« Tout le pays d’Egypte commença à ressentir la famine, et le peuple mit à crier auprès de Pharaon pour du pain. Pharaon dit à tous les Egyptiens : « Allez à Yossef, ce qu’il vous dira, vous le ferez ». » (Mikets 41,55)

-> Rachi commente : Yossef leur disait de se faire circoncire, [et c’est à cette condition qu’il leur donnerait de quoi manger].

=> Quel est l’intérêt d’un tel décret? Pourquoi imposer à des non-juifs de se circoncire?

-> Rabbi Yonatan Eibeschuetz apporte 2 réponses :
– 1°/ Dans le Yaarot Dvach, il enseigne que Yossef savait par inspiration Divine que sa famille était amenée à descendre en Egypte, et qu’au fil du temps, les juifs allaient s’installer et prendre leurs marques dans ce pays.
Ainsi, Yossef craignait que la génération suivante ne cherche à s’intégrer voire même à s’assimiler aux égyptiens, et que cela l’amène à arrêter de se circoncire pour ressembler aux égyptiens.

=> C’est pourquoi, pour éviter de telles fâcheuses conséquences, Yossef a anticipé les choses et a émis le décret que les égyptiens doivent se circoncire. De la sorte, même si dans l’avenir les juifs cherchent à ressembler aux égyptiens, au moins ils ne lâcheront pas la circoncision.
En effet puisque les égyptiens seront aussi circoncis, pour leur ressembler, les juifs ne se priveront pas de se circoncire.

De cette façon, ce décret de Yossef venait pour protéger la mitsva de la cironcision (mila) pour les juifs des générations suivantes.

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– 2°/ Dans son Tiféret Yonathan, il rapporte l’enseignement des commentateurs selon lequel la circoncision (mila) réduit le désir et les pulsions de l’homme.
Or, nos Sages disent que les égyptiens étaient embourbés dans la débauche, les mœurs étaient particulièrement dépravées/immorales en Egypte.

D’autre part, nos Sages rapportent que la débauche amène à la pauvreté : « Celui qui se laisse aller à la perversion finira par en venir à demander du pain et il n’en trouvera même pas ».
[par exemple, dans le Séfer haMidot (partie sur l’argent, point n°66) de rabbi Na’hman de Breslev, il est écrit : « L’immoralité sexuelle entraîne la pauvreté ».]

Ainsi, Yossef craignait que malgré ses réserves, la pauvreté et la faim se renforcent en Egypte du fait de l’immoralité de ses habitants.
Pour tempérer leurs pulsions et tenter de réduire la débauche dans ce pays, Yossef décréta que les égyptiens doivent se circoncire.
=> De cette façon, Yossef cherchait à préserver les réserves de blé, et d’éviter que la pauvreté et la famine se renforcent aussi en Egypte.

-> D’ailleurs, le Kli Yakar ajoute que c’est parce que Yossef a préservé son alliance de la circoncision (mila) et n’a pas succombé à la tentation de se débaucher avec la femme de Potifar, qu’il mérita que ce soit justement lui qui nourrisse l’Egypte et engrange de la récolte pendant les années d’abondance pour préparer les années de famine, sans que sa récolte ne pourrisse.

=> En effet, car si la débauche entraîne la pauvreté, le fait de résister à cette faute amène la bénédiction au niveau de la récolte (subsistance/parnassa).

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-> Le Alchikh haKadoch explique que la famine qui devait sévir dans le monde provenait des influences astrales. C’est ainsi que cette famine était annoncée à travers les 7 vaches maigres du rêve de Pharaon.

Le chiffre 7 évoque la marche naturelle du monde basée sur les 7 astres dont l’influence se succède pendant les 7 jours de la semaine.
Pour dépasser cette famine émanant des astres, Yossef imposa aux égyptiens de se circoncire, car la circoncision permet d’élever l’homme au-dessus des astres et des étoiles.

En effet, le prépuce fige l’individu sous le règne naturel du monde et la circoncision le libère des influences astrales. D’ailleurs, cela est une des raisons pour laquelle un juif doit se circoncire le 8e jour de sa vie, car le chiffre 8, qui est au-dessus du 7, représente justement la dimension qui dépasse la nature et les astres.

=> En imposant que les égyptiens se circoncissent, Yossef cherchait à élever l’Egypte à une dimension surnaturelle, en vue de la libérer du décret astral concernant la famine.

