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"Une vache rousse intègre qui n’a pas de défaut qui n’a pas porté le joug" ('Houkat 19,2)

Le 'Hozé de Lublin explique ce verset de la façon suivante :
Celui qui se considère parfait, sans défaut, cela est la preuve que cette personne ne porte pas le joug de la Royauté Divine.
Car celui qui porte véritablement ce joug, ne peut que trouver en lui de multiples défauts.

Ainsi, si quelqu’un pense qu’il "n’a pas pas de défaut", cela prouve "qu’il n’a pas porté le joug".

"Vous parlerez au rocher" ('Houkat 20,8)

-> Hachem a demandé à Moché de parler au rocher (du puits) afin qu'il produise de l'eau.
Qu'est-ce que Moché aurait dû dire au rocher?

Il aurait dû étudier un chapitre de Torah et alors le rocher aurait donné de l'eau.
[midrach Yalkout Chimoni 763]

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-> Le rav Aharon Yéhouda Leib Steinman enseigne :
Le Zohar (Térouma 161b) affirme que Hachem regarda dans la Torah et créa le monde.
Ainsi, puisque la Torah est le fondement du monde, toute la création lui est assujettie.
Moché, à qui Hachem avait ordonné de dire une parole de Torah au rocher, aurait alors fait sortir l'eau sans même le lui demander.

Même si finalement, l'eau qui avait jailli après les 2 coups provenait bien d'un mrarcle, car Moché en avait la capacité par ses pensées pures et saintes, cependant le kidouch Hachem consistait à montrer aux Bné Israël que la nature est totalement soumise à la Torah.
C'est pourquoi Hachem dit à Moché et Aharon ('Houkat 8,12) : "Puisque vous n'avez pas eu confiance en Moi ... vous ne conduirez pas ce peuple en terre d'Israël".

Le rav Steinman conclut que même si nous ne sommes pas au niveau d'agir de manière surnaturelle par des paroles de Torah, à l'image de Moché, nous pouvoir quand même voir de là la grandeur de l'étude de la Torah.

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-> "Moché leva la main et frappa le rocher (sela - סֶּלַע)" ('Houkat 20,11)

Le livre "Tikounei haZohar" dit que si Moché n’avait pas frappé le rocher, mais lui avait parlé comme l’avait ordonné Hachem, les bné Israël auraient appris la Torah sans aucune difficulté ni dissension.

Le Yichma’h Israël (rabbi Yaakov 'Haïm Sifer) écrit que l'on en trouve une allusion dans les paroles de la guémara (Méguila 18a) : "un mot vaut un sela (pièce de monnaie) et le silence en vaut deux".
Cela signifie que s’il y avait eu "un mot pour le rocher (sela), une parole et non un coup, pour le rocher que Moché a frappé, alors il y aurait eu "le silence pour deux", entre deux talmidei ‘hakhamim qui étudient la Torah, et qui auraient étudié la Torah calmement, sans difficultés ni dissensions.

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+ "Prends le bâton ... toi et Aharon ton frère, et vous parlerez au rocher sous leurs yeux et il donnera ses eaux ... tu feras boire l'assemblée et leurs animaux" ('Houkat 20,8)

-> Le verset dit "le bâton" (hamaté), et non : "ton bâton" (matékha).
Hachem fait référence au bâton avec lequel Moché et Aharon ont fait de nombreux miracles.
Ils devaient prendre précisément ce bâton pour frapper le rocher, plutôt que son bâton personnel, afin de rappeler au peuple juif les énormes miracles que Hachem a réalisés, et à quel point Il contrôle absolument tout dans ce monde.
Ainsi, ils n'auraient pas dû douter à savoir si Hachem pouvait faire sortir de l'eau de ce rocher. [Une telle interrogation ne doit pas exister car] Hachem contrôle tout dans ce monde et peut manipuler la nature comme Il le désire.
[Sifté Cohen]

-> L'article défini (le/au puits - asséla) indique qu'il s'agit d'un rocher bien précis.
Les Sages enseignent que D. a créé un rocher dont Il s'est souvent servi comme source miraculeuse.
C'est le rocher que l'ange avait révélé à Hagar alors que son fils Ichmaël se mourait de soif -Béréchit 21,19), celui-là même dont Moché avait fait sortir de l'eau sur l'ordre de D. près de 40 ans plus tôt (Chémot 17,6). Et ce même rocher avait accompagné le peuple dans ses pérégrinations aussi longtemps que Myriam était en vie. Mais à sa mort, il a cessé de donner de l'eau.
[Ramban]

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-> "Puisque vous n'avez pas cru en Moi pour Me sanctifier aux yeux des Bné Israël" ('Houkat 20,12)
Rachi commente : "Si vous aviez parlé au rocher et qu’il eût fait jaillir de l’eau, j’aurais été sanctifié aux yeux de la communauté qui se serait dit : "Si ce rocher, qui ne parle ni n’entend ni n’a besoin de nourriture, exécute l’ordre de Hachem, à plus forte raison nous incombe-t-il de le faire!"

-> La nature est soumise aux tsadikim, car toute la création l'a été pour eux. Cependant, la nature n'est pas soumise aux animaux des tsadikim.
Moché a pensé à tord que le peuple juif n'était pas méritant d'avoir les lois de la nature se changeant pour eux. C'est pourquoi il a frappé 2 fois le rocher : une fois pour faire sortir de l'eau pour le peuple juif, et une autre fois pour les animaux. ("tu feras boire l'assemblée et leurs animaux").
['Hatam Sofer]

-> Hachem dit à Moché qu'il avait fait une erreur. En effet, Moché pensait que Hachem n'accomplit des miracles uniquement pour les tsadikim.
Cependant [la réalité est que] dans les situations qui vont générer une sanctification du Nom Divin, alors Hachem réalise des miracle également pour les réchaïm.
Ainsi, "Puisque vous n'avez pas cru en Moi" = puisque Moché n'a pas cru correctement sur comment Hachem fait des miracles, alors il n'a pas parlé au rocher, "pour Me sanctifier" = en amenant un kidouch Hachem [ce qui aurait permis d'avoir un miracle même pour les réchaïm], alors Moché n'a pas mérité d'amener les Bné Israëk en terre d'Israël.
[Tsor haMor]

->b'h, également : https://todahm.com/2013/10/27/frapper-le-rocher-2-fois

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-> Selon Rachi (Vaéra 7,19) : Moché n'a pas frappé le Nil (lors de la 1ere et 2e plaie), car le fleuve l'avait protégé lorsqu'il y avait été jeté [avant que la fille de Pharaon l'y récupère].
De même, Moshé n'a pas frappé la terre (lors de la 3e plaie), car elle lui a permis d'enterrer l'égyptien qu'il avait tué.

Dans la paracha 'Houkat, Moché va frapper le rocher pour en faire sortir de l'eau, à la place de lui parler.
A cause de cette erreur, il lui a été interdit d'entrer en terre d'Israël.
Le midrach (Yalkout Chimoni 'Houkat 21) explique que Hachem a dit à Moché : "Est-ce que tu sais ce que les rochers ont fait à Mes enfants?" [comme il est dit : "l'a nourri avec le miel des rochers" (vayénikéou dvach misséla - Haazinou 32,13)]
[les rochers ont donné miraculeusement du miel pour nourrir les enfants juifs en Egypte.]
[Hachem a dit : ] "Après que le rocher a fait une telle faveur, tu oses le frapper?! Tu n'es pas digne de mener Mes enfants. J'ai déjà désigné quelqu'un pour prendre la relève : Yéhochoua bin Noun"."

=> Ainsi, selon ce midrach l'erreur de Moché a été son manque de reconnaissance envers les rochers, qui ont fait tant de bonté au peuple juif par le passé.

[ b'h, issu du divré Torah : https://todahm.com/2014/01/03/980-2 ]

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+ Quelques autres raisons sur : Pourquoi Moché et Aharon ont-ils été punis?

-> Le Ramban a écrit au nom de Rabbénou ‘Hananel que la faute était d’avoir dit "nous allons vous faire sortir de l’eau", alors qu’il aurait fallu dire "Hachem va vous faire sortir de l’eau", comme il est dit à propos de la manne : "Le soir, Hachem vous donnera de la viande à manger".

-> Pour le Ibn Ezra, leur faute (à Moché et Aharon) était d’avoir frappé plusieurs fois avec leur bâton. S’ils avaient frappé le rocher une seule fois, ce n’aurait pas été une faute.

-> Le Ibn Ezra au nom d’autres personnes rapporte que c’est parce que Moché et Aharon n’ont pas dit la chira sur le fait que l’eau sortait du rocher, et que les bné Israël ont dit la chira. Moché et Aharon ont donc été punis et ne sont pas entrés en Erets Israël avec les bné Israël.

-> Le Ibn Ezra au nom d’autres personnes rapporte que les bné Israël ont dit qu’ils allaient faire sortir l’eau d’un autre rocher (ce qu’on tire des mots du verset : "Est-ce que de ce rocher-là nous allons vous faire sortir de l’eau"), alors Moché a craint de modifier la parole de Hachem et de frapper un autre rocher, et parce qu’il n’avait pas fait sortir l’eau du rocher qu’on lui avait demandé, ils ont été punis parce qu’ils avaient empêché une sanctification du Nom de D.
C’est le sens de "parce que vous ne M’avez pas fait confiance pour Me sanctifier".

-> Le Méam Loez ('Houkat 20,12) rapporte l'interprétation suivante : lorsque Moché désobéit à l'ordre de D. et frappa le rocher, il perdit l'occasion d'enseigner une leçon importante aux Bné Israël.
S'il avait parlé au rocher, et par quelques mots, avait fait couler de l'eau, non seulement le Nom de D. aurait été sanctifié mais les Bné Israël en auraient déduit la leçon suivante : "Si un rocher, privé de parole, d'ouïe et n'ayant pas besoin de subsistance, obéit à la parole de D., qu'en est-il de nous qui avons assisté à tant de prodiges et pour qui tant d'actes de bonté ont été accomplis?"

-> Il y a un avis cité par Ibn Ezra selon lequel Hachem leur a reproché d’avoir manqué de respect aux bné Israël en disant : "Ecoutez, ô rebelles!" ('Houkat 20,10), alors qu’il ne convient pas à un homme pieux de parler de façon méprisante aux descendants d’Avraham, Its'hak et Yaakov.
Nos Sages ont appris de là que celui qui ne respecte pas l’honneur dû à la communauté, c’est comme s’il avait profané le Nom de Hachem.

-> L’avis du Rambam est que la faute de Moché était d’avoir penché vers la colère en disant : "Ecoutez, ô rebelles" ('Houkat 20,10).
Hachem a estimé qu’un homme comme lui ne devait pas se mettre en colère devant la communauté des bnei Israël, à un endroit où la colère ne convient pas.
C’est une profanation du Nom de Hachem, parce qu’ils apprenaient de tous ses gestes et de toutes ses paroles, espérant arriver à la réussite en ce monde et dans le monde à venir.
Quelle impression allaient-ils donc avoir de la colère, qui fait partie des choses mauvaises et qui ne provient que d’une mauvaise disposition.
En effet, cette génération était formée de grands sages. La plus petite des femmes parmi eux était comme Yé’hezkel ben Bouzi, et tout ce que disait ou faisait Moché, ils l’observaient.
Quand ils ont vu qu’il se mettait en colère, ils se sont dit qu’il n’avait pas de défaut, et que donc s’il n’avait pas su que Hachem était fâché contre eux pour avoir demandé de l’eau et qu’ils L’avaient irrité, il ne se serait pas mis en colère.

-> Pour le Abrabanel, quand Hachem a ordonné à Moché de parler au rocher, et que Moché l’a frappé au lieu de lui parler, cela a provoqué que Hachem punisse Moché et Aharon pour d’autres fautes qu’ils avaient commises : Aharon pour le Veau d’Or qu’il avait fabriqué, car même s’il n’avait pas fauté en l’adorant, comme il avait été la cause que beaucoup de gens soient morts et ne rentrent pas en terre d'Israël, lui aussi en a été puni.
Et Moché parce qu’il avait envoyé des explorateurs et leur avait demandé de faire leur rapport au peuple, ce que les bné Israël n’avaient pas demandé et ce que Hachem n’avait pas ordonné, à savoir d’observer le peuple installé dans le pays pour voir s’il était fort ou faible, peu nombreux ou nombreux.
Bien qu’il ait eu une bonne intention, il s’en est suivi que les explorateurs ont dit : "Le peuple est puissant ... et les villes fortifiées", et ils ont introduit la peur dans le peuple, qui a protesté contre Hachem et contre Moché. A cause de cela, il a été décrété qu’ils ne rentreraient pas en terre d'Israël et mourraient tous dans le désert.
Comme Moché avait été à l’origine de cet incident, il était juste que lui non plus n’entre pas en terre d'Israël. Et parce que les bné Israël avaient fauté délibérément et Moché par erreur avec de bonnes intentions, Hachem a protégé son honneur en faisant passer le décret contre lui à l’intérieur du décret contre le peuple.
Il a montré de la patience avec lui comme envers Aharon pour la faute du Veau d’Or.

-> Le Tsror haMor enseigne que Moché s’est fâché que les Bné Israël demandent de l’eau, parce qu’il croyait qu’ils n’avaient pas besoin d’eau. En effet, la manne était une nourriture très fine qui ne donnait pas soif. Elle se trouvait également entre deux couches de rosée, au point qu’elle représentait presque du pain et de l’eau.
C’est pourquoi il leur a dit : "Ecoutez, ô rebelles" ('Houkat 20,10), vous êtes des contestataires et des protestataires, est-ce que nous allons vous faire sortir de l’eau de ce rocher, faut-il donc aider les réchaïm?
Car quand Hachem fait des miracles, il convient qu’Il le fasse pour l’honneur de tsaddikim comme Daniel, ‘Hanania, ..., mais pour des réchaïm il ne convient pas qu’Il fasse des miracles.
Quand les bné Israël ont entendu ce que disait Moché, peut-être ont-ils pensé que Hachem ne pouvait pas, ou pour toute autre raison, et ce à cause du manque de foi qui était entré dans leur cœur à cause des paroles de Moché. Cela leur a été compté comme si c’étaient eux qui n’avaient pas cru. Tout cela parce que D. se montre sévère à l’extrême avec les tsaddikim. [il s'agit de la génération de la connaissance (dor déa)]
[voir également ci-dessus le commentaire du Tsor haMor]

-> Inversement, il est intéressant de souligner que Rabbi Chmouël David Luzzato fait remarquer dans son commentaire sur la Torah : "Toute ma vie, j’ai évité d’examiner trop profondément cette question, par crainte de ne rien dire de nouveau, et que j’ajoute encore une faute à Moché notre maître"

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-> Rabbi David Pinto (la voie à suivre n°1038) enseigne :
Au-delà de la sanctification du Nom divin qu’ils (Moché et Aharon) ont amoindrie en frappant le rocher au lieu de lui parler, ils ont manqué de livrer un enseignement aux générations à venir.
Dans le Midrach (Yalkout Chimoni 20), il est écrit : "Vous parlerez au rocher : Il lui a dit : lorsqu’un enfant est jeune, son maître le frappe pour lui enseigner ; quand il grandit, il le reprend par des paroles. De même, Hachem dit à Moché : lorsque ce rocher était petit, tu l’avais frappé, comme il est dit : “tu frapperas le rocher” (Béchala'h 17,6), mais maintenant, “vous parlerez au rocher” : dis-lui quelques mots de Torah et il fera sortir de l’eau".

Autrement dit, Hachem désirait que le peuple juif apprenne de cet événement une leçon importante d’éducation : lorsque les enfants sont encore petits, on peut parfois les frapper, quand c’est nécessaire. Mais, dès qu’ils grandissent, les coups n’ont plus aucune utilité, et il faut avoir recours à la parole, leur enseigner une chose, une halakha avec douceur et finesse. Par ce biais, le jeune aura envie de se rapprocher de la Torah, et ses parents auront le bonheur de constater qu’il "fait sortir" de l’eau, que les eaux de la Torah jaillissent de lui.

C’est cet enseignement édifiant que le Créateur désirait enseigner à Ses enfants (les Bné Israël) en ordonnant à Moché et Aaron de parler au rocher plutôt que de le frapper. Ainsi, lorsque Moché le frappa par erreur, il manqua à sa mission essentielle en même temps que l’opportunité de transmettre cet enseignement aux générations suivantes.
D’où la colère de D. et la sévérité de la punition qu’Il leur infligea.

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-> "Moïse leva la main, et il frappa le rocher de sa verge par 2 fois" (20,11)

-> Le Gan Ravé enseigne :
Pourquoi avons-nous besoin de savoir combien de fois le rocher a été frappé? De plus, pourquoi Aharon a été puni pour une action qu'il n'a pas personnellement faite?

