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Tsitsit & la force du désir spirituel

-> A l’époque du Temple, les tsitsit étaient composés de quatre fils. Trois fils étaient blancs, et le quatrième fil était teint d’une couleur bleutée unique appelée : té'hélet.
Malheureusement, nous ne sommes pas en mesure de fabriquer la teinture pour le té'hélet, et nous avons dû remplacer ce fil par un autre fil blanc.

Le rav Yonathan Eibshitz (Yaarot Dvach 2,2) écrit que même si nous ne pouvons pas porter les tsitsit comme le faisaient nos ancêtres, nous pouvons être récompensés comme si nous le faisions. Comment cela est-il possible?
Si nous déplorons sincèrement le fait que nos tsitsit soient actuellement incomplets et que nous attendons avec impatience le moment où nous pourrons les porter tels qu’ils devaient être, alors Hachem nous récompensera comme si nous portions le fil té'hélet.

Savoir se réjouir de son sort spirituel

+ Savoir se réjouir de son sort spirituel :

-> Lorsqu'une personne est trop dure envers elle-même et ne s'attarde que sur le mal, elle risque de ne pas voir le bien dans sa vie, ce qui peut provoquer le désespoir.
[rav Avraham Kook - Orot haTéchouva 16,7]

[sans se reposer sur nos lauriers, par moment on doit "saméa'h bé'helko" (se satisfaire de sa part, de son sort), apprécier les capacités, les moyens spirituels dont Hachem nous a dotés, et que nous devons exploiter au mieux.
Tout en étant sincère et honnête avec nous-même, cela permet de lutter contre notre yétser ara qui cherche constamment à nous attrister, en faisant que nous ne sommes jamais satisfaits de nous (on n'est pas saméa'h bé'helko), conduisant au désespoir et donc au laisser aller, à la faute, ... ]

-> Le principe de la Torah consistant à se réjouir de son sort ne s'applique pas seulement à la richesse matérielle, mais aussi à la richesse spirituelle. Bien qu'il soit nécessaire de continuer à progresser, il est impératif de rester dans les limites de ses propres capacités et de reconnaître ses accomplissements.

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-> "Celui qui se réjouit de son sort" (Pirké Avot 4,1) signifie [qu’il est heureux de] la part qui lui revient. Même s’il s’agit d’une petite part, il s’en satisfait et n’en désire pas davantage.
Une telle personne sera toujours en paix et remerciera Hachem pour son sort, aussi modeste soit-il.
Il est dit au nom du Gaon de Vilna que cela vaut également pour les questions spirituelles ; il faut se réjouir de son sort. Bien qu’une personne doive désirer que son cœur soit ouvert comme une porte pour laisser entrer la Torah, et qu’elle doive se demander : "Quand mes actions atteindront-elles celles de nos Avot (Patriarches)", elle doit néanmoins se satisfaire de son sort actuel ...
[dans la guémara Erouvin 53a : Rabbi Yo'hanan dit : "Les cœurs des premiers Sages étaient comme la porte d’entrée du Temple, ceux des Sages postérieurs comme la porte du Sanctuaire, et les nôtres sont comme le chas d’une fine aiguille".
dans Tana déBé Eliyahou 25 : "Je dis que chaque membre du peuple juif doit se demander : "Quand mes actions atteindront-elles celles de nos Avot, Abraham, Its'hak et Yaakov? "]

Il ressort des paroles du Gaon de Vilna que, qu’il s’agisse de questions matérielles ou spirituelles, il faut être satisfait et se réjouir de ce que l’on a à ce moment-là, que ce soit beaucoup ou peu.

À propos d’une telle personne, il est dit : "La satisfaction du cœur est un festin constant" (Michlé 15,15).
Le Gaon de Vilna explique : "Une satisfaction sincère" = celui qui se réjouit de son sort, "un festin" = son cœur est rempli de joie comme celui d’une personne au moment où elle organise un festin pour le mariage de son fils ou autre, "constante" = car celui qui organise un festin n’est heureux qu’au moment où son cœur est joyeux grâce au vin, mais celui qui se réjouit de son sort est constamment joyeux, sans interruption.
[Ménou'ha OuKédoucha - Shaar haTorah 2,23 ]

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-> "Qui est riche? Celui qui se réjouit de son sort" (Pirké Avot 4,1) ...
Une personne qui se réjouit de son sort ne court pas après la richesse. De même, elle ne se précipite pas pour devenir grande dans son étude et tout savoir d’un seul coup ; au contraire, elle étudie petit à petit jusqu’à devenir experte dans chaque domaine.
[rav Haïm Volozhin - Roua'h 'Haïm 4,1 ]

-> "Et [les enfant de Kéhat] ne doivent pas venir pour voir pendant que le saint [Aron] est enveloppé [en vue de son transport]" (Bamidbar 4,20).
Cela signifie qu’une personne ne doit pas se considérer comme si elle avait atteint tous les niveaux de sainteté. Elle doit plutôt reconnaître sa place et se réjouir de son sort.
['Hatam Sofer al HaTorah - paracha Bamidbar ]

-> Il existe également un sentiment de satisfaction et de contentement en matière spirituelle. Cela signifie qu’une personne doit se contenter de ce qu'Hachem lui a accordé en termes de compréhension, de sagesse et de crainte de D., afin de s’examiner constamment et de scruter toute sa conduite. Elle ne doit pas chercher à s’élever au niveau des grands sages.
Même si son prochain est supérieur à elle en piété et en compréhension, elle doit simplement marcher dans la simplicité tous les jours de sa vie.
Bien qu’une personne soit tenue de se demander : "Quand mes actions atteindront-elles celles de nos Avot (Patriarches)"? (Tana déBé Eliyahou 25), si quelque chose est hors de sa portée en raison de son niveau de compréhension ou de sainteté, elle ne doit ni désirer suivre cette voie, ni chercher jalousement à suivre une autre.
Elle doit plutôt rechercher la plénitude à son niveau, remercier Hachem et se réjouir de son sort.
[Tiféret Shlomo - paracha Ki Tavo ]

