La femme Sota (soupçonnée d’infidélité conjugale) a jeté son regard sur un homme qui ne lui est pas approprié.
Elle n’obtient pas ce qu’elle désirait, et de plus ce qu’elle possédait lui est retiré, car quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n’obtiendra pas ce qu’il désire et se verra privé de ce qu’il possède …

De même, Caïn, Kora’h, Bil’am, … et Haman n’ont pas obtenu ce qu’ils convoitaient, et de plus ont perdu ce qu’ils possédaient.

[guémara Sota 9a-b]

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=> « Quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n’obtiendra pas ce qu’il désire et se verra privé de ce qu’il possède » :

-> Le Ben Ich ‘Haï enseigne que cela obéit au principe de mesure pour mesure (mida kénéguéd mida).
En effet, en jetant son regard et en convoitant ce qui n’est pas à lui, au lieu de concentrer son regard directement sur ce qui est à lui, cette personne a inversé et déformé sa vision.

En réciprocité, les lettres de l’œil (ayin – עין), organe de la vision, vont être inversées pour donner le mot : ani (pauvre – עני), ce qui fait allusion au fait qu’il s’appauvrira de tout ce qu’il possédait.

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou – tome.2,p.63) commente cette guémara ainsi :
Ceux qui ont vécu dans ce monde-ci en étant attachés à Hachem et à la spiritualité, éprouveront une plénitude de l’âme même dans ce monde-ci, selon le verset : « Ce qui M’aiment hériteront l’être (yéch) dans ce monde-ci et Je remplirai leur trésor » (Michlé 8,21).

En effet, leur être (yéch) dans ce monde-ci est entièrement à l’intérieur d’eux-mêmes et ils n’aspirent en rien à tout ce qui se trouve en dehors de leur être. Ils ne dépendent donc pas des sollicitations extérieures à leur être, et sont donc heureux de leur sort.

Par contre, ceux qui ont vécu dans ce monde-ci uniquement pour la satisfaction de leurs désirs matériels, qui sont extérieurs à eux-mêmes, détruisent leur véritable personnalité (leur yéch).
En courant derrière ces plaisirs matériels, hors de leur être, ils ne seront jamais satisfaits de leur sort.

C’est pourquoi Hillel dit : « Si je ne suis pas pour moi-même, qui sera pour moi? » (Pirké Avot 1,14), c’est-à-dire : « Si je ne possède pas ma véritable personnalité, je n’ai rien à espérer ».

Nous pouvons ainsi comprendre la guémara (ci-dessus) : « Celui qui convoite ce qui n’est pas en lui (qui est en dehors de son être) n’obtiendra pas ce qu’il recherche, car il ne pourra jamais combler ses désirs et restera en manque ; de plus, il perdra ce qui est à lui, c’est-à-dire qu’il perdra sa véritable personnalité et son contenu intérieur. »

La birkat Cohanim

+ La birkat Cohanim (Nasso 6,22-27) :

-> Le midrach rapporte que : « Le peuple juif dit à Hachem : « Tu as ordonné à Tes Cohanim de nous bénir. Mais nous n’avons pas besoin de leur bénédiction car Tu peux nous bénir Toi-même … »
Hachem répondit au peuple juif : « Bien que J’aie ordonné aux Cohanim de vous bénir, les bénédictions ne proviennent pas d’eux mais de Moi. Je me tiendrai au-dessus d’eux pour vous bénir ». »

-> Lorsque les Cohanim élèvent les mains pour bénir le peuple juif, Hachem est présent au-dessus d’eux, comme il est écrit : « Voici, Il se tient derrière notre mur, Il regarde par les fenêtres, Il entrevoit par le treillis » (Chir haChirim 2,9).

Lorsque les Cohanim récitent debout la bénédiction, la Présence Divine est là, regardant par les « fenêtres », c’est-à-dire par les espaces séparant leurs doigts écartés. A travers ce « treillis », Hachem observe Israël pour le bénir.

La Torah dit donc : « Ils lieront ainsi Mon nom aux juifs et Je les bénirai » (Nasso 6,27).
Hachem déclare : « Ne pensez pas que ce soient les Cohanim qui octroient la bénédiction. Il leur faut seulement prononcer Mon Nom dans la birkat Cohanim, et J’accorderai Ma bénédiction ».

C’est également un précieux cadeau fait aux Cohanim d’être les intermédiaires de l’influence bienfaitrice Divine. Cela constitue le 25e privilège que D. leur a accordé. Les 24 autres sont les diverses dîmes et offrandes.
La nature de cet avantage est sous-entendue dans l’expression : « Voici comment vous bénirez les juifs ». Quiconque bénit le peuple juif est à son tour béni par Hachem, comme il est écrit : « Je bénirai ceux qui te bénissent » (Béréchit 12,3).
Le 25e bénéfice des Cohanim leur revient donc grâce à la birkat Cohanim.

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-> Le 1er verset de la birkat Cohanim (v.6,24) est composé de 3 mots qui évoquent les 3 Patriarches : Avraham, Its’hak et Yaakov : Hachem nous accorde les bénédictions grâce à leur mérite.
Le 2e verset (v.6,25) contient 5 mots. Ceci nous apprend que nous sommes bénis grâce aux 5 Livres de la Torah.
Le 3e verset (v.6,26) renferme 7 mots qui correspondent aux 7 firmaments.

De plus, les 3 mots du 1er verset correspondent aux 3 hommes appelés à la lecture de la Torah le lundi et le jeudi.
Les 5 mots suivants du 2e verset, évoquent les 5 hommes appelés à la lecture les jours de fête (Yom Tov).
Enfin, les 7 mots du dernier verset correspondent aux 7 hommes appelés à la Torah le Shabbath.

Au cours d’une semaine normale, sont donc appelés à la Torah 8 juifs non Cohen ou Lévi (6 le Shabbath : 5 le matin et un l’après-midi à min’ha, un le lundi et un le jeudi) et 8 Lévi’im (4 Lévi’im et 4 Cohanim), soit 4 le Shabbath, 2 le lundi et 2 le jeudi.
Nos Sages établirent cette répartition afin d’éviter toute discorde entre Lévi’im et autres juifs, et matérialiser les derniers mots de la bénédiction : « et t’accorde la paix ».

De plus, le 1er verset comprend 15 lettres, correspondant à la valeur numérique du Nom Divin : youd – hé (יה).
Le 2e verset comporte 22 lettres, valeur numérique de : hé – youd – hé (היה).
Les 25 lettres du 3e verset correspondent à : youd – hé – youd (יהי).
Ensemble, ces lettres nous apprennent que Hachem existait par le passé (haya – היה), existe au présent (hové – יה) et existera dans le futur (yiyé – יהי).
[ « Avec le nom [Youd-Hé – יה], Hachem fonda le monde » = avec ces 2 lettres le monde fut créé » (guémara Ména’hot 29b)]
Il était avant d’avoir créé le monde, Il existe dans le présent et Il continuera à être éternellement.

