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"Les juifs s'engagèrent à poursuivre ce qu'ils avaient commencé" (Eshter 9,23)

-> Avec ce verset, la Méguila explique pourquoi la fête de Pourim fut instituée le 14 Adar, le lendemain de la bataille, plutôt que le 13, jour où le miracle eut lieu. Ce verset nous informe que, puisque, l'année de la bataille, les juifs ont célébré le 14 Adar (ils ne pouvaient pas célébrer le 13, car ils étaient engagés dans les combats), l'année suivante, lorsqu'ils ont institué la fête, ils ont simplement entrepris de poursuivre ce qu'ils avaient commencé, c'est-à-dire de célébrer le 14 Adar, comme ils l'avaient fait l'année précédente.

Le rav 'Haïm Kanievsky suggère une autre raison pour laquelle Pourim a eu lieu le lendemain du miracle (c'est-à-dire le 14 Adar) plutôt que le jour même du miracle (c'est-à-dire le 13 Adar).
Bien qu'un grand miracle se soit effectivement produit le 13 Adar, lorsque les juifs ont vaincu leurs ennemis, les juifs craignaient d'être encore en danger. Ils craignaient que le lendemain, les parents et les amis de ceux qu'ils avaient tués ne se vengent. Ce n'est que le lendemain, lorsqu'ils virent qu'ils pouvaient effectivement se remettre de la bataille en paix, et que la crainte des juifs et de Mordé'haï s'était abattue sur leurs ennemis (voir Esther 8,17 & Esther 9,3), que leur salut fut véritablement complet.

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-> Selon le Targoum (Esther 9,12&15&16), tous ceux qui sont morts le 13 et 14 Adar sont des descendants d'Amalek.

-> Par exemple, selon le rav Kanievsky : 500 Amalécites ont été tués par un groupe de 250 juifs de Shoushan, chaque juif tuant deux Amalécites afin d'accomplir la mitsva d'effacer Amalek.
Parmi les 18 750 juifs de Shoushan, ces 250 juifs n'ont pas assisté au festin d'A'hachvéroch (en accord avec la directive de Mordé'haï).

"Qui est-ce? Où est celui qui a osé faire cela?" (mi ou zé? ... - Esther 7,5).

=> Pourquoi A'hachvéroch semblait-il ignorer qui avait pris le décret contre les juifs, un décret qu'il avait lui-même approuvé?
De plus, lorsque A'hachvéroch confronta Haman avec l'accusation d'Esther, pourquoi Haman ne répondit-il pas simplement que le décret avait été pris avec l'approbation totale d'A'hachvéroch?

-> Le rav 'Haïm Kanievsky explique :
Il est clair que l'échange entre Esther, A'hachvéroch et Haman a été orchestré par Hachem pour conduire à la mort de Haman. Lorsque Haman a réalisé qu'Esther faisait partie de la nation qu'il avait condamnée à mort, Hachem l'a rendu trop troublé pour parler ("fut attéré" - Esther 7,6).
Avant qu'Haman ne puisse retrouver son sang-froid et donner des excuses, A'hachvéroch a quitté la pièce en colère. Haman se retrouva seul avec Esther, à qui il ne pouvait donner aucune excuse, car Esther savait bien que c'était Haman qui avait convaincu A'hachvéroch de promulguer le décret.
Son seul espoir était de la supplier de l'épargner, ce qu'il fit (comme indiqué au verset 7).
Lorsque le roi revint dans la pièce, Haman se jeta sur le divan d'Esther ; le roi vit cette scène et entra dans une grande colère. Haman était à nouveau trop bouleversé pour répondre, et avant qu'il n'ait pu se remettre, son visage fut couvert et il fut emmené pour être exécuté.

Le rav Kanievsky suggère également une compréhension plus profonde de l'échange entre Esther, A'hachvéroch et Haman. En effet, ile xplique qu'A'hachvéroch n'était pas conscient de la portée du décret de Haman. Lorsque Haman s'est approché d'A'hachvéroch pour promulguer un décret contre les juifs, Haman a apporté avec lui 10 000 talents d'argent.
Le midrach (Esther raba 7,15) rapporte qu'Haman a dit à A'hachvéroch : "Je ne sais pas combien il y a de juifs actuellement, mais lorsqu'ils ont quitté l'Égypte, les hommes adultes étaient au nombre de 600 000. Je vous donnerai 10 000 talents d'argent, ce qui équivaut à 50 shékalim pour chacun des 600 000 juifs."