-> "Et Hachem vous dispersera parmi les nations ... Et de là, vous chercherez Hachem, votre D., et vous Le trouverez, si vous Le cherchez de tout votre cœur et de toute votre âme" (Vaét'hanan 4,27).
"Vous Le chercherez de là", ce qui signifie que, quel que soit l’endroit où vous vous trouvez, vous pouvez chercher Hachem.
[ex: même si on est loin de la situation de vie qu'on aimerait avoir (désir de grandeur oblige!), qu'on peut avoir plein de failles spirituelles, des capacités intellectuelles ou financières faibles, ... on doit accepter que la situation est décrétée dans les moindres détails par Hachem, et on doit Le servir, joyeux de notre part. ]
[Baal Shem Tov - paracha Vaét'hanan 10]

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-> Une réponse générale à mon bien-aimé concernant l'étude de la Torah et la avoda d'Hachem, où beaucoup se lamentent sur des pensées intrusives : la raison de ces pensées étrangères réside dans le désir de grandeur.
Les gens sont mécontents de leur état actuel d’avodat Hachem et recherchent une avoda qui les dépasse. Cependant, il faut se satisfaire de son sort, même dans la Torah et la avoda, qu’il soit petit ou abondant ...
Si l’on ne se réjouit pas et ne trouve pas de plaisir dans notre avoda, et que notre âme recherche le plaisir, on aura des désirs (dans d'autres domaines que le spirituel - ex: dans la matérialité).
De même, des pensées étrangères s’immiscent et nous forcent à penser à des choses inappropriées qui nous dépassent, car nous sommes mécontents de notre sort et recherchons une grandeur qui nous dépasse ...
Il faut certes se demander : "Quand mes actions atteindront-elles celles de mes Avot?" (Tana déBé Eliyahou 25). Pourtant, il faut tout de même se réjouir grandement de notre avoda à ce moment-là, et grâce à la joie de cette mitsva, nous mériterons la grandeur.
[rav Ména'hem Mendel de Vitebsk - Pri Ha'aretz - Mikhtav 22]

-> Si une personne tente d’atteindre plus que ce dont elle est capable, non seulement elle n’atteindra pas ce qu’elle entendait atteindre, mais elle échouera également à atteindre ce qu’elle peut atteindre.
À l’instar d’une personne ayant une vue faible, si elle regarde des caractères minuscules, non seulement elle ne parviendra pas à lire ces caractères, mais elle affaiblira encore davantage sa vue et sera incapable de voir d’autres choses.
[Rambam - Moré Névou'him 34,1 ]

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-> "Au commencement, Hachem créa" (Béréchit 1,1).
Nos Sages (Bérechit raba 12,15) disent qu'Hachem voulait à l’origine créer le monde avec l’Attribut divin de Rigueur (din - jugement strict), mais qu’Il s’est rendu compte que le monde ne pourrait pas subsister ainsi, alors Il l’a combiné avec l’Attribut de miséricorde (ra'hamim).
Peut-être était-ce pour nous montrer à suivre les voies du Créateur. En d’autres termes, le trait de ma Rigueur exige une perfection absolue, et au commencement, il faut tendre vers cela. Cependant, en réalité, nos espoirs ne sont pas toujours comblés, et notre vision ne se réalise pas, et nous tombons souvent dans le désespoir.
C’est pourquoi la Torah nous laisse entendre que telle est la voie du monde, qu’ensuite nous faisons un peu de compromis et combinons la miséricorde (envers soi-même - ex: ne pas être trop exigeant, dur) avec la rigueur (le fait de se juger avec une rigueur stricte).
[Zéra Kodech]

-> Il nous incombe de nous réjouir et de désirer notre part spirituelle. Bien qu’une personne soit tenue d’exiger beaucoup d’elle-même et de ne pas se satisfaire de ce qu’elle a atteint, cela ne contredit pas le fait qu’une personne soit tenue d’être comblée par ce qu’elle a atteint.

Ce concept nous est enseigné au début de la Torah : "Hachem accorda son attention à Hevel et à son offrande, mais à Kayin et à son offrande, il n’accorda aucune attention. Kayin se mit en colère et se découragea. Hachem dit à Kayin : 'Pourquoi es-tu en colère? Pourquoi es-tu découragé?' " (Béréchit 4,4-6).
Il semblerait que l’insatisfaction de Kayin provenait du fait qu’il exigeait davantage de lui-même sur le plan spirituel. Pourtant, nous voyons que Hachem le réprimanda pour cela et lui montra que son état de découragement et de colère n’était pas la bonne voie ; bien au contraire, c’était le début de la chute de Kayin.
[rav Yé'hezkel Lévenstein - Ohr Yé'hezkel - partie 7, p.281 ]

-> Le Shem miShmouel écrit au nom de son père, le Avné Nézer : lorsque Hachem fut prêt à donner la Torah à l’humanité, Il alla de nation en nation et l’offrit à chacune d’elles. Chaque nation demanda ce que contenait la Torah et on lui répondit qu’elle renfermait un commandement qui allait à l’encontre de sa nature. C’est pour cette raison que toutes les nations rejetèrent la Torah.
Cependant, le peuple juif accepta la Torah. Le Avné Nézer demande : pourquoi Hachem ne nous a-t-Il pas également dit quelque chose qui allait à l’encontre de notre nature?
Il répond qu’en fait, Il l’a fait. La Torah contient le commandement de la hagbala, se tenir à distance du mont Sinaï au moment du don de la Torah.
(Yitro 19,12 : "véhigbalta" = Tu limiteras = Fixe-leur des barrières qui leur servent de signes afin qu’ils n’approchent pas de la limite.
voir Yitro 19,9 & Rachi : "Nous voulons voir notre roi!" (et non recevoir les 10 Commandements par un intermédiaire)] et Shabbat 87a).
Cela va à l’encontre de la nature même du peuple juif, qui est de toujours aspirer à des sommets toujours plus élevés dans la quête spirituelle.
Selon cette idée de l’Avné Nézer, nous voyons que se satisfaire de notre état spirituel actuel est une tâche difficile, mais nécessaire.
[ainsi lorsque toute la Torah a été donnée, que le peuple avait une soif énorme d'Hachem, on apprend la nécessité d'accepter une barrière de sécurité morale, impliquant qu'on doit se satisfaire selon notre niveau et nos capacités, et pas sans cesse être insatisfait en s'imaginant devoir/pouvoir monter plus haut sur la montagne de la Torah avec Hachem à son sommet. ]

