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"Je suis Hachem qui réside à l’intérieur des enfants d’Israël" (Massé 35,34)

Selon Rachi : "La présence divine (Hachem) siège parmi eux, même lorsqu'ils sont impurs"

Pourquoi est-il écrit que D. réside "à l'intérieur" des juifs, et non plus simplement : "parmi" les juifs?

Le Ktav Sofer donne la réponse suivante.

En réalité, même lorsqu'un juif faute et se se rend impur par ses fautes, malgré tout au fond de son cœur, il continue à ne souhaiter que réaliser la volonté d’Hachem.
En effet, l’ambition la plus profonde de chaque juif, qui ne peut s’éteindre par aucune faute ni aucune impureté, reste de réaliser la volonté d’Hachem.

C’est pourquoi, D. réside avec les juifs "même quand ils sont impurs", car toute impureté ne peut toucher que la partie externe du cœur du juif, mais l’intériorité du cœur reste toujours pure. Et c’est là qu’Hachem continue à résider.

=> C’est bien ce que dit le verset : "Car Je suis Hachem qui réside à l’intérieur des enfants d’Israël", car l’intérieur du cœur des juifs reste toujours pur, malgré toutes les impuretés. Hachem peut donc toujours continuer d’y résider.

Les campements

+ Les campements - Paracha Massé

Dans la paracha Massé (Bamidbar 33), la Torah relate les différents campements du peuple juif dans le désert après la faute des explorateurs.

Rabbénou Yoël enseigne qu'ils ont été nommés en souvenir de ce qui s'est passé au don de la Torah :

-> Har Shafèr (שָׁפֶר) : c'est une allusion au Shofar qui y a été entendu.
De plus, les lettres de Shofar (שופר) peuvent être réarrangées en שׂוֹרֵף (shoréf) : brûlant, faisant référence au mont Sinaï qui était alors en flamme (cf.Dévarim 4,11).

Le mot Shofar (שפר) peut aussi se lire Shéfèr (שפר), car on y a donné de magnifiques paroles (Imré Shéfèr) de Torah.

-> 'Hadara (חֲרָדָה) : c'est une allusion au verset : "La montagne entière tremblait" (וַיֶּחֱרַד כָּל-הָהָר - Yitro 19,18).

-> Bémakéélot (מַקְהֵלֹת) : c'est une référence à la grande unité, sur laquelle le verset dit : "Dans vos groupes, Bénissez D.!" (בְּמַקְהֵלוֹת, בָּרְכוּ אֱלֹהִים - Téhilim 68,27).

-> Ta'hat (תָחַת) : c'est une allusion à : "Ils se tirent au pied de la montagne" (וַיִּתְיַצְּבוּ, בְּתַחְתִּית הָהָר - Yitro 19,17).

-> Tara'h (תָרַח) : c'est une référence à la bonne odeur des mitsvot et de la Torah (réa'h mitsvot véTorah).
De plus, la guémara (Shabbath 88b) rapporte que chaque Commandement donné au mont Sinaï, était accompagné par de beaux parfums.

-> Mikta (מִתְקָה) : en allusion aux paroles de Torah qui sont : "métoukim midvach" (plus doux que le miel - מְתוּקִים מִדְּבַשׁ - Téhilim 19,11).

=> Bien que le don de la Torah était loin dans le temps et en distance, le peuple s'en est souvenu nostalgiquement, en le gardant fraîchement en mémoire et s'en inspirant pour servir Hachem au mieux.

"Ils quittèrent Kivrot haTaava et campèrent à 'Hatsérot" (Massé 33,17)

Rabbi Yits'hak de Vorka fait remarquer que ce verset nous enseigne que pour vaincre le yétser ara en nous, il faut toujours se rappeler que ce monde est temporaire, qu'il doit être mis à profit pour préparer notre monde à venir.

"Ils quittèrent Kivrot haTaava" : comment peut-on enterrer (likvor) son envie (taava) et soumettre son yétser ara?

En se rappelant que ce n'est qu'une cour ('hatser -> 'hatsérot) devant une maison, qu'un couloir menant au palais (résidence principale).

Le rabbi de Vorka disait qu'en ayant cela à l'esprit, nous pouvons vaincre le yétser ara, qui à la venue du macchia'h sera égorgé.
[Pourquoi donner de l'importance à une réalité qui n'est pas éternelle à l'inverse de Hachem?]

