« La lumière spirituelle de la ‘hanoukia a le pouvoir d’illuminer le cœur d’un juif, et d’apporter une joie particulière à son âme.
Par conséquent, celui qui souffre de dépression doit être vigilant à regarder les bougies de ‘hanoucca, car elles amèneront de la joie à son esprit abattu. »

[Rabbi Israël Friedman de Tchortkov]

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+ ‘Hanoucca : c’est la joie!

-> Le Nétivot Shalom nous dit que l’essentiel de ‘Hanoucca est : la joie (sim’ha).
Les grecs ont interdit aux juifs de pratiquer : le Shabbath, la circoncision (mila) et la célébration du nouveau mois (Roch ‘Hodech).
La première lettre de ces mots forme : « Joyeux! » (saméa’h – שמח : Shabbath + mila + ‘hodech).

En effet, la base de tout succès spirituel réside dans la joie, comme le roi David l’écrit : « Servez Hachem dans la joie! » (Téhilim 100,2 – ivdou ét Hachem béSim’ha).
Rabbi Ezriel Tauber explique que c’est un cercle vertueux : une vraie avodat Hachem génère forcément de le joie à une personne.
=> En nous retirant nos mitsvot et notre Torah, les grecs voulaient nous retirer notre joie profonde, et donc notre attachement avec Hachem.

-> ‘Hanoucca est la fête des lumières.
Il est écrit : « chez les juifs il y avait de la lumière et de la joie » (layéhoudim aïta ora véSim’ha – méguilat Esther 8,16), que nos Sages commentent :
– « la lumière c’est la Torah » (ora zé Torah – guémara (Méguila 16b) ;

– la joie = selon Rabbi Guttman, c’est le bonheur intérieur d’être un juif, c’est la joie interne à l’idée d’avoir une relation privilégiée avec Hachem.

-> ‘Hanoucca (חנוכה) peut se décomposer en : חנוך ה (‘hinoukh hé = s’éduquer à la divinité [Hachem]) = cela consiste à vivre une vie remplie de lumière, de joie, de clarté, de tranquillité d’esprit et de conscience que je suis bien car étant en permanence dans les bras de papa Hachem (Le Maître du monde, L’Unique, Le Seul qui est tout et peut tout!).

A ‘hanoucca, on prend davantage conscience que sa vie ne se résume pas uniquement à son corps éphémère, qu’à des réussites matérielles fluctuantes ou à de l’intelligence, comme voulaient nous le faire croire les grecs.
En effet, à ‘Hanoucca, nous célébrons la victoire de la spiritualité sur la matérialité (Grèce), et donc la victoire de la joie sur la misère (j’ai une raison élevée de vivre, un sens à ma vie, à tout moment je construits mon éternité ; j’ai une relation très privilégiée avec le Maître du monde Qui aura toujours un amour infinie pour moi, …).

A ‘Hanoucca, nous fêtons la victoire de ceux qui étaient peu nombreux (allusion au fait d’être content avec ce que l’on a, même si c’est peu car provenant de D.), sur ceux qui étaient nombreux (allusion au fait de toujours se persuader que notre bonheur se trouve ailleurs, même si on a déjà beaucoup).

=> A ‘Hanoucca, nous devons développer en nous la notion que : le monde non-juif environnant est certes agréable, divertissant, mais qu’est-ce que cela est sombre par rapport à une vie juive, qui est pleine de lumière, de joie, …

« A ‘Hanouccca, nous avons la capacité unique de briller et de s’élever à des niveaux spirituels qui nous sont inaccessibles le restant de l’année. »

[‘Hidouché haRim]

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+ ‘Hanoucca : un nouveau départ spirituel :

-> « A ‘Hanoucca, toute personne doit s’enflammer et s’exciter à propos de sa possibilité de faire la volonté de Hachem ».
[…]
Hanoucca (חנוכה) renvoie à : « l’éducation (‘hinoukh – חנוך) de renouveler son service divin ».
[Sfat Emet – 5645]

-> Le Sifté ‘Haïm explique que le miracle principal de ‘hanoucca est la victoire militaire des juifs sur les grecs.
Lorsque nous fêtons ce miracle d’ordre physique, nous devons également célébrer sa conséquence spirituelle : la possibilité de servir de nouveau pleinement Hachem, avec la reprise du service dans le Temple.