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-> "Le nombre total des Lévi'im recensés par Moché, Aharon et les chefs d’Israël, selon leurs familles et selon la maison de leurs pères" (Nasso 4,46).
Le midrash (Bamidbar raba 6,10) explique qu'après avoir dénombré individuellement les Bné Kéhat, les Bné Gerchon et les Bné Mérari, la Torah revient et les regroupe tous en un seul ensemble pour montrer qu’ils sont tous également aimés aux yeux d'Hachem.
Cela implique que même si le service des Bné Kéhat était plus élevé que celui des Bné Gershon et des Bné Mérari, puisqu’ils étaient les porteurs de l’Arche ... néanmoins, lorsque les Bné Mérari accomplissaient ce qui leur incombait, cela avait autant d’importance pour Hachem que le service des Bné Kéhat.
Nous en tirons la leçon qu’une personne ne doit pas être jalouse de son prochain, même en matière d’avoda ; le simple fait de servir Hachem selon le lot qui nous a été attribué est suffisant.
[rav Tzvi Elimélé'h Spira de Dinov - Agra déPirka 97 ]

-> La guémara (Yoma 9b) dit que le 2e Temple fut détruit, bien que les gens se consacraient à l’étude de la Torah, à cause d’une haine (gratuite) sans fondement (sin'at 'hinam).
Cela signifie que les gens étaient jaloux de leurs semblables qui se trouvaient à des niveaux supérieurs et qu’ils n’ont pas réussi à éradiquer ce trait de jalousie avant qu’il ne les conduise à la haine.
[rav Yé'hezkel Lévenstein - Yad Yechezkel - paracha Matot ]

-> Un juif est intrinsèquement lié à Hachem, et ses intentions sont tournées vers le Ciel. Par conséquent, même si Hachem lui refuse un certain avantage, en acceptant ce décret et en se détournant de ce que Hachem lui refuse, une personne est considérée comme un serviteur de Hachem et méritera un bien plus grand.
Par exemple, un descendant d’Aharon [qui devrait servir en tant que Cohen] et qui présente une imperfection corporelle [et qui est donc interdit d’accomplir la avoda en tant que Cohen] mérite un bien plus grand simplement en s’abstenant d’accomplir la avoda dans le Temple.
[Mé haChiloa'h - paracha Emor]

-> Concernant la racine de la faute des frères qui ont vendu Yossef, nos séfarim rapportent que les frères ont considéré à tort Yossef comme un rodef et qu’il méritait donc d’être mis à mort.
[dans la loi juive traditionnelle, le terme 'rodef' désigne celui qui "poursuit" une autre personne pour la tuer. ]
Si tel est le cas, pourquoi a-t-on considéré qu’ils avaient commis une faute si grave ; un juge ne peut fonder son jugement que sur ce qu’il voit?

Il semble que la gravité de leur faute tenait à leur nature noble.
Il nous est commandé : "tamim tiyé im Hachem Eloké'ha" (marche dans une confiance simple avec Hachem, ton D. - Choftim 18,13), ce que Rachi explique comme signifiant «marche devant Lui de tout ton cœur et place ton espoir en Lui. N’essayez pas de scruter l’avenir, mais quoi qu’il arrive, acceptez-le de tout votre cœur".
Il est rapporté dans les séfarim que les frères craignaient que, tout comme Essav avait été écarté [au profit] de Yaakov, eux aussi seraient écartés, et que Yossef resterait le seul membre de l’alliance d'Hachem.
Ils se sont mis en colère à cause de leur désir ardent de se rapprocher de Hachem, étant donné qu’ils étaient des personnes si sanctifiées.

Bien qu’ils eussent ce grand désir de se rapprocher d'Hachem, ils s’écartèrent légèrement de la "confiance simple" (tamim tiyé), qui repose sur le fait de ne pas scruter l’avenir mais d’accepter de tout cœur tout ce qui pourrait arriver [c’est-à-dire qu’ils auraient dû se concentrer davantage sur ce que Hachem attendait d’eux et moins sur la question de savoir s’ils seraient "écartés" par Yossef (ce qui faisait mal à leur désir énorme de grandeur spirituelle)].
[Shem miShmouel - Tétsavé 5677 ]

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-> "[Et Yossef nomma son fils aîné Ménaché, ce qui signifie : ] car Hachem m’a fait oublier toutes mes peines et tout ce qui était dans la maison de mon père" (Mikets 41,51).

-> Il semble que le père de Yossef l’ait formé pour qu’il soit saint et pur, afin qu’il se consacre uniquement à la avodat Hachem, comme un nazir.
Yaakov pensait que la raison d’être de Yossef dans ce monde serait telle. Cependant, Hachem fit en sorte que Yossef accomplisse une mission tout à fait différente : diriger les affaires gouvernementales de l’Égypte. Il était nécessaire que Yossef oublie qu’il était destiné à être une personne sanctifiée (dédiée entièrement à Hachem), séparée du peuple.
Il accepta avec joie ce décret céleste ... Une fois qu’il eut intégré que cela lui avait été décrété par le Créateur, il fut alors en mesure de remercier Hachem de lui avoir accordé la force d’accepter sa nouvelle vocation : sanctifier le nom d'Hachem, sans penser qu’une telle mission était indigne de lui et qu’il aurait dû se conduire conformément à ce qu’on lui avait enseigné dans la maison de son père, c’est-à-dire mener une vie de sainteté.
[rav Moché Sternbuch - 'Hokhmah Vadaat ]

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+ Accepter la situation dans laquelle Hachem nous a mis :

-> Chacun doit reconnaître que sa réussite spirituelle découle entièrement de la situation particulière dans laquelle Hachem l’a placé.
Même s’il peut sembler qu’il pourrait mieux servir Hachem dans une situation différente, il doit avoir confiance en Hachem, qui sait exactement quelles sont les meilleures circonstances pour qu’il se rapproche de Lui.