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-> Les 3 versets composants la birkat Cohanim étaient inscrits sur le lit du roi Salomon pour le protéger :
« Voici, la couche de Salomon avec ses 60 guerriers autour d’elle, parmi les puissants d’Israël » (Chir haChirim 3,7).
Ce verset ne veut pas dire littéralement que 60 soldats entouraient le lit du roi Salomon.
Ce roi puissant et intrépide n’avait pas besoin d’une garde de 60 hommes.
Ce verset fait plutôt allusion aux 3 versets de la bénédiction des Cohanim dont les 60 lettres, correspondant à différents Noms Divins, étaient gravées autour de son lit.

Lorsque les Cohanim prononcent cette bénédiction, ses 60 lettres montent vers les royaumes célestes.
Elles sont prises par 60 anges dont chacun est associé à l’une d’elles et leur nombre correspond aux 600 000 juifs.
Après avoir ratifié les bénédictions des Cohanim, les anges présentaient les lettres devant le Trône de Gloire et Hachem les ratifiait Lui aussi.
Tel est le sens de : « Ainsi, ils lieront Mon Nom aux juifs et Je les bénirai ».
[…]

[Bien que les Cohanim bénissent tout le peuple juif (une pluralité de personnes), ils le font en utilisant le singulier. Pourquoi cela?]

En réalité, ces bénédictions se réalisent seulement lorsque le peuple juif est uni comme un seul homme.
Les mots de la bénédiction font comprendre à chaque juif : « Ces bénédictions te parviendront à la condition que vous soyez unis. Si la discorde vous sépare, tu n’en bénéficieras pas ».

La conclusion de la bénédiction : « et t’accorde la paix » va dans le même sens. La bénédiction se matérialise à condition que la paix règne parmi nous car la paix est la condition essentielle de la bénédiction.

-> b’h, à propos de la paix : https://todahm.com/2019/07/08/la-paix

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-> La bénédiction des Cohanim fut prononcée pour la 1ere fois le 1er Nissan, jour où Hachem fit reposer Sa Présence dans le Michkan.
Ce jour-là, les juifs étaient comparables à une mariée entrant sous le dais nuptial. De même que 7 bénédictions sont récitées lors d’un mariage, les juifs reçurent la bénédiction des Cohanim.

Nous remarquons que dans le verset : « Ils lieront Mon Nom aux juifs et Je les bénirai » (וְשָׂמוּ אֶת שְׁמִי עַל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וַאֲנִי אֲבָרְכֵם – Nasso 6,27), les lettres qui composent le Nom Divin (יהוה) apparaissent 7 fois (4 fois le youd, et 3 fois le vav).

[la lettre zayin (ז) a 7 pour valeur numérique. Sa forme pointue rappelle celle d’une arme (klé zayin)]
Ceci implique que la bénédiction des Cohanim protège le peuple juif comme une arme.

De plus, nous trouvons dans le verset : « Le jour où Moché termina d’ériger le Michkan » (Nasso 7,1) où le mot : « kalot » (termina – כַּלּוֹת) est une allusion aux 7 bénédictions nuptiales. En effet, ce mot peut également désigner une mariée (kalla).

[Méam Loez]

La femme Sota

+ La femme Sota (Nasso 5,27-31)

-> Après la combustion de l’offrande d’orge (min’hat hakénaot), la femme buvait l’eau amère.
Si elle était innocente, rien ne se produisait et elle était libre de retourner vivre avec son mari. Mais si elle s’était souillée, l’eau commençait à faire son effet : son visage devenait verdâtre, ses yeux sortaient de leurs orbites et ses organes enflaient.

Dès que ceux qui l’entouraient constataient ces symptômes, il criaient qu’on la fît sortir. Car la douleur déclenchait ses règles, ce qui interdisait sa présence sur le parvis du Temple.
Ensuite, son ventre se dilatait, ses organes sexuels se rompaient et la mort s’ensuivait.

Par miracle, à ce moment précis, l’homme avec lequel elle avait fauté mourait de façon semblable là où il se trouvait. Son ventre éclatait et ses organes sexuels se rompaient et la mort s’ensuivait.

[« elle boit des eaux de la malédiction » (Nasso 5,24)]
Le mot « malédiction » (méarérim – מְאָרְרִים) a une valeur numérique de 496, soit 2 fois 248, ce qui correspond à 2 fois le nombre des organes du corps humain.
Cela nous apprend qu’à la fois l’homme et la femme coupables d’adultère mouraient.

L’épreuve de l’eau amère n’était efficace que si l’époux de la femme soupçonnée était lui-même innocent de toute faute, notamment s’il ne s’était jamais rendu coupable d’adultère. Sinon, l’eau ne causait aucune réaction.

[La guémara (Sota 28a) affirme que les eaux amères n’agissent sur la femme Sota que si son époux est net de toute faute, mais pas dans le cas contraire.
Le ‘Hida enseigne que même si le mari était dévergondé comme son épouse, les eaux amères pourront avoir un effet sur sa femme, si son mari fait téchouva avant qu’elle ne boive ses eaux.]

Ainsi, si le mari se savait coupable d’une faute, il ne devait pas forcer son épouse à passer cette épreuve, de crainte qu’il ne subisse une sévère punition pour avoir causé l’effacement du Nom Divin en vain.

De plus, il gâchait la fonction disciplinaire de l’épreuve. En effet, sa femme se vanterait certainement devant ses amies d’avoir commis l’adultère, d’avoir bu l’eau et d’être sortie indemne de cette épreuve.
Ainsi, elle prétendrait que si ses amies fautaient comme elle, il ne leur arriverait rien non plus.

Du reste, à l’époque du 2e Temple où l’immoralité s’était répandue parmi le peuple et où les maris n’étaient pas irréprochables, le Sanhédrin abolit l’épreuve de l’eau amère.

Si une femme refusait de boire l’eau, on ne l’y forçait pas.
Son mari divorçait d’elle sans lui verser la somme prévue par son contrat de mariage (kétouba).
Par contre, si elle refusait de boire après l’effacement du Nom Divin dans l’eau, on l’y contraignait.

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+ L’histoire de 2 sœurs :

-> Voici l’histoire de 2 sœurs habitant dans 2 villes différentes, et qui se ressemblaient beaucoup.
Le mari de l’une d’elles devint jaloux de son épouse, et après l’avoir avertie de ne pas s’isoler avec un certain homme, exigea qu’elle passe l’épreuve de l’eau amère pour prouver son innocence.

En route vers Jérusalem, ils passèrent par la ville de la sœur de l’épouse, et la femme demanda à lui rendre visite.
Lorsqu’elles se rencontrèrent, la sœur soupçonnée dit à l’autre : « Ma chère sœur, sache que mon mari me soupçonne d’infidélité et veut me conduire à Jérusalem pour boire l’eau maudite. Que faire? Je me suis effectivement rendue coupable d’adultère! »

Sa sœur lui répondit : « Ne crains rien. Reste ici. J’irai à Jérusalem et je boirai l’eau à ta place. Rien de mal ne m’arrivera puisque je suis pure ».
Elle passa les habits de sa sœur et partit pour Jérusalem. Elle but l’eau amère, et en effet rien ne se produisit.