Nous voyons ici que quelqu'un qui se tient à côté d'un autre qui réalise une faute (avéra), et qu'il ne fait rien pour essayer que l'en empêcher, alors il est également coupable.
La 1ere fois où Moché a frappé le rocher, c'est seulement lui qui était responsable, car comment Aharon pouvait-il connaître son acte?
Mais après qu'il l'ai frappé une 1ere fois, Aharon aurait dû dire quelque chose.
Ainsi, le verset nous dit que Moché a frappé une 2e fois, pour nous signifier que Aharon est devenu responsable de la faute pour avoir laissé Moché frappé le rocher une 2e fois.
[Aharon pensait que les actions de Moché étaient la volonté de D. (les tsadikim sont jugés sur l'épaisseur d'un cheveu)]

-> Que vient nous apprendre dans le verset le fait que "Moïse leva la main"? L'essentiel étant qu'il "frappa le rocher".
Le Divré Chaoul donne la réponse suivante :
Le rabbi Ména'hem Mendel de Riminov dit que les 248 membres du corps humain correspondent aux 248 mitsvot positives. Chaque organe du corps correspond à une mitsva.
Celui qui est un tsadik sanctifie chacun de ses membres, au point où il en vient à accomplir automatiquement la volonté de D.
La guémara (Nédarim 32b) rapporte ainsi que Avraham avait tellement sanctifié les membres de son corps qu'il réalisait automatiquement la volonté d'Hachem.
[c'était d'ailleurs une des difficulté de l'épreuve de la Akédat Itsa'hak, puisqu'il a dû aller à l'encontre de cet aspect habituellement automatique : ses bras de voulaient pas spontanément tuer son fils, à l'inverse de ce que lui demandait Hachem]

Selon cette explication, nous pouvons comprendre pourquoi le verset dit que : "Moïse leva la main".
Les membres de Moché voulaient faire spontanément la volonté de Hachem.
Ainsi, ses mains ne voulaient pas frapper le rocher, car cela n'était pas ce que voulait Hachem. C'est pourquoi le verset souligne que Moché a levé sa main = en d'autres termes, il a dû aller contre la volonté des organes et lever ses mains, afin de ne pas faire la volonté Divine.

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-> Le Méam Loez ('Houkat 20,11) enseigne :
Selon une opinion, [lorsque Moché frappa le rocher pour la première fois,] seules quelques gouttes d'eau s'écoulèrent lentement.
Les israélites le grondèrent : "Fils d'Amram! L'eau que tu fais sortir suffit pour des enfants à peine sevrés".
Ainsi, Moché frappa une 2e fois et l'eau jaillit avec tant de force qu'elle noya tous les railleurs qui l'avaient ridiculisé. Ils périrent car ils n'étaient pas dignes de boire cette eau.
Cet épisode est mentionné dans le verset : "Certes, il a frappé le rocher et de l'eau en a coulé ; des torrents en ont jailli" (Téhilim 78,20).

L'eau jaillit non seulement du rocher que Moché avait frappé mais de toutes les roches du désert.
D. accomplit ce miracle afin que les Bné Israël ne puissent prétendre que ce rocher-là avait la capacité de fournir de l'eau et aucun autre.
Le verset dit : "Il fendit des rochers [et non un rocher] dans le désert et abreuva le peuple comme des abîmes profonds" (Téhilim 78,15).
[...]
Nos Sages disent que le Nom Divin était gravé sur le côté du bâton qui fendit la mer et assécha l'eau à l'ouverture de la mer Rouge. De l'autre côté, était gravé le Nom Divin propre à produire de l'eau.
Ainsi, lorsque Moché, en colère contres les israélites, frappe le rocher, il abattit son bâton du mauvais côté, ce qui l'empêcha de produire de l'eau.
La 2e fois, il frappa sur l'autre côté du bâton et l'eau se mit à couler.

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-> Le gaon Rabbi Sim’ha HaCohen Rappoport, s’appuyant sur l’enseignement du midrach (Chémot rabba 3) : "La Chékhina parlait par la gorge de Moché", s’interroge : Pourquoi Moché a-t-il été puni pour avoir dit : "Ecoutez, je vous prie, ô rebelles", puisque la Chékhina parlait par sa gorge et que lui-même ne disait rien?
La guémara (Pessa’him 66b) enseigne que "Quiconque se met en colère, si c’est un Prophète, sa Prophétie [la Chékhina] le quitte". Par conséquent, comme Moché s’était mis en colère, c’est lui-même, et non pas la Chékhina, qui disait : "Ecoutez je vous prie, ô rebelles", c’est pourquoi il a été puni.
[Migdanot Yaakov]

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-> "Tu abreuveras l'assemblée et leurs animaux" ('Houkat 20,8)

Le Sefer 'Hassidim commente ainsi :
Nos Sages disent que l'on doit donner à manger d'abord à ses animaux avant soi-même, comme il est dit : "Je donnerai de l'herbe dans ton champ pour ton animal, et tu mangeras", d'abord ''à ton animal'' et après ''tu mangeras''.
En revanche, en ce qui concerne le fait de boire, d'abord l'homme boira, et ensuite il donnera à boire à ses animaux. Comme il est dit : "Tu abreuveras l'assemblée", c'est-à-dire d'abord les hommes, "et leurs animaux", ensuite on donnera à boire aux animaux.

"La terre que nous avons parcourue pour l'explorer est une terre qui dévore ses habitants" (Chéla'h Lé'ha 13,32)

-> Les habitants d'Israël avaient coutume de déposer leurs morts dans des cercueils et d'attendre qu'un juste ou une personnalité meure pour les enterrer en même temps.
Ainsi, le mérite de ce dernier les feraient tous accéder avec lui au monde à venir.

Par conséquent, lorsque Iyov est mort, il y a eu un grand nombre d'enterrements, ce qui a donné l'impression trompeuse que le pays tuait ses habitants.
Les explorateurs ont simplement vu l'enterrement de Iyov en même temps que beaucoup d'autres.
[le Sifté Cohen]

[Le Maharcha (sur Baba Batra 15a) dit que Iyov a protégé sa génération pendant sa longue vie, à l'image d'un arbre élancé et touffu offrant de l'ombre à tous]

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-> Si Moché n'avait pas envoyé les explorateurs, les enfants d'Israël auraient reçu la terre sans livrer aucune guerre.
[Sforno - Dévarim 1,21]

-> Selon un avis (Yérouchalmi Sotah 7,5), il n'y avait pas 12 explorateurs, mais 24 (2 par tribus).

-> Le verset 4, fait état du nom des explorateurs.
Selon le Ramban, ils sont cités par ordre d'importance (Kalev en 3e position et Yéhochoua en 5e).

Le Tsror haMor dit qu'ils sont énumérés selon la puissance de leur amour pour la terre d'Israël.
Selon le Sforno, c'est par ordre d'âge.

-> Le vin produit par la grappe géante de raisin a suffi pour les 40 ans de séjour dans le désert.
[midrach Chir haChirim 4,13]

[d'après certains, il a également servi pour les libations (nessakhim) offertes au michkan.
Les libations sont une mitsva donnée par Hachem lorsqu'Il vit le peuple regretter amèrement d'avoir fauter suite aux explorateurs, rentrant alors dans une grande tristesse. Il leur transmit cette mitsva de verser du vin sur l'autel, afin de les apaiser (nouvel mitsva, et le vin réjouit les gens tristes). ]

Selon le Min'ha Béloula, le volume de la grappe était de 9 200 litres, soit 2 tonnes.

-> Kalev et Yéhochoua n'ont rien ramené d'Israël.
Miraculeusement, il n'a fallu que 8 explorateurs pour porter la grappe de vin.
Un autre explorateur avait une figue et un autre une grenade.

-> Selon le Haamek Davar, les explorateurs n'ont jamais vu les géants mais seulement leurs enfants.

Le Yalkout Méor Aféla décrit comment un des enfants de ces géants a soulevé un explorateur et l'a mis dans sa poche, comme il l'aurait fait pour une sauterelle.

-> Selon le Kli Yakar, les explorateurs pensaient avoir l'air de sauterelles (cf. v.13,33), mais les géants les voyaient comme des fourmis (encore plus petits).
=> L'homme a tendance à se voir plus beau qu'il n'est réellement, et cela conduit souvent à ne avoir besoin de Hachem dans sa vie.

Pour le rabbi de Kotsk, ils n'avaient pas le droit de faire état du point de vue des géants, et ils n'auraient dû se soucier que de leur mission et non de l'impression qu'ils avaient produite sur les habitants du pays.
=> En faisant trop attention au regard environnant plutôt qu'à notre objectif dans la vie, on en vient à passer à côté de l'essentiel de notre vie.

Les explorateurs se sont laissés avoir par l'apparence extérieure du monde, plutôt que de se reposer sur la promesse donnée par Hachem, qu'Il les amènera sur cette terre d'Israël.
Un juif qui a de la émouna ne peut pas avoir un regard simple sur les choses, il se doit de regarder avec davantage de profondeur (certes les habitants d'Israël sont grands de taille, mais c'est un détail car Hachem est infiniment plus grand qu'eux!!)

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-> "Et nous fûmes à nos propres yeux comme des sauterelles et c'est ainsi que nous fûmes à leurs yeux" (Chéla'h Lé'ha 13,33)

-> Selon le Rav Mendel de Kotsk (Emet VéEmouna 496), le reproche essentiel qui fut adressé aux explorateurs résidait dans le fait qu’ils ajoutèrent à leurs paroles "et c'est ainsi que nous fûmes à leurs yeux". Car qu'importe à l'homme la manière dont il apparaît aux yeux des autres. Qu'il suive le chemin qu'il s'est tracé suivant ses propres aptitudes et les forces qui sont les siennes, sans se retourner à chaque fois pour regarder ce que l'on pense de lui. Que va lui ajouter ce qu'un tel pense à son sujet?

Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
Grâce à cette obstination à suivre la voie qu'il s'est tracée, l'homme se préservera des embûches et des mauvaises fréquentations qui sont en général, le fruit d'un manque de confiance en soi et d'une recherche de l'approbation d'un entourage qui n'est pas toujours souhaitable.
C'est face à une telle épreuve qu'il a été dit : "Et il s'en enorgueillit d'être dans la voie d'Hachem". Un juif doit veiller à ne pas être la victime passive d'un mauvais ami, mais proclamer au contraire avec fierté : "je suis quelqu'un d'important [un juif, un fils d'Hachem], il ne me sied pas d'être en compagnie de gens aussi misérables".

-> "Envoie pour toi des hommes" (Chéla'h Lé'ha 13,2)
Le rav Mendel de Kotsk commente allusivement en disant "renvoie de toi la société des hommes".
Il veut signifier par cela que l'on doit se garder de rechercher à tout prix l'approbation de la société, lorsque celle-ci est en contradiction avec les fondements du judaïsme. Aucune "sociabilité" ne justifie le moindre compromis dans ce qui touche à la crainte du Ciel ou aux règles de sainteté et de pudeur.

Le rav Elimélé'h Biderman ajoute :
Néanmoins, les Rabbanim soulignent que cela concerne une personne qui était jusqu'à présent "moitié homme, moitié ange". Un tel individu, en rejetant sa moitié "homme de société'' demeurera désormais entièrement ange. Mais celui qui était jusqu'à présent "moitié homme, moitié animal", gardons-nous de lui dire d'abandonner la société, car il demeurerait ainsi entièrement animal. Nos propos n'ont d'autre but que de se renforcer dans l'accomplissement de la Torah et de mitsvot mais pas lorsque cela conduit l'homme au but inverse.

-> Le midrach (Bamibar rabba 16,11) rapporte que Hachem pardonna aux explorateurs lorsqu'ils déclarèrent : "Nous fûmes à nos propres yeux comme des sauterelles", mais pas lorsqu'ils déclarèrent "c'est ainsi que nous fûmes à leurs yeux".
Hachem leur reprocha en effet : "Savez-vous comment Je vous ai fait apparaître à leurs yeux? Qui vous a dit que vous n'êtes pas des anges à leurs yeux?"
Ils s'attirèrent ainsi eux-mêmes leur châtiment : "Suivant le nombre de jours pendant lesquels vous avez exploré la Terre, 40 jours, une année pour chaque jour" (à savoir 40 ans d'exil dans le désert avant de pouvoir entrer en terre d'Israël et la mort de toute la génération).

-> Certes, la guémara (Sota 35a) enseigne que les explorateurs entendirent explicitement de la bouche des géants qui peuplaient la Terre "des fourmis se trouvent dans les vignes" (et d'après cela, pourquoi leur fut-il reproché "qui vous a dit que vous n'étiez pas des anges à leurs yeux?").
Néanmoins, le Sfat Emet explique qu'un homme entend suivant ce qu'il pense et s'il s'imagine être une fourmi, c'est ainsi qu'il entendra les gens parler de lui.
Le Sfat Emet écrit : "C'est parce qu'ils étaient misérables à leurs propres yeux, comme des fourmis, qu'ils apparurent de la sorte aux yeux des géants, car tout dépend du travail personnel de l'homme sur lui-même".

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-> "Tous les gens que nous y avons vus étaient gigantesques!" (Chéla'h Lé'ha 13,32)

Le nombre de géants avancé par les explorateurs était exagéré et selon Abarvanel, il n'y avait de géants qu'à 'Hevron et ils étaient seulement au nombre de 3.

-> "[Toute l'assemblée dit :] ... il vaut mieux pour nous retourner en Egypte!" (Chéla'h Lé'ha 14,3)

D'après certaines opinions, comme tous les égyptiens semblaient avoir péri à la mer Rouge, les enfants d'Israël croyaient qu'ils vivraient en hommes libres en Egypte.

Certains (midrach haGadol, Malbim, Ramban) disent que le peuple a dit : "... en Egypte, nous pourrons alléger un peu le joug que de la Torah nous impose et servir des dieux moins exigeants. Nous pourrons enfin vivre comme n'importe qui d'autres en Egypte."

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-> Les explorateurs (sauf Kalev et Yéhochoua) sont frappés par une épidémie prodigieuse.

Sans que rien ne l'ait laissé prévoir, leur langue enfle démesurément et, sortant de leur bouche, elle s'allonge jusqu'à leur ventre tandis que des vers grouillants s'en échappent pour pénétrer dans leur nombril.
Leur langue difforme et boursouflée et leur corps infesté par la vermine indiquent clairement que la mort des explorateurs, qui se sont servi de leur langue pour médire de la terre d'Israël, résulte de calomnies.

De plus, comme ils sont les seuls à mourir à ce moment, il est évident que ce sont leurs propos médisants qui ont causé leur perte.
[Abarbanel ; Targoum Yonathan ; Sité Cohen ; ...]

-> La guémara (Sota 35a) dit que les explorateurs sont morts par leur langue (qui avait parlé négativement d'Israël), qui s'est allongée jusqu'à leur estomac.
Le Beit Yossef enseigne que cela s'est passé le 9 Av, mais qu'ensuite ils ont souffert de douleurs continues jusqu'à mourir le 17 Elloul.
Le Tour rapporte que certains ont l'habitude de jeûner le 17 Elloul en souvenir de leur mort.
[Le Choul'han Aroukh (Ora'h 'Haïm 580) liste les jours où l'on doit essayer de jeûner (en plus de ceux déjà ordonnés par nos Sages), en raison des tragédies qui s'y sont passées pour les juifs. Parmi eux, il y a le : 17 Elloul, jour où sont morts les explorateurs.
Le Beit Yossef explique certes ils sont définis comme réchaïm, mais néanmoins cela est considéré comme une tragédie car ils n'ont pas pu faire téchouva.

A l'image du 9 av, le 17 Elloul est une journée de pleurs pour les juifs pour toutes les générations. Ainsi, selon les historiens, la 2e guerre mondiale (et donc par association la Shoah) a commencé le 1er septembre 1939, qui était un 17 Elloul.]

-> Selon Rachi (Michlé 26,22), les explorateurs ont succombé à une affection de la cavité buccale et d'un gonflement mortel des intestins.

-> Selon le Magen Avraham (580,2), les explorateurs se sont repentis au dernier moment.
Le Sifté Cohen dit qu'ils ont accepté le châtiment sanctionnant leurs actes et reconnu qu'ils en méritaient un plus terrible encore pour leur faute.

-> La guémara (Arakhin 15a) enseigne :
"Vois comme la médisance est puissante! D'où le sait-on?
Des explorateurs.
Si eux, qui n'ont médit que des arbres et des pierres ont subi un tel destin, à plus forte raison en est-il ainsi de celui qui calomnie son prochain."

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-> Les plus sévèrement punis seront les 10 explorateurs, car ce sont les principaux responsables.
Non seulement ils ont médit de la terre d'Israël mais ils ont incité le peuple à fauter, et à cette catégorie de personnes, on ne donne pas l'occasion de se repentir.
"Ils termineront leur vie dans ce désert, c'est là qu'ils périront" (Chéla'h Lé'ha 14,35) : cette double expression (terminer sa vie ; périr) signifie que non seulement ils mourront dans le désert, mais aussi dans le monde futur ...
Ils avaient fauté par leur langue en disant du mal de la terre d'Israël située au centre du monde, alors mesure pour mesure, leur langue se gonfla de vers qui se déversèrent ensuite vers leur nombril, situé au centre de leur corps.
[Méam Loez - Chéla'h Lé'ha 14,29]

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+ Les conséquences de la faute des explorateurs :

Pendant 40 ans, le peuple va errer dans le désert.
[à ce moment, le peuple était déjà dans le désert depuis 2 années, que D. a comptabilité dans les 40 ans par amour pour nous!]

