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"Selon le nombre de jours que vous avez exploré le pays, soit 40 jours, un jour pour une année, un jour pour une année, vous porterez vos fautes durant 40 années" (Chéla'h Lé'ha 14,34)

-> Rachi (v.13,25) rapporte le mdirach Tan'houma :
"N'est-ce pas que le pays avait 400 parsa (1 600 kilomètres) sur 400 parsa.
Or, un homme moyen peut parcourir 10 parsa (40 kilomètres) par jour.
Il faut donc 40 jours pour traverser le pays de l'est à l'ouest et eux ont traversé (le pays) en longueur et en largeur.

[L'exploration aurait donc duré 80 jours.] Mais D. savait qu'il décréterait contre eux une année (de séjour dans le désert) par jour (d'exploration), Il leur a alors écourté le chemin."

=> D. dans sa bonté, a fait le miracle de contraction du chemin (kéfitsat hadéré'h) afin d'écourter de moitié le séjour dans le désert et entrer plus vite en Israël.

Mais, pourquoi lier la durée de la sanction à la durée de leur exploration (un jour par an)?

Rabbi 'Haïm Chmoulévitch dit que la faute des explorateurs n'est pas seulement la médisance (lachon ara), mais leur péché principal est d'avoir porté un regard dédaigneux sur la terre d'Israël, une vision déformée et négative qui est la racine de leurs propos médisants du pays.

=> Nous pouvons généraliser cet enseignement : la faute de lachon ara, de médire ou dénigrer quelqu'un, a pour racine un regard négatif et déformé sur son prochain.

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-> Cette attitude est contraire à l'esprit de la Torah dont le préalable est l'union des cœurs :
- Le fait que : "Israël campa [au mont Sinaï] comme un seul homme, d'un même cœur" (Rachi - Chémot 19,2) ;
- entraîna : "Etant donné qu'Israël a (finalement) détesté la discorde, aimé la paix et campé d'un même cœur, c'était le moment (opportun) de leur donner Ma Torah" [Déré'h Erets Zouta, à la fin]

=> Nous devons avoir un regard qui nous lie avec notre prochain (en se focalisant sur ses aspects positifs), plutôt que de nous diviser (en se focalisant sur ce qui nous semble négatif).

Papa Hachem est tellement heureux lorsqu'Il voit que Ses enfants s'aiment et s'entendent bien entre eux, qu'Il comble alors tout le monde de bénédictions.
["Pour fêter ça : c'est ma tournée de bra'ha pour tout le monde, et ce quelques soient vos mérites individuels!" ]
C'est ainsi que D. n'a donné son bien le plus cher (la Torah) qu'une fois qu'il y avait de l'unité.

[que c'est dur pour des parents de voir leurs enfants ne pas s'apprécier, ne pas s'entraider!]

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+ "Un jour pour une année, un jour pour une année" (Chéla'h Lé'ha 13,34)

Ce verset signifie que les Juifs furent punis de rester 40 ans dans le désert, en contrepartie des 40 jours d’exploration de la terre : un jour pour un an.

Un grand bien est sorti de là. En effet, quand Hachem pardonne les fautes des juifs à Kippour, le Satan vient accuser en disant que ce n’est pas juste qu’un seul jour puisse apporter l’expiation pour toute une année.
Alors, Hachem lui répond : "Mais quand J’ai puni les juifs en leur comptant un an pour un jour et en les faisant rester 40 ans dans le désert par rapport à 40 jours, à ce moment là, tu n’es pas venu argumenter que ce n’est pas juste. A présent aussi, cesse d’intervenir.
"

[Admour de Rouzin]

"S'il se forme sur la peau d'un homme une tumeur (ché'ét) ou une dartre (chapa'hat) ou une tache (baérét), pouvant dégénérer sur cette peau en affection lépreuse (tsara'at)" (Tazria 13,2)

-> La lèpre survenait en punition de paroles fautives.
Selon le midrach, cela inclut notamment : les promesses de don qui ne sont pas tenues, la médisance, la flatterie, les voeux non respectés, les mensonges, les faux témoignages, le colportage de ragots, les moqueries.

-> Quel rapport existe-t-il entre les fautes de la parole et la lèpre?

Selon le rav Its'hak Goldwasser (Béérot Its'hak), c'est parce que la parole constitue la spécificité unique de l'être humain.
Si bien que la guémara (Sanhédrin 99b) émet l'hypothèse que la création de l'homme ne se justifie que par ses "efforts de langage".

"Hachem façonna l'homme ... et fit pénétrer dans ses narines une âme de vie, et l'homme devint un être vivant" (Béréchit 2,7)
Onkelos traduit en araméen ces mots par : "Il souffla dans ses narines une âme de vie, et l'homme devint un être parlant".

=> Toute faute commise par la parole témoigne d'un mépris pour la parcelle divine qui nous habite : au lieu de considérer l'âme comme l'essentiel de notre être et la parole comme sa manifestation la plus tangible, nous sacrons le corps roi de notre existence.

La fonction essentielle des plaies de tsara'at n'est pas de causer des souffrances au corps, mais de le rendre répugnant aux yeux de l'homme (purulence de ses plaies, le sang séché coulant à sa peau, les insectes tournant autour, ...).

A ce stade, le lépreux entamait naturellement une profonde introspection.
Il regrettait profondément d'avoir accordé tant d'importance à ce corps, qui n'est qu'un vêtement éphémère, un déguisement qu'il porte seulement pendant la durée de sa vie terrestre.

Il comprenait que l'âme constitue l'élément primordial de son existence, qu'elle est l'essence profonde de son être.
Il se promettait alors de ne plus entacher à l'avenir la sainteté de sa nature propre ("l'être parlant"), et réparait ainsi les torts commis par ses paroles fautives.

"Ne vous tournez pas vers les idoles, et ne vous fabriquez pas des dieux de métal" (Kédochim 19,4)

-> "Ce n'est pas seulement vers les idoles qu'il est interdit d'orienter nos pensées : il nous est également défendu d'évoquer dans notre cœur toute opinion pouvant nous conduire à nier l'un des principes de la Torah.

