Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

"Car en ce jour, Il leur pardonnera" (A'haré Mot 16,30)

-> Selon Rabbi Yéhouda HaNassi, le jour de Yom Kippour expie les fautes de tous les hommes, autant ceux qui se repentent que ceux qui ne le font pas (guémara Yoma 85).

=> Comment comprendre que même sans repentir, il puisse y avoir une expiation?

Le jour de Kippour, Hachem enlève l'impact de la faute à tout juif, même à celui qui ne s'est pas repenti.
Certes, la faute n'est pardonnée qu’à celui qui se repent (annulation des punitions afférentes pour avoir fauté, voir transformation en mérites, s'il y a une téchouva par amour!), et celui qui ne s’est pas repenti ne sera pas expié.
Cependant, selon Rabbi Yéhouda Hanassi, on enlèvera malgré tout le poids et l’impact des fautes à tout juif.

En effet, quand quelqu’un veut se repentir, s’il a commis beaucoup de fautes, leur poids rendra difficile le repentir.
D'autant que la faute entraîne la faute.
C’est pourquoi, à Kippour, Hachem enlève le poids des fautes et brise le cercle vicieux de la faute à tout le monde pour que si au cours de l’année à venir un homme souhaite se repentir, il ne sera pas gêné par le poids des fautes de l’année passée.

Ainsi, Hachem allège chaque juif de la lourdeur des fautes pour faciliter le repentir futur. Mais en revanche, pour faire disparaître totalement la faute, seul la téchouva pourra permettre cela.

[Rabbi Ména'hem Mendel de Kotsk]

<------->

-> La guémara (Kétoubot 103b) rapporte qu'au cours de l'enterrement de Rabbi Yéhouda haNassi, une Voix Divine a proclamé : "Tout celui qui est présent à l'enterrement de Rabbi (Yéhouda haNassi) est destiné à la vie dans le monde à venir".

=> Pourquoi est-ce que nous ne trouvons pas un événement similaire chez d'autres grands tsadikim?

Le rav Its'hak El'hanan Spektor répond par la guémara (Yoma 85b) qui contient une dispute entre Rabbi (Yéhouda haNassi) et d'autres rabbanim sur le pardon des fautes à Kippour.
Les Sages maintiennent que Yom Kippour n'est efficace que s'il y a eu un processus de téchouva de la personne, tandis que Rabbi (Yéhouda haNassi) est d'avis que la sainteté propre à ce jour suffit à amener l'expiation et le pardon des fautes (vis-à-vis de D.).

Rachi ('Houkat 20,1) enseigne : "De même que les offrandes procurent l’expiation, de même la mort des tsadikim procure-t-elle l’expiation."
[c'est à l'image de Kippour : il faut apporter l'offrande = faire téchouva, et c'est alors que la mort du tsadik peut entraîner une expiation totale.]

=> Bien que la loi juive est décidée selon la majorité des Sages, par respect pour l'opinion de Rabbi (Yéhouda haNassi), sa mort a été traité selon son opinion personnelle, et c'est pourquoi tous ceux présents ont reçu une expiation totale par leur simple présence, même s'ils n'avaient pas fait téchouva.

<--->

-> Yom Kippour opère une réparation des fautes commises devant Hachem.
Cependant pour celles où l'on a nuit à notre prochain, Hachem n'accorde pas un pardon automatique, et il est nécessaire d'aller voir autrui pour obtenir son pardon.

[Sifra - guémara Yoma 85b]

[Nos Sages disent qu'autrui c'est du feu.
En effet, D. est tellement rempli de miséricorde qu'il est très simple d'obtenir Son pardon (même pour nos fautes oubliées, inconscientes). Cependant avec autrui, c'est tellement plus compliqué (lorsqu'un humain est blessé, il est très difficile de le faire revenir à l'état initial!).]

