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"Moché dit à Aharon : Approche de l'Autel et accomplis le service de ton offrande de faute et de ton offrande d'élévation et obtiens la réparation pour toi-même et pour le peuple" (Chémini 9,7)

-> Aharon voyait l'Autel comme un taureau, et il craignait de l'approcher.
[Torat Cohanim]

-> Comme Aharon était un homme entièrement voué à D., et qu'il n'avait sur la conscience aucune autre faute que d'avoir contribué à l'édification du Veau d'or, cet acte le hantait à tout instant, comme il est dit : "Ma faute est constamment sous mon regard" (Téhilim 51,5).
C'est pourquoi l'image d'un veau, décidé à repousser ses sacrifices, lui apparaissait à la place de l'Autel (mizbéa'h).
C'est pourquoi Moché lui dit : "Reprends confiance en toi et ne sois pas si humble, car Hachem a déjà agréé tes actions."
[Ramban]

-> Selon Rachi : Aharon était rempli de honte et craignait de s'approcher de l'Autel [en raison de son rôle dans l'affaire du Veau d'or]
Moché l'a encouragé en disant : "Pourquoi as-tu honte? C'est pour cela [pour occuper la fonction de Cohen Gadol] que tu as été choisi!"

-> Le Déguél Ma'hané Efraïm commente : "C'est précisément parce que tu possèdes une telle humilité que tu as été choisi ; D. hait les orgueilleux".

-> Rabbi Yitsélé de Volozhin dit : "Moché lui a dit, pourquoi as-tu honte, c’est pour cela que tu as été choisi."
C’est-à-dire que parce que tu as honte, c’est pour cela que tu as été choisi comme Cohen gadol. En effet Aharon, dans sa grande modestie, se disait : qui suis-je pour approcher Hachem et Le servir?
Jusqu’à ce que Moché lui dise que c’est justement à cause de cette honte elle-même, et à cause de son humilité, qu’il avait été choisi pour être prêtre.

-> Le Ari zal enseigne également : Non seulement c’est parce que Aharon a été choisi qu’il ne doit pas avoir honte (comme le sens simple), mais c’est aussi parce qu’il a honte qu’il a été choisi.
En effet, Hachem affectionne les personnes modestes et humbles, et c’est eux qu’Il choisit pour diriger Son Peuple.

=> Selon la vision juive, plus une personne va rechercher de la grandeur, plus elle va s'en éloigner.
De plus, elle va perdre toute proximité avec Hachem, avec tout le flux de bénédictions que cela implique.
[celui qui veut être au-dessus des autres, sera en réalité en-dessous car il n'a pas D. comme associé dans sa vie!]

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+ "Obtiens la réparation pour toi-même et pour le peuple" (v.9,7)

-> Puisque le peuple devra également apporter des sacrifices pour son expiation, en quoi ceux de Aharon viendraient aussi "pour le peuple"?

Nos Sages (guémara Baba Métsia 107b) enseignent que celui qui veut purifier et améliorer les autres doit d’abord être pur lui-même.
Ainsi, avant que Aharon n’apporte les sacrifices du peuple pour leur expiation, il doit tout d’abord se purifier lui-même par ses propres offrandes.

=> La Torah dit que Aharon devra apporter ses sacrifices non seulement pour son expiation personnelle, mais aussi comme préalable pour se purifier dans le but d’apporter ensuite les offrandes des juifs pour leurs expiations.

[Agra déKala ; Ibn Ezra]

=> Avant de faire des remarques à autrui, il faut d'abord s'interroger si l'on a fait ces mêmes remarques à nous-même, et quel est notre exemplarité actuelle à ce sujet.

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-> Le Nétsiv (v.9,7) se basant sur le Yalkout, enseigne que Aharon a agit 100% léchem chamayim, et qu'il était ainsi totalement irréprochable concernant la faute du Veau d'or.
Il a apporté un sacrifice sur le fait qu'au regard de son attitude extérieure, certaines personnes pouvaient s'interroger et suspecter qu'il s'était impliqué dans la création du Veau d'or (seul Hachem ayant conscience de la pureté de ses pensées/intentions).
Puisque cela est assimilable à une faute, Aharon besoin d'expiation par un korban.

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"Moché dit à Aharon : C'est cela dont avait parlé Hachem, en disant : 'Je serai sanctifié par ceux qui Me sont les plus proches et Je serai glorifié devant tout le peuple', et Aharon se tut" (Chémini 10,3)

-> Le feu qui les a consumés était un décret Divin ; c'était le message silencieux de la volonté Divine. [Ramban]

-> Selon Rachi, Moché a dit à Aharon : "Je savais que le Michkan serait sanctifié par quelqu'un sur qui la gloire de D. repose, et je pensais qu'il s'agirait de toi ou de moi. Je vois à présent qu'ils étaient plus grands que toi et moi."

-> Rabbi 'Haïm Palagi (Kaf ha'Haïm) rapporte que Moché a perdu le droit d'être Cohen au bénéfice de son frère Aharon, lorsqu'au buisson ardent il a refusé à plusieurs reprises d'être celui qui allait libérer le peuple juif.
Ainsi, Moché dit à Aharon : "Ne refuse pas ou n'aie pas honte de faire le Service Divin, car c'est pour cela que tu as été choisi, et si tu refuses alors tu perdras une opportunité en or, comme j'ai pu le faire!"

-> Aharon pleurait à haute voix, mais en entendant les paroles consolatrices de Moché, il s'est arrêté (Ramban), réconforté de savoir que ses enfants avaient sanctifié le Nom de D. (Sforno).
Selon la guémara (Zéva'him 115b) : "lorsqu'Aharon s'est rendu compte à quel point ses fils étaient proches de D., il se tut".

-> Le 'Hatam Sofer explique que si Aharon a tout d'abord pleuré, mais ce n'était nullement en protestation contre Hachem, mais plutôt car il pensait être responsable de leur mort par son implication dans la faute du Veau d'or.
Moché l'a alors réconforté en lui disant que leur mort était un moyen de sanctifier le Michkan, et qu'elle avait amené un énorme kidouch Hachem.
Dès qu'il a su que leur mort n'avait pas été entraînée par ses fautes, mais en l'honneur du Ciel, alors il est resté silencieux.

De plus, Aharon voulait remercier Hachem de lui avoir donné de tels enfants, mais par humilité de ne pas avoir le niveau de remercier D. dans la tragédie, et par peur d'en venir à émettre une protestation, il est resté silencieux.
[le 'Hatam Sofer]

-> "il se tut = vayidom (וַיִּדֹּם). Le 'Hafets 'Haïm dit que ce mot est similaire à : "domèm" (objet inanimé - דומם), en allusion à Aharon qui était de marbre en ayant accepté la nouvelle de la mort de ses 2 enfants.

Le Hafets ‘Haïm se pose la question sur l’emploi du terme "vayidom" pour "se taire" au lieu du mot "hé’hérich", plus couramment utilisé.
Et d'expliquer : Même lorsque quelqu’un se tait (ma’harich), on peut deviner son humeur grâce aux expressions de son visage. En revanche, on ne peut déceler aucune expression sur un objet inanimé (domem), puisque son aspect ne révèle pas son intérieur.
Le niveau d’Aharon était tel qu’à ce moment-là, il était comme "inanimé" : on ne pouvait déceler sur son visage aucun signe de souffrance ou de deuil, même par un changement de physionomie : elle ne s’est pas altérée, et aucun nuage n’est passé sur son visage.

-> Dans la Guemara (Shabbat 30a), il est dit que la Présence Divine ne réside pas là où il y a de la tristesse, mais dans la joie de la mitsva.
Il est dit quelque chose de similaire sur la prophétie (Midrach Gadol Vayigach) : la prophétie ne repose pas là où il y a la tristesse, mais dans la joie de la mitsva.
Le Tsor haMor dit que comme la Parole Divine s’est adressée à Aharon, alors c’est une preuve éclatante qu’il a vraiment accepté de tout cœur la décision d'Hachem, avec amour et une joie parfaite. Car sans cela, la Présence Divine ne se serait pas adressée à lui. Et c’est cela sa récompense.

