+ L'effort - donner de la satisfaction à Hachem :
-> Chaque juif a le désir sincère de donner à Hachem de la satisfaction (na'hat).
Il y a un plaisir très profond à savoir qu'Hachem est fier de vous. Le sentiment qu'Hachem est déçu provoque une douleur très profonde.
Ce qui rend Hachem fier, c'est notre effort.
La vie est pleine de hauts et de bas. La spiritualité est rarement cohérente. Ce qui importe à Hachem, c'est l'intensité de notre travail, pas nécessairement ce que nous accomplissons.
Un cycliste qui gravit une montagne peut aller plus lentement qu'il ne le ferait sur une plaine, mais il travaille plus dur pour gravir l'inclinaison.
Ce qui donne à Hachem du plaisir, de la satisfaction, c'est que nous essayons de gravir la montagne, et non la vitesse à laquelle nous le faisons.
La Torah ordonne qu'après le 7e jour de Souccot, nous célébrions un jour supplémentaire et fassions un "petit repas", comme l'explique Rachi, célébrant ainsi un 8ejour avec Hachem. C'est le yom tov de Chémini Atséret.
Mais pourquoi Hachem ne veut-il qu'un "petit repas" de notre part? Un repas plus copieux n'aurait-il pas plus de valeur?
Ce 8e, est un jour supplémentaire qui suit 7 jours où l'on offre des korbanot (sacrifices). La Torah prescrit des sacrifices spéciaux pour chaque jour de Souccot, 70 au total, correspondant aux 70 nations du monde. Ces sacrifices expient pour elles et leur apportent la prospérité.
Les nations du monde symbolisent le défi spirituel, et c'est exactement le message.
Lorsque nous sommes confrontés à des périodes de défis spirituels et que les forces qui s'opposent à la croissance spirituelle sont prospères et puissantes, tout ce qu'Hachem attend de nous, c'est que nous fassions de notre mieux, même s'il ne s'agit que d'un petit repas.
Nous ne pouvons pas faire de comparaisons entre nos luttes spirituelles en période de douleur, de souffrance, et celles en période de calme.
Un "petit repas" pendant une épreuve a autant de valeur aux yeux d'Hachem qu'un "gros repas" lorsque les choses sont plus faciles.
En réalité, il se peut que nous donnions à Hachem plus de plaisir avec nos luttes dans la souffrance qu'avec nos succès dans le calme.
Ne pas renoncer à la croissance est un accomplissement primordial. Un "petit repas" peut en fait être plus important qu'un grand repas.
Celui qui essaie de grandir peut être fier de savoir qu'Hachem le regarde du haut des Cieux et le compte parmi ceux qui Lui donnent vraiment du plaisir, de la satisfaction.
[rav Kalonymos Kalman Shapira - le rabbi de Piaseczno - Aish Kodech - Chémini Atséret 5702 (1941) ]