<--------------------------------------->

+ "Car en ce jour [de Kippour], Il vous accordera l'expiation pour vous purifier, de tous vos péchés devant D. vous vous purifierez" (A'haré Mot 16,30)

-> L'expression "devant D." indique qu'un repentir intérieur sincère est nécessaire, car les pensées du cœur de l'homme ne sont révélées à personne si ce n'est à D. Lui-même.
[Kli Yakar]

-> "devant D. vous vous purifierez" = le pécheur doit se repentir ; "pour vous purifier" = cela fait référence au fait que D. nous donne une purification complète et sans douleur.
[Rabbénou Yona - Chaaré Téchouva - chaar 4]

<--->

-> "Si un homme faute et répète ce péché, il le considère comme permis" (guémara Yoma 86b)

Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou) explique qu'en répétant sa transgression, la perception de la gravité de son acte s'émousse et sa résistance pour ne pas le reproduire s'affaiblit.
Ainsi, un pécheur doit "purifier son cœur" afin de le ramener à un état où il considérera les actes interdits selon leur véritable gravité, comme il les considérait avant sa faute.

Rabbénou Yona (sur Pirké Avot 1,4) transmet l'idée que lorsque des paroles de remontrance entrent dans notre cœur, le yétser ara incite à les oublier et à les rejeter.
Notre travail est de les entendre, d'éveiller son âme, et de les garder à l'esprit jusqu'à ce qu'elles passe de notre cœur à notre esprit.

=> Pour qu'une téchouva soit complète, il faut pleinement intérioriser la réprimande, au point qu'elle s'assimile totalement en nous.

<--------------------------------------->

-> "Car en ce jour il vous sera pardonné pour vous purifier de tous vos péchés, devant Hachem vous vous purifierez (Kédochim 16,30)

Rabbi Akiva a dit : "Heureux êtes-vous, Israël, devant Qui vous purifiez-vous, et Qui vous purifie, votre Père des Cieux, ainsi qu’il est dit : "devant Hachem vous vous purifierez"." (michna à la fin de Yoma).

Le Ohel Yaakov enseigne :
Quand un médecin soigne un malade, il fait tout ce qui est nécessaire pour le guérir, sans prêter beaucoup d’attention à la souffrance du malade.
Mais si le médecin soigne son propre enfant, il cherche des moyens de diminuer autant que possible la souffrance engendrée par les soins médicaux.
Hachem, en tant que Père d’Israël, cherche également des moyens pour que le rachat des fautes ne s’accompagne pas d’épreuves trop dures, c’est pourquoi Il nous a donné un jour saint, Yom Kippour, où toutes les fautes sont pardonnées.
=> Etant donné que "Qui vous purifie, votre Père des Cieux", alors Il nous a donné un moyen de guérison facile.

<--->

-> "Car en ce jour il vous sera pardonné"

Rabbi Schmelke de Nikolsbourg donne l’exemple suivant :
Un fils de roi s’était révolté contre son père, et l’un des officiers le dénonçait constamment.
Un jour, le dénonciateur sortit de la ville. Immédiatement, le fils courut chez son père et se mit à pleurer en affirmant qu’il regrettait ses fautes et voulait revenir à lui.
Le père eut tout de suite pitié de lui.
De même, le jour de Kippour, le Satan n’a pas le droit d’accuser, et quiconque le désire peut venir vers le roi.

"Il réside avec eux à l'intérieur de leurs impuretés" (A'haré Mot 16,16)

-> Dans la Torah, "leurs impuretés" s'écrit : "toum'otam" (טמאתם).
Les lettres qui sont à l’intérieur de ce mot sont les lettres : "מ-א-ת", qui constituent le mot : "אמת" (émét - la vérité).

Ainsi, quand le verset dit que Hachem se trouve à l’intérieur de leurs impuretés, cela fait allusion au mot "vérité".
Quand, au sein même de leurs impuretés et de leurs fautes, les juifs prennent conscience de la vérité, en admettant leurs fautes et en reconnaissant qu’ils se sont rabaissés et éloignés de D., alors Hachem voit leur honnêteté et par la force de cette vérité, Il réside parmi eux.

[Rabbi Yaakov 'Hizkia Greenwald - le Vayaguéd Yaakov]

 

"Hachem dit à Moché : Parle à Aharon, ton frère : qu'il ne vienne pas à tout moment dans le Sanctuaire (aKodéch)" (A'haré Mot 16,2)

-> Kippour est le jour du repentir, durant lequel chaque juif regrette ses fautes et accepte de les supprimer.

Or, selon nos Sages : "A l’endroit où se tiennent les baalé téchouva, même les tsadikim parfaits ne peuvent se tenir" (guémara Béra'hot 34b).