Or, 50 shékalim est la valeur standard (éré'h) que la Torah fixe pour un homme adulte (voir Vayikra 27,3).
[lorsqu'on s'engage à faire un don au Temple, on peut promettre de donner la "valeur" de soi-même, d'une autre personne ou d'un objet. La Torah précise l'évaluation, c'est-à-dire la somme due en fonction de l'âge et du sexe de la personne qui fait l'objet du vœu. ]

Ainsi, Haman offrit à A'hachvéroch la valeur des hommes juifs adultes, indiquant qu'il voulait la permission de tuer uniquement les hommes adultes. A'hachvéroch accepta, et consentit même à renoncer à l'argent ; cependant, A'hachvéroch ne donna jamais la permission d'exterminer tout le peuple juif, hommes, femmes et enfants, jeunes et vieux confondus.

Une fois qu'Haman eut reçu le sceau royal, il changea toutefois de plan. Il donna l'ordre de tuer tous les juifs sans exception. Lorsque Esther confronta Haman devant A'hachvéroch, elle déclara : "nous avons été vendus, mon peuple, pour être détruits, tués et anéantis" (Esther 7,4) ; c'est-à-dire que des ordres ont été donnés pour me tuer, moi, une femme, ainsi que toute ma nation, y compris les femmes, les personnes âgées et les enfants.
A'hachvéroch n'avait jamais donné son accord pour un tel ordre et il répondit donc avec stupéfaction : "Qui est-ce? Où est celui qui a osé faire cela?"

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-> L'explication ci-dessus permet de clarifier pourquoi Esther a dit : "Si nous avions été vendus comme esclaves et serviteurs, je me serais tue" (Esther 7,4).
Nos Sages (voir Rachi - Kétoubot 27a) déclare que lorsqu'une personne était exécutée par la couronne, ses biens étaient confisqués et sa femme et ses enfants étaient réduits en esclavage.
Comme A'hachvéroch avait ordonné que les hommes juifs adultes soient tués, cela incluait l'ordre de vendre les femmes et les enfants comme esclaves. Si Haman s'était contenté de cela, Esther n'aurait eu aucune raison de se plaindre, car le roi avait approuvé un tel décret.
Cependant, Haman ordonna que les femmes et les enfants soient tués, ce qui était une chose pour laquelle Esther pouvait légitimement confronter le roi.

-> Une autre explication plus simple de la plainte d'Esther est la suivante. À première vue, il semblerait qu'Esther aurait dû accuser A'hachvéroch, et non Haman, d'avoir tenté de la tuer.
Après tout, Haman n'avait jamais prévu de tuer Esther, car il ne savait pas qu'elle était juive ; le responsable était A'hachvéroch, l'autorité derrière Haman.
La raison pour laquelle Esther a accusé Haman est qu'A'hachvéroch n'avait jamais accepté que tous les juifs soient tués. Il avait accepté un massacre général, mais avait autorisé des exceptions.
Esther a donc déclaré au roi qu'elle-même était en danger à cause des détails ajoutés par Haman à l'ordre.
Bien qu'elle fût la reine, le décret royal stipulait désormais qu'il ne pouvait y avoir d'exception et, comme le précise plus loin la Méguila (Estger 8,8), un édit rédigé au nom du roi et scellé de son sceau ne peut être révoqué.

Kippour et Pourim

"Yom Kippour est un jour, comme Pourim (kéPourim). "
[Tikounei Zohar 57b]

-> Kippour, en plus d'amener sur nous le pardon, est aussi le jour de la réception de la Torah, puisque c'est en ce jour que Moché est descendu du Sinaï avec les 2e Tables de la loi (selon guémara Taanit 30b).

-> C'est à Pourim, que les juifs ont accepté la Torah par eux-même (sans en être forcés comme au mont Sinaï).

Le Gaon de Vilna fait un commentaire à ce sujet.
Chaque Yom Tov doit avoir 2 parties : une moitié consacrée à Hachem (prières et Torah) et l'autre moitié pour nous (célébrer la fête par des repas joyeux).

