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"Ils se tinrent au pieds de la montagne" (Yitro 19,17)

-> Rachi rapporte la guemara (Shabbath 88a) : La montagne a été arrachée à son endroit et a été renversée sur eux comme une coupole.

-> Ensuite, Hachem leur déclara : "Si vous acceptez la Thora, c’est bien. Sinon, là-bas vous serez enterrés".
N'aurait-il pas été plus logique qu'il soit dit : "Sinon, ICI vous serez enterrés", c’est-à-dire sous la montagne?

En fait, nos Sages disent que si les juifs n’avaient pas accepté la Torah, le monde entier aurait été détruit, car le monde n’existe que grâce au mérite de la Torah.
Dès lors, "sinon (si vous n’acceptez pas la Thora, alors) là-bas vous serez enterrés" = pas seulement sous la montagne, mais partout où vous pourrez vous trouver, car tout disparaîtra.
[le 'Hafets ‘Haïm]

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-> La montagne au-dessus d'eux avait une forme semblable à une coupole
Selon rabbi Moché Soloveitchik (véaIch Moché), c'est une allusion au fait que que si les juifs refusaient la Torah, ils auraient certes pu continuer à vivre mais leur vie serait alors limitée/vide, à l'image de d'un prisonnier sous un dôme, une coupole.
En effet, seule la partie matérielle existerait, sans aucune possibilité d'élévation vers le Ciel par la spiritualité.

Ainsi, Hachem voulait leur dire qu'ils ne mourraient pas écrasés physiquement sous la montagne, mais que spirituellement ils allaient être morts, enterrés dans la matérialité.

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+ Celui qui est forcé : c'est là sa force!

-> Le rav Yérou'ham de Mir rapporte la guémara (Avoda zara 2,1) selon laquelle les nations du monde, à la fin des temps, se plaindront à Hachem : "Pourquoi ne nous as-Tu pas retourné la montagne du Sinaï sur nos têtes en nous forçant à recevoir la Torah".
Apparemment, cette montagne retournée sur nous, serait un atout du peuple juif que les nations nous envieront.
D’ailleurs, nous-mêmes nous pouvons nous demander pourquoi une fois que le peuple juif a dit : "Naassé véNichma" (nous ferons et nous comprendrons), il a été nécessaire pour Hachem de nous retourner la montagne sur nos têtes?

La réponse se trouve dans le midrach (Dévarim rabba 4,2) qui enseigne : "la Torah et l’épée sont descendus du Ciel enveloppées l’une dans l’autre" = ce qui signifie que la particularité du don de la Torah est qu’il s’est fait avec une dimension d’obligation extraordinaire (c'est la Torah ou la vie!).
Non seulement les juifs ont concentré toute leur volonté à tel point qu’ils ont pu prononcer le célèbre : Naassé Vénichma, mais en plus Hachem Lui-même a retourné la montagne sur leurs têtes afin d’augmenter leur niveau d’obligation.
La Torah elle-même est descendue du Ciel avec l’épée, ce qui signifie que son application sera maintenant : Pikoua’h nefech : une question de vie ou de mort pour le Klal Israël.

=> Est-ce une manière de nous effrayer, de nous forcer, de nous punir?
Pas du tout. La dimension d’obligation est en réalité le synonyme et le secret de perfection.
Le fait même de pouvoir choisir entre le bien et le mal est un défaut immense qui existe dans l’Humanité.
Certes, c’est ce libre arbitre qui donne à l’homme du mérite, mais le fait même qu’il puisse hésiter avec le mal, avec la paresse, avec la colère, ... est en soi un défaut immense ; même si au final il choisit le bien.
En effet, la Torah qui est parfaite (Torat Hachem temima), devait forcément être donnée dans une dimension d’obligation immense qui serait synonyme de sa perfection.
Les mitsvot n’ont de force que lorsqu’elles sont obligatoires : c'est une injonction d’Hachem ; car là est aussi le secret de leur perfection. [un acte banal, devient infiniment puissant une fois que Hachem nous l'ordonne!]
De même, chaque Ben Israël n’atteindra sa plus grande force et sa plus grande perfection que lorsqu’il aura réussi, de son propre gré, à se rendre complètement contraint et forcé à la Torah et aux mitsvot.

