« Si quelqu’un connait la Torah mais n’a pas de crainte d’Hachem (yirat chamayim), alors il est semblable à un talit katan sans tsitsit qui y sont attachés. »
[rabbi Yossef Its’hak de Loubavitch]

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-> Dans le « barou’h chéamar », nous disons : « barou’h méchalem cha’har tov liré’av » (Béni soit Celui qui donne une bonne récompense à ceux qui Le craignent).

Le rav Elimélé’h Biderman explique :
Par analogie, cela ressemble à une yéchiva (grande école/université) qui veut attirer un excellent enseignant.
Ils vont faire la publicité du fait qu’ils offrent le double du salaire normal, afin d’encourager les meilleurs à venir les rejoindre.
De même, Hachem nous dit qu’il y a une « bonne récompense » (cha’har tov) pour la crainte du Ciel, afin que les personnes sages puissent profiter de cette offre alléchante.

La crainte d’Hachem n’est pas une chose facile, nous devons surmonter notre crainte du regard des autres, notre attirance vers nos désirs, vers les plaisirs de ce monde, …
C’est pour cela que nous devons considérer la récompense, le bien qu’il en découlera, afin de nous renforcer à investir toutes nos forces pour suivre le chemin de la crainte d’Hachem.

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-> issu du 2e divré Torah : http://todahm.com/2019/01/12/8059-2

« Ne diminue à tes yeux aucune des bonnes actions que tu fais pour Hachem, que ce soit un mot ou un regard, car ce qui est minime pour toi est considérable pour Lui »

[‘Hovot haLévavot – Chaar ‘Hechbon haNéfech – chap.5]

Aimez la vérité et la droiture et attachez-vous à elles, car par elles vous réussirez.
Que la vérité et la droiture vous soient agréables même quand vous avez l’impression d’y perdre, plus que le mensonge et l’artifice auxquels vous avez l’impression de gagner.
Sachez que la vérité et la droiture sont les joyaux de l’âme, et qu’elles donnent au corps la force, l’assurance et l’éternité.

[Rambam – dans un lettre à sa famille]

Etre humble = transformer la Rigueur en Miséricorde

« Les sacrifices à D. (ziv’hé Elohim) d’un esprit brisé, d’un cœur brisé … tu ne dédaignes point » (Téhilim 51,19)

-> Le Nom d’Hachem : Elohim (אלהים) représente la Rigueur et la justice Divine, et il a une guématria de 86.
Grâce à l’humilité, lorsque l’homme a le cœur brisé, alors il va briser cela en deux, ce qui donne 43, soit la guématria de : Hachem est bon! (tov Hachem – טוב יהוה), comme dans le Téhilim (145,9) : « Hachem est bon pour tous, Sa pitié s’étend à toutes Ses Créatures ».

Hachem (יהוה) est le Nom Divin lié à la miséricorde complète.
Ainsi, par le fait d’avoir un cœur brisé [d’humilité face à Hachem], nous pouvons adoucir la rigueur de la justice Divine et l’inverser en bonté et en miséricorde.

[rabbi Tsvi Hirsch de Zidichov]

Un être vivant c’est celui qui vit dans le présent

+ Un être vivant c’est celui qui vit dans le présent :

-> Le yétser ara principal est celui qui nous pousse au désespoir après une faute.
D’ailleurs, le mot « avéra » (faute – עבירה) a pour racine : « avar » (le passé – עבר), car après qu’on ait fauté le yétser ara nous pousse à penser à cette faute passée, ce qui génère en nous du désespoir.
[Yessod véChorech haAvoda]

[selon le rav Akiva Tatz, la joie est le sentiment de faire ce qu’on doit faire (la volonté de l’âme et nos actions sont similaires). Ainsi, toute faute provoque un sentiment de mal-être (plus ou moins fort), qui peut inciter à la téchouva, mais le yétser ara l’utilise pour nous dévaloriser à nos yeux, pour nous décourager de faire de belles choses car nous sommes qu’un bon un rien, …
Selon nos Sages lorsque nous faisons une téchouva par amour, nos fautes se transforment en mérites, ainsi le « passé » (עבר), ne doit plus être une source de désespoir au contraire!
Le yétser ara veut nous faire oublier que la téchouva prend quelques secondes, quelques paroles sincères, et alors : « Une personne qui a fait téchouva est aimée et chérie par D., comme si elle n’avait rien transgressé » (Rambam – Hilkhot Téchouva 7,4). ]