=> Nous devons toujours méditer sur le fait que ce monde est passager et qu’on s’en séparera un jour pour se rendre dans le monde éternel, où la seule monnaie en cours proviendra de nos mitsvot accomplies dans ce monde.
Par cette réflexion, nous aurons conscience de l’essentiel et on pourra s’écarter et même “enterrer”(kivrot) les désirs (taava) et ne pas se laisser distraire.
[comme souhaite le yétser ara : "Tes paupières sont lourdes! Fait dodo dans ce monde!"].

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+ Autre "formulation" de l'explication de Rabbi Yits'hak de Vorka :

-> "Kivrot Hataava" signifie littéralement : "l'enterrement du désir".
L'homme doit savoir qu'il ne doit pas chercher à assouvir tous ses désirs dans ce monde, car celui qui court après tous les plaisirs, ces envies finiront par l'enterrer.
C'est pourquoi, l'homme doit voyager de Kivrot Hataava = il faut quitter et abandonner l'idée de satisfaire tous ses désirs, pour pas finir par être enterré par eux.

De la sorte, on campera à "Hatserot" signifiant "les cours" = L'homme prendra conscience que ce monde est à l'image d'une cour (l'accessoire, transitoire), qui mène au palais, qui est le monde futur (l'essentiel, la finalité, éternel).
Quand on voyagera et que l'on s'éloignera de la recherche de tous les plaisirs, on campera et on comprendra que ce monde n'est pas l'essentiel et n'est qu'un passage.
Ce n'est qu'une cour où on doit se préparer à entrer, après sa vie sur terre, dans le palais qui est le monde futur.

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-> Quand la volonté et le désir pour une chose quelle qu’elle soit règnent sur l’homme, il ne peut plus distinguer ce qu’il fait et ce qu’il doit faire de façon claire, parce que son intelligence est obscurcie. C’est seulement quand le désir l’a quitté qu’il ouvre les yeux et se dit : "Comment n’ai-je pas pensé à cela avant?"

Rabbi El'hanan Wasserman (Kovets Maamarim) dit :
En ce qui concerne la foi et la religion, il est impossible de connaître la vérité, à moins d’être libre de tous les désirs de ce monde, et des gens comme cela ne se trouvent chez aucun peuple.
Or même quand on est corrompu par une toute petite chose, cette corruption aveugle l’intelligence et on ne peut pas arriver à la vérité, à plus forte raison quand le cadeau corrupteur est tout ce monde-ci.
Et même si ceux qui sont loin de la foi sont la majorité dans le monde, il n’y a pas à faire attention à eux ou à se laisser troubler.
Cela ressemble à quelqu’un qui passe devant un cabaret où se trouvent cent ivrognes qui se roulent par terre, et qui demandent : "Tu es un seul homme et nous nous sommes cent, pourquoi ne fais-tu pas comme nous?"
C’est la même chose, les gens du monde sont ivres de leurs désirs, et leur intelligence est obscurcie au point qu’ils ne peuvent plus discerner la vérité.

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-> La recherche de la sainteté doit s'exercer dans tous les domaines : l'étude de la Torah, la parole, la nourriture, les rapports sexuels, car il faut être saint pour pouvoir s'attacher au D. saint.
On peut retrouver ces 4 domaines dans le nom de la paracha kédochim (saints) - קדש'ם :
- קול = la voix = l'étude de la Torah ;
- דבור = la parole = on doit parler sans colère, ni orgueil, ... ;
- שתיה = la boisson (qui inclue la nourriture) = juste ce qu'il faut pour nourir son corps ;
- ידיעה = connaissance (terme renvoyant à la sexualité = connaître la femme).

Par ailleurs, l'interdiction de "se tourner vers les idoles" fait allusion aux passions physiques, assimilables à l'idolâtrie, ainsi qu'à la cupidité.
Le mot תאוה (= passion - taava) = permet de former : אל) תפנו אל האלילים ואלוהי) (Ne vous tournez pas vers les idoles et d'autres divinités).