=> C'est ainsi qu'uniquement en ce jour de Kippour, il devient possible de pénétrer dans l'endroit le plus Kadoch (le Saint des Saints). En effet, cela symbolise le fait qu'en cet endroit d'une extrême sainteté le repentant peut s'y trouver, alors que le tsadik parfait ne peut pas accéder.

[Sfat Emet]

<------------------>

-> Selon le midrach (sur v.16,17), lorsque le Cohen Gadol entrait dans le Saint des Saints, le roua'h aKodech résidait sur lui, et en conséquent il avait son visage illuminé comme une torche.
Le Sifté Cohen ajoute que c'était un moment spécial d'intimité entre le Maître et son serviteur.

-> Selon la guémara (Yérouchalmi Yoma 1,5), pendant le Service du Cohen Gadol à Yom Kippour, même les anges n'avaient pas le droit d'y entrer.
Le Rékanati explique que seulement le Cohen Gadol pouvait y entrer, car la bénédiction ne se trouve que dans l'intimité.

<------------------>

-> "Avec ceci viendra Aharon dans le Sanctuaire" (A'haré Mot 16,3)

Le Gaon de Vilna cite le midrach (Vayikra rabba 21,7), qui enseigne que tous les Cohanim Guédolim n'auront la permission d'entrer dans le Saint des Saints (kodech kodachim) que le jour de Kippour, à l'exception de Aharon qui pouvait y entrer quand il le désirait durant toute l'année, et ce tant qu'il y réalisait le même service qu'à Yom Kippour.

"Vous garderez Mes lois ('houkim) et Mes ordonnances (michpatim), que l'homme pratiquera et vivra grâce à eux, Je suis Hachem" (A'haré Mot 18,5)

-> "Si vous gardez mes lois, le Satan/mauvais penchant n'aura pas d'emprise sur vous" (midrach Yalkout Chimoni - Bé'houkotaï 671).

Le 'Hatam Sofer écrit que nos prières sont généralement dépourvues de concentration (kavana), c'est pourquoi le Satan peut nous accuser auprès de Hachem.

Cependant, lorsque nous observons les michpatim comme les 'houkim (qui n'ont pas d'explication logique), c'est-à-dire de manière inconditionnelle et sans faire dépendre notre accomplissement de notre compréhension, alors Hachem également, contre toute logique, reçoit nos prières comme si elles venaient du plus profond de nos cœurs et qu'elles étaient pleines de kavanot.
Le mauvais penchant n'a alors aucune emprise sur nous.

<-------->

-> "Veille à accomplir même les mitsvot les moins importantes, qui semblent ne pas être récompensées ici-bas, comme celles qui sont importantes et qui procurent un salaire sur terre" (Pirké Avot 2,1)

Le 'Hida commente : car lorsque l'homme montre son empressement et son amour pour toutes les mitsvot, même lorsqu'elles ne lui paraissent pas essentielles, il honore par cela Hachem et en retirera une récompense dans ce monde.

[nous devons accomplir toute mitsva pour la gloire de Hachem, indépendamment de son importance à nos yeux, et par cette attitude nous en seront récompensés dans ce monde-ci!]

(D. dit à Moché) : "Parle à ton frère : qu’il n’entre pas à toute heure dans le sanctuaire … afin qu’il ne meure pas ; car Je me manifeste dans un nuage au-dessus du couvercle de l’arche" (A’haré Mot 16,12)

-> Qui pourrait se comparer à Aharon, le Cohen Gadol, désigné par Hachem en personne?

Sa stature morale était absolument inégalable.
De plus, avant d'entrer dans le Saint des saints, il s'isolait pendant 7 jours consécutifs : "un isolement de sainteté" (selon les termes de la Tossefta Para - chap.2).

Malgré tout, la Torah lui adresse ici une mise en garde extrêmement stricte : "Qu'il n'entre pas à tout heure dans le Sanctuaire!"
Pourquoi cela?

Rachi de répondre sur notre verset : "Puisque Ma majesté s’y révèle : qu’il prenne garde de ne pas s’habituer à entrer (dans le sanctuaire)"

En effet, toutes ses perceptions dans ce lieu de sainteté exceptionnelles pourraient être affaiblies ou éteintes, à cause de l'accoutumance.
=> On apprend de là que l'accoutumance est le plus grand ennemi de tout sentiment de sainteté (kédoucha) et d'élévation spirituelle, même pour un homme aussi kadoch qu'Aharon.