A son retour, elle fut accueillie joyeusement par sa sœur qui l’embrassa, pleine de gratitude qu’elle lui ait sauvé la vie. Alors qu’elles s’embrassaient, la femme coupable sentit l’haleine de sa sœur. Cette odeur pénétra en elle et elle mourut sur place …

=> Lorsque Hachem envoie l’ange de la mort pour prendre l’âme d’un homme, nul stratagème que le racha invente pour échapper à la mort ne lui sera utile.

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+ Mesure pour mesure :

-> Le sort de la femme adultère nous apprend que le châtiment subi par l’être humain correspond exactement, mesure pour mesure, à sa transgression.

[Par exemple : ]
– La femme s’est postée à l’entrée de sa maison pour que son amant la voie, le Cohen la place dévêtue à l’entrée du parvis du Temple.
– Elle a posé des fleurs dans ses cheveux pour s’embellir ; le Cohen la décoiffe et retire son foulard ;
– Elle a mis du fard, ainsi son visage devint-il verdâtre ;
– Elle a maquillé ses yeux, alors ses yeux grossissent ;
– Elle a tressé ses boucles, ses cheveux sont décoiffés ;
– Elle s’est parée de ceintures séduisantes, le Cohen l’entoure d’une corde de paille ;
– Elle a tendu sa cuisse, sa cuisse se rompt ;
– Elle a soumis son ventre à la faute, son ventre éclate ;
– Elle lui a servi des mets de choix, l’offrande qu’elle apporte est composée d’orge, un aliment pour les aliments.
L’orge symbolise également l’effronterie de la femme adultère.
Contrairement au blé, qui émerge du sol recouvert de nombreuses couches de balle, l’orge sort relativement découvert comme cette femme s’est découverte pour séduire les hommes.
[…]

– Elle a fauté en cachette et Hachem a fait connaître sa faute à tous.
[…]

La terre du Michkan mélangée à l’eau faisait allusion au sort qui attendait la femme adultère : elle allait mourir et reposer dans la terre infestée de vers …

Les 3 choses bues par la Sota (la terre, l’eau et les lettres du Nom Divin) rappellent les 3 éléments que mentionne la michna (Pirké Avot 2,1) : « Considère 3 choses et tu n’en viendras pas à la faute :
– « d’où tu viens : d’une goutte malodorante » => il s’agit de l’eau amère ;
– « où tu vas : dans un lieu de terre et de vers » => il s’agit de la terre prise sous le Michkan ;
– « devant qui tu devras rendre compte : devant le Roi des rois, le Saint, qu’Il soit exalté » => il s’agit du Nom de D. introduit dans l’eau.

Ces 3 éléments sont mélangés à l’eau amère afin de rappeler que si la femme avait médité à ces 3 choses, elle n’aurait pas commis cette faute.

Le fait que l’eau amère lui soit donnée par un Cohen est également significatif.
Le Cohen Gadol aimait la paix et s’efforçait de la faire régner parmi les hommes.
La consommation de l’eau amère permettait de rétablir la paix entre l’homme et son épouse lorsqu’elle était innocente.
[…]

Lorsque les juifs vivaient en Egypte, les égyptiens affirmaient avoir cohabité avec les femmes juives.
De ce fait, de nombreux juifs soupçonnèrent leur épouse.
Hachem dit donc à Moché : « Je désire que tu fasses passer aux femmes l’épreuve de l’eau amère. Écris le Nom explicite, mets-le dans l’eau, et fais-leur boire cette eau ».

Toutes les femmes [juives] furent mises à l’épreuve et leur innocence fut prouvée.
De fait, c’était grâce à leur moralité que les juifs furent délivrés. Hachem les mit à l’épreuve par l’eau [amère] comme on le fait à une femme soupçonnée d’adultère.
Cette épreuve leur fut administrée [à Mara], comme il est écrit : « Et là Il les mit à l’épreuve » (Chémot 15,25), afin d’ôter tout soupçon de l’esprit des époux.

Au même moment, les hommes furent aussi, de fait, mis à l’épreuve pour déterminer s’ils n’avaient pas fauté avec les femmes égyptiennes.

[Meam Loez – Nasso 5,27-31]

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-> La femme Sota (soupçonnée d’infidélité conjugale) a jeté son regard sur un homme qui ne lui est pas approprié.
Elle n’obtient pas ce qu’elle désirait, et de plus ce qu’elle possédait lui est retiré, car quiconque convoite ce qui ne lui appartient pas n’obtiendra pas ce qu’il désire et se verra privé de ce qu’il possède.
[guémara Sota 9a]

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-> « Le Cohen puisera de l’eau … et prendra de la terre du sol du Michkan » (Nasso 5,17)

-> On utilise la terre, qui possède 2 propriétés contradictoires :
– d’une part, la terre est un matériau méprisable de peu de valeur et foulé par tous ;
– d’autre part, la terre fécondée par la pluie produit de beaux fruits et la nourriture de l’homme.
Ces 2 propriétés contradictoires font allusion aux 2 effets contradictoires que peuvent produire les eaux amères bues par la femme Sota :
– si son ventre gonfle et son flanc dépérit, c’est qu’elle s’est souillée et elle devient ainsi méprisable ;
– si elle reste indemne, c’est qu’elle est restée pure et produira de « beaux fruits » : une postérité de tsadikim.
[Maharcha – ‘Hidouché Aggadot]

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+ Rava dit : Pourquoi la Torah demande-t-elle (au Cohen) de mettre de la poussière (afar) dans l’eau que doit boire la femme Sota (soupçonnée d’adultère par son époux)?
C’est parce que si elle est innocente, elle aura un fils comme Avraham qui avait dit : « Et moi qui ne suis que poussière et cendres » (Béréchit 18,27), et si elle est coupable, la femme Sota retournera dans la poussière.

Rava fait ce commentaire : Par le mérite (d’humilité) d’Avraham qui s’est comparé à la poussière et aux cendres, ses descendants ont bénéficié de 2 commandements : les cendres (purificatrices) de la Vache Rousse (para adouma) et la poussière (purificatrices) de la femme Sota.
[guémara Sota 17a]

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=> Comment comprendre : « Elle aura un fils comme Avraham »?

