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Yitro entendit tout ce que Hachem fit pour Moché et pour Israël

"Yitro, prêtre de Midyan, beau-père de Moché, entendit tout ce que Hachem fit pour Moché et pour Israël, Sa nation" (Yitro 18,1)

-> Rachi déclare : "Qu'est-ce que Yitro a entendu qui l'a poussé à venir? Il a entendu parler de l'ouverture de la mer Rouge et de la guerre contre Amalek."

-> Le rav Bounim de Peshischa (cité dans Kol Mévasser - 'helek 1) demande que Yitro était un homme grand et sage qui avait essayé toutes les idoles du monde et était arrivé à la conclusion qu'Hachem était le vrai D.
Pourquoi a-t-il été particulièrement impressionné par ces deux miracles, par opposition aux autres miracles merveilleux accomplis par Hachem, tels que l'orchestration de la sortie d'Egypte, des 10 Plaies, ...
Selon l'opinion selon laquelle Yitro est venu après le don de la Torah (Avodah zara 24a et Zéva'him 116a), pourquoi a-t-il été plus impressionné par ces deux miracles que par le don de la Torah sur le mont Sinaï?

Le rav de Peshischa répond que Yitro a vu que la nation juive avait atteint un niveau élevé à la mer Rouge, comme il est dit qu'une servante à la mer a connu un niveau de prophétie plus élevé que Yé'hezkel ben Bouzi.
Cependant, presque immédiatement après, Amalek attaqua la nation. Il vit que les forces du mal étaient toujours capables d'influencer Amalek, même après avoir été témoin de si grands miracles, dont le monde entier était au courant.

Cela l'a conduit à la révélation que même après avoir été témoin de grands miracles, une personne a besoin d'un chef spirituel pour la guider sur le bon chemin. Il en conclut donc qu'il ne pouvait plus rester seul et qu'il devait aller voir Moché Rabénou et l'accepter comme son rabbi.

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-> Le Divré Shmouel de Slonim explique les mots de Rachi en disant que Yitro a vu que même après la grande révélation à la mer Rouge, l'attaque d'Amalek avait toujours un effet sur la nation et avait fait baisser leur niveau de émouna. Il comprit qu'il s'agissait là d'une manifestation des paroles de nos Sages (Soucca 52a) selon lesquelles lorsqu'une personne est plus grande que son prochain, son yétser ara est également plus grand.

Il en conclut donc que sa seule ligne de conduite possible pour combattre le yétser ara était d'accepter la Torah, car la Torah est la seule force suffisamment puissante pour servir d'antidote au yétser ara.
[selon nos Sages (Kidouchin 30b), Hachem nous informe : "J'ai créé le mauvais penchant, et j'ai créé la Torah pour qu'elle lui serve d'épice". ]

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-> Le Divré Shmouel explique ce que "Yitro a entendu" comme suit : Yisro "entendit", ce qui signifie qu'il comprenait maintenant qu'il n'avait pas rempli sa mission dans ce monde. Il s'est interrogé : Mon âme a-t-elle été envoyée dans ce monde uniquement pour jouir des plaisirs physiques et matériels? Bien sûr que non! Je dois avoir été envoyé ici pour accomplir quelque chose! Il réalisa qu'il avait été envoyé dans ce monde pour rectifier son âme, mais il ne savait pas comment le faire. C'est pourquoi il se dépêcha d'aller voir Moshé pour discuter de la manière de rectifier son âme.

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+ Tout le monde peut changer :

-> Le rav Tsvi Hirsch de Liska (séfer Ach Pri Tévoua) écrit que la Torah nous enseigne qu'une personne peut se transformer complètement d'un extrême à l'autre. Yitro était à l'origine un prêtre à Midyan. Il servait des idoles. Mais il est ensuite devenu le beau-père de Moché Rabénou.
C'est ce qui ressort également des mots "qu'Hachem a fait sortir Israël d'Egypte". Il s'agit d'une allusion au fait que chacun a la capacité de sortir des limites (le mot "Mitrayim" [Egypte] connote également "métsarimé, les limites) qui l'entourent. Lorsque Yitro s'en est rendu compte, il a quitté son passé et s'est rendu dans le désert pour apprendre la Torah.

-> Dans le même ordre d'idées, le rav Léchovitch explique le verset : "Qui peut sortir la pureté de l'impureté? Lo é'had. (Personne)" (Iyov 14,4).
Il explique que cela signifie qu'une personne peut se transformer d'impureté en pureté. Même une personne racha qui se trouve au niveau le plus bas peut changer et devenir un tsadik en un instant.
Il comprend les mots "lo é'had" comme signifiant que si une personne prend un moment pour décider qu'elle surmontera son passé et s'améliorera, et qu'elle déclare "lo!" (non !), elle ne poursuivra plus ses désirs, elle peut devenir une personne complètement changée.