-> Il est évident que chacun doit suivre la voie qui correspond à son métier et à sa profession. Car la voie de la piété qui convient à celui dont la profession est l’étude de la Torah n’est pas la même que celle qui convient à celui qui doit se mettre au service d’autrui pour gagner sa vie. Ces deux voies de piété ne conviennent pas non plus à celui qui est occupé dans les affaires. Il en va de même pour toutes les autres activités des gens dans le monde.
À chacun, selon ce qu’il est, il y aura des voies de piété qui lui conviendront. Ce n’est pas parce que la piété varie ; la piété est certes la même pour tous, puisqu’elle n’est rien d’autre que de faire ce qui plaît à son Créateur ... Ainsi, celui qui, par nécessité, est un simple travailleur (pour gagner sa vie) peut être aussi pieux qu’un homme dont la bouche ne s’interrompt pas dans l’étude de la Torah.
[Ram'hal Messillat Yécharim - chap.26 ]

-> La guémara (Shabbat 33a) rapporte que lorsque Rabbi Shimon bar Yo'haï et son fils sortirent de la grotte, ils virent des gens délaisser la vie éternelle pour se consacrer à la vie temporelle, et ils réveillèrent une malédiction dans le monde.
Une voix d’en-Haut annonça : "Êtes-vous venus pour détruire le monde? Retournez dans votre grotte!"
Après douze mois supplémentaires, ils en sortirent dans la miséricorde, et partout où ils allèrent, ils dispensèrent des bénédictions.

Il semble que Rabbi Shimon bar Yochai et son fils pensaient à l’origine que la seule façon de servir Hachem était de se plonger dans la Torah, la prière, le jeûne et les pleurs, et c’est pourquoi ils se sont mis en colère et ont maudit le monde lorsqu’ils ont vu des gens qui ne se plongeaient pas dans ces choses ... jusqu’à ce que la voix céleste vienne et les renvoie dans leur grotte.
Ils ont compris que le but de cela était de leur montrer la voie la plus appropriée : la voie miséricordieuse selon laquelle l’avodat Hachem englobe chaque acte d’une personne ; il faut y prêter attention car Hachem s’y trouve également.
[Toldot Yaakov Yossef - paracha Vayetsé ]

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-> "Je vous ferai sortir de sous le joug de l’Égypte, et je vous sauverai de leur servitude" (Vaéra 6,6).
La Torah nous enseigne pourquoi le peuple juif a mérité de sortir d’Égypte : il est resté une nation sainte, même en Égypte sous un creuset de fer. Même si l’Égypte l’a asservi à toutes sortes de travaux pénibles, le peuple juif est néanmoins resté fidèle à son Hachem et n’a jamais songé à dire : "Pourquoi sommes-nous, le peuple juif, la nation la plus basse et la plus dénigrée de toutes, asservis à un travail éreintant ?"
... [Au contraire], ils acceptaient chaque instant de servitude avec amour, et toléraient le décret d'Hachem, car si cela était bon à Ses yeux, alors cela devait être bon pour nous.

Voici ce qui est écrit à propos de Moché : "Et [Moché] sortit vers ses frères, et il vit leur fardeau" (Chémot 2,11). Était-il le seul à voir leurs fardeaux?
Non, l’intention est plutôt que Moché perçu, par roua'h ha'kodech, la capacité d’endurance du peuple juif, car ils ont accepté de tout porter avec amour, conformément au décret d'Hachem ... C’est pour cela que le peuple juif a mérité la rédemption.

Il convient à une personne de faire confiance à Hachem dans toutes Ses voies et toutes Ses circonstances ... Même si quelqu’un se trouve en situation de détresse, et que les pressions de la vie l’empêchent d’accomplir son avoda et son étude.
Même si quelqu’un voit son ami, plus faible (spirituellement) que lui, que lui, riche et en paix, il pourrait être tenté de dire : "Pourquoi Hachem m’a-t-Il fait cela, alors qu’à mon humble ami, Il a donné tout le bien? Je mérite une bonne part, puisque je veux me consacrer à m’asseoir et à étudier la Torah." Cependant, cela n’est pas vrai, car nous, simples mortels, ne pouvons pas sonder la profondeur des pensées et des plans d'Hachem.
Peut-être Hachem souhaite-t-Il tester si quelqu’un va douter de Lui.

C’est ce que signifie servir Hachem "bé'hol nafché'ha" (de toute ton âme - Vaét'hanan 6,5), [ce que la guémara (Berakhot 54a) explique comme signifiant] : "même si Hachem prend ton âme".
"Âme" est une autre façon de dire "désir" ... Même si Hachem t’enlève ton désir en t’accablant des soucis de gagner ta vie et autres, même ainsi, tu dois aimer Hachem et ne pas Le remettre en question.
[Tiféret Shlomo - Paracha Vaéra ]

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-> Tous les êtres ont été créés avec leurs propres désirs et aspirations, et Hachem les a informés, au moment de la Création, de toutes ces choses, ainsi que de tout ce qui leur arriverait dans la vie et la mort, ainsi que de leur mode de subsistance, qu’il soit acquis facilement ou par la souffrance, et qu’il soit gagné par eux-mêmes ou donné par d’autres.
Comme le dit la guémara ('Houlin 60a), tout a été créé avec toutes ses capacités mentales et sa forme complète ... Et toutes les créatures ont désiré et accepté leur destin.
[Rabbeinu Bé'hayé - paracha Ki Tétsé ]

