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Les juifs de Shoushan qui n’ont pas participé au festin

+ Les juifs de Shoushan qui n'ont pas participé au festin :

-> Le midrach (Esther raba 7,13) affirme que 18 500 juifs ont assisté au festin d'A'hachvéroch [destinés aux habitants de la capitale du royaume Shoushan].

-> Le rav 'Haïm Kanievsky dit :
Tous les juifs de Shoushan ne sont pas venus au festin.
Mordé'haï a conseillé aux juifs de ne pas y assister, et certains juifs l'ont écouté (voir midrach Esther raba 7,13). Combien ont écouté Mordé'haï?
La Méguila (Esther 9,6) indique que pendant la bataille du 13 Adar, les juifs de Shushan ont tué 500 personnes.
Le Targoum indique que ces 500 personnes étaient des Amalécites. On peut supposer que ce sont les juifs qui n'avaient pas assisté au festin qui ont eu l'occasion de tuer ces 500 Amalécites.
[étant donné que c'est parce qu'ils avaient assisté au festin d'A'hachvéroch qu'Haman avait été autorisé à promulguer son décret, comme l'indique la guémara (Méguila 12a), il est probable que les juifs qui avaient assisté au festin n'aient pas eu l'occasion d'être en première ligne pour tuer les Amalécites. ]

Alors, combien de juifs ont tué les 500 Amalécites?
La Torah nous commande d' "effacer" la mémoire d'Amalek. Il y a une autre mitsva à propos de laquelle il nous est ordonné d' "effacer" quelque chose, à savoir le commandement d'effacer le rouleau écrit pour la Sotah (femme infidèle ; voir Bamidbar chap.5).
Concernant cette mitsva, Yérouchalmi (Sotah 3:3) déclare que pour accomplir la mitsva d' "effacer" le rouleau, deux lettres doivent être effacées. Cela indique qu'effacer moins de deux éléments n'est pas considéré comme "effacer".
Si tel est le cas, afin d'accomplir la mitsva d' "effacer" Amalek, une personne doit "effacer" deux Amalécites. Nous pouvons donc en conclure que les 500 Amalécites ont été tués par un groupe de 250 juifs, chaque juif tuant deux Amalécites afin d'accomplir la mitsva d'effacer Amalek.

Nous pouvons donc en déduire que 250 juifs de Shoushan n'ont pas assisté au festin d'A'hachvéroch.
Shoushan comptait 18 750 juifs.

Michté véSim’ha

+ Michté véSim'ha (par le rav Wolfson) :

-> Le rabbi de Kamarna révèle un fait qu'il avait reçu en secret des tsadikim : lors du repas (séouda) de Pourim, même un simple juif peut s'élever de plus en plus haut jusqu'à la chambre de n'importe quel tsadik du Gan Eden dans laquelle il souhaite entrer.
"J'ai révélé ce secret", explique le rabbi de Kamarna, "par amour pour les juifs".

-> Alors que nous mangeons en compagnie de Mordé'haï et Esther, le cœur dans la chambre d'un tsadik auquel nous sommes connectés, notre objectif n'est pas de nous assurer d'obtenir une part de chaque type de viande qui sont sur la table, mais plutôt d'absorber les lumières de Pourim.
Durant tout Pourim, les lumières de la méguila, les matanot la'evyonim, les michloa'h manot, l'amour inconditionnel d'Hachem, notre acceptation renouvelée de la Torah, [toutes ses lumières spirituelles] se déverse dans la séouda de Pourim.

Chaque Yom Tov est lié à l'alimentation et a son propre type de nourriture. À Pessa'h, il a une mitsva de manger de la matsa ; à Shavouot, il existe une coutume de manger des mets laitiers ; nous mangeons dans la soucca à Souccot ; à Hanoucca, nous mangeons des beignets ; et à Pourim, nous consommons des oreilles d'Haman.
Manger fait partie de chaque jour élevé [du judaïsme], car c'est en ingérant de la nourriture matérielle que nous sommes capables d'absorber la lumière et la signification du Yom Tov, non seulement spirituellement, intellectuellement et émotionnellement, mais aussi physiquement.