==> Plus on s'éloigne de ces choses-là, plus on gagne en sainteté.
[Abir Yaakov - Pitou'hé 'Hotam]

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-> b'h, également sur cela : https://todahm.com/2015/08/10/3599-2
-> voir aussi : https://todahm.com/2020/12/27/29913

"Toute chose qui va au feu, vous le ferez passer au feu et il sera purifié" (Matot 32,23)

-> Selon le 'Hida, il y a 2 types de feu : celui du yétser ara qui brûle en nous, nous poussant à la faute ; et le feu de la Torah : un feu de sainteté et de pureté.

Nos Sages (guémara Kiddoushin 30b) rapportent les paroles de Hachem : "J'ai créé le yétser ara et J'ai créé la Torah comme antidote".
C'est ainsi que la seule façon de se défendre face au yétser ara est par l'étude de la Torah.

Selon le 'Hida, le verset fait allusion à cela : "Toute chose qui va au feu" du yétser ara, "vous le ferez passer au feu" de la Torah, "et il sera purifié".

"[Pin'has] vint ... et le fléau fut arrêté d'au-dessus des enfants d'Israël. Ceux qui avaient péri dans le fléau furent [au nombre de] 24 000." (Balak 25,8-9)

Les Tossafot (guémara Avoda Zara 4b) rapportent que Bil'am avait la capacité de nous maudire durant la seconde chaque jour durant laquelle Hachem se met en colère, en prononçant le mot : kalèm (détruis-les!).

Même si (grâce à D.), il a échoué à nous maudire, il a réussi à générer un fléau faisant 24 000 victimes parmi les juifs.

On trouve une allusion à cela dans le mot : "kalèm" (כלם) en multipliant chacune de ses lettres : 20 (כ) fois 30 (ל) fois 40 (מ), on obtient : 24 000.

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-> "Il (Hachem) fait sentir Sa colère chaque jour" (Téhilim 7,12)

La guémara (Béra'hot 7a) commente : Comment savons-nous que cette colère ne dure qu'un instant?
Parce qu'il est écrit : "Car Sa colère ne dure qu'un instant" (Téhilim 30,6).
Cet instant dure : 1/58888 ième d'une heure, et aucune créature vivante n'a été capable de déterminer cet instant de façon rigoureusement précise à l'exception de Bil'am, qui tenta de profiter de cette fraction de seconde pour maudire les juifs.

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-> Le midrach (Tan'houma - Tsav 1) rapporte que Bil'am offrit de nombreux sacrifices pour détourner la bienveillance de D. des enfants d'Israël, et la diriger vers les non-juifs.
Mais D. rejeta d'emblée ses avances, déclarant : "Hachem prendra-t-Il plaisir à des hécatombes de béliers, à des torrents d'huile par myriades? (Mikha 6,7). Tu te leurres Bil'am! Je ne peux accepter de sacrifices de la part des nations, car j'ai conclu une alliance inébranlable avec Israël et leur ai promis de n'accepter avec bienveillance que leurs seuls sacrifices."

"Leur offrande de farine et leurs libations" (Pin'has 29,18)

L'eau des libations étaient versée dans des orifices prévus à cet effet au sommet du coin sud-ouest de l'Autel, tous les matins des 7 jours de Souccot.
Tous les soirs, on célébrait la cérémonie du puisage de l'eau (Sim'ha beit hachoéva), par d'extraordinaires festivités nocturnes auxquelles s'associaient les plus éminents érudits et tsadikim d'Israël.
Ces fêtes (sur l'eau) étaient si magnifiques que la guémara (Soucca 53a) affirme : "Celui qui n'a pas assisté à cette fête n'a, de toute sa vie, jamais vu une véritable joie".

=> Comment comprendre le sens de cette joie si importante concernant une simple offrande d’eau sur l’autel ?

Rabbi Moché Feinstein (Darach Moché) donne la réponse suivante.
En fait, c'est justement parce qu’on offrait simplement de l’eau que la joie était si grande ; car toute personne, même le plus pauvre, peut se procurer de l’eau.
Ainsi, cette mitsva vient enseigner que chacun, peu importe sa situation, qu'il soit riche ou pauvre, peut accomplir la volonté d’Hachem et s’approcher de la perfection.

Le fait de savoir que se rapprocher d'Hachem n’est pas réservé à une élite, mais que même le plus simple y a droit, cette leçon a de quoi emplir l’homme d’une grande joie.