<------------------->

-> "Et quand viendra le peuple devant Hachem, lors des solennités celui qui sera venu (au Temple) par la porte du nord, pour se prosterner, sortira par la prote du sud, et inversement. On ne repassera pas la porte par laquelle on sera venu, mais on sortira par la porte opposée" (Yé'hezkiel 46,9)

-> Le Yaabets (commentaire sur Pirké Avot 1,4) de nous enseigner :
"Hachem exige que l'on ne voie pas la même porte à 2 reprises, de crainte de finir par la considérer comme la porte de notre demeure, et à prendre les murs du Temple pour ceux de notre maison ...

La faute du Veau d'or est une conséquence de cette conduite : comme la Tente d'assignation était au milieu du campement, ils finirent par la mépriser et à réclamer d'autres dieux.
Conscient de ce problème, Moché fit installer la Tente à l'extérieur, loin du campement."

-> Rav 'Haïm Chmoulévitch (Si'hot Moussar) explique que l'accoutumance est le pire ennemi du désir de sainteté et d'élévation.
Lorsque l'homme voit s'ouvrir devant lui de hautes dimensions spirituelles, que des éclairs de sainteté commencent à poindre, la routine vient éteindre ces flammes avec ses torrents de froideur, et étouffer jusqu'à la dernière étincelle.

<------------------->

-> "Il est dans la nature de l'homme d'avoir du dégoût pour les choses faites régulièrement.

L'homme peut en arriver à dédaigner son maître et même la Torah (qu'il a étudiée).
C'est pourquoi, tu ne dois pas dire : 'J'ai déjà entendu cette parole de Torah de nombreuses fois!', mais (au contraire) : 'Bois leurs paroles (des sages) avec avidité' (Pirké Avot 1,4), comme si tu ne les avais jamais entendues."
[le Yaabets - Pirké Avot 1,4]

Ainsi, pour toute personne étudiant assidûment et régulièrement la Torah, il existe un danger puissant de s'en lasser et de finir par dédaigner le maître et la Torah (que D. nous en préserve), à cause de l'habitude.

-> Nos Sages (guémara Béra'hot 6a) disent que même si un homme seul est assis pour étudier la Torah, alors la présence divine est avec lui.
Ainsi, ne permettons pas à l'habitude d'éteindre notre conscience d'être en présence du Roi des rois : Hachem.

Dans nos prières par exemple, notre bouche nos lèvres continuent à adresser à D. des louanges, mais l'accoutumance refroidit l'enthousiasme et la ferveur.
Elle efface du cœur toute émotion.

=> Notre principal devoir consiste à alimenter continuellement nos émotions spirituelles, et veiller à ce que jamais la flamme du cœur ne s'éteigne.

[chacun doit utiliser des techniques qui lui parlent. Par exemple, à la fin de la amida on peut faire un ajout de prière personnel différent à chaque fois : pour un autre enfant, un autre sujet, ... afin de rendre à nos yeux nouvelle et nécessaire cette prière.]

<------------------->

-> Dans le désert, chaque jour, le peuple d'Israël recevait la manne, qui tombait du ciel. A force d'habitude, il a commencé à se lasser de don miraculeux, et il se plaignit même : "Et nous sommes excédés de cet aliment misérable" ('Houkat 21,5).

Cependant, arrivés en terre d'Israël après 40 ans dans le désert, la manne cessa de tomber et il est écrit à ce sujet :
"La manne cessa de tomber le lendemain parce qu'ils avaient à manger du blé du pays ; les enfants d'Israël n'eurent plus de manne et ils se nourrirent dès cette année des produits de la terre." (Yéhochoua 5,12)

Rachi de commenter :
"Donc s'ils avaient eu (encore) de la manne, ils n'auraient pas mangé de ce blé, car ils préféraient la manne."

=> Ainsi, mangeant de la manne jour après jour, ils y étaient tellement habitué qu'ils ne savaient plus l'apprécier et l'ont même dédaignée.
Ce n'est que lorsqu'elle a cessé de tomber qu'ils ont reconnu ses avantages et regretté l'absence de cette nourriture aux qualités exceptionnelles.