-> Le Ménorat haMaor enseigne qu'en récompense de la grande humilité démontrée par Aharon (telle est la volonté de D., et j'accepte avec amour de ne pas comprendre), il a mérité (ainsi que ses descendants) de pouvoir bénir tout le peuple juif par la bénédictions des Cohanim (birkat Cohanim), qui contient 60 lettres, comme la guématria du mot : "il se tut" (vayidom - וַיִּדֹּם).

-> Les tsadikim ont l'habitude d'accepter que Hachem les traite avec rigueur ... Moché a dit à Aharon : "Aharon, mon frère, tes enfants sont morts uniquement en l'honneur de Son saint Nom". ...
Aharon resta silencieux et il a été récompensé pour son silence. D'ici, il est dit : "Quiconque accepte [son décret] et se tait, cela augure de bonnes choses pour lui".
[midrach Yalkout Chimoni]

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-> Le Baal haTourim écrit que dans toute la Torah, on ne trouve que 2 fois le mot : vayidom (il se tut).
Dans notre paracha (Chémini), il est dit : "Aharon se tut", et dans le livre de Yéhochoua, dans le récit de la guerre contre les 5 rois de Canaan, il a été fait un miracle et le soleil a interrompu sa course, ainsi que le dit le verset : "le soleil s’arrêta (vayidom)" (10,13).
Quel rapport y a-t-il entre ces 2 versets?
Ils nous disent en allusion que la grandeur de "Aharon se tut" est quelque chose de tout à fait aussi surnaturel que de voir le soleil s’arrêter, ce qui va à l’encontre des lois de la nature.
Lorsque ses 2 fils tsadikim sont morts le même jour, Aharon s’est imposé le silence.

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-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°876) écrit :
"Aharon se tut" : "Le silence d’Aharon révèle qu’il a accepté le jugement Divin sans poser de questions, qu’il a accepté la sentence avec amour, sans mettre en cause la décision de Hachem de punir ses fils, qui plus est le jour de l’inauguration du Michkan. Il a compris que D. savait prendre la décision la plus juste : S’Il avait jugé bon de faire mourir ses fils le jour de l’inauguration du Sanctuaire, qui est un jour aussi joyeux pour D. que celui de la Création du monde, c’était certainement la meilleure décision, même si elle était difficile à accepter.

Le silence d’Aharon vient délivrer un message aux générations suivantes : il ne faut pas poser de questions sur les actions de D. Même s’il nous arrive un événement qui nous semble incompréhensible, il nous faut accepter la sentence Divine avec amour, et remercier D. pour le mal comme on Le remercie pour le bien.

-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°1132) dit :
"Il y a lieu de se demander pourquoi Hachem choisit un moment de joie pour appliquer une sanction si sévère, plutôt que de le faire à une autre occasion. C’est qu’il désirait enseigner au peuple juif qu’il existe 2 manières de Le servir, dans le bien-être et dans le tourment. Les enfants d’Israël et Aharon avaient entamé avec enthousiasme le service des sacrifices, enchantement auquel s’étaient jointes les sphères supérieures. Cependant, survint tout d’un coup une tragédie, D. ayant rappelé à Ses côtés les âmes de 2 fils d’Aharon. Ce retournement de situation visait à leur signifier qu’il est aussi possible de servir Hachem au travers de souffrances.
Il arrive que l’homme doive faire face à d’immenses difficultés, comme Aharon qui perdit subitement 2 enfants lors des joyeuses festivités de l’inauguration du Michkan. Une douloureuse peine emplit alors son cœur et, pourtant, il lui incombait de la surmonter pour poursuivre son service Divin. Ceci nécessitait d’énormes forces d’âme, ce dont il fit preuve en faisant comme si rien de grave n’était arrivé et en continuant à apporter les sacrifices comme il était prévu ...

Celui qui sert D. alors qu’il doit faire face à l’adversité, tandis que "toutes Tes vagues et Tes ondes ont passé sur moi", Le sert de la manière la plus sublime. Car, en continuant avec dévotion à rester fidèle à la Torah et aux mitsvot en dépit de ses épreuves, il sanctifie le Nom et l’honneur d'Hachem et est considéré comme l’un de Ses proches.
Si déjà un service Divin effectué dans la sérénité, en jouissant d’un gagne-pain honorable et d’une bonne santé, est assimilable au service de D. dans le Michkan, a fortiori, il est considéré comme tel s’il est réalisé au travers de difficultés. Hachem le porte d’autant plus en estime, en vertu de l’enseignement de nos Sages selon lequel, "un acte dans la peine a plus de valeur que 100 sans peine"
(Avot de Rabbi Nathan 3)."

-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°1028) enseigne également :
"Le verset de Michlé (12, 25) conseille : "le souci abat le cœur de l’homme", ce qui n’est pas le cas lorsqu’on le partage : lorsqu’on se met à parler, à confier sa peine à d’autres, on allège en quelque sorte le poids que l’on porte dans son cœur.
Pourtant, Avraham Avinou choisit de garder le silence, de ne pas extérioriser ses sentiments. En fait, il accepta avec amour le décret, conscient qu’il émanait d’Hachem, si bien qu’il n’en ressentit pas la moindre peine. C’est pourquoi il ne ressentit pas le besoin de se décharger et opta plutôt pour le silence – un silence d’or.

C’est également le parti que prit Aharon : ne pas extérioriser son ressenti, mais garder un silence remarquable et accepter le jugement céleste avec amour et joie ; c’est pourquoi il reçut sa pleine récompense et Hachem s’adressa à lui en privé."

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-> On souligne ici la grandeur d’Aharon, puisque quand ses 2 fils, des Tsaddikim, trouvèrent la mort brutalement, il garda le silence, silence qui lui valut une récompense.
Mais il existe un niveau encore plus élevé que celui-là, comme nous le trouvons chez le doux chantre d’Israël, le roi David, l’oint d’Hachem. Ainsi, après tous les malheurs et souffrances qui s’abattirent sur lui, il dit : "De la sorte, mon âme Te chantera sans relâche" (Téhilim 30,13), autrement dit, qu’il continuerait à entonner des chants de louanges!
[d’après le Tiféret Chlomo]

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-> Le Chla haKadoch chérissait particulièrement la leçon de morale cachée dans le silence d’Aharon au moment où Moché a pris la parole, comme il est écrit : "Aharon garda le silence", et dont Rachi commente : "Il a été récompensé de son silence. Et quelle rétribution a-t-il reçue? De se voir adresser à lui seul la parole Divine, puisque le passage concernant ceux qui boivent du vin n’a été dit qu’à lui".
Le Chla haKadoch en conclut : "Chacun apprendra d’ici à ne pas dédaigner la morale et à l’accepter avec amour".

Rabbi Yaakov Neuman (Darké Moussar) écrit : "De par notre nature, nous n’aimons pas les faiseurs de remontrances. Nous pensons que nul n’est plus intelligent que nous et que nous n’avons plus besoin d’éducation ou de leçons de morale. Notre entêtement ne laisse pas de place aux reproches."

[Hachem communique avec nous pour notre bien en nous envoyant des épreuves. A nous des les accepter (sans rouspéter, se plaindre, trouver des raisons extérieures, ...) avec amour, avec joie de pouvoir s'améliorer, et en appréciant cette main tendue par Hachem pour que l'on soit plus proche de Lui pour l'éternité.]

