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L’observation du Shabbath & venue du machia’h

+++ L'observation du Shabbath & venue du machia'h :

-> "Rabbi Yo'hanan dit au nom de Rabbi Chimon bar Yo'haï : si les Bné Israël respectaient convenablement 2 Shabbat, ils seraient immédiatement délivrés" [guémara Shabbat 118b]

-> "Rabbi Lévi dit : si les Bné Israël observaient un Shabbat convenablement, le fils de David (le machia'h) viendrait immédiatement." [ guémara Yérouchalmi Taanit 1,1]

=> Ces 2 passages semblent se contredire mais peut-être sont-ils conciliables ou même complémentaires?

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+ "Si les Bné Israël respectaient convenablement deux Shabbat, ils seraient immédiatement délivrés" :

=> Pourquoi Rabbi Chimon bar Yo'haï affirme-t-il que 2 Shabbat sont nécessaires et pourquoi le peuple juif ne serait-il pas délivré après avoir observé un seul Shabbat?

-> Le rav Tsadok haCohen de Lublin (Pri Tsaddik - Chémot) cite l'enseignement du Zohar (Kédochim 82a) sur le verset : "Vous observerez Mes Shabbat" (ét shabétotaï [שַׁבְּתֹתַי] tichmérou - Kédochim 19,3) = "Ceci [le mot Shabbat au pluriel] évoque le Shabbat 'd'en haut' et le Shabbat 'd'en bas'."
[Le Zohar emploie les mots araméens "ilaa" et "tataa", qui représentent un concept kabbalistique faisant référence au "monde supérieur" et au "monde inférieur"]
Le rav Tsadok de Lublin explique : Rabbi Chimon bar Yo'haï demande que le peuple juif observe 2 Shabbat afin que le premier Shabbat qu'ils observent, le "Shabbat d'en bas", perfectionne les 6 jours de la semaine qui le suivent, ce qui les rendra capables de ressentir la sainteté du "Shabbat d'en haut" au deuxième Shabbat qu'ils observeront et de connaitre la Rédemption (guéoula).

Le rav Tsadok de Lublin (Israël Kédochim - par.7) explique ailleurs que, le Shabbat, Hachem met de la sainteté dans le cœur de chaque personne sans qu'elle-même ne fasse le moindre effort pour la recevoir.
Cet apport de sainteté prépare l'homme aux jours de la semaine suivants pendant lesquels il faut s'efforcer, grâce à la sainteté reçue le Shabbat précédent, d'absorber la sainteté du Shabbat suivant.

-> Le rav Eliyahou Dessler (Mikhtav méEliyahou - vol.4) explique de façon similaire les 2 niveaux mentionnés par le Zohar, le "Shabbat d'en haut" et le "Shabbat d'en bas".
Il explique que le "Shabbat d'en bas" est une forme "extérieure" de Shabbat. Bien que l'homme ne se soit pas encore été débarrassé de l'influence du physique, le Shabbat est donné en tant que cadeau divin.
Le "Shabbat d'en haut", par contre, est un "Shabbat intérieur", lorsqu'un homme a déjà absorbé la sainteté de Shabbat avant Shabbat, lui permettant d'utiliser sa propre sainteté intérieure pour en imprégner le jour saint.

De plus, le rav Eliyahou Dessler explique que de la même façon, la Rédemption (guéoula) sera composée d'une rédemption "d'en haut" et "d'en bas". Lorsque nos Sages enseignent que le peuple juif sera délivré s'il respecte 2 Shabbat, cela veut dire qu'il doit atteindre la forme la plus haute d'observance du Shabbat en mêlant les 2 aspects du Shabbat.
Le rav Dessler utilise ce principe pour expliquer les 2 termes métaphoriques qu'emploient nos Sages pour décrire le Shabbat (guémara Shabbat 119a) : "malka" (reine) et "kalla" (mariée). Au début, le Shabbat ressemble à une reine, qui offre d'en haut ses richesses à ses sujets, puis il devient semblable à une mariée, qui reçoit l'influence de son mari.
Ainsi, la déclaration (Shabbat 119a) : "Allons, sortons vers la reine Shabbat" nous enjoint à nous préparer à "sortir" de l'emprise du matérialisme pour recevoir l'influx de sainteté qu'apporte le Shabbat.

-> Le Maharal ('Hidouché Aggadot - guémara Shabbat 118b) adopte une approche différente.
Il explique que la différence entre Shabbat et les autres jours de la semaine correspond à la différence entre le peuple juif et les nations du monde (comme nous le disons dans la Havdala : "Qui distingue ... entre Israël et les nations, entre le 7e jour et les 6 jours de travail"). De même que Shabbat est différent et plus élevé que les autres jours de la semaine, la Rédemption du peuple juif les séparera radicalement des nations du monde qui les dominent aujourd'hui et élèvera Israël au-dessus d'elles.
Le peuple juif doit observer 2 Shabbat, le premier pour se séparer des nations et le deuxième pour s'élever au-dessus d'elles.

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-> Ainsi, selon le rav Tsadok haCohen de Lublin, il n'y a donc aucune contradiction entre le Talmud Bavli et le Yerouchalmi. Au contraire, l'enseignement de chacun complète et explique l'autre.
Lorsque les Bné Israël respecteront convenablement deux Shabbat, le 2e sera automatiquement observé dans sa forme la plus parfaite. Le peuple méritera donc la rédemption par l'arrivée du machia'h.

