« Ne fais pas cuire un jeune animal dans le lait de sa mère » (Michpatim 23,19)

-> Il faut veiller à ne pas manger du lait et de la viande ensemble : qu’ils soient cuits ensemble ou que l’on mange du lait après la viande, que ce soit au cours du même repas ou au repas suivant sans attendre le temps obligatoire.

Si une personne enfreint ce commandement, pendant 40 jours un dénonciateur (mékatreg) se trouve à ses côtés et lui cause de nombreux malheurs, faisant adhérer à elle de nombreuses forces du mal (klipot).
Pendant ces 40 jours, elle est poursuivie par un esprit de l’Autre Côté (sitra a’hra).

Tout enfant né pendant cette période est en danger de mort. En effet, « D. a fait l’homme à Son image » (Béréchit 9,6), et cette personne souille son corps et sa bouche d’aliments interdits, causant l’éloignement de l’image Divine.

‘Hanania, Mikhaël et Azaria purent échapper à de nombreux malheurs grâce à leur abstention de tout aliment interdit.
En effet, Névou’hadnézar servait à magner des aliments interdits, et il tenait que l’on serve à chaque repas du lait avec de la viande.

Daniel, particulièrement vigilant sur ce point, mérita d’être sauvé de la fosse aux lions.
[cf. Daniel 1,8 : « Daniel prit la résolution de ne pas se souiller par les plats du roi et le vin qui lui servait de boisson; il insista donc auprès du chef des eunuques pour n’avoir pas à se souiller. « ]

=> Comme il scella sa bouche pour ne pas consommer de nourriture non cashère, Hachem scella la bouche des lions pour les empêcher de lui faire du mal (Daniel 6,23).
En effet, les animaux sauvages ne peuvent attaquer l’homme à moins que l’image Divine ne l’ait quitté et qu’il ressemble à un animal.

[d’après le Méam Loez – Michpatim 23,19]

« Celui qui acquiert un esclave hébreu s’acquiert un maître à lui-même »
[guémara Kidouchin 20a]

-> Pour illustrer un peu ce respect à témoigner à un esclave juif, on peut citer :
« Il est interdit d’humilier un esclave juif ou même de l’appeler « esclave ».
C’est pour cette raison que la Torah dit : « Si tu achètes un esclave hébreu … » = bien que cet homme ait été acheté comme esclave, c’est un hébreu qui doit être traité en tant que tel.
Il est interdit de l’humilier.

Le maître n’a pas le droit de consommer les meilleurs plats et boissons et de servir à son esclave les plus grossiers.
Un esclave juif doit manger la même nourriture que son maître : la même qualité de pain, le même vin, …

La même règle s’applique à sa literie, ses habits, ses habits et ses vêtements de nuit.
La chambre de l’esclave doit être aussi confortable que celle de son maître. »

[Méam Loez – Michpatim 21,2]

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-> « Quiconque acquiert un esclave juif s’acquiert en fait un maître » (guémara Kidouchin 20a)

Le ‘Hatam Sofer (‘Hidouchim Yébamot 71b) explique que cette halakha démontre bien plus que la qualité de bienfaisance ; elle renforce dans l’esprit du maître que tous les hommes sont égaux aux « yeux » de Hachem. Il ne doit pas considérer son esclave comme sa propriété, mais comme un pensionnaire.

« Ne laisse pas vivre une sorcière » (Michpatim 22,17)

-> En réalité, la sorcellerie ne peut faire aucun mal à moins que la Providence n’ait décidé que la personne devait le subir de toute façon.
Si une personne est méritante, la sorcellerie ne peut avoir d’effet sur elle.
Cependant, la Torah condamne la sorcellerie, elle amène le mal sur un homme avant le temps décrété et transgresse ainsi la volonté Divine.
[…]

Selon le Rambam, quiconque croit en ces pratiques, les juge efficaces et porteuses de sagesse mais s’en abstient parce que la Torah les interdit, manque d’intelligence. Un homme réellement sage comprend et sait qu’elles ne valent strictement rien.
La Torah les interdit seulement pour que les gens ne perdent pas le temps qu’ils pourraient consacrer à la poursuite de bénéfices spirituels …

Selon le Ménorat haMaor, si un homme perd son temps à ces sottises, il perd la foi en Hachem. Ces forces ont alors prise sur lui et peuvent le nuire, non parce qu’elles sont réellement efficaces, mais à cause de sa faute.
Un homme perdant la foi en D. éprouve des craintes, et ce sont elles qui peuvent lui causer du tort.
Voilà pourquoi ces pratiques n’ont absolument aucun effet sur un homme réellement juste.
[…]

La guémara (Sanhédrin 67b) rapporte qu’un sorcier essaya un jour de prendre de la terre sous les pieds de rabbi ‘Hanina afin de lui jeter un sort.

