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"Ce fut au bout de 2 années, Pharaon eut un rêve" (Mikets 41,1)

-> Contexte : La paracha débute 2 ans, jour pour jour, après la libération du maître échanson, soit 12 ans après que Yossef a été jeté en prison.
Il a maintenant 30 ans, et son père Yaakov 120 ans.

Le Ohr ha'Haïm fait remarquer que la paracha commence par : "vayéhi" (וַיְהִי), qui est un terme impliquant des événements douloureux, car ce verset représente le début pour les juifs de leur exil en Egypte.

Selon le Dorché Aggadaot, c'est parce que le jour où Yossef est sorti de prison, a eu lieu un événement douloureux : notre Patriarche Its'hak est mort, à l'âge de 180 ans.

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-> Nos Sages expliquent que le début du verset fait référence aux 2 années supplémentaires que Yossef est resté en prison. Cette peine lui a été imposée pour avoir placé son espoir sur le Maître échanson, car après lui avoir interprété son rêve positivement, il lui dit : "Tu te souviendras de moi ... et tu me rappelleras devant Pharaon"(v.40,14).
Pour avoir utilisé ces 2 expressions, il fut puni et resta 2 années de plus en prison.

Il est écrit littéralement : "2 années de jours" (chénatayim yamim).
Pourquoi cela?

-> Le Sifté Cohen enseigne que Yossef a accepté le décret divin (rester 2 ans de plus en prison) avec joie et amour, et c'est pourquoi le temps lui est paru à ses yeux comme 2 jours (yamim), et non 2 années (chénatayim).

Ces 2 années, en apparence une punition, vont lui permettre de devenir vice-roi d'Egypte.
Ainsi, ce qui nous semble être de l'obscurité peut en réalité être de la lumière, dont nous nous en rendrons compte que bien plus tard!

[ainsi, tâchons de suivre l'exemple de Yossef en regardant la vie avec confiance et positivisme, plutôt que de nous inquiéter à tord sur ce que nous ne pouvons pas comprendre, car n'étant pas à la place de D.]

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-> b'h, également à ce sujet : https://todahm.com/2018/12/09/7732

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-> La guémara (Roch Hachana 11a) rapporte que Yossef a été libéré de prison à Roch Hachana.
Cela implique que les rêves du chef des bouchers et du maître panetier, ainsi que ceux de Pharaon ont eu lieu à Roch Hachana.

Le Maharcha (guémara Béra'hot 18b) écrit qu'un rêve fait pendant Roch Hachana est plus véridique qu'un rêve fait le restant de l'année, puisque l'âme d'une personne va au Ciel pour y être jugée et qu'elle voit et entend ce qui se passe dans les Mondes Supérieurs.

Le Oznayim laTorah poursuit en expliquant que si on révèle aux personnes ordinaires ce qui va se passer dans le futur, alors il est certain que pour un roi aussi grand que Pharaon, régnant sur de très nombreuses nations, on a pu lui révéler les décrets qui vont s'appliquer sur le monde. C'est pour cela que Pharaon a pris si au sérieux ses rêves.

Le verset nous précise que ces rêves ont bien eu lieu précisément à Roch Hachana, par l'emploi inhabituel de : "2 années de jours" (exactement jour pour jour!).

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-> Yossef est sorti de prison à Roch Hachana.
Chaque juif possède profondément à l'intérieur de lui un noyau inaltérable d'intégrité, que le yétser ara ne pourra jamais engloutir.
Chaque jour de l'année, ce point intérieur d'intégrité irréductible, appelé : "Yossef hatsadik (le juste)", se trouve en prison parmi les forces physiques et les désirs du corps.
Lorsque Roch Hachana arrive, le juif rejette tous ses désirs physiques et accepte le joug de la royauté céleste. A ce moment-là, ce noyau intérieur de judaïcité sort de prison et se relève.

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-> Selon le rav Méir de Prémichlan, la Torah nous enseigne que : "Ce fut au bout de 2 années de jours" = une personne peut vivre de nombreuses années jusqu'à arriver à son terme. Cependant, en arrivant au Ciel, elle découvre alors que sa vie entière a été longue en années, mais courte en actions selon la volonté de D. (Torah et mitsvot).
=> Ce qui est en temps des années, ne devient alors que quelques jours!

[notre véritable âge dans ce monde n'est pas une donnée passive (je tues le temps qui passe!), mais plutôt active (qu'est-ce que je me suis tué à faire pour Hachem!)]

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+ Yossef et la hichtadlout :

La Torah elle-même demande à l’homme d'un côté de placer sa confiance en Hachem, mais d'un autre d’intervenir pour créer une cause en apparence naturelle pour obtenir la réussite (la hichtadlout).
=> En quoi Yossef a-t-il fauté?

-> Le rav Chlomo Wolbe s’appuie sur les paroles de Rachi à ce sujet, qui dit : "Puisque Yossef a dépendu du maître échanson, pour qu’il se souvienne de lui, c’est pourquoi il a dû rester encore 2 ans en prison".

Certes l’homme doit faire une hichtadlout naturelle, mais il ne doit pas compter dessus, car il doit entièrement dépendre d’Hachem.
La hichtadlout ne doit être considérée que comme une dette à payer (un impôt résultant de la faute d'Adam et 'Hava), mais la confiance ne doit être tournée que vers Hachem.

Son erreur n’a donc pas été d’avoir fait une hichtadlout, car cela est normal et même recommandé, mais d’avoir dépendu et compté sur sa hichtadlout.

[dans le cadre du libre arbitre, nous devons faire des actes nécessaires afin de dissimuler l'intervention divine, et le risque est d'oublier cela en s'accorder tout le crédit de ce qui a été fait, et ce au détriment de Hachem]

-> Selon le rabbi 'Haïm de Brisk, la faute de Yossef a été d’avoir utilisé 2 expressions.
En effet, à son niveau spirituel, il n’aurait dû employer qu’une seule parole et alors il aurait fait son devoir de hichtadlout, et il n’en aurait pas du tout été puni, même pas d’une année de prison en plus.
Mais comme il a "exagéré" (toujours selon son niveau) et a prononcé 2 paroles, alors il fut puni.

Le rav Shimon Shkop a fait remarquer au rav 'Haïm Soloveitchik, que lorsque Yossef a émis une demande supplémentaire par rapport à ce qui était nécessaire dans sa situation (soit : une seule requête), alors cela a révélé rétroactivement que même sa demande initiale n'avait pas une motivation convenable (à son niveau), et il a alors été puni pour les 2 demandes qu'il a pu faire (par 2 ans de prison en plus).

Le Bét haLévi explique, dans le même sens, que plus quelqu’un est grand dans sa confiance en Hachem (bita’hon), plus sa hichtadlout doit être faible. Là fut l’erreur de Yossef.

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-> Le ‘Hazon Ich explique qu’un homme doit user d’une hichtadlout valable et fiable, c’est-à-dire qui peut l’aider naturellement à réussir.
Mais, le maître échanson étant un racha, qui assurément n’allait pas l’aider, en plaçant sa confiance en lui, c’est comme si un homme qui est en train de se noyer s’appuierait sur une paille pour se sauver. En cela, Yossef a fait preuve d’un comportement en quelque sorte désespéré (pour son niveau). C’était cela son erreur.

-> Le Pardes Yossef rapporte une opinion selon laquelle Yossef avait effectivement compris le message d’En-Haut comme quoi il serait libéré et que tout avait été préparé en ce sens (on lui envoie avec lui en prison le Maître échanson qui se mit à rêver, et qu’il devait lui interpréter son rêve comme quoi il serait libéré).
Son erreur a été que malgré cela, Yossef a quand même fait une hichtadlout.

Le manquement a été que quand on perçoit le début d’un processus qui enclenche la réussite, alors dans ce cas, la hichtadlout ne doit pas avoir lieu.

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-> Le Rabbi de Loubavitch explique que toute la raison de la nécessité de la hichtadlout provient du fait que l’homme vit dans un monde matériel, la nature a donc une certaine emprise sur lui. C’est pour cela qu’il doit donc intervenir en faisant une hichtadlout naturelle.

En revanche, Yossef vivait dans ce monde sans en être nullement affecté. Il pouvait se trouver dans un pays où la matérialité a une prise énorme, comme en Egypte et être totalement attaché à Hachem sans le moindre tracas du fait de la matérialité.
Yossef n’était pas du tout touché par la nature, et de ce fait, pour lui, une hichtadlout naturelle était de trop. Il fut donc puni pour cela.

=> Il en résulte que Yossef a été puni pour une erreur très fine d’appréciation, d'un manque de bita'hon très subtil.
D'ailleurs, le Beit haLévi enseigne que c’est en voyant la grande punition pour une faute si fine, que nous pouvons en déduire le niveau très élevé de confiance en D. (bita'hon) que Yossef avait pu atteindre.

De plus, le Rabbi de Kotsk fait remarquer qu’en général, la punition pour une faute ne vient pas immédiatement après la faute.
Ici, le fait que Yossef fut puni tout de suite après son erreur, puisque les 2 années de prison en plus ont suivi sa faute, cela vient montrer que son bita’hon était si grand qu’on lui a montré immédiatement quel a été son manquement, à travers sa punition, ce qui n’est pas habituel.

Ces 2 années ont été le moyen pour Yossef de corriger son erreur, c’est-à-dire de travailler sur son bita’hon pour le corriger et le parfaire.
De sorte qu'à la fin de cette période, Pharaon a rêvé, et Yossef était tellement complet dans sa confiance en Hachem que même lorsqu’on l’a appelé d’urgence pour expliquer les rêves de Pharaon, malgré le stress et l’urgence, il a pu garder son calme et conserver son bita’hon intact. C’est ainsi qu’il put introduire son interprétation en disant : "C'est au-dessus de moi ; c'est D. qui répondra du bien-être de Pharaon" (41,16).
D'ailleurs, le midrach Tan'houma commente que suite à cette réaction d'humilité : "Hachem dit : Puisque tu ne t'es pas vanté pour toi-même, Je jure que pour cela tu monteras à la grandeur et à la royauté!"

=> Ainsi, cette punition fut pour Yossef le plus grand bien puisqu’en l’exploitant pour corriger son bita’hon, cela le conduisit à la plus grande réussite.
==> Lorsque Hachem punit l’homme, en fait la sanction contient le potentiel de réparer la faute et le prépare à sa réussite.

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"Ce fut au bout de 2 années, Pharaon eut un rêve" (וּפַרְעֹה חֹלֵם)

-> Le Ohr ha'Haïm nous enseigne que Pharaon a fait ce même rêve, tous les jours pendant 2 ans.
Cependant, chaque matin en se réveillant, il oubliait totalement ce dont il avait pu rêver, et ce n'est qu'au moment où Yossef devait sortir de prison, qu'il s'en ai souvenu à son réveil.
Le rêve a été le premier pas menant à la libération de Yossef.

-> Le rav 'Haïm Yossef Kofman fait remarquer qu'il n'est pas écrit : "Pharaon a eu un rêve" (ouPhar'o 'halam), mais plutôt : "ouPhar'o 'holem" (Pharaon rêve - au temps présent).
Qu'est-ce que cela vient-il nous apprendre?

Une vision extérieure des événements être : c'est uniquement parce que Pharaon a eu ses rêves que Yossef a pu sortir de prison.
On a ainsi : la cause = les rêves de Pharaon -> la conséquence = sa sortie de prison.

Cependant, un juif doit comprendre que chaque événement est orchestré par Hachem avec une précision totale.
Puisque Yossef devait sortir précisément ce soir là, au bout des 2 années supplémentaires, alors D. a fait en sorte que Pharaon fasse son rêve, puis que Yossef soit nommé vice-roi d'Egypte, en accord total avec le plan Divin.

=> Ainsi, le verset peut se lire : la cause = "ce fut au bout de 2 années" -> la conséquence = Pharaon est en train de rêver.

==> Nous devons transposer cela à notre vie, et remarquer que souvent nous avons tendance à inverser les causes et les conséquences, que c'est bien papa Hachem qui est le pilote aux commandes de l'avion!

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=> Pourquoi Pharaon a-t-il fait le même rêve tous les jours pendant 2 années?

-> Le rabbi Pin'has de Koritz répond que ces rêves quotidiens étaient afin de permettre à Yossef de pouvoir sortir immédiatement de prison.
En effet, le jour même où Yossef aurait suffisamment de bita'hon (au regard de son niveau exceptionnel), alors en ce jour Pharaon se souviendrait de son rêve, le maître échanson dirait à Pharaon que Yossef sait déchiffrer les rêves, et Yosef serait alors libéré de prison ce même jour.

[cela nous renvoie à l'idée que chaque jour le machia'h est prêt pour nous délivrer si nous sommes assez méritants. A l'image de la situation de Yossef où personne était au courant de cela sur le moment, de même nous n'en avons pas conscience, mais Hachem a tout préparé pour qu'à la seconde où nous sommes méritants, la guéoula se déclenche! ]

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-> Nos Sages font également remarquer que les conseillers de Pharaon étaient convaincus que le monde ne peut fonctionner qu'en se conformant aux lois de la nature, qu'au final les plus forts l'emportent toujours sur les plus faibles.
En effet, comment se peut-il que : "les vaches de mauvaise apparence et maigres de chair mangèrent les 7 vaches belles d'aspect et robustes" (v.4)) et que "les épis maigres engloutirent les 7 épis sains et pleins" (v.7).
C'est pourquoi, ils ne pouvaient pas interpréter correctement les rêves.