Nul ne s'écartera de cette règle, en suivant les opinions de son cœur, car l'entendement humain est limité, et tous ne sont pas capables d'assimiler la vérité convenablement.
Or, si l'homme devait s'en remettre aux pensées de son cœur, il en viendrait à détruire le monde à cause de sa faible compréhension."
[Rambam - Hilkhot Avoda Zara 2,3]

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+ "Ne vous fabriquez pas des dieux de métal" (Kédochim 19,4)

Rachi d'expliquer : "Au début, elles ne sont que des idoles (du néant), mais si tu te tournes vers elles, tu en feras des divinités"

-> Selon le rav Yérouh'am Leibovitz (Daat Torah), la Torah nous révèle ici un principe essentiel : les divinités sont l'oeuvre des hommes.

-> "Tu n'auras pas d'autres dieux que Moi" (Yitro 20,3)
La Mékhilta commente : "Il est dit : "Ils ont livré leurs divinités aux flammes, mais ce n'étaient point des dieux, c'étaient des œuvres fabriquées par l'homme" (Yéchayahou 37,19).

Que signifie alors "d'autres dieux"?
Il s'agit de ces choses que d'autres ont érigées en dieux."

=> La Torah ne nous interdit pas d'avoir "d'autres dieux", car il n'existe aucune autre divinité que Hachem.
Elle nous révèle un point fondamental : une chose totalement inexistante peut prendre corps et devenir un "dieu" par le simple intérêt que les hommes lui portent.

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-> Rav Achi a demandé en rêve au roi Ménaché : "Puisque les gens de votre génération étaient si sages, comment se fait-il que vous serviez les idoles?"

Ménaché lui a répondu : "Si tu avais vécu en ces temps, tu aurais soulevé les pans de ta tunique pour mieux courir après elles"
[guémara Sanhédrin 102b]

Rachi explique que le penchant pour les idoles étaient alors extrêmement puissant.

De nos jours, après que les hommes de la Grande Assemblée ont éradiqué cette tendance, nous ne comprenons plus quelle attirance les hommes éprouvaient pour les idoles.

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-> De même, la guémara (Yoma 69b) nous dit que le yétser ara pour l'idolâtrie (avoda zara) a été retiré.

-> On a vu que Ménaché a répondu : "Si tu avais vécu en ces temps, tu aurais soulevé les pans de ta tunique pour mieux courir après elles"

Le rav 'Haïm Chmoulévitch (Si'hot Moussar 5733:7,12) commente que de même que nous ne comprenons pas le fait que l'idolâtrie peut être si tentante qu'on y courrait pour la servir, de même cela peut s'appliquer à toutes les fautes, car si nous n'avions pas de yétser ara, toutes les fautes nous sembleraient identiquement absurdes.

-> La guémara (Yérouchalmi Erouvin 5,1) explique que les idoles sont destinées à embarrasser ceux qui les auront servies, en venant le jour de leur jugement.

-> Le Méor Enayim (Chémot) dit qu'à un niveau plus profond, tout service qui n'est pas pour Hachem est une avoda zara, puisque "zara" signifie : étranger (comme un zar est un non Cohen).
Nous voyons également cela de nos Sages (guémara Shabbath 105b) qui disent que le "él zar", (le dieu étranger) au sein d'une personne est le yétser ara.
Ainsi, toute déviation d'Hachem est considérée comme adorer un dieu étranger.
[toute personne est naturellement tentée par rendre un culte à son "égo" (son "moi je").
On ne fait pas ce qu'Hachem désire réellement, mais on va plutôt faire notre volonté sous couvert d'agir selon la Torah.]

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-> La guémara (Ména'hot 109b) enseigne également :
"Rabbi Yéhochoua ben Péra'hya dit : Au début, si quelqu'un m'avait dit : "Accepte une fonction publique", je l'aurais attaché devant un lion. Maintenant [que j'y ai accédé], si quelqu'un me dit d'y renoncer, je lui verserais une cruche d'eau bouillante sur la tête.

[De fait, telle est bien la nature humaine,] à l'exemple de Chaoul qui refusa au début le trône, mais qui, après y avoir accédé, chercha à tuer David son rival. "

=> Chez toute personne, il y a une tendance naturelle à créer de nouvelles échelles de valeurs en fonction de ce qui l'arrange (plus ou moins consciencieusement).
A nos yeux, du néant peut devenir divin, d'où l'importance de rester fidèle à l'unique Vérité : la Torah.

[et ne pas vouer un culte à soi-même, aux "dieux" de la société environnante (les stars, la richesse, la célébrité, ...), ... ]

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+ "Ne vous fabriquez pas des dieux de métal" (Kédochim 19,4)

Rachi d'expliquer : "Au début, elles ne sont que des idoles (du néant), mais si tu te tournes vers elles, tu en feras des divinités"

-> "Le simple fait de porter son regard sur les idoles est interdit ... cela a pour objet d'éviter qu'on se laisse entraîner par leurs croyances.
De plus, cela nous invite à ne pas perdre notre temps dans des futilités, car l'homme a été créé uniquement pour se consacrer au servir du Créateur."
[Séfer ha'Hinoukh - mitsva 213]

-> Il est interdit de s'intéresser aux rites et aux thèses idolâtres, même si on désire les connaître afin de les combattre.
En effet la nature humaine est faible et nombreux sont ceux qui, à travers l'histoire, ont cru pouvoir rester maîtres de leurs pensées et de leurs désirs, mais ont fini par adopter les croyances qu'ils avaient combattu.
[le Panim Yafot]

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-> "Dès l'instant où un homme s'éloigne des paroles de la Torah, il se lie aux cultes idolâtres"
[midrach Yalkout Chimoni]

-> "Rabbi Chimon bar Yo'haï dit : Quiconque place les paroles de la Torah sur son cœur se prémunit contre 10 maux : les pensées ... et les pensées idolâtres"
[Tana déBé Eliyahou Zouta 16]

=> Par le mérite de la Torah et des mitsvot, les mauvaises pensées s'effaceront totalement du cœur.

