Pâtisserie spirituelle depuis 5771 - b'h
 

Israël – la terre de notre nation

+ Israël - la terre de notre nation :

-> [Le peuple] d'Israël convient au pays [d'Israël] et le pays lui convient ...
Hachem dit à Moché : "Voici, la terre m'est chère, comme il est dit : "Une terre est qui constamment sous l'œil du Seigneur, depuis le commencement de l'année jusqu'à la fin" (Ekev 11,12), et Israël (chaque juif) M'est cher, comme il est dit : "c'est parce que Hachem vous aime" (Vaét'hanan 7:8)".
Hachem a dit : "Je ferai entrer [le peuple d'] Israël, qui m'est cher, dans le pays qui m'est cher. [Tout cela est évoqué dans le verset "Quand vous entrerez dans le pays de Canaan" (Massé 34,2).
[midrach Bamidbar rabba 23,6-7]

-> Hachem a mesuré toutes les villes et n'a trouvé aucune ville où [il convenait] de construire le Tempme autre que Jérusalem.
Hachem a mesuré toutes les terres et n'a trouvé d'autre terre digne d'être donnée au peuple juif que la terre d'Israël.
[midrach Vayikra rabba 13,2]

-> Il est écrit dans le Tana DéBé Eliyahou Zouta 2 :
D'où vient que Hachem n'a pas pris d'autre part dans son monde que les Bné Israël?
Il est écrit : "La part d'Hachem, c'est Sa nation ; Yaakov est le lot de son héritage" (Haazinou 32,9) ...

L'avantage de la terre [d'Israël] est que Hachem s'est tenu au milieu d'elle et a créé toutes les autres terres, [après quoi] Il a mis de côté la terre d'Israël [comme] térouma (une portion spéciale) de toutes les terres.
Il a ensuite réservé Jérusalem comme térouma de l'ensemble de la terre d'Israël, et le site du Temple sacré comme térouma de l'ensemble de Jérusalem.

De même, Hachem a créé toutes les nations et a réservé Israël [comme] térouma de toutes les nations.
Du peuple d'Israël, il a réservé la tribu de Lévi [comme] térouma ; et de la tribu de Lévi, il a réservé Aharon le Cohen et ses fils [comme] térouma. Il sanctifia [Aharon], l'oignit et le glorifia avec les vêtements sacerdotaux, [y compris] le Tzitz et les Ourim véToumim, afin qu'il puisse se tenir devant Hachem, et expier pour les enfants d'Israël chaque année.

Il a fait entrer le peuple d'Israël, qui est une térouma de toutes les nations, dans la terre d'Israël, qui est une térouma de toutes les terres.
Il fit entrer la tribu de Lévi, qu'il avait mise à part de tout Israël, dans Jérusalem, qu'il avait mise à part de toute la terre d'Israël. Il fit entrer les fils d'Aharon, qu'il avait mis à part de la tribu de Lévi, dans le Temple sacré, qu'il avait mis à part de Jérusalem, pour qu'ils se tiennent et servent devant Hachem, et qu'ils fassent sa volonté.

<--->

-> Selon la Mékhilta (Béchala'h - massekhta déShira 9-10) :
Bien que le monde entier soit à Toi, Tu n'as pas d'autre nation qu'Israël ...

Quatre [choses] sont appelées un kinyan (une acquisition) : Israël est appelé kinyan, comme il est dit : "Cette nation, tu l'as acquise" (Béchala'h 15,16). La terre d'Israël est appelée un kinyan, comme il est dit : "Possesseur du ciel et de la terre" (Lé'h Lé'ha 14,19). Le Temple sacré est appelé "kinyan", comme il est dit : "Cette montagne que Sa main droite a acquise" (Téhilim 78,54). La Torah est appelée un kinyan, comme il est dit : "Le Seigneur m'a acquis comme le début de sa voie" (Michlé 8,22).
Que le peuple d'Israël, qui est appelé un kinyan, entre dans le pays, qui est appelé un kinyan, et construise le Temple sacré, qui est un kinyan, au nom de la Torah, qui est appelée un kinyan.

