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"Essav, entendant les paroles de son père, poussa des cris bruyants et douloureux et il dit à son père : 'Moi aussi bénis-moi mon père!' " (Toldot 27,34)

-> Le midrach sur ce verset, déclare que le machia'h viendra uniquement lorsque les larmes d'Essav cesseront de couler.
[de même le Zohar (Chemot 12,2) dit : "Quand les larmes versées par Essav devant son père seront terminées, alors ils seront délivrés"]

Le rabbi Shmelke de Nikolsbourg (Imré Chmouël) s'interroge : "Mais qu'en est-il des larmes que les juifs versent jour et nuit dans leurs prières et leurs suppliques vers D.?
Pourquoi Hachem n'y fait pas attention? Pourquoi les larmes des juifs ne peuvent-elles pas neutraliser celles des enfants d'Essav?
Après tout, la Halakha a établi la règle qu'une substance est neutralisée si elle est mélangée avec une autre substance dans une proportion d'un soixantième.
Or, le volume des larmes des juifs est supérieur à 60 fois celui des larmes d'Essav."

Le Imré Chmouël répond :
Les substances qui sont différentes sont annulées dans une proportion d'un soixantième, les substances de même espèce ne sont pas annulées même dans une proportion d'un millième.

Essav a versé ses larmes en implorant pour des biens matériels.
Malheureusement, les juifs ont aussi pleuré pour des bien matériels et des possessions terrestres.
La raison pour laquelle les larmes des juifs ne peuvent pas neutraliser celles d'Essav est que les 2 types de larmes sont de même nature, et les substances de même nature ne peuvent pas s'annuler mutuellement.

=> Le message sous-tendu par le midrach est que les juifs doivent cesser de verser les "larmes d'Essav", des larmes qui sont versées pour des biens matériels.
Au lieu de cela, un juif doit déplorer l'exil de la Présence Divine et ses propres erreurs dans le domaine spirituel. Ce n'est qu'à cette condition que le machia'h viendra.

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-> "Essav poussa de grands cris amers"

-> Nos Sages (Yalkout Chimoni 115) expliquent que c'est Yaakov qui a été la cause des cris d'Essav.
C'est pourquoi, à l'époque d'Esther, Mordé'haï dut pousser de grands cris amers pour implorer Hachem de sauver le peuple d'Israël.
De plus, Essav versa alors 3 larmes qui sont la source de toutes les souffrances que ses descendants ont fait subir aux juifs.

=> Pourtant, Yaakov a agi sur l'ordre de sa mère Rivka qui par prophétie lui avait demandé de recevoir les bénédictions à la place d'Essav. Par ailleurs, Yaakov était obligé de se faire passer pour Essav, afin de recevoir les bénédictions pour lui et ses descendants, le peuple d'Israël, objectif de la création du monde.
De plus, seul Essav a souffert du stratagème de Yaakov : pourquoi les descendants de Yaakov seraient-ils punis depuis de si nombreuses générations?

Le rav Réouven Grozovsky répond à ses questions :
A l'image de son Créateur, l'homme doit avoir pitié de son prochain (guémara Shababth 133b) et lui prodiguer sans cesse du bien : heureux soit celui qui fait preuve de bonté, et malheur à l'homme qui punit son prochain, même s'il s'agit d'un goy.
De plus, nos Sages (guémara Shabbath 149b) affirment que celui qui causa de la douleur à autrui, même indirectement, ne sera pas introduit près de Hachem dans le monde futur.

=> C'est pourquoi, même si Yaakov obéit à l'ordre de sa mère Rivka, la prophétesse, il fut néanmoins la raison des cris d'Essav, et la souffrance d'une créature formée à l'image de Hachem est infinie.
Le rav Grozovsky conclut que, à contrario, celui qui prodigue du bien à son prochain sera récompensé par un salaire éternel.

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+++ Bénédictions d'Its'hak à ses enfants -> Quelques points de récit du côté d'Essav :

+ "Maintenant, prends tes armes, ton carquois et ton arc, va aux champs, et prends du gibier pour moi. Fais-m'en un ragoût comme je l'aime, sers-le moi et que j'en mange, afin que mon cœur te bénisse avant ma mort" (Toldot 27,3-4)

-> A l'époque de la guémara ('Houlin 30b), les hommes savaient abattre rituellement un animal en tirant une flèche pour lui trancher la gorge. Cette flèche avait une longue lame, comme celle d'un couteau d'abattage.
Cette lame devait être aiguisée de façon à ne présenter ni ébréchure ni le moindre défaut.
On pointait alors avec une précision la flèche en direction de l'animal de sorte que sa lame lui tranchait la gorge aussi bien qu'un abatteur rituel. On tuait les oiseaux de la même manière.