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-> Le Séfer Yalkout ha'Ourim (Vayichla'h) écrit que le soleil, la lune, et les étoiles s'immergent dans le fleuve de feu de Dinor, avant de briller.
Le Chla haKadoch écrit que la raison est parce que le soleil et toutes les légions célestes sont interdites car elles sont adorées. [de nombreuses personnes les voient comme des dieux]
Par conséquent, "les images de leurs divinités, vous les détruirez par le feu" (Ekev 7,25), est réalisée [lorsqu'ils s'immergent dans le feu]
[Taamé haMinhaguim - p.462]

"Réprimande ton prochain" (Kédochim 19,17)

-> "Rabbi dit : Quelle est la voie juste que l'homme devra adopter?
Qu'il aime les remontrances, car tant qu'elles sont présentes dans le monde, la sérénité, le bien et la bénédiction règnent ici-bas, et le mal se retire."
[guémara Tamid 28a]

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-> "Les paroles d'un homme animé de la crainte du Ciel sont toujours entendues"
[guémara Béra'hot 6b]

-> "Généralement, les remontrances ne sont pas acceptées parce que l'on soupçonne celui qui les formule d'avoir des intérêts personnels. Mais quand un homme est animé d'une authentique crainte du Ciel, il est certain qu'il dit les choses telles qu'elles sont, en toute simplicité.
Dès lors, les soupçons tombent et ses paroles sont entendues."
[Torah Témima - Kohélet 12,13]

-> Le rav Dessler (Mikhtav méEliyahou) enseigne à ce sujet :
"Lorsque quelqu'un exprime des reproches à autrui ou le punit, sa démarche doit provenir du plus profond de son cœur.

Nos Sages disent en ce sens que seules les paroles qui sortent du cœur pénètrent dans le cœur [d'autrui]. Mais si, au contraire, les reproches n'émanent pas du plus profond de soi, leur impact ne sera pas complet sur l'interlocuteur.

Il y a en en outre un aspect plus profond : si les remontrances ne proviennent pas de l'intériorité de l'individu, c'est que leurs motivations ne sont pas totalement pures, des intérêts personnels y étant forcément mêlés.

A cet égard, non seulement les reproches resteront inefficaces, mais de plus, on est alors considéré comme si l'on méprisait son prochain et comme si on le blessait pour sa propre satisfaction ; la punition qui en découle est alors extrêmement grave."

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+ "Tu réprimanderas ton prochain, et ne porteras pas de faute à cause de lui" (Kédochim 19,17)

-> "Si la Torah se soucie que l'on n'occasionne aucune humiliation à notre prochain au moment où on le réprimande, à plus forte raison sera-t-il interdit de l'humilier dans un autre contexte."
[le Smag - Lo Taassé 6]

-> Le Rambam (Hilkhot Déot - chap.6) écrit à ce sujet :
"Il est interdit d'humilier un juif, à plus forte raison en public.
Bien que celui qui blesse autrui moralement ne soit pas passible de flagellation, sa faute est néanmoins extrêmement grave.

Nos Sages disent en ce sens : "Quiconque humilie son prochain publiquement n'aura pas droit à une part dans le monde à futur".
C'est pourquoi chacun devra veiller à ne jamais humilier son prochain, que celui-ci soit un homme modeste ou important, à ne jamais l'appeler par un nom qui lui fait honte, ni à raconter en sa présence des faits qui le blesseront."

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-> "Ne fais pas de vives remontrances au railleur, car il te haïrait ; fais des remontrances au sage, il t'en aimera davantage" (Michlé 9,8)

-> Le Chla haKadoch déduit de ce verset une règle fondamentale :
Lorsqu'on formule des remontrances à quelqu'un, il nous incombe de ne pas l'accabler de reproches : on se contentera de lui rappeler ses manquements.
Dans le cas inverse, il resterait hermétique aux semonces et en viendrait à nous haïr.

C'est pourquoi selon le verset de Michlé : Ne fais pas de vives remontrances, comme s'il était un railleur, peu digne de respect. Au contraire, dis-lui qu'il est sage et qu'il ne convient donc pas à un homme tel que lui de se comporter de la sorte.

A cet égard, manifeste-lui de l'estime en le complimentant : il ne t'en aimera que davantage et il sera à l'écoute de tes remontrances.

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-> Le Gaon de Vilna demanda au Maguid de Doubno de le réprimander et de lui indiquer tout ce que sa conduite laissait à désirer.
On raconte également que le Maharchal accepta un jour les reproches d'un simple charretier.

-> A ce sujet, la guémara (Arakhin 16b) rapporte :
"Rabbi Yo'hanan ben Nouri dit : J'en prends le ciel et la terre à témoin : de multiple fois, [Rabbi] Akiva fut fustigé par ma faute, parce que je me plaignais de lui devant Rabban Gamliel.
Mais il ne m'en aima que davantage conformément au verset de Michlé (ci-dessus)."

Le railleur hait les reproches, car à ses yeux, celui qui les lui formule veut son mal.
Au contraire, le sage aime les remontrances, car il sait qu'elles seules le conduiront au monde futur, le libérant de son mauvais péchant.

Le rôle du sermonneur est de nous extraire de nos rêveries, nous montrer notre vrai visage et nous faire renouer avec la réalité.

-> Le rav Yaakov Neuman (Darké Moussar) écrit :
"Sans moussar, l'homme s'exposerait aux pires maux de la terre.

Un homme à qui personne n'adresserait de reproches court un terrible danger.
Heureux sont ceux qui ont la chance d'entendre des remontrances, car c'est par leur mérite qu'ils accéderont à la vie du monde futur."

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Quelques autres divré Torah sur ce sujet (b’h) :

-> La remontrance : https://todahm.com/2016/10/18/la-remontrance
-> Le reproche : https://todahm.com/2014/11/19/le-reproche
-> https://todahm.com/2014/05/18/1429

"Il demeurera isolé, sa résidence sera hors du camp" (Tazria 13,9)

-> "Parce que cet homme a créé la division entre les hommes [par ses propos médisants], c'est pourquoi la Torah exige qu'il demeure isolé"
[guémara Arakhin 16b]

-> Le Rav Zalman Sorotskin (Oznaïm laTorah) enseigne qu'une personne en vient à médire car elle considère que le monde a été créé que pour elle, et que toute personne qui s'oppose à elle est à ses yeux comme un voleur la privant de ses droits.
Elle est remplie de haine et de jalousie envers son entourage, et n'aspire qu'à les voir s'effacer devant elle.

Dans Sa miséricorde, Hachem la frappe par la lèpre, qui est une sorte de mort et une méthode pédagogique.
Cette période d'isolement lui permettra de procéder à une introspection et de se repentir.

En effet, en étant totalement isolé du monde, on en vient à prendre conscience que le monde peut vivre sans nous, que nous n'en sommes pas le centre autour duquel tout tourne.
On en vient à prendre conscience que l'on n'est pas indispensable, que tout ne nous revient pas spécifiquement.

