« Puis 7 autres vaches sortirent du fleuve après elles, celles-là chétives et maigres et s’arrêtèrent près des premiers au bord du fleuve ; et les vaches chétives et maigres dévorèrent les 7 vaches belles et grasses. Alors Pharaon s’éveilla » (Mikets 41,3-4)

-> Le Sfat Emet commente ainsi :
A un niveau spirituel, les vaches maigres symbolisent le yétser ara.

Notre verset liste 3 activités dans lesquelles les vaches maigres étaient engagées :
1°/ « 7 vaches sortirent du fleuve après elles (les vaches belles et grasses) »
2°/ elles se tenaient près d’elles (« s’arrêtent près des premières ») ;
3°/ elles les dévorèrent (« et dévorèrent »).

= Ce sont les 3 stratégies que le yétser ara emploie pour ses projets néfastes.

A la première étape, comme les 7 vaches, « il vient par derrière » (« sortirent …après elle ») = il surprend ses victimes, cherchant leurs faiblesses alors qu’il rôde autour d’elles.
A l’étape suivante, « il reste près d’elles » = il lie amitié, leur tient compagnie et gagne leur confiance.
Finalement, à la 3e étape, « il dévore » = les engloutissant entièrement, prenant possession d’elles.

Nos Sages résument succinctement cette progression : « D’abord le yétser ara est simplement un invité, mais à la fin, il devient le maître de la maison » (guémara Soucca 52b).

[« les vaches chétives et maigres dévorèrent les 7 vaches belles et grasses » = le yétser ara nous vend du vide, la réalité de ce qu’il nous propose est très maigre, à l’opposé du fait de suivre la volonté de D., qui est Miséricordieux, nous accordant généreusement des récompenses très belles et grasses.

« Pharaon s’éveilla » = la vie passe très très vite, et à notre réveil dans le monde futur, il sera trop tard!
Le but du yétser ara est de nous dévorer éternellement, nous qui sommes potentiellement si gras en mitsvot, de nous retirer un maximum d’occasions d’obtenir de grasses et belles conséquences, et ce même pour de simples actions. ]

« Les enfants d’Israël descendirent s’approvisionner de blé » (Mikets 42,5)

-> Le terme : « lichbor » (לשבור), que l’on a traduit par : « s’approvisionner », signifie littéralement : « casser ».
En effet, les tribus accordaient beaucoup d’importance au fait de biser leurs désirs. Or, comme en Canaan où ils vivaient, il y avait la famine, cela n’était pas quelque chose de grand que de se priver des plaisirs de la nourriture dans un endroit où il n’y a pas de quoi manger.
C’est pourquoi, ils se rendirent en Egypte, où se trouvaient largement de quoi manger, pour se confronter au plaisir de manger. Et ainsi, lorsqu’ils se limiteraient dans ce plaisir malgré l’abondance, cela sera vraiment un mérite.

=> C’est à cela que fait allusion ce verset : « Les enfants d’Israël (Yaakov => les frères de Yossef) descendirent « casser » le blé », c’est-à-dire qu’ils descendirent en Egypte, où il y avait la largesse, pour « casser » et briser le désir de manger. Car c’est surtout quand il y a la largesse qu’il est méritant de s’éloigner des plaisirs de ce monde.
[‘Hidouché haRim]

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-> « [Yaakov dit : …] J’ai entendu qu’il y a du blé en Egypte, descendez là-bas … les frères de Yossef partirent à dix, pour s’approvisionner en grain en Égypte » (Mikets 42,2-3)

Le terme : « lichbor » (s’approvisionner – לשבור) signifie littéralement : casser/briser.
Ainsi, si l’on brise le mot : « Egypte » (mitsaïm – מצרים), on obtient la valeur numérique de : « kets » (קץ – la fin, le terme), soit : 190.
C’est une allusion aux 190 ans que D. a enlevé du compte des 400 ans, pour qu’il ne reste que : 210 ans.
[Rachi (v.42,2) commente : « descendez là-bas » (rédou chama) = Yaakov ne leur dit pas : « Allez! », mais « Descendez! » (rédou).
La guematria de « rédou » (רְדוּ) est 210, allusion aux 210 ans que durera l’esclavage d’Egypte.]

