+ Le respect de la vie de la femme Sotah (paracha Nasso) :

-> Avant que la femme Sotah ne boive les eaux, qui provoqueront le gonflement de son ventre et la mort si elle s’était rendue impure, la Torah se soucie de sa vie et nous ordonne de tout faire pour l’amener à regretter, reconnaître son méfait et donc à demeurer en vie.

De plus : « On la fait monter au Grand Tribunal de Jérusalem (pour par exemple l’impressionner par le lieu et lui donner du temps de réflexion supplémentaire), et on la menace (dans le cas où elle refuse d’avouer son infidélité) de la même façon qu’on menaçait les témoins d’un assassinat » (afin qu’elle reconnaisse son infidélité – guémara Sotah 7a).

-> Il est écrit à ce sujet :
« Le mari amenait l’offrande (min’ha) … et la posait sur les mains de sa femme afin qu’elle se fatigue (en tenant quelque chose de lourd pendant toute la procédure).
[…]
Pourquoi tous ces efforts pour la fatiguer?
Afin qu'(en raison de sa fatigue) elle finisse par reconnaître qu’elle a trompé son mari (et n’ait plus besoin de boire les eaux).

Si la Torah se soucie autant de ceux qui transgressent, à plus forte raison elle se soucie de ceux qui accomplissent Sa volonté. »
[guémara Sotah 14a]

=> Cela nous donne beaucoup de forces quant à la conscience d’à quel point Hachem se soucie de nous (qui essayons d’agir au mieux selon Sa volonté), à chaque instant, même si nous nous n’en rendons pas vraiment compte.

« Que Hachem éclaire Sa face pour toi » (Nasso 6,25)

Rabbi Avigdor Miller de commenter :
« Etant donné que D. agit mesure pour mesure (guémara Sotah 8b), D. éclaire Sa face pour ceux qui éclairent/illuminent leur face/visage à leur prochain ». (Sing, You Righteous – p291)

Selon le Sforno, la notion de « Que D. éclaire » renvoie au fait : « que D. t’éclaire afin que tu sois capable de percevoir la sagesse infinie de la Torah … La personne jouit de la quiétude nécessaire pour s’élever au-dessus de ses besoins matériels élémentaires. »

Selon Rabbi Na’hman de Breslev : Souris à la vie, et D. te donnera de véritables raisons pour sourire.

Selon le Zohar (II- 184b) : « Lorsqu’une personne offre un visage lumineux ici bas, une présence lumineuse l’éclaire d’en-haut ».

-> « Rabbi Matya ben ‘Harach dit : Sois le 1er à saluer tout homme » (Pirké Avot 4,15)

-> Selon la guémara (Béra’hot 17a), personne n’a devancé le salut de Rabbi Yochanan ben Zakaï, même un non juif (vendeur) au marché.

-> Les Avot déRabbi Nathan (12,3) rapportent que Aharon, le cohen gadol, utilisait le fait de saluer autrui comme un moyen d’influencer positivement autrui.
Devant l’amour d’Aharon, les personnes en venaient à penser : « Aharon me salut à chaque fois d’une manière amicale (bien que j’ai fauté). Comment oserai-je lui faire face une autre fois si je faute? »
De cette façon, Aharon empêchait les personnes de fauter.

-> Rabbi ‘Haïm Mordechaï Katz (roch yéchiva de Telz) insistait souvent sur le fait que par le simple fait de dire : « Bonjour! » à autrui, on a le pouvoir d’illuminer toute la journée d’une personne qui se sent un peu abattue.

=> Combien on devrait se forcer à être joyeux, non seulement pour faire que D. nous donne des raisons réelles de l’être, mais surtout pour être des générateurs, des diffuseurs de joie.