Rabbi ‘Hanina dit : « Si tu y arrives, fais ce que tu voudras.
Mais la Torah dit : « Il n’y a nul autre que Lui » (Dévarim 4,39). Il n’est pas d’homme qui puisse faire du mal à un autre même si les 2 sont voisins. Si Hachem aime un individu, personne ne parviendra à lui causer de tort. Si tu réussis à me nuire, c’est par l’effet d’un décret divin et non par ton pouvoir. »

Rabbi ‘Hanina était un tsadik parfait et pouvait donc avoir foi en Hachem et ne craindre aucun mal.
[…]

Chimon ben Chéta’h pendit 80 sorcières à Ashkélon.
Il fit alors 3 choses contraires contraires à la loi juive :
1°/ il les tua par pendaison, tandis que la peine prescrite pour la sorcellerie est la lapidation ;
2°/ lorsque la pendaison est requise, la loi juive permet qu’elle soit appliquée aux hommes mais pas aux femmes : pendre une femme n’est pas convenable.
3°/ Le Sanhédrin ne doit pas mettre à mort plus d’une personne par jour. Ici, 80 femmes ont été pendues en une seule fois.

=> Ceci nous montre que les sorciers doivent être éliminés aussitôt que possible. [Imré Noam ; Panéa’h Raza]

La peine prescrite pour la sorcellerie est plus sévère que celle requise pour les autre péchés.
Pour les délits autres que la sorcellerie, si le Sanhédrin ne condamne pas à mort le coupable, il a négligé le commandement positif : « Tu élimeras le mal du milieu de toi » (Dévarim 13,6), mais il n’aura pas transgressé de commandement négatif.
Par contre, si le tribunal n’exécute pas un sorcier ou une sorcière, il aura transgressé le commandement négatif : « Ne laisse pas vivre une sorcière » (Michpatim 22,17).

[Méam Loez – Michpatim 22,17]

« Qui frappe un homme et le tue sera mis à mort.
S’il n’avait pas l’intention de tuer [sa victime] mais que D. l’a occasionné, Je désignerai pour toi un endroit où [le meurtrier] pourra trouver refuge » (Michpatim 21,12-13)

=> Si l’homicide n’avait nulle intention de tuer la victime, pourquoi Hachem provoque-t-Il des événements conduisant à la mort d’un innocent?

-> Admettons que 2 hommes aient commis un crime.
Le 1er est coupable d’un meurtre (homicide volontaire) sans témoins.
Le 2e a été tué involontairement, sans témoin non plus.
Puisque le tribunal ne peut imposer de peine en l’absence de témoins oculaires, le 1er meurtrier n’est pas exécuté et le second n’est pas exilé.

On pourrait penser que tous 2 échapperont à la punition.
La Torah nous apprend donc que Hachem organisera les circonstances nécessaires à leur châtiment.
[Par exemple,] Il peut les faire se rencontrer dans un hôtel : le meurtrier (intentionnel) est assis sous une échelle que gravit le criminel involontaire. Hachem fait que ce dernier tombe accidentellement de l’échelle et s’abatte sur le meurtrier, le tuant ainsi en présence de témoins.

De cette façon, tous 2 reçoivent le châtiment qu’ils méritent : le meurtrier (volontaire) est tué tandis que le criminel involontaire reçoit sa peine d’exil appropriée.
La justice Divine s’est donc accomplie.
=> La Torah dit donc littéralement : « Hachem a amené [la victime] dans la main [du meurtrier involontaire] » = puisque la victime mérite la mort, Hachem la suscite de cette manière.