-> Cette femme, accusée à tort d’infidélité, s’est considérée comme la poussière de la terre en acceptant les humiliations de la procédure de Sota.
C’est pourquoi, mesure pour mesure, elle aura le mérite d’avoir un fils humble, qui se considérera comme poussière et cendre, malgré son haut niveau, comme notre ancêtre Avraham.
[Tiféret Tsion]

-> L’intention n’est pas de dire que la femme innocente aura un fils du niveau d’Avraham, mais qu’elle aura un fils convenable (hagoun), comme d’Avraham est sorti un fils hagoun : Its’hak.
En effet, il y a un parallèle entre la situation d’Avraham et celle de la Sota innocente : les moqueurs attribuaient la paternité d’Itshak à Avimélé’h, roi de Guérar, qui avait pris Sarah dans son palais avant de la libérer, et Its’hak s’est révélé être un fils hagoun ; de même, cette femme Sota a subi la médisance de ses concitoyens, et déclarée innocente, elle aura le mérite d’avoir un fils hagoun.
De plus, si elle enfantait jusque-là avec difficulté, elle enfantera facilement ; si elle n’avait eu que des filles, elle enfantera un garçon ; si elle avait des enfants de petite taille, celui-ci sera grand.
[Min’ha ‘Hariva]

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=> Comment comprendre : « si elle est coupable, la femme Sota retournera dans la poussière »?

-> C’est à partir du petit os nommé : louz (לוז), habituellement indestructible, que s’effectuera la résurrection des morts.
Cependant, pour la femme Sota, si elle meurt après avoir bu les eaux « amères », ce qui prouve sa culpabilité, son louz redeviendra poussière et elle ne pourra pas bénéficier de la résurrection.
Pourquoi? Du fait qu’en ne reconnaissant pas sa faute, elle a provoqué l’effacement du Nom Divin qui ne doit pas être effacé inutilement, alors mesure pour mesure, son louz sera réduit en poussière alors qu’il est indestructible pour les autres personnes.
[Tiféret Tsion]

-> Habituellement, chacun des 2 composants de l’homme rejoint sa source, après la mort :
– le corps retourne vers la poussière avec laquelle il a été créé ;
– l’âme rejoint le Ciel d’où elle est issue.
Cependant, si la femme Sota est coupable, bien que son corps retourne dans la poussière de la terre, son âme ne rejoint pas sa source ; c’est pourquoi Rava dit que la femme coupable, et non pas seulement son corps, retournera dans la poussière.
[Iyé haYam]

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-> Selon le ‘Hatam Sofer, la guématria des 2 mots : afar (poussière – עפר) et éfer (cendres – אפר) est de 631.
Or, c’est la même guématria que celle du mot : kéTorah (comme la Torah – כתורה).
Cette guématria commune fait allusion au fait que la Torah ne peut se maintenir que chez les gens humbles et non pas chez les orgueilleux.

-> Avraham voulait dire : comme la poussière (afar), je ne vaux rien au départ (on peut alors l’ensemencer pour fournir de la nourriture, on peut la modeler pour en faire des récipients, …), et comme les cendres (éfer), je ne vaux rien après (ex: un bois a beau être précieux, il n’est plus rien d’utile réduit en cendres).
Les descendants d’Avraham auront 2 récompenses :
– la poussière de Sota = pour prouver que la Sota était pure jusque-là ;
– les cendres de la para = pour purifier le tamé mét à partir de maintenant.
[Beit haLévi]

« Le 7e jour, le chef des enfants d’Efraïm, Elichama fils d’Amihoud » (Nasso 7,48)

=> Pourquoi le chef de la tribu d’Efraïm a apporté son offrande le 7e jour (soit le Shabbath)?

Lorsque Yossef est venu en Egypte, il y a été vendu comme esclave à la maison de Potifar.

La Torah nous relate qu’un jour il est venu à la maison afin de faire son travail, et que la femme de Potifar l’a pressé de commettre une faute.
Yossef en est devenu très effrayé, et il s’est enfui.

Selon le midrach (Yalkout Shimoni 146), c’était le jour du Shabbath, et il venait à la maison faire « son travail », qui était d’étudier et de revoir la Torah que son père lui avait enseigné.

Selon la guémara (Sanhédrin 43b), lorsqu’une personne résiste et domine le mal, c’est équivalent au fait d’offrir un sacrifice.

=> Ainsi, puisque Yossef a « offert » un sacrifice à Shabbath, Hachem l’a récompensé en faisant que son descendant (le chef de la tribu de son fils) pouvait apporter un sacrifice pour l’inauguration de l’Autel, à Shabbath.

Par ailleurs, selon le midrach rabba (14,2), Yossef a observé le Shabbath en Egypte avant qu’il ne soit donné.
On l’apprend du verset : « … (ha’hèn – הָכֵן) … » (Béréchit 43,16)
Le mot ha’hèn est essentiellement utilisé afin d’exprimer une préparation pour Shabbath, comme on peut le déduire du verset : « le 6e jour ils préparent (hé’hinou – הֵכִינוּ) ce qu’ils auront apporté » (Chémot 16,5).

Ainsi, Hachem lui a dit : « Yossef, tu as observé Shabbath avant que la Torah ne soit donné, Je te promets que Je vais te rembourser en permettant à ton petit-fils de présenter son offrande le jour de Shabbath.
Et ce, malgré le fait qu’il soit normalement interdit à une personne individuelle d’agir ainsi, je vais accepter favorablement son offrande. »

=> Mais, n’est-il pas curieux que la récompense de l’observance du Shabbath par Yossef, est une profanation (permise) par son petit fils?

D. a donné le Shabbath et nous a ordonné de le sanctifier.
Ceci s’accomplit en se retenant de tous les travaux interdits, comme le fait d’y apporter un sacrifice individuel.
Il existe cependant des sacrifices [collectifs] que nous devons offrir durant Shabbath.
Ainsi, d’une manière évidente, une offrande demandée par Hachem n’est pas une profanation du Shabbath, mais c’est un moyen de développer la sainteté du Shabbath.

C’est pourquoi la récompense de Yossef, a été, malgré le fait que normalement l’offrande individuelle soit interdite Shabbath, Hachem a donné l’autorisation à son petit-fils d’en offrir en ce jour, qui va alors permettre d’accroître et d’élever la sainteté du Shabbath.

Source (b’h) : traduction personnelle d’un dvar Torah du rabbi Moché Bogolmisky (dans son Védibarta Bam)

« Un jeune taureau, un bélier, un agneau pour holocauste … puis, pour le sacrifice de rémunération, cinq béliers, cinq boucs, cinq agneaux. » (Nasso 7,15-17)

1°/ Pourquoi pour le sacrifice dit de l’holocauste (léola), on apporte uniquement un de chaque animal?

Les chefs des tribus voulaient inclure dans leurs offrandes le mérite de chacun des patriarches :
-> le taureau représente Avraham, comme il est écrit : « Abraham courut au troupeau (de taureaux) » (Béréchit 18,7) ;
-> le bélier représente Its’hak, à qui un bélier a été sacrifié à sa place lors de la Akéda.
-> l’agneau représente Yaakov, comme il est écrit : « Ces agneaux, Yaakov les tenait à distance » (Béréchit 30,40).