L'ère du machia'h sera également inaugurée par une séouda.
Hachem a préparé la viande, le poisson et le vin de cette séouda pendant les six jours de la création.
Le vin de la séouda du machia'h est appelé : "yayin améchoumar ba'anavav", un vin conservé dans ses raisins. Il nous ouvrira à la conscience de cette ère nouvelle et exaltée.
[yayin méchoumar (יין המשומר) a la même guématria que Esther (אסתר), soit 661.]

Le vin bu pendant la fête de Pourim provient du vin du machia'h.
Un etrog, qui n'est qu'un agrume ordinaire valant quelques centimes, peut se vendre à des centaines d'euros (shekels) avant Souccot. Les noms d'Hachem, qui sont les halakhot de la mitsva, confèrent à l'etrog une valeur infinie.
De même, le vin ordinaire prend une valeur énorme à Pourim, car il est imprégné des lumières élevées de l'époque du machia'h.
[de même que durant toute l'année (hors souccot) un étrog n'a pas d'impact, de même un vin ordinaire a un pouvoir et un impact énorme à Pourim. ]

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-> Le michté, le festin qu'on accompagne avec du vin, occupe une place importante dans la fête de Pourim, car il a joué un rôle majeur dans la méguila. Du somptueux michté d'A'hachvéroch et Vachti, au michté qui a suivi le couronnement d'Esther, en passant par les deux michté qu'Esther a organisés pour A'hachvéroch et Haman, et les michté que les juifs ont célébrés après avoir reçu les lettres de Mordé'hai les informant de leur droit à l'autodéfense, chaque yéchoua (délivrance) est lié à son michté.

Par le michté de Pourim, nous puisons dans les michté du salut de la méguila. Tout comme lors des deux michté d'Esther, lorsque : "Le roi dit : Quelle est ta demande, et elle te sera accordée" (Esther 2,18).
Hachem se tourne vers chaque juif lors de la séouda de Pourim, et offre à chacun d'eux de répondre à ses demandes.

La présence de Mordé'haï et Esther ouvre les sphères célestes les plus élevées, appelées 'rav 'hessed" (bonté abondante).
En ce grand jour de Pourim, Hachem nous offre de répondre à nos demandes avec une "bonté abondante" ; il suffit de Lui demander.

[ ce rav 'hessed provient des sphères du Kéter (la séfira la plus élevée), où les 13 Attributs de miséricordes proviennent.
Ce type de 'hessed est beaucoup plus élevé que la séfira de 'hessed qui est l'opposé de la guéouva. ]

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+ La coutume de le finir dans la soirée :

-> Alors que selon la halakha, la séouda de Pourim devrait, pour l'essentiel, être consommée le jour même de Pourim, beaucoup ont pour coutume de se laver les mains juste avant le coucher du soleil et de poursuivre la séouda tard dans la nuit.

Ce faisant, les juifs se connectent à leur désir et à leur amour les plus profonds : Jérusalem. Car alors que Pourim s'achève partout dans le monde, il ne fait que commencer à Jérusalem, où Shoushan Pourim est célébré le 15 Adar. Et les juifs veulent faire la fête avec Jérusalem. Car qu'est-ce qui a déclenché l'histoire de Pourim et la menace d'anéantissement d'Haman?
Les juifs qui se sont joints à le festin d'A'hachvéroch pour célébrer que Jérusalem ne serait plus reconstruite (pour lui les 70 ans amenant à sa reconstruction étaient passés).
En faisant coïncider notre séouda avec le Pourim de Jérusalem, nous affirmons fermement : "Si j'oublie
Jérusalem, que ma main droite oublie [son habileté]" (Téhilim 137,5).
[d'une certaine façon, de même qu'on a pu fauté en participant au festin fêtant la non reconstruction du Temple (et donc renforcer notre désespoir de le voir reconstruit), de même à Pourim, nous fêtons notre certitude, notre émouna totale, notre impatience, que le Temple soit reconstruit au plus vite. ]