Le roi Salomon dit : « Certains sont emportés [du monde] sans jugement » (Michlé 13,23)
Dans certains cas, un homme peut être exécuté pour un crime sans condamnation formelle au tribunal.
Nous voyons un homme apparemment innocent tué par accident ; c’est que Hachem le punit pour un meurtre passé.
Cet acte ayant été perpétré sans témoins, le coupable n’a que momentanément échappé à la punition. Hachem finit [toujours] par châtier le crime au moment qu’Il choisit.

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=> On pourrait s’interroger : l’homicide involontaire mérite dès lors 2 peines d’exil : l’une pour sa 1ere victime et l’autre pour l’accident plus récent. Pourquoi le laisser s’en tirer avec une seule?

En réalité, le meurtrier ne mérite pas de peine pour le 2e accident .
Sa victime méritait d’être tuée de toute façon pour le meurtre qu’il a perpétré.
Etant donné qu’il n’y avait pas de témoins et que personne n’était peut-être même au courant, l’assassin ne pouvait être exécuté par la justice humaine.
Etant donné que nous ne savons rien de cela, nous condamnons le meurtrier involontaire à l’exil.
Toutefois, Hachem sait qu’il n’est pas puni pour ce crime mais pour le précédent.
[…]

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La loi exige que le meurtrier involontaire demeure dans une ville de refuge jusqu’à la mort du Cohen Gadol. Il lui est interdit de la quitter avant.
[« le meurtrier [involontaire] … [sera conduit] à la ville de refuge … et il y demeurera jusqu’à la mort du Cohen Gadol » (Massé 35,25)]

=> Cette loi peut sembler très difficile à comprendre car les peines pour un même crime peuvent donc varier considérablement.
En effet, un coupable d’homicide involontaire peut être exilé pour plus de 50 ans jusqu’à la mort du Cohen Gadol tandis qu’un autre peut ne rester dans la ville de refuge que quelques jours avant que survienne la mort du Cohen Gadol. Et pourtant, tous les 2 ont commis le même crime!

La peine réservée au meurtrier (homicide volontaire) étant identique pour tous, il devrait y avoir une sentence d’exil invariable pour les homicides involontaires.

Il existe une différence importance entre un crime accidentel et un meurtre.
Tous les homicides volontaires sont semblables et leurs peines égales.
Le meurtre a été commis intentionnellement mais le tribunal n’a pas les moyens de déterminer l’étendue de la responsabilité du coupable.

Par contre, dans le cas d’un homicide involontaire, les circonstances ne sont pas toujours les mêmes. Parfois, un accident frôle l’acte intentionnel alors que parfois il était absolument inévitable …

Hachem sait peser les actes et examiner les pensées et les motifs de chacun. De ce fait, Il juge chaque individu comme il le mérite.
S’il n’y avait pas de négligence dans son acte, Hachem le provoque peu avant la mort du Cohen Gadol, infligeant ainsi au coupable une peine courte.
S’il s’agissait d’une négligence, Hachem peut faire que l’homicide se produise juste après la mort du Cohen Gadol, de ce fait le coupable devra attendre très longtemps la mort du Cohen Gadol prochain.
Dans ce cas, la peine est donc plus sévère.

Si un individu commet un crime involontaire sans témoins, le tribunal ne peut le condamner. Hachem fait alors en sorte qu’il tombe sur une meurtrier et le tue en présence de témoins, et ce longtemps avant la mort du Cohen Gadol.
La durée de son exil sera alors si longue que cela est compté comme une double peine.

[compilation issue du Méam Loez – Michpatim 21,6 & 13]

« Il [Hachem] paiera les frais de guérison » (vérapo yérapé – Michpatim 21,19)

Selon la guémara (Baba Kama 85a) : « Ceci nous enseigne que le médecin est autorisé à guérir ».

=> Si tel est le cas, comment comprendre l’affirmation de nos Sages : « Le meilleur des médecins est digne du guéhinam » (tov chébérofim léGuéhinam)?

-> Rachi (sur la guémara) donne 2 explications : parfois le médecin refuse de traiter des patients parce qu’ils sont trop pauvres, et également il peut entraîner accidentellement la mort du patient.

-> Le Maharcha suggère que le médecin qui se considère comme : « le meilleur des médecins » sera réticent à demander l’avis, les conseils d’autres confrères, et il sera donc plus enclin à réaliser des erreurs fatales.

