"Celui qui présenta le premier jour son offrande" (Nasso 7,12)

-> Le Steïpler (le rav Yaakov Kanievsky) dit qu'on est obligé de dire que la Torah vient du Ciel et a été donnée à l’époque de Moché et non qu’au cours des dernières générations quelqu’un s’est levé et a inventé la Torah. Il y a une preuve évidente dans la Torah
du fait qu’elle n’a pas été créée par des hommes.

En effet, la paracha Nasso raconte l’offrande des 12 chefs de tribus : Celui qui a offert le 1er jour, le 2e jour, le 3e jour, et ainsi de suite.
Si c’était un homme qui avait écrit cela, se serait-il donné la peine de réécrire la même chose exactement 12 fois?
Il se serait contenté de décrire le déroulement de l’offrande, qui avait offert quel sacrifice et comment, et c’est tout.
Ce n’est pas autre chose qu’un témoignage fiable que la Torah a été donnée du Ciel, par la main de Moché.

"Lève la tête (compte) des enfants de Guerchon eux aussi" (Nasso 4,22)

-> L'expression "Lève la tête" employé pour désigner le fait de compter connote la notion d'encouragement.
Les enfants de Kehat ont bénéficié en premier lieu de cette expression. Mais pourquoi pour Guerchon, la Torah ajoute les termes : "eux aussi"?

En fait, le travail de Kehat, qui était de porter l'arche sainte et les ustensiles du Michkan était plus noble que le travail de Guerchon de porter les rideaux, couvertures, toiles ... du Michkan.
On aurait pu penser que Kehat est donc plus grand que Guerchon.
La Torah veut nous apprendre ici que l'essentiel est de faire ce qu'Hachem nous demande. Il n'y a aucune différence entre celui qui a un grand rôle et celui dont le travail est plus simple. Tant qu'ils font leur mission comme il se doit, pour l'Honneur d'Hachem et le respect de Ses Ordres, ils sont alors égaux.
Ce qu'Hachem attend de l'homme c'est qu'il fasse ce qu'il doit faire, lui. Quand c'est le cas, il obtient sa perfection, au même titre que celui qui remplit une mission plus haute.
C'est pourquoi, la Torah dit : "Lève la tête des enfants de Guerchon eux aussi" = pour dire qu'ils sont égaux à Kéhat. Ne pensons surtout pas que la grandeur d'une personne dépend du niveau
du travail. Tout dépend du fait de faire son ''job'' comme il se doit, pour réaliser la Volonté Divine et pour Sa Gloire.
[rabbi Moché Feinstein - Darach Moché]

[c'est notre vision humaine qui nous pousse à envier ce que font d'autres personnes en pensant à tord qu'ils réalisent des choses plus appréciées par D.
C'est dommage de se gâcher la vie, car en vérité aux yeux d'Hachem, nous sommes tous autant aimés (les grands rabbanim et les "simples" juifs), pour peu que nous fassions du mieux que nous pouvons.]

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-> "Lève la tête" (nasso ét roch - 4,22)

Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°369) enseigne :
"Une fois que nous avons reçu la Torah à Shavouot, c’est le moment où chacun doit étudier plus encore.
C’est pourquoi cette parachah est [la plus] longue : pour nous enseigner que si l’on se consacre à la Torah, il ne faut pas choisir le chemin le plus court, mais justement le chemin le plus long.
Et quand nous parlons d’un chemin long, cela signifie prolonger le temps d’étude et ne pas chercher à le raccourcir
en regardant continuellement sa montre ... pour savoir quand il va enfin se terminer.

Nous apprenons cette leçon de la parachat Nasso, qui est la parachah la plus longue de toute la Torah. Elle s’appelle Nasso : c’est un mot qui évoque l’élévation (hitnassout).
En effet, le but de la Torah est d’enseigner à l’homme comment s’élever ...
Nasso désigne l’élévation.
Non pas pour se sentir supérieur aux autres et se dire qu’on est meilleur qu’eux, mais s’élever soi-même, être quelqu’un de moral, savoir se conduire dans la vie, et travailler sur soi-même pour grandir dans le service
de Hachem.
Malheur à l’homme qui lève la tête sans être rempli de qualités pour le service de D.!

Dans la parachat Nasso, la Torah parle à quiconque veut s’élever dans l’étude de la Torah, arriver à des niveaux supérieurs et être enflammé par l’étude. Il doit aspirer à s’élever encore et encore, car la progression dans le service de Hachem n’a aucune limite.
C’est pourquoi la Torah vient nous dire d'élever la tête (nasso ét roch) : l’essentiel de l’aspiration doit commencer par la tête."

"Que Hachem lève Son visage vers toi" (Nasso 6,26)

-> Les anges du service ont demandé à Hachem : Pourquoi manifestes-Tu de la partialité [littéralement: lèves-Tu Ton visage] envers les bnei Israël, alors qu’il est écrit dans Ta Torah de ne pas être partial?
Hachem leur a répondu : "Comment est-ce que Je ne serais pas partial envers eux, alors que J’ai écrit dans Ma Torah "tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras", et eux font déjà attention à partir d’un kazayit" (guémara Béra'hot 20 & Midrach).

=> La question se pose de savoir en quoi le fait de faire attention à partir d’un kazayit est une partialité envers Hachem.
En général, quand quelqu’un reçoit un cadeau d’une personne importante, même si c’est un petit cadeau de peu de valeur, il lui attribue tout de même une grande valeur à cause de l’importance de celui qui l’a donné.
Les juifs sont partiaux envers Hachem en cela que même si ce qu’Il leur a donné est peu, c’est à leurs yeux un cadeau important au point de dire une bénédiction dessus, parce que celui qui donne leur est cher.
C’est pourquoi Hachem Lui aussi est partial envers eux et accepte leur service minime en lui accordant une grande importance, car il a été exécuté par des hommes en dépit de leur peu de possibilité et de leur compréhension limitée. C’est une mesure pour mesure.
[Kol Sim’ha]

[d'une certaine façon en acceptant et en étant heureux de ce que Hachem nous donne (même si c'est peu par rapport à ce que l'on voudrait), alors on donne la possibilité à D. d'accepter nos petites actions en y accordant une importance énorme.]

"Les chefs d'Israël, chefs de leur maison paternelle, apportèrent des offrandes" (Nasso 7,2)

-> Lors de l’inauguration du Michkan, les princes (nassi) d’Israël, chefs de tribus, voulurent procurer une satisfaction au Maître du monde en offrant des sacrifices dans Son sanctuaire en l’honneur de ce grand jour, où Sa Présence allait venir y reposer.
Les princes voulurent offrir leurs sacrifices de la façon la plus parfaite possible, pour procurer le maximum de plaisir à leur Père céleste. Et comment procédèrent-ils?

Le midrach (Bamidbar Rabba 14, 12) nous dit :
"Rabbi Chimon dit : Que veut dire le Talmud par ces termes “de la part des princes d’Israël”?
Cela nous apprend qu’ils se sont portés volontaires par eux-mêmes, et que leur sacrifice était équivalent, tant au niveau de la longueur, de la largeur que du poids, et qu’aucun d’entre eux n’a offert un sacrifice de plus que son ami, car s’il avait offert un sacrifice de plus que son prochain, aucune de ces offrandes n’aurait permis de repousser la pratique du Shabbath.
Hachem leur dit : Vous vous êtes mutuellement témoignés du respect, et Je vous traite avec égard en vous permettant d’offrir un sacrifice le jour de Mon Shabbath, de sorte à éviter une interruption de vos sacrifices."

Le Hafets ‘Haïm enseigne que les princes d’Israël connaissaient le secret : ils savaient que le meilleur moyen de réjouir notre Père Céleste consistait à offrir exactement le même sacrifice, à l’identique, sans accorder aucune préférence pour l’un ou l’autre.

La joie ressentie par Hachem grâce à leurs sacrifices, serait parfaite ; aucune trace de tristesse n’y serait dissimulée en raison d’une jalousie de l’un envers l’autre. Son plaisir serait extraordinaire en observant tous Ses fils s’aimer et se respecter de la sorte.
Et en effet, les princes eurent droit à un mérite exceptionnel grâce à cette attitude, et bien que selon la stricte loi, le sacrifice des princes ne reportât pas le respect du Shabbath (une offrande volontaire individuelle n’est pas censée repousser le Shabbath), malgré tout, Hachem leur a en quelque sorte transmis le message suivant : Puisque vous avez manifesté du respect l’un pour l’autre, Je vais Moi aussi vous en manifester, et pour éviter une interruption entre vos sacrifices, Je vous permets également d’offrir vos sacrifices le jour du Shabbath.