La formulation du Bavli et celle du Yérouchalmi prouvent d'ailleurs cette conclusion. Le Bavli décrit une situation dans laquelle les Bné Israël observent 2 Shabbat kéil'hatan ("selon leurs lois").
D'autre part, le Yérouchalmi dit que la guéoula viendra lorsque le peuple juif observera un Shabbat kétikouna ("dans sa forme appropriée").
[de même, le midrach (Chémot rabba 25,12) rapporte : "Si les Bné Israël observent un Shabbat karaouï (comme il le faut) ne serait-ce qu'une fois, le fils de David arrivera". ]
Cette différence subtile montre que, si les Bné Israël respectent un Shabbat "kéil'hatan", en respectant les lois du Shabbat dans leur intégralité et tous leurs détails, ils pourront respecter le Shabbat suivant "kétikouna", dans la perfection sous tous les aspects du "Shabbat d'en haut". Ils seront alors immédiatement délivrés de l'exil.

[Ces 2 aspects du Shabbat peuvent aussi être compris comme correspondant aux préceptes de zakbor et chamor :
- Chamor peut indiquer l'observance scrupuleuse des lois du premier Shabbat en prenant soin de ne pas le profaner en transgressant ses lois.
- Zakbor peut évoquer la sanctification du deuxième Shabbat par la sainteté absorbée pendant le premier Shabbat, avec laquelle les juifs se préparent pendant toute la semaine au deuxième Shabbat. ]

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+ Le Shabbath équivaut à toutes les mitsvot :

-> Nos Sages (midrach Chémot rabba 25,12) enseignent : la raison pour laquelle l'observance convenable du Shabbat peut conduire à la Rédemption (guéoula) est que le Shabbat égale toutes les autres mitsvot.

-> Le Ramban (Yitro 20,7) en explique la raison : "[par le respect du Shabbath] nous témoignons par cela de tous les principes de foi : le renouvellement [du monde par D.], la providence, et la prophétie".
[selon Ramban, l'inverse est vrai aussi : l'homme qui observe le Shadbat est considéré comme ayant observé toute la Torah, car il témoigne de son adhésion à tous les principes de la foi. ]
-> Rachi (guémara 'Houlin 5a) explique qu'un profanateur avoué du Shabbat (moumar) est considéré comme un profanateur avoué de toute la Torah, car "il nie les œuvres [de D.] et fait un faux témoignage déclarant que D. ne s'est pas reposé pendant la création du monde".

=> De ce fait, pourquoi nos Sages limitent-ils la promesse de rédemption au respect du Shabbat par le peuple juif ? Pourquoi ne disent-ils pas aussi que si les Bné Israël renoncent à l'avoda zara (idolâtrie), ne serait-ce qu'un jour, ils seront immédiatement délivrés?

Rabbi Dovid Hofstedter (Darach David - Moadim) enseigne :
la guéoula arrivera lorsque les Bné Israël observeront 2 Shabbat non seulement en respectant toutes les lois du Shabbat, mais aussi et surtout, en observant le Shabbat kétikouna : dans le respect parfait de chaque aspect de la sainteté de Shabbat.
La guéoula arrivera lorsque le peuple juif atteindra le niveau du "Shabbat d'en haut" en utilisant la sainteté qu'ils auront reçue le premier Shabbat pour se préparer toute la semaine suivante à absorber la sainteté du deuxième Shabbat.

Nos Sages nous enseignent donc que c'est justement l'observance du Shabbat, et non l'abandon de l'avoda zara (idolâtrie) ou l'évitement d'un 'hiloul Hachem, qui est la clé de la guéoula.
Les 2 mitsvot précédentes empêchent la chute spirituelle, mais ni elles ne sanctifient ni elles n'élèvent le peuple juif.
[ceci explique pourquoi nos Sages enseignent seulement qu'un homme qui transgresse l'une de ces mitsvot est considéré comme ayant profané toute la Torah, mais ne disent pas l'inverse, qu'un homme qui se garde de ces fautes est considéré comme s'étant gardé de toutes les fautes dans la Torah. ]
Le respect du Shabbat représente l'accomplissement positif d'un commandement de la Torah comparé à l'accomplissement de toutes les mitsvot, et c'est à ce titre qu'il peut amener la Rédemption.

Nous comprenons mieux à présent l'importance que nos Sages accordent à la mitsva de Shabbat dans leur enseignement (midrach Chémot rabba 25,12) : "Si les Bné Israël respectent le Shabbat convenablement, même une seule fois, le fils de David arrivera. Pourquoi? Parce que [le Shabbat] équivaut à toutes les mitsvot".

[Nous pouvons répondre à une autre question. Nos Sages (midrach Chémot rabba 1,28) enseignent que les Bné Israël n'accomplissaient aucun travail interdit le Shabbat en Egypte. Ainsi, pourquoi n'ont-ils pas été délivrés d'Egypte par le mérite du respect de ces Shabbat?
La réponse doit être qu'en Egypte, ils s'abstenaient de profaner le Shabbat, mais ne l'ont pas sanctifié activement ; ce n'était donc pas considéré comme équivalent à l'accomplissement de toutes les mitsvot.
Ceci est impliqué par le fait que nos Sages citent le verset : "Voyez que D. vous a donné le Shabbat". Jusqu'alors, le Shabbat était caractérisé uniquement comme un "Shabbath d'en bas", dont la sainteté était le seul produit de l'influence céleste, et les juifs le respectaient de façon passive, car il était limité à l'abstention de travaux interdits. ]

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-> b'h, également : Observer Shabbath, c'est amener la guéoula : https://todahm.com/2017/04/26/observer-shabbath-cest-amener-la-gueoula

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