Cela nécessitait une adresse extraordinaire. Si l'on bandait son arc trop fort ou pas assez, ou encore si on tirait sa flèche sous un mauvais angle, on risquait de rendre impur l'animal.
=> C'est pourquoi Its'hak avertit Essav de chasser avec précaution afin qu'il lui amène un animal pur (cashère).
[Méam Loez - Toldot 27,3-4]

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+ "Comme Its'hak avait achevé de bénir Yaakov, il arriva que Yaakov était sorti précisément de devant Its'hak son père, lorsque son frère Essav revint de la chasse" (Toldot 27,30)

-> La tente d'Its'hak comportait 2 entrées, c'est pourquoi Essav ne vit pas Yaakov sortir ...

Lorsqu'on pénètre dans une maison en venant de l'extérieur, on ne voit pas suffisamment. Essav n'aperçut pas Yaakov, mais ce dernier vit son frère, car quiconque se tient dans l'ombre peut voir quelqu'un se trouvant dans la lumière.
[...]

Le retour d'Essav prit plus de temps que prévu, car sa chasse fut sabotée.
A chaque fois qu'il piégeait un oiseau ou un petit animal, un ange venait derrière et le relâchait. Ceci pour permettre à Yaakov de recevoir les bénédictions.

Essav, voyant qu'il ne pouvait attraper d'animaux cashers, prit un de ses chiens de chasse et l'égorgea. Tel fut la viande qu'il servit à son père.  (cf. Targoum Yonathan 27,5)
Cependant, Its'hak était suffisamment perspicace pour se méfier d'une semblable ruse.
[Méam Loez - Toldot 27,30]

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+ "Essav dit à son père : "Ne possèdes-tu qu'une seule bénédiction mon père? Mon père, bénis-moi aussi!"
Et Essav éclata en pleurs." (Toldot 27,38)

-> Trois larmes jaillirent des yeux d'Essav. Une coula sur sa joue droite, l'autre sur la joue gauche et la 3e resta entre ses yeux.
Si la 3e larme était tombée, les juifs n'auraient jamais échappé à l'esclavage d'Essav.

Israël ne sera pas libre tant que les larmes d'Essav n'auront pas séché ...
Ces larmes versées par Essav nous ont fait subir de nombreux malheurs.
[Selon le Zohar,] elles prouvaient combien il désirait cette bénédiction, et il en résulta l'asservissement d'Israël. Etat dans lequel nous resterons jusqu'à notre repentir complet quand nos larmes compenseront les siennes.
[Méam Loez - Toldot 27,38]

[cela met également en avant le fait que même si nous avons les meilleures justifications au monde, le fait de faire honte à son prochain (même s'il est racha comme Essav), aura des répercutions néfastes sur nous.
Combien devons-nous éviter à tout prix de causer le moindre sentiment de honte à notre prochain!]

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+ "Pour réponse, Its'hak son père lui dit : "Une grasse contrée sera ton domaine et les cieux t'enverront leur rosée. Mais tu ne vivras qu'à la pointe de ton glaive et tu seras tributaire de ton frère. Pourtant, après avoir plié sous le joug, ton cou s'en affranchira"."(Toldot 27,39-40)

-> Rachi commente :
- Une grasse contrée = Ce sont les provinces grecques de l’Italie.
- Lorsque tu auras plié (tarid) = c'est une expression de douleur ... c’est-à-dire que lorsqu’Israël transgressera la Torah et que tu auras des raisons de te plaindre des bénédictions qu’il a reçues, [alors] "tu briseras son joug de dessus ton cou" [tu leur causeras de la douleur].

[ => Si nous respectons les mitsvot alors "Tu (Essav) serviras ton frère (Yaakov = les juifs)", mais sinon Essav a alors la capacité de nous persécuter. C'est ainsi que tout ne dépend que de nous, de notre comportement!]