Plutôt que de tenter d’acquérir de l’honneur par le biais de la haine et de la concurrence, les princes en ont acquis à bien plus grande échelle, par le biais de l’amour fraternel et du respect du prochain.
Lorsque chacun tente de profiter de tout ce que ce monde propose, sur le compte d’autrui, il est capable de réussir ... mais honte à une telle réussite ; elle est tellement limitée et maigre.
En effet, comment l’homme peut-il accéder à l’honneur, à la richesse, ou à la réussite par ses efforts?

Nous vivons parfois avec le sentiment que la réussite vécue par l’une de nos connaissances se fait sur notre compte, et en conséquence, ne la voyons pas d’un bon œil ... or, bien entendu, c’est une erreur. Pour Hachem, cela ne fait aucune différence si vivent sur terre un seul homme ou des milliards d’entre eux. Il n’a aucune difficulté à nourrir toutes Ses Créatures en comblant tous leurs besoins, tout comme Il nourrit et sustente de la plus grande à la plus petite d’entre elles.

Mais ce n’est pas tout, c’est même tout le contraire : non seulement notre désir de voir réussir notre prochain ne porte pas ombrage à notre propre réussite, mais nous bénéficierons d’une abondance illimitée du Ciel, tout en procurant de la satisfaction au Maître du monde en ce que nous désirons le bien de Ses enfants bien-aimés.

[compilation personnelle d'un divré Torah issu de la Voie à suivre n°1025]

La femme Sota (soupçonnée d'infidélité conjugale) a jeté son regard sur un homme qui ne lui est pas approprié.
Elle n'obtient pas ce qu'elle désirait, et de plus ce qu'elle possédait lui est retiré, car quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n'obtiendra pas ce qu'il désire et se verra privé de ce qu'il possède ...

De même, Caïn, Kora'h, Bil'am, ... et Haman n'ont pas obtenu ce qu'ils convoitaient, et de plus ont perdu ce qu'ils possédaient.

[guémara Sota 9a-b]

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=> "Quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n'obtiendra pas ce qu'il désire et se verra privé de ce qu'il possède" :

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne que cela obéit au principe de mesure pour mesure (mida kénéguéd mida).
En effet, en jetant son regard et en convoitant ce qui n'est pas à lui, au lieu de concentrer son regard directement sur ce qui est à lui, cette personne a inversé et déformé sa vision.

En réciprocité, les lettres de l’œil (ayin - עין), organe de la vision, vont être inversées pour donner le mot : ani (pauvre - עני), ce qui fait allusion au fait qu'il s'appauvrira de tout ce qu'il possédait.

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou - tome.2,p.63) commente cette guémara ainsi :
Ceux qui ont vécu dans ce monde-ci en étant attachés à Hachem et à la spiritualité, éprouveront une plénitude de l'âme même dans ce monde-ci, selon le verset : "Ce qui M'aiment hériteront l'être (yéch) dans ce monde-ci et Je remplirai leur trésor" (Michlé 8,21).

En effet, leur être (yéch) dans ce monde-ci est entièrement à l'intérieur d'eux-mêmes et ils n'aspirent en rien à tout ce qui se trouve en dehors de leur être. Ils ne dépendent donc pas des sollicitations extérieures à leur être, et sont donc heureux de leur sort.

Par contre, ceux qui ont vécu dans ce monde-ci uniquement pour la satisfaction de leurs désirs matériels, qui sont extérieurs à eux-mêmes, détruisent leur véritable personnalité (leur yéch).
En courant derrière ces plaisirs matériels, hors de leur être, ils ne seront jamais satisfaits de leur sort.

C'est pourquoi Hillel dit : "Si je ne suis pas pour moi-même, qui sera pour moi?" (Pirké Avot 1,14), c'est-à-dire : "Si je ne possède pas ma véritable personnalité, je n'ai rien à espérer".

Nous pouvons ainsi comprendre la guémara (ci-dessus) : "Celui qui convoite ce qui n'est pas en lui (qui est en dehors de son être) n'obtiendra pas ce qu'il recherche, car il ne pourra jamais combler ses désirs et restera en manque ; de plus, il perdra ce qui est à lui, c'est-à-dire qu'il perdra sa véritable personnalité et son contenu intérieur."

La birkat Cohanim

+ La birkat Cohanim (Nasso 6,22-27) :

-> Le midrach rapporte que : "Le peuple juif dit à Hachem : "Tu as ordonné à Tes Cohanim de nous bénir. Mais nous n'avons pas besoin de leur bénédiction car Tu peux nous bénir Toi-même ..."
Hachem répondit au peuple juif : "Bien que J'aie ordonné aux Cohanim de vous bénir, les bénédictions ne proviennent pas d'eux mais de Moi. Je me tiendrai au-dessus d'eux pour vous bénir"."

-> Lorsque les Cohanim élèvent les mains pour bénir le peuple juif, Hachem est présent au-dessus d'eux, comme il est écrit : "Voici, Il se tient derrière notre mur, Il regarde par les fenêtres, Il entrevoit par le treillis" (Chir haChirim 2,9).

Lorsque les Cohanim récitent debout la bénédiction, la Présence Divine est là, regardant par les "fenêtres", c'est-à-dire par les espaces séparant leurs doigts écartés. A travers ce "treillis", Hachem observe Israël pour le bénir.

La Torah dit donc : "Ils lieront ainsi Mon nom aux juifs et Je les bénirai" (Nasso 6,27).
Hachem déclare : "Ne pensez pas que ce soient les Cohanim qui octroient la bénédiction. Il leur faut seulement prononcer Mon Nom dans la birkat Cohanim, et J'accorderai Ma bénédiction".

C'est également un précieux cadeau fait aux Cohanim d'être les intermédiaires de l'influence bienfaitrice Divine. Cela constitue le 25e privilège que D. leur a accordé. Les 24 autres sont les diverses dîmes et offrandes.
La nature de cet avantage est sous-entendue dans l'expression : "Voici comment vous bénirez les juifs". Quiconque bénit le peuple juif est à son tour béni par Hachem, comme il est écrit : "Je bénirai ceux qui te bénissent" (Béréchit 12,3).
Le 25e bénéfice des Cohanim leur revient donc grâce à la birkat Cohanim.

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-> Nos Sages enseignent qu'il est interdit de regarder les Cohanim lorsqu'ils récitent la bénédiction des Cohanim, car comme la Présence Divine les accompagne, cela peut être nuisible pour la vue.
C'est la raison pour laquelle les hommes se couvrent le visage de leur talith lorsqu'ils reçoivent la bénédiction des Cohanim.
[A ce sujet,] Nos Sages enseignent qu'Its'hak devint aveugle notamment parce qu'il avait regardé la Présence Divine lorsqu'il avait été attaché sur l'autel de la Akéda.
[Méam Loez - Dévarim 1,5]

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-> Lorsque les Lévi'im ont proclamé les bénédictions et les malédictions, une partie des Bné Israël se tenait sur le mont Guérizim et l'autre sur le mont Eval, avec l'arche de D. au centre.
Les Lévi'im ont dirigé leur visage vers les Bné Israël, présentant le dos à l'arche, afin de témoigner du respect au peuple (cf. Dévarim 25,9).
De même, lorsque les Cohanim récitent la bénédiction des Cohanim, ils sont tournés vers les Bné Israël [bien qu'ils donnent le dos à l'arche] afin de faire preuve de respect envers leurs prochains.
[Méam Loez - Dévarim 1,16]

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-> "Ils imposeront ainsi Mon Nom sur les enfants d’Israël, et Moi, Je les bénirai" (Nasso 6,27)

-> Quand un homme est célèbre et honoré des autres, son épouse, surnommée "femme d’untel", en retire aussi de l’honneur.
S’il en est ainsi, l'Avodat Israël (rabbi Israël Hofstein), les enfants d’Israël sont plus honorables que les anges célestes, du fait que le Créateur les appelle par Son Nom. Nous sommes comme Sa fiancée, comme il est dit : "Alors, Je te fiancerai à Moi pour l’éternité".
Tel est le sens de notre verset : "Ils imposeront ainsi Mon Nom sur les enfants d’Israël" = ils seront désignés par le Nom de D., car ils constituent Son peuple bien-aimé. Par conséquent, "Je les bénirai" de toutes les bénédictions, tandis que toute l’armée céleste s’accordera sur le fait que l’honneur du peuple juif est aussi celui d'Hachem.

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-> "Voici comment vous bénirez les bnei Israël, dites-leur: que Hachem te bénisse ... Mettez Mon Nom sur les bnei Israël et Je les bénirai" (6,27)

Nos Sages disent (Tan’houma Pin’has) : "De même que leurs visages ne se ressemblent pas, leurs opinions ne se ressemblent pas". Par conséquent, comment est-il possible de bénir tout Israël avec une seule bénédiction globale et une seule formulation qui comprenne tout? En effet, celui-ci veut des enfants et celui-là de l’argent, celui-ci poursuit les honneurs, ...