De son côté, Yossef avait pleinement compris que les lois de la nature sont gouvernées à tout moment par Hachem, et qu'Il peut librement les modifier selon Sa volonté.
[le monde n'est pas en pilotage automatique avec un dieu distant ; D. n'est pas dépendant des lois de la nature qu'il a pu instituer par le passé, bien au contraire ...]

[d'ailleurs, c'est ce que nous célébrons à 'Hanoucca, la victoire militaire où : l'armée la plus nombreuse a perdu face aux moins nombreux (vérabim béyad méatim).
C'est un moment où nous devons nous déconnecter de la vision de la société environnante, et voir la vie en tant que juif : Hachem est impliquée dans Sa création, Il contrôle chacun des aspects du monde et Il aime Ses enfants : le peuple juif.
A partir d'un miracle dévoilé (la fiole d'huile), nous réapprenons à apprécier qu'en réalité tout dans notre quotidien n'est que miracle divin dissimulé dans la naturalité (ex: je peux voir, je peux entendre, je peux bouger, ...)]

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-> Le Baal Chem enseigne :
"La force que possède la confiance en D. est tellement grande, qu'Hachem prépare à l'avance toutes les circonstances nécessaires à exaucer la requête d'un homme, avant même qu'il ne fasse preuve de cette confiance, pour que dès qu'il se renforce dans ce bita'hon, survienne la délivrance".

Il en fut ainsi au sujet de Yossef : au début, il fut,certes, puni pour avoir compté sur le maître-échanson.
Néanmoins, le Créateur suscita au même moment sa délivrance.
C'est pourquoi Pharaon rêva pendant 2 ans le même songe toutes les nuits, afin que si Yossef se renforce dans sa confiance en D., la délivrance soit prête à se manifester sur le champ, qu'il soit libéré de prison et qu'il soit nommé vice-roi d'Egypte.
[rav Elimélé'h Biderman]

"La paille (téven - תֶּבֶן) n'est pas donnée à tes serviteurs et [pourtant] on nous dit : Faites des briques (oulevénim - וּלְבֵנִים)!" (Chémot 5,16)

-> Le rav Méir de Prémichlan (Divré Méïr) explique :
Même s'il nous manque la compréhension [tévouna] du repentir, nos cheveux blancs [lévénim se traduit par : "les briques" et "les bancs"] poussent, et nous poussent à faire téchouva, puisque la vieillesse est arrivée.

"Ra'hel avait pris les térafim (sorte d’idole), les avait placés dans la selle du chameau et s'était assise dessus" (Vayétsé 31,34)

On peut se demander pourquoi Ra'hel s'assit-elle sur les idoles. N'y avait-il pas d’autre solution pour les dissimuler?

En fait, les idoles ont une certaine force provenant du mal, et c'est ainsi que Lavan pouvait connaître des informations cachées grâce à ses térafim.

Cependant Ra'hel voulait neutraliser leur pouvoir, et c'est pourquoi elle s’assit dessus. Par cela, elle les humilia et les méprisa, puisque c'est très dégradant de s’asseoir sur quelque chose.

Or, toutes les forces obscures n'ont d’existence que si on leur accorde de l’importance. Dès lors qu’on les méprise, toutes leurs forces disparaissent.

Ainsi, quand on place sa confiance uniquement sur Hachem et qu’on méprise le mal, automatiquement les forces du mal disparaissent. Telle était l’intention de Ra’hel en s’asseyant sur ces idoles.

[le Zohar]

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-> Lavan savait comment utiliser ces idoles [pour obtenir des pouvoirs extrasensoriels]. Ra'hél les lui vola afin qu'il ne puisse découvrir leur destination. [Méam Loez - Vayétsé 31,19]

-> D'après une opinion (Zohar - Vayichla'h), Lavan ne poursuivit pas Yaakov pour le combattre physiquement. Yaakov disposait de plus d'hommes que Lavan. Ce dernier désirait tuer Yaakov par des paroles : à l'aide d'incantations magiques ...
Lavan voulait "déraciner" Yaakov de ce monde en usant de la sorcellerie.
[Méam Loez - Vayétsé 31,24]

-> Selon le midrach (Béréchit rabba), Lavan força Ra'hél à se lever afin de fouiller l'endroit où elle était assise. Miraculeusement, les térafim se transformèrent en petites cruches, il ne trouva donc pas ce qu'il cherchait.

Ra'hél dit à Lavan : "Ne sois pas offensé, mon seigneur, si je ne puis me lever devant toi à cause de l'incommodité habituelle des femmes".
A l'époque, on croyait que l'écoulement menstruel était extrêmement dangereux. Même converser avec une femme nidda était interdit, ils pensaient que son souffle était impur. La nourriture préparée par une femme nidda était également considérée comme nocive.
Ainsi, le Ramban est d'avis que malgré ses soupçons, il la laissa et sortit de la tente.
[...]
Ra'hél n'a pas menti, elle sous-entendait que les idoles rendent impur au même titre que les menstruations. Elle prétendit donc: "J'ai mes périodes" = elle entendait par là qu'elle était assise sur une chose impure pareille à l'écoulement menstruel.
[d'après le Méam Loez - Vayétsé 31,34-35]

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-> Pendant son absence, des brigands avaient saccagé sa maison, et lui avaient volé tous ses biens. Quand Lavan revient chez lui, il était pauvre comme avant l'arrivée de Yaakov, 20 ans auparavant.
[Méam Loez - Vayétsé 32,1]

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+ "Hachem est venu en rêve à Lavan l'araméen et lui dit : "Garde-toi de parler à Yaakov ni en bien ni en mal"" (v.31,24)

De ce verset nos Sages enseignent que Lavan avait l'intention de tout détruire, c'est-à-dire qu'il voulait supprimer toute trace de juif. Hachem est donc venu lui dire de ne rien faire.
Mais on voit de là la grandeur d'Hachem. Comme le dit le verset : "L'homme a de nombreuses pensées dans le cœur mais le Projet d'Hachem c'est lui qui se réalisera".
En effet, Lavan a tout fait pour éradiquer toute trace de juif, mais l'ironie du sort c'est qu'Hachem a fait justement sortir tout le peuple juif de lui, par ses filles.
Parfois le racha veut réaliser un mauvais plan, mais en conclusion, il ressort que c'est justement lui qui a été à l'origine du plus grand bien.
[Chvilé Pin'has]

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-> "D. vint trouver Lavan l’Araméen dans un rêve et il lui dit : Prends garde de parler avec Yaakov ni en bien ni en mal" (Vayétsé 31,24)

Par conséquent, comment Lavan n’a-t-il pas obéi aux paroles de Hachem et a-t-il parlé à Yaakov en mal en disant qu’il avait la possibilité de lui faire du mal? ["Je pourrais vous faire du mal ... pourquoi as-tu volé mes dieux?" (v.31,30).]
Il lui a parlé durement et lui a dit : "Pourquoi as-tu volé mes dieux?" = on peut comprendre de là que quiconque ne travaille pas à améliorer son caractère, même si Hachem Lui-Même Se révèle à lui et lui dit : "Change de conduite", il ne le fait pas. Quand est-ce qu’il change?
Quand il travaille sur lui-même.
[rabbi David Pinto - la voie à suivre n°446]

"Et maintenant, mon fils, obéis à ma voix à propos de ce que je t'ordonne. Va je te prie ... afin qu'il te bénisse avant sa mort."
Yaakov dit à Rivka sa mère : "... Peut-être mon père me tâtera-t-il et je serai à ses yeux tel un imposteur et j'amènerai sur moi la malédiction et non la bénédiction"
Sa mère lui dit : "[Je prends] sur moi ta malédiction, mon fils ; seulement écoute ma voix ..." (Toldot 27,8-13)

Comment comprendre que Yaakov se trouva rassuré en sachant que les malédictions iraient chez sa mère?

Selon nos Sages, c'est que les termes : "sur moi" (alaï - עלי) doivent s'interpréter autrement, et c'est ce que nous allons voir b'h.

-> Le Targoum Onkelos explique qu'en fait Rivka dit : "A moi il a été dit en prophétie que tu n’auras pas de malédiction".
Ainsi, Rivka rassura son fils. Il ne sera pas du tout maudit.

Le 'Hatam Sofer explique de quelle prophétie parlait Rivka.
Il est dit au début de la paracha, que Rivka ayant une grossesse difficile, elle alla consulter Hachem, à savoir Ses prophètes : Chem et Ever (selon nos Sages), et ils lui dirent entre autre : "Le grand servira le jeune".
Ainsi Rivka savait que Essav, le plus grand (car sorti du ventre en premier) devait servir Yaakov, né en deuxième. Par conséquent, il est certain qu’aucune malédiction ne pouvait advenir à Yaakov, puisqu’il était prévu par prophétie, qu’il domine son frère.

-> Le Gaon de Vilna explique que le terme עלי (sur moi) se compose en fait des initiales des 3 mots : Essav (עשו), Lavan (לבן) et Yossef (יוסף).
C’est que "ta malédiction" et tes souffrances viendront uniquement de ces 3 personnages et non pas de ton père. Il est donc sûr que ton père ne te maudira pas.

D'ailleurs, c'est pourquoi, quand plus tard, Yaakov fut confronté à l’épreuve de devoir laisser son fils Binyamin descendre en Égypte avec ses frères, il dit : "Sur moi (עלי) tout cela est advenu" (Mikets 42,36).
Par cela, il voulait faire allusion au fait qu'il avait déjà traversé les 3 épreuves de : Essav, Lavan et Yossef, qui sont en allusion dans le terme עלי (sur moi) et que sa mère lui a prédit. Ainsi, il se dit : comment pourrait-il m'arriver un autre malheur, par la perte de Binyamin, chose qui n’a pas été prédite?

-> Rabbi Heschel de Cracovie explique que cette malédiction qu'évoque Yaakov fait en fait référence à la malédiction du verset : "Maudit sera celui qui trompe l’aveugle sur son chemin" (Ki Tavo 27,18).

En effet, Yaakov pensait que s'il se présentait devant son père, se faisant passer pour Essav, il serait ainsi en train de tromper son père, aveugle. Il recevrait alors cette malédiction.

Sa mère lui dit alors qu’au contraire, il ne sera pas maudit car : "Selon moi, l’explication de ce verset n’est pas à prendre au sens strict. Ce verset fait allusion à quelqu’un qui induit en erreur non pas l’aveugle, mais celui qui ne sait pas, comparé ici à un aveugle".
Or, Its'hak voulait bénir Essav, car il ne savait pas qu’il était complètement racha.
=> En envoyant Yaakov, Rivka sauvait ainsi Its'hak de l’erreur. En cela, la malédiction du verset ne le concernait absolument pas.

-> Le 'Hidouché haRim explique que Essav avait un mérite particulier que n’avait pas Yaakov, c’était qu’il avait un très grand respect de son père.
A cause de ce mérite, Hachem ne voulait pas révéler à Its'hak que Essav est un racha pour ne pas lui provoquer de la peine et c’est à cause de cela que Yaakov ne pouvait pas recevoir les bénédictions.

C’est pourquoi, Rivka voulait trouver une solution pour annuler et contrer totalement le mérite de Essav, et cela en demandant à Yaakov d’accomplir la mitsva de respecter sa mère avec une totale abnégation. Ainsi, ce mérite va contrebalancer le mérite du respect qu’avait Essav pour son père.

C’est ainsi que Rivka dit à Yaakov : "Sur moi (alaï) ta malédiction mon fils", c'est-à-dire : "Même si à cause de moi tu reçois une malédiction", malgré tout "juste écoute ma voix et vas-y" = c'est-à-dire que Yaakov devait respecter la parole de sa mère même en prenant le risque de se faire maudire. Par là, il pourra annuler le mérite de Essav et pourra recevoir la bénédiction de son père.

Et c’est ce que Yaakov fit. C’est pour cela que par la suite, quand Essav arriva, le midrach rapporte que Its'hak sentit le feu de l’enfer qui entrait avec lui et ainsi, il comprit que Essav était un racha.
C’est que effectivement, Yaakov a réussi à annuler le mérite de Essav, et Its'hak pouvait alors connaître la vérité sur la perversité de Essav.

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+ Rivka dit à son fils Yaakov :
-> "Cette nuit, les anges ont prié si intensément Hachem que les portes de la bénédiction se sont ouvertes. Ton père a demandé à ton frère Essav de lui rapporter un plat raffiné afin qu'il puisse le bénir "en présence de Hachem", indiquant que D. acceptera sa bénédiction.
Si Its'hak bénit Essav, cette bénédiction sera prononcée sous l'influence de l'inspiration Divine et tu ne pourras plus jamais relever la tête."

[Targoum Yonathan - rapporté dans le Méam Loez - Toldot 27,6-7]

-> "Si tu m'écoutes, le peuple d'Israël en tirera un immense profit.
Va chez le marchand de petit bétail et achète-moi 2 agneaux de choix.
Aujourd'hui, veille de Pessa'h, nous avons besoin de 2 chevreaux : un pour le sacrifice de Pessa'h et l'autre pour l'offrande de la fête ('Haguiga).
Ces 2 chevreaux font référence aussi aux 2 boucs sacrifiés à Yom Kippour (Vayikra 16,7).
Ces 2 chevreaux que tu vas apporter à ton père vont te permettre de vaincre l'ange gardien d'Essav.
Dans le futur, les 2 boucs auront le même effet, et expieront les péchés de tes descendants.
[...]
Je vais les préparer comme ton pères les aime."
[Méam Loez - Toldot 27,8-10]

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+ Pourquoi Its'hak voulait-il bénir tout particulièrement Essav?

