+ L'essentiel n'est pas de faire une mitsva, mais l'état d'esprit avec lequel nous réalisons la volonté d'Hachem :
-> Lorsque l'on offre un cadeau à un ministre relativement modeste, le cadeau lui-même est important pour le ministre. En revanche, si l'on offre un cadeau à un ministre important, à un grand noble, ce n'est pas le cadeau lui-même qui est important, car pour une personne d'une telle stature, qui est tellement plus noble que le cadeau qu'on lui offre, le cadeau est totalement insignifiant.
Ce qui est important, en revanche, c'est l'esprit généreux de celui qui a offert le cadeau. Ainsi, le ministre apprécie le désir de la personne qui lui a offert le cadeau, le fait que cette personne désire lui offrir un cadeau, et non le cadeau lui-même ...
La connotation du mot "mitsva" est qu'il s'agit d'un commandement de D., qui a ordonné à une personne de faire telle chose, et à son tour, la personne obéit. En réalité, lorsqu'une personne accomplit une mitsva, elle en bénéficie elle-même. Néanmoins, une personne donne satisfaction à D. en observant le commandement, car Il voit qu'une personne désire accomplir Sa volonté.
Ce qui découle de cette discussion, c'est que lorsque quelqu'un accomplit une mitsva, Hachem se réjouit principalement du fait qu'il réalise Sa volonté, ce qui démontre qu'il désire faire la volonté de D.
Par conséquent, il n'y a pas de différence entre une grande ou une petite mitsva, comme le montre l'analogie ci-dessus. Pour un ministre modeste, le cadeau lui-même fait une différence, car c'est ce qu'on lui donne. Dans ce cas, nous pouvons dire qu'il y a une distinction selon qu'il reçoit un grand ou un petit cadeau. Un cadeau plus coûteux sera plus apprécié par le ministre, car il veut le cadeau lui-même.
Un noble, en revanche, ne s'intéresse pas au cadeau en tant que tel. Il s'intéresse avant tout à la bonne volonté de la personne qui offre le cadeau, qui veut trouver grâce aux yeux du noble. Par conséquent, pour le noble, il n'y a pas de différence entre un cadeau coûteux et un cadeau bon marché. En effet, quelle que soit sa valeur, la personne qui l'offre le fait pour plaire au noble.
Il en va de même pour Hachem. La principale satisfaction que D. retire du fait que la personne accomplit sa volonté et qu'elle le fait parce qu'elle désire plaire à D. [l'importance est le cœur qu'on y met (la joie de le faire, le zèle, l'intention, ...)]
Par conséquent, aucune distinction n'est faite entre quelque chose de grand et quelque chose de petit, puisque le désir sous-jacent est le même dans les deux cas : réaliser la volonté de D.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Béhaaloté'ha 8,16 ]
<--->
-> Un exemple de ce qu'on vient de voir :
"La joie est une mitsva de la Torah qu'une personne est obligée d'accomplir pleinement, car c'est une part essentielle dans le service divin, et en vérité, elle (la joie) est plus importante que la mitsva elle-même" [Rabbeinou Bachaye - Kad haKéma'h]
-> Selon le Or'hot Tsadikim (Chaar aSim'ha :
"Celui qui accomplit les mitsvot avec joie reçoit une récompense 1 000 fois supérieure à celui qui réalise les mitsvot avec le sentiment qu'elles sont un fardeau"
=> Ainsi, deux personnes peuvent réaliser une même mitsva et avoir un impact au Ciel totalement différent.
C'est pourquoi notre yétser ara nous endort dans un train-train quotidien, faisant les mitsvot machinalement (comme forcé, avec la tête ailleurs). Ainsi nous devons faire des efforts pour reprendre conscience de ce que nous faisons, pour y rajouter de la joie, de la fierté, de l'empressement, ... à faire la volonté du Maître du monde, de notre papa Hachem.
A la différence des autres nations, nous avons les mitsvot, et elles ne sont pas une punition, mais un cadeau sublime que D. nous fait, et que nous pouvons faire en retour à Hachem en les faisant avec un bel état d'esprit.