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Le grand jour de Shavouot

+ Le grand jour de Shavouot :

-> Depuis la création du monde, 26 générations se sont succédées jusqu'au don de la Torah, le monde ne pouvant se maintenir jusque là que grâce à la miséricorde de D.
En effet, le Néfech ha'Haïm dit que si l'espace d'une seconde, la Torah n'était pas étudiée, alors le monde ne pourrait continuer à exister.

D'après certaines opinions, la Torah a été créée 2 000 ans avant la création du monde.

-> Le Tiférét Israël note que le don de la Torah, aboutissement spirituel de ce monde, nous a été donné pendant un Shabbath, jour où le monde atteint son achèvement matériel.

-> Selon nos Sages, de même que celui qui s'approche trop près du feu risque de se brûler et que celui qui s'en éloigne trop aura froid, on doit s'approcher suffisamment de la Torah pour se réchauffer à sa flamme mais ne pas sonder sa profondeur au-delà des capacités qu'on possède, de peur d'y brûler.

-> Le peuple d'Israël, la plus humble des nations, reçoit la Torah des mains de Moché, le plus humble des hommes, sur la plus humble des montagnes, le mont Sinaï.

Le Rabbi de Kotzk explique que la Torah n'a pas été donnée dans une vallée basse (totalement plate à l'inverse d'une montagne, même petite), car il n'y a pas de grand mérite, pour une vallée, à se sentir humble en comparaison des montagnes, qui sont beaucoup plus élevées qu'elle.
Un bel exemple est Moché qui d'un côté est l'être humain ayant atteint le plus haut niveau de toute l'histoire de l'univers, mais par ailleurs, il est également celui qui en est le plus humble.

La montagne représente également la petite partie d'orgueil parfois nécessaire pour répondre au yétser ara (ex : je suis quelqu'un de grand : un juif, descendant d'Avraham, Its'hak et Yaakov, je ne peux pas me permettre de faire un acte aussi mauvais, contraire à Hachem!!).

-> Selon le Aboudraham, à Roch Hachana, lorsque nous entendons le son du Shofar, nous devons avoir en mémoire les sons du Shofar entendus au Sinaï.

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+ Shavouot : le jour de notre mariage

-> "Shavouot est considérée comme notre jour de mariage, durant lequel Hachem, le fiancé, prend le peuple juif comme Sa fiancée."
[Kédouchat Lévi]

-> Lors du don de la Torah, les nuages représentaient la 'houpa, et les Tables de la loi : la kétouba.
[rav Ephraïm al haTorah]

Selon le Radal (commentaire au Pirké déRabbi Eliézer 41), toutes les coutumes observées pour la cérémonie de mariage ont leur origine au don de la Torah.

Rabbi Baroukh Cohen dit que le 2e commandement : "Tu n'auras pas d'autres dieux" symbolise la déclaration de D. à la communauté d'Israël : 'Je t'ai épousé et tu n'auras donc pas d'autres époux' (mékoudéchét).

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-> Selon Rabbénou Bé'hayé, le mont Sinaï symbolisait le Temple.
Le dessus de la montagne couvert d'épais nuages était la partie la plus sacrée et représentait le Kodéch haKodachim (le saint des Saints). Le reste de la partie couverte par les nuages ressemblait au Heikhal.
Le sommet du Sinaï, d'un degré de sainteté moins grand, représentait la Azara (la cour du Temple), et le bas de la montagne évoquait les portes du Parvis.
Comme le Cohen gadol, Moché était autorisé à pénétrer dans la partie couverte de l'épais brouillard.

Selon le Pirké déRabbi Eliézer, les femmes étaient complètement séparées des hommes.
La guémara (Soucca 51b, 52a) rappelle qu'à l'occasion des fêtes de Souccot, les hommes et les femmes étaient séparés dans le Temple.

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-> C'est seulement lorsque D. a vu l'amour du peuple juif et son profond désir de s'unir à Lui, qu'Il a commencé à leur donné la Torah.
[Pessikta Rabba 21]

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-> Avant le don de la Torah, et après plusieurs jours de préparation, le peuple juif est allé dormir afin d'être frais et bien disposé.
Lorsque le jour se lève, le peuple dort à poings fermés.
Selon Rabbénou Bé'hayé, D. va alors ralentir la course du soleil afin que cette journée dure 72 heures, 3 fois plus qu'une journée normale.

-> Le grand moment arrivant, la terre se met à trembler, le Shofar sonne, les tonnerres et les éclairs sont de toutes parts, ...

On peut aussi citer l'immense colonne de feu qui a jailli au pied de la montagne, se dressant jusqu'aux cieux.
Le Panim Yafot dit qu'elle était si brillante qu'il était impossible de savoir si c'était son feu qui illuminait la nuit ou bien si c'était le jour qui s'était levé.
Une nuée rafraîchissante surnaturelle permettait au peuple de s'approcher malgré les flammes.
Le Zohar (Yitro 84) dit que la senteur de la fumée provenait des parfums et aromates du Gan Eden.

Moché parcourt tout le campement en s'écriant :
"Mes frères, il n'y a rien à craindre! Allez tous au Sinaï, sans exception! Immédiatement! Notre Fiancé attend Sa fiancée. Notre Maître attend Ses disciples. Ne perdez pas de temps! Venez tout de suite!"
[Zohar - Chémot]

-> Les cieux et la terre se rapprochent l'un de l'autre, puis s'étreignent, et c'est dans cette étreinte que la présence divine fait sa demeure. [Mekhilta Chémot 19,20]
C'est un peu comme si les cieux se désolaient de ce que la Torah quitte les sphères célestes pour les sphères terrestres, et comme si la terre manifestait son plaisir de l'accueillir en son sein.
Les 7 cieux s'ouvrent pour révéler la gloire de la présence divine dans toute sa majesté. [Pessikta Rabba 20]

Selon le midrach Tan'houma (Vayichla'h), les juifs contemplent alors les 22 000 chariots d'anges de feu se tenant d'un côté de la présence divine, qui vont placer des couronnes sur la tête des lévi'im lors du don de la Torah.
Les anges chantent des hymnes de louanges à D.

Certains ajoutent que 60 myriades d'anges (soit 603 550 anges!), se tenaient d'un autre côté, correspondant au nombre d'enfants d'Israël présents.
A l'image des juifs au Temple, malgré l'espace restreint, il ne manquait de place pour personne (anges compris!).

-> Personne n'a pu être empêché d'être témoin de la révélation au Sinaï.
Tous les enfants d'Israël seront en parfaite santé et en pleine possession de leurs moyens, parfaitement aptes à voir, entendre et comprendre ce qui s'y passera.
[la Mekhilta]

De plus, ils seront lavés de toutes fautes et deviennent alors aussi purs que les anges.
Lorsque le serpent a convaincu 'Hava de manger de l'arbre de la Connaissance et qu'elle l'a écouté, il a fait pénétrer en elle une impureté, qu'elle a ensuite communiquée à toute l'humanité, de génération en génération.
A présent, ils sont débarrassés de cette impureté, revenant à un niveau d'avant cette faute.
Malheureusement, cette impureté reviendra suite à la faute du veau d'or.

[Le Hadar Zékénim dit qu'après la faute d'Adam, D. s'est éloigné de ce monde d'une distance de 7 firmaments, et en acceptant unanimement la Torah, le peuple d'Israël a mérité Son retour au plus proche (et ce jusqu'au veau d'or). ]

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-> Tandis que le peuple s'assemble autour du Sinaï, la montagne, soudain, se déracine et s'élève dans les airs pour aller se placer au-dessus de la foule qui la voit à présent comme un disque de verre étincelant suspendu au-dessus de leur tête (guémara Nédarim 20a).
Après avoir acceptés la Torah (sous cette contrainte), ils doivent donner une caution/garantie à Hachem, qui n'acceptera que lorsqu'ils Lui diront : "Nos enfants seront nos garants." (Midrach Rabba 1:3,1).

Au temps de Mordé'haï et Esther, les juifs vont, accepter de se soumettre de plein gré (sans contrainte) et de façon pleinement intériorisée, à la Torah Orale et Écrite.

Certains (comme le Maharal) expliquent qu'au Sinaï le peuple était parfaitement consentant et aurait pu accepter sans aucune contrainte la Torah, mais Hachem désirait cependant sceller ce contrat de "mariage" de façon durable à tout jamais.
En effet, tout comme un homme ayant fait violence à une femme a l'obligation de la garder à jamais pour épouse, D. a 'fait violence' au peuple d'Israël en le forçant à accepter la Torah afin qu'il Lui reste uni pour toujours et que le contrat établi ne puisse jamais être abrogé.

