L’importance de garder sa langue (3e partie)

+ L’importance de garder sa langue (3e partie) :

-> « Il n’y a rien qui distance plus un homme de son Créateur que le lachon ara »
[Ohr ha’Haïm – Vayikra 14,9]

-> « D. dit à propos de celui qui dit du lachon hara : « Lui et moi ne pouvons coexister dans le même monde », ainsi que dit le verset : « Quiconque calomnie son prochain en secret … lui Je ne puis le supporter » (Téhilim 101:5). »
[guémara Arakhin 15b]

-> « Le peuple juif a été exilé à cause de la faute du lachon hara. »
[le ‘Hafets ‘Haïm – Chmirat haLachon]

-> Si chacun prenait sur lui d’enseigner et d’accomplir les lois de lachon ara, alors Hachem enverrait certainement le machia’h immédiatement
[‘Hafets ‘Haïm – Kvod Chamayim – chap.3]

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-> « Quatre types d’individus ne mériteront pas d’accueillir la présence Divine : les moqueurs, les menteurs, les flatteurs et les médisants ».
[guémara Sanhédrin 103a]

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-> Tout celui qui garde sa langue mérite d’avoir un esprit saint qui repose sur lui, car le moins une personne parle [de choses non nécessaires, de lachon ara, …] le plus proche elle devient de la sainteté.
[midrach Pin’has]

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-> « Prononcer de mauvaises paroles (lachon ara) est une faute très grave parce qu’elle tue 3 personnes : celui qui médit, celui qui écoute ces mauvaises paroles et celui dont on a médit. »
[guémara Arakhin 15b ]

Le rav Mordé’haï Schwab dit que sans celui qui écoute, il n’y aurait pas de lachon hara, faisant que celui qui a commis la faute la plus grave est celui qui permet son existence (celui qui écoute).

-> Rabbi Yé’hezkel Levenstein (Ohr Yé’hezkel) écrit : « Un parent qui parle de lachon ara en présence de son enfant, pourrait verser immédiatement du plomb chaud dans sa gorge ».

[la réalité est que dire du lachon ara est une chose tellement grave/nuisible, qu’il vaudrait mieux retirer à son enfant l’usage de la parole plutôt que de lui apprendre à dire du lachon ara. ]

Sur cette notion d’exemplarité, le ‘Hafets ‘Haïm dit qu’un enfant ne doit jamais entendre un de ses parents mal parler.

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->  » D. forma l’homme poussière de la terre et insuffla dans ses narines l’esprit de vie ; et l’homme devint un être vivant. » (Béréchit 2,7)
Selon Ounkelos, « l’homme devint un être vivant » = « Il devint un être doué de la parole. »

-> « La parole n’est pas seulement un attribut physique de la personne [mais cela provient également de l’âme]… La définition de l’homme est un être vivant doué de la parole [car sa capacité de parler associe ses aspects physique et spirituel]…
Par conséquent, celui qui dit du lachon hara … faute par sa parole, qui est son essence.
[D’un autre côté, s’il parle correctement], il parfait son essence. »
[Maharal – ‘Hidouché Aggadot – Arakhin 15a]

=> La parole de l’homme définit son essence en tant qu’être humain. Par conséquent, celui qui dit du lachon hara abuse de son essence et la gâche.

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-> Lorsque les juifs sont sortis d’Egypte, les chiens ont réussi à se contrôler en n’aboyant pas.
Hachem a donné à l’homme un intellect, et cependant il est incapable de se contrôler et de refuser d’écouter celui qui lui dit du lachon ara.
Il devient alors même inférieur à un chien.
[le Maharal – rapporté par le ‘Hafets ‘Haïm]

En ce sens, le Séfer ‘Harédim (chap.33) dit que ceux qui disent du lachon ara sont souvent réincarnés en chiens, et pire encore, ils souffrent alors énormément du fait qu’ils se souviennent de leur réincarnation précédente en tant que être humain.

-> Rabbi Moché Amiel fait remarquer que lorsque Chem, le fils de Noa’h, a rapporté le fait que son père était ivre, il a été maudit, tandis que cela n’a pas été le cas pour Noa’h.
=> Ainsi, celui qui parle mal de quelqu’un qui a fauté, est pire que celui qui a commis la faute.

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-> Le roi Salomon est clair : « Mettre un frein à sa bouche et à sa langue, c’est se préserver de bien des tourments (Michlé 21,23).

