« Le 10e jour, le chef des enfants de Dan » (Nasso 7,66)

Il existe une coutume de lire pendant les 12 premiers jours du mois de Nissan les passages de la Torah se rapportant aux offrandes amenées par les chefs de tribu pour l’inauguration du Michkan.

-> Le rav Zalman de Volozhin, un des proches élèves du Gaon de Vilna a dit à ce sujet :
« Le jour de la semaine durant lequel nous lisons les offrandes apportées par la tribu de Dan est également le jour de la semaine durant lequel tombera le prochain Rocha Hachana, jour durant lequel Hachem juge (dan) toute l’humanité.

Cela est également en allusion dans la bénédiction que Yaakov donne à Dan, comme il est écrit : « Dan yadin amo » (Dan jugera son peuple – Vayé’hi 49,16). »

« Ils avoueront la faute qu’ils ont commise » (Nasso 5,7)

Dans ce passage (v.5,6-8), la Torah traite de la lourde faute commise envers Hachem par tout individu retenant de façon illicite le bien d’autrui (emprunt, vol, non-paiement d’un salaire, …).
=> Pourquoi la mitsva de l’aveu des fautes, qui constitue la mitsva de téchouva (repentir), a précisément été dite/associée concernant la faute du vol?

-> En réalité, Hachem dépose des forces, des potentialités et de la vitalité en chaque personne.
Lorsqu’un homme faute, il prend ces forces que Hachem lui a donné et il les dévie de leur objectif qui est de faire la Volonté Divine.
Toutes les forces lui ont été attribuées pour faire Sa Volonté, et lui il les utilise pour la transgresser. En cela, chaque faute constitue un vol.

=> L’homme vole cette vitalité qui lui vient d’Hachem, et c’est donc sur cette interdiction de voler que la Torah formule la mitsva de l’aveu et de la Techouva.

[‘Hidouché haRim]

[Avant de naître nous jurons de venir dans ce monde afin d’y réaliser la Volonté de D., et à la fin de notre vie nous devrons tous en faire un bilan. Est-ce que les moyens/forces de vie que D. nous a octroyées ont été correctement utilisés?
L’association du vol (pratique) et du repentir (plus théorique), nous permet d’imager et de prendre davantage conscience de la gravité de ne pas exploiter notre vie au mieux.]

+ Le respect de la vie de la femme Sotah (paracha Nasso) :

-> Avant que la femme Sotah ne boive les eaux, qui provoqueront le gonflement de son ventre et la mort si elle s’était rendue impure, la Torah se soucie de sa vie et nous ordonne de tout faire pour l’amener à regretter, reconnaître son méfait et donc à demeurer en vie.

De plus : « On la fait monter au Grand Tribunal de Jérusalem (pour par exemple l’impressionner par le lieu et lui donner du temps de réflexion supplémentaire), et on la menace (dans le cas où elle refuse d’avouer son infidélité) de la même façon qu’on menaçait les témoins d’un assassinat » (afin qu’elle reconnaisse son infidélité – guémara Sotah 7a).

-> Il est écrit à ce sujet :
« Le mari amenait l’offrande (min’ha) … et la posait sur les mains de sa femme afin qu’elle se fatigue (en tenant quelque chose de lourd pendant toute la procédure).
[…]
Pourquoi tous ces efforts pour la fatiguer?
Afin qu'(en raison de sa fatigue) elle finisse par reconnaître qu’elle a trompé son mari (et n’ait plus besoin de boire les eaux).

Si la Torah se soucie autant de ceux qui transgressent, à plus forte raison elle se soucie de ceux qui accomplissent Sa volonté. »
[guémara Sotah 14a]

=> Cela nous donne beaucoup de forces quant à la conscience d’à quel point Hachem se soucie de nous (qui essayons d’agir au mieux selon Sa volonté), à chaque instant, même si nous nous n’en rendons pas vraiment compte.

« Que Hachem éclaire Sa face pour toi » (Nasso 6,25)

Rabbi Avigdor Miller de commenter :
« Etant donné que D. agit mesure pour mesure (guémara Sotah 8b), D. éclaire Sa face pour ceux qui éclairent/illuminent leur face/visage à leur prochain ». (Sing, You Righteous – p291)

Selon le Sforno, la notion de « Que D. éclaire » renvoie au fait : « que D. t’éclaire afin que tu sois capable de percevoir la sagesse infinie de la Torah … La personne jouit de la quiétude nécessaire pour s’élever au-dessus de ses besoins matériels élémentaires. »

Selon Rabbi Na’hman de Breslev : Souris à la vie, et D. te donnera de véritables raisons pour sourire.

