Nous ferons et nous comprendrons

+ Nous ferons et nous comprendrons :

-> Avant de conclure l’alliance avec Israël, D. va proposer la Torah aux autres peuples de la terre, afin d’écarter toute protestation de leur part lorsqu’ils se plaindront qu’on ne leur a pas laissé le choix de la refuser ou de l’accepter.
[Rachi – Dévarim 2,26]

-> Selon la Mékhilta (Yitro), Hachem dira aux nations :
« Comment vouliez-vous que Je vous confie les 613 mitsvot alors que vous ne vous êtes pas montrées prêtes à observer les 7 mitsvot noa’hqiues qui s’appliquent à tous les êtres humains? »

-> Selon le Zohar, à peine les nations du monde ont-elles respiré une bouffée de Torah, qu’elles ont dit :
« Le peuple d’Israël n’a qu’à recevoir la Torah, elle n’est pas pour nous!
Toutes ses interdictions sont une source de déboires qui les mènera rapidement à leur perte ; nous nous emparerons alors des trésors qu’ils laisseront après eux ».

-> La guémara (Avoda Zara 3a) enseigne qu’un jour viendra où :
« Les ennemis jurés des juifs s’avanceront tous et témoigneront de la force d’âme et de la loyauté du peuple d’Israël. Ils témoigneront qu’en dépit de toutes les difficulté qu’ils ont endurées, les juifs ont fidèlement observé la Torah ».

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-> En contraste total avec l’insolence des autres peuples, les juifs se préparent à recevoir la Torah.
Un vendredi matin, veille du jour du don de la Torah, tout le peuple qui compte 3 000 000 d’hommes, de femmes et d’enfants, se rassemble et déclare d’une seule voix : « Naassé véNichma » (Nous ferons et nous comprendrons).

-> Selon le Malbim (Chémot 24,7), cela implique :
Nous ferons tout ce que D. nous dit de faire même si nous n’en comprenons pas la logique, et nous écouterons attentivement afin de comprendre l’essence des commandements et de les accomplir convenablement, comme un esclave sert son maître.

-> Le Kéli ‘Hemda (Béchala’h) enseigne que, de même que les non-juifs devaient, pour accepter la Torah, aller à l’encontre de leur tendance au meurtre, à l’immoralité, et au vol, de même, le peuple juif devait s’opposer à ses inclinations naturelles et s’abstenir de s’approcher de la montagne, malgré leur amour pour D. et la Torah.

Les nations ont refusé toute limitation, et Israël les a toutes acceptées, au point qu’une condition préalable au don de la Torah, était l’interdiction de s’approcher de la montagne!!

-> « Nous ferons et nous écouterons » : Comment faire une action si on n’a pas écouté au préalable ce qu’il faut faire?
Le rabbi Ména’hem Mendel de Kotsk donne la réponse suivante :
En général, les savants connaissent la sagesse de par leur réflexion, entraînant qu’au final chacun ne peut atteindre qu’une compréhension limitée à son niveau et ses capacités intellectuelles.
Cependant, Hachem a accordé aux juifs un moyen d’atteindre une compréhension des choses qui dépasse même leurs facultés intellectuelles. Ce secret, c’est la pratique des mitsvot.

Quand on accomplit une mitsva, on reçoit du Ciel un éclairage spirituel qui permet à l’homme d’atteindre des dimensions de compréhension qui dépassent ses capacités habituelles.
=> « Nous ferons et nous écouterons » = quand on agit, par le fait même de l’action et de l’accomplissement des mitsvot, on arrive à une écoute des choses et une compréhension encore plus grande que celle qu’on avait avant d’avoir fait.
=> Le secret du peuple Juif, c’est l’action.

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-> Dans la paracha Béchala’h, pendant l’attaque surprise de Amalek, à chaque fois que Moché avait ses mains au-dessus de sa tête, le peuple juif avait le dessus, et sinon, c’était l’inverse.
Selon rabbi Akiva Tatz, une des explications est que lorsque les mains (naaché, l’action) sont au-dessus de la réflexion (nichma), alors on a : « naaché, vénichma », et Israël gagne.
Cependant Amalek (le yétser ara qui est en nous!) souhaite que nous inversions les priorités, nous faisant aller à notre perte.

Le Ohr Guédaliyahou enseigne que nous devons avoir les mains au-dessus de notre tête, vers le Ciel, démontrant notre certitude que rien ne peut avoir lieu dans ce monde, si Hachem n’a pas donné au préalable son accord.