Le rav Yérou'ham de Mir ajoute : "Ne crois pas que quelqu’un qui fait quelque chose en traînant le pas et en forçant sa nature, il s’appelle quelqu’un qui est arrivé à la ‘’parfaite contrainte’’. Voici qu’au sujet des astres nous disons ‘’smeh’im bétsétam vésassim bévoam (ils se réjouissent lorsqu’ils sortent [pour accomplir la volonté d’Hachem], et ils exultent lorsqu’ils reviennent - dans la bénédiction sur la lune).
De même les anges se déplacent comme le feu tant ils sont enthousiastes et empressés d’accomplir la parole d’Hachem.
Lorsque l’on parle de cette ‘’obligation’’ et de cette ‘’contrainte’’ qui sont perfection, il faut plutôt entendre que c’est un niveau où la volonté de l’Homme est tellement puissante et la perception d’Hachem qui L’enjoint, est tellement grande qu’il n’y a plus de place pour l’hésitation, qu’il n’y a plus de place pour la paresse, qu’il n’y a plus place pour le libre arbitre.
En réalité, c’est par le mérite que nos ancêtres ont dit : "Naassé vénichma" qu’ils ont pu voir la montagne du Sinaï se retourner sur eux ; et les nations du monde nous l’envierons à la fin des temps.
Ils demanderont à Hachem pourquoi ils n’ont pas mérité cela et Hachem leur répondra : par votre manque de bonne volonté (comme le prouve la mitsva de Soucca qu’ils vont recevoir, mépriser et fuir son inconfort dès que la chaleur devient trop intolérable pour eux, comme le raconte la guémara).

Il en ressort que n’ont pu être sortis d’Egypte que les juifs qui présentaient en eux une vraie disposition aux mitsvot, une volonté profonde de s’assujettir à la volonté d’Hachem.
Comme le dit le midrach lui-même, beaucoup de Bné Israël étaient encore attachés à l'idôlatrie, d’autres étaient attachés à l’argent et certains n’avaient pas une volonté entière de se soumettre aux mitsvot.
Tous ces Bné Israël n’ont même pas pu entendre l’appel d’Hachem et ont disparus pendant la plaie de l'obscurité car ils n’étaient pas aptes à rentrer et à recevoir le joug de la royauté d’Hachem.
[d'après le Néféch Yéhoudi - Bo (5778)]

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-> Rabbi Its'hak de Gour disait :
On sait qu'au moment où D. a révélé la Torah au peuple d'Israël, il a menacé de retourner la montagne sur lui comme un entonnoir. Mais cela est d'autant plus curieux que le peuple avait déjà proclamé avec solennité : "Nous ferons et nous entendrons" (Michpatim 24,7).

En vérité, au moment où le peuple se tenait au pied de la montagne et qu'il entendit les 10 Paroles : "Tu ne tueras pas", "Tu ne voleras pas", ... les "belles âmes" d'Israël haussèrent les épaules.
Quoi? Et c'est pour nous dire cela qu'on nous a dérangés alors que nous nous attendions à des proclamations plus profondes et plus substantielles.
C'est à nous que l'on dit : "Tu ne voleras pas", "Tu ne convoiteras pas"? Non mais pour qui nous prend-on?

C'est alors que Moché retourna la montagne sur eux et leur dit : surtout ne bougez pas. Cela concerne vous aussi!
Car si vous analysez les choses en profondeur, vous vous apercevez qu'il y a, en chacun de vous aussi, une petite part du mauvais penchant, du mauvais instinct du vol, de celui du meurtre et certainement de celui de la course au profit.
Vous imaginez sans doute que vous êtes à l'abri de cela? Eh bien non : "Tu ne tueras pas", "Tu ne voleras pas", "Tu ne te prostitueras pas", ...

[chacun des commandements impliquent énormément de choses, comme par exemple le fait de provoquer un sentiment de honte à autrui en public, qui est assimilable à être un meurtrier.]

"Ils dirent à Moché : Parle-nous ... que D. ne nous parle pas de peur que nous mourions" (Yitro 20,16)

Pourquoi avaient-ils peur de mourir?
Existe-t-il une mort aussi belle et agréable que le fait de mourir à un tel niveau spirituel, brûlant d’un feu ardent dans l’amour d’Hachem, rejoignant la présence Divine tel un fils qui courre vers son père. Espéraient-ils avoir plus tard une meilleure mort que celle-ci?