Selon le Zohar (II- 184b) : « Lorsqu’une personne offre un visage lumineux ici bas, une présence lumineuse l’éclaire d’en-haut ».

-> « Rabbi Matya ben ‘Harach dit : Sois le 1er à saluer tout homme » (Pirké Avot 4,15)

-> Selon la guémara (Béra’hot 17a), personne n’a devancé le salut de Rabbi Yochanan ben Zakaï, même un non juif (vendeur) au marché.

-> Les Avot déRabbi Nathan (12,3) rapportent que Aharon, le cohen gadol, utilisait le fait de saluer autrui comme un moyen d’influencer positivement autrui.
Devant l’amour d’Aharon, les personnes en venaient à penser : « Aharon me salut à chaque fois d’une manière amicale (bien que j’ai fauté). Comment oserai-je lui faire face une autre fois si je faute? »
De cette façon, Aharon empêchait les personnes de fauter.

-> Rabbi ‘Haïm Mordechaï Katz (roch yéchiva de Telz) insistait souvent sur le fait que par le simple fait de dire : « Bonjour! » à autrui, on a le pouvoir d’illuminer toute la journée d’une personne qui se sent un peu abattue.

=> Combien on devrait se forcer à être joyeux, non seulement pour faire que D. nous donne des raisons réelles de l’être, mais surtout pour être des générateurs, des diffuseurs de joie.

Par le fait de saluer une personne, on lui dit : « tu es quelqu’un de bien, qui compte et qui est important à mes yeux, au point où je m’arrête pour te saluer. Par mon sourire, regarde à quel point cela me fait plaisir de te voir …  »
– La personne qui a reçu le salut va se sentir redevable, et va pour se « décharger » de sa « dette » faire de même avec autrui, enclenchant un effet domino …
– La personne qui va faire le salut, va par le fait de donner de soi-même (être à l’origine d’un salut nécessite un effort), développer en elle de l’amour, un lien/un attachement avec autrui.

Par ailleurs, en étant aimé d’autrui, on a un pouvoir d’influencer positivement autrui, par le fait d’être un exemple à suivre (à l’image d’Aharon).

<————>

-> Rabbi Yehuda Leib Chasman (Ohr Yohail – vol.2) dit que si on rencontre 2 personnes : une habillée de façon élégante, et une autre habillée pauvrement, et que l’on salut la personne bien habillée avec plus d’enthousiasme que la personne vêtue pauvrement, on est coupable d’un mensonge.
En effet, on ne salut pas la personne, mais ses habits.

-> La guémara (Béra’hot 6b) statue qu’une personne est obligée de répondre au salut d’une autre personne à son égard, et que le fait de ne pas le faire s’assimile à du vol (guézel shalom).

-> Rabbi Yechezkel Sarna (Daliyot Yechezkel – vol2) a dit :  » Si on apprécie le fait que l’homme est créé à l’image de D., on considérait comme un privilège de pouvoir saluer ses semblables »

« Ils confesseront le préjudice commis » (Nasso 5,7)

Pour quelle raison parle-t-on du commandement de la confession en rapport précisément avec la faute du vol?

Le Sfat Emet de répondre :
« En vérité, toute transgression est un vol.

En effet, D. accorde aux hommes la vie et la force afin qu’ils accomplissent Sa volonté.
Si l’homme profite de la force et de la vie pour y contrevenir, il vole alors le bien accordé par D.
Par conséquent, c’est ici que doit s’accomplir le commandement du repentir, la confession. »

<——————————>

« Un homme ou une femme qui commet quelque péché …ils confesseront leur faute qu’ils auront commise ; il fera restitution de sa faute » (Nasso 5,6-7)

Ce verset commence au singulier, passe au pluriel, puis se termine au singulier.
Pourquoi cela?

