"Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël en leur disant" (Nasso 6,23)

-> On déduit de ce verset que les Cohanim doivent se tourner vers le peuple pour les bénir. Mais apparemment, il aurait peut-être été plus logique qu'ils se tournent vers Hachem pour Lui demander qu'Il bénisse le peuple.
Le Maguid de Douvno propose le récit d'un père, qui voit son fils se dévoyer et décide de le sortir de sa maison sans ressource, pour le pousser à réfléchir et se ranger. Un jour, un proche se mit à sensibiliser le père et lui dit : "Ton fils est en train de tourner dans les rues, sans même un pull malgré le froid de l'hiver. Puis-je te demander au moins de lui faire parvenir un habit chaud?"
Le père lui répondit : "J'entends ta requête, mais moi je souhaiterai te demander de me permettre de lui faire parvenir ce pull".
Voyant qu'il ne comprenait pas, le père expliqua : "J'aime mon fils et je ne souhaite que l'aider. Mais je suis contraint de sévir pour le pousser à changer. Si tu l'aides à s'arranger, je ne demanderai pas mieux que de le rapprocher!"

=> De même, Hachem n'attend que de pouvoir accorder Ses Bénédictions à Israël. C'est leurs mauvais comportements qui bloquent.
Ainsi Hachem dit aux Cohanim : ""Dites leur!" Je vous en prie, adressez-vous à Mon peuple pour les diriger sur la bonne voie. Parlez-leur! Et Moi, Je les bénirai sans attendre".

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+ "Ainsi vous bénirez les enfants d'Israël en leur disant (amor laèm)"

=> Les mots "en leur disant" semblent superflus, le message aurait était compris sans. Si les Cohanim bénissent les juifs c'est forcément qu'ils vont dire ces mots.
Ainsi qu'est-ce que la Torah souhaite nous enseigner par cela?

-> Le Maguid de Koznitz explique que les juifs sont appelés : "les enfants d'Hachem" (Réé 14,1), et ainsi envers Ses enfants Hachem ne désire que pouvoir les combler de Son amour et de toutes Ses bénédictions, car le monde n'a été créé que pour les juifs (voir midrach Vayikra rabba 36,4).
Qu'est-ce qui empêche de recevoir de telles bénédictions et de vivre tout le bien que Hachem désire nous donner?
C'est notre mauvais penchant, nos sentiments et pensées négatifs.
Le roi David écrit : "Je suis avec lui dans le malheur" (Téhilim 91,15) = pour ainsi dire, Hachem est peiné lorsque nous ne sommes pas capables de recevoir les bénédictions qu'Il désire nous donner.

Le Maguid de Koznitz dit que c'est pour cela que Hachem a répété à la fin du verset : "amor laèm" (lit. dites-leur!).
Au premier abord, il semble que ces mots font référence à la mitsva de birkat Cohanim, mais cependant ces mots introduisent une autre mitsva. Hachem ordonne à Aharon le Cohen Gadol et à ses enfants de "dites-leur!" = rappeler aux Bné Israël à quel point Hachem peut et désire leur donner tellement de belles choses. Ils devaient les renforcer et les inspirer à continuer d'observer Ses mitsvot et à étudier la Torah, car grâce à cela les juifs se rapprochent de Lui. [encore plus qu'un parent, Hachem est peiné de nous voir éloignés de Lui par cause de nos avérot]
Ce n'est qu'une fois que les juifs comprennent et reconnaissent à quel point ils sont précieux aux yeux d'Hachem, que Aharon et ses enfants [les Cohanim] peuvent les bénir. En effet, c'est l'état de nos récipients et des conduits qui va nous permettre de recevoir les infinies bénédictions dont Hachem désire nous combler.

[plus nous reconnaissons que tout ne vient que d'Hachem (émouna en Lui), plus nous faisons téchouva (forte aspiration à vouloir être meilleur), et plus nous faisons de notre mieux pour agir selon Sa volonté, alors le plus nous sommes aptes à provoquer et réceptionner les flux Divins de bénédiction dont papa Hachem souhaite tellement nous donner.
A l'inverse, en fautant, nous causons de la peine à Hachem qui nous voit s'éloigner de Lui, et qui pourra alors moins nous donner de bonnes choses, et si l'on peut dire, c'est une chose terrible pour Lui! ]

Ainsi, la birkat Cohanim doit nous rappeler à quel point Hachem nous aime, à quel point nous sommes précieux à Ses yeux.
Lui qui a tout et peut tout, ne désire que nous combler du meilleur (matériellement et spirituellement). A nous de jouer!

"Parle ainsi à Aharon et à ses fils : Voici comment vous bénirez les Bné Israel ; vous leur direz ..." (Nasso 6,23)

-> Le Ben Ich 'Haï (Bénayahou - Roch Hachana 38a) fait le commentaire suivant :
Le mot : "Ko" (voici comment - כֹּה), nous apprend qu’il faut être face aux Cohanim pendant la bénédiction, et que ceux qui sont sur les cotés ou derrière ne la reçoivent donc pas. [pendant la birkat Cohanim, pour pleinement absorber les bénédictions, on doit faire face aux Cohanim, et ne pas leur tourner le dos, ou être de côté]
Par contre, ceux qui sont déjà aux champs (la journée de travail officielle débutait dès le lever du soleil, et les ouvriers priaient en travaillant) et qui ne peuvent pas être présents, peu importe leur endroit ou leur orientation face aux Cohanim, eux, la reçoivent, car ils sont "Anoussim" (contraints et forcés).

Seulement une question se pose, même s’il est compréhensible qu’une personne contrainte ne peut pas être punie si elle fait une faute (avéra) ou si elle ne fait pas une mistva, mais de là à aller jusqu’à récompenser la personne malgré l’absence d’action, cela nécessite un éclaircissement.
La réponse réside dans la différence fondamentale qui existe entre les affaires humaines et les affaires célestes. Les premières se règlent à l’aide de la justice et de la rigueur, et il est donc normal que celui qui ne vient pas travailler ne reçoive pas salaire, par contre les affaires célestes se règlent à l’aide de la miséricorde et de la bonté, et c’est pour cela que la personne qui voulait faire une mitsva et qui en a été empêchée est considérée comme l’ayant faite.
Mais il y a une condition pour cela, afin de parvenir à un traitement par bonté et miséricorde, il faut soi-même servir Hachem avec amour et non juste par crainte.

Il en ressort, que les ouvriers aux champs ne reçoivent la bénédiction que s’ils servent Hachem avec amour, et c’est pour cela qu’ils sont mieux placés que ceux qui sont à la prière mais qui restent derrière ou sur les côtés.

"Celui qui présenta le premier jour son offrande" (Nasso 7,12)

-> Le Steïpler (le rav Yaakov Kanievsky) dit qu'on est obligé de dire que la Torah vient du Ciel et a été donnée à l’époque de Moché et non qu’au cours des dernières générations quelqu’un s’est levé et a inventé la Torah. Il y a une preuve évidente dans la Torah
du fait qu’elle n’a pas été créée par des hommes.

En effet, la paracha Nasso raconte l’offrande des 12 chefs de tribus : Celui qui a offert le 1er jour, le 2e jour, le 3e jour, et ainsi de suite.
Si c’était un homme qui avait écrit cela, se serait-il donné la peine de réécrire la même chose exactement 12 fois?
Il se serait contenté de décrire le déroulement de l’offrande, qui avait offert quel sacrifice et comment, et c’est tout.
Ce n’est pas autre chose qu’un témoignage fiable que la Torah a été donnée du Ciel, par la main de Moché.

"Lève la tête (compte) des enfants de Guerchon eux aussi" (Nasso 4,22)

-> L'expression "Lève la tête" employé pour désigner le fait de compter connote la notion d'encouragement.
Les enfants de Kehat ont bénéficié en premier lieu de cette expression. Mais pourquoi pour Guerchon, la Torah ajoute les termes : "eux aussi"?

En fait, le travail de Kehat, qui était de porter l'arche sainte et les ustensiles du Michkan était plus noble que le travail de Guerchon de porter les rideaux, couvertures, toiles ... du Michkan.
On aurait pu penser que Kehat est donc plus grand que Guerchon.
La Torah veut nous apprendre ici que l'essentiel est de faire ce qu'Hachem nous demande. Il n'y a aucune différence entre celui qui a un grand rôle et celui dont le travail est plus simple. Tant qu'ils font leur mission comme il se doit, pour l'Honneur d'Hachem et le respect de Ses Ordres, ils sont alors égaux.
Ce qu'Hachem attend de l'homme c'est qu'il fasse ce qu'il doit faire, lui. Quand c'est le cas, il obtient sa perfection, au même titre que celui qui remplit une mission plus haute.
C'est pourquoi, la Torah dit : "Lève la tête des enfants de Guerchon eux aussi" = pour dire qu'ils sont égaux à Kéhat. Ne pensons surtout pas que la grandeur d'une personne dépend du niveau
du travail. Tout dépend du fait de faire son ''job'' comme il se doit, pour réaliser la Volonté Divine et pour Sa Gloire.
[rabbi Moché Feinstein - Darach Moché]

[c'est notre vision humaine qui nous pousse à envier ce que font d'autres personnes en pensant à tord qu'ils réalisent des choses plus appréciées par D.
C'est dommage de se gâcher la vie, car en vérité aux yeux d'Hachem, nous sommes tous autant aimés (les grands rabbanim et les "simples" juifs), pour peu que nous fassions du mieux que nous pouvons.]

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-> "Lève la tête" (nasso ét roch - 4,22)

Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°369) enseigne :
"Une fois que nous avons reçu la Torah à Shavouot, c’est le moment où chacun doit étudier plus encore.
C’est pourquoi cette parachah est [la plus] longue : pour nous enseigner que si l’on se consacre à la Torah, il ne faut pas choisir le chemin le plus court, mais justement le chemin le plus long.
Et quand nous parlons d’un chemin long, cela signifie prolonger le temps d’étude et ne pas chercher à le raccourcir
en regardant continuellement sa montre ... pour savoir quand il va enfin se terminer.

