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"Ils dirent à Moché : "N'y a-t-il pas de tombeaux en Egypte que tu nous aies emmenés pour mourir dans le désert? Que nous as-tu fait là, de nous sortir d'Egypte?" (Béchala'h 14,11)

-> Le Séfer Likouté Yéhouda cite son grand-père, le 'Hidouché haRim comme demandant : comment le peuple juif pouvait-il se plaindre à Moché et prétendre qu'il les a emmenés mourir dans le désert. N'avaient-ils pas été témoins de nombreux miracles pendant la sortie d'Egypte? Pourquoi auraient-ils pensé qu'ils allaient tous mourir?

Le 'Hidouché haRim répond que le peuple juif en Égypte avait sombré au 49e niveau d'impureté.
Ils se sont échappés d'Egypte afin de s'élever de l'impureté à la sainteté. Cependant, ils ont alors vu les égyptiens les pourchasser après eux.
Cela signifie qu'ils ont vu l'impureté d'Egypte à leur poursuite. Ils ont réalisé qu'ils étaient toujours affectés par cette impureté et n'avaient pas réussi à s'en débarrasser.
C'est de cela qu'ils se se plaignaient. Ils demandaient comment le fait de quitter l'Égypte leur avait été bénéfique s'ils étaient toujours aussi impurs qu'avant.

Moché a répondu (v.14,13) en leur disant de rester fermes et de de voir le salut d'Hachem.
Il disait que le fait même fait qu'ils reconnaissent leur faible niveau spirituel conduirait au salut d'Hachem.
Avant de de quitter l'Egypte, ils ne savaient même pas qu'ils étaient enfoncés dans l'impureté. Ainsi, le fait qu'ils comprenaient maintenant qu'ils étaient impurs et devaient s'améliorer était un signe que le salut avait commencé.

=> Lorsqu'une personne reconnaît son faible niveau spirituel, elle est déjà sur le chemin de l'amélioration.
[lorsque l'on prend conscience de ce qui ne va pas en nous, plutôt que de désespérer, on doit se réjouir d'être arriver à ce niveau de conscience, et ensuite tout en faisant de notre mieux, on est certain que Hachem nous libérera de cet "Egypte" personnel.
(en effet puisqu'on a fait de nous même un premier pas en avant pour nous purifier [cette prise de conscience de notre réalité], Hachem peut alors nous aider à avancer davantage en ce sens). ]

"Et il advint (vayéhi - וַיְהִי) lorsque Pharaon laissa partir le peuple, que Hachem ne les conduisit pas à travers le pays des Philistins" (Béchala'h 13,17)

Nos Sages (guémara Méguila 11a) disent que le mot וַיְהִי dénote la douleur et la souffrance. Il s'agit d'une contraction de "ויי והי", qui se traduit par "malheur et deuil" (Megillah 11a).

-> Le rav Yéhochoua Rokéa'h, le 2e Rabbi de Belz, explique qu'après tout ce qu'Hachem a fait pour les juifs, après tous les miracles dont ils ont été témoins, ainsi que la domination d'Hachem sur Pharaon et l'Égypte, il y avait encore des juifs qui disaient : "vayehi béchala'h Pharaon", que c'était Pharaon qui avait envoyé les juifs, et non Hachem.
Par conséquent, il s'agit d'un langage de souffrance (lachon tsaar), parce qu'il y avait encore des certains juifs qui n'étaient pas parvenus à cette émouna, cette croyance en Hachem.

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch inclut une autre question : Pourquoi Pharaon a-t-il été décrit comme celui qui les a fait sortir ("Pharaon laissa partir le peuple")? Hachem est celui qui nous a fait sortir d'Egypte!
Il explique que la nation que Pharaon a fait sortir n'était autre que le érev rav, des égyptiens qui sont partis avec Bné Israël.
Nous trouvons constamment l'utilisation du mot "am" (peuple), lorsque la Torah énumère les nombreuses fautes qui ont eu lieu dans le désert. Il s'agit des personnes qui ont fait partie du voyage, contrairement aux termes "Israël" ou "Bné Israël" qui désignent nos véritables frères juifs.
[or dans notre verset, il est écrit : "vayehi béchala'h Pharaon ét aAM" -> peuple, donc cela fait allusion au érev rav. ]

Ainsi, c'est bien Pharaon qui a envoyé ce "peuple" (érev rav) et son intention était de leur faire fomenter des problèmes et de convaincre les Bné Israël de retourner en Égypte.