-> De même, le rav Avraham de Slonim explique le verset : "Et vous serez pour Moi un royaume de Cohanim et un goy kadoch (une nation sainte)" (Yitro 19,6), pour signifier que même quelqu'un qui est tombé au niveau inférieur d'un "goy" a encore la capacité de changer et de s'améliorer et de devenir "kadoch".

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+ Une ségoula pour l'acceptation des prières :

-> Le midrach (Chémot rabba 27,4) déclare : "Et Yitro entendit". C'est ce qui est dit : "Hachem, ma puissance, ma force et mon refuge au jour de la détresse. C'est vers Toi que viendront les nations des extrémités de la terre" (Yirmiyahou 16,19).

Le séfer Agra déKalla explique le lien que fait le midrach entre les 2 versets (de Yitro et d Yirmiyahou) en affirmant que le verset qui dit que Yitro a entendu nous enseigne la manière de prier dans les moments difficiles.
Nous sommes censés apprendre que même lorsque nous sommes indignes d'être sauvés, Hachem entend toujours nos prières. Malgré notre condition inférieure, nous pouvons nous tourner vers Hachem et dire : "Tu es ma puissance, ma force et mon refuge au jour de la détresse. C'est vers Toi que viendront les nations des extrémités de la terre".
Lorsqu'une personne se tourne vers Hachem avec une telle prière, ses paroles seront acceptées. Peu importe qui est la personne. Ses prières sont dignes d'être acceptés.

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-> Le Mé haChiloa'h demande pourquoi toute l'histoire de la réception de la Torah commence par l'histoire personnelle d'un converti (Yitro).
Il répond : Cela nous enseigne que si une personne veut recevoir et accepter les paroles de la Torah, elle doit faire des sacrifices pour Hachem avec beaucoup de courage. Elle doit changer et se transformer, tout comme le fait un converti lorsqu'il rejoint une nouvelle nation avec laquelle il n'avait aucun lien auparavant.
Lorsqu'un converti fait cela, il laisse derrière lui ses parents et toute sa famille, son seul désir étant de sacrifier tout ce qu'il a pour avoir l'opportunité de vivre sous les ailes de la Chékhina.
Lorsqu'une personne se sacrifie de cette manière, elle est en mesure de recevoir la Torah d'Hachem.

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+ Vivre avec la émouna péchouta :

-> Rachi déclare : "Qu'est-ce que Yitro a entendu qui l'a fait venir? Il a entendu parler de la division de la mer Rouge et la guerre contre Amalek.

-> Le Sefer Divré Israël explique que, comme le dit Rachi (Béchala'h 14,15), l'ouverture de la mer Rouge s'est produite au mérite de la émouna du peuple juif. D'autre part, la guerre avec Amalek a commencé à cause d'un manque d'émouna. (comme nous le voyons dans les versets, immédiatement après que le peuple se soit demandé si Hachem était avec eux (v.17,7), Amalek est venu se battre avec eux).

Lorsque Yitro entendit parler du pouvoir de la émouna et des conséquences néfastes d'un manque de émouna, il abandonna toutes ses recherches sur d'autres sagesses et analyses scientifiques du monde et choisit de croire fidèlement en Hachem et de lui faire confiance.
C'est ce qui l'a amené à se rendre dans le désert pour rejoindre le peuple juif.

-> Nous pouvons en tirer la leçon qu'il faut suivre Hachem avec une émouna péchouta, une émouna sans faille (en se reposant en toute simplicité en Hachem), plutôt que de Le tester ou d'essayer de prouver les choses par soi-même.
[on a tendance à se croire plus malin qu'Hachem, en Lui donner presque des conseils sur ce qu'Il devrait faire. Mais nous devons accepter que dans ce monde nous ne pouvons pas Le comprendre Ses pensées, mais qu'Il peut tout, qu'Il aime tout juif infiniment, et qu'Il fait tout pour notre bien ultime. ]

A ce sujet, la Mékhilta (Yitro 1) rapporte que rabbi Eliezer Hamodaï dit : "Lorsque Moché demanda à Yitro de lui donner sa fille, Tsipora, comme épouse, Yitro lui dit : "Accepte sur toi une chose que je te demande, et je te la donnerai."
Moché demanda quelle était cette demande, et Yitro répondit : "Ton fils premier-né doit être livré au service des idoles. Tout ce qui suivra pourra être sanctifié pour servir Hachem. "
Moché accepta cette demande et jura de la respecter.