Selon le Gour Arié, l'acception de la Torah a déjà été faite par la déclaration : "Nous ferons et nous comprendrons". Ainsi, le but de cette manœuvre est de faire comprendre au peuple que sans la Torah, il est impossible de vivre.
[c'est soit la Torah, soit la mort enseveli sous la montagne!]

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-> Hachem demande à Moché de prévenir les enfants d'Israël de ne pas dépasser une limite tout autour du Sinaï (Chémot 19,21), et ce malgré l'empressement et le zèle de l'événement.
Comme le rapporte Rachi, D. transmet le message que même si une seule personne venait à mourir, Il verrait en cela une tragédie aussi grande que si plusieurs étaient tombés car chacun des juifs est précieux à Ses yeux.
[La Mékhilta conclut ces paroles de D. à Moché : "Chaque juif est aussi important pour Moi que la Création toute entière".]

Les Tossefot prennent les 3 derniers mots de ce verset et le suivant : "vénéfal miménou rav végam", et font remarquer que les lettres finales forment le mot : "maboul", ce qui sous-entend que si une seule personne tombait, cela serait comme si tous les juifs avaient été effacés par le Déluge.

=> Quelle leçon pour notre vie : nous avons chacun individuellement une valeur immense aux yeux de Hachem.

On ne peut pas se dire que ce n'est pas grave de dépasser les limites fixées par D., parce qu'après tout qui sommes nous et plein d'autres personnes font de même.
Car, même s'il y a des millions de juifs, Hachem s'attriste de notre comportement à chaque fois que nous ne sommes pas à la hauteur (encore plus qu'un papa avec Son fils unique!).

Le Séfer 'Hassidim affirme que si une seule personne du peuple juif n'aurait pas accepté toute la Torah du fond du cœur, alors Hachem ne l'aurait pas donné.

Les 10 Commandements

+ Les 10 Commandements :

-> Ils recèlent des allusions à la Torah toute entière.
Les 620 lettres qui les composent font allusion aux 613 mitsvot plus les 7 jours de la Création.
D'après certains commentateurs, elles font allusion aux 613 mitsvot plus les 7 lois noa'hiques incombant à toute l'humanité.

Ces 620 lettres font également allusion aux 248 membres plus les 365 nerfs du corps.
Selon le midrach (haHéfets), les 248 mitsvot positives sont symbolisées par les 248 lettres des 3 commandements positifs : Ano'hi ; za'hor et kabéd.

Selon Rabbénou B'hayé, les 10 Commandements correspondent aux 10 organes principaux du corps : le cœur, le cerveau, la bouche, les yeux, les oreilles, les mains, les pieds, le foie, les reins et la mila.

Le mot "kéter" (couronne - כתר) a une valeur numérique de 620.
Si l'on respect la Torah, elle forme une couronne, sinon, elle se transforme en "karét" (כרת), retranché du monde.

Le Léka'h Tov (Vaét'hanan) dit que les 10 Commandements correspondent aux 10 paroles par lesquelles D. a créé le monde, ainsi qu'aux 10 plaies d'Egypte.

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-> Le 'Hatam Sofer (Torat Moché) écrit que les 10 commandements contiennent 620 lettres qui correspondent aux 613 commandements de la Torah ainsi qu'à 7 commandements des Sages ce qui fait en tout 620.

Le 'Hatam Sofer ajoute que les 7 dernières lettres des 10 commandements "acher léréékha" (אשר לרעך) correspondent aux 7 commandements des Sages.
Nous en trouvons une allusion à travers les 7 dernières lettres [des 10 commandements] qui sont les acronymes :
- le א = avélout = le deuil = correspond aux 7 jours de deuil ;
- le ש = sim'ha = la joie = correspond à la joie des nouveaux mariés durant les 7 jours de fête ;
- le ר = ré'hitsa = l'ablution des mains = représente la mitsva de nétilat yadaïm ;
- le ל = lé'hem = le pain = la consommation d'un pain cuit par un non-juif est prohibée par les Sages ;
- le ר = rachouyot (רשויות) = les domaines = représente toutes les lois concernant le érouv ;
- le ע = Amalek = il s'agit de la lecture de la méguilat Esther qui fut instituée par les Sages en souvenir de la disparition d'Haman et de ses conseillers, descendants d'Amalek, qui furent tués le 13 du mois d'Adar ;
- le ך = Cohanim = représente le miracle de 'Hanoucca qui fut institué par les Cohanim.

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+ 1er Commandement : Je suis Hachem

-> Au départ, nos Sages ont pensé instituer la récitation des 10 Commandements tous les jours, de la même façon que nous récitons quotidiennement le Shéma.
Ils ne l'ont pas fait de crainte que les hérétiques ne soutiennent que cette seule lecture suffit, et ne rejettent alors toute la Torah.

-> La Torah commence par la lettre bét (ב), représentant le chiffre 2, en symbole aux 2 premiers commandements qui proclament la souveraineté et la Toute Puissance de D. sur tout l'univers [Tikouné Zohar 32 - 76a].

La lettre bét (ב) par laquelle débute la Torah vient mettre en relief que, de la même façon que rien ne la précède excepté le aléph (א), rien n'a précédé la Création, excepté l'Unique, Hachem.
[michna Rabbi Eliézer sur Yitro]

--> Les 10 Commandements commencent par le mot : Ano'hi (Je - אנכי), dont les lettres renvoient :
-> pour le א : le chiffre 1 représente l'Unité de D. ;
-> pour נכ : soit 50 (noun) + 20 (kaf), faisant un total de : 70, en allusion aux 70 nations de la terre que D. domine ;
-> pour le י : il représente les 10 Commandements.

Selon la guémara (Shabbath 105a), le mot : Ano'hi, est aussi un acronyme de l'affirmation araméenne : "Ana nafchi katavit yaavit" (Moi [Hachem], mon âme, Je l'ai écrite et Je l'ai donné [dans la Torah]).
=> Tâchons de regarder la Torah comme elle l'est réellement : l'âme de D.!!
L'étudier et la vivre, c'est faire un avec l'âme de D. (concept totalement infini, au-delà de notre compréhension), c'est à chaque fois Lui être plus lié et plus proche.
Son origine prestigieuse et sa véracité totale ne peuvent pas être remise en question (puisque qu'étant l'âme de D.).

-> En proclamant : "Je suis votre D.", aux enfants d'Israël, Hachem leur disait que même si un seul juif Le rejetait, c'est comme si toute la nation Le rejetait.
[midrach haGadol]

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+ 2e Commandement : Tu n'auras pas d'autres dieux

-> La Mekhilta rapporte que le général romain Aggripas demanda à Rabban Gamliel : "Pourquoi D., toujours plein de miséricorde, affirme-t-il être jaloux des idoles et promet-Il de détruire sans pitié ceux qui les servent? Comment peut-Il être jaloux d'idoles de pierre et de métal, de gravats insignifiants qui ne représentent pour Lui aucune menace et ne peuvent Lui faire concurrence?"

Rabban Gamliel répond que cela ressemble à une femme qui apprend que son mari a pris une autre épouse qui a moins de qualités qu'elle, attristée de voir son mari perdre son temps avec une femme tout à fait quelconque.

=> Rabban Gamliel de conclure : "D. est en colère contre les idolâtres, car au lieu de Lui consacrer leur temps, ils se perdent à servir de vulgaires morceaux de bois et de pierre".

-> Il est intéressant de noter que D. punit ceux qui ont pratiqué l’idolâtrie pendant 4 générations, tandis que la récompense pour le respect de ce 2e Commandements (Tu n'auras pas d'autres dieux) s'étend sur 2 000 générations, soit 500 fois plus longtemps!!

-> Le Yalkout Réouvéni dit au nom du Zohar que lorsqu'un homme n'éduque pas son fils, c'est comme s'il fabriquait une idole. L'enfant finira par devenir un fils rebelle.

-> La guémara (Sanhédrin 102a) rapporte que Rav Achi a demandé au roi Ménaché : "Tu es un grand érudit! Comment as-tu pu adorer des idoles?"
Le roi Ménaché lui a répondu : "Si tu avais vécu à mon époque, tu aurais relevé le bas de ton vêtement et tu aurais couru auprès des lieux d'idoles".

A plus forte raison, nous-même si l'on avait vécu à cette époque ...

-> La guémara (Yoma 69b) rapporte que les Sages de la grande Assemblée ont prié pour l'élimination de la force de l’idolâtrie, qui était très puissante à l'époque.
Après 3 jours et 3 nuits, un jeune lion fougueux sortit du Saint des Saints.
Le prophète Zé'haria a alors dit : "C'est le yétser ara de l’idolâtrie".
Suivant les instructions du prophète, nos Sages l'ont mis dans un pot de plomb et l'ont scellé avec du plomb, ce qui limita énormément la passion pour ce type de yétser ara.

