« Yaakov est la corde de Son héritage » (Yaakov ‘hévél na’halato – Haazinou 32,9)

-> Lorsque nous tenons une corde qui pend vers le bas, et que nous l’agitons depuis le haut alors elle va bouger jusque tout en bas, même si elle est extrêmement longue …

Le Zéra Kodech écrit qu’il en est de même de notre lien avec nos Patriarches (Avraham, Its’hak et Yaakov).
Bien qu’ils aient vécu il y a des milliers d’années, nous sommes toujours connectés avec nos ascendants directs (pères de la nation juive).
Ainsi, lorsque je prie, ma prière va remuer la corde de tous mes ancêtres jusqu’aux Patriarches.
Hachem va alors m’associer avec mon ascendance si prestigieuse (tous mes ancêtres dont les Patriarches et Matriarches!), et Il va alors recevoir avec plaisir mes prières.

=> Tout juif doit avoir conscience que ses prières sont très précieuses, uniquement par le fait d’être un descendant des Patriarches.

-> Selon le Zéra Kodech nous devons également penser que : « Hachem m’a donné une âme (néchama) … et puisque j’ai une partie si unique en moi (un bout d’Hachem!), alors je suis méritant de prier ».

Même s’il fait les pires choses, un juif garde toujours en lui une parcelle pure qui le relie directement avec son papa Hachem.
A l’image d’une corde, il suffit de la faire bouger par de sincères demandes, et alors Hachem reçoit le message à l’autre bout de la corde.

-> Le Zéra Kodech enseigne également que parfois Hachem, si l’on peut dire, va utiliser quelqu’un pour prier par son biais.

La guémara affirme que Hachem prie également. Comment le fait-Il?
Le Zéra Kodéch explique que Hachem se joint à une personne, et Il va prier ensemble avec cette personne.
C’est pourquoi, parfois nos prières sont extrêmement puissante!

Il écrit : « On peut considérer, si l’on peut dire, que parfois Hachem s’habille dans la bouche d’une personne afin de prier.
C’est pourquoi, on peut se dire qu’en absolu nous ne sommes pas méritants de prier, mais cependant Hachem dans Sa compassion et Sa grande bonté, lorsqu’Il voit que je ne peux pas prier, Il va s’habiller et prier avec moi.
Il est avec mes mots lorsque je prie. »

« Moché est venu avec Hochéa, fils de Noun, déclarer toutes les paroles de ce cantique au peuple » (Haazinou 32,44)

Après avoir prononcé le cantique de Haazinou, la Torah rapporte le verset ci-dessus, et nos commentateurs s’interrogent sur le fait qu’ici Yéhochoua est appelé Hochéa, contrairement aux autres endroits où la Torah le nomme par le nom que lui a donné Moché (cf. Chéla’h Lé’ha 13,16), à savoir Yéhochoua
=> Pourquoi cela?

-> Selon Rachi, la raison est :
Pour signaler que son esprit ne s’est pas enorgueilli et que, malgré la grandeur qui lui a été conférée (ce jour-là était le jour où allait se réaliser la transition du pouvoir de Moché à Yéhochoua), il est resté aussi humble que par le passé (au moment de son changement de nom, lorsque encore rien de particulier ne le distinguait des autres).

-> Seul les dirigeants savaient que Moché avait changé le nom de Hochéa : la Torah emploie donc ici le nom sous lequel la masse du peuple le connaissait.
[Ibn Ezra]

-> Moché avait donné ce nom à Yéhochoua pour l’honorer et l’élever, mais lorsque la Torah évoque sa présence à côté de son maître, elle évite de lui donner son titre.
[Ohr ha’Haïm]

-> Le nom que lui a donné Moché était une prière pour le protéger des explorateurs, mais à présent que toute cette génération s’est éteinte, il n’en a plus besoin.
[Kli Yakar]

<—>

-> Le ‘Hatam Sofer explique que Moché nomma son élève Yéhochoua, au lieu de Hochéa, avant d’envoyer les explorateurs en terre d’Israël. Par ce changement de nom, il pria pour qu’Hachem aide son disciple à ne pas se laisser influencer par le complot des explorateurs.

Ainsi par ce nom, Moché signifiait que Yéhochoua avait besoin d’une aide Divine particulière pour rester dans le droit chemin, c’est-à-dire qu’il ne pourrait pas rester un tsadik de lui-même, par ses propres forces.
Or, quand en ce jour, Yéhochoua s’éleva et devint le chef d’Israël à la place de Moché, cette élévation lui permit de se remplir de nouvelles forces. A présent, il pourra rester un homme droit et tsadik par ses propres moyens, sans avoir encore besoin de compter sur une aide Divine particulière, lui provenant de la prière de Moché qui l’appela  »Yéhochoua ».

