+ La terre d'Israël = le palais du Roi :
-> Ce qui rend la terre d'Israël si spéciale, c'est le fait qu'il s'agit de la maison de D., l'endroit où Il a choisi de faire reposer Sa Chékhina dans ce monde. Oui, Hachem est vraiment partout, mais Sa présence est plus concentrée et plus manifeste dans Sa demeure privée. Et les juifs qui vivent dans (ou proche) du "palais du roi" ont une relation plus intime avec Lui, et leur service divin est, par conséquent, plus authentique et acceptable.
-> "[la terre d'Israël] est une terre qu'Hachem ton D. examine, les yeux d'Hachem ton D. sont sur elle en permanence, du début de l'année jusqu'en fin d'année" (Ekev 11,12)
-> Rachi commente :
Hachem observe le monde entier, mais si l'on peut s'exprimer ainsi, Son attention se focalise principalement sur la terre d'Israël et ce n'est qu'ensuite qu'Il bénit le reste du monde, qui est secondaire.
-> Le Sifré (paracha Ekev 4) dit également :
"De même, [le verset dit] : "Mes yeux et Mon cœur seront là [dans le Temple] tous les jours" (I Méla'him 9,3). Mais n'est-il pas dit : "Les yeux du Seigneur parcourent le monde" (Zé'haria 4,10)? Et ne dit-on pas : "Les yeux du Seigneur sont partout, ils observent le mal et le bien" (Michlé 15,3)?
Que signifie donc Mes yeux et Mon cœur seront là tous les jours?
C'est comme si Mes yeux et Mon cœur n'étaient que là [dans le Temple]."
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-> Selon le midrach (Tan'houma - Réé 8 ) :
La terre d'Israël est bien-aimée, car Hachem, l'a choisie.
On constate que lorsqu'Il a créé le monde, Hachem a réparti les terres entre les anges Tutélaires des nations, tout en choisissant la terre d'Israël [pour lui-même] ...
Hachem a [également] choisi le peuple d'Israël comme Sa portion, comme il est dit : "La portion d'Hachem, c'est Son peuple ; Ya'akov est le lot de Son héritage" (Haazinou 32,9).
Hachem a dit : "Qu'Israël, qui est devenu Ma part, vienne hériter de la terre qui est devenue ma part".
-> Selon la guémara (Taanit 10a) :
"Nos rabbanim ont enseigné : la terre d'Israël a été créée en premier, et le reste du monde a été créé après ...
Hachem abreuve la terre d'Israël par lui-même, alors qu'Il abreuve le reste du monde par le biais d'un intermédiaire (l'ange Tutélaire de chaque nation) ...
La terre d'Israël boit l'eau de pluie, tandis que le reste du monde boit les restes ...
La terre d'Israël boit en premier, tandis que le reste du monde boit en dernier ... Cela ressemble à une personne qui fait du fromage : elle prend la partie comestible et laisse le reste."
=> Qu'est-ce que nos Sages essaient de nous dire exactement? Le reste du monde se contente-t-il vraiment de nos restes?
-> Le Rachba ('Hidouché haRachba sur la Aggadata Taanit 10a) explique :
Ce sage [qui a fait ces déclarations dans la guémara] soutient que terre d'Israël, qui est l'endroit le plus important [sur terre], est appelé indistinctement "érets" (terre), car c'est le but ultime, principal [d'Hachem.] sur terre.
Et tout ce qui lui est subordonné est appelé : 'houtsot (environs), du mot 'houts (extérieur), c'est-à-dire quelque chose qui est extérieur à la chose principale. [d'où 'houts laarets = en dehors de la terre ultime de D. ]
Selon la voie de la Vérité [c'est-à-dire les enseignements de la Kabbale], notre terre est également appelée "terre" (arets), car c'est une terre agréable, et le désir de D. s'y trouve.
La terre d'Israël est l'héritage d'Hachem ... c'est pourquoi elle a été donnée à la nation qu'Il a choisie pour être Son héritage.
[...]
L'explication est plutôt que la Torah parle de manière métaphorique, et que le "ciel" mentionné ici (v.11) fait allusion aux cieux les plus élevés (spirituellement) ... la terre d'Israël ne boit que la pluie du ciel.
C'est la signification de l'affirmation [de la guémara] selon laquelle toutes les autres terres reçoivent de l'eau par le biais d'un intermédiaire, alors que la terre d'Israël est la seule à recevoir son eau d'Hachem lui-même.
Toutes les autres déclarations que vous trouverez ici : "la terre d'Israël boit de l'eau de pluie, tandis que le reste du monde boit de ses restes" et "que la terre d'Israël boit en premier, tandis que le reste du monde boit en dernier", font toutes allusion à ce que nous venons d'expliquer [ici].