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-> "Ne faites pas pousser vos cheveux et ne déchirez pas vos vêtements et ... Israël pleurera ceux qu'Hachem a brûlé" (Chémini 10,6)

=> Quel rapport entre le fait qu'Aharon et ces 2 autres enfants restants ne doivent pas porter le deuil en laissant pousser les cheveux et en déchirant les vêtements, et le fait que le peuple d'Israël quant à lui pleurera la mort de Nadav et Avihou ?
En fait, si Aharon avait lui aussi porter le deuil et qu'il allait déchirer ses vêtements et laisser pousser ses cheveux, alors on aurait pu interpréter les pleurs du peuple comme venant du fait de la peine de voir Aharon s'endeuiller et s'affliger. Il n'y aurait donc pas de preuve que le peuple pleure la mort de ces deux Justes, puisque ces pleurs pourraient être compris comme venant pour la peine d'Aharon.
Mais à présent que la Torah dit à Aharon et ses 2 autres enfants de ne pas s'affliger et ne pas porter le deuil, à présent il est clair que les pleurs du peuple ne peuvent pas venir du fait d'Aharon, puisque ce dernier n'était pas en deuil.
Dès lors, il est clair que le peuple "pleurera ceux qu'Hachem a brûlé", à savoir que les pleurs du peuple venaient assurément du fait de leur peine pour la mort de Nadav et Avihou eux-mêmes, qui sont ceux qu'Hachem a brûlé.
['Hatam Sofer]

Le 'Hatam Sofer émet l'idée que si Aharon pleurait et faisait dépendre la mort de ses fils de ses fautes, alors le Michkan ne serait pas sanctifié, et les bnei Israël ne craindraient pas de le toucher.
[en effet, malgré la grandeur de Nadav et Avihou, ils sont morts pour leur attitude qui n'était pas en phase avec l'immense respect envers la Chékhina qui est attendue dans le Michkan. Mais s'ils étaient morts à cause des fautes d'Aharon (comme Aharon pourrait le laisser comprendre en pleurant ses fautes), alors cela signifie que ce n'est pas si grave d'aller à notre guise dans le Michkan, à l'image d'aller dans un bar! (cela doit nous renforcer dans notre attitude dans une synagogue, qui est un petite Temple/Michkan)]. C'est pourquoi, soucieux que les juifs captent fortement cette leçon, alors immédiatement : "Aharon se tut".

-> "ceux qu'Hachem a brûlé"
Selon le Ohr ha'Haïm haKadoch on peut expliquer cette précision d’après la guémara (Shabbat 105b) : "Quiconque pleure et prend le deuil sur un homme juste voit toutes ses fautes être pardonnées, et il ne pleurera plus".
C’est à cela que fait allusion la phrase "ceux qu'Hachem a brûlé" = s’ils pleurent sur ceux qu’a brûlés Hachem, Il ne brûlera plus rien.

-> Au moment de la mort de Nadav et Avihou, le verset dit : "tout le peuple d'Israël a pleuré leur mort". Puisque leur perte a été ressentie à un niveau individuel, alors la mort de ces 2 tsadikim a permis d'expier les fautes à la fois individuellement, que collectivement.
['Hatam Sofer - issu du dvar Torah : https://todahm.com/2018/08/08/6915-2 ]

-> b'h, voir également : https://todahm.com/2017/09/26/5552-2

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-> Le Méam Loez (Chémini 10,3) enseigne :
Moché consola Aharon : Ne t'afflige pas. Tu ne devrais pas pleurer mais plutôt te réjouir. Hachem n'a-t-Il pas dit : "Je serai sanctifié parmi ceux qui Me sont proches, et devant tout le peuple, Je serai glorifié".

Au mont Sinaï, Hachem avait dit à propos du Michkan : "Là Je communiquerai avec les juifs et Je serai sanctifié par Ma gloire" (Chémot 29,43).
Dans ce verset, Hachem désignait le jour où le Michkan serait érigé et où la Présence Divine y reposerait, c'est-à-dire le 1er Nissan.
Ce jour-là, Son Nom allait être sanctifié dans le Michkan parmi les hommes les plus honorés, les plus éminents d'Israël.
A cause d'une petite infraction touchant à l'honneur du Michkan, les juifs sauraient qu'ils doivent sanctifier le Nom Divin car même les plus grands hommes sont punis s'ils le profanent.

Lorsque Hachem juge les tsadikim, le peuple Le craint. Il est élevé et loué.
Les gens comprennent que D. punit même les plus grands sans leur montrer de considération particulière pour leurs bonnes actions. A plus forte raison punit-Il ceux qui transgressent Ses commandements!

Cette punition rehausse également l'honneur du Michkan et fait dire aux gens : "A cause d'une petite faute, d'un léger manque de respect envers le Michkan, une chose pareille est arrivée aux fils d'Aharon!"
Dès lors, tous veilleront à révérer le Michkan.

"Redoutable est Hachem, de Ton sanctuaire" (Téhilim 68,36) = les gens craignent Hachem car dans le sanctuaire Hachem punit ceux qui Lui étaient consacrés.
Moché dit à Aharon : "Lorsque j'entendis ces paroles au Sinaï, je ne savais pas si cette sanctification du Nom Divin se produirait par moi ou par toi car tu m'es supérieur. Mais à présent je comprends que que tes fils étaient les plus saints parmi le peuple et même supérieur à nous.
Hachem les choisit comme instruments pour la sanctification de Son Nom. Ne t'afflige donc pas pour eux mais réjouis-toi d'avoir eu des fils aussi éminents.

"Je serai sanctifié parmi ceux qui Me sont proches, et devant tout le peuple, Je serai glorifié" = au mont Sinaï, Hachem dit : "Je serai sanctifié par ceux qui sont les plus proches de Moi, c'est-à-dire par les plus éminents. Lorsque le peuple verra que Je juge les tsadikim, Mon Nom sera sanctifié."

Après les paroles de Moché, Aharon se tut. Il accepta le jugement Divin et ne s'en affligea plus. Il comprit que ses enfant étaient des hommes éminents et craignant Hachem ...

Par son silence, Aharon montra qu'il acceptait le jugement Divin avec amour.
Il reçut le privilège de recevoir seul la parole de Hachem.
En effet, il est écrit dans le chapitre suivant : "Hachem parla à Aharon" (Vayikra 10,8) sans que le nom de Moché ne soit mentionné.

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-> Lorsqu'un juif manifeste sa foi en D., D. le récompense par toutes sortes de bénédictions.
[Rabbi Aharon Kotler - Chémini 9,5]
[nos moments difficiles sont des occasions en or pour prouver la valeur réelle de notre émouna. C'est le thermomètre de notre foi, de notre attachement à D.!]

-> Par exemple, Rachi rapporte qu'en récompense de son silence devant le décret Divin, Aharon a eu le privilège de recevoir seul et directement de D. l'enseignement interdisant aux Cohanim d'accomplir le service et de rendre une décision halakhique en étant ivre.

[Rabbi Bounem de Pschischa enseigne que D. veut que Ses serviteurs trouvent leur joie dans la Torah et l'accomplissement de Ses commandements, et non grâce à des stimulants extérieurs comme l'alcool.
Si un Cohen accomplit le service du Temple sans aucune joie, c'est qu'il est déficient.]

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-> La guémara (Nidda 31b) dit que nous attendons 8 jours pour faire une brit mila qu'afin que les invités ne se réjouissent pas, alors que les parents sont tristes.
Pourquoi seraient-ils tristes?

C’est parce que la femme est impure (tamé) durant les 7 premiers jours suivant la naissance, et que le mari et la femme ne peuvent ainsi pas avoir de contact physique.
Lorsque le 8e jour arrive tout le monde peut être pleinement joyeux.
[Précision: à cette époque la femme était interdite durant seulement 7 jours après l’accouchement d’un garçon].

=> Aharon aurait pu tenir cette plainte, alors que le peuple juif était en train de célébrer une fête historique : l'inauguration du Michkan.
En effet, si Hachem souhaite que tout le monde soit heureux à une brit mila, alors ne doit-il pas en être de même pour cette énorme joie? Est-ce que les enfants de Aharon n'auraient-ils pas pu mourir ultérieurement?
Cependant, Aharon est restait silencieux, et il n'a nullement remis en question Hachem.
[le Gaon de Vilna]

[Rabbi Yonathan Eybeschütz fait un commentaire similaire : Aharon avait un argument à présenter devant D. : tout comme pour la circoncision, la Torah avait évité que tous soient joyeux à l’exception des parents, il aurait été convenable de ne pas provoquer la mort de ses 2 fils, afin de ne pas porter atteinte à la joie du moment. Malgré cela : "Aharon se tut".]

