+ La prière & la terre d'Israël :
-> Nos rabbins ont enseigné [dans une braïta] : Quelqu'un qui est aveugle ou incapable de déterminer la direction [vers laquelle se tourner pour prier] doit diriger son cœur vers son Père céleste ...
Si quelqu'un se trouve en dehors de la terre [d'Israël], il doit faire face à terre d'Israël ...
Si quelqu'un se trouve en terre d'Israël, il doit faire face à Jérusalem ...
Si quelqu'un se trouve à Jérusalem, il doit faire face au Saint Temple ...
Si quelqu'un se trouve dans le Saint Temple, il doit faire face au Saint des Saints ...
Par conséquent, tous les Juifs font face au même endroit.
[guémara Béra'hot 30a]
-> Rabbi 'Hiya et Rabbi Shimon, fils de Rabbi, étaient assis ensemble.
L'un d'eux commença et dit : "Celui qui prie doit diriger ses yeux vers le bas" (Rachi : vers la terre d'Israël, parce que la Chékhina se trouve [très fortement] là-bas) ...
L'autre a dit : "Ses yeux doivent être dirigés vers le Haut (vers Hachem au Ciel)" ...
Rabbi Yichmael, fils de Rabbi Yossi, vint les voir et leur dit : "De quoi discutez-vous?"
Ils répondirent : "De la prière". Rabbi Yichmael leur dit : "Ainsi a dit mon père : "Celui qui prie doit diriger ses yeux vers le bas et son cœur vers le haut, afin que ces deux versets soient accomplis"".
[guémara Yébamot 105b]
=> d'une certaine façon, la terre d'Israël est si importante qu'on doit la traité avec autant d'égard que le Ciel, symbolisant la divinité dans toute sa splendeur.
-> En ce sens, le midrach (Téhilim 91,7) écrit :
Nos rabbins ont dit : Le nombre minimum de pierres [que Yaakov plaça sous sa tête] était de deux, mais lorsqu'il se réveilla, il s'aperçut qu'il n'y en avait qu'une. Il fut très effrayé et dit : "La demeure d'Hachem se trouve à cet endroit et je n'ai pas reconnu Sa Chékhina (Présence Divine)!"
En conséquence, il est dit qu'il a été effrayé et a dit : "Comme cet endroit est impressionnant! Ce n'est rien d'autre que la Maison d'Hachem" (Vayétsé 28,17).
Sur cette base, [nos Sages] ont dit : "Quiconque prie à Jérusalem est comme quelqu'un qui prie devant le Trône de Gloire d'Hachem, car la porte du Ciel est là, et (il y a une porte ouverte [par laquelle] les prières sont entendues, comme il est dit : "Et ceci est la porte du Ciel" (Vayétsé 28,17)".
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-> La fin (et la partie cruciale) de la guémara que nous allons voir, est basée sur un événement relaté dans la guémara (Sanhédrin 64a).
Lorsque les juifs revinrent en Israël après l'exil babylonien, les hommes de la Grande Assemblée (y compris Ezra le Scribe) se réunirent et supplièrent Hachem d'abolir le yétser ara (mauvais penchant) pour l'idolâtrie (avoda zara).
Ils se rendirent compte qu'il était trop difficile de vaincre ce penchant et demandèrent donc l'assistance divine. Hachem les a aidés et l'a soumise devant eux.
Notre guémara révèle que Hachem était en colère parce que personne n'avait fait cela plus tôt, et qu'Il a "choisi" Yéhochoua pour en être puni. La question évidente est : pourquoi Yéhochoua (devait être puni pour cela)? Moché n'a pas non plus prié pour cela.
-> La réponse de la guémara (Arakhin 32b) explique :
Ezra a prié pour [l'abolition du] mauvais penchant pour l'idolâtrie et [a réussi à] l'abolir, et ce mérite a protégé [les juifs] comme une soucca. C'est la raison pour laquelle la Torah a été stricte à l'égard de Yéhochoua ..
La raison est que Moché n'a pas prié [pour abolir ce mauvais penchant], car il n'avait pas le mérite de la terre d'Israël, mais Yéhochoua, qui avait le mérite de la terre d'Israël, pourquoi n'a-t-il pas prié?