Quatre [choses] sont appelées na'hala (héritage) : Le saint Temple est appelé na'halah, comme il est dit : "Sur la montagne de ton héritage" (Béchala'h 15,17). La terre d'Israël est appelée une na'hala, comme il est dit : "Sur la terre que le Seigneur ton D. te donne en héritage" (Ki Tétsé 25,19). La Torah est appelée na'hala, comme il est dit : "Et de Matana (le don) à Na'haliel (l'héritage)" ('Houkat 21,19). Israël est appelé na'hala, comme il est dit : "Ma nation et mon héritage, Israël" (Yoël 4,2).
Hachem dit : "Que le peuple d'Israël, qui est appelé na'halah, entre en terre d'Israël, qui est appelé na'hala, et construise le saint Temple, qui est appelé na'hala, au nom de la Torah, qui est appelée na'hala".

<--->

-> Hachem a placé chaque nation à l'endroit qui lui convient, et Il a placé [le peuple juif] à l'endroit qui lui convient, c'est-à-dire la terre d'Israël.
[Maharal de Prague - Nétsa'h Israël - chap.1 ]

-> De même, selon le midrach (Bamidbar rabba 23,11) :
"Voici la terre [d'Israël] qui vous (la'hem) reviendra en héritage" (Massé 34,2) : Que signifie "à vous" (la'hem)?
C'est la terre qui vous convient.

=> Le peuple juif et la Terre d'Israël sont parfaitement adaptés l'un à l'autre, un mariage fait au ciel. Ils sont tous deux beaux, aimés d'Hachem, des portions spéciales séparées du reste du monde.
Et comme tout autre couple aimant, ils sont faits pour être ensemble.

<--->

-> Selon le Maharal (Nétivot Olam - Nétiv haTsédaka - chap.6) :
"Lorsque les juifs sont entrés dans le pays [d'Israël], ils sont devenus une seule et même nation ...
Le peuple juif ne s'est pas complètement uni en une seule nation avant d'entrer dans le pays et d'y vivre ensemble, ayant un lieu commun, c'est-à-dire la terre d'Israël.
Et par le biais de la terre d'Israël, ils sont absolument une seule nation. "

=> selon le Maharal, le peuple juif n'est véritablement qu'une seule nation qu'en étant en terre d'Israël.

-> Responsa Avné Nézer, Yoreh De'ah 126:4
Le Maharal explique que la terre d'Israël est unique pour le peuple juif et qu'elle fait que tous les juifs qui y vivent sont comme un seul homme.
Il explique pourquoi les juifs ne sont devenus responsables les uns des autres qu'après avoir traversé le Jourdain (voir Sotah 37b).
Par conséquent, lorsqu'ils sont venus en terre d'Israël, ils sont devenus responsables les uns des autres.

Aujourd'hui également alors que le peuple juif est en exil, cette responsabilité mutuelle existe toujours. La raison en est claire : même si les juifs ont été exilés, leur place est toujours en terre d'Israël, et lorsque nous sommes dans un autre pays, nous sommes considérés comme des exilés, car ce n'est pas notre place.
Notre seule place est en terre d'Israël, et c'est une mitsva d'y vivre. Par conséquent, nous sommes toujours considérés comme si nous étions tous en terre d'Israël, car même si nous n'y sommes pas, c'est là que nous vivons.

=> l'idée du Avné Nézer est que la terre d'Israël unit tous les juifs (à l'exception des apostats), car quel que soit l'endroit où un juif vit, il sait (au moins au fond de lui) que la d'Israël d'Israël est notre seule véritable patrie.

<--->

=> S'il est vrai que la terre d'Israël convient parfaitement au peuple juif, pourquoi a-t-elle été donnée à l'origine aux nations cananéennes?