-> Plus tard dans le désert, à l'époque du péché du Veau d'or, Hachem a critiqué Moché, rejetant la responsabilité du Veau d'or sur le érev rav, que Moché avait fait monter d'Égypte, comme il est dit : "Va, descends, car ton peuple que tu as fait monter du pays d'Égypte a agi de manière corrompue" (Ki Tissa 32:7). Rachi explique que le verset ne dit pas "le peuple", mais "ton peuple" (am'ha), parce que c'est Moché lui-même a accepté le érev rav, sans consulter Hachem. Moshé avait pensé que ce serait bon pour eux de s'accrocher à la Chékhina, mais ce sont eux qui se sont corrompus et ont corrompu les autres.

=> C'est pourquoi le mot "vayehi", un lanquage de souffrance est utilisé pour parler du "peuple" qui a quitté l'Égypte. Ce n'était pas ce qu'Hachem voulait ; c'était le fait de Pharaon, qui avait des intentions néfastes.
Ces futurs fauteurs de troubles ont été envoyés par Pharaon (et non sortis par Hachem). En cela, il y avait quelque chose à déplorer.

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-> b'h, autres explications : https://todahm.com/2020/03/23/12887-2

"Alors chantera Moché et les Bné Israël" (az yachir Moché ouBné Israël - Béchala'h 15,1)

-> Dans ce verset, la Torah raconte que lorsqu'ils ont fini de traverser la mer Rouge et qu'ils ont vu leurs ennemis (es égyptiens) gisant morts le long du rivage, le peuple juif a éclaté en chants de joie.
Cependant, les mots : "az yachir" semblent difficiles à comprendre. Le mot "az" implique le passé tandis que le mot "yachir" signifie "chantera", au futur.
=> Comment devons-nous comprendre cela?

-> Le rav Levi Its'hak de Berditchev dit que les Bné Israël étaient certains qu'Hachem les sauverait. Cela avait-il un sens pour Lui d'accomplir tant de merveilles incroyables jusqu'à présent pour que le grand final se termine par la mort de la nation entière? Assurément, c'était impensable.
En fait, nos Sages (Mékhilta - Béchala'h 16,20) nous disent que le peuple juif avait une telle confiance dans le salut d'Hachem qu'ils ont apporté des tambours avec eux lors de leur sortie d'Égypte dans leur certitude d'être sauvés.

Selon le rav de Berditchev, ceci est l'explication des mots "Az Yashir".
Az est au passé, faisant référence aux moments avant même que la mer ne se fende ; Yashir est au futur = le peuple juif était déjà certain qu'il allait chanter. Avant même que leur salut ne soit arrivé, les Bné Israel savait déjà qu'ils chanteraient en étant secourus.
Leur foi était si parfaite que pour eux, le salut était une certitude totale.

Avant l'ouverture de la mer Rouge, ils avaient d'un côté toute l'armée égyptienne surarmée à leur poursuite et de l'autre une mer déchaînée devant eux, le peuple juif était coincé entre le marteau et l'enclume. Il n'y avait pas d'issue! Vers où pouvaient-ils courir, vers qui pouvaient-ils se tourner?
Or, bien qu'en apparence coincé dans ce qui semblait être la situation la plus désespérée et sans issue, le peuple juif avait déjà commencé à chanter (az yachir).