[‘Hatam Sofer]

« Pharaon se réveilla … et dormit … et rêva de nouveau » (Mikets 41,4)

-> Le rabbi Aharon de Karlin a dit un jour à ses élèves :
Voyez la différence entre Yaakov et Pharaon.
– Chez Yaakov, il est dit : « Il se réveilla de son sommeil et dit » (Vayétsé 28,16). C’est ce que font les gens pieux et nobles, dès qu’ils se réveillent, ils accomplissent immédiatement : « vayomer » (il dit) = ils disent les bénédictions de la Torah, les bénédictions du matin, le Shéma, la prière, et se mettent à étudier la Torah.

– Mais chez Pharaon, il est dit : « Pharaon se réveilla … et dormit … et rêva de nouveau » = dès qu’il a ouvert les yeux, il s’est tourné vers le côté et a continué à dormir.

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[toute la vie est de passer de notre potentiel à la réalité. Est-ce que nos magnifiques capacités vont rester au stade du sommeil, ou bien allons-nous faire les efforts pour qu’elles se traduisent dans la réalité (vayomer).
Au final, nous aurons tous une note : qu’est-ce que j’ai fait de ma vie / qu’est-ce que j’aurai pu en faire.
Notre intérêt est d’avoir la meilleure note, tandis que notre yétser ara a pour objectif qu’elle soit la plus basse possible. Alors à nous de sortir de l’endormissement du yétser ara, et d’agir à l’image de Yossef, et non de Pharaon!]

« Pharaon nomma Yossef Tsafnat-Panéa’h et lui donna Osnat, fille de Poti-Phéra, chef de On, pour épouse. Et Yossef sortit dans le pays d’Egypte » (Mikets 41,45)

-> Poti-Phéra et Potiphar ne font qu’un (cf.v.37,36), le premier maître de Yossef.
En laissant sa fille épouser Yossef, Potiphar le blanchit des accusations portées par son épouse.
[le Alchikh]

[A ce moment, Yossef a 30 ans, et il était séparé de sa famille depuis 13 années.]

-> Le midrach dit qu Osnat était la fille de Dina et de Che’hèm.

Lorsque les enfants de Yaakov ont voulu tuer Osnat, Yaakov lui a donné une amulette en or qu’elle devait porter autour du cou, sur laquelle il était gravés les mots suivants : « Quiconque épousera cette jeune fille doit savoir que ses enfants seront les descendants de Yaakov ». [selon d’autres, c’était sur un minuscule parchemin contenu dans le boitier de ce médaillon]
Elle s’est cachée dans les ronces et les buissons afin de sauver sa vie, car les frères [Chimon et Lévi] voulaient la tuer. D’ailleurs, elle s’appelle Osnat, en allusion au « shné » (buisson) dans lequel elle a pu se dissimuler.

L’ange Gavriel l’a pris et l’a placé proche de la femme de Potiphar. Elle y grandit et y fut élevé comme sa fille adoptive.

Après que Yossef ait interprété le rêve de Pharaon, et qu’il est devenu vice-roi d’Egypte, toutes les femmes d’Egypte sont venues devant Yossef afin de lui exposer leur beauté.
Chacune de ces femmes lui jetait quelque chose (comme des bijoux), et c’est ainsi que Osnat lui a lancé l’amulette que Yaakov lui avait donnée.
Yossef a vu l’amulette et il a reconnu qu’elle était la petite-fille de Yaakov, et il s’est marié à elle.