-> Le rabbi Israël de Shklov (1770-1839), était un des principaux élèves du Gaon de Vilna, écrit (dans son Péat haChoul'han - Hilkhot Erets Israël 1,3) :
"Les prières sont entendues et acceptées plus facilement en terre d'Israël qu'en 'houts laArets (en dehors d'Israël).
-> Le rabbi de Shklov explique dans ses notes intitulées "Beit Israël" (sec.13) que la source de cela est la guémara (Arakhin 32b) ci-dessus.
Il écrit : "Ainsi, la prière de Yéhochoua en terre d'Israël était plus acceptable que celle de Moché Rabbénou [en dehors d'Israël]."
=> Le pouvoir de prière de Moché (l'homme le plus humble et plus grand prophète de l'Histoire) était si grand qu'il a pu sauver le peuple juif à de nombreuses reprises grâce à lui (ex: suite au Veau d'or).
[ "les anciens de cette génération (du désert) ont dit que la visage de Moché était comme le soleil, et que celui de Yéhochoua était comme la lune" (guémara Baba Batra 75a , Rachi) ]
Néanmoins, la guémara (Arakhin) nous enseigne que le mérite de la terre d'Israël a propulsé les prières de Yéhochoua au-delà de celles de Moché Rabbénou.
Combien nous sommes prêt à faire des efforts pour que nos prières soient acceptées. Or, uniquement le fait d'être en Israël donne à nos prières une puissance incroyable!
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-> Selon le 'Hatam Sofer (dans sa Responsa - Yoré Déa 234)
"Jérusalem a une sainteté surnaturelle, et elle est la porte du Ciel depuis des temps immémoriaux, même lorsque les Jébusiens (Yévouchi) occupaient Jérusalem et que les Cananéens et les Périzites étaient encore dans le pays (Lé'h Lé'ha 12,6).
La Chékhina n'a jamais quitté et ne quittera jamais le Kotel, même après la destruction [du Temple] ...
Le rabbi Avraham Azoulay ('Hessed léAvraham - maayan 3 - nahar 3) ... explique que la fenêtre du Ciel est large en bas, [couvrant] l'ensemble de la terre d'Israël, et étroite en haut, correspondant seulement] à
Jérusalem et au Saint Temple. Et lorsque [le Temple] a été détruit, [cette fenêtre] a été complètement fermée.
Par la suite, elle s'est rouverte, mais son ouverture inférieure est devenue plus étroite. Son ouverture supérieure et la porte du ciel, cependant, ne se fermeront jamais, à D. ne plaise, car c'est le [conduit de] l'influence divine qui existe sur le site du Temple et à Jérusalem.
En ce qui concerne la déclaration du 'Hessed léAvraham (dans son Nahar 13), vantant les mérites de Safed par rapport à toutes les autres villes de la terre d'Israël, cela signifie en dehors de Jérusalem. Que D. nous préserve de l'idée qu'une ville puisse être plus sainte que Jérusalem."
=> Cette source implique qu'il n'y a qu'un seul moyen pour nos prières de s'élever vers le ciel, et c'est par la seule et unique porte du Ciel, située principalement au-dessus du site de Jérusalem.
Cela ressemble à l'image d'un aspirateur divin qui "aspire" toutes nos prières et les fait parvenir à Hachem par un tube étroit, ce qui peut expliquer qu'en terre d'Israël nos prières sont davantage acceptées, "aspirées".
[ la Torah décrit la terre d'Israël comme une terre sur laquelle "éné Hashem Eloké'ha ba" (les yeux d'Hachem, ton D., y sont [constamment] dirigés" (Ekev 11,12). Dans chaque pays du monde, il y a un ange Tutélaire qui va servir d'intermédiaire, tandis que seulement en Israël notre relation est direct avec Hachem, sans intermédiaire (ex: qui prend un pourcentage au passage, examine la qualité de la marchandise).