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-> « Ne sois pas un racha à tes yeux » (al té’i racha bifné atsmé’ha – Pirké Avot 2,13)

Le ‘Hafets ‘Haïm disait que l’interdit de lachon ara s’applique également envers nous même!

-> Rachi (‘Houkat 19,2) écrit à propos de la vache rousse : Étant donné que le Satan et les peuples du monde se sont moqués d’Israël en disant : « Qu’est-ce que cette mitsva et quel en est le motif? », le texte emploie ici le terme ‘houka (« statut »), destiné à marquer que « c’est un décret émanant de Moi que tu n’as pas le droit de critiquer ».

Le rabbi Yéhochoua Alt dit qu’en réalité le Satan et les nations du monde voulaient nous faire penser au Veau d’or, puisque la vache rousse vient en réparation de cela, et ainsi bien nous rappeler à quel point nous sommes tombés d’un niveau si sublime au mont Sinaï (don de la Torah) à une faute si grave le Veau d’or.
Le but étaient d’entraîner du désespoir aux juifs.

La réponse de Hachem est : « tu n’as pas le droit de critiquer » = une fois que tu as fait téchouva, alors nous ne devons plus y penser, mais plutôt aller de l’avant et s’améliorer.

Dans la prière d’Arvit, nous disons : « Retire le Satan de devant nous et de derrière nous » (véasser aSatan milfanénou ouméa’harénou).
En effet, « de devant nous » = c’est le yétser ara qui nous pousse à fauter, « et de derrière nous » = c’est celui qui après la faute nous pousse à penser à quel point nous sommes nuls de chez nul d’avoir pu fautés.

-> Nos Sages nous disent que le 2e est le pire car il va refroidir notre feu d’agir spirituellement, et il va nous pousser à fauter (si je suis un mauvais alors c’est normal si je fais des actions mauvaises!)

En ce sens, le le Sabba de Novardok dit : « Il y a pire que le mal véhiculé par le péché, il y a la perte de confiance liée à notre échec! ».

De même, le désespoir amène une tristesse, et le rabbi Aharon de Karlin affirme : « La tristesse n’est pas une avéra en soi, mais elle peut mener l’homme à des extrémités auxquelles aucune faute ne pourrait mener! »

-> Après que les juifs aient fauté avec le Veau d’or, Moché a prié pendant 40 jours afin qu’ils soient pardonnés.
Selon la Torah (Ekev 9,19), Moché a prié car : « ki yaguorti mipéné aaf » (car j’étais terrifié par la colère).
Le rabbi Moché de Korbin explique que Moché était terrifié (ki yaguorti) de « mipéné aaf » = de voir que le nez (aaf) des juifs allait se rabaisser suite à leur honte qui a suivi la faute.
Pour Moché c’était le problème principal (plus que la faute du Veau d’or en elle-même), car s’ils se sentaient déprimés alors cet état pouvait mener à de très nombreuses fautes.

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-> « Un feu permanent sera entretenu … il ne devra point s’éteindre » (Tsav 6,6)

Le Divré ‘Haïm explique : il doit toujours y avoir un feu (de joie, d’enthousiaste, de fierté d’être juif) dans notre cœur pour servir Hachem, et même lorsque nous fautons ce feu ne doit jamais être éteint.

-> Se sentir indigne de servir Hachem est pire que l’arrogance
[Beit Israël]

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-> Toutes les pensées concernant le passé, au sujet de la spiritualité ou de la matérialité, qui ne portent pas d’importance pour le futur proviennent du Chariot d’impureté (merkava hatméa).
[Gaon de Vilna]

Selon le rav Elimélé’h Biderman, si une chose passée peut aider notre futur alors nous pouvons prendre occasionnellement un temps pour penser à elle. Mais si notre passé n’amènera rien de positif, alors il faut autant que possible l’oublier, et avancer plus loin dans notre service d’Hachem.