Il y a beaucoup d’anges, dans le Ciel qui récitent la louange Divine une seule fois dans leur existence, y mettant toute leur vitalité, au point de disparaître juste après, s’incluant dans la Lumière Divine.
Malgré tout, Hachem ne s’est pas contenté de cela, il a créé un monde matériel pour que l’homme y dévoile Sa Royauté grâce à l’accomplissement des mitsvot et par l’étude de la Torah.

Telle était la crainte du peuple. Ils avaient peur de mourir, car Hachem ne souhaite pas que les hommes meurent dans l’amour d’Hachem [mais plutôt qu'ils vivent dans Son amour].
En effet, pour cela, D. ne manque pas d’anges qui sont ainsi.

[Rabbi Aharon de Karlin – le Beit Aharon]

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-> "Ils dirent à Moché : Parle-nous … que D. ne nous parle pas de peur que nous mourions.
Moché répondit au peuple : "Soyez sans crainte! c'est pour vous mettre à l'épreuve que Hachem est intervenu ; c'est pour que sa crainte vous soit toujours présente, afin que vous ne péchiez point." (Yitro 20,16-17)

Rabbi Mendel de Kotzk commente que Moché dit à la nation juive : "Vous ne devez pas avoir peur de la mort (pen namout). Votre peur principale doit être de ne faire aucune faute (lévilti té'hétaou).
[une faute = une forme de mort spirituelle]

"Tout le peuple vit les voix" (Yitro 20,15)

-> Hachem créa le monde par 10 Paroles Créatrices.
Ces Paroles sont constamment présentes dans le monde et ce sont elles qui le font exister sans cesse. Cependant, elles sont tellement cachées qu’on ne les perçoit pas, d'où le risque de ne pas savoir que c’est Hachem qui fait exister le monde. On peut en venir à imaginer, D. préserve, que le monde tient de lui-même.

Mais au moment du don de la Torah, "Tout le peuple vit les voix" = Ils virent clairement ces Paroles Divines qui font exister le monde en permanence. Ainsi, ils purent prendre conscience de façon tangible et claire que Seul Hachem est le Créateur qui maintient le monde et que sans l’existence qu’Il y insuffle, le monde ne peut pas tenir même ne serait-ce qu’un instant.

[Rabbi 'Haïm de Volozhin - Néfech ha'Haïm]

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-> Le Kli Yakar enseigne :
"Il est probable que chaque parole qui sortait de la bouche d'Hachem se matérialisait immédiatement et avait une consistance, au point qu'on voyait dans l'air toutes les lettres qui volaient, comme si tout était écrit devant eux.
C'est pourquoi les Sages ont dit que lorsque Moché a brisé les Tables de la Loi (lou'hot), les lettres s'envolaient dans l'air."

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-> Le Ahavat Shalom (rabbi Ména'hem de Kossov) commente sur ce verset :
Lorsque les juifs se tenaient devant le mont Sinaï, leur nature physique se sépara d'eux et pour un bref instant, ils furent capables de voir, avec l’œil de l'esprit, les concepts et les idées que l'on peut comprendre normalement seulement après les avoir entendus.
Ils "virent les sons" signifie que leur esprit appréhendait la Torah directement, sans passer par le processus de l'écoute.

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-> "Or, tout le peuple vit les voix, les éclairs, le son du chofar et la montagne fumante, et le peuple, à cette vue, trembla et se tint à distance" (Yitro 20, 15)

Le Nétsiv (Haémek Davar) commente :
Au début il est écrit "tout le peuple vit", c’est-à-dire qu’ils ont mérité de voir une chose extrêmement élevée en sainteté, plus que ce qu’un ange peut voir et qu’aucun être humain ne mérite de percevoir.
Mais ensuite il est écrit "Le peuple à cette vue, trembla" = ils avaient vu quelque chose qui dépassait en réalité leurs capacités, comme un homme qui porte pendant un moment un fardeau bien trop lourd pour lui et qui ne peut donc plus se tenir immobile et doit s’agiter sans cesse. De même, ‘‘le poids’’ de sainteté était au-delà de la force des bnei Israël, ce qui les a fait trembler.