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-> Hachem dit à Moché : "2 des fils d'Aharon sont destinés à mourir. J'ordonne donc qu'ils restent assis jour et nuit pendant 7 jours à l'entrée du Michkan comme des endeuillés.
Un homme en deuil ne quitte pas sa maison pendant 7 jours pour se promènent ou aller au travail afin que son deuil ne quitte pas son esprit.
Ici aussi, les fils d'Aharon ne doivent pas quitter leur "maison" : le Michkan, pendant 7 jours. Qu'ils prennent le deuil avant même de mourir!"

Moché ne révéla pas explicitement cet ordre à Aharon et à ses fils.
Il fit l'allusion suivante : "Vous demeurerez à l'entrée du Ohel Moed, jour et nuit pendant 7 jours. Vous garderez ainsi la charge de D. et vous ne mourrez point, car tel est l'ordre que j'ai reçu" (Tsav 8,34)
[...]

Hachem, qui connaît l'avenir, ordonna à Aharon et ses fils de prendre le deuil à l'avance car Nadav et Avihou allaient mourir le 8e jour de leur installation. Or ce jour-là allait être pour eux une fête où ils ne prendraient pas le deuil.
Il fallait donc que la période de deuil soit observée avant le décès.
[Méam Loez - Tsav 8,34-45]

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-> "Moché parla à Aharon et à ses fils survivants, El'azar et Itamar" (Chémini 10,12-13)

Le verset décrit El'azar et Itamar comme les "fils survivants" d'Aharon.
Le décret initial voulait que ses 4 fils mourussent à cause de la faute du Veau d'or. Cependant, la prière de Moché fit annuler la moitié du décret.
El'azar et Itamar furent épargnés ; ils sont donc appelés les "survivants", ceux qui échappèrent à la mort à ce moment-là.
[Méam Loez - Chémini 10,12-13]

"Pourquoi n'avez-vous pas mangé l'offrande de faute à l'endroit saint" (Chémini 10,17)

-> Même si ce verset vient juste après que Moché : "s'irrita contre El'azar et Itamar" (v.16), malgré tout il leur formula cette réprimande avec un amour total.

Cela est en allusion dans les initiales de ce verset. En effet, dans la Torah ce verset s'écrit : "מדוע לא אכלתם את החטאת במקום הקודש" (mdaoua lo a'haltém ét a'hatat bimkom akodéch), dont les initiales forment les mots : "מלא אהבה" (malé aava), c’est-à-dire "rempli d’amour".

Car quand une remontrance sort de la bouche de Moché, elle est remplie d’amour et ne vise qu’à apporter du bien à autrui.

[Rabbi Israël Its'hak d'Alexander]

Les sacrifices – quelques réflexions

"De nombreuses raisons sont données pour expliquer les sacrifices (korbanot), mais cependant malgré tout ce qui a pu être expliqué, cela reste toujours très au-delà de notre compréhension ...
En effet, le Rambam écrit que tous les sacrifices rentrent dans la catégorie des 'houkim, ces commandements dont les raisons nous sont cachées.

Lorsqu'un juif offre un sacrifice, il démontre sa soumission inconditionnelle à la volonté de Hachem.
C'est comme s'il déclarait : "Je ne comprends pas pourquoi cette offrande va réaliser de grandes choses pour moi et pour le monde entier, mais je suis certain que cela va accomplir de grandes choses car c'est ce que D. nous a enseigné dans Sa Torah."

Ainsi, le sacrifice d'un korban est une grande déclaration de foi de la part de celui qui l'amène, et c'est grâce à cette approche de la Torah et des mitsvot qu'un juif gagne sa part dans le monde à venir."

[rav Yéhouda Zev Segal]

[naaché vénichma = la grandeur d'un acte ne réside pas dans notre capacité à en appréhender la raison, mais dans le fait que c'est la volonté de Hachem.

Accepter que c'est au-delà de notre compréhension car provenant de D., c'est se permettre de placer Hachem et nous-même à leur juste place.
C'est également accepter qu'un juif fait des actes à la portée phénoménale, puisque venant de D., et non de l'intellect humain.]

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-> Rabbi Guttman enseigne qu'offrir un sacrifice c'est comme déclarer : "Hachem, je désire être proche de toi. Il n'y a rien d'autre dans le monde que TOI.
S'il te plaît prend cet animal à ma place, et expie mes fautes (ou bien en signe de remerciement).
En effet, je souhaite uniquement être lié à Toi!"

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-> "Si la Torah nous donne la possibilité de sanctifier un animal (en tant que Korban), à combien plus forte raison doit-on réaliser que cela nous permet de nous sanctifier nous-même! ...

Nous devons ressentir que Hachem ne rejette aucun d'entre nous, même s'il est tombé du haut niveau qu'il devrait être.
La conscience de cela doit nous encourager à toujours continuer à grimper spirituellement, malgré nos moments difficiles et nos chutes."

[Rabbi Klonymous Kalmsh Shapira de Piaseczna]

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-> "La fonction des Korbanot est de faire résider la présence Divine parmi le peuple juif"
[Sforno - Emor 23,2]

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-> Lors d'un Shabbath passé chez un de ses disciples, Rabbi Yaakov Abou'hatséra lui a dit :
"La voix que tu as entendue en plein milieu de la nuit [de vendredi], était une transmigration de l'âme (guigoul néchama) de la chèvre que nous avons consommée ce vendredi soir [pour Shabbath].
Elle m'a dit : "Merci de m'avoir libérée. De même que tu as réparé mon âme et m'a permis d'atteindre ma juste place au Gan Eden, de même que Hachem puisse ajouter de la grandeur à ta grandeur et que tu sois béni d'une longue vie"."

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-> "Hachem sauve l'homme et l'animal" (adam ouvééma tochia Hachem - Téhilim 36,7)
Nos Sages enseignent que lorsque l'on sacrifie un animal, il y a une réparation (tikoun) pour l'âme de cet animal.
Assez fréquemment, une âme d'un fauteur est envoyée en bas dans ce monde afin de rechercher un moyen de réparation, qui va lui permettre d'être élevée pour l'éternité dans le monde à Venir.
De telles âmes peuvent se retrouver dans le corps des animaux, et lorsque ceux-ci sont égorgés d'une manière cashère, alors cela va les purifier et les libérer, leur permettant ensuite de trouver un repos éternel au Gan Eden.

=> Il faut accepter que nous ne pouvons pas appréhender tout ce qui se passe dans ce monde.
Ainsi, faisons confiance à Hachem en réalisant dans la joie Ses mitsvot, car c'est véritablement ce qu'il y a de mieux à faire!

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"Lorsqu'un homme parmi vous apportera (adam ki yakriv mikém) une offrande à Hachem" (Vayikra 1,2)

-> Le terme : "mikém" (parmi vous - מִכֶּם) est l'acronyme de : "mida kénégéd mida" (mesure pour mesure - מידה כנגד מידה).
Lorsqu'une personne est témoin de la punition de sacrifice d'un animal, cela doit réveiller en elle l'idée que cela provient de ses fautes à elle, que normalement elle devrait être à sa place. Elle reconnait alors de tout cœur ses fautes et fait téchouva comme il le faut.

Il en est de même lorsque nous avons des souffrances dans la vie, qui sont en réalité une bonté de D. pour nous pousser à observer nos actions, et en venir à faire téchouva sur nos fautes "oubliées".
[adapté du Ben Ich 'Haï]

-> Le Gour Aryé dit qu'au fond de lui-même, chaque juif désire faire la volonté de D.
En observant notre mort par procuration sur l'animal, cela permet d'affaiblir notre yétser ara et de faire ressortir notre véritable nature.
[face à la mort, on se laisse moins bercer d'illusions futures!]

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-> L'objectif d'apporter un sacrifice est d'en venir à contempler : Je suis celui qui a fait une faute, cependant la Torah me demande de sacrifier un animal à la place. Cela semble injuste pour l'animal qui n'a rien fait de mal.

La raison pour laquelle il va être tué, est qu'il existe un ordre naturel dans la Création. Il y a une notion de soumission à ce qui est supérieur.
Ainsi, une personne qui égorge un animal doit penser : les animaux que je n'ai pas créé et dont chaque besoin est pris en charge par le Maître du monde, sont égorgés car ils sont à un niveau inférieur au mien.
=> Il en devient alors évident qu'un homme doit se soumettre à Hachem, et être capable de tout sacrifier pour faire la volonté du Maître du monde.