-> Tout comme les portes de la miséricorde restent ouvertes à Yom Kippour pour ceux qui prient encore la Né'ila après la tombée de la nuit, les chambres de Pourim [au ciel] restent ouvertes alors que nous nous réjouissons des derniers moments de notre séouda de Pourim.
Tant que c'est encore Pourim, nous pouvons nous connecter, prier pour des délivrances et supplier Hachem de reconstruire Jérusalem.

[rav Moché Wolfson]

Pourim & la changement de la nature du mois d’Adar

+ Pourim & la changement de la nature du mois d'Adar :

"Et le mois qui avait été transformé pour eux d'un mois de tristesse en un mois de joie" (Esther 9,22).

=> Quelle est la signification du fait que le mois d'Adar ait été transformé pour les juifs d'un mois de tristesse en un mois de joie? En quoi ce mois est-il significatif?

-> Le rav 'Haïm Kanievsky explique qu'en réalité le principal salut qui s'est produit à l'époque de Pourim est que le mazal, le destin déterminé par les signes célestes, a été transformé pour les juifs.
Le mois d'Adar était en fait une période de mauvais mazal pour le peuple juif, comme l'indiquaient les sorts tirés par Haman. (Sanhédrin 102a, qui explique qu'il y a des moments plus propices que d'autres aux catastrophes.)

Cependant, Hachem a transformé la nature même du mois.
La nature du mois d'Adar a été tellement modifiée qu'il est dit que si un juif a un procès contre un non-juif, il doit le programmer pendant le mois d'Adar, car Adar est une période de bon mazal pour les juifs (Taanit 29a).
Ce fut le miracle principal de Pourim : le changement de la nature du mois.
Comme le dit la Agadat Esther (9,1) : "Venez voir comment ce jour, dont tous les sorciers et les astrologues avaient convenu que les juifs n'avaient aucun espoir de s'en sortir, ce jour même s'est transformé en un jour de salut pour les juifs, un jour où ils ont vaincu leurs ennemis".

C'est pour cette raison que la fête s'appelle "Pourim", du mot pour (tirage au sort), comme indiqué dans le verset (9,26). À première vue, ce choix de nom semble étrange ; pourquoi le tirage au sort est-il si important?
La réponse est que le miracle principal de Pourim fut que ce jour et ce mois, que les sorts d'Haman avaient prédit comme une période de mauvais mazal pour le peuple juif, se transformèrent en une période de bon mazal.

Vin de Pourim & mort de Rav Zéra

+ Vin de Pourim & mort de Rav Zéra :

-> Le guémara (Méguila 7b) rapporte :
Les Amoraïn Rabba et Rav Zéra ont mangé ensemble la Séouda de Pourim. Ils se sont enivrés, et Rabbah a tué Rav Zéra. Le lendemain, lorsque Rabba a retrouvé ses esprits, il a réalisé ce qu'il avait fait ; il a prié Hachem, et Rav Zéra a été ressuscité. L'année suivante, Rabba invita à nouveau Rav Zéra à se joindre à lui pour le repas de Pourim. Rav Zéra refusa, disant : "Un miracle ne se produit pas à chaque fois!"