"[Hachem a dit : ] Mets des limites autour du mont [Sinaï] et sanctifie-le" (Yitro 19,23)

Le mot : "mont", s'écrit en hébreu : הַר (ar).

Mettons des limites, des barrières autour de ce mot :
- les lettres qui encadrent le ה (venant avant et après) sont : le ד et le ו.
- de même, les lettres qui encadrent le ר sont : le ק et le ש.

Ce qui forme le mot : קדוש (kadoch - saint).

=> Ainsi, lorsque nous avons des barrières protectrices pour évoluer selon la Torah, on devient soi-même kadoch.

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-> Certains Sages (Panim Yafot, Guévourot Arié) voient dans ce verset : "Délimite la montagne et sanctifie-là", une allusion : grâce aux limitations qu'un homme s'impose, il se sanctifie.

-> Le midrach (Chémot rabba 19,2) enseigne :
"On a demandé au serpent : pourquoi te caches-tu souvent à proximité des barrières?
Il répondit : Parce que j'ai fait une brèche dans les barrières du monde!"

Le rav Elimélé'h Biderman explique :
On demande au serpent qu'il nous dévoile la raison pour laquelle il investit autant d'efforts afin d'inciter les hommes à franchir les limites qu'ils s'imposent.
Ce à quoi il répondit qu'à partir de là, le chemin est court jusqu'à les faire trébucher complétement.
C'est ainsi qu'il réussit autrefois à séduire 'Hava et à l'inciter à ouvrir une brèche dans l'interdiction qu'elle s'était imposée à elle-même de ne pas toucher à l'arbre de la Connaissance (alors que Hachem avait interdit uniquement la consommation de ses fruits), et c'est à partir de là qu'elle en vint à transgresser l'ordre Divin lui-même.
[le serpent la poussée pour qu'elle touche l'arbre. Or, sa barrière à la faute était de ne pas même toucher l'arbre. Une fois qu'elle a dépassé sa barrière, le serpent pouvait plus facilement la tromper à en venir à manger le fruit.]

[d'un côté on ne doit pas ajouter excessivement d'interdits, car comme le dit la Torah : si on en ajoute, on viendra à en retirer.
Mais il est nécessaire d'avoir un "choul'han aroukh personnel", c'est-à-dire des barrières personnelles, car nous connaissons notre faiblesses personnelles, et nous savons que nous allons en venir à fauter si on n'est pas un peu plus restrictif dans un domaine donné.
Du coup, on met à certains endroits risqués une barrière qui nous évite de tomber dans le ravin de la faute.]

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-> Normalement Moché aurait dû appeler son premier enfant : Eliézer, pour louer Hachem de l'avoir sauver.
Pourquoi alors a-t-il nommé son aîné : Guerchon?
Le 'Hafets 'Haïm explique que Moché voulait tout d'abord pouvoir toujours se souvenir qu'il était dans une nation étrangère (guèr = étranger), et ce afin de ne jamais en venir à être influencé par les habitudes et la culture locales.
[d'une certaine façon, à ses yeux il était plus important de mettre en place une barrière protectrice (à chaque fois qu'il appellerai son fils), plutôt que de remercier Hachem (constamment, en appelant son fils).]

[le rav Elimélé'h Biderman dit que si Moché était vigilant à ne pas être influencé par les goyim, à combien davantage devons-nous également y être vigilants.
Cela est d'autant plus vrai dans notre génération, et les parents doivent faire attention que les mauvaises influences ne gâchent toute la pureté de nos enfants.]

-> "[Pharaon dit :] "Je les poursuivrai et je les atteindrai, je partagerai leur butin (a'halék chalal), je dégainerai mon glaive et je les anéantirai" (Béchala’h 15,9)

=> Comment Pharaon pouvait-il être si sûr de son coup?
Le rav Elimélé'h Biderman fait remarquer que le mot : "butin" (chalal - שלל) est l'acronyme de : chem (nom), lachon (langage) et lévouch (habit, vêtement).
Pharaon pensait qu'il arriverait à persuader les juifs d'abandonner ces 3 choses (c'est le butin des juifs, car grâce à cela ils ont pu traverser l'esclavage égyptien et méritaient d'en être sauvés).
Et à ses yeux puisqu'ils quitteraient ces 3 barrières protectrices, alors c'est sûr qu'il sera capable de les conquérir.