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-> Le rav Shlomo Wolbe (Igrot Ouksavim 1,24) écrit :
Souvent nous en sommes vainqueurs, mais parfois le yétser nous vainc.
Lorsque cela arrive malheureusement, il ne faut pas y penser et y prêter attention!
Nous devons bannir toutes les pensées à propos de ce qui s’est passé, et tout particulièrement les sentiments de détresse.
En effet, c’est l’objectif principal du yétser ara : faire tomber une personne et développer en elle le désespoir.

Ne le laissons pas nous vaincre! Continuons à … [agir] dans la joie, comme si rien ne s’était passé …
De plus, il faut oublier ce que nous avons vu dans les livres à propos des punitions et des difficultés à faire téchouva suite à une faute …
Cependant, il est difficile d’être habitué à ne pas prêter attention, car les pensées de remords, d’angoisse, de désespoir se réveillent constamment en nous.

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-> Le Chla haKadoch écrit :
« Ceux qui sont stricts et affirment qu’ils n’y a pas réparation à une faute … ce sont ceux qui poussent à augmenter les fautes parmi nous et ils entraînent les gens à s’éloigner de Hachem. En effet, lorsque le fauteur entend qu’il n’y a pas de téchouva possible pour sa faute, alors il va abandonner toute tentative de s’améliorer.
Ces personnes strictes font que la Présence Divine part en exil, et au lieu d’être appelé des : ‘hassidim (les pieux) ils doivent être appelés les : ‘hassérim (les manquants), et leur punition sera très sévère. »

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-> Si vous êtes tristes concernant des sujets de spiritualité … dites vous : « Ce n’est pas le bon moment » … Car on doit avoir un temps bien déterminé, où l’on peut avoir l’esprit posé (yichouv hadaat), où l’on pense à la grandeur d’Hachem devant qui nous avons fauté, faisant que notre cœur en devienne brisé et amer.

Et alors immédiatement après ces moments [fixés] où on a son cœur brisé, nous devons entièrement retirer la tristesse de notre cœur, et croire d’une émouna totale que Hachem nous a pardonné car Hachem est plein de pardaon (rav lisloa’h).
C’est la réelle joie en Hachem qui suit la tristesse. »

-> Il n’y a pas de « maintenant » si ce n’est pour un langage de téchouva
[midrach Béréchit rabba 21,6 – en véata ella lachon téchouva]

Selon le Tiféret Shlomo (Vayé’hi), la téchouva ce n’est pas se morfondre sur notre passé, mais plutôt faire de notre présent quelque chose de meilleur.

b’h, également à ce sujet : http://todahm.com/2019/04/16/8855-2

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-> La première chose sur laquelle nous devons prier, est d’oublier toutes les bêtises que nous avons faites dans le passé.
[Beit Aharon de Karlin]

[nos erreurs passées de la vie ne doivent pas venir entraver notre capacité actuelle à grandir positivement]

-> Penser à une faute après l’avoir commise est encore plus grave que la faute elle-même.
Comme l’affirme la guémara (Yoma 29a) : « penser à une faute est plus grave que la faute » (הרהורי עבירה קשו מעבירה).
[‘Hazon Ich]

[une fois qu’on a fait une téchouva sincère dessus, elle est effacée, elle est extérieure à nous, et il faut aller de l’avant!]

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-> Le passé c’est des rêves, le futur de l’imaginaire, et le présent des épreuves.
[…]
Le passé est un rabbi (car on peut y apprendre, et s’améliorer pour la suite), le futur est un étudiant (car il permet de créer de la grandeur), et le présent est notre ami. »
[…]

La guémara (‘Houlin 89a) enseigne : « Le monde ne se maintient que grâce à celui qui garde la bouche fermée lors d’une dispute »
On peut également l’expliquer en référence à une personne qui va rester silencieuse lorsqu’elle a une dispute avec elle-même.
En effet, les gens se font souvent de la peine à eux-mêmes, leur conscience les raillant souvent : « Comment as-tu pu réaliser une erreur si stupide? Pourquoi n’as-tu pas fait plus attention? »

On doit s’habituer à « fermer sa bouche » à ces pensées déprimantes et non productives.
Par ce mérite, notre monde, et le monde entier, se maintient.
[rav Gadel Eisner]

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-> Le Téhilim (30,6) est : « ki réga béapo ‘haïm birtsono ».