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-> Le Maskil léDavid rapporte le commentaire de Rachi qui dit que quand les frères ont vendu Yossef, ils ont conclu entre eux un vœu pour interdire à quiconque de révéler cette vente, et d’ailleurs Hachem Lui-même s’est associé à eux pour s’engager à garder ce secret.
C’est d’ailleurs pourquoi Hachem n’a pas révélé à Yaakov que son fils se trouve en Egypte [malgré le fait qu’il avait l’inspiration Divine!].

Puisque Yossef connaissait ce vœu, il ne pouvait pas informer sa famille et leur donner des nouvelles.
D’un autre côté, il s’imaginait bien dans quelle peine se trouvait son père pour penser avoir perdu son fils bien-aimé. Et Yossef se sentait avoir le devoir de le rassurer pour calmer son angoisse.

=> Il trouva la solution de décréter que les égyptiens se circoncisent. Yossef comptait sur le fait que très probablement, une telle chose se diffuserait dans les alentours.
Un tel décret [aussi incroyable] selon lequel tous les égyptiens doivent se circoncire devra forcément se répandre.

Ainsi, Yossef comptait sur le fait qu’en Canaan aussi, on apprenne cela et que Yaakov en entende parler. Et certainement, s’il entend qu’en Egypte, un homme a décrété que tout le monde doive se circoncire, il saura qu’une telle loi ne peut venir que d’un juif, et il se doutera alors que certainement cela vient de Yossef.
Et cela rassurera son père Yaakov, car il en conclura que Yossef est toujours vivant

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-> Yossef désirait suivre l’exemple d’Avraham, Its’hak et Yaakov, qui avaient converti des non-juifs par la manière douce et en utilisant la logique afin de les amener au judaïsme.

=> Yossef espérait amener les égyptiens par la circoncision à reconnaître le D. vrai et à se soumettre à Sa loi universelle.
[le Yéfé Toar rapporté dans le Méam Loez – Mikets 41,53-54]

« [Yossef] répliqua : « Loin de moi d’agir ainsi! L’homme aux mains duquel la coupe s’est trouvée, sera mon esclave ; quant à vous, retournez en paix auprès de votre père ». » (Mikets 44,17)

-> Le midrach Tan’houma explique les paroles de Yossef à ses frères :
« Je crois savoir pourquoi votre jeune frère a dérobé la coupe. Il m’a vu pratiqué la divination avec cette coupe, et voulait l’utiliser pour retrouver son frère disparu. Il m’a tout raconté à ce sujet.

Je sais que son frère ne vous avait rien volé, qu’il ne vous avait fait aucun mal, mais pourtant, vous avez dit à votre père qu’une bête féroce l’avait mis en pièce.
A présent, faites de même avec Binyamin. Il a dérobé et vous a causé du tort. Dites à votre père que lui aussi a été tué par une bête féroce.
Je ne le mettrai pas à mort. Il me suffit que Binyamin reste ici comme mon esclave. Vous pouvez aller en paix chez votre père. »

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-> Le Méam Loez (v.44,17) écrit :
Yossef ne désirait que le bien de ses frères. Il les aimait, et voulait les faire souffrir afin de racheter le terrible péché commis à son encontre. Il était préférable pour eux que leur châtiment se réalise en ce monde plutôt que dans le monde à venir.
Par amour pour eux, il fit en sorte qu’ils puissent expier leur péché.
[…]

Yossef vit que ses frères étaient visiblement liés les uns aux autres. Pourtant, il voulut s’assurer qu’ils témoignaient du même attachement pour Binyamin.
Peut-être haïssaient-ils Binyamin comme ils l’avaient lui-même détesté, du fait que Binyamin était le préféré de son père.

Yossef cacha donc la coupe dans le sac de Binyamin afin de s’assurer que ses frères l’aimaient et se souciaient de son bien-être.

-> Le Séfer haYachar explique que si en découvrant la coupe dans le sac de Binyamin, les frères continuent leur route (nous devons apporter de la nourriture à nos familles qui sont affamées!), l’abandonnant derrière, alors il est clair qu’ils n’éprouvent aucun sentiment fraternel.

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-> Le Abarvanel explique que Yossef a conduit à l’arrestation [suite à la coupe retrouvée chez Binyamin] de ses frères très tôt le matin, à une heure où la ville est encore endormie, afin de leur éviter toute souffrance inutile.

-> Rabbénou Bé’hayé explique que Yossef ne les laissera pas partir très loin [avant de les accuser du vol de la coupe], car il ne veut pas que ses frères se fatiguent inutilement.