Bien que nous n'avons plus conscience de ce que représente ce yétser ara, nous devons faire attention à l’idolâtrie moderne, qui fait que l'on donne davantage d'importance à quelque chose d'autre plutôt qu'à Hachem (comme le culte de l'argent).

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+ 3e Commandement : Tu ne prononceras pas le nom de Dieu en vain

-> Selon le Tiféret Israël, il est plus grave d'enfreindre ce commandement que le précédant (avoir d'autres dieux), car en adorant les idoles, on se détourne de D. et on cherche d'autres voies d'accès à la divinité, mais en proférant un serment futile au nom de D., on continue à voir en Lui le Maître du monde tout en Le déshonorant et en Le rabaissant.

-> Prononcer le nom de D. inutilement amoindrit notre crainte et notre respect envers D.

-> La guémara (Shavouot 39a) enseigne que la terre a tremblé en entendant Moché transmettre ce commandement et dire : "Car D. ne laissera pas impuni celui qui invoque Son Nom en vain".

Le Zohar (Yitro 91b) rapporte que si la terre a tremblé, c'est parce qu'elle s'est sentie en danger.
En effet, le ventre de la terre contient d'immenses réservoirs capables d'inonder le monde entier.
Ils sont scellés par une pierre sur laquelle est gravé le Nom de D.
Lorsqu'un homme prononce ce Nom en vain, ces lettres se détachent peu à peu, et le sceau se desserre, menaçant de céder sous la pression des eaux souterraines.
Dans Sa miséricordes, Hachem envoie un ange graver à nouveau le Nom sur la pierre et empêcher les eaux de s'échapper.
On comprend ainsi facilement que la terre ait tremblé.

-> Comme punition pour la transgression de ce commandement, le pécheur peut soit : perdre sa part au monde futur (Eliyahou rabba 26), perdre ses enfants et sa famille toute entière (guémara Shavouot 39a), être attaqué par des bêtes sauvages ou des envahisseurs, perdre son bétail ou sa fortune (guémara Shabbath 33a).

Le roi Yanaï qui avait souvent prononcé le nom de D. en vain, bien que ce fût pour attester de choses vraies, vit détruire 2 000 villes et villages lui appartenant (midach tan'houma Vayikra 7).

La guémara (Guittin 35a) raconte l'histoire d'un homme qui avait confié la garde d'une pièce d'or à une veuve.
Après l'avoir mise dans la poche de son tablier, la femme se mit à pétrir du pain, et la pièce tomba dans la pâte.
Un peu plus tard, un mendiant se présenta à la porte et, la veuve, ignorant que la pièce d'or se trouvait dans l'une de ses miches, lui donna un morceau du pain fraîchement cuit.
Lorsque le propriétaire de la pièce vint la réclamer, la femme, qui avait complètement oublié son existence, n'avait pas la moindre idée de l'endroit où elle se trouver, mais elle était certaine de ne l'avoir pas utilisée pour son propre compte.
Elle lui répondit ainsi : "Je ne la trouve pas pour l'instant, mais sachez que je ne l'ai pas volée. Que la mort emporte mon fils si j'ai utilisé cette pièce!"

Or, quelque temps plus tard, son fils mourut car elle avait utilisée la pièce, à son insu, et avait alors invoqué en vain le Nom de D. (Rachi et commentaires sur cette guémara).

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-> "Tu ne prendras pas le Nom de Hachem ton Dieu en vain, car Hachem ne pardonnera pas à celui qui aura pris son Nom en vain"

=> Pourquoi cette faute est-elle si grave que s’en repentir ne sert à rien?

Rabbi Meïr de Prémichlan enseigne :
Si par exemple quelqu’un mange un aliment interdit, et qu’il est écrit dans le livre d’en haut qu’il a mangé un aliment interdit, quand il se repent, toute cette phrase est effacée du livre et on ne voit plus rien.
Mais quand il est écrit dans le livre qu’il a juré en vain par le Nom de Hachem, le Nom de Hachem est écrit
dans le livre, et par conséquent même s’il se repent, il est impossible d’effacer la phrase, car il est interdit d’effacer le Nom de Dieu.
Il reste donc des traces de la faute.
C’est ce que veut dire le verset "Hachem ne pardonnera pas".

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-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch explique le 3e commandement : "Tu n'invoqueras pas le nom d'Hachem ton D. à l'appui d'un mensonge" = "Cela signifie qu'il ne faut pas chercher à se montrer aux autres plus pieux qu'on l'est en vérité".

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+ 4e Commandement : Souviens-toi du jour du Shabbat

-> "La sainteté du Shabbath est si grande que, de la même façon qu'un roi s'installe sur son trône, la présence divine réside sur celui qui respecte le Shabbath"
[Yalkout Réouvéni]

-> Par respect pour la sainteté du Shabbath, les châtiments imposés aux âmes, dans l'autre monde, sont suspendus ce jour-là et, à peine le Shabbath commence, tous ceux qui se trouvent en enfer sont relâchés et n'y reviennent qu'après la fin du Shabbath (midrach Asséret haAdibrot).

Un grand rabbin (le 'Hafets 'Haïm?) donnait un cours de Torah à une communauté, et une fois l'heure de la fin de Shabbath dépassée, il sentit une impatience grandissante dans l'assemblée : faisons arvit au plus vite, Shabbath est terminé!

Le rabbin a dit : qui peut dire que dans sa famille, il n'a pas un ancêtre qui est en enfer?
La règle est que l'on remet souffrir en enfer les personnes, que lorsque le dernier minyan de sa ville fait sortir Shabbath.
Etes-vous impatient d'amener au plus vite les atroces souffrances de l'enfer sur vos ancêtres, en voulant faire sortir au plus vite Shabbath?

-> Bien que D. nous a interdit de faire des images et autres représentations permettant de le représenter, Il nous a donné une façon symbolique de le faire : en vivant le Shabbath, nous gardons Sa présence en mémoire.
=> En pensant au Shabbath toute la semaine et en nous y préparant, nous gardons à l'esprit l'image de D., si l'on peut s'exprimer ainsi, et Son rôle en tant que Créateur du monde.
[midrach Asséret haAdibrot]

-> L'étude des lois de Shabbath est si importante qu'elle est comparable à l'étude de toute la Torah.
[guémara 'Houlin 5a, Zohar 88]

-> "Za'hor ét yom haShabbath lékadécho" (Pense au jour du Shabbath pour le sanctifier - Chémot 20,7).
Selon le Baal haTourim, les 5 mots de ce verset suggère que l'observation du Shabbath est équivalente aux 5 livres de la Torah.

-> Pour d'autres réflexions sur le Shabbath : https://todahm.com/category/fetes-2/shabbath

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+ 5e Commandement : Honore ton père et ta mère

-> En honorant ses parents qui l'ont mis au monde, l'ont entretenu et élevé, l'homme apprend à éprouver de la reconnaissance à l'égard de D. pour Ses multiples bienfaits.
[Ramban]

-> 3 partenaires participent à la formation d'un être humain : un père, sa mère et Hachem.
Le père fournit les os, les nerfs, le cerveau, les ongles et le blanc des yeux de l'enfant.
La mère lui fournit la peau, la chair, le sang, les cheveux et la pupille de l’œil.
Quant à Hachem, Il lui fournit l'esprit, l'âme, la vue, l'ouïe, le toucher, la parole, la marche, l'intuition, la compréhension et la raison.
[Zohar 93a]

-> D. désire que ces 3 partenaires soient honorés.
Cependant, si un parent dit à son fils de commettre une faute, il doit ignorer cet ordre, et obéir à Hachem.

-> La récompense promise est la longévité (Mékhilta), d'éviter de commettre la moindre faute, et en particulier la profanation du Shabbath, ainsi que l'honneur et la richesse dans ce monde et une part plus importante dans le monde futur (Eliyahou rabba 26).

-> La longévité est la conséquence naturelle de la mitsva de respect ses parents.
Hachem n'a pas besoin d'y interférer, les jours [de sa vie] s'allongeant d'eux-mêmes.
[le Or ha'Haïm]

-> Rachel voulait anéantir tout objet d’idolâtrie de la maison de son père, en volant ses idoles (térafim).
Le Zohar (1,8) rapporte qu'elle a, quand même, été puni pour avoir porté atteinte à son père (même si l'intention est bonne), en mourant durant sa grossesse, sans pouvoir profiter d'un moment avec son bébé Binyamin.