Le Beit Aharon de Stolin explique que lorsqu’on se focalise uniquement sur « ki réga » (car un seul instant) = sur ce moment [actuel], il n’a pas à s’inquiéter sur le futur, et il ne se morfond pas à propos du passé, et c’est ainsi que « ‘haïm birtsono » (une vie dans Sa bonté) = il vit une bonne vie spirituelle et matérielle.

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-> Le rabbi Yé’hezkel de Kouzmir enseigne que le yétser ara ressemble à quelqu’un qui va payer un enfant pour prendre un petit article d’une boutique et ensuite partir en courant.
Le propriétaire va alors partir à la poursuite de l’enfant, et pendant ce temps la personne va rentrer dans le magasin prendre tranquillement tout l’argent.
Le rabbi de Kouzmir dit que le yétser fait de même nous poussant à faire une petite faute, qui va beaucoup nous préoccuper.
Ensuite on va se réprimander : « Pourquoi n’ai-je pas été plus prudent? Pourquoi ai-je fauté? »
C’est précisément ce que veut le yétser ara : que nous ayons des sentiments de déprime, de découragement, car alors il peut nous voler tellement plus.

Nos Sages enseignent : « Le yétser ara ne veut pas tant que nous fautions, mais il désire plutôt la tristesse qui suit la faute ».

-> « Le tsadik tombe 7 fois, et se relève ; mais les réchaïm sont effondrés par le malheur » (Michlé 24,16)
Tout être humain par définition tombe. Par contre, nous devons être vigilants après la faute a ne pas être « effondrés par le malheur », mais plutôt à se relever émotionnellement, à aller de l’avant dans la joie.
Certes nous devons faire téchouva, tout faire pour apprendre de nos erreurs passées, mais il faut repousser les pensées négatives, déprimantes, liées à des actions que nous avons pu faire.
Le yétser ara souhaite plus que tout nous faire perdre notre ambition, nos désirs de grandeur dans la spiritualité, en se basant sur nos fautes, nos échecs pour baisser notre valeur à nos yeux.
Il faut se gonfler le moral, viser des hauteurs spirituelles, plutôt que de rester quasi statique dans la boue du yétser ara.
[le tsadik et le racha tombent tous les deux, la différence entre eux réside dans la capacité à se relever pour aller de nouveau de l’avant!]

Le rav Elimélé’h Biderman dit que lorsque nous avons des remords et que nous sommes déçus de nos échecs et de nos fautes, c’est souvent le yétser ara qui cause cela.

Selon le Arizal, avant de dormir nous devons revoir nos actions du jour et nous repentir de nos fautes.
Le Arizal enseigne qu’il en est de même la veille de Shabbath (revoir toute sa semaine), la veille de Roch’ Hodech (revoir ses actes du mois).
Ce sont des moments définis pour effectuer une introspection, faire téchouva et regretter nos erreurs.
Mais nous ne devons pas nous répéter constamment nos fautes, car cela amène sur nous du désespoir.
Et même pendant ces moments précis d’introspection, nous devons être vigilants à penser d’une façon qui ne va pas générer de désespoir, mais plutôt d’une manière qui va nous stimuler à s’améliorer.

[il ne faut pas que nos chutes deviennent une justification pour ne plus agir avec ambition.
De plus, le yétser ara peut vouloir que nous cultivons des sentiments de déprime, sous couvert de faire une plus belle téchouva. Plutôt que de se dire je fais téchouva de tout mon cœur, et ensuite je vais de l’avant avec une belle page blanche. Il va nous faire constamment revenir dessus.]