-> Les commentateurs proposent de nombreuses explications à cette guémara. b'h, voir : 2°/ Meurtre mystérieux : https://todahm.com/2023/04/13/boire-du-vin-a-pourim-le-saviez-vous

-> Le rav 'Haïm Knaievsky propose une explication donnée par son père, le Steïpler :
Rabbah et Rav Zéra avaient des approches différentes de leur service d'Hachem.
Rabba était de nature très joyeuse (voir, par exemple, Shabbat 30b, qui indique que Rabba : "avant de commencer à enseigner la halakha aux Sages, il lançait une plaisanterie, ce qui les faisait applaudir. Ensuite, il s'asseyait dans la crainte et commença son enseignement").
Rav Zéra avait un caractère plus sombre : il jeûnait tous les vendredis en signe de deuil pour le Temple qui avait été détruit, et il jeûnait à de nombreuses reprises pour être épargné du châtiment dans le Guéhinam (voir Baba Métsia 85a ; Yérouchalmi - Taanit 2,12).

Or, lorsqu'une personne est ivre, ses traits de caractère intrinsèques sont souvent amplifiés. Ainsi, lorsque Rabba s'enivrait, il devenait encore plus joyeux. En revanche, Rav Zéra devenait plus morose (triste) et se mettait à pleurer.
Rabba se tourna alors vers Rav Zéra et lui dit : "Tu pleures maintenant, le jour de Pourim!" En signe de protestation, Rabba égorgea Rav Zéra.

Le rav 'Haïm Kanievsky ajoute avec légèreté : "Souvent, on voit des talmidé 'hakhamim ivres se mettre à pleurer sur leurs fautes. Si Rabba était là, il les tuerait! Selon lui, Pourim est un moment réservé à la joie!"

"Mordé'haï sortit de chez le roi en costume royal, bleu d'azur et blanc, avec une grande couronne d'or (atéret zahav guédola)" (Esther 8,15)

-> Le rav 'Haïm Kanievsky dit que si Haman avait mentionné une "kéter malkhout" (couronne royale), alors cela ferait référence à la couronne personnelle d'A'hachvéroch.
Mais on a ici "atéret zahav", impliquant que Mordé'haï portait une couronne à caractère décoratif, plutôt qu'un symbole de pouvoir (ici le rav Kanievsky fait référence à Sotah 49b, qui traite d'autres types de couronnes qui ne sont pas de nature royale).

-> Le Targoum affirme que la couronne d'or portée par Mordé'haï fait référence à ses téfilin, qui étaient en or.
Le rav Kanievsky note que la halakha interdit le port de tefillin en or (Méguilah 24b) ; ainsi, le Targoum doit signifier que Mordé'haï plaçait ses tefillin ordinaires, en cuir, dans un réceptacle en or.

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+ "Et il habilla Mordé'haï" (Esther 6,11).

-> Lorsque Haman apporta à Mordé'haï les vêtements royaux, Mordé'haï protesta en disant qu'il était faible et sale à cause du jeûne et du fait qu'il portait un sac et de la cendre.
Comme tous les salons de coiffure et les bains publics de Shoushan avaient été fermés en l'honneur du défilé de Mordé'haï, Haman fut contraint de laver Mordé'haï et de lui couper les cheveux (Méguila 16a).

Cependant, Rachi (Méguila 16a) indique que le défilé de Mordé'haï eut lieu le 16 Nissan, le 2e jour de Pessa'h, qui est un jour de fête dans la diaspora.
Comment Mordé'haï a-t-il pu se faire couper les cheveux un jour de fête?

Le rav 'Haïm Kanievsky répond que, puisque Mordé'haï s'est fait couper les cheveux par un non-juif (Haman), il ne s'agissait que d'une restriction rabbinique.
Par respect pour le roi, une restriction rabbinique est levée le deuxième jour de Yom Tov. Comme il aurait été honteux de porter des vêtements royaux alors qu'il était sale et négligé, Mordé'haï a été autorisé à se faire couper les cheveux.