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-> "Hachem en dirigea pas le peuple juif par le pays des Philistins car il est proche" (13,17)

Rachi commente : il était facile de retourner en Egypte par le même chemin.

Le Chla haKadoch dit que Hachem a fait prendre aux juifs un chemin plus long, afin qu'ils leur soient plus difficile et moins tentant de se rebeller et de revenir en Egypte.
Selon le Chla haKadoch, d'après ce verset nous devons faire de même et faire des barrières et des limites personnelles afin de nous protéger de la faute.
[on pense à nos faiblesses actuelles, et à ce qui peut être mis en place pour éviter d'en venir à fauter.
En effet, sur une terrasse en hauteur on met toujours un parapet, une barrière protectrice. Elle nous tient plus à distance qu'elle va nous empêcher effectivement de tomber. De même avec nos limitations.

Le rav de Brisk faisait remarquer que nous mettons en place pleins de barrières pour se protéger de toute perte matérielle (ex: un coffre, un système d'alarme, une porte sécurisée, ...), alors que nos possessions ne sont nôtre que pendant une durée limitée. Combien davantage plus nous devrions nous préoccuper de protéger notre capital spirituel qui lui est éternel! ]

-> "Paix, paix, pour qui s'est éloigné comme pour le plus proche" (shalom shalom lara'hok vélakarov - Yéchayahou 57,19)
Le Chla haKadoch commente que celui qui est à distance de la faute (ra'hok - רָחוֹק), alors il est proche de Hachem (karov - קָּרוֹב).

[ainsi à l'image des Bné Israël qui devaient être à distance du mont Sinaï, où Hachem s'est révélé et leur a parlé avec une proximité inégalée, de même nos barrières personnelles sont ce qui va nous assurer d'avoir le plus possible de proximité avec Hachem.]

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-> Le rav Shimshon Pinkous raconte que dans sa jeunesse, il allait à un cours d'un grand rabbi 'hassidique, et il essayait de se rapprocher du rabbi, mais on lui a dit de ne pas s'asseoir si proche.
Se tenant à distance, il a vu un jeune enfant s'asseoir exactement où il était assis auparavant, et personne ne lui a dit de partir.
On a alors expliqué à rav Pinkous qu'il s'agissait du petit-fils du rabbi.
Le rav Pinkous a alors compris ce que signifie le fait que les juifs sont proches d'Hachem (ils sont Ses enfants - banim atem l'Hachem). En effet, il n'y a alors aucune limites aux niveaux que nous pouvons atteindre. Un juif peut évoluer dans sa vie jusqu'à s'asseoir très très proche de Hachem (à l'image de garçon à côté du rabbi, son grand-père).

On peut illustrer la notion de barrières personnelles de protection contre les fautes, par l'idée suivante :
"L'amour d'Hachem brille dans les interdictions de la Torah, par lesquelles Il guide ses précieux enfants dans une vie la plus agréable et joyeuse qui soit, et ce non seulement dans le monde à Venir, mais également pendant la durée de leur vie dans ce monde." (rabbi David Its'hak Rabinowitz de Skolia - 'Hayé Sarah).

[les limites que nous nous imposons doivent être ce qui nous permet d'avoir une vie actuelle et future, la plus épanouissante, car au plus proche de papa Hachem.
Ce n'est pas des barrières qui doivent emprisonner, causer du tord à quiconque, au contraire!]

Shabbath est la pensée de D., les autres jours Sa parole

"Les jours de la semaine, vous pouvez travailler et accomplir tout votre travail, mais le 7e jour est un Shabbat pour Hachem, votre D." (Yitro 20,9-10)

-> Ce passage peut être compris à la lumière de la déclaration du Zohar (2:88a) concernant les mots : "Hachem a béni le 7e jour et l'a sanctifié" (Béréchit 2,3) = "Il l'a béni par la manne (en faisant descendre de la manne supplémentaire le 6e jour) et l'a sanctifié par la manne (en ne faisant pas descendre de manne le 7e jour)".

