachem en autrui, ce qui se traduit par davantage de respect et d'amour d'autrui, alors plus Hachem peut alors se révèler en nous. ]
Voir Hachem derrière nos situations de peur
-> Toute crainte de quelque chose dans le monde extérieur qui surgit dans le cœur d’une personne est en réalité le bras droit d'Hachem tendu pour l’éveiller à une crainte existentielle [d'Hachem].
Ainsi, lorsqu’une personne prend conscience que cette expérience de crainte est en réalité la bonté d'Hachem destinée à l’éveiller, comme il a été dit, cette crainte se transforme en amour, car on l’accepte alors avec amour, et on est ainsi libéré de cette crainte.
Car la crainte [d'Hachem] imprègne toutes les créatures et tous les mondes, et la source sous-jacente de toutes les craintes est la crainte profonde, intérieure et existentielle d'Hachem.
Ainsi, même la crainte de quelque chose d’extérieur dans le monde matériel qui surgit dans le cœur d’une personne a pour but de l’éveiller à la crainte d'Hachem. C’est là la bonté d'Hachem, Son bras droit tendu qui supplie l’homme de s’éveiller à la crainte de Lui, comme le mentionne le verset : "Que demande D. de vous, sinon de craindre D.?" (Ekev 10,12).
Et si une personne prenait conscience de la bonté et de l’amour d'Hachem à son égard, dans le fait qu’Il lui envoie cette crainte de quelque chose d’extérieur afin qu’elle s’éveille à une crainte intérieure d'Hachem, alors sa crainte se transformerait en amour, puisqu’elle accepterait la crainte avec un amour total, et elle serait libérée de la crainte.
Cependant, si la seule intention d’une personne est d’être libérée de la crainte, alors cela ne se produira pas. Et c’est là le sens de l’enseignement : "Vis-à-vis de Moché, la crainte est une chose mineure" (Béra'hot 32b), c’est-à-dire qu’à partir de la crainte d’un sage, il est facile d’atteindre la crainte d'Hachem.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 38]
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-> dans le texte, et de manière générale, ces craintes sont respectivement appelées "Yir'a 'hitsonit" (litt. "crainte extérieure" ou "crainte superficielle") et "Yir'a Pnimit" (litt. "crainte intérieure"), faisant allusion à l'enseignement transmis ici selon lequel les deux ne sont en réalité que deux niveaux d'une même chose.
En fait, l'expérience de la crainte elle-même est une et unique, et la différence réside uniquement dans la manière dont nous la percevons. Avons-nous peur de l'apparence superficielle qui ne fait que revêtir la présence divine, ou contemplons-nous la présence divine elle-même, et nous tenons-nous en admiration devant Elle?
(voir Toldot Yaakov Yossef n° 5 ; Déguel Ma'hané Efraim - Vayichla'h)
-> La crainte/peur pour sa vie, et toute peur est une réaction à une situation perçue comme un danger pour sa vie d’une manière ou d’une autre, est en réalité quelque chose de très existentiel pour toutes les créatures vivantes, comme on le constate aisément chez les formes de vie inférieures, et cette peur est liée à l’instinct de survie.
Cependant, à un niveau plus profond, cette peur existentielle peut être ramenée au fait qu’en fin de compte, toutes les créatures tirent leur vie d'Hachem à chaque instant. Par conséquent, puisqu'Hachem peut retirer cette force vitale à tout moment, il est tout à fait naturel qu’à un niveau très profond et inconscient, toutes les créatures éprouvent une peur existentielle de la survie, sachant qu'Hachem peut effectivement retirer l’esprit de vie qui est en elles ; cette peur est donc en réalité une crainte d'Hachem.
(voir Déguel Ma'hané Efraim - Kora'h)
-> Il faut s'abandonner complètement à la peur/crainte et l'accepter comme de l'amour d'Hachem, et ce n'est qu'alors qu'elle se transforme ; mais si l'on cherche à se libérer de la peur, c'est qu'on ne s'y est pas abandonné.
-> s’il n’est pas toujours facile de s’abandonner à la crainte d’une situation effrayante dans la vie réelle, il est beaucoup plus facile de s’abandonner à la crainte et à la révérence que l’on éprouve envers un grand sage et un homme saint, et il est d’autant plus facile de voir D. à travers lui.
Les mots nous unissent à Hachem
-> Les lettres de l’étude de la Torah et de la prière sont les vecteurs de l'union (dvekout) avec Hachem. Il faut concentrer ses pensées et son être le plus profond sur la spiritualité la plus profonde qui réside dans les lettres.
Tel est le sens profond du verset : "Qu’Il m’embrasse des baisers de Sa bouche" (Chir haChirim 1,2), qui fait référence à l'union des âmes (Zohar II,124b), comme le laisse entendre le verset : "Si tu te couches entre les lèvres" (Téhilim 68,14).
[ce verset est interprété ainsi dans le Tikounei Zohar, cité par rabbi Moché Cordovéro - Pardes Rimonim 8,13 ]
Ainsi, lorsqu’on prolonge la prononciation d’un mot, c’est le signe qu’on ne fait plus qu’un avec lui, puisqu’on ne veut pas quitter ce mot.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 44]
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-> Les lettres hébraïques sont en réalité des symboles des secrets spirituels les plus profonds de la Création, et servent de canaux pour transmettre ces énergies spirituelles au monde.