Ainsi, tous les anges et toutes les constellations célestes, à qui Hachem a donné la domination [ici] sur les nations de ce monde, agissent uniquement en fonction de l'influence que la Cause ultime, bénie soit-elle, leur accorde.
Or, puisque la terre d'Israël "boit" grâce à la providence d'Hachem, sans l'intervention d'aucun agent parmi les constellations célestes, la pluie qui y tombe est vraiment la pluie primaire, la pluie de faveur et de bénédiction qui [aide à produire] une abondance de fruits.
C'est pourquoi, lorsque les juifs ont accompli la volonté d'Hachem, la terre d'Israël a produit une abondance de céréales et de fruits, [et ces fruits étaient] très gros, contrairement à ceux de toutes les autres terres (voir déclarations de nos Sages dans Kétouvot 111b-112a).
[Cela s'est produit parce que c'est là [à Sion] que Hachem a ordonné la bénédiction (cf. Téhilim 133,3).
Toutes les autres terres, qui sont sous l'autorité des [anges et constellations] célestes, boivent, au sens figuré, les restes de la pluie [de la terre d'Israël].
L'affirmation "la terre d'Israël boit en premier" doit également être comprise dans ce sens, car elle reçoit la bénédiction céleste [directement], tandis que le reste du monde [boit] de l'abondance accordée à ceux qui reçoivent cette bénédiction, c'est-à-dire ceux qui sont envoyés pour gérer le monde et l'arroser (les anges tutélaires de chaque nation).
[ ainsi, la terre d'Israël est le "territoire" d'Hachem, et Il fournit "personnellement" et directement la subsistance à Ses enfants qui y vivent.
Ceux qui vivent sur un sol étranger, en revanche, reçoivent leur subsistance par l'intermédiaire d'agents célestes et, par conséquent, jouissent d'une relation moins intime avec Hachem. ]
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-> La terre d'Israël est le centre de la terre habitée, est la portion d'Hachem ... c'est pourquoi Il n'a désigné aucun ange pour servir de chef, d'officier ou de dirigeant sur ce territoire, étant donné qu'Il l'a accordé à Son peuple qui déclare Son unicité, la progéniture de Ses bien-aimés [Avraham, Its'hak et Yaakov].
[...]
En dehors de la Terre [d'Israël], même si tout est fait pour la gloire du nom d'Hachem, la pureté n'y est pas totale, à cause des anges Tutélaires qui y règnent.
[d'une certaine façon ces intermédiaires des nations prennent une partie de la sainteté de nos actes, s'en nourrissant, ce qui est une forme d'idolâtrie.
Au-delà du fait qu'en Israël, on a une telle relation épanouie avec Hachem, qu'en comparaison en dehors c'est comme si l'on n'avait pas de D.
En Israël, c'est comme si Hachem disait à tous Ses serviteurs célestes, laissez-moi seul dans Mon palais avec Mes enfants adorés (les juifs)! ]
[Ramban - A'haré Mot 18,25]
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-> Un bel enseignement du Alchikh haKadoch, qui a vécu de 1508 à 1593, où il écrit (Torat Moché - Kédochim 20,22-24) :
Un juif qui vit dans en 'houts LaArets est comme quelqu'un qui n'a pas de D. (guémara Kétouvot 110b), car il est sous [la domination de forces] extérieures.
En revanche, sur la terre [d'Israël], la divinité d'Hachem nous concerne, car la Chékhina y plane, et [D.] ne l'a pas attribuée [la terre d'Israël] aux [forces] extérieures.
De plus, quiconque y habite se trouve dans une atmosphère sainte, sous les ailes de la Chékhina.
Et vous [avez le privilège de recevoir] cela parce que je vous ai séparés des nations. Hachem a donné aux seuls juifs des âmes qui sont des fragments de D. d'en-Haut.
Les âmes des nations du monde, en revanche, proviennent des [forces] extérieures. C'est pourquoi les juifs doivent vivre en terre d'Israël, car c'est là que se trouve leur source, car la Chékhina plane au-dessus d'eux, et non en 'houts LaArets, sous l'influence des forces extérieures, ce qui explique pourquoi l'air de 'houts LaArets provoque l'impureté rituelle.
Ainsi, la principale raison pour laquelle Hachem nous a donné la terre n'est pas de tirer du plaisir de ce monde, de manger jusqu'à satiété (l'interprétation littérale d'une terre où coule le lait et le miel).
Hachem nous a donnée la terre d'Israël pour que nous y habitions sous les ailes de la Chékhina, pour que le nom de D. soit invoqué sur nous par essence, contrairement en 'houts LaAretz où celui qui y habite est comme quelqu'un qui n'a pas de D., que le Ciel nous en préserve.