Pourim et Kippour sont comme un seul jour :
-> à Kippour = c'est une journée pour D. (on ne mange pas, on prie toute la journée, ...)
-> à Pourim = c'est une journée pour nous (on mange, boit, on fait la fête, ... en l'honneur de D.).

Kippour est un semblant de Pourim, car en élevant la matérialité, on a la possibilité de dépasser le purement spirituel.
D'ailleurs, c'est la vision juive de la vie : être dans la réalité et la sublimer selon la volonté de D., pour notre plus grand plaisir.

Le Zohar nous enseigne dans ce sens :
"Ce qui peut être accompli à Yom Kippour en affligeant le corps, peut être atteint à Pourim par le biais de la nourriture et de la boisson."

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-> Un Sage a fait remarquer : "Le jour de Kippour les mécréants se déguisent en justes, s'enveloppent du Talith à la synagogue et nous les associons à notre prière.
Le jour de Pourim, c'est le contraire : les justes se déguisent en méchants!"

-> Le Arizal fait remarquer que Yom Kippour est un jour de téchouva par la crainte, tandis que Pourim est un jour de téchouva par amour.

-> En Pourim 1941, dans le ghetto de Varsovie, les juifs étaient brisés et abattus, et il n'y eut personne capable de se réjouir.
Rabbi Kalonymus Kalmich s'exprima ainsi : "Dans le Zohar, il est dit que le jour de Kippour est semblable à Pourim. Ainsi, de même qu'à Kippour, nous sommes obligés de jeûner par décret d'Hachem, et ce qu'on le veuille ou non, de même, faut-il être joyeux à Pourim.
Sans tenir compte du démon nazi qui se déchaîne dehors, on a l'obligation de se réjouir!"

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+ "Toutes les fêtes juives seront un jour annulées, à l'exception de Pourim qui sera toujours célébrée.
Rabbi Eliézer y ajoute : Yom Kippour."

[midrach Yalkout Chimoni Michlé - rémez 944]

-> "Tous les livres des Névi'im et des Kétouvim seront annulés aux jours du machia'h, à l'exception de la méguilat Esther, qui restera, tout comme les 5 livres de la Torah et les lois de la Torah Orale, qui ne seront jamais annulés
[...]
Les jours de Pourim ne seront jamais abandonnés."

[Rambam - Hilkhot Méguila 2,18]

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-> Réflexion du rav Chimchon Pinkous sur la dualité Pourim et Yom Kippour :
"Tant la joie de Pourim que le sentiment de Yom Kippour sont enracinés dans l’essence de la vie elle-même.
A Yom Kippour, on sent que nous recevons une chance de vivre dans le futur malgré notre passé [imparfait].
La joie de Pourim, d’autre part, est pour la vie elle-même (on a été sauvé d'une mort certaine!), le sentiment de joie pour la vie en soi ne peut pâlir ; c’est comme la joie d’une personne le jour de son anniversaire ne diminue jamais parce que c’est le jour où la vie lui fut donnée.
Il en ressort donc que la joie de Pourim n’est pas liée au passé, n’est pas relative aux miracles qu'Hachem accomplit pour cette génération, mais elle est plutôt relative au sentiment [de joie pour la vie même] qui est renouvelé dans chaque génération."

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-> Selon le midrach (Yalkout Chimoni - Michlé 944), après la venue du machia'h, toutes les fêtes seront annulées, à l'exception de Pourim et de Yom Kippour.

-> Le Maharal (Tiféret Israël - chap.53) enseigne que Pourim et Kippour ont pour similitude d'être comparable à une résurrection des morts :
- à l'époque d'Haman, toute la nation juive devait être anéantie.
- à Yom Kippour, en conséquence de nos nombreuses fautes, nous devrions mériter la mort, que D. nous en préserve.

=> Puisque Pourim et Yom Kippour sont toutes les deux une forme de résurrection des morts, il est appropriée de continuer à les observer dans le futur, à l'époque qui suivra celle de la résurrection des morts.