-> Le Ramban (Noa'h 10,15) explique
Sachez que la terre de Canaan, selon ses frontières, était destinée au peuple juif depuis qu'il est devenu une nation, et qu'elle est le lot de son héritage, comme il est dit : "Lorsque Hachem donna aux nations leur héritage, lorsqu'Il sépara les enfants de l'homme, il fixa les frontières des nations en fonction du nombre des Bné Israël" (Haazinou 32,8).
Cependant, au moment du partage [des nations], D. a donné à Canaan, qui était un esclave, le soin de la garder pour les juifs.
C'est comme une personne qui confie les biens du fils du maître à son serviteur jusqu'à ce que [le fils] atteigne l'âge adulte et mérite [de prendre possession] des biens et du serviteur.

[ainsi, la terre d'Israël n'a jamais convenu aux Cananéens (ni à aucune autre nation d'ailleurs).
Ils ont eu le privilège de la posséder pendant un certain temps afin d'en prendre soin, jusqu'à ce que son véritable partenaire, la nation juive, soit mûre et prête à reprendre les rênes. ]

<--->

+ Les juifs et Israël doivent être ensemble pour être épanouis :

-> Nos Sages disent qu'un mari et une femme sont incomplets l'un sans l'autre (voir Yébamot 62b).
Il en va de même pour la terre d'Israël et peuple juif. Aucun des deux ne peut atteindre son plein potentiel sans l'autre. ]

->
Le Kouzari a dit : "Je n'ai pas entendu dire que les habitants d'Eretz Yisrael soient avantagés par rapport à n'importe qui dans le monde".
12. Le rabbin dit :

-> Selon le Kouzari (2e essai, 9-12) :
"C'est comme votre montagne : vous dites qu'elle possède des vignes exceptionnelles. Pourtant, si la vigne n'y était pas plantée, ou si son sol n'était pas cultivé correctement, elle ne produirait pas de raisins.
De même, les qualités distinguées de la terre d'Israël se manifestent d'abord et avant tout dans la nation [juive] ... La terre est ensuite aidée par les actes et les lois [de la Torah] qui s'y rapportent, qui sont comme la culture de la vigne.
En fin de compte, la nation juive ne peut atteindre la Divinité nulle part ailleurs [dans le monde], tout comme la vigne ne peut pousser avec succès nulle part ailleurs que sur la montagne".

=> On peut simplifier l'analogie du Kouzari. ainsi :
Trois éléments sont nécessaires pour produire d'excellents raisins : 1°/ des bonnes graines : 2°/ un sol approprié et 3°/ une culture adéquate.
De même, trois éléments sont nécessaires pour parvenir à une véritable connexion avec le Divin : 1°/ le peuple juif, 2°/ la terre d'Israël et 3°/ l'accomplissement des mitsvot qui dépendent de la terre [d'Israël].
Et comme le conclut le Kouzari, "la nation juive ne peut atteindre la Divinité (c'est-à-dire une véritable proximité avec Hachem, comme par le biais de la prophétie) nulle part ailleurs [qu'en terre d'Israël]".

<--->

-> Le Abarbanel [sur Yéchaya 5] (1437-1508) écrit :
"Il est clair que la nation juive ne peut atteindre la perfection ailleurs que sur la Terre élue, la Terre que Hachem ton D. recherche ; Ses yeux sont toujours sur elle (Ekev 11,12).
C'est pourquoi Hachem Yitbara'h (qu'Il soit béni) a ordonné à Avraham de quitter sa terre [natale] et de s'y installer.
De plus, les prophètes n'ont prophétisé que dans [le pays] ou pour lui, et les Sages ont toujours aspiré à y vivre toute leur vie, car c'était le trésor de tous les pays [du monde], un pays où coulent le lait et le miel dans les domaines physique et spirituel, dont l'air rend sage."

<--->

-> Selon le séfer 'Harédim (chap.59) :
Chaque juif doit chérir la terre d'Israël et y venir du bout du monde, avec un grand désir, comme un fils vers le sein de sa mère.
Après tout, notre principale faute, pour lequel des pleurs éternels ont été établis pour nous, a été [le fait] que nous avons méprisé [la Terre], comme il est dit : "Ils ont méprisé la Terre désirable" (Téhilim 106,24).