Selon rabbi Moché Chagiz cela nous enseigne que tous les juifs forment une seule nation et qu’ils sont tous responsables les uns des autres.
Ainsi, lorsqu’un juif faute, c’est l’ensemble du peuple qui en est tenu responsable et qui en paie le prix spirituel.
[à l’image de celui qui fait un trou dans sa cabine, entraînant l’ensemble du bateau vers le bas].
[la guémara, ainsi que le rav Salanter disent que lorsqu’un juif fait une avéra, alors cela va entraîner qu’un autre juif ailleurs soit davantage attiré à faire une avéra (et inversement).
Lorsque nous prions pour autrui (ex: pour qu’il fasse téchouva), nous avons la possibilité de le changer (au point où il aura « soudainement » davantage d’attirance pour la Torah).]

Lorsque nous confessons nos fautes, nous le faisons pour nous-même, mais également pour celles de nos frères.

 

« Parle ainsi à Aaron et à ses fils: Voici comment vous bénirez les enfants d’Israël » (Nasso 6,23)

Selon la loi juive (Ora’h ‘Haïm 128,5), lorsque le Cohen récite la bénédiction des Cohanim, il doit retirer sa chaussure.
Pourquoi cela?

Au moment du miracle du buisson ardant, D. a ordonné à Moché : « N’approche pas d’ici! Ôte ta chaussure, car l’endroit que tu foules est un sol sacré! » (Chémot 3,5).

Les paroles introductrices de l’ordre divin de retirer sa chaussure sont : « al tikrav alom » (N’approche pas d’ici!).
Le mot « alom » (d’ici – הֲלֹם) a pour valeur numérique : 75, qui est la même que le mot : « Cohen ».

Ainsi, ce verset est un message aux Cohanim : « N’approche pas Cohen, ôte ta chaussure. »

<————>
Par ailleurs, selon la guémara (Sotah 40a), si un Cohen a un lacet qui est cassé, et qu’il s’assoit en plein milieu de la bénédiction des Cohanim afin de l’arranger, on risque d’en venir à le suspecter de s’être arrêté en cours, car il est un Cohen non qualifié (ex : c’est le fils d’une femme non permise à un Cohen).

Nos Rabbins ont ainsi interdit aux Cohanim de garder leurs chaussures durant la bénédiction (même s’il n’y a pas de lacet).

<————>

+ La bénédiction des Cohanim :

-> Rabbi Yossef ben Yakar rapporte : « Jusqu’à présent, Je devais les bénir Moi-même, comme il est écrit : D. bénit Noa’h » (Noa’h 9,1) ; « Hachem bénit Avraham » (‘Hayé Sarah 24,1).
A partir de ce jour, ce seront les Cohanim et les tsadikim qui vous béniront! »
[midrach Tan’houma Lé’h Lé’ha 5]

-> Les disciples de Rabbi Akiva lui demandèrent : « Par quel mérite avez-vous accédé à une telle sagesse? »
Parmi ses réponses, il leur dit : « Je n’ai jamais regardé les Cohanim pendant qu’ils bénissent l’assemblée »
[Raavad – Chil’hé Tamid]

-> Qu’est-il écrit dans la Torah à propos de la bénédiction des Cohanim?
« Et moi, Je les bénirai » (Nasso 6,27). Cette bénédiction émane de Hachem en Personne! »
[rav Its’hak Zeev Soloveitchik]

-> « Aharon éleva ses mains vers le peuple, il les bénit » (Chémini 9,22)
Le midrach (Yalkout Chimoni) écrit : « A ce moment, Aharon recueillit la mitsva de l’élévation des mains [c’est-à-dire la bénédiction des Cohanim] pour lui et pour tous ses descendants, jusqu’à la résurrection des morts. »
Le Dovèr Shalom enseigne que la 1ere fois que Aharon a béni le peuple juif, il n’y était pas tenu et n’en avait pas l’obligation, mais il a agi ainsi de sa propre initiative.
C’est par son mérite qu’il a été enjoint aux Cohanim de procéder à la bénédiciton pour toute les générations.
[on voit l’importance de sans cesse prendre l’initiative de bénir les juifs individuellement et collectivement!]

La guémara (Sota 38a) affirme que c’est de ce verset que l’on déduit l’obligation des Cohanim d’élever les mains pendant qu’ils prononcent la bénédiction.

<—>

-> « La crainte inspirée par l’assemblée doit t’animer constamment.
[D’où le savons-nous?] Du fait que les Cohanim, [lorsqu’ils prononcent leur bénédiction,] ont le visage dirigé vers l’assemblée, et tournent le dos à la présence Divine. »
[guémara Sota 40a]

-> La Tora Témima ajoute : C’est également sur cet enseignement qu’est fondée l’autorisation faite aux rabbanim et aux orateurs de prononcer leurs discours en étant tournés vers l’assistance, le dos tourné à l’armoire sainte [contenant les Séfer Torah].