-> Its'hak bénit Essav : "Tu vivras à la pointe de ton glaive" = Yaakov détenait une épée qui avait appartenu à Adam.
Parmi les choses que Yaakov donna à Essav en échange de son droit d'aînesse, figurait cette épée. C'est pourquoi Its'hak lui annonça qu'il ne pourrait vivre que grâce à cette épée, puisqu'il avait tout perdu à cause d'elle.
[Méam Loez - Toldot 27,39-40]

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-> Le Arizal (Ets 'Haïm - chaar 32) explique que l'épisode des bénédictions se reproduit dans les mondes supérieurs chaque jour. Essav vient réclamer les bénédictions et perçoit des voix angéliques de délivrance qui lui disent "va à la chasse", c'est alors qu'il s'empresse de sortir dans la joie pour accomplir sa mission, alors arrive Yaakov à qui les bénédictions sont données, puis lorsqu'Essav revient de la chasse et qu'il apprend que Yaakov a reçu les bénédictions, un cri immense retentit.
Le lendemain la scène se reproduit car Essav oublie chaque jour ce qui s'est passé la veille (la source de l'oubli provenant des klipot [force du mal/impureté]).

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-> "Essav dit à son père : n'as-tu qu'une seule bénédiction, mon père" (Toldot 27,38)

-> L'Admour Shalom de Belz disait : la guématria du nom Its'hak a pour valeur numérique 208, qui est équivalent à 8 fois le Nom d'Hachem : יהוה soit 26 x 8 = 208.
Chaque Nom d'Hachem est une bénédiction en soi. Yaakov a pour valeur numérique 182, qui est équivalent à 7 fois le Nom d'Hachem : יהוה soit 26 x 7 = 182. Yaakov n'a donc reçu de son père Its'hak que sept bénédictions avec le Nom de D.
S'il en est ainsi, il reste donc chez Its'hak un Nom d'Hachem qui n'a pas été utilisé dans les bénédictions accordées à Yaakov, celui-ci étant le huitième Nom contenu dans le nom d'Its'hak.
C'est là le sens du verset: "N'as-tu qu'une seule bénédiction mon père?" = Essav dit en fait à son père : il te reste une bénédiction avec le Nom d'Hachem que tu n'as pas transmise à Yaakov.

-> Its'hak savait par prophétie que le peuple juif serait exilé dans l'avenir. Il s'est dit : "Mes enfants seront exilés dans des conditions difficiles, il est préférable qu'ils soient exilés chez leur frère Essav à qui je vais transmettre la bénédiction de la subsistance pour que durant l'exil ils puissent être accueillis sur une terre qui ne manque pas de subsistance."
Its'hak avait l'intention d'alléger la punition des enfants d'Israël durant leur exil.
[Chaaré Ora]

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+ "Essav prit Yaakov en haine à cause de la bénédiction que son père lui avait accordée." (Toldot 27,41)

-> Essav n'honora son père que jusqu'au moment de la bénédiction de Yaakov. Après cet événement, il devint totalement irrespectueux envers Its'hak.
[Yéfé Torah - rapporté dans le Méam Loez - Toldot 27,41]

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+ "Que les jours de deuil de mon père approchent pour que je tue Yaacov mon frère" (27,41)

-> Une des explications pourquoi Essav voulait attendre la mort de son père pour tuer Yaakov est que d'après la Torah, quelqu'un qui perd un proche (D. Préserve) doit appliquer pendant 7 jours les règles de deuil, il doit rester assis par terre, sans se laver et sans sortir de chez lui ...
Ainsi, si Essav tuait Yaakov, après la mort de ce dernier, il devra appliquer ces lois de deuil. Puis, quand plus tard Its'hak mourra, il prendra de nouveau les règles de deuil. Mais Essav n'était pas intéressé à s'endeuiller à 2 reprises, du fait de toutes les restrictions liées au deuil.
Ainsi, il projeta d'attendre la mort d'Its'hak et là, il tuera Yaakov. Puisque ces 2 personnes seront mortes en même temps, Essav pourra se contenter de s'endeuiller qu'une seule fois, pour les 2.
Il cherchait donc à s'alléger de toutes les lois difficiles de deuil. Il ne voulait pas s'imposer toutes ces restrictions deux fois différentes.
[Chakh]

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Le Kli Yakar (Toldot 27,41) explique qu’Essav désirait que le deuil de son père arrive rapidement afin que le mérite de l’étude de la Torah, interdite durant les jours de deuil, cesse de protéger Yaakov qu’il pourrait alors aisément attaquer.