En règle générale, il y a des personnes qui parlent sans interruption, tandis que d'autres ponctuent leur discours de pauses, se donnant ainsi le temps de réfléchir à ce qui doit être dit.
A l'instar de ce 2e type de personne, les 6 jours de la Création correspondent au domaine de l'action, dans lequel la parole de D. s'est déjà manifestée.
En revanche, le Shabbath fait allusion au domaine de la pensée, aux pauses entre les mots.

C'est pourquoi la manne, qui est l'actualisation physique de la bénédiction d'Hachem, n'est pas tombé le Shabbath, puisque le Shabbath symbolise le domaine de la pensée, où le potentiel n'a pas encore été actualisé. Ce domaine est caché et dissimulé dans le Ein Sof, et il ne peut être révélé à l'humanité et se manifester dans le domaine de l'action. Ce n'est que pendant les 6 jours ouvrables que le domaine physique de l'action peut se manifester. Néanmoins, tout émane et coule de la pensée, qui influence ensuite la parole et se manifeste en tant que telle.
En conséquence, Shabbath affecte les 6 jours de travail qui suivent. (Zohar 1:75b)

C'est la signification de l'énoncé : "Il l'a béni avec la manne et l'a sanctifié avec la manne". La bénédiction pour que la manne tombe pendant la semaine provient du Shabbath.
Shabbath est "la source de la bénédiction" (mékor habéra'ha - Lé'ha Dodi) et la manne est la manifestation physique de cette bénédiction. La manne sert d'archétype à toute la générosité dont nous jouissons pendant les six jours de la semaine, et qui découle de Shabbath.

Par conséquent, pendant la semaine, lorsque le monde de l'action se manifeste, sa composante divine n'est pas discernée empiriquement, c'est-à-dire que nous ne pouvons pas voir la divinité dans les choses et les actions physiques.
Cependant, le Shabbath, l'aspect physique/matériel de la création est dissimulé et caché au sein de D., car seul le domaine de la pensée est alors manifeste ; il est donc possible de discerner empiriquement que tout est "une portion de Dieu en haut" (Iyov 31,2).

C'est l'allusion au verset "Tu peux travailler 6 jours et accomplir tout ton travail, mais le 7e jour est un Shabbat pour Hachem, Ton D." = le Shabbath, tout retourne à sa racine, à la cause de toutes les causes, et l'aspect divin de la réalité est palpable, car nous réalisons alors qu'en vérité, il n'y a pas de physicalité indépendante. [Likouté Torah - Béhar].
Au contraire, la nature matérielle de la réalité est dissimulée et cachée dans la pensée d'Hachem, et tout ce que nous percevons est l'aspect Divin de la réalité.
[rabbi Lévi Its'hak de Berditchev - Kédouchat Lévi - Yitro 20,9-10 ]

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-> Les jours de la semaine manifestent la parole de D., tandis que le Shabbat manifeste la pensée de D.

"Le peuple vit, ils tremblèrent et se tinrent à distance" (Yitro 20,15)

Il est possible de voir le don de la Thora ("le peuple vit"), de trembler ("et ils tremblèrent") et de s’enthousiasmer. Et malgré tout, on peut encore rester loin de tout cela ("et se tinrent éloignés") et ne pas se sentir complètement concernés.

[Rabbi de Kotsk]

Nous pouvons "voir" un beau cours de Torah, en vibrer de plaisir, mais cependant en rester loin, dans le sens où les paroles de Torah ne vont pas nous accompagner dans notre vie au quotidien. [ki èm 'hayénou]

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-> "Le peuple vit, ils tremblèrent et se tinrent éloignés" (Yitro 20,15)

Tant qu'un homme n'a pas pris conscience de la Grandeur Infinie d'Hachem, il risque d'imaginer que quand il s'élève spirituellement et réalise les mitsvot, qu'il se trouve alors très proche de Lui.
Mais, quand il prendra conscience de l'Infinie Grandeur d'Hachem, alors il se sentira si petit et ressentira que même après tous les progrès spirituels qu'il aura réalisés et toute la proximité avec Hachem qu'il aura atteint, il reste encore infiniment éloigné de Lui.