-> Le Maharcha (guémara Béra'hot 58b) enseigne quelque chose de similaire :
Lorsque nous n'avons pas vu un ami depuis une période de 12 mois, nous disons la bénédiction : "qui ressuscite les morts". (michna Broura 225,4)
A Roch Hachana et Yom Kippour, une personne est jugée pour savoir si elle va mériter de vivre pendant l'année à venir ou pas. Ainsi, si l'on revoit un ami plus d'un an après, cela veut dire qu'il a passé le jugement de Roch Hachana et de Kippour en méritant de vivre, et nous devons donc remercier Hachem de lui avoir dispensé d'un décret de mort.

-> "Nos Sages enseignent qu'à certains égards la sainteté du jour de Pourim est plus grande que celle de Yom Kippour, qui peut être comprise comme : Yom Ki-Pourim [un jour comme Pourim], impliquant que Pourim est la plus importante des 2.

A Yom Kippour, seul le Cohen Gadol entre dans le saint des Saints et atteint un niveau unique de grandeur.
A Pourim, par l'accomplissement des mitsvot du jour, chaque juif peut entrer dans le "sanctuaire le plus interne" (saint des Saints) et atteindre les plus hauts niveaux de grandeur."

[Rabbi Yéchezkel Shraga Halberstam - le Rabbi de Sieniawa (Pologne)]

-> On peut citer le Zohar à ce sujet :
"Ce qui peut être accompli à Yom Kippour en affligeant le corps, peut être atteint à Pourim par le biais de la nourriture et de la boisson."

-> "Les juifs sont le trésor de D."
[le Rokéa'h]

-> "Les trésors de D. sont cachés dans chaque juif (bayéhoudim)"
[Rabbi Avraham de Slonim]

[Les 2 citations ci-dessus sont des commentaires sur le passage suivant de la Méguilat Esther (4,7) :
"... les trésors du roi, en échange du droit d'exterminer les Juifs"
(al ginzé aMélé'h bayéhoudim léabédam). ]

"Va rassembler tous les juifs se trouvant à Chouchan et jeûnez pour moi." (Méguilat Esther 4,16)

-> Le Sfat Emet (Chémot - léPourim 649) de commenter :

"Lorsque l'unité règne dans le peuple juif, le méchant ne peut le dominer.
C'est pourquoi Haman dit que, le peuple juif, était dispersé et éparpillé et qu'il pourrait le vaincre.

[Pour contrer cette dispersion], Esther dit : "Va rassembler".
Ce rassemblement pour s'unifier s'est accompli, comme il est dit plus loin : "Les autres juifs des pays du roi se rassemblèrent, se défendirent".
Par la force de ce rassemblement, la délivrance est arrivée."

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-> Le 'Hafets 'Haïm nous enseigne à ce sujet (Zékhor léMyriam) :
"Si chaque juif aimait réellement son prochain, chacun jouirait d'une abondance supplémentaire.
En effet, rien n'est trop difficile pour D.
Il ne fait aucune différence pour Lui qu'il se trouve une myriade de juifs ou quelques-uns sur terre, car Il nourrit chacun et donne à chacun ce dont il a besoin.
[...]
Quand la Création trouve-t-elle grâce aux yeux de D.?
Quand les membres du peuple juif sont liés les uns aux autres, qu'il ne règne pas de jalousie, de haine et de rivalité entre eux et que chacun pense au bien et à la réussite de son prochain.
Dans ce cas, D. est heureux de Sa création et il est dit à ce sujet : "D. se réjouit de Ses œuvres".

Nous pouvons expliquer ainsi le verset : "Tu aimeras ton prochain comme toi-même, Je suis D."  = si tu aimes ton prochain comme toi-même, alors Je suis D. parmi vous et Je vous aime tous les 2. "

"Mais Mordé'haï ne fléchira (yi'hra), ni ne se prosternera (yichta'havé)"  (Méguilat Esther 3,2 - traduction littérale)

Le Sfat Emet demande : Pourquoi n'est-il pas écrit, plus logiquement : "Mordé'haï ne se prosterne pas" (lo koréa), avec le verbe au présent et non au futur?

Il répondit :
"Pour t'apprendre que toujours, dans chaque génération, il se trouvera dans le peuple d'Israël un juste qui ne fléchira, ni ne se prosternera ..."