Par le fait de saluer une personne, on lui dit : « tu es quelqu’un de bien, qui compte et qui est important à mes yeux, au point où je m’arrête pour te saluer. Par mon sourire, regarde à quel point cela me fait plaisir de te voir …  »
– La personne qui a reçu le salut va se sentir redevable, et va pour se « décharger » de sa « dette » faire de même avec autrui, enclenchant un effet domino …
– La personne qui va faire le salut, va par le fait de donner de soi-même (être à l’origine d’un salut nécessite un effort), développer en elle de l’amour, un lien/un attachement avec autrui.

Par ailleurs, en étant aimé d’autrui, on a un pouvoir d’influencer positivement autrui, par le fait d’être un exemple à suivre (à l’image d’Aharon).

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-> Rabbi Yehuda Leib Chasman (Ohr Yohail – vol.2) dit que si on rencontre 2 personnes : une habillée de façon élégante, et une autre habillée pauvrement, et que l’on salut la personne bien habillée avec plus d’enthousiasme que la personne vêtue pauvrement, on est coupable d’un mensonge.
En effet, on ne salut pas la personne, mais ses habits.

-> La guémara (Béra’hot 6b) statue qu’une personne est obligée de répondre au salut d’une autre personne à son égard, et que le fait de ne pas le faire s’assimile à du vol (guézel shalom).

-> Rabbi Yechezkel Sarna (Daliyot Yechezkel – vol2) a dit :  » Si on apprécie le fait que l’homme est créé à l’image de D., on considérait comme un privilège de pouvoir saluer ses semblables »

« Ils confesseront le préjudice commis » (Nasso 5,7)

Pour quelle raison parle-t-on du commandement de la confession en rapport précisément avec la faute du vol?

Le Sfat Emet de répondre :
« En vérité, toute transgression est un vol.

En effet, D. accorde aux hommes la vie et la force afin qu’ils accomplissent Sa volonté.
Si l’homme profite de la force et de la vie pour y contrevenir, il vole alors le bien accordé par D.
Par conséquent, c’est ici que doit s’accomplir le commandement du repentir, la confession. »

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« Un homme ou une femme qui commet quelque péché …ils confesseront leur faute qu’ils auront commise ; il fera restitution de sa faute » (Nasso 5,6-7)

Ce verset commence au singulier, passe au pluriel, puis se termine au singulier.
Pourquoi cela?

Selon rabbi Moché Chagiz cela nous enseigne que tous les juifs forment une seule nation et qu’ils sont tous responsables les uns des autres.
Ainsi, lorsqu’un juif faute, c’est l’ensemble du peuple qui en est tenu responsable et qui en paie le prix spirituel.
[à l’image de celui qui fait un trou dans sa cabine, entraînant l’ensemble du bateau vers le bas].
[la guémara, ainsi que le rav Salanter disent que lorsqu’un juif fait une avéra, alors cela va entraîner qu’un autre juif ailleurs soit davantage attiré à faire une avéra (et inversement).
Lorsque nous prions pour autrui (ex: pour qu’il fasse téchouva), nous avons la possibilité de le changer (au point où il aura « soudainement » davantage d’attirance pour la Torah).]

Lorsque nous confessons nos fautes, nous le faisons pour nous-même, mais également pour celles de nos frères.

 

« Parle ainsi à Aaron et à ses fils: Voici comment vous bénirez les enfants d’Israël » (Nasso 6,23)

Selon la loi juive (Ora’h ‘Haïm 128,5), lorsque le Cohen récite la bénédiction des Cohanim, il doit retirer sa chaussure.
Pourquoi cela?

Au moment du miracle du buisson ardant, D. a ordonné à Moché : « N’approche pas d’ici! Ôte ta chaussure, car l’endroit que tu foules est un sol sacré! » (Chémot 3,5).

Les paroles introductrices de l’ordre divin de retirer sa chaussure sont : « al tikrav alom » (N’approche pas d’ici!).
Le mot « alom » (d’ici – הֲלֹם) a pour valeur numérique : 75, qui est la même que le mot : « Cohen ».