A l'écart, nous commençons à nous languir de nos proches, de désirer au plus vite leur visite pour parler et réduire l'angoisse de la solitude.
On en vient alors à apprécier leur présence, les efforts qu'ils font pour nous, ... alors qu'ils ne sont pas obligés.
On en vient à apprécier à sa juste valeur une vie sociale harmonieuse et équilibrée.

=> Plutôt que de regarder les défauts d'autrui (tout le monde est humain), regardons ses points forts.
Sachons parfois passer au-dessus de certaines choses, afin de préserver le shalom, une vie collective joyeuse et constructive.

[la vie est trop courte, alors tâchons de la voir en positif et dans la joie, plutôt que de se perdre dans d'inutiles lamentations]

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+ "La guémara (Moéd Katan 5a) déclare qu'un lépreux doit annoncer publiquement sa souffrance afin que les autres prient pour lui.
Pourquoi est-ce qu'un métsora est-il différent des malades?

La réponse est qu'un métsora est appelé : "mousgar" : quelqu'un qui est enfermé, comme l'enseigne le Zohar : les prières d 'un lépreux sont refoulées et pas acceptées par Hachem.
C'est pourquoi, il doit rendre publique sa condition pour qu'autrui puisse prier pour son bien-être."

[Rabbi Yonathan Eibschutz - midrach Yonathan]

[de même que par son lachon ara il se voyait au-dessus de tous, divisant pour mieux régner (dans son cœur), de même il a besoin que tout le monde s'unisse pour prier pour lui, afin de le sortir de la bassesse dans laquelle il est tombée.
Autrui n'est pas un concurrent de mon égo à abattre, au contraire c'est une aide nécessaire afin que l'on puisse ensemble donner le meilleur de nous-même.]

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"Lorsqu'une affection lépreuse sera observée sur un individu, il sera amené devant le Cohen" (Tazria 13,9)

-> "Un homme peut examiner toute plaie lépreuse, sauf les siennes propres."
[guémara Négaïm 2,5]

=> Il est utile dans la vie d'utiliser le regard de personnes de valeur, afin de pouvoir se rendre compte au plus tôt de l'apparition de tâches, nous permettant alors de nous améliorer.

Nous ne devons pas voir autrui comme un concurrent mais comme complémentaire.
Les juifs sont liés les uns aux autres, et lorsque mon prochain va mieux, alors par ricochet j'irai également mieux.

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"Il restera isolé, sa place est en dehors du camp"(Tazria 13,46)

-> D'après la guémara (Nédarim 64b), un lépreux est considéré comme mort.

Le rav 'Haïm Chmoulévitz explique la raison :
"L’homme qui est isolé, privé de tout lien avec ses semblables, et ne peut avoir aucun rapport avec les autres pour leur faire du bien, est considéré comme mort."

[ => un être vivant est celui qui fait du bien à son prochain, et à l'inverse un mort vivant est celui qui reste dans sa bulle ("isolé ... hors du camp"), ne s'occupant que de son "moi je".]

"Juge ton semblable équitablement" (Kédochim 19,15)

-> "C'est-à-dire juge ton prochain de manière favorable"
[guémara Chvouot 30a]

Rachi commente : "Ce verset ne s'adresse donc pas aux juges, mais à celui qui verrait son prochain effectuer une action qu'il peut interpréter soit comme une faute, soit comme une chose permise : il a le devoir de le juger favorablement, et de ne pas le soupçonner de fauter".

-> Selon le rav Dov Yaffé : "Si l'honneur de notre prochain est véritablement cher à nos yeux, on n'écartera aucune éventualité pour le juger favorablement, même au détriment de la logique la plus élémentaire."

[nos Sages disent que si l'esprit tordu existe en nous, c'est afin de pouvoir trouver des raisons (mêmes les plus folles, créatives) afin de juger autrui favorablement]

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-> "De la même façon qu'un homme se comporte (avec son prochain), le Ciel se comportera avec lui"
[guémara Sotah 8b]

-> "Quiconque juge autrui, en bien ou en mal, prononce du même coup sa propre sentence"
[Baal Chem Tov]

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-> Le 'Hafets 'Haïm (lois sur la médisance - chap.3) donne à ce sujet des précisions :
Si l'acte équivoque est réalisé par une personne craignant le Ciel, on sera tenu de la juger favorablement même si les faits semblent l'accuser.

S'agissant d'un homme "moyen", généralement respectueux des mitsvot, mais à qui il arrive parfois de fauter, la loi juive stricte exige qu'on le juge favorablement seulement dans le cas où les faits sont ambigus.
Mais si l'on veut faire preuve d'une bienveillance exemplaire, on le jugera de manière favorable même quand tout paraît l'accuser.

C'est seulement pour un mécréant notoire qu'on a le devoir de juger de façon défavorable.

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-> Le Yessod véChorech haAvoda (Portique Avodat haLèv) écrit :
"Le commandement positif de "juger autrui équitablement" se concrétise par la simple pensée, à chaque fois que l'occasion se présente ...
C'est-à-dire que si l'on voit son prochain faire un acte ou prononcer une parole qui, à priori, contreviennent à la volonté du Créateur, il nous incombe de le juger favorablement.

On se dira alors : "Je m'apprête à accomplir la mitsva de juger autrui équitablement".
Et l'on s'efforcera par tous les moyens de lui trouver, par la pensée, des arguments à sa décharge.
[...]
Et même si, finalement, il s'avère que notre jugement favorable était faux, il n'en reste pas moins que l'on a accompli la volonté du Créateur (Hachem), Qui nous a enjoints de "juger autrui équitablement.

Il est donc certain que l'on a procuré de la satisfaction à D. en cela qu'on s'est conformé à Son ordre."

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+ "Juge tout homme favorablement" (Pirké Avot 1,6)

-> Le Tiférét Shlomo (rabbi Shlomo haCohen Rabinowitz de Radomsk) commente :
N'est-il pas vain de juger tout homme favorablement? Après tout la vérité est connu au Ciel, alors comment notre jugement favorable aurait-il un effet?