Nous apprenons cette leçon de la parachat Nasso, qui est la parachah la plus longue de toute la Torah. Elle s’appelle Nasso : c’est un mot qui évoque l’élévation (hitnassout).
En effet, le but de la Torah est d’enseigner à l’homme comment s’élever ...
Nasso désigne l’élévation.
Non pas pour se sentir supérieur aux autres et se dire qu’on est meilleur qu’eux, mais s’élever soi-même, être quelqu’un de moral, savoir se conduire dans la vie, et travailler sur soi-même pour grandir dans le service
de Hachem.
Malheur à l’homme qui lève la tête sans être rempli de qualités pour le service de D.!

Dans la parachat Nasso, la Torah parle à quiconque veut s’élever dans l’étude de la Torah, arriver à des niveaux supérieurs et être enflammé par l’étude. Il doit aspirer à s’élever encore et encore, car la progression dans le service de Hachem n’a aucune limite.
C’est pourquoi la Torah vient nous dire d'élever la tête (nasso ét roch) : l’essentiel de l’aspiration doit commencer par la tête."

"Que Hachem lève Son visage vers toi" (Nasso 6,26)

-> Les anges du service ont demandé à Hachem : Pourquoi manifestes-Tu de la partialité [littéralement: lèves-Tu Ton visage] envers les bnei Israël, alors qu’il est écrit dans Ta Torah de ne pas être partial?
Hachem leur a répondu : "Comment est-ce que Je ne serais pas partial envers eux, alors que J’ai écrit dans Ma Torah "tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras", et eux font déjà attention à partir d’un kazayit" (guémara Béra'hot 20 & Midrach).

=> La question se pose de savoir en quoi le fait de faire attention à partir d’un kazayit est une partialité envers Hachem.
En général, quand quelqu’un reçoit un cadeau d’une personne importante, même si c’est un petit cadeau de peu de valeur, il lui attribue tout de même une grande valeur à cause de l’importance de celui qui l’a donné.
Les juifs sont partiaux envers Hachem en cela que même si ce qu’Il leur a donné est peu, c’est à leurs yeux un cadeau important au point de dire une bénédiction dessus, parce que celui qui donne leur est cher.
C’est pourquoi Hachem Lui aussi est partial envers eux et accepte leur service minime en lui accordant une grande importance, car il a été exécuté par des hommes en dépit de leur peu de possibilité et de leur compréhension limitée. C’est une mesure pour mesure.
[Kol Sim’ha]

[d'une certaine façon en acceptant et en étant heureux de ce que Hachem nous donne (même si c'est peu par rapport à ce que l'on voudrait), alors on donne la possibilité à D. d'accepter nos petites actions en y accordant une importance énorme.]

"Les chefs d'Israël, chefs de leur maison paternelle, apportèrent des offrandes" (Nasso 7,2)

-> Lors de l’inauguration du Michkan, les princes (nassi) d’Israël, chefs de tribus, voulurent procurer une satisfaction au Maître du monde en offrant des sacrifices dans Son sanctuaire en l’honneur de ce grand jour, où Sa Présence allait venir y reposer.
Les princes voulurent offrir leurs sacrifices de la façon la plus parfaite possible, pour procurer le maximum de plaisir à leur Père céleste. Et comment procédèrent-ils?

Le midrach (Bamidbar Rabba 14, 12) nous dit :
"Rabbi Chimon dit : Que veut dire le Talmud par ces termes “de la part des princes d’Israël”?
Cela nous apprend qu’ils se sont portés volontaires par eux-mêmes, et que leur sacrifice était équivalent, tant au niveau de la longueur, de la largeur que du poids, et qu’aucun d’entre eux n’a offert un sacrifice de plus que son ami, car s’il avait offert un sacrifice de plus que son prochain, aucune de ces offrandes n’aurait permis de repousser la pratique du Shabbath.
Hachem leur dit : Vous vous êtes mutuellement témoignés du respect, et Je vous traite avec égard en vous permettant d’offrir un sacrifice le jour de Mon Shabbath, de sorte à éviter une interruption de vos sacrifices."

Le Hafets ‘Haïm enseigne que les princes d’Israël connaissaient le secret : ils savaient que le meilleur moyen de réjouir notre Père Céleste consistait à offrir exactement le même sacrifice, à l’identique, sans accorder aucune préférence pour l’un ou l’autre.

La joie ressentie par Hachem grâce à leurs sacrifices, serait parfaite ; aucune trace de tristesse n’y serait dissimulée en raison d’une jalousie de l’un envers l’autre. Son plaisir serait extraordinaire en observant tous Ses fils s’aimer et se respecter de la sorte.
Et en effet, les princes eurent droit à un mérite exceptionnel grâce à cette attitude, et bien que selon la stricte loi, le sacrifice des princes ne reportât pas le respect du Shabbath (une offrande volontaire individuelle n’est pas censée repousser le Shabbath), malgré tout, Hachem leur a en quelque sorte transmis le message suivant : Puisque vous avez manifesté du respect l’un pour l’autre, Je vais Moi aussi vous en manifester, et pour éviter une interruption entre vos sacrifices, Je vous permets également d’offrir vos sacrifices le jour du Shabbath.

Plutôt que de tenter d’acquérir de l’honneur par le biais de la haine et de la concurrence, les princes en ont acquis à bien plus grande échelle, par le biais de l’amour fraternel et du respect du prochain.
Lorsque chacun tente de profiter de tout ce que ce monde propose, sur le compte d’autrui, il est capable de réussir ... mais honte à une telle réussite ; elle est tellement limitée et maigre.
En effet, comment l’homme peut-il accéder à l’honneur, à la richesse, ou à la réussite par ses efforts?

Nous vivons parfois avec le sentiment que la réussite vécue par l’une de nos connaissances se fait sur notre compte, et en conséquence, ne la voyons pas d’un bon œil ... or, bien entendu, c’est une erreur. Pour Hachem, cela ne fait aucune différence si vivent sur terre un seul homme ou des milliards d’entre eux. Il n’a aucune difficulté à nourrir toutes Ses Créatures en comblant tous leurs besoins, tout comme Il nourrit et sustente de la plus grande à la plus petite d’entre elles.

Mais ce n’est pas tout, c’est même tout le contraire : non seulement notre désir de voir réussir notre prochain ne porte pas ombrage à notre propre réussite, mais nous bénéficierons d’une abondance illimitée du Ciel, tout en procurant de la satisfaction au Maître du monde en ce que nous désirons le bien de Ses enfants bien-aimés.

[compilation personnelle d'un divré Torah issu de la Voie à suivre n°1025]

La femme Sota (soupçonnée d'infidélité conjugale) a jeté son regard sur un homme qui ne lui est pas approprié.
Elle n'obtient pas ce qu'elle désirait, et de plus ce qu'elle possédait lui est retiré, car quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n'obtiendra pas ce qu'il désire et se verra privé de ce qu'il possède ...

De même, Caïn, Kora'h, Bil'am, ... et Haman n'ont pas obtenu ce qu'ils convoitaient, et de plus ont perdu ce qu'ils possédaient.

[guémara Sota 9a-b]

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=> "Quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n'obtiendra pas ce qu'il désire et se verra privé de ce qu'il possède" :

-> Le Ben Ich 'Haï enseigne que cela obéit au principe de mesure pour mesure (mida kénéguéd mida).
En effet, en jetant son regard et en convoitant ce qui n'est pas à lui, au lieu de concentrer son regard directement sur ce qui est à lui, cette personne a inversé et déformé sa vision.

En réciprocité, les lettres de l’œil (ayin - עין), organe de la vision, vont être inversées pour donner le mot : ani (pauvre - עני), ce qui fait allusion au fait qu'il s'appauvrira de tout ce qu'il possédait.

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou - tome.2,p.63) commente cette guémara ainsi :
Ceux qui ont vécu dans ce monde-ci en étant attachés à Hachem et à la spiritualité, éprouveront une plénitude de l'âme même dans ce monde-ci, selon le verset : "Ce qui M'aiment hériteront l'être (yéch) dans ce monde-ci et Je remplirai leur trésor" (Michlé 8,21).

En effet, leur être (yéch) dans ce monde-ci est entièrement à l'intérieur d'eux-mêmes et ils n'aspirent en rien à tout ce qui se trouve en dehors de leur être. Ils ne dépendent donc pas des sollicitations extérieures à leur être, et sont donc heureux de leur sort.

Par contre, ceux qui ont vécu dans ce monde-ci uniquement pour la satisfaction de leurs désirs matériels, qui sont extérieurs à eux-mêmes, détruisent leur véritable personnalité (leur yéch).
En courant derrière ces plaisirs matériels, hors de leur être, ils ne seront jamais satisfaits de leur sort.

C'est pourquoi Hillel dit : "Si je ne suis pas pour moi-même, qui sera pour moi?" (Pirké Avot 1,14), c'est-à-dire : "Si je ne possède pas ma véritable personnalité, je n'ai rien à espérer".

Nous pouvons ainsi comprendre la guémara (ci-dessus) : "Celui qui convoite ce qui n'est pas en lui (qui est en dehors de son être) n'obtiendra pas ce qu'il recherche, car il ne pourra jamais combler ses désirs et restera en manque ; de plus, il perdra ce qui est à lui, c'est-à-dire qu'il perdra sa véritable personnalité et son contenu intérieur."

La birkat Cohanim

+ La birkat Cohanim (Nasso 6,22-27) :

-> Le midrach rapporte que : "Le peuple juif dit à Hachem : "Tu as ordonné à Tes Cohanim de nous bénir. Mais nous n'avons pas besoin de leur bénédiction car Tu peux nous bénir Toi-même ..."
Hachem répondit au peuple juif : "Bien que J'aie ordonné aux Cohanim de vous bénir, les bénédictions ne proviennent pas d'eux mais de Moi. Je me tiendrai au-dessus d'eux pour vous bénir"."

-> Lorsque les Cohanim élèvent les mains pour bénir le peuple juif, Hachem est présent au-dessus d'eux, comme il est écrit : "Voici, Il se tient derrière notre mur, Il regarde par les fenêtres, Il entrevoit par le treillis" (Chir haChirim 2,9).

Lorsque les Cohanim récitent debout la bénédiction, la Présence Divine est là, regardant par les "fenêtres", c'est-à-dire par les espaces séparant leurs doigts écartés. A travers ce "treillis", Hachem observe Israël pour le bénir.