Avant d'assister à l'événement du don de la Torah au mont Sinaï, le peuple pouvait s'imaginer être très proche d'Hachem. Mais quand ils vécurent la Révélation Divine du don de la Thora sur le mont Sinaï, alors "le peuple vit" la Grandeur Divine. Dès lors, "Ils tremblèrent et se tinrent éloignés", ils comprirent qu'Hachem restera toujours si élevé, qu'ils se tiendront toujours éloignés de Lui.
C'est à dire que même si on s'approche d'Hachem par l'accomplissement des mitsvot, malgré tout, même alors, on reste quand même infiniment éloigné de Lui.

=> Par rapport à Hachem, même quand on est infiniment proche (grâce aux Mitsvot), on reste encore infiniment éloigné, tellement Il est Grand.
[Divré Emouna]

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"Tout le peuple vit le tonnerre, les flammes, le son du Shofar et la montagne fumante ; le peuple vit, ils tremblèrent et se tinrent à distance" (Yitro 20,15)

-> Au moment où le feu est descendu sur le mont Sinaï, l'endroit s'est totalement vidé d'air, devenant impossible à y vivre. Le peuple juif a alors survécu par miracle.

Cette absence d'air a permis au peuple de voir la voix de Hachem.
[Dans le vide, le son ne trouve plus de support matériel pour se propager!]

Avant de recevoir la Torah, toutes les impuretés de ce monde se sont dissipées, et le peuple a alors pu voir D.
[Ben Ich 'Haï - Ben Yéhoyada - Shabbath146a]

-> "Lorsque le peuple juif s'est tenu au mont Sinaï, leur impureté les a quittés"
[guémara Shabbath 146a]

[absolument rien ne se tenait plus entre Hachem et nous : même pas une impureté, même pas l'air!]

-> Selon le Maharam Schick, nous avons reçu la Torah dans des conditions extrêmes, pour nous enseigner qu'en toute situation, nous devons rester fidèles à la Torah.

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"Le peuple vit, fut pris de tremblement et ils se tinrent au loin" (Yitro 20,15)

=> Nos Sages apprennent de là qu'à chaque Parole prononcée par Hachem, les juifs furent propulsés en arrière et en moururent au point qu'Hachem dut à chaque fois les faire revivre. Mais pourquoi fallait-il passer par une telle situation?

-> C'est que quand une personne accomplit une action avec abnégation et don de soi, cette action devient durable et éternelle. Ainsi, pour que le don de la Torah soit pérennisé et éternisé, il fallait que les Hébreux donnent leur vie pour cet événement.
C'est parce que le peuple "fut pris de tremblement", au point d'en perdre la vie, qu'ils "se tinrent au loin", c'est-à-dire que cet événement pouvait avoir une existence éternelle, à très longue durée, jusqu'à ''très loin''.
[Divré 'Hana]

"Je suis Hachem ton D." (Yitro 20,2)

Dans la Torah, il y a 613 mitsvot.
Si l'on additionne chaque chiffre : 6+1+3, on obtient 10.
Ceci est une allusion au fait que les 613 mitsvot se retrouvent contenues dans les 10 Commandements.

[le Or Chmouël]

-> "Toutes les 613 mitsvot sont incluses dans les 10 Commandements" (Rachi - Michpatim 24,12)

"Quiconque toucherait à la montagne sera mis à mort" (Yitro 19,12)

Le 'Hafets 'Haïm de commenter :

Si déjà la montagne, qui par nature n'a ni conscience, ni sentiment, fut sanctifiée sur toute son étendue grâce au don de la Torah (à un point tel qu'il fallut mettre en garde les juifs de ne pas en toucher le moindre recoin), alors à plus forte raison, il nous faut veiller à ne pas toucher ni porter atteinte à l'honneur d'un Sage, qui s'est adonné toute sa vie à la Torah.

Mitsva d’attendre le machia’h

Le 1er des 10 Commandements est : "Je suis Hachem, ton D., qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de l'esclavage" (Yitro 20,2).

-> Le Smak écrit :
"De la même manière qu'il nous incombe de croire que Hachem nous a fait sortir d'Egypte, nous devons également croire que Hachem nous fera sortir et nous rassemblera parmi les nations (c'est-à-dire également de l'exil actuel)."

Le Smak (mitsva n°1) est d'avis que croire en la venue du machia'h fait partie intégrante de la croyance selon laquelle Hachem nous a fait sortir d'Egypte. Ainsi, la première mitsva de la Torah (selon son décompte) est d'attendre activement et d'aspirer à la venue du machia'h.