Nos Sages veulent nous enseigner que le jugement qu'un juif prononce a un poids immense dans les Cieux.
Les paroles qu'il prononce, que ce soit pour le bien ou pour le mal, suscitent une réponse correspondante dans les mondes supérieurs.
Lorsque vous défendez une personne et parlez favorablement d'elle, vous réveillez en Haut un avocat céleste qui justifie, la défend et la sauve de la perdition.
Inversement, lorsque vous condamnez quelqu'un, vous causerez une réaction similaire en Haut.
[...]
C'est ainsi que le saint rabbi Bounim de Pshis'ha nous dit de ne jamais mentionner la fauter d'un juif, mais de toujours essayer d'exonérer le peuple juif et de rappeler ses bonnes actions devant D., car tous sont saints et purs, et tous [au fond d'eux-même] veulent accomplir la volonté de leur Maître avec une crainte révérencielle.

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Quelques autres divré Torah sur ce sujet (b'h) :

-> https://todahm.com/2016/10/18/4883
-> https://todahm.com/2016/06/29/4582
-> https://todahm.com/2014/02/01/juger-son-prochain-favorablement
-> https://todahm.com/2018/12/09/limportance-de-garder-sa-langue-4e-partie

"Ils s'assemblèrent contre Moché et contre Aharon, et leur dirent : "C'en est trop pour vous! Car toute l'assemblée, tous sont saintes et Hachem est parmi eux ; et pourquoi vous élevez-vous au-dessus de l'assemblée de Hachem?" (Kora'h 16,3)

-> "C'en est trop pour vous!" - Selon Rachi : Vous vous êtes approprié beaucoup trop d’honneurs pour vous-mêmes.

-> A ce sujet le rabbi de Kotsk enseigne :
Kora’h avait remarqué que quand il faisait son service de Lévi, de chanter dans la cour du Michkan, il ressentait une grande élévation spirituelle.
C'est pourquoi il souhaitait bénéficier également de la prêtrise pour servir aussi à l’intérieur du Michkan, car il mériterait ainsi encore plus d’élévation.
Il voulait donc prendre la fonction de Aharon.

Mais ce qu’il ne savait pas c’est que toute cette grandeur qu’il ressentait de par son service dans la cour, ne lui parvenait que grâce au mérite de Aharon qui servait à l’intérieur.

-> Kora'h était jaloux de Moché, car s'il n'était intéressé que par la volonté de Hachem, il ne se soucierait pas du fait que Moché était le responsable.
Kora'h désirait ardemment devenir le dirigeant, plutôt que de voir la volonté de D. réalisée.
[le Kédouchat Lévi]

A l'inverse, Moché dit : "Par ceci vous saurez que Hachem m'a envoyé accomplir tous ses actes, que ce n'est pas de moi-même" (v.16,28)

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-> "[Les tsitsit :] Afin que vous vous souveniez et accomplissez tous Mes commandements, et que vous soyez saints (kédochim) pour votre D." (Chéla'h Lé'ha 15,40)

Kora'h pensait que Hachem avait dit à Moché qu'il serait le dirigeant jusqu'à ce que le peuple reçoive la mitsva des tsitsit, car tous les juifs seraient alors kédochim.
C'est son argument à Moché : "toute l'assemblée, tous sont saintes et Hachem est parmi eux".

Depuis la réception de cette mitsva des tsitsit, tout le monde est égal en sainteté, et ainsi Moché et Aharon n'ont plus aucune supériorité sur le restant du peuple.
[le Kéhilat Yits'hak]

-> Selon Rabbi Soloveitchik, certes chaque juif a en lui une sainteté inhérente, mais dans sa volonté de flatter le peuple, Kora'h oublie de mentionner un autre aspect de la sainteté, celui qui dépend du mérite personnel de chacun : plus une personne se parfait, plus elle s'élève en sainteté.

=> Kora'h reconnait la sainteté naturelle collective et commune à tous les juifs, mais ne prenait pas en compte l'essentiel : l'individu et son mérite personnel.

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+ Kora'h : Ne pas oublier que plus une personne est élevée plus elle a un yétser ara élevé!

-> On peut rapporter un développement du rav Yéhouda Leib 'Hassman (Ohr Yahel) :
La guémara (Béra'hot 28b) raconte que le jour où rabbi Yo'hanan Ben Zakaï allait disparaître, il s'est mis à pleurer. Après avoir entendu l'étonnement de ses élèves (pourquoi leur maître qui a eu une vie si complète/exemplaire en vient-il à pleurer au moment de mourir?), il expliqua : "Deux chemins s'ouvrent devant moi, celui du paradis et celui de l'enfer. Et je ne sais pas où je vais aller. Comment pourrais-je ne pas pleurer?"
En général, on comprend que son doute concerne sa vie dans ce monde. En fonction de son comportement tout au long de sa vie, il ne savait pas où il allait se rendre. Seulement, il est étonnant qu'un tsadik comme lui, d'une sainteté hors du commun, fusse-t-il être d'une très grande humilité, mais comment pourrait-il se tromper à ce point sur lui-même, craignant hériter de l'enfer, comme les réchaïm!

En fait on peut expliquer que son doute ne concernait pas le passé. Il savait effectivement que son comportement passé était méritoire et qu'il lui donnait droit au paradis. Seulement, il craignait pour les derniers moments qui lui restaient à vivre. Il se préoccupait du fait de savoir s'il allait rester intègre même encore pendant ces moments-là, ou si D. Préserve, il allait s'égarer.
Cette idée est en allusion dans les mots qu'il prononça : "Deux chemins s'ouvrent devant moi" = il craignait la faute et l'enfer à cause du temps qui lui reste devant lui, et non derrière lui c'est-à-dire non le temps passé.
Même un tel tsadik craignait la faute pendant ses derniers instants. Car tant qu'une personne est en vie, il doit rester sur ses gardes et craindre son mauvais penchant.
Jamais un homme doit se sentir rassuré et sûr de lui en se disant que son envergure spirituelle est telle qu'il est à présent sauvé et que la faute ne le concerne plus, ce qui le conduirait à commettre l'erreur de penser que tous ses désirs et ses comportements émanent forcément du bien.