C’est pourquoi la Torah n’a pas ordonné que les Cohanim bénissent Israël par des bénédictions détaillées et spécifiques, car de cette façon il est impossible de bénir tout Israël en une seule bénédiction. Elle a donc dit que les Cohanim ne bénissent pas Israël par différentes bénédictions, mais disent à tout le monde que Hachem les bénira.
En effet, Hachem qui sonde les cœurs et connaît les pensées donnera la bénédiction qui convient à chacun.
Il est écrit : "Voici comment vous bénirez les bnei Israël, dites-leur", qu’ils disent à tout le monde : "que Hachem te bénisse", qu’ils mettent seulement Mon Nom sur les bnei Israël et Moi Je les bénirai [chacun recevant ce qu'il y a de mieux pour lui!].
[Atéret Paz]

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-> Le Tsor haMor enseigne :
Bien que Hachem ait ordonné aux Cohanim de bénir le peuple d’Israël, c’est tout de même Lui qui bénit et qui approuve, par l’intermédiaire des Cohanim.
C’est pourquoi Il a dit : "Ils mettront Mon Nom sur les bnei Israël" = les Cohanim ne font que prononcer la bénédiction et les saints Noms, mais D. est Celui qui réalise cette bénédiction à travers eux.

Par ailleurs, quand les Cohanim connaissaient le Nom de D., Hachem répandait Sa bénédiction et les mots étaient placés dans la bouche du Cohen.

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-> "Voici comment vous bénirez les bnei Israël" (Nasso 6,23)
=> Pourquoi est-ce que ce sont les Cohanim qui ont été choisis pour bénir les bnei Israël chaque jour?

Le Beit Aharon rapporte l'explication suivante :
"Le Maharcha a commenté la formule fixée par nos Sages "pour bénir Son peuple Israël avec amour" (Sota 38b) en déclarant qu’une bénédiction se concrétise selon l’intention de celui qui la prononce. Il convient donc que la bénédiction émane d’une personne qui porte un regard positif et qui désire la donner.
Ainsi, l’efficacité d’une bénédiction dépend de la volonté réelle de celui qui la prononce.

Mais puisque nous ne pouvons pas prétendre être au niveau d’aimer chaque membre d’Israël du plus profond de notre cœur, D. a choisi les Cohanim, qui sont évidemment intéressés par l’entière réussite du peuple. En effet, leur subsistance dépend des offrandes données par les bnei Israël, et qu’ils reçoivent en qualité de prêtres (Cohanim).
Ainsi, plus la bénédiction répandue sur les bnei Israël est importante, plus leur contribution pour les cohanim sera abondante.
C’est la raison pour laquelle nous sommes assurés que leur bénédiction proviendra du plus profond de leur cœur et qu’elle se réalisera."

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-> Le 1er verset de la birkat Cohanim (v.6,24) est composé de 3 mots qui évoquent les 3 Patriarches : Avraham, Its'hak et Yaakov : Hachem nous accorde les bénédictions grâce à leur mérite.
Le 2e verset (v.6,25) contient 5 mots. Ceci nous apprend que nous sommes bénis grâce aux 5 Livres de la Torah.
Le 3e verset (v.6,26) renferme 7 mots qui correspondent aux 7 firmaments.

De plus, les 3 mots du 1er verset correspondent aux 3 hommes appelés à la lecture de la Torah le lundi et le jeudi.
Les 5 mots suivants du 2e verset, évoquent les 5 hommes appelés à la lecture les jours de fête (Yom Tov).
Enfin, les 7 mots du dernier verset correspondent aux 7 hommes appelés à la Torah le Shabbath.

Au cours d'une semaine normale, sont donc appelés à la Torah 8 juifs non Cohen ou Lévi (6 le Shabbath : 5 le matin et un l'après-midi à min'ha, un le lundi et un le jeudi) et 8 Lévi'im (4 Lévi'im et 4 Cohanim), soit 4 le Shabbath, 2 le lundi et 2 le jeudi.
Nos Sages établirent cette répartition afin d'éviter toute discorde entre Lévi'im et autres juifs, et matérialiser les derniers mots de la bénédiction : "et t'accorde la paix".

De plus, le 1er verset comprend 15 lettres, correspondant à la valeur numérique du Nom Divin : youd - hé (יה).
Le 2e verset comporte 22 lettres, valeur numérique de : hé - youd - hé (היה).
Les 25 lettres du 3e verset correspondent à : youd - hé - youd (יהי).
Ensemble, ces lettres nous apprennent que Hachem existait par le passé (haya - היה), existe au présent (hové - יה) et existera dans le futur (yiyé - יהי).
[ "Avec le nom [Youd-Hé - יה], Hachem fonda le monde" = avec ces 2 lettres le monde fut créé" (guémara Ména'hot 29b)]
Il était avant d'avoir créé le monde, Il existe dans le présent et Il continuera à être éternellement.

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-> Les 3 versets composants la birkat Cohanim étaient inscrits sur le lit du roi Salomon pour le protéger :
"Voici, la couche de Salomon avec ses 60 guerriers autour d'elle, parmi les puissants d'Israël" (Chir haChirim 3,7).
Ce verset ne veut pas dire littéralement que 60 soldats entouraient le lit du roi Salomon.
Ce roi puissant et intrépide n'avait pas besoin d'une garde de 60 hommes.
Ce verset fait plutôt allusion aux 3 versets de la bénédiction des Cohanim dont les 60 lettres, correspondant à différents Noms Divins, étaient gravées autour de son lit.

Lorsque les Cohanim prononcent cette bénédiction, ses 60 lettres montent vers les royaumes célestes.
Elles sont prises par 60 anges dont chacun est associé à l'une d'elles et leur nombre correspond aux 600 000 juifs.
Après avoir ratifié les bénédictions des Cohanim, les anges présentaient les lettres devant le Trône de Gloire et Hachem les ratifiait Lui aussi.
Tel est le sens de : "Ainsi, ils lieront Mon Nom aux juifs et Je les bénirai".
[...]

[Bien que les Cohanim bénissent tout le peuple juif (une pluralité de personnes), ils le font en utilisant le singulier. Pourquoi cela?]

En réalité, ces bénédictions se réalisent seulement lorsque le peuple juif est uni comme un seul homme.
Les mots de la bénédiction font comprendre à chaque juif : "Ces bénédictions te parviendront à la condition que vous soyez unis. Si la discorde vous sépare, tu n'en bénéficieras pas".

La conclusion de la bénédiction : "et t'accorde la paix" va dans le même sens. La bénédiction se matérialise à condition que la paix règne parmi nous car la paix est la condition essentielle de la bénédiction.

-> b'h, à propos de la paix : http://todahm.com/2019/07/08/la-paix

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-> La bénédiction des Cohanim fut prononcée pour la 1ere fois le 1er Nissan, jour où Hachem fit reposer Sa Présence dans le Michkan.
Ce jour-là, les juifs étaient comparables à une mariée entrant sous le dais nuptial. De même que 7 bénédictions sont récitées lors d'un mariage, les juifs reçurent la bénédiction des Cohanim.

Nous remarquons que dans le verset : "Ils lieront Mon Nom aux juifs et Je les bénirai" (וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי עַל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַאֲנִי אֲבָרְכֵם - Nasso 6,27), les lettres qui composent le Nom Divin (יהוה) apparaissent 7 fois (4 fois le youd, et 3 fois le vav).

[la lettre zayin (ז) a 7 pour valeur numérique. Sa forme pointue rappelle celle d'une arme (klé zayin)]
Ceci implique que la bénédiction des Cohanim protège le peuple juif comme une arme.

De plus, nous trouvons dans le verset : "Le jour où Moché termina d'ériger le Michkan" (Nasso 7,1) où le mot : "kalot" (termina - כַּלּוֹת) est une allusion aux 7 bénédictions nuptiales. En effet, ce mot peut également désigner une mariée (kalla).

[Méam Loez]

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-> Rabbi Eliézer dit : Hachem s'adressa à Avraham en disant : "Depuis la création du monde, c'était Moi qui bénissais Mes créatures, mais dorénavant Je confie les bénédictions entre les mains d'Avraham, et par la suite entre les mains des Cohanim"
[midrach Nasso 11,2]

Toutefois, chaque juif qui se fait bénir par les Cohanim doit savoir que cette bénédiction provient du Ciel et qu'elle ne fait que passer par leur bouche.

-> Pour les Cohanim, c'est une mitsva de la Torah que de bénir le peuple (cf. Nasso 6,23-27).
De leur côté, les fidèles qui écoutent attentivement la bénédiction des Cohanim accomplissent eux aussi une mitsva (Biour Halakha - au nom du Séfer 'Harédim).