-> Si une personne fait les efforts de parler moins de paroles de lachon ara, même si ce n’est que 10 mots en moins chaque jour, cela va faire à la fin de l’année un total de plus de 3000 mots de lachon ara évités.
Une telle personne aura ainsi créé plus de 3000 anges qui vont prendre sa défense.
[guémara Kiddouchin 39]

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+ Dire du lachon ara = c’est pire que de se tirer une balle dans la tête :

-> Les mitsvot que nous avons pu faire (parfois au prix de beaucoup d’efforts), partent chez la personne sur laquelle nous disons du lachon ara.
A l’inverse, les fautes de chacune des personnes sur lesquelles nous disons du lachon ara, quittent ces personnes et viennent sur nous.
[‘Hovot haLévavot ; Chmirat haLachon – Chaar haZé’hira]

[D’ailleurs, c’est une des raisons faisant que nous devons faire faire téchouva (vidouï) sur potentiellement toutes les fautes existantes, car nous ne savons pas quelles fautes nous avons pu récupérer par notre lachon ara sur autrui.

Quel paradoxe : nous disons du lachon ara afin de paraître supérieur à autrui, mais en réalité c’est l’inverse, puisque les mérites que l’on possédait on les lui a donné, et ses défauts, on les lui a pris! ]

-> Selon le Yad David, le nombre de mérites et de fautes transférés est proportionnel à la volonté de vouloir dégrader autrui, au moment où on le dit.

-> Lorsqu’une personne fait téchouva sur son lachon ara (avec autrui et Hachem), ses mitsvot lui sont retournées.

On raconte l’histoire d’un tsadik qui après avoir appris qu’on a dit du lachon ara sur lui, ne s’est pas s’énervé.
A la place, il a envoyé un cadeau à cette personne avec le mot suivant : « Vous m’avez envoyé vos mitsvot comme cadeau. Je voudrais agir de façon réciproque en vous transmettant le cadeau ci-joint. »
[‘Hovot haLévavot]

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-> La loi juive (cf. Choul’han Aroukh 606,1) nous enseigne de ne pas être cruel, et que nous devons pardonner à autrui.
Ainsi, si quelqu’un a dit du lachon ara sur nous, et ensuite nous demande pardon, alors nous devons le lui pardonner.

Le Ben Ich ‘Haï demande : lorsqu’une personne dit du lachon ara sur nous, alors toutes nos fautes passent chez cette personne, et nous prenons tous ses mérites.
N’est-il pas alors plus sage de ne pas lui pardonner pour garder ses mérites, et rester débarrassé de nos fautes?

Le Ben Ich ‘Haï répond qu’en pardonnant à notre prochain, toutes nos fautes seront expiées, comme la guémara (Yom 23) l’enseigne : « Tout celui qui pardonne à autrui, ses fautes sont pardonnées » (kol amaavir al midotav, maavirin lo al kol péchaav).

Bien que nous perdons alors les mitsvot que nous avons obtenues, néanmoins pardonner est une grande mitsva, car par cela nous réalisons la mitsva de retourner un objet perdu (lui rendant ses mitsvot perdues à cause de son lachon ara).
La récompense de rendre un objet perdu (hachavat avéda) est fonction de l’objet rendu.
=> C’est ainsi qu’en pardonnant et en rendant ses mitsvot à celui qui a dit du lachon ara à notre sujet, nous obtenons un énorme mitsva (les mitsvot retournées ont une valeur infinie et éternelle!).

En ce sens, le Choul’han Aroukh nous conseille de ne pas être cruel, et de pardonner notre prochain, car en pardonnant nous ne perdons rien [au contraire!].
[rabbi Elimélé’h Biderman]

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-> Nos Sages (midrach Vayikra rabba 16,2) racontent qu’un colporteur vendait ses produits dans les villes voisines de Tsipori (nord d’Israël), et criait : « Qui veut l’élixir de vie? »
Rabbi Yanaï, qui était en train d’étudier, l’entendit vanter sa marchandise. Il lui demanda de lui vendre son « élixir ».
Le colporteur lui répondit : « Toi et ceux qui te ressemblent n’avez pas besoin de moi! »
Devant l’insistance de rabbi Yanaï, il prit le livre de Téhilim et lut : « Qui est l’homme qui désire la vie … préserve ta langue de la médisance » (Téhilim 34,13-14)
Rabbi Yanaï s’exclama alors : « Toute ma vie, j’avais lu ce verset sans avoir pris conscience de cela, jusqu’à ce que ce colporteur me l’apprenne! »