[Certes, au regard de sa grandeur, D. l'a jugé très sévèrement, mais cela nous apprend à quel point il faut être vigilant à l'honneur et au respect de nos parents]

-> La guémara (Kiddouchin 31a) nous rapporte l'épisode du remplacement d'une des pierres du pectoral du Cohen Gadol, appelée le "Yachfé", et qui lui empêchait de réaliser son service sacrificiel dans le Temple.
Nos Sages sont allés voir un non-juif s'appelant : Dama Ben Nétina, qui possédait une telle pierre très précieuse.
Il était prêt à la leur céder, en échange de 60 bourses remplies de dinars d’or.

Dama alla chercher la pierre quand il vit que son père était allongé, ses jambes étendues et ses pieds posés sur le coffre dans laquelle elle se trouvait. Il retourna auprès des Sages et les informa que, pour l’instant, il ne pouvait la leur donner.
Ils pensèrent que peut-être il en voulait davantage et doublèrent la somme proposée ! Cependant, Dama s’en tint à son refus. Les Sages essayèrent d’augmenter leur offre encore et encore ! Mais il campa sur sa position. Quand ils se rendirent compte qu’il resterait inflexible, ils s’en allèrent.

Quand son père se réveilla, Dama rappela les Sages et leur dit : "Voici, je suis prêt maintenant à vous vendre la pierre".
Les Sages voulurent lui payer la dernière somme proposée. Dama leur dit : "Vais-je vous vendre l’honneur que j’ai rendu à mon père pour de l’argent ? Je n’en tirerai aucun profit !"

Quelle récompense Hachem lui réserva-t-il ?
L’année suivante naquit dans son troupeau une vache rousse et le peuple d’Israël la lui acheta pour l’équivalent de son poids en or !

Nos Sages enseignent que cela met en avant le comportement des juifs, qui n'agissent pas uniquement en suivant la logique (comme Dama et les non-juifs), mais parce que : "comme t'a ordonné Hachem, ton D." (ils sont prêts à dépenser un somme énorme pour acheter une vache rousse, l'exemple type des mitsvot ['hok] dont nous ne comprenons pas le sens).

Le Meshech Chochma demande, pourquoi est-ce qu'il s'agit particulièrement de la pierre précieuse appelée : "Yachfé", et qui est liée à la tribu de Binyamin.
La raison est que c'est le seul qui n'a pas été lié à la vente de Yossef, qui a causé à leur père Yaakov une peine infinie.
Puisqu'il a honoré son père à la perfection, il a mérité que se soit sa pierre qui soit liée à l'exemplarité du respect des parents.

-> Le Séder haDorot (10) rapporte que Rabbi Yéhochoua ben Elem va partager le même Gan Eden que le boucher de sa ville : Nanas, ce-dernier accomplissant tous les jours la mitsva de respect de ses parents âgés, de son mieux.
Rabbi Yéhochoua s'est même exclamé : "Quelle chance j'ai d'être ton voisin dans le monde à venir!"
[nous voyons ici que le fait d'honorer ses parents peut nous faire gagner une récompense équivalente à celle d'un saint Tana. La récompense est énorme!]

-> Pour d'autres réflexions sur le respect des parents : https://todahm.com/category/moussarpensee-juive/respect-des-parents

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+ 6e Commandement : Tu ne tueras point

-> Ce commandement vient immédiatement après l'honneur des parents car il implique que quiconque néglige de soutenir ses parents est considéré comme un meurtrier.
[Eliyahou rabba 26]

Il enseigne aussi qu'il y a des limites à l'honneur des parents et qu'il est interdit de donner la mort à un homme sous prétexte de défendre l'honneur des parents.
[midrach Asséret haAdibrot]

-> Le 6e commandements, en tête des commandements figurant sur la 2 Table, fait face au 1er commandement qui demande de reconnaître la puissance de Hachem.
L'homme a été créé à l'image de D.
Ainsi, quiconque fait couler le sang d'un homme est, en un certain sens, considéré comme ayant porté atteinte à l'image de D.

-> Lorsqu'une personne commet un crime, l'âme de la victime crie vers D. :
"Maître du monde, regarde ce qui est arrivé.
Tu m'as créé, Tu as veillé sur moi depuis la matrice de ma mère pour que la naissance se passe sans incident.
Dans Ta grande miséricorde, Tu m'as guidé et soutenu toute ma vie. Tu m'as édifié et maintenant, ce meurtrier est venu et a détruit Ton oeuvre.
Tu as créé le monde pour qu'il soit peuplé et celui-là le dépeuple?
Ô, mon D.! Exerce sur lui Ta vengeance!"

A ce moment, la colère de Hachem se réveille. Il condamne le meurtrier aux flammes de l'enfer, et la victime trouve l'apaisement.
[midrach Asséret haAdibrot]

-> De plus, le meurtrier nie l'existence de D., car il se dissimule de ses semblables pour qu'on ne le voie pas commettre son crime.
Il ne se soucie pas du fait que D. l'observe.
Là aussi, nous voyons un lien entre le 1er et le 6e commandement.

-> L'interdiction du meurtre inclut le suicide.
Celui qui prend sa propre vie ou se met en danger sans se soucier de préserver son existence est coupable de meurtre et perd sa place au monde futur (Pessikta rabba 23).

Nos Sages emploient la notion de : "suicide personnel", dans le cas où l'on perd notre temps pour des choses futiles.
Chaque seconde qui passe est une part de notre vie que l'on ne peut plus récupérer.
Le fait de l'utiliser pour rien, le fait de tuer le temps, c'est comme tuer sa vie ...

-> Il existe de nombreuse façon de 'faire périr' une personne, comme : embarrasser ou humilier quelqu'un et le faire pâlir ou rougir (guémara Baba métsia 58b), tout ce qui peut potentiellement entraîner la mort (ex: porter de faux témoignage, répandre des calomnies, donner un mauvais conseil), ...

-> Le meurtre est si grave que la seule façon de faire justice est la mort du meurtrier.
[Pessikta Rabba 23]

-> Selon le Targoum Yonathan, Hachem a prévenu le peuple juif : le mépris de la vie humaine entraîne l'arrivée d'envahisseurs assoiffés de sang.

-> Selon la guémara (Shabbath 33), c'est à cause du sang versé que le 1er Temple a été détruit et que la présence divine a quitté le peuple juif.

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+ 7e Commandement : Tu ne commettras pas d’adultère

-> Ce commandement vient en 2e position sur la 2e Table, et est placé en face du 2e commandement (ne pas avoir d'autres dieux).
La Mekhilta nous enseigne : Se détourner de son ou sa conjoint(e) pour en rechercher d'autres équivaut à se détourner de D. pour rechercher des dieux étrangers.

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+ 8e Commandement : Tu ne voleras pas

-> On transgresse ce commandement même si la victime est si riche que qu'elle ne sent pas la perte subie [rav Saadia Gaon].

-> Le Kad haKéma'h précise que voler ce qui appartient à un non juif, est d'une certaine façon pire que voler un autre juif, car cela entraîne une profanation du nom de D. ('hilloul Hachem).

-> L'interdiction du vol, 3e commandement de la 2e Table, est placé en face de l'interdiction d'invoquer le nom de D. en vain, parce que le voleur sera facilement porté à prêter un faux serment pour faire croire à son innocence.

-> Celui qui vole en cachette est arrogant parce que sa dissimulation montre qu'il n'a peur que des hommes mais n'éprouve aucune crainte de D.

-> "Viens et vois comment est grande la force du vol. La génération du déluge a transgressé toutes les prescriptions qui lui avaient été faites, mais finalement, elle n’a été détruite qu’à cause du vol."
[guémara Sanhédrin 108a]

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-> "Tous les gains d’une personne sont prédéterminés d’un Roch Hachana à l’autre [et personne n'est en mesure ]" (guémara Beitsa 16a)
-> "Personne ne peut rien prendre de la portion réservée à un autre, fût-ce l’épaisseur d’un cheveu" (guémara Yoma 38b)

Le rav de Kozheglov (Séfer Erets Tsvi) enseigne :
Dès lors, lorsque le yétser ara incite une personne à poursuivre une hichtadlout superflue au détriment de l'étude de la Torah ou de la prière ou encore en transgressant un quelconque interdit, elle devra se souvenir que la jouissance qu'elle espère en retirer lui a déjà été octroyé à Roch Hachana.
Le choix de quand et comment obtenir cette jouissance réside dans ses mains.
S'il se retient de la prendre de manière interdite, elle lui parviendra exactement dans la même mesure de manière permise.
La pensée suivante pourra l'aider à se renforcer au moment de l'épreuve : si on lui a donné la possibilité de l'obtenir en transgressant un interdit, c'est qu'il est certain qu'elle lui revient. Ainsi, ne vaut-il pas mieux s'en abstenir?
Hachem lui sera alors (si on peut dire) "redevable" de cette jouissance qu'il lui accordera avec un "supplément" en récompense de sa retenue.