-> Le rav Akiva Eiger écrit que pour traiter avec succès un patient, un médecin est souvent obligé d’être « cruel », en coupant le membre touché ou bien en devant mentir au patient à propos de son état, car la vérité peut entraîner sa mort (l’impact du moral sur le développement de la maladie).

La guémara peut se comprendre ainsi : « tov chébérofim » : « le bon (tov) parmi médecins » est : « léGuéhinam » = la bonne attitude (tov) des médecins est de savoir faire ce qui amènerait en Enfer (Guéhiman) une personne ordinaire.
=> Un bon médecin est celui qui sait agir d’une façon mauvaise (mentir, enlever un membre, infliger une douleur,…), afin de guérir son patient.

[un médecin doit savoir être ferme et ne pas écouter le patient qui souhaite un allègement de son traitement, puisque celui-ci est nécessaire à son rétablissement.
De plus, le ‘Hozé de Lublin affirme qu’un médecin ne doit jamais désespérer à soigner un patient. En effet, même si d’expérience il se dit que la situation est fichue, il doit continuer à faire son maximum, car c’est uniquement Hachem qui aura le dernier mot.
De nombreuses personnes ont pu vivre longtemps après qu’un médecin ait pu les condamner.

=> « tov chébérofim » : il faut savoir ne pas être trop cartésien (ne pas être trop bon/tov [donc sûr] de sa médecine), et avoir la émouna en Hachem afin de toujours tout tenter pour que le patient vive.]

-> Le Pardess Yossef répond qu’un médecin qui pense que l’issue ne dépend que de ses mains et non d’Hachem, ne va pas prier pour avoir une aide Divine.
C’est ainsi, qu’il va laisser de côté la bénédiction : « réfaénou » (guéris-nous!) présente dans la Amida.
Au lieu de 18 bénédictions (chmoné esré), il n’y en a plus que 17, qui est la guématria du mot : « tov » (טוב – tov ché).

=> « tov chébérofim léGuéhinam » = les médecins qui disent uniquement « tov » (17) bénédictions, se dirigent vers le guéhinam.

-> Selon le Rav David Greenfeld (dans son Binéoth Déché), si on demande aux médecins quelle prière ils adressent à D., quelle sera leur réponse?

Seul un médecin très franc avouera : « Que D. amène beaucoup de malades à mon cabinet! ». [c’est mon gagne pain!]
Or, un bon docteur, un professeur de renom, attend des patients sérieux atteints de maladies graves (à l’inverse d’un simple médecin). En effet, c’est grâce à eux, qu’il prouvera ses capacités et accroîtra sa renommée.

=> Dans son subconscient, il désire qu’il y ait beaucoup de malades de ce genre.
C’est pourquoi, il est dit : « le meilleur des médecins est voué au guéhinam ».

[d’une certaine façon, que désire [inconsciemment] celui qui se voit comme « le meilleur des médecins »?
= le guéhinam = il aspire à avoir les pires malades (guéhinam), qui vont lui permettre de prouver sa valeur!]

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-> « Celui qui parle du lachon ara sur autrui et qui le frappe de mots difficiles est pire que celui qui frappe physiquement son prochain.
Car lorsque quelqu’un est touché physiquement, il y existe un remède à ses blessures : « Il [Hachem] pourvoira à la guérison » (Michpatim 21,19).

Mais lorsque quelqu’un frappe autrui par de la violence verbale et du lachon ara, il n’a réellement pas de remède pour cet abus. »
[rav Yonathan Eibschutz]

[d’une certaine façon, plus une personne minimise les dégâts causés par une mauvaise utilisation de la langue, plus elle se considère comme un bon médecin : « ça va c’est rien, c’est pas quelques mots qui vont la blesser! ».
Plus elle est destinée au Guéhinam, car le lachon ara entraîne des conséquences des plus catastrophiques!]

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-> b’h, également sur ce verset : https://todahm.com/2018/02/20/6099

« Si tu vois l’âne de celui que tu hais ployant sous sa charge, t’abstiendrais-tu de l’aider? Tu dois assurément l’aider [à décharger] avec lui. » (Michpatim 23,5)

-> Parmi les 53 mitsvot de la paracha michpatim, il y a les 2 suivantes (cf. Rambam – Hilkhot Rotséa’h 13,12) :
– aider le propriétaire d’un animal à recharger le contenu qui est tombé du dos de la bête ;
– assister le propriétaire à décharger sa bête ployant sous une charge trop lourde, n’arrivant pas à se tenir debout.