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"Leur offrande de farine (min'ha) et leurs libations pour les taureaux" (29,18)

-> Rachi explique que les sacrifices de Souccot comptaient 70 taureaux en parallèle aux 70 nations.

=> Pourquoi faire allusion aux 70 nations? Et pourquoi cette allusion se trouve particulièrement concernant les sacrifices de Souccot?

En réalité, Hachem créa le monde pour le peuple d'Israël. Ainsi, l'état du monde et de toute l'humanité dépend de l'état d'Israël.
De ce fait, tout au long de l'année, puisque le peuple juif commet des fautes et en conséquence, connaît des baisses de niveau, il en ressort que l'état du monde également est en position de faiblesse.
Cependant à Kippour, Hachem expie les fautes du peuple juif. Ils sont dès lors à un niveau de pureté et d'élévation très satisfaisant, et cela se répercute sur toute l'humanité, qui s'en trouve de ce fait grandie et élevée.
C'est pourquoi, à Souccot, juste après Kippour, c'est le moment d'apporter 70 sacrifices, par rapport aux 70 nations qui ont retrouvé une situation enviable, de par l'expiation qui a été accordée au peuple juif à Kippour.
[rabbi de Loubavitch]

"Tels sont les fils de Benjamin ...45 600 [...]
Telles sont les familles de Dan ... 64 400" (Pin'has 26,41-43)

On peut remarquer une curiosité.
-> A l'origine, Binyamin avait 10 fils (cf. Béréchit 46,21) et Dan un seul ('Houchin), qui de surcroît, était sourd (cf. guémara Sotah 13a).

-> Lors de ce recensement, on a Binyamin qui a une famille de 45 600 personnes, tandis que celle de Dan est de 64 400 personnes, soit presque 20 000 de plus.

Selon le 'Hafets 'Haïm, cela vient nous apprendre qu’on ne peut se fier à aucune règle logique et naturelle : c'est uniquement Hachem qui dirige le monde comme Il le souhaite.
S'Il veut qu’une famille peu nombreuse ait une grande descendance, Il peut le faire, au point de dépasser une famille nombreuse.

=> Ainsi, si quelqu'un prévoit que logiquement, Il va avoir des préjudices, qu’il ne s’inquiète pas et qu’Il prie Hachem, car Il pourra le sauver même si cela ne semble pas faisable !

A ce sujet nos Sages ont dit : "Même si une épée tranchante est posée en travers de sa gorge, il ne doit pas se retenir de prier" [car Hachem a toujours un moyen pour nous sauver!]
[guémara Béra’hot 10a]

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-> Cela vient nous enseigner, conclut le 'Hafets 'Haïm, que lorsqu'Hachem désire que quelqu'un réussisse, il le pourra avec un seul fils même mieux que celui qui en a dix. Il en est de même au sujet des biens : un pauvre peut réussir et être content de son sort alors qu'un riche finira par échouer, car "C'est Hachem qui les a tous créés" : à savoir, que l'homme ne peut comprendre ce qui est véritablement bien ou mal en fonction de ce qui lui semble l’être.
Il ne devra donc jamais perdre sa sérénité d'esprit lorsque se présenta une épreuve, mais il devra au contraire être convaincu qu'Hachem conduit son monde avec un calcul bien précis.

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-> Le midrach (Béréchit Rabba 94,3) rapporte que lorsque Dan entra chez son père, il se lamenta sur son triste sort : il n'avait pas plus qu'un fils et encore fallait-il qu'il soit sourd.
Yaakov dit alors : "Ecoute-moi bien mon fils, souviens-toi d'Hachem en toute circonstance et espère en Lui en permanence, ne te départis jamais de cet adage : "En Ta délivrance j'ai espéré Hachem", car c'est seulement Lui qui a le pouvoir de te délivrer"
Et, en effet, Dan se renforça dans une émouna intègre qu'Hachem le délivrerai, et mérita grâce à cela que de son fils unique sortirent 64 400.

"[Hachem a dit : ] Mets des limites autour du mont [Sinaï] et sanctifie-le" (Yitro 19,23)

Le mot : "mont", s'écrit en hébreu : הַר (ar).

