« Moché dit à Aharon : Approche de l’Autel et accomplis le service de ton offrande de faute et de ton offrande d’élévation et obtiens la réparation pour toi-même et pour le peuple » (Chémini 9,7)

-> Aharon voyait l’Autel comme un taureau, et il craignait de l’approcher.
[Torat Cohanim]

-> Comme Aharon était un homme entièrement voué à D., et qu’il n’avait sur la conscience aucune autre faute que d’avoir contribué à l’édification du Veau d’or, cet acte le hantait à tout instant, comme il est dit : « Ma faute est constamment sous mon regard » (Téhilim 51,5).
C’est pourquoi l’image d’un veau, décidé à repousser ses sacrifices, lui apparaissait à la place de l’Autel (mizbéa’h).
C’est pourquoi Moché lui dit : « Reprends confiance en toi et ne sois pas si humble, car Hachem a déjà agréé tes actions. »
[Ramban]

-> Selon Rachi : Aharon était rempli de honte et craignait de s’approcher de l’Autel [en raison de son rôle dans l’affaire du Veau d’or]
Moché l’a encouragé en disant : « Pourquoi as-tu honte? C’est pour cela [pour occuper la fonction de Cohen Gadol] que tu as été choisi! »

-> Le Déguél Ma’hané Efraïm commente : « C’est précisément parce que tu possèdes une telle humilité que tu as été choisi ; D. hait les orgueilleux ».

-> Le Ari zal enseigne également : Non seulement c’est parce que Aharon a été choisi qu’il ne doit pas avoir honte (comme le sens simple), mais c’est aussi parce qu’il a honte qu’il a été choisi.
En effet, Hachem affectionne les personnes modestes et humbles, et c’est eux qu’Il choisit pour diriger Son Peuple.

=> Selon la vision juive, plus une personne va rechercher de la grandeur, plus elle va s’en éloigner.
De plus, elle va perdre toute proximité avec Hachem, avec tout le flux de bénédictions que cela implique.
[celui qui veut être au-dessus des autres, sera en réalité en-dessous car il n’a pas D. comme associé dans sa vie!]

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+ « Obtiens la réparation pour toi-même et pour le peuple » (v.9,7)

-> Puisque le peuple devra également apporter des sacrifices pour son expiation, en quoi ceux de Aharon viendraient aussi « pour le peuple »?

Nos Sages (guémara Baba Métsia 107b) enseignent que celui qui veut purifier et améliorer les autres doit d’abord être pur lui-même.
Ainsi, avant que Aharon n’apporte les sacrifices du peuple pour leur expiation, il doit tout d’abord se purifier lui-même par ses propres offrandes.

=> La Torah dit que Aharon devra apporter ses sacrifices non seulement pour son expiation personnelle, mais aussi comme préalable pour se purifier dans le but d’apporter ensuite les offrandes des juifs pour leurs expiations.

[Agra déKala ; Ibn Ezra]

=> Avant de faire des remarques à autrui, il faut d’abord s’interroger si l’on a fait ces mêmes remarques à nous-même, et quel est notre exemplarité actuelle à ce sujet.

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-> Le Nétsiv (v.9,7) se basant sur le Yalkout, enseigne que Aharon a agit 100% léchem chamayim, et qu’il était ainsi totalement irréprochable concernant la faute du Veau d’or.
Il a apporté un sacrifice sur le fait qu’au regard de son attitude extérieure, certaines personnes pouvaient s’interroger et suspecter qu’il s’était impliqué dans la création du Veau d’or (seul Hachem ayant conscience de la pureté de ses pensées/intentions).
Puisque cela est assimilable à une faute, Aharon besoin d’expiation par un korban.

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« Moché dit à Aharon : C’est cela dont avait parlé Hachem, en disant : ‘Je serai sanctifié par ceux qui Me sont les plus proches et Je serai glorifié devant tout le peuple’, et Aharon se tut » (Chémini 10,3)

-> Le feu qui les a consumés était un décret Divin ; c’était le message silencieux de la volonté Divine. [Ramban]

-> Selon Rachi, Moché a dit à Aharon : « Je savais que le Michkan serait sanctifié par quelqu’un sur qui la gloire de D. repose, et je pensais qu’il s’agirait de toi ou de moi. Je vois à présent qu’ils étaient plus grands que toi et moi. »

-> Rabbi ‘Haïm Palagi (Kaf ha’Haïm) rapporte que Moché a perdu le droit d’être Cohen au bénéfice de son frère Aharon, lorsqu’au buisson ardent il a refusé à plusieurs reprises d’être celui qui allait libérer le peuple juif.
Ainsi, Moché dit à Aharon : « Ne refuse pas ou n’aie pas honte de faire le Service Divin, car c’est pour cela que tu as été choisi, et si tu refuses alors tu perdras une opportunité en or, comme j’ai pu le faire! »

-> Aharon pleurait à haute voix, mais en entendant les paroles consolatrices de Moché, il s’est arrêté (Ramban), réconforté de savoir que ses enfants avaient sanctifié le Nom de D. (Sforno).
Selon la guémara (Zéva’him 115b) : « lorsqu’Aharon s’est rendu compte à quel point ses fils étaient proches de D., il se tut ».