Il est à noter que les mots : « Avraham, Its’hak véYaakov » ont pour valeur numérique de : 644, qui est la même que : « par (taureau – פַּר), ayil (bélier – אַיִל ), kévès (agneau – כֶּבֶשׂ) » (avec le kolel, en comptant les 3 mots comme un).

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2°/ Pourquoi pour le sacrifice dit de rémunération (lé’hatat), on apporte une quantité de 5 de chaque animal?

Avraham a eu Yits’hak à l’âge de 100 ans.
Its’hak avait 60 ans lorsque Yaakov est né.
Puisqu’Avraham est mort à l’âge de 175 ans, il y a eu une période de 15 ans durant laquelle les 3 patriarches ont vécu ensemble.
=> Les 5 béliers, 5 boucs et les 5 agneaux, correspondent à ces 15 années.

Puisque le monde tient sur 3 piliers (la Torah, la Avoda et la guémilout ‘hassadim), et que chacun des Patriarches était le prototype d’un de ces piliers, durant les 15 ans de leur vie commune, les fondations du monde étaient au maximum de leurs forces.

Source (b’h) : traduction personnelle d’un dvar Torah du rabbi Moché Bogolmisky (dans son Védibarta Bam)

Le Nazir

+ Le Nazir (paracha Nasso) :

-> La Torah autorise un homme ou une femme à prendre volontairement le statut de « nazir », qui les soumet à 3 interdictions :
1°/ ne pas consommer des raisins ou des produits dérivés de la vigne ;
Le Ram’hal (Messilat Yécharim) dit que la Torah ajoute les dérivés de la vigne afin d’éviter que le nazir ne soit tenté par des aliments qui l’inciteraient à consommer la boisson interdite (le vin).
Il est important d’avoir des barrières personnelles autour des mitsvot négatives.

2°/ ne pas se couper les cheveux ;
Selon le Sforno, l’interdiction de se couper les cheveux aide le nazir à se débarrasser de l’envie de s’enorgueillir de sa beauté.
Le rav Shimshon Raphael Hirsch enseigne : « Le cheveu représente un facteur isolant pour le corps, parce qu’il le protège des éléments environnants.
En se laissant pousser les cheveux, le nazir érige une barrière entre lui et le monde extérieur, et peut ainsi vouer tous ses actes à D. »

3°/ ne pas se souiller par une dépouille humaine.
Le nazir se soumet à un degré de sainteté, qui est selon la Torah incompatible avec ces activités interdites.

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+ « Tous les jours de son abstinence, il est saint (kadoch) pour Hachem » (Nasso 6,8)

=> Comment le nazir devient-il « saint »?

-> Chaque juif contient en lui une part de sainteté, son âme, portion Divine « provenant de sous Son trône de gloire », et c’est le fait de l’allier au corps et à la matière, qui va voiler cette spiritualité.

Ainsi, il suffit à l’homme de se séparer de la matérialité, de mettre un frein à ses appétits physiques pour que l’âme fasse surface et surgisse dans toute sa vigueur, et pour que la sainteté dissimulée en elle puisse s’exprimer bien davantage dans la réalité.
[Sfat Emet]

-> Le culte du corps constitue le fondement de ce que nous appelons : « la culture occidentale ».
Mais la Torah suit quant à elle la voie radicalement opposée : l’homme doit concentrer tous ses efforts pour ne voir dans son corps qu’un instrument au service du spirituel, et nullement comme une source de jouissance.
En ce sens, la guémara (Nédarim 9b) rapporte comment une personne d’apparence magnifique est devenue nazir après avoir vue son reflet dans l’eau.

Le rav Chlomo Wolbe (Alé Chour) commente : qu’en voyant son beau reflet dans l’eau, cet homme sentit son mauvais penchant « bondir » en lui, et il était sûr que celui-ci tenterait de le faire trébucher. Il choisit alors de le combattre en devenant nazir, puisqu’au terme de sa période d’abstinence, il devra raser sa chevelure et la brûler pour D.
Cette décision prise dès les 1ers signes du mal, témoignait de la grande sainteté qui l’animait.

=> Nos Sages ne nous demandent pas de faire abstraction de notre corps et de nos pulsions.
Il ne faut pas nourrir les appétits du corps plus que le strictement nécessaire, et il faut élever spirituellement notre corps pour lui permettre d’accéder à l’éternité, au moment de la résurrection des morts.

Le nazir en se privant de matérialité va à l’encontre de la normalité de ce monde, et ancre d’à quel point nous devons tendre à dominer nos pulsions animal, pour permettre l’expression de toute la spiritualité qui est en nous.

[notre corps se libérant de ses pulsions animales, il peut alors se mettre au service de notre âme pour lui permettre de pleinement s’exprimer!]

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-> Le rav Yéhouda Leib ‘Hasman (Or Yahel – tome III) rapporte qu’à la fin de sa période d’abstinence, le nazir doit apporter 2 sacrifices (v.6,14) :
1°/ une offrande de paix (chélamim) = car il doit se réjouir d’avoir pu se rapprocher de son Créateur en ayant accompli le but de son existence : soumettre son cœur à sa raison, en se séparant des tentations matérielles.

2°/ une offrande de réparation (‘hatat) = selon les mots du Ramban (v.6,11) : « parce qu’il retourne se souiller dans les tentations de ce monde ».
En effet, comment cet homme, après s’être élevé à un niveau où : « la couronne (nézer) de son D. est au-dessous de sa tête » (v.6,7), peut-il rejeter cette couronne et se laisser de nouveau aller à la matérialité.

[en ce sens, le Ibn Ezra dit que le mot nazir (נָזִיר) est issu de la racine : « nézer » (couronne – נֵזֶר).]

=> Que doit faire l’homme qui a déjà approché D.?
Il doit continuer à s’élever, un degré après l’autre (centimètre par centimètre), sur l’échelle de la spiritualité.

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+ « Et si un (de ses proches) meurt soudainement » (Nasso 6,9)

Ce verset envisage le cas où un Nazir perd un proche soudainement et qu’il se rend impur pour l’enterrer, malgré l’interdiction).
On peut s’interroger. En effet, le Cohen Gadol (le grand prêtre) aussi n’a pas le droit de se rendre impur même pour un proche. Ainsi, pourquoi la ToraH envisage le cas d’une mort soudaine d’un proche pour le Nazir et non pour le Cohen Gadol?

En réalité, avant son vœu, le Nazir avait le droit de se rendre impur au contact d’un mort, mais, il a décidé de devenir Nazir et de prendre sur lui des interdits et des rigueurs supplémentaires comme le fait de ne pas se rendre impur par un mort.
Or, quand quelqu’un s’ajoute volontairement des interdits et se crée une pression supplémentaire qu’il n’avait pas auparavant et que personne ne lui a demandé, alors le mauvais penchant fera tout pour le faire tomber. Ainsi, il se pourra qu’il arrive qu’il perde un proche soudainement.
Le Satan entraînera cela pour l’éprouver du fait de cette rigueur qu’il a prise sur lui alors qu’il en était dispensé.