La présence divine continuera à résider parmi eux, mais la relation entre D. et Israël ne sera plus exactement la même.

-> La brise du nord, qui a maintenu une température agréable dans le camp, va cesser de souffler et il fera dorénavant si chaud que pratiquer la brit mila comportera un risque de danger mortel, au point que l'on ne pourra plus l'accomplir. [guémara Yébamot 72a avec Rachi ; Maharcha]

En conséquence, le peuple ne pourra plus apporter le korban Pessa'h durant le reste de son séjour dans le désert. [Sifrei]

-> Bien que D. réside dans le camp, Il n'adresse plus la parole ni à Moché ni à Aharon.
C'est seulement lorsque toute la génération coupable aura péri que D. se révélera de nouveau.
[Mékhilta Bo ; guémara Taanit 30b avec Rachi]

-> Chaque année, la nuit du 9 Av, tous les hommes de la tranche d'âge destinée à mourir (de 20 à 60 ans au moment des faits) creusent des tombes et s'y allongent pour la nuit.
Certains ne se réveillent pas, mais étant donné le niveau spirituel de la génération, leur corps de se décompose pas.

Lorsque ceux qui sont encore en vie se réveillent le 9 Av au matin, ils entendent une voix proclamer : "Que les vivants se séparent des morts!"
A ce moment, ils se lèvent et quittent leur tombe.

Ce cérémonial se répète tous les ans à la même date pendant les 38 années suivantes jusqu'à ce que les 600 000 hommes de cette tranche d'âge soient morts, une moyenne de 15 000 hommes par an.
[Pirké déRabbi Eliézer 41 ;Sifté Cohen]

-> Le 9 Av de la 40e année, le processus se répète, mais le matin les juifs découvrent que personne n'a péri.
Pensant avoir mal calculé la date du 1er jour du mois et que le 9 Av n'est pas encore arrivé, ils se couchent à nouveau dans leur tombe, mais au matin suivant tous sont encore vivants.

La même scène se répète jusqu'au 15 Av où l'apparition de la pleine lune leur assure définitivement qu'ils n'ont pas commis d'erreur et que le décret a vraiment pris fin.
Ce jour est marqué par une joie particulière, qui sera commémorée tous les 15 Av.
[guémara Taanit 30b avec Rachi et Tossafot]

-> D'une manière générale, seuls ceux qui atteignaient 60 ans mouraient.
Le Maharcha précise que tous les hommes concernaient par le décret divin creusaient quand même leur tombe car une minorité mourait avant d'avoir atteint cet âge.

-> Les juifs connurent la même mort que les explorateurs : un ver émergeait de leur ventre et pénétrait dans leur bouche, ce qui les tuait.
Ce terrible décret dura 38 ans, jusqu'à ce que toute la génération âgée de 20 à 60 ans (603 550 hommes) ait disparu.
Ainsi, chaque année, entre 15 000 et 16 000 hommes mouraient la nuit du 9 Av.
[Méam Loez - Chéla'h Lé'ha 14,1]

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-> Le rav Elimélé'h Biderman enseigne :
On ne peut décrire ni évaluer comment les juifs priaient chaque soir de 9 Av, la dévotion, le repentir qu'ils mettaient dans leurs supplications, comme nos Sages l'enseignent : "Repens-toi un jour avant ta mort!" (Pirké Avot 2,10), et à plus forte raison à ce moment-là (qui pouvait être le dernier jour de leur vie)
Néanmoins, cela n'empêchait pas que 15 000 hommes périssaient chaque année à cette date.
C'est que malgré l'immense crainte qui les étreignait, chacun pouvait encore penser (plus ou moins inconsciemment) : "Qui dit que cette année sera celle où je devrais mourir puisque "seulement" 15 000 parmi les Bné Israël périront cette année?"
Une telle prière ne peut annuler le décret.

En revanche, la dernière année (la 40e), alors que seuls les 15 000 derniers demeuraient vivants de toute la génération, ceux-ci prièrent des profondeurs les plus intimes/cachées de leur cœur.
Une telle prière est, elle, en mesure de déchirer les Cieux et d'annuler un décret fût-il scellé par un serment (comme l'avait fait Hachem).

[certains disent que les femmes ont tellement prié intensément devant la certitude que leurs maris allaient mourir (non Hachem, on veut qu'il reste parmi nous!), et cela jusqu'au 15 Av, que c'est une des raisons de la fête du 15 Av liée à l'amour.
Le rav David Touitou dit à ce sujet que Hachem leur a signifié : au lieu de prendre la vie de vos maris, j'accepte l'amour que vous vous portez l'un et l'autre, et c'est le 15 Av.]

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-> Le Sifté Cohen (Bamidbar 14,34) fait remarquer que D. a montré une grande miséricorde vis-à-vis de Son peuple.
En effet, si le le périple avait duré les 160 jours que ce parcours (de la visite de tout Israël) aurait normalement dû prendre, le peuple serait resté dans le désert pendant plusieurs générations.
S'il avait été plus court, les hommes âgés de 20 ans à l'époque, seraient morts avant d'atteindre la soixantaine.

Par ailleurs, en entendant que les enfants d'Israël avaient quitté l'Egypte, les Cananées ont déraciné tous les arbres de leur pays de crainte que les enfants d'Israël n'envahissent la région.
Ils ont également mis le feu à toutes les maisons, et il leur faudra 40 ans pour les reconstruire.
[Chémot rabba 20,15 ; 'Hatam Sofer]

-> Le 'Hovot Yaïr (responsa 250) dit que sur les 37 ans qu'il leur restait à passer dans le désert, ils n'ont creusé une tombe que 28 fois (le 9 Av tombant 9 fois un Shabbath, et il est interdit de creuser ce jour-là).
Selon d'autres opinions, les tombes étaient creusées la veille du 9 Av, ce qui résolvait le problème.

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-> Les femmes, qui n'ont pris aucune part à la rébellion, ne sont pas concernées par le décret divin et bénéficieront d'une longévité normale.
Un grand nombre de femmes a donc sans doute mérité de vivre assez longtemps pour entrer dans le pays.

Yéhochoua et Kalev sont les seuls homes âgés de 20 à 60 ans à avoir survécu dans le désert.

-> Selon le Sifté Cohen (Bamidbar 14,29), le érev rav n'a pas mérité d'être inhumé.
Lorsqu'on essayait d'enterrer l'un de ces pêcheurs, la terre vomissait son cadavre.

-> Selon Rabbénou Bé'hayé (Bamidbar 14,30), bien que Moché et Aharon n'aient pas mérité non plus d'être enterrés en terre d'Israël, ce sont eux qui mèneront les autres (ceux morts dans le désert) en Israël au moment de la résurrection des morts.

Rabbénou Bé'hayé (Dévarim 2,17) enseigne également que chaque année, Moché lui-même s'endeuillait pour ceux qui mouraient le 9 Av.

"Ceci est le décret ('houkat) de la Torah, que Hachem a prescrit" ('Houkat 19,2)

-> Le terme "décret" ('houka) fait référence à la mitsva de la vache rousse dont la raison n'a pas été révélée au peuple juif.

Le roi Chlomo (le plus sage de tous les hommes) a déclaré à son sujet : "J'ai dit que je deviendrai sage, mais elle [la mitsva de la vache rousse] était loin de moi" (Kohélet 7,23, d'après le midrach Bamidbar rabba 19,3).

=> Même en y mettant toute son incroyable sagesse, il n'a pu la comprendre.

-> Les eaux de la vache rousse avaient 2 propriétés contradictoires : elles purifiaient l’impur et rendaient impur le pur.
Cette mitsva semble contenir un paradoxe mystérieux : purifie-t-elle ou rend-elle impure ?
Le Midrach fait remarquer que seul Hachem, Qui est absolument Un, peut faire cela, car Son Unité permet de réunir les opposés et les divisions.

-> Le Béra'h Moché dit que cette mitsva a été donnée au peuple juif afin qu'il ne devienne pas arrogant, car on ne pourra jamais dire que l'on a une compréhension totale de la Torah, puisque l'explication de cette mitsva ne nous est pas accessible.
Plein d'humilité, nous devons suivre la volonté de D. même quand son sens nous est totalement caché.

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-> Le secret de la vache rousse ne fut révélé qu'à notre maître Moché ...
Même le roi Chlomo, l'homme le plus sage au monde qui était expert dans tous les domaines de la connaissance, ne pénétra pas le secret de la vache rousse;
Il est dit : "Je dis : je serai sage, mais c'est loin de moi" (Kohélet 7,23).
Le roi Chlomo pensait devenir assez sage pour sonder le secret de la vache rousse, mais "c'est loin de moi".
Les mots "véhi ré'hoka" (c'est loin) ont la même valeur numérique que celle de l'expression : "para adouma" (vache rousse).
[Méam Loez - 'Houkat 19,1-22]

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-> La Torah a voulu par l'expression : "Ceci est le décret", faire allusion que quiconque réaliserait ce commandement (de la vache rousse), bien qu'il ne connaisse pas la raison de cette loi irrationnelle, la Torah le considérera comme s'il a accompli toute la Torah qu'Hachem a ordonnée.

En effet, l'accomplissement d'un commandement irrationnel atteste de la foi et de l'acceptation de cette personne d'accomplir toutes les volontés de Son Créateur."
[Ohr ha'Haïm haKadoch - Bamidbar 19,2]

-> Le rav 'Haïm Chmoulevitch explique :
N'est considéré comme un authentique serviteur de D. que celui qui respecte les mitvot sans réclamer de justification.
Dès qu'un homme exige des explications, il n'est plus un "serviteur", mais une personne se considérant libre et agissant conformément à ses choix personnels. Or, notre rôle consiste précisément à devenir des serviteurs dévoués au Maître du monde.
Le prophète Yéchayahou adressa d'ailleurs un reproche en ce sens au roi 'Hizkiyahou : "Pourquoi t'immisces-tu dans les calculs divins? Ce qu'on t'a ordonné de faire, tu dois l'accomplir!"
Autrement dit, conforme-toi aux ordres sans y impliquer tes calculs personnels! ...

En vérité, ce point représente l'un des aspects les plus ardus de notre service Divin.
L'homme accepte difficilement d'être totalement soumis, contraint de respect les mitsvot parce que telle est la volonté de D.
Il préfère agir selon ce que son intellect lui dicte, et non en tant que serviteur soumis.

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-> L'intitulé de la vache rousse : "Ceci est le décret de la Torah" ('Houkat 19,2) est également celui du passage énonçant les règles de purification des ustensiles utilisés par des non-juifs (Matot 31,21).
Quelle est la relation entre ces 2 thèmes? Pourquoi n'est-il pas écrit ici : "Ceci est le décret de la vache rousse", et là-bas : "Ceci est le décret des ustensiles"?

Selon le rav Moché Feinstein (Darach Moché), ces intitulés identiques nous apprennent une règle générale concernant la Torah tout entière : aussi bien les préceptes que nous pouvons comprendre que ceux dont le sens nous dépasse doivent être respectés comme des "décrets" incompréhensibles.
Même lorsque la Torah nous renseigne sur la signification d'une loi, et à plus forte raison si celle-ci est expliquée par la guémara ou les commentateurs, nous devons néanmoins la considérer comme une mitsva insondable.

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-> La mitsva de la vache rousse est une procédure qui fonctionne à l'opposé de toute logique.

Les eaux, confectionnées avec les cendres de la vache rousse purifient ceux qui sont impurs et rendent impurs ceux qui les préparent et qui étaient purs initialement.

L'expression : "Ceci est le décret" vient enseigner : ne crois pas que ce sont les cendres de la vache rousse qui ont un pouvoir purificateur ou impurificateur, mais c'est la volonté d'Hachem qui agit dans le sens indiqué par la Torah.
[Rabbi 'Haïm Chmoulevitch]

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-> "Avraham dit : ... Je ne suis que poussière (afar) et cendre (éfer)" (Vaéra 18,27)

La guémara ('Houlin 88b) enseigne que pour avoir dit : "afar" nous avons reçu la mitsva de la Sotah, et pour avoir dit : "éfer" nous avons reçu la mitsva de la vache rousse..

=> Comment comprendre que pour un seul acte d'humilité, Avraham nous a fait mérité 2 mitsvot?

Le Ben Ich 'Haï (Ben Yéhoyda) apporte la réponse suivante.

Il existe 2 types différents d'humilité : l'humilité du corps et l'humilité de l'âme.

Certains en parlant de sujets spirituels attribuent tout à Hachem, mais dès que cela touche à la matérialité, il sont certains que tout n'arrive que grâce à eux.

D'autres, sont conscients que leur apparence physique, leur force, leur réussite, ... provient totalement de Hachem, mais en ce qui concerne leur étude et leur accomplissement des mitsvot, ils s'attribuent tous les mérites.

Avraham a fait preuve d'une humilité à la fois matérielle (son corps est comme poussière, à l'image de tout corps après la mort) et à la fois spirituelle (son âme est comme cendre, élément sans usage).

Le peuple juif a reçu la mitsva de la Sotah qui représente la matérialité (poussière de terre dissoute dans l'eau) ; et la mitsva de la vache rousse pour la spiritualité (les cendres de la vache, 'hok par excellence).

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-> Pourquoi est-ce que ces 2 mitsvot ont-elle nécessité un mérite pour les obtenir, contrairement au restant des 248 mitsvot positives?

Hachem a fait un miracle afin que l'on puisse facilement constater qu'une vache rousse n'a jamais porté de joug.
Il a placé 2 poils dans sa nuque qui y restent tant qu'elle n'a pas porté de joug, ce qui permet de la déclarer cashère.

De même, Hachem a fait un miracle avec la femme Sotah, afin que son mari puisse avoir un signe clair si elle est de confiance ou pas.
[Amenée au temple, elle suivre une procédure au terme de laquelle, si elle avait effectivement trompé son mari, elle décédait, et sinon elle était bénie de nombreuses bénédictions.]

Le Ben Ich 'Haï conclut que ces 2 mitsvot sont spécifiques, dans le sens où D. a changé les lois de la nature afin de pouvoir les accomplir.
Nos Sages en ont déduit qu'elles n'ont pu nous être accordées que grâce à un mérite spécial.

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+ Quelques autres explications sur la mitsva de la vache rousse :

1°/ Selon le 'Hatam Sofer :
Il rapporte un enseignement de la guémara (Avoda Zara 4) qui dit que les juifs, compte tenu de leur haut niveau spirituel, n'auraient jamais dû commettre la faute du Veau d'or, et c'est seulement Hachem Lui-même qui les a poussés à cette faute pour enseigner à la communauté la force du repentir.

En effet, si une assemblée en venait à fauter, ils se diront que de même que lorsque le peuple a fait le Veau d'or, ils se sont repentis et Hachem les a pardonnés, ainsi eux-aussi en viendront à se repentir et ils seront pardonnés.

Il en ressort que les juifs étaient purs à la base.
Seulement, ils se sont souillés par la faute du Veau d’or malgré leur pureté, pour que d’autres personnes qui seraient impurs suite à leurs pêchés, apprennent d’eux la leçon du repentir et se purifient.
Or, comme le rapporte Rachi, la vache rousse venait expier la faute du Veau d’or.
[la vache, qui est la mère du veau, doit venir nettoyer la saleté de son fils - "Vienne une vache pour faire expier la faute du veau d’or" - cf. Rachi v.19,22].

=> Ainsi, à l’instar de la faute du Veau d’or, les cendres de la vache rousse aussi ont cette même particularité : elles rendent impur celui qui est au départ pur dans le but de purifier l’impur.

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-> "Pour quelle raison utilise-t-on une femelle pour le sacrifice de la vache rousse, alors que tous les autres sacrifices proviennent d'animaux mâles?
Rabbi Eibo enseigna : C'est à l'image du fils d'une servante qui aurait souillé le palais royal.
Le monarque déclara : "Que sa mère vienne nettoyer les excréments de son fils!"
Ainsi, Hachem s'est-Il exprimé : que la vache vienne expier la faute du Veau d'or".
[midrach Bamidbar rabba 19,8]

-> Le rav Its'hak Goldwasser (Yitspon laYécharim Touchya) enseigne :
La fabrication du Veau d'or consista à transformer par l'effet du feu une matière inerte (un bloc d'or) en un être vivant.
C'est pourquoi, l'expiation était obtenue en transformant par les flammes une bête vivante, la vache rousse, en un tas de cendres.