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-> Le Saint Temple est plus élevé que la terre d'Israël, et la terre d'Israël est plus élevée (spirituellement) que toutes les autres terres.
[guémara Sanhédrin 87a]
-> Selon le 'Hatam Sofer (Yoré Déa 234), puisque Hachem "réside" dans la terre d'Israël, elle est plus sainte que tous les autres. Après tout, Hachem lui-même est la source de toute sainteté, et plus une personne, un lieu ou une chose est proche d'Hachem, plus elle est sainte.
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-> Selon le midrach (Téhilim - mizmor 11) :
Tant que le Temple existait, la Chékhina y demeurait, mais lorsque nos fautes ont causé la destruction du Temple, [Hachem] a déplacé Sa Chékhina dans les cieux.
Rabbi Elazar, fils de Pedat, a dit : "Que [le Temple] soit détruit ou non, la Chékhina ne bouge pas de sa place. Même si Son trône est dans les cieux, Sa Chékhina est dans le Temple
... même si Jérusalem est actuellement détruite, Hachem n'a pas bougé de là.
Rabbi A'ha dit : "La Chékhina ne quitte jamais le mur occidental (Kotel)".
-> La terre d'Israël est plus sainte que les autres terres.
[michna Kélim 1,6]
[cette michna développe ensuite l'idée que la source ultime de la sainteté est le Saint des Saints, où repose la Chékhina, et la sainteté s'étend à partir de là (en s'atténuant au fur et à mesure) au Sanctuaire (Heikhal), au Mont du Temple, à Jérusalem et à l'ensemble de la terre d'Israël.
Cependant, au-delà de ces frontières (en 'houts laArets), il n'y a pas de sainteté inhérente, parce que Hachem choisit de se révéler uniquement sur sa terre bien-aimée.
Avec le midrach précédant, on perçoit que même de nos jours avec le Temple détruit, puisque la sainte Chékhina y est toujours là, alors sa radiation sur toute la terre d'Israël est également toujours là. ]
-> Selon le Gaon de Vilna (Adéret Eliyahou - Dévarim 1,7) :
La terre d'Israël est le le lieu de la perfection [spirituelle] ultime ...
La Chékhina est descendue de façon permanente sur la terre d'Israël.
-> Selon le Yéfé Toar (sur midrach Vayikra rabba 2,2), la sainteté de la terre d'Israël et de Jérusalem dépendent d'Hachem, et de même qu'Hachem existera pour toujours, leur état de sainteté de les quittera jamais.
[L'énorme sainteté de toute la terre d'Israël est un fait éternel. ]
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+ Vivre en terre d'Israël = comme avoir une part dans le monde à Venir :
-> Rabbi Ishtori haParchi (1280-1355), un des Tossafistes, écrit dans son Kaftor vaFéra'h (Chap.10) :
Voici, la sainteté et les vertus de la Terre d'Israël existent depuis qu'elle a été donnée aux saints Patriarches, et pas seulement depuis qu'elle a été conquise.
Le nom d'Ivrim n'est pas dû au fait qu'Avraham est venu de l'autre côté (éver) du fleuve, c'est-à-dire de l'Euphrate. Il s'agit plutôt du pays des Ivrim, d'après Eiver, le fils de Chem, comme l'affirme Rabbi Avraham Ibn Ezra (Michpatim 21,2).
Il écrit également que la section biblique traitant de l'achat par Avraham de la grotte [de Machpéla] est mentionnée "afin de nous informer de la suprématie de la terre d'Israël sur toutes les autres terres, à la fois pour les vivants et pour les morts".
Et en ce qui concerne [le verset] : "Il acheta la portion de terre (de Ma'hpéla)" ('Hayé Sarah 23,19), le Ibn Ezra écrit : " [La Torah] mentionne ceci pour démontrer que la terre d'Israël a de grandes vertus, et que celui qui y a une part est considéré comme [celui qui a] une part dans le monde à Venir ".
[ ainsi, la terre d'Israël est un lieu avec tellement de présence d'Hachem, très élevé spirituellement, que c'est comme avoir une part dans le monde à Venir (qui n'est que spiritualité, Vérité, proximité avec Hachem, ...). ]
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+ La sainteté d'Israël est similaire à celle du Gan Eden :
-> Selon le Chla haKadoch (Shné Lou'hot haBrit - chaar HaOtiyot - lettre kouf - Kédouchat haMakom) :
La sainteté de l'emplacement s'applique à la terre [d'Israël]. Un indice à ce sujet se trouve dans la création de l'homme (Adam), qui était saint.