"Pour les juifs, il y avait lumière et joie" (méguilat Esther 8,16)

-> "La lumière se rapporte à la Torah"
[guémara Méguila 16b]

-> Comparant Pourim à Pessa'h, nos Sages ont enseigné :
"Si déjà, on entonne un cantique pour être passé de l'esclavage à la liberté, à plus forte raison le fait-on pour avoir été sauvé de la mort."
[guémara Méguila 14a]

-> Selon la guémara (Pessa'him 68b), "tous [les Sages] reconnaissent" qu'il y a lieu de célébrer Shavouot, commémoration de l'acceptation de la Torah, par des mets et boissons délectables et des réjouissances.

=> Il ne pouvait en être autrement à Pourim, puisque, comme l'enseigne Rava (guémara Shabbath 88a) : "Les juifs acceptèrent de nouveau la Torah à l'époque d'A'hachvéroch, comme il est écrit : 'ils confirmèrent et acceptèrent' (méguilat Esther 9,27), ils confirmèrent ce qu'ils avaient déjà accepté".

=> A pourim, s'il y a une mitsva de se réjouir et de festoyer plus que pendant les autres fêtes, c'est parce que les juifs de cette génération acceptèrent délibérément la Torah, celle-là même qu'ils avaient acceptée sous la contrainte au mont Sinaï.

Pourim – Réaccepter la Torah

+ Pourim - Réaccepter la Torah (selon le Sfat Emet) :

Commentant l'apparente redondance "kiyémou vékibélou" (ils ont accompli et accepté) nos Sages (guémara Shabbath 88a) suggèrent que ce verset (Esther 9,27) se réfère à la ré-acceptation de la Torah au moment du miracle de Pourim.
Ils ont accompli (kiyémou) ce qu'ils avaient déjà accepté (vékibélou) au mont Sinaï.

-> Si la loi écrite a été acceptée avec enthousiasme au mont Sinaï, la loi orale n'a jamais été acceptée avec autant d'enthousiasme. À la suite du miracle de Pourim, le peuple juif a également accepté la Loi orale [avec enthousiasme].
Cela peut être corroboré par l'expression "layéhoudim ayéta ora" (ora - lumière (sous forme moins usuelle et féminine) = la Torah), plutôt que "or" (אור).
אורה (ora) implique l'assimilation et l'intégration de la lumière de la Torah dans toutes les fibres de la personne. Cela est possible grâce à une étude approfondie de la Torah orale.
[Sfat Emet - Pourim 5658]

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-> "layéhoudim ayéta ora". Le terme "ayéta" (היתה) se rapportait à נהייתי (niyéti - Daniel 8,27), et il
implique l'acceptation de la Torah même dans les moments difficiles.
Alors qu'avant l'expérience de Pourim, le peuple juif avait accepté la Torah au mont Sinaï au milieu de la grande révélation d'Hachem, il acceptait maintenant la pertinence de la Torah même pour les générations, comme la leur, dans lesquelles Sa Présence semble être cachée, en temps de "astarat panim".
[Sfat Emet - cf.Pourim 5657]

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-> La Torah elle-même est comparée à l'arbre de vie du gan Eden, dont l'accès se fait par " avec la lame de l'épée flamboyante, pour garder les abords de l'arbre de vie (Béréchit 3,24).
Cette épée est détenue par Amalek, qui a hérité de la bénédiction de son ancêtre Essav : "tu vivras de ton épée" (Toldot 27,40).
Une fois Amalek vaincu, Israël pourra contourner l'épée flamboyante et récupérer le fruit de l'arbre de vie.
En fait, l'objectif principal de l'histoire de Pourim, la grande peur à laquelle Israël a été soumis, ainsi que sa libération, est ce qui a incité Israël (les juifs) à accepter à nouveau la Torah. Comme le rapporte la guémara (Mégila 11a) : [Hachem n'a jamais rejeté Israël] ... pour [les] éliminer à l'époque d'Haman", mais Il a exposé Israël à la menace d'Amalek pour nous motiver à revenir à la Torah.
[Sfat Emet - Pourim 5653]