Ainsi, ce verset est un message aux Cohanim : « N’approche pas Cohen, ôte ta chaussure. »

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Par ailleurs, selon la guémara (Sotah 40a), si un Cohen a un lacet qui est cassé, et qu’il s’assoit en plein milieu de la bénédiction des Cohanim afin de l’arranger, on risque d’en venir à le suspecter de s’être arrêté en cours, car il est un Cohen non qualifié (ex : c’est le fils d’une femme non permise à un Cohen).

Nos Rabbins ont ainsi interdit aux Cohanim de garder leurs chaussures durant la bénédiction (même s’il n’y a pas de lacet).

« Parle ainsi à Aaron et à ses fils: Voici comment vous bénirez les enfants d’Israël ; vous leur direz : « Que D. te bénisse et te protège! » «  (Nasso 6,23-24)

Avant de réciter leur bénédiction, les Cohanim récitent la prière : « Qui nous a sanctifié avec ses commandements et qui nous a ordonné de bénir Son peuple d’Israël avec amour (bé’aava – cf.Choul’han Arou’h – Ora’h ‘Haïm 128,11 ; et Magen Avraham 18).

Où est-ce que l’on peut voir que les Cohanim doivent nous bénir avec amour?

1°/ La bénédiction des Cohanim commence par : « Que D. te bénisse (yévaré’hé’ha) et te protège! ».
Sachant que D. a demandé aux Cohanim : « vous bénirez les enfants d’Israël » ; n’aurait-il pas été plus logique qu’ils disent : « Que D. vous bénisse (yévaré’hé’hém) et vous protège! » (au pluriel)?

Bien que les Cohanim bénissent tout le peuple juif (une pluralité de personnes), ils le font en utilisant le singulier, afin d’indiquer que D. désire bénir les juifs, unis par un amour d’autrui.

Ainsi, par la bénédiction des Cohanim faite au singulier, un Cohen annonce son respect du commandement de D. de bénir le peuple d’Israël « avec amour » (bé a’ava).

[ D’ailleurs, le mot a’ava (amour) a une valeur numérique de : 13, qui est aussi celle de : é’had (Un). ]

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2°/ On peut noter également que : « bé aava » a comme valeur numérique : 15.
Dans la bénédiction des Cohanim, à partir du mot « Yévaré’hé’ha » jusqu’au mot : « shalom », il y a un total de : 15 mots.

Ainsi, les Cohanim font référence au commandement de bénir les juifs bé’aava, avec les 15 mots de la bénédiction des Cohanim que D. a amoureusement donné à Son peuple.

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« Ainsi bénirez-vous les enfants d’Israël, en leur disant (amor lahém) » (Nasso 6,23)

-> Rachi commente : « le mot « amor » est écrit avec un vav, pour marquer qu’on ne doit pas les bénir à la hâte et avec précipitation, mais avec recueillement et de tout cœur. »

-> Rabbi Lévi Yits’hak de Berditchev fait remarquer que le mot : amor (en disant – אָמוֹר), signifie aussi : « amour », comme dans le verset : « Et Hachem t’a aimé (éémiré’ha – הֶאֱמִירְךָ) aujourd’hui ».

Le Rabbi de Berditchev dit que c’est ainsi uniquement celui qui aime les enfants d’Israël qui a le droit de les bénir.
[si tu veux les bénir, il faut « amor lahém » : les aimer]

« Et les 1ers jours tomberont … » (Nasso 6,12)

Le ‘Hafets ‘Haïm de commenter à ce sujet :
« Contrairement à ce qu’on pense généralement, les jours passés n’ont pas disparu à jamais ; nous y serons confrontés au jour du Jugement et nous n’aurons pas à en rougir s’ils ont été bien remplis par l’étude de la Torah et les bonnes actions.