Le Kédouchat Lévi écrit que ‘Hanoucca fait référence à la : « it’hadchout » (la régénération – התחדשות), impliquant un nouveau départ.
De même que physiquement la mitsva de ‘hanoucca réside dans l’allumage des bougies, de même spirituellement nous devons devenir tout feu tout flamme dans notre avodat Hachem.

=> Ainsi, ‘hanoucca ne doit pas être qu’un allumage machinal, nous devons surtout en profiter pour illuminer notre façon de réaliser la volonté de D.
Pour cela, nous devons prendre le temps d’internaliser les messages de la fête, ce qui conduit à développer notre excitation, notre fierté, notre joie, … à vivre juif.

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-> Le ‘Hidouché haRim fait remarquer que : l’âme (néfech – נפש) représente les mots : נר (la flamme – nér) ; פתילה (la mèche – pétila) ; shémen (l’huile – שמן).

Tout juif a forcément une âme (néfech) en lui.
=> Ainsi à ‘hanoucca, à un niveau plus élevé qu’une simple action physique, on se doit d’allumer, de mettre le feu à l’âme divine qui est en nous.

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+ ‘Hanoucca : la vraie intériorité d’un juif

-> Les grecs ont rendu impurs toutes les huiles disponibles dans le Temple.
Cependant, après beaucoup de recherches, les ‘Hachmonaïm ont pu trouver une petite fiole d’huile pure.

Le Sfat Emet écrit que cela symbolise le fait que dans chaque juif, quoiqu’il puisse faire de mal, il restera toujours en lui un endroit caché qui est totalement pur.
Il explique que de la même façon que les ‘Hachmonaïm ont dû chercher pour trouver cette fiole, parfois un juif doit chercher profondément en lui pour trouver cette étincelle pure.
C’est pourquoi on ne doit jamais en venir à se désespérer de nous-même (c’est fichu, j’ai trop fauté!), car il restera toujours cette parcelle de sainteté pure à partir de laquelle on peut tout reconstruire pour le meilleur.

-> Le Baal haTanya développe l’idée que tout juif a en lui un amour caché pour Hachem.
Même chez le juif qui a pu faire les pires fautes, il existe profondément ancré en lui un noyau de pureté qui aspire à faire la volonté de D.

-> La guémara Nidda (30b) enseigne qu’un ange enseigne toute la Torah dans le ventre de la mère, mais qu’au moment de naître un ange vient et frappe le bébé sur sa bouche et il en oublie alors toute la Torah.
Le rav Soloveitchik disait qu’il restera quand même l’empreinte éternelle de la Torah dans son âme, entraînant qu’au fond de lui il aura toujours une attirance pour Hachem.

-> Le Rambam (Hilkhot Gérouchin 2,20), rapporte la guémara (Baba Batra 47b), où lorsqu’une personne est obligée d’apporter un sacrifice et qu’elle n’a pas envie de le faire, alors le beit din peut la forcer à l’apporter.
On va alors lui mettre la pression physiquement, jusqu’à ce qu’elle déclare : « rotsé ani » (Je veux [l’apporter]).
Puisqu’à priori elle va émettre ces paroles afin d’arrêter de recevoir des coups, comment cela peut-il être valable selon la loi juive?