C’est pourquoi, à présent, la Torah le nomme  »Hochéa », son nom d’origine, qu’il portait avant que Moché ne lui change son nom en Yéhochoua pour exprimer la prière qu’il formula pour qu’Hachem lui vienne en aide.
En effet, à présent qu’il s’est élevé au rang de chef d’Israël, il détient désormais les forces personnelles pour servir Hachem de lui-même, sans avoir besoin de compter sur une aide supplémentaire

<—>

-> Le ‘Hanoukat haTorah rapporte le midrach qui dit que quand Hachem changea le nom de Saraï en Sarah, la lettre Youd qui se trouvait à la fin du nom de Saraï, se présenta devant Hachem pour se plaindre du fait qu’elle a été retirée de son nom.
Alors Hachem la consola en lui disant que viendra le jour où elle retrouvera une place d’honneur. Et en effet, quand Moché changea le nom de son disciple de Hochéa en Yéhochoua, il lui ajouta la lettre Youd au début de son nom.
Il s’agissait justement de la lettre Youd de Saraï, qui lui a été ôtée, et qui venait à présent d’être ajoutée à Yéhochoua.
Ainsi, la promesse qui lui a été faite venait de se réaliser.

Or, notre matriarche reçut le nom de Sarah (à la place de Saraï) quand elle avait 89 ans. Et elle vécut 127 ans.
Ainsi, la lettre Youd fut enlevée de son nom et resta en suspends pendant une période de 38 ans.
Cette lettre devait donc rattraper ce temps en étant ajoutée au nom de Yéhochoua, pendant ce même nombre d’années.
Or, Moché ajouta la lettre Youd au nom de son disciple pour le nommer Yéhochoua, avant d’envoyer les explorateurs, la 2e année après la sortie d’Egypte.

=> Désormais, la 40e année après la sortie d’Egypte, 38 ans après l’ajout de la lettre Youd à Yéhochoua se sont achevés.
A présent que cette lettre Youd a fini de recevoir son entière compensation, Yéhochoua dût restituer cette lettre et il fut rappelé de nouveau par son nom d’origine Hochéa.

<—>

-> Le Maharcha rapporte l’enseignement de nos Sages qui dit qu’une fois entré en terre sainte, Yéhochoua aurait dû prier pour supprimer le penchant pour l’idolâtrie. S’il avait prononcé cette prière, ce penchant aurait disparu et le peuple aurait cessé de s’adonner à l’idolâtrie.
Même si Moché ne pouvait pas faire une telle prière, car il ne bénéficiait pas du mérite de la terre sainte, où il n’était pas entré, malgré tout, Yéhochoua, qui bénéficiait du mérite de la terre sainte, aurait pu prier pour supprimer le penchant à l’idolâtrie, et il aurait réussi à le faire.
=> Puisqu’il ne prononça pas cette prière, il fut puni et la Torah lui ôta la lettre Youd de son nom pour l’appeler seulement Hochéa.

Le Pné David ajoute que c’est la lettre Youd de son nom qui lui fut ôtée, car c’est cette lettre qui lui a été ajoutée par Moché pour qu’il ne médise pas de la terre sainte, symbolise donc justement le mérite de la terre d’Israël.
Puisqu’il ne profita pas de ce mérite pour prier pour supprimer le penchant à l’idolâtrie, c’est pourquoi il perdit cette lettre.
Cette punition lui fut donnée lors du récit du cantique de Haazinou, car ce poème évoque les punitions qui s’abattront sur les juifs s’ils s’adonnent à l’idolâtrie.
Ainsi, Yéhochoua en est un peu responsable. Il aurait pu éviter cela s’il avait prié pour supprimer ce penchant.

« La corruption n’est pas Son fait, c’est le vice des enfants » (Haazinou 32,5)

-> Lorsqu’ils [les enfants d’Israël] agissent de façon corrompue contre Lui, c’est leur propre vice, [car ils ne sont] plus [appelés] Ses enfants ; en revanche, lorsqu’ils accomplissent Sa volonté, Hachem les appelle affectueusement « Mes enfants ».
[Ohr ha’Haïm hakadoch]

<—>

-> Le ‘Hafets ‘Haïm donne un autre enseignement :
« Les actions des parents sont un signe pour les enfants » (maassé avot siman labanim).
Si une personne décide de s’égarer légèrement du chemin de la Torah et des mitsvot (ex : en considérant certaines mitsvot à la légère), alors son enfant va s’éloigner d’une manière plus importante, méprisant davantage la Torah et agissant d’une plus mauvaise manière.