Le rav 'Haïm Kanievsky explique un verset de la Torah de la même manière.
La Torah indique que lorsque Yossef fut sorti de prison et amené devant Pharaon, il se rasa et changea de vêtements (Mikets 41,15). Cependant, les Sages (Roch Hachana 10b) enseignent que Yossef fut libéré de prison le jour de Roch Hachana. Comment aurait-il pu se raser?
Le midrach (Sechel Tov) dit que c'est le chef des échansons, qui était responsable de la libération de Yossef, qui l'a rasé. Comme c'était un non-juif qui l'avait rasé, il ne s'agissait que d'une restriction rabbinique, qui a été levée par respect pour le roi, car il aurait été inexcusable que Yossef se présente devant Pharaon sans être soigné.

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-> "La rose de Yaakov (shoshanat Yaakov) était joyeuse et heureuse lorsqu'ils virent ensemble Mordé'haï vêtu d'un habit bleu royal (té'hélét)" (chant de shoshanat Yaakov)

-> Le sens littéral de cette phrase est que les juifs se réjouirent lorsqu'ils virent Mordé'haï vêtu de l'habit royal.
Le rav 'Haïm Kanievsky suggère une autre interprétation. Le mot "té'hélet [Mordé'haï]" fait référence au té'hé'let, le fil bleu royal du tsitsit.
Avant d'enfiler les vêtements royaux d'A'hachvéroch, Mordé'haï prit soin d'y ajouter des tsitsit. Lorsque les juifs virent Haman faire défiler quelqu'un dans les rues, ils ne reconnurent pas tout de suite Mordé'haï dans ses atours royaux. Mais lorsqu'ils virent les tsitsit, ils comprirent que la personne à cheval était Mordé'haï, et ils se réjouirent.
Ainsi, le chant de Shoshanat Yaakov nous dit que les juifs étaient joyeux et heureux lorsqu'ils virent Mordé'haï vêtu de té'hélet ; c'est-à-dire que lorsqu'ils virent les tsitsit sur les robes royales, ils reconnurent Mordé'haï et se réjouirent.

Cependant, le rav Kanievsky ajoute qu'en réalité, il est peu probable que les vêtements d'A'hachvéroch aient nécessité des tsitsit. Seuls les juifs portaient intentionnellement des vêtements à quatre coins afin d'accomplir la mitsva des tsitsit. Les vêtements des non-juifs n'avaient généralement pas quatre coins et ne nécessitaient donc pas de tsitsit.

Alternativement, le rav Kanievsky dit que la phrase "lorsqu'ils virent ensemble Mordé'haï vêtu de té'hélet" peut faire référence à ce qui suit.
Le Tiféret Tsion dit que lorsque Haman réalisa qu'il n'avait d'autre choix que de conduire Mordé'haï à travers la place de la ville, il réfléchit à un moyen de minimiser son embarras. Lorsque Mordé'haï revêtit les habits royaux, Haman enfila les vêtements de Mordé'haï, espérant que les gens qui le voyaient supposeraient que c'était Mordé'haï qui conduisait le cheval (comme le supposa effectivement la fille d'Haman, qui vida un pot de chambre sur sa tête ; Méguila 16a).

Cependant, Haman n'a pas revêtu tous les vêtements de Mordé'haï. Mordé'haï n'avait pas retiré ses tsitsit et Haman ne pouvait donc pas les porter. Les juifs ont donc vu la personne conduisant le cheval revêtue des vêtements de Mordé'haï, mais ils ont réalisé que la personne chevauchant le cheval portait les tsitsit.
Malgré son déguisement, les juifs ont compris qu'Haman conduisait Mordé'haï, et ils se sont donc réjouis : "La rose de Yaakov était joyeuse et heureuse, lorsqu'ils virent ensemble Mordechai vêtu de té'hélet" ; c'est-à-dire que lorsqu'ils virent que Mordechai portait les tsitsit, ils furent heureux.
[c'est l'une des raisons possibles de la coutume de porter des costumes à Pourim : pour rappeler qu'Haman a tenté de se déguiser en Mordé'haï. ]

La longueur du sceptre

+ La longueur du sceptre :

"Et Esther s'approcha et toucha l'extrémité du sceptre (vatiga ét roch acharbit)" (Esther 5,2).