Il en est de même de la subsistance d'un homme qui est fixée d'un Roch Hachana à l'autre.
Même le voleur qui a l'impression d'avoir "gagné" l'argent de son forfait doit savoir qu'en réalité il ne lui a été donné l'opportunité de pouvoir voler que parce que cette somme devait lui revenir. S'il n'avait pas été stupide, il l'aurait obtenue proprement.

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+ 9e Commandement : Tu ne feras pas de faux témoignage

-> Cet interdit, 4e sur la 2e des Tables de la Loi, se trouve en face du commandement ordonnant d'observer le Shabbath, parce que porter un faux témoignage équivaut à nier le témoignage du jour du Shabbath selon lequel D. a créé le monde en 6 jours et S'est reposé le 7e.

[le vendredi soir, lors de la récitation du Kidouch, nous attestons de ce fait là : "ot hi léolam" (c'est un signe éternel). Comment peut-on alors faire de faux témoignages, reniant l'origine divine de toute chose, alors que nous vivons le témoignage évident du Shabbath chaque semaine? ]

-> De même qu'il est interdit de porter un faux témoignage, il est défendu de s'abstenir de porter un témoignage véridique.
Se taire lorsqu'il faudrait parler est une autre forme de mensonge qui équivaut à un faux témoignage.
[Yeffé Toar 6,1]

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+ 10e Commandement : Tu ne convoiteras pas

-> L'interdiction de convoiter, 5e commandement de la 2e colonne sur les Tables est placée en face de l'obligation de respecter ses parents.
Selon certaines opinions, cela sous entend que celui qui convoite finira par donner naissance à un enfant qui le méprisera et honorera un homme qui n'est pas son père.

D'après d'autres opinions, les parents qui convoitent donnent un mauvais exemple, ce qui conduira leurs enfants à leur manquer de respect.

-> L'interdit de convoiter, dernier des 10 commandements représente l'opposé absolu du 1er commandement qui nous ordonne d'avoir foi en D.
En effet, celui qui croit sincèrement en D. ne convoitera jamais ce que Hachem a donné à un autre.
Le 1er commandement s'adresse au côté positif du cœur de l'homme et le 2e, à son côté négatif.
[Kad haKéma'h]

-> Selon le Rambam (Hilkhot Guézéla), l'interdiction de convoiter peut affecter toutes les lois de la Torah.
Lorsqu'on se laisse dominer par le désir, il n'y a pas de fin à ce qu'on se permet de faire et aucun des interdits de la Torah ne peut empêcher un individu de commettre une transgression pour assouvir ce dont son cœur à soif.

Le Ramban fait remarquer qu'à l'inverse, celui qui ne se laisse pas aller à la convoitise sera toujours bienveillant à l'égard de ses prochains, car les sujets habituels de désaccord seront inexistants.

[combien la vie nous est-elle plus agréable lorsque ce que possède autrui n'est pas à mes yeux, source de jalousie, mais au contraire une source de joie.
Personne ne peut rien me prendre, ni rien recevoir, sans qu'un décret divin n'en a pas décidé ainsi.
Il n'y a pas de concurrence de bonheur (comme un enfant jaloux de ce qu'a son frère/sœur), car D. n'a pas de limite dans ce qu'il peut nous donner.
Ce que je n'ai pas, c'est parce que Hachem, dans son infinie sagesse, sait que cela ne me serait pas profitable! ]

-> Pour celui qui a foi en D. et est convaincu que Hachem donne à chacun ce qui lui revient, toute chose appartenant à autrui sera exclue du domaine des possibilités et il ne les convoitera pas.
[Ibn Ezra]

-> Nous disons dans le Shéma : "Tu aimeras D. de tout ton cœur".
Pour celui qui aime Hachem de tout son cœur, il n'y a pas de place pour la convoitise en son cœur.
[haKétav véhaKabala]

-> Il est permis d'être 'jaloux' des érudits et d'envier leur vaste connaissance de la Torah car cela stimule et inspire à étudier davantage.
[Zohar ; guémara Baba Batra 21a]

-> Selon le Targoum Yonathan, de même qu'un individu aura convoité ce qui ne lui appartient pas, le gouvernement lui prendra ce qui ne lui appartient pas.

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+ 5 vs. 5 :

-> Les 5 premiers commandements reflètent les principes fondamentaux de la foi selon la Torah.
Si on veille scrupuleusement à l'observance des 5 premiers commandements, on n'envisagera jamais de transgresser les 5 derniers parce qu'on sera sincèrement convaincu que le Maître de l'univers observe chacun de nos gestes.
[Tossefta Chévou'ot]

-> Le serpent du Gan Eden a enfreint les 5 derniers commandements.
Il a porté un faux témoignage en disant à 'Hava que D. leur avait interdit la consommation de tous les arbres du Jardin.
Il l'a induite en erreur, a tenté de la souiller puis a amené la mort sur toute l'humanité à tout jamais, devenant lui-même un meurtrier.
Tout cela, parce qu'il convoité 'Hava.
[Yalkout Réouvéni]

-> Celui qui convoite, non seulement n'obtiendra pas l'objet de son désir mais finira par perdre ce qu'il a déjà.
On a tout à perdre à un tel comportement.
Ainsi, lorsque le serpent a convoité 'Hava, non seulement il n'a pas réussi à satisfaire son désir mais il a perdu son statut de roi des animaux et a été privé des pieds qui le plaçaient au-dessus de tous, le laissant diminué et rampant sur la terre (guémara Sotah 9b).

-> On peut noter également que le nom de D. ne figure pas sur le côté gauche des Tables (commandement 6 à 10), car Hachem ne désirait pas que Son nom soit associé aux meurtriers, voleurs, ...
Cela aurait été comparable à placer l'effigie ou le nom du Roi dans un lieu impur, ce qui causerait un déshonneur au Roi.
['Hizkouni - Dévarim 2,12]

"Car Moi, Je suis Hachem ton D., D. jaloux qui Se souvient de la faute des pères sur les fils, jusqu'aux troisième et quatrième générations" (Yitro 20,5)

-> Pourquoi les transgressions des pères devraient-elles retomber sur la tête des enfants? Cela semble injuste!

Nos maîtres les Mékoubalim expliquent que le mot "fils" fait référence au principe de réincarnation et de vie antérieure. Par conséquent, lorsqu'on parle de "petit-fils", il s'agit plus exactement de la réincarnation suivante.

Ainsi, nous devons expliquer que cette allégorie fait entièrement allusion aux réincarnations de l'homme.
Lorsque celui-ci a du mérite, obtenu lors des réincarnations précédentes, ceci constitue un bouclier et une protection durant sa réincarnation présente. Cependant, il arrive parfois que l'homme ait accumulé des "dettes", issues des réincarnations précédentes, et qu'il doive de ce fait absolument les rembourser durant sa réincarnation actuelle.
Ainsi, lorsque l'homme se retrouve confronté à l'Attribut de la stricte justice (rigueur du Ciel), il ne s'agit pas de rembourser la dette de ses parents ou de ses aïeux, mais l'Ecriture nous indique que l'homme doit payer les dettes contractées lors de ses réincarnations précédentes et qui sont appelées ses "parents et ses grands-parents".
[Merkavot Argaman al haTorah]

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-> "Car Moi, Je suis Hachem ton D., D. jaloux qui Se souvient de la faute des pères sur les fils, jusqu'aux troisième et quatrième générations pour ceux qui Me haïssent" (Yitro 20,5)

-> Le Arizal explique que durant la première réincarnation d'un homme dans ce monde, ici-bas, s'il emprunte la mauvaise voie et devient racha, il reviendra une seconde fois en réincarnation. Durant sa seconde réincarnation, s'il devient à nouveau racha, toutes les étincelles de sainteté qui étaient en lui le quitteront.
Toutefois, il est impossible que toutes ses étincelles de sainteté le quittent en une seule réincarnation. C'est la raison pour laquelle il devra revenir une fois de plus dans ce monde matériel, une troisième et une quatrième fois, afin d'être vidé totalement des étincelles de sainteté qui sont encore en lui, jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien de positif.

Tel est le sens de notre verset : "qui Se souvient de la faute des pères", il s'agit de la première réincarnation, "sur les fils" : il s'agit de la deuxième réincarnation qui est appelée "fils" par rapport à la première qui est appelée "père", "jusqu'à la troisième" : il s'agit de la troisième réincarnation, "et quatrième" : il s'agit de la quatrième réincarnation qui est totalement dénudée de ses étincelles de sainteté.
Pour qui la Justice (Rigueur) divine agit-elle ainsi? 'Pour ceux qui Me haissent" (Yitro 20,5).