S’il se présente les 2 situations, nous devons donner priorité à décharger l’animal en souffrance, et seulement ensuite charger l’autre animal.
De plus, nous pouvons demander à être payé pour le chargement, mais pas pour le déchargement (cf.Choul’han Arou’h – ‘Hochen Michpat 272,6)

-> La guémara (Baba Métsia 32b) aborde la problématique suivante : nous avons l’animal d’un ami qui ploie sous son fardeau, tandis qu’au même moment l’animal d’un ennemi a besoin d’être chargé. Qui a priorité?

La guémara répond que nous devons plutôt aider l’animal de notre ennemi : « afin de soumettre son yétser ara ».

Le Ritva explique que maîtriser son inclinaison à détester son prochain juif est tellement important que cela prend priorité même sur l’obligation de la Torah d’éviter de causer de la peine inutile à une créature vivante.

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-> La guémara (Pessa’him 113b) s’étonne : est-il permis de détester son prochain juif?

Elle explique qu’il s’agit de celui qui a été l’unique témoin d’un autre juif qui a réalisé une sérieuse faute et qui ne peut pas témoigner contre lui (il faut au moins 2 témoins), il lui est permis de le détester pour ce qu’il a fait.

Les Tossafot demandent : Si la haine est permise, pourquoi est-il nécessaire de soumettre son yétser ara pour ne pas détester?

Les Tossafot répondent que certes un juif peut parfaitement justifier sa haine d’un fauteur, mais néanmoins il est écrit : « Comme dans l’eau le visage répond au visage, ainsi chez les hommes les cœurs se répondent » (Michlé 27,19).

Selon ce principe : notre haine justifiée va entraîner le développement d’une haine similaire chez l’auteur de la faute (« les cœurs se répondent »).
Cela va causer une escalade de la haine, ce qui n’est pas permis selon la loi juive, et c’est pourquoi le chargement de l’animal de son ennemi est prioritaire sur le déchargement de l’animal d’un ami qui souffre sous le poids de sa charge.

-> « Si quelqu’un désire développer son amour pour une autre personne, il doit s’efforcer de faire des actes de bonté à cette personne. »
[Dérekh Erets Zouta – 2]

Le rav Avraham Pam dit que cela permet d’effacer tout mauvais sentiment que l’on peut avoir envers son prochain.
[ce principe que l’amour se développe en fonction des bontés que nous faisons pour autrui, s’illustre pleinement dans la relation parents-enfants, les parents ayant toujours beaucoup plus d’amour pour leurs enfants, que l’inverse!]

Le rav Pam enseigne que si l’on ressent qu’il commence à avoir des fissures dans notre shalom bayit, et que nous souhaitons éviter qu’elles ne se développent davantage, plutôt que de ne rien faire en attendant que notre conjoint fasse des excuses, nous devons plutôt lui acheter un cadeau ou bien lui faire une faveur.
En effet, ce geste de bonté, mineur en apparence, va permettre de retirer les sentiments de colère, la rancœur qui commence à s’installer.

Plutôt que de dire : « qu’est-ce qu’on peut y faire si on ne s’aime pas, c’est comme ça! », plutôt que de permettre une escalade de la haine, utilisons cette astuce de nos Sages : les actes d’amour font disparaître la haine! (« les cœurs se répondent »).

[Source : adapté d’un divré Torah du rav Avraham Pam (donné en 1983 sur Michpatim)]

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-> Sur ce verset, il est écrit dans le Méam Loez (Michpatim 23,5) :

Le midrach Tan’houma raconte que 2 ennemis jurés marchaient sur une route.
Au cours du voyage, le fardeau porté par l’un de leurs ânes tomba.
Afin d’accomplir le commandement de la Torah, « l’ennemi » courut aider le propriétaire du fardeau tombé à le recharger.
Ce dernier se mit à réfléchir : « Je me trompais à propos de cet homme. J’ai toujours pensé qu’il était mon ennemi, or voici qu’il est venu m’aider à recharger mes paquets ».
C’est ainsi que peu à peu, les 2 hommes entamèrent une conversation.
Lorsqu’ils arrivèrent à l’auberge, ils mangèrent, burent ensemble et devinrent de bons amis.

