+ La poussière comme divinité :
"Que l'on apporte un peu d'eau et lavez vos pieds, et reposez-vous sous l'arbre" (Vayéra 18,4)
-> Pourquoi Avraham a-t-il insisté pour que ses visiteurs se lavent les pieds?
Rachi explique : "Avraham pensait que [ses visiteurs] étaient des arabes qui se prosternaient devant la poussière de leurs pieds, et il était scrupuleux de ne pas laisser entrer l'idolâtrie dans sa maison".
Les arabes reconnaissaient effectivement qu'Hachem était la source de tous les pouvoirs dans le monde. Néanmoins, ils se prosternaient devant la poussière de leurs pieds parce qu'ils pensaient qu'Hachem était trop élevé pour être adoré.
Au contraire, ils nourrissaient la croyance (hérétique) qu'Hachem voulait qu'ils adorent les mazal, les forces spirituelles [intermédiaires] qu'Hachem a installées dans le Ciel, au lieu de l'adorer directement.
Chaque entité dans le monde est sous l'autorité d'un mazal, comme le déclare le midrach (Béréchit rabba 10,6) : "Chaque brin d'herbe est sous l'autorité d'un mazal, qui le frappe et l'implore de pousser".
Lorsque les arabes se prosternaient devant la poussière sur leurs pieds, ils adoraient le mazal de la poussière, et non la poussière elle-même.
Ils ont choisi d'adorer le mazal de la poussière parce qu'il s'agissait d'une puissance sans importance et qu'ils voulaient adorer la puissance qu'ils considéraient comme la plus proche de l'homme en termes de stature.
La puissance céleste la moins importante se situe un niveau au-dessus de l'homme, qui est l'être le plus important sur terre. Puisqu'il n'y a rien de plus insignifiant que la poussière sous nos pieds, le mazal de la poussière est le moins important de tous les pouvoirs célestes.
De même, nous constatons que le peuple d'Ekron a choisi d'adorer le mazal céleste inconséquent de la mouche, comme il est dit : "Zévouv (la mouche) : le dieu d'Ekron" (Méla'him II 1,3).
Par ailleurs, les arabes adoraient la poussière de leurs pieds, car les adorateurs d'idoles avaient tendance à adorer la puissance avec laquelle ils partageaient une affinité.
Pour les arabes, c'était le mazal des routes. Les arabes sont des nomades ; ils vivent dans des tentes et voyagent constamment d'un endroit à l'autre. Parce qu'ils ont perpétuellement de la poussière sur les pieds à cause de leurs déplacements, ils vénéraient la poussière parce qu'ils croyaient être sous l'autorité de son mazal.
De même, la guémara (Taanit 5a) rapporte que "les Koutim adorent le feu et les Kardourim adorent l'eau, et la conscience [des Koutim] que l'eau éteint le feu n'a pas diminué leur allégeance au feu".
Les Koutim adoraient le mazal du feu parce qu'ils avaient une affinité avec le feu et croyaient qu'ils étaient sous l'autorité de son mazal.
Les Koutim savaient que le mazal du feu était impuissant dans l'eau. Néanmoins, ils lui prêtent allégeance car ils se croyaieent sous l'autorité de son mazal.
[Maharal - Gour Aryé]
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=> Les arabes adoraient le mazal de la poussière de leurs pieds, car ils le considéraient comme la plus insignifiante des puissances célestes.
Ou bien, ils adoraient ce mazal parce qu'ils croyaient que leur nomadisme les plaçait sous son autorité.