...Ceux qui, de près ou de loin, vivent en dehors de la terre, devraient la désirer ardemment, car de même que Hachem a choisis [le peuple juif], Il a également choisi la terre d'Israël et l'a désignée pour nous.
De plus, nous ne sommes pas considérés comme une nation singulière/unique (goy é'had) sans elle, comme l'interprète Rabbi Shimon bar Yo'haï sur : "qui est comme Ton peuple, Israël, une seule nation sur la terre" (I Divré HaYamim 17,21).

[ le séfer 'Harédim se réfère à une déclaration du Zohar (paracha Emor), dans laquelle Rabbi Shimon bar Yo'haï considère que le mot "terre" dans le verset signifie la terre d'Israël. En conséquence, le prophète dit : "Qui est comme ton peuple d'Israël? Qui est comme Ton peuple Israël, qui ne forme une nation unifiée que sur la terre d'Israël?"
Cela nous donne un autre exemple de l'insuffisance du peuple juif sans la terre d'Israël. Nous ne sommes complets que lorsque nous vivons ensemble en tant que nation unique et unifiée. ]

<--->

-> Au milieu des réprimandes de la paracha, la Torah (Bé'houkotaï 26,32) nous met en garde :
"Je ferai du pays une désolation, et vos ennemis qui l'habitent seront une désolation sur lui".

[ bien que cela semble être la suite de la longue liste des malheurs qui frapperont le peuple juif s'il ne suit pas les voies d'Hachem, nos Sages y voient une bonne nouvelle, la garantie que notre Terre ne donnera jamais ses dons spéciaux à quelqu'un d'autre qu'à nous.]

-> La Sifra (Torat Cohanim - Bé'hpukotaï 2,6) écrit :
C'est une bonne mesure.
Cela signifie que les juifs ne diront pas : "Maintenant que nous avons été exilés de notre pays, nos ennemis viendront y trouver leur compte". Car [le verset] dit : Et vos ennemis qui y habitent seront désolés sur elle = même vos ennemis qui viendront après ne trouveront pas de satisfaction dans [le pays].

-> Selon le Ramban (Bé'houkotaï 26,16) :
L'affirmation "Et vos ennemis s'y désoleront" est une bonne nouvelle. Elle proclame à chaque génération que notre terre n'accepte pas nos ennemis.
C'est pour nous une grande preuve et une grande promesse, car vous ne trouverez pas dans le monde entier un autre pays qui soit aussi bon et aussi vaste, qui ait toujours été habité, et qui soit [maintenant] dans un tel état de ruine.
Depuis que nous l'avons quittée, elle n'a accepté aucune autre nation, et toutes essaient de s'y installer, mais sans succès.

<--->

-> "Je te donnerai, à toi [Avraham] et à tes descendants après toi, la terre de tes séjours, toute la terre de Canaan, comme une possession éternelle, et je serai pour vous un D." (Lé'h Lé'ha 17,8)

-> Rabbénou Bé'hayé (Lé'h Lé'ha 17,24) commente :
Cela signifie que la terre sera la possession éternelle d'Israël, et qu'ils seront les seuls à en hériter et à s'y installer. Et si, par hasard, ils sont exilés de la Terre [d'Israël], ils y reviendront, car c'est leur possession éternelle, et non celle des nations.
C'est un grand signe pour le peuple juif, car depuis qu'il a été exilé de sa terre, aucune autre nation ne s'y est installée. Au contraire, elle est détruite et désolée jusqu'à ce que ses "poussins" [c'est-à-dire ses enfants] y reviennent.