En ce qui nous concerne, à chaque fois que nous consommons de la viande, nous devons nous interroger : si je peux la manger c'est que je suis dans l'ordre naturel au-dessus d'elle. Mais est-ce que je remplis mon rôle avec Hachem, qui est supérieur à tout? ou bien je me comporte comme un animal, suivant librement ses envies (et non Sa volonté)?

[d'après le Yichma'h Moché]

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-> Lorsqu'une personne apporte son fils pour accomplir la mitsva de la circoncision le 8e jour, c'est considéré comme un sacrifice pour Hachem.
[Zohar haKadoch - Chéla'h]

-> Le "korban mila" est plus précieux à Hachem que tout autre sacrifice.
[Zohar - Lé'h Lé'ha]

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-> Nous apportons des sacrifices parce que le peuple juif a vécu parmi des nations qui rendaient des cultes aux animaux et à leurs représentations. Par conséquent, D. a ordonné d'égorger ces animaux pour le service de D. afin que les juifs éradiquent de leur cœur tout vestige des croyances idolâtres dont ils on pu s'imprégner en exil.
[Rambam - Moré Névoukhim 3,46]

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-> Le Ramban donne l'enseignement suivant :
Tous les actes de l'homme résultent de 3 niveaux d'expression : la pensée, la parole et l'acte.
Ainsi, D. déclare que si une personne commet une faute, elle a 3 obligations :
1°/ elle offre un sacrifice et appose les mains sur la tête de l'animal, ce qui correspond aux actes destructifs qu'elle a commis.
[selon la guémara ('Haguiga 116b), en appuyant de tout son poids sur la tête de l'animal pour le sanctifier, l'homme se libère de l'animal qui l'habite et s'efforce de son mieux d'atteindre l'unité avec D. ]
2°/ elle confesse ensuite verbalement sa faute, pour réparer toute parole qu'elle a pu exprimer en commettant la faute.
3°/ elle fait brûler sur l'Autel les organes internes de l'animal, y compris les reins qui représentent les parties du corps humain d'où émanent les pensées, les pulsions et les penchants de l'homme.
Le sang aspergé sur l'Autel symbolise l'âme (néfech) de l'homme qui offre l'animal.
On fait également brûler les bras et les jambes de la bête, à l'image des mêmes parties qui chez le fauteur ont conduit à commettre la faute.

=> De par sa faute, le fauteur mériterait de subir le même sort que l'animal offert en sacrifice, si ce n'est la pitié Divine qui l'en épargne en acceptant cette offrande à sa place. Il vit cela pleinement en le ressentant sur les 3 niveaux d'expression humain.
De plus, en offrant un sacrifice, un homme répond à un désir primordial d'accomplir un acte totalement désintéressé, afin d'éveiller en lui-même un sentiment de reconnaissance, d'admiration, d'amour envers le Créateur.
Le mot : "korban" (sacrifice) exprime : "kirva véa'hdout" (l'intimité et l'unité). En effet, [alors que la faute distance l'homme de D.], le sacrifice va permettre un rapprochement (korban -> karov), un sentiment d'union avec papa Hachem.

-> Le rav Shimshon Raphaël Hirsch ajoute à ces paroles du Ramban, que le mot : "korban" exprime l'idée que l'homme offre ses tendances animales à D. afin d'affiner et de purifier sa nature, entraînant qu'il atteint un sentiment de proximité à D., et ce qui est le bien ultime, comme l'écrit le roi David : "Pour moi, la proximité à D. est le bien" (Téhilim 73,28).

[une faute est entraînée par un vent de folie, et va développer l'animalité qui en nous. En sacrifiant un animal, on exprime à quel point nous souhaitons nous débarrasser de cette tendance, pour développer notre kédoucha, ce qui permet davantage de proximité avec D. ]

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-> De nos jours en l'absence de Temple, c'est notre prière [venant du cœur] qui remplace les sacrifices, comme le prophète l'affirme : "Nos lèvres remplacent les bœufs" (Hochéa 14,3).
De plus, il est écrit : "Quiconque s'adonne à l'étude du sacrifice expiatoire (le 'hatat) est considéré comme ayant offert un sacrifice expiatoire" (guémara Ména'hot 110a).

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-> "Il abattra le gros bétail" (Vayikra 1,5)

Dans un sacrifice, la première étape était d'abattre l'animal. Puis, il y avait la seconde partie avec l'aspersion du sang ainsi que la combustion des parties offertes.
Nos Sages disent que l'abattage est valable même par un non Cohen, ce qui n'est pas le cas des autres étapes. Car l'abattage de la bête symbolise le travail personnel de supprimer le mal qui est en soi. Cela passe par le fait de se forcer à ne pas suivre le mauvais penchant.
Le second volet du sacrifice symbolise le fait d'élever le mal et de le transformer en bien.
Cela n'est pas donné à tout le monde. Ce sont surtout les Justes (tsadikim) qui peuvent s'occuper de cela. Mais par contre, l'abattage est valable par tous. Car même s'il est difficile de transformer le mal en bien, malgré tout le fait de se contraindre à ne pas écouter le mal en soi, cela tout le monde en est capable et doit donc le faire.
[Zéved Tov]

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-> "Il dépouillera l'holocauste et le coupera en morceau" (Vayikra 1,6)

L'holocauste (qui se dit Ola - celle qui monte) symbolise l'orgueil, qui mène l'homme à se monter et se grandir à ses yeux. Celui qui souhaite "dépouiller l'holocauste", c'est à dire enlever et retirer l'orgueil de lui-même, à l'image du fait d'enlever la peau de l'animal, alors le conseil pour cela est de le couper en morceau.
Celui qui pense aux bonnes actions qu'il a réalisées et en retire de l'orgueil, s'il les coupe en morceau, c'est-à-dire qu'il les décortique et analyse chaque détail de ces actions, les passant au crible et à la critique, alors il verra combien d'imperfections remplissent chacun de ses actes, et il saura alors rester humble.
[Arvé Na'hal]

[en mettant en morceaux le sacrifice, on en vient à mettre en morceaux notre vie, et y porter un regard plus rempli d'humilité]

"Un orgueilleux profane le Nom de Hachem et entraîne les gens à fauter.

Il est comme une carcasse qui a été jetée dans un marché, et qui oblige chaque passant à se couvrir le nez jusqu'à l'avoir dépassée.
De même, une personne orgueilleuse déshonore la Torah et ceux qui l'étudient, et ils font s'éloigner les gens de la Torah, car ces derniers se disent : "Quel avantage y a-t-il dans la Torah, si ceux qui l'étudient sont mauvais?"
En conséquence, ils quittent la Torah."

[Or'hot Tsadikim - gaava]

Le Or'hot Tsadikim, affirme également qu'à l'inverse, une personne humble va exercer une influence importante sur autrui, qui vont souhaiter l'imiter, et cela amène alors un grand kiddouch Hachem.

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+ Dans un arbre, les branches vides ne contiennent rien pour les alourdir, tandis que celles qui portent de beaux fruits sont alourdies, entraînant qu'elles se trouvent le plus bas.
De même, une humilité sincère témoigne qu'une personne porte en elle des fruits de qualité.
[Sagesse juive]

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-> Le Kli Yakar (Vayikra 4,35), rapporte le midrach rabba affirmant qu'un orgueilleux sera : "jugé uniquement dans le feu".
Pourquoi cela?

Il explique que par nature le trait de l'arrogance est le désir de s'élever au-dessus d'autrui.
Ainsi, une telle personne sera jugée par le feu, car par nature un feu procède de même : cherchant toujours à monter vers le haut, ses flammes sautant sur tout ce qui peut se trouver sur son chemin (de même qu'un orgueilleux va réduire en cendre tout ce qui a de valeur chez son prochain, pour mieux s'élever!).

On consume un sacrifice par le feu, dans un but d'expier ce mauvais trait de caractère, qui est à l'origine de nos fautes (indirectement on pense en nous : comment Hachem peut me dire quoi faire à moi!).