Le ‘Hida fait observer que l’étonnement de rabbi Yanaï provenait du fait que le colporteur annonçait : « Qui veut l’élixir de vie? », et non : « Qui veut la vie? »
Car l’homme ne peut mériter la vie futur, que par l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot.
Mais le colporteur lui apprit que de même que certains produits permettent à la récolte et aux aliments de ne pas pourrir et d’être conservés, ainsi il nous est indispensable d’utiliser un élixir pour conserver nos mérites : « Préserve ta langue! »

En effet, rabbénou Bé’hayé, le ‘Hovot haLévavot, … écrivent que celui qui médit sur son prochain verra ses bonnes actions attribuées à ce dernier, quand aux fautes de son prochain, elles lui seront affectées.
C’est pourquoi, l’élixir qui permet de protéger la Torah que nous étudions et les mitsvot que nous accomplissons, afin qu’elles restent nôtres dans le monde futur, est de préserver notre langue.

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+ Les dégâts extrêmes sur autrui de notre lachon ara :

-> « Une des raisons de la gravité du lachon hara est basée sur le fait que les attitudes d’une personne ont un impact sur les mondes supérieurs.
Les types d’attitudes qu’une personne a dans ce monde provoquent des attitudes similaires dans les mondes supérieurs …
Lorsqu’une personne dit du lachon hara sur son prochain, elle éveille des forces accusatoires dans les mondes supérieurs contre elle-même et contre le peuple juif.
Par ses paroles, elle donne au Satan le pouvoir d’accuser et d’amener en justice le peuple juif. »
[‘Hafets ‘Haïm – Chmirat HaLachon 1;2]

-> « Il me semble clair que la raison pour laquelle la Torah est tellement stricte au sujet cette transgression est que le lachon hara éveille en haut les forces accusatrices contre le peuple juif.
Il parvient même ainsi à tuer un certain nombre de personnes dans différents pays! »

[‘Hafets ‘Haïm – Sefer ‘Hafetz ‘Haïm – Introduction]

-> Lorsqu’une personne va évoquer les fautes de quelqu’un d’autre, alors ses propres fautes sont également jugées au Ciel.
Qui peut se permettre d’avoir les dossiers concernant ses mitsvot et avérot sur la balance d’un jugement très strict, plein de rigueur (et non avec miséricorde, en mesure pour mesure pour avoir été strict avec notre prochain).
[on dit du lachon ara sur autrui (ex: des fautes véridiques de X) plein de fierté d’avoir le dessus sur autrui (enfoncer l’autre pour mieux sentir supérieur), mais en réalité nous perdons tellement!]
[rav ‘Haïm Vital – Chaar haKédoucha]

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+ « Assurément, la chose est connue » (Chémot 2, 14)

-> Rachi explique que Moché se demandait quelle était la faute des juifs pour  »mériter » de telles souffrances.
Quand il constata qu’il y avait parmi eux des médisants, il comprit que c’était cela la cause de l’exil, et il dit : « Assurément, la chose est connue » = je connais à présent la raison de cette chose.

Mais lorsque plus tard, Hachem se dévoilera à Moché sur le buisson, et qu’Il l’enverra libérer les juifs d’Egypte, Moché demandera : « Pourrai-je sortir Israël du pays d’Egypte? » (Chémot 3,11)
Rachi d’expliquer cette question : « Mais quel mérite ont-ils pour être libérer? »

=> Ainsi, au départ, Moché ne voyait aucune raison à cet esclavage, mais quand il sut qu’il y avait parmi eux de la médisance, tout d’un coup, il ne voit à présent plus aucune raison pour qu’ils soient libérés.
Même si cela semble étonnant et paradoxal, c’est la réalité : lorsqu’il y a de la médisance, plus aucun mérite ne peut plus aider pour être sauvé!

