« Si quelqu’un d’entre vous veut présenter à D. un sacrifice de bétail, c’est dans le gros ou le menu bétail que vous pourrez choisir votre sacrifice. » (Vayikra 1,2)

-> Rabbi Avraham Yéhochoua Heschel d’Apta (le Ohev Israël) propose la lecture suivante de ce verset :

-> « Adam ki yakriv mikèm » = lorsqu’un homme est prêt à se dévouer corps et âme pour le service divin ; il entre dans la dimension de « korban lachem » (un sacrifice pour D.), et d’En-Haut, on considère qu’il a sacrifié son propre sang et sa propre graisse en l’honneur du Créateur.

-> En revanche, « min abéhéma, min habakar ou min hatsone » = celui qui se contente d’offrir des contributions financières, mais n’est pas prêt à dévouer corps et âme pour la gloire de D., verra son sacrifice réduit au titre de « korbané’hem » (votre sacrifice), un sacrifice d’une valeur moindre que le « korban lachem ».
Quand un homme veut présenter une offrande, il lui incombe avant tout de « se sacrifier » lui-même, de se rabaisser et de s’humilier afin d’être, lui, l’offrande « pour l’agrément de D. »

[« mikèm » = de vous-même & le mot korban, sacrifice, renvoi à : karov = rapprocher de D., en sacrifiant de notre intériorité tout ce qui fait écran, prend de la place à une résidence de D. en nous]

D. ne désire pas la chair de l’animal, mais les remords et la soumission qui l’accompagnent.

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-> Le Méam Loez (Vayikra 1,2) enseigne :
« Les hommes apportent des sacrifices pour toutes sortes de raisons.
L’un peut le faire pour se vanter, montrer qu’il est un bon juif et avoir l’air de se repentir, mais en son for intérieur, il reste mauvais et fauteur.
On pouvait connaître la nature d’une personne grâce à son sacrifice : si elle était pervertie, la fumée de son sacrifice montait en spirales tortueuses.
Voyant la fumée s’élever ainsi (et non toute droite), le Cohen savait que le sacrifice était offert avec des motifs indignes et il demandait au Lévi de cesser de chanter.
Le propriétaire du sacrifice repartait humilié.
[…]
La Torah dit : « un homme qui apporte de vous (mikèm) un sacrifice » = vous-même devez être le sacrifice …
Si vous ne commencez pas par vous sacrifier [l’égo qui est en nous], ce n’est pas un « sacrifice à D. » que vous offrez mais un sacrifice à vous-même.
Hachem n’en éprouve nulle satisfaction. »
[à l’image de la fumée qui monte en spirales, plutôt que directement, comme signe qu’elle n’est pas vraiment désirée!]

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+ « Il l’offrira (le sacrifice) selon sa volonté, devant Hachem » (Vayikra 1,3)

-> Ce verset nous apprend que le sacrifice doit être offert avec la volonté et l’accord de celui qui l’apporte.
Mais, on peut trouver une autre allusion à ce verset. En effet, l’homme qui apporte un sacrifice, ne doit pas se contenter de l’offrande animale. Il doit aussi s’en inspirer pour offrir et sacrifier toute sa personne et tout son être à Hachem.
Le verset vient ici nous dire que la personne qui apporte un sacrifice « l’offrira avec sa volonté », c’est-à-dire que l’on sacrifiera aussi toute sa volonté, ses désirs et ses aspirations. Tout son être doit s’annuler complètement devant Hachem par le sacrifice.
[Haktav véaKabbala]

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+ « Si quelqu’un d’entre vous veut présenter à D. un sacrifice de bétail, c’est dans le gros ou le menu bétail que vous pourrez choisir votre sacrifice. »

-> Il est intéressant de rapporter un commentaire sur ce verset du rav Moché Sternbuch.
Pourquoi y remarque-t-on un changement soudain du singulier (quelqu’un – adam) vers le pluriel (vous pourrez – takrivou)?