"Un feu continuel brûlera sur l'Autel (mizbéa'h), il ne devra pas s'éteindre" (Tsav 6,6)

-> C'est une ségoula pour échapper aux mauvaises pensées, que de réciter ce verset, qui est en hébreu : "éch tamid toukad al amizbéa'h lo ti'hbé".

Ce conseil a été transmis à rabbi Moché Cordovéro, par Eliyahou haNavi lui-même, mais dans sa grande humilité, il a choisi de cacher cette source.
[le Chla haKadoch]

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Selon le Ktav Sofer, on peut trouver une allusion à cela dans le verset lui-même :
-> "un feu continuel brûlera sur l'Autel" = l'Autel symbolise l'homme, car c'est avec la poussière de la terre, issue de l'endroit même du mizbéa'h, que D. façonna l'être humain.
Et sur cet Autel incarné par l'homme, "un feu [ardent d'enthousiasme, de désir de respecter les mitsvot] brûlera" ...

Lorsqu'une personne veut se purifier, D. la soutient et l'encourage dans cette voie, et lorsqu'elle se sanctifie ici-bas (un feu de sainteté brûlant en elle), on la sanctifie depuis les Cieux, avec le feu de l'Autel (mizbéa'h) céleste.

[ainsi, dans le cas d'une mauvaise pensée, si le feu de désir de pureté ne s'éteint pas, alors D. nous viendra en aide en amenant un feu qui va consumer ces mauvaises pensées!]

"[L'offrande de farine] est éminemment sacrée (kodech kodachim - קֹדֶשׁ קָדָשִׁים), comme l'offrande de faute ('hatat) et l'offrande de délit (acham)" (Tsav 6,10)

-> La guémara (Yoma 86b) nous enseigne que lorsqu'une personne fait téchouva par amour pour Hachem, ses fautes ne sont pas seulement effacées, mais elles sont transformées en mérites.

Ainsi, concernant ces sacrifices apportés pour expier les fautes, la Torah écrit :
- "kodéch" (saint) = le korban purifie, efface l'impact de nos fautes ;
- et également "kodachim" = il s'agit des mérites supplémentaires qui viennent s'y ajouter grâce à la téchouva par amour.

[Kli Yakar]

=> La téchouva nous permet de passer en un instant, de tout sale spirituellement, à tout pur et pleins de mérites! Du statut de pécheur à celui de "éminemment sacré"!
D'ailleurs, selon la guémara (Béra'hot 34b), la téchouva élève tellement que : "Les justes parfaits ne peuvent se tenir où se tiennent les repentis".

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[une explication du fait que nos Sages sont jugés avec une grande précision, sur des fautes extrêmement fines (de l'épaisseur d'un cheveu)est puisque toute faute peut se transformer en mérites, alors Hachem par amour pour les Sages va prendre même les minuscules miettes, pour que rien ne leur soit perdu pour leur éternité!]

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-> "C'est un (sacrifice) saint des saints, comme le 'Hatat (sacrifice expiatoire) et le Acham (offrande de délit)" (Tsav 6,10)

-> Le 'Hatat et le Acham, qui sont des sacrifices liés à des fautes, sont appelés ''saints des saints'', alors que les Chelamim et la Ola, qui sont des sacrifices volontaires offerts par un homme n'ayant pas fauté, ont une sainteté plus légère. Pourquoi cette différence?

C'est que les sacrifices offerts suite à une faute implique que l'homme qui les apporte ait regretté sa faute et s'en soit repenti. Or, un homme qui se repent sincèrement s'élève à un niveau spirituel qui dépasse celui du Juste complet. C'est pourquoi ces offrandes ont le niveau de sainteté le plus haut, lié à la grandeur du niveau de l'homme qui s'est repenti.
[Abravanel]

"Ordonne à Aharon et à ses fils en disant : "Voici la règle de l'offrande d'élévation (holocauste)" (Tsav 6,2)

-> "En disant" = selon le midrach, c'est une allusion au fait que la lecture orale du passage relatif à ce sacrifice revêt elle-même un grande importance.
Le 'Hafets 'Haïm commente que de la même façon que l'effet néfaste des fautes peut être corrigé par le biais des sacrifices, la Torah elle-même peut amener leur réparation par le biais de son étude.

-> "Lorsqu'un homme, dans une synagogue ou une maison d'étude, évoque verbalement les passages des sacrifices (korbanot) et du service sacerdotal, et qu'il les prononce avec attention, une alliance est scellée à son sujet, stipulant que les anges chargés de mentionner ses démérites pour le tourmenter ne pourront lui faire que du bien."
[Rabbi Krouspédaï - Zohar - Vayéra 100a]

-> Le passage de la prière du matin : "ézéou mékomane" contient l'essentiel des lois relatives aux sacrifices.
Or, la guémara (Ména'hot 110a) rapporte que toute personne qui étudie les lois relatives aux sacrifices ['hatat (péché), acham (faute), ...], est considérée comme avoir fait un tel sacrifice.

-> Dans la guémara (Méguila 31b), Avraham demande à Hachem qu'est-ce qui permettra d'expier les fautes des juifs, lorsque le Temple et ses sacrifices n'existeront plus?

Hachem lui répondit : "J'ai déjà prévu un texte traitant des sacrifices. Que mes enfants le lisent et Je leur compterai comme s'ils avaient fait des sacrifices quotidiens et leur pardonnerai toutes leurs fautes."

"Quiconque souhaite accroître ses mérites dominera son mauvais penchant, fera preuve de générosité et apportera en sacrifice la plus belle bête de l'espèce qu'il aura choisie.
Il est dit en effet dans la Torah : "Hével offrit, de son côté, des premiers-nés de son bétail, de leurs parties grasses. Hachem Se montra favorable à Hével et à son offrande" (Béréchit 4,4).

Il en va de même pour tout ce que l'on accomplit pour le D. de bonté : on offrira ce que l'on a de plus beau et de meilleur.
Si l'on édifie une synagogue, celle-ci sera plus belle que notre résidence personnelle.
Si l'on donne à manger à un affamé, on lui offrira ce qu'il y a de meilleur et de plus sain de notre table.
Si l'on habille un démuni, on le vêtira de nos plus beaux habits.
Si l'on consacre un bien au Temple, on lui vouera la plus belle de nos possessions, comme le dit le verset : "Toute graisse sera pour Hachem" (Vayikra 3,16)."

[Rambam - Michné Torah - fin des lois sur Issouré Mizbéa'h]

"[Ainsi] fut achevé tout l'ouvrage du Michkan ... et les enfants d'Israël avaient fait selon tout ce que Hachem avait ordonné à Moché" (Pékoudé 39,32)

-> Ce verset, ne devrait-il pas tout d'abord dire ce qu'ils ont été ordonnés de faire, et ensuite que le Michkan a été achevé, et non l'inverse?

Le Alshich haKadoch (Torat Moché) répond que de nombreux aspects de la construction du Michkan étaient ignorés des juifs, Hachem devant les compléter Lui-même.
Malgré cela, D. leur donne le mérite comme s'ils l'avaient entièrement eux-mêmes.

=> Ainsi : "fut achevé tout l'ouvrage" par Hachem, et malgré cette réalité : "ils avaient fait selon tout ce que Hachem avait ordonné" = ils ont reçu le mérite pour la totalité du travail.

[=> dans la spiritualité, nous devons faire de notre mieux, et Hachem se chargera alors de compléter ce qu'il manque. Au final, Il nous créditera pour la totalité!]

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-> Rachi (v.39,33) commente : "Aucun homme au monde n’aurait été capable de monter le Michkan, étant donné le poids des planches, que nul n’aurait pu dresser ...
Moché a dit à Hachem : "Comment pourrait-on le monter de la main d’un homme?"
D. lui a répondu : "Charge-t'en de ta propre main, et ce sera comme si c’est toi qui le montais!"
En fait, le Michkan s’est monté et dressé de lui-même."