<--->

-> Lorsque le peuple juif est exilé de sa terre [ou ne mérite pas la bénédiction de D.], le monde entier en souffre.
[Ohr ha'Haïm haKadoch - Ekev 11,12]

<--->

+ En l'absence de juif en Israël, la nation juive cesse d'exister (selon le Rambam, et le 'Hatam Sofer) :

-> Le Rambam (séfer HaMitsvot - commandement positif 153) écrit :
La 153e mitsva est celle que Hachem nous a ordonné de sanctifier les mois et de calculer les mois et les années. C'est la mitsva du Kiddouch Ha'hodech, et elle est [basée sur] Sa déclaration : "Ce mois sera pour vous le commencement des mois" (Bo 12,2).
Nos Sages ont développé cela et ont dit : "Ce témoignage vous sera donné" (Roch Hachana 22a). En d'autres termes, cette mitsva n'est pas confiée à chaque individu, comme l'est le Shabbat, [à propos duquel] chacun compte 6 jours et se repose le 7e.
[En d'autres termes, nous ne disons pas que] chaque personne, lorsqu'elle voit la (nouvelle) lune, doit établir ce jour comme Roch 'Hodech, ou [que chaque individu] doit faire les calculs de la Torah et établir Roch 'Hodech, ou [que l'on] doit chercher à savoir si le printemps est en retard, ou tout autre facteur qu'il convient d'examiner, et ajouter un mois.
Au contraire, le Beit Din HaGadol (tribunal rabbinique suprême) est le seul à accomplir cette mitsva, et personne d'autre, pour toujours.
Et [elle ne peut être accomplie] qu'en terre d'Israël. C'est pourquoi nous avons cessé [d'établir la nouvelle lune par le biais d'au moins deux] témoins, en raison de l'absence du Beit Din HaGadol, tout comme l'offrande de sacrifices a été annulée en l'absence du Saint [Temple].
Les hérétiques, appelés Karaïtes ici en Orient, se trompent sur ce point, et certains rabbins ne reconnaissent pas non plus ce principe, les suivant [les Karaïtes] dans l'obscurité la plus totale.

Sachez que les calculs que nous effectuons aujourd'hui pour déterminer les nouveaux mois et les fêtes ne peuvent être effectués qu'en terre d'Israël. Toutefois, en cas de nécessité et en l'absence de sages en terre d'Israël, il est permis à un beit din ordonné en terre d'Israël d'intercaler les années et d'établir les mois en dehors du pays, comme l'a fait Rabbi Akiva, ainsi que le rapporte la guémara (Béra'hot 63a).
Et même cela est très difficile. Pour autant que nous le sachions, le Beit Din HaGadol a [presque] toujours été en terre d'Israël, et ce sont eux qui établissent les mois et intercalent les années, selon leurs méthodes acceptées, et lorsqu'ils sont réunis.

Cette [halakha] est un fondement très important de notre croyance, que seuls les penseurs profonds reconnaîtront et percevront. En d'autres termes, le fait que nous, en dehors de la terre d'Israël, calculions actuellement [le calendrier juif] en utilisant les méthodes traditionnelles d'intercalation, et que nous disions qu'un certain jour est Roch 'Hodech ou un jour férié (jour de fête juif), en aucun cas nous n'établissons ce jour comme un jour férié en raison de nos calculs.
Nous le faisons plutôt parce que le Beit Din HaGadol de la terre d'Israël a déjà établi que ce jour était Roch 'hodech ou un jour férié.
C'est seulement parce qu'ils ont dit qu'aujourd'hui est Roch 'hodech ou un jour férié qu'il s'agit de Roch 'hodech ou d'un jour férié, que leur détermination soit basée sur des calculs ou des observations de la lune, comme l'ont expliqué les Chazal : "Voici les fêtes fixées par Hachem que vous devez annoncer (Emor 23,2), je n'ai pas d'autres fêtes que celles-là" (Sifra, Emor 10).
En d'autres termes, [je n'ai pas d'autres fêtes que celles que les membres du Beit Din] déclarent être des fêtes, même s'ils se trompent involontairement, même s'ils sont contraints [d'établir la fête], même s'ils se trompent (ibid.), comme la tradition nous l'a été transmise.
La [seule] raison pour laquelle nous faisons les calculs aujourd'hui est de déterminer quel jour les habitants en terre d'Israël ont établi Roch 'hodech, puisqu'ils utilisent le même système de calcul [que nous utilisons], et non des observations. Nous nous appuyons sur leurs déterminations, et non sur nos calculs. Nos calculs ne font que révéler la question. Comprenez bien cela.