Cette amitié fut le résultat de l’accomplissement du commandement de la Torah. Il est écrit : « Ses voies sont des voies agréables et touts ses chemins sont paix » (Michlé 3,17).
Les commandements servent à apporter la paix entre les hommes.

La guémara dit que les commandements de décharger et de charger n’incombent à une personne que si le fardeau se trouve à moins de 266 2/3 coudées d’elle. Si l’animal ou la personne à charger (ou à décharger) est plus éloignée, on est dispensé de ces commandements. [‘Hochen Michpat 272,5 (d’après guémara Baba Métsia 33a, Tossafot sous Vézéhou)]

Rabbi David Oppenheimer donne la raison suivante à cette distance particulière :
Selon la loi, une personne qui trouve un objet dans les 4 coudées autour d’elle et autorisée à en prendre possession. [guémara Baba Métsia 10a]
Il en est de même d’une bonne action. Nous voyons que dans le Temple, les Cohanim parcouraient au pas de course la pente de l’autel et le 1er à arriver à 4 coudées du sommet acquérait le privilège d’accomplir le service. [guémara Yoma 22a]
La raison en est que Jérusalem n’a pas été partagé par tirage au sort lors de la répartition de la terre sainte aux tribus, cette ville demeura la propriété commune de tout le peuple. [guémara Baba Kama 82b]
Par conséquent, pour qu’un commandement soit dans le domaine privé d’un homme, il doit se trouver dans ses 4 coudées.

Il est également important de savoir que la taille humaine est de 3 coudées.
[une coudée se mesure du coude jusqu’au bout des doigts,] et une personne mesurée avec son propre bras fait 3 coudées de haut, ni plus ni moins.

Hachem dit : « Je vous amènerai redressés » (Vayikra 26,13).
Nos Sages interprètent ce verset en affirmant que dans le futur (léatid lavo), un être humain mesurera 200 coudées de haut.
Par conséquent, dans le futur, une coudée représentera 66 2/3 de nos coudées actuelles. Lorsque nous multiplions ce chiffre par 3, cela fait 200.

Dans le futur, 4 coudées représenteront donc 266 2/3 coudées d’aujourd’hui.
Par conséquent, nos Sages décrétèrent que telle est la distance à parcourir pour aider à charger ou à décharger un animal.
Cela peut sembler une grande distance mais selon les mesures du futur, cela représentera la taille d’un homme, il lui incombera donc dès aujourd’hui ce commandement.
Cependant, si l’animal est plus éloigné que cela, on est dispensé des commandements de le charger et de le décharger comme on le sera dans le futur.

« Et voici les ordonnances (michpatim) que tu placeras devant eux » (Michpatim 21,1)

-> Selon Rachi, l’utilisation du terme : « véélé » (ét voici) indique qu’il y a un lien entre ce chapitre qui traite essentiellement des lois civiles (entre l’homme et son prochain), et le précédant qui rapporte les 10 Commandements et les lois concernant l’Autel (majoritairement la relation entre l’homme et D.).
De même que ce qui précède a été proclamé au Sinaï, de même « celles-ci » ont-elles été proclamées au Sinaï.

Rachi continue : Pourquoi les lois civiles font-elles immédiatement suite à celles relatives à l’autel?
Pour te dire que tu devras installer le Sanhédrin près du sanctuaire.

-> Le Sanctuaire et le Sanhédrin partagent un résultat similaire.
Le Sanctuaire/Temple amène la paix et l’harmonie entre le peuple d’Israël et Hachem par les sacrifices qu’ils y amènent et l’expiation qui en résulte. [relation ben adam lamakom]

Le Sanhédrin apporte la paix entre un homme et son prochain, en jugeant équitablement leurs différents. [relation ben adam la’havéro]
[le Har Tsvi]

-> Dans la paracha suivante, il est écrit : « Ils Me feront un Sanctuaire, et je résiderai parmi d’eux » (Térouma 25,8)

Rabbi ‘Haïm de Volozhin (Néfech ha’Haïm 1,4) explique que par « résider en eux », Hachem veut dire aux juifs qu’Il résidera à l’intérieur de chacun d’eux : « car par vos actes, vous pouvez vous transformer et devenir la copie exacte de ce Sanctuaire et de ses composants ».