-> "Notre devoir est seulement d'agir. Quant à la réalisation et à ses résultats, ils sont du ressort de Hachem.
Quand il nous incombe de faire une chose, notre rôle n'est pas de l'amener à sa réalisation, mais simplement d'agir!"
['Hafets 'Haïm]

=> Avec le Michkan, même si l'édification était humainement impossible, Moché n'en était pas pour autant dispensé d'agir. Et dès qu'il se mit à l'oeuvre, D. intervint et paracheva son action.
Bien qu'en fin de compte, le Michkan fut érigé de lui-même, le mérite en revint néanmoins à Moché précisément en vertu des efforts engagés.

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"Vinrent tous les hommes portés par leur cœur, et tous ceux que leur esprit avait porté à la générosité" (Vayakel 35,21)

-> "portés par leur cœur" = cela désigne les personnes venues exécuter les travaux de tissage, de couture, de construction, ... nécessaire à l'édification du Michkan.

Les conditions de vie (en esclavage très difficile) en Egypte, n'avaient pas permis la formation d'artisans parmi les enfants d'Israël, personne ne les avait formés et ils n'avaient eu aucune possibilité de développer leur talent.
Malgré ce manque évident de qualification, certains d'entre eux, sentant qu'ils possédaient des aptitudes naturelles, "portés par leur cœur", ont senti le désir de se porter volontaires pour entreprendre ces diverses tâches, confiants dans le fait que D. les aiderait au mieux à accomplir Sa volonté.
[le Ramban]

-> Selon le rav Yérouh'am Lévovitz, il en est de même dans tout comportement en l'honneur d'Hachem, lorsque nous ne possédons ni les talents, ni les capacités nécessaires pour réaliser cette tâche.
En effet, si nous témoignons de notre profonde motivation et de notre envie de réussir un projet pour la gloire de Hachem, alors nous avons la certitude de recevoir les bénédictions d'une aide Divine et de la réussite, d'une façon qui dépasse nos rêves les plus fous!

-> A ce sujet, le 'Hafets 'Haïm (Vayakél 36,2) disait : "En spiritualité, il faut témoigner de son désir et de sa volonté du cœur, et alors nous aurons les capacités pour atteindre les buts spirituels."

Il donne l'exemple suivant : si quelqu'un désire dominer un traité talmudique particulier, en étant prêt à y investir les efforts nécessaires, alors Hachem va lui accorder une bénédiction du Ciel, et il aura alors les capacités dont il aura besoin pour l'acquérir.

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Selon le Ohr ha'Haïm haKadoch, il y avait 2 types de donateurs :
-> les plus nobles, ceux qui étaient "portés par leur cœur" à donner au-delà de leurs moyens ;
-> et les autres, ceux que "leur esprit avait porté à la générosité", de bon cœur, dans la mesure de leurs moyens.

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-> "Tout le travail du Michkan ... fut fini et ils firent comme Hachem ordonna à Moché, ainsi ils firent" (Pékoudé 39,32)

Le 'Hatam Sofer enseigne :
Si tout le travail du Michkan était fini, que restait-il encore à faire? De plus, le verset semble redondant : ''Ils firent... ainsi ils firent''.

En fait, une fois que tout le Michkan était constitué, il restait encore à le dresser et le mettre sur pied. Cela était essentiellement le rôle de Moché. Mais le peuple voulait malgré tout essayer eux aussi de dresser le Michkan.
Ainsi, "Tout le travail du Michkan ... fut fini", mais le peuple ne voulait pas s'en arrêter là. "Ils firent comme Hachem ordonna à Moché", à savoir ils essayèrent de toute leur force de dresser le Michkan, qui était le travail qu'Hachem ordonna à Moché. Mais malgré tous leurs efforts, il n'y arrivèrent pas.
Néanmoins, quand quelqu'un s'efforce de faire une mitsva, même s'il n'y arrive pas, Hachem lui compte comme s'il l'avait faite.
Aussi, Hachem considéra que "ainsi ils firent", comme s'ils firent cela. Mais, comme ils virent qu'ils ne réussirent pas à dresser réellement le Michkan, alors, "ils amenèrent le Michkan à Moché", pour que lui, il réussisse à le dresser.

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-> "Tout le travail du Michkan ... fut fini, et les enfants d'Israël firent comme tout ce que Hachem ordonna à Moché" (Pékoudé 39,32)

Selon le principe qui dit que celui qui s'affaire à une mitsva est dispensé des autres mitsvot, ainsi tant que les juifs étaient occupés à fabriquer le Michkan, ils étaient dispensés du reste. Mais, quand "tout le travail du Michkan fut fini", alors ils pouvaient de nouveau s'occuper de toutes les autres mitsvot de la Torah.
Ainsi, ils "firent comme tout ce que Hachem ordonna à Moché" = c'est-à-dire qu'ils pouvaient de nouveau faire toutes les autres mitsvot qu'Hachem avait ordonnées à Moché.
[Imré Shefer]

Questions/Réponses – paracha Vayakél & Pékoudé

+ Questions/Réponses - paracha Vayakél & Pékoudé :

1°/ Sur la paracha Vayakel :
Rachi (Vayakél 35,27) rapporte que le mot : "princes" (nési'im - נְּשִׂאִם) est écrit sans les 2 "youd" qui devraient normalement y figurer (נשיאים).
Cette anomalie constitue un reproche implicite pour ces illustres personnalités, qui n'ont apporté leurs dons qu'une fois que tous les autres matériaux aient été fournis, en comblant alors la totalité du manquant à donner.
En effet, la réponse du peuple a été si généreuse qu'il ne restait presque plus rien à offrir.

C'est donc pour sanctionner leur "paresse" à apporter immédiatement leurs dons que la Torah orthographie incomplètement leur nom.
[lors de l'inauguration du Michkan, ils n'ont pas reproduit cette erreur en apportant immédiatement leur offrande]

=> Pourquoi est-ce particulièrement la disparition de la lettre "youd"?

-> Le Kli Yakar explique que les Nési'im ont fait preuve d'arrogance en se déclarant capables de fournir quoique la nation entière n'aurait pas réussie à donner.

Hachem dit : "Des yeux hautains et un cœur enflé d’orgueil, je ne puis les supporter" (Téhilim 101,5), et c'est pour cela qu'Il a retiré la lettre youd, qui est la seule lettre de Son Nom qui est présente dans leur titre de : "Prince" (Néssi'im), faisant allusion qu'Il ne réside pas avec les orgueilleux.

[de même : "L’orgueilleux repousse les pieds de la présence divine. Hachem dit à son sujet : Moi et lui, nous ne pouvons demeurer ensemble!" - guémara Sotah 4b]

-> Le 'Hidouché haRim enseigne que la 1ere faute des Nési'im était de s'être séparés de la communauté, en acceptant de donner qu'une fois que tout le monde aura déjà contribué.
=> En raison du fait qu'ils se sont séparés de la communauté juive, la lettre youd, qui symbolise : Israël (ישראל - Bné Israël = les juifs = yidden), s'est également séparé de leur titre.

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-> Le rav Zev Leff répond que les Nési'im ont mal compris tout l'objectif de donner au Michkan.
Ils pensaient à tord que Hachem avait besoin de ces contributions, et qu'ils viendraient ensuite offrir ce qu'il manquait.
Mais en réalité Hachem n'avait [personnellement] absolument pas besoin de ces objets, qui n'étaient que des opportunités offertes aux donateurs de se purifier et de s'élever.

[Hachem n'a besoin de rien. Lorsqu'Il nous demande un petit quelque chose, c'est en réalité une façon de nous donner le maximum en nous retirant la honte de tout recevoir gratuitement (le "pain de la honte"!).]

Ecrit avec un youd, le titre : נשיאים connote : "ceux qui portent".
Ecrit sans le youd, les voyelles peuvent être réarrangées et former : "ceux qui sont portés".

=> Le retrait du youd met en avant le fait que bien qu'ils pensaient porter le Michkan en comblant les manques, en réalité c'étaient eux qui étaient portés par le biais du mérite de la mitsva.