Dans l’ouvrage Dérekh Si’ha, est rapportée une question qu’on posa à rav ‘Haïm Kanievsky chelita : même durant les chiva, il est permis d’étudier certains sujets, ainsi comment dire qu’Essav comptait sur le fait que Yaakov ne jouirait plus du mérite de l’étude?
Rav ‘Haïm répondit qu’il est interdit d’étudier durant les jours de deuil, à l’exception des lois qui sont d’utilité présente. Cette étude est assimilable à celle des femmes qui ne vise qu’à savoir comment observer les mitsvot. Il ne s’agit pas d’une étude répondant à l’obligation d’étudier la Torah, aussi n’est-elle pas suffisante pour nous octroyer la protection.

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-> L’auteur du Sia’h Yaakov Yossef explique les intentions d’Essav. A priori, nous pouvons nous demander pourquoi il n’a pas immédiatement mis ses desseins à exécution et a voulu attendre la mort de son père pour le faire.

Il explique le raisonnement d’Essav : s’il tuait Yaakov dès le moment où il en conçut le projet, les gens l’auraient critiqué, car de quel droit tuer un frère innocent (comme dans l’histoire de Caïn et Hével, retenue comme un drame).
C’est pourquoi il eut l’idée d’attendre le décès de son père. Le Shabbat précédant la askara, pensa-t-il, il irait à la synagogue avec Yaakov, auquel on donnerait certainement l’honneur d’être l’officiant, de réciter le Kadich et d’être appelé pour le maftir lors de la lecture de la Torah.
Ce serait alors le moment idéal pour se quereller avec lui, en réclamant lui aussi de tels honneurs. Dans ce désordre, il en profiterait pour le tuer. Sans doute, une partie des fidèles lui donneraient raison pour son dévouement témoigné à l’égard de son père.

Tel est donc le sens de notre verset : Essav désirait attendre le deuil de son père pour tuer son frère, car dans ces circonstances, on en viendrait sans doute à louer son meurtre.

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-> "Que s'approchent les jours du deuil de mon père, que je tue Yaakov mon frère" (Toldot 27,41)

Selon le sens simple, Essav voulait attendre la mort d'Its'hak avant de tuer son frère pour ne pas causer de la peine à son père.
Mais ce verset vient aussi transmettre une autre leçon en allusion.
Tant qu'un homme est dans la joie, rien de mal ne peut lui arriver. Hachem le protégera pour qu'il puisse toujours rester joyeux. Mais quand sa joie s'arrête, seulement là il deviendra vulnérable et les dangers de la vie pourront l'atteindre.

Ainsi, Essav savait qu'il ne pouvait rien faire à Yaakov tant qu'il servait Hachem dans la joie.
C'est pourquoi, il dit : "Que s'approchent les jours du deuil de mon père", car alors Yaakov en sera peiné et attristé. Et si sa joie s'affaiblira, alors il deviendra vulnérable. Et de ce fait, il deviendra possible "que je tue Yaakov mon frère".
[d'après le rav Mikaël Mouyal]

"Les enfants d'Israël descendirent s'approvisionner de blé" (Mikets 42,5)

-> Le terme : "lichbor" (לשבור), que l'on a traduit par : "s'approvisionner", signifie littéralement : "casser".
En effet, les tribus accordaient beaucoup d'importance au fait de biser leurs désirs. Or, comme en Canaan où ils vivaient, il y avait la famine, cela n'était pas quelque chose de grand que de se priver des plaisirs de la nourriture dans un endroit où il n'y a pas de quoi manger.
C'est pourquoi, ils se rendirent en Egypte, où se trouvaient largement de quoi manger, pour se confronter au plaisir de manger. Et ainsi, lorsqu'ils se limiteraient dans ce plaisir malgré l'abondance, cela sera vraiment un mérite.