Mettons des limites, des barrières autour de ce mot :
- les lettres qui encadrent le ה (venant avant et après) sont : le ד et le ו.
- de même, les lettres qui encadrent le ר sont : le ק et le ש.

Ce qui forme le mot : קדוש (kadoch - saint).

=> Ainsi, lorsque nous avons des barrières protectrices pour évoluer selon la Torah, on devient soi-même kadoch.

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-> Certains Sages (Panim Yafot, Guévourot Arié) voient dans ce verset : "Délimite la montagne et sanctifie-là", une allusion : grâce aux limitations qu'un homme s'impose, il se sanctifie.

-> Le midrach (Chémot rabba 19,2) enseigne :
"On a demandé au serpent : pourquoi te caches-tu souvent à proximité des barrières?
Il répondit : Parce que j'ai fait une brèche dans les barrières du monde!"

Le rav Elimélé'h Biderman explique :
On demande au serpent qu'il nous dévoile la raison pour laquelle il investit autant d'efforts afin d'inciter les hommes à franchir les limites qu'ils s'imposent.
Ce à quoi il répondit qu'à partir de là, le chemin est court jusqu'à les faire trébucher complétement.
C'est ainsi qu'il réussit autrefois à séduire 'Hava et à l'inciter à ouvrir une brèche dans l'interdiction qu'elle s'était imposée à elle-même de ne pas toucher à l'arbre de la Connaissance (alors que Hachem avait interdit uniquement la consommation de ses fruits), et c'est à partir de là qu'elle en vint à transgresser l'ordre Divin lui-même.
[le serpent la poussée pour qu'elle touche l'arbre. Or, sa barrière à la faute était de ne pas même toucher l'arbre. Une fois qu'elle a dépassé sa barrière, le serpent pouvait plus facilement la tromper à en venir à manger le fruit.]

[d'un côté on ne doit pas ajouter excessivement d'interdits, car comme le dit la Torah : si on en ajoute, on viendra à en retirer.
Mais il est nécessaire d'avoir un "choul'han aroukh personnel", c'est-à-dire des barrières personnelles, car nous connaissons notre faiblesses personnelles, et nous savons que nous allons en venir à fauter si on n'est pas un peu plus restrictif dans un domaine donné.
Du coup, on met à certains endroits risqués une barrière qui nous évite de tomber dans le ravin de la faute.]

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-> Normalement Moché aurait dû appeler son premier enfant : Eliézer, pour louer Hachem de l'avoir sauver.
Pourquoi alors a-t-il nommé son aîné : Guerchon?
Le 'Hafets 'Haïm explique que Moché voulait tout d'abord pouvoir toujours se souvenir qu'il était dans une nation étrangère (guèr = étranger), et ce afin de ne jamais en venir à être influencé par les habitudes et la culture locales.
[d'une certaine façon, à ses yeux il était plus important de mettre en place une barrière protectrice (à chaque fois qu'il appellerai son fils), plutôt que de remercier Hachem (constamment, en appelant son fils).]

[le rav Elimélé'h Biderman dit que si Moché était vigilant à ne pas être influencé par les goyim, à combien davantage devons-nous également y être vigilants.
Cela est d'autant plus vrai dans notre génération, et les parents doivent faire attention que les mauvaises influences ne gâchent toute la pureté de nos enfants.]

-> "[Pharaon dit :] "Je les poursuivrai et je les atteindrai, je partagerai leur butin (a'halék chalal), je dégainerai mon glaive et je les anéantirai" (Béchala’h 15,9)

=> Comment Pharaon pouvait-il être si sûr de son coup?
Le rav Elimélé'h Biderman fait remarquer que le mot : "butin" (chalal - שלל) est l'acronyme de : chem (nom), lachon (langage) et lévouch (habit, vêtement).
Pharaon pensait qu'il arriverait à persuader les juifs d'abandonner ces 3 choses (c'est le butin des juifs, car grâce à cela ils ont pu traverser l'esclavage égyptien et méritaient d'en être sauvés).
Et à ses yeux puisqu'ils quitteraient ces 3 barrières protectrices, alors c'est sûr qu'il sera capable de les conquérir.

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-> "Hachem en dirigea pas le peuple juif par le pays des Philistins car il est proche" (13,17)

Rachi commente : il était facile de retourner en Egypte par le même chemin.

