+ En priorité la douleur de notre père :
"Car comment remonterais-je vers mon père sans que le jeune homme soit avec moi, de peur que je ne vois le mal qui accablerait mon père?" (Vayigach 44,34)
=> Pourquoi Yéhouda déclare-t-il qu'il ne peut pas revenir sans Binyamin de peur de voir la réaction négative de son père, qu'en est-il de la question plus urgente de sa garantie qu'il avait invoquée quelques instants auparavant?
Apparemment, le bien-être de Yaakov pesait plus lourd dans l'esprit de Yéhouda que son existence même dans ce monde et dans l'autre. Il se peut que ce soit précisément l'intention de Yéhouda, de souligner à quel point la question de Yaakov était sérieuse, dans l'espoir que Yossef, lui aussi, soit ému de compassion pour le bien de Yaakov.
Il se peut également qu'au départ, Yéhouda ait été poussé à intercéder en raison de son intérêt personnel dans l'affaire. Cependant, une fois impliqué dans sa requête héroïque, il a été progressivement élevé au niveau où la douleur de son père a transcendé la sienne.
Une fois que les intérêts personnels de Yéhouda se sont effacés de l'équation, ses paroles désintéressées ont immédiatement marqué son antagoniste et l'impasse a été brisée.
Ce processus est un modèle pour nos propres moments difficiles. Si nous nous tournons vers Hachem dans la prière et le repentir afin d'alléger notre propre souffrance, ce qui est tout à fait naturel, cet engagement même nous élèvera au point que c'est la "souffrance" d'Hachem à la vue de notre malheur qui sera la plus importante dans notre esprit.
[Sfat Emet - 5640]
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-> Le Imré Emet enseigne que grâce à la défense désintéressée de Binyamin par Yéhouda, ce dernier a rectifié son rôle prépondérant dans la vente de Yossef.
Une fois ce crime passé, les souffrances des frères aux mains de Yossef n'avaient plus lieu d'être et le Ciel mit immédiatement un terme à leurs souffrances.
Le Pné Ména'hem ajoute qu'étant donné que c'est Binyamin qui a servi, bien qu'involontairement, de catalyseur pour cette réconciliation cosmique entre Yossef et Yéhouda, son descendant Mordé'haï a mérité d'instituer la pratique des michloa'h manot, qui facilite l'harmonie et la bonne volonté entre les juifs pour toujours.