-> "Quand Essav s'occupait de son père, il le faisait dans ses plus beaux vêtements" (midrach Béréchit rabba 65,12)

C'est pourquoi avec une mitsva aussi importante, Its'hak pensait que s'il lui donnait une impulsion quelconque, il pourrait aider Essav (par le mérite de cette mitsva) à se repentir totalement de toutes ses fautes (à se sortir du mal). Il voulait donc le bénir, lui donner toutes les bonnes bénédictions, afin qu'il mérite la vie éternelle, une vie de Torah.

Its'hak n'avait pas besoin de bénir Yaakov, parce que Yaakov était depuis toujours rempli de Torah, de mitsvot et de bonnes actions.
Qu'a fait Its'hak?
Il a choisi justement la nuit de Pessa'h, la nuit qui est protégée des forces du mal, pour bénir Yaakov.
Il voulait ainsi lui évoquer par allusion la délivrance d'Israël de l'Egypte, la victoire d'Israël sur Pharaon roi d'Egypte, et la liberté du peuple d'Israël.
C'est pourquoi,  lui a-t-il suggéré, mieux vaut pour toi de te repentir, tu n'as pas intérêt à vivre dans la haine avec ton frère Yaakov, car cette nuit est celle de la délivrance des juifs.

Par ailleurs, nos Sages disent : "Quand quelqu'un arrive à l'âge où sont morts ses ancêtres, il doit se tenir prêt 5 ans avant et 5 ans après" (midrach Béréchit rabba 65,7).
Or, Its'hak avait l'âge de 123 ans, et il ne savait pas s'il devait prendre en considération l'âge auquel était morte sa mère (qui a vécu 127 ans), auquel cas il se serait trouvé 5 ans avant, ou s'il arriverait jusqu'à l'âge de son père.
C'est pourquoi, c'est à ce moment-là qu'il a voulu bénir Essav, car ce pouvait être avant sa mort.
En le bénissant avant sa mort, il voulait rappeler à Essav le jour de la mort, lui enseigner que la fin de tout homme est de mourir, et qu'il faut préparer des provisions en ce monde et se repentir.

Cependant, Essav était tellement plongé dans ses fautes que depuis toujours, il haïssait Essav.
Il se sentait supérieur à lui parce qu'il respectait ses parents mieux que Yaakov. C'est pourquoi l'orgueil lui a fait perdre la tête.
Nous voyons de là qu'à cause de l'orgueil d'Essav, les bénédictions lui ont été refusées, et qu'il n'a pas mérité de se rapprocher de D. comme son frère Yaakov.
[l'orgueil peut nous faire tout perdre, et l'humilité tout gagner!]
[Source : adaptation personnelle d'un dvar Torah du rabbi David Hanania Pinto]

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-> Its’hak était pleinement conscient de l’impiété d’Essav. Toutefois, il voulait le rapprocher afin d’atténuer cette tendance au mal.
C’est la raison pour laquelle, plutôt que de le repousser, il lui témoigna des marques d’honneur, d’amour et d’affection, dans l’espoir que ces manifestations suscitent sa honte de ses mauvais actes et l’encourage à les abandonner.
De même, il désirait lui donner ses bénédictions afin qu’elles aient une influence positive sur lui et le ramènent au droit chemin.

Or, tout comme son père se souciait de l’avenir de son fils Essav, Yaakov en était lui aussi préoccupé. C’est justement pourquoi il lui acheta le droit d’aînesse, pour éviter que son statut d’aîné ne lui entraîne de lourdes punitions en regard à ses nombreux péchés. En effet, le jour où allait se faire l’échange entre un plat de lentilles et le droit d’aînesse, Essav avait enfreint 5 transgressions des plus graves. Yaakov ayant entendu cela, il se dit que D. lui tiendrait d’autant plus rigueur qu’il était l’aîné. Par pitié, il lui acheta ce statut dans le but d’amoindrir sa punition.

Par conséquent, Its’hak savait combien Essav était racha, mais il lui exprima son affection afin de l’encourager, de le rapprocher et d’éviter qu’il ne rejette tout ce qui a trait à la sainteté.
Une étincelle pure subsisterait ainsi en lui.
[d'après rabbi David Hanania Pinto (la voie à suivre n°1162)]

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-> Le Zohar nous révèle que si la tête de Essav fut enterrée auprès de son frère dans la grotte de Ma’hpéla, c’est parce que son esprit possédait un potentiel très élevé, auquel son cœur cependant n’avait pas accès.

-> Le Radak dit que Its’hak avait conscience de la grandeur spirituelle de Yaakov, et il pensait que Essav avait nettement plus besoin des bénédictions afin d’améliorer ses actions.

Le Ets haDaat Tov dit qu’il a pris exemple sur Avraham dont ses prières ont permis à Ichmaël de faire téchouva.
Cependant, Ichmaël avait fauté par l’idolâtrie, tandis que Essav par le meurtre, et il est beaucoup plus difficile de s’en sortir lorsque l’on porte atteinte à notre prochain.

Ceci explique pourquoi Rivka a dû intervenir, prenant conscience que ses actions antérieures (meurtres) rendaient inaptes les bénédictions, et pourraient avoir un effet contraire.

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+ "Its'hak aimait Essav" (Toldot 25,28)

=> Pourquoi Its'hak aimait-il tant Essav?

En réalité, Its'hak vivait déjà comme dans les temps futurs. Or, si Hachem voudrait ensuite rejeter le peuple juif du fait de ses fautes, Its'hak pourra à présent plaider en sa faveur en disant : "Les juifs sont malgré tout moins mauvais que Essav. Et pourtant, moi j'ai aimé Essav! Toi aussi, malgré leurs fautes, Tu ne dois pas les rejeter et Tu dois continuer à les aimer!"
[rabbi Meïr de Prémichlan]

-> Le Divré 'Haïm explique qu’Hachem souhaitait que Its'hak bénisse Yaakov en même temps qu’il pense s’adresser à Essav. En effet, ce n’est pas seulement Yaakov qui allait se faire bénir par Its'hak, mais c’est tout le peuple d’Israël à travers lui. Or, dans le futur, il arrivera que certains juifs ne soient pas à la hauteur de cette bénédiction, ne suivant pas le chemin de la Torah. Pour que même ces Juifs éloignés soient aussi bénis, il fallait qu'Its'hak bénisse Yaacov en pensant qu’il s’agissait d’Essav. Car ainsi, il adressait ces bénédictions à Essav.
Et comme bien-sûr, tous les Juifs, même les plus impies (réchaïm), sont mieux qu’Essav, ainsi en bénissant Yaakov, en pensant s’adresser à Essav, par cela, même les Juifs pouvant s’apparenter à Essav pourront recevoir cette bénédiction.

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-> Le Chem miChmouel se base sur les paroles de nos Sages (guémara Shabbath 30b) selon lesquelles la Présence Divine ne repose sur un homme que s’il est joyeux. Aucune tristesse ne se trouve auprès d’Hachem.
D'un côté, c’est Yaakov qui devait recevoir les bénédictions, mais d'un autre côté Its'hak voulait bénir Essav, son premier-né, qu’il pensait être un homme juste (Essav a réussi à lui faire croire cela).
Pour que Its'hak change d’avis et renonce à bénir Essav au profit de Yaakov, il fallait pour cela qu’il apprenne que Essav était un impie (racha) et qu’il ne méritait pas ces bénédictions. Or, il est clair que cette connaissance allait lui occasionner une profonde tristesse. Mais alors, même s’il décidera de bénir Yaakov, cette bénédiction sera prononcée avec des sentiments de peine, du fait de sa connaissance de la méchanceté de Essav.

=> C’est pourquoi, Hachem préféra lui cachait la vérité sur Essav, de sorte que Its'hak pense qu’Essav est un juste et s’en réjouisse. Mais alors, il fallait que Yaakov vienne à son insu, et c’est ainsi qu’il put recevoir une bénédiction dite avec joie par son père, qui continuait à croire qu’il bénissait Essav pensant qu’il était un homme juste. Et par cela, cette bénédiction pouvait être d’un niveau de prophétie très élevé.

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-> Le Assoufat Maara'hot explique qu’en vérité Essav aussi devait être bien, puisque Yaakov et Essav devaient se partager le Service Divin.
Yaakov devait s’investir dans l’étude, dans le spirituel, tandis que Essav devait allait dans le monde extérieur pour y accomplir les mitsvot et raffiner le monde.
Cependant Essav échoua et au lieu d’élever le monde matériel, il y sombra.

Il fallait donc quelqu’un pour le remplacer dans ce travail avec le monde extérieur, et c'est Yaakov qui prit sur lui ce rôle.
La bénédiction d'Its'hak visait à donner des forces à ses enfants pour réaliser leurs missions. C’est ainsi qu’à la fin de la paracha, Its'hak bénit Yaakov par les bénédictions d’Avraham, qui étaient spirituelles, pour réaliser son travail dans le monde spirituel. Mais, il voulait donner à Essav des bénédictions matérielles pour sa mission dans le monde matériel, car il pensait que ce rôle revenait à Essav. Mais comme ce dernier échoua et c’est Yaakov qui le remplaça, c’est ce dernier qui devait aller recevoir ces bénédictions pour sa nouvelle mission (vêtu des habits d’Essav).
Cependant comme il n’avait pas encore fait ses preuves dans le monde matériel, ces bénédictions ne pouvaient pas encore lui revenir de plein droit, car il ne les méritait pas encore. Il les reçut donc dans de façon détournée, le temps qu’il réalise sa nouvelle mission dans le monde extérieur, chez Lavan, et qu’il valide ainsi ces bénédictions.
C’est ainsi que quand il revint de ce séjour, l’ange d’Essav (après sa lutte) lui reconnaîtra ces bénédictions comme lui revenant de droit. C’est à ce moment qu’il les reçut de façon droite et claire.

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-> voir également le commentaire du Sifté 'Haïm dans le divré Torah : https://todahm.com/2021/11/07/33594

-> voir l'enseignement du rav Shimshon Raphael Hirsch : https://todahm.com/2022/11/24/la-necessite-dune-education-sur-mesure

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-> Le Métsa'h Aharon explique que Yaakov avait choisi de vivre uniquement pour le monde futur, et pour cela, il avait aussi besoin de bénédictions matérielles, car beaucoup de mitsvot nécessitent des moyens matériels.
Cependant, l’opulence contient le risque de dévier l’homme vers les plaisirs et l’orgueil.
Nos Sages enseignent que quand les juifs se détournent, Hachem éveille la haine d’Essav contre eux, pour que ces malheurs les poussent à se repentir. Ainsi, pour que Yaakov reçoive les bénédictions matérielles de son père sans risque, il fallait prévoir qu’en cas de déviation, Essav soit prêt à le faire souffrir. Et pour cela, il fallait qu’Essav ait une raison logique de haïr Israël. C’est pourquoi, Hachem planifia que Its'hak promette à Essav ses bénédictions.
=> Ainsi, quand finalement c’est Yaakov qui les récupérera en cachette, Essav haïra son frère. De cette façon, non seulement Israël recevra les bénédictions, mais en plus, la haine de Essav sera éveillée, pour neutraliser le risque de déviance d’Israël du fait des bénédictions.

-> "C’est une halakha qu’Essav hait Yaakov" [midrach Yalkout Chimoni Bamidbar 722]
[d'une certaine façon, si tu ne suis pas les halakhot par toi-même, alors s'applique la halakha de la haine d'Essav, et ce dans en but que finalement tu en viennes à suivre les halakhot.]

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+ "Its’hak aimait Essav, car la feinte était dans sa bouche. Et Rivka aimait Ya'acov" (Toldot 25,28)

-> D’après Rachi, qui rapporte le midrach, "dans sa bouche" se réfère à celle d’Essav qui piégeait Its’hak et le dupait avec ses paroles.

En effet, Essav posait des questions qui montraient sa grande vertu (par exemple, "comment prélever la dîme sur le sel et la paille?", qui n’ont en réalité pas besoin de prélèvements). Par conséquent, Its’hak croyait que son fils était pieux et il l’aimait.
=> Bien que ce dernier fût aveugle et qu’il ne savait rien des tractations malhonnêtes de son fils, son esprit était très aiguisé ; on comprend donc mal comment il a pu se laisser duper et croire qu’un tel Racha était vertueux.

-> Le Saba de Slabodka explique qu’Essav ne posait pas ces questions pour tromper délibérément son père. En réalité, à cette époque, il était vraiment vertueux et sincère. Son problème était de ne pas réussir à maintenir sa droiture sur le long terme.
Lui-même n’était pas sûr du genre de vie qu’il souhaitait mener et il vacillait donc entre le statut de tsadik et celui de Racha ; il posait tantôt des questions montrant piété et bonne foi et il était tantôt poussé par ses désirs matériels qui lui faisaient commettre les crimes les plus abominables.
Ceci explique pourquoi Its’hak ne réalisa pas que son fils était racha : à l’époque où Its’hak voyait 'Essav, il était vraiment tsadik!
Selon cette explication du Saba de Slabodka, quand nos Sages affirment qu’Essav trompait Its’hak, cela signifie qu’il lui faisait croire qu’il était tout le temps vertueux, alors que ce n’était pas le cas.

Cette approche peut nous aider à résoudre une autre difficulté dans cette paracha Toldot.
Nos Sages trouvent des allusions dans la Torah concernant le jour où Essav vendit son droit d’ainesse à Yaakov ; ce jour-là, il commit 5 autres graves fautes et l’une d’elles fut le déni de l’existence de D. que l’on déduit des mots "lama zé li bé'hora" (Que vaut ce droit d’ainesse pour moi? (Toldot 25,32).
Le terme "zé" se réfère à Hachem, comme le montre le verset du Chant de la Mer : "zé kéli véan'véhou" C’est mon D. et je Le glorifierai" (Béchala'h 15,2). Ainsi, en demandant "lama zé li", 'Essav montrait qu’il ne s’intéressait pas à D., ni à Son service, comme pour dire "Qui a besoin d’Hachem, de toutes les façons?"