=> On apprend de là l’importance de témoigner du respect à la communauté juive.

<——->

-> Les Cohanim, ceux qui s’occupent du Service Divin dans le Temple, font face aux restants de leurs frères juifs, les implorant de s’améliorer, d’amener la présence Divine dans leur vie. C’est ainsi que : « ils (les Cohanim) placeront Mon Nom sur les enfants d’Israël ».
Et ce n’est qu’ensuite : « Je (D.) vais les bénir ».
[d’après Rabbi Moché Yé’hezkel Salah de Baghdad]

« Parle ainsi à Aaron et à ses fils: Voici comment vous bénirez les enfants d’Israël ; vous leur direz : « Que D. te bénisse et te protège! » «  (Nasso 6,23-24)

Avant de réciter leur bénédiction, les Cohanim récitent la prière : « Qui nous a sanctifié avec ses commandements et qui nous a ordonné de bénir Son peuple d’Israël avec amour (bé’aava – cf.Choul’han Arou’h – Ora’h ‘Haïm 128,11 ; et Magen Avraham 18).

Où est-ce que l’on peut voir que les Cohanim doivent nous bénir avec amour?

1°/ La bénédiction des Cohanim commence par : « Que D. te bénisse (yévaré’hé’ha) et te protège! ».
Sachant que D. a demandé aux Cohanim : « vous bénirez les enfants d’Israël » ; n’aurait-il pas été plus logique qu’ils disent : « Que D. vous bénisse (yévaré’hé’hém) et vous protège! » (au pluriel)?

Bien que les Cohanim bénissent tout le peuple juif (une pluralité de personnes), ils le font en utilisant le singulier, afin d’indiquer que D. désire bénir les juifs, unis par un amour d’autrui.

Ainsi, par la bénédiction des Cohanim faite au singulier, un Cohen annonce son respect du commandement de D. de bénir le peuple d’Israël « avec amour » (bé a’ava).

[ D’ailleurs, le mot a’ava (amour) a une valeur numérique de : 13, qui est aussi celle de : é’had (Un). ]

<————————->

2°/ On peut noter également que : « bé aava » a comme valeur numérique : 15.
Dans la bénédiction des Cohanim, à partir du mot « Yévaré’hé’ha » jusqu’au mot : « shalom », il y a un total de : 15 mots.

Ainsi, les Cohanim font référence au commandement de bénir les juifs bé’aava, avec les 15 mots de la bénédiction des Cohanim que D. a amoureusement donné à Son peuple.

<—–>

-> « Ainsi bénirez-vous les enfants d’Israël, dis-leur » (amor laèm – אָמוֹר לָהֶם – Nassso 6,23).
Le midrach (Bamidbar rabba 11) explique : « Le verbe « amor » est écrit d’une façon pleine, avec un vav (אָמוֹר), pour montrer que vous devez les bénir avec recueillement et de tout cœur, afin que la bénédiction soit opérante. »

Selon le Nétsiv, cela nous enseigne qu’un Cohen doit avoir une intention sincère (kavanat halèv) afin que ses bénédictions marchent pleinement.
C’est en ce sens que nos Sages ont inclus dans le texte de la birkat Cohanim, le terme : « aava » (amour).
[Avant de réciter leur bénédiction, les Cohanim doivent réciter les mots suivants : « Qui nous a sanctifié avec ses commandements et qui nous a ordonné de bénir Son peuple d’Israël avec amour » (bé’aava – cf.Choul’han Arou’h – Ora’h ‘Haïm 128,11 ; et Magen Avraham 18)]

-> Le Zohar (paracha Nasso) enseigne : « Si un Cohen n’éprouve pas de compassion à l’égard de ses prochains, ou si les gens ne sont pas animés d’un tel sentiment à son égard, il ne peut les bénir, comme il est écrit : « Celui qui a un œil bienveillant sera béni » (Michlé 22,9).
Ne lis pas « yévora’h » (sera béni), mais « yévaré’h » (bénira). »

-> « Un Cohen qui est détesté par la communauté ou qui lui-même l’a en abomination, se mettrait en danger en la bénissant!
De ce fait, s’il lui est vraiment impossible de dominer son instinct et de retirer la haine de son cœur, il lui incombe de quitter l’office avant le rétsé.
Car la bénédiction stipule explicitement : « de bénir Son peuple, Israël, avec amour ». »
[michna Broura 127,20]

<—>

-> Rabbi Yéhochoua ben Lévi (guémara Soucca 38b) dit que chaque Cohen qui bénit l’assemblée (tsibour) est lui-même béni, mais celui qui ne bénit pas l’assemblée n’est pas béni.
Le Ben Ich ‘Haï (Ben Yéhoyada) interroge : N’est-ce pas évident? Que nous apprend de nouveau Rabbi Yéhochoua ben Lévi?