Nous pouvons apprendre de là le pouvoir que détient le feu autant pour détruire que pour construire.
Mais cette propriété n'est pas exclusive au feu : toute force au monde peut agir dans un sens comme dans l'autre. Ne nous fions donc pas aux apparences, tel que notre intelligence les décrypte ...
Tel est le message que nous enseignent le Veau d'or et la vache rousse : le processus de celle-ci semble consister en une destruction, mais il est pourtant l'unique moyen pour atteindre la purification.
Et vice-versa pour le Veau d'or : sa fabrication, obtenue en faisant fondre de l'or, n'entraîna que perte et destruction.

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2°/ Selon le Rabbi Mena'hem Mendel de Vorka :
Il disait que le secret de la vache rousse fait écho à la mitsva d’aimer son prochain.
En effet, les cendres de la vache rousse purifiait celui qui était impur et rendait impur celui qui était pur.
Ainsi, le Cohen était prêt à devenir impur et à contracter l’impureté, le tout pour purifier son prochain.

Cela nous permet de comprendre un midrach qui enseigne que Hachem n’a révélé le secret de la vache rousse qu’à Moché et à personne d’autre.
(Hachem a annoncé à Moché : "A toi, Je révèle la signification de la vache rousse, mais pour les autres, elle reste un décret" - midrach Bamidbar rabba 19,6)
En effet, Moché n’a pas seulement accepté de se rendre impur pour son peuple, mais il a été prêt à disparaître totalement ("efface-moi du livre que Tu as écrit (la Thora)").
C'est grâce à cet acte d’amour absolu, que lui seul a pu atteindre le niveau pour comprendre ce secret de la vache rousse.

-> Nous allons voir un enseignement du Rabbi de Loubavitch permettant de développer l'idée précédente.

D'un côté, le Cohen qui s’affairait à purifier son prochain devenait lui aussi impur, car il devait créer un lien entre lui et la personne impure qu'il allait purifier.
Il devait lui aussi descendre de niveau et se mettre dans la situation d'impureté du juif qu'il allait rendre pur.

Mais d’un autre côté, l’impureté qu'il contractait à cette occasion était plus faible, car elle ne durait qu’un seul jour, contrairement à la personne impure au contact d’un mort, qui allait être purifiée par les cendres de la vache rousse, dont l’impureté s’étendait sur 7 jours.

[La vache rousse renvoie à l'idée que parfois, il faut savoir se jeter (de façon maîtrisée) dans la boue afin de pouvoir relever un frère juif qui y est, et lui redonner alors toute sa dignité.
Certes je me suis sali, mais voir autrui de nouveau propre, pur : qu'elle joie! ]

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-> Le Rabbi Mena'hem Mendel de Vorka enseigne également que : la faute du Veau d’Or résultait d’un manque de confiance en Hachem, c’est pourquoi on a donné aux bnei Israël la mitsva de la vache rousse, qui est une ‘houka sans raison compréhensible.
En l’accomplissant, les Bné Israël prouvent qu’ils font totalement confiance à Hachem, et ainsi la faute du Veau d’Or se trouve rachetée.

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3°/ Selon le Baal Chem Tov :
Il explique que la vache rousse symbolise le fait d’accomplir les mitsvot dans un but intéressé, pour obtenir des honneurs par exemple. En effet, la couleur rouge représente ce qui n'est pas pur, à l’instar de celui qui respecte les mitsvot de façon intéressée, dont l'intention n’est pas pure et relève de la couleur rouge.

Nos Sages enseignent qu’au départ, il convient justement de pratiquer la Torah avec des intentions intéressées, car cela est un moyen de se motiver et de rendre plus facile la pratique, qui peut paraître difficile au début.
Mais, le but final est d'en venir à une pratique désintéressée (sans intérêt personnel), uniquement pour réaliser la volonté d'Hachem, et s'il ne le fait pas, cela lui sera considéré comme une faute.

=> La vache rousse qui symbolise le service divin intéressé, purifie l'impur, c'est-à-dire qu'elle permet de rapprocher celui qui vivait jusqu'à présent dans la faute et l’impureté. L'impur devient pur (comme attiré par la carotte).
En revanche, celui qui est arrivé à un niveau de pureté et est déjà bien engagé, alors pour lui, la pratique intéressée sera négative et sera considérée comme une faute relevant de l’impureté.
La vache rousse rend le pur impur : il devra se débarrasser de son intérêt personnel dans l'accomplissement des mitsvot.

[Un enfant a besoin d'être motivé par des sucreries, tandis qu'un adulte n'en a pas besoin puisqu'il sait que c'est ce qu'il doit faire, que c'est pour son bien ultime.
Il en est de même dans la pratique de nos mitsvot, où notre maturité spirituelle se traduit par des actes désintéressés.]

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-> L’un des détails de la mitsva est que la vache doit être "parfaite", c’est-à-dire intégralement rousse, car si elle a 2 poils noirs, elle ne peut pas servir.
Le ‘Hidouchei haRim fait observer à ce propos : "On peut tirer de là une grande leçon. En ce qui concerne la perfection de la couleur de la vache rousse, 2 poils suffisent à la rendre inapte, mais en ce qui concerne la perfection du juif qui a reçu la mitsva "soyez parfaits avec Hachem votre D.", même l’équivalent d’un seul poil suffit à l’annuler!"
[d'où l'importance d'examiner nos actions, et de faire souvent téchouva pour revenir vers cet état de perfection!]

-> Une autre raison pour laquelle la vache doit être rousse est que les péchés sont comparés à la couleur rouge, ainsi qu’il est dit : "Si vos péchés sont comme l’écarlate ... s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine" (Yéchayahou 1,18).
Et la vache dot être parfaite comme Israël qui est parfait, alors que par la faute du Veau d’Or il est devenu infirme. La raison pour laquelle la vache ne peut pas servir si elle a porté le joug est une allusion au peuple d’Israël, car toute sa chute provient du fait qu’il a rejeté le joug du royaume des Cieux.
[la voie à suivre n°270]

-> Neuf vaches rousses au total ont été brûlées depuis notre maître Moché jusqu'à la destruction du 2e Temple.
La première fut brûlée par Moché, la 2e par Ezra haSofer, 2 par Chimon haTsadik, 2 par le Cohen Gadol Yo'hanan, la 7e par le prophète Eliyahou, la 8e par 'Hanamel l'égyptien, et la 9e par Yichmaël fils de Piakhi.
La 10e sera préparée à la venue du machia'h et purifiera le peuple juif souillé par ses transgressions.
[Méam Loez - 'Houkat 19,1-22]

-> La cendre de la vache a la propriété de purifier ceux qui ont été rendus impurs par un contact avec un mort.
Les plus grands des commentateurs témoignent de ce que la cendre de la vache rousse se trouvait entre les mains des Amoraïm d’Erets Israël qui ont vécu après la destruction du Temple, et ils l’ont utilisée pour se purifier.
Dans la guémara (Nida 6b), ce qui est dit au nom d’Oula est expliqué ainsi par Rachi : "Les ‘haverim de Galilée purifient leur vin pour les libations et leur huile pour les offrandes, dans l’espoir que le Temple sera reconstruit de leur vivant".
On trouve des allusions explicites dans le même esprit chez le Roch, selon qui les Amoraïm d’Erets Israël utilisaient les cendres de la vache rousse : "A l’époque des Amoraïm, on mangeait de la térouma pure en Erets Israël, parce qu’ils avaient les cendres de la vache rousse", et il cite la guémara ci-dessus.

Le ‘Hida témoigne que le Arizal a utilisé les cendres de la vache rousse, sans quoi il ne serait pas arrivé aux niveaux extraordinaires qu’il a atteints.
"Mon cœur me dit que le Rav dissimulait très soigneusement la chose, à cause de nos nombreux péchés".
[la voie à suivre n°580]

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-> Le rav David Pinto (la voie à suivre n°475) enseigne :
"Nos Sages (guémara Béra'hot 5a) enseignent que si quelqu’un voit que des malheurs lui arrivent, il doit réfléchir à sa conduite ; s’il y a réfléchi et n’a rien trouvé, qu’il le fasse dépendre de la négligence dans l’étude de la Torah.
[...]
La Torah a ordonné qu’on brûle la vache rousse et qu’on jette sa cendre sur la personne impure, pour lui dire en allusion qu’elle est venue de la poussière et retournera à la poussière.
Cela l’amènera à un repentir total, ainsi que l’ont dit les Sages (Berakhot 5a) : "On lui rappellera le jour de la mort", ce qui est la façon d’être sauvé du mauvais penchant ...

En ce qui concerne la vache rousse, il faut dire que le mot para (vache) est formé des mêmes lettres que le mot rafé (faible). Cela signifie que si l’homme est devenu impur, cela a été provoqué parce qu’il s’était montré faible dans l’étude de la Torah, comme l’ont dit les Sages sur le verset : "Amalek vint et il lutta contre les bnei Israël à Refidim" (Béchala'h 17,1), qu’ils s’étaient affaiblis (rafou) dans l’étude de la Torah (midrach Tan’houma Bechala’h 25).
Et le mot rousse (adouma) évoque le jugement (din), c’est-à-dire que celui qui se montre faible dans l’étude de la Torah, la justice s’éveille contre lui.

C’est ce qu’ont dit les Sages : "Si quelqu’un voit que des malheurs lui arrivent, qu’il examine ses actes ; s’il les a examinés et n’a rien trouvé, qu’il le fasse dépendre de la négligence dans l’étude de la Torah".
Cela signifie que lorsqu’il est arrivé quelque chose qui a rendu l’homme impur, il doit examiner sa conduite et chercher quelle est la faute qui a provoqué cela ; s’il n’a pas trouvé, il doit le faire dépendre de la négligence dans l’étude, car il s’est certainement affaibli dans l’étude et la justice s’est éveillée contre lui, c’est cela la vache rousse, rafé et din (para adouma), on lance sur lui de la cendre de la vache, cela lui rappelle le jour de la mort et il se repent totalement devant Hachem."

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+ La Vache rousse (compilation issue du Méam Loez) :

-> La veau devait être rousse, car Hachem dit : "Que vienne la mère et fasse expiation pour la faute du Veau".
La vache représente une expiation pour la faute du Veau d'or, car la vache est la mère du veau.
La perfection physique que la vache rousse devait posséder fait allusion à la perfection morale des juifs avant la faute du veau d'or.
Une vache sans défaut devait donc les ramener à leur état de perfection antérieur à la faute.
De plus, les juifs avaient rejeté le joug céleste en adorant le veau d'or, il fallait donc que la vache rousse n'ait jamais porté de joug.

La 1ere vache rousse fut donnée à El'azar et non à Aharon car un procureur ne peut se faire avocat.
Le peuple s'était rassemblé devant Aharon et avait réclamé qu'il leur fabrique le veau d'or, ce qu'il fit.
[Aharon ne pouvait donc effectuer l'expiation des Bné Israël]

La pulvérisation de la vache par le feu rappelle celle du veau d'or.
Les 3 objets liés ensemble (le bois de cèdre, l'hysope et la laine écarlate) font allusion aux 3 000 personnes qui moururent à cause de cette faute.
Ces 3 espèces furent choisies car le cèdre est l'arbre le plus haut et l'hysope, le plus bas.
La Torah nous enseigne qu'un homme excessivement orgueilleux doit apprendre se considérer aussi bas que le ver qui produisait la teinture écarlate (tola'at).
Le roi David a dit : "Je suis un ver et non un homme" (Téhilim 22,7).
Lorsqu'un homme s'abaisse, ses fautes, [seraient-elles écarlates,] lui sont pardonnées.

De plus, la faute du veau d'or devait être rappelée dans toutes les générations, comme il est écrit : "Cependant, lorsque Je me souviendrai du peuple, je prendrai en compte ce péché" (Ki Tissa 32,34).
Hachem ordonna, de même, que les cendres de la vache rousse soient conservées pour toutes les générations : "Elles resteront en dépôt pour la communauté israélite".

La vache rousse rendait impurs tous ceux qui la touchaient, car selon la loi, un objet idolâtre rend impur par toucher.
La guémara enseigne : "Quelle est la preuve qu'une idole rend impur par contact, comme une femme nidda? Car il est dit : "Vous rendrez également impur le revêtement d'argent de vos idoles gravées et l'ornement doré de vos images moulées. Vous les rejetterez comme un objet impur (dava)" (Yéchayahou 30,22).
De même qu'une femme nidda (appelée aussi : dava) rend impur par contact, l'objet d'un culte idolâtre rend impur. Comme l'idole du veau d'or rendit impurs tous ses adorateurs, la vache rousse rend impur quiconque la touche.

A l'inverse, de même que les Bné Israël furent purifiés par les cendres du veau que Moché brûla et pulvérisa, les cendres de la vache rousse purifient toute personne impure.

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-> "Ceci est un Statut de la Loi (‘Houkat haTorah) qu’a prescrit Hachem, en disant : Parle aux Bné Israël et qu’ils prennent vers toi une Vache Rousse, intacte, sans aucun défaut, et qui n’ait pas encore porté le joug" ('Houkat 19,2).

Rachi commente l’expression : "Qu’ils prennent vers toi" = "Elle sera toujours appelée d’après ton nom : la vache que Moché a faite dans le désert".
=> Pourquoi la Loi de la "Vache Rousse" est-elle liée à Moché plus qu’une autre mitsva?

On peut citer les explications suivantes :

1°/ Le midrach (Bamidbar rabba 19,6) enseigne : "Hachem dit à Moché : A toi, Je révèle les raisons du Commandement de la Vache Rousse mais pour les autres, c’est un Statut (‘Houka)".
On peut expliquer le privilège de Moché ainsi : Les fautes de l’homme l’empêchent de saisir la Torah et les Commandements. Elles constituent des cloisons qui assombrissent sa perception de la Lumière divine. L’impureté est un écran qui prive l’homme de la capacité de saisir les choses spirituelles élevées.
La "Vache Rousse" fait expiation sur la faute du "Veau d’Or" (comme rapporté par Rachi). Elle recèle donc en elle-même une certaine "impureté" qui rend impurs ceux qui l’étudient au point de brouiller leur perception de la signification de ce commandement.
Tous les membres du peuple juif portent une certaine part de responsabilité dans la faute du "Veau d’Or". La Tribu de Lévi aussi était coupable, parce qu’Aharon a fabriqué le "Veau" d’une part et parce que chacun est responsable de l’autre, d’autre part.
Le seul qui n’ait pas pris part à la faute était Moché qui, à ce moment-là, se trouvait au Ciel. Il n’avait donc pas la moindre idée du motif du Commandement de la Vache Rousse parce qu’il n’avait pas en lui le moindre rapport avec cette faute. Hachem le lui a expliqué et il fut le seul capable de comprendre la raison du Commandement de la Vache Rousse car aucune imperfection ne brouillait sa perception.
[Mélo haOmer]

2°/ La Loi de la "Vache Rousse" est appelée "Décret de la Torah" (‘Houkat haTorah), car elle inclut en elle l’ensemble des Commandements de la Torah [le Principe stipulant que toutes les mitsvot, y compris celles dont le sens est dévoilé, doivent être accomplies avec abnégation et soumission totale (kabalat ol), comme s’il s’agissait d’un ‘Hok (décret du Roi)].
C’est pour cela qu’elle est appelée au nom de Moché, car la Torah est aussi appelée en son nom (guémara Shabbath 89a), comme il est dit : "Souvenez-vous de la Torah de Moché (Torat Moché), Mon serviteur" (Mala'hi 3,22).
[Likouté Thora]

3°/ La "Vache Rousse" fait expiation sur le "Veau d’Or". Puisque Moché a lui-même commencé cette expiation, comme il est dit : "Il (Moché) prit le Veau qu’on avait fabriqué, le calcina par le feu, le réduisit en menue poussière qu'il répandit sur l'eau et qu'il fit boire aux Bné Israël" (Ki Tissa 32,20), il lui revenait de droit de la terminer.
Or, le midrach (Tan’houma Ekev 6) enseigne : "La mitsva n’est appelée que par le nom de celui qui la finit". Ainsi, le Commandement de la "Vache Rousse" est-il appelé au nom de Moché.
[Kli Yakar]

4°/ Moché a été prêt à donner sa vie pour obtenir le pardon de la faute du "Veau d’Or" , comme il est dit : "Et maintenant, si Tu voulais pardonner à leur faute ... sinon, efface-moi du Livre que Tu as écrit" (Ki Tissa 32,32). Ainsi, le Commandement de la "Vache Rousse", qui fait expiation sur la faute du "Veau d’Or" est-il appelé au nom de Moché pour l’éternité, comme il est enseigné dans le midrach (Bamidbar Rabba 19,6) : "Toutes les Vaches [Rousses] seront annulées, tandis que la tienne [la Vache Rousse accomplie par Moché] continuera d'exister".
[feuillet de la communauté de Sarcelles - 'Houkat Balak 5780]

"Toute l'assemblée vit que Aharon était mort et ils pleurèrent Aharon 30 jours, toute la maison d'Israël" ('Houkat 20,29)

-> D'après le Ramban, après avoir effectué le dernier service de l'après-midi au Michkan, et encore vêtu de ses habits de Cohen Gadol, Aharon a été appelé par Moché à gravir la montagne.
En remettant ses vêtements à Elazar, il lui a également transmis la fonction de Cohen Gadol.