La Torah dit donc : "Ils lieront ainsi Mon nom aux juifs et Je les bénirai" (Nasso 6,27).
Hachem déclare : "Ne pensez pas que ce soient les Cohanim qui octroient la bénédiction. Il leur faut seulement prononcer Mon Nom dans la birkat Cohanim, et J'accorderai Ma bénédiction".

C'est également un précieux cadeau fait aux Cohanim d'être les intermédiaires de l'influence bienfaitrice Divine. Cela constitue le 25e privilège que D. leur a accordé. Les 24 autres sont les diverses dîmes et offrandes.
La nature de cet avantage est sous-entendue dans l'expression : "Voici comment vous bénirez les juifs". Quiconque bénit le peuple juif est à son tour béni par Hachem, comme il est écrit : "Je bénirai ceux qui te bénissent" (Béréchit 12,3).
Le 25e bénéfice des Cohanim leur revient donc grâce à la birkat Cohanim.

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-> Nos Sages enseignent qu'il est interdit de regarder les Cohanim lorsqu'ils récitent la bénédiction des Cohanim, car comme la Présence Divine les accompagne, cela peut être nuisible pour la vue.
C'est la raison pour laquelle les hommes se couvrent le visage de leur talith lorsqu'ils reçoivent la bénédiction des Cohanim.
[A ce sujet,] Nos Sages enseignent qu'Its'hak devint aveugle notamment parce qu'il avait regardé la Présence Divine lorsqu'il avait été attaché sur l'autel de la Akéda.
[Méam Loez - Dévarim 1,5]

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-> Lorsque les Lévi'im ont proclamé les bénédictions et les malédictions, une partie des Bné Israël se tenait sur le mont Guérizim et l'autre sur le mont Eval, avec l'arche de D. au centre.
Les Lévi'im ont dirigé leur visage vers les Bné Israël, présentant le dos à l'arche, afin de témoigner du respect au peuple (cf. Dévarim 25,9).
De même, lorsque les Cohanim récitent la bénédiction des Cohanim, ils sont tournés vers les Bné Israël [bien qu'ils donnent le dos à l'arche] afin de faire preuve de respect envers leurs prochains.
[Méam Loez - Dévarim 1,16]

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-> "Ils imposeront ainsi Mon Nom sur les enfants d’Israël, et Moi, Je les bénirai" (Nasso 6,27)

-> Quand un homme est célèbre et honoré des autres, son épouse, surnommée "femme d’untel", en retire aussi de l’honneur.
S’il en est ainsi, l'Avodat Israël (rabbi Israël Hofstein), les enfants d’Israël sont plus honorables que les anges célestes, du fait que le Créateur les appelle par Son Nom. Nous sommes comme Sa fiancée, comme il est dit : "Alors, Je te fiancerai à Moi pour l’éternité".
Tel est le sens de notre verset : "Ils imposeront ainsi Mon Nom sur les enfants d’Israël" = ils seront désignés par le Nom de D., car ils constituent Son peuple bien-aimé. Par conséquent, "Je les bénirai" de toutes les bénédictions, tandis que toute l’armée céleste s’accordera sur le fait que l’honneur du peuple juif est aussi celui d'Hachem.

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-> "Voici comment vous bénirez les bnei Israël, dites-leur: que Hachem te bénisse ... Mettez Mon Nom sur les bnei Israël et Je les bénirai" (6,27)

Nos Sages disent (Tan’houma Pin’has) : "De même que leurs visages ne se ressemblent pas, leurs opinions ne se ressemblent pas". Par conséquent, comment est-il possible de bénir tout Israël avec une seule bénédiction globale et une seule formulation qui comprenne tout? En effet, celui-ci veut des enfants et celui-là de l’argent, celui-ci poursuit les honneurs, ...

C’est pourquoi la Torah n’a pas ordonné que les Cohanim bénissent Israël par des bénédictions détaillées et spécifiques, car de cette façon il est impossible de bénir tout Israël en une seule bénédiction. Elle a donc dit que les Cohanim ne bénissent pas Israël par différentes bénédictions, mais disent à tout le monde que Hachem les bénira.
En effet, Hachem qui sonde les cœurs et connaît les pensées donnera la bénédiction qui convient à chacun.
Il est écrit : "Voici comment vous bénirez les bnei Israël, dites-leur", qu’ils disent à tout le monde : "que Hachem te bénisse", qu’ils mettent seulement Mon Nom sur les bnei Israël et Moi Je les bénirai [chacun recevant ce qu'il y a de mieux pour lui!].
[Atéret Paz]

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-> Le Tsor haMor enseigne :
Bien que Hachem ait ordonné aux Cohanim de bénir le peuple d’Israël, c’est tout de même Lui qui bénit et qui approuve, par l’intermédiaire des Cohanim.
C’est pourquoi Il a dit : "Ils mettront Mon Nom sur les bnei Israël" = les Cohanim ne font que prononcer la bénédiction et les saints Noms, mais D. est Celui qui réalise cette bénédiction à travers eux.

Par ailleurs, quand les Cohanim connaissaient le Nom de D., Hachem répandait Sa bénédiction et les mots étaient placés dans la bouche du Cohen.

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-> "Voici comment vous bénirez les bnei Israël" (Nasso 6,23)
=> Pourquoi est-ce que ce sont les Cohanim qui ont été choisis pour bénir les bnei Israël chaque jour?

Le Beit Aharon rapporte l'explication suivante :
"Le Maharcha a commenté la formule fixée par nos Sages "pour bénir Son peuple Israël avec amour" (Sota 38b) en déclarant qu’une bénédiction se concrétise selon l’intention de celui qui la prononce. Il convient donc que la bénédiction émane d’une personne qui porte un regard positif et qui désire la donner.
Ainsi, l’efficacité d’une bénédiction dépend de la volonté réelle de celui qui la prononce.

Mais puisque nous ne pouvons pas prétendre être au niveau d’aimer chaque membre d’Israël du plus profond de notre cœur, D. a choisi les Cohanim, qui sont évidemment intéressés par l’entière réussite du peuple. En effet, leur subsistance dépend des offrandes données par les bnei Israël, et qu’ils reçoivent en qualité de prêtres (Cohanim).
Ainsi, plus la bénédiction répandue sur les bnei Israël est importante, plus leur contribution pour les cohanim sera abondante.
C’est la raison pour laquelle nous sommes assurés que leur bénédiction proviendra du plus profond de leur cœur et qu’elle se réalisera."

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-> Le 1er verset de la birkat Cohanim (v.6,24) est composé de 3 mots qui évoquent les 3 Patriarches : Avraham, Its'hak et Yaakov : Hachem nous accorde les bénédictions grâce à leur mérite.
Le 2e verset (v.6,25) contient 5 mots. Ceci nous apprend que nous sommes bénis grâce aux 5 Livres de la Torah.
Le 3e verset (v.6,26) renferme 7 mots qui correspondent aux 7 firmaments.

De plus, les 3 mots du 1er verset correspondent aux 3 hommes appelés à la lecture de la Torah le lundi et le jeudi.
Les 5 mots suivants du 2e verset, évoquent les 5 hommes appelés à la lecture les jours de fête (Yom Tov).
Enfin, les 7 mots du dernier verset correspondent aux 7 hommes appelés à la Torah le Shabbath.

Au cours d'une semaine normale, sont donc appelés à la Torah 8 juifs non Cohen ou Lévi (6 le Shabbath : 5 le matin et un l'après-midi à min'ha, un le lundi et un le jeudi) et 8 Lévi'im (4 Lévi'im et 4 Cohanim), soit 4 le Shabbath, 2 le lundi et 2 le jeudi.
Nos Sages établirent cette répartition afin d'éviter toute discorde entre Lévi'im et autres juifs, et matérialiser les derniers mots de la bénédiction : "et t'accorde la paix".

De plus, le 1er verset comprend 15 lettres, correspondant à la valeur numérique du Nom Divin : youd - hé (יה).
Le 2e verset comporte 22 lettres, valeur numérique de : hé - youd - hé (היה).
Les 25 lettres du 3e verset correspondent à : youd - hé - youd (יהי).
Ensemble, ces lettres nous apprennent que Hachem existait par le passé (haya - היה), existe au présent (hové - יה) et existera dans le futur (yiyé - יהי).
[ "Avec le nom [Youd-Hé - יה], Hachem fonda le monde" = avec ces 2 lettres le monde fut créé" (guémara Ména'hot 29b)]
Il était avant d'avoir créé le monde, Il existe dans le présent et Il continuera à être éternellement.

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-> Les 3 versets composants la birkat Cohanim étaient inscrits sur le lit du roi Salomon pour le protéger :
"Voici, la couche de Salomon avec ses 60 guerriers autour d'elle, parmi les puissants d'Israël" (Chir haChirim 3,7).
Ce verset ne veut pas dire littéralement que 60 soldats entouraient le lit du roi Salomon.
Ce roi puissant et intrépide n'avait pas besoin d'une garde de 60 hommes.
Ce verset fait plutôt allusion aux 3 versets de la bénédiction des Cohanim dont les 60 lettres, correspondant à différents Noms Divins, étaient gravées autour de son lit.

Lorsque les Cohanim prononcent cette bénédiction, ses 60 lettres montent vers les royaumes célestes.
Elles sont prises par 60 anges dont chacun est associé à l'une d'elles et leur nombre correspond aux 600 000 juifs.
Après avoir ratifié les bénédictions des Cohanim, les anges présentaient les lettres devant le Trône de Gloire et Hachem les ratifiait Lui aussi.
Tel est le sens de : "Ainsi, ils lieront Mon Nom aux juifs et Je les bénirai".
[...]

[Bien que les Cohanim bénissent tout le peuple juif (une pluralité de personnes), ils le font en utilisant le singulier. Pourquoi cela?]

En réalité, ces bénédictions se réalisent seulement lorsque le peuple juif est uni comme un seul homme.
Les mots de la bénédiction font comprendre à chaque juif : "Ces bénédictions te parviendront à la condition que vous soyez unis. Si la discorde vous sépare, tu n'en bénéficieras pas".

La conclusion de la bénédiction : "et t'accorde la paix" va dans le même sens. La bénédiction se matérialise à condition que la paix règne parmi nous car la paix est la condition essentielle de la bénédiction.