Mais le Cohen, qui a l’interdit de se rendre impur de par son état naturel, et il ne se l’est pas imposé, pour lui le Satan ne s’évertuera pas à le faire trébucher, et il sera bien plus rare que cette situation de mort soudaine d’un proche n’arrive.
[rabbi Barou’h de Stotchin]

« Les chefs d’Israël, chefs de leur maison paternelle, apportèrent des offrandes … » (Nasso 7,2)

-> Rachi (v.2) : Ils avaient mérité cette fonction lorsqu’ils étaient contremaîtres/surveillants en Egypte, et qu’ils avaient préféré se faire battre par les égyptiens plutôt que de persécuter leurs frères juifs.

-> Rachi (v.11) : comme Moché ne savait pas quel ordre adopter, D. lui fit savoir que les chefs de tribus se présentent selon la place qu’ils occupaient lors de leur déplacement dans le désert.

-> « Ils emmenèrent leur offrande devant Hachem … un chariot pour 2 chefs » (v.7,3)
Selon le Sforno, cela témoigne de la fraternité qui régnait entre eux, et c’est cela qui leur fit mériter que la Présence Divine réside parmi eux.

Selon le Haamék Davar, les chefs n’ont pas confié cette tâche à des subordonnées (humilité), mais ils ont eux-mêmes apporté les chariots et les taureaux en l’honneur du Michkan.

=> Ce long passage de la Torah, en apparence répétitif, nous apprend l’importance de privilégier à tout prix la fraternité entre juifs, et d’être humbles.

-> La Torah conclue chaque énumération par « telle est l’offrande de … ». Pourquoi une telle répétition?

Rabbi Sim’ha Bounim de Peshischa répond que cela nous indique que chacun des princes ayant présenté son offrande n’a nullement cherché à imiter son homologue qui avait apporté la sienne la veille.
Chacun l’a fait spontanément, de sa propre initiative, sans copier autrui.

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-> Au moment de l’inauguration du Michkan, la Torah va décrire d’une façon plutôt répétitive et détaillée, la description des sacrifices que chaque chef de tribu a apporté (Nasso 7,12-83)
=> Pourquoi cela?

Rav Chmouel Greineman dit qu’il y avait 12 jours d’inauguration, et chaque jour une autre tribu apportait un sacrifice.

Chaque chef de tribu a choisi d’apporter exactement le même sacrifice qui avait été amené le 1er jour par Na’hchon fils de Aminadav, de la tribu de Yéhouda.
Ils ont volontairement agi pour éviter tout sentiment de jalousie, qui aurait pu se manifester si chacun aurait voulu faire mieux que l’autre.
C’était une démonstration de l’honneur et de l’amitié entre les différentes tribus.

Le rav Greineman explique que Hachem était si content, qu’Il a permis que le 7e sacrifice se fasse pendant Shabbath, et Il relate ce fait d’une façon si détaillée pour chacune des tribus (alors qu’aucune lettre n’est de trop dans la Torah).

=> Si pour de la spiritualité, il est important d’éviter de la jalousie, à plus forte raison pour de la matérialité.

-> Le ‘Hizkouni dit que Hachem attribua un jour différent à chaque prince (nassi), car Il souhaitait non seulement accorder à tous une part d’honneur égale, mais en même temps, prolonger les célébrations.

[cela est éternellement consigné et vécu dans la Torah!]

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-> « Si ces versets [se répètent de la sorte], c’est parce que Hachem honore ceux qui Le craignent, comme il est dit : « J’honore ceux qui M’honorent » (Chmouël I 2).

Mais comme tous les princes/chefs avaient décidé d’apporter le même jour leurs offrandes, il était impossible de faire en sorte que l’un ne précédât pas l’autre.
C’est pourquoi, la Torah les mentionne tous par leurs noms et précise le détail de leurs offrandes, indiquant le jour où chacun apporta son offrande.

Si elle s’était contentée d’honorer le premier en disant : « Telle fut l’offrande de Na’hchon fils d’Aminadav … », et de conclure : « Ainsi les autres princes apportèrent-ils les mêmes offrandes, chacun en son jour », cette formulation aurait diminué l’honneur dû aux autres. »
[Ramban – Nasso 7,11]

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-> Des considérations liées à un niveau de réalité très profond guidèrent les chefs de tribu, et malheureusement, celles-ci nous sont cachées.
[Cependant, nos traditions expliquent] qu’en apportant ces offrandes, chaque chef attira sur sa tribu un flux éternel d’abondance Divine et de lumière.
Selon le Zohar, si les 12 tribus n’avaient pas offert ces 12 présents au cours de ces 12 jours, l’existence du peuple juif aurait été mise en péril par les 12 princes d’Ichmaël (Béréchit 25,13-16).
[…]

Il est donc d’un grand intérêt de lire les chapitres concernant les présents des chefs de tribus successivement au cours des 12 premiers jours de Nissan. Car alors, chaque homme, quelle que soit sa tribu, attire vers lui un éclat de la lumière Divine de cette tribu, ce qui écartera les forces négatives susceptibles de lui nuire.
[Méam Loez – Nasso 7,78-83]

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-> « Tu ne monteras pas sur Mon autel à l’aide de marches, afin que ta nudité ne s’y découvre pas » (Yitro 20,23)

Rachi commente : Car des marches d’escalier t’obligeraient à allonger le pas. Il est vrai qu’il n’y aurait pas, dans ce cas, de véritable mise à nu puisq’’il est écrit : « Fais-leur des caleçons de lin pour couvrir la nudité de la chair » (infra 28,42). Cependant, l’allongement des pas correspond presque à une mise à nu, et ce serait un manque de respect envers les pierres.

Cela relève d’un raisonnement à fortiori : si envers ces pierres, qui sont pourtant dépourvues d’une conscience susceptible d’éprouver de la honte, la Torah nous ordonne de ne pas adopter une conduite méprisante car nous les utilisons, à plus forte raison devons-nous veiller au respect de notre prochain, qui a été façonné à l’image de son Créateur et qui est blessé quand il est humilié.

=> Ce long passage, en apparence répétitif, témoigne d’à quel point nous devons être vigilant à ne pas causer la moindre honte à notre prochain, et au contraire l’importance de chercher à lui donner de l’importance (toute personne a besoin de sentir qu’elle a de la valeur!).

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+ « Celui qui apporta son offrande le 1er jour fur Na’hchon fils d’Aminadav, de la tribu de Yéhouda » (Nasso 7,12)

-> Pour les sacrifices de tous les autres jours, la Torah précise que celui qui a offert était : « le prince (de la tribu de…) », et ce à l’exception de Na’hchon où la Torah écrit qu’il était : « de la tribu de Yéhouda », et non « prince de Yéhouda ». Pourquoi cette différence?

