« Lorsque 2 frères se haïssent, ils manquent de respect à leurs parents car ils leur causent énormément de peine, même après leur mort.« 

[Méam Loez – Ki Tavo 27,16]

+ « Mon fils, si ton cœur acquiert la sagesse, mon cœur se réjouira aussi » (Michlé 23,15)

Le Gaon de Vilna écrit :
« Un père et son fils sont liés l’un à l’autre ; ils ont une source spirituelle commune.
Lorsque le fils acquiert la sagesse et s’en réjouit, cela apporte automatiquement de la joie au cœur de son père même si le fils ne parle à personne [pas même à son père] de la sagesse qu’il a acquise.

Ce lien peut être comparé à un aimant aux propriétés magnétiques. On sait que si l’aimant est cassé en deux et qu’une moitié se déplace, la 2e réagira en bougeant aussi, même à une distance considérable.
De la même façon, quand le cœur d’un fils se réjouit, le cœur de son père se réjouit aussi. »

=> Etudier la Torah : quelle occasion magnifique de réjouir (indirectement) son père!

« Un homme craindra sa mère et son père, et Mes Shabbat vous observerez » (Kédochim 19, 3)

-> Le Zohar enseigne que quand un homme trouve des ‘hidouchim de la Thora pendant Shabbat, dans le Ciel on couronne ses parents (quand ils sont déjà morts) dans l’autre monde.
Cela est en allusion dans ce verset qui juxtapose le respect des parents et celui du Shabbat. Car si un homme souhaite honorer ses parents, alors il lui convient d’honorer le Shabbat en y trouvant des ‘Hidouchim.
[‘Hida]

-> Le Ari Zal (rapporté dans Chaaré Téchouva) affirme également qu’une couronne spéciale est créée pour le père [et mère] de celui qui étudie une nouvelle idée de la Torah le Shabbath.

Le Yéssod véShoresh haAvoda (Bémaalot haShabbath) rapporte qu’en plus, D. embrasse la tête de ce même père [et mère].

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Précisions sur la notion de ‘hidouch : nouveauté en Torah :
-> Selon le Chaaré Téchouva, si quelqu’un ne peut pas être créatif, s’il apprend quelque chose qu’il n’a jamais étudié auparavant, ce sera également qualité de ‘hidouch.

-> Le Yessod véShorech haAvoda (Chaar 8,12) dit que toute nouvelle inspiration conduisant à améliorer ses midot, son caractère ou tout bon comportement que l’on accepte sur soi, est aussi considéré comme un ‘hidouch.

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-> Le Réchit ‘Hochma (Chaar Kédoucha 3,4-7) enseigne :
« Après Shabbath, lorsque l’âme supplémentaire quitte le royaume physique pour retourner dans le Ciel, D. lui demande : « Quel ‘hidouch (idée nouvelle) de Torah as-tu entendu? »

Le Zohar qui déclare : « Combien est bienheureuse l’âme qui peut réciter des ‘hidouché Torah devant Hachem.
D. se réjouit énormément et rassemble tous ceux qui se trouvent dans Son palais et s’exclame : « Nous avons entendu une idée perspicace transmise par l’âme de cette personne! »

Tout le palais et tous les anges écoutent le ‘Hidouch.
Mais si l’âme n’a pas de ‘hidouch à raconter au palais Céleste, elle en a honte et ensuite les anges s’affaiblissent, pour ainsi dire. »

« Il est impossible d’honorer ses parents autant que nous le devrions »

[Rachi – guémara Kidouchin 31]

Il faut les honorer de notre mieux (c’est une mitsva énorme!), et en même temps savoir qu’ils doivent être tellement énormes à nos yeux que cela ne sera jamais suffisant.

« Chaque prière et chaque mitsva que nous pouvons réaliser, chaque mot de Torah que nous pouvons étudier, a pour conséquence d’apporter du mérite à nos parents comme si c’était eux-mêmes qui accomplissaient cet acte [même s’ils sont déjà morts!].
De cette façon nous pouvons réaliser la mitsva d’honorer ses parents bien davantage que tout honneur que nous pouvons leur témoigner [de leur vivants] dans ce monde, et cela sera une source de satisfaction pour eux. »

[le ‘Hida – Kikar léEden – Likoutim 5]

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-> « La principale manière d’honorer [ses parents] se trouve après leur mort (guémara Kidouchin 31b).
Chaque jour, nous devons faire tout notre possible pour amener du plaisir à l’âme de nos parents [en réalisant un maximum de mitsvot, ce qui à chaque fois permet d’élever et de réjouir encore davantage leur âme].
[…]
Même si l’on considère son père [et/ou sa mère] comme un tsadik parfait, dont l’âme profite de la vie après la mort, nous devons penser aux mitsvot que nous faisons comme autant de moyen d’offrir des délices à nos parents aimés, ce qui va permettre que leur âme soit [à chaque fois davantage] bénie. »

[Pélé Yoets – Kiboud av vaEm]