<------------------->

-> "As-tu trouvé du miel? Manges-en à ta suffisance (modérément) de peur de t'en rassasier et tu le rejetterais.
Espace tes visites dans la maison de ton ami ; il pourrait en être rassasié (saturé) et finir par t'en vouloir ou te haïr"
[Michlé 25,16-17]

Rachi enseigne sur cette juxtaposition de versets :
"Si tu trouves du miel dont le goût est agréable à lécher, n'en consomme pas (beaucoup) de peur de t'en rassasier et d'en vomir.
De même, retiens-toi d'aller chez ton ami jour après jour, de peur qu'il ne soit rassasié (de tes visites) et ne t'en veuille".

=> Ainsi, même notre ami le plus proche peut se changer en ennemi par la faute de l'habitude, car la nature humaine se lasse de la routine au point d'en éprouver de la répugnance.

"Vous observerez Mes décrets ('houkotaï) et Mes lois (michpataï), parce que l'homme qui les pratique obtient par eux la vie" (A'haré Mot 18,5)

-> Selon le 'Hidouché haRim, la Torah nous demande de ne pas accomplir les mitsvot avec indifférence.
Nous devons, au contraire, les considérer comme une source de joie, d'enthousiasme et de vie.
Nous devons vivre par elles.

<-------------->

-> "Chaque mitsva de la Torah est rattachée au Roi saint et suprême (Hachem) : certaines sont reliées à Sa tête, d'autres à Son corps, d'autres enfin à Ses mains ou à Ses pieds".
[le Zohar - Yitro 85b ]

Il est écrit : "Vous qui êtes attachés à Hachem, votre D., vous êtes tous vivants aujourd'huit" (Vaét'hanan 4,4)

=> En accomplissant les mitsvot, nous avons la possibilité de s'attacher, de s'unir de son vivant avec Hachem (si l'on peut dire).

<-------------->

-> Selon le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm), ce verset doit se comprendre au sens premier :
"Lorsqu'un homme accomplit une mitsva, il vit à l'intérieur d'elle à proprement parler. La sainteté de la mitsva l'enveloppe, le plongeant dans l'atmosphère même du Gan Eden.
[...]
Si l'homme est attentif pendant l'accomplissement d'une mtisva, son âme sentira qu'elle s'entoure et s'enveloppe de sainteté, et qu'un nouvel esprit l'habite.

C'est en ce sens que le verset dit : "L'homme qui les pratique obtient par elles la vie" : par elles, littéralement, c'est-à-dire qu'il trouve la vie à l'intérieur même des mitsvot, car leur sainteté l'investit où il les accomplit, et parce que l'atmosphère du Gan Eden l'imprègne."

-> Dans les bénédictions, nous disons : "Qui nous a sanctifiés par Ses commandements, et nous a ordonné ..."
D'un côté, le fait de faire les mitsvot nous sanctifie, d'un autre côté, nous devons avoir en tête que nous les faisons car c'est un ordre de Hachem, la sanctification n'étant qu'une résultante.

<-------------->

-> Onkelos explique "Il obtient par eux la vie" par : "dans le monde futur".

-> Le 'Hafets 'Haïm note que les 248 membres du corps humain sont en corrélation avec les 248 mitsvot positives de la Torah, entraînant que chaque mitsva accomplie fait vivre le membre qui lui correspond.

C'est la raison pour laquelle, dans notre verset, la Torah recommande d'observer tous les décrets et les lois, car ils permettent l'existence de nos "organes spirituels", dont l'existence est éternelle.

-> Selon la guémara (Kétouvot 111), même le corps pourra se maintenir pour l'éternité grâce à la lumière de la Torah.

Dans la bénédiction avant la lecture du Shéma, nous disons : "car les paroles de la Torah sont notre vie et la longueur de nos années".
Ainsi, la Torah est la nourriture spirituelle de l'âme, de même que le pain est la subsistance du corps.
Grâce à elles nous construisons notre éternité (notre vie!), et tirons vers le haut le monde entier.