-> Le ‘Hafets ‘Haïm rapporte qu’une personne vendait des pommes dans un marché.
Un jour, quelqu’un lui a renversé toute ses pommes par terre, et alors plein de gens du marché en ont profité pour lui prendre ses pommes.
Alors que la vendeuse se lamentait, on lui a dit : « De même qu’on te prend tes pommes, attrape toi aussi ce que tu peux ».
Le ‘Hafets ‘Haïm enseigne qu’après que nous soyons tombés dans la faute, ce n’est pas le moment de se lamenter, de pleurer. Mais à la place, nous devons attraper tout le bien que nous pouvons obtenir, et l’utiliser pour aller de l’avant.

[dans la vie, il y a des hauts et des bas.
Lorsque nous sommes en bas, il faut regarder vers le haut (se valoriser, voir grand)], et s’appuyer sur toute cette positivité pour s’élancer vers le haut.
Lorsque nous sommes en haut, il faut capitaliser de ces bons sentiments pour alimenter nos moments plus difficiles, et ne jamais oublier que tout ne provient que grâce à Hachem.]

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+ Le passé peut nous décevoir, le futur peut nous inquiéter, mais nous sommes actuellement en vie et nous devons en faire le maximum.

Les morts ont un futur, car ils bénéficieront de la résurrection des morts.
Ils ont également un passé : la vie qu’ils ont pu vivre dans ce monde. Cependant, ils n’ont pas de présent, puisque maintenant ils sont allongés passivement dans leur tombe.
En revanche, une personne vivante doit se focaliser sur le présent. Lorsque nous sommes déçus par notre passé, et inquiets de notre futur, nous sommes comme le mort, qui ne vit pas dans le présent, mais uniquement dans le passé et le futur.

Le Téhilim (115,17) est : « Les morts ne louent pas Hachem » (lo amétim yéalélou ka).
Cela signifie que ceux qui sont comme des morts, car ils se focalisent sur leur passé et leur futur, et pas sur leur présent, alors ils ne peuvent pas louer Hachem, car leur cœur est constamment rempli d’inquiétudes et de souffrances.

Le Téhilim continue : « et nous » (vaana’hnou) qui sommes concentrés sur le présent, alors « névaré’h ka » = nous sommes capables de louer Hachem pour toutes ses bontés.
[rav Elimélé’h Biderman]

[certes le passé et le présent sont utiles par moment pour sublimer notre présent, mais d’une manière générale il faut se laisser savourer et apprécier notre présent.
En effet, à trop être parasités par notre passé et notre futur, nous n’avons plus de présent, et nous ne vivons plus!]

Le passé peut nous décevoir, le futur peut nous inquiéter, mais nous sommes actuellement en vie et nous devons en faire le maximum.

Les morts ont un futur, car ils bénéficieront de la résurrection des morts.
Ils ont également un passé : la vie qu’ils ont pu vivre dans ce monde. Cependant, ils n’ont pas de présent, puisque maintenant ils sont allongés passivement dans leur tombe.
En revanche, une personne vivante doit se focaliser sur le présent. Lorsque nous sommes déçus par notre passé, et inquiets de notre futur, nous sommes comme le mort, qui ne vit pas dans le présent, mais uniquement dans le passé et le futur.

Le Téhilim (115,17) est : « Les morts ne louent pas Hachem » (lo amétim yéalélou ka).
Cela signifie que ceux qui sont comme des morts, car ils se focalisent sur leur passé et leur futur, et pas sur leur présent, alors ils ne peuvent pas louer Hachem, car leur cœur est constamment rempli d’inquiétudes et de souffrances.

Le Téhilim continue : « et nous » (vaana’hnou) qui sommes concentrés sur le présent, alors « névaré’h ka » = nous sommes capables de louer Hachem pour toutes ses bontés.
[rav Elimélé’h Biderman]

[certes le passé et le présent sont utiles par moment pour sublimer notre présent, mais d’une manière générale il faut se laisser savourer et apprécier notre présent.
En effet, à trop être parasités par notre passé et notre futur, nous n’avons plus de présent, et nous ne vivons plus!]