=> C'est à cela que fait allusion ce verset : "Les enfants d'Israël (Yaakov => les frères de Yossef) descendirent "casser" le blé", c'est-à-dire qu'ils descendirent en Egypte, où il y avait la largesse, pour "casser" et briser le désir de manger. Car c'est surtout quand il y a la largesse qu'il est méritant de s'éloigner des plaisirs de ce monde.
['Hidouché haRim]

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-> "[Yaakov dit : ...] J'ai entendu qu'il y a du blé en Egypte, descendez là-bas ... les frères de Yossef partirent à dix, pour s'approvisionner en grain en Égypte" (Mikets 42,2-3)

Le terme : "lichbor" (s'approvisionner - לשבור) signifie littéralement : casser/briser.
Ainsi, si l'on brise le mot : "Egypte" (mitsaïm - מצרים), on obtient la valeur numérique de : "kets" (קץ - la fin, le terme), soit : 190.
C'est une allusion aux 190 ans que D. a enlevé du compte des 400 ans, pour qu'il ne reste que : 210 ans.
[Rachi (v.42,2) commente : "descendez là-bas" (rédou chama) = Yaakov ne leur dit pas : "Allez!", mais "Descendez!" (rédou).
La guematria de "rédou" (רְדוּ) est 210, allusion aux 210 ans que durera l’esclavage d’Egypte.]

['Hatam Sofer]

Dans les lois de tsaraat, on nous dit : "le Cohen mettra la lèpre en quarantaine" (הנגע את הכהן והסגיר - Tazria 13,4)
Ceci est inexact puisque c’est la personne qui est en quarantaine et non l’affliction.

Une réponse donnée est que nous devons séparer la personne du נגע (néga). C’est-à-dire que son péché ne fait pas partie d’elle. Il y a la personne et ce qu’elle fait, et elle ne se résume pas à ses actes.
De même, si un enfant est pris en train de tricher à un test, il ne faut pas dire qu’il est un tricheur mais plutôt qu’il a triché. De cette façon, il n’est pas identifié comme un tricheur, mais c’est uniquement son méfait qui est ainsi pointé.
[d'après rav Yéhochoua Alt]

"Ils feront pour Moi un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux" (Térouma 25,8)

-> En hébreu : "Je résiderai" se dit : "vécha'hanti" (וְשָׁכַנְתִּי), et ce mot fait allusion au nombre d'années où Hachem a résidé dans le 1er et dans le 2e Temple.

En effet :
- le mot : וְשָׁכַנְתִּי peut se décomposer en 2 mots : ושכן תי (vécha'han ti), signifiant : "il a résidé 410 [ans]" (guématria de תי = 410).
C'est une allusion au fait que le 1er Temple a duré 410 ans, période durant laquelle la présence Divine y a résidé.

- les lettres du mot : וְשָׁכַנְתִּי peuvent se réarranger pour former : ושני כת (véchéni kaf-tav), signifiant : "et le 2e : 420".
Cela fait référence au 2e Temple qui s'est tenu pendant 420 années.

[Baal haTourim]

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-> Le verset : "véassou li Mikdach" (ils Me feront un sanctuaire - וְעָשׂוּ לִי מִקְדָּשׁ) a une guématria de 866 équivalente aux termes : "Shlomo fils de David le fera pour moi" (שלמה בן דוד יעשה לי).

L’Arche – allusion aux Patriarches du peuple juif

+ Toute la construction du Aron (l'Arche) fait allusion aux Patriarches du peuple juif.
En effet :

-> Les 2 Chérubins (kérouvim) = Avraham et Its'hak.
En effet, 2 fois la guématria du mot : "chérubin" (kérouv - כרוב) est de : 456, qui est celle de : אברהם יצחק.

-> Le Aron lui-même fait référence à ce que Yaakov a dit en se réveillant de son rêve : "Que ce lieu est redoutable!" (מַה נּוֹרָא הַמָּקוֹם הַזֶּה - Vayétsé 28,17).
Les lettres du mot : נורא (redoutable) sont les mêmes que : ארון (Aron).

-> Les 4 murs du Aron représentent les 12 tribus qui voyageaient en une formation à 4 côtés.

-> Les 2 barres nécessaires pour porter le Aron font allusion aux 2 dirigeants qui "portent" la nation : Moché et Aharon.

-> Dans le Aron, il y avait : les Tables de la Loi (lou'hot habrit - לוחות הברית), qui renvoient à Yossef, qui est connu pour son : "shomer abrit" (שומר הברית - avoir gardé sa brit [mila]), en étant le représentant de la moralité face au yétser ara de la séduction.