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-> Lorsque l'on demandait à un certain 'hassid Breslev comment il faisait pour rester joyeux même dans des moments aussi difficiles, il répondait : "J'emprunte simplement un rikoud (une danse) aux jours meilleurs à venir!" Il s'agit d'une toute autre approche de la vie.
Souvent, nous sommes confrontés à des circonstances éprouvantes qui échappent à notre contrôle ; nous ratons le bus pour une réunion importante, nous renversons du café sur notre chemise fraîchement lavée, ...
Les situations sont infinies. Mais si nous croyons vraiment au "gam zou létova", qu'un jour dans le futur nous verrons comment tout était vraiment pour le mieux, alors pourquoi ne pas commencer à chanter dès maintenant?
En effet, combien plus agréable serait le reste de notre journée, et en fait notre vie entière, si au lieu de nous énerver sur ces choses qui vont mal et qui sont de toute façon au-delà de notre capacité à les changer, nous les traversions en dansant ?

À quoi bon s'énerver parce que la circulation est bloquée et que je suis en retard au travail? Mes coups de klaxon furieux vont-ils contribuer à améliorer la situation? Ce n'est pas comme si tout le monde attendait que je klaxonne et que maintenant grâce à cela ils peuvent commencer à bouger.
Combien la vie serait plus agréable, si au lieu de taper du poing sur le volant par frustration, je respire profondément et commence à taper doucement un rythme sur l'air de "Hodou l'Hachem ki tov!" (remercions Hachem car Sa bonté est éternelle [même quand à mes yeux tout semble aller de travers, pour le mal]).
Nous avons une toute autre vie lorsque notre émouna certaine dans le salut [d'Hachem] atteint le point où nous pouvons chanter joyeusement avant même que le salut n'arrive.
C'est le message de "az yashir". Dans le passé, avant même que leur salut n'arrive, le peuple juif chantait déjà un avenir meilleur.

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+ En résumé :

==> Même dans les moments de danger extrême que le peuple juif a passé coincé entre l'armée égyptienne et la mer déchaînée, ils avaient une foi si parfaite qu'ils seraient sauvés qu'ils ont déjà commencé à chanter.
Si nous travaillons sur notre foi que notre Père céleste [Hachem] ne nous abandonnera jamais, et que chaque situation dans la vie, aussi négative qu'elle puisse paraître, est toujours pour notre bien, nous pouvons déjà commencer à chanter avant même que le salut n'arrive.

"Ils eurent foi en Hachem et en Moché, son serviteur" (Béchala'h 14,31)

Nos Sages (Zohar - Béchala'h 55) nous disent qu'au moment de l'ouverture de la mer Rouge, les sept cieux se sont ouverts et le peuple juif a pu voir directement à travers. Et : "une servante a vu à la mer Rouge ce que même le prophète Yé'hekel n'a pas vu".

-> Beaucoup d'entre nous ont l'impression qu'il existe un plafond fixe pour notre croissance spirituelle. Nous doutons de notre capacité à devenir vraiment grands et à atteindre des niveaux élevés dans notre avodat Hachem.
On se dit : "Apprendre sans interruption pendant 3 heures d'affilée? Prier avec une attention parfaite, en se concentrant sur chaque mot? Laissons cela aux tsadikim comme le rav 'Haïm Kanievsky. Je ne suis pas ce genre de personne."

L'ouverture de la mer Rouge nous apprend tout le contraire.
La Torah nous dit que l'ouverture de la mer Rouge a servi à renforcer l'émouna du peuple juif ("Ils croyaient en Hachem et en Moché Son Serviteur").

-> Le rav Lévi Its'hak de Berditchev dit : savez-vous ce que cela signifie qu'ils croyaient en "Moché Son serviteur"?
Cela signifie qu'il était parfaitement clair pour chaque juif qu'il pouvait atteindre le niveau de Moché Rabbénou. En regardant à travers les sept cieux vers le domaine spirituel d'en-Haut, chaque juif a réalisé qu'il pouvait en effet être grand, et qu'avec un effort approprié, il pouvait dépasser toutes les barrières dans sa vie pour atteindre des niveaux énormes.