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-> Le Gaon de Vilna donne la réponse suivante :
Sans aucun doute, de manière consciente les nési'im avaient l'intention de faire la meilleure chose, et ils s'engageaient même à apporter une éventuelle donation très importante (on donnera le montant qu'il manquera, quelqu'il soit!).
Cependant, profondément en eux, dans leur inconscient, leur motivation était moins pure et ils espéraient que le peuple donnerait la totalité de la somme requise, les laissant alors libres de toute obligation pratique, tout en ayant fait une proposition théorique très généreuse.

Pour prouver cela la Torah a retiré un "youd" de leur nom, car le "youd" est la seule lettre qui lorsqu'elle en est absente, passe inaperçue, puisque le mot est prononcé exactement de la même façon (avec et sans).

=> De la même façon, cela indique que leur défaut était d'une nature telle que, eux-mêmes n'en avait pas conscience, bien que présent dans leurs calculs.

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-> Rachi : les chefs de tribu (néssi'im) ont dit : que la communauté apporte d’abord et donne ce qu’elle veut, et ce qui manquera nous le compléterons ... or comme ils avaient montré de la paresse au début, il manque une lettre au mot nessi'im.

-> Rabbi Soloveitchik s’étonne : le fait qu’ils n’aient pas apporté était dû à un calcul et était totalement désintéressé, c’était pour pouvoir apporter ce qui manquerait.
Et il répond : la Torah nous enseigne que quand nous devons faire une mitsva, tous les calculs du monde passent en second lieu. Comme les dons pour le Michkan étaient une mitsva, ils n’avaient aucune justification à tergiverser et à ne pas amener tout de suite.

-> Rabbi Réouven Grozowski propose une autre explication : Certes, les chefs de tribu avaient bien apprécié ce qu’il fallait pour le Michkan, mais ce n’était pas cela leur tâche.
Le rôle de quelqu’un n’est pas de réparer le monde et de compléter ce qui lui manque. L’homme doit s’améliorer lui-même, et dans ce travail-là, ce qui vient en tête est le zèle dans l’exécution.
"Une mitsva qui se présente à toi, ne la laisse pas passer" = Même quand les bnei Israël ont reçu l’ordre de donner pour la construction du Michkan, le but pour chaque personne n’était pas la construction elle-même, car Hachem n’a pas besoin d’aide pour construire le Michkan. C’était seulement un moyen pour l’individu de s’améliorer en donnant sa contribution. Et comme les chefs de tribu ont montré de la paresse envers cette mitsva, ils ont échoué.

-> Le ‘Hafets 'Haïm dit : S’il manque une lettre au nom des nessi'im, quand ils se sont mal conduits, il est certain que le côté positif va être encore plus grand quand ils se sont bien conduits.
Et effectivement, dans le passage de l’inauguration de l’autel dans la parachat Nasso, la Torah parle très longuement de l’offrande de chacun des chefs, et consacre même à chacun un paragraphe différent, sans les regrouper dans le récit, bien que leurs offrandes aient été identiques.
Cela nous enseigne combien est importante et chère devant Hachem une mitsva faite avec empressement avec toute la communauté, sans que personne se sente supérieur à l’autre et sans jalousie ni compétition.
Quand les chefs de tribu n’ont pas eu l’empressement de se joindre à la communauté dans leur offrande, il a manqué une lettre à leur nom, alors que quand ils ont tous apporté leur offrande avec empressement, la Torah leur a consacré une place particulière. Non seulement il n’a rien manqué à leur nom, mais chacun d’entre eux a même eu droit à un passage entier séparé.

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2°/ Sur la paracha Pékoudé :
Le midrach (Tan'houma 7) enseigne que Moché a tenu une comptabilité précise de l'utilisation de tous les matériaux qui avaient été donnés pour le Michkan, car certains juifs ont demandé où est-ce que l'ensemble de leurs biens ont pu partir, et si Moché n'en avait pas pris une partie pour lui.

=> Pourquoi une comptabilité similaire n'a-elle pas été réalisée par Aharon, qui a également pu collecter un montant important d'or pour ne réaliser qu'un petit Veau d'or?
[d'ailleurs la quantité d'or donnée pour le Michkan venait en réparation de celle investie pour la faute du Veau d'or]

-> Le rav Méïr Shapiro suggère ironiquement que la nature humaine est telle, que c'est uniquement lorsque l'on donne de l'argent pour des causes charitables et dans le but de réaliser une mitsva, que l'on va être très pointilleux, suspectant ceux qui s'en occupent et leur demandant des comptes précis.

-> Le rav Zalman Sorotzkin explique qu'au fond dans le cœur de tout juif, il y a un désir ardent de toujours faire la volonté de Hachem, de faire le bien.
Ainsi, lorsque l'on donne à une cause élevée comme l'était le Michkan, nous voulons que le moindre centime de notre contribution soit utilisé pour cet objectif (j'ai envie de réaliser la mitsva au maximum!), et c'est pourquoi ils ont demandé des comptes pour s'assurer à eux-mêmes que c'était bien le cas.
[il n'y avait aucune remise en cause de l'intégrité de Moché, mais plutôt un besoin d'entendre verbalement que leurs fonds étaient tous utilisés au mieux!]

Lorsque le yétser ara parvient à tromper quelqu'un en lui faisant donner à des causes pas très cachères, comme le Veau d'or, en réalité son être intérieur pleure son erreur, et c'est pour cela qu'il ne demande aucune preuve concernant l'utilisation de son argent.
D'ailleurs secrètement, il espère que celui qui a pris son argent va en garder pour lui-même, car cela va permettre de diminuer l'ampleur de la faute.

-> Suite à son explication, le rav Méïr Shapiro Meir offre une défense à au peuple juif.
Nos Sages disent : "Israël est saint. Lorsqu'on leur a demandé de faire un don pour le Veau d'or, ils l'ont fait. Lorsqu'on leur a demandé de faire un don pour le Michkan, ils ont donné".
Le rav Shapiro dit que cela peut être lu comme une question : "Lorsqu'on leur a demandé de donner pour le Veau d'or, ont-ils donné?"

En d'autres termes, les juifs n'ont pas réalisé qu'ils donnaient pour quelque chose d'interdit. On leur a dit que l'argent était nécessaire pour une bonne cause, pour créer un moyen d'adorer Hachem, et ils ont donc donné, comme s'ils pensaient qu'ils donnaient pour un Michkan.

-> Le yétser ara a trompé le peuple juif et lui a fait croire qu'il donnait pour le Michkan alors qu'il donnait en réalité pour le Veau d'or.
Cela nous enseigne qu'il ne faut pas écouter le yétser ara, même s'il semble nous dire de faire quelque chose de bien.

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3°/ Sur la paracha Pékoudé :
En ce qui concerne le Tsist (la Plaque frontale?) du Cohen Gadol, la Torah déclare : "ils y écrieront dessus : Kodéch l'Hachem (קֹדֶשׁ לַיהוָה)" (Pékoudé 39,30).
Pourquoi était-il nécessaire d'avoir plusieurs personnes pour y inscrire seulement 2 mots?

-> Selon les Mochav Zékénim, c'est parce qu'un des 2 mots inscrits était le Nom Saint de Hachem, et qu'il était nécessaire de l'écrire en présence de 10 hommes.

D'ailleurs ces commentateurs ajoutent qu'à chaque fois qu'un scribe écrivait le Nom Divin, comme pour les téfilin, mézouzot et Séfer Torah, il devait d'abord se tremper au mikvé et ensuite l'écrire avec la présence d'un minyan.
Cependant, le rav Moché Sternbuch note que cet avis est plutôt original, dans le sens où il n'est rapporté dans aucune autre source, ou par une autorité de la loi juive.

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+ Bonus :

-> "Tout l’or employé à cette œuvre, aux diverses parties de l’œuvre sainte" (38,24)

Le ‘Hida (‘Homat Anakh) rapporte au nom de rabénou Vidal haTsarfati : "Nos maîtres ont dit que le monde n’était pas apte à utiliser de l’or, et que celui-ci a donc été créé uniquement parce qu’il était nécessaire à l’œuvre du Michkan (Sanctuaire)."

C’est à cela que le verset fait allusion : "Tout l’or employé (créé)", dans le monde, ne l’a été que pour "l’œuvre", pour l’œuvre du Michkan.