En réalité, comme Na’hchon était le premier à offrir, cela risquait d’éveiller en lui de l’orgueil.
Pour éviter cela, la Torah ne le nomme pas comme : « prince », mais en tant qu’homme simple.
Mais les autres tribus, qui se sont déjà rabaissées en offrant leurs sacrifices après, la Torah pouvait les qualifier de « prince », sans craindre qu’ils s’en enorgueillissent.
[‘Hizkouni]

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-> Pour le 1er jour (Na’hchon) = le titre « Nassi » est omis.
Pour le 2e jour, il est écrit : « Le 2e jour, Néthanel fils de Tsouar offrit, le chef de Yissa’har.
Pour tous les autres jours, il est écrit : « Le x jour, le chef des enfants de xx ».
=> Pourquoi une telle différence?

Nos Sages (guémara Béra’hot 34b) rapportent le fait que plus une personne occupe un poste important, plus elle doit s’abaisser devant D. pendant la prière.
C’est ainsi que selon un avis, le roi restait courbé durant toute la prière de la amida, tandis que le Cohen gadol se prosternait à la fin de chacune des bénédictions.
Et pour le restant du peuple juif, ce n’est que dans la 1ere et la dernière bénédiction.

La tribu de Yéhouda, qui représente l’attribut de la royauté, est la tribu la plus importante, et c’est pour cela que le verset n’indique pas à son chef le titre de « Nassi », car il doit travailler à s’humilier plus que les autres.

La tribu de Yissa’har était la 2e plus importante, en raison de sa sagesse. C’est pourquoi, bien que le titre de « Nassi » lui soit donné, cela est fait d’une façon plutôt désinvolte, car Néthanel avait également besoin de s’humilier plus que le restant du peuple d’Israël.
[Alchikh haKadoch]

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-> Pour tous les princes, il est écrit : « le chef de Chimon/Yissa’har … » (Nessi de Chimon/Yissa’har…), sauf pour Na’hchon où il est écrit : « de la tribu de Yéhouda » (lématé Yéhouda), et ce afin de nous enseigner que la seule raison pour laquelle Na’hchon est venu en 1er, c’est parce qu’il état issu de la tribu de Yéhouda, qui en tant que tribu de la royauté, était digne d’être la 1ere.

Le titre de « Nassi » (chef/prince) n’est pas utilisé uniquement dans le cas Na’hchon, pour enseigner que s’il a eu le mérite d’être le 1er, ce n’est pas parce qu’il était « Nassi », mais parce qu’il était de la tribu de Yéhouda.
[Gour Aryé]

-> Le terme « Nassi » n’est pas utilisé en référence à Na’hchon, car il a appris à être humble de son ancêtre Yéhouda, comme il est dit (Vayigach 44,33), que Yéhouda s’est humilié devant Yossef et a accepté de devenir esclave à la place de Binyamin.

De même, Na’hchon s’est rendu insignifiant devant tous les autres [chefs/princes], ce qui était une caractéristique propre à la tribu de Yéhouda.
[le Roch]

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-> C »est parce que dans sa très grande modestie, Na’hchon ben Aminadav ne se jugeait pas meilleur que n’importe quel autre membre de sa tribu.
[Ohr ha’Haïm haKadoch]

-> Lorsque Moché a dit à Na’hchon que Hachem l’avait choisi pour être le 1er à amener un Korban, il était très tourmenté. Il ne voulait pas de l’honneur d’être le 1er.
Il s’est réprimandé lui-même, en pensant : « Qui suis-je pour être le 1er à apporter des korbanot? »

C’est la façon de se comporter des tsadikim : se minimiser et fuir les honneurs.
Cette attitude de Na’hchon a eut beaucoup d’importance aux « yeux » de Hachem, au point que cet acte a été considéré comme un Korban (offrande).

Ceci explique pourquoi uniquement au sujet de Na’hchon, le terme : « korbano » (son offrande) est utilisé à 2 reprises :
– 1°/ « Celui qui apporta son offrande le 1er jour fut Na’hchon fils d’Aminadav, de la tribu de Yéhouda » (v.7,12) = la 1ere apparition en allusion au fait qu’il s’est tellement minimisé en apprenant la nouvelle qu’il serait le 1er à offrir, que pour D. c’est comme s’il c’était sacrifié.

– 2°/ « son offrande était : un bol d’argent, … » (v.7,13) = la 2e apparition renvoie au réel sacrifice matériel apporté (à l’image des autres).
[Gan Ravé – גן רוה]

-> En ce sens également, le Tsor haMor enseigne que Na’hchon ne voulait pas être le 1er à apporter les sacrifices, mais s’il l’a fait c’est uniquement parce que Hachem le lui a ordonné.
[il n’avait pas le moindre égo, le moindre intérêt personnel dans cette démarche.]

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-> Le Toldot Its’hak dit qu’aux yeux de Na’hchon, il considérait comme si tous les autres Korbanot avaient été déjà apportés, et qu’il était le dernier à le faire. Et de cette façon, Na’hchon ne s’est nullement enorgueilli.

[certes en apparence il était le 1er parce que telle était la volonté de D., mais au plus profond de son cœur, il était convaincu d’en être le dernier, se protégeant ainsi de la moindre miette d’orgueil, de vantardise!]

-> Selon le Toldot Its’hak, plus une personne est grande, plus elle se doit d’être humble.
Ainsi, la Torah n’a pas utilisé « Nassi » (prince) uniquement pour Na’hchon, parce qu’il était plus grand que tout les autres, et donc plus humble.

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-> Il n’est pas dit : « Nassi » pour Na’hchon, car son nom était plus distingué/illustre que le titre : « Nassi ».
[Min’ha Béloula]

-> Hachem a dit à Moché : « Celui qui a sanctifié Mon Nom à la mer Rouge méritera d’être le 1er à apporter des Korbanot ».
Cette personne était : Na’hchon.
[midrach Bamidbar rabba 13,7]

[selon certains commentateurs, en étant le 1er à se jeter dans la mer Rouge avant son ouverture, il a acquis le titre de prince du peuple Israël entier, et pas uniquement d’une seule tribu, la sienne.]

« Un homme ou une femme qui se sépare en faisant un vœu de nazir, d’abstinence au nom de Hachem » (Nasso 6,2)

-> La guémara (Nédarim 9b) nous rapporte l’histoire d’un homme d’une beauté hors du commun qui a souhaité devenir nazir, et donc de couper ses beaux cheveux.

Il s’est expliqué à Chimon haTsadik : « J’étais berger, et un jour alors que je tirais de l’eau d’une source, j’ai aperçu mon reflet dans l’eau.
Mon yétser ara a cherché à me retirer de ce monde!
Je lui ai alors dit : Mauvais! Pourquoi deviens-tu arrogant dans un monde qui n’est le tien? Est-ce que tu cherche à te glorifier d’un homme dont la finalité est les vers et les asticots?
Immédiatement, j’ai juré de raser mes cheveux en l’honneur du Ciel! »

En entendant cela, Chimon haTsadik s’est levé et l’a embrassé sur la tête, lui disant : « Que se soit Sa volonté qu’il puisse y avoir beaucoup de nazir comme toi parmi Israël »

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-> Le Steïpler enseigne qu’à partir des mots de la guémara, on peut voir que le yétser ara voulait le faire tomber dans la faute de l’arrogance.
Dans la plupart des cas, lorsque quelqu’un réalise qu’il possède une qualité que son ami n’a pas, il devient immédiatement arrogant, orgueilleux, s’imaginant alors qu’il est la meilleure personne dans le monde.
Il devient convaincu que toute personne lui doit du respect pour cela.