-> La guémara (Béra'hot 7a) aborde l’idée selon laquelle il existe des justes (tsadikim) qui connaissent le bonheur, et d’autres qui connaissent l’adversité. On en déduit à quel point une personne doit veiller à ne pas douter de la part qu'Hachem lui a attribuée, même si celle-ci est modeste et insignifiante, ou si elle ne parvient pas à réaliser son service de D.
De même, l’homme ne doit pas s’interroger lorsque son yétser ara le domine avec une force qu'il juge indigne de lui. Car l’homme n’a aucune idée de la mission pour laquelle il a été envoyé dans ce monde.
L’un peut être chargé de balayer la saleté ... tandis qu’un autre peut être chargé d’orner le palais du roi d’une couronne sur sa tête ...
Quelle que soit l’expérience que l’on vit,] il est dit : "La récompense est proportionnelle à l’effort" (Avot 5,23) ... Une personne ne doit pas remettre en question sa situation ou son niveau, mais plutôt rechercher la miséricorde et s’abandonner constamment à Hachem.
[Léchem - Niglot Lechem Shévo vé'Akhalma - p.119 ]

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-> Bien que les pressions du temps, celles des gens, d’autres défis et celles du yétser ara puissent faire obstacle ... néanmoins, ne vous découragez pas ...
La raison pour laquelle Hachem a créé une réalité où l’on est tiré en arrière par des pressions, c’est que s’il n’y avait pas de pressions, pour gagner sa vie ou s’occuper des affaires de ce monde, les anges auraient déjà été créés pour cela.
L'homme a été créé principalement par Hachem pour cette raison précise, comme le dit le Zohar (II,184a) : "Il n'y a pas de lumière si ce n'est celle qui vient des ténèbres".
Ce qui signifie que le peu que l'homme peut accomplir au milieu de grandes pressions et d'obstacles, en écartant toutes les pressions et les séductions du yétser ara, voilà le moyen principal de servir Hachem.
[Arvé Na'hal - paracha Emor - drouch 4 ]

-> Il n’existe pas de situation où l’on soit empêché de servir Hachem. C’est simplement que dans les moments difficiles, une personne ne peut pas servir Hachem de la même manière qu’elle le faisait en temps de paix.
Par conséquent, son service change de forme et d’ordre, un peu comme lorsqu’on enlève un vêtement pour en porter un autre, ou comme lorsqu’on passe de l’étude d’une massékhta (traité) à celle d’une autre, bien que tout cela relève de la Torah d'Hachem.
De même, l’essence même de l’avodat Hachem reste constante en tout lieu et à tout moment, mais son apparence extérieure change selon le temps, le lieu et la situation. C’est tout comme un roi ordonne à son serviteur d’accomplir une tâche spécifique différente à des moments différents.
Comme le dit la guémara (Shabbat 114a) : "Les vêtements qu’un serviteur porte lorsqu’il cuisine pour son maître, il ne doit pas les porter lorsqu’il sert du vin à son maître".

Par exemple, si une personne vit en paix sans soucis dans sa vie, son avoda consiste à se plonger dans la Torah toute la journée. Lorsqu’il est sous pression pour gagner sa vie, ou face à des défis et des angoisses, alors son avodah consiste à travailler sur le bita'hon et à se fortifier en espérant la bonté de Hachem ... Au fond, tout s’appelle servir le Roi des Rois, mais tout comme il y a une massékhta plus facile et une massékhta plus difficile, il y a une avoda facile et une avoda difficile.
Si le roi ordonne à son serviteur d’accomplir une certaine tâche et que celui-ci fait autre chose, même si cela relève du service du roi, il est considéré comme s’étant rebellé contre le roi.
Par conséquent, une personne doit toujours écouter dans son cœur quelle est la volonté de Hachem à cet instant. [pas ce que je voudrais faire, mais ce que Hachem attend de moi]
[rav Aharon Yossef Louria - Avodat P'nim - Yessod HaAvoda - Hapnimit 20 ]

Aspirer à davantage, avoir soif d’Hachem

-> Mon âme aspire à une lumière plus haute, à la lumière infinie, à la lumière du vrai D., au D. de la vie.
Le D. de la vie, la vie de tous les mondes. Et ce désir ardent épuise mes forces physiques et spirituelles.
Je n’ai ni la capacité ni l’expérience nécessaire pour satisfaire ce grand désir. Je suis rempli de désir devant le Roi du monde, qui ouvre Sa main et comble tous ceux qui ont besoin (paraphrase de Téhilim 145,16).
S’il te plaît, comble mes désirs ; comble-moi dans la lumière de Ta beauté. Étanche ma soif de Ta lumière. Illumine Ton visage et alors nous serons sauvés.
[rav Avraham Kook - Kévatsim Yad Kodcho 1 - Pinkas Yérouchalayim 1 ]

Chaque individu doit vivre et se comporter selon les normes correspondant à son propre niveau spirituel. Cependant, lorsqu’on tente de mener sa vie selon les normes du niveau spirituel d’autrui, on échoue.
C'est là le sens profond de l'enseignement des sages : "Beaucoup ont tenté d'imiter Rabbi Shimon bar Yo'haï, mais ils ont échoué" (Béra'hot 35b). Cela signifie que bien qu'ils ne fussent pas eux-mêmes au niveau spirituel de Rabbi Shimon, ils ont essayé de vivre selon les normes élevées selon lesquelles ils le voyaient vivre, et c'est pourquoi ils ont échoué.
[Baal Shem Tov - Kéter Shem Tov - 4]

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-> L’idée sous-jacente de cet enseignement est que chaque personne doit être fidèle à elle-même et vivre sa propre vérité dans le cadre de la Torah. Chaque personne a été amenée dans ce monde dans un but très précis, et si l’on tente d’être quelqu’un d’autre, on trahit sa propre âme.
[Toldot Yaakov Yossef - Vayichla'h n° 8 ; Métsora n° 1 ]

Notre désir d’étudier la Torah

-> Si une personne aspire à étudier la Torah avec des motivations pures (léchem chamayim), Hachem ouvre son cœur et illumine ses yeux avec Sa Torah, et elle mérite de comprendre tous les domaines de la Torah : le pchat, drach, rémez et sod.
Elle mérite de développer ses propres idées et de découvrir de nouvelles vérités, de comprendre les applications pratiques de tout ce qu'elle étudie, et elle réussit quel que soit le domaine de la Torah dans lequel elle se plonge, car "si une personne vient pour se purifier, elle est aidée".
Le yétser hatov vient à son aide et la guide sur le bon chemin, et la tient éloignée du mauvais chemin.
[...]