Le verset se comprend ainsi :
– « La corruption n’est pas Son fait » = si le père ne s’éloigne que légèrement du chemin de la Vérité, alors il n’a pas atteint un niveau où il devient totalement corrompu, car il n’a pas fauté d’une manière trop importante.

– cependant : « c’est le vice des enfants » = cela va devenir un grand handicap en atteignant ses enfants, car leur chemin de corruption sera plus important, et au final, cela peut affecter et corrompre les générations suivantes.

[le risque de devenir plus léger dans notre accomplissement des mitsvot, est qu’au final un de nos descendants va totalement s’écarter du chemin de la Torah et des mitsvot.]

« Meurs sur la montagne sur laquelle tu montes et rejoins ton peuple, comme Aharon ton frère est mort sur le mont Hor, et a rejoint son peuple » (Haazinou 32,50)

-> Hachem dit à Moché de monter sur la montagne où il mourra et rejoindra son peuple, de la même façon que Aharon, son frère, a pu mourir et rejoindre son peuple.

=> Comment comprendre cette notion de « rejoindre son peuple » répétée pour Moché et Aharon?

Rabbi ‘Haïm Elazar Shapiro (le Min’hat El’azar) fait l’enseignement suivant.
Le jour de la semaine où tombe l’anniversaire de mort de Aharon (roch ‘Hodech Av) est le même que le jour de la semaine où nous accueillons comme invité (ouchpizin) Aharon, le 5e jour de Souccot.

De même, Moché est l’invité dans la Soucca le 4e jour de Succot, qui est toujours le même jour de la semaine que celui où tombe son anniversaire de mort (7 Adar).

On retrouve cela dans le verset :
– « tu montes » = Moché va mourir le 7 Adar ;
– « rejoins ton peuple » (vééassef et amé’ha) = et le Souccot (‘hag ha’assif) suivant, il va rejoindre son peuple, le même jour de la semaine que celui de sa mort, lorsqu’il nous rejoint en tant qu’invité dans notre Soucca ;
– « de la même façon que Aharon, son frère, a pu mourir et rejoindre son peuple » = de même le jour où Aharon est l’invité dans la Soucca, est le même jour de la semaine que celui de sa mort.

« La corruption n’est pas Son fait, c’est le vice de Ses enfants » (Haazinou 32,5)

-> Selon Rachi : Le mal et la corruption que l’on trouve dans le monde ne sont pas l’oeuvre de D.
Seuls les hommes en sont la cause.

-> Le Ohr ha’Haïm haKadoch dit qu’il faut traduire ce verset ainsi : « lorsqu’ils [les enfants d’Israël] agissent de façon corrompue contre Lui, c’est leur propre vice, [car ils ne sont] plus [appelés] Ses enfants. En revanche, lorsqu’ils accomplissent Sa volonté, D. les appelle affectueusement « Mes enfants ».

-> Le Ben Ich ‘Haï donne l’enseignement suivant :
Ce verset est une allusion au sublime cadeau que Hachem nous donne chaque année : le mois d’Elloul et les 10 jours de téchouva, qui ensemble durent 40 jours.
Ceux sont des jours où la téchouva est plus facilement acceptée par D.

Il est écrit en hébreu : « chi’hét lo lo banav moumam » (שִׁחֵת לוֹ לֹא, בָּנָיו מוּמָם) :
– « chi’hét » (שִׁחֵת – corruption) = même si tout au long de l’année une personne va corrompre son corps et son âme par des fautes ;
– « lo lo » (לוֹ לֹא) = il s’agit des mêmes lettres que : Elloul (אלול) ;
– « banav » (בָּנָיו – Ses enfants) = les jours d’Elloul sont un moment où l’on peut totalement se reconstruire [comme un nouveau départ] (« banav » vient de la racine « construire » – livnot – לבנות) et corriger nos imperfections.
Ainsi, le développement spirituel que nous allons générer pendant ces jours est considéré comme étant nos enfants (banav).
[de même qu’un embryon atteint sa forme humaine en 40 jours, de même les 40 jours d’Elloul à Kippour vont nous permettre de créer notre nouvel être!]