-> Cette bénédiction qui sort de la bouche des Cohanim est d'une importance suprême, bien qu'elle provienne parfois, d'un Cohen très simple, qui n'est pas érudit en Torah.
En effet, l'acceptation de cette bénédiction ne dépend pas du Cohen, mais émane directement de la bouche du Cohen. (Ramban chap.15,6-7 ; Ben Ich 'Haï introduction à la paracha Tétsavé).
Le Zohar écrit que le moment où les Cohanim bénissent l'assemblée est un instant privilégié où les prières sont acceptées (chaat ratsone), où les mondes supérieurs et inférieurs reçoivent leur bénédiction et leur abondance spirituelle et matérielle (Kaf ha'Haïm 128,138).

-> Chaque Cohen qui s'abstient d'accomplir cette mitsva sans raison halakhique perd l'occasion de réaliser une mitsva. Il manifeste par cela un mépris pour la birkat Cohanim et éloigne de lui la bénédiction matérielle (Kaf ha'Haïm 128,16).
Par contre, s'il accomplit la birkat Cohanim, Hachem le bénit personnellement (Ben Ich 'Haï - Tétsavé 7).

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-> Dans le Zohar, il est expliqué qu’au moment où les Cohanim prononcent leur bénédiction, la Rigueur se transforme en Miséricorde, laquelle enveloppe tous les mondes.

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-> "Voici comment vous bénirez les enfants d’Israël" (Nasso 6,23)

Dans les ouvrages saints, il est rapporté que cette grande mitsva donnée aux Cohanim de bénir le peuple éveille la miséricorde Divine, entraînant le déversement de la bénédiction sur les juifs et leur salut.

Dans son ouvrage Erets ha’Haïm, l’un des élèves du Baal Chem Tov, rapporte une kabbala au nom de Rabbi Chimchon d’Astropoli, selon laquelle certains moments de la prière sont très propices à l’agrément de nos requêtes : l’ouverture de l’arche sainte, l’élévation du séfer Torah et la bénédiction prononcée par les Cohanim à l’assemblée.
Il conclut par ce bon conseil : "Celui qui a une demande, qu’il la formule à l’un de ces moments-là et il pourra être assuré qu’elle sera exaucée".

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-> Nos Sages (Talmud de Jérusalem Sota 46,1) nous révèlent que la bénédiction des Cohanim est la ségoula que Hachem, dans Sa grande bonté, nous a accordée afin de nous protéger de toute calamité.
Citant le verset des Téhilim : "Le Tout-Puissant fait sentir Sa colère tous les jours", nos Maîtres se demandent qui peut annuler le courroux divin. Et Rabbi Abin affirme, au nom de Rav A’ha, que "la bénédiction des Cohanim en a le pouvoir".

-> La bénédiction des Cohanim est l’unique moyen de protection datant de l’époque du Temple qui est resté entre nos mains. Comme lors de ces jours d’antan, elle continue à nous protéger aujourd’hui.
Le Ramban (Béaaloté'ha) souligne que c’est le vestige du service au Temple effectué par les Cohanim, et il affirme qu’à notre époque, le service des sacrifices n’existe plus et les Cohanim ne l’effectuent plus, mais il nous reste cependant la bénédiction des Cohanim, seule fonction qu’ils pratiquent encore de nos jours.

Ceci rejoint les propos du Talmud de Jérusalem selon lesquels, en l’absence de Temple, où nous sommes malheureusement exposés à toutes les menaces, la bénédiction des Cohanim, qui, elle, s’est perpétuée jusqu’à nos jours, déverse sur nous la bénédiction Divine, nous protège de tout danger et mauvais décret et nous ouvre l’ensemble des portes nous permettant d’améliorer notre qualité de vie et de voir nos entreprises couronnées de succès.

-> Le Nétivot Shalom de Slonim explique la vertu de la bénédiction des Cohanim : "cadeau donné par Hachem à Son peuple ». Il ajoute que "la Torah et les mitsvot sont une aide accordée par Hachem au juif et contrebalançant tout ce qui l’éloigne ; mais, en plus de cela, le Créateur, dans Sa grande bonté, lui a donné la bénédiction des Cohanim, qui lui permet, chaque jour, de jouir de la bénédiction supérieure."

-> Le rav ‘Haïm Kanievski raconte qu’il a vu dans un ouvrage datant d’environ 100 ans (dont il ne se souvient plus le titre) que chaque mot de la bénédiction des Cohanim comprend une bénédiction particulière.
Par exemple, le terme vi’hounéka constitue une bénédiction pour les enfants ; l’expression véyassem lékha chalom, pour la paix conjugale, ...
Il ajoute que nous pouvons demander au Cohen de penser à nous quand il prononce le mot de la bénédiction correspondant au salut dont nous avons besoin, conseil s’étant bien souvent avéré efficace.
Rav Kanievsky ajoute : "Tous les jours, des gens connaissant des conflits au sein de leur foyer viennent me voir. Je pense qu’ils pourraient essayer cette ségoula".

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-> Le ‘Hida écrit que les Cohanim ont mérité de Hachem d’être ceux qui envoient l’influence des biens matériels vers les bnei Israël.
Comment ont-ils mérité cela?
A cause de la bonne conduite des Lévi'im en Egypte.

Le ‘Hida (dans son Peta’h Enayim) au nom du Chakh, explique : quand les bnei Israël ont emprunté aux égyptiens des ustensiles d’argent et d’or, dans le cadre du butin de l’Egypte, les enfants de Lévi ont décidé de ne rien prendre aux égyptiens, parce que cet argent revenait aux bnei Israël pour le travail qu’ils avaient effectué en Egypte pendant 210 ans. Mais comme eux, les enfants de Lévi, n’avaient pas été asservis en Egypte, ils n’avaient pas le droit de prendre du butin de l’Egypte.
Quand Hachem a vu qu’ils se dominaient en ce qui concerne l’argent, ce qui n’est pas du tout facile, Il les a estimés dignes de transmettre l’abondance des bénédictions matérielles pour la communauté d’Israël.
C’est pourquoi les cohanim sont ceux qui bénissent aujourd’hui le peuple d’Israël pour qu’il connaisse une abondance de bénédiction et de réussite.

-> Le rabbi ‘Haïm de Brisk a dit : je suis surpris de ceux qui courent au loin pour recevoir des bénédictions de tsadikim, alors qu’ils peuvent mériter cette bénédiction des Cohanim, à qui Hachem a donné la responsabilité officielle de bénir le peuple d’Israël.
C’est la signification du premier verset, "Que Hachem te bénisse et te garde" : que Hachem envoie à Israël une abondance de biens matériels et de sagesse, et les garde des voleurs, pour qu’ils ne viennent pas prendre cet argent. Et si nous cherchons des bénédictions, les cohanim, qui sont les envoyés de D., sont la bonne adresse.

-> Dans son approbation à l’ouvrage Birkat Cohanim béAhava, rabbi David Cohen (roch Yéchiva de 'Hevron), écrit : "Il y a quelque temps, je me suis rendu chez Gaon rav Steinman, qui m’a dit être très étonné que tant de gens attendant le salut dans un certain domaine cherchent à recevoir une bénédiction et sont souvent prêts à parcourir de longues distances pour cela, alors que rien ne leur garantit que cette pratique sera salvatrice. Ils ne prêtent pas attention au fait qu’ils disposent, chaque jour, d’une bénédiction dont Hachem a assuré le pouvoir de déclencher une abondante bénédiction, en l’occurrence la bénédiction des Cohanim, qu’ils ne s’efforcent donc pas d’écouter à tout prix".

-> Rabbi Moché Chmouël Schapira écrit :
Imaginons que nous entendions que le ‘Hafets ‘Haïm vient dans la ville et va bénir tous ceux qui iront le trouver : nous nous dépêcherions d’aller nous faire bénir par lui. Et s’il se répandait une rumeur selon laquelle tel tsadik qui a fait des miracles bénit ceux qui sont accablés de malheurs et que ses bénédictions se réalisent, il y aurait évidemment une longue queue au seuil de sa chambre, car tout le monde a envie d’être béni et pris en miséricorde.
Par conséquent, à combien plus forte raison il faut faire attention et se dépêcher pour ne perdre aucune occasion d’être béni par les Cohanim serviteurs de Hachem, puisque Hachem en personne promet : "Ils mettront Mon Nom sur les bnei Israël et Je les bénirai".