C'était cela l'erreur de Kora'h.
La Torah demande à l'homme de toujours se remettre en question. Même s'il a atteint des niveaux de sainteté grandioses, là encore (et peut-être même plus encore) il doit se ''suspecter'' pour savoir s'il est dans le vrai chemin, où s'il s'égare.
Les grands niveaux atteints ne doivent surtout pas le rassurer et le conforter à penser qu'il est forcément dans le droit chemin. Cela est la tentation des grands hommes et il convient de s'en méfier à tout prix.
C'est cela le sens de l'enseignement : "Celui qui est plus grand que son prochain, son penchant aussi est plus grand". Il s'agit du penchant de se croire protégé par sa grandeur, et d'en venir à être sûr de soi et de ses choix. Kora'h s'est laissé prendre à ce piège.
N'oublions pas : "Ne sois pas sûr de toi, jusqu'au jour de ta mort" (Pirké Avot 2,4), ''jusqu'au jour'' inclus!

"Vous observerez Mes décrets ('houkotaï) et Mes lois (michpataï), parce que l'homme qui les pratique obtient par eux la vie" (A'haré Mot 18,5)

-> Selon le 'Hidouché haRim, la Torah nous demande de ne pas accomplir les mitsvot avec indifférence.
Nous devons, au contraire, les considérer comme une source de joie, d'enthousiasme et de vie.
Nous devons vivre par elles.

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-> "Chaque mitsva de la Torah est rattachée au Roi saint et suprême (Hachem) : certaines sont reliées à Sa tête, d'autres à Son corps, d'autres enfin à Ses mains ou à Ses pieds".
[le Zohar - Yitro 85b ]

Il est écrit : "Vous qui êtes attachés à Hachem, votre D., vous êtes tous vivants aujourd'huit" (Vaét'hanan 4,4)

=> En accomplissant les mitsvot, nous avons la possibilité de s'attacher, de s'unir de son vivant avec Hachem (si l'on peut dire).

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-> Selon le rav 'Haïm de Volozhin (Néfech ha'Haïm), ce verset doit se comprendre au sens premier :
"Lorsqu'un homme accomplit une mitsva, il vit à l'intérieur d'elle à proprement parler. La sainteté de la mitsva l'enveloppe, le plongeant dans l'atmosphère même du Gan Eden.
[...]
Si l'homme est attentif pendant l'accomplissement d'une mtisva, son âme sentira qu'elle s'entoure et s'enveloppe de sainteté, et qu'un nouvel esprit l'habite.

C'est en ce sens que le verset dit : "L'homme qui les pratique obtient par elles la vie" : par elles, littéralement, c'est-à-dire qu'il trouve la vie à l'intérieur même des mitsvot, car leur sainteté l'investit où il les accomplit, et parce que l'atmosphère du Gan Eden l'imprègne."

-> Dans les bénédictions, nous disons : "Qui nous a sanctifiés par Ses commandements, et nous a ordonné ..."
D'un côté, le fait de faire les mitsvot nous sanctifie, d'un autre côté, nous devons avoir en tête que nous les faisons car c'est un ordre de Hachem, la sanctification n'étant qu'une résultante.

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-> Onkelos explique "Il obtient par eux la vie" par : "dans le monde futur".

-> Le 'Hafets 'Haïm note que les 248 membres du corps humain sont en corrélation avec les 248 mitsvot positives de la Torah, entraînant que chaque mitsva accomplie fait vivre le membre qui lui correspond.

C'est la raison pour laquelle, dans notre verset, la Torah recommande d'observer tous les décrets et les lois, car ils permettent l'existence de nos "organes spirituels", dont l'existence est éternelle.

-> Selon la guémara (Kétouvot 111), même le corps pourra se maintenir pour l'éternité grâce à la lumière de la Torah.

Dans la bénédiction avant la lecture du Shéma, nous disons : "car les paroles de la Torah sont notre vie et la longueur de nos années".
Ainsi, la Torah est la nourriture spirituelle de l'âme, de même que le pain est la subsistance du corps.
Grâce à elles nous construisons notre éternité (notre vie!), et tirons vers le haut le monde entier.

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-> "Vous observerez mes lois et mes statuts, parce que l’homme qui les pratique obtient, par eux, la vie : je suis Hachem" (A'haré Mot 18,5)

-> Le Ben Ich 'Haï commente :
On pourrait croire que le rapport de cause à effet entre l’observance des mitsvot et l’obtention de la vie, est du au fait qu’on va être jugés sur nos actions et ensuite récompensés. Et que si on s’est effectivement bien comportés alors on recevra "la vie" en salaire. C’est une vision réductrice.
En fait, c’est l’essence même de la mitsva qui amène la vie au corps humain, c’est la raison pour laquelle il y a le même nombre de mitsvot positives que de membres dans le corps humain : 248 et qu’il y a le même nombre de mitsvot négatives que de nerfs : 365.
Quand on observe une mitsva on attire la lumière Divine (source de vie), sur le membre correspondant à cette mitsva précise et quand on s’abstient de faire une faute (avéra) on attire cette même lumière sur le nerf correspondant.
=> De là on doit prendre conscience de l’importance de chacune des 613 mitsvot, et de la même manière qu’on n’est pas prêt à se passer d’un nerf ou un membre, même le moins important, on ne doit pas être capable de délaisser un mitsva ou de faire un avéra, même si elle ne nous parait pas si essentielle que ça.

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-> De l'expression "par lesquels il vivra", nos Sages déduisent que l'objectif des mitsvot que D. nous a données est de faire vivre et non de faire mourir.
Par conséquent, par exemple, si le respect du Shabbath risque de mettre une vie en danger, l'obligation de sauver une vie a préséance sur l'observance du Shabbath.

[dans cette situation : la mitsva est de tout faire pour préserver la vie ; la avéra est de s'en abstenir pour rester fidèle au Shabbath]

Selon la guémara (Sanhédrin 74a), les exceptions à cette règle sont les 3 fautes cardinales : l’idolâtrie, l’immoralité et le meurtre ; ainsi que tout cas où la transgression entraînerait la profanation du nom de D.

"Et un vêtement, lorsqu'il y aura dessus une lésion de tsara'at (lèpre) sera sur lui" (Tazria 13,47)

Il est intéressant de voir comment D. communique à travers la lèpre et les épreuves.

-> Le Kli Yakar écrit :
"De toute évidence, les plaies lépreuses qui affectent les habits ou les maisons ne procèdent pas des lois de la nature.
Ces éléments sont en effet dépourvus de sang ou de purulence susceptibles de putréfaction, ou de provoquer des maladies.