A ce sujet, le rav Leiby Burnham dit : de même que le Temple avait son tribunal des affaires entres les hommes (Sanhédrin) juste à côté de l’Autel (sacrifices pour Hachem), de même nous devons construire en nous par nos actions, ces 2 composants d’égale importance.

-> Le rav Israël Salanter a durant toute sa vie témoigné de l’importance de ce message : les mitsvot envers Hachem et celles envers notre prochain sont aussi importantes, car provenant toutes du même D.

[la différence est que nous n’avons pas de concurrence d’égo avec Hachem (puisque comprenant qu’Il est hors catégorie), tandis qu’avec autrui ce n’est pas le cas (même perdre 1 centime peut devenir toute une affaire, par principe, par égo!)

Nous devons être autant vigilants dans ces 2 types de mitsvot, voir bien davantage avec notre prochain, car Hachem est facile à pardonner (téchouva sincère), mais ce n’est pas le cas avec autrui, où le pardon peut être impossible (ex: on ne retrouve plus cette personne, ou bien autrui ne veut pas pardonner).]

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-> La réalisation de toute la Torah dépend des lois monétaires, et selon le midrach rabba, la Torah n’a été donnée qu’à la condition que le peuple juif mette en place un système judiciaire.
Pourquoi cela?

Il arrive parfois de voir de jeunes enfants qui excellent dans leur étude de la Torah et dans la prière. Cependant, en grandissant ni ils étudient, ni ils prient.
Cela est possible car ils ont été nourris par de l’argent qui avait été volé à d’autres.
En mettant ces aliments volés dans leur bouche, cela a développé en eux l’envie de courir après leurs désirs et d’avoir de mauvais traits de caractères.
[le Agra déPirka – au nom de Rabbi Mendel de Riminov]

=> Rabbi Moché Teitelbaum (Béra’h Moché) conclut : C’est pourquoi les lois monétaires sont si essentielles à la Torah, car si quelqu’un se nourrit à partir d’argent volé, il finira par perdre son lien avec la sainte Torah.

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-> Rabbi Ména’hem Mendel de Kotzk enseigne :
« Pourquoi est-ce la Torah aborde les mitsvot entre l’homme et son prochain, immédiatement après avoir rapportée le don de la Torah au mont Sinaï?

Nos Sages disent : « le déré’h érets précède la Torah » (Tana déBé Eliyahou 1,1).
De la même manière qu’une préface permet d’en apprendre plus sur le contenu d’un livre, de même nous pouvons savoir combien de Torah une personne a en elle, en observant sa façon de se comporter avec ses prochains. »

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+ « Et voici les ordonnances que tu placeras devant eux » (véélé amichpatim achèr tachim lifné’ém – Michpatim 21,1)

-> Il y a 5 mots dans ce verset, en allusion au fait que lorsqu’un juge rend un vrai jugement, c’est comme s’il avait accompli l’ensemble des 5 livres de la Torah.
[Rokéa’h]

-> La paracha s’appelle Michpatim (les ordonnances) car comme le Zohar le dit, le mot « michpat » implique de la miséricorde.

Le peuple d’Israël sont les enfants de Maître du monde.
Tous les jugements et les souffrances sont là pour guérir l’âme.
A l’image d’un médecin qui va couper la chair, causant beaucoup de douleur et de souffrance dans un but de guérir une personne et de lui permettre de rester en vie.
De même, un père peut en arriver à frapper son enfant, uniquement par amour, afin de le guider dans le bon chemin.
[Rabbi Tsadok haCohen – Pri Tsadik]

-> « Puisque Hachem ne désire que le bien, et qu’Il aime Sa Création comme un père aime ses enfants, il est est souvent nécessaire de discipliner les enfants pour leur bien ultime.
Les punitions de Hachem ne proviennent pas d’une vengeance haineuse, mais plutôt de la discipline d’un Père aimant. »
[Ramh’al – Déré’h Hachem – part.2 – 8,1]

[Rien ne peut nous arriver si Hachem n’en a pas donné Son accord. C’est pourquoi, lorsque nous sommes confrontés à un jugement, à une souffrance, nous devons accepter qu’à l’origine il y a Hachem, un Père plein de compassion (michpatim).]