Le rav Avigdor Nebenzahl souligne que dans le verset suivant, Yaakov demande à Essav de lui jurer de tenir son engagement. Si Essav déniait l’existence de D., quelle valeur avait un serment en Son nom?
Yaakov n’aurait certainement pas accepté un serment au nom de la avoda zara (l'idolâtrie), ni une déclaration superficielle, pour la forme. Donc, quand la Torah nous raconte qu’Essav jura et que Yaakov accepta cet engagement, c’est qu’Essav prêta serment au nom de D. et que Yaakov estima qu’il était sincère.
=> Comment le verset affirmant qu’Essav renia Hachem peut-il contredire le suivant qui raconte qu’il jura sincèrement au nom de D.?

Essav n’était pas un véritable racha ; il était extrêmement inconstant. Il pouvait changer d’une minute à l’autre, poser les questions les plus pointilleuses et commettre les pires fautes, renier Hachem et immédiatement après, jurer en Son nom.

Rav Yissakhar Frand enseigne que c’est l’une des différences entre le tsadik et le racha.
Un tsadik est constant. Il y aura toujours des défis, des tribulations au cours de la vie, qui mettront le niveau de l’individu à l’épreuve. L’homme vertueux tient bon, tandis que le racha se laisse rapidement entrainer dans les pièges du yétser ara.
C’est le sens du verset de : "Le cœur des réchaïm ne vaut pas cher" (Michlé 10,20).
De son côté, le prophète Yéchaya compare le racha à une vague qui n’a rien de régulier ; elle est tantôt très haute et menaçante et tantôt plate. C’était l’un des défauts d’Essav.

Le rav Barou'h Sorotskin rapporte une guémara (Yérouchalmi Nédarim 38a) qui nous raconte : "À l’avenir, le racha Essav s’enveloppera dans un Talith et s’installera avec les hommes vertueux au Gan Éden. Mais Hachem criera après lui et l’en chassera".
On peut comprendre de ce passage qu’Essav continuera d’être malhonnête et de tenter de duper tout le monde quant à sa grande vertu, tout comme il le fit avec son père.
Le rav Sorotskin comprend ce texte différemment. Il explique qu’Essav pense sincèrement qu’il a une part au Gan Éden, car il connut des moments de vertu qui le convainquent de son droit d’entrée au Olam Haba. Or, il oublia que juste après, il fit les pires actes et devint même hérétique. Donc, Hachem le rejette, car une vertu éphémère ne suffit pas.

Nous ne vacillons certes pas au niveau d’Essav, mais le manque de constance dans la Avodat Hachem (service Divin) est un problème qui nous concerne tous. On agit parfois avec grande piété, priant ou étudiant de manière très assidue et peu après, on se met à dire du lachone ara en bavardant. L’exemple d’Essav nous apprend qu’il faut s’efforcer de vivre conformément avec la Vérité de manière régulière et pas simplement ponctuellement.
[d'après un divré Torah du rav Yéhonathan Gefen]

[il faut faire attention qu'à l'image de Essav, le fait de réaliser quelques belles actions, ne viennent pas alors permettre/justifier, d'être plus dilettant dans d'autres domaines, voir d'en venir à fauter.
Ainsi par exemple on va être tsadik lorsque l'on veut, dans ce qui nous est agréable, dans la mitsva/domaine que l'on veut, au moment où l'on a envie, ... Cela à nos yeux est suffisant pour nous permettre de faire ce que nous voulons ailleurs. [à l'image d'Essav qui se voit comme un tsadik!]
[le terme "JE veux" revient souvent, au détriment de "HACHEM veut"]
La Torah demande plutôt de se mettre au service d'Hachem, et de se travailler en particulier dans ce qui n'est pas naturellement facile pour nous. Par cela nous attestons de notre constance à vouloir donner le meilleur de nous même selon la volonté de D. (et si l'on tombe, c'est humain et c'est pour mieux repartir de l'avant!)]

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-> Le rav Moché Feinstein (Darach Moché - Toldot 25,22) explique la raison pour laquelle Its’hak voulut accorder les bénédictions à Essav, plutôt qu’à Yaakov.
Its’hak avait certainement réalisé que Yaakov était d’un niveau spirituel plus élevé qu’Essav, mais il pensait que la mission de ce dernier était de soutenir matériellement Yaakov, pour que celui-ci puisse de consacrer à la spiritualité.
C’est, par la suite, la relation, couronnée de succès, qu’entretinrent Issakhar et Zévouloun, les fils de Yaakov ; Zévouloun subvenait aux besoins d’Issakhar pour que ce dernier puisse de concentrer sur son élévation spirituelle.
C’est la raison pour laquelle Its’hak pensait qu’Essav était la personne appropriée à recevoir les bénédictions (qui étaient plutôt axées sur l’abondance matérielle).
L’erreur d’Its’hak était de croire qu’Essav allait devenir une personne vertueuse et ennoblir le monde matériel en soutenant Yaakov. En réalité, Essav fut tellement englouti par la matérialité (gachmiout) qu’il n’eut plus aucun lien avec la spiritualité ; il était imbibé de toutes sortes d’attitudes immorales.

Ceci explique le raisonnement d’Its’hak, mais que pensait Essav?
Le rav Moché Feinstein écrit qu’Essav comprit le désir d’Its’hak et souhait l’exaucer!
Mais il fit l’erreur de penser que s’il accomplissait cette part de la mission, il serait dispensé de mener une vie dictée par la morale. Il estimait qu’en échange du soutien financier à Yaakov, il pouvait s’adonner à tous les plaisirs interdits de ce monde-ci (olam azé), et qu’Hachem le lui pardonnerait étant donné qu’il accomplissait Sa volonté en permettant à Yaakov de vivre une vie spirituelle.
C’est ainsi qu’il crut hériter du Olam Hazé en plus du Olam aba.
["Les enfants s’entre-poussaient en son sein" (v.25,22) : le rav Feinstein affirme que les 2 frères estimaient avoir un droit exclusif sur les 2 mondes (olam azé & olam aba)]

Le rav Feinstein ajoute qu’Hachem ne se laisse pas corrompre par une personne qui accomplit certaines mitsvot et ne la dispense pas, "en récompense", d’en respecter d’autres, qui lui sont moins agréables ou aisées.
Hachem nous demande de nous améliorer dans tous les domaines du Service Divin, même ceux qui nous sont difficiles.
Essav laissa passer sa chance et c’est Yaakov qui dut, à sa place, se charger des deux rôles, celui porté sur la spiritualité et l’autre, d’ordre matériel.

-> Le rav Yéhonathan Gefen dit : Chacun de nous a son point fort dans la Avodat Hachem, et il n’y a rien de mal à cela, mais il est essentiel de savoir que ce n’est pas une raison pour ne pas travailler et s’améliorer dans les autres domaines, pour lesquels on est naturellement moins porté.
Par exemple, celui qui s’investit beaucoup dans les besoins de sa communauté n’est pas dispensé d’étudier la Torah chaque jour. Celui qui excelle dans la prière doit aussi s’assurer de passer du temps avec sa famille.
=> Les exemples sont innombrables et le défi de chacun est unique, en fonction de la situation dans laquelle il se trouve et de ses capacités.

"Avram entendit que son parent (son neveu Lot) avait été fait prisonnier, il arma ses disciples qui étaient nés dans sa maison, 318, et il mena la poursuite jusqu'à Dan" (Lé'h Lé'ha 14,14)

-> Au moment de se séparer avec Lot, Avraham lui dit : "Où que tu viennes à t’installer, je ne m’éloignerai pas de toi et je serai pour toi un bouclier et une aide.
Et par la suite, Lot a eu effectivement besoin d’Avram (cf. verset ci-dessus)"
[Rachi - Lé'h Lé'ha 13,9]

Selon le Béer Yossef, c'est pour cela que Avraham a été prêt à risquer sa vie pour aller le sauver, afin d'éviter un 'hilloul Hachem : les gens disant que Avraham le fidèle de D. ne respectait pas ses promesses.

-> Selon Rachi, ces 318 guerriers ne sont en réalité qu'une seule et même personne : Eliézer (אֱלִיעֶזֶר), le fidèle serviteur d'Avraham.
Celui-ci équivalait à 318 personnes, comme le suggère la valeur numérique de son nom, égale à ce nombre.

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-> "Il arma ses disciples"

La guémara (Nédarim 32b) nous enseigne :
- selon Rav : Avraham a armé ses hommes avec la Torah.
Le Ben Yéhoyada commente : il les a rempli de Torah, afin que la Torah soit pour eux une protection pendant la bataille.

- selon Chmouël : Avraham les a armé d'or.
Le Ben Yéhoyada commente : Avraham a couvert ses talmidim de quantités importantes d'or fin, pour les rassasier sur le plan matériel afin qu'au cours de la guerre, ils ne soient pas tentés de prendre le butin du roi de Sedome.

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"Avram déplaça sa tente et vint s'établir dans les plaines de Mamré" (Lé'h Lé'ha 13,18)

Pourquoi la Torah vient nous spécifier que juste avant la guerre des rois, Avraham est venu vivre dans les plaines de Mamré?

Le midrach nous dit qu'au moment de la guerre avec les 4 Rois, des anges sont venus assister Avraham dans la bataille, mais il a refusait leur aide, car il voulait uniquement que Hachem l'accompagne.
En effet, Avraham avait une foi totale dans le fait que D. aura pitié de lui et le sauvera.

-> "Lui et ses serviteurs, il les frappa, il les poursuivit" (Lé'h Lé'ha 14,15)
Avraham est parti en guerre avec au minimum son serviteur Eliézer, alors pourquoi ce verset utilise-t-il le singulier?

Le Rokéa'h répond : le "Il" dans ce verset fait référence à Hachem.
Puisque Avraham était totalement dépendant de Hachem, alors Hachem a fait la guerre pour Avraham.

La plaine de Mamré était un lieu particulièrement dangereux pour y vivre, puisque les nations autour avaient d'importantes armées.
Le verset nous dit que Avraham y a vécu sans aucune inquiétude car il avait un bita'hon total en Hachem.

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+ Pourquoi Avraham a-t-il été sanctionné et ses enfants asservis en Egypte durant 210 ans?
Selon rabbi Abahou au nom de rabbi Eliézer : C'est pour avoir enrôlé de force les "talmidé hakhamim" (disciples des sages) pour faire la guerre (contre les 4 rois) ...
Selon Chmouel, c'est parce qu'Avraham est allé trop loin (dans sa réaction de scepticisme) à l'égard de Hachem, lorsqu'il a dit : "Comment saurai-je que je posséderai ce pays?".
Enfin, selon rabbi Yo'hanan, c'est parce qu'Avraham a privé des hommes d'une occasion d'entrer sous les ailes de la Présence Divine, lorsque le roi de Sodome lui proposa : "Donne-moi les âmes, et le butin garde-le" (Béréchit 14,21) (et Avraham rendit tout).
[...]
De plus, rabbi Ami bar Abba, à propos du nombre 318 (cf.v.14,14), explique : ils étaient 318 personnes à accompagner Avraham dans cette guerre (pour sauver son neveu Loth), et la force d'Eliézer (serviteur d'Avraham) équivalait à celle de tous.
Selon un autre avis, seul Elézer, de guématria 318, l'a accompagné à la guerre.
[guémara Nédarim 32a]

-> Les imperfections de émouna attribuées au tsadik Avraham, dans les 3 raisons qui ont conduit à l'exil de ses enfants, ne sont pas de véritables fautes.
La Torah a tenu à nous révéler des fautes insignifiantes et subtiles de nos tsadikim, que rav Dessler (Mikhtav méEliyahou tome.2,p.175) désigne des "ombres de fautes".
En effet, après qu'un tsadik ait maîtrisé son mauvais penchant (yétser ara) et perfectionné ses midot, il lui reste encore à purifier son inconscient de ces "ombres" de résidus, qui le conduiraient à certaines attitudes, et qu'on a peine à discerner à notre niveau.
[rav Lumbroso]

-> "Ta postérité séjournera sur une terre étrangère, où elle sera asservie et oppressée durant 400 années" (Béréchit 15,13)
La révélation de cet exil long et difficile a donc causé une peine intense à Avraham et constitue une sanction personnelle. [pour ses "ombres de fautes"]
Elle est indépendante du séjour tourmenté que ses descendants vont subir en Egypte.
[Ben Ich 'Haï]

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-> Avraham avait armé ses 318 talmidim pour faire la guerre, mais ils refusaient d'aller avec lui.
Il choisit alors parmi eux Eliézer, fils de Nimrod, dont la force équivalait à celle des 318 jeunes talmidim, ce qui est confirmé par la guématria de : Eliézer (אליעזר), qui est de 318.
[Targoum Yonathan]

-> Eliézer est allé avec Avraham à la guerre, accompagné de 318 talmidim d'Avraham.
La victoire militaire a été assurée miraculeusement par Eliézer seul, et la présence passive des 318 talmidim n'avait pour but que d'atténuer ce grand miracle et de le dissimuler aux yeux de tous.
[Maharal - Gour Arié]

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-> Cette guerre où Avraham partit, sans hésiter, sauver son neveu Loth, bien que ce dernier eût abandonné sa foi en Hachem, s'est produite durant la nuit du 14 au 15 Nissan.
Par ce mérite, les descendants d'Avraham bénéficieront à cette même date de la générosité d'Hachem qui les sortira de l'exil d'Egypte, même s'ils n'en étaient pas dignes.
[rav Lumbroso]

"J'agrandirai ton nom, et tu seras bénédiction" (Lé'h Lé'ha 12,2)

-> Les mots : "ton nom, et tu seras bénédiction (chémé'ha vééyé béra'ha - שְׁמֶךָ וֶהְיֵה בְּרָכָה) ont une guématria de 613.
Cela fait référence au fait que Avraham respectait toutes les 613 mitsvot de la Torah, et que ses descendants accepteraient la Torah et garderaient ces mitsvot.