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+ Quelques conséquences de la déclaration : « Naassé véNichma » :

-> Elle a causé une grande agitation dans le Ciel, et « une senteur s’est élevée jusqu’aux sphères supérieures pour s’offrir à D. »
[midrach Chir hachirim rabba 1,12]

-> Soudain, une voix céleste retentit : « Qui a révélé à Mes enfants ce secret connu uniquement des anges de services? » [guémara Shabbath 88a]

Rachi commente ce passage en disant que les juifs se sont avérés d’exceptionnels serviteurs de D., semblables aux anges de service, déclarant à leur Maître : « Vos désirs sont des ordres ».

Ils se sont même élevés plus haut que les anges qui, d’essence purement spirituelle, n’ont pas de mauvais penchant.

-> Au même moment, tandis que la voix céleste fait la louange d’Israël, 600 000 anges de service descendent sur le mont Sinaï, chacun tenant 2 couronnes, qui sont chacune formées par l’éclat de la présence divine.
Les anges les déposent sur la tête de chacun des membres du peuple juif, l’une venant les récompenser d’avoir dit : « nous ferons » et l’autre d’avoir dit : « nous écouterons ».

Le Maharcha dit qu’une était pour les commandements positifs et l’autre pour les commandements négatifs qu’ils ont accepté de respecter.
La couronne placé sur le côté droit représente également la prêtrise, et celle du côté gauche : la royauté.

-> Le midrach Tan’houma (Tétsavé) dit qu’un 2e groupe de 600 000 anges de service est descendu du ciel pour revêtir les enfants d’Israël d’une armure spirituelle destinée à les protéger contre les maladies, les souffrances et l’ange de la mort.

Les anges ont effleuré également le visage des enfants d’Israël pour le faire resplendir d’un éclat sublime.

Lorsque peuple commettra la faute du veau d’or, 1 200 000 descendront leur reprendre les couronnes et les armures, qu’ils ne mériteront, hélas, plus.
Mais, ces présents seront rendus lorsque le macchia’h viendra.
[guémara Shabbath 88a ; Pessikta déRav Kahana]

Les Tossefot font remarquer que les anges ont pu mettre 2 couronnes sur la tête des juifs, mais ils n’ont pu en retirer qu’une seule à la fois.
Cela nous apprend que, b »h, les anges de destruction ont moins de force que les anges de service.

-> Dès que le peuple a déclaré : « Nous ferons et nous comprendrons », D. lui a accordé 3 récompenses : le pays d’Israël, le machia’h et le monde futur.
[Rokéa’h – Chémot 24,7]

-> Hachem lui accorde aussi officiellement le titre de : « Mon peuple premier-né », confirmant ainsi le droit d’aînesse de Yaakov.
Les enfants d’Israël deviennent ainsi le peuple bien aimé de D. et l’aînée des nations du monde.
[guémara Shabbath 89b]

-> Suite à cette déclaration, Israël a mérité l’assurance que la paix régnerait parmi eux.
[midrach Bamidbar rabba 14,10]

-> En récompense immédiate, D. guérit tout le peuple de toutes les maladies et de tous les handicaps et infirmités.
Les aveugles deviennent clairvoyants, les sourds entendent et les boiteux marchent normalement.
Les handicapés mentaux se trouvent soudain en pleine possession de toutes leurs facultés.
[midrach Vayikra rabba 18,4]

Selon le Komèts haMin’ha, le peuple juif qui s’est purifié et élevé au plan spirituel en s’engageant inconditionnellement à respecter la Torah, vient de mériter, à l’instant même, la perfection physique.

-> Hachem retire à l’ange de la mort toute autorité sur Son peuple et lui dit : « Ce sont Mes enfants. Ne leur fais aucun mal! » [midrach Vayikra rabba 18,3]

D. lui dit également : « Tu as toujours le même pouvoir sur les nations du monde.
Seul le peuple d’Israël est soustrait à ta juridiction […] Je les ai fait pénétrer à l’intérieur du rayonnement de Ma présence, dans lequel tu n’es pas autorisé à l’introduire. Tu auras suffisamment à faire avec les autres nations. »

Malheureusement ce fait ne durera pas longtemps, dès que la faute du veau d’or sera commise, D. leur retirera le rayonnement qui les protège, et l’ange de la mort se remettra à l’ouvrage.

-> C’est ce même jour (veille du don de la Torah), grâce à leur mérite acquis, que chacun va pouvoir percevoir selon son niveau la présence divine.