Toutes ces différentes énergies symbolisées par les différentes lettres proviennent en fin de compte toutes d'Hachem, et sont donc différentes expressions de l’Unique.
Si l’on est capable de pénétrer profondément dans un état méditatif où les lettres et les mots que l’on prononce sont vécus comme les différentes expressions de la sagesse et de l’amour divins qu’ils sont en réalité, on s' "unit" alors avec Hachem, comme par un baiser, puisque notre bouche humaine prononçant ces mots ne fait alors plus qu’un avec celle d'Hachem, pour ainsi dire.
-> Rabbi Na'hman de Breslev (Likouté Moharan I 65,2) dit que, bien qu’il faille passer d’un mot de prière au suivant, chaque mot invite celui qui l’exprime à rester avec lui en dvekout (union, attachement).
La solution, dit Rabbi Na'hman, consiste à faire de toute la prière un "tout", ce qui signifie que l’état de dvekout atteint avec chaque mot doit être maintenu tout au long de la prière, de sorte que même lorsqu’on a atteint le dernier mot, on est toujours avec le premier.
Cet état de conscience ne peut être atteint que lorsque l’on a effectivement atteint un certain niveau d’ "Unité", où l’esprit et l’être tout entier ne font qu’un avec Hachem, et où les lettres et les mots individuels sont vécus comme différentes manifestations de l’Unique.
Ouvrir son intériorité au divin
-> Avant de se mettre à l'étude, nos sages avaient coutume d'échanger quelques mots légers (de plaisanterie), afin de libérer leur esprit d'un état restreint de katnout (conscience immature) et de s'élever vers un état élargi de gadlout (conscience mature).
[la guémara Shabbath 30b, rapporte qu'avant de commencer à enseigner aux Sages, Rabba lançait une plaisanterie, et ils riaient. Finalement, avec crainte (בְּאֵימְתָא וּפָתַח), il s'asseyait et commençait son enseignement. ]
Car il existe des états restreints et élargis dans les dimensions du monde, du temps et de l’âme. Lorsque le monde est dans un état de conscience élargie, on peut se rapprocher d'Hachem très facilement, tandis que lorsque le monde est dans un état de conscience restreinte, il faut alors lutter énormément pour se rapprocher d'Hachem.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov 77]
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[on voit qu'il est nécessaire d'avoir des actions, des mots, qui vont contribuer à libérer notre monde spirituel interne.
A l'image de Rabba qui générait de la joie par de l'humour, puis s'asseyant dans la crainte d'Hachem mettait à profit son bon état d'ouverture à la spiritualité, lui permettant de davantage se rapprocher d'Hachem. ]
Notre force dans la prière nous unit avec Hachem
-> Lorsque tu pries, garde à l’esprit qu'Hachem réside dans ces lettres.
Cela signifie :
Nous ne savons pas ce qu’une personne pense tant qu’elle ne s’exprime pas. Il s’ensuit donc que la parole est un vêtement pour la pensée. Dis-toi donc : "Je prépare un vêtement pour un si grand Roi ; il est donc tout à fait normal que je le fasse avec joie."
Prononcez donc les mots de toutes vos forces, car cela créera l’unité avec [Hachem], béni soit-Il.
Comme votre force réside dans la lettre[s], et qu'Hachem, réside dans la lettre [s] [de nos prières], vous êtes donc unis à [Hachem], béni soit-Il.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 108]
Prononcer le nom divin avec crainte
"Vous ne profanerez pas Mon saint Nom" (Emor 22,32)
-> Rabbénou Yona (Shaaré Téchouva 3,61) écrit que si une personne prononce le Nom d'Hachem sans révérence (crainte, grand respect), elle enfreint l’interdiction de ce verset.
Il écrit :
"Sachez que la perte et la destruction que l’on trouve le plus souvent dans l’âme des masses sont dues à la parole, car ils prononcent le Nom du Ciel en vain, et ils le prononcent également sans la crainte qui lui est due."
Nous prononçons le Nom de Hachem des centaines de fois chaque jour, et si nous ne prenons pas soin de le prononcer avec révérence, nous risquons de transgresser une interdiction de la Torah et de profaner le Nom de Hachem à chaque fois que nous le prononçons.
[rav Moché Sternbuch]
Parfois, on peut réciter les prières avec amour et crainte, et une grande hit'lahavout (ferveur ; enthousiasme ardent), sans bouger du tout, de sorte qu’à un autre, on puisse sembler qu’on prononce les mots sans aucune dvékout (attachement à D.).
[Lorsqu’on est fortement attaché à Hachem], on peut Le servir avec l’âme [seule], avec un immense et grand amour [d'Hachem].
C’est là la meilleure forme d’adoration. Elle se déroule plus rapidement, avec un plus grand dvékout envers Hachem, que la prière qui est visible extérieurement dans les membres.
La klipa (force du mal) ne peut s’attacher à cette prière [idéale], car elle est entièrement intérieure.
[Baal Shem Tov - Tsava'at haRivach - 105]