-> Rabbi Its’hak Weiss (dans son Eleph Ktav) écrit : "Quand un homme venait me demander de le bénir, j’avais l’habitude de lui répondre : “Puisse la brakha des Cohanim s’appliquer en ta faveur de ses 60 lettres, avec toutes les bénédictions qu’elle inclut d’après le Shass, les Midrachim et le Zohar!ˮ"

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-> Le Séfer ha’Hinoukh écrit à propos de cette mitsva :
Les Cohanim ont reçu l’ordre de bénir les bnei Israël tous les jours. Les fondements de la mitsva sont que Hachem dans Sa grande bonté désire bénir Son peuple par Ses serviteurs qui se tiennent toujours dans la maison de D., et dont toute la pensée est attachée à Son service. Leur âme est reliée tout le jour à la crainte du Ciel, et par leur mérite la bénédiction s’accomplira et ils seront bénis dans toutes leurs entreprises.

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On sait que le monde entier subsiste par le mérite de la birkat Cohanim, car il est dit dans midrach Téhilim : "Depuis le jour où le Temple a été détruit, il n’y a pas de jour où il n’y a pas de malédiction, la rosée ne descend pas bénéfiquement, et le goût des fruits nous a été enlevé ... Par quel mérite subsistons-nous? Par le mérite de la birkat Cohanim!"
[Rabbénou Bé’hayé - dans son Kad haKema’h]

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b'h, voir également :
- http://todahm.com/2015/06/23/3387
- https://todahm.com/2019/01/23/9306-2/

La femme Sota

+ La femme Sota (Nasso 5,27-31)

-> Après la combustion de l'offrande d'orge (min'hat hakénaot), la femme buvait l'eau amère.
Si elle était innocente, rien ne se produisait et elle était libre de retourner vivre avec son mari. Mais si elle s'était souillée, l'eau commençait à faire son effet : son visage devenait verdâtre, ses yeux sortaient de leurs orbites et ses organes enflaient.

Dès que ceux qui l'entouraient constataient ces symptômes, il criaient qu'on la fît sortir. Car la douleur déclenchait ses règles, ce qui interdisait sa présence sur le parvis du Temple.
Ensuite, son ventre se dilatait, ses organes sexuels se rompaient et la mort s'ensuivait.

Par miracle, à ce moment précis, l'homme avec lequel elle avait fauté mourait de façon semblable là où il se trouvait. Son ventre éclatait et ses organes sexuels se rompaient et la mort s'ensuivait.

["elle boit des eaux de la malédiction" (Nasso 5,24)]
Le mot "malédiction" (méarérim - מְאָרְרִים) a une valeur numérique de 496, soit 2 fois 248, ce qui correspond à 2 fois le nombre des organes du corps humain.
Cela nous apprend qu'à la fois l'homme et la femme coupables d'adultère mouraient.

L'épreuve de l'eau amère n'était efficace que si l'époux de la femme soupçonnée était lui-même innocent de toute faute, notamment s'il ne s'était jamais rendu coupable d'adultère. Sinon, l'eau ne causait aucune réaction.

[La guémara (Sota 28a) affirme que les eaux amères n'agissent sur la femme Sota que si son époux est net de toute faute, mais pas dans le cas contraire.
Le 'Hida enseigne que même si le mari était dévergondé comme son épouse, les eaux amères pourront avoir un effet sur sa femme, si son mari fait téchouva avant qu'elle ne boive ses eaux.]

Ainsi, si le mari se savait coupable d'une faute, il ne devait pas forcer son épouse à passer cette épreuve, de crainte qu'il ne subisse une sévère punition pour avoir causé l'effacement du Nom Divin en vain.

De plus, il gâchait la fonction disciplinaire de l'épreuve. En effet, sa femme se vanterait certainement devant ses amies d'avoir commis l'adultère, d'avoir bu l'eau et d'être sortie indemne de cette épreuve.
Ainsi, elle prétendrait que si ses amies fautaient comme elle, il ne leur arriverait rien non plus.

Du reste, à l'époque du 2e Temple où l'immoralité s'était répandue parmi le peuple et où les maris n'étaient pas irréprochables, le Sanhédrin abolit l'épreuve de l'eau amère.

Si une femme refusait de boire l'eau, on ne l'y forçait pas.
Son mari divorçait d'elle sans lui verser la somme prévue par son contrat de mariage (kétouba).
Par contre, si elle refusait de boire après l'effacement du Nom Divin dans l'eau, on l'y contraignait.

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+ L'histoire de 2 sœurs :

-> Voici l'histoire de 2 sœurs habitant dans 2 villes différentes, et qui se ressemblaient beaucoup.
Le mari de l'une d'elles devint jaloux de son épouse, et après l'avoir avertie de ne pas s'isoler avec un certain homme, exigea qu'elle passe l'épreuve de l'eau amère pour prouver son innocence.

En route vers Jérusalem, ils passèrent par la ville de la sœur de l'épouse, et la femme demanda à lui rendre visite.
Lorsqu'elles se rencontrèrent, la sœur soupçonnée dit à l'autre : "Ma chère sœur, sache que mon mari me soupçonne d'infidélité et veut me conduire à Jérusalem pour boire l'eau maudite. Que faire? Je me suis effectivement rendue coupable d'adultère!"

Sa sœur lui répondit : "Ne crains rien. Reste ici. J'irai à Jérusalem et je boirai l'eau à ta place. Rien de mal ne m'arrivera puisque je suis pure".
Elle passa les habits de sa sœur et partit pour Jérusalem. Elle but l'eau amère, et en effet rien ne se produisit.

A son retour, elle fut accueillie joyeusement par sa sœur qui l'embrassa, pleine de gratitude qu'elle lui ait sauvé la vie. Alors qu'elles s'embrassaient, la femme coupable sentit l'haleine de sa sœur. Cette odeur pénétra en elle et elle mourut sur place ...

=> Lorsque Hachem envoie l'ange de la mort pour prendre l'âme d'un homme, nul stratagème que le racha invente pour échapper à la mort ne lui sera utile.

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+ Mesure pour mesure :

-> Le sort de la femme adultère nous apprend que le châtiment subi par l'être humain correspond exactement, mesure pour mesure, à sa transgression.

[Par exemple : ]
- La femme s'est postée à l'entrée de sa maison pour que son amant la voie, le Cohen la place dévêtue à l'entrée du parvis du Temple.
- Elle a posé des fleurs dans ses cheveux pour s'embellir ; le Cohen la décoiffe et retire son foulard ;
- Elle a mis du fard, ainsi son visage devint-il verdâtre ;
- Elle a maquillé ses yeux, alors ses yeux grossissent ;
- Elle a tressé ses boucles, ses cheveux sont décoiffés ;
- Elle s'est parée de ceintures séduisantes, le Cohen l'entoure d'une corde de paille ;
- Elle a tendu sa cuisse, sa cuisse se rompt ;
- Elle a soumis son ventre à la faute, son ventre éclate ;
- Elle lui a servi des mets de choix, l'offrande qu'elle apporte est composée d'orge, un aliment pour les aliments.
L'orge symbolise également l'effronterie de la femme adultère.
Contrairement au blé, qui émerge du sol recouvert de nombreuses couches de balle, l'orge sort relativement découvert comme cette femme s'est découverte pour séduire les hommes.
[...]

- Elle a fauté en cachette et Hachem a fait connaître sa faute à tous.
[...]

La terre du Michkan mélangée à l'eau faisait allusion au sort qui attendait la femme adultère : elle allait mourir et reposer dans la terre infestée de vers ...

Les 3 choses bues par la Sota (la terre, l'eau et les lettres du Nom Divin) rappellent les 3 éléments que mentionne la michna (Pirké Avot 2,1) : "Considère 3 choses et tu n'en viendras pas à la faute :
- "d'où tu viens : d'une goutte malodorante" => il s'agit de l'eau amère ;
- "où tu vas : dans un lieu de terre et de vers" => il s'agit de la terre prise sous le Michkan ;
- "devant qui tu devras rendre compte : devant le Roi des rois, le Saint, qu'Il soit exalté" => il s'agit du Nom de D. introduit dans l'eau.

Ces 3 éléments sont mélangés à l'eau amère afin de rappeler que si la femme avait médité à ces 3 choses, elle n'aurait pas commis cette faute.

Le fait que l'eau amère lui soit donnée par un Cohen est également significatif.
Le Cohen Gadol aimait la paix et s'efforçait de la faire régner parmi les hommes.
La consommation de l'eau amère permettait de rétablir la paix entre l'homme et son épouse lorsqu'elle était innocente.
[...]

Lorsque les juifs vivaient en Egypte, les égyptiens affirmaient avoir cohabité avec les femmes juives.
De ce fait, de nombreux juifs soupçonnèrent leur épouse.
Hachem dit donc à Moché : "Je désire que tu fasses passer aux femmes l'épreuve de l'eau amère. Écris le Nom explicite, mets-le dans l'eau, et fais-leur boire cette eau".