Le Rambam enseigne qu’au plus profond de lui, tout juif désire faire les mitsvot.
Notre « vrai moi » en a envie, mais une autre personnalité (le yétser ara) a pris les commandes de notre être, empêchant la réalisation de notre volonté la plus interne.
L’idée est de l’intimider physiquement jusqu’à permettre de briser toutes les barrières que le yétser ara a mis en place pour nous empêcher d’être véritablement nous-même.
C’est ainsi que lorsque cette personne va dire : « rotsé ani », cela sera l’expression totale de son intériorité, et selon la loi juive c’est une communication valable de la volonté.

« Pendant les jours de ‘Hanoucca, une personne doit tenter de rectifier toutes les fautes pouvant entraîner le départ de la présence divine du peuple juif, puisque cela était l’objectif principal des grecs.

Actuellement, comme nous le savons, puisque le Temple a été détruit, les endroits où Hachem fait résider Son Esprit Divin, sont les synagogues et les lieux d’études (beit midrach) du peuple juif (cf. guémara Méguila 29a).

C’est pourquoi celui qui parle dans une synagogue ou durant la prière est littéralement en train de se rebeller contre Hachem, et il entraîne que la présence divine s’éloigne. Il accomplit ce que l’armée grecque n’a pas pu faire.
Il rend l’air [spirituellement] impur, et [c’est comme si] il met des idoles dans la Court [du Temple] [מעמיד צלם בהיכל], car pour chacune de ses fautes il entraîne l’apparition d’une séparation avec D. (klipa) et d’un esprit impur! »

[Noda biYéhouda – Rabbi Yé’hezkel Landau – Drouché Tzla’h ‘Hanoucca]

« Ce que de grands tsadikim ne peuvent pas faire pendant la Néïla de Kippour, chaque juif, même le plus simple, peut l’accomplir par ses prières et sa téchouva lors du dernier jour de ‘Hanoucca (zot ‘Hanoucca).« 

[le rabbi de Ruzhin]

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-> Non seulement le dernier jour de ‘Hanoucca est celui le plus important, mais c’est également l’apogée des jours allant depuis Roch Hachana et Kippour, en effet c’est la dernière chance pour modifier le jugement de Hachem.

b’h, A ce sujet : https://todahm.com/2017/09/27/la-periode-de-tichri-a-hanoucca

Le mot ‘Hanoucca (חנוכה) peut se décomposer en : חנוך ה (‘hinoukh hé) = c’est l’éducation à reconnaître Hachem comme l’Unique, digne de remerciements et de louanges (léodod oul’hallél).

[Rav ‘Haïm Pin’has Scheinberg]

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-> Dans le Téhilim à propos du Shabbath (mizmor shir léyom aShabbath), nous commençons par dire : « il est bon de remercier Hachem! » (tov léodot l’Hachem).

-> b’h, Au sujet de ‘Hanoucca et de la gratitude : https://todahm.com/2014/12/21/hanoucca-la-gratitude

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-> Le Ben Ich ‘Haï et le ‘Hida, comparent le visage d’un être humain à une ménora.
Cette dernière a 3 branches de chaque côté, plus une au milieu, soit 7 branches en tout, qui sont à mettre en parallèle aux 7 jours de la semaine.

En effet, nous avons :
– une bouche = c’est la branche centrale, qui correspond au jour du Shabbath, qui est la plus importante et sur laquelle se tiennent toutes les autres ;
– 2 narines = le dimanche et le vendredi ;
– 2 yeux = le lundi et le jeudi ;
– 2 oreilles = le mardi et le mercredi.

Le rav Avraham Schorr fait remarquer que le Shabbath est représenté par la bouche, car en ce jour nous devons tellement être en train de reconnaître que tout ce que nous avons provient uniquement de Hachem, que nous devons en être sans voix pour parler de business ou de potins, …, n’ayant qu’une envie de Le remercier, de Le louer!

Dans les Téhilim nous disons : « Il nous a fait, et pas nous! » (ou achanou vélo ana’hnou).
Le plus haut niveau de gratitude est de dire merci, mais également d’avoir conscience que nous sommes entièrement dépendants de Sa bonté.