« Le respect des parents inclus d’honorer ceux que les parents honorent, car si un enfant méprise ceux que son père et sa mère respectent, ce sera pour ces derniers une honte et un déshonneur. »

[‘Hafets ‘Haïm – Maasé lémélé’h al haTorah – Yitro]

« En honorant ses parents qui l’ont mis au monde, l’ont entretenu et élevé, l’homme apprend à éprouver de la reconnaissance à l’égard de D. pour Ses multiples bienfaits. »
[Ramban]

-> 3 partenaires participent à la formation d’un être humain : un père, sa mère et Hachem.
Le père fournit les os, les nerfs, le cerveau, les ongles et le blanc des yeux de l’enfant.
La mère lui fournit la peau, la chair, le sang, les cheveux et la pupille de l’œil.
Quant à Hachem, Il lui fournit l’esprit, l’âme, la vue, l’ouïe, le toucher, la parole, la marche, l’intuition, la compréhension et la raison.
[Zohar 93a]

-> D. désire que ces 3 partenaires soient honorés.
Cependant, si un parent dit à son fils de commettre une faute, il doit ignorer cet ordre, et obéir à Hachem.

-> La récompense promise est la longévité (Mékhilta), d’éviter de commettre la moindre faute, et en particulier la profanation du Shabbath, ainsi que l’honneur et la richesse dans ce monde et une part plus importante dans le monde futur (Eliyahou rabba 26).

-> La longévité est la conséquence naturelle de la mitsva de respect ses parents.
Hachem n’a pas besoin d’y interférer, les jours [de sa vie] s’allongeant d’eux-mêmes.
[le Or ha’Haïm]

-> Rachel voulait anéantir tout objet d’idolâtrie de la maison de son père, en volant ses idoles (térafim).
Le Zohar (1,8) rapporte qu’elle a, quand même, été puni pour avoir porté atteinte à son père (même si l’intention est bonne), en mourant durant sa grossesse, sans pouvoir profiter d’un moment avec son bébé Binyamin.

[Certes, au regard de sa grandeur, D. l’a jugé très sévèrement, mais cela nous apprend à quel point il faut être vigilant à l’honneur et au respect de nos parents]

-> La guémara (Kiddouchin 31a) nous rapporte l’épisode du remplacement d’une des pierres du pectoral du Cohen Gadol, appelée le « Yachfé », et qui lui empêchait de réaliser son service sacrificiel dans le Temple.
Nos Sages sont allés voir un non-juif s’appelant : Dama Ben Nétina, qui possédait une telle pierre très précieuse.
Il était prêt à la leur céder, en échange de 60 bourses remplies de dinars d’or.

Dama alla chercher la pierre quand il vit que son père était allongé, ses jambes étendues et ses pieds posés sur le coffre dans laquelle elle se trouvait. Il retourna auprès des Sages et les informa que, pour l’instant, il ne pouvait la leur donner.
Ils pensèrent que peut-être il en voulait davantage et doublèrent la somme proposée ! Cependant, Dama s’en tint à son refus. Les Sages essayèrent d’augmenter leur offre encore et encore ! Mais il campa sur sa position. Quand ils se rendirent compte qu’il resterait inflexible, ils s’en allèrent.

Quand son père se réveilla, Dama rappela les Sages et leur dit : « Voici, je suis prêt maintenant à vous vendre la pierre ».
Les Sages voulurent lui payer la dernière somme proposée. Dama leur dit : « Vais-je vous vendre l’honneur que j’ai rendu à mon père pour de l’argent ? Je n’en tirerai aucun profit ! »

Quelle récompense Hachem lui réserva-t-il ?
L’année suivante naquit dans son troupeau une vache rousse et le peuple d’Israël la lui acheta pour l’équivalent de son poids en or !

Nos Sages enseignent que cela met en avant le comportement des juifs, qui n’agissent pas uniquement en suivant la logique (comme Dama et les non-juifs), mais parce que : « comme t’a ordonné Hachem, ton D. » (ils sont prêts à dépenser un somme énorme pour acheter une vache rousse, l’exemple type des mitsvot [‘hok] dont nous ne comprenons pas le sens).

Le Meshech Chochma demande, pourquoi est-ce qu’il s’agit particulièrement de la pierre précieuse appelée : « Yachfé », et qui est liée à la tribu de Binyamin.
La raison est que c’est le seul qui n’a pas été lié à la vente de Yossef, qui a causé à leur père Yaakov une peine infinie.
Puisqu’il a honoré son père à la perfection, il a mérité que se soit sa pierre qui soit liée à l’exemplarité du respect des parents.

-> Le Séder haDorot rapporte que Rabbi Yéhochoua ben Elem va partager le même Gan Eden que le boucher de sa ville : Nanas, ce-dernier accomplissant tous les jours la mitsva de respect de ses parents âgés, de son mieux.
Rabbi Yéhochoua s’est même exclamé : « Quelle chance j’ai d’être ton voisin dans le monde à venir! »