Selon nos Sages (Erouvin 54a) : "seule une personne qui étudie la Torah est vraiment libre" ...
[ "Hachem a dit : J'ai créé le yétser ara et j'ai créé la Torah comme antidote" (Kidouchin 30b). Ainsi, tant qu'on ne s'occupe pas avec la Torah, on n'est pas libre, mais plutôt sous influence du yétser ara. ]

Lorsque l'âme de cette personne aspire à étudier la Torah, à s'asseoir à l'ombre d'Hachem et à Le servir, Hachem viendra à son aide et exaucera ses souhaits et ses désirs (aspirations sincères).
... Hachem aimera tellement cette personne qu'Il lui donnera la capacité de développer ses propres idées et de découvrir de nouvelles vérités [dans le domaine spirituel].
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayakel 35,30-35]

Satisfaction du simple fait d’être juif

+ Gratitude & satisfaction du simple fait d'être juif :

-> Le rav Its'hak Hutner (Pa'had Its'hak - séfer hazikaron 71) attendait de ses élèves qu’ils aspirent à la grandeur, tout en soulignant l’importance de conserver un sentiment de satisfaction "dans un état d’être juif sans avoir atteint aucun niveau" (bé'matsav chél héyot Yéhoudi bli madrégot).
Il insistait que : le point de départ de la croissance et de l’identité spirituelle réside dans l’appréciation de ce que nous sommes, et non dans la lutte pour combler ce qui nous manque.

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[Rabbi Na'hman de Breslev exprime dans sa célèbre chanson : "Si un juif avait conscience de ce qu'est être juif, alors il serait joyeux et il danserait jusqu'à 120 ans!" (im yéhoudi aya yodéa ...).

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-> "Dayénou" est un poème (dans la Haggada) qui célèbre le cheminement et la patience, nous montrant comment apprécier chaque étape (badéré'h) de notre parcours. Le refrain "cela nous aurait suffi" (dayénou) signifie que chaque événement survenu au cours du long processus de la sortie d’Égypte était suffisant en soi pour susciter notre gratitude, même si son aboutissement final n’était pas encore visible à ce moment-là.
Nous pouvons exprimer notre gratitude pour chaque bienveillance que nous recevons, même si nous ne pouvons pas en voir la trajectoire finale. Chaque étape, chaque phase, a un sens en soi.

L’état d’esprit d’un homme libre

La différence entre un esclave et une personne libre n’est pas seulement une question de statut ...
On trouve un esclave intelligent dont l’esprit est plein de liberté, tout comme l’inverse, une personne libre avec l’esprit d’un esclave.
La [véritable] nature de la liberté est cet esprit édifiant qui élève l’individu et la nation tout entière pour qu’ils soient fidèles à leur essence et à leur force intérieures, ainsi qu’au cœur de leur âme avec son image Divine.
Avec ce [type de liberté], il est possible de sentir que sa vie a un sens et qu’elle a une valeur égale à celle de toutes les autres. Cela ne peut être vécu par celui qui a l’esprit d’un esclave.
[rav Avraham Its'hak HaCohen Kook - Maamaré Haraaya - vol.1, p.157 ]

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-> Il existe des hommes libres dotés d’un esprit d’esclave, et des esclaves dont l’esprit est plein de liberté. Celui qui est fidèle à son moi intérieur est un homme libre, tandis que celui dont toute la vie n’est qu’une mise en scène de ce qui est bon et beau aux yeux des autres est un esclave.
[Kook - Maamaré Haraaya - vol.1, p.157 ]

L’aspiration ne doit pas retirer notre joie

-> Peu après que Rabbi Nathan soit venu voir Rabbi Na'hman de Breslev, celui-ci lui dit : "Un tout petit peu [d’avodat Hachem] est aussi bon".
La profonde sagesse de cette phrase simple a complètement changé la vie de Rabbi Nathan de Breslev, et elle peut changer la nôtre aussi.
Bien sûr, nous devons toujours aspirer à étudier beaucoup la Torah, à prier avec une kavana pure et à servir Hachem du mieux que nous pouvons. Mais nous ne pouvons pas laisser notre aspiration nous priver de la joie et de la satisfaction que nous devrions tirer de chaque bonne pensée, de chaque mot de sainteté et de chaque mitsva, même si nous n’atteignons pas nos objectifs ultimes.
[Avané'ha Barzel 65]

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-> Le plus difficile dans le service d'Hachem, c’est en réalité que nous pensons que c’est si difficile. Nous croyons que pour plaire à Hachem, nous devons accomplir quelque chose qui dépasse nos capacités.
Cependant, lorsque nous prenons conscience de l’immense joie que nous procurons à Hachem à chaque bénédiction, prière, mitsva et parole de Torah, alors servir Hachem devient incroyablement facile et agréable.
[rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Mohoran II,44 ]

-> Nous devrions apprécier la lumière extraordinaire de chaque petite chose que nous faisons pour servir Hachem et croire que ces bonnes actions sont comme de grandes étoiles brillantes.
[rabbi Nathan de Breslev - Likouté Halakhot - Kriat HaTorah 6 ]