Toutes les femmes [juives] furent mises à l'épreuve et leur innocence fut prouvée.
De fait, c'était grâce à leur moralité que les juifs furent délivrés. Hachem les mit à l'épreuve par l'eau [amère] comme on le fait à une femme soupçonnée d'adultère.
Cette épreuve leur fut administrée [à Mara], comme il est écrit : "Et là Il les mit à l'épreuve" (Chémot 15,25), afin d'ôter tout soupçon de l'esprit des époux.

Au même moment, les hommes furent aussi, de fait, mis à l'épreuve pour déterminer s'ils n'avaient pas fauté avec les femmes égyptiennes.

[Meam Loez - Nasso 5,27-31]

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-> La femme Sota (soupçonnée d'infidélité conjugale) a jeté son regard sur un homme qui ne lui est pas approprié.
Elle n'obtient pas ce qu'elle désirait, et de plus ce qu'elle possédait lui est retiré, car quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n'obtiendra pas ce qu'il désire et se verra privé de ce qu'il possède.
[guémara Sota 9a]

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-> "Le Cohen puisera de l'eau ... et prendra de la terre du sol du Michkan" (Nasso 5,17)

-> On utilise la terre, qui possède 2 propriétés contradictoires :
- d'une part, la terre est un matériau méprisable de peu de valeur et foulé par tous ;
- d'autre part, la terre fécondée par la pluie produit de beaux fruits et la nourriture de l'homme.
Ces 2 propriétés contradictoires font allusion aux 2 effets contradictoires que peuvent produire les eaux amères bues par la femme Sota :
- si son ventre gonfle et son flanc dépérit, c'est qu'elle s'est souillée et elle devient ainsi méprisable ;
- si elle reste indemne, c'est qu'elle est restée pure et produira de "beaux fruits" : une postérité de tsadikim.
[Maharcha - 'Hidouché Aggadot]

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+ Rava dit : Pourquoi la Torah demande-t-elle (au Cohen) de mettre de la poussière (afar) dans l'eau que doit boire la femme Sota (soupçonnée d'adultère par son époux)?
C'est parce que si elle est innocente, elle aura un fils comme Avraham qui avait dit : "Et moi qui ne suis que poussière et cendres" (Béréchit 18,27), et si elle est coupable, la femme Sota retournera dans la poussière.

Rava fait ce commentaire : Par le mérite (d'humilité) d'Avraham qui s'est comparé à la poussière et aux cendres, ses descendants ont bénéficié de 2 commandements : les cendres (purificatrices) de la Vache Rousse (para adouma) et la poussière (purificatrices) de la femme Sota.
[guémara Sota 17a]

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=> Comment comprendre : "Elle aura un fils comme Avraham"?

-> Cette femme, accusée à tort d'infidélité, s'est considérée comme la poussière de la terre en acceptant les humiliations de la procédure de Sota.
C'est pourquoi, mesure pour mesure, elle aura le mérite d'avoir un fils humble, qui se considérera comme poussière et cendre, malgré son haut niveau, comme notre ancêtre Avraham.
[Tiféret Tsion]

-> L'intention n'est pas de dire que la femme innocente aura un fils du niveau d'Avraham, mais qu'elle aura un fils convenable (hagoun), comme d'Avraham est sorti un fils hagoun : Its'hak.
En effet, il y a un parallèle entre la situation d'Avraham et celle de la Sota innocente : les moqueurs attribuaient la paternité d'Itshak à Avimélé'h, roi de Guérar, qui avait pris Sarah dans son palais avant de la libérer, et Its'hak s'est révélé être un fils hagoun ; de même, cette femme Sota a subi la médisance de ses concitoyens, et déclarée innocente, elle aura le mérite d'avoir un fils hagoun.
De plus, si elle enfantait jusque-là avec difficulté, elle enfantera facilement ; si elle n'avait eu que des filles, elle enfantera un garçon ; si elle avait des enfants de petite taille, celui-ci sera grand.
[Min'ha 'Hariva]

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=> Comment comprendre : "si elle est coupable, la femme Sota retournera dans la poussière"?

-> C'est à partir du petit os nommé : louz (לוז), habituellement indestructible, que s'effectuera la résurrection des morts.
Cependant, pour la femme Sota, si elle meurt après avoir bu les eaux "amères", ce qui prouve sa culpabilité, son louz redeviendra poussière et elle ne pourra pas bénéficier de la résurrection.
Pourquoi? Du fait qu'en ne reconnaissant pas sa faute, elle a provoqué l'effacement du Nom Divin qui ne doit pas être effacé inutilement, alors mesure pour mesure, son louz sera réduit en poussière alors qu'il est indestructible pour les autres personnes.
[Tiféret Tsion]

-> Habituellement, chacun des 2 composants de l'homme rejoint sa source, après la mort :
- le corps retourne vers la poussière avec laquelle il a été créé ;
- l'âme rejoint le Ciel d'où elle est issue.
Cependant, si la femme Sota est coupable, bien que son corps retourne dans la poussière de la terre, son âme ne rejoint pas sa source ; c'est pourquoi Rava dit que la femme coupable, et non pas seulement son corps, retournera dans la poussière.
[Iyé haYam]

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-> Selon le 'Hatam Sofer, la guématria des 2 mots : afar (poussière - עפר) et éfer (cendres - אפר) est de 631.
Or, c'est la même guématria que celle du mot : kéTorah (comme la Torah - כתורה).
Cette guématria commune fait allusion au fait que la Torah ne peut se maintenir que chez les gens humbles et non pas chez les orgueilleux.

-> Avraham voulait dire : comme la poussière (afar), je ne vaux rien au départ (on peut alors l’ensemencer pour fournir de la nourriture, on peut la modeler pour en faire des récipients, ...), et comme les cendres (éfer), je ne vaux rien après (ex: un bois a beau être précieux, il n'est plus rien d'utile réduit en cendres).
Les descendants d'Avraham auront 2 récompenses :
- la poussière de Sota = pour prouver que la Sota était pure jusque-là ;
- les cendres de la para = pour purifier le tamé mét à partir de maintenant.
[Beit haLévi]

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-> "Le Cohen l'approchera (la femme Sota) et la placera devant Hachem" (Nasso 5,16)

Apparemment les mots : "Et la placera" sont en trop. Le verset aurait pu dire simplement : "Le Cohen l'approchera devant Hachem".
En fait, au moment où la femme Sota nie avoir fauté, le Cohen doit lui rappeler que si elle ment, on devra effacer le Nom Divin pour rien. Si elle a fauté, elle doit avoir "pitié" du Saint Nom et avouer sa faute pour ainsi éviter de l'effacer.

Ce verset fait allusion à cela : "Le Cohen l'approchera" physiquement de la cour du Michkan, "et la placera" moralement "devant Hachem", c'est à dire qu'il la placera face à ses responsabilités en lui faisant prendre conscience que sa faute va avoir des conséquences "devant Hachem", puisqu'on effacera Son Nom.
Si elle est fautive, il est donc préférable qu'elle avoue, par "pitié" pour le Nom Divin.
[Zeved Tov]

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-> "Si elle est pure, elle sera disculpée et engendrera une descendance" (Nasso 5,28)

Il est dit dans la guémara (Bera'hot 31b) que si la femme était auparavant stérile, elle engendrera. Si elle enfantait dans la douleur, elle enfantera facilement. Si elle avait un enfant, elle en aura deux.

=> Puisque tout ce qui concerne cette femme a été amené par le fait qu’elle s’est isolée avec un étranger, a suscité la jalousie de son mari et ne lui a pas obéi : par conséquent, pourquoi devrait elle avoir une tellement grande récompense?

Selon le rav Eliyahou Lopian, on apprend de là un grand principe dans le service de D. :
Cette femme, qui est arrivée à un point de telle bassesse qu’elle s’est isolée avec un homme étranger, même après les mises en garde de son mari, a en fait surmonté une épreuve terrible.
Maintenant, on s’aperçoit que par sa force spirituelle, elle a vaincu son désir et n’en est pas arrivé à la faute, "elle est pure". Un tel acte de courage, de conquête des instincts, lui fait mériter une récompense énorme, bien que si elle ne s’est pas repentie, elle doive aussi recevoir le châtiment de l’acte même de s’être isolée.
Mais pour avoir dominé ses instincts, elle aura sa récompense, "elle sera disculpée et engendrera une descendance".

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-> "Hachem parla à Moché en disant : Parle aux enfants d’Israël et dis-leur : si la femme de quelqu’un, déviant de ses devoirs" (Nasso 5,11-12)

Voici comment Rabbénou Yéhonathan explique le midrach qui explique "en disant = cela a été dit pour les générations futures".
En effet, il n’était pas nécessaire de faire boire la Sota pendant la période du désert, car la manne qui tombait le matin vérifiait déjà si la femme avait été infidèle à son mari.