==> Imaginons le Shabbath qui se combine avec ‘Hanoucca, où plus qu’un autre, nous devons renforcer notre conviction qu’absolument tout est sous le contrôle de Hachem, nous laissant alors bouche bée de paroles inutiles!

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[Rien que la conscience d’être en vie, d’avoir tous ces organes qui fonctionnent, doit rallumer notre ménora interne par notre sourire à la vie!]

+ « Il y a des personnes qui ont fauté si gravement que le Shabbath seul, n’est pas suffisant pour permettre de les faire remonter des basses profondeurs où elles se trouvent.
Cependant lorsque le Shabbath est rejoint par ‘Hanoucca, alors la force combinée de ces 2 jours saints a la capacité d’élever mêmes les âmes les plus éloignées.

Comme il est écrit : « A celui qui créa les grands luminaires, car Sa grâce est éternelle » (Téhilim 136,7 – léossé orim gédolim, ki léolam ‘hassdo).
Dans Sa bonté, Hachem a créé 2 grands luminaires : le Shabbath et ‘Hanoucca, afin de faire briller la lumière même chez les âmes de ceux qui ont pu commettre les pires fautes. »

[le Tiféret Chlomo – Rabbi Shloime Rabinowitz de Radomsk]

‘Hanoucca et Torah Orale

+ ‘Hanoucca & la Torah Orale :

-> ‘Hanoucca est le seul Yom Tov qui n’est pas mentionné dans le Tana’h.
En effet, même s’il y a des prophéties ou des allusions à ‘Hanoucca (comme par exemple Rachi – ‘Hagaï 2,6), il n’y a aucun livre du Tana’h qui rapporte l’histoire de ‘Hanoucca.

La guémara (Yoma 29a) enseigne qu’on a accordé le droit d’écrire la méguilat Esther (ניתנה לכתוב), par opposition avec l’histoire de ‘Hanoucca.

Le Sfat Emet (fin de 5644) enseigne que non seulement ‘Hanoucca ne se trouve nulle part dans le Tana’h, mais les lois de ‘Hanoucca ne sont pas discutées dans les michnayot (même si le mot ‘Hanoucca y est mentionné).

=> Ainsi, ‘Hanoucca est encore plus d’ordre Oral que peuvent l’être les autres lois juives.

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+ La Ménora et la Torah Orale :

-> Le Netsiv (Haémek Davar) enseigne que dans le Temple :
– le aron qui contenait les 2 Table de la loi = il représente la Torah Ecrite ;
– la ménora = elle représente la Torah Orale.
Le Nétsiv rapporte (début de la paracha Béaaloté’ha) que Moché entrait dans le Sanctuaire (heichal) pendant la nuit, lorsque les lumières de la ménora étaient allumées afin de réviser la Torah Orale.

-> L’huile d’olive symbolise la sagesse de la Torah (Hokhmat haTorah).
D’ailleurs, en discutant l’interprétation des rêves, la guémara (Béra’hot 57a) identique que si l’on voit de l’huile d’olive (chemen zayit) dans un rêve, on peut s’attendre à percevoir la lumière de la Torah.

-> La ménora se trouvait à l’extérieure du rideau séparant le Saint des Saints (kodech haKodachim) du reste du Michkan.
Elle devait apporter au monde entier la lumière de la Torah.

La Torah Ecrite est en apparence un « simple » livre fermé, mais bien qu’on puisse le lire, il nous est impossible de le comprendre correctement.
En effet, la lumière de la Torah Ecrite ne peut briller que par le biais de la ménora, symbole de la Torah Orale, qui vient l’expliquer, lui donnant alors tout son éclat.

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-> Le Ohr Guédaliyahou émet l’idée que : le 1er Temple correspond à Torah Ecrite, tandis que le 2e Temple correspond à la Torah Orale.