Les mots : "tu seras une bénédiction" (éyé béra'ha - הְיֵה בְּרָכָה) ont la même guématria que : Avraham.
Cela indique que la bénédiction était l'essence même de Avraham.

[le 'Hida - Pné David]

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-> Les Patriarches sont : Avraham (אברהם), Yit’hak (יצחק ) et Yaakov (יעקב ) = il y a un total de 13 lettres.

Les Matriarches sont : Sarah (שָׂרָה), Rivka (רבקה ), Rachel (רָחֵל ) et Léa (לֵאָה) = il y a également un total de 13 lettres.

Les noms de nos Patriarches et de nos Matriarches ont en tout 26 lettres, comme la guématria du Nom de Hachem (יהוה).
C'est une allusion au fait qu'ils représentent Hachem dans ce monde.

[Rabbi Barou'h de Mezivin - petits-fils du Baal Chem Tov - Boutsina Dinhora]

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+ "Depuis le jour où Hachem a créé le monde, personne ne L'a appelé : Seigneur (Adon), jusqu'à ce que Avraham vienne et appelle Hachem : "Mon Seigneur" (Adonaï - אֲדֹנָי)." (Lé'h Lé'ha 15,8)"
[guémara Béra'hot 7b]

-> Le Maharcha commente que jusque là, Hachem était identifié par le Tétragramme (יהוה), et qu'Avraham a introduit le : אֲדֹנָי au monde, qui exprime Sa domination sur le monde entier.

-> Le midrach (Béréchit rabba 39,1) rapporte comment Avraham a regardé le monde en se demandant à lui-même : "Se peut-il que le monde n'a pas de maître (à l'image d'un magnifique palais sans propriétaire)?"

Hachem a regardé Avraham et a déclaré : "Je suis le Maître du monde!"

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-> Le Psikta Rabbati fait remarquer qu'en dédiant totalement sa vie à diffuser le Nom de Hachem au travers le monde, chacune des lettres du 1er mot des 10 Commandements : Ano'hi (אנכי) font référence à Avraham :

- le aleph : 1 = c'est l'unicité de Avraham ;
- le noun : 50 = c'est l'âge auquel il a pleinement reconnu Hachem ;
- le kaf : 20 = c'est le nombre de générations entre Adam qui est né circoncis, et Avraham, qui a reçu la mitsva de la circoncision (brit mila) ;
- le youd : 10 = c'est les 10 épreuves qu'il a surmonté.

"Je bénirai ceux qui te béniront et celui qui te maudira Je le maudirai" (Lé'h Lé'ha 12,3)

-> Pourquoi pour la bénédiction : la récompense (Je bénirai) précède le mérite (ceux qui te béniront), tandis que cela est l’inverse pour la malédiction?

Nos Sages enseignent qu’Hachem considère une bonne intention comme si c’était déjà une bonne action, alors qu’une mauvaise intention n’est pas comptée comme un acte.

Ainsi, pour le bien, Hachem bénira même la personne qui a seulement l’intention de bénir, avant même qu’elle bénisse concrètement. Il est donc dit : "Je bénirai" avant de dire : "Ceux qui te béniront".

Mais pour le mal, Hachem ne maudira que celui qui maudira concrètement. Il est donc dit en premier : "Celui qui te maudira", qui sera déjà passé à l’acte, alors "Je le maudirai".

[Kli Yakar]

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-> On peut rapporter le Tossefot (guémara 'Houlin 49a), qui nous enseigne que lorsque nous bénissons un juif, Hachem nous bénit.
Ainsi, à chaque fois que nous disons : "bonne journée!" ; "bonne chance" ; "mazal tov" ; "santé!" ; ... , en réalité nous bénissons cette personne, nous réalisons la mitsva d'aimer notre prochain juif, et nous nous retrouvons également bénis.
A l'inverse, maudire un juif, c'est entraîner le fait que Hachem nous maudisse!

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-> "Je bénirai ceux qui te béniront, et qui t’outragera, Je le maudirai"

=> Pourquoi, concernant la bénédiction, celle de Hachem précède-t-elle celle des gens, alors que pour la malédiction, cet ordre se trouve inversé ?

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch explique que Hachem anticipe intentionnellement la bénédiction des hommes, afin de lui donner une assise et de lui permettre de se réaliser. Il bénit Avraham avant que ses contemporains l’eussent béni, de sorte à placer la bénédiction dans leur bouche et à garantir qu’elle ait l’effet escompté.

-> Rabbi Chwadron rapportait ce Ohr ha'Haïm en ces termes : Hachem bénit l’homme s’apprêtant à bénir son prochain, afin d’assurer la réalisation de sa bénédiction.

["Ne refuse pas un bienfait à ceux qui y ont droit" (Michlé 3,27) = nous ne devons pas se gêner de bénir autrui (ex: qui suis-je pour le faire?), car en réalité à ce moment Hachem nous bénira pour assurer la réalisation de notre bénédiction! ]

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-> [Hachem a dit : ] "Ne crains point Avram : Je suis un bouclier pour toi" et pas uniquement le tien, mais aussi celui de tes descendants, pour peu qu’ils se vouent à Ma Torah comme tu t’y es voué. Je serai alors leur bouclier, comme il est dit : "La parole de Hachem est infaillible, Il est le bouclier de quiconque espère en Lui" (Chmouel II 22, 31).
[midrach Tan’houma - Lé'h Lé'ha 11]

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-> Le Gaon de Vilna demande pourquoi il est écrit : "Je bénirai ceux qui te béniront et celui qui te maudira Je le maudirai", alors qu'il aurait plutôt fallu écrire : "Je bénirai ceux qui te béniront et Je maudirai ceux qui te maudiront"?

Il répond :
Hachem dit : "Je bénirai ceux qui te béniront" = celui qui veut te bénir, je le bénis lui-même avant, pour qu'il ait des concepts qui lui permettent de te donner une belle bénédiction.
Mais celui qui veut te maudire, qu'il maudisse d'abord, d'après les concepts d'un homme riche, et ensuite seulement Je le maudirai et Je le rendrai pauvre.

[en effet, avant que la malédiction ne s'applique, il est encore riche, et sa malédiction est du type : "Puisses-tu ne jamais avoir plus de 100 000 euros", tandis qu'une fois pauvre, cela devient : "Que tu n'aies plus de pain à manger!"
A l'inverse, en rendant auparavant celui qui bénit riche, il bénira alors selon des standards de riche, avec toute la largesse que cela implique.]

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+ "Je bénirai ceux qui te béniront"

-> Quelle est la bénédiction qu'Il lui a donnée?
Quand Avraham est arrivé, Hachem a dit : "ce n'est pas un honneur pour Moi de devoir bénir Mes créateurs. Je vais mettre les bénédictions entre les mains d'Avraham et de sa descendance, et quiconque ils béniront, Je signerai ce qu'ils disent, ainsi qu'il est écrit : "Tu seras une bénédiction ..."

Que signifie "Je bénirai ceux qui te bénissent"?
Hachem a dit : "Je mets les bénédictions entre les mains de quiconque tu béniras, et je signerai ce que tu as décidé."
[midrach Tan'houma Yachan]

La force de nos pensées

"Au moment de la nuit de noces, le cœur de Yaakov était orienté vers Ra'hel, car il pensait avec certitude être avec elle.
De cette pensée et de cette volonté profonde, Léa tomba enceinte.
Mais malgré cela, cette pensée initiale retrouva sa place dans la réalité : puisque le cœur de Yaakov était entièrement tourné vers Ra'hel, c'est l'aîné de cette dernière, Yossef qui reçut le droit d'aînesse".
[Zohar - chap.1,p.176]

Le fils aîné de Yaakov était Réouven, fils de Léa.
Mais concrètement, c'est Yossef, le fils aîné de Ra'hel, qui reçut un héritage double, puisque ses 2 fils (Ménaché et Efraïm) furent considérés comme 2 tribus à part entière quant au partage de la terre d'Israël.
Yossef a eu ainsi 2 parts d'Israël, en accord avec la loi juive statuant que l'aîné d'une famille reçoit un héritage double par rapport à ses frères.

=> Nous voyons ici un exemple que la force de la pensée, est plus puissante que l'acte même, avec des conséquences mêmes de nombreuses années plus tard!

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+ La force de nos pensées :

-> "Lorsqu'un bateau en percute un autre, si le bateau touché est plus robuste que le premier, c'est le premier bateau qui se brisera par la puissance du choc.

Il en est de même de la pensée, qui lorsqu'elle ne se concrétise pas, revient en force vers son émetteur.
C'est ce qui se passa pour Haman : il désira anéantir les juifs et on l'en empêcha. Mais puisque sa pensée avait déjà été conçue et qu'elle n'atteignit pas son but, elle se rabattit sur lui.

De la même manière, si l'on jette une balle et qu'elle n'est interceptée par aucun obstacle, elle suit sa trajectoire. Mais si un mur l'intercepte, elle rebondit de plus belle vers celui qui l'a lancée.
Il en va exactement de même de la pensée : lorsqu'un élément la stoppe dans sa course, elle revient en force vers celui qui l'a conspirée."
[le Sifté 'Haïm - Moadim]

-> "Il en est ainsi de la pensée pourtant si volatile. Sa fin est de se retourner contre celui qui l'a conspirée quand elle ne prend pas forme dans la réalité."
[Maharal - Méguila 9,25]

-> "Rech Lakich dit : Celui qui suspecte à tort reçoit des coups" (guémara Shabbath 97a)
En effet, sa pensée négative n'a ici aucune prise et elle n'a pas non plus sur quoi se fonder, elle va lui retomber forcément dessus de manière négative.

-> Il est permis d’être "jaloux" des érudits et d’envier leur vaste connaissance de la Torah car cela stimule et inspire à étudier davantage.
[Zohar ; guémara Baba Batra 21a]

Les autres formes de jalousie sont négatives, car quand l'homme les éprouve, il désire au fond de son cœur que son ami perde son bien. La réussite de l'autre est douloureuse pour l'homme ; il souhaite qu'il lui arrive du mal.
Or, comme on a pu le voir, une telle pensée revient vers celui qui en est la source.

=> Ainsi, être jaloux n'aide en rien à atteindre ce qui est jalousé, mais en plus d'être triste de sa situation, cela nous amène des conséquences négatives suite à nos pensées négatives sans fondement réel (autre qu'un aveuglement lié à notre jalousie).

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-> "La manière dont l'homme agit se répercute sur lui" (guémara Baba Métsia 33a)

Le Maharal ('Hidouché Haggadot sur cette guémara) enseigne que lorsqu'un homme éprouve une crainte particulière pour quelque chose, il donne à cette chose la possibilité d'agir contre lui.
Comme le précise Iyov (3,25) : "C'est que tout malheur dont j'avais peur fond sur moi, ce que je redoutais vient m'assaillir".

Ainsi, ce dont je m'inquiétais par avance vient justement m'assaillir parce que je m'y suis inquiété.

Le Maharal ajoute :
"Et même si cette crainte était celle d'une chute, comme le disent les Richonim, c'est cette même crainte qui entraînera justement sa chute.
En effet, si un homme prenait une planche de bois et la plaçait au-dessus des eaux d'un fleuve afin de le traverser, il aurait de fortes chances de tomber lorsqu'il marcherait sur cette planche.
Par contre, s'il la posait au sol, son pied n'en dévierait pas d'un millimètre.
Pourquoi en est-il ainsi?

Car dans le premier cas, l'homme pense qu'il va tomber et l'élément le plus actif et le plus influent est véritablement le cerveau.
Il en va de même lorsque l'homme a peur de la pauvreté, il laisse son cerveau agir dans ce sens et il finit par être effectivement affligé par la pauvreté."

-> "L'homme est sa pensée" (Sifté 'Haïm - Moadim)

-> "La pensée exerce un grand impact sur l'homme et même une simple intention ou un éveil aussi minimes soient-ils sont déjà une très grande chose"
[Rav Eliyahou Dessler - Mikhtav méEliyahou]

-> Cela peut éclairer l'interprétation de certaines paroles de nos Sages, comme :
- "Quand la tête est saine, tout est sain" (Zohar haKadoch - chap.3,135) ;
- "Le corps suit la tête" (guémara Erouvin 41a) ;
- "Un esprit abattu dessèche les membres" (Michlé 17,22)
- "Une bonne nouvelle est une sève bienfaisante pour le corps" (Michlé 15,30)

=> Le fait d'avoir des pensées positives, nous fait regarder la vie pleine de bonne humeur, mais également cela va contribuer à changer positivement notre réalité (et inversement).

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-> "L'homme est conduit vers le chemin qu'il veut emprunter"
[guémara Makot 10b]

-> "Celui qui veut se corrompre est aidé dans ce sens, comme celui qui veut se purifier"
[guémara Shabbath 104a]

Le Maharcha de commenter : "Selon la volonté et la pensée de l'homme, des anges l'orientent, ceux-ci ayant été créés justement par cette volonté."

=> C'est ainsi que notre pensée, expression de notre volonté, va véritablement créer des anges, qui vont conduire l'homme vers le lieu de son désir.