-> Rabbi Na'hman de Breslev n'était pas du tout d'accord avec l'opinion commune selon laquelle les tsadikim atteignent de grandes hauteurs spirituelles en raison de la nature de leurs âmes élevées.
Il a dit un jour à ses 'hassidim :
"Voici votre problème : il vous semble que les principaux accomplissements et réalisations des tsadikim ne sont dus qu'à leur âme élevée. Mais en vérité, ce n'est pas du tout le cas! Chacun d'entre vous a la capacité d'atteindre mon niveau et d'être exactement comme moi ; Tout dépend de l'effort et du travail que vous faites." (Si'hot haRan 165)

-> A un autre endroit, Rabbi Nathan ('Hayé Moharan) écrit :
"La raison pour laquelle nous avons raconté son avoda (à Rabbi Na'hman de Breslev) et sa façon d'agir dans les années de sa jeunesse, c'est pour que tout le monde sache que le choix est libre et que chacun peut mériter, s'il en a seulement le désir, d'atteindre un niveau incroyablement élevé, même s'il peut lui sembler que l'avodat Hachem est extrêmement difficile et que du haut du ciel on l'empêche de franchir les portes, car ses désirs le dominent.
Malgré tout, il faut s'obstiner dans son service et ne pas se focaliser sur tout cela, car à partir de ces histoires sur Rabbi Na'hman, celui qui est sage comprendra que Rabbi Na'hman a fait l'expérience de toutes ces barrières et de tous ces obstacles et qu'il a réussi à les surmonter, grâce à son véritable désir de servir Hachem. Il a résolu de choisir la vie jusqu'à ce qu'il mérite ce qu'il mérite."

=> Ne nous laissons pas abattre par ce qui semble être nos limites spirituelles. Allons jusqu'au bout et réalisons que nous pouvons devenir vraiment grands si seulement nous nous concentrons et faisons les efforts nécessaires.
"Ils eurent foi en Hachem et en Moché, son serviteur" = la mer Rouge nous a appris à croire qu'indépendamment de qu'il est au moment présent, chaque juif peut atteindre de grands niveaux.

[ "au moment de l'ouverture de la mer Rouge, les sept cieux se sont ouverts et le peuple juif a pu voir directement à travers" = chaque juif (même le plus racha) a pu voir à quel point il est précieux/importants, adoré, aux yeux d'Hachem (même s'il fait les pires fautes, cela n'y changera rien).
Chaque juif a pu voir son véritable potentiel, à quel point il peut faire des actions (en apparence simples mais) qui atteignent le 7e Ciel, et qui peuvent changer le monde en-haut, en-bas, et l'Histoire du peuple juif.
Chaque juif a pu voir quelle version de lui-même il pourrait atteindre durant sa vie, si seulement il avait plus confiance et conscience en ses capacités personnelles. Le problème est que le yétser ara nous dévalorise (pour qui tu te prends, tu n'es pas un tsadik n'ont plus!), et alors on limite nos ambitions spirituelles.
Après notre mort, le pire guéhinam est la réalisation du décalage entre ce qu'on aurait pu faire de notre vie, et ce qu'on y a réellement fait. Sachons que nous avons un potentiel illimité (ayant une partie Divine en nous), exploitons-le de notre mieux, et comme cela on se dispensera des regrets éternels, des souffrances sur le fait qu'on est passé tellement à côté de la grandeur spirituelle qu'aurait pu être notre vie. ]

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==> Pendant quelques instants étincelants sur les rives de la mer Rouge, chaque membre du peuple juif a réalisé à quel point il pouvait vraiment devenir grand. Nous avons vu que rien, à part les limites que nous nous fixons nous-mêmes, ne nous empêche de devenir aussi grand que Moché.
Si nous adoptons l'état d'esprit selon lequel notre succès spirituel est entièrement entre nos mains, il sera d'autant plus facile de fournir les efforts nécessaires qui nous mèneront vers les cieux et au-delà.

Lorsque le peuple juif a vaincu Amalek dans le désert, Hachem a dit à Moché : "Ecris ce mémorial dans le livre, et mets-le dans les oreilles de Yéhochoua" (Béchala'h 17,14).
Nos Sages (guémara Méguila 7a) disent que "le livre" se réfère à la Méguilat Esther. Ainsi, Moché a reçu l'ordre de mettre l'histoire de la Méguilat Esther dans les "oreilles de Yéhochoua", en d'autres termes, de lui chuchoter discrètement à l'oreille.
Pourquoi cela devait-il se faire discrètement?