Le Sfat Emet écrit que la majorité de la Torah Orale s’est développée au moment du 2e Temple, et en particulier pendant la période suivant le miracle de ‘Hanoucca.

De même, Rabbi Tsadok haCohen (Pri Tsadik – ot 2) enseigne que la diffusion de la Torah Orale a eu lieu pendant les jours des ‘Hachmonaïm.

D’ailleurs, le aron, symbole de la Torah Ecrite, était manquant dans le 2e Temple.
C’est pourquoi le Ohr Guédaliyahou explique que pendant le 2e Temple, la ménora jouait un rôle plus important, devenant le symbole principal du Temple.

Cette idée est basée sur les paroles du Nétsiv (Haémek Davar – Chémtot 27,20) qui affirme que : la force de la Torah Orale s’est renforcée pendant le 2e Temple, puisque le pouvoir de la ménora est devenu beaucoup plus puissant suite au miracle de ‘Hanoucca (« משום הכי נתחזק כח המנורה על ידי נס חנוכה »).

=> L’idée du Nétsiv est incroyable : puisque la ménora a servi de symbole pour le miracle de ‘Hanoucca, alors cela a entraîné qu’elle est devenue dominante au sein du Temple, permettant davantage de diffusion de la Torah Orale, illuminant le monde d’explications sur la Torah Ecrite.

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-> La guémara (Sanhédrin 24a) compare les érudits en Torah d’Israël et de Bavél, à des oliviers et à de l’huile d’olive.

Selon Ohr Guédaliyahou, c’est eux qui vont permettre d’alimenter l’illumination de la ménora, symbole de la diffusion de la Torah Orale dans le monde.

Le rav Schachter fait remarquer que pendant la majorité de la période du 2e Temple (à l’exception des premières années), nous n’avons plus de prophètes, comme ce fût le cas durant le 1er Temple.

La guémara (Baba Batra 12a) enseigne : « Un Sage est plus grand qu’un prophète » (חכם עדיף מנביא).

Nos Sages ont acquis leur connaissance par une étude intensive de la Torah Orale, et c’est eux qui guident le peuple depuis que la prophétie (névoua) a disparu durant l’époque du 2e Temple.

=> Ainsi, cette disparition des prophètes, qui passent le relais aux érudits en Torah (Orale], témoigne du développement de la Torah Orale, dans la période qui va suivre ‘Hanoucca.

[si une chose est techniquement possible selon la loi juive, mais que nos géants en Torah reconnus de tous, s’y opposent, alors nous devons nous en abstenir! ]

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+ Les bougies de ‘Hanoucca :

-> Rachi au début de la paracha Béaaloté’ha, écrit : Aharon, lorsqu’il a assisté à l’inauguration du michkan par les chefs des tribus (nési’im), il s’est affligé de ne pas avoir été avec eux [pour offrir des korbanot], ni lui ni sa tribu.
Hachem lui a alors déclaré : « Par ta vie! Ta part est plus grande que la leur! Car c’est toi qui allumeras et entretiendras les lumières [de la ménora] ».

-> Le Ramban explique que cela ne nous apprend pas uniquement que l’allumage des bougies de la ménora est plus « grand » que le fait d’apporter des sacrifices (korbanot), mais également c’est une allusion à l’allumage de la ménora de ‘Hanoucca, qui va continuer après la fin du Michkan et du Temple.

=> Selon le Ramban, les bougies de ‘Hanoucca sont une continuation de l’allumage de la ménora du Temple.
Ainsi, de même que la ménora y était le symbole de la Torah Orale, de même les bougies de ‘Hanoucca sont pour nous un symbole de la Torah Orale.