On explique ainsi les paroles de Moché "Rendez bonne justice dès la première heure" = grâce à la manne qui tombait le matin, Moché avait la réponse. Si elle tombait près de la maison du père, cela indiquait que la femme avait trompé son mari.
Ainsi, pendant la période du désert, il n’était absolument pas nécessaire de faire boire la Sota. Ce passage concerne donc les générations suivantes.

"Le 7e jour, le chef des enfants d'Efraïm, Elichama fils d'Amihoud" (Nasso 7,48)

=> Pourquoi le chef de la tribu d'Efraïm a apporté son offrande le 7e jour (soit le Shabbath)?

Lorsque Yossef est venu en Egypte, il y a été vendu comme esclave à la maison de Potifar.

La Torah nous relate qu'un jour il est venu à la maison afin de faire son travail, et que la femme de Potifar l'a pressé de commettre une faute.
Yossef en est devenu très effrayé, et il s'est enfui.

Selon le midrach (Yalkout Shimoni 146), c'était le jour du Shabbath, et il venait à la maison faire "son travail", qui était d'étudier et de revoir la Torah que son père lui avait enseigné.

Selon la guémara (Sanhédrin 43b), lorsqu'une personne résiste et domine le mal, c'est équivalent au fait d'offrir un sacrifice.

=> Ainsi, puisque Yossef a "offert" un sacrifice à Shabbath, Hachem l'a récompensé en faisant que son descendant (le chef de la tribu de son fils) pouvait apporter un sacrifice pour l'inauguration de l'Autel, à Shabbath.

Par ailleurs, selon le midrach rabba (14,2), Yossef a observé le Shabbath en Egypte avant qu'il ne soit donné.
On l'apprend du verset : "... (ha'hèn - הָכֵן) ..." (Béréchit 43,16)
Le mot ha'hèn est essentiellement utilisé afin d'exprimer une préparation pour Shabbath, comme on peut le déduire du verset : "le 6e jour ils préparent (hé'hinou - הֵכִינוּ) ce qu'ils auront apporté" (Chémot 16,5).

Ainsi, Hachem lui a dit : "Yossef, tu as observé Shabbath avant que la Torah ne soit donné, Je te promets que Je vais te rembourser en permettant à ton petit-fils de présenter son offrande le jour de Shabbath.
Et ce, malgré le fait qu'il soit normalement interdit à une personne individuelle d'agir ainsi, je vais accepter favorablement son offrande."

=> Mais, n'est-il pas curieux que la récompense de l'observance du Shabbath par Yossef, est une profanation (permise) par son petit fils?

D. a donné le Shabbath et nous a ordonné de le sanctifier.
Ceci s'accomplit en se retenant de tous les travaux interdits, comme le fait d'y apporter un sacrifice individuel.
Il existe cependant des sacrifices [collectifs] que nous devons offrir durant Shabbath.
Ainsi, d'une manière évidente, une offrande demandée par Hachem n'est pas une profanation du Shabbath, mais c'est un moyen de développer la sainteté du Shabbath.

C'est pourquoi la récompense de Yossef, a été, malgré le fait que normalement l'offrande individuelle soit interdite Shabbath, Hachem a donné l'autorisation à son petit-fils d'en offrir en ce jour, qui va alors permettre d'accroître et d'élever la sainteté du Shabbath.

Source (b'h) : traduction personnelle d’un dvar Torah du rabbi Moché Bogolmisky (dans son Védibarta Bam)

"Un jeune taureau, un bélier, un agneau pour holocauste ... puis, pour le sacrifice de rémunération, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux." (Nasso 7,15-17)

1°/ Pourquoi pour le sacrifice dit de l'holocauste (léola), on apporte uniquement un de chaque animal?

D'après le midrach, les chefs des tribus voulaient inclure dans leurs offrandes le mérite de chacun des patriarches :
-> le taureau représente Avraham, comme il est écrit : "Abraham courut au troupeau (de taureaux)" (Béréchit 18,7) ;
-> le bélier représente Its'hak, à qui un bélier a été sacrifié à sa place lors de la Akéda.
-> l'agneau représente Yaakov, comme il est écrit : "Ces agneaux, Yaakov les tenait à distance" (Béréchit 30,40).

Selon le Baal haTourim, les mots : "Avraham, Its'hak véYaakov" ont pour valeur numérique de : 644, qui est la même que : "par (taureau - פַּר), ayil (bélier - אַיִל ), kévès (agneau - כֶּבֶשׂ)" (avec le kolel, en comptant les 3 mots comme un).

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2°/ Pourquoi pour le sacrifice dit de rémunération (lé'hatat), on apporte une quantité de 5 de chaque animal?

Avraham a eu Yits'hak à l'âge de 100 ans.
Its'hak avait 60 ans lorsque Yaakov est né.
Puisqu'Avraham est mort à l'âge de 175 ans, il y a eu une période de 15 ans durant laquelle les 3 patriarches ont vécu ensemble.
=> Les 5 béliers, 5 boucs et les 5 agneaux, correspondent à ces 15 années.

Puisque le monde tient sur 3 piliers (la Torah, la Avoda et la guémilout 'hassadim), et que chacun des Patriarches était le prototype d'un de ces piliers, durant les 15 ans de leur vie commune, les fondations du monde étaient au maximum de leurs forces.

Source (b'h) : traduction personnelle d’un dvar Torah du rabbi Moché Bogolmisky (dans son Védibarta Bam)

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-> "Il offrira son sacrifice à Hachem, un agneau d’un an"

Les dernières lettres de ces mots en hébreu forment le mot "techouva".
C’est-à-dire qu’il ne suffit pas d’apporter un holocauste ni un sacrifice expiatoire, mais en même temps il faut se repentir totalement.

Le Nazir

+ Le Nazir (paracha Nasso) :

-> La Torah autorise un homme ou une femme à prendre volontairement le statut de "nazir", qui les soumet à 3 interdictions :
1°/ ne pas consommer des raisins ou des produits dérivés de la vigne ;
Le Ram'hal (Messilat Yécharim) dit que la Torah ajoute les dérivés de la vigne afin d'éviter que le nazir ne soit tenté par des aliments qui l'inciteraient à consommer la boisson interdite (le vin).
Il est important d'avoir des barrières personnelles autour des mitsvot négatives.

2°/ ne pas se couper les cheveux ;
Selon le Sforno, l'interdiction de se couper les cheveux aide le nazir à se débarrasser de l'envie de s'enorgueillir de sa beauté.
Le rav Shimshon Raphael Hirsch enseigne : "Le cheveu représente un facteur isolant pour le corps, parce qu'il le protège des éléments environnants.
En se laissant pousser les cheveux, le nazir érige une barrière entre lui et le monde extérieur, et peut ainsi vouer tous ses actes à D."

3°/ ne pas se souiller par une dépouille humaine.
Le nazir se soumet à un degré de sainteté, qui est selon la Torah incompatible avec ces activités interdites.

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+ "Tous les jours de son abstinence, il est saint (kadoch) pour Hachem" (Nasso 6,8)

=> Comment le nazir devient-il "saint"?

-> Chaque juif contient en lui une part de sainteté, son âme, portion Divine "provenant de sous Son trône de gloire", et c'est le fait de l'allier au corps et à la matière, qui va voiler cette spiritualité.

Ainsi, il suffit à l'homme de se séparer de la matérialité, de mettre un frein à ses appétits physiques pour que l'âme fasse surface et surgisse dans toute sa vigueur, et pour que la sainteté dissimulée en elle puisse s'exprimer bien davantage dans la réalité.
[Sfat Emet]

-> Le culte du corps constitue le fondement de ce que nous appelons : "la culture occidentale".
Mais la Torah suit quant à elle la voie radicalement opposée : l'homme doit concentrer tous ses efforts pour ne voir dans son corps qu'un instrument au service du spirituel, et nullement comme une source de jouissance.
En ce sens, la guémara (Nédarim 9b) rapporte comment une personne d'apparence magnifique est devenue nazir après avoir vue son reflet dans l'eau.

Le rav Chlomo Wolbe (Alé Chour) commente : qu'en voyant son beau reflet dans l'eau, cet homme sentit son mauvais penchant "bondir" en lui, et il était sûr que celui-ci tenterait de le faire trébucher. Il choisit alors de le combattre en devenant nazir, puisqu'au terme de sa période d'abstinence, il devra raser sa chevelure et la brûler pour D.
Cette décision prise dès les 1ers signes du mal, témoignait de la grande sainteté qui l'animait.