Puisque les gens de l'époque de Mordé'haï et d'Esther avaient fauté et avaient besoin de se repentir avant de pouvoir être sauvés, s'ils avaient connu l'issue de l'histoire à l'avance, parce que Moché l'aurait racontée à voix haute à Yéhochoua, ils n'auraient pas eu peur d'Haman et ils n'auraient jamais fait téchouva.
[Yisma'h Moché]

+ A la fin des temps, lors de la guerre de Gog et Magog, la totalité des oppresseurs du peuple juif durant l'histoire sera réincarnée pour effectuer la réparation des dommages commis à son encontre.
Depuis Pharaon, en passant par Nabuchodonosor Haman, les empereurs romains jusqu'à Hitler, tous les tyrans de ces dernières décennies qui oppressèrent Israël, se réincarneront durant la dernière génération et accéderont au pouvoir de leurs nations afin de préparer leur propre chute et glorifier ainsi majestueusement le Nom de D.
[Tsor ha'Haïm - Béchala'h]

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-> "Les eaux se retournèrent, elles couvrirent les chars et les cavaliers, toute l'armée de Pharaon qui était entrée derrière eux dans la mer, il n'en resta pas un seul" (Béchala'h 14,28)

-> Le midrach (Mékhilta Béchala'h 6) enseigne :
Il ne resta pas un survivant à l'exception de Pharaon au sujet duquel il est écrit : "Mais voici pourquoi Je t'ai laissé vivre, pour te faire voir Ma puissance dans le monde".

-> Au sujet de Hillel l'Ancien : "Même lui vit un crâne flotter sur l'eau. Il lui dit : c'est parce que tu as noyé que l'on t'a noyé, et ceux qui t'ont noyé seront noyés à leur tour" (Pirké Avot 2,7).

-> Selon le Arizal (Chaar haGuilgoulim), l'âme Moché et celle d'Hillel provenaient d'une même racine.

-> Par ailleurs, selon Zohar haKadoch (A'haré Mot 76a) :
"Viens et constate, concernant celui qui transgresse les commandements de la Torah, que ses transgressions montent et descendent, et laissent des traces sur son visage afin que les êtres des mondes supérieurs et du monde d'en-bas le regardent et déversent des malédictions à son encontre".

-> Le rav Pin'has Friedman (Shvilei Pinhas) commente :
Lorsqu'Hillel vit le crâne, il put lire ce qui était inscrit sur le crâne et il sut qu'il s'agissait de celui de Pharaon le racha. C'est pourquoi il déclara avec certitude que ce dernier était mort noyé car il avait lui-même noyé.
Les mots de la michna des Pirké Avot : "même lui vit un crâne" font allusion au fait qu'Hillel n'était autre que la réincarnation de Moché, qui "vit" lui aussi le crâne en question et "comprit" qu'il appartenait à la réincarnation de Pharaon puni, dans cette génération, mesure pour mesure pour avoir noyé les Bné Israël, comme il est écrit : "Tout mâle nouveau-né, jetez le dans le fleuve" (Chémot 1,22).

Hillel s'adressa ensuite au peuple d'Israël et non plus au crâne en disant : "Non seulement Pharaon a été noyé parce qu'il t'a noyé, mais il en sera de même pour toutes les autres nations du monde qui te nuiront. Elles seront aussi punies, comme Pharaon. C'est le sens des paroles d'Hillel : "Et ceux qui t'ont noyé, seront à leur tour noyés".

[Dans les Pirké Avot, lorsqu'il est dit que Hillel vit un crâne (golgolet - גלגלת), l'étymologie est la même que le mot : réincarnation (guilgoul - גלגול).]

Moché savait que Pharaon fut épargné afin de témoigner auprès des nations du monde de la grandeur d'Hachem et sanctifier ainsi Son Nom en racontant la sortie d'Egypte. Cependant, la justice Divine ne dépend ni de l'espace et ni du temps et Pharaon devra revenir en réincarnation pour subir son châtiment.