-> b'h, à propos de la paix : http://todahm.com/2019/07/08/la-paix

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-> La bénédiction des Cohanim fut prononcée pour la 1ere fois le 1er Nissan, jour où Hachem fit reposer Sa Présence dans le Michkan.
Ce jour-là, les juifs étaient comparables à une mariée entrant sous le dais nuptial. De même que 7 bénédictions sont récitées lors d'un mariage, les juifs reçurent la bénédiction des Cohanim.

Nous remarquons que dans le verset : "Ils lieront Mon Nom aux juifs et Je les bénirai" (וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי עַל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַאֲנִי אֲבָרְכֵם - Nasso 6,27), les lettres qui composent le Nom Divin (יהוה) apparaissent 7 fois (4 fois le youd, et 3 fois le vav).

[la lettre zayin (ז) a 7 pour valeur numérique. Sa forme pointue rappelle celle d'une arme (klé zayin)]
Ceci implique que la bénédiction des Cohanim protège le peuple juif comme une arme.

De plus, nous trouvons dans le verset : "Le jour où Moché termina d'ériger le Michkan" (Nasso 7,1) où le mot : "kalot" (termina - כַּלּוֹת) est une allusion aux 7 bénédictions nuptiales. En effet, ce mot peut également désigner une mariée (kalla).

[Méam Loez]

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-> Rabbi Eliézer dit : Hachem s'adressa à Avraham en disant : "Depuis la création du monde, c'était Moi qui bénissais Mes créatures, mais dorénavant Je confie les bénédictions entre les mains d'Avraham, et par la suite entre les mains des Cohanim"
[midrach Nasso 11,2]

Toutefois, chaque juif qui se fait bénir par les Cohanim doit savoir que cette bénédiction provient du Ciel et qu'elle ne fait que passer par leur bouche.

-> Pour les Cohanim, c'est une mitsva de la Torah que de bénir le peuple (cf. Nasso 6,23-27).
De leur côté, les fidèles qui écoutent attentivement la bénédiction des Cohanim accomplissent eux aussi une mitsva (Biour Halakha - au nom du Séfer 'Harédim).

-> Cette bénédiction qui sort de la bouche des Cohanim est d'une importance suprême, bien qu'elle provienne parfois, d'un Cohen très simple, qui n'est pas érudit en Torah.
En effet, l'acceptation de cette bénédiction ne dépend pas du Cohen, mais émane directement de la bouche du Cohen. (Ramban chap.15,6-7 ; Ben Ich 'Haï introduction à la paracha Tétsavé).
Le Zohar écrit que le moment où les Cohanim bénissent l'assemblée est un instant privilégié où les prières sont acceptées (chaat ratsone), où les mondes supérieurs et inférieurs reçoivent leur bénédiction et leur abondance spirituelle et matérielle (Kaf ha'Haïm 128,138).

-> Chaque Cohen qui s'abstient d'accomplir cette mitsva sans raison halakhique perd l'occasion de réaliser une mitsva. Il manifeste par cela un mépris pour la birkat Cohanim et éloigne de lui la bénédiction matérielle (Kaf ha'Haïm 128,16).
Par contre, s'il accomplit la birkat Cohanim, Hachem le bénit personnellement (Ben Ich 'Haï - Tétsavé 7).

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-> Dans le Zohar, il est expliqué qu’au moment où les Cohanim prononcent leur bénédiction, la Rigueur se transforme en Miséricorde, laquelle enveloppe tous les mondes.

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-> "Voici comment vous bénirez les enfants d’Israël" (Nasso 6,23)

Dans les ouvrages saints, il est rapporté que cette grande mitsva donnée aux Cohanim de bénir le peuple éveille la miséricorde Divine, entraînant le déversement de la bénédiction sur les juifs et leur salut.

Dans son ouvrage Erets ha’Haïm, l’un des élèves du Baal Chem Tov, rapporte une kabbala au nom de Rabbi Chimchon d’Astropoli, selon laquelle certains moments de la prière sont très propices à l’agrément de nos requêtes : l’ouverture de l’arche sainte, l’élévation du séfer Torah et la bénédiction prononcée par les Cohanim à l’assemblée.
Il conclut par ce bon conseil : "Celui qui a une demande, qu’il la formule à l’un de ces moments-là et il pourra être assuré qu’elle sera exaucée".

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-> Nos Sages (Talmud de Jérusalem Sota 46,1) nous révèlent que la bénédiction des Cohanim est la ségoula que Hachem, dans Sa grande bonté, nous a accordée afin de nous protéger de toute calamité.
Citant le verset des Téhilim : "Le Tout-Puissant fait sentir Sa colère tous les jours", nos Maîtres se demandent qui peut annuler le courroux divin. Et Rabbi Abin affirme, au nom de Rav A’ha, que "la bénédiction des Cohanim en a le pouvoir".

-> La bénédiction des Cohanim est l’unique moyen de protection datant de l’époque du Temple qui est resté entre nos mains. Comme lors de ces jours d’antan, elle continue à nous protéger aujourd’hui.
Le Ramban (Béaaloté'ha) souligne que c’est le vestige du service au Temple effectué par les Cohanim, et il affirme qu’à notre époque, le service des sacrifices n’existe plus et les Cohanim ne l’effectuent plus, mais il nous reste cependant la bénédiction des Cohanim, seule fonction qu’ils pratiquent encore de nos jours.

Ceci rejoint les propos du Talmud de Jérusalem selon lesquels, en l’absence de Temple, où nous sommes malheureusement exposés à toutes les menaces, la bénédiction des Cohanim, qui, elle, s’est perpétuée jusqu’à nos jours, déverse sur nous la bénédiction Divine, nous protège de tout danger et mauvais décret et nous ouvre l’ensemble des portes nous permettant d’améliorer notre qualité de vie et de voir nos entreprises couronnées de succès.

-> Le Nétivot Shalom de Slonim explique la vertu de la bénédiction des Cohanim : "cadeau donné par Hachem à Son peuple ». Il ajoute que "la Torah et les mitsvot sont une aide accordée par Hachem au juif et contrebalançant tout ce qui l’éloigne ; mais, en plus de cela, le Créateur, dans Sa grande bonté, lui a donné la bénédiction des Cohanim, qui lui permet, chaque jour, de jouir de la bénédiction supérieure."

-> Le rav ‘Haïm Kanievski raconte qu’il a vu dans un ouvrage datant d’environ 100 ans (dont il ne se souvient plus le titre) que chaque mot de la bénédiction des Cohanim comprend une bénédiction particulière.
Par exemple, le terme vi’hounéka constitue une bénédiction pour les enfants ; l’expression véyassem lékha chalom, pour la paix conjugale, ...
Il ajoute que nous pouvons demander au Cohen de penser à nous quand il prononce le mot de la bénédiction correspondant au salut dont nous avons besoin, conseil s’étant bien souvent avéré efficace.
Rav Kanievsky ajoute : "Tous les jours, des gens connaissant des conflits au sein de leur foyer viennent me voir. Je pense qu’ils pourraient essayer cette ségoula".

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-> Le ‘Hida écrit que les Cohanim ont mérité de Hachem d’être ceux qui envoient l’influence des biens matériels vers les bnei Israël.
Comment ont-ils mérité cela?
A cause de la bonne conduite des Lévi'im en Egypte.

Le ‘Hida (dans son Peta’h Enayim) au nom du Chakh, explique : quand les bnei Israël ont emprunté aux égyptiens des ustensiles d’argent et d’or, dans le cadre du butin de l’Egypte, les enfants de Lévi ont décidé de ne rien prendre aux égyptiens, parce que cet argent revenait aux bnei Israël pour le travail qu’ils avaient effectué en Egypte pendant 210 ans. Mais comme eux, les enfants de Lévi, n’avaient pas été asservis en Egypte, ils n’avaient pas le droit de prendre du butin de l’Egypte.
Quand Hachem a vu qu’ils se dominaient en ce qui concerne l’argent, ce qui n’est pas du tout facile, Il les a estimés dignes de transmettre l’abondance des bénédictions matérielles pour la communauté d’Israël.
C’est pourquoi les cohanim sont ceux qui bénissent aujourd’hui le peuple d’Israël pour qu’il connaisse une abondance de bénédiction et de réussite.

-> Le rabbi ‘Haïm de Brisk a dit : je suis surpris de ceux qui courent au loin pour recevoir des bénédictions de tsadikim, alors qu’ils peuvent mériter cette bénédiction des Cohanim, à qui Hachem a donné la responsabilité officielle de bénir le peuple d’Israël.
C’est la signification du premier verset, "Que Hachem te bénisse et te garde" : que Hachem envoie à Israël une abondance de biens matériels et de sagesse, et les garde des voleurs, pour qu’ils ne viennent pas prendre cet argent. Et si nous cherchons des bénédictions, les cohanim, qui sont les envoyés de D., sont la bonne adresse.

-> Dans son approbation à l’ouvrage Birkat Cohanim béAhava, rabbi David Cohen (roch Yéchiva de 'Hevron), écrit : "Il y a quelque temps, je me suis rendu chez Gaon rav Steinman, qui m’a dit être très étonné que tant de gens attendant le salut dans un certain domaine cherchent à recevoir une bénédiction et sont souvent prêts à parcourir de longues distances pour cela, alors que rien ne leur garantit que cette pratique sera salvatrice. Ils ne prêtent pas attention au fait qu’ils disposent, chaque jour, d’une bénédiction dont Hachem a assuré le pouvoir de déclencher une abondante bénédiction, en l’occurrence la bénédiction des Cohanim, qu’ils ne s’efforcent donc pas d’écouter à tout prix".

-> Rabbi Moché Chmouël Schapira écrit :
Imaginons que nous entendions que le ‘Hafets ‘Haïm vient dans la ville et va bénir tous ceux qui iront le trouver : nous nous dépêcherions d’aller nous faire bénir par lui. Et s’il se répandait une rumeur selon laquelle tel tsadik qui a fait des miracles bénit ceux qui sont accablés de malheurs et que ses bénédictions se réalisent, il y aurait évidemment une longue queue au seuil de sa chambre, car tout le monde a envie d’être béni et pris en miséricorde.
Par conséquent, à combien plus forte raison il faut faire attention et se dépêcher pour ne perdre aucune occasion d’être béni par les Cohanim serviteurs de Hachem, puisque Hachem en personne promet : "Ils mettront Mon Nom sur les bnei Israël et Je les bénirai".