-> Rachi décrit l'enchaînement des événements :
Moché a conduit Aharon dans une grotte où se trouvaient un lit dressé et une lampe allumée.
Puis il a demandé à Aharon de monter sur le lit, d'étendre les bras et de fermer la bouche et les yeux.

En voyant cela, Moché a désiré mourir de la même manière et lorsque son heure est venue, D. lui a annoncé qu'il mourrait de la même façon que son frère Aharon (Dévarim 32,50).

[Le Yalkout Chimoni rapporte qu'une fois que Aharon a donné ses vêtements de Cohen Gadol à Elazar, la présence divine est immédiatement descendue et a embrassé Aharon, et Hachem a alors demandé à Moché de partir.

Rabbénou Efraïm note que "וימת אהרן שם" ("Aharon mourut là" - v.20,28) a la même guématria que : מלמד כי מת בנשיקה (mélaméd ki mét bénéchika - Cela nous apprend qu'il est mort par un baiser (divin) ]

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-> Rachi nous rapporte également :
"Lorsqu'ils virent que Moché et Elazar étaient redescendus et que Aharon ne l’était pas, ils ont demandé : "Où est Aharon ?"
Il leur a répondu : "Il est mort."
"Se peut-il, ont-ils répliqué, que l’ange de la mort ... ait pu le vaincre ?"

Aussitôt Moché invoqua la miséricorde divine, et les anges de service leur montrèrent Aharon étendu sur le lit.
Ils l’ont vu et ont alors cru. "

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+ "Toute l'assemblée vit" ('Houkat 20,29)

-> Selon le Min'ha Béloula, la disparition de Aharon a entraîné la disparition de la protection des Nuées de gloire, faisant que le peuple était alors visible à l'extérieur du camp par tous.

-> Le Targoum Yonathan rapporte que Moché a dit : "Honte à moi à propos de mon frère, qui était le pilier de la prière du peuple d'Israël".

Tout le peuple d'Israël, hommes et femmes, connaissait bien Aharon car il était lié à tous par le biais de ses prières. C'est pourquoi tout le monde le pleura.
[Haémek Davar]

-> On dit que 80 000 jeunes enfants portant le nom d’Aharon assistèrent à ses funérailles.
En effet, Aharon passait son temps à instaurer la paix entre maris et femmes, et en agissant ainsi, il a été responsable de la venue de nombreux enfants au monde.

En signe de gratitude, les parents nommaient leur enfant Aharon.
[Chévet Moussar 37]

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-> "Tu mettras au-dessus de toi un roi" (Choftim 17,15), que la guémara (Kiddouchin 32b) commente : "afin de placer sur toi de la crainte"

Le Rachbatz enseigne qu'en tant que "roi" du peuple juif, Moché devait mener le peuple par de la crainte d'Hachem (pour éviter la faute), tandis que Aharon menait le peuple avec de l'amour d'Hachem.

Ceci peut expliquer pourquoi Moché ne fut pas pleuré par tous, contrairement à Aharon.
Rachi (véZot haBéra'ha 34,8) enseigne : "Moché n'a été pleuré que par les hommes [à qui il avait enseigné la Torah], tandis que pour Aharon qui recherchait la paix et qui faisait régner la paix entre les hommes et entre maris et femmes, la Torah indique : "toute la maison d'Israël" ('Houkat 20,29) : hommes et femmes. "

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+ "Sois parmi les disciples d’Aharon, en aimant la paix et en poursuivant la paix, en aimant les créatures et en les approchant à la Torah." (Pirké Avot 1,12)

-> Aharon était si grand, qu'il peut nous paraître trop difficile d'agir comme lui, c'est pour cela que la michna parle d'être au moins parmi les "disciples de Aharon".
[le Yarim Moché]

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-> "Aharon sera rassemblé à son peuple" ('Houkat 20,24)

=> Pourquoi Aharon n’a pas prié à propos de sa mort, comme l’a fait Moché. Est-ce qu’il n’avait pas autant envie de vivre que Moché ?
Nos Sages ont déjà dit de Moché : "Avait-il besoin de manger des fruits d’Erets Israël? Mais c’est qu’il voulait accomplir les mitsvot qui dépendent de la terre".
A plus forte raison Aharon, il faut demander : pourquoi lui aussi n’a pas prié pour rentrer en Erets Israël!

-> Le Tséda laDérekh explique qu’Aharon s’est dit :
Moché voulait rentrer en terre d'Israël pour accomplir les mitsvot qui dépendent de la terre. Et moi, l’essentiel des mitsvot qui dépendent de la terre est dans mon intérêt, ce sont les 24 dons aux cohanim.
Par conséquent, les gens diront que je prie pour entrer en Erets Israël pour recevoir ces 24 dons aux cohanim ...
C’est pourquoi Aharon n’a pas prié pour entrer en Erets Israël.

"Alors Israël chanta ce cantique : Monte, ô puits! Proclamez-le! " ('Houkat 21,17)

A la fin de ses 40 années d'errance dans le désert, le peuple a chanté un cantique pour le puits qui lui a fourni de l'eau.
Pourquoi seulement maintenant?

-> Rachi (v.21,15) rapporte les faits suivants :
Une embuscade avait été tendue aux juifs s'apprêtant à s'engager dans une gorge profonde, non loin de la frontière moabite : cachés dans des grottes sur le flanc de la montagne, les Amorréens les attendaient pour faire basculer sur eux d'énormes rochers.

A ce moment, D. accomplit un miracle et l'une des parois de la gorge se rapprocha de celle qui lui faisait face, de sorte que les parties en relief pénétrèrent dans les grottes et écrasèrent les Amorréens qui s'y cachaient.

Pour que les juifs aient conscience du miracle, Hachem a amené le puits jusqu'à la gorge et son eau a entraîné le sang et les membres broyés des assaillants pour les disperser aux alentours du campement d'Israël.

En voyant ce spectacle, les juifs ont réalisé ce que D. avait fait pour eux.

C'est alors qu'ils ont entonné le cantique exprimant la gratitude envers Hachem Qui a accordé ce puits, permettant d'abreuver le peuple dans le désert pendant 40 ans.

-> Dans le désert, le puits était le même que celui dévoilé par Yits'hak, et que Yaakov a vu.
C'est une des 10 choses qui furent créées entre le jour et la nuit du 6e jour de la Création (Pirké Avot 5,8).

[Midrach haGadol]

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-> A la question : "Comment pouvaient-ils tous boire de ce puits?", on répond : "Treize ruisseaux en découlaient et la source du puits se remplissait pour faire ressurgir de l’eau sur les côtés".
Lorsque les bné Israël campaient et avaient besoin d’eau, ils se tenaient près du puits et récitaient un cantique.
Que disaient-ils ?

"Jaillis, ô source! Acclamez-la! Fais monter tes eaux pour que nous puissions boire de ta source"
Ils chantaient ainsi des louanges au puits : "Ce puits, des princes l’ont creusé, les plus grands du peuple l’ont ouvert".
Ils disaient des choses authentiques et cela se déroulait ainsi.
[Zohar - ‘Houkat 183b]

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-> Pourquoi est-ce que le peuple a fait un chant pour le miracle du puits et pas pour le miracle de la manne?

Le puits et l'eau font allusion à la Torah, qui est comparée à l'eau (guémara Taanit 7a).
Le peuple ne chantait pas pour le miracle, mais plutôt pour la Torah qui est comparée à l'eau, et qui est aussi appelée : béér (un puits).
[Ohr ha'Haïm haKadoch]

-> Rabbi Yo'hanan dit que le mot : béér (בְאֵר) apparaît 48 fois dans la Torah, en allusion aux 48 vertus par lesquelles la Torah est acquise (Pirké Avot 6,6).
[midrach haGadol]

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-> "Alors Israël entonna ce chant" (21,17)

Ce verset parle du chant que le peuple juif entonna en l'honneur du puits, et il s'agit apparemment du puits de Miriam.
Le Ohr ha'Haim haKadoch explique que ce chant a été récité en l'honneur de la Torah qu'ils ont reçu 40 ans plus tôt et qui est appelée "puits d'eaux vives", et non en l'honneur du puits de Miriam.

=> Mais alors pourquoi ont-ils attendu 40 ans pour chanter en l'honneur de la Torah?
Pendant les 40 ans dans le désert, le peuple juif a rencontré de multiples épreuves où ils ont échoué. On peut citer le veau d'or, Kivrot Hataava, les explorateurs, ... A chaque fois, au lieu de se soumettre à la Torah, ils ont préféré se laisser aller par leurs désirs, en pensant qu'ils allaient ainsi être gagnants. En effet, le chemin de la Torah est plus contraignant et implique des renoncements auxquels ils n'ont pas souhaité se soumettre.
Mais il s'est avéré après coup qu'ils avaient fait erreur et n'ont récolté que souffrances et amertumes, qu'ils auraient évité s'ils avaient suivi la Torah.
=> A la fin des 40 ans, ils tirèrent enfin la conclusion que finalement, il est préférable de suivre la Torah même si cela parait difficile sur le moment, car sur le long terme, seul ce chemin préserve des problèmes et mène à la véritable réussite. [on ne ressort jamais perdant à suivre la Torah!]
C'est pourquoi, remplis de cette conscience sur le bienfait de la Thora, ils se mirent alors à chanter en Son honneur.
[rav Mikaël Mouyal]

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+ Pourquoi Moché n'est-il pas mentionné dans ce chant?

-> A l'ouverture de la mer Rouge, Moché a chanté la Shira, et le peuple a répété après lui, mot pour mot.

Maintenant, après 40 ans dans le désert, le peuple était capable de chanter à Hachem par eux-même, comme le dit le verset : "Alors le peuple chanta".

[Yalkout Chimoni]

-> A l'ouverture de la mer Rouge, Moché a chanté une Shira à Hachem non pas pour la libération des corps, mais pour celle des âmes des juifs.
De son côté, le peuple chantait pour la libération physique.

Lors du cantique du puits, Moché ne chantait pas de Shira car il voulait voir si le peuple allait chanter de lui-même pour la spiritualité.

Le peuple n'a pas entonné un chant pour la manne car elle était là pour leurs besoins matériels, et l'on fait pour le puits, car il représente la Torah.
Après 40 ans dans le désert, le peuple juif a finalement atteint le niveau que Moché espérait qu'il atteigne.

[ 'Hen Tov]

Le peuple a réalisé que la Torah est notre connexion directe avec Hachem, qu'étant supérieure à tout, elle doit être louée plus que tout.

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-> Le fait de chanter une Shira apporte une expiation (kappara) des fautes.
[midrach Chir haChirim rabba 4,3]

"Israël chanta ce cantique", et alors "Monte ô puits" : c'est comme si les juifs sortaient des eaux du mikvé et qu'ils en étaient purifiés.

[Noam Mégadim]

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-> La Shira sur le puits est différente de celle à la mer Rouge.

A la mer Rouge, Hachem a accompli un miracle suite à une supplication du peuple afin d'être sauvé d'un grand danger (l'armée égyptienne très nombreuses et surarmée).
En réponse, D. a fait un miracle visible, et c'est alors que le peuple a chanté une Shira.

A d'autres moments, Hachem réalise des miracles indépendants de nos prières.
On peut ne pas avoir conscience que l'on est en danger, et cependant Hachem va réaliser un miracle pour nous sauver.

C'est ainsi que le peuple juif ne savait pas que D. les avait sauvé de l'attaque des Amorréens, et lorsqu'ils ont réalisé cela, ils ont chanté une Shira.

[Kédouchat Lévi]

[ Lorsque dans le monde de vérité, nous prendrons conscience de toutes les bontés, de tous les miracles cachés que Hachem a fait pour nous, nous chanterons d'une joie sans limite (az yimalé tsok pinou), nous deviendrons fou à la vision de tout l'amour que D. a pour nous!

En attendant, avec notre perception limitée des choses, chantons, dansons sur ce qui nous est visible (même si c'est un miracle semblant petit, normal, ...), et évitons de nous plaindre (Hachem n'est pas loin de nous, il agit juste dans la plus grande discrétion).

"Hachem dit à Moché : "Fais-moi un [serpent] brûlant et place-le sur une perche, et il adviendra que quiconque aura été mordu le regardera et vivra." ('Houkat 21,8)

-> Nos Sages (guémara Roch Hachana 29a) disent : "Est-ce le serpent qui fait mourir ou fait vivre?
En fait, quant ils regardaient vers le haut et soumettaient leur cœur à leur Père Céleste, ils guérissaient ; sinon, ils mouraient"
[Rachi]

-> Selon les lois de la nature, si une personne est mordue par un serpent, il lui est très dangereux de regarder cet animal ou une image le représentant.
Hachem a fait un miracle à l'intérieur d'un autre miracle : la source de la destruction fut la source de la guérison.
Cela nous enseigne que c'est Hachem qui dirige le monde.
[le Ramban]

-> Quand les juifs verront le serpent, ils penseront au danger du serpent qui est mortel. Naturellement, un homme peut mourir d’une morsure de serpent.
Mais là, puisqu’ils auront levé les yeux, ils penseront alors à Hachem et réaliseront qu’Il est au-dessus de toutes les règles de la nature. Et s’Il le souhaite, Il les sauvera des dangers même mortels.
C’est cette conscience qu’Hachem a tous les pouvoirs, même de sauver de dangers mortels comme la morsure d’un serpent, qui pourra les guérir. Et pour éveiller cette conscience, il fallait mettre un serpent en haut du bâton.
Quand on est face à un danger, et qu’on se renforce dans la foi qu’Hachem peut nous sortir de tous les problèmes, c’est cela qui aura la force de nous sauver.
[rabbi 'Haïm de Volozhin - Néfech ha'Haïm]

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-> Le Sfat Emet explique que le fait d'avoir placé le serpent en cuivre est bien en soi le remède, car Hachem soigne avec le coup lui-même. Cependant, le juif doit savoir que même quand il utilise des remèdes et des solutions naturels à ses soucis, la réalité est que ce n'est pas le remède qui guérit mais c'est Hachem.
Malgré tout, Hachem souhaite qu'on utilise les voies et les remèdes naturels pour solutionner ses soucis, car Il n'aime pas opérer des miracles entièrement surnaturels, Hachem souhaite cacher les miracles au maximum pour maintenir le libre arbitre et pousser l'homme à chercher Hachem dans la nature, ce qui est l'essentiel du travail de homme.
C'est pourquoi, d'un côté il fallait placer un serpent remède sur la perche pour jouer ce rôle de remède, mais le but était de ne pas se leurrer. Malgré tout, l'homme devait tourner ses yeux vers Hachem pour reconnaître que c'est Lui qui guérit et pas le remède. Et c'est essentiellement cette reconnaissance là qui donnera toute la force au remède et pourra mener à la guérison de cet homme.
Ce schéma est bien sûr applicable à tous les domaines de la vie, où l'homme est amené à utiliser des voies naturelles pour atteindre sa réussite.

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-> Le serpent en cuivre ne causait pas la vie ou la mort, mais c'était le fait de tourner son cœur vers Hachem qui avait le pouvoir de guérir.
Si cela était ainsi, pourquoi Moché n'a-t-il pas simplement demandé au peuple de prier, plutôt que d'accrocher le serpent?

L'objectif de la perche était d'obliger le peuple à regarder vers le haut, car lorsqu'une personne regarde vers le Ciel, elle a plus d'intention (de kavana) dans sa prière.
De plus, la vision du serpent entraînait de la peur, ce qui contribuait également à augmenter la kavana.

[le Gour Aryé]

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-> Le serpent en haut de la perche prouve le pouvoir de l'image et de l'imagination sur le cœur de l'homme. Sans image et sans imagination, il est impossible de se concentrer pour intégrer dans son cœur les notions spirituelles étudiées ...

La vision du serpent d'airain éveillait dans leur cœur la racine du serpent, c'est-à-dire la prise de conscience du "serpent" symbolisant le mauvais penchant (yétser ara) qui est niché en nous.
D'ailleurs, l'ordre de placer le serpent en haut de la perche (ness - נס) fait allusion à l'étendard (déguel), donc à l'élévation et à la grandeur (romémout).
[rav Dessler - Mikhtav méEliyahou - tome.5,p.145-146)]

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+ Pourquoi un serpent?

-> Hachem a puni le peuple juif par des serpents car ils ont suivi le chemin du 1er serpent (na'hach akadmoni).