Hillel souhaitait renforcer les juifs de sa génération dans la foi en la justice Divine, dans la notion de récompense/punition. [et qui est au-delà de l'espace et du temps]
En effet, à l'époque d'Hillel, ses contemporains souffraient des persécutions romaines. Ainsi Hillel rassura le peuple juif en lui expliquant qu'à l'avenir, Hachem vengera Son peuple.
De la même façon que Pharaon fut puni des générations plus tard à travers une réincarnation qui endura mesure pour mesure son lot de réparation, de même tous les oppresseurs du peuple juif devront rendre des comptes, mesure pour mesure, que ce soit dans cette vie ou dans une autre, car chacun sera réincarné pour effectuer sa réparation, mesure pour mesure, en fonction du mal qu'il aura commis.
[à notre niveau nous ne pouvons pas appréhender les actions d'Hachem, surtout en se détachant de la notion de temps.]

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-> Si nous souhaitons juger les actes d'Hachem, nous devons prendre en considération que Sa justice [s'étend] sur plusieurs générations et peut ne devenir compréhensible que dans une seule génération ...
Ainsi, mieux vaut ne pas se poser trop de questions.
[Moussar Israël]

L’énorme pouvoir du fait de prendre ses responsabilités

+ L'énorme pouvoir du fait de prendre ses responsabilités :

-> La Tossefta ( Berakhot - Ch.4, halakha 16) nous raconte que devant la mer Rouge, toutes les tribus délibéraient pour déterminer qui devait entrer dans l’eau en premier, chacune tentant de déléguer cette responsabilité à une autre tribu. Finalement, celle de Yéhouda s’engagea et sanctifia le Nom d’Hachem.
La Tossefta explique que c’est l’une des actions qui donna à Yéhouda le mérite d’accéder à la royauté. Il fit preuve d’initiative tandis que tous les autres cherchaient à se dérober. On lui confia donc la noble mission de diriger le peuple juif.

-> La Thora considère le fait d’assumer une mission, de prendre ses responsabilités, comme un enrichissement personnel immense.
Le rav ‘Haïm Chmoulewitz (Si’hot Moussar - maamar 20) l’affirme quand il parle de la portée des premiers pas de la tribu de Yéhouda dans la mer.
Il écrit : "A ce moment, la tribu de Yéhouda se sentit garante de tout Israël et réalisa qu’elle devait faire ce qui lui incombait ; grâce à ce sentiment, Yéhouda devint meilleur que tout Israël et s’emplit de force et d’assurance pour traverser la mer, comme si elle était complètement sèche ; c’est grâce à cela qu’il mérita de devenir roi."

En se sentant responsable des autres, Yéhouda reçut le rôle le plus important du peuple juif. Nous apprenons de cet épisode un enseignement fondamental : la responsabilité peut souvent être considérée comme un fardeau, comme quelque chose qui nous restreint et qui nous oblige à faire des choses que nous ne voulons pas accomplir. Mais la bravoure de Yéhouda nous prouve le contraire. C’est cette capacité d’assumer des responsabilités pour lui-même, sa famille et son peuple qui lui permit d’atteindre de si hauts niveaux.
Comme l’affirme rav Chmoulewitz, au moment-même où il accepta "ce qui lui incombait", il s’éleva à un niveau tout autre.
Le principe reste le même pour chacun ; une personne déterminée, qui endosse ses responsabilités et celle de son peuple peut également atteindre des sommets insoupçonnés.

-> Le rav Chmoulewitz développe davantage cette idée ailleurs (Si’hot Moussar - maamar 23). Il rapporte un Yérouchalmi (Bikourim Ch.3, halakha 3) : "Un sage, un nouveau marié et celui qui a atteint la grandeur sont pardonnés de leurs fautes."
Le Yérouchalmi donne l’exemple d’Essav pour expliquer que le ‘hatan est expié : il se maria à une femme que la Torah nomme Ma'hla, alors que ce n’était pas son véritable prénom. Ma’hla vient de la racine "mo’hel", pardonner. Le Yérouchalmi en déduit que toutes leurs fautes furent pardonnées quand elle se maria avec Essav.