C’est le sens de : « Quel est l’homme qui désire la vie, qui aime les jours pour voir le bien? » (Téhilim 34,13)
= S’il a aimé les jours en y faisant le bien, il aura la chance de ne pas rougir lorsqu’il se retrouvera en face d’eux. »

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« Quand un homme meurt, tous ses actes sont décomptés en sa présence, et on lui dit : « Tu as fait ceci … et cela … »  »

(guémara Taanit 11a)

« Parle ainsi à Aaron et à ses fils: Voici comment vous bénirez les enfants d’Israël ; vous leur direz » (Bénédictions des Cohanim – Nasso 6,23)

Le terme « ko » (voici) ne semble-t-il pas superflu?
En effet, le texte aurait pu s’écrire plus simplement : « Bénissez les enfants d’Israël, en leur disant » (baré’hou ét Bnei Israël, emor lahem).

Le midrach Rabba (Béréchit 43,11) nous donne 3 avis concernant l’origine de notre mérite d’avoir les bénédictions des Cohanim.

1°/ c’est grâce à notre patriarche Avraham, auquel D. a dit : « Ko yiyé zar’é’ha » (ainsi, sera ta descendance – Béréchit 15,5) ;

2°/ c’est grâce à notre patriarche Yits’hak, auquel D. a dit : « va’ani véana’ar nél’ha ad ko » (moi et le jeune homme nous irons jusque là-bas – Béréchit 22,5)

3°/ c’est grâce à notre patriarche Yaakov, comme il est écrit : « ko tomar lévét Yaakov » (adresse ce discours à la maison de Yaakov – Chémot 19,3)

Suite à ce midrach, nous allons pouvoir en tirer les qualités nécessaires, de nos jours, afin d’être digne de profiter pleinement des bénédictions des Cohanim.

1°/ Lorsque Avraham s’est plaint de ne pas avoir d’enfant, D. lui a dit : « Regarde le ciel et compte les étoiles … ainsi sera ta descendance (ko yiyé zar’é’ha). »

En comparant les juifs aux étoiles du ciel, D. transmet une leçon d’amour entre les juifs.

De la terre, une étoile semble minuscule, mais cela est uniquement dû à la grande distance nous en séparant.
Si on avait la possibilité d’en être assez proche, on se rendrait alors compte de sa taille immense.

De la même façon, aucun juif ne doit être rejeté, car même s’il apparaît insignifiant, lorsque que l’on se rapproche de lui, qu’on le connaît mieux, on se rend alors compte de son vrai potentiel et de son importance.

2°/ En ce qui concerne la Akéda de Yts’hak, le verset dit : « moi et le jeune homme nous irons jusque là-bas » (va’ani véanaar nél’ha ad ko).
Cela nous enseigne le dévouement de nos patriarches.

Non seulement, Avraham s’est préparé à prouver son engagement/dévouement envers D., mais il a aussi entraîné son fils à faire de même.
Ils sont ainsi allés, tous les 2, avec une très grande joie à la Akéda (sacrifier Yits’hak), car c’était une opportunité d’accomplir un kiddouch Hachem

3°/ Viens pour finir le verset : « adresse ce discours à la maison de Yaakov, cette déclaration aux enfants d’Israël » (ko tomar lévét Yaakov, vétakéd livné Israël).

Il renvoie au fait qu’avant de donner la Torah, D. a dit à Moché, de transmettre ses consignes d’abord aux femmes (la maison de Yaakov) et ensuite aux hommes (les enfants d’Israël).

=>Les femmes ne doivent pas négliger leur capacité à instaurer une atmosphère au sein de leur foyer permettant à leurs maris et à leurs enfants de s’épanouir dans une vie de Torah.

==> Il faut se conduire de façon à aimer son frère juif, à agir de façon à ce que notre comportement soit source de Kiddouch Hachem, et à faire que l’atmosphère de notre maison soit dans l’esprit de la Torah, afin de mériter les bénédictions des Cohanim dans toute leur puissance.

 

Source (b »h) : traduction & compilation personnelle d’un dvar Torah du Rabbi Moshe Bogomilsky (Védibarta Bam)