Le Chla haKadoch dit que Hachem a fait prendre aux juifs un chemin plus long, afin qu'ils leur soient plus difficile et moins tentant de se rebeller et de revenir en Egypte.
Selon le Chla haKadoch, d'après ce verset nous devons faire de même et faire des barrières et des limites personnelles afin de nous protéger de la faute.
[on pense à nos faiblesses actuelles, et à ce qui peut être mis en place pour éviter d'en venir à fauter.
En effet, sur une terrasse en hauteur on met toujours un parapet, une barrière protectrice. Elle nous tient plus à distance qu'elle va nous empêcher effectivement de tomber. De même avec nos limitations.

Le rav de Brisk faisait remarquer que nous mettons en place pleins de barrières pour se protéger de toute perte matérielle (ex: un coffre, un système d'alarme, une porte sécurisée, ...), alors que nos possessions ne sont nôtre que pendant une durée limitée. Combien davantage plus nous devrions nous préoccuper de protéger notre capital spirituel qui lui est éternel! ]

-> "Paix, paix, pour qui s'est éloigné comme pour le plus proche" (shalom shalom lara'hok vélakarov - Yéchayahou 57,19)
Le Chla haKadoch commente que celui qui est à distance de la faute (ra'hok - רָחוֹק), alors il est proche de Hachem (karov - קָּרוֹב).

[ainsi à l'image des Bné Israël qui devaient être à distance du mont Sinaï, où Hachem s'est révélé et leur a parlé avec une proximité inégalée, de même nos barrières personnelles sont ce qui va nous assurer d'avoir le plus possible de proximité avec Hachem.]

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-> Le rav Shimshon Pinkous raconte que dans sa jeunesse, il allait à un cours d'un grand rabbi 'hassidique, et il essayait de se rapprocher du rabbi, mais on lui a dit de ne pas s'asseoir si proche.
Se tenant à distance, il a vu un jeune enfant s'asseoir exactement où il était assis auparavant, et personne ne lui a dit de partir.
On a alors expliqué à rav Pinkous qu'il s'agissait du petit-fils du rabbi.
Le rav Pinkous a alors compris ce que signifie le fait que les juifs sont proches d'Hachem (ils sont Ses enfants - banim atem l'Hachem). En effet, il n'y a alors aucune limites aux niveaux que nous pouvons atteindre. Un juif peut évoluer dans sa vie jusqu'à s'asseoir très très proche de Hachem (à l'image de garçon à côté du rabbi, son grand-père).

On peut illustrer la notion de barrières personnelles de protection contre les fautes, par l'idée suivante :
"L'amour d'Hachem brille dans les interdictions de la Torah, par lesquelles Il guide ses précieux enfants dans une vie la plus agréable et joyeuse qui soit, et ce non seulement dans le monde à Venir, mais également pendant la durée de leur vie dans ce monde." (rabbi David Its'hak Rabinowitz de Skolia - 'Hayé Sarah).

[les limites que nous nous imposons doivent être ce qui nous permet d'avoir une vie actuelle et future, la plus épanouissante, car au plus proche de papa Hachem.
Ce n'est pas des barrières qui doivent emprisonner, causer du tord à quiconque, au contraire!]

"Chaque jour, lorsque la manne tombait dans le désert, il y avait suffisamment de nourriture pour que le peuple tout entier puisse vivre pendant 2000 années.
Les juifs prenaient ce qu'ils avaient besoin pour la journée, et le reste fondait au soleil."

[midrach Téhilim 78]

Pourquoi Hachem fournissait une telle quantité de manne?
D. peut nous donner à chaque instant des milliards, pourquoi ne le fait-Il pas?

Il ne le fait pas, non pas parce qu'il n'en a pas les moyens, mais parce qu'Il sait ce qui est véritablement bon pour chacun d'entre nous.

Il décide combien donner, quand donner et comment le donner, et ce afin que nous puissions accomplir au mieux ce que nous devons faire dans ce monde.

3 Questions/Réponses – Paracha Balak

+ 3 Questions/Réponses - Paracha Balak :

1°/ Il est écrit : "10 objets furent créés la veille du Chabbat [de la Création] au crépuscule. Ce sont : ... la bouche de l'ânesse [de Bilaam] ..." (Pirké Avot 5,6).