-> Le ‘Hatam Sofer explique que si Aharon a tout d’abord pleuré, mais ce n’était nullement en protestation contre Hachem, mais plutôt car il pensait être responsable de leur mort par son implication dans la faute du Veau d’or.
Moché l’a alors réconforté en lui disant que leur mort était un moyen de sanctifier le Michkan, et qu’elle avait amené un énorme kidouch Hachem.
Dès qu’il a su que leur mort n’avait pas été entraînée par ses fautes, mais en l’honneur du Ciel, alors il est resté silencieux.

De plus, Aharon voulait remercier Hachem de lui avoir donné de tels enfants, mais par humilité de ne pas avoir le niveau de remercier D. dans la tragédie, et par peur d’en venir à émettre une protestation, il est resté silencieux.
[le ‘Hatam Sofer]

-> « il se tut = vayidom (וַיִּדֹּם). Le ‘Hafets ‘Haïm dit que ce mot est similaire à : « domèm » (objet inanimé – דומם), en allusion à Aharon qui était de marbre en ayant accepté la nouvelle de la mort de ses 2 enfants.

[Aharon a accepté la décision de Hachem avec amour et joie.
En effet, tout de suite après en récompense de son attitude, D. s’est adressé directement et personnellement à lui. Or selon la guémara (Shabbath 30b), la Présence Divine ne repose uniquement sur celui qui est joyeux.]

-> Le Ménorat haMaor enseigne qu’en récompense de la grande humilité démontrée par Aharon (telle est la volonté de D., et j’accepte avec amour de ne pas comprendre), il a mérité (ainsi que ses descendants) de pouvoir bénir tout le peuple juif par la bénédictions des Cohanim (birkat Cohanim), qui contient 60 lettres, comme la guématria du mot : « il se tut » (vayidom – וַיִּדֹּם).

-> Les tsadikim ont l’habitude d’accepter que Hachem les traite avec rigueur … Moché a dit à Aharon : « Aharon, mon frère, tes enfants sont morts uniquement en l’honneur de Son saint Nom ». …
Aharon resta silencieux et il a été récompensé pour son silence. D’ici, il est dit : « Quiconque accepte [son décret] et se tait, cela augure de bonnes choses pour lui ».
[midrach Yalkout Chimoni]

-> Lorsqu’un juif manifeste sa foi en D., D. le récompense par toutes sortes de bénédictions.
[Rabbi Aharon Kotler – Chémini 9,5]
[nos moments difficiles sont des occasions en or pour prouver la valeur réelle de notre émouna. C’est le thermomètre de notre foi, de notre attachement à D.!]

-> Par exemple, Rachi rapporte qu’en récompense de son silence devant le décret Divin, Aharon a eu le privilège de recevoir seul et directement de D. l’enseignement interdisant aux Cohanim d’accomplir le service et de rendre une décision halakhique en étant ivre.

[Rabbi Bounem de Pschischa enseigne que D. veut que Ses serviteurs trouvent leur joie dans la Torah et l’accomplissement de Ses commandements, et non grâce à des stimulants extérieurs comme l’alcool.
Si un Cohen accomplit le service du Temple sans aucune joie, c’est qu’il est déficient.]

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-> La guémara (Nidda 31b) dit que nous attendons 8 jours pour faire une brit mila qu’afin que les invités ne se réjouissent pas, alors que les parents sont tristes.
Pourquoi seraient-ils tristes?

C’est parce que la femme est impure (tamé) durant les 7 premiers jours suivant la naissance, et que le mari et la femme ne peuvent ainsi pas avoir de contact physique.
Lorsque le 8e jour arrive tout le monde peut être pleinement joyeux.
[Précision: à cette époque la femme était interdite durant seulement 7 jours après l’accouchement d’un garçon].

=> Aharon aurait pu tenir cette plainte, alors que le peuple juif était en train de célébrer une fête historique : l’inauguration du Michkan.
En effet, si Hachem souhaite que tout le monde soit heureux à une brit mila, alors ne doit-il pas en être de même pour cette énorme joie? Est-ce que les enfants de Aharon n’auraient-ils pas pu mourir ultérieurement?
Cependant, Aharon est restait silencieux, et il n’a nullement remis en question Hachem.
[le Gaon de Vilna]

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