Par exemple :
1°/ La guémara (Shabbath 21b) rapporte une discussion pour savoir s’il est permis de tirer un profit des bougies de ‘Hanoucca (comme le fait d’utiliser leur lumière), et conclut que cela est interdit.
Le Ran (guémara Shabbath 9a) explique : « Puisqu’ils ont établi la mitsva d’allumer les bougies de ‘Hanoucca en se basant sur les miracles de la ménora, ils ont fixé que les lois des bougies soient les mêmes que celles relatives à la ménora, dont on ne doit pas en tirer profit. »

2°/ Le Rama (Siman 673) dit qu’il est préférable d’utiliser de l’huile d’olive pour allumer les bougies de ‘Hanoucca.
Le Maharal explique que par cela nous voulons agir en parallèle avec l’allumage de la ménora dans le Temple où l’on utilisait de l’huile d’olive.

3°/ La guémara (Shabbath 22b) discute de savoir si l’élément principal de la mitsva réside dans le fait d’allumer (hadlaka) ou bien dans le fait de placer les bougies (hana’ha) de ‘Hanouca.
Rachi explique que l’opinion : « l’allumage fait la mitsva » (hadlaka ossé mitsva) consiste en un parallèle avec le Temple, où l’élément principal était l’allumage.

=> Puisque l’allumage des bougies de ‘Hanoucca est une continuation de celui de la ménora, les règles afférentes sont également identiques.

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-> « La mitsva d’allumer les bougies de ‘Hanoucca (חנוכה) est une continuation de l’allumage [passé] de la ménora, et il s’agit également d’une éducation (חינוך) pour l’allumage futur de la ménora [dans le 3e Temple suite à la venue du machia’h]. »
[Sfat Emet 5638]

-> « L’allumage de la ‘Hanoukia remplace en quelque sorte celui de la Ménora.
Ainsi, au moment où le juif allume les bougies, une lumière similaire à celle qui accompagnait l’allumage de la Ménora apparaît. »
[Rav Karlenstein]

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+ ‘Hanoucca & le Ohr haGanouz :

-> « D. vit que la lumière était bonne, et Il sépara entre la lumière et les ténèbres » (Béréchit 1,4)

Rachi commente : Il vit que les réchaïm ne mériteraient pas de profiter de la lumière, de sorte qu’Il la mit en réserve à l’usage des tsadikim pour les temps à venir.

-> Le Rokéa’h dit que cette lumière spéciale (ohr haganouz) a été dans le monde durant 36 heures avant qu’elle ne soit mise de côté pour les tsadikim.

Certains expliquent que le soleil et la lune ont été créés le 4e jour, entraînant que cette lumière a fonctionné pendant 12 heures par jour, les 3 premiers jours de la Création (le 4e, D. l’ayant mise en réserve).

D’autres sont d’avis que cela fait référence aux 36 heures : 12 heures de la veille de Shabbath, et les 24 heures du Shabbath.

Ces 36 heures durant lesquelles a pu briller cette lumière spéciale, correspondent aux 36 bougies qui sont allumées pendant ‘Hanoucca, et qui sont ainsi un reflet de la lumière originelle issue de la Création.

-> Dans le midrach Tan’houma (Noa’h 3), nos Sages enseignent que tout celui qui peine dans la Torah Orale mérite de recevoir cette lumière spéciale (ohr haganouz).

On a pu voir que : La ménora symbolise la Torah Orale, et que les bougies de ‘Hanoucca sont l’extension actuelle de la ménora ==> Il en découle que les bougies de ‘Hanoucca représente la Torah Orale.

=> On voit l’application de ce midrach : en allumant les bougies de ‘Hanoucca correspondant à la Torah Orale, on mérite de bénéficier de la ohr haganouz, lumière qui a existé pendant 36 heures, en parallèle aux 36 bougies de ‘Hanoucca.

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-> Le Bné Yissa’har continue ce raisonnement en disant : les 36 bougies de ‘Hanoucca correspondent également aux 36 traités du Talmud Bavli, qui est notre source principale de Torah Orale.

[Précision : le traité Shékalim n’y est pas compté puisqu’il est considéré comme une partie du Talmud Yérouchalmi ; et le traité Edouyot n’est pas comptabilisé car ce n’est « que » des michnayot.]