Il existe de nombreuses mitsvot qu'une personne n'est pas tenue d'accomplir tant qu'elles ne lui sont pas imposées. Cependant, lorsqu'une personne lit à leur sujet et que son cœur désire les accomplir, Hachem considère qu'elle les a accomplies [à la perfection]. C'est une grande récompense illimitée.
[Smak - introduction ]

L’importance d’avoir un maximum de désirs spirituels

+ L'importance d'avoir un maximum de désirs spirituels :

-> Si quelqu'un a l'intention d'accomplir une mitsva, mais qu'il en est empêché par des circonstances indépendantes de sa volonté, il est considéré comme s'il avait accompli la mitsva.
[guémara Béra'hot 6a ]

-> Hachem considère une bonne pensée comme une action. Il ne considère pas une mauvaise pensée comme une action. En ce qui concerne les nations du monde, c'est le contraire.
[guémara Kidouchin 40a]

-> "Vois comme j'aime Tes préceptes" (réé ki pikoudé'ha aavti - Téhilim 119,159).
Le Métsoudat David explique : "J'aime Tes préceptes et je désire les accomplir, et même si je ne parviens pas à les accomplir, accorde-moi la vie, car Ta voie est de relier une bonne pensée à une action."

-> "Celui dont les [bonnes] actions excèdent la sagesse, sa sagesse se maintient ; mais celui dont la sagesse excède les [bonnes] actions, sa sagesse ne se maintient pas" (Priké Avot 3,9)
Le Avot déRabbi Nathan relie cela au verset : "naassé vé'nichma" (Shemos 24:7).
Cela signifie que les Bné Israël ont agi avant d'avoir entendu.
Ils auraient dû dire : "Nous écouterons et nous ferons", car pour accomplir une action, il faut d'abord entendre les instructions sur ce qu'il faut faire. Au lieu de cela, ils ont d'abord accepté de faire tout ce qui leur serait commandé, (et ce n'est qu'ensuite) qu'ils ont entendu et ont immédiatement reçu une récompense comme s'ils avaient accompli toutes les mitsvot.
[Rabbénou Yona - Pirké Avot 3,9 ]
[on voit ici qu'un désir sincère de faire la volonté d'Hachem est considéré comme une action (naassé), mais s'ils n'avaient pas encore entendu (nichma) dans le détail en quoi cela consistait. ]

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-> À l'avenir, la terre sera "remplie de la connaissance d'Hachem comme l'eau couvre l'océan" (Yéchayahou 11,9).
Comme le disent nos Sages (Taanit 31a) : "À l'avenir, Hachem formera un cercle de justes (tsadikim), et Il s'assiéra parmi eux dans le Gan Eden, et chacun pointera [Hachem] du doigt, comme il est dit : "En ce jour-là, ils diront : "Celui-ci est notre D." (iné Elokénou zé)" (Yéchayahou 25,9).
Cela signifie que Hachem révélera Sa royauté et Sa Torah à chaque individu selon sa volonté (son désir) dans ce monde, et Il révélera à chaque individu quelle était Sa volonté.
[Gaon de Vilna - Esther 1:8 ]

[ainsi avec la venue du machia'h notre perception de la Divinité sera fonction de l'importance de notre désir spirituel. Plus nous travaillerons à aspirer à se rapprocher d'Hachem, à pouvoir faire Sa volonté, plus nous serons éternellement proche de Lui.
La réalité matérielle fait que nos actions sont limitées (ex: temps, capacités), mais la créativité de l'esprit permet d'avoir des aspirations sans limites. En ce sens, nos Sages (Tana déBé Eliyahou 22,2) disent : "Une personne (juive) est tenue de dire : "Quand est-ce que mes actions vont-elles devenir semblables à celle des Patriarches [Avraham, Its'hak et Yaakov]. ]

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-> La guémara (Taanit 25a) relate un récit à propos de Rabbi 'Hanina ben Dossa :
Sa femme lui dit : "Jusqu'à quand continuerons-nous à souffrir de la pauvreté?"
[Rabbi 'Hanina] pria pour obtenir miséricorde, et une main apparut [du ciel] et lui tendit le pied d'une table en or. Cette nuit-là, sa femme rêva qu'à l'avenir, les justes (tsadikim) mangeraient à une table en or à trois pieds, mais qu'elle mangerait à une table à deux pieds. Il pria pour obtenir miséricorde, et le pied de la table lui fut retiré.

Nous pouvons expliquer que leur souffrance [dans la pauvreté] était due à [leur incapacité à faire la charité (tsédaka) aux pauvres].
ls estimaient que la guémilout 'hassadim ne les concernait pas, car ils n'avaient rien à donner. Ils ont donc pensé demander à Hachem la richesse nécessaire pour faire la charité.
En réalité, c'était exactement le contraire : pendant tout le temps où ils n'avaient pas les moyens de donner et souffraient de cette incapacité (pensant passer à côté de cette sublime mitsva), c'était comme s'ils faisaient la charité au sens plein du terme [car ils étaient empêchés de faire la charité par des circonstances indépendantes de leur volonté, et leur intention de faire la charité était donc considérée comme l'accomplissement de la mitsva au sens plein du terme (comme s'ils l'avaient réalisée à la perfection, d'une manière divine). ]
Cependant, s'ils ont les moyens de donner (Hachem leur donnant de la richesse), comment est-il possible de donner à chaque personne pauvre exactement ce dont elle a besoin? ... Ils finiraient par donner moins qu'avant d'avoir les moyens de donner, alors que leurs pensées seules étaient considérées comme des actions. [par les pensées on peut s'imaginer donner l'infini à ceux qui en ont besoin, et ce avec des kavanot parfaites ]
C'est pourquoi sa femme a rêvé que les justes (tsadikim) mangeaient à une table à trois pieds, en référence aux trois choses sur lesquelles repose le monde : la Torah, la avoda et la guémilout 'hassadiml (Pirké Avot 1,2), car ils avaient accompli la guémilout 'hassadim grâce à leurs pensées.
[ rav Yonathan Eibshitz - Yaarot Dvach - partie 1, drouch 4 ]