-> Rabbi Its’hak Weiss (dans son Eleph Ktav) écrit : "Quand un homme venait me demander de le bénir, j’avais l’habitude de lui répondre : “Puisse la brakha des Cohanim s’appliquer en ta faveur de ses 60 lettres, avec toutes les bénédictions qu’elle inclut d’après le Shass, les Midrachim et le Zohar!ˮ"

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-> Le Séfer ha’Hinoukh écrit à propos de cette mitsva :
Les Cohanim ont reçu l’ordre de bénir les bnei Israël tous les jours. Les fondements de la mitsva sont que Hachem dans Sa grande bonté désire bénir Son peuple par Ses serviteurs qui se tiennent toujours dans la maison de D., et dont toute la pensée est attachée à Son service. Leur âme est reliée tout le jour à la crainte du Ciel, et par leur mérite la bénédiction s’accomplira et ils seront bénis dans toutes leurs entreprises.

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On sait que le monde entier subsiste par le mérite de la birkat Cohanim, car il est dit dans midrach Téhilim : "Depuis le jour où le Temple a été détruit, il n’y a pas de jour où il n’y a pas de malédiction, la rosée ne descend pas bénéfiquement, et le goût des fruits nous a été enlevé ... Par quel mérite subsistons-nous? Par le mérite de la birkat Cohanim!"
[Rabbénou Bé’hayé - dans son Kad haKema’h]

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b'h, voir également :
- http://todahm.com/2015/06/23/3387
- https://todahm.com/2019/01/23/9306-2/

La femme Sota

+ La femme Sota (Nasso 5,27-31)

-> Après la combustion de l'offrande d'orge (min'hat hakénaot), la femme buvait l'eau amère.
Si elle était innocente, rien ne se produisait et elle était libre de retourner vivre avec son mari. Mais si elle s'était souillée, l'eau commençait à faire son effet : son visage devenait verdâtre, ses yeux sortaient de leurs orbites et ses organes enflaient.

Dès que ceux qui l'entouraient constataient ces symptômes, il criaient qu'on la fît sortir. Car la douleur déclenchait ses règles, ce qui interdisait sa présence sur le parvis du Temple.
Ensuite, son ventre se dilatait, ses organes sexuels se rompaient et la mort s'ensuivait.

Par miracle, à ce moment précis, l'homme avec lequel elle avait fauté mourait de façon semblable là où il se trouvait. Son ventre éclatait et ses organes sexuels se rompaient et la mort s'ensuivait.

["elle boit des eaux de la malédiction" (Nasso 5,24)]
Le mot "malédiction" (méarérim - מְאָרְרִים) a une valeur numérique de 496, soit 2 fois 248, ce qui correspond à 2 fois le nombre des organes du corps humain.
Cela nous apprend qu'à la fois l'homme et la femme coupables d'adultère mouraient.

L'épreuve de l'eau amère n'était efficace que si l'époux de la femme soupçonnée était lui-même innocent de toute faute, notamment s'il ne s'était jamais rendu coupable d'adultère. Sinon, l'eau ne causait aucune réaction.

[La guémara (Sota 28a) affirme que les eaux amères n'agissent sur la femme Sota que si son époux est net de toute faute, mais pas dans le cas contraire.
Le 'Hida enseigne que même si le mari était dévergondé comme son épouse, les eaux amères pourront avoir un effet sur sa femme, si son mari fait téchouva avant qu'elle ne boive ses eaux.]

Ainsi, si le mari se savait coupable d'une faute, il ne devait pas forcer son épouse à passer cette épreuve, de crainte qu'il ne subisse une sévère punition pour avoir causé l'effacement du Nom Divin en vain.

De plus, il gâchait la fonction disciplinaire de l'épreuve. En effet, sa femme se vanterait certainement devant ses amies d'avoir commis l'adultère, d'avoir bu l'eau et d'être sortie indemne de cette épreuve.
Ainsi, elle prétendrait que si ses amies fautaient comme elle, il ne leur arriverait rien non plus.

Du reste, à l'époque du 2e Temple où l'immoralité s'était répandue parmi le peuple et où les maris n'étaient pas irréprochables, le Sanhédrin abolit l'épreuve de l'eau amère.

Si une femme refusait de boire l'eau, on ne l'y forçait pas.
Son mari divorçait d'elle sans lui verser la somme prévue par son contrat de mariage (kétouba).
Par contre, si elle refusait de boire après l'effacement du Nom Divin dans l'eau, on l'y contraignait.

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+ L'histoire de 2 sœurs :

-> Voici l'histoire de 2 sœurs habitant dans 2 villes différentes, et qui se ressemblaient beaucoup.
Le mari de l'une d'elles devint jaloux de son épouse, et après l'avoir avertie de ne pas s'isoler avec un certain homme, exigea qu'elle passe l'épreuve de l'eau amère pour prouver son innocence.

En route vers Jérusalem, ils passèrent par la ville de la sœur de l'épouse, et la femme demanda à lui rendre visite.
Lorsqu'elles se rencontrèrent, la sœur soupçonnée dit à l'autre : "Ma chère sœur, sache que mon mari me soupçonne d'infidélité et veut me conduire à Jérusalem pour boire l'eau maudite. Que faire? Je me suis effectivement rendue coupable d'adultère!"

Sa sœur lui répondit : "Ne crains rien. Reste ici. J'irai à Jérusalem et je boirai l'eau à ta place. Rien de mal ne m'arrivera puisque je suis pure".
Elle passa les habits de sa sœur et partit pour Jérusalem. Elle but l'eau amère, et en effet rien ne se produisit.

A son retour, elle fut accueillie joyeusement par sa sœur qui l'embrassa, pleine de gratitude qu'elle lui ait sauvé la vie. Alors qu'elles s'embrassaient, la femme coupable sentit l'haleine de sa sœur. Cette odeur pénétra en elle et elle mourut sur place ...

=> Lorsque Hachem envoie l'ange de la mort pour prendre l'âme d'un homme, nul stratagème que le racha invente pour échapper à la mort ne lui sera utile.

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+ Mesure pour mesure :

-> Le sort de la femme adultère nous apprend que le châtiment subi par l'être humain correspond exactement, mesure pour mesure, à sa transgression.

[Par exemple : ]
- La femme s'est postée à l'entrée de sa maison pour que son amant la voie, le Cohen la place dévêtue à l'entrée du parvis du Temple.
- Elle a posé des fleurs dans ses cheveux pour s'embellir ; le Cohen la décoiffe et retire son foulard ;
- Elle a mis du fard, ainsi son visage devint-il verdâtre ;
- Elle a maquillé ses yeux, alors ses yeux grossissent ;
- Elle a tressé ses boucles, ses cheveux sont décoiffés ;
- Elle s'est parée de ceintures séduisantes, le Cohen l'entoure d'une corde de paille ;
- Elle a tendu sa cuisse, sa cuisse se rompt ;
- Elle a soumis son ventre à la faute, son ventre éclate ;
- Elle lui a servi des mets de choix, l'offrande qu'elle apporte est composée d'orge, un aliment pour les aliments.
L'orge symbolise également l'effronterie de la femme adultère.
Contrairement au blé, qui émerge du sol recouvert de nombreuses couches de balle, l'orge sort relativement découvert comme cette femme s'est découverte pour séduire les hommes.
[...]

- Elle a fauté en cachette et Hachem a fait connaître sa faute à tous.
[...]

La terre du Michkan mélangée à l'eau faisait allusion au sort qui attendait la femme adultère : elle allait mourir et reposer dans la terre infestée de vers ...

Les 3 choses bues par la Sota (la terre, l'eau et les lettres du Nom Divin) rappellent les 3 éléments que mentionne la michna (Pirké Avot 2,1) : "Considère 3 choses et tu n'en viendras pas à la faute :
- "d'où tu viens : d'une goutte malodorante" => il s'agit de l'eau amère ;
- "où tu vas : dans un lieu de terre et de vers" => il s'agit de la terre prise sous le Michkan ;
- "devant qui tu devras rendre compte : devant le Roi des rois, le Saint, qu'Il soit exalté" => il s'agit du Nom de D. introduit dans l'eau.

Ces 3 éléments sont mélangés à l'eau amère afin de rappeler que si la femme avait médité à ces 3 choses, elle n'aurait pas commis cette faute.

Le fait que l'eau amère lui soit donnée par un Cohen est également significatif.
Le Cohen Gadol aimait la paix et s'efforçait de la faire régner parmi les hommes.
La consommation de l'eau amère permettait de rétablir la paix entre l'homme et son épouse lorsqu'elle était innocente.
[...]

Lorsque les juifs vivaient en Egypte, les égyptiens affirmaient avoir cohabité avec les femmes juives.
De ce fait, de nombreux juifs soupçonnèrent leur épouse.
Hachem dit donc à Moché : "Je désire que tu fasses passer aux femmes l'épreuve de l'eau amère. Écris le Nom explicite, mets-le dans l'eau, et fais-leur boire cette eau".

Toutes les femmes [juives] furent mises à l'épreuve et leur innocence fut prouvée.
De fait, c'était grâce à leur moralité que les juifs furent délivrés. Hachem les mit à l'épreuve par l'eau [amère] comme on le fait à une femme soupçonnée d'adultère.
Cette épreuve leur fut administrée [à Mara], comme il est écrit : "Et là Il les mit à l'épreuve" (Chémot 15,25), afin d'ôter tout soupçon de l'esprit des époux.

Au même moment, les hommes furent aussi, de fait, mis à l'épreuve pour déterminer s'ils n'avaient pas fauté avec les femmes égyptiennes.