Le Mal : c’est le manque.
La présence du mal dans l’homme est justement liée au fait que l’homme est manquant.
Si l’homme n’était pas maquant le mal ne pourrait pas résider en lui et le yétser ara ne pourrait pas le maîtriser.
Tout celui qui est entier est immunisé contre le yétser ara qui n’est rien d ‘autre que l’incarnation du manque …
[Le yétser ara nous donne l’impression que nous sommes manquant, que nous sommes vides, et que la chose en question vers laquelle il nous tente nous est indispensable ; c’est ainsi qu’il nous dirige vers elle.]

Lorsque l’homme rassasie son yétser ara et s’assujettit à sa demande, il fait du coup grandir en lui-même le manque car il installe en lui-même : le yétser ara, qui est le manque en essence.
C’est comme s’il remplit « son vide » avec un élément qui est encore plus vide.
Il dévient donc encore plus manquant ce qui rendra, la prochaine fois l’attirance envers la faute encore plus forte.

Inversement, celui qui affame le yétser ara et ne tient pas compte de ses appels s’éloigne du manque qu’est le Mal car il fait semblant qu’il est entier.
Grâce à cette technique, il diminue l’attirance vers la matière et vers la faute, et il aura après coup une sensation que son yétser ara est rassasié.
[Maharal- Nétivot Olam – chap.2 du Nétiv hayétser]

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-> « Si ton ennemi a faim, nourris-le de pain ; s’il a soif nourris-le d’eau car par cela tu mets des braises au-dessus de sa tête et Hachem te récompensera » (le roi Chlomo – Michlé 25)

Ton ennemi, c’est le yétser ara ; le pain : c’est la guerre dans l’étude de la Torah (selon Rachi sur place), et l’eau c’est également la Torah qui est entière (témima), qui est émet, c’est-à-dire qu’elle inclut tous les éléments de aléph à tav (de A à Z), alors tu seras immunisé contre le Mal qui ne peut rien faire contre les gens entiers.

-> Le Maharal (guémara Béra’hot 5a) écrit : les souffrances c’est le manque, et la Torah est parfaite (témima). Tout celui qui se colle à la perfection éloigne de lui le manque.

-> Le Gaon de Vilna explique qu’il y a 2 yétser ara : « le désir (taavani) et la colère (kaassani).
L’un est représenté par l’eau, l’autre par le feu.
Il y a également 2 aspects d’étude de la Torah : Halakhot (guémara) et Aggadot (moussar) de la Torah, il s’attache à l’aspect de l’eau qui est dans la Torah et combat le yétser are de désir corporel qui est également représentée par l’eau.
Lorsque l’homme étudie les halakhot, il se nourrit de pain qui est le questionnement de la guémara (pilpoul), et il casse le yétser ara et la colère qui est en lui. »

-> C’est ce que dit la guémara (Soucca 52 ; Kidouchin 31) : « Si tu rencontre ce dégoûtant (le mauvais penchant) tire le au lieu d’étude (beit midrach), s’il est fait de pierre, il finira par s’éroder (sous l’effet de l’eau), s’il est fait de fer, il finira par exploser (sous l’effet du feu). »

Le Maharal explique : le yétser ara de pierre, c’est le désir (taava), qui rend l’homme insensible comme de la pierre à toute autre chose que son désir.
Le yétser ara qui est représenté par le fer, c’est le yétser ara de la colère qui est dangereux comme une arme blanche en fer mais qui pourrait être détruite par l’étude de la guémara.

Hachem dit : A chaque fois que Je vous donne des souffrances dans ce monde, rappelez-vous combien de bonté Je vous donnerai dans le monde futur.
[midrach – Sifri Haazinou]

[toute souffrance nous est dosée et envoyée par Hachem avec une précision extrême.
Tout est pour notre bien ultime, et on doit avoir à l’esprit qu’une toute petite souffrance subie dans ce monde équivaut à une dispense d’une énorme dans le monde à venir.]