En revanche, pour ce qui concerne les Justes (tsadikim), la réincarnation est une bonté et un 'hessed (bonté).
En effet, le terme גלגול (guigoul - réincarnation) a une valeur numérique de 72, identique à celle du mot חסד ('hessed). En ce sens, si l'homme commence sa réparation dès la première réincarnation, il reviendra dans ce monde jusqu'à 1000 réincarnations, pour avoir le mérite de finaliser totalement sa réparation.
Ceci est la plus grande bonté qui soit car à chaque fois qu'il se réincarne, il ajoute des mérites, des bonnes actions et des commandements.
Et c'est là le sens du verset suivant : "Et qui fait du bien pour des milliers de générations, pour ceux qui M'aiment et ceux qui observent Mes commandements" (Yitro 20,6).
[Arizal - selon le Likouté Torah - tikouné Zohar 32,76b]

Tout provient de la miséricorde Divine

+ Tout provient de la miséricorde Divine :

"Yitro, prêtre de Midian, le beau-père de Moché, entendit tout ce qu’Elokim avait fait à Moché et à son peuple Israël lorsqu’Hachem fit sortir Israël d’Egypte .... Moché raconta à son beau-père tout ce qu’Hachem avait fait à Pharaon et à l’Egypte et toutes les tribulations qu’ils avaient trouvées sur le chemin et dont Hachem les avait sauvés" (Yitro 18,1)

=> Pourquoi Moché dut raconter à Yitro ce qu’il savait déjà, comme il est écrit : "Yitro ... entendit tout ce que D. avait fait à Moché et à son peuple Israël", ce qui fut d’ailleurs la raison pour laquelle il vint s’abriter sous les ailes de la présence Divine.
Pour quelle raison Moché dut-il à nouveau raconter ce que Yitro avait déjà entendu?

-> Afin d’y répondre, nos Sages font remarquer que dans les deux parties du verset, le Nom Divin employé n’est pas le même : "Yitro ... entendit tout ce qu’Elokim (אֱלֹהִים) avait fait à Moché et à son peuple Israël", alors que : "Moché raconta à son beau-père tout ce qu’Hachem (יְהוָה) avait fait à Pharaon et à l’Egypte".
Cette différence fait allusion au fait que Yitro avait bien vu que le monde avait un Créateur, et que Celui-ci le dirigeait. Cependant, il pensa que deux conduites Divines régissaient le monde : le "Din" (Rigueur) et la miséricorde.
C’est ce qui est exprimé par le verset : "tout ce qu’Elokim avait fait à Moché", à savoir que l’exil d’Egypte était guidé par "l'Attribut Divin de Rigueur", représentée par le Nom Elokim.
Et Moché relata à nouveau ce qu’Hachem avait fait à Pharaon parce qu’il voulait enraciner en lui la émouna pure que tout ce qu'Hachem accomplit est uniquement guidé par la miséricorde Divine.
Tout est l’expression du nom "Hachem", qui en est la source. Même ce qui nous apparaît une expression de rigueur n’est en réalité que bonté. Car "Tout ce que Hachem fait est pour le bien" (rabbi Akiva - guémara Béra'hot 60b).

-> Ainsi, les difficultés que vécurent les Bné Israël en Egypte ne furent que pour leur bien.
Nos Sages expliquent que le but de l’exil d’Egypte ainsi que l’asservissement difficile caractérisé par un esclavage éreintant, était de purifier les âmes des Bné Israël, de les nettoyer et de les rendre aptes à recevoir la Torah et à la révélation sur le mont Sinaï.
De même, chacun d’entre nous se trouve dans son "Egypte" personnelle, et doit savoir que cela n’a pour but que de le purifier et de le hisser [éternellement] à un niveau spirituel plus élevé.
[rav Elimélé'h Biderman]

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-> "Elokim prononça toutes ces paroles en disant : "Je suis Hachem ton D. qui t’a fait sortir de la terre d’Egypte"" (Yitro 20,1-2),

-> Le Michméret Itamar commente :
"cela évoque le fait que toutes les difficultés et les épreuves que traverse chaque juif n’ont comme but que de concrétiser en lui la perception de la parole du D. vivant : "Je suis Hachem ton D. qui t’a fait sortir de la terre d’Egypte."
Et c’est à ce sujet que dit la Torah : "Elokim prononça toutes ces paroles (dévarim - דברים), le terme דברים suggérant la rigueur et les Dinim (dibour - דיבור vient exprimer une parole dure), afin d’arriver à : "Je suis Hachem ton D."
De même que grâce à la sortie d’Egypte générale se révéla la parole du D. vivant : "Je suis Hachem ton D.", lorsqu’un homme est délivré de ses malheurs et de ses épreuves, lors de sa sortie d’Egypte personnelle, la Divinité se dévoile et lui révèle : "Je suis Hachem ton D. qui t’a fait sortir de la terre d’Egypte".
Il mérite alors de comprendre ces paroles, de les ressentir clairement et d’y croire sincèrement."

Moché réexpliqua les miracles à Yitro

"Et Moché raconta à son beau-père tout ce que Hachem avait fait" (Yitro 18,8)

-> Le Zéra Shimshon pose la question suivante, tirée du Zéra Béra'h.
Si Yitro s’est joint au peuple juif parce qu’il avait entendu parler de tous les miracles qui leur étaient arrivés, comme le dit clairement le verset (Yitro 18,1) : "Et Yitro entendit tout ce qu'Hachem avait fait", pourquoi Moché a-t-il dû lui raconter à nouveau tous ces miracles? Ne les connaissait-il pas déjà?

Le Zéra Shimshon lui-même pose la question suivante : bien que la Torah écrive que Yitro avait entendu parler de tous les miracles qui étaient arrivés aux juifs, elle précise qu’il avait entendu parler du miracle de la sortie d’Égypte. Rachi explique que, comme il s’agissait du plus grand de tous les miracles qui s’étaient produits, la Torah en a fait mention de manière particulière.
Le Zéra Shimshon demande : l'ouverture de la mer Rouge n’était-elle pas le plus grand de tous les miracles? Le renversement des lois de la nature qui s’est produit lors de la division de la mer n’avait pas d’équivalent dans aucune des étapes des 10 plaies et de la sortie d’Égypte.

Un autre point qui nécessite une clarification est qu’après que Moché eut fini de raconter à Yitro tout ce qu’il semblait déjà savoir, Yitro s’exclama : "Baroukh Hachem ..." (Loué soit Hachem - Yitro 18,10).
Qu’est-ce qu’il a entendu dans la version des miracles donnée par Moché qu’il ne savait pas encore et qui lui a fait ressentir la nécessité de bénir à nouveau le nom de Hachem?

Le Zéra Shimshon explique qu’Yitro était à l’origine un prêtre de haut rang de l'idolâtrie en Égypte. Cela signifiait intrinsèquement une chose : il était un maître en sorcellerie.
Il croyait que si la sorcellerie avait la capacité d’accomplir des choses dans le monde, cela prouvait que la puissance d'Hachem était soit limitée, soit inexistante.

Par conséquent, lorsqu’il apprit que le peuple juif avait réussi à quitter l’Égypte, cela fut pour lui le plus grand de tous les miracles. En effet, aucun esclave n’avait jamais réussi à s’échapper de l’esclavage égyptien en raison de la sorcellerie et de la magie noire que les égyptiens avaient spécifiquement mises en place pour s’assurer que les esclaves ne puissent s’échapper.

Ainsi, lorsque les juifs réussirent à quitter l’Égypte, cela prouva à Yitro qu’il existait une puissance supérieure, plus forte que le pouvoir de la sorcellerie qu’il avait considéré comme la puissance suprême.
Pour lui, cela était encore plus grand que l'ouverture de la mer, car pour diviser la mer, il n’était pas nécessaire de défier les pouvoirs de la sorcellerie, mais seulement le cours de la nature.
Uniquement la sortie d’Égypte exigeait de lutter contre les forces de la sorcellerie. Aux yeux de Yitro, qui avait été sur le terrain, c'était là le plus grand miracle.
C'est pourquoi la Torah souligne que Yitro a entendu parler de la sortie des juifs d'Égypte avant tous les autres miracles, et Rachi commente que c'est parce que c'était le plus grand de tous les miracles, selon la compréhension de Yitro.

Ce que Yitro n'avait pas réalisé, c'est que dans tous les autres miracles, les forces de la sorcellerie et l'impureté qui les alimente avaient également été combattues.
Et c’est pourquoi Moché a répété à Yitro tous les miracles dont il avait déjà entendu parler, pour lui montrer comment, en eux aussi, les pouvoirs de l’impureté et de la sorcellerie avaient été vaincus.