[Meam Loez - Nasso 5,27-31]

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-> La femme Sota (soupçonnée d'infidélité conjugale) a jeté son regard sur un homme qui ne lui est pas approprié.
Elle n'obtient pas ce qu'elle désirait, et de plus ce qu'elle possédait lui est retiré, car quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n'obtiendra pas ce qu'il désire et se verra privé de ce qu'il possède.
[guémara Sota 9a]

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-> "Le Cohen puisera de l'eau ... et prendra de la terre du sol du Michkan" (Nasso 5,17)

-> On utilise la terre, qui possède 2 propriétés contradictoires :
- d'une part, la terre est un matériau méprisable de peu de valeur et foulé par tous ;
- d'autre part, la terre fécondée par la pluie produit de beaux fruits et la nourriture de l'homme.
Ces 2 propriétés contradictoires font allusion aux 2 effets contradictoires que peuvent produire les eaux amères bues par la femme Sota :
- si son ventre gonfle et son flanc dépérit, c'est qu'elle s'est souillée et elle devient ainsi méprisable ;
- si elle reste indemne, c'est qu'elle est restée pure et produira de "beaux fruits" : une postérité de tsadikim.
[Maharcha - 'Hidouché Aggadot]

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+ Rava dit : Pourquoi la Torah demande-t-elle (au Cohen) de mettre de la poussière (afar) dans l'eau que doit boire la femme Sota (soupçonnée d'adultère par son époux)?
C'est parce que si elle est innocente, elle aura un fils comme Avraham qui avait dit : "Et moi qui ne suis que poussière et cendres" (Béréchit 18,27), et si elle est coupable, la femme Sota retournera dans la poussière.

Rava fait ce commentaire : Par le mérite (d'humilité) d'Avraham qui s'est comparé à la poussière et aux cendres, ses descendants ont bénéficié de 2 commandements : les cendres (purificatrices) de la Vache Rousse (para adouma) et la poussière (purificatrices) de la femme Sota.
[guémara Sota 17a]

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=> Comment comprendre : "Elle aura un fils comme Avraham"?

-> Cette femme, accusée à tort d'infidélité, s'est considérée comme la poussière de la terre en acceptant les humiliations de la procédure de Sota.
C'est pourquoi, mesure pour mesure, elle aura le mérite d'avoir un fils humble, qui se considérera comme poussière et cendre, malgré son haut niveau, comme notre ancêtre Avraham.
[Tiféret Tsion]

-> L'intention n'est pas de dire que la femme innocente aura un fils du niveau d'Avraham, mais qu'elle aura un fils convenable (hagoun), comme d'Avraham est sorti un fils hagoun : Its'hak.
En effet, il y a un parallèle entre la situation d'Avraham et celle de la Sota innocente : les moqueurs attribuaient la paternité d'Itshak à Avimélé'h, roi de Guérar, qui avait pris Sarah dans son palais avant de la libérer, et Its'hak s'est révélé être un fils hagoun ; de même, cette femme Sota a subi la médisance de ses concitoyens, et déclarée innocente, elle aura le mérite d'avoir un fils hagoun.
De plus, si elle enfantait jusque-là avec difficulté, elle enfantera facilement ; si elle n'avait eu que des filles, elle enfantera un garçon ; si elle avait des enfants de petite taille, celui-ci sera grand.
[Min'ha 'Hariva]

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=> Comment comprendre : "si elle est coupable, la femme Sota retournera dans la poussière"?

-> C'est à partir du petit os nommé : louz (לוז), habituellement indestructible, que s'effectuera la résurrection des morts.
Cependant, pour la femme Sota, si elle meurt après avoir bu les eaux "amères", ce qui prouve sa culpabilité, son louz redeviendra poussière et elle ne pourra pas bénéficier de la résurrection.
Pourquoi? Du fait qu'en ne reconnaissant pas sa faute, elle a provoqué l'effacement du Nom Divin qui ne doit pas être effacé inutilement, alors mesure pour mesure, son louz sera réduit en poussière alors qu'il est indestructible pour les autres personnes.
[Tiféret Tsion]

-> Habituellement, chacun des 2 composants de l'homme rejoint sa source, après la mort :
- le corps retourne vers la poussière avec laquelle il a été créé ;
- l'âme rejoint le Ciel d'où elle est issue.
Cependant, si la femme Sota est coupable, bien que son corps retourne dans la poussière de la terre, son âme ne rejoint pas sa source ; c'est pourquoi Rava dit que la femme coupable, et non pas seulement son corps, retournera dans la poussière.
[Iyé haYam]

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-> Selon le 'Hatam Sofer, la guématria des 2 mots : afar (poussière - עפר) et éfer (cendres - אפר) est de 631.
Or, c'est la même guématria que celle du mot : kéTorah (comme la Torah - כתורה).
Cette guématria commune fait allusion au fait que la Torah ne peut se maintenir que chez les gens humbles et non pas chez les orgueilleux.

-> Avraham voulait dire : comme la poussière (afar), je ne vaux rien au départ (on peut alors l’ensemencer pour fournir de la nourriture, on peut la modeler pour en faire des récipients, ...), et comme les cendres (éfer), je ne vaux rien après (ex: un bois a beau être précieux, il n'est plus rien d'utile réduit en cendres).
Les descendants d'Avraham auront 2 récompenses :
- la poussière de Sota = pour prouver que la Sota était pure jusque-là ;
- les cendres de la para = pour purifier le tamé mét à partir de maintenant.
[Beit haLévi]

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-> "Le Cohen l'approchera (la femme Sota) et la placera devant Hachem" (Nasso 5,16)

Apparemment les mots : "Et la placera" sont en trop. Le verset aurait pu dire simplement : "Le Cohen l'approchera devant Hachem".
En fait, au moment où la femme Sota nie avoir fauté, le Cohen doit lui rappeler que si elle ment, on devra effacer le Nom Divin pour rien. Si elle a fauté, elle doit avoir "pitié" du Saint Nom et avouer sa faute pour ainsi éviter de l'effacer.

Ce verset fait allusion à cela : "Le Cohen l'approchera" physiquement de la cour du Michkan, "et la placera" moralement "devant Hachem", c'est à dire qu'il la placera face à ses responsabilités en lui faisant prendre conscience que sa faute va avoir des conséquences "devant Hachem", puisqu'on effacera Son Nom.
Si elle est fautive, il est donc préférable qu'elle avoue, par "pitié" pour le Nom Divin.
[Zeved Tov]

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-> "Si elle est pure, elle sera disculpée et engendrera une descendance" (Nasso 5,28)

Il est dit dans la guémara (Bera'hot 31b) que si la femme était auparavant stérile, elle engendrera. Si elle enfantait dans la douleur, elle enfantera facilement. Si elle avait un enfant, elle en aura deux.

=> Puisque tout ce qui concerne cette femme a été amené par le fait qu’elle s’est isolée avec un étranger, a suscité la jalousie de son mari et ne lui a pas obéi : par conséquent, pourquoi devrait elle avoir une tellement grande récompense?

Selon le rav Eliyahou Lopian, on apprend de là un grand principe dans le service de D. :
Cette femme, qui est arrivée à un point de telle bassesse qu’elle s’est isolée avec un homme étranger, même après les mises en garde de son mari, a en fait surmonté une épreuve terrible.
Maintenant, on s’aperçoit que par sa force spirituelle, elle a vaincu son désir et n’en est pas arrivé à la faute, "elle est pure". Un tel acte de courage, de conquête des instincts, lui fait mériter une récompense énorme, bien que si elle ne s’est pas repentie, elle doive aussi recevoir le châtiment de l’acte même de s’être isolée.
Mais pour avoir dominé ses instincts, elle aura sa récompense, "elle sera disculpée et engendrera une descendance".

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-> "Hachem parla à Moché en disant (lémor) : Parle aux enfants d’Israël et dis-leur: Si la femme de quelqu’un, déviant de ses devoirs, lui devient infidèle" (Nasso 5,11-12).

Le midrach explique que le terme "en disant’ (lémor) signifie ici : pour les générations à venir.
=> Sur quoi ce midrach s’appuie-t-il pour affirmer une telle chose (alors que ce terme est très souvent employé dans la Torah).

-> Le rav Yonathan Eibschutz (Tiféret Yonathan) explique que lorsque les Bné Israël se trouvaient dans le désert, ils n’avaient pas besoin d’utiliser les «eaux amères» de la Sotah (soupçonnée d’infidélité) afin de savoir si une femme avait effectivement été infidèle ou non. En effet, la génération du Désert jouissait au quotidien de la Manne.
Le Tiféret Yonathan (se basant sur la guémara Yoma 75b) enseignent :
"Le Prophète révélait à Israël [tout ce qui était caché] dans les trous et les fissures ; la Manne faisait exactement la même chose. Comment? [Par exemple,] deux hommes en litige comparaissaient devant Moché; l’un accusait: ‘Tu m’as volé mon esclave’, et l’autre répondait: ‘Tu me l’as vendu’. Moché déclarait alors: ‘Je remets mon jugement à demain matin’. Le lendemain, selon qu’on trouvait la mesure de Manne destinée à l’esclave chez son premier ou chez son second maître, on savait s’il avait été volé par le second ou vendu par le premier.
De même, si deux époux comparaissaient devant en s’accusant mutuellement, Moché disait: ‘Je remets mon jugement à demain matin’. Le lendemain, si l’on trouvait la mesure de Manne destinée à l’épouse au foyer de son mari, on savait que c’était lui qui l’avait outragée; mais si on l’a trouvée chez son père, on savait qu’elle était coupable".

=> Grâce à la manne qui tombait le matin, Moché avait la réponse. Si elle tombait près de la maison du père, cela indiquait que la femme avait trompé son mari.
Ainsi, pendant la période du désert, il n’était absolument pas nécessaire de faire boire la Sota. Ce passage concerne donc les générations suivantes.

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-> "Un homme dont la femme s'écarte (tisté - תשטה)" (Nasso 5,12)

-> La Paracha de Nasso décrit le cas de la Sotah, cette femme soupçonnée d’adultère après s’être isolée avec un certain homme, malgré la mise en garde de son mari. Celle-ci devait boire une eau amère dans laquelle un parchemin comportant le passage relatif à cette mitsva, y compris le nom de D., avait été effacé et son encre dissoute. Si elle était coupable, cette potion la tuait. Si elle était innocente, l’eau devenait pour elle un élixir de bénédiction.
Cet épisode est une allégorie de notre relation avec Hachem, le peuple juif étant comparé à une jeune mariée et D. à son époux. En effet, le lien forgé entre eux au Sinaï fut semblable à celui d’un mariage. Ainsi, chaque fois qu’un juif commet un péché, si léger soit-il, il trahit l’alliance, "le contrat matrimonial", entre lui-même et D.
Il est coupable d’adultère spirituel, d’infidélité envers son partenaire divin.
=> Pourquoi l’adultère est-il le prototype de tout péché?