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-> Lorsqu’un homme souffre dans ce monde, il s’afflige de ses tourments et voudrait s’en débarrasser.
Cependant, lorsqu’il arrivera dans le monde de la rétribution et qu’il recevra une récompense pour chaque peine et épreuve qu’il a endurées dans ce monde, il se réjouira de chacune d’entre elles [pour l’éternité].
[‘Hafets ‘Haïm]

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-> Les souffrances sont aimées par une personne qui les voit comme des messagers d’Hachem afin de renforcer sa connexion, son attachement … avec le Créateur, et pour l’élever à un monde qui n’est que lumière …
Heureux est sa part.
[‘Hazon Ich – Igrot 1,201]

-> Lorsque l’on fait un électrocardiogramme à une personne, s’il est constitué de hauts et de bas, c’est qu’il y a de la vie.
S’il n’y a qu’un trait droit, c’est une personne morte!
Ainsi, les épreuves de la vie permettent à notre cœur spirituel de battre pour Hachem!

<—>

-> Tout celui dont passent 40 jours sans souffrance a reçu sa récompense dans ce monde.
[guémara Erouvin 16b]

-> Dans la guémara (Sanhédrin 101a), rabbi Eliézer qui était malade a dit selon Rachi : « Hachem est en colère contre moi, et Il me donne beaucoup de souffrances. »
Ses élèves ont commencé à pleurer, sauf rabbi Akiva qui riait.
Ils lui ont demandé : « Un Séfer Torah est en détresse, ne devons-nous pas pleurer? »

Rabbi Akiva leur a répondu : « C’est pour cela que je suis heureux. J’étais fréquemment inquiet à savoir si rabbi Eliézer avait perdu sa part dans le monde futur (olam aba), car il avait un monde actuel (olam azé) parfait.
Son vin n’a jamais tourné au vinaigre, son lin n’a jamais été détérioré par la tempête, son huile ne s’est pas gâchée, et son miel n’a pas pourri.
Mais maintenant que je vois mon maître qui est affligé [de souffrances] dans ce monde, je sais qu’il va recevoir le monde futur (olam aba). C’est pour cela que je suis heureux. »

Rabbi Eliézer lui a demandé : « Rabbi Akiva est-ce qu’il y a quelque chose dans la Torah que je n’ai pas respecté? »
Rabbi Akiva a répondu : « Maître, vous nous avez enseigné : « II n’est pas d’homme juste (tsadik) sur terre qui fasse le bien sans jamais fauter » (Kohélét 7,20). »

=> Cette guémara (Sanhédrin 101a) nous enseigne que lorsqu’une personne a une vie totalement parfaite (sans aucune souffrance), alors cela pourrait attester du fait qu’elle ne recevra pas de monde futur (olam aba).

D’ailleurs, la guémara (Baba Batra 16b-17a) affirme : « Hachem a donné un goût du monde futur à 3 personnes : Avraham, Its’hak et Yaakov. »
[ainsi une vie de total Gan Eden dans ce monde n’est pas possible, sauf si nous recevons dans ce monde limité notre récompense future.]

« L’épreuve d’Hachem est pour l’âme, ce que le médicament est pour le corps.
Celui qui les rejette ressemble à un patient qui fuit le médecin qui voudrait lui prescrire son traitement.
Hachem envoie à l’homme exactement ce dont il a besoin pour guérir son âme de ses fautes. »

[Ramad Valli – un élève du Ram’hal]

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-> « L’épreuve c’est l’occasion donnée par Hachem pour pousser l’homme à combler ses manques et à arriver à se parfaire. »
[Ram’hal]

Parfois les « hauts et les bas » sont uniquement des « hauts ».
Car tout l’objectif d’aller en « bas » est afin de nous permettre de grandir plus fortement, et de recommencer de nouveau, de se ressourcer mentalement, de restaurer sa vitalité et de renouveler sa vie.

[rabbi Na’hman de Breslev]

[nous ne désirons pas tomber, mais si Hachem fait que cela arrive, alors nous ne devons pas se morfondre, désespérer, mais au contraire y voir un occasion donner par D. pour nous permettre de parvenir à un niveau encore bien plus élevé qu’auparavant.]