Je m'explique. Supposons, par exemple, que les juifs en terre d'Israël disparaissent du pays, D. nous interdit de faire une telle chose, car Il a promis de ne pas détruire entièrement les restes de la nation. Supposons également qu'il n'y ait pas de beit din dans cette région et qu'il n'y ait pas de beit din dans la Diaspora qui ait été ordonné en terre d'Israël.
Dans ces circonstances, nos calculs ne nous seraient d'aucune aide. En effet, nous ne pouvons pas calculer les mois ou établir des années bissextiles en dehors de la terre d'Israël, à moins que [nous ne remplissions] les conditions mentionnées ci-dessus. En effet, c'est de Sion que sortira la Torah (Yéchayahou 2,3).

[ => l'implication de ces mots est stupéfiante : l'absence de juifs en terre d'Israël équivaut à la destruction du peuple juif. Il est clair que le Rambam considère les juifs de la terre d'Israël comme les seuls véritables représentants du Klal Yisrael.
Nous allons commenter cela avec 2 responsa du 'Hatam Sofer. ]

<--->

-> Expliquant ce Rambam, le 'Hatam Sofer (Responsa - Yoré Déa 234) écrit :
"Tous nos Sages s'accordent à dire que la sainteté des deux [Jérusalem et la terre d'Israël] est éternelle.
Depuis les temps immémoriaux jusqu'à la fin des temps, leur sainteté n'a jamais changé et ne changera jamais. La seule chose est que la sainteté de Jérusalem est plus intense que celle du reste du pays.
Même le Rambam, qui ne comptait pas le fait de résider en terre d'Israël parmi les commandements positifs, comme l'a fait le Ramban dans [son] décompte des mitsvot, admet néanmoins, avec beaucoup de vigueur, que [la Terre est] sainte [même] de nos jours.

C'est pourquoi le Rambam écrit dans le [séfer HaMitsvot - mitsva assé 153], ce qui suit : "Disons, à D. ne plaise, que les enfants d'Israël disparaîtraient de la terre d'Israël, que Son nom soit béni pour cela [pour ne jamais laisser cela se produire], car Il nous a promis dans la Torah que cette nation ne sera jamais complètement détruite. [Disons également qu'il n'y aurait pas de beit din en Eretz Yisrael ni de beit din en Diaspora qui aurait été ordonné en Eretz Yisrael. Dans ces circonstances, les calculs que nous faisons dans le Chutz LaAretz ne nous seraient d'aucune utilité.
En effet, nous ne pouvons pas instituer des années bissextiles ou établir des mois ailleurs qu'en terre d'Israël. En effet, c'est de Sion que sortira la Torah, et c'est de Jérusalem que sortira la parole de l'Éternel (Yéchayahou 2,3)".

Ce qui est stupéfiant, c'est que [le Rambam] a écrit : "Hachem nous a promis dans la Torah que cette nation ne serait jamais détruite."
Il semble, d'après ses paroles, que si, à D. ne plaise, il ne restait pas un seul juif en terre d'Israël, même si des juifs vivaient en 'houts LaAretz, cela serait considéré comme la destruction de la nation, à D. ne plaise, car nous n'avons pas de rabbins avec une (vraie) semichah (ordination rabbinique), et il est [par conséquent] impossible d'établir des mois et d'instituer des années bissextiles.
Le Rambam soutient que le fait que les anciens sages aient calculé les années et les mois, et les aient sanctifiés, ne sert à rien si [certains] juifs ne restent pas en terre d'Israël, même des vignerons et des agriculteurs.
Alors, lorsque le moment sera venu, ces viticulteurs [et agriculteurs] établiront les fêtes, sur la base des calculs de ces anciens sages, en fonction de ce qu'ils voient dans un calendrier particulier et selon l'ordre des années bissextiles pour chaque année. De cette manière, les fêtes sont sanctifiées dans le monde entier.