<-------------->

-> "Vous observerez mes lois et mes statuts, parce que l’homme qui les pratique obtient, par eux, la vie : je suis Hachem" (A'haré Mot 18,5)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
On pourrait croire que le rapport de cause à effet entre l’observance des mitsvot et l’obtention de la vie, est du au fait qu’on va être jugés sur nos actions et ensuite récompensés. Et que si on s’est effectivement bien comportés alors on recevra "la vie" en salaire. C’est une vision réductrice.
En fait, c’est l’essence même de la mitsva qui amène la vie au corps humain, c’est la raison pour laquelle il y a le même nombre de mitsvot positives que de membres dans le corps humain : 248 et qu’il y a le même nombre de mitsvot négatives que de nerfs : 365.
Quand on observe une mitsva on attire la lumière Divine (source de vie), sur le membre correspondant à cette mitsva précise et quand on s’abstient de faire une faute (avéra) on attire cette même lumière sur le nerf correspondant.
=> De là on doit prendre conscience de l’importance de chacune des 613 mitsvot, et de la même manière qu’on n’est pas prêt à se passer d’un nerf ou un membre, même le moins important, on ne doit pas être capable de délaisser un mitsva ou de faire un avéra, même si elle ne nous parait pas si essentielle que ça.

<------------------------------------>

-> De l'expression "par lesquels il vivra", nos Sages déduisent que l'objectif des mitsvot que D. nous a données est de faire vivre et non de faire mourir.
Par conséquent, par exemple, si le respect du Shabbath risque de mettre une vie en danger, l'obligation de sauver une vie a préséance sur l'observance du Shabbath.

[dans cette situation : la mitsva est de tout faire pour préserver la vie ; la avéra est de s'en abstenir pour rester fidèle au Shabbath]

Selon la guémara (Sanhédrin 74a), les exceptions à cette règle sont les 3 fautes cardinales : l’idolâtrie, l’immoralité et le meurtre ; ainsi que tout cas où la transgression entraînerait la profanation du nom de D.

"Cela sera pour vous un décret éternel afin d'obtenir la réparation pour les enfants d 'Israël de toutes leurs fautes une fois dans l'année" (A'haré Mot 16,34)

Pour quelle raison la Torah indique-t-elle précisément au sujet du jour de Kippour qu'il arrive "une fois dans l'année"?
Toutes les autres fêtes ne sont-elles pas également célébrées une fois par an?

-> Il est écrit dans la guémara (Moèd Katan 28) :
"Rabbi Ami demanda : Pourquoi, dans la Torah, la mort de Myriam est-elle juxtaposée au passage relatif à la vache rousse?
Pour t'apprendre que de même que la vache rousse expiait les fautes, ainsi la mort des Justes (tsadikim) expie les fautes.

Rabbi El'azar demanda : Pourquoi, dans la Torah, la mort d'Aharon est-elle juxtaposée au passage relatif aux vêtements des Cohanim?
Pour t'apprendre que les vêtements des Cohanim expiaient les fautes, ainsi la mort des Justes expie les fautes."

-> Suite à cela, le rav Eliyahou Lopian (discours de Kippour en 1959) répond à la question ci-dessus :
"En réalité, Yom Kippour diffère effectivement des autres fêtes, en cela que de nombreux autres "jour de Kippour" peuvent survenir pendant l'année.
Cela se produit à chaque fois qu'un Juste (tsadik) meurt.

Nous adressons donc nos prières au Maître du monde, et Lui demandons que Yom Kippour n'arrive vraiment qu'une seule fois l'an.
Voici ce que la Torah suggère par cette précision.
[...]
Le décès de certains tsadikim offre une expiation à ses proches et aux membres de sa famille.
La mort de tsadikim plus grands efface quant à elle les fautes de tous ses concitoyens.
Mais lorsque le maître de la génération vient à décéder, il offre une expiation à tous les hommes de son époque!"

<----------------------------------------------->

-> "De même que Yom Kippour expie les fautes d'Israël, de même la mort des tsadikim expie [nos fautes]"
[Rabbi 'Hiya bar Ba - guémara Yérouchalmi Yoma 1,1]

-> Lorsqu'un tsadik meurt, son âme va au Ciel dans le monde des néchamot.
Les âmes des autres tsadikim se réjouissent alors qu'il les rejoigne, et cela entraîne qu'il y a un moment propice (ét ratson) également dans ce monde.

Ainsi, la mort d'un tsadik est un moment propice pour faire téchouva.
Cependant, il faut savoir que Yom Kippour et la mort des tsadikim n'expient pas automatiquement les fautes. Ce sont des moments favorables où la téchouva est plus facilement acceptée.
=> Il faut donc avoir conscience de cela, et saisir ces opportunités lorsqu'elles se présentent à nous.
[Messekh 'Hokhma]

<-------------->

-> On a pu citer la guémara (Moèd Katan 28) : "Pourquoi, dans la Torah, la mort de Myriam est-elle juxtaposée au passage relatif à la vache rousse?
Pour t’apprendre que de même que la vache rousse expiait les fautes, ainsi la mort des tsadikim expie les fautes".