[Tséda laDéré’h]

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-> Le Méam Loez (Mikets 41,45) rapporte un autre commentaire :
La phrase inscrite sur le médaillon était indéchiffrable pour les égyptiens. Quand Osnat se trouvait dans la maison de Potiphar, elle se rendit auprès de tous les savants d’Egypte afin d’essayer d’en comprendre la signification. Mais personne ne savait comment la lire.
Bien qu’elle vivait sous le même toit que Yossef, elle ne s’adressa jamais à lui pour déchiffrer cette phrase étrange. Elle pensait que si les magiciens ne pouvaient le faire, à plus forte raison un simple esclave.
Maintenant que Yossef était reconnu comme l’homme le plus sage du pays, Potiphar vint le consulter et lui en expliqua le sens.
Pharaon comprit l’intention de Yossef, et le jour même, il l’autorisa à épouser Osnat.

En partie, ce bienfait était dû également au mérite de Yossef. Quand Yaakov rencontra Essav, Yossef se plaça devant Ra’hél, sa mère, afin qu’Essav ne l’aperçoive pas. Ce qu’il fit alors aucun de ses frères ne l’avait accompli pour leur mère.
En récompense, Yossef épousa Osnat, la fille de Dina, la fille que Yaakov avait tenté de cacher des yeux d’Essav (en la dissimulant dans une boîte).

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-> « Il lui donna sa fille Asnat pour épouse »
« Asnat » (אָסְנַת) a la même valeur numérique que : « zou hi bat Dina » (c’est la fille de Dina).
Cette fille était effectivement Asnat, la femme de Yossef.
[Sifté Cohen]

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+ « Pharaon nomma Yossef : Tsofnat Paanéa’h »

-> Rachi : [Pharaon a appelé ainsi Yossef, et ce nom signifie : ] Qui explique les choses cachées (tséfounot).
[au-delà du fait qu’il a révélé le rêve de Pharaon, ce changement de nom va permettre de dissimuler son identité lors de la venue ultérieure de ses frères.]

-> Le Sfat Emet enseigne :
Si tel est le sens de ce nom, Yossef n’aurait-il pas plutôt dû s’appeler : Paanéa’h (qui révèle) tsofnat (les choses cachées)?
Yossef a atteint ce niveau élevé de dévoilement des choses cachées parce qu’il était extrêmement discret et dissimulait son intégrité.
Tel est le sens de son nom : « Tsofnat » = étant donné qu’il se cachait et dissimulait ses qualités ; « Paanéa’h » = il a mérité la capacité de révéler les choses cachées.

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-> Le midrach (Béréchit rabba) rapporte :
Les Sages disent que « Tsafnat Paanéa’h » est composé des initiales de :
Tsadik => Tsofé (voit) = il voyait l’avenir ;
Pé => Podé (rachète) = par sa sagesse, il sauvait et rachetait l’Egypte ;
Noun => Navi (Prophète) = il prophétisait l’avenir ;
Tav => Tomé’h (soutien) ;
Pé => Poter (interprète) = il interprétait les rêves ;
Ayin => Aroum (rusé) = il était sage ;
Noun => Navon (intelligent) ;
‘Hét => ‘Hozé (il avait la vision).

« Les frères de Yossef descendirent à 10 pour acheter du blé en Egypte » (Mikets 42,3)

-> Selon Rachi : le texte ne dit pas : « les fils de Yaakov », mais : « les frères de Yossef », pour souligner qu’ils s’en voulaient de l’avoir vendu et qu’ils avaient pris la résolution de se comporter fraternellement avec lui et de procéder à son rachat quelque pût en être le coût.

-> Les égyptiens étaient des descendants de ‘Ham, ce qui implique qu’ils étaient très foncés de peau.
De leur côté, Yossef et ses frères avaient une peau claire, et il était facile de dire qu’ils étaient frères. D’ailleurs, c’est pour cela qu’il les accusait immédiatement d’espionnage, afin qu’on ne les associe pas facilement à lui.
[le Sifté Cohen]

[de plus, en les accusant dès le début d’être des espions, cela empêche les frères de pouvoir enquêter librement en Egypte jusqu’à découvrir que c’est leur frère]