-> La guémara (Méguila 15b) indique qu'un miracle se produisit et que le sceptre d'A'hachvéroch s'allongea jusqu'à atteindre 200 amot (selon une opinion), de sorte qu'Esther put l'atteindre bien avant de s'approcher du roi.

Le rav 'Haïm Kanievsky note que le verset y fait allusion : le mot בְּרֹאשׁ (la tête, l'extrémité [du sceptre]), est l'acronyme de : bésof réch ama chénimta'h, à la fin des 200 amot qu'il s'était allongé.
Autrement dit, lorsque Esther toucha "l'extrémité", elle touchait le sceptre royal qui s'était allongé de 200 amot (soit environ 100 mètres).

"Et il le fit passer à travers la place de la ville" (Esther 6,11).

=> Pourquoi Haman fut-il puni en étant humilié publiquement, en devant conduire Mordé'haï à travers la place de la ville? Il est compréhensible qu'Haman méritait d'être tué, en raison de sa tentative d'exterminer les juifs, mais pourquoi méritait-il une humiliation publique ?

-> Le rav 'Haïm Kanievsky fait référence au midrach (Esther raba 7,25), qui décrit comment, lorsque Haman a publié son décret, les ennemis des juifs se sont réjouis à l'idée de leur faire du mal. Et bien que le décret ne devait entrer en vigueur que 11 mois plus tard, les ennemis des juifs ont immédiatement commencé à les humilier ; chaque fois qu'ils voyaient un juif, ils le raillaient en lui faisant part de leurs plans pour leur nuire.
Ainsi, le décret d'Haman a causé une grande humiliation aux juifs. Comme Hachem rend beaucoup d'humiliation aux juifs, il a été puni en étant humilié devant Mordé'haï.

"Je n'ai pas été convoqué auprès du roi depuis 30 jours" (Esther 4,11).

-> Le matin de Pourim, pendant que le rav 'Haïm Kanievsky prenait son petit-déjeuner, il discuta de la Méguila avec son disciple, le rav Eliyahou Mann. "Pourquoi, demanda rav 'Haïm, Mordé'haï a-t-il dit à Esther d'aller immédiatement voir le roi, risquant ainsi sa vie, plutôt que d'attendre que le roi la convoque à nouveau? Après tout, si le roi ne l'avait pas convoquée pendant 30 jours, il allait probablement l'appeler bientôt."

Le rav 'Haïm Kanievsky expliqua :
"La raison pour laquelle les juifs étaient menacés par le décret d'Haman était qu'ils avaient assisté et apprécié le festin d'A'hachvéroch, comme le dit la guémara (Méguila 12a). Cependant, Mordé'haï avait averti les juifs de ne pas assister au festin.
Pourquoi n'ont-ils pas écouté Mordé'haï?
On peut supposer que les juifs ont estimé qu'éviter un festin organisé par le roi mettrait leur vie en danger ; ils ont donc été autorisés à y assister. Cependant, Mordé'haï soutenait que le festin avait le statut d'un décret maléfique émis par un roi qui détestait les juifs (guézérat chmad), qu'une personne est tenue d'éviter même si cela met sa vie en danger (Rambam - Hilkhot Yessodé haTorah 5,3). Mordé'haï avait bien sûr raison, et les juifs furent donc punis par le décret d'Haman.

Comment pouvaient-ils rectifier leur faute?
La faute devait être rectifié "mesure pour mesure" : puisqu'ils avaient fauté en ne risquant pas leur vie pour l'amour d'Hachem, ils devaient rectifier cela par messirout néfech, en mettant leur vie en danger pour l'amour d'Hachem. C'est pourquoi Mordé'haï dit à Esther qu'elle devait se rendre immédiatement auprès d'A'hachvéroch, même si cela mettait sa vie en danger, plutôt que d'attendre qu'A'hachvéroch la convoque.