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-> Pour le bien de ses frères, Yossef a dû aller à l’encontre de son inclinaison naturelle de leur témoigner plein de chaleur et de compassion, provenant d’intenses sentiments d’amour fraternel à leur égard.

C’est pourquoi, avant même qu’il ne s’adresse à eux [lors de leur 1ere venue], un messager Divin vient le mettre en garde :
« Yossef, tes frères t’ont jeté dans un puits, et c’est à eux que tu dois d’avoir été vendu à 4 reprises. Même s’ils ont agi de bonne foi en pensant ne faire que leur devoir, tu ne dois pas leur pardonner sans mener cette confrontation à sa conclusion logique. Il importe qu’ils comprennent exactement où ils ont fauté. »
[Aggadat Béréchit 72]

-> Comme ils ont commis plusieurs fautes contre Yossef, Hachem désire les punir dans ce monde-ci afin de leur accorder leur part entière dans le monde futur.
[le paiement de nos fautes est infiniment moins cher dans ce monde que dans le monde à venir!]

-> Les frères ont cherché à faire du mal à Yossef, et il en est finalement résulté un très grand bien.
Inversement, Yossef va donner l’impression de les traiter durement, mais ce sera pour le bien de tous.
[Abarvanel]

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-> Yossef ne provoqua pas ses frères pour les tourmenter et se venger.
Il ne poursuivait qu’un seul but : s’assurer qu’ils l’aimaient. En fonction de leurs sentiments pour Binyamin, il put vérifier leurs sentiments à son égard.

Face à l’attitude de Yéhouda, il comprit que ses frères nourrissaient de bons sentiments à l’égard des fils de Ra’hél. C’est pourquoi il décida alors de révéler son identité.
[…]

De plus, Yossef ne souhaitait ni embarrasser ses frères, ni leur dévoiler brusquement son identité, car cette annonce risquait de les tuer.
[…]

Yossef commença par préparer ses frères en disant : … Comment pouvez-vous mentir ainsi? Comment avez-vous la certitude de la mort de votre frère? Je l’ai acheté comme esclave, et je veux l’appeler tout de suite.
Yossef se mit alors à appeler : « Yosef! Yosef! Yossef, fils de Yaakov, vient immédiatement! Viens parler à tes frères! »

Ses frères regardèrent autour d’eux attendant l’apparition de Yossef. Lorsque ce dernier vit qu’ils étaient suffisamment préparés, il dit : « Que cherchez-vous? Je suis Yossef! Mon père est-il encore ne vie? »
[Méam Loez – Vayigach 45,1]

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+ « [Yossef éleva sa voix avec des pleurs] Les égyptiens l’entendirent, la maison de pharaon l’entendit » (Vayigach 45,2)

-> Yossef pleura si fort [après s’être révélé à ses frères] qu’on l’entendit à travers toute la capitale égyptienne, jusqu’au palais de Pharaon.
[Méam Loez]

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+ « Il dit à ses frères : Je suis Yossef. Mon père vit-il encore?
Mais ses frères ne purent lui répondre, car il les avait frappés de stupeur. (Vayigach 45,3)

-> La vie s’échappa du corps de ses frères, tant leur frayeur était immense. Hachem les ressuscita ensuite miraculeusement.
[Méam Loez]

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+ Yossef dit à ses frères : Approchez-vous de moi, je vous prie.
Et ils s’approchèrent. Il reprit : Je suis Yossef, votre frère, que vous avez vendu pour l’Egypte. Et maintenant, ne vous affligez pas, ne soyez pas irrités contre vous-mêmes, de m’avoir vendu pour ce pays …Hachem m’a envoyé avant vous sauver la vie … Non, ce n’est pas vous qui m’avez fait venir ici, c’est D., et il m’a fait devenir le père de Pharaon » (Vayigach 45,4-13)

-> Selon le Tsor haMor, lorsque ses frères s’approchèrent, Yossef leur chuchota : « Je suis Yossef, votre frère, que vous avez vendu à l’Egypte ». Il leur dit cela calmement, pour que Binyamin n’entende pas. Il leur promit aussi de ne pas le révéler à leur père.

-> Le Méam Loez enseigne que Yossef a fait sortir tout le monde pour éviter à ses frères de subir la honte de sa révélation public.
Il se dit : « Mieux vaut qu’ils me tuent plutôt que je commette l’équivalent moral d’une effusion de sang en les humiliant publiquement. »

Selon une autre opinion, les frères de Yossef s’apprêtaient effectivement à le tuer. L’ange Gabriel apparut soudain, et les dispersa aux 4 coins du palais.