Le 'Hidouché Harim demande comment nous pouvons comprendre ce midrach. Comment Moché Rabénou a-t-il pu accepter de livrer son fils premier-né à l'adoration d'une idole? De plus, le midrach (Chémot rabba 1,32) indique que Yitro avait déjà abandonné le culte des idoles et qu'il avait été excommunié par sa communauté pour cela, ce qui explique pourquoi les bergers repoussaient ses filles du puits. S'il avait déjà reconnu la fausseté de l'adoration des idoles, pourquoi demanderait-il à Moché de faire faire une telle chose à l'un de ses fils?

Il répond que ce midrach ne peut être pris au pied de la lettre. Il explique que Rachi dit que Yitro avait adoré toutes les idoles du monde. Il les a toutes essayées et a personnellement testé chacune d'entre elles avant de conclure qu'elles étaient toutes sans valeur. En arrivant à cette conclusion basée sur la recherche, il savait qu'il ne devait servir qu'Hachem.
C'est ce qu'il demanda à Moché, d'élever son fils premier-né de cette manière afin de lui permettre de se prouver qu'Hachem est le seul vrai pouvoir en faisant des recherches sur les autres dieux et en voyant à quel point ils sont inutiles, plutôt que d'avoir simplement la émouna péchouta sans faire ses propres recherches.
Il pensait que c'était la meilleure façon de parvenir à une croyance solide en Hachem.

Ainsi, lorsque Yitro dit que le premier fils doit être mis de côté pour le culte des idoles et "après cela, il doit être pour Hachem", il veut dire qu'après que ce fils ait testé tous les autres dieux et qu'il ait reconnu par lui-même que servir Hachem est la seule vérité, il en viendra à Le servir l'un après l'autre, tout comme Yitro lui-même l'avait fait.

Cependant, le 'Hidouché Harim conclut en disant que cela prouve en fait qu'il est interdit de tester Hachem et d'essayer de prouver Sa grandeur par soi-même.
Nous voyons en fait qu'il faut Le servir avec une émouna sans faille. Nous voyons que Moché Rabénou n'aurait pas dû accepter la demande de Yitro, car cela a entraîné de graves problèmes par la suite.
Il est dit (Shoftim 18,30) que Yonathan, le fils de Gerchom, le fils de Ménaché, était le prêtre de l'idole de Mikha. Nos Sages (guémara Baba Batra 109a) affirment qu'il était en fait le petit-fils de Moché.
[ le verset fait référence à Moché en tant que "Ménaché" afin de ne pas lui manquer de respect en le reliant à un prêtre d'idole. ]
Cela prouve qu'Hachem ne veut pas que nous Le mettions à l'épreuve de la manière dont Yitro l'a demandé.

Le 'Hidouché Harim conclut en disant : "C'est une mitsva de rendre cela public!"

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-> Le Déguel Ma'hané Efraim explique que le verset nous enseigne une leçon de moussar. Il explique que le mot "entendu" (vayichma) signifie en fait "comprendre".
Le mot "Yitro" a une connotation de "yitron", reste. Cela signifie que le verset dit qu'il faut comprendre que la chose la plus importante est ce qui reste à la fin.
En fin de compte, toutes les possessions matérielles d'une personne ne valent rien et doivent être abandonnées. Ce qui reste, ce sont les efforts que l'on consacre à ses enfants, pour les élever correctement et les mettre sur la voie du service d'Hachem.
Il faut toujours comprendre cela et le garder à l'esprit. Le but principal d'une personne dans ce monde est de s'efforcer de laisser des enfants intègres qui suivent les voies de la Torah.

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-> Pourquoi le verset mentionne-t-il que Yitro était le "prêtre de Midyan"?
Le verset (Chémot 2,17) nous a déjà dit qu'il occupait cette fonction, alors pourquoi est-il nécessaire de le répéter? De plus, si la Torah veut identifier qui il était, pourquoi ne suffit-il pas de dire qu'il était le beau-père de Moché?

Le rav Ména'hem Mendel d'Amshinov (cité dans Kol Mévasser 'helek 1) répond que Yitro avait deux aspects dans sa vie, qui sont suggérés dans ce verset. Ces deux aspects l'ont aidé à éviter à la fois l'orgueil et la tristesse.
D'une part, il avait été "le prêtre de Midyan" et avait servi toutes les avoda zara (idolâtries) du monde. En se souvenant de cela, il ne deviendrait pas orgueilleux.
D'autre part, s'il se sentait triste, déprimé, à propos de son passé, il pouvait se rappeler qu'il était le beau-père de Moché, ce qui lui procurait de la joie.

C'est ainsi que le rav Bounim de Peshischa dit que chaque juif doit avoir "deux sacs". Dans l'un d'eux, il doit avoir sur lui la certitude que "le monde a été créé juste pour moi", et s'il se sent déprimé, il doit regarder dans ce sac.
Dans l'autre, il doit se rendre compte qu'il n'est que poussière et cendres. S'il commence à se sentir orgueilleux, il doit regarder dans ce sac.

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