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-> "Lorsque l'homme désire de tout son cœur et de tout son être quelque chose, cela se réalise."
[Gaon de Vilna - Michlé 23,12]

-> "Sache que la pensée a un impact extrêmement puissant.
Un homme qui concentre sa pensée sur quelque chose de précis peut ni plus ni moins actionner cette chose. Et même si l'objet de sa pensée était d'acquérir de l'argent, c'est certain qu'il y parviendrait!

Il en va de même pour n'importe quel domaine, à condition que sa pensée soit dénuée de tout sentiment ou affect (c'est-à-dire qu'il est déconnecté de tout ce qui l'entoure, totalement absorbé par sa pensée précise)."
[Rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Moharan 193]

=> La pensée a une telle puissance qu'un homme pourrait acquérir tout ce qu'il désire par son biais!

-> Rabbi Na'hman de Breslev enseigne également (Si'hot haRan 62) :
"Sache que des forces inouïes sont recelées en l'homme, car il peut véritablement donner forme à la réalité par le biais de sa pensée. Mais pour cela, il faut qu'elle soit exclusivement tournée et concentrée sur un jet précis, c'est-à-dire que chaque strate de la pensée, aussi bien intérieure qu'extérieure soit orientée vers ce point précis.

Et lorsque la pensée dans toutes ses dimensions est actionnée et que vient s'allier la conviction que l'objet de la pensée se réalisera, sans qu'aucune autre pensée ne vienne troubler la pureté de la pensée initiale, alors la réalité prend la forme selon cette pensée."

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-> "L'excès de pensée de l'homme empêche la réalisation de son projet, fut-ce même dans le domaine de la Torah."
[guémara Sanhédrin 26]

Rachi commente : "Lorsqu'un homme pense : je ferai ceci ou cela, j'acquerrai ceci ou cela, la chose est vouée à ne pas se faire, même s'il s'agissait d'un projet spirituel, comme terminer en un temps précis une étude particulière".

-> Le Ben Ich 'Haï explique :
"S'il est fixé à Roch Hachana que l'homme jouira de telle réussite, de telle abondance, mais qu'il a fait une prière détaillée (iyoun téfila) négative, en imaginant toutes les actions dont il serait l'auteur et qui lui apporteraient la réussite, comment ces simples pensées peuvent-elles modifier ce qui a été fixé pour lui à Roch Hachana?
["Tous les gains d’une personne sont prédéterminés d’un Roch Hachana à l’autre." - guémara Beitsa 16a]
Comment peut-il perdre les bienfaits qui devaient lui revenir au cours de cette année et qui étaient de surcroît écrits dans le grand Livre du Ciel?

La réponse est la suivante : il visualise déjà dans son esprit la réussite qui sera la sienne, la manière dont il l'atteindra et même le plaisir qu'il en retirera.
Il jubile déjà, se croyant détenteur et maître de cette satisfaction, mais sa pensée est erronée à sa source, puisqu'il fait dépendre sa réussite de la force de son bras et non de Hachem.

Il recevra donc sa punition, mesure pour mesure, du Tribunal céleste qui déclarera que puisque la simple pensée de sa réussite lui a procuré du plaisir, la réussite n'a pas besoin de se concrétiser dans sa réalité."

=> Ainsi, un homme peut provoquer sa perte par sa propre pensée.
Lorsque cette dernière est dénuée de émouna, elle ne peut être le réceptacle de la bonté de Hachem, et les sentiments de joie ressentis en plaçant sa confiance en ses propres actes, vont lui service de rétribution.

-> En ce sens, il est écrit au sujet des rêves plausibles : "Rabbi 'Hida a dit : lors d'un mauvais rêve, la peine suffit, lors d'un bon rêve, la joie suffit" (guémara Béra'hot 55a).

Cela signifie que :
- la peine éprouvée par la personne qui fait un mauvais rêve est une punition suffisante.
Par exemple, la pauvreté n'aura plus besoin de venir l'accabler.
- la joie qu'elle éprouve au moment de son rêve remplace la véritable joie qui devait lui être octroyée dans la réalité.

-> Le Ben Ich 'Haï (Od Yossef 'Haï - Ki Tissa) rapporte que : "L'homme doit être pleinement conscient que ces pensées fictives qui lui viennent à l'esprit ne sont ni plus ni moins l'oeuvre du yétser ara, dont le but est de lui faire perdre son vrai bien. L'homme s'empressera donc de chasser ces pensées stériles de son esprit dès qu'elles surgiront."

[on peut programmer le futur dans un but nécessaire et constructif, mais pas dans un but de renforcer la conviction que sa réussite dépend uniquement de notre force et de nos capacités.]

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-> Selon la guémara (Sanhédrin 26b), la pensée peut entraîner à oublier son étude, comme il est dit : "Il fait échouer les projets des gens de ruse : leurs mains n'exécutent rien qui vaille" (Iyov 5,12).
Rachi explique : "La pensée qu'un homme a accompli tel acte, ou de parvenir à tel objectif, a la capacité d'inhiber son accomplissement. C'est le cas même pour l'étude de la Torah, par exemple, si l'on dit : Jusqu'à tel jour, je finirai d'étudier tel sujet".

-> Le Ben Ich 'Haï (dans son Kéter Malkhout) ajoute :
"Souvent, de nombreuses bénédictions sont prêtes à être envoyées à l'homme, mais il les perd lui-même par le fait qu'il vagabonde avec son imagination et rêve déjà d'avoir reçu ces bénédictions. Il tire profit de ces rêves, se conforte dans ses illusions et repousse par cela l'envoi prévu des bénédictions".

On peut se demander comment cet homme pourrait perdre ce qui est prévu pour lui, simplement à cause de son imagination ...
Le Ben Ich 'Haï répond qu'en réalité, cet homme a déjà tout reçu en pensée et il s'est déjà réjoui de la bénédiction comme s'il l'avait reçue.

Il est intéressant de rapporter les paroles du Ben Ich 'Haï dans notre commentaire : "Il est un problème dont la plupart des gens souffre, que ce soit les hommes de Torah ou ceux qui travaillent, et j'avoue en faire aussi partie ..."

[nous devons faire attention sur le fait que ces pensées qui montent à notre esprit ne sont que l'acte du Satan qui cherche à tout nous faire perdre. Il est donc très important de surmonter cet instinct qui nous pousse à vivre le rêve comme s'il état réel.]

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-> "Quand tu bâtiras une maison neuve, tu établiras une barrière autour du toit, pour éviter que ta maison soit cause d'une mort, si quelqu'un venait à tomber" (Ki Tétsé 22,8)

Le Ben Ich 'Haï commente :
Lorsque l'homme inaugure une nouvelle construction, fête un nouveau concept qu'il a inventé grâce auquel il peut s'enrichir, la Torah lui demande de faire un acte, une barrière aux pensées qu'il a dans la tête, qui représente le toit de l'homme, et qu'il ne vive pas dans l'illusion de devenir milliardaire.
La raison en est : "Pour éviter que ta maison soit cause d'une mort si quelqu'un venait à tomber" = les illusions le feront tomber, lui feront perdre le bien qui est prévu.

Même s'il a été décrété pour cet homme, le jour de Roch Hachana, qu'il mérite richesse et bonheur, il risque de tout perdre par les illusions qu'il entretient.

Le Ben Ich 'Haï conclut en expliquant : "Car nous avons déjà reçu la récompense dans notre imagination, puisque nous nous sommes déjà réjouis comme si elle était déjà réelle et présente".

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-> b'h, également  : pense bien et tout ira bien : https://todahm.com/2020/03/31/13093-2

"Le puits était vide, il n'y avait pas d'eau dedans" (Vayéchev 37,24)

-> De façon assez surprenante, la guémara (Sabbath 22a) fait suivre les 2 sujets suivants :
"Rabbi Tan'houm enseigne que si les lumières de 'Hanoucca sont au-dessus de 20 amot, cela n'est pas valable.
[Rachi explique : car un passant ne pourra pas la voir, et il n'y aura alors pas de publication du miracle]

Rabbi Tan'houm demande : Quelle est la signification du verset : "le puits était vide, il n'y avait pas d'eau dedans"?
Il n'y avait pas d'eau dans le puits, mais il y avait des serpents et des scorpions."

=> Quel est le lien entre ces 2 affirmations?

Le Gaon de Vilna donne la réponse suivante.

Les lumières de 'Hanoucca doivent être placées au maximum à 20 amot (environ 9,6 mètres) de hauteur afin que les passants puissent les observer.

"Ils le jetèrent (vayachli'hou) dans le puits" (37,24)
Le Tossafot Yom Tov (Tamid 1,4) dit que le mot "vayachli'hou" fait référence à une chose qui est jetée à au moins 20 amot de haut, ce qui permet d'affirmer que le puits avait une hauteur de plus de 9,60 mètres (20 amot).

Pour cette même raison, les frères de Yossef n'ont pas pu savoir qu'il y avait des serpents et des scorpions dans le puits, car ne pouvant pas regarder jusqu'au fond.

=> La juxtaposition des 2 sujets vient nous avertir qu'une compréhension du sujet des lumières invalides de 'Hanoucca, est nécessaire pour comprendre le comportement des frères de Yossef.

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-> La guémara (Soucca 2a) enseigne :
Une Soucca qui fait plus de 20 amot de hauteur n'est pas valable.
Rava affirme qu'on apprend cela du verset : "afin que vos générations sachent que [c'est] dans des Souccot [que] J'ai fait résider les enfants d'Israël lorsque Je les ai fait sortir du pays d'Egypte." (Emor 23,43).

Jusqu'à 20 amot, on a conscience d'être assis dans une Soucca [puisque sans effort nous voyons son toit qui nous rappelle la mitsva]
Au-dessus de 20 amot, on n'a plus conscience d'être assis dans une Soucca, car nos yeux ne peuvent plus voir involontairement le toit en raison de sa hauteur.

-> Le Maharam Schick dit qu'il existe une énorme différence entre savoir et regarder.
Dans ce monde matériel, on a beau "savoir" quelque chose, cela ne deviendra une certitude dans notre esprit qu'à partir du moment où on la voit.
C'est ainsi, que nous devons regarder le toit de la Soucca pour être certain de résider dans une Soucca

-> Il est écrit : "ils tirèrent Yossef et [le] remontèrent du puits, et ils vendirent Yossef" (37,28)

=> Comment les frères de Yossef ont-ils pu le vendre alors qu'il venait juste de survivre miraculeusement au puits?

La réponse est qu'ils n'étaient pas certain à 100% que Yossef ait été sauvé de serpents et de scorpions, puisque le puits faisait plus de 20 amot de hauteur, ils ne pouvaient pas les voir.
Ainsi, ils "savaient" qu'un puits dans le désert à de très fortes probabilités d'être rempli de bêtes vénéneuses, mais puisqu'ils ne les "voyaient" pas, ils n'ont pas pris pleinement conscience de ce fait.

Il en résulte que lorsque Yaakov est sorti vivant du puits, à leurs yeux ce n'était pas un si grand miracle que cela, et ils n'en ont pas déduit que c'était un tsadik.
Il n'y avait alors aucune raison solide s'opposant à le vendre.

Il en est de même à 'Hanoucca, où il est nécessaire d'avoir les lumières situées à une hauteur de moins de 20 amot, pour que cette vision permette une prise de conscience ferme du grand miracle qui a eu lieu pour le peuple juif.

La vision est ce qui nous permet d'internaliser et de vraiment s'approprier une notion, pour peu que nous ayons la volonté personnel d'en absorber le message latent.
Le rav Moché Feinstein dit que l'on peut très bien regarder les bougies de 'Hanoucca, sans se focaliser sur le message qu'elles nous transmettent (ex: l'idée que Hachem est derrière chaque chose de ce monde, pas uniquement les miracles grandioses, ...).

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+ "Son maître vit que Hachem était avec lui et que tout ce qu'il faisait, Hachem le faisait réussir dans sa main" (Vayéchev 39,3)

-> Le Zohar explique : Même si Yossef avait une certaine chose dans sa main, et que son maître voulait une autre chose, Hachem faisait changer ce qui était dans la main de Yossef pour qu'il devienne exactement ce que son maître demandait.
C'est ce que son maître a vu : que Hachem était avec Yossef dans tout ce qu'il faisait.

=> Pourquoi est-ce que Hachem a -t-il réalisé des miracles aussi visibles?

Selon le Adéret Eliyahou, c'est parce qu'il n'y a pas de comparaison entre "savoir" qu'une chose se passe et la "regarder".
C'est pourquoi Hachem faisait changer les objets dans sa main à chaque instant en fonction de la demande de son maître. Cela avait pour objectif de faire bénéficier Yossef d'un bisous divin du plus haut niveau : c'est-à-dire "voir" les miracles/bontés que D. lui faisait, plutôt que d'uniquement le savoir (en théorie).

[le fameux : je ne crois que je que je vois, témoigne de la force de la vision!]

-> Le Pné Yéhochoua dit qu'il en est de même à 'Hanoucca, où Hachem a fait un miracle clairement VISIBLE afin de nous faire prendre conscience au plus haut niveau possible de l'énorme amour qu'Il a pour nous.

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"Et voici qu'une caravane d'Ichmaélites arrivait de Guilad, et leurs chameaux transportaient des aromates, du baume et du lotus, qu'ils allaient faire descendre en Egypte." (Vayéchev 37,25)

-> Rachi commente : Les arabes ne transportent, d’habitude, que du naphte et du pétrole, dont les relents sont nauséabonds. Mais il s’est agi ici de parfums, afin que Yossef ne soit pas incommodé par de mauvaises odeurs.
[il a pu voir que ses habits sont restés propres, qu'il sentait bon, ... comme une bulle agréable dans un univers de marchands de pétrole : d'ordinaires sûrement grossiers, sales et sentant mauvais!]