Mais si aucun [juif ne vit en terre d'Israël], les calculs et les sanctifications effectués par les sages précédents seraient inutiles et la Torah tout entière serait abrogée, [ce qui ferait] cesser l'existence de la nation juive, ce qui équivaudrait à la destruction de la nation, à D. ne plaise.
Notre Créateur nous a cependant promis que cela n'arriverait pas. C'est pourquoi, pendant les 70 années de l'exil babylonien, lorsqu'il y avait des rabbins ordonnés dans la Diaspora, nous n'avions aucune garantie que la [tragédie] susmentionnée ne [se produirait] pas. Au contraire, pendant 52 ans, aucun homme n'a traversé [le pays].
Aujourd'hui, cependant, notre disgrâce, le fait que nous n'ayons pas de rabbins avec une [véritable] semichah, est le salut de la Terre [d'Israël], car elle peut être assurée que les Juifs demeureront en son sein, quoi qu'il arrive.

Telle est l'intention du Rambam. Quoi qu'il en soit, il ressort de ses propos que la sainteté de la terre n'a pas diminué et qu'elle ne dépend pas du tout de la capacité à accomplir les mitsvot.
Au contraire, la terre elle-même est sainte, et Jérusalem est [encore] plus sainte."

[ => ainsi, selon le Rambam, les juifs du monde entier ne peuvent respecter les mitsvot qui dépendent du calendrier (et elles sont nombreuses) qu'en vertu du mérite des juifs qui vivent en terre d'Israël, qu'ils soient ou non érudits ou pieux. En fait, ils gardent toute la nation juive. ]

<--->

-> De même, le 'Hatam Sofer (dans sa Responsa - Ora'h 'Haïm 203) écrit :
Le Rambam soutient que même si aucun être humain n'a traversé la Judée pendant 52 ans après la destruction du premier Temple (guémara Shabbat 145b), [les rabbins ont été capables de fixer le calendrier, car il y avait encore des rabbins ordonnés en Babylonie, qui était donc comme terre d'Israël en termes de sanctification du mois nouveau mois.
Cependant, après l'abolition de la semicha, les derniers rabbins ordonnés ont sanctifié tous les mois et toutes les années jusqu'à la venue du machia'h.

Néanmoins, cela ne servira à rien si un juif ne vit pas en terre d'Israël. Hillel et ses collègues, les derniers rabbins dotés d'une [véritable] semichah, ont calculé et sanctifié les mois [et les années] pour ce seul juif, et la sainteté émane de là pour tout Israël.
Cependant, si l'implantation en terre d'Israël devait cesser de nos jours, à D. ne plaise, cette sanctification deviendrait nulle et non avenue, et la plupart des mitsvot seraient dissoutes, à D. ne plaise.

C'est pourquoi nous devons soutenir de toutes nos forces l'installation [des juifs] en terre d'Israël ... non pas pour aider ceux [qui y vivent à accomplir] la mitsva de résider en terre d'Israël. Au contraire, [nous devons le faire] pour nous-mêmes, pour maintenir les paroles de cette Torah, car sans l'implantation juive dans cette région, la Torah expirerait, à D. ne plaise.

<--->

-> Le rav Yé'hiel Michel Tikochinsky (séfer Erets Israël 25,15) écrit :
Le Rambam (séfer HaMitsvot - mitsva assé 153) écrit que la seule façon dont nous nous appuyons, aujourd'hui, sur l'établissement des fêtes (que Hillel le dernier Nassi a instituée) est en vertu de la communauté juive qui habite en terre d'Israël.
Et si, à D. ne plaise, les bné Israël disparaissaient de la terre d'Israël, notre calcul ne nous aiderait pas du tout.
... La principale force d'Israël et du beit din (les tribunaux rabbiniques) se trouve en terre d'Israël, et chaque juif pratiquant [qui vit ici] ajoute de la force à la communauté [juive dans son ensemble].

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *