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"Les enfants d'Israël montèrent armés ('hamouchim) du pays d'Egypte" (Béchala'h 13,18)

Que signifie le terme : 'hamouchim ?

Cela implique :
-> selon Rachi : que les 4/5e des juifs sont morts pendant la plaie des ténèbres, et que seulement 1/5e est sorti d'Egypte ;

-> selon le Targoum Yonathan ben Ouziel : que chaque famille a quitté l'Egypte avec 5 enfants ;

-> selon le Targoum Yérouchalmi : les juifs étaient armés, pas par des armes, mais par des bonnes actions (maasim tovim).

Rabbi Yossef de Salant (Béér Yossef) dit qu'il n'y a pas de contradiction entre ces différentes explications.

Durant la plaie de l'obscurité, Hachem a tué les juifs qui n'avaient vraiment aucune envie de sortir d'Egypte, cependant Il n'a pas touché aux enfants innocents (ceux ayant moins de 20 ans, puisque non punissables par le Tribunal Céleste - cf. Rachi - 'Hayé Sarah 23,1).
C'est ainsi, que 4/5e des adultes sont morts, laissant un nombre très important d'orphelins, qui ont été adoptés par les familles survivantes (les 1/5e restants).

Le Targoum Yonathan ne doit pas être pris littéralement, mais comme signifiant que chaque famille était proportionnellement constituée d'un enfant originel, plus 4 autres fraîchement orphelins qu'ils ont adopté.
Cela est en accord avec la guémara (Méguila 13a), statuant que toute personne qui a élevé un(e) orphelin(e) dans sa maison, la Torah considère comme si elle lui avait donné naissance.

Tout ceci, explique également l'avis du Targoum Yérouchalmi.
En effet, en prenant la responsabilité de plusieurs enfants orphelins, les juifs ont acquis de nombreuses bonnes actions.
De plus, le fait d'avoir agit ainsi sachant qu'il y avait devant eux un futur incertain et précaire dans le désert, a ajouté encore plus de valeur à ce qu'ils ont fait.

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-> Dans la paracha Chémot, on a pu voir b'h ( https://todahm.com/2019/01/12/8063 ), que le nombre moyen d'enfant par famille juive était de : 54 enfants.
Chaque famille ayant accueillie les 4/5e des enfants du peuple juif (leurs parents étant morts), cela correspond à une adoption moyenne de 216 enfants par famille (4*54).

Alors que les juifs allaient partir dans l'inconnu risqué du désert, sans nourriture, ni boisson, ... ils ont fait preuve de leur énorme confiance en Hachem en étant prêts à y aller avec une moyenne de 270 enfants par famille juive (54 à eux + les 216 adoptés).

Cela donne une nouvelle appréciation des paroles de Yirmiyahou (2,2) : " Ainsi parle Hachem : Je te garde le souvenir de l'affection de ta jeunesse, de ton amour au temps de tes fiançailles, quand tu me suivais dans le désert, dans une région inculte."

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-> "Ce n'est pas l'épée qui leur faisait défaut, mais le cœur ... Il leur manquait encore la conviction de pouvoir s'en remettre entièrement à D. en toutes circonstances"

[Rav Shimshon Raphaël Hirsch]

=> Le mot 'hamouchim est traduit par "armés", et il est employé ici pour témoigner du niveau de émouna du peuple, au moment de la sortie d'Egypte.

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+ 'Les enfants d'Israël partirent bien armés du pays d'Egypte" (Béchala'h 13,18)

-> Quelles sortes d'armes portaient-ils?
Le 'Hozé de Lublin (Zikaron Zot 53) répond :
Une fois qu'un miracle est survenu, la "porte" de ce miracle a été ouverte, de sorte qu'il peut être provoqué à nouveau sans beaucoup d'efforts quand le besoin s'en fait sentir.
C'est ainsi que le miracle de la sortie d'Egypte était l'arme avec laquelle les juifs quittèrent l'Egypte. Ce miracle devait les sauver encore et encore de tous leurs futurs oppresseurs.

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-> "Les enfants d'Israël montèrent armés ('hamouchim) du pays d'Egypte".
Le terme : 'hamouchim (חֲמֻשִׁים) est écrit sans vav. [Puisqu'il n'y a pas de voyelles dans la Torah, on peut lire aussi : 'hamichim, qui veut dire : 50.]
C'est grâce à la Torah, qui allait être donnée 50 jours plus tard, que les juifs purent quitter l'Egypte.
Sans le mérite de la Torah, ils n'auraient jamais mérité ces grands miracles.
[rabbénou Bé'hayé]

Hachem est notre guérisseur

"Toutes les maladies que J'ai infligées à l'Égypte, Je ne vous les infligerai pas, car Je suis Hachem, celui qui vous guérit (ani Hachem rof'ékha)" (Béchala'h 15,26)

+ D'un point de vue halakhique, Hachem ne peut infliger de souffrances sans avoir préalablement prévu un remède :

-> Le Zéra Shimshon explique ce verset en se basant sur une halakha du Shoulchan Aroukh ('Hochen Michpat 420:21). La halakha stipule que si quelqu’un blesse une autre personne, l’auteur du préjudice est tenu de payer pour soigner les blessures.
Le Shoulchan Aroukh stipule que même si l’auteur du préjudice affirme pouvoir soigner la personne qu’il a blessée, nous n’acceptons pas son offre ; au contraire, on fait appel à un bon médecin pour soigner les blessures de l’autre personne et l’auteur du préjudice est tenu de payer.

Étant donné qu'Hachem est notre seul médecin, s’Il nous affligeait, Il ne pourrait plus être Celui qui nous guérit. Cela nous laisserait sans guérisseur.
Tel est le sens du verset susmentionné. Puisque Hachem est notre seul guérisseur, Il ne nous affligera pas des maux d’Égypte, car nous n’aurions alors aucun moyen d’être guéris.

Cependant, cette explication soulève une question évidente : les juifs tombent malades et ils guérissent aussi, et tout cela n’est l’œuvre de nul autre que Hachem. Selon la halakha mentionnée ci-dessus, cela ne devrait-il pas être impossible?

Le Zéra Shimshon répond à cette question par un midrach (Shir HaShirim raba 4,12) qui dit qu’avant d’affliger le peuple juif, Hachem crée toujours d’abord le remède. Alors qu’avec les non-juifs, Hachem les afflige d’abord, puis, lorsque vient le moment de les guérir, Il crée le remède nécessaire.

Le Zéra Shimshon explique que la raison en est qu’une fois qu'Hachem nous afflige, Il ne peut plus jouer le rôle de notre médecin ; c’est pourquoi Il crée d’abord le remède et le met en place avant même de nous affliger. Ainsi, lorsque l’affliction survient, le remède est déjà en place pour commencer automatiquement à guérir.

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+ La différence entre l’affliction des juifs et celle des autres nations :

-> Le Zéra Shimshon aborde un autre point dans ce verset. Si Hachem ne nous afflige pas de maux, pourquoi Se nomme-t-Il notre Guérisseur? Nous n’aurions alors pas besoin d’un Guérisseur.

Le Zéra Shimshon explique que le verset ne dit pas que le peuple juif ne tombera pas malade. Au contraire, le verset explique la différence entre le moment où Hachem envoie des maux aux non-juifs et celui où Il les envoie au peuple juif.

Lorsque les égyptiens ont été frappés (par les plaies), c'était en représailles de ce qu'ils avaient fait.
Cependant, lorsque Hachem frappe le peuple juif (en leur infligeant des souffrances), c'est dans un but tout à fait différent : c'est pour le guérir de ses maux spirituels et l'amener à se repentir.
Par conséquent, le verset ne signifie pas que les juifs ne tomberont pas malades. Il signifie plutôt que, bien qu’ils tombent malades, c’est parce que Hachem est notre guérisseur et qu’Il veut que nous nous repentions.
Le verset vise uniquement à établir une distinction entre les maux dont les égyptiens ont été frappés en guise de châtiment et les maux qui peuvent affliger les juifs et qui ont pour but de guérir le peuple juif de ses péchés, puisque Hachem est notre guérisseur.

"Effacer, j’effacerai (ma'ho, ém'hé) la trace d'Amalek de dessous les cieux" (Béchala'h 17,14)

-> La destruction d'Amalek n'entraînerait pas leur retour à Hachem. Par conséquent, ils seront également effacés et éradiqués du monde à Venir.
C'est pourquoi la Torah emploie un double verbe (ma'ho, ém'hé), indiquant qu'ils seront éradiqués à la fois de ce monde et du monde à Venir. (midrach Chémot rabba 27,6 ; Esther rabba 10,13)
Ce n'est pas le cas des autres nations. Lorsqu'elles sont détruites, D. est exalté et elles reçoivent donc une récompense en conséquence.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi ]

"Les Bné Israël étaient armés lorsqu'ils sont sortis du pays d'Égypte" (Béchala'h 13,18)

-> Les juifs qui ont quitté l'Égypte se sont dirigés vers un désert sans provisions importantes, mais ils ont tout de même emporté des armes.
Étant donné que la seule nourriture dont ils disposaient était la petite quantité qu'ils portaient sur leurs épaules, ils comptaient manifestement sur les miracles d'Hachem pour assurer leur subsistance. Puisqu'ils savaient que toute leur existence serait surnaturelle, pourquoi ont-ils pris la peine d'emporter des armes? Ca toute guerre qu'ils mèneraient pourrait être gagnée par la main d'Hachem.

En emportant des armes, les juifs faisaient une déclaration :
Ils savaient que toute victoire qu'ils remporteraient serait aussi miraculeuse que le reste de leur survie dans le désert. Ils déclaraient que même s'ils utilisaient des armes, leur victoire se ferait par la main directe d'Hachem, tout comme s'ils avaient gagné sans lever l'épée. Ce n'est que parce qu'il est erroné de s'appuyer sur des miracles ouverts qu'ils ont emporté des armes.
Bien qu'ils aient apporté des armes, ils n'ont pas pris de provisions, car la nourriture ne durerait pas longtemps, et ils ont donc été obligés de compter sur les miracles ouverts d'Hachem pour leur subsistance.
[rav Moché Feinstein - Kol Ram]

Les chants masculins et féminins

+++ Les chants masculins (chir) et féminins (chira) :

"Alors Moché et les Bné Israël chantèrent le chant suivant à Hachem" (az yachir Moché ... - Béchala'h 14,1)

-> Il faut expliquer pourquoi les chants chantés par le peuple juif dans la Torah sont désignés par la forme féminine [chira] alors que le chant qui sera chanté dans l'avenir est désigné par la forme masculine [chir]. (voir Téhilim 96,1 ; Chémot rabba 23:11)
C'est parce que le chant à venir [avec la venue du machia'h] ne sera pas motivé par autre chose que la joie, comme mon maître, le Maggid de Mézéritch, l'a enseigné à propos du verset : "Je me réjouirai" (choch achich - Yéchayahou 61,10).
[ le rabbi de Berditchev explique que la double formulation de l'expression "Je me réjouirai" (choch achich) dans ce verset signifie : "Je me réjouirai parce que j'ai mérité d'apporter de la joie à Hachem en Le servant". Il s'agit d'une joie pure, non entachée de motifs égoïstes/personnels. ]

En revanche, le chant entonné par le peuple juif lors de sa sortie d'Egypte (chirat hayam) a été déclenché par le miracle de l'ouverture de la mer Rouge.
La joie que l'ouverture de la mer Rouge a apportée au peuple juif était une joie de recevoir le salut. En ce sens, ils étaient des récepteurs, un trait féminin.
La joie future, cependant, ne sera pas provoquée par le fait que nous recevions quoi que ce soit, c'est pourquoi le chant que nous chanterons est désigné par la forme masculine.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Béchala'h 13,4]

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=> Les chants de louange que nous chantons à Hachem aujourd'hui sont nos réponses à la bonté que nous recevons de D. à notre égard. [d'où leur forme féminine - chirat]
En revanche, les chants de louange que nous chanterons dans l'avenir messianique seront des chants de pure joie, non provoqués par un acte spécifique de la bonté divine. [d'où leur forme masculine - chir ]

S’en remettre à nos Sages

"Qu'ils reviennent et campent devant Pi Ha'hirot" (Béchala'h 14,2)

=> Pourquoi Hachem demanda t-Il aux Hébreux de revenir en arrière? Les nuées de gloire leur montraient déjà le chemin, alors pourquoi avoir eu besoin de donner l'ordre de faire demi-tour? Il n'y aurait qu'à les laisser suivre les nuées sans rien n'avoir besoin de leur indiquer. Et quand les nuées feront demi-tour, les Hébreux les suivront.

-> Le Sfat Emet explique que jusqu'à présent, les Bné Israël avaient pu constater la Grandeur d'Hachem et Sa toute Puissance, capable de terrasser la puissance égyptienne, la plus puissante au monde de l'époque. Hachem a envoyé Moché Son Serviteur, pour réaliser ces miracles. Néanmoins, les Hébreux n'avaient pas encore totalement atteint le niveau de confiance véritable en Moché. Comme l'indique le Ramban, certains le soupçonnaient de vouloir régner et imposer sa dominance sur eux, et que ses intentions n'étaient pas les plus pures, D. Préserve.
Hachem fit sortir les Hébreux d'Égypte pour les prendre pour peuple et leur donner la Torah. Seulement, il ne suffisait pas aux yeux d'Hachem que le peuple ait uniquement confiance en Lui et connaisse Sa Grandeur. Il lui était aussi important de ne pas se contenter de la seule confiance en Hachem et en Sa Parole.

La confiance dans nos Sages, les Maîtres de la Torah et leurs paroles est tout aussi importante et fait partie intégrante de la confiance en la Torah d'Hachem. Pour renforcer la confiance des Hébreux en Moché, Hachem ôta les nuées de gloire de devant les Hébreux et somma Moché d'ordonner au peuple de faire demi-tour au devant des égyptiens, chose apparemment illogique!
Hachem voulait en fait inciter le peuple à suivre Moché uniquement selon sa parole, sans comprendre ses intentions, même s'ils n'avaient aucun signe venant d'Hachem, puisque les nuées ne les guidaient pas. Telle était la Volonté d'Hachem. Le but était de les amener à devoir suivre Moché avec une entière confiance, sans comprendre la raison de ses intentions, même si les Hébreux pouvaient avoir toutes sortes d'objections.
Car cet élément était décisif dans le projet d'Hachem pour Israël dans Son Intention de leur donner la Torah.

En fait, il ne peut y avoir de judaïsme, de Torah d'Hachem ni de peuple d'Israël sans la base de la confiance dans les Sages d'Israël. Cette confiance s'exprime en premier lieu dans leurs enseignements, même si parfois on ne les comprend pas, on les trouve surprenants, étonnants et où on y voit des objections. A défaut, la foi même en Hachem et Sa Torah serait compromise. Il faut faire très attention à ne pas tomber dans le piège tendu par ceux qui, avec orgueil et prétention, se permettent d'exprimer leurs avis et jugements à propos de nos Sages en émettant des réserves sur l'authenticité de leurs paroles.
Ils touchent là une base de la foi en la Torah d'Hachem et deviennent ainsi de véritables Hérétiques. Tous les enseignements de nos Sages dans le Talmud, les Midrachim, le Zohar ... ont été dits sous inspiration Divine.
=> La vérité de leurs paroles dépasse de loin l'étroitesse de notre vision qui, imprégnée de superficialité et de mensonges, ne perçoit pas d'emblée la profondeur et la vérité de leurs paroles. Ainsi, soyons humbles et acceptons de nous en remettre entièrement aux paroles des Maîtres de la Torah, qui expriment la Vérité de la Parole d'Hachem.

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-> "Hachem parla ainsi à Moché: “Dis aux Bné Israël de remonter (Sur leurs pas, en direction de l’Egypte - Rachi) et de camper en face de Pi Ha’hirot (anciennement Pitom), entre Migdol et la mer ; devant Baal-Tséfone" (Béchala'h 14,1-2)

-> Rachi commente (au nom de la Mékhilta): "[Baal Tséfone] C’était la seule divinité restée intacte parmi toutes celles des égyptiens [qui furent frappées durant la mort des premiers-nés (voir Bo 12,12)], afin qu’ils (les égyptiens) soient induits en erreur et disent que leur dieu est solide’.

-> Pharaon convoqua son armée et expliqua à ses soldats : "Pourquoi les juifs campent-ils à Pitom, qui est un endroit dangereux pour eux, au lieu de poursuivre leur voyage? Ce doit être parce qu’ils ne peuvent ni avancer, sachant que la mer bloque leur chemin, ni fuir par les côtés dans le désert, à cause des bêtes sauvages qui s’y trouvent. Je suis sûr que notre dieu, Baal Tséfone a rassemblé des bêtes sauvages à l’entrée du désert afin d’empêcher leur fuite". [Rokéa’h]

-> Bien qu’il finît par être détruit comme tous les autres dieux d’Egypte, une partie du Baal Tséfone fut cachée (comme son nom l’indique צפון [Tsafone - caché]) pour n’être supprimée qu’à la Délivrance finale qui est similaire à la première Délivrance (voir Michée 7,15) et qui marque l’aboutissement de la "Sortie d’Egypte".
[Sfat Emet - Pessa’h].