– En plus des 30 jours d’Elloul, Hachem a ajouté 10 jours supplémentaires entre Roch Hachana et Yom Kippour, faisant un total de 40 jours et 40 nuits.
Le mot « moumam » (מוּמָם) se décompose en : מ (mém) ומם (vémém).
Le 1er « mém » (מ) correspond aux nuits, qui majoritairement sont consacrées à dormir.
Le 2e « mém », qui est écrit de façon pleine (מם), correspond aux jours, où nous avons la plupart de notre temps pour développer notre téchouva et nos bonnes actions

La fin de ce verset (32,5) est : « une génération perverse et tortue » = malgré toutes ces incroyables opportunités que Hachem nous donne si gracieusement, la personne qui faute restera toujours Son enfant.
Ils gaspillent ces jours précieux, et ne font pas téchouva de la manière dont ils devraient le faire.

<—>

-> « Grande est la téchouva, car elle a précédé la Création du monde »
[Rabbi Abahou – midrach Béréchit rabba 1]

=> Si la téchouva n’est utile qu’après qu’une personne ne faute, alors pourquoi a-t-il fallu la créer avant le monde?

Lorsque l’être humain a été créé, il y avait une séparation naturelle entre Hachem et l’homme.
L’objectif d’une personne dans ce monde est de se rapprocher de Hachem.
La bonne définition de la téchouva est l’attitude de se rapprocher d’Hachem. Cela est vrai même pour celui qui n’a jamais fauté.
Cependant, lorsque nous fautons, nous agrandissons la distance entre nous et D., et ainsi nous devons augmenter notre téchouva pour être proches de Hachem.
[rabbi Yérou’ham Levovitz – Daat Torah – guémara Nédarim 39b]

« Meurs dans la montagne où tu montes » (Haazinou 32,50)

-> On peut s’interroger : Pourquoi au début du livre de Dévarim (dans la paracha de Vaét’hanan), Moché pria de nombreuses fois et supplia Hachem pour entrer en terre d’Israël, et là, quand Hachem lui dit qu’il va mourir, Moché n’essaya même pas de prier encore une fois pour tenter d’annuler ce décret?
En réalité, cette fois-ci, Hachem lui dit : « Meurs dans la montagne », sous la forme d’un ordre. Ainsi, Moché vit en cela un ordre et une mitsva d’Hachem qui lui recommande de mourir. Et fidèle à lui-même, comme pour toute mitsva, Moché s’empressa de la réaliser avec amour [et zèle] et ne chercha pas à la repousser ultérieurement. En effet, si c’est une mitsva, il faut l’accomplir.
Ainsi, même au moment de sa mort, Moché réalise la mitsva d’Hachem. Il meurt en accomplissant Sa Volonté, avec joie et amour.
[Mimékor haNetsa’h]

[quelle leçon énorme! Toute la finalité de nos actions est d’accomplir la volonté de Hachem. Moché a beau avoir une envie folle d’aller en terre d’Israël [dans une optique spirituelle et pour le bien de tout le peuple juif!], mais à partir du moment où il a un mitsva, alors toutes ses volontés personnelles s’effacent pour laisser place à celle d’Hachem.
De même dans notre vie, est-ce que sous couvert de servir D. nous sommes en réalité au service de notre égo? ou bien sommes-nous à l’image de Moché totalement soumis à la volonté d’Hachem, quoiqu’Il nous demande?!]

« Peuple idiot et pas intelligent » (Haazinou 32,6)

-> Apparemment, le fait d’être idiot est pire que de simplement ne pas être intelligent. Ainsi, le verset aurait dû plutôt dire : « Peuple pas intelligent et idiot « .
En réalité, le terme « idiot » fait référence aux fautes et aux péchés que l’homme commet. [« L’homme ne commet de faute que lorsqu’un vent de folie s’empare de son esprit » (guémara Sotah 3a)]
Tandis que « pas intelligent » fait référence au fait que l’homme ne fasse pas de mitsvot et de bonnes actions.

Quand un homme quitte ce monde après sa vie sur terre, dans l’autre monde, il ne sera plus possible d’acquérir d’autres mérites et d’autres mitsvot. Les seuls mérites qui l’accompagneront sont ceux qu’il a acquis ici-bas.
En revanche, les fautes commises dans ce monde pourront être réparées et expiées, à travers les punitions de l’autre monde.

