Yaakov dit : "Vends-moi aujourd'hui ton droit d’aînesse" (Toldot 25,31)
-> Le Yalkout Chimoni (Remez 110) raconte que lorsque Yaakov et Essav étaient dans le ventre de leur mère, Yaakov a dit à Essav :
"Il y a deux mondes devant nous. Tu prends ce monde-ci (olam hazé) et je prendrai le monde à Venir (olam haba), comme il est dit : "Vends-moi aujourd'hui ton droit d’aînesse".
Ce même jour, Essav a refusé l'idée qu'il y a une résurrection des morts, comme il est dit : "Voici que je vais mourir". À ce moment-là, Essav prit la part du Olam hazé et Yaakov prit la part du olam haba."
-> Le séfer M'Zékénim Et'bonen cite le rav Mordé'hai 'Haïm de Slonim qui rapporte l'explication suivante du Yalkut Chimoni au nom du Yessod ha'Avodah :
Après l'accord conclu entre Yaakov et Essav pour diviser les deux mondes, Essav vit que Yaakov faisait des séoudot festives chaque Shabbat, où il chantait avec une joie extrême. À la fin du Shabbath, il faisait également un Mélava Malka festif. Il se rendit compte que Yaakov appréciait en fait ce monde. Il en fut contrarié et se plaignit qu'ils avaient convenu qu'il obtiendrait ce monde et que Yaakov n'obtiendrait que le Olam Haba. Yaakov lui répondit : "Le Shabbath est 'mé'én Olam Haba'. Il est comparable au Olam Haba et fait donc partie de ma part."
Essav se rendit un jour à la maison de Yaakov, un jour de semaine, et le vit assis en train de savourer une séouda. Il lui demanda pourquoi il tirait du plaisir de ce monde un jour de semaine et Yaakov répondit : "Aujourd'hui, c'est Roch 'Hodech. Ce n'est pas un jour de semaine ordinaire. Il s'agit plutôt d'un yomtov mineur et il est inclus dans le Olam Haba."
Essav demanda : "À quelle fréquence célébrez-vous Rosh 'Hodech ?"
Yaakov répondit : "Une fois tous les 30 jours." Essav fut quelque peu réconforté, car il pensait toujours que Yaakov ne tirerait pas de plaisir de ce monde la plupart des jours de l'année et qu'il serait le seul à avoir la portion du Olam Hazé la plupart du temps.
Un autre jour de la semaine, Essav se rendit chez Yaakov et l'entendit chanter de joie. Il entra et le vit à nouveau en train de prendre un repas copieux. Il lui demanda : "Que fais-tu? Ce n'est pas Shabbat ni Roch 'Hodech aujourd'hui !" Yaakov répondit : "Aujourd'hui, je termine la Massé'het Baba Kama. Je fais une séouda pour le siyoum." Essav se mit en colère et dit : "Le Olam Hazé et ses plaisirs m'appartiennent. Pourquoi me les voles-tu ?"
Yaakov répondit : "Si tu penses qu'une séouda pour un siyoum fait partie du Olam Hazé, tu peux en faire une toi aussi! Maintenant que nous avons terminé les Massé'het Baba Kama, nous commençons à étudier Baba Métsia. Viens étudier avec nous, et lorsque nous aurons terminé la massékhta, tu pourras également faire un siyoum et en profiter."
Essav accepta ce conseil. Mais lorsqu'il s'assit devant la guémara, il n'eut immédiatement plus envie d'apprendre. Il se leva et quitta la yeshiva en courant. Essav alla alors demander conseil au frère de son père, Yichmaël.
Yichmaël lui conseilla de dire à Yaakov ce qui suit : Nous avions convenu que j'obtiendrais le Olam Hazé et que tu obtiendrais le Olam Haba. Je vois que je ne profite pas de ce monde. Bien que je mange et boive autant que je veux, je ne ressens pas le vrai bonheur parce que je sais que je n'ai aucune part dans le Olam Haba. Par conséquent, je vis une vie de douleur et de misère. Je n'ai ni Olam Hazé ni Olam Haba. Par conséquent, l'accord que nous avons conclu est nul et non avenu.
Essav accepta le conseil de son oncle et présenta cette demande à Yaakov.
Lorsque Yaakov entendit ce qu'Essav avait à dire, il lui dit : "Je te promets que tu auras une part dans le Olam Haba afin que tu puisses jouir du Olam Hazé sans inquiétude ni peur."
Lorsque Esav mourut et se rendit dans le monde supérieur, il réclama la part de Olam Haba que Yaakov lui a promise. On lui répondit que Yaakov ne lui avait promis une part dans le Olam Haba que pour qu'il puisse jouir du Olam Hazé. Sa promesse a fonctionné, car Essav a pleinement profité du Olam Hazé après l'avoir entendue. Par conséquent, il avait déjà reçu tout ce qui lui revenait et il n'avait aucun droit à une quelconque portion dans le Olam Haba.