« Moché monta ainsi que Aharon, Nadav et Avihou, et 70 des Anciens d’Israël. Ils virent le D. d’Israël et sous Ses pieds, il y avait quelque chose de semblables à une brique de saphir, et pure comme la substance du Ciel » (Michpatim 24,9-10)

-> Rachi commente : Elle (la brique) était devant Ses yeux pendant le temps qu’a duré la servitude afin de lui rappeler les souffrances d’Israël qui était asservi à la fabrication de briques. Dès l’instant de leur libération, elle devint devant Lui lumière et joie.

-> Ils vont également tous voir un aperçu du Ciel et du Trône de Gloire, avec sous ce Trône, quelque chose de semblable à une brique de spahir.
Elle symbolise la pitié de Hachem pour les souffrances de Ses enfants forcés de fabriquer des briques sous le fouet des égyptiens. En effet, lorsque l’asservissement avait atteint son paroxysme, les égyptiens arrachaient des enfants juifs à leur mère et les utilisaient comme brique, afin d’arriver aux quotas irréalisables qu’ils avaient imposé. Ils couvraient ainsi l’enfant de chaux et de ciment, dans l’indifférence totale des cris déchirants de la mère et de l’enfant.

L’ange Michaël était descendu prendre une brique, symbole de la souffrance du peuple d’Israël et l’avait déposée sous le Trône de Gloire.
[‘Hizkouni ; Hadar Zékénim – Chémot 24,10]

-> D’après le Zohar, la brique est restée sous le Trône de Gloire jusqu’à la destruction du Temple, moment où D. l’a jetée en symbole de la « colère » et de l’absence de compassion qu’Il entretenait vis-à-vis de Ses enfants.

-> D’après la guémara (Yérouchalmi Soucca 4,3), la brique est restée jusqu’à ce que Son peuple soit délivré.
Cela témoigne bien de la notion que lorsque nous souffrons, D. souffre aussi en parallèle (un papa ne peut pas être bien si Son fils ne va pas bien!).

-> Rabbénou Bé’hayé rapporte que cette pierre avait aussi une signification spéciale pour les Anciens du peuple.
En Egypte, ils étaient contremaître sur leurs frères, et ils ont préféré se taire plutôt que que de dénoncer ceux qui n’avaient pas achevé leur quota de briques, quitte à recevoir les coups à leur place.
Leur compassion pour leurs frères leur a fait mériter d’être élevés, de faire faire partie des gardiens de la loi, au sein du peuple juif et d’avoir une vision moins confuse de la présence divine.

-> « Aux yeux d’Hachem, chaque brique faite de boue et d’argile était précieuse comme du saphir.
Le travail très difficile a transformé les juifs en une nation méritante de recevoir la Torah, capable d’atteindre des sommets de proximité avec Hachem.
Dans notre vie individuelle, quelques soient nos souffrances, nous pouvons révéler notre grandeur en prenant des « briques de boue » et en les transformant en pierres précieuses d’une rare beauté [aux yeux d’Hachem]. »
[Rabbi ‘Haïm Israël Belsky – Enei Israël]

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-> Le rav Yérouh’am Lébovitz (Daat Torah) enseigne que pour « porter » réellement la douleur de son prochain, cela suppose que l’on s’imprègne de sa situation de manière sensible, en la matérialisant sous nos yeux, car il n’y a de souffrance partagée que celle qu’on éprouve physiquement.
Au sujet de Moché, Rachi écrit : « Il fut témoin de leurs souffrances = il concentra sur eux son regard et ses pensées pour ressentir leurs souffrances ». Le midrach (Chémot rabba chap.1) ajoute qu’après avoir été témoin des souffrances de ses frères : « il courbait l’échine et aidait chacun d’eux ».
=> S’il agit ainsi, ce n’était pas pour leur prêter main-forte, mais pour ressentir leur servitude de manière concrète et sensible.

De même que pour partager la douleur d’autrui, une implication active s’impose, de même doit-on s’associer physiquement aux réjouissance de notre prochain.

=> On voit cela dans la brique :
– association aux souffrances : « Elle était devant Ses yeux pendant le temps qu’a duré la servitude afin de Lui rappeler les souffrances d’Israël qui était asservi à la fabrication de briques » ;
– association à leur joie : « Dès l’instant de leur libération, elle devint devant Lui lumière et joie ».

[lorsque l’on rencontre quelqu’un qui a pu subir d’importantes souffrances même longtemps après (comme les rescapés de la Shoa), nous devons garder clairement en face de nous ce rappel, et agir avec tout le respect et la considération que cela implique.]

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