=> Ainsi, les bougies de ‘Hanoucca renvoient : à la Torah Orale –> à la ohr haganouz qui est la récompense pour ceux étudiant la Torah Orale –> au Talmud Bavli qui est la source de la Torah Orale.

‘Hanoucca tombe le 25 Kislev (כסלו).
Le Bné Yissakhar commente : כס est la racine de : mé’houssé (couvert/dissimulé – מכוסה), et le restant du mot : לו équivaut à 36.
=> Kislev (כסלו) nous enseigne que bien que la ohr haganouz nous est dissimulée à nos yeux, elle peut se retrouver dans les bougies de ‘Hanoucca, et également dans l’étude du Talmud Bavli.

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-> La guémara (Shabbath 22a) écrit que le meilleur emplacement pour allumer la ‘hanoukia est en face de la mézouza.

Rabbi Tsadok haCohen (Pri Tsadik) explique que la mézouza représente la Torah Ecrite, puisqu’elle contient des passages du ‘houmach, et les bougies de ‘hanoucca représente la Torah Orale.

=> La Torah Orale vient illuminer la Torah Ecrite, de même que la ‘hanoukia illumine la mézouza.

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+ ‘Hanoucca et les Sages en Torah :

-> Rabbi Tsadok haCohen (Pri Tsadik) fait remarquer que les miracles de ‘Hanoucca ont été réalisés principalement par les Cohanim (ex: c’est eux qui ont mené la guerre!).
Pourquoi cela?

Les Cohanim étaient les enseignants du peuple juif, comme il est écrit : « Ils enseigneront Tes statuts à Yaakov » (Vézot haBéra’ha 33,10 – יוֹרוּ מִשְׁפָּטֶיךָ לְיַעֲקֹ).
[selon le Or ha’Haïm, par leur fidélité à D. et n’ayant jamais favorisé personne, même leurs proches parents, ils ont mérités (les membres de la tribu de Lévi) d’être les guides et les juges de tout le peuple, et pas seulement de leur propre tribu. ]

-> Le Tour (fin du siman 417) enseigne que les 12 mois de l’année correspondent aux 12 tribus.
Le Kédouchat Lévi (Inyané ‘Hanoucca) écrit que Kislev est le 3e mois de l’année (en commençant par Tichri), et correspond ainsi à la tribu de Lévi.

=> C’est pourquoi, c’est en Kislev, que Hachem a réalisé un miracle par le biais des Cohanim, qui font partie de la tribu de Lévi.

-> Le rav Shlomo Zalman Auerbach développe une idée similaire.
Il fait remarquer que les juifs ordinaires n’ont pas pu observer ce qui s’est passé dans le Temple, puisque seuls les Cohanim ont pu le voir (étant les seuls à avoir « librement » accès à l’intérieur du Temple).

=> Tout le miracle de ‘Hanoucca repose donc sur notre confiance en nos dirigeants rabbiniques, dont les Cohanim en étaient alors les représentants.

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-> La guémara (Pessa’him 16a) rapporte des opinions affirmant que les liquides trouvés dans l’enceinte du Temple ne reçoivent pas d’impureté selon la Torah Ecrite (midéoraïta).
C’est ainsi qu’apparemment, tout le miracle des fioles d’huile est inutile, car l’huile n’était pas considérée comme impure selon la Torah Ecrite. Les Cohanim auraient très bien pu l’utiliser pour allumer la ménora.

=> Tout le miracle de ‘Hanoucca n’a été nécessaire qu’en raison de l’avis de la Torah Orale (selon l’avis de nos Sages en Torah – déRabbanan), statuant que de telles fioles abandonnées peuvent recevoir l’impureté.

Rabbi Shlomo Zalman Auerbach fait remarquer que cela vient témoigner du fait que ‘Hanoucca est le yom tov de la Torah Orale.