Le serpent a parlé du lachon ara sur Hachem à 'Hava.
De même, le peuple juif a dit du lachon ara à Moché sur ce que Hachem leur a fait.
[le Béer Mayim 'Haïm]

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-> Pourquoi les serpents plus que d’autres châtiments?
Parce que D. a dit au serpent : "Tu mangeras de la poussière toute ta vie", et il ne s’est pas plaint.
C’est donc lui qui devra châtier les bné Israël, qui se sont plaints de leur subsistance.
[Michnat Rabbi Eliezer]

-> Le Méam Loez ('Houkat 21,6) écrit :
Une voix céleste déclara : "... Voyez le serpent! Je lui ai imposé la malédiction de se nourrir de terre et il ne se plaint pas! Que ce serpent punisse les rouspéteurs! Que le serpent qui a parlé contre Moi châtie à présent ceux qui ont parlé contre Moi. Que le serpent pour lequel tout a le goût de terre punisse ceux qui n'ont pas montré leur gratitude pour cette nourriture offrant tous les goûts".

Le serpent qui pique l'homme sans profit pour lui-même mais simplement par méchanceté a donc puni le peuple perverti qui avait critiqué cette nourriture parfaite.
D. a envoyé les serpents venimeux du désert contre les Bné Israël ...
Pendant leurs 40 ans dans le désert, les Bné Israël n'avaient jamais souffert des serpents. L'une des 7 Nuées brûlait et détruisait tous les reptiles et les scorpions sur leur route.
Cependant, la 40e année, cette nuée n'existait plus.
Après cette faute, D. envoya des serpents et des vipères pour piquer le peuple.
Mis en péril par la destruction générale que causèrent les serpents, les Bné Israël se tournèrent vers Moché.

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-> "Moché fit un serpent de cuivre qu'il plaça sur une haute perche (ness - נֵּס). Si quelqu'un était mordu par un serpent, il observait le serpent de cuivre et vivait" ('Houkat 21,9)

Le Méam Loez commente :
Le mot "ness" signifie à la fois "perche" et "miracle".
Selon certains commentateurs, Moché jeta le serpent de cuivre en l'air et il resta suspendu par miracle.

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-> "Ce sera, quiconque aura été mordu, qu’il le regarde et il vivra!" ('Houkat 21,8)

Le terme véhaya (ce sera) exprime invariablement la joie.
=> En quoi le fait d’avoir été mordu par le serpent était-il source de joie?

Le Messekh ‘Hokhma explique qu’il est écrit "quiconque aura été mordu" pour inclure les individus déjà atteints d’une autre maladie et à l’article de la mort. Même ces derniers, si le serpent les mordait et qu’ils regardaient ensuite le serpent de cuivre, guérissaient et retrouvaient leur pleine santé. De telles personnes se réjouissaient donc d’avoir subi cette morsure.

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+ Pourquoi était-il placé sur une perche en hauteur?

-> On apprend de là qu'il ne suffit pas au fauteur d'uniquement faire téchouva.
En plus de regretter ses fautes, il doit faire des plans pour le futur, lui assurant qu'il ne retombera pas de nouveau dans la faute.

[Fauter est humain, mais l'essentiel est de ressortir de la boue, de se relever, plutôt que de rester à terre en déprimant d'avoir fauté.
Le serpent était placé en hauteur dans le ciel afin qu'après avoir fait téchouva nous puissions aller de l'avant en "visant la lune", plutôt que de viser la terre en restant confortablement allongé la tête vers le bas. ]

[Tséror haMor]

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-> Selon nos Sages, le message est que dans la vie il faut savoir s'élever au-dessus de nos problèmes du moment : regarder vers le haut, penser plus loin comme à notre monde à venir.
Par exemple dans une dispute, on peut se projeter un an après et se dire : est-ce que cela aura toujours autant d'importance émotionnelle, ou bien cela le cadet de mes soucis?

Nos problèmes prennent les dimensions que nous voulons bien leur donner. Plus nous savons prendre de l'altitude sur l'immédiateté, plus nos soucis deviennent petits.
[pourquoi se pourrir la vie, alors qu'elle est tellement courte. Profitons-en au maximum!]
Non seulement on prend trop à cœur, mais on oublie que tout vient d'Hachem pour notre bien ultime, et que rien ne peut nous arriver sans l'accord d'Hachem.

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+ "[Le peuple dit à Moché : ] Prie Hachem qu'Il retire de nous le serpent (ana'hach)" ('Houkat 21,7)

-> Rabbénou Yoël fait remarquer que les dernières lettre de : יְהוָה, וְיָסֵר מֵעָלֵינוּ אֶת-הַנָּחָשׁ (Hachem qu'Il retire de nous le serpent) forment : Torah (תורה).
Le peuple juif sera sauvé par le mérite de la Torah.

-> "[Hachem dit :] J'ai créé le yétser ara et J'ai créé la Torah, comme antidote". (guémara Kidouchin 30b)
Grâce à la Torah, on peut se purifier et se mettre à l'écart du yétser ara.

[shiviti Hachem lénegdi tamid => tant que l'on maintient son regard vers la Torah, alors on est guéri et protégé des effets du yéter ara (le serpent) ]

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-> Hachem a envoyé une multitude de serpents pour attaquer ceux qui avaient fauté.
Pourquoi est-ce que le peuple juif a demandé à Moché de prier pour retirer le serpent (au singulier) ?

Les serpents qui les ont attaqués étaient avec eux depuis leur entrée dans le désert, mais ils ne les ont jusque là pas attaqué.
Le peuple juif a alors pris conscience que ce n'était pas les serpents qui causent des dommages, mais plutôt leurs fautes

En disant : "retire de nous le serpent", ils faisaient référence au yétser ara, qui renvoie au 1er serpent (na'hach hakadmoni).

Ils ont demandé que "le serpent", le yétser ara en eux soit retiré, et Hachem a répondu qu'on ne peut pas totalement le supprimer.
En effet, le yétser ara est nécessaire, car sinon il n'y a pas de récompense.

=> En demandant à Moché de le placer en hauteur, Hachem maintient le yétser ara tout en le mettant à distance du peuple.

[le Ben Ich 'Haï - Adéret Eliyahou]

[le yétser ara est mis en hauteur afin de toujours l'avoir à l’œil avec l'aide de D., afin de pouvoir le comparer avec le divin, le spirituel.

Cela doit nous inciter à toujours nous interroger sur ce que Hachem attend de nous, à nous rappeler que seul D. est éternel (le yétser ara viendra nous accuser et sera égorgé à la venue du machia'h!), et que la récompense du yétser ara n'est que passagère (comme un oiseau passant dans le ciel), à l'inverse de l'éternité des mitsvot. ]

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=> Pourquoi Hachem demande-t-il à Moché de faire un sharaf (שרף) et non pas un serpent (na'hach - נחש)?

-> Hachem dit à Moché : "Fais-toi un serpent (saraf) et place-le sur une perche" (v.21,8).
Ainsi, Hachem demande à Moché de confectionner un serpent venimeux désigné : "saraf".
Cependant, au verset suivant (v.21,9), il est écrit : "Moché confectionna un serpent", désigné ici : na'hach.
=> Pourquoi ce changement de dénomination?

C'est parce que les enfants d'Israël se sont doublement rebellés : contre Hachem et contre Moché :
- Pour avoir parlé contre Hachem, il fallait faire un "na'hach" sur le modèle du serpent originel qui avait séduit 'Hava qui a agi contre Hachem.
- Pour avoir parlé contre Moché, il fallait faire un "saraf", d'après la michna : "Réchauffe-toi au feu des sages, mais fais attention ... leur murmure est celui du serpent (saraf)" (Pirké Avot 2,10).

Hachem aurait pardonné le manque de respect du peuple à son égard, mais non pas son manque de respect à l'égard de Moché. C'est pourquoi Hachem a ordonné de confectionner un "saraf", terme associé à Moché, d'après les Pirké Avot (2,10).
Par contre, Moché a pardonné la rébellion des enfants d'Israël à son égard, mais pas celle envers Hachem ; c'est pourquoi il fit un "na'hach", terme associé à Hachem.
[Ktav Sofer]

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-> De son côté, le Ben Ich 'Haï enseigne :
La guémara (Roch Hachana 20a) écrit : "Est-ce le serpent [sur la perche - v.21,8] qui fait mourir ou vivre? Non, c'est pour t'apprendre que lorsque le peuple d'Israël tournait son regard vers le Ciel et soumettait son cœur à son Père Céleste, ils étaient guéris ; sinon ils mouraient empoisonnés."

[dans le texte : "son regard vers le Ciel" se dit : "klapé lémala", soit littéralement : "vers le haut"]
=> Vers le haut, c'est-à-dire au-dessus des 3 lettres composant le mot : sharaf (שרף) se trouvent respectivement dans l'alphabet hébraïque les lettres : ר et ק et ע qui forment le mot : קרע (kira - déchirure), qui fait allusion à la déchirure du décret prononcé contre la personne qui a subi une morsure mortelle.
[ce qui explique que Hachem demande à Moché de faire un charaf, et non un na'hach.]

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+ Le serpent de cuivre (d'airain) :

-> Le serpent de cuivre fabriqué par Moché fut conservé très longtemps.
Il servait à rappeler aux générations suivantes la sévère punition infligée à ceux qui parlaient contre les prophètes.
Cependant, au cours du règne du roi 'Hizkiyahou, l'idolâtrie s'est répandue.
De nombreux Bné Israël firent l'erreur de considérer le serpent de cuivre comme un objet de culte.
Selon eux, puisque Moché avait fabriqué ce serpent sur l'ordre de D. et qu'il pouvait guérir toute personne victime d'une morsure de serpent, il devait posséder certains pouvoirs occultes.
Le roi 'Hizkiyahou décida donc de pulvériser ce serpent, comme il est écrit : "Il brisa le serpent de cuivre que Moché avait fabriqué car jusqu'à ce moment-là, les Bné Israël lui brûlaient de l'encens. Et il l'appela Né'houchtane" (Méla'him II 18,4).

Cet acte de 'Hizkiyahou fut l'une de ses 6 initiatives dont 3 furent louées par les Sages et les 3 autres, désapprouvées.
Les voici :
1°/ A'haz, le père de 'Hizkiyahou, était un racha et un hérétique qui commit tous les crimes possibles. A sa mort, son fils 'Hizkiyahou refusa de lui accorder des funérailles prestigieuses, comme c'est la coutume pour un roi. Il fit traîner son corps à la tombe sur un brancard de cordes. Il voulait ainsi, d'une part faire obtenir à son père l'expiation grâce à cette humiliation, et d'autre part faire un exemple que les réchaïm prendraient à cœur, de crainte de subir le même sort.

2°/ La 2e action de Hizkiyahou consista à détruire le serpent de cuivre pour empêcher le peuple de l'adorer.

3°/ Sa 3e initiative fut de dissimuler le Livre des Remèdes écrit par le roi Salomon.
Ce livre exposait toutes les maladies. Dès qu'une personne tombait malade, elle guérissait en le consultant.
Cependant, le roi 'Hizkiyahou constata qu'aucun malade ne se souciait plus de supplier D. de le guérir mais plaçait plutôt sa confiance en ce livre. Il décida donc de le dissimuler afin que le peuple remette sa foi en D., le vrai Médecin.

Selon une autre opinion, ce Livre des Remèdes était basé sur des considérations astrologiques.
Le patient était guéri en dessinant une forme déterminée à une certaine heure qui correspondait à un astre particulier. Or ces méthodes païennes étaient interdites.
L'auteur de ce livre n'avait pas voulu qu'on l'utilise de cette façon mais comme un texte destiné à fournir des connaissances théoriques.
Ainsi lorsque le roi 'Hizkiyahou vit que le livre avait une mauvaise influence sur le peuple, il le cacha.

A part ces 3 actes que louèrent nos Sages, les 3 suivants ne gagnèrent pas leur approbation.
4°/ Lorsque le roi assyrien San'hériv attaque Jérusalem et y mit le siège, 'Hizkiyahou prit peur et tenta de l'amadouer en lui offrant d'importantes quantités d'or et d'argent ; Il défit même les portes d'or du sanctuaire du Temple pour les envoyer au monarque assyrien.

5°/ De plus, lorsque San'hériv assiégea Jérusalem pour la 2e fois, 'Hizkiyahou boucha la source Guichone pour priver l'ennemi d'eau.
Il est écrit : "Il prit conseil auprès de ses princes et de ses hommes puissants pour arrêter l'eau des sources hors de la ville, et ils l'aidèrent" (Divré haYamim II 32,3).
Les sages n'approuvèrent pas son acte car il aurait dû mettre sa confiance en D.

6°/ Il le désapprouvèrent également lorsqu'il tarda à déclarer une année "méoubérét" en intercalant un 2e mois d'Adar, et qu'il attendit le début de Nissan pour le nommer Adar II.
[Méam Loez - 'Houkat 21,9]

"Kora’h, fils de Yits'ar, fils de Kéhat, fils de Lévi, prit …" (Kora'h 16,1)

-> "Que prit-il?
Il a prit la vérité" [midrach Pliya 182]

Que signifie ce midrach?

Les lettres du mot אמת (vérité - émet) correspondent à : אליצפן (Elitsafan) ; מקושש (mékochéch) et תכלת (té'hélét).
C'est à partir de ces 3 sujets que Kora'h a commencé la dispute.

1°/ Elitsafan : Kora'h pensait qu'il devait être choisi comme nassi avant Elitsafan.

[Rachi : Quelle raison a-t-elle poussé Kora'h à se quereller avec Moché ?
Il a pris ombrage de la nomination d'Elitsafan fils de 'Ouziel, que Moché avait, sur ordre divin, désigné comme prince (nassi) sur les enfants de Kéhat.

Il s’est dit : "Mon père et ses frères étaient au nombre de 4, comme il est écrit : "Et les fils de Kéhat : 'Amram et Yits'ar et 'Hèvron et 'Ouziel" (Chemoth 6, 18).
Les fils de 'Amram (Moché et Aharon), qui était l’aîné, ont recueilli 2 dignités : l’un est devenu roi et l’autre grand prêtre. Qui aurait dû obtenir la 2e place ? N’est-ce pas moi, qui suis le fils de Yits'ar, le 2e fils après 'Amram ?
Or, c’est le fils du plus jeune des frères qu’il a désigné ! Je vais m’opposer à lui et faire invalider ce qu’il a dit! " ]

2°/ Té'hélét : selon le midrach, Kora'h demanda si un vêtement fait entièrement de té'hélét (le bleu azur) nécessitait qu'on y mette des tsitsit.

3°/ Mékochéch : Kora'h soutenait à Moché que la mort du mékochéch (l'homme qui a profané le Shabbath - cf.fin paracha précédente v.15,32) était contraire à la loi juive.

[le Binat Névonim]

En se faisant passer pour le défenseur de la vérité, Kora'h a commencé sa quête de pouvoir en menant une attaque sur ces 3 fronts.

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-> Qu'est-ce qui a poussé Kora'h à faire quelque chose de si stupide (se rebeller contre Moché et donc Hachem)?

Le 'Hida (dans son 'Hadré Béten) répond que Kora'h a placé ses yeux sur l'argent, et cela l'a poussé à se tromper si gravement.

[ "Kora'h prit" : cela fait allusion à sa soif de toujours avoir davantage, même s'il avait déjà besoin de 300 mules blanches pour porter les clés en cuir (car moins lourd que le métal) de son immense trésor (guémara Sanhérin 110a).

L'argent peut nous aveugler au point de faire ce qu'il ne faut pas faire, et ne pas faire ce qu'il nous faudrait faire!
Au final tout cette phénoménale richesse a été engloutie par la terre (avec Kora'h) sans que personne n'en profite.

De plus, tout le peuple a pris des richesses en quittant l'Egypte comme paiement pour le dur labeur de l'esclavage, à l'exception des Lévi'im qui n'avait pas travaillé.
En prenant cet énorme trésor que Yossef avait mis de côté, cela lui a été préjudiciable. ]

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-> Le rav Shlomo Margolis (Darké haChlémout) faire remarquer qu'après la faute du Veau d'or, après la faute des explorateurs, Moché a toujours prié pour leur pardon.
Cependant pour Kora'h, non seulement il n'a pas fait cela, mais il a prié pour qu'ils n'aient pas l'opportunité de faire téchouva (midrach Tan'houma Kora'h 7).
Pourquoi cela?

Le rav Margolis répond que jusqu'à présent en révélant leurs erreurs (avec amour), il y avait une possibilité qu'ils se repentent.
Mais pour Kora'h et ses hommes c'était différent, ils portaient un tallit fait en té'hélét (bleu azur).
En observant cela, Moché a vu qu'ils ont fait de Hachem leur "partenaire" dans la rébellion en se revêtant d'un voile de sainteté et des mitsvot, et il a alors compris qu'il n'y avait aucun espoir de les convaincre de leurs erreurs. Il ne restait plus qu'à prier pour leur chute.
[au vu du 'hilloul Hachem, du fait que le temps passant ils ajoutaient faute après faute, et risquaient de contaminer d'autres personnes]

=> "Kora'h prit" : il prit Hachem avec lui, pour s'en revêtir.
Il faut que nous fassions très attention dans notre vie à ne pas faire de même, en habillant du divin nos envies.
On se créé le Hachem que l'on veut afin de légitimer ce que l'on souhaite.