-> Le midrach rapporte comment Yossef a procédé pour repérer au plus vite ses frères le jour où ils viendraient en Egypte.
Yossef a demandé que personne n’entre ou ne sorte d’une ville sans donner son nom et le nom de son père. Ainsi, lorsque ses frères se sont identifiés comme étant les fils de Yaakov, Yossef a immédiatement été averti qu’ils étaient en ville.
Il a alors fermé tous les entrepôts à l’exception d’un seul, et il a demandé à ses gestionnaires de les rediriger vers lui, lorsqu’ils se présenteraient pour récupérer leur ration de nourriture.
Au bout de 3 jours, ils ne s’étaient toujours pas rendu à l’entrepôt, c’est alors que Yossef a envoyé des détectives qui les ont trouvé dans un lieu peu recommandable. En effet, ils recherchaient Yossef en pensant que peut être sa belle apparence et son charme l’avaient amené à travailler dans une maison de prostitution.

Le fait de le soupçonner du pire, a sans aucun doute aveuglé leur capacité à le reconnaître lorsqu’ils se sont tenus devant lui dans le palais.

On peut constater que même après tous leurs sentiments de regret, ils n’ont jamais douté un seul instant que ses rêves de gloire et de royauté n’étaient rien d’autre que des fantaisies d’enfant, et qu’ils avaient raison dans leur estimation initiale le concernant.

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+ Pourquoi tous les 10 frères se sont-ils rendus en Egypte?

-> Rabbénou Bé’hayé enseigne que c’est afin de pouvoir prier en minyan pour la réussite de leur mission de retrouver Yossef et de le ramener à la maison.
En effet, un rassemblement de moins de 10 hommes n’engendre pas le fait de bénéficier de la présence divine.

Le Ramban explique qu’ils voulaient en particulier prier pour retrouver Yossef. [le minyan octroie une force à la prière incomparablement plus grande, qu’en son absence!]

-> Le Sforno explique que les 10 frères ont du descendre en Egypte, car pour empêcher les spéculateurs d’acheter de grosses quantités de blé et de tirer profit de la situation comme cela se produit souvent en période de famine et de pénurie, Yossef avait décrété qu’on ne pourrait acheter plus de vivres que nécessaire pour un seul foyer.

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+ Pourquoi ne l’ont-ils pas reconnu?

Contexte : quand les frères l’avaient vendu, Yossef était imberbe et âgé de 17 ans. Il avait maintenant 22 ans de plus et sa barbe masquait ses traits.

-> Le Rogatchover Gaon fait remarquer que les frères ne pouvaient pas reconnaître Yossef car ils étaient préoccupés par la pureté de leurs yeux.
En effet, la guémara (‘Haguiga 16a) statue que celui qui regarde longuement le visage d’un monarque va devenir aveugle, alors ils faisaient le maximum pour ne pas trop l’observer.
[selon la guémara ‘Haguiga 16b : « Quiconque regarde 3 choses, ses yeux s’assombrissent : l’arc-en-ciel, le prince (Nassi) et les Cohanim ».
Ainsi, Yossef, qui pouvait regarder ses frères, les a reconnus, alors que ses frères, qui ne pouvaient pas le regarder en face, puisqu’il avait le statut de prince, alors ils ne l’ont pas reconnu.]

-> Yossef n’avait pas de barbe quand il les avait quittés, il était maintenant méconnaissable, d’autant qu’il était revêtu du costume royal.
Le Ramban ajoute qu’il a probablement rabaissé son couvre-chef pour dissimuler en partie son visage.
[d’autres disent que les frères regardaient davantage le traducteur des paroles de Yossef]

-> Selon le Séfer haYachar, Yossef avait un grand palais qui nécessita 3 ans de construction, et un trône fait en or, diamants et perles.
Dans ce lieu clinquant de richesse, comment pouvaient-ils venir à imaginer que le frère qu’ils avaient vendu en tant qu’esclave devienne le n°2 de la surpuissante Egypte.