=> Hachem a fait en sorte que Yossef puisse voir, sentir, ... des choses agréables.
Cela a permis d'accroître le pouvoir de sa consolation, de sa prise de conscience que Hachem était avec lui, à un niveau beaucoup plus élevé que d'intellectualiser sa émouna

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-> Ces signes, nous pouvons peut-être les considérer comme petits si nous les comparons à la gravité de sa situation, mais malgré tout cela a suffi à Yossef pour ressentir l'affection de Hachem envers lui, et par conséquent, il n'y a pas de plus grande joie que cela.
Regarder un point de lumière au milieu de l'obscurité, c'est cela le secret.

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-> Dans une situation aussi misérable que celle-ci, où il allait être vendu et exilé de sa maison paternelle à tout jamais, dans l’ignorance de son sort tant spirituel que matériel, cela faisait-il une différence si l’odeur qui se dégageait du chargement était bonne ou mauvaise?

Le Saba de Kelm donne la réponse suivante :
Hachem n'impose pas à un homme une épreuve ne serait-ce qu’un peu plus difficile que celle qui a été décrétée à son encontre.
Et puisqu'en dehors de sa vente comme esclave, il n'avait pas été décrété qu'il sente des mauvaises odeurs, le Ciel fit en sorte que les arabes transportent des parfums contrairement à leur habitude.

=> Si l'on garde à l'esprit ce principe, nous pouvons transformer entièrement notre existence car nous saurons que la moindre peine que nous endurons est pesée avec précision et que nous n'endurons jamais la moindre épreuve en plus de ce qui a été décrété sur nous [par Hachem] pour notre plus grand bien.

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+ Autre explication de ce lien entre les 2 idées de la guémara ('Hanoukia et le puits) :

-> "Yossef rapportait des paroles médisantes sur eux, à leur père" (Vayéchev 37,2)

Le rav Nevenzahl explique que c'est pour cette raison qu'il y avait spécifiquement des serpents dans le puits, puisque c'est le serpent qui a parlé du lachon ara à propos de Hachem à 'Hava.
Ainsi, à un certain niveau Yossef aurait dû être puni par le biais des serpents pour avoir été impliqué dans la même faute que lui.
Pourquoi alors a-t-il été sauvé?

Rav Nevenzahl explique que Yossef avait un mérite particulier : chaque fois qu'il en avait l'occasion, il parlait de l'implication de Hachem dans le monde, d'à quel point Il gouverne la naturalité du monde et tous les événements.
Nous retrouvons cette attitude à plusieurs reprises dans la Torah, comme par exemple :
- "son maître (Potiphar) vit que Hachem était avec lui" (Vayéchev 39,3) ;
Rachi explique : "Le nom de Hachem sortait fréquemment de sa bouche".
- Yossef leur dit [à l'échanson et au panetier] : Les interprétations ne sont-elles pas à D.?" (Vayéchev 40,8) ;
Le Radak de commenter : "Racontez-moi votre rêve, peut-être que D. me donnera-t-Il la sagesse nécessaire pour le comprendre".
- "Yossef dit à Pharaon : C'est au-dessus de moi ; c'est D. Qui répondra du bien-être de Pharaon" (Vayéchev 41,16).
Rachi de dire : "La sagesse n’est pas de moi, mais "c’est D. (Elokim) qui donnera une réponse". Il mettra dans ma bouche la réponse qui "donnera la paix à Pharaon"."

=>Yossef ne révélait pas les miracles évidents, mais plutôt ceux qui sont dissimulés, et dont l'homme peut facilement voler la vedette à Hachem.
Yossef non seulement était certain que c'est D. qui contrôle toute la nature, mais il enseignait cette idée à d'autres.

Le rav Nevenzahl dit que cela peut expliquer le lien entres les 2 notions abordées dans la guémara ci-dessus.
Une bougie de la 'hanoukia allumée à une hauteur supérieure de 20 amot n'est pas valable, car elle est trop haute pour rendre convenablement public du miracle.
Juste ensuite, la guémara parle du puits dans lequel Yossef a été jeté, et dont il a pu être sauvé des serpents par son attitude de toujours publier autour de lui les miracles cachés de la nature, la totale implication de Hachem dans le monde.
=> Ainsi, de même qu'on ne pouvait pas voir Yossef a une profondeur de plus de 20 amot, de même on ne peut pas partager le miracle au-dessus d'une telle hauteur.

5 Questions/Réponses – Paracha Vayéchev

+ 5 Questions/Réponses - Paracha Vayéchev :

1°/ Le Tossafot haChalem fait remarquer que tous les versets de la paracha Vayéchev commencent par la lettre vav (ו), à l'exception de 8.
Quel autre livre du Tana'h partage cette particularité inhabituelle? Quel est le lien avec la paracha Vayéchev?

-> Le Tossafot haChalem répond qu'à la fois la paracha Vayéchev et à la fois la méguilat Ruth, ont en commun d'avoir tous leurs versets commençant par un "vav", à l'exception de 8.
Cela est en relation avec les pleurs, les cris de : וי וי [en yiddish : vé - וויי est l'expression de la souffrance (oh vey!).]

La paracha Vayéchev est remplie de tragédies, comme la vente de Yossef, les morts de Er et Onan, et ainsi que l'emprisonnement de Yossef.
De façon similaire, la méguilat Ruth discute d'une génération dans laquelle les dirigeants étaient corrompus : cela commence par les morts de Elimélé'h, de Ma'hlon et de Kilyon, et aborde également la situation difficile de Ruth.

De façon remarquable, les 8 versets qui ne commencent pas par la lettre "vav", correspondent aux événements positifs qui s'y trouvent (dans Vayéchev et méguilat Ruth).

-> Rav Matis Bloum (Torah léDaat vol.9) ajoute quelques autres parallèles.

Les 2 (Vayéchev et méguilat Ruth) parlent de grands dirigeants : Yéhouda et Eliméle'h, qui avaient chacun 2 enfants : Er et Onan (pour Yéhouda), Ma'hlon et Kilyon (pour Elimélé'h), qui sont tous morts en raison de leurs fautes.

De plus, dans chacun des cas, des efforts inhabituels ont été entrepris afin de perpétuer le nom des morts par le biais d'une forme atypique de yiboum :
- D'un côté, Tamar va se déguiser comme une prostituée afin d'avoir une relation avec son beau-père Yéhouda.
- D'un autre côte, à la fin des récoltes, Ruth va s’allonger aux pieds de Boaz, alors qu’il dort profondément, en lui découvrant le bas des pieds, et après s’être enduite d’huile parfumée, de s’être revêtue de ses habits de Shabbath, et de s’être parer de ses bijoux. [c'est comme cela que Naomie voulait provoquer la rencontre des 2]

De façon incroyable, chacune de ces situations atypiques va entraîner la continuation de la lignée d'ancêtres menant au roi David, et ensuite au Machia'h.
C'est ainsi que ces 8 versets ne commençant pas par la lettre "vav", font allusion aux 8 générations allant de Yéhouda à Boaz.

En effet :
-> "Elle [Tamar] accoucha, que voici des jumeaux ... il [Yéhouda] l'appela Pérets ... il l'appela Zara'h" (Vayéchev 38,27-30)
-> "Voici les générations de Pérets : Pérets engendra 'Hétsron ... engendra Ram ... engendra Aminadav ... engendra Na'hchon ... engendra Chalma ... engendra Boaz ... engendra Ovéd ... Yissaï ... engendra (le roi) David." (méguilat Ruth 4,18-22)

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2°/ "Ses frères lui dirent : "Régnerais-tu donc sur nous? Nous dominerais-tu donc?" Et ils le haïrent encore plus à cause de ses rêves et à cause de ses paroles. Il fit encore un autre rêve et le raconta à ses frères" (37,8-10)

=> Pourquoi Yossef leur a-t-il raconté son 2e rêve, dans lequel "11 étoiles se prosternaient devant moi" (v.9), au lieu de le garder pour lui même (évitant ainsi d'éveiller davantage de jalousie et de haine)?

-> Le Moshav Zékénim est d'avis que les rêves de Yossef étaient une forme de prophétie, et la michna (Sanhédrin 11,5) statue qu'une personne qui va garder pour elle sa prophétie, refusant de la partager avec d'autres est passible de mourir.
Ainsi, Yossef a raisonné qu'il valait mieux partager ses prophéties avec ses frères, et prendre le risque d'éventuelles répercutions liées à leur jalousie, plutôt que de taire ses prophéties devenant alors assuré d'être puni du Ciel.
[Le Haémek Davar (Mikets 42,9) dit également que Yossef se rendait compte que ses rêves étaient de nature prophétique, et par conséquent il avait l'obligation de communiquer cette prophétie à ceux qu'elle concernent (ses frères), car sinon selon la guémara (Sanhédrin 89a) il commettait une faute capitale.
(d'ailleurs Rachi y rapporte l'histoire du prophète Yona qui s'est enfui de la terre d'Israël pour ne pas avoir à communiquer sa prophétie).]

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch répond que Yossef espérait qu'en racontant ses rêves à ses frères, cela leur montrerait qu'ils auront véritablement besoin de son aide ultérieurement.
Puisque qu'ils auront besoin de lui dans le futur, ils devront donc éviter de lui témoigner de la haine d'ici là, afin de ne pas prendre le risque qu'il ne se venge lorsqu'ils auront besoin de lui.

Par cela, il espérait également leur signifier que sa supériorité sur eux, a été décrétée du Ciel, ce qui fait qu'ils ne doivent pas ressentir que leur père Yaakov témoigne d'un traitement de faveur envers lui.

-> La guémara (Béra'hot 55b) enseigne que la signification d'un rêve est déterminée par l'interprétation qu'en font ceux qui l'ont écoutée.
La guémara conseille de raconter ses rêves à ses amis, afin qu'ils lui donnent une explication positive.

C'est pourquoi Yossef a dit ses rêves à ses frères, dans un but de leur montrer qu'ils les aimaient et avaient confiance en eux, au point de laisser entre leurs mains l’interprétation de ses rêves.

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3°/ Après que la femme de Potiphar ait accusé à tord Yossef, du fait qu'il a essayé de la violer, "la colère [de son mari] s'enflamma" (v.39,19).
Nos Sages disent que s'il s'était conformé aux principes de la société égyptienne, Potiphar aurait mis son esclave à mort.
=> Qu'est-ce qui a défendu Yaakov, le sauvant d'une mort certaine?

-> Le midrach (Yalkout Chimoni 146) relate que lorsque Potiphar a entendu les allégations de sa femme envers Yossef, il a voulu le tuer, jusqu'à ce que sa fille Osnat vienne au secours de Yossef en lui disant secrètement ce qui s'est réellement passé.

Par son mérite d'avoir sauvé la vie de Yossef, Hachem a déclaré que les 2 tribus qui devaient émerger de Yossef (Efraïm et Ménaché) viendrait par Osnat, puisqu'elle va finalement se marier avec Yossef (Mikets 41,50).

Précision : Le Daat Zékénim nous enseigne que lorsque Shé'hem a "souillé" Dina, fille de Yaakov, cette dernière est tombée enceinte d'une fille, qui va être envoyée au loin jusqu'à arriver par les miracles de la providence divine en Egypte. Là-bas, elle sera connue sous le nom de Osnat, et elle se mariera avec son oncle Yossef.
Selon le midrach (Yalkout Chimoni Vayichla'h 134), l'épouse de Potiphar était stérile.
[la Torah emploie : "Osnat fille de Potiphar". Est-ce pour garder l'honneur d'Osnat au regard des conditions dans lesquelles elle a été conçue? Est-ce pour dire que ce couple de la bourgeoisie égyptienne l'a élevé depuis son plus jeûne âge, à l'image d'une fille adoptive?]

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-> Le 'Hizkouni (39,20) écrit que l'ange Gavriel est apparu sous l'apparence d'un être humain, et a suggéré qu'il fallait examiner quel vêtement a été déchiré.
- Si c'est les habits de la femme de Potiphar qui ont été déchirés, alors cela vient conforter sa version des faits : que Yossef a tenté de l'agresser (d'où une déchirure sur ses vêtements à elle).
- A l'inverse, si c'est les habits de Yossef qui ont été déchirés, cela témoigne que c'est elle qui a initié l'incident, et donc que sa demande lui a été refusée (les déchirures sur les vêtements de Yossef témoignent de son insistance).

Cette proposition a été acceptée, et lorsqu'il a été découvert que c'était l'habit de Yossef qui a été arraché (v.39,12), on lui a alors épargné son exécution à mort.
Cependant, en même temps, afin de protéger la dignité de la femme de Potiphar, et pour qu'elle ne soit pas connue publiquement comme une menteuse, Yossef ne pouvait pas être libéré immédiatement, devant aller en prison.

[Abarbanel (v.39,20) rapporte que c'est Potiphar lui-même qui l'a accompagné personnellement en prison, ce qui montre sa profonde estime pour lui! ]

-> Selon le 'Hida (se basant sur le Séfer haYachar), lorsque sa femme a accusé Yossef d’avoir tenté de la séduire, Potiphar est devenu fou de rage et a décidé de le tuer.
Hachem a alors réalisé un miracle : un enfant dans son lit de bébé a commencé à parler, et a révélé qu’en réalité c’était la femme de Potiphar qui avait essayé de séduire Yossef.
Potiphar et son foyer ont été témoins de ce grand miracle, et ont pris conscience de la réalité.
Ils ont alors laissé Yossef en vie, mais afin de préserver leur honneur, ils l’ont condamné à de l’emprisonnement.