Force est d'en conclure qu'il s'agit de manifestations miraculeuses, survenant comme châtiment.
Ces plaies [affectant les habits et les maisons] peuvent nous aider à comprendre également les plaies frappant le corps humain : elles aussi ne procèdent nullement de la nature, elles surviennent en tant que punition pour l'homme."

-> Le Sforno enseigne également :
"Au-delà de tout doute, ces plaies ne procèdent aucunement des lois de la nature, car jamais des vêtements ne peuvent être affectés par des marques étranges.
[...]
Ces manifestations (miraculeuses) sont destinées à éveiller l'attention de leur propriétaire sur des fautes dont ils sont coupables.
[...]
Ceci est l'expression de la bienveillance du Créateur à l'égard de ceux qui observent Ses mitsvot ...

Le verset prévient les hommes que s'ils s'éloignent de cette voie, Il (Hachem) attirera leur attention au moyen d'épreuves ...
Pour cette raison, nous savons par tradition que les habits des non-juifs et leurs maisons ne sont pas du tout concernés par l'impureté de la lèpre."
[Sforno]

=> Par la lèpre (tsaraat), l'homme saura que Hachem est là, qu'Il s'adresse à lui pour attirer son attention sur ses fautes.

-> "Les châtiments sont prêts à s'abattre sur les fauteurs ...
Hachem dit : Avant d'avoir créé l'homme, Je lui ai préparé 5 fouets : les tumeurs (ché'ét), les dartres (chapa'hat), les tâches (baérét), les ulcères, les brûlures ... "
[midrach Bamidbar rabba 13,4]

Il apparaît que chacune de ces affections est comme un claquement de fouet, destiné à sortir l'homme de sa torpeur.

Juste après la faute, c'est une petite tape, mais si nous tardons à prendre en compte le message de D., alors le coup devient de plus en plus fort jusqu'à ce que nous le comprenions.

=> Nous devons voir nos difficultés comme des messages de Hachem, afin que l'on s'améliore.

"Sur l'ordre du Cohen, on apportera pour l'homme à purifier 2 oiseaux vivants purs, du bois de cèdre, un fil écarlate et de l'hysope" (Métsora 14,4)

-> Selon Rachi, cet individu a été puni pour ses bavardages et sa médisance, c'est pourquoi sa purification se fait au moyen d'oiseaux qui jacassent et qui caquettent en permanence.

[les oiseaux qui volent dans les airs, viennent réparer les mauvaises paroles que la bouche a fait volée dans les airs.]

-> "La médisance est équivalente à toutes les autres fautes" [Rambam - sur Pirké Avot 1,7]

A chaque mot prononcé en vain, on perd un petit peu plus de ce qui fait de nous des êtres humains

-> Les sacrifices ont pour but de faire prendre conscience au fauteur qu'il aurait mérité de subir le sort de la bête qu'il offre au Temple : comme elle, il aurait dû être égorgé, brûlé sur l'autel, ...
C'est seulement par l'effet de la miséricorde divine, qu'il lui a été donné la possibilité d'offrir à sa place un bête ou un oiseau.

Mais si le lépreux n'avait apporté qu'un seul oiseau en sacrifice, il en aurait conclu que toute parole est nuisible, et il aurait alors pris la résolution de s'abstenir de parler, de rester toujours muet.
Pour qu'il ne commette pas cette erreur, la Torah lui impose d'offrir 2 oiseaux :
- Le 1er était sacrifié afin que comprendre qu'il aurait dû s'abstenir de certaines paroles ;
- et le 2e oiseau était laissé en vie, pour lui enseigner que certaines paroles sont bénéfiques.
[Selon le Zohar, de même qu'il est grave de dire du lachon ara, de même il est grave de se retenir de dire des paroles positives à autrui!]

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-> Les 2 oiseaux font allusion au : yétser ara et au yétser hatov.
Le verset nous explique comment régner sur les 2 : "on égorgera l'un des oiseaux au-dessus d'un ustensile d'argile, sur de l'eau vive" (Métsora 14,5).
On doit égorger notre yétser ara sur de "l'eau vive", qui correspond à la Torah (qui est comparée à l'eau).
C'est uniquement grâce à la Torah que l'on peut dominer son yétser ara.
[le Lé'hem Min haChamaïm]

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-> Une des causes premières de la tsaraat est les mauvaises paroles qui entraînent souvent des divisions, des disputes.
Le mot hébreu pour : "oiseau" est : "tsipor" (צפור), qui a une guématria de 376, la même que : shalom (paix - שׁלום).
En disant de mauvaises paroles, on en vient à fauter vis-à-vis de D., et vis-à-vis d'autrui. Les 2 oiseaux font allusion à cette nécessité d'obtenir le shalom avec ces 2 parties.
Certes tu as pu faire téchouva et apporter des sacrifies, mais à l'image des 2 oiseaux qui devaient être exactement identiques, tu dois également rétablir l'harmonie avec ton prochain, au point qu'il n'y a plus de différents entre vous.
[Rabbi El'azar Meisels]

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-> Rachi commente : "Quel est le moyen de sa guérison ? Qu’il s’abaisse de son orgueil comme un ver et comme l’hysope."

-> Rabbi Shalom de Belz rapporte que d'un côté le Cohen doit penser que le métsora est guéri grâce à sa téchouva, mais d'un autre côté, le métsora se doit de penser que ce n'est pas grâce à ses mérites qu'il est guéri, mais plutôt grâce à ceux du Cohen qui s'occupent de lui.

En effet, l'origine du métsora est dans l'orgueil.
S'il pensait qu'il pouvait se guérir tout seul, l'orgueil serait alors toujours présent comme au moment de la faute.

En même temps, le Cohen ne doit pas devenir orgueilleux et fier d'avoir un pouvoir de guérison, car il en deviendrait orgueilleux.

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-> "Et du bois de cèdre, du ver à soi et de l'hysope" (Métsora 14,4)

-> Le Métsora devait utiliser ces différents éléments pour sa purification.
Rachi explique que s'il s'était auparavant enorgueilli comme le cèdre, il se rabaissera à présent comme le ver et l'hysope.
=> Seulement, on peut s'interroger. Puisque l'hysope, tout comme le cèdre, est un végétal, contrairement au ver à soi, pourquoi le verset ne les a-t-il pas réuni en disant : "du bois de cèdre, de l'hysope et du ver à soi", comme la Torah le fait quand elle développe la purification par la vache rousse, dans la paracha de 'Houkat?