-> Baal Tséfone ne fut pas détruit avec les autres divinités d’Egypte, afin de rassembler les Béné Israël en ce lieu. Le site était surplombé d’une immense idole et c’était là que les égyptiens avaient enterré les trésors que Yossef avait amassés pour le compte du Pharaon pendant les années de famine. En arrivant à ce lieu, les juifs découvrirent les trésors et s’en emparèrent. [midrach]

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-> "Et Hachem inspira la faveur du peuple aux yeux des Égyptiens ; ils empruntèrent, et ils dépouillèrent l’Egypte"
(Bo 12,36).

-> La Mékhilta nous apprend que les idoles des égyptiens ont fondu et qu’elles ont cessé d’exister.

-> Le Messe'h 'Hokhma explique qu’il est très probable que les Bné Israël ont pris également les métaux précieux qui avaient servi à forger les idoles. Ils n’auraient pas, sinon, été considérés comme ayant "dépouillé" l’Egypte.
Mais comment ont-ils pu le faire, alors qu’il est interdit à un juif de tirer profit d’un objet divinisé?
Il apparaît donc que les idoles égyptiennes ont fondu et qu’elles se sont transformées en métaux à l’état brut, démontrant ainsi leur totale inutilité. Les égyptiens les ont alors destituées, ce qui les a rendues permises aux Hébreux.
La Halakha stipule cependant qu’une disqualification de ce genre opérée par un non-juif n’est valable que s’il reste un idolâtre. S’il abjure ses convictions, il n’est plus en mesure de procéder à une telle élimination [voir Avoda Zara 64a : "Celui qui adore les idoles peut révoquer le statut d’une, mais celui qui ne les adore pas ne peut pas révoquer le statut d’une" ].
Cela étant, si toutes les idoles avaient été détruites, les "gyptiens se seraient rendu compte que leur adoration était absurde et y auraient naturellement renoncé. Par une telle exclusion, non conforme à la Halakha, les Bné Israël n’auraient pas eu le droit de tirer profit des métaux précieux qui les composaient.
Hachem a donc permis à une idole, Baal Tséfone, de demeurer provisoirement intacte, incitant ainsi les égyptiens à croire qu’elle avait échappé à la destruction et qu’elle était donc digne d’être vénérée.
Ils sont ainsi restés des idolâtres, et la disqualification des dieux dont le métal avait fondu était parfaitement valable, ce qui leur permit de "dépouiller l’Egypte".

L’ouverture de la mer Rouge

+ L'ouverture de la mer Rouge (par le rabbi de Berditchev) :

-> Dans tous les mondes, du plus haut au plus bas, la lumière et la vitalité sont continuellement puisées dans le Créateur béni, à chaque instan, afin de soutenir leur existence. Car si cette lumière et cette vitalité cessaient d'animer les mondes, ne serait-ce qu'un instant, à D. ne plaise, ils cesseraient tous d'exister et seraient comme s'ils n'avaient jamais existé. Comme le dit le Zohar (tikouné Zohar intro 17a) : "Si Tu t'éloignais ne serait-ce qu'un instant, ils cesseraient d'exister".
C'est pourquoi, à tout moment et à chaque instant, la lumière et la vitalité sont puisées, comme nous le mentionnons dans nos prières : "Celui qui renouvelle dans Sa bonté continuellement, jour après jour, l'acte de la Création" (amé'hadech bétouvo bé'hol yom tamid maassé béréchit).
Chaque chose qui existe reçoit sa lumière et sa vitalité en fonction de sa taille et de sa capacité à recevoir. Par conséquent, chaque détail de l'existence doit être continuellement soutenu, dans son essence et sa forme, tout comme il a été créé au cours des 6 jours de la Création.

Nous allons maintenant expliquer le miracle de la division de la mer Rouge. Lorsque la mer Rouge s'est fendue, elle s'est transformée en terre ferme (voir Téhilim 66,6), car la lumière et la vitalité nécessaires à son maintien à l'état liquide lui ont été retirées. À ce moment-là, sa lumière et sa vitalité sont sorties de ce monde. Par conséquent, son essence même en tant que substance fluide a cessé d'exister.
En conséquence, la mer se fendit et se fragmenta, car elle était privée de sa lumière et de sa vitalité.
[la mer se divisa en 12 chemins, un pour chaque tribu (Pirké déRabbi Eliézer 42 ; Tan'houma Béchala'h 10). ]

C'est pourquoi le miracle de la division de la mer Rouge est le plus grand de tous les miracles. Car en plus de constituer un changement de nature dans ce monde inférieur, quelque chose d'entièrement nouveau et de merveilleux, qui ne s'était jamais produit depuis la création de tous les mondes, s'est produit. Il y eut un renversement de l'ordre de descente de tous les mondes qui avait été établi dans la nature depuis l'époque de la création.
Car, comme on le sait, chaque monde a une dimension de mer et de terre ferme. De même que dans le monde inférieur, la mer physique s'est transformée en terre ferme, de même dans tous les mondes spirituels supérieurs, la dimension correspondante de la mer s'est transformée en terre ferme. Tout cela s'est produit parce que leur lumière et leur vitalité se sont élevées aux niveaux les plus élevés.