[une raison fondamentale est que Hachem ne voulait pas qu’ils le reconnaissent à ce moment. En effet, nous ne voyons dans la vie que ce que D. désire que nous voyons (ex: on peut passer toute notre vie à un endroit donné, sans prêter attention à un élément, mais le jour où D. voudra que nous le remarquons alors nous le verrons!)
On apprend de là l’importance de se fier à la Volonté de D., et non d’attendre de voir pour croire, car nous risquons alors de jamais le voir et de passer à côté de notre vie!]

-> En réalité, les frères ne l’ont pas reconnu parce qu’ils s’étaient promis de ne rien révéler à leur père et avaient même inclus D. dans leur serment (midrach Tan’houma Vayéchev 2).
Ainsi, du fait de ce serment, Hachem leur a fait oublier l’identité de Yossef afin qu’ils ne le reconnaissent pas, jusqu’à qu’ils soient prêts à s’annuler devant lui.

D’ailleurs, il est écrit dans le Méam Loez (Mikets 43,34) : « Hachem avait fait en sorte qu’ils ne le reconnaissent pas, quoi qu’il fit ».

-> D’après une opinion, on peut identifier une personne par sa voix, mais néanmoins on ne reconnaît la voix d’une personne que lorsqu’elle parle dans une langue que celui qui écoute est habitué à entendre.
[la guémara (‘Houlin 96a) dit que l’on peut se fier à l’identification d’un homme par sa voix.]
Jusqu’au moment de se dévoiler, Yossef a toujours parlé dans la langue égyptienne [passant par un interprète pour discuter], et ses frères n’ont ainsi pas pu le reconnaître.
[Ahavat Yonathan]

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« Yossef vit ses frères et ils les reconnut, mais il se comporta en étranger envers eux » (Mikets 42,7)

-> La guémara (Erouvin 65b) nous enseigne :
« Tu peux reconnaître la vraie nature d’une personne par 3 choses :
-> sa boisson [à quel point son esprit est sous contrôle lorsqu’il boit – Rachi] ;
-> sa poche [son intégrité dans le commerce – Rachi] ;
-> et sa colère [qu’il n’est pas extrêmement exigeant, et qu’il n’est pas contrarié par des choses qui énervent la plupart des gens – Rachi.]  »

-> Le Beit Its’hak (Rabbi Alter Its’hak Weinberger) explique qu’en plus de leur révéler qu’il était le vice-roi d’Egypte, Yossef voulait également en profiter pour établir publiquement un bon nom pour sa famille.

C’est pourquoi :
-> il a caché l’argent dans leur sac (v.42,25), sachant qu’ils feraient le maximum pour le retourner, prouvant ainsi clairement que ce n’est pas des gens qui prennent l’argent et qui s’enfuient ensuite.
=> c’est la preuve de leur intégrité dans leur gestion de l’argent.

-> il leur mis une coupe royale dans le sac de Binyamin (v.44,2).
Il est écrit : « ils burent et s’enivrèrent avec lui », et de même, l’intendant dira : « n’est-ce pas [la coupe] dans laquelle mon maître boit » (v.5).
=> Ainsi, cette coupe symbolise le fait qu’ils pouvaient boire, tout en gardant le contrôle de leur esprit (cf. leur réaction une fois qu’on a retrouvé la coupe, ou bien leur capacité à parler avec le vice-roi tout en s’enivrant).

-> malgré tous les événements perturbants qu’ils ont pu subir (ex: être accusé à tord de vol et d’espionnage), ils n’ont jamais perdu leur sang froid, ne se mettant pas en colère.

=> Par cela, Yossef a pu établir une bonne réputation en vue de la venue prochaine de sa famille en Egypte : leur vraie nature étant sublime sur l’ensemble des 3 aspects (boisson, poche et colère) cités par la guémara.

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-> « Il leur dit : Vous êtes des espions! » (méraglim atèm – Mikets 42,9)

=> Comment Yossef a-t-il pu faire sortir de sa bouche un mensonge, en accusant ses frères d’être des espions?