Ainsi, même s'il y a une diminution de la taille de la porte du Ciel (sauf à Jérusalem), il n'empêche qu'en terre d'Israël les prières restent proches de cette porte, et surtout c'est Hachem qui gère directement ce qui s'y passe. Ainsi, nos prières sont bien davantage exaucées en Israël. )]
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-> Selon rabbi Moché Tirani (1500-1580), dans son Beit Elokim (chaar haTéfila - chap.5) :
"Il est clair qu'il y a une grande prédisposition à l'influence divine dans certains endroits plus que dans d'autres. Par conséquent, un lieu qui est préparé [pour que les juifs] y prient est déjà prédisposé à ce que les prières du peuple juif y soient entendues. Il est donc probable que les prières de celui qui y prie seront entendues, même s'il est seul et même s'il prie sans une dévotion totale.
C'est ce que nous constatons à propos de Kalev, qui est allé se prosterner sur les tombes des Patriarches [à Hébron], afin que Hachem le sauve du [mauvais] conseil des explorateurs. Il était certain que Hachem entendrait ses prières dans ce lieu saint, en vertu du fait que les saints Patriarches y étaient [enterrés] et que leurs corps servaient d'outils, de leur vivant, pour des choses sacrées.
La prière de Kalev a été exaucée, même s'il avait des arrière-pensées, car il voulait que le mérite des Patriarches le sauve des conseils des explorateurs, afin que les juifs puissent entrer dans le pays et que la promesse qu'Haxhem a faite [aux Patriarches], donner le pays de Canaan à leurs enfants, puisse se réaliser.
Le concept de prier vers la terre d'Israël, Jérusalem et le Temple sacré est une partie essentielle de la prière.
... Puisque toute la terre d'Israël, Jérusalem et le Saint Temple sont prédisposés à l'acceptation de la prière, comme je l'ai indiqué [ci-dessus], il faut prier vers eux, afin de reconnaître et de faire allusion au fait que l'on prie Hachem, qui réside dans ces lieux prédisposés.
Après tout, lorsqu'un juif prie, il parle à la deuxième personne (ex: ata kadoch), comme s'il conversait avec la Chékhina. [selon le Mabit (juste après) : la Amida est un moment où l'on s'adresse à la Chékina comme si l'on parlait en face à face avec un ami, d'où la nécessité d'être dirigé vers le Temple]
C'est pourquoi il doit tourner son visage vers son lieu, car [la Chékhina] n'a jamais quitté le Kotel (midrach Eikha 1,5)."
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-> Selon rabbi Yaakov Emdem (1697-1776), dans son Sidour Beit Yaakov (soulam Beit El 3,6) :
"Il est bien connu qu'un juif doit faire face à Jérusalem lorsqu'il prie.
Aujourd'hui, je juge bon de mentionner Jérusalem une fois de plus et de dire que ce signe et ce geste [de faire face à Jérusalem] que nous faisons comme un souvenir, un exemple et un simple symbole ne suffiront que lorsqu'il sera impossible [d'être réellement en Terre Sainte].
Nos intentions et nos bonnes pensées seront alors considérées comme des actes, puisque nous sommes incapables de les réaliser en raison de la contrainte et du danger. Après tout, celui qui agit sous la contrainte est exempté de toute [obligation], et [une faute] commise par la force n'est pas déshonorante, mais il n'est pas non plus digne de louanges.
Cependant, les bonnes intentions ne seront d'aucune aide si l'on ne peut pas se prévaloir d'une contrainte absolue ; [elles ne seront pas non plus d'une grande aide] dans une période de confort.
C'est pourquoi chaque Juif doit prendre dans son cœur la décision ferme et inébranlable de monter en terre d'Israël et d'y habiter (au moins après avoir obtenu suffisamment de [fonds] pour les dépenses, plus quelques moyens de subsistance, un métier ou un commerce, afin d'acquérir les provisions nécessaires et essentielles, afin d'établir la Terre sainte, qui est désolée sans ses enfants), et d'aspirer à avoir le privilège de prier là dans le Palais du Roi.
Car même si [la terre d'Israël] est en ruine, la Chékhina ne l'a jamais quittée."
=> Selon rabbi Emden, nous sommes face à Jérusalem simplement pour nous rappeler que c'est là que nous appartenons. Il poursuit son texte longuement sur l'importance de vivre en Israël.
N'oublions pas qu'il a tenu ces propos dans les années 1700, alors qu'Israël était encore désolée. Que dirait-il aujourd'hui?