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-> Avant le miracle de Pourim, la relation d'Israël avec la Torah était basée sur la émouna, la foi, plutôt que sur l'enthousiasme. C'est pourquoi Hachem s'est senti obligé de suspendre le mont Sinaï au-dessus de leur tête comme une cuve (guémara Shabbath 88a). Il devait impressionner Israël par la puissance de la Torah et par les conséquences d'un refus.
À l'époque du miracle de Pourim, le peuple juif a accepté la Torah avec enthousiasme. Comme le note Rachi (cf. Shabbath 88a), ils ont accepté la Torah "par l'amour du miracle" (méaavat aness), en raison de leur amour pour Hachem que le miracle de Pourim a généré.
[Sfat Emet - Pourim 5661]

Mordé’haï haTsadik – un dirigeant pour toutes les générations

+ Mordé'haï haTsadik - un dirigeant pour toutes les générations (selon le Sfat Emet) :

Nous avons voir les attributs de Mordé'haï, en particulier ceux qui le distinguent en tant que leader de la Torah.

-> Le midrach note que Mordé'haï ressemblait à Avraham dans sa capacité à influencer les non-juifs à se convertir au judaïsme (cf. Lé'h Lé'ha - Rachi 12,5).
Comme nous le lisons dans la Méguila : "un grand nombre parmi les gens du pays se firent juifs" (Esther 8,17).
Cette caractéristique de Mordé'haï est évoquée ailleurs dans la Méguila. Par exemple, Zéréch note : "im mizéra aYéhoudim Mordé'haï" (Si Mordé'haï est d'origine juive (Esther6,13) = si Mordé'haï est issu de la semence (traduction littérale de "zéra") des juifs, il a la capacité de "planter" de nouvelles âmes. [rendant juifs des non-juifs]
Dès le début, Mordé'haï est décrit comme "ich Yéhoudi (Esther 2,5), un individu qui persuade les autres d'adopter le judaïsme.
[Sfat Emet - Pourim 5658]

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-> Bien que l'unité soit toujours un objectif difficile à atteindre, elle peut être matériellement facilitée par la présence d'un tsadik qui incarne l'unité par sa conduite personnelle.
La description de Mordé'haï par la Meguila comme étant un "ich yéhoudi" peut être interprétée comme "ich yé'hidi, un individu qui rassemble des groupes disparates (ya'had).
Consciente de la capacité de Mordé'haï à promouvoir l'unité, Esther le presse : "Va, rassemble tous les juifs" (4,16).
[Sfat Emet - Pourim 5656]

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-> Haman s'est rendu compte que "Mordé'haï ne s'incline pas et ne se prosterne pas" (Mordé'haï lo yi'hra vélo yista'havé - Esther 3,2).
Non seulement il refuse de rendre hommage à Haman (et à l'image païenne (idole) qu'il porte au cou, cf. midrach), mais Mordé'haï ne se prosternera jamais, comme l'indique le mot "lo yi'hra (litt. ne s'inclinera pas - לֹא יִכְרַע), associé au futur.
Non seulement Mordé'haï, mais aussi les futurs "Mordé'haï", les dirigeants de la Torah à travers les générations, n'envisageront jamais de se prosterner devant une telle icône.
Arrivé à cette conclusion, Haman décide maintenant d'éliminer tous les juifs, et pas seulement Mordé'haï.
[Sfat Emet - Pourim 5653]

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-> Il n'est pas dit : "Mordé'haï ne s'est pas incliné" (Mordé'haï lo kara), mais "Mordé'haï ne s'inclinerait pas" (Mordé'haï lo yi'hra), il n'a même pas envisagé de s'incliner (la lettre י [לֹא יִכְרַע] se réfère toujours à l'intention future).
Ni Mordé'haï ni aucun des dirigeants en Torah ne se compromettraient jamais d'un iota avec Haman ou tout autre futur Haman.

D'où Mordé'haï tire-t-il sa formidable force morale pour défier Haman?
Lui et tous les dirigeants en Torah sont des descendants spirituels de Moché.
Mordé'haï est dénommé : "ich yéhoudi", il y avait un individu exceptionnel dans sa génération et son nom était Mordé'haï. La Méguila nous assure que si les temps l'exigent, d'autres dirigeants spirituels du calibre de Mordé'haï se lèveront à l'occasion.
[Sfat Emet - Pourim 5643]