[bien que le texte n'explique pas ce que signifie "transformer la mer en terre ferme" dans un sens spirituel, l'implication est que les niveaux qui sont normalement cachés ("mer") sont devenus révélés ("terre ferme"), similaire à la façon dont les commentaires (voir Mochné Torah Méla'him 12,5) interprètent le verset : "car la terre sera remplie de la connaissance de D. comme l'eau recouvre le fond de la mer" (Yéchayahou 11,9).
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Pessa'h ]

Une ouverture des eaux

+ Une ouverture des eaux :

Nous connaissons le miracle étonnant où les eaux de la mer Rouge se sont fendues et ont permis aux Bné Israël de marcher sur la terre ferme. On peut rapporter différentes fois où un tel évenement a eu lieu :
- Moché et les Bné Israël à travers la mer Rouge. [Béchala'h 14]
- Dathan et Aviram à travers la mer Rouge (ils sont venus après le peuple, et la mer s'est de nouveau réouverte pour eux). [Béer Mayim 'Haïm - Béchala'h]
- Yaakov et le Yarden. [Tan'houma Yachan - Vayétsé 3]
- Yéhochoua et les Bné Israël et le Yarden. [Yéhochoua 3,16]
- les puissants guerriers qui ont aidé le roi David et le Yarden. [Divré Hayamim I 12,16]
- Un hérétique près de Rabbi Yehochoua par l'eau. [Yérouchalmi Sanhédrin 7,13]
- Rabbi Pin'has ben Yaïr et la rivière Genaï à trois reprises. ['Houlin 7a]
- Eliyahou et l'eau. [Méla'him II 2,8]
- Elicha et l'eau. [Méla'him II 2,14]
- Rabbbi 'Hanina et les eaux de Tiveria. [Yérouchalmi Avoda Zara 3,1]
- Un 'hassid et de l'eau. [Psikta déRabbi Kahana 18,5]

"Ils eurent foi (vayaaminou) en Hachem et en Moché Son serviteur" (Béchala'h 14,31)

-> J'ai appris de mon maître, le Baal Shem Tov, que le terme "croyance" désigne l'attachement mystique de l'âme à Hachem.
[Toldot Yaakov Yossef - Ki Tavo ]

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-> La émouna n'est pas vraiment lorsque tout va bien, que l'on comprend et apprécie ce qu'il se passe, mais c'est plutôt lorsque les circonstances sont difficiles, qu'on ne comprend pas, que c'est dur (voir injuste), ... Malgré ces sentiments qui nous éloignent d'Hachem, on dépasse notre perception, notre compréhension personnelle d'humain, et on se jette dans la dimension du divin, on s'attache à Hachem, lui faisant confiance qu'Il gère tout pour le meilleur.

"Lorsque la communauté est dans la détresse, on ne doit pas penser : Je vais aller chez moi, manger et boire et tout ira bien pour moi. Au contraire, on doit souffrir avec la communauté, comme Moché notre maître ainsi qu'il est dit : "Les mains de Moché étaient pesantes, et ils prirent une pierre et la posèrent sous lui et il s'assit sur elle" (Béchala'h 17,12).
Moché ne disposait-il pas d'un coussin sur lequel s'asseoir?
Effectivement, mais il disait : Puisque la communauté d'Israël est dans la souffrance, je suis dans la souffrance avec elle.
Quiconque se conduit de la sorte mérite de voir la communauté délivrée."

[guémara Taanit 14a   -> Béchala'h 17,12]

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+ "D. dit à Moché : Que cries-tu vers Moi : Parle aux enfants d'Israël et qu'ils partent"  (Béchala'h 14,15)

Pourquoi Moché a-t-il crié vers D.?
Ne savait-il pas que D. tiendrait sa promesse et serait l'artisan de la perte des Égyptiens?

A cela, le Sfat Emet répond :
L'amour de Moché pour Israël était tellement fort qu'il perdit patience en voyant le peuple souffrir et ne put retenir l'émotion qui serrait son cœur.