Cela explique également pourquoi Esther invita Haman à son banquet privé avec A'hachvéroch. Esther savait que Mordé'haï était assis à la porte du roi ; lorsque Haman quitterait le palais, il passerait devant Mordé'haï, et Mordé'haï, au péril de sa vie, refuserait de s'incliner devant Haman. Elle invita donc Haman au palais afin de lui donner l'occasion de passer devant Mordé'haï, afin que Mordé'haï le défie avec messirut néfech, donnant ainsi aux juifs les mérites dont ils avaient besoin pour être sauvés."

"Jeûnez pour moi ; ne mangez ni ne buvez pendant trois jours, nuit et jour" (Esther 4,15).

=> Pourquoi Esther a-t-elle demandé un jeûne de trois jours?

-> Le Targum Shéni (5,1) cite une longue prière qu'Esther a prononcée avant de s'approcher d'A'hachvéroch. Dans cette prière, Esther dit que le jeûne de trois jours correspondait au voyage de trois jours nécessaire à Avraham Avinou pour atteindre le site de la Akédat Its'hak, ainsi qu'aux trois jours que le peuple juif passa au pied du mont Sinaï avant le don de la Torah. Par son jeûne, Esther souhaitait invoquer les mérites de ces événements au nom du peuple juif.

Le rav 'Haïm Kanievsky ajoute qu'une interprétation plus simple est qu'Esther voulait que le jeûne soit significatif ; un jeûne de trois jours est bien plus significatif qu'un jeûne d'un jour. Bien qu'il soit possible de jeûner plus de trois jours (Rambam - Hilkhot Shevuot 1,7 indique qu'une personne peut jeûner jusqu'à sept jours), Esther n'a pas demandé plus de trois jours de jeûne, car elle estimait que ce serait trop demander.
Trois jours étaient le juste milieu : c'est un jeûne significatif et, bien que difficile, il n'est pas trop difficile à accomplir pour la plupart des gens.

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-> Le midrach (Esther raba 8,7) dit que le jeûne a eu lieu les 13, 14 et 15 Nissan.
Rachi (Esther 4,17) affirme que les juifs ont jeûné les 14, 15 et 16 Nissan.
Le Targoum (5,1) indique qu'ils ont jeûné les trois premiers jours de Pessa'h (c'est-à-dire les 15, 16 et 17 Nissan).
Tous s'accordent cependant à dire que les juifs jeûnaient pendant Pessa'h et n'ont pas observé pas le Séder (dont l'obligation de manger de la matsa).

"Mordé'haï apprit tout ce qui avait été fait" (Mordé'haï yada ét kol acher naassa - Esther 4,1).

-> Le rav 'Haïm Kanievsky note qu'un certain nombre de commentateurs et de midrashim interprètent ce verset comme signifiant que Mordé'haï eut immédiatement connaissance du décret d'Haman, avant même que les messagers ne soient partis.
Rachi dit que Mordé'haï fut informé dans un rêve de l'accord conclu entre Haman et A'hachvéroch.
Le Targoum et le midrach HaGadol affirment que Mordé'haï fut informé par Eliyahou HaNavi.
Le Targoum Shéni affirme que Mordé'haï l'apprit par roua'h hakodech.

Cependant, le midrach Abba Gourion note que lorsque la Méguila dit que Mordé'haï a appris tout ce qui avait été fait, cela ne signifie pas qu'il a découvert le décret, mais plutôt que Mordé'haï a découvert ce qui s'était passé au Ciel.
Lorsque Mordé'haï a entendu parler du décret, il n'a pas eu peur, certain qu'Hachem sauverait les juifs de la destruction. Cependant, Eliyahou HaNavi lui a alors dit que la Cour céleste avait accepté de laisser Haman réussir. À ce moment-là, Mordé'haï a pris peur, et comme le verset le dit, il s'est revêtu d'un sac et s'est couvert de cendres pour prier afin que le décret céleste soit annulé.