Le rav Chmoulewitz déduit de l’exemple du racha Essav et de sa femme idolâtre qu’une personne qui se marie est absoute même sans faire téchouva, puisqu’ils ne s’étaient certainement pas repentis de leurs péchés. Même le jour de Kippour, on n’est pardonné qu’après un repentir sincère, alors pourquoi l’expiation est-elle, dans ce cas, si facile ?

Il répond que la particularité du ‘hatan est qu’il accepte de prendre la responsabilité de sa femme, et personne n’est plus digne que celui qui prend sur lui le joug de la responsabilité.
C’est pourquoi, on lui pardonne toutes ses erreurs, et on lui accorde une aide divine pour réussir dans sa nouvelle mission, on efface tout son passé, pour qu’il puisse s’acquitter de sa nouvelle tâche."

Prendre un nouvel engagement est une si grande prouesse qu’on efface son ardoise propre pour qu’il reparte sur de bonnes bases : sa vie prend une dimension tout à fait différente!

Nous avons vu à quel point le sens des responsabilités est important dans la vie d’un individu.
[ex: les paroles du rav Chmoulévitz : "grâce à ce sentiment, Yéhouda devint meilleur que tout Israël et s’emplit de force et d’assurance pour traverser la mer, comme si elle était complètement sèche ; c’est grâce à cela qu’il mérita de devenir roi."]
C’est en réalité ce qui permet de déterminer les niveaux qu’une personne atteint dans sa vie. Ce que l’on demande à la personne, c’est de décider d’endosser la responsabilité pour lui-même et pour son entourage.
Le libre arbitre est, par essence, la capacité de prendre des décisions, de se déterminer à changer, à grandir, à exploiter au maximum son vrai potentiel. Si quelqu’un fait ce choix, il peut alors devenir un meilleur être, un nouvel être, dont le passé est oublié.

Devant la mer déchaînée, les membres de la tribu de Yéhouda prirent la décision capitale d’accepter une responsabilité et de ne pas la déléguer aux autres.
Puissions-nous b'h tous mériter d’assumer nos responsabilités et d’atteindre ainsi notre plein potentiel.
[d'après le rav Yéhonatan Gefen]

"Il est ma force et ma louange, Hachem était pour moi ma délivrance" (ozi vézimrat ya, vayéhi li lichoua - Béchala'h 15,2)

-> Le Zikhron Ra'hamin commente cela d'une façon très "surprenante" :
Lorsque la mer rendit les corps des égyptiens sur le rivage, le peuple d'Israël se réjouit et se mit à chanter.
Moché, quant à lui, s'inquiétait pour chacun des Bné Israël. Il cherchait à voir s'il restait encore quelques personnes à la traîne ou si tout le monde avait bénéficié de ce sauvetage miraculeux.
Il trouva alors une veuve assise à côté d'un cadavre égyptien, pleurant abondamment à côté de la dépouille, comme si elle avait perdu un être cher.
Moché lui demanda pourquoi elle était si triste de la mort de cet égyptien.
Elle répondit à Moché qu'elle avait eu, des années plus tôt, 2 fils, que cet égyptien avait assassinés. La vue de son cadavre éveilla en elle un intense sentiment de tristesse, car ses enfants n'avaient pas eu le mérite de voir la joie du peuple d'Israël.

Moché s'adressa alors à Hachem : "Maître du monde, je t'en prie, si j'ai trouvé grâce à Tes yeux, accorde à cette ferme un remède à sa tristesse afin qu'elle puisse se réjouir avec tout le peuple d'Israël".
Immédiatement, Hachem ordonna à Moché de poser son bâton sur les yeux de l'égyptien.
Moché demanda à la femme le nom de ses 2 garçons.
Elle répondit : "le nom du premier est Ozi, et le nom du 2e est Zimrat".
Moché posa son bâton sur l'œil droit de l'égyptien et ordonna : Ozi, sors! Immédiatement, il sortit.
Il fit la même sur l'œil gauche et dit : Zimrat sors! Et il sortit.
La femme enlaça très fort ses fils et chanta : "Ozi vézimrat ya vayéhi li lichoua".