[le Panim Yafot - Rabbi Pin'has haLévi Horowitz]

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-> L'Arche représentait le Trône de Gloire en haut.
Dans le désert, tous les miracles accomplis pour les juifs l'étaient par son mérite. Partout où ils allaient, l'Arche les précédaient.
[d'une certaine façon cela est comparable à nos Patriarches qui nous ont précédés, et dont le mérite nous amène en permanence tellement de miracles/beautés.]

L'Arche était soulevée par 2 barres entre lesquelles 2 étincelles jaillissaient et tuaient tous les serpents venimeux et les scorpions sur la route.
Ces étincelles consumaient également toutes les épines et les ronces, traçant pour les juifs une route sûre et confortable.

Une colonne de fumée semblable à un cèdre surplombait l'Arche.
Elle répandait un si merveilleux parfum dans le monde que les nations s'exclamaient : "Qui donc vient du désert comme des palmiers de myrrhe, d'encens et de toutes les poudres du parfumeur?" (Chir haChirim 3,6)
[Rabbénou Bé'hayé - rapporté par le Méam Loez (Térouma 25,16)]

"Au sujet de la prière, nos Sages nous enseignent : "Peu [de prières] avec de bonnes intentions (kavana), vaut mieux que beaucoup sans de bonnes intentions".

Cependant, concernant la tsédaka c'est plutôt l'inverse : "Beaucoup sans les bonnes intentions" est également bon!
Le but principal en donnant à la tsédaka est d'aider autrui, la motivation derrière l'action est secondaire.

En des termes simples : le plus d'argent qui est donné, le plus de bien il pourra en résulter."

[le Baal haTanya - sur Térouma (25,2) : "Qu'ils prennent pour Moi un prélèvement"]

"[Pendant] 6 années il travaillera, et la 7e, il sortira libre" (Michpatim 21,2)

-> Le Rabbi de Loubavitch commente :
- "6 années" : cela symbolise les 6000 années d'existence de ce monde ;
- "il travaillera" : c'est une allusion à notre mission d'étudier la Torah et de réaliser les mitsvot ;
- "et la 7e" : en référence au 7e millénaire ;
- "il sortira libre" : machia'h viendra et délivra les juifs.

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[il en est de même avec Shabbath : pendant 6 jours nous travaillons, mais à Shabbath (7e jour) nous devons considérer tout notre travail comme terminé : nous sommes alors totalement libres pour nous unir à Hachem!]

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-> "Si tu achètes un esclave hébreu, il restera 6 années esclave et à la 7e il sera remis en liberté sans rançon" (Michpatim 21,2)

-> Le Ben Ich 'Haï explique :
Ce v verset vient nous enseigner une chose sur le baal Téchouva, le fauteur qui a abandonné la faute et est revenu vers son Créateur.
Tout d’abord, le fauteur est appelé esclave, car il se fait l’esclave du Yétser Hara’ (le mauvais penchant), ensuite, celui qui vient le sauver du mal et le rapprocher d’Hachem le "rachète", il l’acquiert réellement. Seulement pour être quitte envers Hachem il ne suffit pas d’abandonner la faute, il y a un prix à payer. Pour s’en acquitter il faut travailler 6 ans, "chéch chanim" en hébreu (שֵׁשׁ שָׁנִים), lis le "chéch chnaïm", le double six.
Ce sont les 2 verset de "Shéma Israel" et de "Barou'h Chem" = c’est-à-dire que le baal Téchouva doit redoubler d’efforts pour prendre sur lui le joug divin grâce à ces 2 versets de 6 mots qui sont reconnus pour repousser les forces du mal auxquelles il a déjà été assujetti.

"Puis la septième année il sortira" = c’est l’étude de la Torah, comme il est dit : "La Sagesse s’est bâti une maison, elle en a sculpté les 7 colonnes" (Michlé 9,1).
Les 7 colonnes sont les 7 livres de la Torah (les cinq qu’on connait, plus dans le livre de Bamidbar, la Paracha de Vayéhi Binsoa, qui compte pour un livre à part ainsi que la fin du livre qui devient aussi un livre à part entière).
Grâce à l’étude de la Torah, le baal Téchouva finira de s’acquitter de sa dette due aux fautes passées et : "il sera remis en liberté sans rançon" = il n’aura pas à payer pour ses fautes avec des souffrances et des punitions.