=> Nos Sages ne nous demandent pas de faire abstraction de notre corps et de nos pulsions.
Il ne faut pas nourrir les appétits du corps plus que le strictement nécessaire, et il faut élever spirituellement notre corps pour lui permettre d'accéder à l'éternité, au moment de la résurrection des morts.

Le nazir en se privant de matérialité va à l'encontre de la normalité de ce monde, et ancre d'à quel point nous devons tendre à dominer nos pulsions animal, pour permettre l'expression de toute la spiritualité qui est en nous.

[notre corps se libérant de ses pulsions animales, il peut alors se mettre au service de notre âme pour lui permettre de pleinement s'exprimer!]

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-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°266) enseigne :
"Le nazir se sanctifie dans ce qui lui est permis. Il évite de boire du vin, et il s’éloigne même de la vigne, pour ne pas en venir à un désir quelconque de boire du vin.
Cela signifie qu’il sert Hachem dans la joie sans boire du vin, mais en étudiant la Torah, car "les ordres de Hachem sont droits, ils réjouissent le cœur".
On trouve cette idée en allusion dans son nom : nazir (נזיר), qui est formé des lettres de ner et youd zayin.
Ner (lampe), ce sont les mitsvot, car "la mitsva est une lampe et la Torah est la lumière", et les lettres youd zayin ont la même valeur numérique que tov (bon), qui est la Torah, car il n’y a de bon que la Torah (Pirké Avot 6,3).
Cela signifie que le nazir se sanctifie par les mitsvot et l’étude de la Torah.

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-> Le rav Yéhouda Leib 'Hasman (Or Yahel - tome III) rapporte qu'à la fin de sa période d'abstinence, le nazir doit apporter 2 sacrifices (v.6,14) :
1°/ une offrande de paix (chélamim) = car il doit se réjouir d'avoir pu se rapprocher de son Créateur en ayant accompli le but de son existence : soumettre son cœur à sa raison, en se séparant des tentations matérielles.

2°/ une offrande de réparation ('hatat) = selon les mots du Ramban (v.6,11) : "parce qu'il retourne se souiller dans les tentations de ce monde".
En effet, comment cet homme, après s'être élevé à un niveau où : "la couronne (nézer) de son D. est au-dessous de sa tête" (v.6,7), peut-il rejeter cette couronne et se laisser de nouveau aller à la matérialité.

[en ce sens, le Ibn Ezra dit que le mot nazir (נָזִיר) est issu de la racine : "nézer" (couronne - נֵזֶר).]

=> Que doit faire l'homme qui a déjà approché D.?
Il doit continuer à s'élever, un degré après l'autre (centimètre par centimètre), sur l'échelle de la spiritualité.

-> Le Ibn Ezra (Nasso 6,2&7) écrit : "Ce que fait le nazir est extraordinaire, car la majorité des gens suivent leurs désirs, mais le vrai roi qui a une couronne (nézer en hébreu, racine du mot nazir) sur sa tête est celui qui est libre de tout désir".

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-> "Il fera expiation pour lui du péché qu’il a commis" (Nasso 6,11)

Si quelqu’un dit : comme la jalousie, le désir, les honneurs et choses semblables sont une mauvaise voie et font sortir l’homme du monde, je vais m’en séparer totalement et m’en éloigner au point de ne plus manger de viande, de ne plus boire de vin, ...
Le Rambam écrit que cela aussi est une mauvaise voie, qu’il est interdit de prendre, et celui qui la prend s’appelle "pécheur", car il est écrit à propos du nazir : "il fera expiation pour lui du péché qu’il a commis."

Les Sages ont dit : Si le nazir, qui ne s’est interdit que le vin, doit expier, celui qui se prive de tout, à combien plus forte raison!
C’est pourquoi les Sages ont ordonné qu’on se prive uniquement des choses que la Torah interdit, sans y rajouter des choses permises par des vœux et des serments (Rambam - Hilkhot Deot 3,1).

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+ "Et si un (de ses proches) meurt soudainement" (Nasso 6,9)

Ce verset envisage le cas où un Nazir perd un proche soudainement et qu’il se rend impur pour l’enterrer, malgré l’interdiction).
On peut s’interroger. En effet, le Cohen Gadol (le grand prêtre) aussi n’a pas le droit de se rendre impur même pour un proche. Ainsi, pourquoi la Torah envisage le cas d’une mort soudaine d’un proche pour le Nazir et non pour le Cohen Gadol?

En réalité, avant son vœu, le Nazir avait le droit de se rendre impur au contact d’un mort, mais, il a décidé de devenir Nazir et de prendre sur lui des interdits et des rigueurs supplémentaires comme le fait de ne pas se rendre impur par un mort.
Or, quand quelqu'un s’ajoute volontairement des interdits et se crée une pression supplémentaire qu’il n’avait pas auparavant et que personne ne lui a demandé, alors le mauvais penchant fera tout pour le faire tomber. Ainsi, il se pourra qu’il arrive qu’il perde un proche soudainement.
Le Satan entraînera cela pour l’éprouver du fait de cette rigueur qu’il a prise sur lui alors qu’il en était dispensé.

Mais le Cohen, qui a l’interdit de se rendre impur de par son état naturel, et il ne se l’est pas imposé, pour lui le Satan ne s’évertuera pas à le faire trébucher, et il sera bien plus rare que cette situation de mort soudaine d’un proche n’arrive.
[rabbi Barou'h de Stotchin]

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=> Pourquoi le passage sur le nazir est-il juxtaposé à celui sur la femme Sota?

-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°576) enseigne :
"Nos Sages (guémara Sota 2a) ont dit : "Pourquoi le passage sur le nazir est-il juxtaposé à celui sur la sota?
Pour nous enseigner que quiconque voit comment la sota s’est déshonorée s’écarte du vin."
Rachi explique : Car le vin mène à la débauche.
=> C’est surprenant. Est-ce que c’est seulement le vin qui mène à la débauche? Et si l’on veut dire que le vin, comme il enivre l’homme, le mène à la légèreté, quel rapport y a-t-il entre le fait de se laisser pousser les cheveux et la vue de la déchéance de la sota?

C’est un principe : Hachem n’offre pas un spectacle à l’homme par hasard. Si quelqu’un a vu quelque chose qui n’était pas bon, il doit réfléchir à ses actes et se repentir.
On sait que ce qu’il a vu présente un aspect de la faute qui lui est reprochée, ainsi qu’il est dit dans la guémara (Moed Katan 18b) : "On ne soupçonne pas quelqu’un d’une faute à moins qu’il ne l’ait commise, et s’il ne l’a pas commise entièrement, il l’a commise en partie, et s’il ne l’a pas commise en partie, il a envisagé de la commettre, et s’il n’a pas envisagé de la commettre, il a vu d’autres personnes qui la commettaient et s’est réjoui!"
On apprend donc que lorsqu’on a vu quelqu’un d’autre commettre une faute, on sait qu’on a en soi quelque chose de cette faute, et qu’on doit examiner ses actes et se repentir.

Donc du fait que D. a fait voir à quelqu’un une femme en état de déchéance, il sait que ce n’est pas pour rien.
Comme il a vu cela, il portera attention au fait qu’il y a chez lui quelque chose de cette même faute, et qu’il a dans son cœur une tendance au désir et aux plaisirs de ce monde.
Même si ce sont des choses permises, les Sages (guémara Yébamot 20a) ont enseigné : "Sanctifie-toi par ce qui t’est permis". Il convient donc qu’il devienne un nazir, saint pour Hachem, et qu’il se sépare des plaisirs du monde, car c’est en cela que consiste être nazir, et c’est cela son rachat.

Disons par conséquent que c’est la raison pour laquelle le nazir amène un sacrifice expiatoire : il n’a été poussé à être nazir que parce qu’il avait vu quelque chose d’interdit qui appelait un rachat."

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-> Pourquoi la Torah écrite a-t-elle placé le passage de la sota avant celui du nazir, alors que dans la Torah orale, le traité Nazir vient en premier, et ensuite seulement le traité Sota?

Le Pri Tsadik (rabbi Tsadok haCohen de Lublin) répond et pose un grand principe dans le service de Hachem : tout ce qui arrive à l’homme est un signe et une allusion destinés à lui suggérer une certaine conduite, et à s’établir à soi-même des limites, de peur d’en arriver à une faute.
Dans cet esprit, dans la Torah écrite le passage de la sota vient avant celui sur le nazir, pour nous enseigner que quiconque voit une sota dans sa déchéance doit s’écarter du vin.
Par contre dans la Torah orale, le traité Nazir vient avant le traité Sota, car l’homme ne mérite pas toujours qu’on lui donne des signes et des allusions, c’est pourquoi il doit veiller aux conséquences de ses actes, se dresser des barrières et s’écarter du vin de peur d’en arriver à une faute.