[l'idée est que si nous ne pouvons pas réaliser un acte spirituel (manque de temps, de ressources, ...), par le fait d'aspirer, de désirer pouvoir le faire, en réalité on est considéré comme si on l'avait effectivement à la perfection (ex: au max des pensées, des efforts, des sommes dépensées).
Certes, on peut prier pour cela, on peut se satisfaire de notre sort spirituel actuel accordé par Hachem, mais on doit surtout toujours faire des efforts d'imagination pour avoir un maximum de désirs, d'envie spirituelle, car cela n'est pas du "délire" mais une réalisation impactante bien réelle. ]

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-> En chaque juif, il y a un [véritable] désir de [se connecter à] Hachem.
[Même si] quelqu'un qui n'aurait pas ce désir, il a [en lui] le désir d'atteindre le véritable désir.
[Sfat Emet - Lé'h Lé'ha 5635 ]

-> Tout ce qu'une personne est incapable de faire, elle doit le réaliser par une intention positive.
Cela signifie que ce qu'elle désire de plus en plus accomplir dans la réalité est une intention positive qui est considérée devant Hachem comme une action réelle.
Car Hachem comprend les pensées de l'humanité ; tout ce que l'homme est capable de faire, il le fait de tout son cœur, et ce qui dépasse ses capacités et sa compréhension, il désire le faire.
C'est pourquoi Hachem considère une bonne pensée comme une action, car Hachem sait que si une personne pouvait obtenir davantage, elle Le servirait davantage également.
[Ohev Israël - parachat Chémini ]

-> Le séfer Bei 'Hiya (parachat Shoftim) utilise ce concept pour expliquer pourquoi le 9 Av (destruction du Temple) est appelé un "moed" (connotation de fêtes joyeuses). Lorsque nous aspirons à la construction du Temple, c'est comme s'il avait déjà été construit.
Dans le même ordre d'idées, le 'Hafets 'Haïm (Kountres Torah Ohr - chap.4) explique que même si le Temple n'existe pas, en nous efforçant d'étudier les mitsvot relatives au Temple et en aspirant à avoir la chance de pouvoir les accomplir, Hachem considère que nous les avons [déjà, parfaitement] accomplies.

-> [Il existe un adage cité au nom du 'Hida : ] "Rien ne peut se tenir face au désir".
Cela signifie qu'aucune force extérieure ne peut empêcher une personne de désirer. Le désir définit véritablement qu'est une personne à l'intérieur, quelles sont ses aspirations, quelles sont ses pensées et ses sentiments.
Les gens ont tendance à juger une personne par ses actions et par ce qui leur apparaît extérieurement.
Cependant, le verset dit : "L'homme voit ce qui est visible, mais Hachem voit dans le cœur" (Shmouel I 16,7). Cela signifie que Hachem regarde les désirs d'une personne, et pas seulement ses actions manifestes.
[Imré Emet]

-> Rachi (Béhaaloté'ha 8,2) demande : pourquoi la paracha des Nesiim (chefs de tribus) a-t-elle été juxtaposée à celle de la Ménorah? Il répond que lorsque Aharon a vu les korbanot des Nesiim, il a été affligé car ni lui ni sa tribu n'étaient avec eux.
Hachem lui dit : "Ta part est plus importante que la leur, car c'est toi qui allumeras et régleras les lampes de la Ménorah!"
Le rav Israël Its'hak Kalish de Vorka explique : Hachem disait à Aharon que son désir d'apporter les korbanot des Nesiim était plus grand que l'apport des korbanot (sacrifices) eux-mêmes, car l'essentiel est le désir.

-> Pour accomplir les mitsvot hatélouyo ba'aretz (les mitsvot qui dépendent de la présence en terre d'Israël], Moché pria avec une ferveur supplémentaire.
Grâce à son désir ardent dans toutes ses prières, il atteignit le but d'entrer en terre d'Israël plus qu'il ne l'aurait fait s'il y était réellement entré.
Comme nous l'avons déjà évoqué, le désir d'une personne atteint des sommets infiniment plus élevés que ses actions, car celles-ci sont limitées par la valeur de l'action elle-même.
[rav Tsadok haCohen - Pri Tsadik - parachat Vaét'hanan n°13 ]

-> "Car cette chose est très proche de toi ; elle est dans ta bouche et dans ton cœur pour que tu l'accomplisses" (Nitsavim 30,14).
Le verset ne dit pas "dans tes actions", car Hachem demande simplement qu'une personne Le désire dans son cœur et dans sa bouche.
Hachem aidera à accomplir l'action, comme le verset continue "pour que tu l'accomplisses".
Le Zohar (2:160a) dit : "Si une personne s'efforce avec un cœur disposé, elle arrivera à Hachem, car Il ne veut que son cœur".
[rav Tsadok haCohen - Pri Tsadik - parachat Vayéra 10 ]
[ce qu'on peut faire, nous devons le faire. Mais nous avons également notre cœur, qui peut nous permettre d'impacter sans limitation matérielle! (ex: nos désirs spirituelles, nos remerciements envers Hachem, notre joie et fierté d'être juif)]

-> "Il viendra de l'une de vos villes à travers Israël où il séjourne, venant de tout son cœur à l'endroit que Hachem choisira. Il accomplira le service au nom de Hachem, son D., comme tous ses frères Lévi'im qui se tiennent là en présence d'Hachem" (Choftim 18,6-7).
Celui qui séjourne loin et ne peut venir lui-même servir Hachem, mais dont toute l'âme et tout le désir sont de servir Hachem ... Sa bonne intention est souhaitable au même titre que celle de tous ses frères Lévi'im qui se tiennent effectivement en personne devant Hachem.
['Hatam Sofer al HaTorah - paracha Choftim]