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+ "Si tu achètes un serviteur juif, [pendant] 6 années il travaillera, et la 7e, il sortira libre" (2e verset de Michpatim)

Pourquoi le 1er sujet qui suit le don de la Torah (dans la paracha Yitro), c’est le sujet de l’esclave juif?

Après l’élévation spirituelle énorme qu’ont vécu les juifs lors du don de la Torah, ils risquaient de prendre confiance en eux-mêmes, pensant qu’ils ne descendraient plus et qu’ils resteraient à présent toujours élevés.
C’est ce sentiment de certitude que la Torah veut éradiquer.

L’homme doit toujours rester vigilant et il ne doit jamais avoir la certitude d’être protégé spirituellement.
C’est pour cela que la Torah fait suivre le don de la Torah par le sujet de l’esclave juif. Même un homme qui a acquis un esclave et qui est Maître sur lui, qui risquerait donc de s’imaginer qu’il le domine et que cet esclave est sa propriété. C’est là qu'elle vient lui dire : "6 ans, il travaillera et la 7e, il sera libéré".

Même le Maître ne doit pas sentir que l’esclave est à lui et est sa propriété, car la 7e année il s’en séparera et son état de Maître prendra fin.
=> Ainsi, l’homme ne doit jamais être sûr de maîtriser une quelconque situation. Même après l’élévation qui a suivi le don de la Thora, l’homme doit continuer à rester vigilent et ne doit pas sentir qu’il a acquis son élévation pour toujours. L’homme n’est définitivement Maître de rien.
[Rabbi Dovid Povarsky]

[même si l'on possède toutes les richesses matérielles de ce monde, qu'on est la personne la plus importante de l'univers, un jour où l'autre, nous devrons partir libre/vide de cela, n'y retrouvant alors que les récompenses générées par nos actions]

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-> Le Ramban explique que la libération des serviteurs au bout de 6 ans vient rappeler la libération des juifs de l'esclavage en Egypte.

[Nous ne devons pas suivre l'exemple des égyptiens qui nous ont asservi très durement, mais nous devons suivre l'esprit de la Torah.
(mon esclave n'est pas là pour me donner de l'importance, pour me permettre de décharger mon stress/colère, ...).
De plus, la remise en liberté des esclaves nous fait acquérir un respect plus grand de la personne et des biens d'autrui en nous faisant comprendre que notre liberté et le droit de propriété que nous possédons sont des cadeaux de D. et nous appartiennent uniquement parce que D. nous a sortis d'un esclavage sans espoir.]

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-> L'une des causes de l'asservissement des juifs en Egypte était la vente de Yossef comme esclave.
Les juifs furent "vendus" par Hachem aux égyptiens comme un voleur est vendu comme esclave à cause de son vol.
Cependant, de même que Hachem nous affranchis de l'esclavage de l'Egypte, nous devons libérer l'esclavage vendu pour vol.

Le Shabbath nous enseigne qu'un 7e de notre temps doit être réservé au repos.
Ainsi, lorsqu'un homme est vendu comme esclave, il travaille pendant 6 ans et retrouve la liberté et le repos la 7e année.
[Méam Loez - Michpatim 21,2]

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-> "[Pendant] 6 années il travaillera"

Le rav David Pinto commente :
Un serviteur de Hachem est semblable à un maître qui gouverne ses instincts, et il faut acquérir un homme comme on acquiert un bien, ainsi que le disent les Sages (Pirké Avot 1,6) : "Fais-toi un Rav et acquiers un ami".
L’ami sera comme une acquisition et un bien personnel qui lui restera attaché tout le reste de sa vie, et non pas qui parfois l’aime et parfois ne l’aime pas.
C’est cela "il travaillera pendant 6 ans (chech chanim)", chech (six) a la même valeur numérique que kécher (lien).

C’est aussi une allusion aux six dizaines d’années que vit l’homme jusqu’à ce que vienne le moment de sa délivrance et qu’il s’en aille libre des mitsvot au jour de sa mort ...