La Torah commence sa description de la femme Sotah par le verset : "Un homme dont la femme s’écarterait [du bon chemin]" (Nasso 5,12).
Le terme hébraïque pour "s’écarterait" (tisté - תִשְׂטֶה), possède la même racine que le mot : Shtout (שטות), la folie. C’est aussi le sens du nom Satan (שטן), l’autre appellation du yétser ara (le mauvais penchant) (voir guémara Baba Batra 16a), celui qui nous détourne du "droit chemin".
[le yétser ara" est appelé par le roi Shlomo : "un roi vieux et stupide" (mélé'h zakén ou'hssil - Kohélet 4,13)
Selon le Abir Yaakov, il est "vieux" car il arrive dès la naissance d'une personne, tandis que le yétser atov (le bon penchant) ne vient qu'à compter de 12 ans (femme) ou 13 ans (homme).
Il est un "roi sot", car il règne sur la folie en faisant tomber les hommes, comme il est dit : "Un homme ne peut fauter que si un esprit de folie pénètre en lui" (guémara Sotah 3a).]

Remarquant cette similitude, la guémara (Sotah 3a) enseigne : "Une personne ne commet une faute que lorsqu’un esprit de folie s’empare d’elle". Si ce n’était pour cette folie, nous demeurerions constamment attachés à D. en accomplissant Sa volonté, de par l’expression de notre libre arbitre.
La Sota est interdite de relations conjugales avec son mari jusqu’à ce que l’épreuve des eaux amères l’ait innocentée. Après cela, cependant, elle peut non seulement retourner auprès de lui, mais de plus ils sont bénis par de nouvelles heureuses naissances.
=> Il en va de même spirituellement : la division entre D. et nous causée par nos fautes n’est que temporaire. Et bien qu’il soit vrai que celui qui transgresse la volonté de D. nie en quelque sorte Son unité, et par ailleurs, contemplant ses péchés, qu’il puisse tomber dans le désespoir en pensant que "D. m’a abandonné et Hachem m’a oublié" (Yéchayahou 49,14), il doit se souvenir qu’il peut toujours se rapprocher à nouveau du Créateur.
En effet, nous avons la possibilité de revenir à Lui, de nous attacher à Lui et de faire naître en nous de nouveaux sommets d’amour et de crainte de D., comparés à des enfants qui illuminent notre vie.
Cette relation renouvelée est l’effet de la révélation de la partie la plus profonde de l’âme, qui surmonte "l’esprit de folie". Cette libération personnelle est ressentie par chaque juif et chaque juive qui fait téchouva. Et chaque rédemption individuelle s’additionne aux autres de sorte que bientôt nous mériterons la Rédemption générale de l’Univers tout entier avec la venue du machia’h.
[Collel de Sarcelles - feuillet de la communauté - 5782]

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-> "Un homme dont la femme s'écarte (tisté - תשטה)" (Nasso 5,12)

Nos Sages constatent que ce terme "tisté" (תשטה) peut aussi signifier "qui est prise de folie". Et ils expliquent que cela vient enseigner qu'un homme ne peut fauter que s'il est pris d'un vent de folie. Mais cela est étonnant. On sait que le mauvais penchant s'évertue pour séduire l'homme et éveiller en lui le désir de la faute. Parfois même, une personne peut lutter contre son penchant pour ne pas fauter même si finalement, ses pulsions pourront avoir raison de lui.
=> Comment donc affirmer que la faute n'est possible que par esprit de folie?

-> Les livres de Moussar insistent sur l'origine Divine de l'âme d'un juif, qui est même plus haute et sainte que
les anges les plus élevés. Par cette âme, il est attaché à Hachem et bénéficie de l'honneur et de l'élévation inégalable que lui confère cette proximité. D'autre part, la faute c'est la transgression de la Volonté Divine.
Quand un homme commet une faute, il se détache d'Hachem pour tomber dans les abîmes de l'impureté. Cela constitue une chute vertigineuse du si haut niveau de proximité et d'intimité avec Hachem, source de toute vie et de tout bien, pour tomber dans les filets du penchant et de l'impureté que cela représente.

Cela ressemble à un roi, vêtu de parures royales et qui jouit de tous les honneurs et prestige, même pour satisfaire le plaisir le plus grand et le plus alléchant, serait-il prêt à se jeter dans des égouts, remplis d'immondices à l'odeur insupportable et où il serait couvert de saleté et de pourriture?
S'il le fait, tout le monde dira sans aucun doute qu'il a été traversé d'un vent de folie! Un roi si raffiné et glorieux, comment a-t-il pu s'humilier et se rabaisser à ce point? Et même pour le plus grand plaisir imaginable!
Il en est exactement de même pour la faute. Certes, le penchant éveille avec force le désir de la faute. L'homme peut parfois même lutter contre la tentation pour ne pas céder au désir. Mais si finalement il cède, c'est que le penchant a réussi à le rendre "fou". Il lui a fait oublié la sainteté divine de son âme et lui fait croire que ce simple plaisir ne va pas changer grand chose à son niveau. S'il était conscient de la réalité de la chute et de l'humiliation insoutenable que vivait son âme au moment de la faute, aucune tentation au monde ne pourrait le mener à aucune faute.
[rapporté par le rav Mikaël Mouyal]

[ainsi de nos jours, la notion de femme Sota se rapporte à notre relation avec Hachem, et d'à quel point on doit éviter de se laisser aller à un "esprit de folie" passager. ]

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-> "Elle approchera son offrande ... de farine d'orge" (Nasso 5,15)

-> La femme Sota soupçonnée d'adultère devait apporter une offrande de farine d'orge, sans huile, ni Lévona, contrairement aux autres offrandes de farine, qui étaient constituées de blé et contenaient de l'huile et du
Lévona. Rachi explique que cette femme en s'isolant avec cet homme interdit a adopté une attitude animale, elle apportera donc de l'orge, nourriture des animaux. Elle a agi dans l'obscurité, elle n'amènera donc pas d'huile qui permet d'éclairer. Et comme nos saintes matriarches sont appelées Lévona dans le verset : "Dans la plaine de Lévona" et qu'elle s'est éloignée de leurs comportements, elle n'amènera donc pas de Lévona.
=> Mais on peut s'interroger. Comment peut-on reprocher à la femme Sota de ne pas ressembler à nos saintes matriarches au même moment où on lui reproche de s'être comportée comme un animal, dans l'obscurité? Peut-on reprocher à une femme de comportement débauchée de ne pas être une sainte?

Le rav Ben Tsion Brok fait remarquer que nous voyons de là que même dans l'impureté la plus profonde, un homme ne perd jamais son libre arbitre et sa possibilité de faire machine arrière. Certes, le repentir doit être progressif, mais s'il le décide, il pourra petit à petit sortir de toutes ses corruptions jusqu'à atteindre les plus hauts niveaux de sainteté.
L'homme ne doit jamais dire : "Au point où j'en suis, si éloigné que je suis, je suis perdu. Je ne peux plus revenir à la Torah". Tout homme, là où il se trouve, peut à tout moment s'il le décide, sortir de sa boue et se sanctifier jusqu'à finir par pouvoir ressembler à nos saints ancêtres.
=> C'est pourquoi, même à la femme Sota, qui s'est comportée comme un animal, la Torah continue à avoir espoir en elle.
Même au plus bas de sa corruption, elle aurait pu se ressaisir et remonter la pente jusqu'à s'élever à la sainteté des matriarches.
Et comme le dit le Rambam, dans le Ciel on reprochera à Yérovam Ben Névat d'avoir confectionner ses veaux pour l'idolâtrie au même titre qu'on lui reprochera d'avoir négliger le érouv tavchilin, qui est bien plus léger. Car chaque juif conserve toujours cette sainteté qui lui permet à chaque moment de se ressaisir jusqu'à finir par pouvoir atteindre les plus hauts niveaux de sainteté. Et effectivement, Hachem exige même aux pire des impies : "Pourquoi n'as-tu pas été aussi saint que les patriarches?"

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-> "Parle aux enfants d’Israël et dis-leur : "Tout homme (ich ich) dont la femme dévie et commet un adultère à son encontre..."" (Nasso 5,12)

La paracha Nasso aborde la mitsva de Sota, le cas où une femme mariée s’isole avec un autre homme après avoir été mise en garde par son mari, qui l’a défendue de récidiver. Quand la Torah évoque le mari en question, elle répète le mot "ich".
Le Midrach relève cette redondance apparemment superflue. Il affirme qu’il convient d’être "vatran" (accommodant, conciliant) : par exemple si du vin se renverse, il ne doit pas en tenir rigueur à sa femme.
=> Une question s’impose : pourquoi la Torah choisit-elle de donner ce conseil ici, alors que le lien avec le verset n’est pas du tout apparent?

-> Le rav Yissa'har Frand explique que ce midrach vient éclaircir la terminologie inhabituelle "ich ich" employée par la Torah pour décrire le mari. Il explique que le mot "ich" fait allusion au côté masculin à la force de l’homme et à sa confiance en soi, la réitération montre que le mari fut peut-être trop ferme ou dominateur dans sa manière de diriger son foyer et trop sévère devant les erreurs commises par son épouse. Sa nature accablante ou intransigeante incita sa femme à se dévoyer, afin d’être traitée plus affablement.
Bien entendu, on ne cherche pas à justifier la conduite de la femme (même si son mari était mauvais), qu’elle ait concrètement commis un adultère ou qu’elle se soit "simplement" isolée avec un autre homme. Mais le midrach souligne qu’un tel comportement ne s’est pas déclenché tout seul. Ses actions sont probablement le résultat d’une relation problématique, quid débuta par de petites choses, par exemple par les cris du mari si elle a renversé du vin. Le midrach en déduit qu’il faut faire attention à ne pas être trop autoritaire ou oppressant.