En ce qui concerne l'ouverture de la mer, le Zohar (vol.2,54-56) écrit que les pouvoirs de l’impureté ont été grandement affaiblis lorsque les égyptiens ont été ballottés dans la mer.
Et Rabbénou Bé'hayé (Béchala'h) écrit qu’Amalek a utilisé la sorcellerie pour tenter de dominer le peuple juif, mais qu’il a échoué.

C’est pourquoi Yitro a alors dit "Baroukh Hachem", car il comprenait désormais que non seulement la sortie d’Égypte était une démonstration qu'Hachem avait plus de pouvoir que les forces de la sorcellerie, qu’il considérait comme toutes-puissantes, mais que tous les miracles en étaient également la preuve.

"Et D. prononça toutes ces paroles : "Je suis Hachem, ton D., qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, d'une maison d'esclavage. Tu n'auras point d'autre dieu que moi" (Yitro 20,1-2)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch commente :
Au don de la Torah, Hachem a parlé avec puissance tous les commandements en une seule parole.
[...]
Nos Sages (guémara Makot 24) ont dit que les deux premiers Commandements : "Je suis Hachem, Tu n'auras pas d'autre D."... les Bné Israël les ont entendu de la bouche d'Hachem, avec une voix puissante.
Donc lorsque D. a dit les 10 Commandements, il n'est sorti de Sa bouche qu'une seule Parole (qui comprenait tous les 10 Commandements), l'oreille humaine ne peut pas entendre toutes ces puissantes paroles et lorsque les Bné Israël les ont entendues, ils n'ont pu percevoir que les deux premiers Commandements.

Leur âmes (néchama) a quitté leur corps, et comme il est dit : "Mon âme est sortie en parlant" (Chir haChirim 5,6), et ils n'ont pas pu l'entendre et comprendre plus que cela.
Tous les 8 autres Commandements qui sont sortis de la Parole de D. comme des flambeaux, se sont posés sur le mont Sinaï, jusqu'à ce que l'âme des Bné Israël leur soit revenue (résurrection) grâce à une rosée de vie.
Alors toutes ces paroles divines se sont présentées à chacun des Bné Israël et leur ont dit tous les autres Commandements qu'ils n'avaient pas entendus de la bouche de D.

On peut comprendre maintenant la raison pour laquelle les deux premiers Commandements sont écrits tel que D. les a dits : "Je suis Hachem, ton D. qui t'a fait sortir d'Égypte", car c'est D. Lui-même qui parle aux enfants d'Israël!
Mais ensuite, c'est l'ange envoyé de D. qui a rapporté ses Paroles comme le verset l'écrit : "c'est Shabbat pour Hachem, ton D.", en souvenir de D. qui a créé le monde en six jours. C'est pour cela que Hachem l'a béni, et de même pour tous les autres Commandements.

La voix (l'envoyé de D.) ne peut mentir et dire c'est Mon Shabbat car J'ai créé le ciel et la terre ... puisque c'est l'ange envoyé de D. qui parle.
D'après cela, on peut comprendre ce que le verset dit : "Et Il a parlé (Elohim) toutes les Paroles" avec Sa puissante voix qui proviennent de ce Nom, Il les a prononcées toutes en une seule Parole, et aussi Il a donné de la puissance à Ses Paroles, de telle sorte qu'elles puissent parler elles-mêmes ensuite aux Bné Israël au moment voulu, comme il y a eu lieu.
Puisque les Bné Israël ne pouvaient plus les entendre toutes, de la bouche de Dieu, elles ont parlé elles-mêmes.

On peut aussi expliquer d'après ce que nous enseignent nos Sages dans le midrach (Tan'houma Toldot 7) que D. n'associe pas Son Nom à aucune créature de son vivant. D'après la raison du prophète : "même dans Ses saints, Il ne met pas Sa croyance" (Iyov 15,15).
Pour cette raison, Il n'a associé Son Nom à celui d'Avraham en disant : "Hachem Ton D.!" qu'après sa mort. C'est ce que veut dire le verset : "Et D. (Elohim) a parlé toutes ces choses-là" = c'est-à-dire d'une parole puissante.
C'est pour unir Son Nom sur chacun d'entre eux et dire : "Je suis Hachem, ton D."

Hachem s'est adressé à eux de cette manière (avec rigueur) afin de les éprouver, les raffiner et par cela enlever l'impureté qui était ancrée au fond d'eux et ils auraient alors le niveau requis pour qu'Il puisse leur dire : "Je suis Hachem, ton D."
D'après ce que nos Sages ont enseigné, que leur âme les a quittés.
=> Il se trouve qu'Hachem a uni Son Nom avec eux au moment-même où leur âme est sortie d'eux et tout de suite, Il dit à chacun d'entre eux : "Je suis Hachem ton D."

[Le Ohr ha'Haï ajoute : ] Je me dois d'expliquer la raison pour laquelle ce sont les deux premiers Commandements uniquement que les Bné Israël ont entendus de la bouche d'Hachem : "Je suis Hachem, ton D., qui t'ai fait sortir d'Egypte" et "Tu n'auras pas de dieux étrangers".
Il faut savoir que ces deux Commandements sont réellement les racines et les bases de toutes les autres mitsvot.
"Je suis Hachem" est la base et la racine des mitsvot positives, et "Tu n'auras pas de dieux étrangers" est la racine des mitsvot négatives.
=> C'est pour cela que D. a enraciné au fond d'eux ces deux Commandements. Ainsi la Torah restera profondément ancrée en nous, et ne nous quittera plus jamais pour toutes nos générations à venir.

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-> "Je suis Hachem, ton D. (ani Hachem Elokékha - אָנֹכִי יְהוָה אֱלֹהֶיךָ), qui t'a fait sortir d'Égypte, de la maison d'esclavage" :
Ce commandement s'adresse à l'âme et au corps, "Je suis Hachem ton D." parle à la néchama (l'âme) puisqu'étant spirituelle, elle reconnaîtra la Divinité. C'est pour cette raison d'ailleurs que dès qu'elle a entendu Je suis Hachem, elle a quitté le corps, elle a reconnu son Créateur et venant du monde supérieur, du monde de l'Unicité, elle a voulu s'unir à Lui.

C'est aussi pour cela que, même dans le monde du bas le monde de la séparation (pluralité), le peuple d'Israël, étant sanctifié par son âme (néchama), est appelé "un peuple unique" et est comparé aux anges.
Le corps dont la vitalité ressemble à celle de l'animal (les besoins vitaux et matériels du corps) ne reconnaît pas la lumière spirituelle et merveilleuse de son Créateur. Au simple fait d'entendre la première Parole "Je suis Hachem", c'est pourquoi D. finit et dit "Qui t'a fait sortir d'Egypte", il se sensibilisera à ce bienfait matériel dont le créateur l'a comblé.

On peut expliquer également de cette manière, "Je suis Hachem, ton D." avant ta venue dans ce bas monde car tu es une partie de la lumière Divine comme une partie de Dieu Lui-même (Haazinou 32,9) et le verset continue "Qui t'a sorti d'Égypte", c'est-à-dire c'est la raison pour laquelle Je t'ai fait sortir d'Égypte, et celle aussi pour laquelle J'ai secoué la terre et tous ses habitants, le ciel et toutes les constellations (les astres) pour Israël, afin de le sortir d'Egypte.
Je ne pouvais pas ne pas sauver ces particules de sainteté, afin qu'ils deviennent mes serviteurs.

Ou encore on peut séparer le verset de telle manière "Je suis D." (יהוה - D. de miséricorde) aussi bien lorsque Je te comble de bienfaits Je suis ton Maitre, et même lorsque Je te mets à l'épreuve, et t'envoie des signes de remontrance, Je suis aussi "ton D. Eloké'ha" (אֱלֹהֶיךָ - D. de justice).

Egalement, d'après ce que nos Sages nous ont enseignés (guémara Béra'hot 60), un homme doit louer Dieu avec joie, aussi bien dans les bonnes circonstances que dans les mauvaises, car réellement les remontrances et les épreuves que Dieu nous envoie sont une bonté et un bienfait pour nous.
C'est ce que le verset dit : "Je suis D." (de miséricorde), même lorsque Je Me montre "ton Hachem" (justice) c'est-à-dire même lorsque Je t'éprouve.

-> "Qui t'a fait sortir d'Égypte de la maison d'esclaves" :
Ces 2 termes font allusion à 2 époques, la première est l'exil (galout) d'Égypte dont Il nous a sortis, et la deuxième de la maison d'esclavage, qui fait allusion à notre exil actuel. Exil où nous sommes asservis et humiliés par toutes les nations et par tous les peuples parmi lesquels nous nous trouvons. Hachem fait allusion, que même de celui-là, Il nous délivrera.