Le 'Hatam Sofer enseigne qu'à la mort de Myriam, le peuple juif a échoué à prendre son deuil comme il le fallait.
Ainsi, sa mort a servi de réparation (tikoun) pour le peuple juif dans sa globalité, comme la vache rousse. Cependant, puisqu'ils n'ont pas ressenti sa perte à un niveau personnel, cela n'a pas expié les fautes de chaque individu.

Par contre, au moment de la mort de Nadav et Avihou, le verset dit : "tout le peuple d'Israël a pleuré leur mort". Puisque leur perte a été ressentie à un niveau individuel, alors la mort de ces 2 tsadikim a permis d'expier les fautes à la fois individuellement, que collectivement.

<--->

- "La mort des tsadikim est équivalente à l’incendie du Temple" (guémara Roch Hachana 18b) ;
- la mort des tsadikim est pour D. une perte plus grande que la brisure des Tables de la Loi (guémara Yérouchalmi Yoma 1,1) ;
- "celui qui rend visite au tsadik, c’est comme s’il accueillait la Chékhinah" (Tan’houma Ki Tissa 27)

<--->

-> Le Midrach dit : "La disparition des tsaddikim est plus pénible pour Hachem que les 98 malédictions énoncées dans Dévarim et que la destruction du Temple".

=> Comment comprendre une chose pareille ?

Lors de l’oraison funèbre du ‘Hafets ‘Haïm, le Rav Pessa’h Proskin, président du tribunal rabbinique et directeur de la yéchivat Kovrin, a expliqué : "Lorsque le Temple a été détruit, D. trouvait une petite consolation dans l’existence des tsadikim. En effet, tant que ceux-ci vivent, les maisons d’étude (qui sont de petits Temples) sont bien établies et les justes y sont installés et y étudient la Torah, ce qui n’est plus le cas lors de leur disparition, après laquelle il ne reste plus aucune consolation.
C’est la raison pour laquelle le départ des tsadikim est plus pénible pour D. que la destruction du Temple".

"Hachem parla à Moché après la mort des 2 fils d'Aharon" (A'haré Mot 16,1)

-> A ce sujet le midrach (Vayikra rabba 20,5) rapporte qu'après que Iyov ait appris la mort des 2 enfants de Aharon (Nadav et Avihou), il a récité : "C'est aussi ce qui jette la frayeur dans mon cœur et le fait vivement tressauter." (Iyov 37,1).

En quoi la connaissance de leur mort a conduit Iyov à avoir si peur?
Nous allons voir, b'h, une réponse du 'Hida.

La guémara (Sotah 11a et Sanhédrin 106a) explique que Pharaon avait 3 conseillers : Bilam, Yitro et Iyov.

Lorsque Iyov a appris le plan de Pharaon de noyer les bébés juifs, il n'a ni exprimé de désaccord, ni d'accord avec cette mesure. Il est simplement resté silencieux.
En réalité, Iyov était totalement persuadé que son attitude était parfaite.
De plus, même après que Iyov a commencé à avoir d'atroces souffrances dans sa vie, il ne lui ai jamais venu à l'esprit que son silence en était la cause.

La guémara (Sanhédrin 52a) relate qu'une fois Moché et Aharon marchaient ensemble, et Nadav et Avihou étaient en train de marcher derrière eux.
Nadav dit à Avihou : "Quand est-ce que ces 2 vieillards vont mourir et toi et moi allont diriger la génération?"

Le 'Hida enseigne : Puisque c'était Nadav qui a émis l'idée à Avihou, on aurait pu penser qu'uniquement Nadav mériterait d'être puni.
Avihou n'a rien fait, pourquoi devrait-il être tué?

La réponse est que la Torah est d'avis que si vous êtes au courant d'un mauvais projet et que vous restez silencieux à son sujet, vous êtes aussi coupable que si c'était vous qui l'avez réalisé.
C'est pour cela que Avihou a été puni sévèrement tout comme son frère.