=> Ainsi, certes si ce peuple commet des fautes, alors c’est un « peuple idiot », mais cela n’est pas encore le plus grave, car cela pourra être corrigé par les sanctions du monde de Vérité dont l’objectif est de nettoyer l’âme des fautes.
En revanche, le plus embêtant, c’est qu’il n’est « pas intelligent », et qu’il n’a pas accompli beaucoup de mitsvot ici-bas, car ce manque-là n’est pas réparable. Une mitsva qui n’a pas été accomplie dans ce monde, ne pourra plus jamais être obtenue après.
[notre richesse éternelle, dépend des bonnes actions qu’on ara pu faire pendant notre court passage dans ce monde éphémère. Ce qu’on aura pas fait, ne pourra plus jamais être obtenu, c’est une perte [un regret] éternelle!]
[‘Hafets ‘Haïm]

« Car c’est une génération versatile, des enfants sans loyauté » (Haazinou 32,20)

-> Le Maharcha (guémara Yoma 83b) commente :
Le monde était prévu pour exister sans Torah durant 1 000 générations.
Cependant, Hachem a considéré que le monde ne pouvait se maintenir tant de temps sans Torah, et a donc donné la Torah dès la génération de Moché (soit à la 26e génération depuis celle d’Adam), beaucoup plus tôt que dans le plan Divin initial.

Les gens des 974 générations manquantes seront dispersés dans les diverses générations futures et constitueront les plus effrontés.
C’est à eux que fait allusion le verset ci-dessus (Haazinou 32,20).

« Hachem parla à Moché ce même jour, en ces termes : monte sur cette montagne des Avarim … car de loin, tu verras le pays de Canaan mais tu n’entreras pas dans ce pays que Je donne aux Bné Israël » (Haazinou 32,48-52)

-> Le rav ‘Haïm Efraïm Zaytchik (Ohr ‘Hadach) demande : « Pourquoi Hachem rappelle-t-Il de nouveau à Moché qu’il n’entrera pas en Israël? Pourtant, dans la paracha Vaét’hanan, Hachem le lui avait déjà annoncé (3,25 et 27) ».

Nous apprenons de là que Moché avait une grande confiance en Hachem, et qu’il avait atteint un haut niveau de connaissance de la Divinité.
Il avait compris que l’Attribut de miséricorde de Hachem était tellement grand que même après avoir été averti plusieurs fois qu’il n’entrerait pas en Israël, il ne devait pas perdre espoir et garder toujours confiance dans l’infinie bonté de D.

En effet, nos Sages (midrach Tan’houma Pin’has 9) affirment qu’à la suite de la décision de donner une part d’héritage en Israël aux filles de Tsélof’had, Moché pensa : « Peut-être que le décret me concernant a été annulé et je pourrai moi aussi entrer en Israël ».
C’est pourquoi Hachem eut besoin de renouveler Sa décision et d’assurer à Moché qu’Il n’avait pas annulé Son décret : la décision était ferme et irrévocable.

Le rav Zaytchik voit ici un grand enseignement pour nous : quelle que soit sa situation, l’homme ne doit jamais perdre espoir, car Hachem est un D. de bonté et de miséricorde.

« Haazinou hachamayim va’adabéra » (Ecoutez, cieux! Je vais parler! – Haazinou 32,1 – début du cantique de Moché)

-> « Haazinou » (écoutez) = cette paracha contient 613 mots, correspondant aux 613 mitsvot.
Chaque mot fait allusion à un commandement.

-> « hachamayim va’adabéra » (השמים ואדברה) = cette expression a une valeur numérique de : 613.

<—————————>

+ « Prêtez l’oreille, ô cieux, et je parlerai ; et que la terre écoute les paroles de ma bouche » (32,1)

-> Moché dit aux Bné Israël qu’il y a 2 parties dans une personne : le ciel (chamayim) qui représente l’âme (néfech) ; et la terre (arets) qui représente le corps (gouf).
Si nous accomplissons la volonté de Hachem, alors absolument rien sur terre n’a de pouvoir sur nous.
Par contre, si nous allons à l’encontre des mots d’Hachem, alors nous sommes soumis aux nations du monde.
[midrach haGadol]

-> Rachi enseigne :
Moché a pris à témoins contre eux le ciel et la terre, des témoins qui dureront éternellement. Et aussi parce que, s’ils le méritent, les témoins viendront leur apporter leur récompense : la vigne donnera son fruit, et la terre sa récolte. Quant au ciel, il donnera sa rosée. Et s’ils se rendent coupables, « la main des témoins sera contre eux en premier » (Dévarim 17,7) : « Il fermera le ciel, et il n’y aura pas de pluie, et la terre ne donnera pas sa récolte » (Dévarim 11,17), après quoi « vous serez détruits bientôt » (Dévarim 11,17) sous les coups portés par les idolâtres.