Ou encore cette répétition vient nous expliquer, car on peut se demander, pourquoi Hachem nous a-t-Il fait sortir d'Egypte, pourquoi ne nous a t'il pas comblé d'un plus grand bienfait? Il aurait pu nous laisser en Égypte où nous serions devenus les chefs, les gouverneurs de la terre.
Nous aurions pu ainsi dominer nos ennemis, et ceux qui nous avaient asservis seraient devenus nos serviteurs, de ce fait, les Bné Israël auraient été plus satisfaits et auraient prouvé au monde la puissance de D. et de Son pouvoir. Et tout le monde aurait reconnu qu'il y a un Dieu Qui juge.

A cela, D. dit que la raison est que la terre d'Egypte elle-même est une "maison d'esclavage", car lorsqu'il a partagé le monde en 70 parties, il a nommé des princes célestes qui seront les intermédiaires entre la nation de cette partie du monde et lui-même, ainsi en est-il dans le monde entier, à l'exception de la terre de Canaan, que D. a choisie pour la gloire de Son Nom.
"Les yeux de Dieu y sont portés du début de l'année jusqu'à la fin" = c'est à cela que fait allusion le verset de la maison d'esclavage, un endroit d'esclaves de D. (dominé par les princes célestes).
Hachem ne désire pas que l'on soit dominé par un prince, aussi céleste soit-il, si ce n'est par Lui-même, bénit soit-Il. C'est pour cela qu'Il nous a fait sortir d'Égypte un pays d'esclaves (les princes célestes dominent) afin de leur faire hériter de la terre qui est celle de la maison de D. uniquement.
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

Le mérite éternel de la Akéda

+++ Le mérite éternel de la Akéda :

"Aucune main ne la touchera, car il serait assurément lapidé, ou précipité [d'une hauteur] ; [que ce soit] une bête ou un homme, il ne vivra pas ; quand le chofar [fera entendre] un son prolongé, ils pourront monter sur la montagne" (Yitro 19,13)

-> Rachi explique que le shofar utilisé lorsque la Torah a été donnée était une corne du bélier qu'Avraham avait amené en sacrifice sur le mont Moriah (à la place d'Its'hak).

-> Le Maharal (Gour Aryé ; voir aussi Déré'h 'Haïm 5,6) fait le développement suivant :
Le bélier de la Akédat Its'hak n'existait plus lorsque la Torah a été donnée, il avait été complètement consumé lorsqu'il avait été apporté [par Avraham] sur l'autel en tant qu'offrande olah.
Cependant, le mérite du bélier subsistait. Parce qu'Avraham avait une foi inébranlable en Hachem, il était prêt à apporter son fils Its'hak en sacrifice, ses descendants ont été récompensés par des objets d'un autre monde, correspondant aux parties du corps du bélier.
En effet, le midrach (Pirké déRabbi Eliézer 31) affirme que rien de ce qui provient du "bélier créé au crépuscule " ne l'a été en vain. Les tendons ont été utilisés pour les 10 cordes de la harpe du roi David et la peau a été utilisée pour la ceinture de cuir d'Eliyahou haNavi. La corne gauche a été le shofar soufflé lorsque la Torah a été donnée, comme il est dit : "Et le son du shofar était très fort" (Yitro 19,19).
La corne droite sera utilisée comme shofar dans le futur (à l'époque de machia'h), comme l'indique la Torah : "Et ce jour-là, on soufflera dans un grand shofar" (Yéchayhou 27,13).
Ces objets d'un autre monde n'ont pas été prélevés sur le bélier qui a été élevé lors de la Akéda, mais leur existence est due à son mérite.

Il est également possible que le bélier qu'Avraham a apporté à l'Akéda ait continué d'exister après l'Akéda, bien qu'il ait été brûlé sur l'autel. Ce bélier n'était pas un bélier ordinaire, car il avait été créé au crépuscule du premier Shabbat (Pirké Avot 5,6). Il avait donc des propriétés surnaturelles et ne pouvait pas être consumé par un feu naturel.
La michna (Pirké Avot 5,8) précise : "Dix objets furent créés la veille du Shabbat [de la Création] au crépuscule. Ce sont : l’ouverture de la terre [qui engloutit Kora’h], l’ouverture du puits [qui abreuva les enfants d’Israël dans le désert], la bouche de l’ânesse [de Bilaam], l’arc-en-ciel [qui apparut après le Déluge], la manne, le bâton [de Moché], le vers du Chamir [qui permit de découper les pierres qui servirent à la construction du Temple], l’Écriture [la forme des lettres gravées sur les Tables de la Loi], l’Inscription [miraculeuse, sur les premières Tables de la Loi, qui pouvait être lue sur chacune de leurs faces] et les Tables de la Loi."
Ces objets n'ont pas été créés pendant les 6 jours de la création, car ils avaient des propriétés surnaturelles. Ils n'ont pu être créés qu'à un moment de sainteté, lorsque le monde était à la veille du Shabbath.

Les composants physiques/matériels du bélier apporté à la Akéda ont été consumés par le feu de l'Akéda. Cependant, les propriétés surnaturelles du bélier étaient immunisées contre le feu naturel et ont survécu après l'Akéda.
Ce sont ces composants surnaturels qui ont été utilisés comme shofar lorsque la Torah a été donnée au Sinaï.
De même, les tendons que le roi David a employé pour faire les cordes de la harpe qu'il a utilisée pour composer les Téhilim n'étaient pas de simples cordes naturelles, il s'agissait des tendons du bélier de l'Akéda qui avaient survécu au feu et possédaient des propriétés surnaturelles.
Il composait les Tehillim avec le ruach hakodesh (inspiration divine), et la harpe qu'il utilisait en était le reflet.
La ceinture de cuir d'Eliyahou était également plus qu'un simple accessoire vestimentaire, c'était un vêtement surnaturel, reflétant les qualités spirituelles uniques du prophète.
De même, le shofar qui sera utilisé par le machia'h sera d'une sainteté transcendante et sera dérivé de la corne du bélier de l'Akéda qui existera jusqu'à l'arrivée de machia'h.

Avoir des limitations spirituelles

-> Le Shem MiShmouel écrit au nom de son père, le Avné Nézer : lorsque Hachem fut prêt à donner la Torah à l’humanité, Il alla de nation en nation et l’offrit à chacune d’elles. Chaque nation demanda ce que contenait la Torah et on lui répondit qu’elle renfermait un commandement qui allait à l’encontre de sa nature. C’est pour cette raison que toutes les nations rejetèrent la Torah.
Cependant, le peuple juif accepta la Torah. Le Avné Nézer demande : pourquoi Hachem ne nous a-t-Il pas également dit quelque chose qui allait à l’encontre de notre nature?
Il répond qu’en fait, Il l’a fait. La Torah contient le commandement de la hagbala, se tenir à distance du mont Sinaï au moment du don de la Torah.
(Yitro 19,12 : "véhigbalta" = Tu limiteras = Fixe-leur des barrières qui leur servent de signes afin qu’ils n’approchent pas de la limite.
voir Yitro 19,9 & Rachi : "Nous voulons voir notre roi!" (et non recevoir les 10 Commandements par un intermédiaire)] et Shabbat 87a).
Cela va à l’encontre de la nature même du peuple juif, qui est de toujours aspirer à des sommets toujours plus élevés dans la quête spirituelle.
Selon cette idée de l’Avné Nézer, nous voyons que se satisfaire de notre état spirituel actuel est une tâche difficile, mais nécessaire.

"Avant de transmettre la Torah à Moché, D. l'a révisé 4 fois"

[Midrach Chémot Rabba 40,1 , ainsi que dans la guémara Erouvin 54b]

Rabbi Na'hman de Breslev (Likoutey Moharan II,118) de dire :
"Il est possible d'enseigner la Torah sans préparation.
Cependant, de ce midrach, nous voyons qu'il est préférable de préparer et de réviser une leçon avant de la dire à d'autres."

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-> Phrase introductive des 10 Commandements : "D. prononça toutes ces paroles en disant : ..."  (Yitro 20,1)

"Lorsque D. a émis [le 1er des Dix commandements - Yitro 20,2] : "Je suis Hachem, ton D., Qui t'a fait sortir du pays d'Egypte",  Moché a prononcé la bénédiction : "béni es-Tu ... qui ne m'a pas fait goï" (barou'h chélo assani goï)."

[midrach Abakhir]

-> Le Béra'h Moché commente : "Moché voulait ainsi exprimer sa gratitude de faire partie du peuple juif, qui a été choisi parmi toutes les nations, pour être l'élu d'Hachem."