« Ces hommes [les fils de Yaakov] s’alarmèrent, en se voyant introduits dans la maison de Yossef » (Mikets 43,18)

-> « Malheur à ceux qui ne respectent pas les commandements de la Torah.
Malheur à eux lorsque Hachem les convoque pour les juger et faire le compte de leurs actions.

Nous savons que les 10 fils de Yaakov étaient très puissants, mais lorsqu’un jeune serviteur les conduisit chez Yossef, ils furent terrifiés.
Comment doit-on se sentir alors, lorsque D. nous convoque pour le jour redoutable du jugement.
Chacun doit donc réfléchir à la manière dont il répondra de ses actions devant Hachem. »

[rabbi Yossi – rapporté dans le Zohar]

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-> Le Zohar continue :
La terreur des frères reposait sur leur sentiment de culpabilité pour la vente de Yossef.
A cause de cela, la force les abandonna, car le péché brise l’individu. Sinon, ils n’auraient eu aucune crainte.

« Pharaon envoya chercher Yossef et le convoqua. On le fit sortir de la prison, on le rasa et on lui donna de nouveaux vêtements. Puis il alla au-devant de Pharaon » (Mikets 41,14)

-> Yossef sortit de sa prison le jour de Roch Hachana.

Il s’est rasé et coupé les cheveux malgré l’interdit de le faire à Roch Hachana, car si un individu ne le fait pas, il manque de respect à un roi, et il encourt donc la peine de mort.
De plus, comme la Torah n’avait pas encore été donnée, il n’était pas nécessaire de faire montre de rigueur, et Yossef pouvait donc agir ainsi.
[Méam Loez]

-> Yossef est resté en prison pendant 12 années.
Durant toute cette période, il ne s’est pas rasé la barbe ni coupé les cheveux, car il a choisi de vivre en nazir tant qu’il serait prisonnier.

Selon le Sifté Cohen, Yossef n’a pas eu besoin de se laver (d’ailleurs cela n’est pas mentionné dans notre verset!), car depuis son voyage dans la caravane des Ichmaélites, il avait gardé une bonne odeur.

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-> De même que Yossef est passé en un instant de prisonnier accusé de viol, à vice-roi de la 1ere puissance mondiale de l’époque (l’Egypte), de même tout juif a beau être considéré comme répugnant par les nations, mais en un instant le roi des Rois (Hachem) peut envoyer le machia’h, et alors la Vérité brillera au grand jour : les juifs seront élevés au titre de vices-roi du monde (juste après le roi des Rois!).

[cela implique une responsabilité de notre part. En effet, combien à notre niveau nous devons nous tenir prêt (en étant le mieux habillé possible spirituellement parlant!), car le machia’h peut véritablement venir à tout moment!]

« Que D. tout puissant vous fasse trouver compassion auprès de cet homme, afin qu’il vous rende votre autre frère et Binyamin. » (Mikets 43,14)

-> A ce moment-là [les frères s’apprêtent à retourner en Egypte avec Binyamin. Leur père Yaakov leur donne des cadeaux à apporter au vice-roi (Yossef) ainsi qu’une] lettre dans laquelle il demande et menace [le vice-roi – Yossef] en ces termes :

« De ton serviteur Yaakov, fils de Its’hak, fils d’Avraham l’Hébreu, prince de D., …
Autant que D. est vivant, quand mon fils m’a dit comment tu t’es conduit avec eux, je n’ai pas invoqué Hachem à ton propos, car alors tu aurais été perdu avec tes gens avant que mon fils Binyamin ne se présente devant toi. Mais je me suis dit que Chimon mon fils était chez toi, et que peut-être tu le traitais bien, c’est pourquoi je n’ai rien fait contre toi ».
[Séfer haChir – p.200]

=> Nous apprenons de là que Yaakov avait la possibilité de détruire l’Egypte et de sauver Chimon et Binyamin. Pourquoi ne l’a-t-il pas fait?

La raison est que le vice-roi d’Egypte (Yossef) s’était conduit généreusement avec ses frères et leur avait donné à manger quand ils avaient faim. Il ne pouvait donc pas se montrer ingrat et lui faire du mal.
Même s’il leur avait parlé durement et mis Chimon en prison, ils n’avaient pas le droit de lui faire du mal, et c’est l’allusion faite par Yaakov dans sa lettre : « Je me suis dit que Chimon mon fils était chez toi, peut-être que tu le traitais bien, c’est pourquoi je n’ai rien fait contre toi ».