Est-ce que cela signifie que cette ânesse existe depuis la Création du monde, ayant alors plus de 2000 ans?

Rav Yaakov Emden affirme qu'un animal peut vivre autant d'années, et cite le midrach (Béréchit rabba 12,18) rapportant que les taureaux donnés par les chefs de tribu à l'inauguration du Michkan ont vécu jusqu'à la construction du Temple, où ils y ont été offerts en tant que sacrifices, et ce après avoir vécu pratiquement 500 années.

Le Pirké déRabbi Eliézer enseigne que l'âne utilisé par Avraham pour aller à la Akéda, était le fils de celui de Bilam qui avait été créé à la fin de la semaine de la Création.

D'autres Sages comme le Barténoura, ne sont pas d'accords et affirment qu'en cette veille du 1er Shabbath de la Création, ce n'est pas l'âne qui a été créé mais sa capacité de pouvoir parler.

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2°/ Lorsque l'ânesse a essayé d'éviter l'ange sur son chemin, Bil'am s'est énervé contre elle, la frappant et la menaçant de mort (cf.v.22,23).
Pourquoi Bil'am n'a-t-il pas utilisé le pouvoir de sa langue en la maudissant?

Le Baal haTourim rapporte qu'il n'avait pas la capacité de maudire à tout moment.
La guémara (Béra'hot 7a) enseigne qu'il savait déterminer le très bref instant dans la journée durant lequel Hachem est en colère, et il l'exploitait pour maudire.

Au moment de sa confrontation avec l'âne, il avait conscience que D. n'était pas en colère, et il ne pouvait ainsi pas la maudire.
De plus, Bilam souhaitait plus tard dans cette même journée maudire le peuple d'Israël, et en le faisant sur son ânesse aurait utilisé tout son quota ["journalier"], l'empêchant d'agir contre les juifs.

Le Oznaïm laTorah explique qu'une malédiction de Bilam n'avait pas un effet magique.
Il avait la capacité d'exploiter la source d'impureté présente dans une personne afin de la pousser à fauter. Ces fautes commises entraînent alors une punition sur cette personne.

Ainsi, son pouvoir ne pouvait s'appliquer qu'aux hommes, et non aux animaux (qui n'ont pas de libre arbitre).

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-> L'ânesse fut capable de voir l'ange debout sur la route, mais Bil'am ne vit rien. En effet, si un être humain voyait ce genre de choses, il perdrait la raison.
Selon une autre opinion, l'âne ne vit pas l'ange mais la forme d'un homme tenant une épée [ce qui la terrifia et la fit quitter la route]. Cependant, il ne fut pas donné à Bil'am de la discerner afin qu'il s'emporte et frappe l'animal.
[Méam Loez - Balak 22,23]

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3°/ Le 24 mai 1844, Samuel Morse a envoyé le 1er message télégraphique constitué de points et de traits (le morse).
Quel était ce message? Quel est le rapport avec la paracha Balak?

Le message était : "What has God wrought".

Or, lorsque nous prenons une bible traduite en anglais, nous retrouvons ce même message dans la paracha Balak : ma paal El ("ce que D. a accompli" - מַה-פָּעַל, אֵל - Balak 23,23)

=> Quel message approprié provenant de l'inventeur pour reconnaître que la véritable origine de son invention est le Créateur (Hachem).

Bil'am et Balak avaient beau utiliser les moyens de communication les plus efficaces pour maudire Israël, ils ont compris qu'absolument rien ne peut se passer si Hachem n'en a pas donné son accord.

A notre époque où l'on a pu constater énormément d'évolutions depuis la création du morse, combien doit-on voir derrière chaque outil technologique Hachem et non uniquement la main de l'homme.
Combien nous nous devons de remercier Hachem pour tout ce confort de vie (par rapport à nos ancêtres), et combien devons-nous l'utiliser à bon escient, et non pour tuer le temps, voir nous détruire spirituellement parlant.