Le rabbi Eliyahou haCohen (Chévet Moussar) explique :
Le mot méraglim (espions) est formé des initiales de : « Mizéra Ra’hél Ganavtém Léor’hat Yichmaëlim Ma’hartém » (Vous avez volé de la descendance de Rah’él, vous avez vendu à une caravane d’Ichmaélites)

Dans le Méam Loez ont trouve la version suivante : « Mé’imi Ra’hél Guénavtém, LéMidianim, Yichmaélim, Mé’hartem » (de ma mère Ra’hél vous m’avez volé, aux Midianites, aux Ichmaélites, vous m’avez vendu).

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« Les frères arrivèrent et se prosternèrent devant lui, la face contre terre.
Yossef vit ses frères et ils les reconnut, mais il se comporta en étranger envers eux » (Mikets 42,6-7)

-> A ce sujet, le Kédouchat Lévi (Rabbi Lévi Its’hak de Berditchev), nous enseigne :

« Yossef savait combien ses frères seraient humiliés s’ils apprenaient que l’homme se tenant devant eux lorsqu’ils se sont prosternés « la face contre terre », était Yossef. Celui-là même qu’ils avaient ridiculisés, lorsqu’il leur avait révélé son rêve selon lequel ils en viendraient à se prosterner devant lui.

Yossef ne s’est pas dévoilé à eux immédiatement afin de leur éviter cette humiliation cuisante.
En effet, quelqu’un d’autre dans la même situation que Yossef aurait pu tirer avantage de cette opportunité pour avoir sa revanche, pour forcer son ennemi à bien ressentir sa défaite.

Cependant, Yossef s’est comporté à l’opposé de cela.
Lorsque ses frères se sont prosternés devant lui, il les a immédiatement reconnu, mais il a fait en sorte d’être un étranger à leurs yeux, afin de leur éviter la honte de l’échec. »

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-> D’ailleurs dans la paracha suivante (Vayigach), juste après avoir révélé son identité, Yossef va tout faire pour réduire leur honte : « Je suis Yossef votre frère … maintenant ne vous affligez pas et ne vous reprochez pas de m’avoir vendu ici, car c’est pour la subsistance que D. m’a envoyé avant vous » (v.45,5).

Yossef les a affectueusement appelés et les a réconfortés en expliquant que la vente faisait partie du plan de D.
Le midrach Tan’houma rapporte ses paroles : « Ce n’est pas vous mais D. qui m’a envoyé ici. Ne vous en attristez pas car Son but était de m’installer dans ce pays pour assurer votre survie. Vous n’avez été que des instruments entre Ses mains …
En réalité, nous aurions dû descendre en Egypte enchaînés [comme des exilés réduits en esclavage], mais D. a choisi de vous épargner, à vous et notre père, les affres d’une descente forcée dans de telles circonstances.
Il m’a envoyé ici pour préparer la voie et subvenir dignement à vos besoins. »

=> On voit que dans ce moment au combien chargé en émotions, la priorité de Yossef est de réduire autant que possible les sentiments d’humiliation, de honte présents chez ses frères.

« Ils burent et s’enivrèrent avec lui » (Mikets 44,34) :

Que viennent ajouter les termes : « avec lui »?

En fait, bien que Yossef et ses frères (qui ne savaient pas encore qu’il était leur frère) burent du vin, ce n’est pas ce vin qui leur apporta le plus de joie et d’euphorie, mais c’est surtout l’amitié et le bien-être de se retrouver ensemble.

En effet, à ce moment, la bienveillance de Yossef envers eux était telle qu’ils se délectèrent de ce moment de partage et de proximité.
Ainsi, certes « ils burent », mais « ils s’enivrèrent avec lui » : l’essentiel de l’ivresse et de la joie débordantes qu’ils ressentirent, leur venaient du fait qu’ils étaient « avec lui », encore plus que du vin qu’ils burent.