Le Ben Ich ‘Haï de répondre :
La bénédiction des Cohanim se termine par le mot : « aava » (amour). Nous apprenons de là qu’il n’est pas suffisant qu’un Cohanim bénisse le peuple juif uniquement avec sa bouche, la bénédiction doit également venir du plus profond de son cœur, avec amour.

Deux fois la guématria du mot : « aava » (אהבה – amour), est égale à 26, qui est la guématria du Nom de D. (יהוה).
Un Cohen a besoin de 2 formes d’amour pour bénir la nation juive : un amour avec sa bouche (aava bépé) et un amour avec le cœur (aava bélev).
Si la bénédiction des Cohanim (birkat Cohanim) est réalisée comme il le faut, alors le Cohen place le Nom de D. sur le peuple juif, comme il est écrit : « Qu’ils placent Mon Nom sur les enfants d’Israël, et Je les bénirai » (Nasso 6,27).

C’est cela la nouveauté de l’enseignement de Rabbi Yéhochouva ben Lévi. On aurait pu penser qu’un Cohen qui bénissait la nation juive avec sa bouche, serait également béni. Mais il nous apprend que le verset nous avertit, que si un Cohen ne bénit pas le peuple juif avec les 2 formes d’amour (bouche et cœur), il n’est pas béni.
[Ben Ich ‘Haï – Ben Yéhoyada – guémara Soucca 38b]

<————————->

« Ainsi bénirez-vous les enfants d’Israël, en leur disant (amor lahém) » (Nasso 6,23)

-> Rachi commente : « le mot « amor » est écrit avec un vav, pour marquer qu’on ne doit pas les bénir à la hâte et avec précipitation, mais avec recueillement et de tout cœur. »

-> Rabbi Lévi Yits’hak de Berditchev fait remarquer que le mot : amor (en disant – אָמוֹר), signifie aussi : « amour », comme dans le verset : « Et Hachem t’a aimé (éémiré’ha – הֶאֱמִירְךָ) aujourd’hui ».

Le Rabbi de Berditchev dit que c’est ainsi uniquement celui qui aime les enfants d’Israël qui a le droit de les bénir.
[si tu veux les bénir, il faut « amor lahém » : les aimer]

<—>

-> « Ainsi bénirez-vous les enfants d’Israël »
La Torah fait ici allusion au fait qu’il convient de bénir chacun tel qu’il est.
On ne doit pas attendre qu’il se se parfasse et devienne un tsadik pour le bénir.
« Ainsi » = c’est-à-dire « tel qu’il est », « ainsi qu’il est », « vous bénirez les enfants d’Israël »
[l’Admour de Modzits]

<—>

-> https://todahm.com/2019/01/23/9306

<—>

+ « Moché dit à Aharon : C’est cela dont avait parlé Hachem, en disant : ‘Je serai sanctifié par ceux qui Me sont les plus proches et Je serai glorifié devant tout le peuple’, et Aharon se tut » (Chémini 10,3)

-> Le Ménorat haMaor enseigne qu’en récompense de la grande humilité démontrée par Aharon (telle est la volonté de D., et j’accepte avec amour de ne pas comprendre pourquoi mes 2 enfants sont morts), il a mérité (ainsi que ses descendants) de pouvoir bénir tout le peuple juif par la bénédictions des Cohanim (birkat Cohanim), qui contient 60 lettres, comme la guématria du mot : « il se tut » (vayidom – וַיִּדֹּם).

-> La guémara (Roch Hachana 28b) enseigne qu’un Cohen n’a pas le droit d’ajouter une bénédiction au texte d’origine de la birkat Cohanim.
Le Méïri précise que même si sans faire exprès, un Cohen accorde une bénédiction supplémentaire, il transgresse l’interdit d’ajouter (bal tossef).