Cela nous enseigne que Yaakov n’a évité de prier Hachem à son sujet qu’à cause de cela, que peut-être il traitait bien Chimon, sans parler du bien qu’il leur avait déjà fait de remplir leurs sacs et de leur fournir tout ce qu’il leur allait.

=> On apprend de là jusqu’où doit aller la gratitude : même si le vice-roi d’Egypte (Yossef) les a fait souffrir et qu’ils ne savaient pas ce qu’il voulait, ils n’ont rien fait contre lui, parce qu’ils avaient profité de lui, et ils n’avaient pas le droit de se montrer ingrats.

Pharaon dit à Yossef : « Je suis Pharaon. Sans toi, aucun homme ne lèvera la main et le pied dans tout le pays d’Egypte » (Mikets 41,44)

-> Pharaon ordonna que Yossef fut accompagné par une escorte royale :
– 3 000 hommes marchaient devant lui, jouant de toutes sortes d’instruments et chantant.
– 5 000 hommes de troupe l’encadraient.
– 20 000 personnes de la noblesse [égyptienne] le suivaient, tous habillés de leurs plus beaux vêtements …
– 20 crieurs le devançaient et annonçaient : « Voici l’homme que le roi [Pharaon] a choisi comme son conseiller. Il est maintenant à la tête du gouvernement. Quiconque lui désobéit et refuse de s’incliner devant lui sera mis à mort comme un traître ».

Là où passait Yossef, les gens se prosternaient et embrassaient ses pas. Il défila ainsi à travers la capitale de l’Egypte.
[…]

Yossef va défiler dans les rues, la foule scandant : « Longue vie au roi! Longue vie au Avré’h »

Nos Sages (dont Rachi 41,43) explique le terme « avré’h » :
– il se peut que ce soit un terme égyptien signifiant : « conseiller du roi » ; ou bien « roi » en araméen.
– c’est peut être une contraction des mots : « av » (maître) et « rékh » (tendre) = un maître en sagesse mais tendre en années. [malgré son jeune âge de 30 ans, Yossef était le maître de toutes les sagesses].
– selon une autre opinion, « avré’h » signifie « genoux » = c’est-à-dire que tous lui sont soumis. [également les crieurs invitaient ainsi la population à mettre genou à terre, à s’incliner devant le maître de l’Egypte : Yossef!]
[…]

Dès que la parade s’acheva, Pharaon conduisit Yossef au palais. Il lui montra tous ses trésors et lui offrit des biens immobiliers, ainsi que 3 000 lingots d’or (chacun de 45,3kg) et 3 000 lingots d’argent.
Il lui fit également présent de nombreuses pierres précieuses.
[…]

Yossef disposait d’une garde personnelle forte de 40 600 hommes, sans compter les armées de l’Egypte qui étaient sous son commandement.
[Méam Loez – Mikets 41,44]

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-> Selon le Séfer haYachar, la construction du palais du vice-roi d’Egypte [Yossef] prendra 3 ans.
Son trône était conçu et réalisé par les artisans les plus habiles, est entièrement d’or massif, serti de perles et de diamants. Une superbe carte de la vallée du Nil y est gravée.

« Pharaon retira l’anneau de sa main et le déposa dans la main de Yossef. Il l’habilla de vêtements précieux et posa sur son cou une chaîne en or. » (Mikets 41,42)

-> En lui donnant son anneau royal, Pharaon lui marquait sa volonté de le nommer vice-roi d’Egypte. De plus, il l’habilla de vêtements symbolisant la caste des nobles.

Pharaon choisit pour lui des habits de lin afin de le protéger du mauvais œil, de la sorcellerie et des forces du mal.
Si un individu revêt un habit de lin pur, sans aucun autre tissu mélangé, il est protégé de tels pouvoirs.

Or, d’après la guémara (Kidouchin 49b), 10 mesures de sorcellerie ont été données au monde, et 9 d’entre elles furent prises par l’Egypte.
=> C’est pourquoi Pharaon revêtit Yossef de lin pur afin de le protéger contre la magie noire. Les sorciers et les magiciens d’Egypte étaient extrêmement jaloux de Yossef et ils mirent en oeuvre leurs pouvoirs magiques afin de lui porter atteinte.