"Les eaux se fendirent" (Béchala'h 14,21)

-> Le midrach (Mékhilta Béchala'h) enseigne que la mer se fendit en 12 voies correspondant aux 12 tribus d'Israël. Chaque tribu empruntait son propre passage et c'est là le sens de : "A celui qui fendit la mer Rouge en tronçons" (Téhilim 136,13).

-> "C'est mon D. et je L'embellirai" (zé Eli vé'anvéou - Béchala'h 15,2)
Rabbénou Bé'hayé commente : le mot "zé" (זה) a une guématria de 12, correspondant aux 12 passages tracés pour Israël.

-> Le Arizal explique que dans le Ciel également, il existe 12 portes accueillant les prières des différentes tribus d'Israël. En effet, chacune d'elles a une façon unique et personnelle de servir Hachem.
A titre d'exemple, la tribu de Yissa'har était le pilier de la Torah tandis que celle de Zévouloun était celui de la bonté en ce qu'elle soutenait la tribu la tribu de Yissa'har.
Ainsi en était-il pour chacune des tribus qui orientait et dirigeait son service divin selon sa voie et sa particularité.

=> Nous apprenons d'ici que chaque tribu se doit d'être solidaire des autres afin de fonder un peuple d'Israël fort.
Notre façon personnelle de servir le Créateur n'est pas forcément le meilleur chemin à suivre pour tout le monde, car celui de notre prochain est tout aussi bon.
Chaque juif sert ainsi son Créateur en fonction de la nature de son âme, et c'est uniquement par le mérite de tous unis, que le Nom d'Hachem sera sanctifié.

Nous apprenons tout ceci de la séparation de la mer Rouge : en se fendant en 12 chemins spécifiques, nous comprenons que chaque tribu devait suivre sa propre voie pour accomplir la volonté d'Hachem. Les murailles qui séparaient les tribus étaient néanmoins transparentes afin que tous puissent se voir et ressentir une union indéfectible.
[d'après le Tsor ha'Haïm]

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-> Le Pirké déRabbi Eliézer explique : puisque chaque tribu disposait de son tronçon personnel, il y avait des fenêtres formées par l'eau sur les murs, afin que les tribus puissent se voir les unes les autres.

-> Le Rambam écrit que ces 12 passages prenaient la forme d'un arc-en-ciel. En effet, les chemins qu'empruntèrent les Bné Israël n'étaient pas rectilignes comme s'ils traversaient la mer Rouge d'un bout à l'autre.
C'est également l'avis de Tossefot (Erouvin 15).

[à l'image d'une armée conventionnelle qui a besoin de différents types de corps (tanks, combattants, aérien, informatiques, logistique, ...), de même chaque juif a un rôle indispensable et personnel dans l'armée d'Hachem.
De même qu'à la mer Rouge chaque juif pouvait regarder ses frères juifs, de même nous ne devons pas vivre totalement isolés, mais aimer notre prochain et s'assurer qu'il aille bien (prier pour autrui, tsédaka, 'hessed, paroles positives, sourires, ...).
De même que les passages dans la mer Rouge étaient en forme d'arc-en-ciel, de même nous devons mettre de la couleur dans notre vie (de la joie), et avoir en tête que notre vie a un début et une fin, où l'on revient à notre Source, vers notre papa Hachem et qu'il faudra rendre des comptes.]

Il fut plus profitable pour Israël d'être poursuivi par Pharaon que de réaliser 1 00 jeûnes et prières. Car lorsqu'ils virent les égyptiens les poursuivre, leur crainte fut si grande qu'ils se repentirent tous et dirigèrent leurs yeux vers Hachem dans leurs prières.
[Rabbi Brekhia - midrach rabba Béchala'h 21]

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-> b'h, sur la même notion : l'impact du sceau de A'hachvéroch : https://todahm.com/2021/01/13/limpact-du-sceau-royal