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+ Bonus :

-> Il y a 5 personnes dans la Torah qui ont mérité qu’une paracha porte leur nom.
Noa’h était un homme juste et droit, c’est pourquoi il a mérité qu’une paracha porte son nom, et il en va de même
de Yitro et de Pin’has, et même Kora’h, qui après tout a péché, faisait tout de même partie de ceux qui portaient l’Arche et il avait l’esprit saint, c’est pourquoi lui aussi a mérité qu’un paracha porte son nom.
=> Mais Balak, qui était un ennemi juré d’Israël, au point d’aller engager Bilam pour maudire Israël, pourquoi a-t-il mérité qu’un paracha porte son nom?

Le rabbi Méïr de Prémichlan explique qu’il est connu que Essav déteste Israël, mais les non-juifs cachent leur haine et la recouvrent par des paroles douces, si bien que l’on ne fait pas assez attention à eux ... alors que Balak était un goy "honnête", qui manifestait sa haine pour Israël devant tout le monde, et un goy "honnête" comme lui méritait qu’une paracha porte son nom.

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-> "Il vit de là les dernières lignes du peuple" (Balak 22,41)

-> Le Ohr ha'Haïm haKadoch enseigne :
Or les Sages ont dit (guémara Taanit 9a) que les nuées recouvraient Israël, si bien qu’on ne pouvait pas le voir.
Quand Aharon est mort et que les nuées ont disparu, alors Israël est apparu aux yeux, et les Cananéens ont su où il se trouvait et l’ont attaqué. Ensuite les nuées sont revenues par le mérite de Moché, comme l’ont dit les Sages, donc les bnei Israël étaient recouverts par elles.
=> Alors comment le verset peut-il dire : "il vit de là les dernières lignes du peuple"? Au contraire, Hachem aurait dû redoubler de protection envers eux contre le mauvais œil de Bilam!

Mais il est évident qu’il a pu le voir par sorcellerie, par un certain oiseau qui les révélait.
La sorcellerie a ce pouvoir, comme le disent les Sages (guémara Sanhédrin 67b), que les sorcières révélaient ce qui est caché aux yeux. Et le verset nous informe que c’est seulement les dernières lignes qui se sont trouvées découvertes, et non le coin des tsaddikim et des grands.

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-> Rabbi Yonathan Eibschutz (Tiféret Yonathan) écrit que Bilaam essaya toutes sortes de sorcelleries pour faire retourner le peuple d'Israël en Égypte. Toutefois, sa magie noire dépendait du soleil et de son ange et lorsque le soleil était recouvert de nuages, aucune magie n'avait d'emprise.
Les Bné Israël étant recouverts des nuées de gloire, la sorcellerie n'avait pas d'emprise sur eux.

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-> La magie est constituée essentiellement d'actes tandis que les incantations ont pour fondement la parole. Il y a plusieurs sortes de magie : rassembler des démons; faire descendre des influences à partir des étoiles et des signes astrologiques en créant une effigie à des moments précis qui correspondent à la domination de l'Etoile ; attirer un esprit d'impureté provenant directement de la klipa du serpent originel.
Balak était expert en sorcellerie et Bilaam la maîtrisait mais pas autant que Balak. Par contre, il était un expert en incantations et c'est la raison pour laquelle le Zohar (Bé'houkotaï 112b) le compare au serpent dont la force provient essentiellement de la bouche. (:3'p "mpna am) Ainsi, ils s'associèrent pour unir leurs forces.

Il est rapporté dans le Zohar ('hadach Balak 54) qu'il n'y a pas un seul jour depuis le début de la création où Israël a autant eu besoin d'Hachem qu'au moment où Bilaam voulut exterminer le peuple d'Israël par ses malédictions.

-> Le Mégalé Amoukot écrit que Balak envoya ses émissaires à Bilaam à la fin du mois d'elloul.
Et lorsque Bilaam arriva pour maudire Israël, c'était le 29 eloul. Et c'est la raison pour laquelle Bilaam se précipita dès l'aube pour prendre la route et arriver à temps, c'est-à-dire pour Roch Hachana ...
En effet, selon le Zohar (Pin'has 231b), le premier jour de Roch Hachana est un jour de stricte rigueur.

-> Bilaam le boiteux fut tué à 33 ans. [guémara Sanhédrin 106b]
[selon nos Sages, il mourut à la moitié de ses jours, c'est-à-dire qu'il était censé vivre 66 ans. Sa cupidité et ses méfaits ont fait qu'une mort précipitée a été décrétée par le Ciel. ]