En fait, la Torah veut faire allusion au fait que la Tsara'at (sorte de lèpre) est une punition Divine pour la médisance. Or le ver, en plus d'être un message d'humilité, a aussi la caractéristique de pouvoir ronger avec sa bouche. En juxtaposant le cèdre et le ver, la Torah enseigne que le médisant doit réfléchir au fait qu'il agit comme le ver. Il peut ruiner même un cèdre par sa bouche.
[Kli Yakar]

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-> Dans métsora, il est écrit : "Sur l'ordre du Cohen, on apportera pour l'homme à purifier ... du bois de cèdre, un fil écarlate et de l'hysope" ;
-> Au sujet de la vache rousse, il est écrit : "Le Cohen prendra du bois de cèdre, de l'hysope et du fil écarlate" ('Houkat 19,6)
La guémara (Nidda 26a) précise que l'hysope est une plante plus grande que l'animal à l'origine d fil écarlate.
Ainsi, au sujet de la vache rousse les 3 éléments suivent un ordre : du plus grand au plus petit.
=> Pourquoi n'est-ce pas le cas en ce qui concerne le métsora?

Le rav 'Haïm Kanievsky, cite le Rambam (Hilkhot Déot), selon lequel pour chaque trait de caractère une personne doit chercher à éviter les extrêmes, devant se conduire selon le chemin du milieu.
Cependant, si une personne trouve que concernant un trait particulier elle est attirée vers un extrême, il n'est alors pas suffisant d'uniquement tendre vers le milieu, puisque son attirance naturelle va petit à petit la ramener vers l’extrémité.
Dans ce cas, une personne doit d'abord aller vers l'extrême opposé pendant un certain temps, afin d'éradiquer totalement son attirance à l'autre extrême. Ce n'est qu'à partir de ce moment que l'on peut revenir sans risque au milieu, où l'on pourra y rester sur le long terme.

Il y a 3 éléments du plus grand au plus petit : le bois de cèdre, l'hysope et le fil écarlate.
Le rav Kanievsky dit qu'il n'est pas suffisant pour une personne orgueilleuse de se rabaisser au niveau de l'hysope (la voie du milieu), car elle ne pourra pas tenir sur le long terme. Plutôt, il faut tout d'abord se rabaisser jusqu'à l'extrême, allusion au fil écarlate (élément le plus petit), après quoi on peut revenir à la voie du milieu, qui est représentée par l'hysope.

[on retrouve cela dans l'ordre de notre verset :
- du bois de cèdre = c'est son orgueil qui l'a conduit à devenir métsora ;
- un fil écarlate = il doit donc viser l'extrême opposé à l'orgueil, se voir le plus bas possible ;
- de l'hysope = pour finalement pouvoir se stabiliser durablement sur la voie du milieu. ]

Selon le rav Kanievsky, bien que le Rambam écrit que concernant l'orgueil (à l'inverse des autres traits de caractère), il faille viser les extrêmes et non le chemin du milieu, le Lé'hem Michné nous explique que nous ne devons pas comprendre cela littéralement (plus on est extrémiste mieux c'est!).
En réalité, cela signifie simplement que nous devons être plus proches de l'extrême de l'humilité que de l'extrême de l'arrogance.

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-> "Du bois de cèdre et l'hysope" (Métsora 14,4)

Dans le processus de purification du Métsora (sorte de lépreux), la Torah demande d'apporter du bois de cèdre et de l'hysope (une plante sauvage) qu'il faudra brûler. Nos Sages expliquent que ce sont des fautes qui ont entraîné ces plaies. Et notamment des fautes liées à l'orgueil.
Ainsi, dans le cadre de sa purification, on demande au lépreux d'apporter du cèdre et de l'hysope. C'est comme si la Torah lui disait : "Si tu t'es enorgueilli comme un cèdre, tu te feras petit et tu te rabaisseras comme de l'hysope".
=> D'après cela, on comprend que l'on devait brûler le cèdre, pour faire disparaître l'orgueil. Mais pourquoi brûler également l'hysope? L'humilité est à conserver, et non à éliminer!

Le 'Hidouché haRim explique que lorsqu'un homme orgueilleux, essaie de s'appliquer à être plus modeste, il devra se convaincre de leçons de sagesse qu'il ne considérait pas jusqu'alors. Il rectifiera son regard de lui-même pour réaliser la fragilité de l'homme, ses limites, ses erreurs et fautes, son manque de discernement. Ainsi, à force de réflexion et de travail, il pourra atteindre une conscience plus réaliste des choses et se sentira plus humble.
Mais alors, surviendra le risque de la prise de conscience de son humilité. Il a beaucoup travaillé, beaucoup réfléchi, et maintenant, il réalise qu'il est bien moins grand qu'il ne pensait. Néanmoins, le danger est qu'il ressente un sentiment de fierté, voire de grandeur, face à son humilité. Il a du mérite d'avoir acquis cette si belle qualité, qui manque à tant de personnes! Et il risque (inconsciemment) d'en tirer un certain orgueil. C'est pourquoi, le travail final, celui de ne pas se sentir valorisé du fait de son humilité, est de brûler l'hysope.

La Torah attend in fine que l'homme soit humble, parce que telle est la vérité. En réalité, il n'a tout simplement pas de quoi être orgueilleux! Il doit se sentir humble avec simplicité, conscient de sa condition d'homme limité, sans le vivre comme un exploit.
Telle est la perfection de l'humilité. Être humble, parce qu'il ne peut pas en être autrement.
C'est pourquoi, la Torah ne donne pas de commandement à l'homme d'être humble. Car si l'homme cherchait à être humble pour respecter un commandement, ce serait déjà une forme d'orgueil. Comme s'il avait de quoi être orgueilleux et qu'il lutte contre, pour respectait ce commandement. L'homme doit donc rester simple uniquement parce qu'il n'y a vraiment aucune bonne raison d'être orgueilleux.

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"Voici la règle imposée au lépreux lorsqu'il redeviendra pur : on le présentera au Cohen" (Métsora 14,2)

-> La michna (Négaïm chap.14) enseigne qu'au terme du processus de purification, le Cohen devait annoncer à voix haute : "Pur!"

De la sorte, le lépreux comprenait que la parole a le pouvoir de guérir, et il prenait pleinement conscience du fait que "la mort et la vie sont au pouvoir de la langue" (Michlé 18,19).