Cela nous apprend que lorsqu’un homme faute, cela ne l’affecte pas seulement lui, mais cela affecte toute la communauté dans son ensemble (arévim)

Ainsi, lorsqu’une personne apporte un sacrifice et amende ses actions, les mauvais effets de cette faute individuelle qui affectaient la nation sont alors guéris, et la nation entière s’en trouve élevée par la même occasion.

=> C’est pourquoi, le début de notre verset fait référence à la téchouva du fauteur en tant qu’individu, et finit en montrant que cela aura un impact sur le monde entier, lui permettant de recevoir une abondance de bénédictions en raison de fait que l’individu à un niveau supérieur de sainteté.

On peut rapporter les paroles du Ram’hal : « Si l’homme s’élève spirituellement, l’univers entier s’élèvera avec lui, mais s’il s’abîme, l’univers entier s’abîme avec lui. »
=> La Torah nous dit quelque chose d’incroyable : Si tu veux changer le monde, ce que tu dois faire c’est te changer toi-même …

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-> D’ailleurs, le midrach sur notre paracha (Vayikra rabba 4,7) enseigne :
« Il est écrit dans Yirmiyahou (50,17) : « Israël est un agneau pourchassé ».
Pourquoi Israël est-il comparé à un agneau?
De même qu’un agneau, lorsqu’il reçoit un coup sur la tête ou sur un seul membre, tout son corps le ressent, ainsi chez Israël, un seul individu faute et le peuple entier le ressent.
Rabbi Chimon bar Yo’haï disait : Ceci est à l’image d’un groupe de voyageurs sur un bateau. Soudain, l’un d’eux saisit une pioche et commence à percer le plancher sous son siège. Ses compagnons lui disent : « Que fais-tu? »
Il leur répond : « Que vous importe? Je ne fais que creuser sous mon propre siège! »
Ils leur rétorquent : « Mais l’eau va pénétrer et inonder le navire tout entier! » »

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+ « Un homme qui offrira parmi vous » (adam ki yakriv mikèm – Vayikra 1,2)

Apparemment, le verset aurait dû plutôt dire : « Un homme parmi vous qui offrira ».
Le verset fait allusion à : « Un homme qui offrira (yakriv -> karov) », littéralement : « qui rapprochera ».
Un homme pourra bien plus se rapprocher et s’élever quand il se trouve « parmi vous », parmi le peuple et la collectivité. Mais s’il reste seul, sa progression sera plus réduite.
[Sfat Emet]

[nécessité d’apprendre de toute personne ; un enseignant apprend davantage de ses élèves ; en permettant à autrui de s’élever spirituellement, alors Hachem en fait de même avec nous ; transmettre clairement à autrui, c’est s’assurer d’avoir bien compris cet enseignement ; …]

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+ « Lorsqu’un homme parmi vous (mikèm) apporte un sacrifice à Hachem » (v.1,2)

Le Méam Loez (Vayikra 1,8) enseigne :
L’homme doit éviter de commettre 3 péchés au prix de sa vie s’il le faut : l’idolâtrie, l’immoralité et le meurtre.
Si des non-juifs veulent le forcer à transgresser l’un de ces 3 commandements et qu’il livre sa vie pour sanctifier le Nom de D., il et considéré comme un sacrifice sur l’autel.

Si un homme se laisse brûler plutôt que de commettre l’une de ces 3 fautes, il est semblable à un holocauste (ola) entièrement consumé.
S’il est tué d’une autre manière et que son corps reste entier, il est semblable à une expiation (‘hatat).

Cette idée est mentionnée par allusion dans le verset : « Lorsqu’un homme parmi vous apporte un sacrifice à Hachem » = si un non-juif force l’un de vous à commettre une faute sous menace de mort et que vous ne cédez pas, votre mort sera considérée comme un sacrifice à Hachem.

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