[le Beit Its’hak]

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-> Le Gaon de Vilna fait remarquer qu’en buvant d’eux-même, ses frères démontraient qu’ils n’avaient rien à cacher, n’ayant pas peur de ce que pourra dire leur bouche une fois saoul.

« Fais abattre de la viande et prépare-là » (Mikets 43,16)

-> Selon Rachi (guémara ‘Houlin 91a), Yossef a fait venir son fils Ménaché, l’intendant de sa maison, et lui a ordonné de faire abattre des bêtes, en montrant bien l’incision dans le cou de l’animal pour que les frères puissent constater que l’animal avait été abattu conformément à la loi juive.
Bien que la Torah n’eût pas encore été donnée, les fils de Yaakov en observaient les préceptes, conformément à la tradition de leurs ancêtres.

-> Le Targoum Yonathan précise qu’il leur a montré que le guid hanaché (nerf sciatique) avait bien été retiré.

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-> Selon le midrach (Miché 1,13), dans chaque génération la faute de la vente de Yossef produit encore ses conséquences, et l’unique façon de la supprimer totalement, réside dans notre observance du Shabbath.

Dans ce verset, Yossef dit en allusion à ses frères la façon dont ils peuvent arriver à une véritable expiation de leur faute de l’avoir vendu.
Le mot : « et prépare » (véa’hen – וְהָכֵן) = en se préparant comme il se doit pour le Shabbath, ils pourront ensuite l’observer correctement, ce qui leur permettra alors d’expier leur faute.
[le Aavat David]

-> Le mot : « et prépare » (וְהָכֵן) implique une préparation pour Shabbath.
Nous pouvons remarquer que Yossef observait le Shabbath même avant que cette mitsva ne soit donnée.
[midrach Yalkout Chimoni 149]

-> Puisque les 12 tribus étaient réunies ensemble avec Yossef, il leur a fait un repas de Shabbath.

Adam a fauté avec la nourriture, en mangeant du fruit de l’Arbre de la Connaissance. Afin de corriger cette faute, nous devons manger dans la sainteté.
Si nous mangeons uniquement pour satisfaire nos désirs, nous donnons au yétser ara davantage de forces. Cependant, lorsque nous mangeons dans la sainteté, cela affaiblit le yétse ara.

Puisque [par le passé] Yossef avait suspecté ses frères de ne pas manger comme il le fallait, il voulait les faire manger dans la sainteté afin de corriger cette faute, et c’est pour cela qu’il leur a servi un repas de Shabbath.
[Rav Tsadok haCohen – Pri Tsadik]

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-> « Fais abattre de la viande et prépare-là »
En hébreu, ces mots se disent : « outévoa’h téva’h véa’hen » (וּטְבֹחַ טֶבַח וְהָכֵן).

Le Chilté haGuiborim fait remarquer que les 5 dernières lettres permettent de former : ‘Hanoucca (חנוכה).
Les lettres restantes (וּטְבֹחַ טֶבַ) ont une guématria de 36, comme le nombre de bougies allumées durant ‘Hanoucca.

On peut apporter les 2 citations suivantes :
-> « Les bougies de ‘Hanoucca sont similaires aux bougies de Shabbath. »
[Rabbi Tsadok haCohen – Pri Tsadik – ‘Hanoucca 1]

->  » ‘Hanoucca est un moment pour éduquer et se préparer à la géoula (la délivrance ultime).
En effet, à ‘Hanoucca, la lumière cachée de Hachem est révélée, ce qui est similaire à la lumière du Machia’h. »
[Bné Yissakhar – Kislev 2,16]

=> Nous devons nous préparer à recevoir le Shabbath comme il le faut, car par cela nous aurons le mérite de vivre le jour qui est complètement Shabbath (shékoulo Shabbath), c’est-à-dire l’époque du machia’h.

De même, ‘Hanoucca est une préparation pour le futur, en ressentant la lumière du machia’h, nous comprenons que pour en bénéficier au plus vite, tout est entre nos mains : nous devons étudier et pratiquer la Torah Orale (symbole de la ‘hanoukia et de la ménora).