C’est seulement grâce aux amis qu’on peut s’élever et progresser dans le service de Hachem et la crainte du Ciel, de même qu’en aidant le prochain on peut acquérir beaucoup d’autres acquisitions spirituelles.
Et c’est l’une des choses par lesquelles la Torah s’acquiert, "la proximité des amis".
De même que le don de la Torah s’est passé dans l’unité, avec un seul cœur comme un seul homme, son ami le rattache à Hachem. Ainsi en est-il tous les jours de la vie de l’homme.
C’est pourquoi l’essentiel est la proximité des amis. Grâce à l’ami on peut davantage s’élever dans le service de Hachem, car il nous aide (guémara Pessa’him 88a). Et quand l’homme a un lien avec son ami, celui-ci l’aide à se relier à Hachem et à se rapprocher de Lui.

[Pour acquérir un vrai ami, les Pirké Avot emploie le mot "koné" (achète). En un sens il est si indispensable d'avoir de vrais bons amis que nous devrions être prêts jusqu'à les payer pour cela!]

"Tu feras [11] tentures ... pour [servir de] Tente au Michkan ... Tu relieras 5 tentures à part et 6 tentures à part, et tu rabattras la 6e tenture sur l'avant de la Tente" (Térouma 26,7-9)

-> Les 5 tentures font allusion à la Torah Écrite, composée de 5 livres.
En revanche, les 6 tentures font allusion à la Torah Orale, composée de 6 ordres.

Le verset vient nous enseigner qu’il nous est demandé de relier la Torah Orale à la Torah Écrite, en s’efforçant de trouver l’allusion des enseignements de la loi Orale dans la loi Écrite.
[le 'Hida - 'Homat Anakh]

-> Le midrach haGadol dit que "tu rabattras la 6e tenture" = c'est la guémara (le Talmud) qui vient en prolongement de la michna, pour constituer la Torah Orale.

"Tu placeras le couvercle (Kaporét) sur l'Arche de témoignage dans le Saint des saints" (Térouma 26,34)

-> Les mots : "l'Arche de témoignage dans le Saint des saints" se disent dans la Torah (en hébreu) : "Aron aédout békodéch akodachim" (ארון העדות בקודש הקדשים).
Les initiales de ces 4 termes forment le mot : "aava" (אהבה), qui signifie : "l’amour", car la plus grande preuve d’amour d’Hachem pour les enfants d’Israël est qu’Il a souhaité "contracté" Sa Présence pour La faire résider parmi eux.

La Volonté d’Hachem de faire reposer Sa Sainteté infinie sur l’Arche sainte, dans le Saint des saints, pour se trouver près de Son peuple, est l’expression la plus manifeste de Son Amour pour eux.
[Tzél aéda]

"La prière est notre moyen de communiquer avec Hachem.

Le verset nous avertit : "Vous ne ferez pas [d'images de ce qui est] avec Moi ; dieux d'argent ou dieux d'or" (Yitro 20,20).
Lorsqu'un juif se tient devant Hachem, absorbé dans la prière, il ne doit pas permettre à ses pensées de demeurer sur ses possessions d'argent et d'or, car en agissant ainsi, Hachem considérera ces pensées aussi sérieusement que la faute de faire des idoles d'argent et d'or."

[Rabbénou Bé'hayé]

[notre prière est un moment d'union avec notre papa Hachem, sans aucune interférence (juste Lui et nous, en totale intimité!).
Lorsque nous laissons se développer nos réflexions financières, c'est comme si nous préférions leur vouer un culte, plutôt que de mettre tous nos espoirs en D.]

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-> "Ne M’associez aucune divinité ; dieux d’argent, dieux d’or" (Yitro 20,20)

Rabbi Avraham HaCohen de Tunis (dans son Avraham Yagel) explique que ce verset avertit les enfants d’Israël de s’attacher à Hachem et de L’aimer authentiquement, afin qu’en retour, Il soit proche d’eux et les secoure à tout moment où ils L’invoquent.
Par contre, si, à D. ne plaise, ils s’éloignaient de Hachem et de Son service, Il s’éloignera aussi d’eux et n’agréera pas leurs prières, faisant mine de ne pas les entendre.

Le verset peut alors se lire ainsi : "Ne faites pas de moi [oti au lieu de iti] des dieux d’argent et des dieux d’or" = c’est-à-dire ne m’obligez pas à Me comporter comme ces divinités qui ne voient ni n’entendent.

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-> "Ne m'associez aucune divinité, dieu d'argent, dieux d'or" (Yitro 20,20)

Rabbi Yaakov Aharon de Volozhin explique : "Hachem dit : ne faites pas avec moi des affaires ; ne gagnez pas votre vie en vous servant de la crainte de D."