HaShem l'a placé dans le jardin d'Eden, et lorsqu'il a fauté, il en a été expulsé. [Cependant, l'humanité a fini par être redressée par la nation juive, qui sont les seuls qui sont appelés "adam", par le biais de la Torah.
[Lorsque cela s'est produit, Hachem a donné [au peuple juif] la Terre sainte, dont la sainteté est similaire à celle du jardin d'Eden (Gan Eden), comme il est dit : "Cette terre qui était désolée est devenue comme le jardin d'Eden" (Yé'hezkel 36,35).
Et elle reste sainte même maintenant, alors qu'elle est détruite, et c'est [toujours] la terre que Hachem recherche.
Mais les terres des nations sont souillées, et les prières des juifs qui y vivent ne peuvent pas monter vers le Ciel, à moins qu'ils n'envoient leurs prières à travers la Terre Sainte, à Jérusalem, et de là à l'emplacement du Saint des Saints, qui est la porte du ciel.
[Tout cela] en plus de plusieurs bonnes vertus que ce lieu saint possède ...
[ l'idée est magnifique : non seulement en ruine, la terre d'Israël garde la même sainteté, mais cette sainteté est similaire au Gan Eden! ]
-> Selon le Beit Elokim (chaar haTéfila - chap.5) :
Même si le monde entier est rempli de la gloire d'Hachem, Sa providence est plus évidente à certains endroits qu'à d'autres ...
Certains lieux sont plus préparés que d'autres à recevoir l'influence de Dieu, comme le jardin d'Eden, qui se trouve dans le monde inférieur, et qui est un lieu sur lequel Dieu veille et qu'Il influence pour la satisfaction des âmes.
Après [le gan Eden] viennent Jérusalem et la terre d'Israël.
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-> Ceux qui vivent en terre d'Israël, du fait qu'ils y vivent, sont plus grands que nous, qui vivons en dehors de la Terre. Par conséquent, lorsque nous leur donnons (de l'argent en aide, comme la tsédaka), c'est comme si nous faisions un cadeau en l'honneur d'un érudit de la Torah.
[rabbi Avraham Borenstein de Sochatchov (1838-1910) - Responsa Avné Nézer - Yoré Déa 454]
[Israël est le Palais du Roi des rois, où nous avons davantage de Présence Divine, rien qu'y résider nous élève. ]
-> Rabbi Eliézer de Metz (1115-1198), un des Tossafistes, dans son séfer Yérayim (sec. 413) :
La michna (Yébamot 64a) stipule que celui qui épouse une femme et vit avec elle pendant 10 ans sans avoir d'enfants n'est pas autorisé à négliger [la mitsva de] la procréation.
La guémara cite une braïta [qui dit] : "Même s'il n'y a pas de preuve à ce sujet, il y a une allusion à cela : [Saraï, la femme d'Avram, a pris Hagar l'égyptienne, sa servante,] après qu'Avram ait habité dans le pays [de Canaan] pendant 10 ans (Lé'h Lé'ha 16:3), ce qui enseigne que les années passées en 'houts LaArets ne comptent pas".
La raison [pour laquelle nous ignorons ces années] est que l'on pourrait attribuer [l'incapacité du couple à avoir des enfants] à la faute de [vivre en] 'houts LaArets.
Même si la terre d'Israël n'était pas encore sanctifiée à l'époque d'Avraham, le désir du Créateur était là.
[d'une certaine façon, on peut éventuellement dire qu'Hachem désire que nous soyons au plus proche de Lui, et en étant en dehors d'Israël nous ne respectons pas pleinement cet objectif. (chacun selon ses possibilités de venir résider en Israël) ]
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-> Le gaon rabbi Mordé'hai Shlomo de Boyan s'est rendu à de nombreuses reprises en terre d'Israël.
Lors d'une de ses visites, il se rendait d'une ville à l'autre en voiture. Tout au long du voyage, le rabbi ne se tourna pas vers les personnes qui voyageaient avec lui et ne leur adressa pas la parole.
Il se contentait de regarder par la fenêtre le paysage qui défilait devant ses yeux.
Le gabaï (accompagnateur) qui était assis à côté de lui attendait avec impatience le moment où le rabbi cesserait de regarder par la fenêtre, se tournerait vers lui et partagerait avec lui un enseignement de la Torah ou une histoire sur les justes. Ce moment, cependant, tardait à venir.
Finalement, le gabaï s'adressa au rabbi et lui dit : "Que voyez-vous dehors?"
Le rabbi de Boyan répondit : "La Torah dit : "Les yeux d'Hachem ton D. sont toujours dessus" (Ekev 11,12). Si Hachem, regarde la terre d'Israël, il est normal que je fasse de même".