-> "L'homme doit servir D. et non pas se servir de D."
[rav Yigal Avraham]

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-> En remettant en question (ex: tsitsit, mézouza), Kora'h a "pris" comme arme la Torah elle-même, dont Hachem fait référence comme son : "léka'h (tov)" (son (bon) enseignement - לקח).
Ce mot (לקח) peut aussi se lire : "laka'h" (prendre).
Son erreur réside dans le fait que la Torah est d'origine divine, et qu'elle est ainsi très au-delà des capacités de réflexion humaine, qui sont elles limitées.

Les lettres du nom Kora'h (קרח) peuvent former : 'hoker (חקר - analyser).
Sa tendance à vouloir analyser les choses qui sont au-delà de ses capacités l'a amené à sa perte.

De plus, si nous comparons la guématria de Moché (משה) qui est de 345, et celle de Kora'h (קרח) qui est de 308, nous constatons que Moché a 37 de plus que Kora'h.
Cela est équivalent au mot : évél (הבל - une absurdité, un non-sens).
Moché à la différence de Kora'h comprenait et acceptait la divinité de la Torah, ne remettant pas en cause ce qui pourrait y sembler absurde.

[Rabbi David Feinstein]

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-> Selon la guémara (Yoma 38b), il est interdit de nommer un enfant du nom d'un récha.

Pourquoi le tsadik Yits'ar a-t-il nommé son fils Kora'h, qui est le nom d'un des enfants d'Essav (cf. Vayichla'h 36,5)?

Le 'Hatam Sofer est d'avis que Yits'ar s'est trompé en appelant son fils suivant le racha Kora'h (fils d'Essav), et cela à contribuer à sa chute.
Ainsi, même si ses ancêtres étaient de grand tsadikim tels que Yits'ar, Kéhat et Lévi, le fait qu’il portait le nom d’un racha a fait pencher la balance et l'a mené à la faute.

=> Cela est en allusion dans le verset (16,1), qui se traduit littéralement ainsi : "[l'influence négative du nom] Kora'h a pris [le dessus sur le fait qu'il était le], fils de Yitshar fils de Kehat fils de Levi".

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-> "Je suis très étonné à propos des tsadikim que sont les enfants de Lévi qui ont appelé leur fils Kora'h, qui était le nom d'un des chefs d'Essav.
Les Sages (guémara Yoma 38b) ne nous ont-ils pas enseigné : "Nous ne nommons pas nos enfants avec des noms de réchaïm".
Nous voyons les conséquences désastreuses de ce qui lui est arrivé. C'est pour cette raison que le verset (Kora'h 16,1) énumère son ascendance depuis Lévi pour nous enseigner que même s'il avait la force d'une corde à trois fils, il s'est malgré tout effondré rapidement car il fut nommé par le nom d'un racha.
C'est le sens de "Kora'h prit" : son nom a pris toute la sainteté qu'il avait hérité de Yitsar, de Kéhat et de Lévi."
['Hatam Sofer - drachot Kora'h]

-> Le 'Hatam Sofer (Toldot 120) écrit : "La valeur numérique du nom de Essav (עשו) est de 376 comme celle du mot Shalom (שלום) car Essav détenait l'attribut de la paix dans l'impureté. C'est la raison pour laquelle il est considéré comme haïssant la paix."

=> Par conséquent, Kora"h qui portait le nom d'un racha fut vaincu par l'influence de la klipa d'Essav qui déteste la paix. Il contesta donc le statut d'Aharon en tant que Cohen Gadol car Aharon était la quintessence de la paix du côté de la sainteté.

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-> La guémara (Sanhedrin 37a) enseigne que Adam a été créé seul car ainsi personne ne pourra dire à son ami qu'il lui est supérieur en raison du fait que son père est plus grand que le sien.
En effet, nous provenons tous du même père!
[...]
Il y a 3 partenaires dans la création d'une personne : Hachem, son père et sa mère.
Les parents fournissent les différentes parties du corps.
Hachem fournit la néchama, qui est habillée par le corps.

On ne doit jamais enorgueillir, car la généalogie de tous remonte à Adam.
Chaque personne se doit de travailler sur elle-même, sur sa néchama, qui lui a été donnée par Hachem, et ne pas regarder ses "habits" (ce qui est lié au corps) pour en tirer de l'honneur.

[le Noam Mégadim]

=> C'est une réponse à l'attitude de type "Kora'h" de se revêtir de son ascendance afin d'obtenir des honneurs.

Le rav Avraham Pam disait que l'ascendance d'une personne (le yi'hous), c'est comme plein de zéros.
Si on travaille sur soi afin d'intégrer les qualités qui ont fait de nos ancêtres de grandes personnes, alors on ajoute un 1 avec les zéros ensuite. C'est une grande richesse.

Dans le cas où l'exploitation de notre ascendance est purement extérieure à nous, alors nous avons plein de zéros avant le 1, et la valeur n'est pas très élevée.

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-> Le Yalkout Chimoni rapporte que Kora'h a vu par roua'h haKodech que le prophète Chmouël, qui était équivalent à Moché et à Aharon, allait être un de ses descendants.
Cette vision lui a joué un mauvais tour.
Il s'est dit que si autant de grandeur allait venir de lui, personne ne pourrait jamais l'anéantir, qu'il était intouchable!
Cependant, ce qu'il n'a pas vu c'est que ses enfants allaient faire téchouva (composant même des Téhilim!), et qu'ils ne vont pas être anéantis contrairement à lui.

-> Le Ben Ich 'Haï (Od Yossef 'Haï) demande à ce sujet : étant quelqu'un de très sage, comment a-t-il pu ne pas prendre en compte le fait que sa descendance pourrait faire téchouva?

Il répond que les 248 membres d'une personne vont en parallèle aux 248 mitsvot positives de la Torah.
Les yeux sont comparables à la mitsva des tsitsit (our'itèm oto).
En tournant en dérision la mitsva des tsitsit, Kora'h a entraîné la perte de sa capacité de voir, et c'est ce qui fût la cause de sa chute (puisque même ce qui est évident, il ne le voyait plus!).

-> Selon le Béer Moché, Kora'h était si perdu, qu'il pensait que la dispute qu'il avait créé était une mitsva.

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-> Sur notre verset, Rachi fait remarquer que la Torah ne remonte pas la généalogie de Kora'h jusqu'à Yaakov, car ce dernier a prié pour ne pas que son nom soit mentionné dans la révolte de Kora’h.
En quoi est-ce si important de ne pas citer le nom de Yaakov?
Hachem aime même les fauteurs, comment Yaakov peut en apparence renier totalement un de ses descendants?

En réalité, c’était une grande bonté que Yaakov a fait à Kora'h de prier pour que son nom ne soit pas mentionné dans sa révolte.

A un enfant issu d'une famille de "magouilleurs", qui va commettre un vol, on va prendre cet aspect familial comme une circonstance atténuante (vu le milieu dans lequel il a grandi, ce n'est pas étonnant).
Cependant, à un enfant issu d'une famille de tsadikim, le milieu familial va devenir une circonstance aggravante (comment a-t-il pu faire cela alors qu'il est entouré de gens de si grande valeur!).

=> Ainsi, en retirant son nom, Yaakov évite que Kora'h soit encore davantage puni, car dans sa famille directe et proche il a un Patriarche.
Bien en avance, il a tout fait pour atténuer autant que possible la potentielle punition de son descendant.

[adapté du 'Hidouché Harim]

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-> Le rav Klonymous Kalman de Krakow (Méor véChémech) écrit que l'attribut éternel associé à Yaakov est : la vérité (émet).
L'histoire de Kora'h, à son niveau le plus profond, était une bataille basée sur une logique fausse, mensongère.
Yaakov ne voulait en rien être lié avec quelque chose touchant à du mensonge, même si cela provenait de son arrière arrière petit fils.

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-> Rabbi Sim'ha Bounim de Pschischa note que Kora'h avait de magnifiques qualités, il provenait d'une famille très distinguée, était un érudit, possédait une richesse extraordinaire, ...
Pourquoi n'a-t-il pas mérité d'être un responsable?

C'est parce qu'il s'est "séparé lui-même" ; il n'a pas attendu patiemment le moment où il serait appelé à diriger le peuple.

Le Rabbi de Pschischa dit qu'il a été puni mesure pour mesure.
De même qu'il a voulu prendre le pouvoir avec son temps en se révoltant contre Hachem, de même la terre l'a englouti avant que son heure de mourir "normalement" ne soit arrivée.

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-> Nos Sages interprètent le nom de Kora’h (קֹרַח) comme étant formé des initiales de : Kina (la jalousie), Romemout (la grandeur), ‘Hemda (la convoitise), car Kora’h avait un peu de tous ces 3 défauts :
- La jalousie : il était jaloux de la grandeur et du statut de Moché et Aharon.
- La grandeur : il aspirait à la couronne de la direction du peuple à cause de l’honneur qu’elle impliquait.
- La convoitise : il convoitait et désirait un statut qui ne lui convenait pas.
Or nos Sages disent : "La jalousie, les désirs matériels et la recherche des honneurs excluent l'homme du monde" (Pirké Avot 4,21).

[d'une certaine façon il a été tellement exclu de ce monde, qu'il a été englouti avec ses possessions dans les profondeurs extrêmes de la terre.]

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+ Supplément :

Pour se rendre compte des dégâts d'une telle attitude,
-> on a au départ :
- "Kora’h était un très grand Sage et faisait partie de ceux qui portaient l’Arche" (midrach Bamidbar rabba 18,3) ;
[le Arizal note que les dernières lettres du verset : "Le juste fleurit comme le palmier" (צַדִּיק כַּתָּמָר יִפְרָח - Téhilim 92,13) forment le mot Kora’h. Ceci signifie qu’il était un juste.]
- "[Kora’h] était le plus grand homme de sa tribu [Lévi], ses frères sont considérés comme secondaires à lui" (midrach Bamidbar rabba 18,9)
- "Aharon et Kora’h étaient égaux [en grandeur]" (midrach Bamidbar rabba 18,17)

-> On arrive à un résultat final de :
- "Kora'h a renié les aspects divins de la Création du monde" (Zohar) ;
- "Kora'h a dit que la Torah ne vient pas du Ciel, que Moché n'est pas un prophète (navi), et que Aharon n'est pas un Cohen Gadol." (guémara Yérouchalmi Sanhédrin 10,1)
- "Kora'h a tourné en hérésie et a renié la Torah et toutes les mitsvot" (midrach haGadol)

=> Quel énorme gâchis!
Tâchons dans notre vie d'être à l'image de Moché et Aharon, de tout faire pour maximiser nos magnifiques potentiels en accord avec la Torah et non selon nos envies personnelles.
L'essentiel étant d'agrandir la présence de D. dans ce monde, et non notre égo.

3 Questions/Réponses – Paracha Kora’h

+ 4 Questions/Réponses - Paracha Kora'h :

1°/ La guémara (Yoma 75a) enseigne que la manne tombait à l'entrée de la tente des tsadikim, très loin pour les réchaïm et entre les 2 pour les autres (en fonction de leur comportement). Pourquoi est-ce que Moché n'a-t-il pas pu répondre à Kora'h en lui montrant en public que sa manne tombait très loin de sa tente?

Le Shévet Moussar citant le midrach nous enseigne que les disputes et les discordes sont des fautes si graves que durant la journée de la rébellion de Kora'h, la manne n'est pas tombée, tandis que pendant la journée du Veau d'or (à priori une faute plus grave), la manne est quand même tombée car il y avait de la paix et de l'unité entre les gens (même si c'était dans un mauvais but).

=> Ceci explique pourquoi Moché n'était pas capable de prouver le vrai niveau de Kora'h en se basant sur la manne.

Le rav Aharon Leib Steinman suggère qu'en ce jour les juifs ont mangé de la nourriture achetée à des marchands nomades passant près de leur campement.

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+ Le saviez-vous?

-> Les gens de la génération de la Dispersion (ceux qui ont participé à bâtir la Tour de Babel), se sont ensuite réincarnés dans les habitants de Sodome.
Kora'h et son assemblée étaient la réincarnation de ces personnes.
[selon Rabbénou Bé'hayé (Kora'h 16,2)]

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2°/ Fait intéressant : il y a dans cette paracha le mot ayant la guématria la plus élevée de toute la Torah.
Quel est-il? Que pouvons-nous apprendre de cela?

Le mot : תשתרר (tichtarèr - Kora'h 16,13) n'a que 5 lettres, mais possède une guématria de 1500.

Le Panéa'h Raza explique qu'après avoir échoué à influencer positivement Kora'h, Moché a approché Dathan et Aviram.
D'une manière effrontée, ils ont refusé les paroles de paix de Moché et l'ont accusé de : תשתרר (dominer), de se grandir et de dominer le peuple juif.

=> Ainsi, il convient bien au mot ayant la guématria la plus importante de faire référence à cette fausse accusation sur Moché, cherchant à se faire le plus important sur le peuple.

[lien Torah & peuple juif : les 600 000 lettres comme les 600 000 membres du peuple.
Le mot ayant la guématria la plus importante s'élève sur toute la Torah, comme Moché s'élève sur tout le peuple d'Israël]

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3°/ "Ceux qui moururent de ce fléau furent 14 700" (Kora'h 17,14)
=> Pourquoi particulièrement ce nombre-là?

-> Kora'h arguait que l'intégralité de l’assemblée étant toute sainte, personne ne devait être au-dessus des autres. Ainsi, Kora’h s’opposait à l’élection de la tribu de Lévi, puisque toutes les tribus devaient être identiques, selon lui.
Or, cela s’opposait au testament de Yaakov qui avait demandé que tous ses enfants portent son cercueil sauf Lévi, car il sera amené à transporter l’arche sainte.
[en effet, Rachi (Vayé'hi 50,13) commente : Lévi ne portera pas [le cercueil de Yaakov], car il est destiné à porter l’Arche sainte. Yossef non plus ne portera pas, à cause de son titre de roi. A sa place se tiendront Menaché et Efraïm]

Ainsi, Yaakov avait déjà destiné Lévi au Service Divin. Et comme Kora’h s’opposa à cette volonté de Yaakov, l’épidémie qui a atteint le peuple suite à sa révolte, tua 14 700 personnes, allusion aux années de vie de Yaacov, qui vécut 147 ans (soit 100 fois plus).
[en effet : "les années de sa vie [de Yaakov], furent de 147 ans" (Vayé'hi 47,28)]
[le Messekh 'Hokhma]

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4°/ Après que les responsables de chaque tribu aient apporté un bâton avec leur nom écrit dessus, Moché les a placé dans le Ohel Moèd du Michkan.
Le jour suivant, uniquement le bâton de Aharon (représentant la tribu de Lévi) a fleuri, "il avait produit une fleur, fait jaillir un bourgeon et des amandes avaient mûri" (v.17,23).
Quel autre miracle le bâton de Aharon a accompli?

Le Baal haTourim note que le bâton de Aharon a été placé parmi les "matotam" (leurs bâtons - v.17,21).
Ce mot est également utilisé lorsque le bâton de Aharon (transformé en serpent) a avalé les bâtons (matotam - Vaéra 7,12) des sorciers de Pharaon.

=> Ainsi, comme en Egypte, le bâton de Aharon a avalé celui des autres tribus, et pour cette raison cela a été le seul qui a fleuri.

Lorsque Moché a retiré ce seul bâton restant du Ohel Moèd, ce dernier a expulsé tous les autres bâtons.
[la spiritualité, la kédoucha (Ohel Moèd) unit (tous les bâtons sont avalés par celui du Cohen Gadol), tandis que la matérialité divise (ex: recherche des honneurs, du pouvoir, de l'argent, ...).]

A ce moment dans la Torah, on peut constater que le terme "matot" (les bâtons - הַמַּטֹּת - v.17,24) est écrit sans la lettre vav, faisant allusion qu'en les retirant il n'y en avait plus qu'un seul (ו).

-> L'ordre naturel est qu'un bourgeon apparaît et ensuite les fleurs vont en sortir.
Selon le Radak, miraculeusement, Hachem a fait fleurir le bâton de Aharon d'une façon contraire à la nature afin d'augmenter la grandeur du miracle.
[l'ordre du verset le montre bien : "produit une fleur" puis "fait jaillir un bourgeon"]

-> Les bâtons étaient mis dans le Ohel Moed, et Hachem avait conscience qu'on pourrait accuser Moché de tricherie, par le fait d'avoir déjà préparé un 2e bâton tout fleuri pour Aharon, trompant alors tout le monde en l'échangeant discrètement.

Selon Rabbénou Efraïm, pour contrer cela, Hachem a fait un miracle.
Le bâton de Aharon a fleuri une première fois dans le Ohel Moed, et après que Moché l'ait pris en dehors, il a de nouveau fleuri devant le regard du peuple.
Le verset (17,23) met cela en avant : "voici qu'avait fleuri le bâton d'Aharon [dans le Ohel Moed] ... il avait produit une fleur [de nouveau dehors aux yeux de tous]".