Le 'Hida dit qu'avec cela on comprend le midrach initial.
Suite à leur mort, Iyov était plein de frayeur car pour la 1ere fois de sa vie, il était capable de comprendre pourquoi il a subi autant de souffrances durant sa vie.
A l'image de Avihou qui s'est tu et as été puni, il a été puni pour son silence.

<------------------------------------------------>

+ Le saviez-vous?

-> Iyov a connu d'atroces souffrances.
Selon le midrach (Yalkout Chimoni – rémez 908), si Iyov ne s’était pas plaint des malheurs qui lui sont arrivés, et s’il avait à la place pris conscience qu’ils lui étaient nécessaires et pour son bien, alors nous aurions ajoutés son nom au début de la amida : "D. d’Avraham, D. de Yits’hak, D. de Yaakov et D. de Iyov".

=> De là, on peut se rendre compte de la grandeur d’accepter tout ce qui nous arrive (volonté de D.) avec amour.

 "Ceux qui s'imaginent que la Torah et les mitsvot sont accessoires et ne comptent pas dans la construction du pays [d'Israël] commettent une grave erreur.

La terre d'Israël étant le palais du Roi, les péchés qui y sont commis sont nuisibles à l'extrême ..."

[le 'Hafets 'Haïm]

<------------------------------>

"Afin que le pays ne vous vomisse pas" (A'harei Moth 18,28)

-> Rachi de dire : "la terre d'Israël ne peut conserver les pécheurs".

-> Le 'Hafets 'Haïm de nous enseigner : "Si nous ne prenons pas soin d'observer scrupuleusement la Torah, rien n'y fera, ni un état, ni la langue.
Il en a toujours été ainsi.
Nos ancêtres ont vécu en terre d'Israël, puis ils ont été exilés en raison de leurs péchés.

D. a affirmé [par l'intermédiaire du] prophète (Yé'hezkiel 39,23) : "Les nations sauront que c'est à cause de son iniquité que la maison d'Israël a été exilé, parce qu'ils M'ont été infidèles, Je leur ai caché Ma face, et Je les ai livrés dans les mains de leurs oppresseurs." "

<------------------------------>

-> "La terre d'Israël n'est pas comme les autres terres, et ne peut pas tolérer ceux qui transgressent (les mitsvot) ...
C'est pourquoi, toute personne allant en Israël se doit de trembler, et doit doubler et tripler sa crainte du Ciel qu'elle avait en dehors d'Israël, car elle doit savoir qu'elle réside (maintenant) dans le palais du Roi."

[Chela haKadoch - Chaar haOtiot]

Il y écrit également que chaque juif doit désirer aller vivre en Israël : "comme un enfant courant vers les genoux de sa mère", et également le fait qu'à chaque instant on y pratique une mitsva (d'y habiter), ce qui fait que l'on doit constamment s'en réjouir.

<------------------------------>

-> "La terre d'Israël est un lieu saint ... et comme le dit la guémara : "Quiconque est plus grand que son ami a un yétser ara plus grand que le sien" (guémara Soucca 52a).

Il en est de même des lieux particuliers.
Comme la sainteté est plus grande en Israël, il existe davantage de barrières et de forces contraires, et un yétser ara plus fort.
Par conséquent, [en terre d'Israël,] les épreuves et les défis y sont plus grands et peuvent conduire à la faute."

[le Sfat Emet]

[Il faut être davantage vigilant lorsque l'on est en Israël, car de même qu'il y a une potentialité accrue d'aller très très haut, il y a un attrait accru de descendre très très bas, et ce afin d'assurer la persistance du libre arbitre. ]

"Il obtiendra pour lui réparation : il prendra du sang du taureau et du sang du bouc" (A'harei Mot 16,18)

Quelle est donc son expiation (kappara)?

Rachi répond à cette question : "Il prendra du sang du taureau et du sang du bouc, mélangés l'un avec l'autre."

Le rav Méir Shapiro de Lublin (lors d'un siyoum de Yoma) fit l'observation suivante :
"La guémara (Yoma 57b) stipule que les sangs des 2 animaux doivent être mélangés avant d'être aspergés sur les cornes de l'autel.

La Torah nous enseigne ainsi que le plus grand [symbolisé par le taureau] a le devoir de se joindre au petit [figuré par le bouc].
Qu'il ne reste pas de côté pour garder ses distances!

En effet, seule la fusion permet d'obtenir la réparation des fautes et le pardon pour Israël."