[ un homme doit faire l'effort d'aller contre nature pour être indulgent, souple et dire de nombreux compliments, des paroles d'amour, ... à sa femme
De cette façon, le lien créé est fondé sur l’amour et la confiance plutôt que sur la crainte et la menace. ]

[il est intéressant de noter que lorsque l'on est en colère on est prêt à jurer qu'on ne va pas se laisser faire, qu'on aura le dernier mot. (on se fait D., reniant d'une certaine façon la volonté de D.)
Or, dans l'épisode de la Sota, Hachem demande qu'on efface son nom dans l'eau pour parvenir à la paix. De même, au moment de notre colère avec notre épouse, où l'on est prêt à jurer fortement au point de le faire comme sur le nom de D. (ou bien sur la Torah), alors on doit être prêt à dissoudre ce nom (ce jugement qu'on fait) [annulant son essence], et ainsi il en ressortira de la paix, de l'amour renforcé, b'h.]

"Le 7e jour, le chef des enfants d'Efraïm, Elichama fils d'Amihoud" (Nasso 7,48)

=> Pourquoi le chef de la tribu d'Efraïm a apporté son offrande le 7e jour (soit le Shabbath)?

Lorsque Yossef est venu en Egypte, il y a été vendu comme esclave à la maison de Potifar.

La Torah nous relate qu'un jour il est venu à la maison afin de faire son travail, et que la femme de Potifar l'a pressé de commettre une faute.
Yossef en est devenu très effrayé, et il s'est enfui.

Selon le midrach (Yalkout Shimoni 146), c'était le jour du Shabbath, et il venait à la maison faire "son travail", qui était d'étudier et de revoir la Torah que son père lui avait enseigné.

Selon la guémara (Sanhédrin 43b), lorsqu'une personne résiste et domine le mal, c'est équivalent au fait d'offrir un sacrifice.

=> Ainsi, puisque Yossef a "offert" un sacrifice à Shabbath, Hachem l'a récompensé en faisant que son descendant (le chef de la tribu de son fils) pouvait apporter un sacrifice pour l'inauguration de l'Autel, à Shabbath.

Par ailleurs, selon le midrach rabba (14,2), Yossef a observé le Shabbath en Egypte avant qu'il ne soit donné.
On l'apprend du verset : "... (ha'hèn - הָכֵן) ..." (Béréchit 43,16)
Le mot ha'hèn est essentiellement utilisé afin d'exprimer une préparation pour Shabbath, comme on peut le déduire du verset : "le 6e jour ils préparent (hé'hinou - הֵכִינוּ) ce qu'ils auront apporté" (Chémot 16,5).

Ainsi, Hachem lui a dit : "Yossef, tu as observé Shabbath avant que la Torah ne soit donné, Je te promets que Je vais te rembourser en permettant à ton petit-fils de présenter son offrande le jour de Shabbath.
Et ce, malgré le fait qu'il soit normalement interdit à une personne individuelle d'agir ainsi, je vais accepter favorablement son offrande."

=> Mais, n'est-il pas curieux que la récompense de l'observance du Shabbath par Yossef, est une profanation (permise) par son petit fils?

D. a donné le Shabbath et nous a ordonné de le sanctifier.
Ceci s'accomplit en se retenant de tous les travaux interdits, comme le fait d'y apporter un sacrifice individuel.
Il existe cependant des sacrifices [collectifs] que nous devons offrir durant Shabbath.
Ainsi, d'une manière évidente, une offrande demandée par Hachem n'est pas une profanation du Shabbath, mais c'est un moyen de développer la sainteté du Shabbath.

C'est pourquoi la récompense de Yossef, a été, malgré le fait que normalement l'offrande individuelle soit interdite Shabbath, Hachem a donné l'autorisation à son petit-fils d'en offrir en ce jour, qui va alors permettre d'accroître et d'élever la sainteté du Shabbath.

Source (b'h) : traduction personnelle d’un dvar Torah du rabbi Moché Bogolmisky (dans son Védibarta Bam)

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A propos de l’inauguration du Michkan par les Princes (néssi'im) des Tribus, il est écrit : "Au 7e jour, le Prince des enfants d'Efraïm, Elichama fils d'Amihoud" (Nasso 7,48).
=> De quel "7e jour" s’agit-il?

-> Rabbénou Bé’hayé rapporte les 2 points de vue :
celui du sens littéral = c’est le 7e jour de l’inauguration du Michkan ;
et celui du sens allégorique = c’est le 7e jour de la semaine : le jour du Shabbath.

=> Selon cette dernière opinion, une question se pose : Pourquoi le descendant de Yossef reçut-il l’autorisation d’offrir des Sacrifices privés (appartenant à un particulier [ya'hid - יחיד]) le Shabbath (jour durant lequel, seuls les Sacrifices communautaires sont habituellement offerts)?

On peut citer les 2 réponses suivantes :
1°/ il est écrit : "Yossef, apercevant parmi eux [ses frères] Binyamin, dit à l’intendant de sa maison: ‘Fais entrer ces hommes chez moi; qu’on tue des animaux et qu’on prépare (Véa'hén - והכן) [les repas], car ces hommes dîneront avec moi’." (Mikets 43,16).
Ce soir-là était Shabbath, car il est dit : "Et qu’on prépare (Véa'hén - והכן)". Or, ce terme n’est employé qu’à propos du Shabbath, comme il est dit : "Le 6e jour, lorsqu’ils prépareront (Véhékhinou - והכינוּ) [pour le Shabbath] ce qu’ils auront apporté" (Béchala'h 16,5).
Ainsi, Hachem a dit à Yossef : "Tu as observé le Shabbath en Egypte avant que Je ne t’ordonne de garder ce saint jour [Lorsque tu as invité tes frères à dîner dans ton palais, tu as demandé à ton fils Ménaché de préparer les repas le vendredi]. En retour, J’honorerai ton descendant en lui permettant d’apporter son Sacrifice [personnel], un jour de Shabbath" [voir midrach Tan’houma Nasso 28].

Bien que les Patriarches aient observé le Shabbath avant même qu’il ait été institué, au même titre que toutes les autres mitsvot, Yossef fut le premier qui instaura le principe de la préparation du Shabbath. Ainsi, son descendant eut le privilège d’offrir son Sacrifice d’inauguration le jour saint.
La raison est double : d’une part, l’inauguration du Michkan fut aussi une préparation pour le Service divin, d’autre part, en instaurant la préparation du Shabbath pour l’ensemble du peuple juif, Yossef donna à son descendant le mérite d’offrir un Sacrifice que l’on peut considérer comme "communautaire", et donc autorisé à offrir le Chabbath. [Divré Yoël]

2) Le midrach (Bamidbar Rabba 14,3) enseigne : "Yossef craignait D., comme il est dit : ‘Comment puis-je commettre ce si grand méfait (céder aux avances de la femme de Potifar) et fauter envers le Seigneur?’ (Vayéchev 39,9).
Yossef a honoré Hachem en refusant de la toucher [la femme de son maître] en raison de sa crainte de D. Hachem lui a dit : ‘Par ta vie, Je récompenserai ton descendant [le Prince de la Tribu d’Efraïm] en l’honorant. Ainsi, lui permettrai-Je d’offrir son Sacrifice [d’inauguration] en Mon saint Jour [le Shabbath] sans que cela lui cause le moindre préjudice [bien que ce soit un Sacrifice individuel habituellement prohibé le Shabbath], comme il est écrit : ‘Au 7e jour, le Prince des enfants d’Efraïm’."

A ce propos, le midrach (Yalkout Chimoni Nasso Simane 715) interprète le nom du Prince de la Tribu d’Efraïm (Elichama Ben Ammihoud) comme faisant allusion aux actions vertueuses de Yossef.
- Eli Chama (אלי שמע) = Hachem a dit : "Yossef M’a écouté" (Eli Chama – אלי שמע) plutôt que de prêter l’oreille aux avances de la femme de Potifar"
- Amihoud (עמיהוד) = Hachem a dit : "La splendeur de Yossef fut avec Moi (imi aya odo - עמי היה הודו) et non pas parmi les réchaïm» (le cercueil de Yossef était porté au côté de celui de l’Arche Sainte).

=> Pour quelle raison le Prince de la Tribu d’Efraïm apporta-t-il son Sacrifice le septième jour, tandis que ce n’est que le 8e jour que le Prince de la Tribu de Ménaché apporta le sien?
En effet, Ménaché étant l’ainé, et Efraïm le cadet des 2 fils de Yossef, il aurait été plus logique que ce soit la Tribu de Ménaché qui ait la préséance sur celle d’Efraïm.
Le Midrache (Psiketa Rabbati) nous en révèle la raison : "C’est parce qu’il se rapetissait, et qu’Hachem aime celui qui se fait petit. D. a dit: ‘Etant donné qu’il (Efraïm) s’est fait petit, il méritera de recevoir cet honneur’."

Il est écrit : "Il arriva, à une de ces occasions (où la femme de Potifar tentait de le séduire), qu’il vint dans la maison pour faire son travail" (Vayéchev 39,11).
Rachi rapporte le commentaire de la guémara (Sotah 36b) : "Rav et Chmouel sont en désaccord. L’un dit : pour faire son travail, au sens littéral. Quant à l’autre, il enseigne : pour satisfaire ses ‘besoins’ [c’est-à-dire: pour avoir des rapports avec elle]. Mais l’image de son père lui est apparue".
Le dernier avis est difficile à comprendre : Comment Yossef pouvait-il avoir l’intention de fauter avec la femme de Potifar?
Yossef, de par sa piété, considérait, contrairement à ses frères, qu’il avait le statut de Ben Noa’h (non-Juif) et non de Ben Israël. Or, un Ben Noa’h ne doit pas se laisser tuer si on l’oblige à transgresser un de sept Commandements dont il est tenu de respecter, quand bien même, il s’agirait des trois interdits pour lesquelles un juif doit se laisser tuer : le meurtre, les unions interdites et l’idolâtrie.
Ainsi, Yossef choisit, dans un premier temps, de céder aux avances de la femme de son maître, afin d’échapper à une menace de mort proférée par cette dernière.
Finalement, Yossef décida de sanctifier le Nom de D. (voir guémara Sotah 36b) en fuyant devant la femme de Potifar, afin de donner la force aux futures générations du peuple juif de surmonter l’épreuve des unions interdites.
C’est pourquoi il mérita que son descendant offre un Sacrifice d’inauguration, équivalent à offrande communautaire que l’on offre le jour du Shabbath. [Divré Yoël]
[feuillet de la communauté Sarcelles - 5780]