-> Normalement lorsqu'un fruit apparaît, naturellement les fleurs et les bourgeons tombent et disparaissent.
Cependant, miraculeusement, sur le bâton d'Aharon les amandes, les fleurs et les bourgeons s'y trouvaient tous en même temps.

Selon rabbi Moché Feinstein (Darach Moché), ce miracle est venu montrer la différence entre le spirituel et le matériel.
Les bourgeons préparent le fruit et symbolisent l’effort qui permet d’obtenir le résultat, qui est le fruit.
- Dans le monde matériel, seul le résultat compte. Celui qui a investi beaucoup d’effort et a échoué n’aura aucune reconnaissance.
- Ce qui n’est pas le cas dans la Thora. L’effort de l’étude compte autant que le résultat qui est la compréhension de l’étude. Celui qui s’est donné à fond, même s’il n’a pas compris sera plus grand que celui qui a compris de suite, sans effort.
Les bourgeons et les fleurs sont aussi importants et comptent autant que le fruit.

Dans le spirituel, même quand le fruit et le résultat apparaissent, les fleurs et les bourgeons (nos efforts investis) ne tombent pas et sont encore présents.

-> Pourquoi des amandes?
Rachi (v.17,23) : Pourquoi des amandes ? Elles sont, de tous les fruits, celui qui fleurit en premier. Aussi vite vient la punition infligée à celui qui se rebelle contre la kéhouna,

Rabbi David Feinstein fait remarquer que les lettres du mot : shékédim (amandes - שקדים) peuvent être réarrangées en : kédochim (saints - קדשים).
Hachem a utilisé les amandes afin de révéler ceux qu'Il considère être particulièrement saints.

Rabbi Chimchon Raphaël Hirsch rapporte que de même que les amandiers sont les plus rapides de tous les arbres fruitiers à fleurir, de même les lévi'im ont immédiatement fait preuve de zèle pour défendre l'honneur de D. quand leurs frères ont idolâtré le Veau d'or.

Selon le Léka'h Tov, la floraison des amandes est une allusion aux malheurs qui attendent le peuple juif : tout comme les amandes mûrissent 21 jours après la floraison, une période de 3 semaines séparera la date où la brèche a été faite dans l'enceinte du Temple (le 17 Tamouz) et la date où il a été détruit (le 9 Av).

-> Ensuite, les chefs de tribus sont revenus prendre chacun son bâton (Rabbénou Bé'hayé v.17,24).
Seul celui de Aharon restera dans le Michkan, près de l'Arche d'alliance, comme souvenir et comme avertissement, symbole de la légitimité indiscutable de Aharaon et de ses descendants et leurs droits exclusifs à la prêtrise.
C'est là qu'il demeurera jusqu'à la destruction du 1er Temple, ainsi que le flacon de manne conservé pour les générations futures, l'huile d'onction et les tuniques portées par le Cohen Gadol (vêtement en lin blanc qu'il portait une seule fois à Yom Kippour, sans le réutiliser ensuite).
En effet, quelques années avant la destruction, voyant la situation politique se dégrader, le roi Yochiyahou les a cachés dans un caveau souterrain préparé par le roi Salomon dans ce but (cf. Bamidbar rabba 18,23 ; Yoma 52b ; Rambam).

Le bâton est resté miraculeusement frais et bourgeonnant durant tout ce temps (Léka'h Tov), prouvant qu'il s'agissait d'un prodige divin et non d'une sorcellerie ou d'une supercherie qui n'aurait duré que quelques heures (Sifté 'Haïm).

Rabbénou Bé'hayé rapporte qu'il y avait 2 grappes d'amandes sur le bâton : l'une amère et l'autre douce.
Lorsque le peuple faisait des fautes et mécontentait D., les amandes amères germaient tandis que les douces se flétrissaient, indiquant le mécontentement divin, [et inversement]

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-> "son bâton fleurira" (matéou yifra'h - Kora'h 17,20)
Le Panéa'h Raza fait remarquer que ces mots : "matéou yifra'h" (מַטֵּהוּ יִפְרָח) ont la même valeur numérique que : machia'h (משיח).
En effet, la bénédiction de l'ère messianique sera d'offrir à chacun l'occasion de réaliser son potentiel, de faire jaillir toutes ses ressources intimes. Comme un jardin en fleurs, tous s'épanouiront et feront croître les fruits de leur labeur.

[on peut également dire que ce que nous plantons par l'effort dans ce monde, nous le récolterons dans la joie pour l'éternité dans le monde à venir.
Par ailleurs, avec la venue du machia'h, il ne restera plus que la Vérité, et même si le libre arbitre disparaîtra quasiment totalement, nous pourrons mettre au grand jour nos pleines capacités Divines.]

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-> Le rav David Feinstein (Kol Dodi) écrit que la guématria du mot : "shaked" (amande - שקד) est de 404. Or, le 1er Temple a duré 410 ans, mais ce nombre comprend les 6 années de construction. Ainsi, le Temple complet a tenu pendant 404 ans.

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-> "Remets le bâton de Aharon ... Et Moché fit comme Hachem lui ordonna, ainsi il fit" (17,25-26)

=> Pourquoi la Torah présente une redondance du verbe faire : "Et Moché fit ... ainsi il fit"?

En fait, le bâton de Aharon qui avait fleuri, a attesté de l'authenticité de Moché, qui a choisit Aharon comme il se devait. Ainsi, on aurait pu penser que Moché trouva un intérêt personnel en restituant le bâton de Aharon, car cela attestait pour toujours qu'il avait raison et que la vérité était avec lui.
Mais la Torah, en disant que "Moché fit comme Hachem lui ordonna, ainsi il fit" vient ici témoigner que tout ce qu'il avait fait n'avait d'autre but que de réaliser la Volonté d'Hachem, sans aucune intention d'en tirer la moindre fierté pour lui-même. Il a tout fait absolument uniquement pour réaliser l'ordre d'Hachem.
[rabbi Akiva Sofer]

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+ "Dépose [les bâtons] dans le Ohel Moed, devant [l'Arche du] Témoignage que J'ai réservé pour vous rencontrer. Le bâton de l'homme que J'aurai élu fleurira. Je Me débarrasserai ainsi des plaintes que les Bné Israël profèrent contre nous".
Moché parla aux Bné Israël et chaque chef lui remit un bâton pour sa tribu paternelle, soit 12 bâtons, le bâton d'Aharon parmi les leurs.
[Moché] déposa les bâtons devant D. dans la Tente du Témoignage.
Le lendemain, lorsque Moché entra dans la Tente du Témoignage, voici que la bâton d'Aharon, représentant la maison de Lévi, avait fleuri. Il avait produit une fleur, portait des bourgeons et des amandes y mûrissaient.
Moché retira tous les bâtons de devant D. et les exposa à la vue de tous les Bné Israël. Chacun reprit le sien." (Kora'h 17,19-24)

-> Le Méam Loez enseigne :
Tous d'abord, Moché avait reçu l'ordre de prendre un arbre et de le débiter en 12 morceaux de crainte que l'on ne proteste que le bâton d'Aharon était plus frais que les autres. Ensuite, il devait placer le bâton d'Aharon au milieu des autres afin qu'on ne dise pas que sa position près de l'arche l'avait fait fleurir.
Moché exécuta ces instructions et le bâton d'Aharon fleurit. Par un grand miracle, ce bâton de bois sec produisit, en une nuit, des fleurs, des bourgeons puis des fruits.
Lorsque le peuple vit ce miracle, chacun des chefs de tribu reprit le bâton portant son nom. Ils admirent que la prêtrise appartenait à Aharon et que le service du Michkan revenait aux Lévi'im. Ils renoncèrent ainsi à toutes leurs réclamations.

Deux prodiges intervinrent ici :
1°/ Non seulement les amandes fleurirent puis produisirent 2 bourgeons, mais par la suite, pendant qu'un bourgeon perdait ses feuilles (comme le font tous les arbres après la fructification), l'autre restait intact, été comme hiver.
2°/ Le bâton produisit des amandes douces et des amandes amères.
Les amandes douces poussèrent sur le côté droit du bâton et les autres sur le côté gauche. Tant que les Bné Israël obéissaient à la volonté de D., les amandes du côté gauche poussaient tandis que celles de droite devenaient amères.

La Torah fait allusion à ces 3 pousses : "avait produit une fleur, portait des bourgeons et des amandes y mûrissaient" (v.17,23)
Ces pousses avaient également une signification symbolique.
L'expression "produit une fleur (péra'h)" = désigne les fils d'Aharon, les Cohanim en herbe (pir'hé kéhouna) ; "portait des bougeons (tsits)" = fait allusion à la plaque frontale (tsits) du Cohen Gadol ; et "des amandes (chékédim) y mûrissaient" = représente 2 choses :
1°/ [la 1ere est liée à la connotation littérale du mot "chaked", signifiant un effort énergique, comme dans le verset : "Je répondis : Je vois le bâton d'un amandier (chaked). D. me dit : Tu vois juste. Car Je m'empresse d'accomplir (choked) Ma parole." (Yirmiyahou 1,11-12)]
De fait, l'amandier est appelé "chaked" parce qu'il est le premier arbre à produire ses fruits. Par cette image, D. signifiait que comme l'amandier est le premier à donner ses fruits, Il s'empresserait de punir ceux qui réclamèrent la prêtrise (kéhouna).
[lorsque le roi Ouziahou offrit l'encens à la place du Cohen, il fut puni par une marque de tsaraat sur le front (Divré haYamim II 26,19)]

2°/ La 2e allusion aux amandes vise l'attribut de stricte justice, symbolisé par l'amertume des amandes encore vertes. Comme le prophète Yirmiyahou a prédit la destruction du Temple par l'application de la stricte justice symbolisée par un amandier ("Je vois un bâton d'amandier"), ce même attribut frappe quiconque réclame la prêtrise.
[...]

Il y avait 4 groupes qui rivalisaient pour la prêtrise : Kora'h, Datan et Aviram, les Lévi'im et les premiers-nés.
- Les premiers-nés prétendaient à la prêtrise sous prétexte qu'avant la faute du veau d'or, ce sont eux qui offraient les sacrifices ... Lorsque Moché transmit ce privilège aux Lévi'im, les premiers-nés le soupçonnèrent d'avoir agi de sa propre initiative pour favoriser les membres de sa tribu.
- les Lévi'im affirmaient être tout autant des descendants de Lévi qu'Aharon. Pourquoi n'étaient-ils pas tous Cohanim comme Aharon et ses fils? demandèrent-ils, reprochant à Moché d'avoir pris cette décision pour avantager son frère.
- Datan et Aviram soutenaient que le droit d'aînesse leur appartenait car il descendait de Réouven, l'aîné des 12 tribus. Ils soupçonnaient donc Moché d'avoir transféré le droit d'aînesse à Yossef pour favoriser son disciple, Yéhochoua, issu de la tribu de Yossef.
En réalité, ce n'était pas Moché mais Yaakov lui-même qui avait passé le droit d'aînesse à Yossef, comme il est écrit : "Il était le premier-né ; mais comme il souilla la couche de son père, son droit d'aînesse fut donné aux fils de Yossef" (Divré haYamim I 5,1).
Datan et Aviram accusèrent néanmoins Moché et exigèrent qu'il répare cette injustice en restituant le droit d'aînesse aux descendants de Réouven.
Ils demandaient que leur supériorité soit rétablie immédiatement, car toutes les années où Réouven avait souffert de la colère de son père représentaient une punition suffisante pour son acte.
- Kora'h, pour sa part, exigeait la prêtrise (kéhouna) car d'une part il était lui aussi Lévi et désirait être Cohen gadol comme Aharon, et d'autre part, il était également premier-né, comme il est écrit : "Les fils de Yitshar : Kora'h, Néfeg et Zikhri" (Vaéra 6,21).

Tels étaient les 4 groupes qui pour des raisons différentes, s'insurgeaient contre Moché.
La mort de Datan et Aviram prouva aux Bné Israël que leur revendication de restaurer le droit d'aînesse à Réouven était injustifiée. Avec la mort des 250 hommes, Lévi'im et premiers-nés, les Bné Israël admirent que les réclamations des Lévi'im et des premiers-nés étaient sans fondement.
Enfin, la mort de Kora'h leur fit comprendre que son désir d'être Cohen Gadol sous prétexte qu'il était Lévi et premier-né n'était pas légitime.

Malgré tout, il restait chez les Bné Israël une trace de mécontentement. Ils soutenaient que même si les premiers-nés n'étaient pas dignes de devenir Cohen (prêtes), ils méritaient au moins d'accomplir les tâches des Lévi'im.
Qu'ils soient morts brûlés en offrant l'encens fit accuser Moché car il avait dit aux premiers-nés d'accomplir une tâche réservée aux Cohanim.
Selon les Bné Israël, si les premiers-nés avaient exécuté une tâche réservée aux Lévi'im, ils n'auraient pas été punis. Ils dirent donc à Moché et Aharon : "Vous avez tué le peuple de D.!"

Pour faire taire ces plaintes, D. ordonna à Moché de procéder à l'épreuve des bâtons.
[le mot hébreu "maté" signifie à la fois bâton et tribu]
Moché devait prendre 12 bâtons et y inscrire le nom des chefs de tribu, y compris celui d'Aharon pour la tribu de Lévi.
Lorsque seul le bâton d'Aharon allait fleurir et produire des bourgeons et des fruits, tout le monde saurait qu'aucune autre tribu ne méritait de prendre la fonction des Lévi'im.
Comme la mort par le feu de ces 250 rebelles avait prouvé qu'ils ne méritaient par la prêtrise, le bourgeonnement du bâton d'Aharon prouva sans équivoque que seuls les membres de la tribu de Lévi étaient qualifiés pour accomplir les tâches des Lévi'im.

"Un seul homme (a'ish é'had) fauterait et Tu T'emporterais contre toute l'assemblée" (Kora'h 16,22)

Pourquoi est-il écrit : a'ish é'had (un seul homme) et pas uniquement : "un homme"?

Une des grandes différences entre le peuple juif et les autres nations réside dans l'idée d'unité.
Tous les juifs sont liés en une seule entité (que seule la matérialité divise en apparence), à l'opposé des autres nations dont chaque individu n'a pas de lien avec un autre.

Pour Israël, il est écrit : "Toutes les personnes (kol néféch) composant la lignée de Yaakov étaient au nombre de 70 âmes" (Chémot 1,5)
Le mot néfech y est au singulier : il y avait 70 personnes, mais elles ne formaient qu'une seule entité.

A l'opposé, au sujet d'Essav, il est écrit : "Essav prit ses femmes, ses fils, ses filles et tous les gens (kol nafchot) de sa maison" (Vayichla'h 36,6)
Bien qu'il y avait 6 personnes dans son foyer, le verset utilise la forme plurielle : nafchot. En effet, chacune des personnes étaient totalement indépendante les unes des autres.

Puisque tout les juifs sont considérés comme une seule néfech (âme), lorsque l'un de ses membres faute, c'est l'ensemble des juifs qui en paie les conséquences.

De même, lorsqu'un juif fait une mitsva, c'est la totalité des juifs qui se partage sa récompense.

Maintenant, nous pouvons comprendre ce que Moché a dit à Hachem : Lorsqu'un membre du peuple juif fait une faute (avéra), alors tout le peuple en souffre.
Cependant, Kora'h et ses hommes ont créé une dispute et se sont séparés du restant du peuple.

"Un seul homme (a'ish é'had)" = cette personne qui a fauté est seule, ne fait plus partie du peuple juif, et ainsi l'ensemble de la nation ne doit pas partager sa punition.

[le Ben Ich 'Haï - Adéret Eliyahou]

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+ "Que chaque homme prenne son encensoir" (Kora'h 16,17)

Pourquoi est-ce que le test permettant de révéler l'erreur de Kora'h devait passer par de l’encens ?

Nos Sages disent que l'encens était composé de 11 senteurs : 10 qui avaient une bonne odeur et 1 qui sentait mauvais. Cela vient nous signifier que même un racha, s'il se joint et s'associe à la communauté, il sera accepté par le mérite de la communauté.

Or Kora'h voulait devenir le chef de la tribu de Lévi (en place d'Aharon), et pour cela il s'est séparé du reste du peuple.
[Rachi : "pour se séparer de la communauté" - 1er verset de la paracha]

Les encens qui attestent de la grande vertu de se mêler à la communauté, au point même de sauver les réchaïm, allaient à présent démontrer l'erreur de Kora'h qui voulait se dénoter et se séparer du reste de l’assemblée en voulant prendre le titre de chef.

[Rabbi Na'hman de Breslev - Likouté Halakhot]

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-> La guémara (Yébamot 61a) dit que le terme : adam (un homme), n'est utilisé qu'en référence au peuple juif.

Rabbi Yaakov Schechter explique qu'une raison à cela, est qu'il n'y a pas de pluriel pour ce mot (adam).
En effet, seuls les juifs peuvent atteindre ce magnifique statut d'unité.