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-> « Tu placeras devant eux », Rachi commente : Et non devant les idolâtres, et même si tu sais pertinemment, à propos d’un procès, qu’ils le jugeront comme le feraient les juges d’Israël, ne le présente pas devant leurs tribunaux! Car celui qui saisit les païens des procès d’Israël profane le Nom de D. et rend hommage à celui des idoles

-> Lorsque les juifs jugent, Hachem se tient parmi eux et les guident afin de rendre le meilleur jugement.
Même si les juges ne sont pas des experts (moum’him), mais uniquement 3 individus ordinaires (ayant suffisamment étudié pour être nommés juges), ils sont quant même cashers pour juger les cas car ils méritent que la Présence Divine soient avec eux (guémara Sanhédrin 2b).
Il est ainsi certain que Hachem va orienter les juges pour qu’ils fixe un jugement correct et juste.

En revanche, lorsque les autres nations du monde sont assises en jugement, même s’il y a les plus grands experts, Hachem n’est pas avec eux et ils peuvent ne pas parvenir au bon jugement.

=> C’est une raison pour laquelle un juif ne doit pas amener un autre juif dans un court de justice non-juive.
[Rabbi Moché Teitelbaum – Béra’h Moché]

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-> « Même si tu penses que le juge a rendu un mauvais jugement contre toi, ne le maudis pas, car une personne est aveugle à ses propres défauts. » (Sforno – Michpatim 22,27)

[de même que nous sommes aveugle face à l’immensité de D., de même nous sommes aveugles face à nos propres défauts. Dans nos relations avec Hachem et avec notre prochain, nous devons accepter de ne pas tout comprendre.]

-> « Toutes les 613 mitsvot sont incluses dans les 10 Commandements » (Rachi – Michpatim 24,12)
[les lou’hot sont un tout composé de 2 parties indissociables : envers Hachem et envers autrui. ]

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-> « Le monde se maintient grâce à 3 choses : la loi, la vérité et la paix » (Pirké Avot 1,18).
– La loi dépend du juge = il doit trancher équitablement et détecter le mensonge.
– La vérité repose sur les témoins = tenus de ne pas porter de faux témoignages.
– La paix dépend des parties en litige = qu’un individu soit condamné ou disculpé, il doit accepter le verdict de bon gré.
Ainsi cesse la discorde et les 2 parties peuvent quitter le tribunal (beit din) comme si elles n’avaient jamais eu de différend.

Sans lois sociales, la civilisations cesserait d’exister. Le plus fort dominerait le faible et chacun utiliserait la force pour s’emparer des biens d’autrui.

Si ces 3 piliers du monde n’existaient plus (la loi, la vérité et la paix), le monde cesserait d’exister.
Par conséquent :
– lorsqu’il maintient la loi, la vérité et la paix, le juge est l’associé de Hachem dans la perpétuation de l’univers.
– lorsque les plaignants acceptent de bon gré la décision du juge, qu’elle soit en leur faveur ou non, eux aussi sont considérés comme les associés de Hachem dans la Création.
[…]

Les juges constituent un corps législatif appelé le Sanhédrin. Le mot Sanhédrin peut être compris comme une abréviation des mots : « soné daron », qui signifie : « qui déteste les cadeaux ».
Lorsqu’un homme possède ce trait de caractère, la seule chose qu’il juge importante est la vérité.
[…]

Jérusalem ne sera reconstruite que grâce à la justice, comme il est écrit : « Sion sera racheté par la justice » (Yéchayahou 1,27).
Hachem désire la justice davantage que les sacrifices.
[…]

Le verset dit : « La force du Roi réside en ce qu’Il aime la justice » (Téhilim 99,4).
Hachem aime ceux qui rendent la justice.
La Torah ne fut donnée uniquement pour que la justice soit établie. Sinon, chacun agirait à sa guise sans craindre personne.
Peu à peu, le peuple commettrait de nombreuses fautes et la Torah serait oubliée.

[compilation personnelle du Méam Loez (Yitro 18,14 & 21-22 & Michpatim 21,1]