[Sfat Emet]

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+ « Quiconque dit du lachon hara voit ses fautes grandir jusqu’au ciel, comme il est dit : « Leur bouche s’attaque au ciel, leur langue promène ses ravages sur la terre » (Téhilim 73,9). »

[selon Reich Lakich – guémara Arakhin 15b]

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-> Un juif doit se dire :
« Hachem a eu pitié de moi et m’a donné une âme sainte provenant d’un lieu saint sous le Trône de Gloire et non aux autres nations.
Hachem m’a aussi donné un joyau précieux, la sainte Torah, et ne l’a pas donné aux anges qui la demandaient, mais Il préféra l’accorder à l’humanité.
Comment pourrais-je ne pas apprécier ce joyau et ne pas l’étudier?
Comment puis-je le négliger pour parler de choses banales et me perdre en bavardages non seulement inutiles mais susceptibles de causer de graves dommages? … »
[…]

-> « Leur bouche est dirigée contre les cieux et leur langue parcourt la terre » (Téhilim 73,9)
Une langue qui médit sur terre peut causer de lourds dommage en haut.
[…]

Celui qui médit de son prochain écarte la Présence Divine d’Israël et lui fait dire : « Moi et lui ne pouvons vivre dans le même monde ».
[…]

Un homme qui dit du mal d’un autre est répugnant aux yeux de D.
Hachem dit à l’ange responsable du Guéhinam : « Moi, en haut, Je punirai cet homme. Je lui ferai contracter des maladies pénibles. Toi, en bas [au Guéhinam], tu le puniras après sa mort en le brûlant avec des braises ardentes ».

La médisance est si grave que Hachem n’a pourvu aucune partie du corps autant que la langue de protections contre la faute.
Il a placé devant elle une barrière de chair (les lèvres) et à l’intérieur de la bouche une barrière d’os (les dents). Toutes ces précautions ont pour but d’empêcher la langue de fauter.

« Que gagneras-tu et quel bénéfice auras-tu, langue trompeuse? » (Téhilim 120,3).

[compilation personnelle issue du Méam Loez – Tétsavé 28,39]

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+ Lorsqu’un homme médit de son prochain, c’est comme s’il avait transgressé les 5 livres de la Torah.

En effet, le mot Torah [qui veut dire « loi »] est écrit 5 fois à propos de la tsaraat :
1°/ « Telle est la loi (Torah) relative à la marque de tsaraat » (Tazria 13,59) ;
2°/ « Telle est la loi (Torah) du métsora » (Métsora 14,2) ;
3°/ « Telle est la loi (Torah) concernant la personne portant la marque de tsaraat » (Métsora 14,32) ;
4°/ « Telle est la loi (Torah) de toute marque de tsaraat » (Métsora 14,54) ;
5°/ « Telle est la loi (Torah) concernant la tsaraat » (Métsora 14,57).

Certains médisent parfois en secret sans que personne ne les entende, mais ils doivent savoir qu’un ange, à leurs côtés, entend et inscrit tous leurs propos.

Médire de son prochain revient à nier Hachem.

Il ne faut pas s’étonner de l’enseignement de nos Sages selon lequel le médisant est frappé de tsaraat. Certes, nous voyons un grand nombre de gens critiquer autrui et rester en bonne santé sans nulle marque sur la peau.
Il faut savoir que la tsaraat mentionné dans la Torah peut atteindre soit le corps soit l’âme. Si elle ne touche pas le corps d’un homme, elle affligera son âme.

La tsaraat spirituelle dépasse en gravité la tsaraat physique.
Chaque nuit, lorsque l’âme monte en Haut, tous les êtres spirituels s’en écartent et la déclarent impure …
Si un homme ne se repent pas de son vivant, son âme ne sera pas autorisée à entrer dans le domaine des justes après sa mort. Tous le fuiront et se sépareront de lui.

On peut imaginer la douleur que ressent une âme ballottée d’un endroit à l’autre et auprès de laquelle personne ne veut rester.
[…]

Le roi Salomon dit : « Celui qui garde sa bouche et sa langue garde son âme du malheur » (Michlé 21,23).
Rabbi Yanaï dit : Le mot : « malheur », se dit : tsarot, qui ressemble beaucoup à : « tsaraat ».
L’âme peut donc, comme le corps, être frappée de tsaraat (fruit du lachon ara) …

Si l’âme est souillée par la tsaraat, les prières du métsora ne sont pas acceptées avant qu’il ne se repente.
[c’est pour cela qu’il fallait que les proches d’une personne atteinte de tsaraat prient pour lui!] …

« Le remède de la langue est un arbre de vie » (Michlé 14,5) = le remède à la médisance est la Torah, appelée un « arbre de vie ».

[Méam Loez – Métsora 14,1-2]

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