Grâce à ses vêtements de lin, il put s’opposer à eux et échapper au mauvais sort qu’ils lui jetaient.

[Méam Loez – Mikets 41,41-42]

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-> En pleine famine, Yaakov envoya ses fils prendre des provisions de blé en Egypte (cf. Mikets 42,1).
Rachi commente : « Pourquoi donnez-vous l’impression aux descendants de Yichmaël et de Essav que vous êtes rassasiés?
A ce moment-là, il leur restait encore du blé. A mon avis, le sens simple est le suivant : Pourquoi faudrait-il que tout le monde vous regarde avec étonnement du fait que vous ne recherchez pas de nourriture aussi longtemps que vos réserves ne sont pas épuisées? »

-> »Yaakov dit à ses fils, ne vous montrez pas lorsque vous êtes rassasiés, ni à Essav, ni à Ichmaël, afin qu’ils ne vous jalousent pas. »
[guémara Taanit 10b]

-> Le midrach Béréchit rabba (cité par Rachi v.42,5) enseigne : « [En descendant en Egypte, les 9 frères] se cachaient pour qu’on ne les reconnaisse pas, parce que leur père leur avait ordonné de ne pas tous se faire voir à la même porte, mais de rentrer chacun par une porte différente, afin que le mauvais œil n’ait pas de prise sur eux, car ils étaient tous beaux et forts ».

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-> Si Yossef s’était abstenu de rapporter ses rêves devant ses frères, ils se seraient réalisés plus tôt. Leur jalousie le frappa du mauvais œil, et ils ne s’accomplirent que 22 années plus tard.

[Zohar – rapport dans le Méam Loez – Vayéchev 40,21-22]

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-> Cela vaut la peine de faire un détour et même 100 détours pour ne pas rencontrer quelqu’un qui a le mauvais œil.
[Zohar – A’haré Mot]

-> Celui qui regarde son ami avec jalousie met sur lui le mauvais œil, à plus forte raison s’il parle de lui en disant : « Comme Untel est riche! » …
Par la bouche, il est l’envoyé du Satan, et il est dit de lui « tu as envoyé tes paroles pour le mal ».
[Séfer ‘Harédim – chap.66]

-> Si un homme a une nature mauvaise et si c’est un mauvais voisin, il regardera autrui d’un mauvais œil, verra ses biens et en sera jaloux, et cela est très nuisible. C’est pourquoi mieux vaut faire attention à être discret dans tout ce que l’on fait.
[Séfer haBrit]

-> Par exemple : « Les 1eres Tables de la Loi (lou’hot), qui furent données avec publicité, ont été brisées. Les 2 Tables, qui furent données dans la discrétion, ont perduré » (midrach Tan’houma Ki Tissa).

-> b’h, sur le thème de la jalousie et du mauvais œil : https://todahm.com/2018/12/09/jalousie-et-mauvais-oeil

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-> Dans la paracha Vayéhi, Yaakov a bénit ses enfants de se multiplier et de se fructifier comme les poissons des océans sans que le mauvais œil ait prise sur eux [car ils sont à l’abri des regards de l’homme].
Yossef a mérité cette bénédiction [d’échapper au mauvais œil] parce qu’il a détourné son regard de l’épouse de Potiphar.
(guémara Béra’hot 20a, cité par Rachi).

Pour échapper au mauvais œil, il faut principalement utiliser à bon escient son œil (ne pas regarder des choses interdites, ne pas voir négativement autrui/la vie, …) et ne pas trop mettre en avant ce qui doit rester caché (ex : tu as vu ma voiture comment elle est belle!!, et mon fils, quel génie!!, … ).

Par exemple, nos Sages (Baba Batra 2b), nous demande de : « ne pas nous tenir devant le champ de notre voisin lorsque le champ est fleuri. »
En effet, notre simple regard devant la réussite d’autrui à un pouvoir …

La règle est : « La bénédiction réside dans ce qui est caché de l’œil » (guémara Taanit 8b).

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-> Pour éviter le mauvais œil, il ne faut pas contempler les personnes du sexe opposé.
La guémara (Béra’hot – chap.3) enseigne que le mauvais œil n’eut aucun pouvoir sur les descendants de Yossef, car il ne leva pas même les yeux sur la femme de Potiphar, alors qu’elle le poursuivit de ses assiduités durant une année.
[Méam Loez – Vayé’hi 49,22-26]