Quelle est l’origine première des convertis?

+ Quelle est l'origine première des convertis?

-> Le tsadik Guer Tsédek (né comte Valentin Pototski), qui a vécu à l'époque du Gaon de Vilna, et qui est mort sur le bûcher pour avoir renoncé à la religion chrétienne pour la religion juive, a répondu :
"Lorsque Hachem s'est approché de chacune des nations pour leur demander si elles acceptaient la Torah, elles l'ont toutes refusé.
Cependant parmi elles, il se trouvait de rares personnes d’exception, qui voulaient accepter la Torah.
Ces personnes sont les ancêtres de tous les convertis dont les âmes étaient aussi présentes lors du don de la Torah."

-> Le Méam Loez (Nitsavim 29,10) écrit également en ce sens :
"Les convertis qui se joignent à Israël proviennent des étincelles de sainteté dispersées parmi les peuples. Lorsque avant de donner la Torah à Israël, D. l'a proposée aux nations, une minorité de non-juifs parmi elles désiraient l'accepter mais la majorité l'a emporté.
C'est de cette minorité d'âmes que proviennent ceux qui se convertissent au fil des générations."

-> Le rav Akiva Eiger rapporte également cette réponse, et ajoute qu'en même temps parmi le peuple juif, certaines personnes ne voulaient pas accepter la Torah, mais par honte ou crainte, elles se sont jointes à la masse et ont dit : "Nous ferons et nous comprendrons".
Cependant, des années plus tard, ces âmes vont s'écarter de leur foi et vont tragiquement se convertir ou s'assimiler.

-> Selon la guémara (Shabbath 146a), bien que les futurs convertis n'étaient pas eux-mêmes présents au mont Sinaï, leurs anges gardiens y étaient présents. (אף על גב דאינהו לא הוו מזלייהו הוו).
La guémara affirme que le verset suivant inclut les convertis : "Ce n'est pas avec vous seuls que je conclus cette alliance et ce serment, mais avec celui qui est ici, présent avec nous aujourd'hui devant Hachem notre D., et avec celui qui n'est pas ici avec nous aujourd'hui" (Nitsavim 29,13-14)
[Le rav Avraham Feuer commente que cette expérience au Sinaï a grandi et purifié tous les futurs convertis, et ce pour l'éternité.]

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-> Les âmes des convertis que l'on trouve à chaque génération sont des étincelles et des réincarnations des âmes des convertis qui ont été faits par Avraham.
[Divré Yoel - Lé'h Lé'ha]

-> Le midrach (Béréchit rabba 53,9) raconte que lorsque Sarah allaitait Its'hak, il coulait de Sarah du lait au point que les femmes nobles faisaient allaiter leurs enfants par elle.
La Pessikta Rabbati (44) commente que ceux qui se convertissent au judaïsme descendent des enfants qui ont mérité de goûter au lait de Sarah.

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Nos Sage (guémara Nidda 30b) enseignent que lorsqu'un enfant juif est dans le ventre de sa mère, un ange lui apprend toute la Torah, et avant de naître un ange lui tape sur la bouche lui faisant oublier tout ce qu'il a appris. Quel en est l'intérêt alors?

Il est plus facile d'étudier, de se rappeler de ce qu'on a déjà appris une 1ere fois dans le passé. De plus, cela fait qu'on a moins de honte de ne pas connaître des paroles de la Torah, car on peut se dire inconsciemment : "Je le savais (dans le ventre de ma mère), mais je l'ai oublié (c'est pas ma faute, c'est à cause de la faculté naturelle de l'homme à oublier)".

Qu'en est-il des convertis qui n'ont pas eu la chance d'avoir un ange leur enseignant toute la Torah dans le ventre de leur mère? Comment peuvent-ils l'apprendre durant leur vie?

Le Rav 'Haïm Kanievsky de répondre : Hachem donne une aide divine spéciale aux convertis les aidant dans leur étude de la Torah, qui va leur permettre de surmonter le désavantage de ne pas avoir eu un ange leur enseignant toute la Torah.

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-> b'h, également au sujet des convertis : https://todahm.com/2019/07/07/9455
Il y a entre autre des divré Torah sur la personnalité de Yitro.