=> Pourquoi le yétser ara cherche-t-il tellement à implanter en nous de l’arrogance?

Hachem dit : « Moi et lui [celui qui est arrogant] ne peuvent pas résider dans le même monde » (guémara Sotah 5a).

Ainsi, dès que l’orgueil entre en nous, alors la conséquence est que Hachem nous quitte, faisant que nous sommes totalement prisonnier du yétser ara, disponible pour tous ses caprices.

-> « L’homme orgueilleux est livré à son cœur, car du fait que Hachem le tient en horreur, il ne bénéficie d’aucune aide divine. »
[Rabbénou Yona – michlé 16,5]

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-> Certains rabbanim ont l’habitude d’avoir un livre de Torah en main afin d’avoir toujours conscience que si les gens leur témoignent autant d’honneur c’est pour la Torah que D. fait passer par lui, et non pas pour lui-même.

-> Une fois, le géant rabbi Akiva Eiger pleura amèrement en disant : « Je pleure sur le fait que notre génération manque tellement d’érudits en Torah que l’on en vienne à me considérer comme un érudit en Torah ».

-> Quiconque ayant de l’orgueil … c’est comme s’il reniait D. » [guémara Sota 4b]

-> « Une véritable humilité est un remède qui a fait ses preuves pour la majorité des problèmes de notre temps. »
[Rav ‘Haïm Kanievsky – Or’hot Yochèr]

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-> b’h, au sujet de l’humilité : https://todahm.com/2018/12/25/lhumilite-quelques-reflexions-de-nos-sages ;
-> b’h, au sujet de l’orgueil : https://todahm.com/2018/12/25/lorgueil-quelques-citations-de-nos-sages

« Ils les renvoyèrent hors du camp » (Nasso 5,4)

-> Rachi (v.5,2) explique qu’il y avait 3 campements, avec chacun un niveau différents de sainteté (le camp de la Ché’hina, le camp des Lévi’im, et le camp d’Israël.).

Il est écrit : « ton camp sera saint » (Ki Tétsé 23,15)
Le Zohar commente : « ton camp » = cela fait allusion aux membres d’une personne, que nous devons garder saints (kadoch).

Le Chla haKadoch dit qu’ici également, les 3 camps font allusion aux parties du corps :
1°/ le 1er = la tête et le cerveau, les origines de toutes les pensées.
Nous devons maintenir ce « camp » saint, en éliminant même les pensées de faute.

2°/ le 2e = il s’agit du cœur, qui doit être laissé saint et pur.

3°/ le 3e = c’est l’estomac et les reins, qui consomment et expulsent la nourriture du corps humain.
Ils doivent restés saints, en étant vigilant sur ce que l’on mange, et en agissant avec modération lorsque nous prenons soin des besoins de notre corps.

=> « Ils les renvoyèrent hors du camp » = nous devons conserver ses 3 « camps » saints en renvoyant toute l’impureté qui peut s’y trouver.

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-> On a pu voir l’enseignement de Rachi, selon lequel les enfants d’Israël avaient un campement divisé en 3 : celui de la Ché’hina, celui des Lévi’im, et celui du camp d’Israël.
On pouvait penser que la présence Divine ne réside qu’à proximité du Michkan et des Lévi’im, et non du camp d’Israël.

C’est pour cela que la Torah affirme qu’une personne impure devra quitter tous ces 3 camps (cf. Rachi 5,2), car la Présence Divine réside dans l’intégralité des 3 campements du peuple d’Israël.
[Alchikh haKadoch]

[Hachem réside en chacun de nous (du plus grand tsadik au plus simple des juifs), et nous devons être vigilant à nous protéger, autant que possible, de la présence de toute impureté en nous, car cela va créer une séparation/distanciation avec la Présence Divine.]

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+ « Ordonne aux enfants d’Israël qu’ils expulsent du camp quiconque a la tsara’at, quiconque a eu une émission de zav, et quiconque a été rendu impur par un cadavre humain. » (Nasso 5,2)

-> « Il existe 4 transgressions pour lesquelles l’homme paye dans ce monde et dans le monde futur : l’idolâtrie, l’immoralité et le meurtre.
Ainsi que le lachon hara qui est équivalent (en gravité) à toutes (les 3 autres fautes réunies). »
[guémara Yérouchalmi 1,1]

-> Ce verset fait allusion à l’avertissement que la faute de lachon ara est équivalente en gravité aux 3 fautes cardinales : l’idolâtrie, l’immoralité et le meurtre.

Les 3 personnes impures mentionnées ici renvoient à ces 3 fautes :
– la tsara’t = à l’idolâtrie ;
– celle atteinte de zav = l’immoralité ;
– celle impure par un cadavre humain = le meurtre.

Le verset suivant est : « Homme ou femme vous renverrez » (v.5,3) = c’est une allusion à l’idée que le lachon ara est parfois :
– de type « masculin », dans le sens où il ne porte pas de fruit (comme un homme qui ne porte pas d’enfant en lui) ;
– de type « féminin ». Il est alors encore pire que l’autre, car il « engendre des fruits », à l’image d’une femme, dans le sens où il va causer du mal chez autrui.

=> On nous averti que pour garder notre camp saint, il faut renvoyer toute forme de lachon ara potentiel
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[Ben Ich ‘Haï]

« Le 10e jour, le chef des enfants de Dan » (Nasso 7,66)

Il existe une coutume de lire pendant les 12 premiers jours du mois de Nissan les passages de la Torah se rapportant aux offrandes amenées par les chefs de tribu pour l’inauguration du Michkan.

-> Le rav Zalman de Volozhin, un des proches élèves du Gaon de Vilna a dit à ce sujet :
« Le jour de la semaine durant lequel nous lisons les offrandes apportées par la tribu de Dan est également le jour de la semaine durant lequel tombera le prochain Roch Hachana, jour durant lequel Hachem juge (dan) toute l’humanité.

Cela est également en allusion dans la bénédiction que Yaakov donne à Dan, comme il est écrit : « Dan yadin amo » (Dan jugera son peuple – Vayé’hi 49,16). »

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[lorsque Yaakov a béni ses enfants, il a associé la force du jugement terrestre avec la tribu de Dan, et c’est ainsi que cette tribu a apporté son offrande le 10e jour de Nissan qui tombe toujours le même jour de la semaine que le 1er jour de Roch Hachana, jour où D. juge l’humanité.]