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-> Nos Sages expliquent le verset : "La mer le vit et s'enfuit" (Téhilim 114,3) que la mer vit le cercueil de Yossef descendre dans la mer. Hachem dit : que la mer s'enfuît devant celui qui s'enfuit de la faute, comme il est écrit : "il s'enfuit à l'extérieur" (Vayéchev 39,13).

Le Tsror Hamor nous enseigne que lorsque Yossef s'échappa de la femme de Potifar, il s'enfuit jusqu'aux bords du fleuve. Il se dit : "si la femme de Potifar parvient jusqu'ici, je saute dans le Nil et je me suicide!"
La mer reconnut donc Yossef et son dévouement. Quand son cercueil apparut devant elle, elle s'enfuit.

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4°/ "Yéhouda dit : "Faites-là sortir et qu'elle [Tamar] soit brûlée!" (Vayéchev 38,24)

=> Est-ce que Yéhouda comptait la brûler entièrement?

-> NON :
Le Baal haTourim et le Panéa'h Raza (sur 38,24), citant le rav Yéhouda ha'Hassid, sont d'avis que Yéhouda n'avait pas l'intention de la brûler vivante et de la tuer, mais plutôt de lui graver au feu une marque sur sa joue, comme signe qu'elle a été engagée dans des relations interdites.

-> OUI :
D'autres commentateurs, comme le rav Its'hak Katz (beau-fils du Maharal), et le rav Sim'ha Zissel Broide, rapportent la guémara (Sotah 10b) qui tire de la volonté de Tamar d'être prête à se faire tuer plutôt que de faire honte à Yéhouda, qu'une personne doit préférer se jeter dans une fournaise ardente plutôt que d'humilier son prochain en public.
La guémara ajoute qu'une voix venue du Ciel (bat kol) a proclamé, que par le mérite de Yéhouda annulant son décret et épargnant Tamar ainsi que ses 2 garçons qui étaient alors dans son ventre, de brûler jusqu'à la mort, Hachem va de la même façon épargner 3 des futurs descendants de Yéhouda : 'Hanania, Michaël et Azaria, de mourir brûlés par le feu.
Ces affirmations indiquent que le plan de Yéhouda était véritablement de brûler Tamar, et pas uniquement de la marquer comme une immorale prostituée.

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5°/ Le midrach (michlé 1) nous enseigne que les 10 martyrs du peuple juif (assara arougué malkhout), sont morts pour expier la faute de la vente de Yossef ("vendons-le" - Vayéchev 37,27).

=> Puisque Réouven et Binyamin n'étaient pas présents au moment où Yossef a été vendu, il n'y avait alors que 9 frères qui ont participé à cette vente. Pourquoi 10 éminents rabbanim ont-ils alors été tués, au lieu de 9?

-> Rabbénou Bé'hayé suggère que le 10e Sage qui a été puni, est à mettre en correspondance avec Yossef.
En effet, puisque Yossef s'est conduit d'une manière arrogante envers ses frères, encourageant leur jalousie et leur colère à son égard, il était partiellement responsable d'avoir causé sa vente.

-> Selon un autre avis, le 10e était Réouven, non pas à cause de la vente de Yossef dont il n'avait pas pris part, mais en raison de sa faute lorsqu'il a déplacé le lit de Yaakov : de la tente de Bilha dans la tente de sa mère Léa (v.35,22 ; guémara Shabbath 55b).

[tous les frères ont fait une téchouva totale sur leur faute, mais en raison du fait qu'ils étaient tous égaux à un niveau exceptionnellement élevé, il restait une petite réparation nécessaire par la mort des 10 martyrs.
D. jugeant les tsadikim selon l'épaisseur d'un cheveu ...]

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-> Le Méam Loez (Vayéchev 39,21-23) écrit à ce sujet :
Tant que les fils de Yaakov vécurent, ils ne furent pas punis pour la vente de Yossef. L'ange accusateur Samaël, craignait de les dénoncer de leur vivant, tant ils étaient respectables.
[...]
Après leur mort, il dénonça au tribunal Céleste que leur crime n'était pas expié, et ce même si Yossef se réconcilia avec eux.
C'est pourquoi à l'époque de la destruction du 2e Temple, on décréta que 10 des plus grands Sages d'alors, seraient remis aux mains de Rome (Edom).
Les âmes des fils de Yaakov furent enlevées du paradis, et placées dans le corps des 10 sages voués au martyr.
[...]
La principale raison de la sévérité de ce décret repose sur l'émission séminale vaine de Yossef.
En effet, ce dernier était destiné à engendrer 12 tribus, comme son père. Mais à cause de 10 gouttes de semence, 10 tribus lui furent retirées, et il n'en engendra que 2 : Ménaché et Efraïm.
Pour la même raison, le décret concernant les 10 martyrs fut scellé.

L'autre motif de ce décret provient des 10 façons dont les frères tourmentèrent Yossef, et on peut citer :
1°/ ils lancèrent leurs chiens dans l'intention de le tuer ;
2°/ ils le dépouillèrent de ses vêtements (avant de le jeter dans le puits) [la tunique et le vêtement que Yossef mettait dessus pour la cacher.] ;
3°/ ils le jetèrent dans le puits ;
4°/ ils le vendirent aux Ismaélites ;
5°/ les Ismaélites le cédèrent aux Midianites ;
6°/ il fut battu tout le long de la route ;
7°/ il fut à nouveau vendu en Egypte ;
8°/ il fut tourmenté par la femme de Potiphar ;
9°/ Potiphar le mit en prison, où il demeura 12 ans.

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-> Selon le Zohar, le Arizal (Chaar haGuilgoulim) explique que les 10 martyrs de l'époque du Talmud sont une conséquence directe de l'épisode de Yossef avec l'épouse de son maître, car bien qu'il n'ait pas fauté, néanmoins Yossef perdit 10 gouttes de semence, une à chacun des doigts de sa main.

-> Yossef était harcelé, jour après jour, par la femme de Potiphar, mais "il ne l’écoutait pas pour s’allonger auprès d’elle, pour être avec elle" (Vayéchev 39,10).
En résistant à cette épreuve, il a brandi le drapeau de la sainteté et a reçu de nombreuses grandes vertus.
La sita achara l’avait poursuivi, essayant de toutes ses forces de le séduire, mais en vain ; la brit de Yossef est restée parfaitement sainte et protégée.
[...]

Nos Sages (chaar Haguilgoulim - fin hakdama 34) : dix gouttes [de semence] coulèrent entre ses dix doigts, ce qui fait référence aux dix martyrs.
Puisque ces martyrs sont issus de ces gouttes, cela prouve qu’il ne s’agissait pas d’un acte pécheresse, car il n’y a pas de plus grande sainteté qu’eux.
Si les gouttes avaient émané de la sitra a'hara (force du mal) [c’est-à-dire à la suite d’un acte pécheresse], elles seraient allées vers la sitra a'hara, car elles lui auraient appartenu. Puisque ces gouttes ont donné naissance à des personnes saintes, cela montre que tout a été arrangé par Hachem, et que tout a été fait avec sainteté.
[rabbi Yaakov Abou'hatséra - Pitou'hé 'Hotam - Vayé'hi 49,22-26]

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-> Il existe plusieurs liens entre la vente de Yossef et Yom Kippour.
En ce jour, nous lisons l’histoire des Dix Martyrs (Harougué Malkhout), dont la mort vint expier la vente de Yossef. De plus, les kabbalistes enseignent que l’interdit de porter des chaussures en cuir durant Yom Kippour, est lié au fait que les frères s’achetèrent des chaussures avec l’argent obtenu lors de la vente.
Enfin, le Rambam (Hilkhot Téchouva 2,8) compare le Vidouï que nous récitons à Kippour avec les mots employés par les frères : "Aval Achémim Ana’hnou" (Mais nous sommes coupables - Mikets 42,21).
[rav Yissa'har Frand]

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-> On a vu (midrach Tan'houma Michlé 1) que les 10 martyrs étaient les réincarnations des pères des chévatim, et que par leur mort, ils ont expié cet acte de vente de Yossef.
S'il avait tord d'agir ainsi, comment comprendre que Hachem s'est associé à leur serment (pour arriver au 10 personnes nécessaires à un 'hérem), comme le rapporte le midrach (Tan'houma Vayéchev 2)?

Tout d'abord la punition que les frères ont infligée à Yossef se justifiait par le fait, qu'à son niveau, il était passible de mort. En effet, il avait pris à son compte un rêve qui portait atteinte au respect des parents (ses parents se prosternaient devant lui), et de plus il s'était rebellé contre la royauté de Yéhouda.
Enfin, il avait calomnié ses frères devant son père.
Ces derniers ont donc été pointilleux avec lui et l'ont condamné à mort.
En les entendant discuter de son jugement, Yossef l'a accepté, car il savait qu'il méritait ce verdict. En effet, Hachem se montre exigeant avec les tsadikim sur l'épaisseur d'un cheveu.
C'est pourquoi Hachem s'est associé à leur serment, puisqu'Il a vu que leur jugement était juste, et que même Yossef l'a accepté. De plus, maintenant qu'il était en détresse et en souffrance, il a procédé à un examen de conscience et s'est rendu compte à quel point il aurait dû surveiller ses paroles.
[selon nos Sages (rapporté dans le Séder haDorot), en chemin Yossef a arrêté la caravane des Ichmaélites pour se recueillir sur la tombe de sa mère. Là, il a entendu la voix de Ra'hél lui recommander de reconnaître le jugement et de l'accepter sans hésitation.]

De plus, nos Sages (guémara Sotah 36b) racontent au sujet de l'épisode avec la femme de Potiphar, que son père lui était apparu en disant : "Yossef, les noms de tes frères ainsi que le tien sont destinés à être inscrits sur les pierres du éphod à l'avenir. Veux-tu que ton nom en soit effacé?"
En apprenant que les noms de ses frères étaient censés apparaître sur les pierres du éphod, Yossef a compris qu'ils étaient innocents, car sinon, ils n'auraient jamais mérité d'atteindre un tel niveau.
Pourtant, à ce moment-là, Yossef éprouvait encore [un résidu] de colère contre ses frères pour le tort qu'ils lui avaient causé. Un petit instant aurait suffi pour qu'il désespère. C'est pourquoi il a fallu que son père lui apparaisse pour l'encourager et le dissuader de tomber dans le désespoir et la faute.
Cet encouragement lui a d'ailleurs permis de se révéler [à eux sans la moindre rancune], et de reconnaître la droiture exceptionnelle de ses frères, ne les aimant que davantage.

=> Mais alors pourquoi les frères ont-ils tout de même été punis?
Même si les frères avaient raison, ils auraient dû alléger la punition de Yossef en le voyant pleurer sur son triste sort. Ils auraient dû adoucir leur verdict, ne pas le jeter dans un puits plein de serpents ni le vendre comme esclave, mais plutôt se conduire avec lui comme un père miséricordieux qui continue de frapper son fils, mais avec modération, en réduisant la punition qu'il aurait pensé donner, et ce face à son fils implorant/pleurant son pardon.

[les 10 martyrs ont connu des morts atroces, comme si leur Père au Ciel (Hachem) n'entendait pas leur atroce douleur, et d'une certaine façon cela est venu réparer la faute des frères de ne pas avoir écouter la grande douleur de leur frère Yossef.
- On peut citer rabbi Yichmaël à qui l'on arracha vivant la peau du visage, et en arrivant à l'emplacement des téfilin, il lança un cri terrifiant. Ensuite on lui coupa la tête.
- Ou bien également le cas de rabbi Akiva, dont les bourreaux commencèrent à lui arracher la chair avec des fourches métalliques, jusqu'à ce qu'il meure en prononçant le mot "é'had" du Shéma.
D'ailleurs c'était tellement incompréhensible qu'à ce moment, tous les anges se plaignirent devant Hachem : "Est-ce là la Torah et sa récompense?"
[Le Arizal explique que rabbi Akiva a enduré les pires souffrances, car il était la réincarnation de Shimon, qui a encouragé ses frères à tuer Yossef, en disant : "Venez et tuons-le!" (cf. Rachi Vayé'hi 49,5)]
- Ou bien encore rabbi 'Hanina qui a été attaché à un poteau, entouré de fagots de bois, et les bourreaux lui placèrent des tampons de laine sur sa poitrine de sorte qu'il ne meure pas trop vite. En effet, les romains voulaient le voir souffrir brûlé par le feu.
- Ou encore : rabbi El'azar ben Chamoua qui fut tué un vendredi soir, au moment où il récitait le Kiddouch, et un romain lui coupa la tête d'un seul coup d'épée avant la fin de la bénédiction.]

[b'h, pour d'autres réflexions sur l'attitude des frères, voir également : https://todahm.com/2018/12/09/7728 ]

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-> Selon le Arizal, la mort de rabbi Akiva devait expier la faute de Chimon.
De même que rabbi Akiva était le plus grand Sage parmi les 10 Martyrs, Chimon a eu le plus d'influence dans la vente de Yossef.
[le nom de ce Sages, Akiva ben Yossef, évoque que son sort a été déterminé par ce qui est arrivé à Yossef.]

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-> "Hachem est sévère avec son entourage dans les plus infimes détails"
[guémara Yébamot 121b]

-> "Voici mon D. et je l'embellirai (anvéhou)" (Chémot 15,2), il faut être semblable à Lui (ani véhou).
De même qu'il est bon et miséricordieux, toi aussi sois bon et miséricordieux. Et quiconque ne l'est pas s'écarte des qualités de D.
[guémara Shabbath 133b]